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Préparations 2009/2010. - 2nde 3.

Séquence n°1 :

 

 Le roman et son évolution du XVIIème au XXème siècle.

 

Groupement de textes n°1 : La rencontre amoureuse.

 

Objets d'étude : le genre narratif ; le travail de l'écriture. 

 

Problématique : Quelles sont les principales caractéristiques du genre narratif?

 

Lecture analytique n°2 (GT1) : extrait de Manon Lescaut, de l'abbé Prévost :

 

 

Mais il en resta une, fort jeune, qui s'arrêta seule dans la cour, pendant qu'un homme d'un âge avancé, qui paraissait lui servir de conducteur, s'empressait pour faire tirer son équipage des paniers. Elle me parut si charmante que moi, qui n'avais jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d'attention, moi, dis-je, dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue, je me trouvai enflammé tout d'un coup jusqu'au transport. J'avais le défaut d'être excessivement timide et facile à déconcerter ; mais loin d'être arrêté alors par cette faiblesse, je m'avançai vers la maîtresse de mon coeur. Quoiqu'elle fût encore moins âgée que moi, elle reçut mes politesses sans paraître embarrassée. Je lui demandai ce qui l'amenait à Amiens et si elle y avait quelques personnes de connaissance. Elle me répondit ingénument qu'elle y était envoyée par ses parents pour être religieuse. L'amour me rendait déjà si éclairé, depuis un moment qu'il était dans mon coeur, que je regardai ce dessein comme un coup mortel pour mes désirs. Je lui parlai d'une manière qui lui fit comprendre mes sentiments, car elle était bien plus expérimentée que moi. C'était malgré elle qu'on l'envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir, qui s'était déjà déclaré et qui a causé, dans la suite, tous ses malheurs et les miens. Je combattis la cruelle intention de ses parents par toutes les raisons que mon amour naissant et mon éloquence scolastique purent me suggérer. Elle n'affecta ni rigueur ni dédain. Elle me dit, après un moment de silence, qu'elle ne prévoyait que trop qu'elle allait être malheureuse, mais que c'était apparemment la volonté du Ciel, puisqu'il ne lui laissait nul moyen de l'éviter. La douceur de ses regards, un air charmant de tristesse en prononçant ces paroles, ou plutôt, l'ascendant de ma destinée qui m'entraînait à ma perte, ne me permirent pas de balancer un moment sur ma réponse. Je l'assurai que, si elle voulait faire quelque fond sur mon honneur et sur la tendresse infinie qu'elle m'inspirait déjà, j'emploierais ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents, et pour la rendre heureuse. Je me suis étonné mille fois, en y réfléchissant, d'où me venait alors tant de hardiesse et de facilité à m'exprimer ; mais on ne ferait pas une divinité de l'amour, s'il n'opérait souvent des prodiges. J'ajoutai mille choses pressantes. Ma belle inconnue savait bien qu'on n'est point trompeur à mon âge ; elle me confessa que, si je voyais quelque jour à la pouvoir mettre en liberté, elle croirait m'être redevable de quelque chose de plus cher que la vie.

 

Préparation de Laura S. :

 

Quels sont les éléments du texte qui montrent que l’un des personnages est naïf, au contraire de l’autre, plus mûr ?

 

Dans l’extrait de Manon Lescaut, de l’Abbé Prévost, nous assistons à la première rencontre entre le chevalier Des Grieux et Manon Lescaut, une « belle inconnue » (l.46). Celui-ci tombe instantanément sous le charme de Manon et malgré sa timidité, décide de l’aborder.

 

Nous nous apercevons vite que le premier personnage, le chevalier Des Grieux, est un jeune homme peu expérimenté, c’est la première fois qu’il tombe amoureux et il est donc un peu perdu. Il se décrit d’ailleurs lui-même comme quelqu’un « qui n’avait jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d’attention » (l.5 à 7) et nous avoue avoir « le défaut d’être extrêmement timide et facile à déconcerter » (l.9 à 10).

L’Abbé Prévost introduit donc un personnage jeune, peu sûr de lui et peu expérimenté. Mais qui va, malgré tout, faire le premier pas vers la « maîtresse de son cœur » (l.12)

 

En opposition, nous avons l’inconnue, une jeune fille assez ouverte, qui a, bien qu’elle soit plus jeune que lui, déjà eu quelques relations. Le chevalier Des Grieux nous le dit lui-même : « elle était bien plus expérimentée que moi » (l.21). Elle est d’ailleurs à Amiens dans le but de devenir religieuse pour  « arrêter [] son penchant au plaisir » (l.24).

Nous n’en savons pas beaucoup plus sur elle, mais elle ne paraît ni embarrassée des avances du chevalier, ni gênée de parler de ses penchants, ce qui la rend presque suspecte, manipulatrice. De plus, elle a bien compris les sentiments du chevalier envers elle et semble en jouer, comme en témoignent « la douceur de ses regards, un air charmant de tristesse » (l.33-34)

Grâce à son expérience face aux relations amoureuses, elle peut facilement cacher ses propres sentiments ou faire croire au chevalier qu’elle est sincèrement tombée amoureuse de lui alors que ce n’est pas (encore) le cas. Pour l’instant Manon joue de ses charmes. Ses parents veulent l’envoyer au couvent, elle, ne le veut pas, le chevalier fou d’amour pour elle ferait tout pour l’aider, alors elle en profite.

 

Nous avons donc dans cet extrait deux personnages en opposition l’un par rapport à l’autre.

Le premier, jeune, inexpérimenté, « enflammé [] jusqu’au transport » (l.8-9), et est prêt à tout pour son nouvel amour, ce qui montre sa naïveté face à sa relation.

La seconde, elle, est plus expérimentée, et elle n’a aucun doute sur sa future relation. Elle sait ce que ressent le chevalier à son égard. Il nous dit lui-même que « [sa] belle inconnue savait bien qu’on est bien trompeur à [son] âge » (l46-47). Elle est donc plus mûre et paraît presque manipulatrice.

 

Laura S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.

 

 

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Préparation de Giulia C. :

 

L’auteur nous présente deux personnages : d’abord, le chevalier des Grieux, puis une jeune fille, Manon Lescaut. Il nous décrit leur première rencontre. L’un des deux est naïf, cependant que l’autre a un comportement plutôt mûr.

    Le chevalier des Grieux est le personnage naïf. Bien qu’il ait dix-sept ans, il n’a jamais eut d’intérêt pour les filles, comme le prouvent les citations : « jamais pensé à la différence des sexes » (l-5-6), « ni regardé une fille avec un peu d’attention » (l-6-7). Il n’a jamais été attiré par une fille (« tout le monde admirait la sagesse et la retenue » (l-7-8)), il n’a jamais vraiment discuté avec elles et il est sensible aux jugements des autres, capables de le dissuader. Cela est prouvé par l’expression « excessivement timide et facile à déconcerter » (l-10). En revanche, son amour pour Manon Lescaut le pousse à surmonter ses défauts (« loin d’être arrêté alors par cette faiblesse » (l-11)).

    En opposition au chevalier, Manon est beaucoup plus sûre d’elle et moins timide, commùe l’illustre l’expression la concernant : « sans paraître embarrassée »  (l-14), bien qu’elle ait moins de dix-sept ans. Elle est donc « moins âgée que [lui] » (l-13). La jeune fille est ainsi plus mûre malgré son jeune âge. Elle est envoyée au couvent pour devenir religieuse, à cause de ses nombreuses relations : « on l’envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir. » (l-23-24). Au contraire d’elle, le chevalier est en train de connaître son premier amour. L’héroïne est bien sûr beaucoup moins gênée que son prétendant, étant donné son expérience (« elle était bien plus expérimentée que moi » (l-22-23)).

     Le chevalier, bien qu’il ait vu Manon pour la première fois depuis seulement quelques minutes, tombe éperdument amoureux d’elle, et compare le fait que la jeune fille est envoyée au couvent à la mort, comme le montre la citation « un coup mortel pour mes désirs » (l-20). Manon se comporte ensuite comme une victime et essaye de susciter la pitié du chevalier, car elle a compris que le jeune homme éprouvait des sentiments pour elle (« qui lui fit comprendre mes sentiments » (l-21-22)). Elle se dit malheureuse, cherchant une solution à ses problèmes : « elle allait être malheureuse » (l-31), « volonté du Ciel » (l-31). Voyant la jeune fille triste, avec la « douceur de ses regards » (l-33) et son « air charmant de tristesse » (l-34), le chevalier s’engage, sans réfléchir, guidé par son amour, à la sauver du sort que lui ont infligé ses parents, à n’importe quel prix. On le comprend grâce aux expressions  « ne me permirent pas de balancer un moment sur ma réponse » (l-36-37) et « j’emploierai ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents et pour la rendre heureuse » (l-40-41).  Le chevalier ne se rend pas compte de ce qu’il vient de dire : « je me suis étonné mille fois » (l-41-42). Il promet quelque chose de difficile à réaliser, à savoir lui « être redevable de quelque chose de plus cher que la vie. » (l-49-50). En effet, Manon se réjouit de cette promesse, qui pourrait lui changer la vie.

 

   


 

 

Giulia C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Préparation de Jeanne D. :

 

     Dans cet extrait du roman   Manon Lescaut de l’Abbé Prévost, nous observons grâce à plusieurs éléments que l’un des deux personnages, le chevalier Des Grieux, est plutôt naïf à cause de son manque d’expérience en matière amoureuse tandis que l’autre personnage, Manon paraît bien plus mûre, plus expérimentée et surtout très maligne. 

      Dans la toute première partie du texte, le chevalier Des Grieux est présenté comme un personnage très peu expérimenté en matière de relation amoureuse, il n’avait en effet « jamais pensé à la différence des sexes, ni regarder une fille avec un peu d’attention ». Il semble être également très réservé « très timide et facile à déconcerter » et peut-être même associable.

    Malgré le fait qu’il n’ait jamais eu de relation amoureuse, il semble tomber immédiatement amoureux de Manon la considérant déjà comme la « maîtresse de [son] cœur » alors qu’il ne l’a jamais rencontrée ni vue auparavant. Cette précipitation semble assez étrange et naïve de sa part même s’il semble à première vue dominer la situation du fait de sa grande capacité élocutoire, sa « facilité à [s’] exprimer » et son « éloquence scolastique ».On se rend compte très vite que le chevalier Des Grieux est incapable de dissimuler ses sentiments comme le montre la citation « ne permirent pas de balancer sur ma réponse ».

 

     De plus, le fait  qu’il pense pouvoir sauver sa bien-aimée de sa situation illustre très bien sa naïveté, il pense en effet être son héros, il prêt à tout pour sauver une personne en qui il ne sait même pas s’il peut avoir confiance : « j’emploierais ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents et pour la rendre heureuse. ».

 

 

 

      D’une autre part la jeune inconnue, Manon, semble déjà plus mûre et « bien plus expérimentée » que lui notamment en matière de relations amoureuses puisque « c’était malgré elle qu’on l’envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir », cela montre déjà qu ‘elle a une longueur d’avance sur Des Grieux, elle a sûrement déjà eu plusieurs relations amoureuses, elle sait donc ce qui l’attend et elle est capable de dissimuler ses sentiments.

 

     Au début de la rencontre, Manon semble être dominée par Des Grieux qui paraît détenir le premier rôle, mais on se rend compte très vite que c’est en fait Manon qui domine Des Grieux , elle joue un double jeu pour  se servir de lui pour la sortir de sa situation, elle le manipule en l’envoûtant, le charmant, grâce à « la douceur de ses regard », elle prend « un air de tristesse », elle se fait passer pour une jeune fille naïve en lui parlant « ingénument », lui laissant croire alors qu’il la domine.

 

     Le chevalier Des Grieux, manquant d’expérience, se fait complètement dominer par Manon, il ne se rend pas compte qu’elle le manipule, qu’elle se sert de lui, il tombe dans le piège.

 

Cela est une preuve de naïveté et de manque d’expérience.

 

 

 

      Pour conclure, dans ce texte, les deux personnages s’opposent. Le chevalier Des Grieux se révèle comme un personnage excessivement naïf  à cause de son manque d’expérience tandis que Manon, au contraire de ce que l’on peut croire après une première lecture rapide, est un personnage très mûr, expérimenté, et malin.

 

 

 

 Jeanne D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.

 

 

 

 

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Préparation d'Alexandre E. :

 

 

Dans cet extrait de Manon Lescaut, la rencontre amoureuse, le coup  de foudre se produit entre le chevalier Des Grieux, un jeune aristocrate de dix-sept ans et une jeune femme moins âgée que lui ; le chevalier ne semble pas avoir une grande expérience de la vie amoureuse : « moi qui n’avais jamais pensé à la différence des sexes ni regardé une fille avec un peu d’attention » (L5-6). Il semble au contraire être « excessivement timide et facile à déconcerter » (L10). A la fin du texte, il jure même à la jeune fille qu’il « [emploierait] sa vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents et pour la rendre heureuse »(L40-41), cette même jeune fille dont il ne soupçonnait même pas l’existence quelques instants auparavant. De par la façon dont il nous est présenté, le chevalier Des Grieux semble timide, fragile et surtout innocent et inexpérimenté dans le domaine de la vie amoureuse.

 

La jeune fille, Manon, au contraire, a un penchant prononcé pour le plaisir, sans doute charnel malgré son jeune âge (il n’est pas indiqué clairement mais elle n’est sans doute qu’une jeune adolescente). Ce trait de caractère singulier pour une jeune fille de cet âge, à cette époque a conduit ses parents à l’envoyer au couvent, « pour arrêter sans doute son penchant au plaisir » (L24).Et même lorsqu’elle comprend les sentiments du chevalier des Grieux à son égard elle ne semble pas surprise : « elle reçut mes politesses sans paraître embarrassée » (L14), ce qui montre qu’elle sait dissimuler ses sentiments, contrairement au chevalier Des Grieux qui en est incapable. L’expérience de Manon lui donne un avantage sur Des Grieux bien qu’il soit plus âgé. Tous ces éléments montrent que la jeune fille est plus mûre et expérimentée au contraire du Chevalier des Grieux qui est naïf et quelque peu innocent.

 

 

 Alexandre E., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.

 

 

 

 

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Préparation de Louis D. :

 

Naïf (du latin nativus : naturel) veut dire confiant ou simple par nature ou inexpérience. Une personne naïve est une personne innocente.

Le texte parle d'un coup de foudre entre Manon Lescaut et le chevalier des Grieux. Le chevalier est décrit comme une personne raisonnable ''dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue'' (ligne 10). Il est aussi plus âgé que Manon Lescaut : ''Quoiqu'elle fut encore encore moins âgée que moi'' (ligne 12-13). Manon Lescaut était envoyée par sa famille à Amiens pour y devenir religieuse


 

Dès que le chevalier voit Manon Lescaut, il tombe amoureux, et on sait que c'est la première fois que cela lui arrive '' […] moi, qui n'avais jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d'attention'' (ligne 5 à 7). Il est donc inexpérimenté en amour, mais conscient de ses faiblesses … : ''j'avais le défaut d'être timide et facile à déconcerter'' (ligne 10). Il part quand même aborder cette jeune femme, confiant. Quand il apprend la vraie raison de la venue de Manon à Amiens qui est vraisemblablement pour la punir de ''son penchant au plaisir'' (ligne 24), il lui avoue son amour ''[en lui parlant] d'une manière qui lui fit comprendre [ses] sentiments'' (ligne 21). Et malgré ''sa retenue'', il insiste pour proposer des solutions qui vont même jusqu'à s'opposer aux décisions des parents de Manon (Une religieuse n'a ni le droit de se marier ni d'avoir des enfants ou tout simplement d'aimer). De plus il croit que ''[sa]belle inconnue'' pense ''qu'on est point trompeur à [son] âge''( ligne 46) et donc quelle croira d'autant plus sa sincérité. Au début de la lecture, on peut penser que c'est le chevalier Des Grieux qui mène ''le jeu'' car il prend des initiatives (Initiative d'actions : ''Je m'avançais vers la maitresse de mon cœur'' (Ligne 12) ; Initiative de parole ''Je lui demandai'' (Ligne 14) ...)Mais on comprend bien vite que c'est excessif : '' J'emploierais ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents''(Ligne 40-41). Dans ce cas on peut parler d'emphase.

De plus il ne peux pas contrôler ses sentiments par inexpérience : ''Je me trouvai enflammé tout d'un coup jusqu'au transport'' (Ligne 8-9)


 

Manon a bien compris que ce chevalier est naïf ! Elle lui fait du charme (''la douceur de ses regards'' (ligne 33-34)) et elle l'apitoie en lui disant qu'elle n'a pas le choix, que c'est la volonté du ciel et qu'elle va être malheureuse (ligne 30). Grâce à la dernière phrase du texte ('' elle me confessa que si je voyais quelque jour à la pouvoir mettre en liberté, elle croirait m'être redevable de quelque chose de plus cher que sa vie'') on comprend qu'elle veut utiliser le chevalier des Grieux pour la sortir du couvent.


 

Le chevalier, aveuglé par son amour, en pensant qu'il lui confère le pouvoir de vaincre ses faiblesses ('' je me suis étonné mille fois […] d'où me venait alors tant de hardiesse et de facilité à m'exprimer'' (ligne 44)) se fait manipuler par Manon Lescaut. Dans l'histoire c'est donc lui le personnage naif. Manon ,elle, est bien plus mûr car elle est assez intelligente pour tirer profit d'un homme amoureux d'elle.

 

Louis D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.







 

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Préparation de Shanel C. :

 

Dans cet extrait de Manon Lescaut, le chevalier Des Grieux nous fait part de sa rencontre avec Manon Lescaut, une demoiselle plus jeune que lui. Ce dernier est tellement subjugué par sa beauté qu’il en vient  même à éprouver des sentiments amoureux. Dans le texte, on prélève plusieurs éléments qui montrent que le chevalier est naïf contrairement à la jeune fille qui, elle, est plus mûre.

         Au début de l’extrait, le narrateur nous dévoile qu’il est timide, sage et plutôt distant. C’est un jeune homme dont « tout le monde admirait la sagesse et la retenue. »(l.7-8). Il déclare même qu’il ne s’est jamais intéressé à une fille à l’âge de dix-sept ans : "Moi, qui n’avais jamais[] regardé une fille avec peu d’attention. "(l.6). Malgré sa timidité, le chevalier Des Grieux prend des initiatives et parvient à se diriger vers elle pour lui parler. Cela dit, il est tellement émerveillé par cette « belle inconnue »(l.46) qu’il en perd ses valeurs. En revanche, Manon Lescaut ne laisse paraître aucun sentiment ni aucune pensée : « Elle reçut mes politesses sans paraître embarrassée. »(l.14).

On distingue très vite le champ lexical de l’amour : « la maîtresse de mon cœur »(l.12) ; « l’amour »(l.18) ; « désirs »(l.20) ; « sentiments »(l.22). Il semble tomber amoureux d’une fille dont il ne sait rien. Cela est un signe de naïveté et d’innocence. De plus, le chevalier est incapable de contrôler ses propres sentiments. Cette précipitation amoureuse entraîne une absence de réflexion, d’analyse. Manon Lescaut qui est « bien plus expérimenté que [lui] »(l.22) grâce à son « penchant pour le plaisir »(l.24) en profite alors pour le manipuler. Elle confie que ses parents l’envoient au couvant et prend « un air charmant de tristesse »(l.33-34). Le jeune homme, qui voit cela comme un obstacle à ses désirs exagère en s’exprimant tel un héros qui doit combattre la cruelle intention de ses parents et sauver sa bien aimée de cette horrible situation : « j’emploierais ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents et pour la rendre heureuse. »

Finalement, le plus grand signe de naïveté est quand le narrateur croit que Manon lui donnera « quelque chose de plus cher que la vie »(l.50) en retour s’il la sauve du couvent. Il est aveuglé par l’amour et prend tout au pied de la lettre tandis que Manon Lescaut joue un double jeu et le manipule.

 

 

Shanel C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.








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Préparation de Manon U. :

Dans cet extrait de Manon Lescaut, nous remarquons certaines différences entre les deux personnages principaux, qui sont Manon et le chevalier Des Grieux.
Cet extrait relate la rencontre entre les deux personnages. Le chevalier Des Grieux voit pour la première fois Manon, et reste ébahi devant la beauté de celle-ci (« elle me parut si charmante » lignes 4-5). Cependant, nous notons quelques divergences entre leur expérience sur les relations amoureuses. En effet, pour le lecteur, Des Grieux semble dès les premières lignes plutôt ignorant, naïf, face à ce qu’il ressent en apercevant Manon. De plus, Des Grieux est très jeune (on apprend dans le préambule qu’il n’a que dix-sept ans, et qu’il vient de finir ses études). De même, dans le texte, le lecteur est informé par ce même personnage aux lignes 5-6, qu’il n’a « jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d’attention ». Pendant ce temps, Manon ne réagit pas de la même façon. Elle n’est pas gênée lorsque Des Grieux vient la saluer (« elle reçut mes politesses sans paraître embarrassée », lignes 13-14). Des Grieux mentionne à la ligne 22 qu’elle est plus avertie que lui (« elle était bien plus expérimentée que moi » ; « son penchant au plaisir, qui s’était déjà déclaré » lignes 24-25).
Cette naïveté est aussi représentée d’une autre façon. En effet, Manon doit être envoyée dans un couvent pour devenir religieuse pour arrêter « son penchant au plaisir » (ligne 24), et ne semble pas apprécier cette décision (« envoyée par ses parents » ligne 16 ; « elle ne prévoyait que trop qu’elle allait être malheureuse » ligne 30). Le lecteur remarque par le langage corporel de celle-ci que Manon essaye de corrompre Des Grieux pour éviter le couvent: « La douceur de ses regards, un air charmant de tristesse en prononçant ces paroles » lignes 33-35. Elle utilise la séduction, et crée une forme de chantage : « si je voyais quelque jour à la pouvoir mettre en liberté, elle croirait m’être redevable de quelque chose de plus cher que la vie » lignes 47-50. De plus, un élément justifie ce stratège : aux lignes 35-36, Des Grieux se rend bien compte en racontant son histoire qu’il n’a pas été assez vigilant sur les réelles motivations de Manon (« l’ascendant de ma destinée, qui m’entraînait à ma perte »). Il finit par lui promettre de venir la chercher (« je l’assurai que […] j’emploierais ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents » lignes 37-41).
En définitif, Des Grieux étant plus naïf, risque fortement d’être manipulé par Manon à cause de cette amour naissant ; le proverbe le dit bien : « l’amour est aveugle ».

 

Manon U., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.





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Préparation de Louise D. :

 

 

 

Dans l'extrait de Manon Lescaut, écrit par l'Abbé PREVOST, que nous avons là, nous pouvons clairement voir une rencontre amoureuse entre deux personnages, tous deux très différents.

Il y a d'un côté le chevalier Des Grieux, jeune homme de dix-sept ans qui vient de finir ses études, qui tombe immédiatement amoureux de la jeune Manon Lescaut, alors qu'il ne la connaît pas encore. C'est pour lui son premier amour, car il confit « moi qui n'avait jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d'attention , moi [...], dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue, je me trouvai enflammé tout d'un coup jusqu'au transport [...] »(l.5 à 9). Il la décrit déjà comme « la maîtresse de [son] coeur »(l.12), comme « [sa] belle inconnue »(l.46). Il parle déjà d'« Amour »(l.44) avec un grand « A » , de « sentiments »(l.22), d'un « amour naissant »(l.27,28), alors qu'il n'avait jamais vu cette jeune fille auparavant. Tout cela fait de lui un personnage naïf.

Par ailleurs nous avons Manon Lescaut qui, même en étant plus jeune que le chevalier Des Grieux, répond « sans paraître embarrassée »(l.14). Le chevalier Des Grieux le dit lui même : « elle était bien plus expérimentée que moi »(l.21). En effet, il précise aussi « qu'on l'envoyait au couvent, pour arrêter sans doute son penchant au plaisir, qui s'était déjà déclaré, et qui a causé dans la suite tous ses malheurs et les miens »(l.21 à 26). Elle apparaît aussi comme une jeune fille très manipulatrice, puisqu'elle raconte « après un moment de silence , qu'elle ne prévoyait que trop qu'elle allait être malheureuse »(l.30,31), elle sait les mots qu'il faut dire pour attendrir Des Grieux et en obtenir ce qu'elle veut étant donné qu'elle a plus d'expérience avec les hommes. Et sa stratégie finit apporter un résultat satisfaisant car Des Grieux décrit « la douceur de ses regards, un air charmant de tristesse en prononçant ces paroles »(l.33 à 35). Il est de plus en plus aveugle et amoureux à cause de sa naïveté, et donnerait sa vie « pour la délivrer de la tyrannie de ses parents et pour la rendre heureuse »(l.40,41).

Manon Lescaut finit par lui dire que s'il l'aidait à la « mettre en liberté »(l.48), « elle croirait [lui] être redevable de quelque chose de plus cher que la vie »(l.48 à 50).

En conclusion, Manon Lescaut est donc un personnage plus mûr et très manipulateur.

 

Louise D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.




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Préparation de Lorna L. :

Il s’agit dans cet extrait, de la rencontre amoureuse des deux personnages principaux, le chevalier des Grieux et une jeune femme, Manon Lescaut. En effet, dans cet extrait de Manon Lescaut, de l’Abbé Prévost, plusieurs indices et éléments montrent que l’un des personnages est naïf au contraire de l’autre plus mûr ; l’auteur utilise le pouvoir de l’amour et plus précisément les effets du coup de foudre pour développer le caractère naïf du personnage Des Grieux.

Dès la première phrase, le narrateur implique le coup de foudre que ressent le chevalier pour cette « belle inconnue » (l 46). En effet,  « Mais il en resta une » (l 1) introduit directement le personnage de Manon en la séparant  des autres femmes pour souligner le caractère du personnage aux yeux de Des Grieux.

Pour développer d’avantage la naïveté dans le caractère du chevalier,  le narrateur insiste en effet sur la force de l’amour.

Même avant d’entamer un dialogue, le chevalier de des Grieux est soumis, et révèle presque un sentiment de folie comme en témoignent ces tournures hyperboliques « enflammé jusqu’au transport » (l 8-9) « la maîtresse de mon cœur » (l 12) «  étonné mille fois […] divinité de l’amour […] des prodiges » (l 42- 45) « si charmante » (l 5)

L’auteur insiste également sur le caractère naïf de ce personnage en soulignant la faiblesse de celui-ci, ayant « le défaut d’être excessivement timide et facile à déconcerter «  (l 10) Il insiste également  sur son manque d’expérience, lui « qui n’avais jamais pensé à la différence des sexes » (l 5-6) ainsi que le pouvoir de séduction qu’a Manon sur le chevalier de des Grieux.

Au contraire du chevalier de des Grieux, Manon est beaucoup plus mûre ;  le narrateur insiste sur son aisance et son expérience  « car elle était bien plus expérimentée que [lui] » (l 22-23) pour piéger le chevalier ; « sans paraître embarrassé » (l14), « n’affecta ni  rigueur ni dédain » (l29), ainsi que l’adverbe « ingénument » (l16) sont des tournures qui montrent, après une lecture plus approfondie, que Manon est très maligne. Ceci amène le chevalier de des Grieux plus loin dans le piège sans qu’il ne s’en rende compte et en le mettant à l’aise et en confiance.

Manon  est mûre et est calculatrice. Elle manipule le chevalier Des Grieux qui  n’arrive plus à contrôler ses émotions, comme le montre la citation ; «  ne me permirent pas de balancer un moment sur ma réponse. » De plus, Manon exagère son désarroi de façon à ce que le chevalier éprouve de la pitié envers elle et fasse acquérir ses désirs, « elle allait être malheureuse » (l31), « c’était malgré elle qu’on l’envoyait au couvent » (l23).

Enfin, pour justifier une fois de plus que le chevalier est naïf, au contraire de Manon, plus mûre, l’auteur laisse prévoir le destin tragique de celui-ci tombé dans le piège : « dans la suite tous ses malheurs et les miens » (l25-26), « j’emploierais ma vie pour la délivrer » (l40), « l’ascendant de ma destiné, qui m’entraîait à ma perte » (l35-36).

 

Lorna L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.




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Préparation de Rudy O. :

Dans cet extrait de Manon Lescaut, de l'Abbé PREVOST, les personnages qui sont le chevaliers Des Grieux, un jeune homme de dix-sept ans, et la « belle inconnue » (l.46) un peu plus jeune que lui, comme l’illustre l’expression « quoiqu'elle fût encore moins âgée que moi » (l.12-13), se rencontrent pour la première fois.

Lors de cette rencontre amoureuse, le chevalier Des Grieux tombe instantanément sous le charme de celle qu'il définit déjà comme « la maitresse de [son] cœur » (l.12) mais c'est un coup de foudre à sens unique qui se produit car même si le chevalier put plaire à la jeune fille, elle qui s'était rendu compte de la situation savait déjà comment en tirer profit. En effet lui qui « n'[avait] jamais pensé à la différence des sexes, ni regarder une fille avec un peu d'attention » (l.5-6) se « [trouvait] enflammé tout d'un coup jusqu'au transport » (l.8-9) laissant paraître ses sentiments. Lorsqu'il s'adresse à elle, elle lui répond « ingénument » (l.16), ce qui peut prêter à confusion mais qui se révèle en fait comme une manipulation de sa part. Elle lui explique qu'elle est envoyée au couvent contre son gré par ses parents, « pour arrêter sans doute un penchant au plaisir qui s'était déjà déclaré » (l.24-25)

Sans jamais cesser de jouer de ses atouts, « la douceur de son regard, un air charmant de douceur de tristesse » (l.33-34) et de manipuler le garçon, elle qui connaissait bien les hommes, « elle était bien plus expérimentée que moi » (l.22-23). Elle lui fit comprendre « qu'elle allait être malheureuse » (l.31) au couvent, et le jeune homme naïf et aveuglé par cet amour naissant, qui voyait «ce dessein comme un coup mortel pour [ses]désirs » (l.20) s'engageait à «la délivrer de la tyrannie de ses parents et […] la rendre heureuse » (l.40-41).

On peut conclure qui par son manque d'expérience de la vie et des femmes, Des Grieux est un personnage certes sincère, mais naïf alors que la jeune fille est elle plus mûre justement par son expérience des hommes en opposition au chevalier, et se sert de lui pour arriver à ses fins ou du moins en obtenir la promesse.

 

Rudy O., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.




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Préparation de Félix K. :

Dans cet extrait de Manon Lescaut écrit par l’Abbé Prévost au XVIIIème siècle, deux jeunes personnes font la connaissance l’une de l’autre. Le chevalier Des Grieux, naïf, contrairement à la jeune femme plus mûre comme le prouve la citation : « elle était bien plus expérimentée  que moi » (ligne 23) essaye de révéler son amour profond et spontané mais il est particulièrement gêné par son inexpérience et son « défaut d’être excessivement timide et facile à déconcerter » (ligne 9).

Les deux thèmes principaux dans cet extrait s’opposent : la naïveté du chevalier Des Grieux et la maturité de la jeune femme sont paradoxales. Le jeune chevalier « qui vient de finir ses études, à l’âge de dix-sept ans » (paratexte) se trouve encore très débutant dans le domaine de l’amour face à la jeune femme qu’il rencontre. Le fait qu’  « il n’avait jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d’attention » (lignes 5,6) révèle son inexpérience, de même que son amour excessif et irréfléchi démontré par son large langage hyperbolique et par le champ lexical de l’amour montré dans les prochaines citations : «  je me trouvais enflammé tout à coup jusqu'au transport »( ligne 9) ; « je m’avançai vers la maîtresse de mon  cœur » (ligne 12) et « l’amour me rendait déjà si éclairé » (ligne 18). Ces mêmes ignorance et naïveté sont prouvées par sa colère excessive envers les parents de la jeune fille, cela est soutenu par les tournures hyperboliques suivantes : «  je combattis la cruelle intention de ses parents » (ligne 26) et «  j’emploierais ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents » (lignes 40,41).

Cette inexpérience dans le domaine de la séduction peut être expliqué par son très jeune âge » dix-sept ans » (paratexte) et par son manque de contact avec des femmes vu qu’il se fonde sur ses performances orales acquises à l’école. Cela est prouvé par l’expression : «  je combattis la cruelle intention des ses parents par toutes les raisons que mon amour naissant et mon éloquence scolastique purent me suggérer » (lignes 26-29)

En contraire à ce personnage novice et naïf se trouve une jeune femme très expérimentée et mûre qui profite de la naïveté du jeune homme pour le manipuler. Elle est indépendante et a déjà connu l’amour,  comme le montrent les lignes 17 et 25 : « elle y était envoyée par ses parents […] pour arrêter sans doute son penchant au plaisir qui s’était déjà déclaré ». Nous pouvons voir au début de l’extrait qu’elle a l’habitude de se faire séduire : « elle reçut mes politesses sans paraître embarrassée (lignes 13,14) et « ma belle inconnue savait qu’on était point trompeur à mon âge » (ligne 46) ce qui déduit sa maturité et sa familiarité avec l’amour et la séduction.

Cet extrait de l’Abbé Prévost met donc en valeur l’antithèse entre la naïveté du jeune homme et la maturité acquise par la jeune femme. 

 

Félix K., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.



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Préparation de Matthieu Z. :

L’extrait de Manon Lescaut étudié raconte la première rencontre entre le chevalier Des Grieux et Manon Lescaut. Dans ce passage, on remarque que le chevalier Des Grieux et naïf, contrairement à Manon, plus mûre.

 

Il apparaît bien que le chevalier Des Grieux est le plus naïf des deux. Premièrement, il tombe amoureux de Manon sans même la connaître, c’est le coup de foudre : « je me trouvais enflammé tout d’un coup jusqu’au transport » (l 8-9), « L’amour me rendait déjà si éclairé » (l 18), « la tendresse infinie qu’elle m’inspirait déjà » (l 39). Il n’a même pas d’expérience en matière d’amour : « moi, qui n’avait jamais pensé à la différence des sexes » (l 5-6), « moi […], dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue ».

De plus, lorsqu’il apprend que Manon doit aller au couvent, il est révolté, incapable d’accepter cette décision : « je regardai ce dessein comme un coup mortel pour mes désirs » (l 19-20). Il agit de façon naïve, croyant être capable de changer le destin de Manon, essayant à tout prix d’empêcher cette infamie : « Je combattis la cruelle intention de ses parents, par toutes les raisons que mon amour naissant […] p [ut] me suggérer » (l 26-29), « Je l’assurai que […] j’emploierais ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents » (l37-41).

 

D’autre part, Manon est plus mûre que le chevalier Des Grieux. Elle contrôle ses émotions et répond au chevalier Des Grieux sans gêne : « elle reçut mes politesses sans paraître embarrassée » (l 13-14), « Elle n’affecta ni rigueur, ni dédain » (l 29).

Par ailleurs, on s’aperçoit qu’elle est plus expérimentée : « elle était bien plus expérimentée que moi » (l 22-23), « Ma belle inconnue savait bien qu’on est point trompeur à mon âge » (l 46-47).

Elle est aussi très maligne et prend « un air charmant de tristesse »  pour attendrir le chevalier Des Grieux et ainsi avoir des chances de ne pas aller au couvent. Elle lui parle « ingénument » et fait semblant d’accepter son sort pour susciter encore plus de pitié chez le chevalier Des Grieux, très naïf : « Elle me dit […] que c’était apparemment la volonté du ciel » (l 29-32), « elle me confessa que si je voyais quelque jour à la pouvoir mettre en liberté, elle croirait m’être redevable de quelque chose de plus cher que la vie » (l 47-50).

 

Ainsi, le chevalier Des Grieux est naïf et ne se rend pas compte que Manon se sert de lui pour qu’il l’aide à éviter son entrée au couvent. Elle est donc une femme très mûre et maligne du fait de son expérience amoureuse, contrairement à ce que son jeune âge pourrait laisser penser.

Matthieu Z., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.




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Préparation d'Aidan M. :

Manon Lescaut est un roman-mémoires, écrit par l’Abbé Prévost au XVIIème siècle. Ce livre suit l’histoire du chevalier Des Grieux et de son amour, Manon Lescaut. Dans cet extrait de ‘Manon Lescaut’, Prévost décrit la première rencontre des personnages principaux, et l’effet extraordinaire produit par Manon Lescaut sur Des Grieux. Quand ces deux futurs amoureux commencent à parler, on remarque que Des Grieux semble naïf face à une jeune fille très mûre.

Au début de l’extrait, les pensées de Des Grieux montrent son inexpérience. Il «n’avai[t] jamais pensé à la différence des  sexes, ni regardé une fille avec un peu d’attention » (l 5 à 7) et on nous dit qu’il est particulièrement timide. Sa façon romantique, galante, et chevaleresque de décrire Manon montre aussi son inexpérience à l'égard du sexe opposé : « la maîtresse de mon cœur » (l 12). Comme s’il était un héros du moyen âge, il explique qu’il va sauver Manon de « la cruelle intention » (l 26) et « la tyrannie de ses parents » (l 40 à 41).

Même si Manon Lescaut est plus jeune que Des Grieux, elle semble beaucoup plus mûre que lui dans cet extrait, elle est envoyée au couvent par ses parents, pour arrêter « son penchant au plaisir » (l 24).  Elle a beaucoup plus d’expérience avec le sexe opposé et Prévost montre cela dans cet extrait : « elle était bien plus expérimenté que moi » (l 22 à 23). Contrairement à Des Grieux, elle ne semble pas être du tout « embarrassée » (l 14) quand elle reçoit ses politesses.

 Finalement, cet extrait est rempli d’éléments qui montrent que Manon Lescaut est mûre contrairement à Des Grieux, un homme naïf. On voit un contraste presque ironique : Manon Lescaut, une fille « fort jeune » (l 1) a plus d’expérience et est plus mûre qu’un jeune homme plus âgé. 

 

 Aidan M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009.





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Préparation de Guillaume S. :

Les Lumières sont le mouvement littéraire prédominant au XVIIIème siècle. Les Lumières tirent leurs noms du combat qu’elles mènent contre l’obscurantisme. Ce mouvement littéraire est caractérisé par l’utilisation de certains thermes comme la critique de la société et notamment de l’Eglise. L’Abbé Prévost  est un romancier français renommé du XVIIIème siècle. Il a écrit Mémoires et aventures d’un homme de qualité duquel est tiré le texte à commenter. Dans cet extrait, l’auteur s’est servi d’une de ses relations amoureuses personnelles afin d’écrire ce récit. Il y témoigne de ses sentiments et de sa naïveté, à l’époque, par l’intermédiaire de son personnage, le chevalier Des Grieux.

    Tout d’abord, on s’aperçoit de la naïveté du chevalier et de son manque de maturité. Ce dernier dit n’avoir « jamais pensé à la différence des sexes, ni regardé une fille avec un peu d’attention » (l.5-7). Cela témoigne de son inexpérience en termes d’amour et de relation amoureuse et amène donc le lecteur à penser que le jeune homme est fort en retard en ce qui concerne l’amour. De plus, le fait qu’il soit « facile à déconcerter » (l.10) prouve qu’il ne sait pas toujours comment interpréter des paroles, des situations. Il laisse le trouble s’emparer de lui et devient facile à manipuler comme nous le constatons dans la suite du récit. Ce défaut est ce qui lui manque pour être un homme et pour ne pas tomber dans les pièges d’autrui.

    Par la suite, le chevalier Des Grieux apprend que la jeune femme qu’il considère déjà comme la « maîtresse de son cœur » (l.12) fut envoyée au couvent par ses parents pour mettre un terme à « son penchant au plaisir » (l.24). Le chevalier qui était jusque là un homme très « timide » (l.10) décide de combattre « la cruelle intention » (l.26) des parents de la fille afin de l’empêcher d’aller au couvent. Le jeune homme en arrive même à dire qu’il emploierait sa vie « pour la délivrer de la tyrannie de ses parents et pour la rendre heureuse » (l.40, 41). Cela prouve qu’il se bâtera corps et âme pour empêcher la jeune fille d’aller au couvent alors qu’il ne s’est même pas demandé si elle l’aimait vraiment. Et malheureusement cette dernière va en profiter pour le manipuler afin de le sortir du couvent. Cela montre que le chevalier est bien naïf.

    En second lieu, l’auteur nous présente la maturité de la jeune fille et la façon dont elle va manipuler le jeune homme de dix-sept ans. Premièrement, on s’aperçoit de la maturité et de l’expérience de celle-ci. En effet, le fait qu’elle reçoive les politesses du chevalier « sans paraître embarrassée » (l.13, 14) montre qu’elle a l’habitude de se faire aborder par des hommes. Cela témoigne de son expérience et donc de sa maturité. De plus, le chevalier lui-même comprend que la jeune fille a deviné les « sentiments » (l.22) qu’il a pour elle, car elle est « bien plus expérimentée » (l.22) que lui. Encore une fois, cela témoigne de l’habitude des relations amoureuses qu’a eut la fille et donc de son expérience.

    Peu après, on apprend que cette dernière a été envoyée au couvent contre son gré, afin d’arrêter « son penchant au plaisir » (l.24). Après cette annonce inattendue par le chevalier, celui-ci décide d’aider la maîtresse de son cœur à ne pas entrer au couvent. La jeune fille ayant bien compris que le jeune home ferait n’importe quoi pour elle en profite pour le manipuler. Pour cela, elle commence par l’apitoyer en lui disant qu’elle « allait être malheureuse » (l.31) mais que c’était « la volonté du Ciel » (l.32) car elle ne pouvait pas l’éviter. De plus, elle se donne un « air charmant de tristesse » (l.34) pour que la manipulation soit complète. Ici, la maturité et l’aisance de la jeune fille pour manipuler le chevalier est bien visible.

    Enfin, la manipulatrice qu’est la jeune fille joue sur les sentiments du jeune homme en lui confessant que s’il la mettait en liberté, elle croirait lui « être redevable de quelque chose de plus cher que la vie » (l.49, 50). Elle profite ainsi de l’amour de l’autre pour sortir du couvent. Cette démarche est très futée et témoigne de la maturité de cette dernière.

    Pour conclure, dans le récit « Manon Lescaut », le chevalier Des Grieux est naïf, contrairement à la jeune fille, plus mûre. D’autres auteurs comme Mme de Lafayette ont également utilisé des moments personnels de leur vie pour narrer une rencontre amoureuse au dénouement heureux ou malheureux et cela ne cessera pas.

 

Guillaume S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009. 




 

 

Préparation n°2 :  

 

Texte n°3 : extrait de Le lys dans la vallée, de BALZAC (XIXème siècle).

 

Le narrateur, Félix de Vandenesse, raconte l’histoire de sa jeunesse (et de ses amours d’alors) à celle qui doit devenir son épouse : Natalie de Manerville. Nous sommes ici au début de la narration. Félix raconte sa première rencontre amoureuse avec Madame de Mortsauf.

 

Au moment où je souffrais du malaise causé par le piétinement auquel nous oblige une foule, un officier marcha sur mes pieds gonflés autant par la compression du cuir que par la chaleur. Ce dernier ennui me dégoûta de la fête. Il était impossible de sortir, je me réfugiai dans un coin au bout d'une banquette abandonnée, où je restai les yeux fixes, immobile et boudeur. Trompée par ma chétive apparence, une femme me prit pour un enfant prêt à s'endormir en attendant le bon plaisir de sa mère, et se posa près de moi par un mouvement d'oiseau qui s'abat sur son nid. Aussitôt je sentis un parfum de femme qui brilla dans mon âme comme y brilla depuis la poésie orientale. Je regardai ma voisine, et fus plus ébloui par elle que je ne l'avais été par la fête; elle devint toute ma fête. Si vous avez bien compris ma vie antérieure, vous devinerez les sentiments qui sourdirent en mon coeur. Mes yeux furent tout à coup frappés par de blanches épaules rebondies sur lesquelles j'aurais voulu pouvoir me rouler, des épaules légèrement rosées qui semblaient rougir comme si elles se trouvaient nues pour la première fois, de pudiques épaules qui avaient une âme, et dont la peau satinée éclatait à la lumière comme un tissu de soie. Ces épaules étaient partagées par une raie, le long de laquelle coula mon regard, plus hardi que ma main. Je me haussai tout palpitant pour voir le corsage et fus complètement fasciné par une gorge chastement couverte d'une gaze, mais dont les globes azurés et d'une rondeur parfaite étaient douillettement couchés dans des flots de dentelle. Les plus légers détails de cette tête furent des amorces qui réveillèrent en moi des jouissances infinies: le brillant des cheveux lissés au-dessus d'un cou velouté comme celui d'une petite fille, les lignes blanches que le peigne y avait dessinées et où mon imagination courut comme en de frais sentiers, tout me fit perdre l'esprit. Après m'être assuré que personne ne me voyait, je me plongeai dans ce dos comme un enfant qui se jette dans le sein de sa mère, et je baisai toutes ces épaules en y roulant ma tête. Cette femme poussa un cri perçant, que la musique empêcha d'entendre; elle se retourna, me vit et me dit: "Monsieur?" Ah! si elle avait dit: "Mon petit bonhomme, qu'est-ce qui vous prend donc?" je l'aurais tuée peut-être mais à ce monsieur! des larmes chaudes jaillirent de mes yeux. Je fus pétrifié par un regard animé d'une sainte colère, par une tête sublime couronnée d'un diadème de cheveux cendrés, en harmonie avec ce dos d'amour. Le pourpre de la pudeur offensée étincela sur son visage que désarmait déjà le pardon de la femme qui comprend une frénésie quand elle en est le principe, et devine des adorations infinies dans les larmes du repentir. Elle s'en alla par un mouvement de reine. Je sentis alors le ridicule de ma position ; alors seulement je compris que j'étais fagoté comme le singe d'un Savoyard.

 

 

 

 

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Question : quelles sont les comparaisons successivement utilisées à propos de la femme aimée? Que peut-on en déduire?

 

 

 

 

 

 

Préparation de Félix K. :

 

 

Dans cet extrait de Lys dans la vallée, écrit par Honoré de Balzac au XIXème siècle, le narrateur Félix de Vandenesse décrit une jeune femme qu’il vient de rencontrer. Ebloui par sa beauté, le jeune homme décrit la jeune femme grâce à un portrait hyperbolique et magnifié qui la transforme en être atteignant presque la perfection. Cette perfection décrite dans ce portrait physique valorisant crée un grand désir chez Félix.

 

Tout au long du texte, le narrateur établit une image perfectionné et magnifiée de la femme aimée : il insiste et révèle sa beauté extraordinaire et sa perfection du corps grâce aux hyperboles : « mes yeux furent tout à coup frappés par de blanches épaules rebondies sur lesquelles j’aurai voulu pouvoir me rouler » (l10, 11) ; « comme si elles se trouvaient nues pour la première fois » (l11, 12)  et « rondeur parfaite » (l15, 16). Nous remarquons aussi une érotisation dans cet extrait soutenu par le vaste champ lexical des différentes parties du corps : « peau » (l12) ; « épaules » (l13) ; « gorge » (l15) ; « dos d’amour » (l25, 26) ; « seins » (l21). Ce champ lexical insiste aussi sur la beauté parfaite de la jeune femme ainsi que la curiosité et l’impatience du narrateur, qui désire un contact physique avec ce corps gardé secret. De plus, le narrateur compare successivement la femme aimée à des choses qui la mettent en valeur. Il la compare premièrement à un oiseau : « [elle] se posa près de moi par un mouvement d’oiseau qui s’abat sur son nid » (l6). Cette comparaison soutient donc le fait que la jeune femme est délicate et pure. Nous pouvons aussi remarquer plusieurs comparaisons entre la jeune femme et des tissus de grande valeur : « satinée » (l12), « soie » (l13), « dentelle » (l16) et « velours » (l18). Cela montre sa douceur et implique le fait qu’elle a beaucoup de valeur, qu’elle est sensuelle et qu’elle est d’une beauté resplendissante.                                                                                                                                             

Avec les comparaisons « le pourpre de la pudeur offensée étincela sur son visage » (l26) ; « elle s’en alla par un mouvement de reine » (l28) ; « couronnée » (l25) ; « diadème » (l17), le champ lexical du règne se fait visible et l’impossibilité de cette relation amoureuse est exprimée par le narrateur. Des autres comparaisons qui montrent non seulement la perfection physique mais aussi la perfection de son âme sont : « mon imagination courut comme de frais sentiers, tout me fit perdre l’esprit » (l19) ; « sainte colère » (l24, 25) ; « de pudiques épaules qui avaient une âme » (l12).    

Nous remarquons aussi des comparaisons tout au long du texte qui crée un lien mère/enfant : le narrateur s’apparente à plusieurs reprises à un enfant grâce à sa « chétive apparence » (l4, 5) et aux phrases : « je me réfugiai dans un coin » (l3) ; « me prit pour un enfant prêt à s’endormir » (15) ; « mon petit bonhomme » (l23) ; « comme un enfant qui se jette dans les seins de sa mère » (l20, 21). En contraire au narrateur qui est comparé à un enfant, la femme aimée (madame de Mortsauf) s’apparente à une mère, cela est prouvé grâce aux citations « en attendant le bon plaisir de sa mère » (l5) et « se posa près de moi par un mouvement d’oiseau qui s’abat sur son nid » (l6). Ce lien mère/enfant fait référence au concept d’Œdipe où le narrateur recherche l’inconsciente de sa mère à travers la femme aimée.

 

Nous pouvons donc déduire que le narrateur éprouve un grand amour envers la jeune femme (cela est prouvé par le langage hyperbolique : « rondeur parfaite » (l15, 16) ; « jouissances infinies » (l17) ; « adorations infinies » (l27) ; « un parfum [...] qui brillait dans mon âme » (l6, 7)) mais que cet amour n’est pas réalisable car la femme aimée se rapproche d’une déesse : un être parfait physiquement et moralement (dans son total) tandis-que le narrateur ne l’est point.il décrit la jeune femme comme un projet irréalisable qui atteint une perfection presque surnaturelle.

 

 

Félix K., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.



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Préparation de Giulia C. :

Balzac nous raconte, dans cet extrait du Lys dans la Vallée, la première recontre amoureuse de Félix de Vandenesse, avec Madame de Mortsauf.

Cet extrait se déroule lors d’une fête. Le narrateur, Félix de Vandenesse, est dans une situation d’incorfort : ‘je souffrais du malaise cause par le piétinement auquel nous oblige une foule’ (l-1), ‘me dégoûta de la fête’ (l-3). Une femme, voyant Félix ‘dans un coin au bout d’une banquette abandonnée’ (l-3-4), ‘les yeux fixes, immobile et boudeur’ (l-4), le confound avec un enfant qui attend sa mère (‘trompée par une chétive apparence’ (l-4-5)).

La première comparaison que l’on rencontre est : ‘un movement d’oiseau qui s’abat sur son nid’ (l-6). La femme est comparée à un oiseau, qui vient défendre sont petit. Cette figure de style lui donne une dimension maternelle. La deuxième comparaison est : ‘comme y brilla depuis la poésie orientale’ (l-7). Elle compare l’effet que le parfum de la femme a sur le narrateur à la poésie orientale. La troisième comparaison, ‘toute ma fête’ (l-8), fait référence au fait que le narrateur, qui n’appréciait guère la fête, a trouvé ce qui lui manquait pour passer un bon moment. Cela est confirmé par la citation : ‘fus plus éloui par elle que par la fête’ (l-8).

Félix est spécialement attire par les épaules de la femme, et il en fait une description détaillée. Dans celle-ci, on rencontre deux autres comparaisons. La première est ‘comme si ells se trouvaient nues pour la première fois’ (l-11-12), ce qui souligne leur blancheur légèrement rosée. La deuxième est ‘comme un tissue de soie’ (l-13). Elle souligne leur douceur et leur blancheur.

Le narrateur fait ensuite allusion au fait qu’il n’ose pas la toucher, mais qu’il continue de l’admirer (‘mon regard, plus hardi que ma main’ (l-13-14)). Il devient ensuite ‘tout palpitant’ (l-14), et retrouve la joie qu’il avait perdue (‘qui réveillèrent en moi des jouissances infinies’ (l-17)). On rencontre ensuite d’autres comparaisons : ‘comme celui d’une petit fille’ (l-18) fait référence au brillant des cheveux, ‘comme en de frais sentiers’ (l-29) aux lignes blanches.  Ces deux comparaisons font penser que la femme est très jeune, et c’est comme si, pour le narrateur, elle renaissait.

Félix de Vandenesse cède ensuite à la tentation, et se jette sur la femme. L’expression ‘comme un enfant qui se jette au sein de sa mère’ (l-20-21) montre que c’était vraiment trop dur pour le jeune home de resister. Après cet événement, Madame de Mortsauf, surprise, le regarde en face et se rend compte qu’il n’est pas un enfant (‘Monsieur?’ (l-22)). Il fut ensuite ‘pétrifié par un regard animé d’une sainte colère’ (l-24-25), mais l'héroïne, une fois qu'elle a compris qu’elle était le centre d’intérêt du jeune home, se calma : ‘sur son visage que désarmait déjà le pardon de la femme qui comprend une frénésie quand est elle en est le principe’ (l-26-27). Pour finir, il y a une dernière comparaison, ‘comme le singe d’un Savoyard’ (l-29), qui se réfère cette fois au narrateur.

Giulia C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.

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Préparation d'Alexandre E. :


Dans cet extrait du roman Le Lys dans la vallée, de Balzac, le narrateur utilise différentes comparaisons pour décrire Mme de Mortsauf. En la voyant s’asseoir près de lui, Félix pense d’abord à un un oiseau qui rejoint son nid : “et se posa près de lui par un mouvement d’oiseau qui s’abat sur son nid.”(l 6). Il ressort de cette comparaison une connotation protectrice, presque maternelle. Puis il regarde sa voisine avec un peu plus d’attention et “[est] plus ébloui par elle qu’[il] ne l’[avait] été par la fête.”(l 8). Dès lors elle est le centre de son attention comme l’indique, ligne 8 : “elle devint toute la fête.” Alors seulement il commence à la détailler comme l’indique la citation : “des épaules […] qui semblaient rougir comme si elles se trouvaient nues pour la première fois.”(l 11-12). Ici le narrateur personnifie les épaules pour accentuer le caractère pudique de la beauté de Mme de Mortsauf. A ce stade du texte, Félix de Vandenesse est totalement ébloui par la beauté de Mme de Mortsauf comme le montrent les passages suivant : “la peau satiné éclatait à la lumière comme un tissu de soie” (l 12) ; “fus complètement fasciné par une gorge chastement couverte d’une gaze” (l 14-15) ; “Les plus légers détails de cette tête furent des amorces qui réveillèrent en moi des jouissances infinies”. Ici la femme aimée est magnifiée au travers d’hyperboles : le narrateur exagère intentionnellement la beauté de Mme de Mortsauf de façon à dresser un poratrait parfait et absolu d’elle. Les sentiments de Félix pour Mme de Mortsauf constituent une sorte de filtre qui lui renvoie une image nettement embellie de la réalité. De ce fait il estabsolument fasciné et ne peut faire un geste : “le long de laquelle coula mon regard plus hardi que ma main” (l 13).

Peu après dans le texte, le narrateur la compare à une enfant à la ligne 18 : “ un cou velouté comme celui d’une petite fille”, ce qui indique qu’in essaie de “rabaisser” Mme de Mortsauf à son niveau, lui qui est inexpérimenté en relations amoureuses. Enfin au moment où Félix se jette sur Mme de Mortsauf, il se voit comme un enfant “qui se jette dans le sein de sa mère” (l 21), cela montre que Félix de Vandenesse souffre sans doute d’un symdrome d’Oedipe mal dépassé : le syndrome d’Oedipe correspond à un periode de la petite enfance durant laquelle le jeune garçon/fille admire et aime le parent de sexe opposé et considère que l’autre parent gêne cette relation. Cela se passe bien sûr à un niveau inconscient et la plupart des gens dépassent bien vite cette étape, ce qui ne semble pas être le cas de Félix qui voit la femme qu’il aime comme sa mère. Mme de Mortsauf est bien sûr surprise et offensée d’un tel geste et il ressort alors de la description du narrateur une certaine noblesse, ou dignité, comme le montre , ligne 25 : “une tête sublime couronnée d’un diadème de cheveux cendrés, […] ; “Elle s’en alla par un mouvement de reine.” (l 28). Dans cet extrait, il y a une double gradation : d’abord dans l’évolution des sentiments de Félix : il passe de la simple indifférence boudeuse à la honte et à la passion la plus intense : “je l’aurais tuée peut-être”(l 24). Puis dans la description de la femme : elle est d’abord comparée à un oiseau et à la fin, à une reine offensée. Ici, la femme aimée, Mme de Mortsauf est magnifiée à l’extrème, surtout à l’aide d’hyperboles exprimant l’infini et l’absolu.

 

 

 

Alexandre E., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.





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Préparation de Manon U. :

Dans Le Lys dans la Vallée, écrit pas Balzac au XIXème siècle, le protagoniste Félix de Vandenesse raconte les aventures de sa jeunesse à sa future femme, Nathalie de Manerville. Dans cet extrait, il s’agit d’une de ses rencontres amoureuses avec Madame de Montsauf, relaté telle une analepse.
Les sens y sont très utilisés. Madame de Montsauf est donc décrite avec une certaine sensualité. De plus, Le Réalisme prônant des descriptions minutieuses, le corps de Madame de Montsauf vu à travers les yeux de Félix est érotisé. Il se focalise sur la poitrine de Madame de Montsauf et parle de « globes azurés […] douillettement couchés dans un flot de dentelle » (lignes 15-16). Cependant, il évoque une vertu morale qui est paradoxale à cette érotisation : Madame de Montsauf a de « pudiques épaules » (ligne 12), une « gorge chastement couverte d’un gaze » (ligne 15).
Le premier sens utilisé est l’odorat : Félix est interpellé par le parfum de Madame de Montsauf, parfum défini comme « un parfum de femme qui brilla dans [son] âme » (ligne 7). Par la suite, le narrateur utilise principalement la vue et compare la femme aimée avec des éléments de la nature. Madame de Montsauf bouge en un « mouvement d’oiseau » (ligne 6) ; son dos rappelle au protagoniste des vallées « sur lesquelles [il aurait] voulu pouvoir [se] rouler » (lignes 10-11) ; les lignes de sa coiffure lui rappelle de « frais sentiers » (ligne 19).
Pour le lecteur, ces descriptions donnent un côté enfantin, naïf, au protagoniste. D’ailleurs, il est pris pour « un enfant près à s’endormir » (ligne 5) et se conduit comme tel, comme le montre son langage corporel, « les yeux fixes, immobile et boudeur » (ligne 4). Ainsi, nous en déduisons que Félix de Vandenesse est très jeune, et ne connait pas ce genre de sentiments. Il  n’a pas d’expériences dans les relations amoureuses et ne peut se contrôler : à la fin de cet extrait, il « [plonge] dans ce dos comme un enfant » (ligne 20). Il devient rapidement ridicule pour la jeune femme, ainsi que pour le lecteur. Il le remarque lui-même en sentant «  le ridicule de [sa] position » (lignes 28-29).
En définitive, toutes ces comparaisons font ressortir l’inexpérience et la naïveté de Félix de Vandenesse.

 

Manon U., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.






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Préparation de Matthieu Z. :

Dans cet extrait de Le lys dans la vallée, écrit par Honoré de Balzac, Félix de Vandenesse, narrateur-personnage de l’histoire, raconte sa première rencontre amoureuse, avec Madame de Mortsauf. Il la décrit, elle et les éléments qui la composent, lui appartiennent au travers de nombreuses comparaisons qui montrent bien les sentiments qu’il éprouve envers elle.

 

Madame de Mortsauf est tout d’abord comparée à un oiseau, pour sa légèreté : « se posa près de moi par un mouvement d’oiseau qui s’abat sur son nid » (l 6). Félix utilise aussi des hyperboles en la comparant à une sainte : « un regard animé d’une sainte colère » (l 24-25) ; et à une reine, pour la grâce avec elle se meut lorsqu’elle le quitte : « Elle s’en alla par un mouvement de reine » (l 28) ; et pour ses cheveux qui ressemblent à une couronne : « une tête sublime couronnée d’un diadème de cheveux cendrés » (l 25).

 

Il utilise aussi une hyperbole pour expliquer l’attirance du parfum de cette femme. Il est impressionné et « illuminé » par ce parfum, qui sot tout droit d’une poésie : « un parfum de femme qui brilla dans mon âme comme y brilla depuis la poésie oriental » (l 6-7).

 

Le narrateur personnifie les épaules de Madame de Mortsauf afin de bien montrer leur beauté. Il les compare à des jeunes femmes : « des épaules légèrement rosées qui semblaient rougir comme si elles se trouvaient nues pour la première fois » (l 11-12), «  de pudiques épaules qui avaient une âme, et dont la peu satinée éclatait à la lumière comme un tissu de soie » (l 12-13) (ici, les épaules sont habillées par la peau).

 

Certaines de ces comparaisons portent aussi sur le cou de cette femme : « un cou velouté comme celui d’une petite fille » (l 18). D’autre part, on pourrait penser que le narrateur compare la gorge de Madame de Mortsauf à une rivière dans son lit : « une gorge […] dont les globes azurés et d’une rondeur parfaite étaient douillettement couchés dans des flots de dentelles » (l 15-16) (couleur « azuré[e] », « couchés », « flots »).

 

Toutes ces comparaisons dressent donc un portrait plus que mélioratif de Madame de Mortsauf. On comprend donc bien le sentiment qui anime Félix. Il aime tellement Madame de Mortsauf qu’il ne trouve pas les mots pour exprimer ses sentiments illimités, il laisse au lecteur la liberté de les imaginer : « vous devinerez les sentiments qui sourdirent en mon cœur » (l 9).

On peut comparer cette rencontre amoureuse à celle de Manon Lescault. Dans ces deux extraits, le personnage masculin subit un coup de foudre sans même connaître la personne qu’il aime.

On peut aussi déduire de toutes ces comparaisons et figures de style que le narrateur a un talent d’orateur pour raconter son récit et donner une image de cette femme qu’il aimait.

 

 

Matthieu Z., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.






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Préparation d'Adrien C. :

Dans cet extrait du Lys dans la vallée de Honoré de Balzac écrit au XIXème siècle, le narrateur Félix de Vandenesse raconte à celle qui sera sa future femme, Nathalie de Manerville, sa première expérience amoureuse avec Mme de Mortsauf.

Dans cet extrait, on observe une gradation des sentiments de Félix de Vandenesse. Il la compare au début à un simple oiseau : « […] Par un mouvement d’oiseau qui s’abat sur son nid » (l.6), il ne s’intéresse que peu à elle. Puis son parfum le pousse à la regarder. Dès l’instant ou il la regarde, c’est un véritable coup de foudre, elle capte toute son attention : « Je regardai ma voisine […] je fus plus ébloui pas elle que par la fête, elle devint toute ma fête » (l.7-9). Félix devient de plus en plus passionné et commence à s’intéresser au corps : « des épaules légèrement rosées qui semblaient rougir pour la première fois […] et dont la peau satinée éclatait à la lumière comme un tissu de soie» (l.11-13), « un cou velouté comme celui d’une petite fille » (l.18). On remarque également une érotisation de la scène, avec un sens du détail extrêmement poussé, typique au mouvement du réalisme, comme le montrent ces exemples : « une gorge chastement couverte d’une gaze » (l.15), « les globes azurés et d’une rondeur parfaite étaient douillettement couchés dans des flots de dentelles » (l.15-16), « dos d’amour » (l.25-26) . C’est désormais le paroxysme des sentiments de Félix, son regard ne peut plus satisfaire son désir et il se jette sur l’objet de son amour : « je me plongeai dans ce dos comme un enfant qui se jette dans le sein de sa mère, et je baisai toutes ces épaules en y roulant ma tête » (l.20-21). Il la compare telle une reine, une déesse : « une tête sublime couronnée d’un diadème de cheveux cendrés » (l.25), « […] par un mouvement de reine »  (l.28). Cependant la fin de l’histoire va beaucoup heurter les sentiments de Félix car en plus de subir un rejet de la part de la personne qu’il aime, il va se mettre dans une situation embarrassante. A la fin du roman il compare Mme de Mortsauf à une reine, qui est la classe sociale la plus haute, alors qu’il se décrit, lui, tel un singe: il n’est même pas comparable à un humain. C’est pour lui un brusque retour à la réalité et l’évidence d’un amour incompatible.

Toutes ces comparaisons nous laissent une image magnifiée d’une femme aimée et font ressortir l’inexpérience de Félix de Vandenesse.

  

Adrien C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.

 

 

 




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Préparation de Lorna L. :


 

 

  Il s’agit dans cet extrait du « Lys Dans la Vallée », de la rencontre de Félix de Vandenesse, le narrateur personnage, avec Madame de Mortsauf. Comme dans les trois autres textes étudiés précédemment, il se produit un coup de foudre, dans ce cas du personnage de Vandenesse pour Madame de Mortsauf. On peut en effet relever dans cet extrait de nombreuses comparaisons qu’utilise le narrateur personnage pour décrire à la fois la beauté de Mme de Mortsauf, les sentiments qu’il éprouve.
La première comparaison que l’on retrouve dans cet extrait se trouve à la ligne 7 : « qui brilla dans mon âme comme y brilla depuis la poésie orientale. »
Ici le narrateur compare le parfum de Mme de Mortsauf à de la poésie ; cela introduit dès le début de l’extrait le coup de foudre que ce dernier ressent envers elle.                                                                                                                       
Il y a également d’autres tournures employées pour décrire Mme de Mortsauf de façon hyperbolique :  « elle devint toute ma fête » (l 7) ; « les sentiments qui sourdirent en mon cœur » (l 9) ; « mes yeux furent tout à coup frappés […] » (l 9-10) ; « dont la peau satinée éclatait à la lumière » (l 12) ;  « jouissances infinies » (l 17).
Ici le narrateur décrit Mme de Mortsauf de façon hyperbolique ce qui  souligne le coup de foudre. Cet amour  survient certainement pour la première fois de sa vie, d’où ses sentiments puissants. Ces sentiments sont d’autant plus exagérés que le narrateur insiste sur son état d’esprit mélancolique au début de la fête : « je souffrais.. » (l1) ; «me dégoûta de le fête » (l 3)
Il y a également dans cet extrait, une description physique de Mortsauf, contrairement aux deux textes précédents de Prévost et De Lafayette : « blanches épaules rebondies… » (l10) ; « peau satinée » (l12) ; « globes azurés, d’une rondeur parfaite » (l 16) ; « brillant des cheveux » (l18). La perfection du corps de Mme de Mortsauf est justifiée également par la présence des sens « parfum de femme » (l 6) «peau satinée » (l 12). Le narrateur s’apparente à plusieurs reprises à un enfant «me prit pour un enfant» (l 5) « chétive apparence » (l 14). On trouve une autre comparaison utilisée aux lignes 20-21 :  "comme un enfant qui se jette dans le sein de sa mère".                                                

Tandis que le narrateur se compare à un enfant, la femme aimée s’apparente à une mère : « [...] qui s’abat sur son nid » (l 6) « le bon plaisir de sa mère » (l.5). Cette recherche inconsciente de sa mère renvoi au complexe d’Œdipe.
Ces phrases renvoient à l’enfance pour insister sur le fait que de Vandenesse a une « chétive apparence » (l4) (donc qu’il ressemble à un enfant), et qu’il n’a aucune expérience amoureuse ce qui explique que ses sentiments soient incontrôlables. En effet, les sentiments de Vandenesse sont incontrôlables : «  mon imagination courut comme en de frais sentiers. » (l 19) et «  tout me fit perdre l’esprit » (l 19).
Cette perte de contrôle des sentiments de Vandenesse l’amène à une autre et dernière comparaison ; sans réfléchir, il agit comme un enfant et se jette sur Mme de Mortsauf : « je baisai toutes ces épaules » (l 21).
Il passe de ses désirs et rêveries à une action qui le pousse à la concrétisation de ses sentiments ; Cet acte le rend ridicule en même temps qu’il  offense sa bien aimée et ressent « le ridicule de [s]a position » (l28-29) et «la pudeur offensée » (l 26) L’extrait se termine par la comparaison « fagoté comme le singe d’un savoyard. » ce qui renforce sa position de ridicule en décrivant celle- ci comme l’habillement d’un singe de mendiant.
Cet extrait est écrit à la première personne du singulier donc c’est une focalisation interne. En effet le narrateur est personnage donc on a une vision subjective de Mme de Mortsauf aussi  déformée par les sentiments que Vandenesse éprouve.
On peut également déduire que la littérature est moins stricte et beaucoup plus libre au XIXème siècle ; en effet il y a une description de Mme de Mortsauf, un acte irrespectueux de la part de Félix de Vandenesse ainsi que l’absence d’un médiateur au milieu des deux personnages.
Dans cet extrait, le corps de Mme de Mortsauf est perfectionné de même que la scène est érotisée. Le narrateur voit sa bien aimée comme l’être idéal absolu alors qu’elle entraine la perte de contrôle de ses sentiments. Il est entièrement envoûté par cette femme bien qu’il ne la connaisse pas.

Lorna L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009. 


 

 

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Préparation de Laura S. :

Dans l’extrait de Le lys dans la vallée, de Balzac, nous assistons à la rencontre amoureuse entre Félix de Vandenesse et Madame de Mortsauf.

 

Balzac utilise des comparaisons successives pour parler de Mme de Mortsauf, il ne la nomme jamais. Nous avons ici de nombreuses tournures hyperboliques ainsi qu’une gradation descriptive.

 

Dans un premier temps, il ne ressent pour elle que de l’amour maternel.

En effet nous nous apercevons  qu’Aurélien se compare à un enfant, il se « réfugie dans un coin » (l.5) et se décrit comme ayant une «  chétive apparence » (l.4-5) de plus, il peut être pris pour un enfant qui « attend le bon plaisir de sa mère » (l.6).

Par conséquent, celle qui s’apparente a une mère est donc Mme de Mortsauf. En effet d’après lui, celle-ci se « pose près de lui comme un oiseau qui s’abat sur son nid » (l.5).

Toutes ces allusions peuvent révéler un complexe d’Oedipe.

 

Dans un deuxième temps, il s’intéresse à elle en tant que femme, elle a selon lui « un parfum de femme qui brille dans [son] âme comme y brilla la poésie orientale » (l.7), et il est « plus ébloui par elle qu’ [il] ne l’avait été par la fête » (l.8).

Elle a aussi une « peau satinée [qui] éclate à la lumière comme un tissu de soie » (l.12-13) et « le brillant des cheveux lissés au-dessus d’un cou velouté comme celui d’une petite fille » (l.17-18).

Ensuite, nous pouvons voir qu’il tombe littéralement amoureux d’elle et il va même la comparer à une reine. Il parle en autre d’«  une tête sublime couronnée d’un diadème de cheveux cendrés, en harmonie avec ce dos d’amour » (l.26) et remarque qu’ «  elle s’en alla par un mouvement de reine » (l.28)

Nous pouvons donc constater la présence d’un champ lexical de l’éclat ainsi que celui de la royauté, qui augmentent l’image magnifiée de Mme de Morsauf.

 

De plus, nous percevons aussi que la seule description que nous avons de Madame de Mortsauf est faite à partir de comparaison que nous fait Félix de Vandenesse. Lui, étant inexpérimenté, ne contrôle plus ses sentiments face à ce nouvel amour naissant. Il est d’ailleurs «  tout palpitant » (l.14), et Mme de Morsauf lui «  fit perdre l’esprit » (l.19), à tel point que son point de vue de narrateur interne en adoration face à cette dernière rend sa description peu objective et extraordinaire.

 

En conclusion, les tournures hyperboliques du narrateur, sa tendance à la comparaison, à la magnificence ainsi que ces exagérations nous montre à quel point Félix a pu être subjugué par Madame de Mortsauf.

Par ailleurs, son complexe d’Oedipe et son manque d’expérience amplifient cette image de la perfection.

 

 

 

 Laura S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.








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Préparation de Jeanne D. :

Dans cet extrait de Le lys dans la vallée de Balzac, le narrateur, Félix de Vandenesse, utilise successivement plusieurs comparaisons, métaphores et autres moyens pour décrire cette belle inconnue qu’il trouve si ravissante, et pour nous raconter également, l’effet qu’elle a sur lui.

 

        Il commence par utiliser une métaphore pour décrire son attitude, la façon dont elle s’assoit, « se posa près de moi par un mouvement d’oiseau qui s’abat sur son nid. » (l.6). Il compare ici la façon dont elle s’assoit à celle d’un oiseau, il insiste donc sur le fait qu’elle est gracieuse, effectue ses mouvements avec légèreté et élégance. Il utilise ensuite son odorat pour décrire grâce à une comparaison l’odeur de cette femme comme le montre la citation « Aussitôt je sentis un parfum de femme qui brilla dans mon cœur comme y brilla depuis la poésie orientale. » (l.6-7). Il compare le parfum de cette femme à la poésie orientale, ce qui peut paraître assez étrange à première vue, mais cela signifie peut-être que, comme la poésie orientale l’était jusque-là, le parfum de cette femme est comme une nouvelle passion pour lui. Quelques lignes plus bas, il commence la description physique de la jeune femme, en utilisant toujours des images, des figures de styles, des comparaisons. La citation «de pudiques épaules qui avaient une âme »(l.12) est une personnification, car le narrateur donne ici une qualité humaine à une partie du corps. Il ne voit pas les épaules de la femme comme une simple partie du corps mais au contraire, il les compare a quelque chose de vivant, quelques chose d’aussi important qu’un être humain. Il compare sa peau à un tissu de soie, tant elle est brillante, éclatante, lumineuse et semble douce comme de la soie comme l’illustre la phrase « dont la peau satinée éclatait à la lumière comme un tissu de soie. »(l.12-13).   Dans la citation, « Ces épaules étaient partagés par une raie »  la colonne vertébrale est tout simplement comparée à une raie, elle est droite et sépare les épaules en deux. Il utilise ensuite deux métaphores dans une même phrase pour décrire sa poitrine et le col de sa robe. Il la compare à  des «globes azurés et d’une rondeur parfaite […] douillettement couchés dans des flots de dentelle. »(l.15-16). Il compare d’une part sa poitrine à des globes, et met ainsi en valeur sa rondeur et sa taille. Dans la phrase « un cou velouté comme celui d’une petite fille »(l.18), le narrateur compare le cou de la femme à celui d’une petite fille. L’élément de comparaison est que tous deux sont veloutés. Le cou de la femme semble doux, agréable à toucher, et peut-être même à goûter. Le narrateur nous montre que tout cela est nouveau pou lui grâce à la citation « les lignes blanches que le peigne avait dessinées et où mon imagination courut comme en de frais sentiers ». En effet le terme « frais sentiers » désigne quelque chose qu’il n’avait encore jamais découvert, qu’il n’avait jamais expérimenté, un endroit ou il ne s’était jamais aventuré, l’amour. En utilisant la citation suivante, « un regard animé d’une sainte colère » (l.25-24), il compare la colère de la femme à quelque chose de saint, de bon, de beau, de pur et prouve ainsi l’amour et l’admiration qu’il a pour elle, car il en est même a trouvé bon et beau ce qui devrait le blesser, le rendre malheureux. Il finit ensuite sa description en revenant sur des parties du  corps de la femme qu’il a déjà décrit, « une tête sublime couronnée d’un diadème de cheveux cendrés »(l.25) et compare alors ses cheveux à un diadème et à de la cendre, dut fait de leur beauté et peut-être de leur côté poudreux. Il semble également fasciné par « ce dos d’amour » qui montre bien à quel point il est envoûté par la femme au point de trouver de l’amour même dans les parties de son corps, même dans son dos.

 

         Pour conclure, le narrateur, Félix de Vandenesse, semble complètement envoûté, attiré et même amoureux de cette femme même s’il ne la connaît pas. Il utilise en effet pour la décrire toutes sortes de procédés, il utilise des figures de styles, notamment des comparaisons et des métaphores. De plus, il utilise les cinq sens pour la décrire: l’odorat, la vue, le toucher, l’ouïe et même le goût. Tout ce qu’il décrit de cette femme semble être pour lui la perfection. Une perfection aussi bien physique, puisqu’il la trouve à la fois attirante et possédant de belles formes tout en gardant une pudeur est une chasteté certaine, que morale en faisant ainsi allusion à la relation mère et fils qu’il aimerait avoir avec elle. Il semble être en adoration devant chaque petit détail qui compose cette femme. Rien ne paraît être de trop, tout est perfection. Nous pouvons en déduire que Félix de Vandenasse est irrévocablement amoureux de la femme. Il voit en elle ce qu’il y a de plus parfait sur terre, il la compare à ce qu’il y a de plus beau, de plus bon, de plus pur, il la compare à sa passion, il la compare à l’amour, il l’aime.

 

 Jeanne D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.






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Préparation de Louise D. :

Dans l'extrait du livre Le lys dans la vallée, écrit par BALZAC au XIXème siècle, Felix de Vandenesse ,qui tombe amoureux de Mme de Mortsauf , utilise plusieurs comparaisons pour décrire son nouvel amour.

Premièrement, il la décrit comme un oiseau à la ligne 6 quand elle s'assoit près de lui : « se posa près de moi par un mouvement d'oiseau qui s'abat su son nid ». On a l'impression qu'il décrit Mme de Mortsauf plus comme une mère que comme une amante, puis il se jette plus loin dans l'extrait sur cette femme comme dans « le sein de sa mère ».

Par la suite, il regarde la personne assise à côté de lui avec beaucoup plus d'attention, et commence à la décrire : « Je regardai ma voisine et fus plus ébloui par elle que je ne l'avais été par la fête. » (l.8) . Il s'ennuyait à la fête, mais la venue de cette inconnue à côté de lui ravive tout espoir de bonheur durant cette soirée. Il ne voit qu'elle , car il dit qu' « elle devient toute [sa] fête » (l.8).

Le fait qu'elle occupe toute son attention le rend alors très observateur , notamment de ses épaules, qu'il personnifie et qu'il fait rougir : « Mes yeux furent tout à coup frappés par de blanches épaules rebondies sur lesquelles j'aurais voulu pouvoir me rouler, des épaules légèrement rosées qui semblaient rougir comme si elles se trouvaient nues pour la première fois[...] »(l.9 à 12) .

Et c'est à partir de ce moment là que Félix est totalement éprie de Mme de Mortsauf , et totalement « ébloui » par sa beauté . Il décrit « sa peau satinée [qui] éclatait à la lumière comme un tissu de soie », la soie étant une matière pure et précieuse. Il est aussi « complètement fasciné par une gorge clairement couverte d'une gaze »(l.15) , et commence à se rendre compte de ses sentiments car il ne peut plus bouger tellement il est tombé sous le charme : « Les plus légers détails de cette tête durent des amorces qui réveillèrent en moi des jouissances infinies » (l.16,17) ; « le long de laquelle coula mon regard, plus hardi que ma main. » (l.13).

Puis, dans le passage, il se met à parler d'une fillette en disant « un cou velouté comme celui d'une petite fille »(l.18) . Il voudrait qu'elle soit aussi petite qu'il l'est dans sa tête. Et la seule chose qui lui permet de se jeter sur Mme de Mortsauf sans réfléchir , est peut-être dû au fait qu'il a l'impression de « se jete[r] dans le sein de sa mère. »(l.21).

Son geste surprend Mme de Mortsauf , et il l'a décrit pour finir comme une reine : « une tête sublime couronnée d'un diadème de cheveux cendrés , [...] » ; « Elle s'en alla par un mouvement de reine. » (l.28).

Cet extrait est mené par une double gradation flagrante : d'abord dans la description de Mme de Mortsauf . Félix la décrit tout d'abord comme un simple oiseau. Vient ensuite le fait qu'elle devienne « sa fête » . Elle est déjà beaucoup plus importante pour lui car elle n'est plus si commune que ça. Puis elle évolue petit à petit dans la tête de Félix, jusqu'à devenir une « reine ».

La seconde gradation est due au fait que Félix est de plus en plus amoureux , jusqu'à avoir un geste déplacé tellement il ne peut plus contrôler ses pulsions.

 

 

Louise D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.





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Préparation de Laurie-Lee C. :




Dans l’extrait du Le Lys dans la Vallée, d’ Honoré de Balzac, au XIXème siècle, nous assistons à une rencontre racontée par le narrateur, Félix de Vandenesse, qui est également le personnage principal du roman.  Félix est celui qui tombe amoureux de l’héroïne, Mme de Mortsauf. Lorsqu’il la décrit, elle est vue comme la femme parfaite. Sa beauté et ses manières conduisent Félix à ne plus contenir ses émotions et par la suite, une atmosphère de malaise va caractériser cette rencontre.

 

A la première lecture, nous pouvons croire qu’il tombe amoureux de Mme de Mortsauf, dont il dit qu’ « elle devint toute [s]a fête. » (l.8). Il est amoureux, donc, pour lui, elle atteint la perfection féminine. Le narrateur exprime cela en décrivant son corps comme s’il s’agissait d’un bijou rare et extraordinaire, comme le montrent les citations suivantes : « dont la peau satinée éclatait à le lumière, comme un tissu de soie, » (l.12 et 13), «  brillances des cheveux » (l. 17).  De plus nous pouvons en déduire qu’il est un personnage naïf et inexpérimenté en ce qui concerne l’amour grâce aux citations : « je me réfugiai dans un coin » (l.3), « immobile et boudeur » (l.4), « Trompée par ma chétive apparence, une femme me prit pour un enfant prêt à s’endormir en attendant le con plaisir de sa mère. » (l. 4 et 5). Pour Félix de Vandenesse, un jeune homme fatigué et désespéré au début de l’extrait, Mme de Mortsauf,  qui apparaît dans cette fête horrible, est presque comme un soulagement pour lui, qu’ il exprime clairement par l’hyperbole suivante : «  ébloui par elle que je ne l’avais été par la fête. » (l.8)

 

En revanche, à la deuxième lecture, nous pouvons relever quelques expressions et descriptions qui pourraient avoir un autre sens ou soient destinés à une personne autre que Mme de Mortsauf. Félix compare cette jeune femme à une mère, comme l’illustre l’image de l’ « enfant prêt à s’endormir en attendant le bon plaisir de sa mère, » (l.5). Il décrit ses déplacements gracieux comme celles d’un oiseau : « un mouvement d’ oiseau qui s’abat sur son nid » (l. 6).

 

Nous pouvons déduire de tout cela que Félix a partagé une relation proche avec sa mère pendant sa jeunesse. Elle a du être extrêmement chaleureuse et gentille avec lu, cei qui explique son envie soudaine de se « plong[er] dans [son] dos comme un enfant qui se jette dans le sein de sa mère » (l. 20 et 21). En conclusion, nous pouvons dire que le personnage principal, Félix de Vandenesse, ne tombe pas amoureux d’une femme mais d’un souvenir précieux. 


Laurie-Lee C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.







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Préparation de Guillaume S. :


Dans cet extrait de Le lys dans la vallée écrit par Honoré de Balzac, le narrateur, Félix de Vandenesse témoigne de sa rencontre amoureuse avec Madame de Mortsauf. Pour décrire sa rencontre avec exactitude, Félix utilise de nombreuses comparaisons afin de donner au lecteur une image précise de ce qu’il ressent lorsqu’il rencontre pour la première fois Madame de Mortsauf. De plus, ces comparaisons montrent que le narrateur, Félix, est tout à coup pris sous le charme de cette femme, c’est le coup de foudre. Par la suite, le narrateur va décrire sa bien aimée car il éprouve une attirance physique pour elle.

    En effet, dès le début du texte, il utilise une métaphore pour exprimer la légèreté de Mme de Mortsauf: « [elle] se posa près de moi par un mouvement d’oiseau qui s’abat sur son nid » (l.6). Cette légèreté exagérée par Félix montre également la douceur de la jeune femme. Peu après, il est comme envoûté par l’odeur que dégage Mme de Mortsauf : «je sentis un parfum de femme qui brilla dans son âme comme y brilla depuis la poésie orientale » (l.7). Cette comparaison montre tout le romantisme et le lyrisme dont l’auteur fait preuve dans sa description. Cela nous permet de deviner que le narrateur est déjà profondément attiré par la beauté de cette femme.

    L’auteur utilise des tournures hyperboliques telles que : «[je] fus […] éblouis par elle »(l.8), « elle devins toute ma fête »(l.8), « Mes yeux furent tout à coup frappés »(l.10), « tout palpitant »(l.14) et «jouissances infinies »(l.17) pour montrer l’admiration de Félix devant la splendeur de la femme. Ces hyperboles insistent sur les sentiments de Félix et témoignent également de son coup de foudre pour Mme de Mortsauf.

    Le narrateur finit par faire une description admirative de celle qui le fait rêver. En effet, il commence par faire une description des épaules de la jeune femme toujours en utilisant de nombreuses figures de style pour exprimer la pureté et l’« éclat » de la belle: « des épaules légèrement rosées qui semblaient rougir comme si elles se trouvaient nues pour la première fois »(l.11), « de pudiques épaules qui avaient une âme »(l.12) et « la peau satinée éclatait à la lumière »(l.12). Ici, la première figure de style fait référence à la pureté des épaules d’un nouveau né. Cela accentue la douceur qui caractérise l’héroïne. En revanche, la dernière figure de style témoigne de la resplendissance de la femme et du fait que le narrateur n’a d’yeux que pour elle.

Ensuite, il fait une description de la gorge et du collier que porte la femme. Ici encore, ses sentiments et son admiration sont exagérés. Le fait qu’il soit « fasciné »(l.15) par la gorge  de Mme de Mortsauf montre bien l’admiration que porte Félix à la femme. De plus les termes « d’une rondeur parfaite »(l.15-16) et « douillettement »(l.16) montre l’image magnifiée de la femme par Félix qui la trouve tout simplement parfaite.

Le narrateur fait une fois de plus référence à la pureté de sa tendre aimée par la comparaison : « un cou velouté comme celui d’une petite fille »(l.18). Ici, le narrateur pense que la femme en question est pure contrairement à ce que nous avons vu dans « Manon Lescaut ». Cela ne fait qu’accentuer le fait que le narrateur trouve la femme parfaite.

    De plus, la perfection du corps de la jeune femme décrite par l’auteur érotise la scène afin de lui donner plus de sensualité. Ainsi, les sens du narrateur sont très sollicités. En effet, l’odorat : « parfum de femme » (l.6, 7), le toucher : « peau satinée » (.12), « tissu de soie » (l.13), « cou velouté » (l.18) et la vue : « gorge » (l.15), « globes azurés » (l.15), « ébloui » (l.8), « éclatait à la lumière » (l.12) et « étincela » (l.26) sont présents dans cet extrait. Cela permet de donner une description précise de la femme à travers Félix. Mais l’auteur décrit également la perfection de l’âme de la jeune femme à l’aide d’éléments érotisés qui se doublent d’une vertu morale du personnage : « pudiques épaules qui avaient une âme » (l.12), « gorge chastement couverte » (l.15), « sainte colère » (l.24, 25). Cela intensifie la pureté de la « petite fille » (l.18).

    Enfin, le fait que le narrateur, Félix de Vandenesse s’apparente à plusieurs reprises à un enfant : « je me réfugiai dans un coin » (l.3), « boudeur » (l.4), « chétive apparence » (l.4, 5), « larmes » (l.24 et 28), « comme un enfant qui se jette dans le sein de sa mère » (l.20, 21) et que la femme aimée, Mme de Mortsauf, s’apparente quant à elle à une mère comme le montre l’expression « en attendant le bon plaisir de sa mère » (l.5) montre que Félix recherche inconsciemment sa mère à travers la femme aimée, ici, Mme de Mortsauf, ce qui fais référence au complexe d’Œdipe.

    Pour conclure, après avoir lu le texte on en déduit facilement que Félix de Vandenesse est amoureux de Madame de Mortsauf. Il est en admiration devant elle. Dès leur première rencontre il a eu un coup de foudre. C’est la raison pour laquelle le narrateur fait une description exagérée de la beauté de la femme et qu’on a donc une imagé magnifiée de cette dernière.

Guillaume S.,  2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.
 

 


 

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Préparation de Maéva D. :

Il s’agit dans cet extrait de Le Lys dans la Vallée de Balzac, écrit au XIXème siècle, d’une première rencontre amoureuse du narrateur. Dans l’extrait, le personnage est à la fois narrateur interne et personnage principal. Cela est démontré par l’utilisation des pronoms personnels « je » et « me ».

 

Tout d’abord, il est possible de remarquer que la scène de déroule au cours d’une fête pendant laquelle le narrateur s’ennuie, comme le montre la citation suivante : « ce dernier ennui me dégouta de la fête. Il était impossible de sortir, je me refugiai dans un coin au bout d’une banquette abandonnée, ou je restai les yeux fixes, immobile et boudeur. » (l. 2 à 4). Soudain une femme « se posa prés de [lui] par un mouvement d’oiseau qui s’abat sur son nid. Aussitôt [il] senti[t] un parfum de femme qui brilla dans  [s]on âme comme y brilla depuis la poésie orientale ». Par ailleurs, Félix de Vandenesse (le narrateur) est  « plus ébloui par elle qu’[il] ne l’avai[t] été par la fête. » On remarque que les hyperboles utilisées sont caractéristiques du coup de foudre, habituel lors d’une rencontre amoureuse en littérature. Pour Félix, Madame de Mortsauf devient  « toute [s]a fête. » (l. 6 à  8). Tout cela montre la soudaineté et la force des sentiments.

 

Puis, tout au long de cet extrait, le narrateur  compare sa relation avec l’héroïne à celle qui unirait une mère et un enfant. On voit cela avec les expressions suivantes :  « une femme me prit pour un enfant prêt s’endormir en attendant le bon plaisir de sa mère. » (l. 5), « se posa prés de moi par un mouvement d’oiseau qui s’abat sur son nid. » (l. 6), « comme un enfant qui se jette dans le sein de sa mère » (l. 20, 21). Ces comparaisons sont des indications qui montrent que le protagoniste, Félix de Vandenesse, a eu une relation difficile avec sa mère et qu’il cherche, chez une femme, une figure maternelle. On peut aussi en déduire qu’il s’agit d’une femme plus âgée qui lui.

 

Par ailleurs, Félix de Vandenesse décrit une femme magnifique dont il est amoureux. Il expose la perfection de cette femme en utilisant trois des cinq sens : premièrement l’odorat : « parfum de femme » (l. 6, 7), puis le toucher : « tissu de soie » (l.13), « peau satinée » (l. 12) « cou veloutée » (l. 18), et enfin la vue : « la poitrine », « gorge » (l. 15), « globes azurés » (l. 15). Le portrait de la jeune femme est ainsi placé dans une perspective de sensualité.

 

Le narrateur fait aussi des comparaisons et des descriptions qui suggèrent la noblesse de cette femme. Elle a de « blanches épaules rebondies » (l. 10), ce qui montre qu’elle ne travaille pas dans les champs, et qu’elle appartient donc à la haute société. Elle a également « une tête sublime couronnée d’un diadème de cheveux cendrés » (l. 25) : toutes ces hyperboles sont extrêmement mélioratives. On le remarque aussi avec son « mouvement de reine. » (l. 28). Elle est ainsi majestueuse à ses yeux. On peut en déduire qu’elle est d’un rang plus élevé que le sien car « [il] étai[t] fagoté comme le singe d’un Savoyard. » (l. 29) alors qu’elle est richement habillée.

 

Finalement, Felix de Vandenesse est un être commun est frappé par la présence de cette femme idéale et unique qu’il magnifie et dont il tombe logiquement amoureux. Le protagoniste fait plusieurs comparaisons de relation entre mère et enfant qui suggèrent la recherche inconsciente de sa mère à travers la femme aimée.

 

Maéva D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2009. 

 

 Préparation n°3

Lecture analytique n°4  : incipit d'Aurélien, d'ARAGON (GT1).

 

 

 

 

 

 

Aurélien tombe amoureux de Bérénice Morel qui, de sa province, est venue passer quelques jours à Paris. Puis les circonstances de la vie éloignent les deux personnages : leur amour ne cesse pas, mais il ne peut pas non plus vraiment exister. En 1940, mobilisé, Aurélien retrouve Bérénice, qui a changé. Mais quelques heures plus tard, elle est tuée par les Allemands, en voiture.

                Voici les premières lignes du roman :

 

La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. Il n'aima pas comment elle était habillée. Une étoffe qu'il n'aurait pas choisie. Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe qu'il avait vue sur plusieurs femmes. Cela lui fit mal augurer de celle-ci qui portait un nom de princesse d'Orient sans avoir l'air de se considérer dans l'obligation d'avoir du goût. Ses cheveux étaient ternes ce jour-là, mal tenus. Les cheveux coupés, ça demande des soins constants. Aurélien n'aurait pas pu dire si elle était blonde ou brune. Il l'avait mal regardée. Il lui en demeurait une impression vague, générale, d'ennui et d'irritation. Il se demanda même pourquoi. C'était disproportionné. Plutôt petite, pâle, je crois… Qu'elle se fût appelée Jeanne ou Marie, il n'y aurait pas repensé, après coup. Mais Bérénice. Drôle de superstition. Voilà bien ce qui l'irritait.
Il y avait un vers de Racine que ça lui remettait dans la tête, un vers qui l'avait hanté pendant la guerre, dans les tranchées, et plus tard démobilisé. Un vers qu'il ne trouvait même pas un beau vers, ou enfin dont la beauté lui semblait douteuse, inexplicable, mais qui l'avait obsédé, qui l'obsédait encore :

Je demeurai longtemps errant dans Césarée…

En général, les vers, lui… Mais celui-ci lui revenait et revenait. Pourquoi ? c'est ce qu'il ne s'expliquait pas. Tout à fait indépendamment de l'histoire de Bérénice…l'autre, la vraie… D'ailleurs il ne se rappelait que dans ses grandes lignes cette romance, cette scie. Brune alors, la Bérénice de la tragédie. Césarée, c'est du côté d'Antioche, de Beyrouth. Territoire sous mandat. Assez moricaude, même, des bracelets en veux-tu en voilà, et des tas de chichis, de voiles. Césarée… un beau nom pour une ville. Ou pour une femme. Un beau nom en tout cas. Césarée… Je demeurai longtemps … je deviens gâteux. Impossible de se souvenir : comment s'appelait-il, le type qui disait ça, une espèce de grand bougre ravagé, mélancolique, flemmard, avec des yeux de charbon, la malaria… qui avait attendu pour se déclarer que Bérénice fût sur le point de se mettre en ménage, à Rome, avec un bellâtre potelé, ayant l'air d'un marchand de tissus qui fait l'article, à la manière dont il portait la toge. Tite. Sans rire. Tite.

 

 Question : en quoi cette rencontre amoureuse diffère-t-elle de celles que nous avons étudiées jusqu'à présent?

 

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Préparation de Lorna L. :

Dans cet extrait d’Aurélien, d’Aragon, de multiples éléments font que cette rencontre amoureuse diffère de celles qui ont été étudiées précédemment, notamment Le lys dans la vallée, de Balzac, La princesse de Clèves de Mme De Lafayette et Manon Lescaut de L’Abbé Prévost.

Premièrement, le contexte n’est pas le même ; contrairement aux extraits de La Princesse de Clèves et du Lys dans la Vallée, il ne s’agit pas d’une rencontre amoureuse qui se déroule à un bal. En effet, dans ces deux extraits, la rencontre est propice au lieu de la fête, du bal : « la reine les interrompit pour faire continuer le bal »  (Le Lys dans la Vallée ; l 27) et « la fête » (l 3 et 8) Bien que l’extrait de Manon Lescaut ne se déroule pas dans un tel endroit, nous avons tout de même une simple description du lieu : «dans la cour » (l2). Dans l’extrait d’Aurélien cependant, contrairement aux autres récits, aucun indice de lieu n’introduit une situation de rencontre.

De plus, dans les trois extraits étudiés en classe, il s’agit de personnages aristocratiques comme « M de Nemours » « Madame de Mortsauf » ou « le Chevalier des Grieux ».  Cependant, dans cet extrait, il s’agit de personnages ordinaires, de classe normale : « Aurélien » et « Bérénice ».

Un autre élément important qui diffère des autres extraits est que le narrateur, ici, est un narrateur au point de vue interne « il la trouva » (l 1) ; cela montre que le lecteur bénéficie d’une description d’opinion et de sentiments objective en opposition aux visions subjectives qu’avaient les autres narrateurs dans Manon Lescaut et Le lys dans la Vallée. 

Encore une fois, un autre élément qui diffère des autres textes est que le style est différent ; en effet le langage est beaucoup plus familier «chichis » (l 20) « moricaude » (l 20) et des tournures de phrases montrent que le style orale est employé à  l’écrit « en veux-tu en voilà » (l 20) « les vers... lui » (l 16) On remarque également la présence de répétitions « étoffes » (l 1,2,3) On peut interpréter qu’Aragon veut transgresser les règles traditionnelles et que les répétitions renvoient au sentiment obsessif du narrateur.

Un des éléments qui surprend le plus est qu’il ne se produit aucun coup de foudre, bien au contraire car « la première fois qu’Aurélien vit  Bérénice, il la trouva franchement laide. » (l 1) Cette citation directe est en parfaite opposition avec les autres rencontres amoureuses où Félix de Vandenesse dans Le lys dans la Vallée, par exemple « fu[t]plus ébloui par elle qu’ [il] ne l’avai[t] été par la fête » (l 8) et « M de Nemours fut tellement surpris de sa beauté » (l 1)

Dans les autres extraits, la cause du coup de foudre du narrateur envers la femme est la beauté et on remarque que le sentiment amoureux fait surface tout de suite. Dans l’extrait de Manon Lescaut, par exemple, la femme paraît « si charmante » (l 5) aux yeux de Des Grieux, alors qu’il « [s]’ avança vers la maîtresse de [son] cœur » (l 12). Cependant dans l’extrait d’Aurélien, il se produit presque le contraire car Bérénice « lui déplut » (l 1) C’est en effet le deuxième texte après celui du Lys dans la Vallée qu’il y a une description de la femme mais la première fois qu’il existe une description péjorative ; Aurélien « la trouva franchement laide » (l 1), il « n’aima pas comment elle était habillée » (l 1-2) et mentionne que « ses cheveux étaient ternes […] et mal tenus » (l 5)

On sait qu’Aurélien tombe par la suite amoureux de Bérénice mais il ne sait pas pourquoi. Les autres narrateurs tombent follement amoureux de leur « belle[s] inconnue[s] » (Manon Lescaut, l 46) dès les premiers instants car elles sont belles, attirantes et décrites de telle façon à ce qu’elles incarnent la perfection. Il se produit un coup de foudre en raison de leur beauté.  Aurélien lui, ne se souvient que vaguement de cette femme car « il l’avait mal regardée » (l 6), contrairement aux autres rencontres où les narrateurs analysaient les moindres détails de la femme dont ils étaient fous amoureux : « de pudiques épaules qui avaient une âme » (le Lys dans la Vallée, l 12) Ici, seul le nom de la femme retient son attention et l’empêche de l’oublier. Il compare ce sentiment « d’irritation » (l 7) avec le vers de Racine qui le hante. Il éprouve ce sentiment d’incompréhension car il n’arrive pas à l’oublier malgré qu’il n’éprouve aucune attirance physique envers elle. A la fois l’unicité du nom Bérénice et le fait qu’un personnage du même nom, qu’on trouve dans la tragédie de Racine qui « l’avait hanté » (l 11) fait que ce narrateur retient cette femme dans son esprit.

Son coup de foudre est complètement différent de ceux dans les autres rencontres amoureuses étudiées à la fois car il n’est aucunement attiré physiquement par cette femme, car il ne sait pas pourquoi il n’arrive pas à l’oublier et également car le sentiment amoureux ne s’est pas encore révélé.

Le sentiment qu’Aurélien éprouve est résumé en une phrase ; Bérénice est comparée au vers de Racine : «  Un vers qu’il ne trouvait même pas un beau vers, ou enfin dont la beauté lui semblait douteuse, inexplicable, mais qui l’avait obsédé, qui l’obsédait encore. » (l 12 à 14)

Tous ces éléments montrent que la rencontre amoureuse dans l’extrait d’Aurélien diffère de celles qui ont été précédemment étudiées.

 

 Lorna L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.

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Préparation de Laura S. :

 

Dans l’extrait d’Aurélien, d’Aragon, nous assistons à la première rencontre entre Aurélien et Bérénice Morel. Cependant ce n’est pas une rencontre amoureuse comme les autres.

 

La première grosse différence est qu’Aurélien ne tombe pas amoureux de l’être qu’il rencontre.

En effet, Aurélien ne trouve pas Bérénice attirante, « elle lui déplut » (l.1) et il « la trouva [même] franchement laide » (l.1). Rien ne l’intéresse chez elle,  « il n’aime pas comment elle était habillée » (l.2), et « trouve que ses cheveux étaient ternes »(l.5).

Cependant cette femme quelconque, dont il n’aurait pu dire si « elle était blonde ou brune » (l.6) l’intrigue. Il la garde en mémoire et ne cesse de penser à elle, ou plutôt à son nom, Bérénice, « un nom de princesse d’Orient » (l.4)

Ce nom, il le connaît, de la tragédie de Racine, elle représente une reine, un amour brisé... Et il y avait un vers qui lui revenait en tête, encore et encore. Il nous le dit d’ailleurs : « je demeurai longtemps errant dans Césarée » (l.15)

Nous assistons donc a un amour porté sur un simple nom, un nom qui évoque des souvenirs. Aurélien décrit Bérénice d’une façon presque hyperbolique, mais négative… Il ne lui trouve que des défauts et se « demanda même pourquoi » (l.7-8) alors que dans les autres extraits, le personnage amoureux a tendance à magnifier la personne aimée. Ici Aurélien ne magnifie que ce nom «  de princesse d’Orient » (l.4), il rabaisse tout l’être qui se cache derrière.

 

Par ailleurs, nous avons une autre différence entre cet extrait et ceux qui ont été étudiés précédemment. En effet, Aragon, auteur du XXème siècle, révolutionne la stylistique.

Pour cela, il utilise, en autre, un langage oral, il parle de « chichis » (l.20), de « flemmard » (l.22) et utilise des expressions comme « en veux-tu ; en voila » (l.19).

De plus, il qualifie de « bougre » (l.22) et même de « bellâtre potelé » (l.24) des figures emblématiques de tragédie classiques.

En outre, ses répétitions, ses phrases courtes et non verbales, et la présence de nombreux points de suspension accentuent le rythme saccadé de ses pensées.

 

Enfin, nous n’assistons pas à une scène en directe. Nous avons un narrateur de focalisation interne ainsi qu’une dérivation entre la première personne du singulier et la troisième personne du singulier ce qui donne une impression de brouillage en fonction des pensées, elles-mêmes désordonnées d’Aurélien. C’est ce que l’on appelle le flux de conscience, ou « stream of consciousness » et qui a été inventé par Virginia Woolf au XXème siècle.

 

En conclusion nous assistons à une rencontre amoureuse vue par seulement un des personnages. De plus, ce dernier ne paraît pas tomber amoureux de la femme qu’il rencontre mais juste de son nom qui lui évoque une reine ainsi que des souvenirs.

Les hyperboles négatives ainsi que l’indifférence qu’Aurélien témoigne à Bérénice promettent une rencontre complètement différente des autres.

Par ailleurs, Aragon nous propose de révolutionner un style d'écriture, et cela accentue la différence entre ce texte et ceux qui sont plus anciens.

 

Laura S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.

 

 

 

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Préparation de Jeanne D. :

 

 

        Dans cet extrait d’Aurélien, roman d’Aragon écrit au XXème siècle, la rencontre qui a lieu entre Aurélien et Bérénice se montre très différente de toutes les autres rencontres étudiées jusqu’à maintenant.

 

        Nous avons ici une description physique du personnage de Bérénice, ce que l’on ne trouvait pas dans les deux extraits du XVIIème et XVIIIème siècle. Mais ce qu’il y a de totalement nouveau, c’est que cette description physique est péjorative bien qu’elle soit également subjective et donc pas forcément juste. « Ses cheveux étaient ternes ce jour-là, mal tenus » (l.5), elle était  « plutôt petite, pâle » (l.8). De plus, Aurélien ne fait pas que décrire son physique telle qu’il est, il juge et donne son avis personnelle sur la façon dont elle est habillée, dont elle se coiffe, « il la trouva franchement laide »(l.1), « elle lui déplut »(l .1), « il n’aima pas comment elle était habillé »(l.1-2), « une étoffe qu’il n’aurait pas choisie »(l.2-3), « les cheveux coupés ça demande des soins constants » (l.5-6). Il n’y a plus cette description parfaite d’un être parfait comme on le trouvait dans l’extrait de Le lys dans la vallée, De Balzac. Le narrateur est sincère, il dit ce qu’il pense sans complexe, il ne cherche pas à magnifier sa rencontre et la femme qu’il rencontre en utilisant des tournures hyperboliques comme le faisait les auteurs précédents , il dit les choses telles qu’elles sont, simplement, sans chercher de logique.

 

       La deuxième énorme différence qui est en quelques sortes liée à la première, est que pour la première fois, il n’y a pas de coup de foudre. En effet, jusque là, chacune des trois rencontres amoureuses commençait avec un coup de foudre, qui semblait inévitable jusqu’au XIXème siècle. Ici, cette histoire d’amour semble commencer différemment, l’homme ne remarque pas cette femme pour sa beauté mais pour sa laideur, en effet « il la trouva franchement laide » (l.1). Il se souvient d’elle surtout parce qu’elle s’appelle « Bérénice » (l.1) et ce nom semble le marquer car il semble avoir de l’admiration pour une romancière, une tragédienne qui s’appelle Bénédicte, « il ne se rappelait que de ses grandes lignes cette romance » (l.18), « la Bérénice de la tragédie » (l.18-19). Rien ne semble l’attirant lorsqu’il fait son portrait, « il lui en demeurait une impression vague, générale, d’ennui et d’irritation » (l.6-7), elle a tout pour lui déplaire et pourtant Aurélien tombera tout de même par la suite amoureux de Bérénice. Cela peut être une preuve de changement de point de vue, de personnalité des hommes, des écrivains au XXème siècle, la beauté physique a peut-être moins d’importance qu’auparavant, l’intelligence et l’état d’esprit est peut-être plus pris en compte puisque par la suite, Aurélien tombera sûrement amoureux de Bérénice pour son intelligence et sa personnalité.

 

          De plus cette description n’est pas faite directement par Aurélien, mais par un narrateur externe à l’histoire, la narration se fait donc (la plupart du temps) à la troisième personne du singulier, le pronom « il » (l.1) est utilisé ainsi que le prénom « Aurélien » (l.1. … Malgré cela, le narrateur est interne au personnage d’Aurélien, il sait tout ce qu’il pense, tout ce qu’il voit. Nous pouvons même observer des interventions directes d’Aurélien comme « je crois » (l.8), « je deviens gâteux » (l.22) sans aucun signe témoin de discours direct. La citation « comment s’appelait-il […] …» (l.22) est en fait le pensée directe d’Aurélien, bien qu’elle soit mêlée, comme les interventions à la première personne, à la narration à la troisième personne. Cette façon de mélanger première personne et troisième personne dans un même texte semble être une nouveauté du XXème siècle sûrement liée à plus de liberté dans la façon décrire. L’auteur ne cherche plus à mettre une logique dans ce qu’il écrit, il mélange première et troisième personne, et il semble directement écrire ce qu’il pense sans même chercher à formuler et à écrire ses phrases de manière compréhensible et logique pour le lecteur, il n’hésite à faire des phrases nominales sans verbe, des phrases courtes, qui semblent être coupés avant d’être achevées et c’est pourquoi il est parfois difficile de comprendre le sens de ce qu’il dit comme dans la citation

« Césarée…un beau nom pour une ville. Ou pour une femme. Un beau nom en tout cas. Césarée… Je demeurais longtemps… Je deviens gâteux. Impossible de se souvenir » 

 

           Pour conclure, cet extrait de Aurélien écrit au XXème siècle se montre très différent des autres rencontres amoureuses étudiées jusque-là. Il y a beaucoup de nouveautés dans la façon d’écrire comme cette description physique péjorative, cette liberté d’écriture, ce mélange entre la première personne et la troisième personne du singulier, ce manque de rigueur peut-être, cette absence de logique, cette sincérité, et beaucoup d’autres choses ont apparues .D’autre part, certaines « règles » d’écriture qui semblaient jusqu’ici inévitables comme le coup de foudre, les tournures hyperboliques, la description magnifiée, l’idéalisation et autres ont disparus. Tout cela montre bien le changement de mentalité, de personnalité, de pensée, de vision de l’amour et de la vie des hommes au XXème siècle, et bien évidemment ce changement de mouvement littéraire car le XXème siècle est le siècle du surréalisme.

 

       

Jeanne D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.



   
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Préparation d'Alexandre E. :






Le surréalisme du XXème siècle contraste fortement avec les mouvements littéraires des siècles précédents. Dans cet extrait d’Aurélien, d’Aragon, la rencontre « amoureuse » se passe entre Aurélien et Bérénice, les deux protagonistes.

Contrairement aux textes précédents, la femme aimée n’est pas embellie, voire magnifiée, au contraire, « il la [trouve] franchement laide » (l.1). Il n’aime pas non-plus « comment elle [est] habillée » (l.2). Il avoue même qu’il ne saurait dire si elle est blonde ou brune. Le sentiment amoureux semble être absent dans cet extrait. Aurélien ne semble avoir pour Bérénice « [qu’] une impression vague, générale, d’ennui et d’irritation. » (l.7). En outre un répertoire familier est utilisé dans cet extrait : « assez moricaude même » (l 20) ; « et des tas de chichis » (l 20), « une espèce de grand bougre ravagé, mélancolique, flemmard » (l 23). Ce vocabulaire est utilisé pour décrire des personnages d’une pièce de théâtre écrite par Racine, Bérénice. Ce ton moqueur et léger montre clairement le désir d’Aragon de rompre avec les règles du roman et du théâtre classique

Puis, dans le dernier paragraphe de l’extrait (l.16-26), le style du texte change sensiblement. Il ne semble plus y avoir de structure particulière et les pensées d’Aurélien sont directement exprimées comme le montre, l. 19, 20, 21 « Territoire sous mandat. Assez moricaude même, des bracelets en veux-tu en voilà et des tas de chichis, de voiles. Césarée… un beau nom pour une ville. » Ce passage indique clairement l’appartenance de ce texte au surréalisme qui prime l’expression de la pensée, en dehors de toutes préoccupations esthétiques ou morales. Ce style, appelé « stream of consciousness » en anglais, a été inventé par l’auteur anglaise Virginia Woolf au début du 20ème siècle. De plus, le fait d’exprimer les pensées d’Aurélien directement conduit l’auteur à écrire des phrases courtes, souvent sans verbes par exemple dans les lignes 21, 22 crée un rythme syncopé.

Pour conclure, cet extrait contraste nettement avec ceux qui été étudiés auparavant de par le contenu : aucun sentiment amoureux n’est même pas décrit et la femme aimée est présentée de façon péjorative à travers le regard d’Aurélien. C’est tout le contraire du texte de Balzac où Mme de Mortsauf est magnifiée à l’extrême par le narrateur. Le style diffère aussi : les pensées d’Aurélien sont exprimées directement sans organisation particulière sinon chronologique, juste un flot continu de pensées.. Pour toutes ces raisons, cette rencontre amoureuse diffère de celles qui ont été étudiées jusqu’à présent.

 

Alexandre E., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.






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Préparation de Félix K. : 




Dans l’extrait d’Aurélien d’ARAGON, écrit au XXème siècle,  l’auteur décrit la première rencontre entre le narrateur et Bérénice (qui tomberont  amoureux l’un de l’autre plus tard) d’une manière péjorative. Non pas comme dans Le Lys Dans La Vallée de Balzac ou Manon Lescault de l’Abbé Prévost,  où un «coup de foudre instantané » ainsi qu’un portrait magnifié de la femme prennent place,  le narrateur dans cet extrait ne tombe pas amoureux  de la femme du premier coup (puisque l’auteur la décrit de manière dévalorisante). De plus, un nouveau style d’écriture plus moderne est adopté dans cet extrait, ce qui laisse l’auteur intensifier cette image péjorative de la femme.

Cet incipit moderne d’ARAGON ne possède pas les mêmes éléments que celui de Le Lys dans la Vallée de Balzac ou que La Princesse de Clèves de Mme de Lafayette : il ne respecte pas le même code romanesque, c'est-à-dire que l’auteur ne nous présente pas le lieu et la temporalité du récit comme le font Balzac et Mme de Lafayette. Nous pouvons aussi percevoir un  autre langage que celui qui est utilisé dans les trois textes étudiés (écrits entre le XVIIème et XIXème siècle) : l’auteur décide d’utiliser  le langage courant dans l’écriture de son roman, et même, à quelques reprises, il utilise le langage familier. Cela est prouvé par les citations : « moricaude » (ligne 20) ; « tas de chichis » (ligne 20) ; « bougre ravagé » (ligne 23) ;  « flemmard » (ligne 23) ; « type » (ligne 23) ainsi que les tournures familières  et erreurs de syntaxe: « les cheveux coupés, ca demande des soins » (ligne 5) ; « elle lui déplut, enfin » (ligne 1). Ces langages courant et familier sont utilisés pour renforcer l’image déplaisante et laide qu’il a peinte de la femme. Les phrases courtes et sans verbes comme : «Mais Bérénice. » (ligne 9) ; « Drôle de superstition » (ligne 9) ou  «  C’était disproportionné.» (ligne8) soutiennent l’attitude désintéressée du jeune narrateur.

Contrairement aux extraits étudiés antérieurement, la femme dans cet extrait est critiquée et est dépeinte de manière « laide » (ligne 1). Comme l’écrit l’auteur de cette œuvre, le narrateur « n’aima[it] pas comment elle était habillée » (ligne 2) trouvait « ses cheveux ternes [et] mal tenus. » (ligne 5) et avait d’elle un « impression vague, générale, d’ennui et d’irritation. » (ligne7). Ces citations montrent donc le dégoût envers la femme dont il n’est pas intéressé et qui va jusqu’à  «l’irrit[er].» (ligne 10).

Nous avons donc ici un extrait qui contient une description rendue laide et non magnifiée de la femme comme dans les autres extraits étudiés jusqu’à présent. Le « coup de foudre instantané » découvert dans les autres textes n’est ici point présent : l’auteur décrit à travers le narrateur une femme qui ne l’intéresse pas et qui l’irrite. De plus, cet extrait diffère des autres car il est écrit d’une manière plus moderne que les autres : au niveau du langage ainsi que de la liberté de l’écriture (c'est-à-dire que nous n’observons pas de règlementations et codifications strictes imposées comme dans l’écriture des autres extraits.).

 

 Félix K., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.






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Préparation d'Aidan M. :


 

        En 1964, Louis Aragon, un écrivain et romancier français a publié le roman maintenant très célèbre, Aurélien. Ce roman raconte l’histoire du héros, Aurélien, et son amour, Bérénice Morel. Cet extrait vient du début de l’histoire, quand les deux personnages se rencontrent pour la première fois. En revanche, cette rencontre amoureuse se différencie beaucoup des autres rencontres classiques vues dans d' autres romans.

         Comparé aux autres textes, celui-ci semble très moderne dans la façon dont il est écrit. Contrairement aux autres auteurs plus anciens, Aragon utilise très souvent le langage familier (« tas de chichis » (l. 20), « type » (l. 22), « bougre » (l. 22) et « flemmard » (l. 23)). L’auteur utilise aussi très fréquemment des points de suspension (huit fois) dans ce texte. La façon dont Aragon écrit montre la liberté donnée aux auteurs modernes comparés aux auteurs plus anciens, qui devaient suivre des règles strictes en écrivant.

         La plus grande différence entre ce rencontre amoureuse et les autres qu’on a déjà étudié est l’absence du coup de foudre. Dans cet extrait, Aurélien est même « déplut » (l. 1) par Bérénice. Dans les autres rencontres amoureuses, les personnages principaux tombent tous dans un amour fou et passionné (cf. Manon Lescaut, La Princesse de Clèves et Le lys dans la vallée). Le sujet de cet amour est toujours décrit par des hyperboles mélioratives. Mais, dans cet extrait, Aurélien trouve que Bérénice est « franchement laide » (l. 1). Il n’aime pas sa façon de s’habiller, son étoffe, et « ses cheveux […] ternes » et « mal tenus » (l. 5). Son aversion envers cette femme le pousse jusqu’à des sentiments « d’irritation » (l. 10).

         Cet extrait montre, très clairement, qu’il vient d’un roman moderne. La syntaxe et la façon dont Aragon a écrit ce livre montre le manque de barrières que les auteurs rencontraient en écrivant au XXème siècle. Cette histoire n’est pas une rencontre amoureuse simple, superficielle et traditionnelle, elle est plus compliquée.  La liberté de s’exprimer donnée aux auteurs modernes est très grande, comparée aux siècles précédents.

 


Aidan M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.






 

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 Préparation de Laurie-Lee C. :


 

Dans l’incipit d’Aurélien, écrit par Aragon au XXème siècle, on observe une rencontre qui deviendra amoureuse plus tard, dans le roman. L’histoire est racontée à la troisième personne par un narrateur avec une focalisation interne. En revanche, le narrateur et le personnage principal fusionnent jusqu’au point que la première personne du singulier est également utilisée.

 

            En général, une rencontre amoureuse est quelque chose de beau, un moment extraordinaire partagé par deux personnes, mais dans Aurélien, il s’agit d’une rencontre originale et surprenante entre le personnage principal, Aurélien, et une jeune femme, Bérénice Morel. Les premières opinions qu’Aurélien se fait de Bérénice sont surprenantes, comme la citation suivante nous le montre : « La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide » (l.1). Aurélien ne trouve pas Bérénice jolie, il la juge peu élégante. Cela ne répond pas aux attentes de la rencontre amoureuse traditionnelle, c’est pour cela que de début d’Aurélien est un incipit déceptif.

 

            Ce style de texte diffère énormément des autres textes étudiés comme Manon Lescaut de l’Abbé Prévost et de Le Lys dans la Vallée de Balzac. Dans ces extraits, les descriptions des jeunes femmes sont belles et fabuleuses, physiquement et moralement comme, nous le montrent les hyperboles suivantes : « elle devint toute ma fête, » (l. 8 de l’extrait de Le Lys dans la Vallée de Balzac), « je me trouvai enflammé tout d’un coup jusqu’au transport, » (l. 8 et 9 de l’extrait de Manon Lescaut de l’Abbé Prévost). Leur personnalité délicate et féminine sont des observations faites par l’homme amoureux,  donc elles sont naturellement rendues magnifiques ; ce sont donc des observations subjectives.

 

            Au contraire, Aurélien exprime clairement qu’il ne tombe pas amoureux de Bérénice à la première rencontre, « il lui en demeurait une impression vague, générale, d’ennui et d’irritation, » (l.6 et 7) donc l’extrait ne correspond pas au ‘coup de foudre’ romantique attendu. Il ne pense pratiquement que des choses négatives sur Bérénice, comme « il n’aima pas comment elle était habillée. Une étoffe qu’il n’aurait pas choisie, ».  Il va  même jusqu’à la comparer à des choses qui lui déplaisent : « un vers qu’il ne trouvait même pas un beau vers, ou enfin dont la beauté lui semblait douteuse, inexplicable » (l. 12 et 13).

 

            En revanche, plus tard, cela deviendra différent, et il tombera amoureux d’elle. Nous pouvons donc conclure que l’amour n’est pas toujours beau mais est surtout rendu parfois irréaliste par certains auteurs. Parfois notre cœur devient complètement dévoué  et tombe amoureux alors que nous n’aurions jamais pensé que cela fût possible.


Laurie-Lee C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.





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Préparation de Matthieu Z. :



Dans cet extrait d’Aurélien, écrit par Louis Aragon, le narrateur raconte la première rencontre entre Aurélien et Bérénice, mais il rapporte surtout les pensées d’Aurélien après cette rencontre. Il est évident que cette rencontre amoureuse diffère de celles qui ont précédemment été étudiées dans le GT n°1.

 

 

Sur la forme, d’abord, on remarque une très grande remise en cause du style. On remarque un langage familier, qui ne pouvait exister dans une œuvre littéraire avant le XXème siècle : « chichis »   (l 20), « le type » (l 22-23), « bougre » (l 23), « flemmard » (l 23), « bellâtre potelé » (l 25).

 

L’auteur utilise aussi beaucoup de points de suspension et d’anaphores : « étoffe(s) » (3x), « cheveux » (2x), « un vers » (4x), « Tite » (2x). Ces répétitions créent un rythme saccadé, représentatif de l’état d’esprit d’Aurélien : les pensées de Bérénice, le vers et la guerre lui reviennent toujours en tête.

On remarque aussi des idées très floues et difficiles à comprendre qui sont les caractéristiques de cette technique d’écriture : « Stream of consciousness » ; où l’auteur écrit toutes les pensées qu’un personnage a, elle sont donc désordonnées.

 

 

On remarque aussi une remise en cause du code romanesque traditionnel. Alors que dans les autres œuvres, les personnages impliqués dans la rencontre ont un coup de foudre ; on se rend compte, après une première lecture, qu’Aurélien n’a pas l’air d’aimer Bérénice.

 

Il dresse un portrait quelque peu péjoratif d’elle. Dès qu’il la voit, « il la trouv[e] franchement laide » (l 1) avant  qu’ « elle lui dépl[aise], enfin » (l 1). Il sait à peu près les attributs qu’une femme devrait avoir pour lui plaire : « il [a] des idées sur les étoffes » (l 2-3) et pense que « les cheveux coupés […] demand[ent] des soins » (l 5-6). Sachant cela, rien chez Bérénice ne lui plaît : il trouve qu’elle est habillée avec une « étoffe qu’il n’aurait pas choisie » et que « ses cheveux [sont] ternes […], mal tenus » (l 5).

De plus, après coup, il ne se souvient pas bien d’elle. « Il l’a mal regardée » (l 6) et ne se rappelle vaguement que de défauts : « il lui en demeur[e] une impression vague, générale, d’ennui et d’irritation » et il se souvient sans être sûr qu’elle était « plutôt petite, pâle » (l 8). Il ne se rappelle d’elle que parce qu’elle « port[e] un nom de princesse d’Orient sans […] avoir du goût » (l 4-5).

Ainsi, à première vue, cet extrait n’apparaît pas comme une rencontre amoureuse.

 

 

Néanmoins, quoique inhabituelle, c’est une rencontre amoureuse car dans le fond, Aurélien est quelque peu fasciné par Bérénice. Ce n’est pas son esprit conscient mais son subconscient qui montre cette fascination et l’importance de Bérénice à ses yeux.

 

Pendant la deuxième partie de l’extrait (après la ligne 16), les pensées d’Aurélien passe sans cesse de Bérénice à un vers de Racine : «  Je demeurais longtemps errant dans Césarée » ; qui est pourtant « indépend[ant] de l’histoire de Bérénice ». Il mélange même ses pensées : il commence une phrase en parlant de Césarée et la finit en parlant de Bérénice (« Impossible … la toge » (l 22-26).

Toutefois, Aurélien ne comprend pas pourquoi il fait cette association : « Pourquoi ? c’est ce qu’il ne s’expliquait pas » (l 16-17). Au contraire de lui, le lecteur peut très bien déduire que c’est parce que ces deux choses sont semblables. Elles sont toutes les deux des souvenirs très flous. Comme le vers l’« [a] obsédé » à cause de sa « beauté […] douteuse, inexplicable », on comprend que Bérénice a une beauté qu’il ne voit pas mais que sa partie inconsciente voit ou devine. Par exemple, l 21, il parle de la beauté du nom de Césarée et lorsqu’il dit « ou pour une femme », il pense à la beauté du nom de Bérénice (nom de princesse).

Finalement, après une lecture un peu plus approfondie, on prend connaissance de la fascination d’Aurélien à l’égard de Bérénice.

 

 

Pour conclure, on se rend compte que ce texte est complètement différent des autres rencontres amoureuses du fait qu’il a un style complètement différent mais aussi car il n’ y a pas l’habituel coup de foudre mais un amour insoupçonné par Aurélien lui-même.

 

 

 Matthieu Z., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.


            
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Préparation de Guillaume S. : 

 

Cette rencontre amoureuse est bien différente de celles que nous avons traitées jusqu’à présent. Toutes les différences qu’on trouve entre l’incipit d’Aurélien et les trois autres extraits étudiés témoignent de l’évolution du roman au cours des siècles. Ainsi, à l’aide du groupement de textes que nous avons analysé nous allons pouvoir comprendre comment les auteurs sont passés du classicisme (XVIIème siècle) au surréalisme (XXème siècle) en l’espace de trois siècles.

   Premièrement, la grande différence entre cet extrait et les autres est qu’il n’y a pas d’idéalisation. C’est la raison pour laquelle les personnages choisis par l’auteur (Aurélien et Bérénice) sont banals, ordinaires, et de classe moyenne contrairement aux autres extraits où les personnages sont hors du commun et font partis de la noblesse : « M. de Nemours », « la Princesse de Clèves », « le chevalier Des Grieux », « Félix de Vandenesse » et « Madame de Mortsauf ».

    De plus, l’image des personnages, et surtout de la femme aimée n’est plus magnifiée. Le portrait de la femme n’est donc pas mélioratif. En effet, contrairement à l’extrait de Le lys dans la vallée de Balzac où la beauté, la pureté et l’éclat de la femme aimée sont érotisés à l’aide de comparaisons et d’hyperboles successivement utilisées: « peau satinée », « tissu de soie », « cou velouté », « éclatait à la lumière », « le brillant des cheveux », « rondeur parfaite », etc. dans l’incipit étudié la femme est décrite telle qu’elle l’est, sans artifice et sans idéalisation: « franchement laide » (l.1), « elle lui déplut » (l.1), « ses cheveux étaient ternes […], mal tenus » (l.5), « petite, pâle » (l.8). C’est pourquoi aucune hyperbole n’est utilisée par Aragon lorsqu’il procède à la description de Bérénice.

    Ensuite, la situation dans laquelle se trouvent Aurélien et Bérénice n’a rien d’extraordinaire. C’est une situation courante, de la vie de tous les jours. Cela permet à l’auteur de dépeindre la réalité comme elle l’est, sans l’intensifiée. Le fait que le personnage principal, Aurélien, ne tombe pas amoureux de la femme aimée lors de la première rencontre et qu’il n’y a donc pas la présence d’un coup de foudre diffère des autres textes analysés. En effet, « M. de Nemours », dans La princesse de Clèves, « [est] surpris de [la beauté] » de la Princesse de Clèves alors qu’Aurélien trouve Bérénice « franchement laide » (l.1). De plus, M. de Nemours « ne put admirer que Mme de Clèves » contrairement à Aurélien qui « avait mal regardée » (l.6) Bérénice et dont il lui restait « une impression vague, générale, d’ennui et d’irritation » (l.8). L’expression « plutôt petite, pâle, je crois… » (l.8) montre que ce dernier ne se souviens même plus de la taille de la femme.

    Il est vrai que la situation dans l’œuvre d’Aragon n’a rien d’idéal, de parfait, car si Aurélien va par la suite tomber amoureux de la jeune fille c’est uniquement parce qu’elle s’appelle Bérénice. On le constate lorsque le narrateur dit que si « elle se fût appelée Jeanne ou Marie, [Aurélien] n’y aurait pas repensé, après coup » (l.8, 9). Si le prénom Bérénice interpelle Aurélien c’est parce qu’ « un vers de Racine […] l’avait hanté pendant la guerre, dans les tranchées, et plus tard démobilisé » (l.11, 12) et que se vers vient d’une tragédie dans laquelle l’histoire d’une fille nommée Bérénice est racontée. Cela, on l’apprend dans le dernier paragraphe. Ce paragraphe est un paragraphe typique du surréalisme. En effet, ici, l’auteur exprime sa pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison. Il écrit ce qui lui passe par la tête sans se préoccuper du reste. C’est le surréalisme.

    Enfin, on remarque une remise en cause du code stylistique. On peut le constater dès le début du texte à l’aide de nombreuses répétitions utilisées par l’auteur, notamment avec les mots « étoffes » (l.2, 3), « cheveux » (l.5) et « vers » (l.11-16) qui est répété cinq fois ; mais également avec les verbes « revenait » (l.15) et « obséd[er] » (l.12, 13). De plus, l’utilisation du style orale à l’écrit témoigne également de la remise en cause du code stylistique. En effet, l’auteur utilise le langage familier : « chichis » (l.20), « type » (l.21), « bougre » (l.22) et « flemmard » (l.22), ce qui paraissait impossible les siècles passés. Ces modifications apportées au style littéraire ont pour but de transgresser la règle stylistique traditionnelle afin d’être plus libre dans l’écriture et la littérature.

    Pour conclure, les différences observées entre cet extrait et les autres déjà étudiés témoignent de l’évolution du roman du XVIIème au XXème siècle ; et donc comment les auteurs sont passés du classicisme au surréalisme en l’espace de trois siècles. Ainsi, le premier groupement de textes que nous avons étudié montre les transformations qui ont eut lieu au cours des siècles dans la littérature.

 Guillaume S.2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.






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Préparation de Justine L. :


Dans cet extrait d’Aurélien, d’Aragon, nous pouvons remarquer que la rencontre amoureuse est très différente de celles des autres extraits que nous avons étudiés. 

Tout d’abord, ce texte est différent par la manière dont il est écrit. Les trois autres textes utilisaient un point de vue omniscient (La Princesse de Clèves) ou alors un point de vue interne (Manon Lescaut, Le lys dans la vallée). Mais dans ces deux cas le narrateur a vécu la scène qu’il raconte. Dans Aurélien, l’histoire est racontée par un narrateur différent du personnage mais capable de ressentir ses pensées (focalisation interne).

Par ailleurs, ce texte ne ressemble pas du tout à une rencontre amoureuse classique : Aurélien a tellement peu regardé Bérénice qu’il « n’aurait pas pu dire si elle était blonde ou brune » (l 6). Il est en revanche capable de critiquer l’étoffe de ses vêtements : « une étoffe qu’il n’aurait pas choisie » (l 2), et la façon dont elle s’occupe de ses cheveux (« ses cheveux étaient ternes » l 5).

Ce texte comporte une description physique, contrairement à La Princesse de Clèves, mais elle est péjorative, comme le montrent les expressions « cheveux […] ternes » (l 5), « franchement laide » (l 1) et « il n’aima pas comment elle était habillée » (l 1 et 2). Des expressions comme celles-ci sont très inhabituelles pour une rencontre amoureuse.

 

En outre, ce texte ne parle de la femme aimée que lors des premières lignes. A partir de la ligne 11, le narrateur n’écrit plus que les pensées d’Aurélien qui divaguent vers un « vers de Racine » (l 11).

Ce passage est très représentatif de flux de conscience, un concept inventé dans le courant du 20e siècle par l’écrivain anglais Virginia Woolfe, consiste à écrire les pensées du personnage en l’état et de ne pas les organiser.

Dans les autres textes, la rencontre amoureuse obnubilait l’esprit, si ce n’est de deux personnages (La Princesse de Cleves), au moins celui de l’homme (Manon Lescaut, Le lys dans la vallee).

 

De plus, nous avons remarqué que dans l’extrait de Manon Lescaut, les deux personnages de la rencontre amoureuse se parlent, dans celui du Lys dans la vallee, la communication se fait par le regard et par le toucher, et dans l’extrait de La Princesse de Cleves, la communication est mediatisée. Mais dans ces trois cas la communication est présente.

Dans Aurélien, aucune communication ne se fait entre les deux protagonistes de cette rencontre, que l’on pourrait plutôt qualifier d’ “entrevue”.

 

En conclusion, nous pouvons remarquer, au cours des quatres extraits que nous avons étudiés, l’évolution de la rencontre amoureuse au fil des siècles et des auteurs.

 

Justine L.2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2009.

 





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Préparation de Manon U. :

 

 

 

Dans cet extrait d’Aurélien, écrit par Aragon, la rencontre amoureuse diffère radicalement des textes précédemment étudiés, que sont La Princesse de Clèves de Mme de Lafayette, Manon Lescaut de l’Abbé Prévost et le Lys dans la vallée de Balzac.
En effet, après une première lecture, nous remarquons plusieurs divergences.
Premièrement, il y a une remise en cause du style : le langage familier est utilisé, comme les mots « chichis » ligne 20, « scie » ligne 18, « flemmard » ligne 23, et « type » ligne 23 le démontrent. De plus il y a une oralisation très présente, ainsi que des phrases plus courtes et sans verbes : « Tite. Sans rire. Tite » ligne 26. Ce changement stylistique était impensable avant le XXème siècle.
Dans certains des autres extraits, les diverses femmes aimées étaient magnifiées par le narrateur dès le premier regard, les rendant ainsi idéales pour une relation amoureuse. Cependant, dans ce texte-ci, la femme aimée qui se prénomme Bérénice est décrite comme « franchement laide » (ligne 1). Aurélien « n’aim[e] pas comment elle [est] habillée » (ligne 2). Il lui trouve « les cheveux ternes » (ligne 5), et va même dire qu’il ne sait pas vraiment s’il s’agit d’une blonde ou d’une brune, parce qu’il l’a « mal regardée » (ligne 6). Ici, Bérénice est vue pour la première fois par Aurélien, et n’est vraiment pas l’idylle pour lui. Contrairement aux autres mouvements, le surréalisme ne contient pas d’expressions hyperboliques ni de descriptions minutieuses dans la rencontre amoureuse.
Après une deuxième lecture, nous observons une autre caractéristique jusqu’à présent invisible durant la première lecture. En effet, dans cet extrait, Aragon utilise une référence à un vers de Racine (« Je demeurai longtemps errant dans Césarée.. » ligne 15). Ce vers provient de la pièce « Bérénice ». Ce vers obsède Aurélien, et il ne comprend pas cet aliénation, car il ne semble pas intéressé pas ce genre de lecture (« En général, les vers, lui… » ligne 16). Cependant, les sentiments que lui a fait ressentir cette œuvre lui reviennent en tête après la rencontre avec Bérénice. Le nom « Césarée » l’intrigue, il trouve que c’est un « beau nom pour une ville. Ou pour une femme » (ligne 21). C’est un vers qui « l’[a] hanté » (ligne 11), qui « l’[a] obsédé » (ligne 13). Nous nous posons la question suivante : pourquoi Aragon introduit Racine dans son roman ? Existe-t-il un rapport entre la rencontre d’Aurélien et Bérénice et l’œuvre de Racine? En effet, Aurélien traduit lui-même ce texte comme une « romance » (ligne 18) ; il ne trouve pas ce vers beau mais « la beauté lui sem[ble] douteuse » (ligne 13). La beauté de ce vers est en quelque sorte camouflée, et obsède Aurélien sans qu’il comprenne pourquoi. Ainsi, nous pouvons établir un lien entre ce vers et Bérénice. Elle ne lui semble pas belle au premier regard, mais va sans doute « l’obséder » comme l’obsède ce vers.
Aragon utilise ainsi cet autre procédé pour décrire la femme aimée.

 
Manon U.2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.  






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Préparation de Rémy P. :


Le quatrième extrait du groupement de texte « La Rencontre Amoureuse » est l’incipit d’Aurélien, roman du XXème siècle écrit par Louis Aragon. Cet incipit marque la première rencontre entre Bérénice et Aurélien qui diffère en plusieurs points aux rencontres des œuvres étudiées précédemment.

Le premier point, est l’absence de coup de foudre entre les personnages. En effet, cette première rencontre marque l’esprit d’Aurélien plutôt péjorativement : « Il lui en demeurait une impression, vague, générale, d’ennui et d’irritation » (lignes 6,7). Aurélien « la [trouve] franchement laide » (ligne 1) ; « elle lui [déplait] ». La description physique de Bérénice et les opinions d’Aurélien à son sujet n’en sont pas moins dures : « Il n’aima pas comment elle était habillée » (ligne 2) ; « Ses cheveux étaient ternes ce jour là, mal tenus » (ligne 5).

La focalisation interne du personnage principal, Aurélien, est exprimé à la troisième personne (malgré quelques passages à la première personne qui montre toute la confusion d’Aurélien : « Je demeurai longtemps… je deviens gâteux »). Pour montrer le fait qu’Aurélien est irrité et paniqué, les phrases sont souvent simples : « Une étoffe qu’il n’aurait pas choisie. » (ligne 2),  et parfois non verbales : « Un beau nom en tout cas. » (ligne 19). Cela accélère le rythme et s’oppose aux textes précédemment étudiés.

Malgré tout, une chose le laisse perplexe : son prénom, et c’est ce qui l’irrite le plus comme le montre cette citation « Mais Bérénice. Drôle de superstition. Voilà bien ce qui l’irritait. ». En effet, Bérénice est « un nom de princesse d’Orient » (ligne 4) et Aurélien ne peut pas et ne veut pas accepter ce qu’il voit : « Il se demanda même pourquoi » (ligne 6) tant sa première impression de Bérénice contraste avec son prénom qui est le prénom d’une princesse sublime, dans une tragédie de Racine.

Le dernier point est la présence de langage familier dans l’œuvre d’Aragon : « des tas de chichis » (ligne 18) ; « grand bougre ravagé, mélancolique, flemmard » (ligne 21). Ce que s’autorise ici Louis Aragon aurait été impensable avant le XXème siècle. Ceci est bien la preuve de l’évolution du roman à travers les siècles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme le montre cet extrait, le roman et plus particulièrement la rencontre amoureuse au sein d’un roman a beaucoup évolué au fil des siècles. Les codes romanesques traditionnels sont de moins en moins respectés et les auteurs s’autorisent de plus en plus de libertés.    

 

Rémy P.2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.



 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 
Séquence n°3 : La poésie romantique.

Groupement de textes n°2.

Problématique : quels sont les différents modes d'expression du Moi dans la poésie romantique? 

     

Préparation de la lecture analytique n°2 : Soleils couchants (in Les feuilles d'automne), de Victor HUGO.


Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées ;
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !

Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.

Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde immense et radieux !


Question : Vous étudierez la thématique du temps dans ce poème de V. Hugo.
 


Préparation de Lorna L. :

Dans le poème « Soleils Couchants », de Victor Hugo, la thématique du temps est omniprésente ; l’auteur exprime plus particulièrement la fuite du temps ainsi que sa conséquence sur l’Homme et la nature.                                                                                                                                                                                
La thématique du temps est un grand thème du mouvement romantique et est particulièrement propice aux circonstances du poème ; en effet Victor Hugo témoigne de la vie humaine qui nous glisse comme de l’eau entre les doigts et qui est insignifiante dans le monde radieux de par sa nature. De nombreux éléments expriment cette thématique tout au long du poème. Tout d’abord le titre du poème « Soleils couchants » manifeste la course et le mouvement descendants du soleil qui se couche et décrit la métaphore de la vie humaine. De plus, le titre est mis au pluriel, ce qui augmente l’effet de répétition et de chronologie en insistant sur la multitude des journées qui défilent. Le champ lexical du temps est de même présent tout au long du poème ; dans la première strophe, les mots « soir » (vers1), « demain » (vers2), « nuit » (vers3) ainsi que « jours » (vers 4) marquent une succession chronologique qui exprime une fois de plus le temps qui passe.                                                                                                                                      
La présence de verbes qui caractérisent un mouvement et un déroulement comme « s’enfuit » (vers4) « passeront » (vers 5) et « roule » (vers 7) renforce la thématique du temps. Le temps est également personnifié, il « court » littéralement comme indique le vers 4 : « pas du temps qui s’enfuit ! »  D’autres expressions marquent la thématique du temps et insistent sur le vieillissement, notamment « ridés » et « vieillis » que l’on retrouve au vers 10.                                                                                                                                                                                                         
On retrouve également une juxtaposition par des virgules présente dans chaque strophe ainsi qu’une anaphore de la conjonction de coordination « et » : « et le soir », « et la nuit » au vers 1, 2 et 5,6. Cela accentue l’idée de temps et de durée et insiste sur la succession d’éléments. De même, l’anaphore de l’adverbe chronologique « puis » dans la première strophe crée le même effet de succession.                                                                                                                                                  
Victor Hugo utilise de plus le symbole du fleuve qui s’écoule comme métaphore du temps ; le champ lexical de l’eau est présent dans le poème et les mots « mers » (vers 6) « fleuves » (vers 7 et 11) et « flot » (vers12) témoignent du cycle de l’eau qui symbolise le renouvellement de la vie. L’auteur marque également une opposition entre le fait que la nature ne vieillit pas contrairement aux humains. « Les bois [sont] toujours verts »  (vers 10), « le front des montagnes ridé mais non vieilli » tandis que les humains sont « morts ».  Cette opposition est accentuée grâce à l’antithèse des vers 10 et 11 : « vieillis » et « rajeunissant » qui oppose le renouvellement du cycle de la nature et son absence chez l’homme. Une autre figure de style est employée au vers 14 pour caractériser le temps qui passe : l’allitération en [ s ] dans « sous ce soleil » symbolise le glissement du temps.                                                                                                     
Le temps des verbes joue également un rôle dans la thématique du temps ; en effet le futur est le temps dominant dans ce poème car l’auteur « [s]’en ira » (vers 15). Son utilisation évoque l’avenir et on remarque que Victor Hugo lui-même se projette dans l’avenir et réalise qu’il « [s]’en ira bientôt […] sans que rien ne manque au monde ». En revanche les trois temps grammaticaux sont présents dans le poème: au premier vers l’auteur emploie du passé avec « s’est couché », du futur au vers s (« viendra ») ainsi que du présent au vers 4 : « s’enfuit ». La présence des trois temps renforce l’idée de chronologie et de temps qui passe.                                                                                                                                 
Tous ces éléments montrent que la fuite du temps est la thématique majeure de ce poème. Le renouvellement de la nature est opposé à l’Homme qui, lui, est voué à la mort.


Lorna L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2010.  



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Préparation de Felix K. :



Le poème « Soleils couchants » (in Les Feuilles d’automne) écrit en 1831 par Victor Hugo, reflète la fuite du temps et son impact sur la nature et sur la vie humaine. Nous pouvons donc observer une omniprésence de la thématique du temps et du romantisme dans ce poème.

 

Le titre de son œuvre « Soleils couchants » déclare déjà cette fuite du temps : il symbolise la fin de la journée qui approche ainsi que l’arrivée de la nuit. Ce coucher de soleil symbolise l’arrivée de la vieillesse et donc cette notion de temps qui s’écoule sans qu’on ne puisse l’arrêter.  Ainsi nous pouvons observer  une rapide intrusion du champ lexical du temps avec les mots : « soir » (v1,2), « demain » (v2), « nuit »(v2,4),  « aube  » (v3), « jours » (v4,5,13) et  « temps qui s’enfuit » (v4) qui indiquent une succession chronologique,  et donc une évolution du temps .  Ce déroulement de la journée qui passe donne un rythme au poème comme le temps qui passe de l’aiguille d’une montre, rythme qui est accéléré par les conjonctions de coordination « et » : « et le soir », « et la nuit » (v2), « et la face » (v9), « et le front » (v9), « et les bois » (v10), ainsi que les anaphores de l’adverbe de temps : « puis » et de la préposition « sur » : « puis l’aube » (v2), « puis les nuits, puis les jours » (v3) et « sur la face » (v6), « sur les fleuves », « sur les forêts » (v7).

Nous pouvons aussi remarquer un vaste champ lexical de l’eau, qui renforce cette image du temps qui coule entre les doigts et que l’on ne peut arrêter, avec les mots : « mers » (v6), « fleuves » (v7, 11), « roule » (v7), « eaux » (v9), et « flot » (v12).  Cette alliance entre les deux champs lexicaux de l’eau et du temps exprime la fuite du temps imparable et incontrôlable et exprime la liquidité métaphorique de la fuite du temps.

En plus de cela, les différents temps grammaticaux insistent sur la fuite du temps  en formant trois différentes temporalités. Les trois temps utilisés sont le passé composé avec « s’est couché » (v1), le futur simple de l’indicatif avec  « viendra » et « passeront » (v2 et 5), et le présent de l’indicatif avec « je passe » et « il donne » (v12 et 14).

De plus, dans son poème, Victor Hugo affirme que le temps affecte différemment la nature et l’homme : la nature change mais ne vieillit pas comme prouvé dans la citation : « le front des montagnes ridés et non vieillis » (v10) et rajeunit : « les bois toujours verts s’iront rajeunissant » (v11) ; alors que lui, être humain, vieillit et s’affaiblit au cours du temps : « Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête » (v13).  A la fin du poème, l’auteur va même jusqu'à dire que le cycle de la vie (la naissance puis la mort) n’a aucun effet sur le monde : « je m’en irai bientôt, au milieu de la fête, sans que rien ne manque au monde, immense et radieux ». Le champ lexical de la lumière soutient cette naissance de la vie, cela est prouvé par les citations : « soleil » (v1), « clarté » (v3), « argent » (v7), « soleil joyeux » (v14), « fête » (v15) et « radieux »  (v16), mais cela est rapidement contredit par la thématique de la mort grâce aux mots : « refroidi » (v14), « nuit » (v2 et 4) et « hymne confus des morts » (v8).

L’auteur insiste donc sur le fait que le temps coule entre nos mains comme l’eau que nous ne pouvons pas le contrôler. Ce temps nous affecte contrairement à la nature : le temps nous mène à la mort.

Felix K., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2010.  



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Préparation de Laura S. :

 

 

Dans le poème « Soleils couchants », la thématique du temps qui passe et celle de la mort sont omniprésentes dès le titre du poème. En effet, l’idée du soleil qui se couche symbolise la mort lente du jour ou de l’homme. Son pluriel signifie alors plusieurs morts que l’on peut, en connaissant un peu la vie d’Hugo, reliés aux parents de ce dernier…

De plus, le poème est composé de quatre strophes d’alexandrins. Ces vers, considérés comme longs, apportent un effet de lenteur pour permettre de ressentir le temps qui coule.

 

En ce qui concerne le fond du poème, nous avons tout d’abord la présence deux champs lexicaux très prononcés :

-         un premier, celui du temps qui passe avec «  le temps s’enfuit » (v.4), « tous ces jours passeront » (v.5), ou encore « chaque jour » (v.13), et «  bientôt » (v.15).

-         puis un second, celui de la mort avec « le soleil s’est couché » (v.1), « puis les nuits » (v.4), « des morts » (v.8), « courbant plus bas ma tête » (v.12), et « refroidi » (v.13), ainsi que le rythme ternaire croissant de : « l’orage, et le soir, et la nuit » (v.2)

Ces deux champs lexicaux représentent tous deux le passage du temps puisque la mort est l’inexorable conclusion de la fuite du temps

Ensuite, d’une part, nous avons une allitération en [–s], représentants la fuite du temps (comme si celui-ci s’écoulait dans un sablier): « le soleil s’est couché ce soir » (v.1), « sans cesse » (v.12) ou encore « sous ce soleil » (v.14).

D’autre part, il y a de nombreuses anaphores de la conjonction de coordination « et » et de l’adverbe « puis » (v.3 et v.4) et de la préposition « sur » (v.6 et v.7). Ces figures de style permettent d’insister de façon presque obsessionnelle sur une chronologie, un déroulement des événements et donc une suite temporelle.

Enfin, nous pouvons observer la personnification de ce temps, en effet, il fait des « pas » (v.4) et va si vite qu’il « s’enfuit » (v.4)

Pour finir, l’utilisation du futur permet de mettre en valeur ce glissement de temps, comme si, quoi qu’il arrive, l’avenir était déjà tracé. « Demain viendra l’orage » (v.2), le temps passe, « tous ces jours passeront » (v.5), inéluctablement. L’homme finit par mourir, alors que la nature, elle aussi omniprésente dans ce texte, ne change pas. Elle reste « ridée et non vieillie » (v.10) et va même jusqu’à aller « rajeunissant » (v.11). De même, comme le passé permet de figer les événements dans le temps et que la mort est un état irréversible, lorsque l’auteur exprime des idées mortifères, il reste au passé (composé ou participe), « le soleil s’est couché » » (v.1), il est mort, c’est fini.

 

En conclusion, les différents procédés lexicaux, l’utilisation du vocabulaire approprié ainsi que les différents temps verbaux permettent à la thématique du temps de s’exprimer au travers de ce poème.

 

 

 Laura S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2010.  

 

 

 

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 Préparation de Rudy O. :

 

Dans le poème de HUGO, la thématique du temps est omniprésente, son seul titre «Soleils Couchants», en donne une preuve et annonce son importance quant au contenu du texte et à sa portée lyrique. Il montre ici la fuite la fuite du temps et ses conséquences sur l'Homme et la Nature. Ainsi il utilise le mouvement du soleil qui se couche pour donner une représentation métaphorique de la décadence de l'homme qui tend vers sa fin.

            On a dans le premier quatrain une chronologie avec les termes «demain», «soir», «nuit» (v.2), «aube», «clartés» (v.3) qui avec les nombreuses juxtapositions occasionnées par les «,» tout au long du texte accélèrent le rythme. Et ont le même objectifs les anaphores de l'adverbe «puis» (v.3-4) et de la conjonction de coordination «et» : «et le soir» (v.2), «et la nuit» (v.2), «et ses clartés» (v.3), «et la face» (v.9), «et le front» (v.9), «et non» (v10), «et les bois» (v.10) mais aussi mettent  en évidence l'impression de temps qui passe en rallongeant la construction des phrases.

            On note également une personnification de la nature à plusieurs reprises aux vers 6 et 9 «la face des mers», «la face des monts», «la face des eaux», «le front des montagnes», qui sont au vers 10 «ridés et non vieillis» et vers 10 et 11 «les bois toujours verts / s’iront rajeunissant» qui crée un contraste avec l'existence de l'homme, amplifiant sa brièveté devant cette nature imperturbable qui trône sur  Terre depuis le commencement. Le temps lui-même est personnifié, il «court» littéralement comme le montre le vers 4 : «pas du temps qui s’enfuit!» ici l'auteur rappelle l'incapacité de l'homme, la sienne, à rattraper le temps et met en évidence la fatalité de la vieillesse.

            Hugo multiplie les pluriels, avec «mers», «monts», «fleuves», «forêts», ce qui crée un effet de masse, réuni notamment dans le terme «foule» (v.5) revenant au contraste entre nature et humanité qui est dans le poème représenté par un seul («Je» v.14-15) qui peut-être marquera sa moitié de l'opposition, et nous pouvons en témoigner deux siècles après, mais qui n'affecte pas cette nature. Ainsi, victime du temps s'en est allé, à son tour il s'en ira  comme conclut le vers 16 «Sans que rien ne manque au monde, immense et radieux !». Et s'achève le poème par cette diérèse sur le mot «radieux» (ra-di-eux) qui renforce ici encore, cette vision d'une nature inébranlable devant l'action de l'homme.

 

 Rudy O., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2010.  

 

 


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 Préparation de Shannon D. :


 

Le temps est un thème récurrent du mouvement romantique. Et notamment dans  “Soleils Couchants” de Victor Hugo in Les Feuilles d’automne. Cette thématique s’exprime à travers la nature et à travers le narrateur tout au long du poème: le temps agit différemment sur la nature et sur l’homme.

   Dès le titre, Victor Hugo attire notre attention sur la thématique du temps: le pluriel du titre ”Soleils couchants” peut s’appliquer aussi bien à la nature qu’à l’homme: à la nature car c’est un évènement naturel, et le fait du pluriel indique l’éternel recommencement de la nature, c’est à dire que la nature ne meurt pas, elle ne fait que recommencer toujours; à l’homme car le soleil couchant est une métaphore de la mort.

   On remarque deux grandes parties dans ce poème: les trois premières strophes décrivent l’action du temps sur la nature, et la dernière strophe évoque les effets  du temps qui passe sur l’homme.

   Le champs lexical des trois premières strophes est celui de la nature: “Soleil”(V.1), “orage”(V.2), ”mers”(V.12),  ”monts”(V.6), “fleuves”(V.7 , V.11), “forêts”(V.7), “eaux”(V.9), “montagnes(V.9), “campagnes”(V11),”bois”(V.10).Victor Hugo dépeint ainsi le monde dans sa globalité pour en donner une impression de grandeur. En effet, la nature ne subit pas le temps mais en devient maitre: “Ridés et non vieillis” (V.10), “S’iront rajeunissant”(V.11).                                                                                                                
L’auteur personnifie les éléments naturels: “le soleil s’est couché”(V.1), “viendra orage”(V.2), “pas du temps qui s’enfuit”(V.4), “Tous ces jours passeront; il passeront en foule”(V.5), “Sur la face des mers, sur la face des monts(V.6), “Et la face des eaux, et le front des montagnes”(V.9), “les bois toujours verts s’iront rajeunissant”(V10-11). Cela rend les éléments naturels  vivants, comme si il s’agissait d’êtres vivants. Victor Hugo élève ainsi ces éléments à un rang plus important.                                                                      
Victor Hugo utilise des anaphores et des allitérations pour donner  l’impression du temps qui essaye désespérément d’agir sur la nature: allitération en [s] “Le soleil s’est couché ce soir”(V.1),  en [p]”Puis […] puis […] pas”(V.4).  Les anaphores sont présentes aux vers deux et trois et aux vers neuf et dix en ”et”, aux vers trois et quatre en ”Puis”, mais aussi en “sur” aux vers six et sept et finalement au vers cinq en “passeront”. Victor Hugo répète ces mots au long du poème tout comme la nature répète son cycle dans la durée.

   C’est la dernière strophe qui constitue la deuxième partie durant laquelle l’homme est présent, tout petit par rapport aux trois autres strophes consacrées à la nature.                                                                                                     
La strophe et le thème de l’homme sont introduits par un mot de rupture: “mais”(V.13), qui indique une opposition, une cassure. Le temps appliqué à l’homme est représenté comme un poids: “courbant plus bas la tête” (V.13). On note des contradictions où des oppositions à l’intérieur des vers: “refroidi sous ce soleil”(V.14), “je m’en irai bientôt, au milieu de la fête(V.14), et le vide oppose à la plénitude dans le dernier vers. Le temps agit sur l’homme de façon beaucoup plus violente: alors que “le front des montagnes [était] ride et non vieilli”(V.10), l’homme, lui, courbe l’échine et meurt, les signes du vieillissement sont visibles. L’homme est ramené au rang de petite chose insignifiante: “sans que rien manqué”. Le poème se termine un point d’exclamation  après deux mots hyperboliques “immense et radieux”(V.16) qui donnent une note d’espoir que l’on doit à la nature. De plus, “radieux” est engendré d’une diérèse et se prononce donc en trois syllabes ce qui insiste sur radieux.

   On Remarque également que le poème n’est constitué que d’Alexandrins (douze syllabes) qui constituent des vers long, lents, imperturbables et lourds tout comme le cycle de la nature qui ignore la mort de l’homme.

   A travers le thème du temps et de l’éternel recommencement, Victor Hugo à écrit une ode à la nature plus forte que le temps, plus forte que l’homme, une nature qui s’enrichit au fil du temps qui passé. Le beau mécanisme du temps qui passé sur la nature est un temps de renouvellement eternel et d’avancée tandis que le temps de l’homme est linéaire et fini. C’est dans l’ordre des choses: l’homme meurt et la nature lui sourit.

 

Shannon D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2010.  

 

 

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 Préparation d'Alexandre E. :


 

Deux des principaux champs lexicaux du poème sont le temps et la jeunesse et la vieillesse, ce dernier étant étroitement lié au temps. La forme même des strophes, quatre alexandrins, donne au poème un rythme lent, uniforme qui préfigure l’opinion de l’auteur. Cela est confirmé dans la strophe une lorsque Hugo décrit une suite monotone de jours et de nuits : « Demain […] et le soir et la nuit ; Puis l’aube […] ;Puis les nuits, puis les jours […] ». Le troisième champ lexical du poème est celui de la Nature. La description de l’effet du temps sur la nature a pour but de créer un contraste et d’accentuer le sentiment d’impuissance et de désespoir transmis par l’auteur comme le montre la strophe 2 : « Tous ces jours passseront ; […] Sur les forêts où roule Comme un hymne confus des morts que nous aimons ». Le poème ayant été publié en 1831, le derniers vers de la strophe ne fait pas référence à la mort de sa fille Léopoldine mais plutôt à son fils Léopold décédé en 1823 et à sa mère décédée en 1821 et dont la mort avait profondément affecté Victor Hugo, encore très jeune à l’époque.

 

 Afin de renforcer encore son propos, l’auteur personnifie « les eaux » et les « montagnes », strophe 3 vers 1, en leur attribuant un « front » et une « face ». Cela a pour effet de placer la nature et l’auteur sur le même plan et donc accentue le malheur et le sentiment de rejet de celui-ci. La citation « Ridés et non vieillis » montre que le temps n’a qu’un effet superficiel sur la Nature et la suite du vers : « et les bois toujours verts S’iront rajeunissant » évoque le renouveau perpétuel de la Nature et de la vie contrairement à Hugo qui « chaque jour [courbe] plus bas [sa] tête » (strophe 4, vers 1)

 

Dans la strophe 4, l’auteur montre clairement un sentiment d’exclusion en opposant les termes « refroidi » et « soleil joyeux », créant une antithèse et par conséquent se plaçant en opposition par rapport à l’ordre naturel même des choses, c'est-à-dire non seulement par rapport à la société mais aussi par rapport à la Nature, comme il l’avait déjà développé dans la strophe 3. Le vers 3 quant à lui se prête à plusieurs interprétations : « la fête » pourrait être vue comme le fait que la plupart des gens sont heureux tandis que lui semble se noyer peu à peu dans son malheur ou bien comme une façon de s’isoler encore plus et de parfaire le portrait du génie incompris et maudit en donnant une image un peu futile du reste de la société. Le dernier vers du poème pourtant ne laisse pas le lecteur avec un sentiment négatif, il finit sur une note presque optimiste avec les termes « immense et radieux »et une diérèse à valeur d’insistance sur « radieux ». Il semble que Hugo ne se soit pas vraiment résigné à son sort mais qu’il ait plutôt adopté une vision sereine de son destin.

 

 Alexandre E., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2010.  

 

 

 

 

 

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 Préparation de Guillaume S. :


 

    Victor Hugo est un écrivain, dramaturge et poète, considéré comme l’un des plus grands écrivains romantiques du XIXème siècle. A cette époque, la fuite du temps est une thématique romantique par excellence. C’est la raison pour laquelle dans le court poème, « Soleils couchants », extrait de l’œuvre Les Feuilles d’automne  écrite par Victor Hugo, la thématique du temps est omniprésente. Hugo montre ici la fuite du temps et sa conséquence sur les hommes et la nature.

    Pour cela, il utilise tout d’abord le titre « Soleils couchants », qui tout en dénotant le mouvement descendant de l’astre solitaire achevant sa course quotidienne, exprime le déclin de l’homme, si fragile dans ce monde «immense et radieux» (v.16). C’est un titre révélateur de l’idée principale d’Hugo dans son poème, la fuite du temps.

    Ensuite, dans le premier quatrain, la fuite du temps s’exprime par les termes «ce soir» (v.1), «Demain» (v.2), «la nuit» (v.2),  «l’aube» (v.3), «les nuits» (v.4) et «les jours» (v.4) qui indiquent une succession chronologique rapide des jours qui passent. 

    Cette impression du temps qui passe et des événements qui se succèdent est accentuée par le style lié utilisé par le poète, qui grâce à l’anaphore de nombreuses conjonctions «et» : «et le soir, et la nuit» (v.2), «et ses clartés» (v.3), «Et la face des eaux, et le front des montagnes» (v.9), «et les bois» (v.10) allonge les vers. Ces alexandrins expriment ainsi la longueur du temps qui s’écoule. Cette impression de durée est renforcée par la présence de nombreuses virgules, tout au long du poème, qui ralentissent le rythme.    

    En revanche, l’anaphore de l’adverbe chronologique «puis» (v.3, 4) et celle de la préposition «sur» (v.6, 7) qui dynamisent le texte, participent à l’accélération rythmique du poème. Le rythme du texte est donc à la fois lent et rapide. Le poème mime la fuite du temps.

    De plus, dans tout le texte, on repère une coexistence du champ lexical de l’eau avec «orage» (v.2), «vapeurs» (v.3), «mers» (v.6), «fleuves» (v.7), «eaux» (v.9) «flot» (v.12) et du temps, comme le montrent les mots «soir» (v.1, 2), «nuit» (v.2, 3), «demain» (v.2), «jour» (v.4, 13), ce qui montre que comme l’eau qui nous glisse entre les doigts, le temps est impossible à arrêter. Cette coexistence est renforcée par une allitération en [s] présente tout au long du poème : «ces […] passeront […] passeront» (v.5), «sur» (répété quatre fois : v.6, 7), «face» (répété trois fois : v.6, 9) et «sous ce soleil» (v.14) qui symbolise le glissement du temps.

    Ensuite, la volonté de l’auteur de montrer que le temps a une influence différente sur l’Homme qui vieillit : «sous chaque jour courbant plus bas ma tête» (v.13), «je passe, et, refroidit» (v.14), «je m’en irai bientôt» (v.15) et la Nature qui au contraire, rajeunit : «non vieillis» (v.10), «les bois toujours verts» (v.10), «s’iront rajeunissant» (v.11) montre que le problème de la fuite du temps ne concerne que l’Homme.

    Enfin, le fait que le futur domine dans ce poème montre qu’Hugo se projette dans un avenir déjà tout tracé et prévisible : «demain viendra l’orage, et le soir, et la nuit» (v.2), «tous ces jours passeront» (v.5), «le fleuve des campagnes prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux vers» (v.11, 12). Hugo emploie donc le futur afin d’insister à nouveau sur l’éternité du cycle de la nature qui n’a pas de fin et le court passage de l’Homme dont la Nature n’a pas besoin: «Je m’en irai bientôt, au milieu de la fête ; sans que rien manque au monde, immense et radieux» (v.15, 16).

    Pour conclure, il est possible de dire que dans le poème «Soleils couchants» de Victor Hugo, la thématique du temps, thématique romantique par excellence, est omniprésente. Hugo utilise de nombreux procédés stylistiques et littéraires pour l’exprimer, comme la mise en place d’une coexistence entre le champ lexical de l’eau et celui de du temps, l’accélération et le ralentissement du rythme, et le lien entre le temps est le Nature qui contrairement à l’Homme  ne change pas.

 

Guillaume S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2010. 

 

 

 
 

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Préparation de Matthieu Z. :

Victor Hugo est un écrivain et poète du XIXème siècle. Ainsi, il est un auteur principalement romantique. On le voit, par ailleurs, dans son poème « Soleils couchants » (in Les Feuilles d’automne), où une des principales thématiques du Romantisme, le temps, est exprimée.

 

On voit, avec une première approche, le temps qui passe rapidement, qui fuit. Il passe progressivement et s’accélère. « Ce soir » passe, puis « demain » arrive, « le soir » repasse, « la nuit » tombe, « l’aube » se lève. Après cela, l’auteur ne précise plus, le temps commence à passer de plus en plus rapidement : « les nuits, puis les jours » (v.4). De plus, « tous ces jours […] passeront en foule » (v.5), il n’y a plus de distinctions entre les différents jours, ils sont tous confondus et se ressemblent tous. Le « temps […] s’enfuit (v.4), et il n’y en a jamais assez pour l’homme (voir suite).

De plus, cette fuite du temps, sa fluidité, est renforcée par la coexistence des champs lexicaux de l’eau, qui coule et qu’on ne peut pas arrêter, et du temps, qui passe et qu’on ne peut pas arrêter. « L’orage » (v. 2) qu’on ne peut pas contrôler, les « vapeurs » de « l’aube » (v.3) qu’ont ne peut pas empêcher de se former, « les fleuves d’argent » (v.7) et « le fleuve des campagnes » (v.11) qu’on ne peut pas arrêter (« prendra sans cesse » (v.12) évoque l’impossibilité qu’il s’arrêter) évoquent tous l’eau et l’impossibilité de la contrôler. Cette métaphore filée, comparant le temps à l’eau sous toutes ses formes (gaz, liquide des fleuves et de l’orage), permet ainsi de mettre en relief, d’insister sur la fuite du temps.

 

D’ un autre coté,  on remarque l’opposition entre la nature, qui semble insensible au temps qui a même un effet contraire sur elle, et l’homme, obligé de se soumettre à cette force incontrôlable.

D’une part, on voit la nature resplendissante, jeune. « La face des eaux, et le front des montagnes » (v.9) ne sont que ridés, ils n’ont pas vieillis, non soumis au temps. « Les bois sont toujours verts » (v.10), le printemps est toujours là, l’automne et l’hiver n’arrivent pas. De plus, au lieu de vieillir, toute cette nature « s’ir[a] rajeunissant », défiant le temps, comme doté d’un pouvoir que l’homme n’a pas.

De l’autre coté, il y a les hommes, mortels, et plus particulièrement V. Hugo, la poésie romantique étant l’expression du « je » et du « moi ». Les êtres humains sont incapables d’influencer le temps, de le contrôler, de le ralentir. J’auteur vieillit et « chaque jour courb[e] » plus bas [s]a tête » (v.13). Il » passe » (v.14) avec le temps dont il est dépendant. Il va « bientôt » s’en aller, quitter ce monde.

La supériorité de la nature sur les êtres humains est aussi mise en évidence. On a « les forets » (v.7), bien vivantes, qui portent « un hymne confus des morts », qui oublient presque ceux qui n’ont pas le même pouvoir qu’elles, l’immortalité. Victor Hugo est aussi « refroidi » (v.14) part un « soleil joyeux » (v.14), censé le réchauffer, cette antithèse exprime son impuissance face au temps et à la nature, qui durera.

 

Finalement, la thématique du temps est bien présente dans ce poème d’un des plus grands auteurs romantiques. Elle s’exprime surtout par la fuite du temps, fluide, mortifère pour les humains mais n’ayant aucune emprise sur la Nature, bien supérieure aux hommes.

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Préparation de Jeanne D. :

Dans ce poème de Victor Hugo, la thématique du temps est très fortement présente. Elle s’exprime de plusieurs façons.

Victor Hugo se sert de l’homme et de la nature afin d’exprimer la fuite du temps, le temps qui s’écoule, le temps que l’on ne peut arrêter, le temps qui nous échappe et fuit.

Avant tout, le champs lexical du temps est présent dans ce poème comme le montre les mots suivant « ce soir » (v.1), « Demain » (v.2), « nuits » (v.4), « jours »(v.4), « temps » (v.4)…

Les anaphores du terme « et » (v.2) ainsi que du terme « puis »(v. 3 et 4)  ont pour rôle d’accentuer le succession des événements, des jours, des nuits et ainsi renforce cette idée de « fuite du temps »… Le temps passe sans que l’on puisse l’arrêter.

Plusieurs temps sont utilisés dans ce poème : le passé composé au vers 1, «  s’est couché », le futur de l’indicatif a plusieurs reprises comme « viendra » (v.2), « passeront » (v.5), « s’iront » (v.11), « prendra » (v.12), et enfin le présent de l’indicatif est également fort utilisé comme le montre les citations suivantes, « s’enfuit » (v.4), « roule » (v.7), « passe » (v.14) … L’utilisation de ces trois temps est également une façon d’insister sur la fuite du temps, sur le fait que le temps passe.

    De plus, l’homme est dans ce poème comme piégé par le temps, par la fuite du temps. En effet, le temps passe , on ne peut pas l’arrêter, et pendant ce temps l’homme vieillit sans en avoir le choix et il finit par mourir. La citation suivante, « tous ces jours passeront, ils passeront en foule » met bien en parallèle les jours qui passent, vivent un instant, puis meurent avec les gens qui eux également passent en foule, vivent un instant puis meurent.   Le mot « foule » n’est pas ici par hasard, il a pour rôle de montrer le rapport entre les jours qui passent et les foules qui passent. Le terme « passer » est d’ailleurs utilisé à plusieurs reprises, deux fois dans le vers étudié précédemment et une troisième fois au vers 14 , « je passe », ou cette fois ci le parallélisme est inversé, le terme est à la base utilisé pour décrire le passage de l’homme sur terre mais il fait bien sur également référence au temps qui passe.

Plusieurs termes appartenant au champs lexical du liquide, de l’eau, sont présents dans ce texte comme « mers » (v.6), « fleuves »(v.7) , « eaux » (v.9) , « fleuve » (v.11). Ils sont en quelque sorte des métaphores de la fuite du temps. En effet, tout comme l’eau coule, le fleuve passe sans s’arrêter, le liquide file entre les doigts, le temps lui aussi passe, il est impossible a arrêter, il file entre les doigts. Le fleuve symbolise également le cycle de l’eau, l’interminable cycle de la vie, ou l’homme ne fait que passer.

    Enfin, le passage de l’homme et la fuite du temps sont également mis en parallèle, ou plutôt en opposition avec la nature. Le temps passe, et l’homme vieillit, se meurt, mais la nature, elle au contraire, ne meurt pas. Pour montrer cela, Victor Hugo utilise plusieurs personnifications et montre ainsi le contraste entre la nature et l’homme au cours du temps. Les citations suivantes, « Et la face des mers, et le front des montagnes, / Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts / S’iront rajeunissant ; […] » comprennent plusieurs personnifications qui ont ici pour but d’une part de comparer la nature à l’homme, et d’autre part de montrer que pendant que l’homme vieillit et subit le temps, la nature, elle, devient toujours plus verdoyante et ne vieillit jamais. Le temps a une influence différente sur l’homme et sur la nature.

 

En conclusion, dans ce poème, la thématique du temps est présente. Victor Hugo met en parallèle la fuite du temps, l’homme et la nature. Il montre ainsi la relation entre le temps qui passe, que l’on ne peut suspendre, qui file sans jamais s’arrêter et le passage de l’homme sur terre, si rapide, si vite tué par le temps lui même, tandis qu’au contraire, la nature, elle, ne souffre pas du temps mais, peut-être même en profite. Le temps passe, tout comme la rivière coule…

 

 Jeanne D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2010.



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 Préparation de Justine L. :


A/ Les déclinaisons du temps dans le poème

Dans le poème Soleils Couchants (in Les Feuilles d’automne), Victor Hugo montre la fuite du temps et ses conséquences sur l’Homme.

Pour cela, il utilise tout d’abord le titre « Soleils Couchants » qui, tout en mimant le mouvement descendant du soleil qui se couche, symbolise aussi métaphoriquement la lente mort de l’Homme.

Dans la première strophe, les termes « soir » (v1), « demain » (v2), « nuit » (v2), « aube » (v3), « jours » (v4) montrent une succession chronologique, accentuée par les nombreuses virgules que l’on retrouve tout au long du poème, et qui accélèrent son rythme. Victor Hugo utilise également un style lié, en utilisant notamment l’anaphore de la conjonction « et » : « et le soir » (v2), « et la nuit» (v 2), « et ses clartés » (v3), « et la face » (v9), « et le front » (v9), « et non » (v10), « et les bois » (v10). Cela accentue l’impression du temps qui passe, en allongeant la construction de la phrase.

Par ailleurs, on distingue deux champs lexicaux. Le premier est celui du temps qui passe, caractérisé par « pas du temps qui s’enfuit » (v4), « tous ces jours passeront » (v5), « chaque jour » (v13), « bientôt » (v15). Le second est le champ lexical de la mort que l’on peut remarquer avec « des morts » (v8) et métaphoriquement avec « le soleil s’est couché » (v1), « puis les nuits » (v4) et « refroidi » (v 14). La coexistence de ces deux champs lexicaux montre que l’Homme n’est pas éternel.

Dans le vers 2 on peut aussi remarquer un rythme ternaire : « l’orage, et le soir, et la nuit » qui symbolise la fuite du temps.

On peut aussi noter une allitération en [s], qui imite le son du sable coulant dans le sablier du temps : « le soleil s’est couché ce soir » (v1), « ses clartés [...] obstruées » (v3), « s’enfuit » (v4), « tous ces jours passeront, ils passeront en foule » (v5), «sur la face des mers, sur la face des monts » (v6),« s’iront rajeunissant » (v11), « prendra sans cesse » (v12), « je passe » (v14), « sans que rien » (v16).

On note ensuite l’anaphore du verbe passer : « ils passeront » (v5), « je passe » (v14).

Tout cela participe à une impression de durée, qui se double d’une accélération rythmique ; le quatrain mime la fuite du temps.

 

 

B/ Le jeu des temps verbaux

 

On remarque aussi une alternance de temps verbaux : le premier temps utilisé est le passé composé (« s’est couché » v1), ensuite vient le futur simple avec « viendra » (v2) et « passeront » (v5), puis Victor Hugo utilise un verbe au présent (« aimons » v8) pour designer des « morts » (v8) : cela crée un paradoxe. Ensuite revient le futur comme le montrent « s’iront » (v11) et « prendra » (v12). Par la suite, l’auteur parle de lui-même au présent et enfin exprime son futur départ du monde des vivants.

L’utilisation de trois temps verbaux (passé, présent, futur) crée une insistance sur la fuite du temps que l’on ressent tout au long du poème.

 

En conclusion, tous ces éléments ramènent à la fuite du temps, une thématique romantique par excellence, fuite que personne ne peut arrêter. Dans ce poème, Soleils Couchants, Victor Hugo parle de ses enfants, tous décédés, et évoque aussi sa future mort qui arrive, indéniablement, lentement, tel le soleil qui se couche chaque soir.


Justine L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2010.



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Préparation d'Alexandre E. : 
 

 

Matthieu Z., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2010.

Deux des principaux champs lexicaux du poème sont le temps et la jeunesse et la vieillesse, ce dernier étant étroitement lié au temps. La forme même des strophes, quatre alexandrins, donne au poème un rythme lent, uniforme qui préfigure l’opinion de l’auteur. Cela est confirmé dans la strophe une lorsque Hugo décrit une suite monotone de jours et de nuits : « Demain […] et le soir et la nuit ; Puis l’aube […] ;Puis les nuits, puis les jours […] ». Le troisième champ lexical du poème est celui de la Nature. La description de l’effet du temps sur la nature a pour but de créer un contraste et d’accentuer le sentiment d’impuissance et de désespoir transmis par l’auteur comme le montre la strophe 2 : « Tous ces jours passseront ; […] Sur les forêts où roule Comme un hymne confus des morts que nous aimons ». Le poème ayant été publié en 1831, le derniers vers de la strophe ne fait pas référence à la mort de sa fille Léopoldine mais plutôt à son fils Léopold décédé en 1823 et à sa mère décédée en 1821 et dont la mort avait profondément affecté Victor Hugo, encore très jeune à l’époque.

 

 Afin de renforcer encore son propos, l’auteur personnifie « les eaux » et les « montagnes », strophe 3 vers 1, en leur attribuant un « front » et une « face ». Cela a pour effet de placer la nature et l’auteur sur le même plan et donc accentue le malheur et le sentiment de rejet de celui-ci. La citation « Ridés et non vieillis » montre que le temps n’a qu’un effet superficiel sur la Nature et la suite du vers : « et les bois toujours verts S’iront rajeunissant » évoque le renouveau perpétuel de la Nature et de la vie contrairement à Hugo qui « chaque jour [courbe] plus bas [sa] tête » (strophe 4, vers 1)

 

Dans la strophe 4, l’auteur montre clairement un sentiment d’exclusion en opposant les termes « refroidi » et « soleil joyeux », créant une antithèse et par conséquent se plaçant en opposition par rapport à l’ordre naturel même des choses, c'est-à-dire non seulement par rapport à la société mais aussi par rapport à la Nature, comme il l’avait déjà développé dans la strophe 3. Le vers 3 quant à lui se prête à plusieurs interprétations : « la fête » pourrait être vue comme le fait que la plupart des gens sont heureux tandis que lui semble se noyer peu à peu dans son malheur ou bien comme une façon de s’isoler encore plus et de parfaire le portrait du génie incompris et maudit en donnant une image un peu futile du reste de la société. Le dernier vers du poème pourtant ne laisse pas le lecteur avec un sentiment négatif, il finit sur une note presque optimiste avec les termes « immense et radieux »et une diérèse à valeur d’insistance sur « radieux ». Il semble que Hugo ne se soit pas vraiment résigné à son sort mais qu’il ait plutôt adopté une vision sereine de son destin.

 

 

 

 

 Alexandre E., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2010.

 

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 Préparation de Shanel C. :

Dans ce poème, Victor Hugo décrit le cycle de la vie et de la nature en fonction du temps. Il nous rappelle que les hommes vieillissent et meurent tandis que la nature demeure éternellement.

 

Dès la première strophe, nous pouvons voir une progression répétitive du temps. Il y a une réelle insistance sur le passage du temps ; comme  le prouve l’anaphore de la conjonction de coordination « et » et de l’adverbe du temps « puis » aux vers 4 et 5. Il y a également l’anaphore du mot « soir »  au vers 1 et 2 qui illustre le fait que les soirs et les jours s’accumulent. De plus, nous pouvons constater un passage du singulier au pluriel ; du vers 2 « et la nuit »  au vers 4 « puis les nuits ». Cela évoque encore une fois, l’accumulation et donc que le temps passe. À la deuxième strophe, nous pouvons remarquer la personnification du temps, comme le montrent les vers 4 et 5 « pas du temps qui s’enfuit » et « ils passeront en foule »(les jours). La foule symbolise comme un entassement de jours. Les jours passent et le temps est malheureusement mortifère pour les êtres humains.

La nature, en revanche, reste intacte. Le temps n’aura pas de conséquences néfastes sur l’immensité et la beauté de la nature. En effet, le front des montagnes est « non vieillis » et  «  les bois toujours verts / S’iront rajeunissant » (vers 10 et 11). L’éternité de la nature est exprimée par des mots comme « toujours »(vers 10) ou « sans cesse »(vers 12).

Le poème n’est composé que d’alexandrins, ce qui illustre la continuité du temps et la sérénité, la tranquillité. En outre, l’alternance entre le jour et la nuit est mimée de façon sonore par les rimes croisées omniprésentes dans le poème. Nous pouvons également remarquer une allitération en  (l).  Prenons pour exemple les vers 1 et 2 : « Le soleil s’est couché ce soir dans les nuées./Demain viendra l’orage, et le soir, et la nuit ; ». Cette allitération pourrait évoquer la fluidité qui glisse entre les doigts, comme le temps.

 

 

À travers ce poème, Victor Hugo utilise plusieurs procédés stylistiques qui évoquent la fuite du temps. Nous pourrons en conclure que le temps est mortifère pour l’homme tandis que la nature en reste indemne.

 

 

 Shanel C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 



Date de création : 19/09/2009 @ 09:57
Dernière modification : 20/03/2010 @ 15:30
Catégorie : Préparations 2009/2010.
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