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Préparations 2009/2010. - 2nde 10.

Séquence n°1 :

 

Comment lire un incipit? 

 

Groupement de textes n°1 : Les débuts de roman.

 

Objets d'étude :

 

·          Le genre narratif

·          Le travail de l'écriture

·          Etude d'un mouvement littéraire et culturel du XIXème siècle : le Réalisme, le Naturalisme.

 

 

Problématique : Quelles sont les principales caractéristiques du genre narratif?

Lecture analytique n°2 : incipit de Madame Bovary, de FLAUBERT.


Nous étions à l’étude, quand le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en bourgeois et d’un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail.

Le Proviseur nous fit signe de nous rasseoir ; puis, se tournant vers le maître d’études :

— Monsieur Roger, lui dit-il à demi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite sont méritoires, il passera dans les grands, où l’appelle son âge.

Resté dans l’angle, derrière la porte, si bien qu’on l’apercevait à peine, le nouveau était un gars de la campagne, d’une quinzaine d’années environ, et plus haut de taille qu’aucun de nous tous. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, l’air raisonnable et fort embarrassé. Quoiqu’il ne fût pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons noirs devait le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses jambes, en bas bleus, sortaient d’un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles. Il était chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous.

On commença la récitation des leçons. Il les écouta de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon, n’osant même croiser les cuisses, ni s’appuyer sur le coude, et, à deux heures, quand la cloche sonna, le maître d’études fut obligé de l’avertir, pour qu’il se mît avec nous dans les rangs.

Nous avions l’habitude, en entrant en classe, de jeter nos casquettes par terre, afin d’avoir ensuite nos mains plus libres ; il fallait, dès le seuil de la porte, les lancer sous le banc, de façon à frapper contre la muraille en faisant beaucoup de poussière ; c’était là le genre.

Mais, soit qu’il n’eût pas remarqué cette manœuvre ou qu’il n’eut osé s’y soumettre, la prière était finie que le nouveau tenait encore sa casquette sur ses deux genoux. C’était une de ces coiffures d’ordre composite, où l’on retrouve les éléments du bonnet à poil, du chapska, du chapeau rond, de la casquette de loutre et du bonnet de coton, une de ces pauvres choses, enfin, dont la laideur muette a des profondeurs d’expression comme le visage d’un imbécile. Ovoïde et renflée de baleines, elle commençait par trois boudins circulaires ; puis s’alternaient, séparés par une bande rouge, des losanges de velours et de poils de lapin ; venait ensuite une façon de sac qui se terminait par un polygone cartonné, couvert d’une broderie en soutache compliquée, et d’où pendait, au bout d’un long cordon trop mince, un petit croisillon de fils d’or, en manière de gland. Elle était neuve ; la visière brillait.

— Levez-vous, dit le professeur.

Il se leva ; sa casquette tomba. Toute la classe se mit à rire.

Question :  que remarquent les adolescents lorsqu'ils aperçoivent le nouveau? Dans quel ordre présente-t-on les éléments de son portait?



Préparation d' Eléonore F. :


 

        Les débuts de roman aussi appelés incipits ont pour principale fonction de donner des renseignements, c’est donc une fonction informative. Dans l’incipit de Madame Bovary de Flaubert, le lecteur est tout de suite introduit dans le contexte. L’histoire se déroule dans une école : « étude » (l.1), « proviseur » (l.1), « classe » (l.2), « pupitre » (l.3) et plus précisément dans une classe de collège pendant une année scolaire. Lorsque le proviseur amène le nouveau dans la classe du narrateur qui est un élève, la première chose dite sur lui est qu’il est « habillé en bourgeois » (l.2), affirmation qui se révèlera fausse puisque le narrateur le décrit ensuite comme « un gars de la campagne » (l.12). C’est tout de suite une image peu flatteuse qui est donnée de ce « nouveau ». Manifestement, le nouveau aura le plus grand mal à s’intégrer à une classe très soudée, et qui respecte les mêmes codes, que le narrateur appelle « le genre ». Les élèves se montrent en effet cruels à la fin du passage, lorsqu’ils se moquent de son ignorance: « Toute la classe se mit à rire » (l.49).

 

Son portait physique est fait au fur et à mesure que les adolescents jaugent le nouveau, c'est-à-dire de haut en bas. Le narrateur commence par ses cheveux qui sont « coupés droit sur le front » (l.14), puis par son visage et son « air embarrassé et raisonnable » (l.15), ensuite par sa carrure : Charles Bovary n’est « pas large des épaules » (l.16). Le mouvement vertical descendant se poursuit avec le buste, que recouvre « son habit-veste de drap vert », puis par ses poignets qui sont « rouges habitués à être nus » (l.19) et ses jambes « en bas bleus » (l.19). Finalement,  ses souliers sont décrits comme « forts, mal cirés, garnis de clous » (l.21). S’ensuit une description étonnamment longue de sa casquette, où la texture et l’aspect sont longuement décrits (l.34 à 47) afin, peut-être, de se moquer de la drôle d’allure de ce grand nouveau qui ne semble guère avoir sa place dans cette classe.
 

 

Eléonore F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.

 

 

 

 

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Préparation de Karim B. :

 

Dans cet incipit de Madame Bovary, écrit au XIXème siècle par Flaubert, les adolescents s’aperçoivent directement en découvrant le « nouveau », que celui-ci est différent d’eux. Ils remarquent en premier lieu son apparence physique : « habillé en bourgeois » (l.2). Ce qui est en fait une erreur comme nous allons le voir dans sa description physique, très précise. Puis ils repèrent sa différence d’âge et de taille: « Il passera dans les grands où l’appelle son âge » (l.9-10).

Ensuite le narrateur nous fait une description assez détaillée du « nouveau ». « Un gars de la campagne » (l.12) souligne le fait qu’il n’est pas à sa place. La description de son allure physique est faite de haut en bas et nous confirme son allure campagnarde : « cheveux coupés droits sur le front » (l.15) ; « l’air raisonnable et fort embarrassé » (l.15-16) ; « pas large des épaules » (l.16) ; « habit veste » (l.16-17) ; « poignets rouges » ; « ses jambes (…) d’un pantalon » et finalement : « ses souliers forts, mal cirés » (l.21). Un certain nombre de couleurs différentes sont citées ici : « drap vert » (l.17) ; « boutons noirs » (l.17) ;  « poignets rouges » (l.18-19) ;  « jambes, en bas bleus » (l.19) ; « pantalon jaunâtre » (l.20). Ces couleurs viennent renforcer le ridicule du personnage qui est presque assimilé à un clown.

Son âge et sa supériorité en taille sont aussi mentionnés : « quinzaine d’années » et plus haut de taille » (l.13).

A la suite de cette courte description physique, se trouve un passage sur son attitude en classe. Le nouveau est intimidé. Il reste immobile pendant l’ensemble du cours : « n’osant même pas croiser les cuisses, ni s’appuyer sur le coude » (l.23-24).   Il ne sort qu’après avoir été averti par le maître d’études.

En revenant en classe, il  ne suit pas les habitudes des autres élèves, de jeter sa casquette. Cela le rend encore plus étrange à leurs yeux. En choisissant de la garder sur ses genoux, il se couvre de ridicule lorsque le professeur lui demande de se lever et que la casquette tombe.

Celle-ci est décrite d’une façon extrêmement précise. Il y a une longue énumération, avec des références à l’animal : « poil » ; « loutre » (l.36-37) et « poil de lapin » (l.42), mais aussi des formes géométriques ridicules comme : « losanges de velours » (l.42) ; « polygone cartonné » (l.40) et « boudins circulaires » (l.40).

Flaubert étant un des plus grands écrivains réalistes, nous fait ici, une description particulièrement précise du « nouveau ». Il réussit à le rendre tout à fait ridicule grâce à un narrateur (ce sont les adolescents) cruellement moqueur. Flaubert nous dévoile le personnage de façon très progressive, ce qui amplifie la curiosité des adolescents et du lecteur.

 

Karim B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.

 

 

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Préparation de Layla K. :

 

Madame Bovary est une œuvre littéraire que Flaubert a écrite en se rappelant l’ennui de son enfance. L’incipit de ce roman commence donc symboliquement dans une école.

Le narrateur, en focalisation interne jusqu’à la ligne 34, est dans la première partie du texte l’un des élèves de l’étude, où le nouveau entre en scène. Ce dernier est écrit en italique dans le texte, parce que c’est l’appellation (encore aujourd’hui) que les camarades donnent aux nouveaux élèves et parce que le narrateur ne connaît pas encore le nom de celui-ci.

Le portrait du nouveau est écrit en plusieurs parties, et la précision et les détails des romans réalistes se fait sentir au fur et à mesure de cette description. La première fois que le narrateur parle du nouveau est dès la ligne 2, où l’on nous donne vaguement son apparence générale : « un nouveau habillé en bourgeois ». On décèle dans cette expression des informations sur le narrateur. En effet, cette affirmation va se révéler fausse (« Le nouveau était un gars de la campagne », ligne 12), ce qui nous prouve une fois de plus que le narrateur est en focalisation interne. Et donc l’auteur se moque du narrateur adolescent se croyant si intelligent et supérieur au nouveau.

Le lecteur apprend dans les lignes suivantes que cet événement, l’arrivée d’un nouvel élève, est rare et qu’il mérite l’attention de tous les adolescents présents. Le narrateur, qui fait partie de ces élèves, se focalise sur le nouveau et le décrit plus précisément : son « origine », son âge, sa taille, sa coupe de cheveux, son expression du visage (l. 12 à 16). Les détails deviennent extrêmes lorsqu’on parle au lecteur des vêtements du personnage (l. 16 à 21). On remarque notamment l’utilisation nombreuse d’adjectifs (« vert », « noir », « rouges », « nus », « bleus », « jaunâtre », « tiré », « forts », « cirés », « garnis »). Ces adjectifs désignent surtout des couleurs, toutes très différentes. Cela prouve à quel point l’accoutrement du pauvre nouveau est ridicule.

Dans les deux paragraphes suivants, le narrateur fixe et observe le comportement de l’adolescent, et explique au lecteur les habitudes de ses camarades et de lui-même. On remarque à la ligne 31 l’expression « c’était là le genre » ; cette phrase se compare parfaitement à celles que l’on pourrait utiliser au XXIème siècle. C’est suite à l’ignorance de ce genre par le nouveau que le narrateur change : à partir de la ligne 34, celui-ci est en focalisation zéro. On le remarque grâce au vocabulaire utilisé et à la précision de la description de la casquette (l. 34 à 47).

Le dernier paragraphe de l’incipit nous montre aussi l’attention non relâchée des autres élèves qui se moqueront du nouveau. Le personnage est jugé par ses camarades à partir de son physique ; ils n’essaient pas de le connaître, du moins pour l’instant. Cela rappelle une des sciences existente à cette époque-là, la physiognomie. Ce passage dans le texte prouve aussi que le nouveau aura beaucoup de mal à s’intégrer dans la classe, vue leurs réactions (« Toute la classe se mit à rire », ligne 49-50) et à quel point les élèves sont soudés entre-eux (« Nous » dès la première ligne).

Pour conclure, il faut préciser à nouveau à quel point les personnages et la situation de l’incipit de Madame Bovary n’ont pas changé. Seuls les vêtements et les coutumes de ce texte ont évolué, les adolescents restent les mêmes de siècle en siècle. On pourrait rencontrer ces comportements dans n’importe quelle classe d’un collège accueillant un nouvel élève.

 

Layla K., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.

 

 

 

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Préparation de Clara C. :

Charles Bovary est un nouvel élève au collège. Son arrivée est décrite selon le point de vue de ses camarades, ainsi il est le centre d’attention du lecteur.

 

                    Tout d’abord, les élèves ne semblent pas être habitués à recevoir de nouveaux arrivants dans la classe  : « Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail » (l.4/5). De plus, cet extrait montre que les adolescents sont surpris par cette arrivée inattendue.

 

                    Lorsqu’ils aperçoivent le nouveau, les élèves sont intrigués par son attitude. Effectivement, il semble très timide et réservé : « fort embarrassé » (l.5) ; « attentif comme au sermon, n’osant même pas croiser les cuisses, ni s’appuyer sur le coude » (l.23/24) ; «Quand la cloche sonna, le maître d’études fut obligé de l’avertir, pour qu’il se mît avec nous dans les rangs » (l.25/26). Ici encore, le nouveau paraît très réservé. De plus, il ne veut pas s’imposer : « Resté dans l’angle, derrière la porte, si bien qu’on l’apercevait à peine » (l.11). De même, une ne semble pas avoir une forte personnalité ; « Quoiqu’il ne fut pas large d’épaules » (l.16). En effet, si Flaubert avait voulu présenter son personnage comme imposant, sa description physique aurait été différente : large d’épaules, par exemple.

 

                    Par ailleurs, le nouveau semble venir de milieu humble : « le nouveau était un gars de la campagne » (l.12) ; « son habit de drap vert » (l.16/17) ; « des poignets rouges, habitués à être nus » (l.19) ; « pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles » (l.21). Il y a ici présence du suffixe « âtre », qui montre bien que le pantalon est d’un jaune sale, moche, ainsi il n’est pas mis en valeur. De plus, Flaubert rend sa description très péjorative, ce qui rend le nouveau encore plus « pauvre » à nos yeux : « coiffure d’ordre composite » (l.40) ; « trois boudins circulaires » (l.40) ; « une façon de sac » (l.43) ; « pantalon jaunâtre » (l.21) ; « en matière de gland » (l.46).

 

                    A partir du quatrième paragraphe, la description de sa tenue vestimentaire est plus approfondie, se faisant de haut en bas prouvant alors que c’est bien un élève qui décrit la scène comme il la voit : il voit d’abord «  ses cheveux coupés droit sur le front » (l14), puis « ses épaules » (l.15), « son habit verste » (l.16) et ses « jambes en bas bleus » (l.19). On peut donc parler de focalisation interne.

 

Le lecteur peut donc dresser un portrait physique et psychologique du personnage, grâce aux nombreux détails donnés par Flaubert, auteur réaliste.

 

 Clara C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.






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Préparation d'Hugo B. :

 

Gustave Flaubert a marqué la littérature française par la profondeur de ses analyses psychologiques, son souci de réalisme, son regard lucide sur les comportements des individus et de la société.

L’incipit de Madame BOVARY par Flaubert évoque l’arrivée d’un nouvel élève prénommé Charles. Cette dernière produit auprès des adolescents de vives observations et remarques.

 

 

Charles est identifié comme « le nouveau » (L.2). La perception des adolescents est visuelle, immédiate, ordonnée, de l’allure générale aux détails précis : « tel les clous sous les souliers » (L.21) et finalement de haut en bas : « Il avait les cheveux coupés […] souliers forts » (L.14-21). Elle est également qualificative : « habillé en bourgeois » (L.2) et cela rappelle le contexte historique des inégalités sociales que Flaubert aimait à décrire.

 

 

 

Dans un premier temps, l’apparence de Charles est perçue dans sa globalité : « une quinzaine d’année environ » (L.13) ; puis corporelle et vestimentaire. Les adolescents soulignent la différence para rapport à eux : « plus haut de taille qu’aucun de nous » (L.13) ; avant de procéder à une analyse sur l’attitude de Charles : « L’air raisonnable »,  « fort embarrassé » (L.15) ; « attentif au sermon »,  « n’osant même pas croiser les cuisses, ni s’appuyer sur le coude » (L.23-24) ; « le nouveau tenant encore sa casquette » (L.34).

 

 

 

Dans un deuxième temps, la vision des adolescents est plus rétrécie et se porte sur un élément particulier : la casquette. Sous la plume de Flaubert, elle est véritablement décrite et observée méticuleusement. Matières, référence aux coiffures napoléoniennes ainsi que les couleurs sont évoquées, aboutissant à une conclusion surprenante, la casquette était « neuve » (L.46). Elle peut refléter le niveau social de Charles et par conséquent intriguer les autres élèves : « Ovoïde et renflée de baleines ; elle commençait par trois boudins […] elle était neuve » (L.39-46).

 

 

 

Enfin au-delà de la description vestimentaire, les adolescents abordent des remarques, des impressions, des comparaisons et des jugements : « son habit veste de draps à boutons noirs devait le gêner aux entournures »,  « des poignets rouges habitués à être nus » (L.17-18) ; « une de ces coiffures d’ordres composite » (L.35) ; « une des ces pauvres choses » (L.37) ; « comme le visage d’un imbécile » (L.39).

 

 

 

Ainsi, le portrait suit une logique, l’observation est générale : « un gars de la campagne » (L.12) ; puis la corpulence de Charles pour terminer sur l’aspect vestimentaire, avec une considération plus particulière sur la casquette. G.Flaubert a dressé le portrait d’un jeune homme, un nouvel élève.

 

      Hugo B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.

 





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 Préparation de Théo D. :

Lorsqu'ils aperçoivent le nouveau, les adolescents remarquent qu'il est grand par sa taille et par son âge. En effet, cela est dit dans le texte:"le nouveau était un gars de la campagne, d'une quinzaine d'années et plus haut de taille qu'aucun de nous tous"(l.12). Le nouveau se fait également remarquer à cause de ses habits :"un nouveau habillé en bourgeois"(l.2).
Le narrateur observe d'abord sa coupe de cheveux:"il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village"(l.14), son "habit veste de draps vert à boutons noirs"(l.16-17), qui, d'après le narrateur(toujours l.16-17) avait l'air de le gêner aux entournures et "laissait voir, par la fente des parements, des poignets rouges habitués à être nus"(l.18-19). Ensuite, les élèves remarquent que le nouveau porte des bas bleus, qui sortent d'un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles, qu'il est chaussé de souliers forts, mal cirés garnis de clous(cité l.19 à 21)
Son portrait psychologique est également donné. On voit dès le début de l'incipit que le nouveau est assez timide car il se cache: "resté dans l'angle derrière la porte"(l.11). Un peu plus loin dans le texte, on remarque de plus en plus sa timidité, le texte l'illustre d'ailleurs par "attentif comme au sermon, n'osant même pas croiser les cuisse ni s'appuyer sur le coude"(l.23-24. Cela nous montre aussi que le nouveau aura du mal à s'intégrer. Pour finir, un dernier élément nous montre que le nouveau aura du mal à se faire des amis: la solidarité entre les élèves. En effet, ils ont des habitudes qui leurs sont propres comme celle de jeter leurs casquettes par terre en entrant en classe, ce que le nouveau ne fait pas. Et lorsque la casquette du nouveau tombe à la fin de l'incipit, tous les élèves rient:"il se leva, sa casquette tomba, toute la classe se mit à rire."(l.49-50).
Les éléments de son portrait son cités dans l'ordre suivant: d'abord, les adolescents découvrent qu'il est habillé en bourgeois("un nouveau habillé en bourgeois",l.12), ensuite, ils voient qu'il est plus grand que tous ses camarades, que ce soit en taille ou en âge("Monsieur Roger, lui dit-il à mi-voix, voici un élève que je vous recommande, il entre en cinquième. Si son travail et sa conduite son méritoires, il passera dans les grands, ou l'appelle son âge."(l.7-10)), "le nouveau était un gars de la campagne, d'une quinzaine d'années environ, et plus haut de taille qu'aucun de nous tous"(l.12-13).On peut ainsi interpréter sa différence avec les autres élèves avec une autre difficulté à s'intégrer dans sa nouvelle école. Enfin, les adolescents finissent par décrire sa coupe de cheveux et ses différents habits: "les cheveux coupés droits sur le front"(l.14), "son habit veste de draps vert à boutons noirs"(l.16) ou encore "ses jambes, en bas bleus, sortaient d'un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles"(l.19-20).
 

Théo D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.

 


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 Préparation de Yolaine P. :

 

 

Flaubert est l’un des plus grands réalistes de son époque (XIXème siècle). Après avoir rompu avec le romantisme premier a quoi il aspirait durant sa jeunesse, il se voue au Réalisme. Ce dernier style cherche à dépeindre la réalité sans l’améliorer ou la dévaloriser en s’appuyant plus sur la description que sur la narration, s’imposant ainsi au romantisme. Flaubert est considéré comme un forçat du style ; il aime l’arrêt sur image avec de longues descriptions comme nous le montre cet incipit de Madame Bovary.

 

  Dans cette extrait, le lecteur est tout de suite introduit dans le contexte de l’histoire. La scène se déroule dans un établissement scolaire religieux durant la période scolaire; « à l’étude »(l.1), « proviseur »(l.1),  « classe »(l.2),  « pupitre »(l.3). De plus, la scène se déroule à travers les yeux du personnage qui est un collégien appartenant à la classe ; « on »(l.22), « le proviseur nous fit signe de nous asseoir »(l.5). Quand le « nouveau »(l.2,12,33) fait son apparition inattendue dans la classe, on le remarque tout d’abord comme « habillé en bourgeois »(l.2). Mais cette observation se révèlera fausse par la suite, lorsque le narrateur entreprendra sa description physique et vestimentaire en le qualifiant de « gars de la campagne »(l.12).

 

 

   Le procédé de la description physique du nouveau est classique ; commençant du haut jusqu’en bas comme on toise un personnage inconnu : « les cheveux coupés droit sur le front »(l.14), « pas large des épaules »(l.16), « son habit-veste de drap vert à boutons noirs »(l.16,17), « des poignets rouges »(l .18,19) « ses jambes en bas bleus »(l.19), « un pantalon jaunâtre »(l.20), « souliers »(l.21).

   La description psychologique ne manque pas non plus dans le texte : « resté dans l’angle, derrière la porte, si bien qu’on ne l’apercevait pas »(l.11,12), « fort embarrassé »(l.15,16) nous révèle la timidité du nouveau venu. On apprend ainsi les remarques péjoratives des autres élèves (renforcés souvent par des hyperboles : « fort embarrassé »(l .15,16), « jaunâtre, très tirés »(l.20), « mal cirés »(l.21). De plus, les couleurs des habits du nouveau  sont désaccordées, et n’améliorent ainsi pas sa « réputation » : « vert » et « noirs »(l .16,17), « bleus »(l.19), « jaunâtre »(l.20) ainsi que la longue et attentive description de la casquette ; assemblage de tissus extravagants et diverses (« velour », « poils de lapin »,  « broderie ») marquant l’apogée du ridicule du nouveau. Enfin, le nouveau et mis à l’écart face à une classe soudée car il ne connaît pas les habitudes de celle-ci que le narrateur appelle « le genre » et cette dernière n’a aucune pitié pour lui ; en effet, lorsqu’il fait tomber sa casquette, « toute la classe se mit à rire ».


Yolaine P., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.






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Préparation de Clara H. :


L’incipit de Madame Bovary de Flaubert décrit la rentrée d’un élève en cinquième.

 

L’arrivée en classe de l’élève ne passe pas inaperçu. Elle se passe lors d’un début d’après-midi « à deux heures ». Les adolescents sont surpris:  « ceux qui dormaient se réveillèrent » (l.2) . Le texte est faite en focalisation interne c’est pourquoi au début ils se trompent en voyant arriver le nouveau : ils le décrivent comme étant « habillé en bourgeois » or au fur et à mesure de la lecture on remarque que le narrateur s’est trompée sur son jugement.

Le narrateur commence par décrire son aspect physique, de la ligne 11 à 21 on a un paragraphe entier sur celle-ci  . Il commence d’abord par l’allure général et sa taille «  un gars de la campagne, d’une quinzaine d’années environ, et plus haut de taille qu’aucun de nous tous.», continue avec le portrait (l.13) et le  style vestimentaire du nouveau (l.6 à 21 ) «  son habit vert à boutons noirs », « ses jambes en bas bleus, sortaient d’un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles ».

Même si on ne nous le précise pas dans le texte on peut supposer que les habits du nouveau sont trop petits pour lui et qu’il n’a donc pas les moyens de s’acheter des vêtements (l.46) « son habit [..] devait le gêner aux entournures et laissait voir [..] des poignets rouges habitués à être nus. ».De plus cela nous montre qu’il essaie tant bien que mal de ressembler aux autres élèves de sa classe mais qu’il n’y parvient pas.  Ce passage est décrit comme un regard de haut en bas du nouveau.

Les adolescents décrivent ensuite le caractère et le comportement de du nouveau en classe : (l.22-26)  «  il les écouta, de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon, n’osant même pas croiser les cuisses, ni s’appuyer sur le coude, et , [..] le maître d’études fut obligé de l’avertir, pour qu’il se mît avec nous dans les rangs » ; Les adolescents remarquent aussi que l’élève est très attentif au cour (l.23) «  Il les écouta , de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon.. » contrairement aux autres élèves de la clase .

Il est donc gêné et en décalage avec les autres élèves de sa classe

Pour finir le narrateur termine en décrivant avec une grande précision la casquette du nouveau  (l 35 à 47). Sa casquette est composé de morceaux de tissus, rattaché et paraît laide et repoussante. Celle-ci nous fait tout d’abord  remarquer que le comportement du nouveau diffère de celui des autres élèves : «  nous avions l’habitude, en entrant en classe, de jeter nos casquettes [..] c’était là le genre. [..] mais […] la prière était finie que le nouveau tenait encore sa casquette sur ses deux genoux ».  On ne sait pas encore si c’est par timidité , réserve ou par crainte de la salir (l. 46): «  Elle était neuve ; la visière brillait . La focalisation de ce passage ce fait en focalisation zéro et peut dont être interprétée comme une mise en rapport avec le caractère du personnage.

 

 Clara H., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.

 


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Préparation de Claire L. : 

 

Dans l’incipit de Madame Bovary, de Flaubert, écrit au XIXème siècle, l’époque du réalisme se fait ressentir : une grande précision dans les descriptions, qu’elles portent sur le physique, une attitude, un sentiment ou sur un mode de fonctionnement. Ces caractéristiques correspondent parfaitement à ce courant littéraire qui privilégie la réalité humaine et sociale, l’exposition de faits ordinaires et quotidiens.

Dans ce groupement de textes, l’objet d’étude est le début de roman, également appelé « incipit ». Il correspond a un moment crucial de la lecture du roman avec la découverte de l’histoire par le lecteur. Ce dernier, ignorant encore l’intrigue, a besoin d’informations.

Grace au paratexte, on apprend que Flaubert a choisi d’introduire son roman par la rentrée du futur mari de Madame Bovary au collège. En utilisant le point de vue d’un adolescent, comme le montre le pronom «  Nous » (l.1) on découvre avec eux le nouveau venu, mais le narrateur devient omniscient lors de la description extrêmement précise du bonnet « on retrouve les éléments du bonnet a poil, du chapska, du chapeau rond, de la casquette de loutre […] » (l.37-38). L’aspect bourgeois comme l’illustre « habillé en bourgeois » (l.2) n’est finalement qu’une façade que l’on découvre au fil de la description comme le montre « le nouveau était un gars de la campagne » (l.11), « des poignets rouges habitués à être nus » (l.19)  signifie qu’il n’a pas l’habitude  de porter ce style de vêtements, « souliers […] mal cirés » (l.21), « casquette […] d’ordre composite » (l.35). Le malaise du nouveau est ressenti par les élèves qui observent son comportement comme on peut le voir « resté dans l’angle, derrière la porte, si bien qu’on l’apercevait a peine » (l.11-12), « fort embarrassé » (l.16) « n’osant même pas croiser les cuisses » (l.23) ou encore « n’eut oser s’y soumettre ».

Flaubert insiste sur la description du nouveau en développant l’aspect physique selon une vision de haute en bas pour accentuer l’aspect du jugement des élèves. Il commence tout d’abord par son aspect physique « plus haut de taille qu’aucun d’entre nous tous » (l.13-14). Il affine ensuite sa description corporelle du visage jusqu’aux chaussures comme l’illustre «  Cheveux coupés droits sur le front » (l.14), « pas larges épaules » (l.16), « des poignets rouges » (l.19),  « ses jambes, en bas bleus » (l.19), « chaussé de souliers » (l.21). Il nous indique simultanément son aspect vestimentaire dans le même ordre « son habit-veste de drap vert a boutons noirs » (l.17), « des parements » (l.18), « ses jambes, en bas bleus, sortaient d’un pantalon jaunâtre » (l.19-20) « souliers, forts, mal cirés,  garnis de clous » (l.21) qui traduit un mauvais gout dans les couleurs. Cette description souligne l’aspect bourgeois qu’il essaye en vain de montrer. Flaubert glisse dans cette description physique des traits de caractère comme « l’air raisonnable » (l.15), « attentif comme au sermon » (l.23). Le narrateur finit la description de M. Bovary par sa casquette d’une « laideur muette » (l.38), décrite très précisément  dans le dernier paragraphe.

Cet incipit intègre ces deux fonctions importantes : La fonction apéritive et la fonction informative qui est privilégiée par le mouvement réaliste qui approfondit les descriptions du physique, des vêtements, du mode de pensée des élèves : grâce a l’utilisation du pronom personnel «  Nous », des expressions comme « Toute la classe se mit à rire » (l.50), pour expliquer les rituels des adolescents de ce collège ; « Nous avions l’habitude, en entrant en classe, de jeter nos casquettes par terre, afin d’avoir ensuite nos mains plus libre » (l.27-28). La fonction apéritive de cet incipit peut permettre de poser aux lecteurs des questions telles que : Comment le nouveau va-t-il s’adapté ? Sera –t-il suffisamment intelligent pour aller avec les élèves de son âges ?

 

  Claire L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Préparation n°2 

 

Lecture analytique n°3 (GT1).

Texte n°3 : incipit de Germinal, de ZOLA (XIXème siècle).

 

Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n'avait la sensation de l'immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d'avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d'arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d'une jetée, au milieu de l'embrun aveuglant des ténèbres.

    L'homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d'un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d'un coude, tantôt de l'autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d'est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d'ouvrier sans travail et sans gîte, l'espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D'abord, il hésita, pris de crainte; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.

    Un chemin creux s'enfonçait. Tout disparut. L'homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferrée; tandis qu'un talus d'herbe s'élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d'une vision de village aux toitures basses et uniformes.

    Il fit environ deux cents pas. Brusquement, à un coude du chemin, les feux reparurent près de lui, sans qu'il comprît davantage comment ils brûlaient si haut dans le ciel mort, pareils à des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de l'arrêter. C'était une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d'où se dressait la silhouette d'une cheminée d'usine; de rares lueurs sortaient des fenêtres encrassées, cinq ou six lanternes tristes étaient pendues dehors, à des charpentes dont les bois noircis alignaient vaguement des profils de tréteaux gigantesques; et, de cette apparition fantastique, noyée de nuit et de fumée, une seule voix montait, la respiration grosse et longue d'un échappement de vapeur, qu'on ne voyait point.

 

 

Question : en quoi peut-on dire que nous avons ici affaire à un héros démuni?

 

 

 

 

 

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Préparation de Karim B. :

 

 

 

Dans cet incipit de  Germinal  (Émile Zola) le narrateur décrit un personnage tout à fait démuni et solitaire, dans un monde hostile.

A l’intérieur de ce passage, aucune information n’est donnée sur l’identité du personnage. Pour le désigner, le narrateur utilise le mot « l’homme ». Nous avons à faire ici à un personnage anonyme. Il est « seul » (l.2) et blessé : « les deux mains à la fois (…) faisaient saigner » (l.12). Cet homme semble pauvre et  « sans gîte » (l.13). Il s’agit d’un « ouvrier sans travail » (l.13). « Sous le coton aminci de sa veste » (l.9) souligne aussi sa pauvreté et nous amène sur un autre de ses soucis : le froid, comme en témoignent les passages suivants : « l’espoir que le froid serait moins vif » (l.13) ainsi que « grelottant » (l.9). En voyant les brasiers, « il ne pût résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains » (l.16-17).

Le narrateur nous décrit un paysage infini, plat et monotone. L’homme suit « la grande route de Marchiennes à Montsou » (l.2) sur « dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers des champs de betteraves » (l.2-3).  « Immense horizon plat » (l.4) et « des lieues de marais et de terres nues » (l.5-6) viennent souligner l’espace démesuré de la plaine dans laquelle se trouve ce personnage.  Cette description d’un panorama gigantesque vient renforcer l’idée d’un personnage solitaire et victime qui n’a aucune chance de se défendre contre son entourage.

Le narrateur fait ensuite pénétrer notre personnage dans un milieu qui n’est aucunement rassurant et même plutôt inhospitalier, celui d’une usine. Dans ce paragraphe on trouve un site très industriel : « fermant une voie ferrée » (l.19) ; « une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d’où se dressait la silhouette d’une cheminée d’usine » (l.25-26) ; « fenêtres encrassés, cinq ou six lanternes tristes » (l.27). De plus, il y a de nombreux passages se rapportant à la mort : « ciel mort » (l.23) ; « pendues » (l.27) ; « bois noircis » (l.27) ; « noyée de nuit » (l.28). Le texte s’obscurcit et devient quelque peu fantastique : « apparition fantastique » (l.28) ; « respiration grosse et longue d’un échappement de vapeur, qu’on ne voyait point » (l.30) ; « alignaient vaguement des profils de tréteaux gigantesques » (l.27-28).

Zola nous fait ici une description d’un personnage totalement démuni, et solitaire. Il s’agit d’une victime. C’est l’antithèse entre cet homme et le monde qui l’entoure, hostile et glacé, qui accentue sa misère. L’auteur cherche à nous montrer les conditions de vie d’un ouvrier pauvre pendant l’âge industriel.

 

Karim B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.

 

 

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Préparation d'Eléonore F. :

 

L’extrait de Germinal de Zola nous présente le personnage principal de cette œuvre. C’est en fait un héros démuni qui est introduit dans cet incipit puisque cet homme est quelqu’un de faible et misérable et aussi car les éléments s’acharnent contre lui avec violence.

Tout d’abord nous voyons que la première chose dite sur le personnage est qu’il est « seul » (l.2) sur une grande route entre Marchiennes et Montsou. De plus, on sait qu’il est vulnérable car « il ne voyait même pas le sol noir, il n’avait la sensation de l’immense horizon… » (l.3 et 4). Ainsi le personnage n’a personne sur qui compter, même pas ses sens car il ne peut pas voir. De plus ce personnage est démunis d’identité car l’auteur ne nous donne pas son nom ni son histoire, tout au long de l’incipit il se fait appelé « un homme » (l.2) ou « l’homme » (l.8 et 18). Ensuite il n’est pas bien équipé contre le froid horrible puisqu’il n’a qu’une veste de « coton aminci » (l.9). Cela montre sa pauvreté et son dénuement social, avec le fait que ce soit un ouvrier « sans travail et sans gîte » (l.13). Cette idée de dénuement social est renforcée par la suite avec le fait que toutes ses possessions soit dans un « petit paquet » (l.9) et que sa tête soit « vide « (l.13). Tout cela nous montre que le héros est un homme vulnérable et misérable et qu’il est démuni contre la nature.

Premièrement, il est attaqué par l’obscurité qui est menaçante comme le montre cette phrase : « la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre » (l.1) et cette métaphore : « l’embrun aveuglant des ténèbres » (l.7). Deuxièmement, il est attaqué par le vent : « les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacés d’avoir balayé des lieues de marais et de terres nues » (l.4 à 6) et « les lanières du vent d’est faisaient saigner » (l.12) ses pauvres mains. Le froid est aussi omniprésent dans ce texte puisque l’homme est « grelottant » (l.9), qu’il a les « mains gourdes » (l.12), qu’il espère que « le froid serait moins vif après le lever du jour » (l.13 et 14) et qu’il « ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains » (l.16 et 17).

A la fin, Zola montre clairement son modernisme en laissant le mystère s’installer et en négligeant presque la fonction informative de cet incipit à la faveur de sa fonction appétitive. Le héros se trouve confronté a de mystérieux feux, à « trois brasiers brulant au plein air, et comme suspendus » (l.15 et 16). Cette vision fantastique est en fait les cheminées d’une mine qui introduit le sujet principal de cette histoire qui est de montrer les mauvaises conditions de vie des ouvriers dans les « fosses » au XIXème siècle.

 

Eléonore F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.

 

 

 

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Préparation d'Hervé C. :

 

Ce texte est l'incipit de Germinal, roman d' Emile ZOLA publié en 1885. Ce roman évoque les luttes sociales de cet époque (révoltes de mineurs en 1880 et 1884). Il débute par l'entrée en scène du héros, personnage anonyme, dans un monde hostile.


Dans cet incipit, le personnage est évoqué par des mots qui ne nous donnent quasiment aucune information sur son identité, en effet il est presque constamment cité avec le nom « homme »(l. 2,8,18) ou bien juste par le pronom « il »(l.3,4,8,10,14 etc).

Le lecteur se déplace donc, ici, dans le paysage avec un personnage anonyme.


Ce héros est un homme pauvre, il possède en effet de misérables habits: bien qu' il fasse très froid, il ne possède qu' une veste en coton aminci (l. 9) et un pantalon de velours (l. 9) . Sa pauvreté est encore plus accentuée au moment où nous apprenons que tout ce qu'il possède est contenu dans « un mouchoir à carreaux » (l. 9-10).

Nous savons aussi de lui qu'il est en total dénuement physique: il a les mains gourdes par le froid et blessés par « les lanières de vent d'est » (l. 12). Il a aussi très froid sous ses minces habits (« grelottant » (l. 9)).


Cet homme a aussi un vide moral et social. Emile Zola le met en valeur en utilisant une répétion de l'adverbe « sans » à la ligne13 : « sans travail et sans te » ce qui a pour but d' insister sur le fait que ce personnage est démuni.On le sait aussi car il est désespéré et que dans « sa tête vide d'ouvrier »(l.13) ( Zolal utilise ici « tête vide » pour accentuer sur le fait que le héros est très fatigué), il éspère juste que « lefroid sera moins vif après le lever du jour » (l. 13-14).


A la fin il y a une rupture ,l'histoire commence véritblement avec l'apparition du lieu où va se passer presque tout le roman : la fosse !!



Tous ces éléments permettent bien de prouver que nous avons à faire à un héros démuni à travers lequel Zola se sert pour décrire le paysage. Zola crée aussi un effet d'attente à travers le « mystère » du personnage.

Hervé C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.

 

 

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Préparation de Layla K. :

 

Germinal est une œuvre littéraire écrite par Emile Zola. Ce roman décrit la vie des hommes travaillant à la mine au XIXème siècle. L’auteur s’est beaucoup informé avant d’écrire cette œuvre, pour qu’elle soit la plus réaliste possible.

L’incipit nous met déjà dans l’ambiance de l’histoire : tout est noir, sombre, il fait froid. Le contexte dans lequel le lecteur va rencontrer pour la première fois le personnage principal est très sombre et mystérieux. En effet, le narrateur présente le personnage en l’appelant d’abord « un homme », puis « l’homme », bien qu’il s’agisse d’une focalisation zéro :  le narrateur connaît la vie antérieure du personnage et ses pensées, ses désirs : « Une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour », lignes 12 à 14. Il connaît aussi le cadre spatio-temporel, ce que ce drenier ignore. Lignes 14 à 15, on a « Depuis une heure, il avancait ainsi, lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou […] ». Mais le narrateur fixe son attention sur cet homme qui marche, seul, dans le noir, et décrit dans le premier paragraphe surtout l’atmosphère dans laquelle l’homme se retrouve, ce contexte si significatif à l’histoire racontée ensuite.

Dans le deuxième paragraphe, le narrateur se « rapproche » du personnage pour mieux le décrire au lecteur : « Il marchait d’un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours […] », lignes 8 à 9. Il explique ensuite le comportement de l’homme, de la ligne 9 à la ligne 12, où on apprend qu’il porte un petit paquet avec lui. Le lecteur peut en déduire que le personnage est en train de « voyager » ou plutôt, de fuir. On apprend finalement que l’homme n’a ni emploi, ni maison, qu’il a froid et avance de cette manière depuis une heure déjà (lignes  11 à 14).

Lors de ce paragraphe, le narrateur décrit le personnage de sorte qu’il ait l’air de plus en plus démuni, pauvre sans espoir au fur et à mesure des phrases. Son dénuement est social, physique et moral. Il n’a même pas d’identité. Le lecteur a pitié de cet homme qui marche sans savoir où il va, aveugle dans ce décor noir.

Lorsque le narrateur parle des brasiers (ligne 15), on pourrait parler d’un événement perturbateur, (utilisation du passé simple, « apercut » ligne 15) qui casse la monotonie répétitive de la marche de l’homme. Le suspense monte chez le lecteur, qui ne connaît ni la réaction du personnage, ni ce que ces brasiers soudain représentent. C’est à partir de ce troisième paragraphe que ce dernier va voir pour la première fois la mine de l’extérieur. Le narrateur décrit le lieuplus présisément dans le quatrième paragraphe, où le spectacle fait penser à quqlque chose d’irréel, d’imposant, qui fait peur. Cela donne un véritable contraste face à la fragilité de l’homme démuni.  Par exemple, on qualifie, ligne 23, le ciel de mort ; ligne 25, le bâtiment est « une masse lourde », « un tas écrasé de construction », et ligne 28 « une apparition fantastique » ; ligne 26, les fenêtres sont encrassées, les lanternes sont tristes. Après cette description, l’atmosphère est lourde, pesante.

D’un autre côté, cette apparition est viviante. Le narrateur l’humanise en utilisant des figures de style, telle que la personnification lignes 29 et 30 : « une seule voix montait, la respiration groose et longue d’un échappement de vapeur que l’on ne voyait point ». Le lecteur peut imaginer que le personnage démuni et faible a l’impression de se trouver face à un monstre, un lieu abstrait qui devient concret par la réalité de la mine.

L’incipit de Germinal d’Emile Zola est bien plus « apéritif » qu’ « informatif ». Même si le roman reste réaliste, on sent qu’un nouveau mouvement littéraire est en train de naître, le Naturalisme, dont Emile Zole sera le maître incontesté.

 

Layla K., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.

 

 

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Préparation de Yolaine P. :

 

    Emile Zola est un écrivain réaliste et il est aussi considéré comme le maître du Naturalisme. Ce mouvement, appartenant à la fin du XIXème siècle, cherche à transcrire les aspect de la vie dans la plus grande objectivité. Vivant dans une époque de révolution industrielle et social, Zola s’intéresse beaucoup à la vie des gens, leur classe sociale : artisan, ecclésiaste, bourgeois, et à la science expérimentale.

 

    Dans l’incipit de Germinal, nous découvrons la scène en même temps que le narrateur qui est en fait le personnage étudié. Celui-ci est seul : « un homme suivait seul la grande route » (l.1,2) et dépourvu d’identité car on ne connaît pas son nom. En effet, on le désigne par le pronom « il » (l. 3,8,10) et « l’homme » (l.8,18). On remarque aussi que le personnage est pauvre et démuni car c’est « un ouvrier sans travail et sans gîte » (l.13) et il ne possède qu’« un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux » (l.9,10). « le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours » (l.9) indique que ses habits son usés. En effet, « l’homme était parti vers deux heures » (l.8) et la scène se déroule « la nuit » (l.1). L’homme a donc longtemps marché : « il marchait » (l.8), il est donc faible, et le vent froid, dont le chant lexical est très développé, le fragilise d’autant plus : « vent » (l.1,4), « des rafales… glacées » (l.5). Il souffre physiquement : « grelottant » (l.9), « des mains gourdes que les lanières du vent faisait saigner » (l.12) et « psychologiquement » puisqu’il a « l’espoir que le vent serait moins vif » (l.13). De même, lorsqu’il aperçoit « des feux rouges » (l.15), « il ne peut résister au besoin douloureux de se chauffer les mains » (l.16,17).

    De plus, nous avons ici un personnage en détresse : « sa tête vide » (l.13), « pris de crainte » (l.16). Il est transit de froid : « grelottant » (l.9) et « seul » (l.2) dans un univers hostile. Il est incarné dans un décor semblable, dépourvu de relief : « l’immense horizon plat » (l.4) et renforcé par le chant lexical de l’obscurité : « nuit sans étoile » (l.1), « obscurité » et « épaisseur d’encre » (l.1), « le sol noir » (l.4), « l’embrun aveuglant de ténèbres » (l.7) et « nuit » (l.28).

    Tout cela créé une ambiance sombre et pesante qui prouve l’état de détresse du personnage. Ce dernier a en effet des visions floues et démesurées : « pignons confus » (l.20), « une vision de village » (l.20), « uniformes » (l.21), « la silhouette » (l.25), « vaguement » (l.27) « tréteaux gigantesque » (l.28) et « apparition fantastique » (l.28). Ce dernier mot appui l’effet de détresse de la situation du personnage et marque un contraste avec le courant littéraire de l’époque qui met en avant la réalité objective (donc sans extravagance).

 

Yolaine P., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.






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Préparation d' Hugo B. :

L'incipit de Germinal par Emile ZOLA (1885), refléte les caractéristiques propres au mouvement Naturaliste du XIXe siècle, et évoque ici les difficultés d'un homme seul dans un univers hostile, l'identifiant comme un "heros démuni".

Dès la première strophe de l'incipit , Zola plonge simultanément le lecteur et l'unique personnage dans un décor extérieur, où les conditions spatio-temporelles et métérologiques se révélent obscures et agressives.

D'emblée l'auteur crée une notion de vide par différentes privations autour d'un homme seul que même son avancée n'améliore.

Tout d'abord, le personnage se trouve priver de "lumière" sous "une nuit sans étoile"(L1); "l'obscurité" a une "épaisseur d'encre"(L1), le "sol" est "noir"(L4), "aveuglant des ténébres" (L7).

L'absence de relief contribue à la monotonie du paysage et semble punir le personnage de tout repère visuel. Zola cite, "Aucune ombre d'arbre ne tâchait le ciel"(L6). Dénué de tâches de couleurs, le tableau apparait uniformèment noir, contrairement aux toiles des impressionnistes.

L'auteur qualifie "la plaine rase"(L1), "l'horizon plat"(L4), "les terres nues"(L6). Il quantifie également l'espace: "grande route", "10klm de pavés"(L2), pluralise les éléments naturels, tels que: "les" souffles, "les" rafales, "les" lieues, inondant ainsi le lecteur de facteurs incontrôlables et dont la supériorité en nombre isole davantage le personnage.

Enfin, dans cette strophe, Zola use d'images comparatives, de métaphores, il utilise un champ lexical emprunté au registre de la tempète maritime, et à celui du froid, tels que "les souffles de vent de Mars"(L5), " des rafales larges comme sur une mer"(L6), "glaçées", "balayé des lieues de marais"(L6), "une jetée" ou encore "l'embrun aveuglant des ténébres"(L7).

Ce travail d'écriture donne dans un premier temps, une sensation réelle de souffrance physique. Privé d'un minimum de confort, toutes les parties du corps de l'homme sont concernées. Il est "grelottant"(L9), habillé d'une veste "au coton aminci"(L9),"marchant "d'un pas allongé"(L8) comme pour se réchauffer. Même ses mains sont "gourdes"'L12) par "les lanières du vent d'est," les " faisaient saigner"(L12).

Puis, dans un deuxième temps, cette souffrance devient morale. L'homme cherche de manière perspicace à occuper son esprit, "Une seule idée"(L12). Il lutte, cherche à faire face. "D' abord hésita"(L16) mais à l'approche des "feux rouges"'L15), seuls éléménts de couleur parmi la noirceur dominante, et de chaleur, excepté le "fond de ses poches"(L11), l'homme ne résiste pas à un semblant de réconfort.

Ainsi, Zola situe un homme marchant, confronté à des forces extérieures dominantes, écrasantes mettant à l'epreuve tout son etre et conditionne le lecteur à une forme de maltraitance.

Parallèlemment le vide social s'installe, le romancier ne divulgue aucune identité de "l'Homme".Le pronom personnel "il" le caractérise avec un certain anonymat et détachement. Dés la deuxieme ligne de l'incipit, Zola nous informe qu' il est "seul", sur 'la grande route de Marchiennes à Montsou"(L2), qu'il est "ouvrier sans travail et sans gite"(L13). Le double emploi de l'adverbe d'intensité "sans", comme pour marquer une insistance, renforce les difficultés sociales de l'homme. Le dénument physique "habillé sobrement" et l'absence de bien matériel est visible. Un "seul petit paquet nouè dans un mouchoir à carreaux" dénonce une certaine pauvreté et par conséquent la solitude d'un homme errant.

De plus, dans cet extrait, l'auteur ne fait réference à aucune présence humaine aux alentours, ni même animale. L'homme est bien seul.

Dans le troisième et quatrième paragraphe (soit L18 à L30), Zola avanc son personnage dans un endroit tout aussi inquiètant, où "le ciel est mort"(L23).

La description des "toitures basses et uniformes" rappelle la monotonie du précédent paysage. Les "rares lueurs" (L26) des "fenêtres encrassées" sont des images réductives, peu acceuillantes. L 'angoisse suggérée, renvoie le lecteur à l'image d'un village abandonné, un "tas de ruine".

Zola persiste en utilisant un champ lexical du registre de la cécité. Tout est "noir", "on ne voyait point"(L30)," noyéé de nuit"(L28).

Au fur et à mesure que l'homme avance, rien ne lui est favorable. Le paysage est toujours aussi triste, "la route en pavés", "le chemin creux" conduisent à un certain ressenti, celui d'un présent funèbre et d'un avenir incertain.

Enfin, dans ses dernières lignes, Zola personnifie l'usine. Il cite: "la silhouette d'une cheminée"(L25), "une seule voix"(L29), "la respiration", comme pour amoindrir la solitude de l'homme. Mais cette personnification prend une toute autre signification, en rendant les lieux plus fantômatiques.

Dès lors, le roman naturaliste glisse vers le fantastique créant un écart entre ce qui est bien réel et les ressentis de l'homme face à quelquechose "qu'on ne voyait point".

 

En conclusion de cet extrait de Germinal, Zola isole son personnage dans un univers hostile proche du fantastique et crée une intrigue. Les conditions extérieures extremes, la nuit, le froid ,la crainte, l'abscence de vie, sont autant de privations, de forces supèrieures et dominantes dressées contre lui, l'abandonnant à son sort.

Zola n'était il pas un romancier, journaliste engagé dénonçant les injustices sociales et en l'occurence celles d'un ouvrier en détresse... celle d'un héros démuni.


Hugo B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.
 



 

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 Préparation de Clara H. :
 


 

Le roman Germinal de Zola traite de la vie et des révoltes des ouvriers dans les mines au XIXème siècle.

 

 Le champ lexical dominant de l’incipit est celui de l’obscurité et de la douleur : « épaisseur d’encre » l.1 ; « ténèbres »l.6 ; « saigner »l.12 ; « mort »l.24 ».

Dès l’incipit de ce livre on peut mettre en parallèle la solitude du personnage («seul » l.2)  et le vide du paysage. (« l’immense horizon plat » l.4).

Le héros n’a pas assez d’argent pour s’acheter des vêtements adaptés au climat (« grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours » l.9)  et on peut déduire aussi du texte qu’il n’a que très peu de possession (« un petit paquet » l.9). on sait que c’est un ouvrier et qu’il cherche probablement du travail (« sans travail et sans gîte » l.13)

Le narrateur donne avec une grande précision les environs, la durée et les distances faites afin qu’on se mette plus facilement dans la peau du héros. (« dix kilomètres de pavé » l. 2 ; «  L’homme était parti […]vers deux heures » l.8 ; « depuis une heure » l.14 ; « à deux kilomètres de Montsou » l.15 ; « un chemin creux s’enfonçait » l.18 ; « il fit environ deux cents pas » l.23 ) .

 

L’apparition de la fosse à la fin crée une rupture avec le début et nous introduit dans l’histoire qui va tourner autour de cette fosse. Celle-ci est d’autant plus réelle car le narrateur nous la décrit en utilisant des figures de style comme la personnification « la respiration grosse et longue d’un échappement de vapeur » l.29.  La fin de cet incipit oscille entre réalisme et fantastique comme l’atteste « l’apparition fantastique » l.28.

 

 

Bien qu’il nous donne tous ces détails , le narrateur omniscient, dans l’incipit, garde de précieuses informations pour lui, en favorisant la fonction apéritive par rapport à la fonction informative : le nom du personnage ne nous est pas donné.

 

 Clara H., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.

 

 



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Préparation de Claire L. :


On peut très facilement observer que le narrateur est omniscient ( il s’agit d’une focalisation zéro) dans cet incipit grâce aux nombreux détails comme « les souffles du vent de mars […] de terres nues » (l.4-6) ou « L’homme était parti de Marchiennes vers deux heures » (l.8). Tous ces détails sur le personnage et le paysage nous informent que cet incipit appartient au mouvement Naturaliste.

Ce mouvement littéraire est influencé par la science, la médecine expérimentale ainsi que la psychiatrie. La littérature appartenant a ce mouvement doit dépeindre la nature et ses réalités sans les valoriser : le naturalisme renforce donc certains caractères du réalisme mais même si ces deux mouvement qui décrivent le réel, le réalisme s’intéresse surtout a la bourgeoisie tandis que le naturalisme est guide par la science et s’intéresse aux classes très pauvres.

C’est donc pour cela qu’Emile ZOLA, principal auteur du Naturalisme, décrit dans l’incipit de Germinal (au XIXème siècle) la marche solitaire d’un ouvrier démuni.

Le personnage nous est décrit comme un « ouvrier sans travail et sans gite » (l.13) puisqu’il est dans une situation inconfortable. En effet, l’homme marchait seul depuis des heures dans la campagne en pleine nuit,  comme le montre « dix kilomètres de pave » (l.2-3), « Depuis une heure, il avançait ainsi » (l.14) « sous la nuit » (l.1). De plus, il ne possédait pas de vêtements assez chauds pour le protéger de la fraîcheur de la nuit, il suffit de lire « grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours ». Cette même citation souligne la pauvreté et son dénuement social dont la caractérisation est renforcée par la suite avec l’unique possession « un petit paquet » (l.9) qui démontre aussi qu’il est seul face au reste du monde.

Il n’était pas non plus agile avec son corps car « un petit paquet noue dans un mouchoir a carreaux, le gêner beaucoup ; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d’un coude, tantôt de l’autre» (l.9-11) et le terrible vent de mars faisait saigner ses « mains gourdes » (l.12). Cela signifie qu’il souffre de cette solitude et de l’environnement dans lequel il avance coûte que couté. De plus le petit paquet qu’il porte tant bien que mal est son seul bien : on comprend parfaitement la pauvreté des ouvriers de cette époque.

Le narrateur utilise tout au long de la description du paysage le vocabulaire de la noirceur, dont le symbole est le désespoir : « la nuit sans étoiles » (l 1), « obscurité » (l 1) « épaisseur d’encre » (l.2), « le sol noir » (l 4), « ombre » (l.6), « l’embrun aveuglant des ténèbres » (l 7), « ciel mort » (l 23). Il dépeint ainsi un sentiment de désespoir, de solitude et de vide dans une vie monotone.

Le texte s’obscurcit et on retrouve des éléments fantastiques comme  « apparition fantastique » (l. 9), « respiration grosse et longue d’un échappement de vapeur, qu’on ne voyait point » (l.30) ou encore « alignaient vaguement des profils de tréteaux gigantesque » (l.27). Le fantastique ayant pour caractéristique d’inquiéter le lecteur, cette description menaçante de l’usine attenue l’espoir du personnage.

Le personnage nous est décrit comme un héros démuni face à la solitude, la souffrance, le désespoir et la pauvreté.

 

  Claire L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Préparation n°3

 

Lecture analytique n°4 (GT1) : incipit d'Aurélien, d'ARAGON.

 

Aurélien tombe amoureux de Bérénice Morel qui, de sa province, est venue passer quelques jours à Paris. Puis les circonstances de la vie éloignent les deux personnages : leur amour ne cesse pas, mais il ne peut pas non plus vraiment exister. En 1940, mobilisé, Aurélien retrouve Bérénice, qui a changé. Mais quelques heures plus tard, elle est tuée par les Allemands, en voiture.

 

                Voici les premières lignes du roman :

 

La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. Il n'aima pas comment elle était habillée. Une étoffe qu'il n'aurait pas choisie. Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe qu'il avait vue sur plusieurs femmes. Cela lui fit mal augurer de celle-ci qui portait un nom de princesse d'Orient sans avoir l'air de se considérer dans l'obligation d'avoir du goût. Ses cheveux étaient ternes ce jour-là, mal tenus. Les cheveux coupés, ça demande des soins constants. Aurélien n'aurait pas pu dire si elle était blonde ou brune. Il l'avait mal regardée. Il lui en demeurait une impression vague, générale, d'ennui et d'irritation. Il se demanda même pourquoi. C'était disproportionné. Plutôt petite, pâle, je crois… Qu'elle se fût appelée Jeanne ou Marie, il n'y aurait pas repensé, après coup. Mais Bérénice. Drôle de superstition. Voilà bien ce qui l'irritait.
Il y avait un vers de Racine que ça lui remettait dans la tête, un vers qui l'avait hanté pendant la guerre, dans les tranchées, et plus tard démobilisé. Un vers qu'il ne trouvait même pas un beau vers, ou enfin dont la beauté lui semblait douteuse, inexplicable, mais qui l'avait obsédé, qui l'obsédait encore :

Je demeurai longtemps errant dans Césarée…

En général, les vers, lui… Mais celui-ci lui revenait et revenait. Pourquoi ? c'est ce qu'il ne s'expliquait pas. Tout à fait indépendamment de l'histoire de Bérénice…l'autre, la vraie… D'ailleurs il ne se rappelait que dans ses grandes lignes cette romance, cette scie. Brune alors, la Bérénice de la tragédie. Césarée, c'est du côté d'Antioche, de Beyrouth. Territoire sous mandat. Assez moricaude, même, des bracelets en veux-tu en voilà, et des tas de chichis, de voiles. Césarée… un beau nom pour une ville. Ou pour une femme. Un beau nom en tout cas. Césarée… Je demeurai longtemps … je deviens gâteux. Impossible de se souvenir : comment s'appelait-il, le type qui disait ça, une espèce de grand bougre ravagé, mélancolique, flemmard, avec des yeux de charbon, la malaria… qui avait attendu pour se déclarer que Bérénice fût sur le point de se mettre en ménage, à Rome, avec un bellâtre potelé, ayant l'air d'un marchand de tissus qui fait l'article, à la manière dont il portait la toge. Tite. Sans rire. Tite.


 Question : quels sont les éléments de cet incipit qui diffèrent par rapport aux débuts de romans précédemment étudiés?

 

 

 

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 Préparation de Clara C. :

 

Jusqu'à maintenant, nous avons étudié les incipits de textes réalistes, dont les chefs de file sont Flaubert avec Madame Bovary, et Balzac avec La Cousine Bette,caractérisés par un besoin d'infime précision et de détails extrêmement précis, ainsi le réalisme vise à imiter le réel dans la littérature. Dans Aurélien, d'Aragon, nous avons affaire à un mouvement tout à fait différent nommé le surréalisme. Effectivement, Louis Aragon fut un des créateurs de ce mouvement littéraire présent au XXème siècle. Il diffère totalement du réalisme et du naturalisme, cherchant lui à exprimer la pensée.

 

Ainsi, nous vivons les scènes selon la vision d'Aurélien, le protagoniste. Nous parcourons le texte à travers ses pensées les plus intimes : « Il la trouve franchement laide » (l.1) ; « Il n'aima pas comment elle était habillée » (l.2) ; « Il avait des idées sur les étoffes » (l.2/3) ; « Aurélien n'aurait pas pu dire si elle était blonde ou brune » (l.6). Ces éléments nous prouvent que nous sommes bien dans le surréalisme, exprimant la pensée, ici de Aurélien. Nous avons donc affaire à une focalisation interne.

 

Pars ailleurs, nous pouvons observer un manque de précision, contraire au mouvement réaliste dont les chefs de file sont Flaubert et Balzac, ainsi, Aragon crée un contraste avec un style totalement différent, tourné vers la pensée, les impressions et perceptions : « Il la trouva franchement laide » (l.1) ; « elle lui déplut » (l.1) nous prouvent qu'il n'utilise aucun détail, ni justification. Aussi, « Une étoffe qu'il avait vu sur plusieurs femmes » (l.3) est une simple expression de pensée, ainsi on ne trouve aucune description poussée et détaillée de l'étoffe, contrairement au cas de la casquette de Charles Bovary, dans Madame Bovary, écrit par Flaubert au XIXème siècle. De plus, « une impression vague, générale, d'ennui et d'irritation » (l.7) et « plutôt petite, pâle, je crois... » (l.8) nous démontrent une expression de la pensée incertaine, caractéristique du surréalisme présent ici.

 

Parallèlement au manque de détails, Aragon se focalise sur les pensées et impressions personnelles du héros : « voilà bien ce qui l'irritait » (l.9) ; « il y avait un vers de Racine que ça lui remettait dans la tête, un vers qui l'avait hanté » (l.10) ; « mais celui-ci revenait et revenait » (l.15) ; « impossible de se souvenir » (l.21).

 

Le narrateur perçoit Bérénice comme banale, insignifiante : « franchement laide » (l.1) ; « elle lui déplut » (l.1) ; « il n'aime pas comme elle était habillée » (l.2) ; « une étoffe qu'il avait vu sur plusieurs femmes » (l.3) ; « ses cheveux étaient ternes ce jour-là, mal tenus » (l.5) ; plutôt petite, pâle » (l.8). Cependant, il lui trouve une originalité qui paraît lui plaire : « Mais Bérénice. Drôle de superstition. Voilà bien ce qui l'irritait » (l.9). Nous comprenons ici, grâce à nôtre conscience de la pensée d'Aurélien, que le détail qui l'aura poussé à tomber amoureux de cette femme pourtant présentée comme banale est son prénom, Bérénice.

 

Pour conclure, Aragon fut un auteur lié au mouvement surréaliste, exprimant la pensée et les impressions des personnages, que l'on trouve inexistantes dans le réalisme qui lui, au contraire est caractérisé par des descriptions très détaillées que l'on ne trouve pas ici, dans Aurélien.

 

 

Clara C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.

 

 

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Préparation de Karim B. :

 

Dans cet incipit d’Aurélien (Louis Aragon), nous avons un texte bien différent des incipits étudiés précédemment qui étaient : La cousine Bette (Balzac), Madame Bovary (Flaubert) et Germinal (Zola).

En effet, contrairement à ces incipits réalistes, on ne peut trouver d’indications sur le cadre spatio-temporel. Aucun détail n’est donné sur son identité. 

L’incipit est composé d’une première partie (l.1 à environ 9) où Aurélien essaye de se remémorer le plus d’éléments possibles concernant son physique. Les passages suivants montrent qu’il a beaucoup de mal : « n’aurait pas pu dire si elle était blonde ou brune » (l.6) ; « il lui en demeurait une impression vague, générale » (l.7) et « petite, pâle, je crois » (l.8).  Cela constitue une opposition par rapport aux autres incipits où nous avons une description précise des personnages et de leur environnement, les seules informations données (ici au sujet de Bérénice) ne sont même pas sûres mais plutôt vagues et incertaines.

La deuxième partie (l.15 à 25) de cet incipit est en tout point, un monologue intérieur,  que l’on pourrait aussi qualifier de « stream of conciousness » en anglais. Il se pose des questions : « Pourquoi ? » (l.15) et « comment s’appelait-il le type qui disait ca » (l.21). De plus les nombreux pointillés  (ils apparaissent deux fois à la ligne 16, une fois à la ligne 19, deux fois à la ligne 20 et une fois à la ligne 22) donnent lieu à un rythme syncopé. Dans aucun des incipits précédents le narrateur a aussi précisément rapporté les pensées du héros.  C’est aussi un retour en arrière, dans une histoire grecque, celle de Bérénice et Titus. Il compare son histoire à celle-là.

Cet incipit n’est pas seulement différent sur le fond mais aussi sur la forme d’écriture. A l’encontre des textes réalistes étudiés précédemment, où les phrases sont longues et complexes, nous avons ici, des phrases très courtes et même souvent non verbales : « Mais Bérénice. » (l.9) ; « Drôle de superstition. » (l.9) ; « En général, les vers, lui… » (l.15) ; « Territoire sous mandat. » (l.18) ; « Tite. Sans rire. Tite. » (l.25).

L’on trouve aussi souvent des répétitions de mots dans une même phrase ou à la fin d’une phrase et au début d’une autre : « Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe qu’il n’aurait pas choisie. » (l.2) ;  « Un vers qu’il ne trouvait même pas un beau vers » (l.11) ; « mais qui l’avait obsédé, qui l’obsédait » (l.12) ; « revenait et revenait » (l.15). Ces anaphores n’ont jamais lieu dans les autres incipits. L’auteur veut insister sur ces mots-là.

Cet incipit d’Aurélien de Louis Aragon, se différencie sur de nombreux points des incipits réalistes du XIXème siècle. Ceux-ci décrivent plutôt le personnage et son entourage. Alors qu’ici nous n’avons presque aucune information sur le héros.  Ce sont ses pensées qui sont transmises par le narrateur, qui nous décrivent son anti-coup de foudre avec Bérénice. La fonction de cet incipit n’est pas très informative, elle est plutôt apéritive contrairement aux incipits réalistes de Flaubert, Balzac et Zola. La façon d’écrire est aussi différente, les phrases sont moins longues et complexes. Ce sont aussi des incipits qui appartiennent à deux mouvements littéraires différents, d’un côté le réalisme et de l’autre le surréalisme.

Karim B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.

 

 

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Préparation d'Eléonore F. :

L’incipit d’Aurélien, d’Aragon (XXème siècle) étonne, en effet il est singulièrement différent des incipits de Flaubert par exemple, ou de Balzac. Dans ces incipits le lecteur était introduit au contexte et avait comme fonction de répondre aux questions telles que Qui ? Ou ? Quand ? et parfois Pourquoi ? Or dans cet incipit, nous sommes comme plongés dans les pensés du personnage principal, qui se nomme Aurélien.

L’histoire n’est pas introduite, le héros non plus, la première chose que le lecteur apprend est que la première fois que le héros « vit Bérénice, il la trouva franchement laide » (l.1). Impression qu’il développera dans tout le premier paragraphe, « elle lui déplut » (l.1), « il n’aima pas comment elle était habillée » (l.2), « cela lui fit mal augurer de celle-ci » (l.3). Ce portrait qu’Aurélien fait à partir d’une simple première impression montre le manque de savoir vivre de ce jeune homme, pris entre deux guerres, d’un certain égoïsme aussi et nous fait par de son mal-être. De plus, ce paragraphe nous donne une très mauvaise impression de Bérénice, impression qui sera peut-être légèrement revue  à la fin, avec la comparaison de la célèbre Bérénice de Racine.

Dans un incipit plus traditionnel, le narrateur est un narrateur omniscient qui présentera, dans un style très descriptif le cadre et les premières actions du personnage. Ici, au contraire,  la seule source d’information que nous avons afin de définir le contexte est l’impression et les pensées qui ne font que décrire une jeune femme qui sera plus tard dans l’histoire, la femme qu’il aimera, c’est donc un point de vue interne qui nous introduit à l’histoire. Par exemple, ligne 8, il y a «  plutôt petite, pâle, je crois… ». Le narrateur nous fait ici part de ses doutes quant à l’aspect physique de cette femme en disant « je ».

Entre les deux paragraphes, il ya une étrange rupture avec cette citation de Racine qui introduit la comparaison entre la relation d’Aurélien et Bérénice avec celle de Titus et la Bérénice de Racine. Cela est comme un clin d’œil au lecteur pour dire qu’effectivement, Aurélien ne semble guère apprécier cette jeune femme, mais qu’il s’ensuivra une histoire d’amour, aussi tourmentée et compliquée que celle dans le roman de Racine

Cette étrange focalisation interne est renforcée dans le deuxième paragraphe où nous avons l’impression de lire les pensées d’Aurélien au fur et à mesure qu’il les a lui-même, par exemple dans la première phrase : « En général, les vers, lui…Mais celui-ci lui revenait et revenait » (l.15). Cela donne à ce texte un style bien particulier, dans un langage bien moins formel, presque familier avec beaucoup de pause représenté par les « … » (l.15, 16, 19, 20 et 22). Encore une fois on trouve l’usage du « je » de la focalisation interne : « je demeurai longtemps » (l.20) ou « je deviens gâteux » (l.19 et 20). Ainsi la gestion des questions est totalement différente de ce qui est fait au XIXème siècle. En plus d'être implicite, les informations données pour répondre aux questions sont imprécises. L'auteur donne des indices nous permettant de nous situer mais nul part n'est mentionnée clairement l'époque comme dans La cousine Bette, de Balzac, "Vers le milieu du mois de juillet de l'année 1838" (l.1). En ce qui concerne la question QUAND?, par exemple, il est dit que c'est "un vers qui l'avait hanté pendant la guerre, dans les tranchées, et plus tard démobilisé" 'l.10-11). Il est ici implicite que la scène se passe après la première Guerre Mondiale (les tranchées furent utilisées principalement pendant cette guerre) et le fait que Beyrouth soir un "Territoire sous mandat)" (l.18) indique que l'histoire se situe entre 1920 et 1948.
De même pour la question Où?, il n'y a quasiment aucune indication de lieu. Il y a des prénoms français, "Aurélien" (l.1), "Bérénice" (l.1), "Jeanne ou Maris" (l.8). De même l'auteur fait des références à la littérature française, « Bérénice » de Jean Racine, ainsi qu’à l’Histoire de France : « les tranchées » (l.11). Cependant, la France représente tout de même une surface conséquente (550 000 km²), c’est extrêmement flou et imprécis contrairement à la tradition réaliste.

En conclusion, cet incipit est un peu comme l’image donnée de Bérénice, il semble peu utile et ne donnant que très peu d’information tout comme Bérénice apparaît comme inintéressante et laide mais grâce a certaines comparaisons et surtout grâce à la rupture du milieu, le lecteur est à peu près renseigné, au moins sur la question Qui ?

Eléonore F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.




 


 

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Préparation de Hervé C. :

 

Aurélien est un roman surréaliste (mouvement apparu en France suite à la première guerre mondiale, qui s' appuie sur l'imagination).

Nous remarquons donc une grande difference entre cet incipit et ceux qui ont été précedemment étudiés, on répondait souvent précisement aux questions du moment (« quand ?»), du lieu (« où ?») et de la personne (« qui ?»). Or dans cet incipit ne donne aucune réponse précise à ces questions. Le narrateur laisse seulement quelques indices au lecteur avec lesquelles il doit deviner le lieu et l'époque: « guerre » (l.9), « tranchées » (l.9), démobilisé (l.9) ; tout ces indices peuvent laisser penser que cela se passe après la première guerre mondiale, en France.

Pour la question du personnage (« qui? », nous avons ici une focalisation interne, c'est donc à travers d' Aurélien que l' on perçoit Bérénice.

Aurélien « la trouva franchement laide » (l.1), « elle lui deplut » . La description de Bérénice n' est pas plus poussée, Aurélien ne cherche pas à justifier ses propos et montre son désinteressement à elle, il l' a « mal regardée » (l.6). Nous n'avons aucun élément psychologique d'elle. Le personnage principal, éponyme de cet oeuvre est Aurélien, pourtant encore une fois c'est très imprécis, il n' a aucun portrait physique, seulement quelques éléments psychologiques: « obsession pendant la guerre » (l.12-14)

 

Par rapport à Balzac, Flaubert ou Zola, qui utilisaient de longues phrases avec une écriture plutôt soutenue, Aragon utilise de très courtes phrases : « oupour une femme » (l.20) avec de nombreux points de suspensionet un language plutôt familier pour le vingtième siècle ( « bougre », « flemmard », « bellâtre » (l.22 et 24)).

Dans les moments descriptifs, il utilise presque uniquement des phrases courtes (« Je demeurai longtemps » (l.20)), averbales (« Ou pour une femme » (l.20)) ou nominales (« Tite » (l.25)), avec peu d' adjectifs, ce qui est totalement différent du Réalisme, tout cela nous donne l'impression qu' Aragon n'a pas vraiment de plan précis d' écriture.

 

Donc, par rapport aux précédents incipits, celui-ci est beaucoup moins détaillé, le lecteur doit imaginer lieux et époque car il y a trop peu de description, il n'y a pas vraiment de mise en situation, on a l' impression que le roman commence directement. On peut donc aussi en déduire que le Réalisme et le Naturalisme sont deux styles très différents du suurréalisme d' Aragon.

 

 

Hervé C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.






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Préparation de Layla K. :

L’œuvre littéraire Aurélien, de Louis Aragon, est parue en 1964. La première différence par rapport aux autres oeuvres étudiées (La cousine Bette de Balzac ; Madame Bovary de Flaubert et enfin Germinal de Zola) est que ces auteurs ne sont pas du même siècle et n’ont pas vécu à la même période historique.

Ils ne font donc pas parti du même mouvement littéraire : les trois premiers romans sont qualifiés de réalistes, voire naturalistes pour Germinal, alors qu’Aragon est l’un des fondateurs du surréalisme et du dadaisme. Ces derniers mouvements cités sont aussi artistiques, et ont été la conséquence de la première guerre mondiale où une génération entière fut sacrifiée à des finalités incertaines. « Nous autres civilisations, écrit Paul Valéry, nous savons maintenant que nous sommes mortelles ». Poètes, peintres, écrivains, sculpteurs, cinéastes se sont joints à ces mouvements pour exprimer leurs sentiments vis-à-vis de cette guerre.

D’ailleurs, à n’importe quel siècle et à n’importe quelle période historique, beaucoup d’auteurs parlent de leurs opinions politiques et de leurs jugements sociaux dans leurs œuvres. C’est aussi le cas de Balzac, Flaubert et Zola.

 

 

 

Dans les incipits, il y a plusieurs différences constatables. Puisqu’Aurélien n’est pas une œuvre réaliste, les détails n’ont pas la même importance dans l’incipit. Le cadre temporel n’est pas décrit de la même manière précise que dans les autres débuts de roman. Mais on a, par exemple « un vers qui l’avait hanté pendant la guerre, dans les tranchées, et plus tard mobilisé » (lignes 10 et 11). Les tranchées étaient les fossés permettant aux combattants la circulation et le tir à couvert, pendant la première guerre mondiale. Cet incipit se déroule donc après 1918. Il y a aussi l’indication « […] de Beyrouth. Territoire sous mandat. », ligne 18. Or, Beyrouth, capitale du Liban, était sous mandat francais de 1920 à 1943.

 

 

Le cadre spatial est encore plus vague : il y a la présence de prénoms francais comme « Aurélien », « Bérénice », « Jeanne » et « Marie » ainsi que la référence à la littérature francaise du XVIIème siècle (Bérénice de Jean Racine) et à l’histoire de France avec la guerre des tranchées. On peut en déduire que le roman se déroule en France, mais ce qui reste très imprécis, contrairement au réalisme.

Ce début de roman a aussi la particularité de ne pas être le début de l’histoire. En effet, celle-ci a déjà été « vécue » et sera racontée ensuite dans l’ordre chronologique, l’incipit ressemblant à un « commentaire » la concernant.

Le narrateur est en focalisation interne durant tout l’incipit, contrairement aux débuts de roman étudiés précédemment, où le narrateur est en focalistaion zéro ou le devient au cours de l’extrait (Madame Bovary, de Flaubert).

Le style d’Aragon dans ce roman est totalement différent du réalisme. Il adopte un langage qui va du registre courant à familier avec un style orale utilisé à l’écrit (« franchement » l. 1, « enfin » l. 2, « ca » l. 5, 10 et 22, « en général, les vers, lui… » l. 15, « …l’autre, la vraie… » l. 16, « en veux-tu en voilà » l. 19, « des tas » l. 19, « le type » l. 21, « une espèce » l. 21) et utilise des phrases courtes, parfois nominales, qui ont un rythme saccadé (« Tite. Sans rire. Tite. » l. 25) surtout à cause de la ponctuation, qui est surtout composée de points, de virgules et de points de suspension. Ce style donne l’impression au lecteur que le narrateur essaye de se souvenir de l’histoire qui lui est arrivé.

Dans le premier paragraphe, Bérénice est décrite sans l’être vraiment, parce qu’Aurélien ne se rappelle plus son physique. (« Aurélien n’aurait pas pu dire si elle était blonde ou brune. Il l’avait mal regardé. » l. 6, « une impression vague, générale, d’ennui et d’irritation » l. 7, « Plutôt petite, pâle, je crois… » l. 8). Il donne au lecteur un avis totalement subjectif et imprécis de Bérénice, à l’opposé des romans réalistes. Le nom de cette dernière l’irrite, à cause d’une tragédie de Racine, intitulée « Bérénice » elle aussi. C’est l’un des vers de cette pièce de théâtre (« Je demeurai longtemps errant dans Césarée… », l. 14) qui va mettre fin au premier paragraphe et à la description de la « vraie » Bérénice. Le deuxième paragraphe, en effet, ne parlera plus que de cette tragédie. Il fera en revanche certains sauts entre ce qu’Aurélien a vécu et entre la tragédie, entre « l’instant présent » et la mythologie. C’est une mise en abîme : l’œuvre de Racine est rappelée dans l’œuvre d’Aragon. Ce style d’écriture est totalement différent des romans étudiés précédemment. De plus, on ne peut comprendre l’incipit d’Aurélien sans savoir à quoi Aragon fait référence et dans quel contexte.

Aurélien, personnage principal et éponyme de l’œuvre d’Aragon, n’est pas décrit du tout. On peut remarquer certains aspects de se psychologie, comme son obsessions par rapport aux vers pendant la guerre et sa légère arrogance par rapport à Bérénice (« Cela lui fit mal augurer de celle-ci qui portait un nom de princesse d’Orient sans avoir l’air de se considérer dans l’obligation d’avoir du goût » l. 3 et 4). Le lecteur ne connaît ni son âge, ni son portrait physique, et il est obligé de faire un travail d’imagination pour s’imaginer les personnages présents dans l’incipit.

Pour conclure, la citation de la révolution surréaliste du 1er décembre 1924, est pertinente : « Le Réalisme, c’est émonder les arbres, le Surréalisme, c’est émonder la vie ».

 

 

 

 

 

 

Source : Les surréalistes – Une génération entre le rêve et l’action de Jean-Luc Rispail

 

 

 

 Layla K., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.

 

 

 

 

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 Préparation de Claire L. :


Tout d’abord il faut souligner la différence primordiale entre ces incipits étudiés : l’époque, et donc un genre littéraire différent. Le XIXème siècle était consacré principalement au réalisme et au naturalisme, alors que le XXème siècle illustre le surréalisme. L’auteur de l’incipit d’Aurélien, Louis ARAGON, représente le chef de fil de ce mouvement succédant au dadaïsme, a la suite de la seconde guerre mondiale, et qui repose principalement sur les valeurs de l’irrationalité, de l’absurde, de rêves, de désirs, et de révoltes.

            C’est pour cela que dans cet incipit, les éléments sont beaucoup moins détaillés : le personnage principal n’est même pas certain du physique de Bérénice Morel dont le narrateur décrit pourtant tout au long de ces 25 lignes. On peut voir parfaitement le manque de précisions dans cette citation « Plutôt petite, pâle, je crois … ». L’adjectif « plutôt » signe d’incertitude est renforce par le verbe « je crois ».

L’absence quasiment totale de lieu et de repères temporels comme le prouve « La première fois » (l.1) est l’unique présence temporel dans cet incipit qui est opposée aux longues descriptions minutieuses des autres incipits comme pour BALZAC, qui est certainement l’auteur le plus pointilleux pour les détails du réalisme dans l’incipit de la cousine Bette. Par exemple «  Vers le milieu du mois de juillet de l’année 1838, une de ces voitures nouvellement mises en circulation sur les places de Paris » on peut connaitre précisément la date et le lieu de l’incipit.

                L’auteur axe donc son incipit sur le personnage d’Aurélien lors de sa rencontre avec Bérénice.  Il emploie  un vocabulaire péjoratif pour la décrire : « trouva franchement laide » (l.1), « déplut » (l.1), « n’aima pas comment elle était habillée. » (l.2), « mal augurer de celle-ci » (l.3),  «  ses cheveux étaient ternes […] mal tenus » (l.5), « impression vague, générale, d’ennui et d’irritation. » (l.7) « plutôt petite, pale » (l.8). On s’aperçoit ici la différence de niveau de langue entre le XIXème siècle qui utilise un niveau plus soutenu comme on peut le voir avec « Le milord arrêta dans la partie de la rue comprise entre la rue de Bellechasse et la rue de Bourgogne » (l.25-26 de l’incipit 1) et le  XXème siècle ou le niveau du langage devient plus familier comme ci-contre « franchement laide » (l.1).

De plus, dans cet incipit on retrouve de nombreuses phrases nominales dans la seconde partie (l. 15-25) comme par exemple « Mais Bérénice. Drôle de superstition. » (l.9) « En général, les vers, lui … » (l.15), « Brune alors, la Bérénice de la tragédie. » (l.17), « Territoire sous mandat. » (l.18), et encore « Tite. Sans rire. Tite. » (l.25)  Tandis que dans les textes du XIXème siècle, le style d’écriture étant différent, les auteurs n’utilisent pas de phrase nominale, ils optent pour la rédaction de phrases verbales complexes et longues comme dans l’incipit 3 ou l’on peut facilement le voir « Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes a Montsou, dix kilomètres de pave coupant droit, a travers les champs de betteraves. » (l.1-3). Louis d’ARAGON joue tout au long de son incipit avec des phrases longues puis courtes: par exemple a la ligne 21 a la ligne 25 « Impossible de se souvenir : comment s’appelait-il, le type qui disait ca, une espèce de grand bougre ravage, mélancolique, flemmard, avec ses yeux de charbon, la malaria… qui avait attendu pour se déclarer que Bérénice fut sur le point de se mettre en ménage, a Rome, avec un bellâtre potelé, ayant l’air d’un marchand de tissus qui fait l’article, a la manière dont il portait la toge. Tite. Sans rire. Tite » On peut en conclure qu’il imite les pensées du personnage qui sont parfois complexes ou parfois simples.

Le narrateur interne de cet incipit insiste fortement sur plusieurs aspects : sa façon d’être vêtue comme l’illustre « Une étoffe qu’il n’aurait pas choisie. Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe qu’il avait vue sur plusieurs femmes. » (l.2-3), il insiste sur le nom « étoffe » en le répétant plusieurs fois, trois fois ici en l’occurrence, pour souligner le fait qu’il n’aime pas la façon dont elle est habillée : c’est une anaphore. Il réalise une seconde répétition pour les cheveux de Bérénice « Ses cheveux étaient ternes ce jour-la, mal tenus. Les cheveux coupés, ca demande des soins constants. Aurélien n’aurait pas pu dire si elle était blonde ou brune. » (l.5-6). Cela diffère des autres incipits car les auteurs du XIXème siècle préféraient utiliser le champ lexical de la noirceur par exemple pour celui de Germinal de ZOLA.

Enfin, dans le début de roman étudié, on ne peut supposer avec ces infimes détails, la suite probable du roman, et les problèmes que pourrait rencontrer le personnage comme nous l’avons fait avec l’incipit de Madame Bovary. On pouvait deviner que Charles serait rejeté de la classe unie dans laquelle il arrive en faisant une mauvaise impression aux élèves. C’est uniquement grâce au paratexte que l’on apprend qu’Aurélien tombe amoureux de Bérénice car tout au long de ces lignes il la critique et ne semble pas du tout intéressé par cette demoiselle qui « l’irritait » (l.9). Donc contrairement aux incipits réalistes, le début de roman surréaliste privilégie la fonction apéritive à la fonction informative.

Pour conclure, je peux me rendre compte que de nombreux détails différencient les incipits étudiés à celui d’Aurélien  d’ARAGON : l’époque, le mouvement littéraire, le détail, le style utilise, la manière de raconter, la fonction privilégiée …

 

 Claire L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 









Préparation de Karim B. :

 

 

Séquence n°3 : La poésie romantique.

Groupement de textes n°2.

Problématique : quels sont les différents modes d'expression du Moi dans la poésie romantique? 

     

Préparation de la lecture analytique n°2 : Soleils couchants (in Les feuilles d'automne), de Victor HUGO.


Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées ;
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !

Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.

Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde immense et radieux !


Question : Vous étudierez la thématique du temps dans ce poème de V. Hugo.

Le poème « Soleils couchants » appartient au recueil de poèmes Les feuilles d’automne, écrit en 1831 par Victor Hugo.

La thématique du temps est un des principaux thèmes du romantisme auquel appartient cette œuvre. « Le lac » de Lamartine est un autre exemple de poème où la thématique du temps est présente.

Ce poème est formé de quatre strophes, composées d’alexandrins aux rimes croisées. La thématique du temps est omniprésente. Le titre de ce court poème, « Soleils couchants », en est déjà une preuve. Il symbolise la fin du jour et le début de la nuit. Puisqu’il est au pluriel on peut en déduire que Victor Hugo veut montrer le sentiment de l’écoulement du temps. Un soleil couchant peut-être aussi mit en parallèle avec la fin de l’homme, son déclin.

Par ailleurs, les vers qui sont des alexandrins sont longs et donnent ainsi une impression de monotonie. Cependant, la ponctuation largement présente parmi l’ensemble du poème entrecoupe ces vers longs et permet un effet de rapidité presque inquiétante du temps, comme on peut le voir dans le vers 2 : « Demain viendra l’orage, et le soir, et la nuit; », des césures à l’hémistiche sont très courantes comme l’illustre le vers 5 : « Tous ces jours passeront; ils passeront en foule ». Elles scindent le rythme monotone de l’alexandrin. De plus, il y a une grande quantité de conjonctions « et » dans le poème : « et le soir, et la nuit » (vers 2); « et ses clartés » (vers 3); « et la face » (vers 9); « et le front » (vers 9)… Ils renforcent le fait que le temps passe, mais il ya aussi de nombreuses anaphores : « Sur la face » (vers 6); « sur la face » (vers 6); « sur les fleuves » (vers 7); « sur les forêts » (vers 7), ou encore : « Puis les nuits, puis les jours » (vers 4). Ce sont des répétitions qui sont comparables à la répétition permanente des jours et nuits qui passent.

Mais encore, lors de la première strophe, il y a des indicateurs temporels qui sont, lorsque l’on les met côte à côte, chronologiques : « ce soir » (vers 1); « demain » (vers2); « le soir » (vers2); « la nuit » (vers2); « l’aube » (vers3). Il y a une répétition continue des jours accentuée par « puis les nuits » (vers4) et « puis les jours » (vers4). Cette succession des jours et des nuits incessante fait part du sentiment de la fuite du temps, cela est même exprimé clairement au vers 4 : « pas du temps qui s’enfuit ». Cela est aussi une personnification du temps qui « s’enfuit ». Le temps est mis en valeur à travers de cette personnification.

Puis au cours des strophes 2 et 3, Victor Hugo montre l’éternité de la nature et son « immortalité » face au temps, qui ne l’atteint pas. Les jours sont personnifiés et regroupés en « foule », ils passent sur la nature sans rien changer : « le front des montagnes, » (vers 9); « Ridés et non vieillis » (vers 10). Cela contraste avec l’homme qui, lui, vieillit. Des enjambements permettent de mettre en valeur l’immortalité de la nature : « Et la face des eaux, et le front des montagnes, / Ridés et non vieillis, » vers 9-10, on le voit aussi au vers 10-11 : « et les bois toujours verts/ S’iront rajeunissant; », la nature rajeunit même.

Ensuite, lors de la dernière strophe, Victor Hugo parle de lui-même. Il dit que lui subit le temps qui passe chaque jour et que sa fin est proche : « mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête » (vers 13) et « je m’en irai bientôt » (vers 15). Cela contraste énormément avec les deux strophes précédentes où l’immortelle nature ne subit aucunement le passage du temps.

Finalement, à travers le dernier vers de ce poème, Victor Hugo dit que sa disparition ne dérangera pas l’équilibre du monde : « sans que rien ne manque au monde » (vers 16) L’homme ne modifie rien au monde qui est toujours « immense et radieux » (vers 16). Dans ce vers il y a aussi une diérèse avec le mot « radieux », dernier mot du poème. Cette diérèse met en valeur la beauté de notre monde, en harmonie avec le temps qui passe.

 
Karim B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2010.

 

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 Préparation d'Eléonore F. :

Victor Hugo écrit ce poème à seulement vingt-neuf ans ce qui est surprenant car « Soleils couchants » est un texte exprimant la douleur et présentant la thématique du temps plutôt négativement.

Tout d’abord, on remarque que le temps est répétitif et symétrique. L’auteur semble insister sur l’alternance jour/nuit dont la vie est composée en utilisant par exemple les rimes croisées. En effet, vers 2 on voit « Demain viendra l’orage, et le soir, et la nuit » et vers 4 « Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s’enfuit ! ». Dans ces vers on trouve une certaine ressemblance, notamment dans la symétrie et la construction du vers, tous deux ont une césure à l’hémistiche (--). Dans le vers 4, le rythme est 6, 3, 3 alors que dans le vers 2 le rythme est 3, 3, 6. On pourrait presque parler de chiasme rythmique. Cette symétrie et ce rythme visent à montrer que le temps passe encore et encore, qu’il est éternel (donc ne s’arrête jamais) contrairement à l’homme et qu’il tourne, qu’il forme un cycle. De plus, cet aspect de temps éternel est caractérisé par le champ lexical du  temps qui passe, par exemple au vers 2 : « demain » et « viendra ». De même, aux vers 3 et 4 on remarque l’anaphore de « Puis » en début de vers qui montre la progression du temps. Ensuite au vers 4, on trouve : « s’enfuit » et au vers 5, une intéressante symétrie par rapport à la césure à l’hémistiche insiste sur cette progression, cette avancée : « Tous ces jours passeront, ils passeront… ». La présence de l’anaphore de « passeront » accentue d’autant plus cette insistance. Enfin on remarque vers 12 «sans cesse » et « bientôt » au vers 15 qui appartiennent tous deux au champ lexical du temps qui passe, qui continue.

Puis le temps est présenté dans ce poème comme quelque chose d’angoissant, qui entraîne l’homme vers la mort. En effet, le « je » ne correspond pas uniquement à l’auteur ce qui surprendrait en raison de son jeune âge mais la condition humaine en générale. Victor Hugo dit dans ce poème que l’Homme est condamné à mourir, qu’il est éphémère contrairement à la Nature «…et les bois toujours verts/ S’iront rajeunissant » (vers 10 et 11). Contrairement à l’Homme donc, comme le montre l’angoissante dernière strophe, « mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête, / Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux, / Je m’en irai bientôt… ». Ici la Mort est euphémisée mais bien présente (« je m’en irai », « je passe » et « refroidi »). Le temps est donc mortifère tout comme dans un autre poème d’Alphonse de Lamartine nommé « le lac » (in Méditations poétiques). On trouve une anaphore aux vers 6 et 7 : « Sur la face des mers, sur la face des monts, / Sur les fleuves d’argents, sur les forets où roule… ». Cette insistance donne au temps comme une certaine invincibilité et fait paraître, de ce fait, l’Homme comme une entité faible et destinée à mourir.


 

 
Eléonore F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2010.

 

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 Préparation d'Hervé C. : 

Le romantisme, mouvement littéraire dominant du XIX° siècle, est un mouvement caractérisé par le lyrisme et l'expression des sentiments heureux ou malheureux. Victor Hugo est un des auteurs phare du romantisme. Son recueil Les Feuilles d'automne est un recueil dominé par la mélancolie.

Le poème « Soleils couchants » émane de ce recueil. La thématique du temps y est très présente.


En premier lieu, cette thématique s'exprime dés le titre, en effet le soleil qui se couche est le lent mouvement descendant du soleil se baissant à l'horizon, mais cela peut également représenter métaphoriquement le déclin de l'homme proche de la mort (le titre est donc une litote).

De plus, le titre étant au pluriel, il veut donc signifier de nombreux mort. En effet, Les Feuilles d'automne sont écrites par Victor HUGO vers 1832; alors âgé de trente ans il a déjà perdu de nombreux proches: son père (1828), sa mère (1821), sa sœur Sophie (1821), ainsi que son propre fils Léopold (1823).

La thématique du temps est aussi présente tout le long du poème : dés le premier quatrain, les termes « soir » (V;1), « demain » (V;2); « nuit » (V;2); « aube » (V;3) et « jours » (V;4) montrent une certaine succession chronologiques.

Victor HUGO utilise aussi un très grand nombre d'anaphores, tel que celle de la conjonction de coordination « et » : « et le soir » (V;2), « et la nuit » (V;2), « et la face » (V;9). Ces anaphores ont pour but d'accentuer l'impression du temps qui passe trop vite.

D' autre part, « Soleils couchants » est un poème composé uniquement d'alexandrins, cela donne un certain effet de lenteur, mais, afin de donner du rythme, ces alexandrins sont souvent entrecoupés par des signes de ponctuation (césures à l' hémistiche) qui scandent le rythme, comme l'illustre les vers cinq et sept: « Tous ces jours passeront; ils passeront en foule »,  Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule ».

De plus, le temps futur est dans ce poème très utilisé, en particulier dans le second et troisième quatrain: « Ces jours passeront, ils passeront »(V.5), « S'iront rajeunissant »(V.11), « Prendra »(V.12). Cela donne la forte impression que le narrateur sait déjà ce qui va se passer, comme si l'avenir était déjà tracé.

D' autre part, un contraste entre l'homme qui se meurt (« Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête »V.13) et la nature, ici décrite comme « ridés et non vieillis » (V.10), est dans ce texte inéluctablement présent, les conséquences du temps sur l' Homme et sur la nature sont donc opposées.

Pour conclure, les sonorités du texte font penser par leur doux sifflement aux ruissellements de l'eau qui s'écoule sans qu'on puisse la rattraper, tel le temps. On a par exemple l’allitération en [s] qui est présente aux vers un, douze et quatorze: « Le soleil s'est couché ce soir », « sans cesse » et « sous ce soleil ».


« Soleils couchants » est donc un poème où la thématique du temps s'exprime de différentes manières. Que ce soit grâce à des anaphores ou des litotes, le thème du temps revient de manière récurrente, et il est souvent aussi doublé par une autre thématique (celle de la nature, ou celle de la fragilité humaine).

 

Hervé C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.

 

 

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Préparation de Manon B. : 


Victor Hugo est un poète romantique. Dans son poème « soleils couchants », il évoque une des grandes thématiques du romantisme, celle du temps. En quoi cette thématique est- elle présente dans ce poème ?

 

 

 

A° La fuite du temps

 

Dans ce poème, la fuite du temps semble irréversible. En effet dès le premier vers, apparaît un champ lexical du temps : « ce soir » (v1),  « demain …la nuit » (v2), « ces jours passeront » (v5), « chaque jour » (v13). De plus, l’auteur cherche à imposer au lecteur un rythme régulier et notamment avec un rythme ternaire placé au vers 2 « Demain viendra l’orage, et le soir, et la nuit ; » ou encore au vers 4 « puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s’enfuit ». Dans ce même vers on trouve une assonance, répétition de sons de voyelles produisant un effet recherché, en [i] qui peut donner l’impression qu’une personne crie en voyant le temps passer.  Elle pourrait être effrayée de la vitesse de ce temps qu’elle ne peut retenir. L’auteur explicite cette fuite du temps avec le verbe s’enfuir conjugué ici au vers 4 «  qui s’enfuit ».

 

B° Le rapport entre le temps et la nature.

 

Après le temps vient la nature et le champ lexical utilisé par l’auteur ; « soleils » (v1), « vapeurs » (v2), « la face des mers …des monts » (v6), « le fleuve des campagnes » (v6)…

Ici apparaît une métaphore filée accordant le temps et l’eau, comme dans « le lac » d’Alphonse de Lamartine, il utilise le flot de l’eau comme dérouleur de temps. En effet on peut observer comme exemple celui des vers 9 et 10 ou « la face des monts » et « le front des montagnes » sont comparés à la peau humaine « ridés et non vieillis » (v10). La nature ne change pas mais le temps, lui, passe si vite qu’il nous donne l’impression de fuir.

 

C° L’alternance entre la nature et le temps

 

Dans la première et la dernière strophe, Victor Hugo commence et termine par le temps. En effet, dans la première strophe, l’auteur introduit son thème, « le temps » et il conclut par «  Je m’en irai bientôt ». Il peut nous sembler que toute une vie défile dans ce poème. Cela dit la nature, métaphore de la vie, est omniprésente dans ce poème. Tout au long des quatre strophes, elle reste proche de nous. Mais malgré tout elle nous semble inaccessible car notre vie qui défile si rapidement sous nos yeux est très marquée par cette flore qui ne change pas.

 

 

Dans son dernier vers « sans que rien manque au monde immense et radieux » Victor Hugo montre bien que la vie n’est qu’un renouvellement du temps. Car si l’homme meurt, la nature, elle, ne meurt pas. Et si la nature se renouvelle, l’homme, lui, passe de générations en générations sans jamais être le même.

 

 Manon B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.

 

 

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Préparation de Layla K. :

« Soleils couchants », écrit par Victor Hugo au XIXème siècle, est un poème composé de quatrains publié dans le recueil Les Feuilles d’automne. Dans ce poème, le temps, l’une des grandes thématiques du mouvement romantique, dont Victor Hugo est l’un des principaux représentants, est largement évoqué.

Pour commencer, on peut remarquer le pluriel du titre du poème. « Soleils couchants » ne représente donc pas le zénith d’une soirée, mais de plusieurs soirs se succédant. Il évoque donc déjà la fuite du temps.

Le déroulement du poème peut lui aussi rappeler le fil du temps qui s’écoule. Le poème est composé de quatre quatrains, et représente donc les saisons qui défilent en une année. Mais les quatre strophes peuvent aussi être interprétées comme le découpage d’une vie :  l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte et l’âge avancé. En effet, avec par exemple les substantifs « soir » (v. 1 et 2) ; « nuit[s] » (v. 2 et 4) ; « aube » (v. 3) ; « jours » (v.4) et « temps » (v. 4) qui s’enchaînent, la première strophe prouve que le temps passe déjà. La deuxième strophe aussi, et elle s’en languit, il y a même l’évocation de la mort grâce à une comparaison (v. 8), parce que c’est peut-être pendant l’adolescence que l’on perd des proches, que l’on prend conscience de la fragilité de la vie ou au contraire que l’on se sent invincible. La troisième strophe rappelle la jeunesse, jalousant presque la nature personnifiée, renaissant chaque année. Et finalement, dans la quatrième, le « moi » de la poésie romantique est exprimé (v. 13, 14 et 15), et comparé à cette nature et à ce monde sans âge, il semble proche de la mort.

Chaque strophe contient aussi son propre champ lexical, et il est souvent en rapport avec le temps qui s’écoule. Par exemple, le première comprend le champ lexical du jour et de la nuit qui se relaient : « couché » ; « soir » ; « demain » ; « viendra » ; « nuit » ; « puis » ; « aube » ; « jours » ; « temps ».  La troisième strophe, celui de la jeunesse s’opposant à la vieillesse : « ridés » ; « non vieillis » ; « rajeunissant ». Et la dernière strophe contient deux champs lexicaux contraires. L’un est négatif (« courbant » ; « bas » ; « refroidi ») et l’autre positif et hyperbolique (« joyeux » ; « fête » ; « immense » ; « radieux »). Ils forment un contraste fort, surtout grâce à l’antithèse « refroidi sous ce soleil joyeux » (v. 14). Ces oppositions sont liées à la fin de la vie. Il y a d’un côté le désir de vivre, et de l’autre le sentiment que la mort approche.

Le rythme du poème fait lui aussi penser à la fuite du temps. Il est accentué par plusieurs éléments, notamment les vers qui sont tous des alexandrins, renforçant ainsi la monotonie du temps et les répétitions de la vie. Le poème comprend beaucoup d’anaphores, qui ont le même effet que les alexandrins. « et le soir, et la nuit » (v. 2) ; « Puis l’aube […] Puis les nuits, puis les jours » (v. 2 et 3) ; « Tous ces jours passeront, ils passeront en foule » (v. 5) ; « Sur la face des mers, sur la face des monts, Sur les fleuves d’argent, sur les forêts où roule » (v. 6 et 7) ; « Et la face des eaux, et le front des montagnes, […] et les bois toujours verts » (vers 9 et 10). Les mots répétés ont souvent initialement déjà un sens temporel. Les deux vers, comprenant quatre fois l’anaphore de la préposition « sur », sont séparés en deux par une césure à l’hémistiche, figure de style beaucoup utilisée dans « Soleils couchants ». Le chiffre quatre évoque de nouveau la fuite du temps, les saisons. Ces anaphores rajoutent du rythme, du sens et de la sonorité au poème. La musicalité est toujours importante dans les poésies, qui étaient initialement chantées. Les rimes en ajoute elles aussi. Dans ce poème, elles sont croisées (abab : « nuées » (v.1) rime avec « obstruées » (v. 3) et « la nuit » (v.2) avec « s’enfuit » (v.4) et ainsi de suite). Cette forme de rimes symbolise le temps s’écoulant.

Les deux enjambements du poème permettent des coupures et mettent en valeur des mots précis. « […] sur les forêts où roule Comme un hymne confus des morts que nous aimons » (v. 7 et 8) accentue la comparaison et plus particulièrement le mot « morts ».  « […] et les bois toujours verts S’iront rajeunissants » (v. 10 et 11) renforce  le mot « rajeunissant ». Avec la fuite du temps, il est impossible de rajeunir. Or, en personnifiant la nature, et plus précisément les bois, Victor Hugo montre que celle-ci est capable de rajeunir, ou de renaître, contrairement à l’homme.

Le dernier vers rappelle le dernier souffle de l’homme, à la fin de sa vie, de son temps. Il se termine par un point d’exclamation, et le dernier mot, « radieux », doit se lire avec une diérèse, comme si la fin voulait être repoussée, évitée, allongée. La connotation positive de ce mot provoque un contraste avec la vieillesse évoquée, et peut montrer que la fin de la vie a aussi du bon, ou peut-être qu’il était temps.

Dans « Soleils couchants » de Victor Hugo, le temps est donc largement évoqué. Et pour cela, il utilise beaucoup de figures de style capables de représenter ce que l’auteur veut faire ressentir.

 Layla K., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.



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Préparation de Clara H. :

Victor Hugo, grand poète romantique du XIX ème siècle, a publié Soleils Couchants vers 1831 alors qu'il avait vingt neuf ans. L'auteur, un homme dans la fleur de l'âge, a déjà perdu ses parents, vu naître ses cinq enfants et sa relation avec Adèle n'est plus "au zénith".

Le poème est une reflexion sur le temps qui passe et la vision de Victor Hugo en est assez pessimiste. Ce poème comporte quatre quatrains d'alexandrins et plusieurs enjambements. Les quatres quatrains font penser aux quatres saisons et au temps qui passe.


Le premier quatrain est  composé d'une progression dans le temps "ce soir"; "demain"; "puis l'aube, "puis les nuits, puis les jours" et le dernier hémistiche "pas du temps qui s'enfuit" personnifie le temps et nous fait penser à une personne s'éclipsant furtivement. Le premier vers commence par "Le soleil s'est couché ce soir", et signifie que le jour vient de s'achever. Cet effet est d'autant plus prononcé qu'il y a une allitération en [s]suggérant le bruissement d'un sablier. Le vers 1 est aussi la plus courte phrase du poème.
Dans le vers 5, il y a une césure à l'hémistiche entre " jours passeront ; ils passeront ", la répétition accentue le fait que les jours passent et que l'homme ne peut suspendre le temps. Ce vers est suivi d'une métaphore, le temps (chaque jour qui passe) est comparé a une foule à laquelle la nature est confrontée: "ils passeront en foule / Sur la face des mers, sur la face des monts". L' "hymne confus des morts"  évoque les souvenirs qui viennent à nous subitement et spontanément et nous rapelle les morts et en même temps que nous sommes aussi voués à disparaître, Victor Hugo souligne ici aussi que le temps passe et que nous n'y pouvons rien.
 La métaphore se poursuit dans le troisième quatrain, la Nature, comparée à nous ne meurt pas comme l'atteste ce vers. "Le front des montagnes,/ Ridés et non vieillis" Les césures aux hémistiches des trois premiers vers de ce quatrain , accentuent le rythme du jour et la nuit, tout en soulignant que la Nature vieillit mais qu'elle ne meurt pas contrairement a nous.
Dans la dernière strophe, on remarque tout de suite la présence de l'auteur "Mais moi,". C'est donc bien de lui et de son rapport au temps dont il s'agit dans ce poème :"moi"; "je"; "je". La césure à l'hémistiche du vers 15 renforce sa tristesse, on a vraiment l'impression, soit qu'il est vieux et proche de la mort, soit gravement malade. Mais d'après la date de parution du poème et la biographie de Victor Hugo on sait que ce n'est pas le cas. On peut en déduire qu'il est alors déprimé ou qu'il parle au nom de la condition humaine en général.
Dans ce poème, la présence des huit conjonctions de coordination "et" ,les trois "puis" de même que les rejets et contre-rejets (Strophe deux et trois) marquent le temps qui s'écoule en créant un rythme, comme peut l'évoquer celui du  jour et de la nuit.


Dans les trois premières strophes on note une progression  face à l'écoulement du temps, mais dans la dernière strophe le poète s'abandonne à la noirceur de la réalité. Victor Hugo, figure représentative du mouvement romantique, appartient donc bien à cette génération de poètes romantiques et plutôt malheureux. Ici c'est la brièveté de la vie et des moments de bonheur qui le désolent.

 

 Clara H., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.



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Préparation  de Maxime D. :

 

La fuite du temps est une thématique omniprésente dans de nombreux poèmes romantiques, Hugo dans ce poème, comme l’ont souvent fait ses confrères, donne une place privilégié au temps.

Ce temps est mentionné de manière implicite ou même explicite tout au long du poème, en commençant par le titre, « Soleils Couchants », qui est au pluriel, suggère une répétition des journées, cela peut aussi signifier une répétition de mort ou de fin puisque le soleil se couche, il disparaît. On remarque aussi tout au long du texte des mots appartenant au champ lexical du temps, comme pour « soir » (v.1 et 2), « Demain » (v.2), « nuit » (v.2 et 4), « aube » (v.3), « temps » (v.4) ou même « jours » (v.5 et 13). Mais il y a aussi beaucoup de mots comme « mers » (v.6), « fleuves » (v.7),  « eaux » (v.9), « fleuve » (v.11) ou « flot » (v.12) qui appartiennent au champ lexical de l’eau ou de la liquidité, souvent associé au  le temps, les deux s’écoulent de même façon ne pouvant vraiment être arrêté. Le champ lexical de la mort est aussi très présent dans le poème, avec des éléments comme « un hymne confus des morts » (v.8), « courbant plus bas ma tête » (v.13) ou « refroidi »  (v.14). Ce champ lexical signifie la fin du temps à l’échelle d’une vie humaine, l’homme étant victime de ce temps. L’anaphore de « Puis » dans les deux derniers vers de la première strophe et celle de « et » dans tout le poème, font allusion à une suite d’évènements et donc aussi au temps qui s’écoule.

Ensuite, dans la totalité du poème on peut remarquer un contraste entre la nature qui est décrite dans cette oxymore  par le billet des arbres qui sont « Ridés et non vieillis » (v.10) et l’homme qui au contraire vieilli, comme Hugo le dit : « Je m’en irai bientôt » (v.15). Le poème lui-même est une antithèse entre la vie humaine, limité dans le temps, et la nature, qui comme « les bois toujours verts » (v.10), a un temps illimité.

Les temps grammaticaux du poème sont aussi très variés, avec du passé, « s’est couché » (v.1), du présent, « s’enfuit » (v.4) et du futur, « viendra » (v.2), ce qui englobe tous les principaux temps grammaticaux, et connote un englobement du temps réel, ce qu’il décrit à toujours eu lieu et n’aura pas de fin. Le futur est aussi utilisé pour exprimer une certitude que « Tous les jours passeront ; ils passeront en foule », c’est un futur qui est présenté comme évident et irrévocable, comme si tout était déjà tracé et que personne ne puisse rien changer. De plus la césure à l’hémistiche présente dans ce vers renforce l’idée d’équilibre et permet une sorte d’égalité entre  « Tous les jours passeront » et  « ils passeront en foule », comme si tous les jours passaient toujours en foule. Une allitération en [s] est aussi présente dans une grande partie du poème, « le soleil s’est couché se soir » (v.1), cela peut symboliser le son du glissement constant du temps.

 

Pour conclure, il est possible de dire que le poème est composé d’une répétition d’alexandrins, comme une répétition de vies toutes presque identiques. Ces vers sont long, lents, et donc peuvent vouloir exprimer l’ennui d’une vie, déjà tracé et dont on connait déjà la fin. Le rythme régulier et continu du poème et un peu comme celui du temps qui ne peut s’arrêter.

 

Maxime D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.




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Préparation de Yolaine P. :

 

Victor Hugo (1802-1885), auteur du XIX siècle, a marqué le genre poétique de sa forte personnalité. Il est aussi le “porte drapeau” du romantisme et exprime souvent ses sentiments et ses pensées à travers le lyrisme. L'orsque, vers 1830, Victor Hugo entre dans les plus brillantes années de sa carrière, agé à peine de 28 ans, l'écrivain se voit affligé de la mort de ses parents, de son premier né, et de sa belle-mère, puis de sa crise conjugale allant jusqu'à la séparation physique.

Les feuilles d'automne, recueil écrit à cette époque, marque l'entrée de l'auteur dans une saison de l'âme grave et méditative, où il se retourne vers son passé, ses êtres chers perdus, son enfance...

Soleil couchants”, extrait de ce recueil, est d'un lyrisme plus familier sur le bonheur, comme le temps, qui fuit.



Ce poème représente donc pour Victor Hugo une mort symbolique, montrée par l'accélération du temps et ses questions personnelles du “moi” (strophe 4). De plus, “refroidi”, “je m'en irais bientôt” et “courbant plus bas ma tête” (v.13,14 et 15) font penser à une mort imminente. Enfin, “Soleils couchants” marquant la fin du jour représente ainsi la fin de l'homme, sa mort.

De plus, ce poème est principalement marqué par la fuite du temps. Victor Hugo, dans le desespoir, regarde le temps passer avec la même vitesse intense que tous les évènements qui ont troublés sa vie. Devant ses yeux défile le temps sans qu'il puisse rien faire. En effet, dans la première strophe, on remarque la boucle du temps qui s'accélère toujours; “Le soleil s'est couché ce soir...” (v.1), “ le soir” (v.2), “la nuit” (v.2), “l'aube” (v.3), “les nuits” (v.4). Puis enfin; “Tous ces jours passerons, ils passeront en foule”(v.5) avec les anaphores “passeront”d'une part, qui insiste sur l'écoulement du temps., et “et”(v.2) et “puis”(v.3 et 4) d'autre part, qui renforce la rythmique du temps entre les jours et les nuits, ainsi que la forme des rimes croisés ABAB.

Cet extrait nous montre aussi le passage du temps face à une nature qui perdure. Le temps est comparé à un vent puissant ou un cours d'eau violent que rien n'arrête, comme le montre les sonorités en [s] et [f] qui

s'étendent durant les deux premières strophes; “soleil”, “s'est”, “ce soir”(v.1), “soir” (v.2), “ses”, “obstruées”(v.3), “passeront” (v.5), “sur”, “face”(v.6) qui imite le sifflement du vent et “face”(v.6,9), “fleuve”, “forêt”(v.7), “confus” (v.8), “front”(v.9), “fleuve” (v.11) et “flots”(v.12)qui immite un courant d'eau. La nature présente avec “mers”, “monts”(v.6), “fleuve”, “forêts”(v.7) puis “eaux”, “montagnes”, “bois”(v.9,10) montre sa puissante face au temps qui passe “sur”(v.6,7) celle-ci.

En outre, le jeux des temps verbaux très diversifié reflète l'avancée dans le temps, comme nous l'ateste les verbes “s'est couché”(v.1), puis “roule”(v.7), “aimons”(v.8), “passe” (v.14), enfin “viendra”(v.2), “passeront”(v.5), “s'iront”(v.11), “prendra”(v.12), “je m'en irai”(v.15). Ce mélange de temps verbaux peut aussi nous éclairer quand à l'état du poète traversant une période de dépression face à un monde beau, que met en évidence la diérèse “radieux” (v.16).

Enfin, la forme de ce poème est en correspondance avec le fond. Cette période de la vie de Victor Hugo, instable comme “les feuilles d'automne”, est traduite par l'inégalité rythmique du poème. On a en effet les différentes coupures des vers; Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit”(v.2, rythme: 6-3-3), “Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées”(v.3, rythme:3-9), “ Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !” (v.4, rythme: 3-3-6). Cette irrégularité est mise en opposition avec les vers coupés à l'émistiche; “Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule / Sur la face des mers, sur la face des monts, / Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule”(v.5,6,7), donc réguliers, qui, paradoxalement, renforce cette inégalité comme les pas d'un boiteux. Ce deséquilibre est mis en parallèle avec la période agitée que traverse l'écrivain.


Pour conclure, la thématique de la fuite du temps, thèmes typiquement romantique, prend dans ce poème une place capitale. Elle nous permet de comprendre l'esprit agité de Victor Hugo, ses pensées et ses sentiments profonds.Elle est présente autant sur le fond que sur la forme.D'autre auteurs comme Lamartine dans “Le lac” font ressentir cet inexorable écoulement du temps.

 Yolaine P., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.




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Préparation de Claire L. :


«Soleils couchants» est un poème composé de quatre quatrains écrits en alexandrins avec des rimes croisées. Victor Hugo,  surnommé aussi porte parole du romantisme, rédigea ce poème alors qu'il n'a que vingt-neuf ans. C'est étonnant car une forte impression de mort imminente lors de la lecture contraste avec le jeune âge de l'écrivain qui vécut jusqu'à quatre-vingt-trois ans. L'hypothèse d'une mort proche est donc inenvigeasable.

Dans les citations suivantes : «Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête, Je passe, et, refroidis sous ce soleil joyeux» (l.13-14) ou «Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête, Sans que rien ne manque au monde, immense et radieux!» (l.15-16), la présence des pronoms personnels «Je», «moi» et «m'» ainsi que l'adjectif possessif «ma» impose une forte présence de l'auteur.

Néanmoins en sachant qu'il est impossible qu'il parle de sa propre existence, j'en déduis que Victor  Hugo exprime par le biais de la première personne l'état d'esprit du peuple, c'est a dire la perpétuelle  souffrance universelle qui est causée par la fuite du temps incontrôlable.

En premier lieu, dans le titre du poème, le soleil est une personnification de la vie qui se termine. On le remarque grâce au participe présent «couchants». Le pluriel de «soleils» pourrait exprimer la vie de plusieurs personnes, soit le peuple qui se meurent.

On peut associer l'enchainement rapide des évènements comme le montre «le soir et la nuit» (l.1), «Puis l'aube […] Puis les nuits, puis les jours» (l.2-3) souligné par l'anaphore de «Puis» avec l'accélération du temps qui passe. La fréquente utilisation de le conjonction de coordination «et» dans ce poème (neuf fois) ajoute l'impression d'une énumération, et rythme le poème.  La fuite du temps est exprimée clairement comme avec l'expression «du temps qui s'enfuit !» ou encore l'anaphore de «passeront» dans le  vers 5, exprimé avec certitude.

 

Victor Hugo met en contraste la gaité de la nature face à la mort proche dans les trois derniers vers de l'extrait : le premier hémistiche est consacré à la vie humaine tandis que dans le second hémistiche, le champ lexical de la gaité est développé, la césure à l'hémistiche n'en est que plus importante!    «Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,

                        Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,

                        Sans que rien au manque au monde, immense et radieux

Il compare les conséquences du temps sur les hommes et sur la nature. Contrairement aux humains la nature est un cycle sans fin (souvent représenter par un cercle), «les bois toujours verts» (l.10) et  «sans cesse» (l.11) démontre bien la continuité de la nature.

 

Trois temps sont présents dans le roman : le passé «s'est couché» (l.1), le présent «s'enfuit» (l.4) et le futur «viendra» (l.2), la vie est donc représentée dans son intégralité.

 

Claire L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.
 





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Préparation de Théo D. :


L'une des caractéristiques du Romantisme et du lyrisme est la thématique du temps, le poème "Soleils Couchants" de Victor Hugo peut d'ailleurs nous le confirmer. En effet, cette thématique y est omniprésente et peut être interprétée comme la vie qui s'écoule tout au long du poème, allant de plus en plus vite au fur et à mesureque le poème avance (on voit une accélération avec "en foule"(v.5)).
Dès la première strophe, le rythme du temps est établi avec la succession des mots "ce soir"(v.1), "Demain"(v.2),"nuit"(v.2),"l'aube"(v.3),"les nuits"(v.4)... On voit que l'auteur est obsédé par le temps et qu'il est impuissant face à celui-ci qui s'écoule, "s'enfuit"(v.4). On le voit également grâce aux anaphores présentes dans cette même strophe: "et le soir, et la nuit"(v.2) ou encore "Puis les nuits,puis les jours"(v.4). Enfin, l'idée se confirme à la fin du quatrième vers avec "pas du temps qui s'enfuit !", qui montre que le temps est impossible à arrêter.
Dans ce poème, l'auteur donne aussi un rôle assez important à la nature: elle n'est pas affectée par le temps: "et les bois toujours verts, s'iront rajeunissants"(v.11), ce qui montre qu'elle est comme le temps, qu'elle ne meurt pas, on en a d'ailleurs un bon exemple avec le champ lexical de l'eau:"mers" (v.16 et 22), "fleuves"(v.7 et 11) et "flot(v.12) qui fait référence au cycle de l'eau (comme le temps, le cycle de l'eau ne s'arrête jamais, il est infini).
Pour finir, la dernière strophe montre que l'homme n'est que de passage sur terre ("je passe"(v.14)), à l'inverse de la nature qui se renouvelle et ne meurt jamais. On voit par ailleurs que Victor Hugo est personnellement bouleversé à l'idée de mourir car il écrit à la fin de son poème:
"Je m'en irais bientôt, au milieu de la fête, sans que rien manque au monde, immense et radieux !(v.15-16)
Pour conclure, nous pouvons dire que la thématique du temps démontre que l'homme est voué à la mort, contrairement à la nature, qui elle est éternelle, comme l'illustrent bien les deux derniers vers du poème.


Théo D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.


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Préparation d'Hugo B. :

 

Extrait du recueil "Les feuilles d'Automne" (1831), le poème "Soleils Couchants" de Victor HUGO est une évocation du temps qui passe. L'écriture de ce poème reflète l'univers nostalgique de Victor HUGO. Alors âgé de vingt sept an, le poète compare avec une certaine amertume l'imact de l'horloge de la vie dans deux thèmes majeurs: la condition humain et les éléments qui composent la Nature.

 

La thématique du temps est omniprésente dans ce poème. En réaction des méfaits du apssega de celui-ci sur l'Homme, phénomène insaisissable et incontrôlable, Victor HUGO met en relief une personification du "temps qui s'enfuit" (v.4), par différents procédés. Il emploie le futur, des verbes de mouvements, un champs lexical du temps, des symboles, des oppositions , des pluriels, une allitération en [s] ou encore des anaphores, donnant ainsi à chaque vers la mouvance nécessaire pour que le lecteur le rejoigne dans la nostalgie, la réalité des choses qui passent et que l'homme subit.

 

Tout d'abord, l'utilisation du futur sur des verbes de mouvements aux vers 2 "viendra", 5 "passeront", 11 "iront", ou encore au vers 15 "irai" définit une projection dans le déplacement accentué comme l'atteste l'anaphore du verbe "aller". Une allitération en [s] formée par les expressions: "le soleil sest couché ce soir" (v.1), "sans cesse" (v.12) et "sous ce soleil" (v.14) renforce l'idée de glissement comme si quoiqu'il arrive l'avenir était déjà tracé. Cela peut s'expliquer comme le ruisselement du sable dans un sablier où la fin de l'écoulement est prédestiné et inévitable.

Ainsi, l'action du "temps qui s'enfuit" (v.4) est répétitive. Victor HUGO devient encore plus persuasif grâce à l'emploi de l'anaphore "puis" (v.3 et v.4), ou de répétitions de virgules ",", ou bien encore d'une conjonction de coordination "et", martelant ainsi la première strophe comme par obscession.

Le champ lexical très prononcé du temps, avec les termes: "le soleil", "le soir", les nuits", "les jours" rythme la vie mais aussi laissent des traces physiques et morales sur l'homme "courbant ainsi plus bas sa tête" (v.13).

 

Cette thématique du temps est suggérés dans la titre: "Soleils Couchants", prouvant ainsi le ton nostalgique du poème. D'autre part, nous pouvons y percevoir un deuxième thème, celui de la mort, l'abouissement inévitable du temps qui passe, chez l'Homme. En effet, l'image du soleil qui se couche symbolise la mort lente du jour et par conséquent les pluriels "Soleils Couchants" signifient plusieurs morts que l'on pourrait associer à la perte des proches de Victor HUGO et sa mort prochaine: "je m'en irai bientôt" (v.15). L'auteur établit donc une coréllation entre la mort avec le défilement des jours par le biais d'un deuxième champ lexical approprié comme en témoigne les citations suivantes "les nuits" (v.4), "l'hymne confus des morts" (v.8), "ridés" (v.10), "refroidi" (v.14), "sans que rien ne manque au monde" (v.16); En conclusion des ces thèmes extrémément liés, la fuite du temps est comparable à l'écoulement lent d'un sablier jusqu'au vise, syboles de la mort.

 

Enfin, Victor HUGO médite sur le sort de l'Homme à mourir en compararison avec les éléments de la Nature en perpétuel renouvelement comme le prouve "les bois verts" (v.10). Le cycle de l'eau, symbole de la vie, est iomagé par "les mers", "les fleuves" (v.6-7) et "le flot" (v.12). Cette Nature, omniprésente dans le poème, ne change pas. Elle va même jusqu'à être "rajeunissant" (v.11). Les éléments qui la composent sont justes: "ridés et non vieillis" (v.10). Ainsi, par le biais de la comparaison, Victor HUGO reforce l'influence du temps sur l'Homme par apport à la Nature qui reste "toujpurs" (v.10), "sans cesse" (v.12) semblable à elle-même. L'injusitice de la condition humaine est palpable au-delà du pessimisme de l'auteur. Une sensation de grande solitude, de dégradation progressive de l'Homme voire de pétitesse se dégagent du poème face à un "monde, immense et radieux" (v.16). En outre, la diérèse du mot "radieux" permet au vers 12 d'avoir douze syllables et par conséquent de poursuivre le lyrisme poétique de ce poème.

 

"Soleils Couchants" est une invitation à la méditation du temps qui passe. Victor HUGO s'appuie sur ce fil conducteur et fait la constat que l'Homme passe avec le temps alors que la Nature reste au fil du temps.

Hugo B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.

 

 


Date de création : 18/09/2009 @ 08:33
Dernière modification : 14/03/2010 @ 10:06
Catégorie : Préparations 2009/2010.
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