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Copies d'élèves 2009/2010 - Ecritures d'invention 2nde 10

Devoir à rendre le jeudi 05  novembre 2009.

 

Vers l'écriture d'invention (sujet de type III du bac).

 

Sujet (à coller sur votre feuille double) : après l'étude du GT1 (Les débuts de romans), vous rédigerez à votre tour un incipit régi par les consignes suivantes :

 

·        votre production sera de registre réaliste.

·        Elle mêlera types narratif et descriptif (vous veillerez à utiliser les outils stylistiques propres à ces deux types de texte).

·        Votre incipit respectera les codes romanesques traditionnels (fonctions informative et « apéritive »).

·        Vous expliciterez la focalisation que vous aurez choisie :

1.     focalisation zéro ;

2.     focalisation interne ;

3.     alternance des deux : dans ce cas, vous signalerez le(s) changement(s) de focalisation à l'aide d'une croix rouge dans la marge, au niveau de ces changements.      

·          Toute référence culturelle pertinente est valorisée.
  

 

 

    

  


                                                                                                             E. Zola.jpg






Devoir de Claire L. (focalisation zéro) :

   

La sonnerie du téléphone retentit au milieu d’une nuit d’août 1961, après 4h du matin, dans la chambre à coucher modeste, sans fenêtres, du journaliste Paul Stupte. Ce logement demeurait dans une perpétuelle pénombre, îlot d’obscurité entre les murs étroits dont la peinture s’était effacée sous les traces de moisissure qui laissaient échapper une odeur acre.  
Il  tâtonna sur sa table de nuit pour trouver le combiné, il décrocha l’appareil bruyant qui l’avait sorti de son sommeil profond et entendit ce message laconique : «  Si tu veux un scoop, lève- toi immédiatement ! Je t’attendrais dans dix minutes prés du repère de Brandebourg. » 
Il alluma une cigarette et resta immobile pendant un court instant, le visage voile par la fumée bleue, en aspirant de profondes bouffées pour savourer pleinement le goût du tabac. Il se leva, s’éclipsa dans son cabinet de toilette minuscule, sans baignoire ni douche, et il aperçut son reflet dans le petit miroir fissure accroche au mur. La pauvreté et la misère avait vieilli prématurément son visage pale, les rides profondément marquées sur son front dégarni accentuaient sa maladie de peau qui se propageait sous forme de taches marrons dues aux mauvaises conditions sanitaires. Ses yeux, d’habitude d’un bleu froid et éteint, brillaient d’une nouvelle lueur, celle de l’espoir. On pouvait deviner qu’un sourire se dessinait sous son épaisse moustache. Cette voix était le symbole d’une nouveauté inattendue dans le quotidien plat et sous la menace permanente des soldats de la milice. Il enfila son manteau pourpre qu’il réservait aux grandes occasions, et sortit, surpris par le vent qui balaya sa figure.                                                                                                                                              
Il pressa le pas et huit minutes plus tard, juste après avoir franchi le porche du repère, il aperçut la façade du mur émergeant comme un navire gris échoué dans la nuit.  


Claire L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.



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Devoir d'Hugo B. :


AU DOS DE LA FEUILLE

                                                                                     

 

Aujourd'hui vendredi, dernier cours de la semaine et de l'année pourrait être un jour d'allégresse. Mais les événements prennent une toute autre tournure. Ce n'est pas un jour comme les autres, ni un jour de Libération avec feux d'artifice et flonflons. Dans quelques instants je franchirai le portail du CIV, pour coucher sur papier mes connaissances en Français à l'examen de Baccalauréat. "Connaissances", semble tout à coup un bien grand mot, peut-être même une utopie!  Car depuis mon réveil, mon esprit semble baigné dans une confusion totale pour ne pas dire dans un certain marasme concernant la littérature.

L'observation des autres élèves de ma classe de Première S atteint le niveau maximal. Je scrute, cherche dans leur attitude, la moindre faille ou faiblesse traduisant l’angoisse propre à tout futur bachelier. Les poignées de main entre copains ou embrassades avec les copines semblent subitement différentes des jours précédents. Même le parfum des filles ne titillent plus nos sens. Nous sommes dans un autre monde, celui du purgatoire.

 

Lorsque les aiguilles de ma montre affichent treize heure,  on nous invite à entrer dans le préfabriqué, plus glacé que d'habitude, plus obscur qu'à l'accoutumée, dans lequel règne encore une odeur aigre de transpiration des précédents élèves à l'épreuve de maths. Plus moyen de faire marche arrière. Sans précipitation, ni paroles anecdotiques, nous pénétrons dans le vide.

Dans la salle, c'est le monde à l'envers, la disposition des tables est différentes, rectiligne. La distance requise entre chacune d'elles est stratégiquement étudiée comme si on avait l'habitudede copier! Un bureau resplendissant, dénué d’écritures partielles ou de coins arrachés domine magistralement devant le tableau. Ce dernier plutôt usé conserve à jamais dans son ardoise, les restes de fonctions affines, chevauchés de propositions relatives nettement plus apparentes. Un mur de chaises empilées au fond de la classe, donne la touche de décoration d'un « designer-collector ». Les murs finement isolés et fissurés dans les coins s'ornent par endroits d'œuvres artistiques récentes et colorées, de tags, ou d'ébauches sculptées au compas ou encore la déclaration des droits de l'élève empruntée à celle des Hommes. Les dalles du faux plafond sont bombées d'humidité, décorées de chewing-gums desséchés et mouchetées d'encre des cartouches que les plus adroits d'entre nous tentaient d'atteindre. Les fenêtres ... parmi celles qui sont des fenêtres,  ferment mal. D'autres ont la boiserie parsemée de trous, probablement dus à la présence de mites,  laissant ainsi passer de long en large de la salle un mince filet d'air chaud ... celui de mon monde d'origine... Ce brin d'air voluptueux de Juin fait voler la poussière et les étiquettes nominatives et codées à l'angle des tables, comme un signe extérieur. Chacun de nous s'active à trouver sa place, espérant secrètement une omission de la part des organisateurs, afin d'éviter des heures de souffrances mentales et musculaires.

Très vite, les illusions s'effondrent. Je trouve ma place et m'y assois.

 

Un professeur âgé d'une soixante d'années, vêtu d'un costume sombre de très haute gamme, provenant sans doute de chez Paul Smith avenue Montaigne, les chaussures cirées, comme s'il devait passer l'examen à notre place, entre dans la pièce.

Il nous paraît grand, mince. Son visage est sculpté, rappelant les bustes de Rodin. Il porte une moustache et une barbe poivre et sel fraîchement taillées. Je distingue à travers ses petites lunettes rondes, un regard doux, peut être même compatissant. Il pose son sac en bandoulière, se présente d'une voix rassurante et commence l'appel.

Les sujets tant attendus et tellement redoutés tardent à arriver. Il règne dans la salle une certaine inquiétude, la tension est palpable. Chacun se conditionne comme il peut, s'affaire à des petites manies, des rictus proches du langage des signes mais plus facial que gestuels.

Enfin, dégoulinant de sueur, le proviseur arrive. Son allure générale me rappelle les personnages de ZOLA. Quelle aubaine, je me trouve plonger en plein XIXème...Mais pas le temps de réviser le programme, le sujet tombe. IL est là,... devant moi, retourné, inconnu, vierge, blanc comme neige. Un intrus....Un clandestin...Un ennemi.

Face à face, dédaigneux, il semble me narguer de son dos blanc...., pour qui se prend-il...?

Le surveillant nous ordonne de débuter l'épreuve.

J'empoigne le feuillet, et le retourne energiquement.

...Le combat  commence.

 

         Je suis en focalisation interne du début à la fin de l’incipit.

Hugo B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.





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Devoir d'Hervé C. (focalisation zéro) :

                                                                                                        OPERATION  ANVIL  DRAGOON.




 

Dans la chaleur de l’ ardent après-midi de Juillet, sous le chant strident des cigales, Etienne Landrais, bientôt âgé de trente-cinq, se reposait au pied d’ un de ces majestueux oliviers, dont l’on pouvait à travers sa taille importante et ses nombreuses nervures deviner qu’il était centenaire.                                                                                             
Cet homme de taille moyenne, aux courts cheveux bruns et au regard clair azuré, avait participé à la guerre de 39, il avait vu l’armée française se faire écraser  par les forces allemandes.                                                                                                                   
D’origine alsacienne et parlant couramment l’ allemand, il avait d’abord été un traducteur officiel, puis, lorsqu’il fut choisi pour aller travailler en Allemagne, il avait déserté afin de réellement servir sa patrie comme il l’ entendait, et s’était rallié aux Résistants, à ces combattants de l’ ombre.                                                                             
Son corps, couvert de cicatrices, montrait de quelle manière il avait atteint son rang actuel.
Nommé dirigeant de l’opération ANVIL DRAGOON, cela faisait un an qu’ils préparaient d’arrache pied, ses hommes et lui, le futur et imminent débarquement de l’armée B, dirigée par le général Jean de Lattre de Tassigny, en Provence.                                                   
Plus précisément, leur mission était de préparer une des huit zones de débarquement, la zone DELTA, qui comprenait Sainte-Maxime et Saint-Tropez.                                             
Maintenant, sortant de longs mois de sabotage et d’espionnage, il se reposait en attendant de nouveaux ordres. A quelques pas de lui, une vieille boîte de conserve rouillée, usée.                                                                                                                                                
Avant sa conversion en radio clandestine, elle devait sûrement servir de conserve de poudre de chocolat, il y avait en effet dessus l’ effigie d’un noir provenant sûrement d’une des nombreuses colonies françaises, à l’habit bleuâtre et rougeâtre , portant une longue cuillère argentée remplie de cette poudre sucrée.                                                               
Soudain un bruit sort de ce qui semble être une simple conserve :  « le chasseur est affamé, je répète, le chasseur est affamé »                                             
D’un coup, son regard s’illumina, on pouvait lire de la détermination sur son visage,       l’opération ANVIL DRAGOON aurait lieu cette nuit.

 

Surligné : Véridique


 

Hervé C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.





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Devoir de Manon B. (focalisation zéro) :

 

Léon du Moulin s’était réfugié dans la grotte qu’il avait aperçue, formée par l’eau dans la paroi rocheuse de la montagne, quelques mètres au-dessus de la route. Il avait escaladé ces quelques mètres à main nues, transi par le froid. Les quelques vêtements qu’il portait ne le protégeaient pas de l’air vif qui le fouettait de ses lanières de glaces. L’homme avait les joues rouges et ne sentait plus ses doigts. Son visage était émacié par le rude travail de cheminot. Ses cheveux bruns s’emmêlaient, broussailleux, comme ses sourcils noircis par la suie ; ses épaules, bien que maigrichonnes, semblaient assez carrées. Il posa son sac sur le sol et s’apprêtait à ramasser un peu de bois sec, lorsqu’il s’aperçut que ses jambes ne lui obéissaient plus et qu’il était mal en point. La fièvre montait en lui, il se mit à tousser. Rampant vers le rebord de la grotte il regarda passer l’avalanche qui l’avait surpris. Deux corps de chasseurs passèrent, inertes, emportés par la coulée. Alors l’homme laissa ses pensées vagabonder avec la neige qui tombait en  tourbillons et se heurtait à la paroi de la falaise. Il pria Dieu pour sa survie et lui adressa aussi une fervente pensée pour les deux hommes morts. Lorsque le calme fut revenu, l’homme épuisé regarda dans son sac et sortit ses languettes de viande séchées. Avec ce qu’il possédait, il calcula qu’il pourrait tenir une semaine à raison d’une portion par jour. Seulement, une portion serait-ce suffisant pour tenir ses sens suffisamment éveillés? Une couche de glace commençait à obstruer l’issue de la grotte…

 

 

Manon B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.






 

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Devoir de Layla K. :

Critères de réussite du devoir : code des couleurs.

  • Type descriptif
  • Type narratif
  • Fonction informative
  • Fonction apéritive 
  • Référence culturelle
  • Perceptions du narrateur (dans le cas d'une focalisation interne)




 

Utilisation de la focalisation interne

 

Elle était assise, solitaire, sur la plage de galets noirs, réchauffés par le soleil matinal éclatant du ciel bleu du royaume de Piémont. Son regard vert se perdait dans l’étendue liquide qui semblait dormir, comme tous les autres villageois. Les légères vaguelettes de mousse blanche mouillaient ses pieds déchaussés et le bout de sa robe de dentelle marron, livrée la veille, mais déjà déchirée. Elle était consciente que son père la gronderait, la battrait même, mais de toute façon, il n’approuvait aucun de ses actes.

Le clocher jaune orangé de Camogli, qui dominait la Méditerranée, sonna sept heures. Sept heures du vendredi 29 octobre 1859 ; elle avait donc vingt ans, depuis deux minutes exactement. Quelques mouettes, effrayés par le son des cloches, s’envolèrent, libres. Son père n’allait pas tarder à se réveiller, et à s’énerver parce que sa chère petite fille était encore sortie.

Perdue dans ses pensées, elle observait les flots tranquilles, écoutait leurs chuchotements rassurants accompagnés des rires des mouettes et du vent berçant les feuilles des palmiers, derrière elle. La jeune fille commença à chantonner la comptine qui la hantait depuis toujours, cette mélodie que lui chantait sa mère, qui avait été si aimableAh, si elle était là… Elle soupira et chanta de plus belle, alors que son regard suivait les maisonnettes enlacées de Camogli, qui se dégradaient du rouge ocre au jaune citron. La maison de vacances de la famille était de loin la plus belle, de couleur verte. Cela l’écoeurait et l’agaçait. Son père adorait montrer sa richesse et sa puissance. Elle adorait se faire passer pour une paysanne dans les marchés de Nice, où elle passait beaucoup de temps et préférait l’accueil des agriculteurs du royaume de Piémont à l’atmosphère infestée de sous-entendus si discourtois et si sournois de Paris et de sa noblesse .

« Mademoiselle Marrrie-Madeleine ! » entendit-elle crier une voix féminine à l’accent italien. Mais elle faisait semblant de ne pas entendre. « Mademoiselle, je vous en prrrie ! Votrrre pèrrre… ». « Je sais », coupa-t-elle en souriant à Anita, cette bonne fille déjà au service de la famille depuis plus de quarante ans, toujours inquiète et vêtue de noir. Jetant un ultime regard sur la mer qu’elle regrettait déjà, inspirant un bon coup, elle ramassa ses souliers, se retourna, prête à affronter celui qui lui avait donné la vie. 

 

 
Layla K., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.





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Devoir de Sergeï V. :


Par une chaude journée août 2004, John se dirigeait vers l'entrée du métro "Lissova" dans la banlieue de Kiev. L'allure juvénile de cet étranger n'était pas celle  de l'homme de soixante ans qu'il était. Il marchait allègrement, vêtu d'un pantalon beige et d'un pantalon léger de toile beige et d'un polo noir, un sourire qui se déssinait sur le visage qui exprimait la joie de vivre. La révolution orange avait bien tourné et il s'en félicitait.

 

Brusquement, John est bousculé violemment par un homme qui prend la fuite. Instinctivement, il saisit par les revers de son blouson l'homme qui est devant lui et qui lui a dérobé son portefeuille en criant "ворюга" ("voleur en russe). L'homme du regard lui montre le portefeuille qu'il a jeté à terre après l'avoir pris. John le ramassa flegmatiquement. Il connait bien ce stratagène qui est utilisé depuis la nuit des temps dans les rues d'Istanboul et que Pierre Loti a décrit dans un de ses romans.

Il reprit sa marche au milieu des ménagères qui vendaient les légumes de leur jardin à même le sol d'un coté du passage menant à la station du métro. De l'aute coté une multitude de petites boutiques proposaient des montres et des bijoux de pacatille. John observait la foule qui se pressait pour accéder à la rame en partence, toutes ces jeunnes femmes si séduisantes alors que leur aînées paraissaient usées par la vie, ces "babouchkas" qui tendaient la main pour avoir de quoi manger. Il songeait "L'oncle Sam vous en donnera bientôt".

Au terme d'une petite bousculade , l'étranger accéda au métro et s'installa avec difficulté sur un des banquettes latérales d'où il eût un magnifique aperçu sur ce fleuve majestieux qu'est le "Dniepre". Il admirait ses îles et les plages qui le bordaient. Après avoir regardé la foule qui se pressait à "Hydroparc", avant d'arriver à la station "Dnipro" d'où le métro descendait dans la terre, John admira la gigantesque statue de trentes mètres de haut  qui representait  "Vladir" le fondateur de Kiev. Les coupoles dorées de plusieurs églises sur les collines et des gratte-ciel de cinquantes étages lui rappelèrent son New-York natal.

Il descendit à la station "Krichiatik" au centre de la capitale ukrainienne où il prit un taxi pour l'ambassade américaine.

 

 

 


 

 

 

 

Sergeï V., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.






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Devoir d'Eleonore F. :

Critères de réussite du devoir : code des couleurs.

  • Type descriptif
  • Type narratif
  • Fonction informative
  • Fonction apéritive 
  • Référence culturelle
  • Perceptions du narrateur (dans le cas d'une focalisation interne)





Cela faisait une bonne heure que Simon courait. Le sang battait à ses tempes et son genou sur lequel il était tombé, écorché et maculé de terre humide, le faisait souffrir. Les branches de la New Forest, vaste et somptueuse étendue d’arbres dans la banlieue de Londres et plantée au XIème siècle sous William le Conquérant, fouettaient sans relâche son innocent minois. Ses joues encore rebondies étaient crasseuses et ses cheveux d’un noir de jais s’ébouriffaient en touffes éparses et sales. Son regard d’une étonnante maturité détonnait dans son visage si jeune comme deux taches d’ombre au cœur d’une clairière. On pouvait y lire une certaine résignation, de la tristesse aussi, mais surtout cette flamme d’étonnement propre à ceux dont le malheur était arrivé sans prévenir. 

Il trébucha, glissa et se retrouva par terre sans avoir pu se rattraper aux branches basses. Rageur, il se releva et épousseta son pourpoint désormais plus qualifiable de loque que de vêtement. Grelottant de plus en plus fort, il reprit sa route plus posément cette fois, lançant de nombreux regards en arrière de peur d’être toujours poursuivi. En ce début de mois d’avril, la température aurait dû commencer à remonter, mais en cette année 1381, rien ne semblait devoir se dérouler comme les autres années. Simon était le premier à le savoir, en quatre mois sa vie avait basculé dans le cauchemar. Il s’arrêta un instant et laissa ses pensées vagabonder, il se souvint d’autrefois, lorsqu’il avait encore une famille et un toit. Il se souvint de sa petite maison dans son pauvre faubourg londonien. Puis la Peste Noire était arrivée, tuant, malmenant, torturant et ravageant tout sur son passage. Simon se rappela le visage de sa mère, ses dernières paroles et son dernier soupir. Il se remémora la fureur de son père accablé par son travail de paysan et par les attentes grandissantes des seigneurs s’acharnant sur les quelques survivants de la tueuse noire. C’est là que la révolte paysanne avait commencé, tous se soulevaient contre ce système injuste, la garde était alors intervenue, frappant et tuant à son tour. Le petit garçon se leva brusquement, espérant ainsi mettre fin aux terribles souvenirs qui hantaient ses nuits et qui lui rappelaient sans cesse sa terrible condition d’orphelin. Il se remit à marcher, le cœur gros et le ventre vide, bien décidé à retrouver la trace d’un petit gibier qui lui ferait office de déjeuner. La miche de pain et le vieux fromage qu’il avait volés le matin même, n’étaient plus que des lointains souvenirs. Il sentait que le découragement n’était pas loin, tapi et prêt à bondir pour lui prendre ses dernières forces, réduire ses espoirs à néant et lui enlever la détermination, le courage et l’obstination qui le caractérisaient et lui permettaient de continuer à avancer encore et encore. Il arriva dans une petite clairière entourée de chênes majestueux qui dominaient un moelleux tapis de mousse l’invitant au repos. Il regarda autour de lui, l’endroit semblait idéal pour passer la nuit. La lumière coulait à flot et réchauffait la terre gorgée de pluie, formant un très léger brouillard où étincelait une myriade d’insectes et de couleurs, et Simon s’installa. Un étrange pressentiment ou un instinct de survie le fit se retourner et par la même occasion lui évita le coup de massue qu’on lui adressait. Il roula au sol et se retourna pour faire face à son assaillant…

 

J’ai choisi la focalisation interne.


 

 

 

Yolaine P., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.

 

 

 

 

 

Eleonore F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.




                
                                                                                                       Aragon.jpg






Devoir d'Yolaine P. : 


(Point de vue omniscient puis interne à « écoeurée » )

 

  C’était à la fin du printemps de l’année 1675, au début du mois de juin, où les jeunes filles s’épanouissaient sur les places parisiennes baignées de lumière d’un soleil éclatant, approchant son apogée.

   Le marché Rue Saint Dominique battait son plein, et les commères, menant grand tapage, jasaient encore sur l’arrestation de l’empoisonneuse de la Boivilliers, alors qu’on pouvait apercevoir, au-dessus de vieilles toitures, le dôme des Invalides en construction où se reflétaient aux rayons du soleil quelques dorures naissantes.

    Mais voilà que dans la foule dense et animée des vendeurs et amateurs du lundi, un homme agile et furtif se faufila dans la masse, ne s’arrêtant que pour dérober une pomme à quelques marchands ou de beaux bijoux aux femmes insouciantes. Le voleur avait une carrure imposante et vigoureuse qui marquait sa virilité, mais il montrait cependant une certaine aisance dans ses gestes, et sa démarche habile laissait croire à un homme élégant. Il était vêtu d’une large chemise de lin surmontée d’une veste courte en cuir, sans manches, et, retenue à la taille par une large ceinture, cachait en partie un pantalon court, aux genoux. Ses habits amples lui permettaient de circuler en toute facilité dans la foule, pouvant mener à bien sa besogne malhonnête.

   Tout à coup, la foule s’agita, se bouscula et des cris perçants s’élevèrent pour laisser passer une petite calèche de style baroque tirée par deux chevaux balzanés, mi-hésitants, mi-effrayés, qui cherchaient un chemin, guidés par le fouet du cochet.

   Elle était alors à  mi-chemin entre les Invalides et le pont Alexandre III, s’avançant dans la place déjà envahie par la foule que l’événement du jour avait attirée. En effet, on condamnait tantôt un de ces nombreux bandits ou voleurs au rouage, et la noblesse environnante était présente. La passagère du cortège était déjà sortie de sa voiture et prenait place, résignée, auprès de son mari, sur l’estrade qui dominait le lieu de la torture, alors que, déjà, s’élevait dans le tumulte les cris douloureux du jeune accablé. Et plus les cris de l’agonie déchiraient le cœur tendre de la noble femme, plus l’agitation de la foule en délire redoublait. Écoeurée, elle détourna son regard en larmes qui se posa, surpris, sur un puissant homme qui la dévisageait.

   Dans la foule excitée, l’homme était peut-être le seul qui contemplait, pensif,   cette jeune dame désemparée pourtant si élégante, et lorsqu’il vit qu’elle le regardait, rougissante, il éloigna son regard en faisant mine d’observer le massacre, mais il ne partageait pas le plaisir du peuple. « Demain sera mon tour » pensa-il avant de s’enfuir, disparaissant dans la masse.



Yolaine P., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.





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Devoir de Clara H. : 



A Camaret Sur Mer, situé sur la presqu’île de Crozon en Bretagne, la saison touristique venait de se terminer. Après trois mois à organiser des sorties en mer, trois mois à vendre des cartes postales, trois mois de chiffre d’affaires, les touristes s’étaient retirés fuyant le froid climat breton. Gaston, comme il en avait l’habitude, se promenait dans le port, les mains dans les poches, les yeux embrassant l’horizon et la brise matinale ébouriffant ses doux cheveux bruns. A ses côtés, Hector, son fidèle et vieux golden retriever, bondissait partout. Recueilli et nourri de restes, il avait réussi à atteindre sa taille adulte. A force de chercher de la nourriture, il avait développé un instinct pour la chasse et avait un flair à tout épreuve. De plus, ses oreilles tombantes, sa fourrure dorée et sa queue frétillante lui valaient des caresses à longueur de journée. Trottinant derrière Gaston , il s’amusait à attraper les mouettes. Il était encore tôt dans ce petit village mais déjà tout le monde s’affairait. Au loin, on pouvait voir les pêcheurs revenir sur leurs bisquines, de petits bateaux de pêche côtière à voile, les cales remplies de morues, qui allaient être vendues à la criée du marché. Le long du quai Vauban  ,l’odeur du beurre salé et des crêpes fraîchement cuites émanait des fameuses crêperies bretonnes. Et si on tendait l’oreille, on pouvait entendre résonner le cri du guillemot de troïl  sur le Tas de Pois. S’enfonçant dans le sable glacé, Gaston arriva au bord de l’eau inhabituellement miroitante et calme, comme avant une tempête. Ils avaient pourtant prévu du beau temps en cette dernière semaine de septembre ! Les pieds dans l’eau, Gaston contempla son reflet. Ses chaussures trouées sur les côtés étaient trop petites. Son jean, trop large pour lui, faisait ressortir ses jambes rendues maigres par la faim. Son tee-shirt délavé et usé jusqu’à la corde semblait prêt à rendre l’âme, et bien qu ‘il n’eût que neuf ans, Gaston avait déjà le visage marqué par la faim, le froid et la fatigue. Son être entier sentait la misère et la pauvreté. Seule l’innocence de ses yeux bleus pouvait nous faire comprendre que ce n’était encore qu’un enfant.

Hector, resté sur la plage, se mit subitement à japper et à courir dans tous les sens, pressentant un danger. Le suivant tant bien que mal, Gaston remonta la rue du Prat ar C’hi, l’avenue Général Leclerc où se trouvait l’école et arriva devant son endroit préféré, là où il avait l’habitude de lire et relire les aventures de Tintin, d’Hergé, que son grand-père lui avait léguées : les menhirs de Lajagdar. Au nombre de cent quarante-trois, ces menhirs faisaient surtout office de slalom lors des joggings organisés par les colonies de vacances et les groupes résidant au club Léo Lagrange. Néanmoins, cela restait un site merveilleux du patrimoine culturel et lorsqu’on se mettait à côté, un sentiment d’immensément petit nous envahissait devant ces grands édifices.

Mais cette fois, lorsque Gaston arriva sur place, ce n’est pas une odeur de mer salée, le vent qui fouette sur le visage et le rugissement des vagues, mais une nuée de mouches qui l’accueillit et une odeur de putréfaction lui envahit les narines. Réprimant un haut-le-cœur, il avança de deux pas et vit un cadavre qui gisait entre deux menhirs.


Clara H., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.




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Devoir de Theo D. :


J'ai choisi d'utiliser les deux focalisations
Focalisation zéro: non soulignée
Focalisation interne: soulignée
 
 
Il faisait étonnemment beau en ce matin d'octobre et John avait décidé de sortir se promener dans les grandes allées pleines de monde de Manhattan, il voulait changer d'air. C'est donc pour cette raison qu'il avait fait savoir à son patron qu'il ne serait pas là ce matin, pour pouvoir s'évader de l'ambiance au bureau qui était devenue glaciale depuis les attentats du 11 septembre survenus un moi auparavant.
Il était donc là, au beau milieu du trottoir à se demander ce qu'il allait faire de sa matinée quand une légère odeur de pancakes vint lui frétiller au bout du nez en guise de réponse. Comme il n'avait pas mangé, il décida d'aller remplir son estomac dans le restaurant d'ou venait ce délicat parfum. Cinq minutes plus tard, il était à table à attendre le serveur quand ce dernier arriva. Il était assez laid, avec une peau d'un couleur indéfinissable et un nez couvert de boutons. D'ailleurs, à voir son air, on savait que le métier de serveur lui était prédestiné.
John prit la carte qu'on lui tendait, et, après un court instant de réflexion, annonça d'un ton aristocratique:
"Je vais prendre un café très allongé parfumé à la noisette, une assiette de pancakes nappés de sirop d'érable et un salade de fruits saupoudrée de sucre vanillé."
Le serveur le regarda étrangement, et, sans dire un mot, repris la carte et s'en alla passer la commande. Pendant ce temps, John s'amusait à observer les gens, à deviner leurs pensées. Son regard s'était d'ailleurs arrêté sur une femme d'une trentaine d'années qui avait attiré son attention. Elle était brune aux yeux d'un bleu éclatant et son regard en disait long sur sa vie passée dans les défilés de mode. Elle portait une robe noire, très féminine et des talons aiguilles aussi resplendissants que celle à qui ils appartenaient. Avec son maquillage rouge et son ruban de même couleur attaché dans ses cheveux, John la crue tout droit sortie d'un rêve. Il ne remarqua même pas quand le serveur vint poser son plat sur la table. Il était comme hypnotisé.
Le jeune "golden boy" alla aux toilettes pour se passer de l'eau sur le visage. Il se dit que sa vie jusqu'à ce jour assez ennuyante avait enfin changé, il tombait amoureux. Il se regarda dans le grand miroir accroché au dessus du lavabo. Il se passa la main dans sa tignasse, arrangea ses lunettes et se lissa les sourcils puis tout à coup se dit que ce genre de fille n'était pas fait pour lui. Il alla se rasseoir, abattu.
Etonné de voir son petit déjeuner intact, il s'empressa de l'engloutir comme s'il n'avait pas mangé depuis des jours.
Il allait s'en aller quand subitement, la femme tourna la tête vers lui et croisa son regard. Il demeura figé pendant plus d'une minute, ses joues avaient rougi,elle lui avait souri. Il demeura sur sa chaise durant tout le reste de la matinée, pensant à ce moment inoubliable, ce visage et ce sourir gravés à vie dans sa mémoir. Il se leva, marcha jusqu'au bar et, lorsqu'il y arriva, commanda un café bien fort. John le savoura puis regarda sa montre, il était temps d'y aller. Il retourna à sa place, prit sa veste et chercha son porte-monnaie pour régler la note.Il fouilla sa poche et trouva son bien si précieux. Il sentit également un petit morceau de papier au fond de sa poche. Il le sortit, l'examina, l'ouvrit et, surprise ! Un numéro de téléphone...


Théo D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.




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Devoir de Karim B. : 

 

(J’ai choisi la focalisation interne).

C’était le lundi 13 février 1945, début de la fin de la guerre, disait-t-on. Moi, Kurt Vonnegut, je  marchais en fin d’après-midi, le long de la rive droite de l’Elbe, suivi par quelques autres prisonniers et  gardes. Nous avions ce jour-là une autorisation de sortie car une cargaison de fer était arrivée pour l’usine et nous devions aider à décharger les camions. Sur le chemin du retour, j’en profitais pour contempler en ces quelques moments de liberté, la majestueuse beauté des monuments de Dresde, ville historique et culturelle. La Frauenkirche se dressait fièrement à quelques centaines de mètres devant nous. Il s’agissait du symbole de toute la ville, et en ces temps sombres, elle redonnait de l’espoir. Si, à cause de la guerre, elle s’effondrait un jour, alors Dresde toute entière disparaîtrait, car sans son âme, elle ne pouvait exister. Malgré cette rancune que je vouais à l’Allemagne nazie, je ne pouvais m’empêcher d’admirer cet endroit, encore et encore. J’avais décidé il y a longtemps que si jamais je survivais à cette guerre, je reviendrais m’installer ici, quelque temps ou peut-être plus.

Je m’approchai du fleuve, pour examiner mon reflet. Mes cheveux châtains, mal coiffés, recouvraient une grande partie de mon visage et ma barbe que je n’avais plus le courage de raser depuis des mois, finissait de rendre mon apparence laide et repoussante. La seule partie du visage encore discernable étaient mes yeux gris qui affichaient malgré eux, une lueur d’espoir. Mon accoutrement de prisonnier était noirci par la chaleur de l’usine. Des déchirures permettaient de percevoir une peau maculée et ayant l’habitude d’être recouverte de sueur.

Une voix me rappela soudainement à l’ordre. Je rejoignis le groupe et nous continuâmes notre route.  Hâtivement, un groupe de réfugiés, sales et négligés, passa devant moi, traînant derrière lui les seules possessions que la guerre ne lui avait pas enlevées. Il n’était pas rare d’en croiser ces temps-ci. En effet,  Dresde, une des seules villes allemandes à peu près épargnée de la guerre, était devenue un large camp de réfugiés et de blessés. Cependant, dans leurs yeux, je croyais lire une certaine inquiétude qui différait de celle qui était en ces temps, quotidienne.  Un sentiment désagréable s’empara alors de moi.

Il était dix-huit heures, lorsque l‘alarme de la ville de Dresde se déclencha.


Karim B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.



 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Sujet d'écriture d'invention n°2






 

Séquence n°3 : La poésie romantique.


Objets d'étude :


  • Un mouvement littéraire et culturel du XIXème siècle

  • Le travail de l'écriture


Perspective dominante : histoire littéraire et culturelle

Perspective complémentaire : genres et registres


Problématique : quels sont les différents modes d'expression du Moi dans la poésie romantique?


Vers l’écriture d’invention (sujet de type III du bac)


Relisez attentivement Ondine, d’Aloysius Bertrand (GT2) (voir poème ci-dessous). Composez à votre tour un poème en prose, traitant de la thématique de votre choix (dans les limites des convenances scolaires, naturellement), et obéissant aux contraintes suivantes :


  1. Votre texte devra être de registre lyrique.

  2. Votre production sera composée, comme Ondine, de cinq strophes ou paragraphes, à peu près d’égale longueur, et terminé(e)s par une ponctuation forte.

  3. Le poème se décomposera en deux parties typographiquement distinctes, séparées par une étoile. (Les trois premières strophes et les deux dernières séparées d’une étoile.)

  4. Les trois premiers paragraphes seront rédigés entre guillemets, au discours direct : un personnage s’adresse à un autre, en le tutoyant.

  5. Les deux dernières strophes seront au discours indirect : ce n’est plus le même personnage qui parle, c’est le poète (vous, ou votre « narrateur-poète ») qui commente ce qui vient d’être dit, et qui parle du personnage à la troisième personne du singulier (comme dans Ondine).

  6. Vous utiliserez l’anaphore d’un verbe à l’impératif dans au moins deux paragraphes, comme dans le poème initial.

  7. Votre texte comportera deux allitérations et deux rythmes ternaires (au moins), à chaque fois signalés d’un signe + dans la marge. Ces deux sonorités devront pouvoir être interprétées dans la perspective du contenu de votre production.

  8. Toute référence culturelle pertinente est valorisée.



 

Ondine

 

... Je croyais entendre
Une vague harmonie enchanter mon sommeil,
Et près de moi s'épandre un murmure pareil
Aux chants entrecoupés d'une voix triste et tendre.

Ch. Brugnot. - Les deux Génies.

« Ecoute ! - Ecoute ! - C'est moi, c'est Ondine qui frôle de ces gouttes d'eau les losanges sonores de ta fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune; et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi.

» Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l'air.

» Ecoute ! - Ecoute ! - Mon père bat l'eau coassante d'une branche d'aulne verte, et mes sueurs caressent de leurs bras d'écume les fraîches îles d'herbes, de nénuphars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et barbu qui pêche à la ligne ! "

*

Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son anneau à mon doigt pour être l'époux d'une Ondine, et de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.

Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle, boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa un éclat de rire, et s'évanouit en giboulées qui ruisselèrent blanches le long de mes vitraux bleus.

Aloysius BERTRAND, Ondine (in Gaspard de la nuit).




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 Ce poème peut être entendu lu par une élève dans la zone "Téléchargements" du présent site.



Devoir de Yolaine P. : 

                                                                                                                         Déchirure

 

 

            - « Regarde moi !- Regarde moi !- c’est l’heure ou l’astre impérial revêtu de son manteau de pourpre s’endort, où sa cour légère, gracieuse et nuageuse, l’escorte à l’horizon, et comme une lourde procession, les arbres se penchent, s’inclinent et se recueillent, où  leurs dentelles noires se détachent du ciel !

 

 

« Ressens-tu la fraîcheur de la nuit qui transperce mon âme, qui de ces larmes fines coule sur ton visage ? Et mes pleurs glissent, froids, sur ton front éclatant, et mouillent tes paupières, ne me vois-tu donc pas ?

 

 

«Regarde moi !- Regarde moi !- Suis-je pour toi parjure, injure, souillure ?  Pourquoi ne veux tu pas sur moi baisser les yeux ?  Et tu regardes au loin la lune froide et pâle, mais c’est moi que, en vain, je veux que tu regardes, et cette perle blanche cache un brasier ardent, se consumant en vain, je ne suis plus que cendre !

 

 

*

 

            Si je pouvais lui dire que longtemps je savais qu’elle était postée la, que je la contemplais, cette frêle jonquille au printemps de sa vie ! Alors que moi, demain, déjà ! ma vie sera a son zénith et mon doigt à jamais sera pour l’étrangère, mais mon cœur reste là, et tu m’es prisonnière !...

 

            Le soleil de sa vie va perdre son éclat, comme au crépuscule d’une longue journée que l’orage et la pluie n’ont fait que tourmenter ! Mais je ne vois plus qu’une fine silhouette qui s’efface et s’abîme, tout là-bas, la fleur fanée a perdu ses pétales et la lune s’est cachée derrière un voile noir.

 

 

 

 

allitération : En (R) (1ère strophe surtout) en rapport avec le désespoir et la déchirure,   la                                                       

 

               souffrance.                   

                    En  (L) en rapport avec la tristesse (strophe 2)  (ici métaphorisé par la rosée)



Yolaine P., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.



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Devoir de Layla K. :

-          « Regarde-moi ! – Regarde-moi ! – C’est bien moi, c’est Narcisse, qui te vois toi au fond de cette eau si claire me sourire ; toi qui brillerais dans le noir, illuminé par ta beauté si charmante, si envoûtante, si irréelle ! Ecoute-moi te parler, fais-moi un signe, m’entends-tu ? Au fond de l’eau limpide où tu résides, laisse-moi te rejoindre !

 

-          « Regarde-moi ! – Regarde-moi ! – Mon cœur frémit, chacun de ses battements t’appartient à présent. Ô toi que j’aime ! Ô toi que j’adore ! Ô toi qui a commencé mon bonheur ! Laisse-moi te regarder, te toucher, t’embrasser toujours ! Vénus s’est incarnée en toi et Cupidon nous a blessés tendrement d’une de ses flèches rouges. Il n’y a plus que toi et moi, au milieu de ce monde absurde de couleurs !

 

-          « Regarde-moi ! – Regarde-moi ! – Ô toi, dont la splendeur ensorcelante a pris mon cœur, mon âme, mon être ! combien de mes larmes faut-il encore pour que cette rivière salée prenne vie et déborde, et que tu viennes à moi ? Pourquoi pleures-tu, toi aussi ? Ne veux-tu pas de moi, ô cruelle beauté ? Mon désespoir ne te suffit-il pas ? Ta perfection gracieuse n’est que l’illusion de mon bonheur, puisque tu ne viens pas à moi. Il est un terme dans le malheur, où les blessures de l’Amour sont mortelles ! »

 

¬

Et je vis le bel être caresser la surface de l’onde miroitante, chantonner des mots toujours plus doux à son reflet scintillant, en sanglotant de la manière la plus belle qui puisse être. Sa chair magnifique était imprégnée de l’eau de ses larmes et de la rivière. Il y plongea ses deux bras blancs au plus profond qu’il put, pour attraper sa convoitise impossible. Le monde entier le regardait ; mais lui ne voyait que lui-même.

 

Son corps épuisé et son cœur désespéré se jetèrent dans l’eau, là où il pensait être heureux. Les Dieux, les Naïades et les Ondines soupirèrent lorsque le cœur qui n’appartenait qu’à lui cessa de battre. L’herbe parut moins verte, les oiseaux arrêtèrent leurs vocalises et l’eau si calme auparavant se bouscula contre le rivage. Le visage de l’homme noyé changea ; des fleurs blanches apparurent sur la grève ; c’était le printemps.

 

 

 

Première strophe :

-          Assonance en [wa] : symbolise l’apostrophe, la surprise de Narcisse de voir cet être au fond de l’eau

Deuxième strophe :

-          Allitération en [t] : symbolise le battement du cœur de Narcisse

 

 Layla K., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.




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Devoir de Karim B. :

Condamné à mort

« Sauve-moi! Sauve-moi! Condamné, je ne verrai plus le soleil se lever une seule fois. Un condamné je suis, dont la brise des vents ne caressera plus le visage. Me voici, guettant la mort, essayant désespérément de vivre. Ce monde, je le sens, il me quitte hâtivement.

 « Sauve-moi! Sauve-moi! Avant qu’il ne soit trop tard et que le néant m’emporte ! Des crimes, j’ai commis certes ; mais seul la mort peut-elle les pardonner ? Je suis né comme toi, j’ai vécu ma vie comme toi, et je vais mourir comme toi.

« Ma vitalité s’écoule, le vide se forme et la mort s’empare de moi ; ma courte existence passe comme un film et les larmes affluent. Avant j’étais libre, plein de vigueur… Mais maintenant je suis enfermé, tiraillé entre ma vie et ma mort. Le temps mortifère ne m’aide en rien, seul toi tu le peux ! »

                                                                                                                              *

 

Ses supplications m’atteignirent droit au cœur. Il m’annonçait qu’aujourd’hui pouvait être son dernier jour. Je lui répondais que nous étions dimanche, jour où on ne lui ôterait pas la vie. Il m’implora alors de venir voir la guillotine en action. Son dernier souhait, je ne pouvais l’ignorer.

Le lendemain, son destin fut scellé. A l’aube, il me regarda, posté devant l’engin de la mort. Le soleil se leva, le couperet  brillait sous la lumière naissante du jour, une brise lui caressa le visage, et il sourit. Ce sourire terrifiant gravé sur son cadavre, intégra mon esprit et n’en ressortit jamais.

 

 

Allitérations : dans les trois premières strophes, il y a deux allitérations : une en [v] et une en [m]. Ces deux allitérations font penser à la vie et la mort. Le condamné est tiraillé entre les deux.

 

 

Karim B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.





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Devoir d'Eléonore F. :

 

« Aime ! Aime ! Libère ton cœur meurtri.

Cède à la muse qui charme tes sens. Mime la fougue

Et le courage d’Orphée et repars chercher Eurydice.

Ne te retourne pas, ne laisse pas le mal te charmer, ne te

Complais pas dans cette morne tristesse !

 

« Vis ! Vis ! Sors de ta lente torpeur.

Comme Dionysos, profite, chante, danse,

Car tu es jeune et le monde est encore beau.

Qu’est ce qu’un chagrin d’amour comme le tien

Quand tant de cœurs cachés sont encore à capturer ?

 

« Oui mon ami, je te le dis, je souris de te voir si triste

Pour cette jeune écervelée qui, sans comprendre

Son erreur, t’a remplacé pou un sot. Telle Circée,

Elle a su distiller un venin trompeur dans ton

Cœur envouté mais cela doit se terminer. »

 

 

 

 


 

Comme ses paroles m’imprègnent,

Je les bois comme le vin nouveau

Riche en conseils et pleins de bienveillance

Si seulement il était la plus souvent a mes cotés

 

Mais mon cœur est partagé entre le regret et la raison,

L’oxymore de la passion qui déchire mon cœur.

L’âme de celle que j’aimais est comme un ange

Invisible dont le chant ne cesse de me hanter.


Eléonore F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.




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Devoir de David B. : 

      -"Regarde!Regarde!Mon amour,vois-tu ce soleil rouge d'orient qui traverse la plaine et vient submerge nos visages de sa frêle lumière ?
       "Écoute! Écoute! Mon amour, entends-tu le vent siffler cet air suave qui serpent dans nos esprits et qui nous laisse une fraîcheur indicible sur notre peau?
       "Prends moi la main, et parcourons ensembles les prairies, les champs et les campagnes pour y découvrir ce que les dieux appellent le paradis !"

 

*
je regardai ce soleil rouge sang, j'entendis ce vent crier à mes oreilles; les praires s'enflammaient, les champs se transformaient en poussière et les campagnes s'évaporaient !

des flammes brûlaient atour d'elle et elle s'avançait brusquement, agressivement et abominablement  vers moi tel Hadès s'avancerait vers une âme pour s'en emparer, mais tout à coup, je me réveillai d'un bond; Morphée m'avait juste joué un tour.

David B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.




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Devoir de Clara H. : 

"Regarde! Regarde! Tu le vois avec sa tête d'ange, ce sourire charmeur, ces yeux rieurs. Emprisonné dans ce château, il attend qu'une princesse vienne le délivrer de son triste futur. Depuis toujours je suis fascinée.

-Regarde! Regarde! N'as-tu jamais vu être plus mignon? Je suis ensorcelée et aucune fée ne peux me délivrer. Nos destinées sont liées et bien qu'il soit dur de m'en débarrasser, j'en reste à jamais charmée.

Légèreté, fidélité, longévité sont les qualités qu'il possède et que toi, mon frère, tu n'auras jamais. Il est entré dans mon coeur, il y a longtemps de cele. Il est le compagnon de mes rêves et quoi que tu me dises je ne pourrai l'oublier! "

 *

Je la regardai s'évertuer de garder ce bon vieil ami que j'avais dû supporter depuis mon enfance. Elle supplia, larmoya et s'énerva mais je lui dis qu'il était temps de le laisser vivre une nouvelle vie.

Elle se mit soudainement à soupirer, puis à sourire et sortit en sifflotant. Tout cela pour se rendre compte que le temps ne s'arrête pas et qu'un jour ou l'autre il fait se séparer de son enfance.


 Clara H., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.


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Devoir d'Hervé C. : 

    Apollon et Daphné (, ou le mythe du laurier)

     

    - «  Regarde ! - Regarde moi Daphné ! Je suis Apollon le dieu de l'amour et de la beauté et pourtant je ne peux rester de marbre face à ta beauté ! Fille de la terre je dois t'avouer, que dès la première fois que je te vis, je sus que mon cœur tout à toi déjà était épris ! Moi, le musagète, je peux sans mentir te déclarer, que de la beauté de mes muses tu n'as rien à envier.


 

«  Regarde belle nymphe ! - Regarde, c'est moi Phébus, celui par qui l'amour arrive ; je sais que tu tiens à ta liberté, et qu'aux hommes, tu préfères la chasse et la solitude, mais je te prédis un avenir radieux: auprès de moi tu seras déesse, je te laisserai ta liberté et en échange je te demande juste de m'aimer !


 

«  Arrête ! - Arrête-toi ! Tu ne peux me fuir éternellement ! Tu fuis plus rapide que la brise légère et pourtant tu ne peux rien contre moi, le plus grec de dieux. Tu te fatigues et déjà sur ta nuque, mon souffle tu ressens. Il ne te sert à rien d'aller vers le fleuve Ladon, ton père ; il ne pourra rien faire pour toi, du moins je l'espère ! »

 

*
 

 

Daphné, suppliant son père de la délivrer de cet amant trop aimable, ressent alors une lourde torpeur envahir ses membres : ses cheveux poussent en feuillage, une mince écorce ceint sa délicate poitrine et ses pieds, il y a un instant si rapide, sont fixés au sol par de solides racines.


 

Phébus, cependant, brûle toujours de la même passion, la main droite posée sur le tronc il sent battre le cœur de la jeune nymphe. Il étouffe alors l'arbre de ses baisers ; mais le bois les refuse. Alors le fils de Zeus, à défaut d'en faire sa femme, fit du laurier son arbre.


 

Légende:

Anaphore d'un verbe à l'impératif

Allitération de [:r] : Met en avance l'amour d'Apollon et le coté romantique de la scène

Allitération de [:b] : Le bruit des baisers d' Apollon

Rythme ternaire


 


 

Hervé C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.





 

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Devoir de Julie C. : 

 

« Reviens ! Reviens ! Ô mon amour, toi qui a pansé les plaies de mon cœur, toi qui a apaisé la frénésie de ma souffrance ; ne me quitte pas, toi qui animé d'un feu fou, a imbibé notre existence de bonheur, d'envies et d'ambition, reste auprès de moi pour que nous brillions encore. »


 

« Laisse ! Laisse ! Á notre étoile le soin d'étinceler et de réchauffer nos cœurs affaiblis par toutes ces blessures qui nous rongent ; ô comme sans toi je me perds, notre amour m'a dérobé la vue, dans la pureté des mers animant tes yeux je rêve de me laisser voguer, laisse-moi sécher tes lourdes larmes et te guider vers le palais de la félicité. »


 

« Reviens ! Reviens ! Ô comme sans toi les douleurs me rongent, je te pardonne tout, ô mon amour, mais je t'en prie, mets terme tes supplices qui me torturent corps, âme et esprit ; Je ne puis cesser de t'aimer , à tes cotés pour l'éternité je souhaite rester, demeure encore sur cette terre, non ne quitte rien, tant de gens et de choses ont besoin de toi, permets leur encore de respirer, laisse les encore espérer. »

 

                                                                                                                                    *


 

Elle qui est ma douce, ma bien aimée, je ne saurait souffrir de la voir par surcroit se languir, mais il n'est seulement qu'une manière d'abréger la sombreur de ce désespoir, le sommeil éternel, je dois tout quitter, ce soir j'irai m'endormir du haut de l'Olympe ; J'ose espérer qu'aucune crainte ne vienne l'accaparer, elle tournera sans doute la page, il règne tant d'hommes sur cette planète, au-revoir odieux monde, de cette vie je suis trop las pour persister.


 

Je lui laisserai quelques mots avant d'entamer ce voyage sans retour, elle qui est déesse de mon cœur et reine de mes rêves, je la porte plus haut que tout, prenez cure d'elle et rendez lui la splendeur de son tendre sourire ; Je n'ai pas été loyal, je ne la mérite pas, je dois cesser de l'accaparer de tant de tourments dont je suis l'objet, c'est pour cela que ce soir je m'en irai ôter l'âme de mon être, je ne suis pas a la hauteur et sans elle néant je demeure.


 


 


 


 


 


 


 

Allitération en [r] : exprime la souffrance, l'amertume des blessures. Évoque la mort.

Allitération en [l] : évoque les larmes qui s'écoulent dans le poème.

Allitération en [t] : Évoque la cadence des battements du cœur amoureux amplifiée par la forte présence de peur intense.

Julie C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.



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 Devoir d'Hugo B. :

 

+    «Approche! Approche! J'attends ta venue depuis le crépuscule, comme un père guette le cri de son nouveau-né.

Par Hypnos, gardien de songes douillés, dépose ici sur le duvêt des langes, tes pensées consommées.

Entends le chant des étoiles du bal de mes nuits et délecte-toi du lait nourricier de la voie lactée.

 

+    Libère les chaînes du jour pour la volupté de Nyx. Saisis mes ailes! Envolons nous au large des constellations.

Les semences du ciel ne sont pas réservés qu'au dieux.

+  Déleste toi de tes bagages et des mots qui t'affligent, et ferme la porte de ton monde ici-bas et ondulons dans le bain féerique des particules de rèves.

 

Approche! Approche! Mon nom n'est pas une farce. Compagnon, aie confiance et prends garde au jour possessif.

Des cernes fossiliseront tes yeux et le magma de ton énergie s'éteindra.

Comme des strates horizontales, étends ton corps las, érodé des vestiges quotidiens.

Habille tes yeux de quartz, fléchis le souffle. Une petite brêche dans ton esprit détendu suffit à me faufiler.

 

*

Morphée, vieil imposteur... Il veut me voler mes heures du crépuscule à l'aube. De mes veilles dépend mon travail.

Dormir?... Je ne puis! Gardien de nuit je suis.

Morphée, ce vieil indiscret... Seuls mes secrets l'intèressent, il veut gommer ma mémoire , me prendre en otage. Il déplore la luminescence de mes nuits, les rues ornées de diamants suspendues

où les noctambules taquinent la Lune.

Il jalouse les feux de ma conscience et l'écho d'un piano ravivant mes sens à l'infini.

 

+     Morphée, l'effronté, l'audacieux, le perspicace voleur de nuits.

L'héritage de son père ne suffit plus à baisser ma garde. Ses ailes goudronnées de marc de café, il se noie peu à peu dans les gorgées du liquide noir absorbé.

Sa tentative est vaine.

Il fait grand jour dans ma tasse. Je n'ai pas sommeil.

 

 

Hugo B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.


Date de création : 16/11/2009 @ 10:28
Dernière modification : 04/06/2010 @ 16:28
Catégorie : Copies d'élèves 2009/2010
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