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Copies d'élèves 2009/2010 - Ecritures d'invention 2nde 3

                                                                                              Devoir à rendre le jeudi 05 novembre 2009 




 

 

Vers l’écriture d’invention (sujet de type III du bac)


 

 

Sujet (à coller sur votre feuille double) : après l’étude du GT1 (La rencontre amoureuse), vous rédigerez à votre tour une rencontre amoureuse régie par les consignes suivantes :

 

§  Elle mêlera types narratif et descriptif (vous veillerez à utiliser les outils stylistiques propres à ces deux types de texte).

§  Votre production respectera les codes romanesques traditionnels (rôle du regard, utilisation d’hyperboles, admiration etc).

§  Vous expliciterez la focalisation que vous aurez choisie : (cochez la case voulue)

o  Focalisation « zéro »

o  Focalisation interne

o  Alternance des deux : dans ce cas, vous signalerez le(s) changement(s) de focalisation à l’aide d’une croix rouge dans la marge, au niveau de ce(s) changement(s).

§  Toute référence culturelle pertinente est valorisée.

 

                                                                                             

Lafayette.jpg



Critères de réussite du devoir : code des couleurs.

  • Type descriptif
  • Type narratif
  • Hyperboles, admiration, rôle du regard
  • Référence culturelle
  • Perceptions du narrateur (dans le cas d'une focalisation interne)






Devoir de Lorna L. :


Focalisation interne


 

Le soleil disparaissait peu à peu dans le port d’Honfleur. Je marchais seul, l’esprit léger. Le son de mes pas était en harmonie avec le tintement des larges voiliers que le vent animait. La senteur du sel de l’eau douce et calme dansait gracieusement autour de moi dans le paysage. Les lumières des villages au loin scintillaient comme les étoiles, décorant le ciel qui dominait l’étendue du port. Alors que le soleil continuait sa course vers les prairies lointaines, Honfleur s’endormait paisiblement.

C’est alors, sous le ciel luisant et flamboyant que je distinguai une ombre assise sur un banc. La finesse et la grâce de cette forme m’assuraient d’une présence féminine devant mes yeux. Tout mon corps s’éveilla aussitôt, si bien que je parcourus  cette ruelle d’un pas plus rapide. Plus je m’approchais d’elle, plus mon cœur battait à une allure croissante. Lorsque je fus suffisamment proche d’elle, je découvris la jeune femme la plus magnifique qui soit. J’eus l’impression que mon esprit se transforma en une confusion ; que tous mes sentiments fusionnaient comme des électrons libres dans ma tête. Tel un ange tombé du ciel, une beauté divine m’apparaissait. Cupidon, dieu de l’amour fit naître une flamme en mon cœur, qui, je m’en assurais, ne cesserait en vain de jaillir.

Ses longs cheveux blonds et bouclés reluisaient et enveloppaient son visage d’une délicatesse et d’une rondeur parfaites. Ses yeux verts émeraude à l’éclat d’or créaient un contraste avec ses joues roses et pâles d’enfant. Ses lèvres pulpeuses d’un rouge profond sous son nez fin et aquilin, montraient sa naïveté et enflammaient mon cœur davantage. Son teint de porcelaine attirait mes yeux jusqu’à ses belles épaules rebondies et chastes, laissant place à une poitrine pudiquement recouverte d’un châle azuré. Cette beauté céleste m’avait rendu fou d’amour.

Convaincu que Fortuna, déesse de la chance, conduisait mon destin à la plus belle conquête de ma vie, je m’approchai alors de celle qui transformait ma fascination en un trouble.  Malgré mon aliénation absolue envers cet être angélique, après quelques secondes qui me semblèrent être des heures, le lui adressai enfin la parole, certain de ma nouvelle vie qui commençait à compter de ce moment :

« L’éclat de votre splendeur me bouleverse tel celui du soleil sur cette mer cristalline. »

Mon cœur fit un dernier bond, plus fort encore que les précédents. Mes mains se mirent à trembler d’angoisse tandis que je regardais son beau visage qui semblait rester perplexe. Ma confusion ayant grandi, je me demandais si elle me répondrait… Alors que je sentis la honte traverser mon corps, la maîtresse de mon cœur laissa échapper un sourire naïf qui laissait transparaître, je le devinai, qu’elle aussi désirait passer le restant de ses jours avec moi…


Lorna L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.


                                                                                      abbeprevost.jpg

Devoir d'Adrien C. :


Un matin de 1827, à Brest, tout près de l’océan…

Le soleil était caché par de voluptueux nuages opaques. Une douce brise hivernale caressa mon épiderme. Je m’étais habillé chaudement, prévoyant un grand froid dans l’après-midi. J’accélérai le pas de peur d’arriver en retard à mon cours de théologie, et je décidai de couper par le bord de mer. J’arrivais en haut d’une pente qui surplombait la plage. Le chemin qui y menait serpentait entre fougères et oyats. La mer, d’un noir d’ébène, étendue infinie, venait s’écraser contre les rochers de grès rougeâtres. L’écume formait des troupeaux d’agneaux qui semblaient courir sur de grandes plaines noires avant de se faire happer pas les immenses vagues, comme une vaine fuite. Au loin, on apercevait de grands voiliers avançant comme ils pouvaient, tels des fantômes errants sans but.

À gauche, on pouvait apercevoir une gigantesque cathédrale avec ses beffrois et ses tours, d’une majesté incontestable, preuve irréfutable de la toute-puissance humaine.

Je traversais tant bien que mal le bord de mer en essuyant les fréquents embruns venant se coller sur mon visage, je luttais contre la puanteur de la marée montante qui ne manquait évidemment pas de me donner la nausée. Je tournais à un coin de rue et j’entrais dans la faculté, le teint pâle. Décidément, la nausée m’avait pris plus d’habitude. La porte de ma salle était déjà fermée : j’étais en retard. J’allais entrer en cours lorsque soudain, je vis la plus belle créature qu’il m’eût été donné de rencontrer.

Elle discutait avec une autre femme.

Les effluves de son parfum m’enivraient l’esprit. Ses cheveux blonds, tels une cascade d’or, évoquaient en moi des jouissances infinies. Mon esprit s’enflammait tout à fait. Ses yeux saphir étaient d’une profondeur insondable. Son regard, pétillant et malicieux, ingénu même, semblait pourtant d’une infinie sagesse et fit frémir mon corps tout entier lorsqu’il croisa le mien. Sa robe de soie, en harmonie avec sa peau satinée, m’enflammait jusqu’au transport. La robe cachait une gorge qu’il n’était nécessaire de voir pour en deviner la perfection. Je fus fasciné par de blanches mains de pianiste, innocentes, qui auraient ému le plus cruel des barbares. Je la dévorais du regard : j’étais Pygmalion ayant enfin trouvé sa femme parfaite, Galatée. Chacune de ses paroles que je buvais avidement faisait vibrer tout mon être et créait en moi un sentiment de satisfaction infinie. Ses jambes, cachée par une crinoline, ne purent m’offrir leur délicatesse, et je fus déçu de ne pouvoir les admirer. Mon corps tout entier tremblait d’un sentiment enfantin d’impatience à la simple idée que je pourrais la marier un jour. Depuis ce temps que je la regardais, j’avais loupé mon cours. Mes maîtres me disputeraient, mais qu’importe ! Mon esprit avait totalement oublié le cours de théologie que je m’étais efforcé d’apprendre toute la soirée. Je ne pensais qu’à elle et ne voyais qu’elle.

Alors que j’étais sur le point de me décider et de déclarer ma flamme à la nouvelle souveraine de mon coeur, elle se retourna et sortit de la faculté avec l’autre femme, me laissant seul avec mes rêves d’amour, déboussolé par la tempête de sentiments qui sourdaient en mon cœur.

J’étais soudain devenu Orphée voyant disparaître à jamais Eurydice.

 Adrien C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.





                                                                                                    balzac.jpg





Devoir d'Alexandre E. : 


 

Lille, 6 octobre 1970.

Extrait du journal intime de Jean Brunel.

 

Quel froid! Mon Dieu quel froid! Le sud me manque terriblement. Et l’air doux et parfumé de la Provence, où il fait bon de vivre, si loin de cette triste région où le ciel est gris et où les pâvés sont toujours humides de la dernière pluie. Seule la perspective de faire fortune m’y avait conduit, mais il s’avéra qu’exporter les produits du sud de la France était la pire idée qui me soit jamais venue. Je m’étais donc enveloppé dans mon manteau et parcourais les rues dans l’intention de tromper la morne routine. Il faut reconnaître que Lille avait son charme mais que n’aurais-je donné alors pour un rayon de soleil! Je déambulai donc dans les allées désertées jusqu’à ce que mes pas me mènent à un chemin qui bordait le rivage. Le soleil descendait doucement derrière l’horizon. Je m’arrêtai et contemplai l’immensité de l’océan dont les assauts perpétuels s’écrasaient contre la falaise, dix mètres plus bas, extraordinaire force de la nature qui soudain me ravalait au rang d’insecte. Comme en écho à mes pensées, le ciel s’embrasa, les nuages gris se métamorphosèrent en de gigantesques masses incandescentes, et tout l’horizon devint une immense fournaise qui peu à peu s’éteignait déjà. Immobile, je me délectais de ce spectacle grandiose, mais le vent marin fit brusquement chuter la température de quelques degrés, et, tout frissonant, je hâtai le pas.

J’arrivai quelques minutes plus tard à ce fameux pub qu’un ami m’avait recommandé.  “Ce soir, soirée Espagnole” était affiché à l’entrée, je haussai les épaules et poussai la porte. La salle était vaste, les tables étaient disposées de façon à laisser de la place pour les danseurs et, sur une petite estrade, les musiciens improvisaient un flamenco. N’étant pas d’humeur festive, j’évitai la piste de danse et me réfugiai à une table isolée avec la ferme intention de descendre quelques verres de sangria. Alors que je m’apprêtais à passer commande, la vision soudaine d’un corps aux courbes sensuelles mises en valeur par une robe de soirée d’un éclatant rouge vermeil, s’imposa à moi. Totalement foudroyé, je ne pus bouger. Puis un couple de danseurs s’interposa et, agacé, je me levai pour essayer voir à qui appartenait ce corps parfait. Comme pour répondre à ma curiosité, les musiciens entamèrent un tango entraînant et, comme possédé, je gagnai la piste de danse.

C’est alors que je la vis. Son visage, oval parfait encadré de mèches brunes, se tourna vers moi. Elle s’avança. Chacun de ses mouvements était une autre flèche qu’Eros décochait vers mon cœur. Mon regard glissa sur un cou délicat, jusqu’à une gorge rehaussée par un somptueux décolleté. Déjà le désir m’envahissait, j’aurai voulu explorer ce corps magnifique, effleurer chacune de ses courbes, embrasser cette peau hâlée, si douce d’aspect. Mais ses yeux, sombres, presque noirs, étaient des chaînes qui liaient mon amour naissant. J’étais prisonnier de sa beauté, à la fois douce et sauvage,  qui n’avait d’égal que sa grâce. Elle fendit la foule de danseurs avec aisance et s’arrêta face à moi. Se riant de mes pulsions, ses mains se posèrent sur moi. La douce fragrance qui l’accompagnait m’ensorcela et, avec un sourire, elle m’entraîna dans un tango lent et terriblement sensuel. Cette danse était un jeu, elle le chat et moi la souris ; elle s’amusa de ma passion, manipula mes sentiments, elle m’effleura, me combla pour mieux m’abandonner. Nous dansâmes, chaque pas m’enflammait un peu plus, toute mon âme n’était plus qu’un immense brasier d’amour. Ma vie, mon cœur, toute mon âme était une offrande faite à cette déesse parmi les mortels. La passion me consumait. Je suis mort cette nuit-là, cette créature m’a tué, elle a caressé mon corps et déchiré mon cœur. Et même alors que je sentais la vie s’écouler de mon être mutilé, je continuai à danser. Je n’étais plus que douleur, chaque souffrance endurée était un hommage à sa beauté. Le rythme s’accéléra, je brûlais littéralement. Lorsque la danse atteignit son paroxysme nous n’étions plus que deux formes tourbillonnantes. Plus rien ne comptait à part le rouge de sa robe qui m’enveloppait.

Soudain la musique s’arrêta et la danse se figea. Nous nous tenions, immobiles, au milieu de la piste, indifférents au monde extérieur, puis elle se détacha lentement de moi et, après un dernier sourire se dirigea vers la porte. Pantelant, je la regardai s’éloigner, j’aurais aimé courir, la rattraper, lui demander son nom mais elle m’échappait, glissait entre mes doigts tendus. Je restai là, avec l’impression que mon corps n’était plus fait que de cendres et qu’au moindre mouvement, je m’effriterais. Je la vis franchir le seuil, elle ne se retourna pas mais son rire résonna en un écho dans la nuit. Epuisé par cette tempête de sentiments, je regagnai ma table et ma sangria. Ce soir-là, j’ai levé mon verre à Aphrodite qui est venue me rendre visite et qui, le temps d’une danse, m’a comblé.

 


Alexandre E., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.





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Devoir de Guillaume S. :

 (Jean Dufours, jeune homme d’une vingtaine d’année, est en vacances en Bretagne lorsqu’il rencontre la belle Helena Maupat en 1792)

(Focalisation interne)

    C’était un matin frais de novembre, peu après la proclamation de la République en France. Il devait être à peu près sept heures car je pouvais percevoir le soleil qui apparaissait peu à peu au loin, dans le ciel tapissé de petits nuages doux et blancs qui semblaient accompagner l’étoile dans sa paisible traversée quotidienne. Je marchais lentement dans les rues, pratiquement désertes, à la recherche d’un café ou d’un restaurant dans lesquels j’aurais pu me restaurer.

    Et là, je vis une petite boulangerie, toute mignonne avec ses tables, ses chaises et ses bouquets de fleurs sur sa terrasse. Je m’approchai donc de ce lieu propice qui semblait parfait pour calmer ma faim. Au moment de rentrer, je sentis un léger parfum de femme qui se mêlait et même dominait les diverses odeurs des pâtisseries de la boulangerie. Je regardai le comptoir … personne. Je me demandai alors d’où venait cette délicieuse odeur qui troublait mon cœur.

    Tout à coup, une jeune femme, la plus belle qui soit, sortit de l’arrière-boutique. Je fus plus ébloui par cette divinité que je ne l’avais jamais été. La grâce et l’élégance de cette jeune déesse me fascinaient déjà. C’est comme si Cupidon m’avait atteints d’une de ses flèches.

    Ses jambes longues et fines couvertes d’un léger tissu de soie blanche la portèrent délicatement jusqu’à moi. De ses lèvres roses et douces comme des pralines sortirent ses quelques mots qui sourdirent en mon cœur comme sourdirent le chant des sirènes dans celui d’Ulysse :

« Bonjour monsieur, qu’est-ce qui vous ferait plaisir? »

    Je me trouvais là, tout palpitant et ne pouvant trouver mes paroles. J’avais pourtant l’habitude et l’extrême facilité de parler aux femmes ; mais là, je me trouvais troublé par le charme de la maîtresse de mon cœur. Je ne pensais plus qu’à elle et à sa beauté parfaite. Je devenais comme Arès devant son Aphrodite.

    Je ne pouvais que contempler ses longs cheveux dorés qui filaient comme une cuillerée de miel ; ses grands yeux noisette tout plein de malice ; ses joues rondes et tièdes telle la mie de pain qu’on roule et son menton arrondi comme un crouton de pain qui dessinait parfaitement le contour de son visage angélique. Ensuite, mon regard hardi se posa sur sa poitrine généreuse, chastement couverte d’un foulard en satin transparent. Enfin, mes yeux, très attentifs, scrutèrent l’épiderme de cette divine princesse, tel un félin près à bondir sur sa proie. Je vis alors sa peau luisante et croustillante, brunie et dorée par le Soleil, semblable à un croissant qui sort du four et ne pus résister à l’envie de la toucher, de la caresser, de la goûter.

    Entraîné dans mon désir déjà si profond, je lui saisis le bras, l’approchai près de moi et posai mes mains sur ses hanches fermes et parfaitement dessinées. Puis je lui donnai un baiser dans son cou velouté sans même qu’elle eut le temps de dire « non ».

    Mon empressement et mon extrême indélicatesse la poussèrent à élever sa voix pourtant si douce. Sa colère lui donnait un air de maîtresse qui gronde un élève ayant commis une bévue. Encore une fois, je n’entendis pas ses paroles, ne pouvant que la contempler et l’admirer.

    Sur ce, elle me chassa de sa boulangerie. En sortant je la regardai une dernière  fois et partis le cœur plein de tendresse ; sachant que je la reverrais et que notre histoire ne faisait que commencer.

Guillaume S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009. 





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Devoir de Justine L. :

Sous Louis XIV, un jeune homme de petite noblesse arrive à Paris pour ses études. 

Il est invité à la fête donnée en l’honneur des seize ans d’une jeune fille de la noblesse parisienne.

 

(Focalisation interne)

Je me hâtais dans les rues de Paris en cherchant mon chemin. En effet, je ne venais pas souvent à la capitale et, pour empirer les choses, mon sens de l’orientation était tout à fait déplorable.

Après être passé devant une demi-douzaine de fois, je m’engageai enfin dans la ruelle qui me mena devant l'hôtel de Maison-Blanche, le lieu de la fête à laquelle j’étais invité.

Dès que je pénétrai dans l'entrée de cet hôtel de la place des Vosges, je fus ébloui par la splendeur des meubles qui la décoraient et par les tentures qui l’habillaient. La salle de réception était, à l’instar de l'entrée,  très richement décorée : tentures de fils d’or, meubles de bois précieux, bougeoirs monogrammés, lustres immenses...

Pour moi qui arrivais du modeste château bourguignon de mes parents, voir autant d'étalage de richesse me fit ressentir la sensation de ne pas être à ma place.

Peu de temps après que je fus arrivé, le silence se fit dans la salle. Je me tournai vers le grand escalier et vit Anne de Maison-Blanche le descendre. Ce fut un enchantement pour mes sens lorsqu’elle passa près de moi et que je sentis son parfum aux notes sucrées de vanille. C'était sans conteste la plus belle demoiselle que Dame Nature eut créée : elle avait un visage angélique au teint clair et lumineux, une bouche délicate aux lèvres charnues, écrin précieux pour son sourire éclatant, et des yeux d’un bleu si profond qu’une vague de passion me submergea dès que je m’y plongeai, et je me noyai dans cet océan de saphir. Sa beauté faisait ombrage à celle de toutes les autres représentantes de la gent féminine présentes dans la pièce. Il me semblait que la Vénus de marbre ornant l'entrée de l'hôtel était déjà un peu plus pâle que lors de mon arrivée. Cette princesse, la grâce faite femme, était vêtue d’une robe de moire bleue en parfait accord avec ses yeux. La cascade de boucles brunes qui encadrait son visage semblait lui avoir été offerte par la déesse de la beauté elle-même, descendue spécialement de l’Olympe lors de la naissance de la reine de mon coeur.

La fête battait son plein lorsqu’elle s’approcha de moi, m’effleura la main, glissa quelque chose dans la poche de mon pardessus, puis s'éloigna furtivement. Le toucher de cette petite main satinée et douce comme la soie me laissa incapable de réagir durant quelques instants. Lorsque je recouvrai mes esprits, je pris conscience de la présence du poulet* dans ma poche. Je le dépliai et le lus.

*billet doux

Justine L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.

 



 

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 Devoir de Felix K. :

 

C’était le temps des ballets et des opéras : l’époque de Liszt, de Chopin, de Beethoven et de Schubert qui avaient emplis ces vies lassantes de musique et de romantisme. C’était l’apogée culturelle et artistique avec Ingres, Renoir et Brogi qui éblouissaient les yeux des peuples européens et les emplissaient de virtuosité et de créativité.

C’est cette époque qui m’avait amené à Paris dans le but de conquérir le cœur de jeunes femmes qui souhaitaient les mêmes sensations et expériences divines que moi : qui cherchaient, elles aussi, l’amour. C’est donc un soir, en sortant d’un ballet extraordinaire qui m’avait ébloui et qui m’avait percé le cœur comme une balle de fusil, que son regard croisa le mien. L’astre solitaire monta progressivement dans le ciel nocturne et amoureux, au-dessus de la haute tour en ferraille qui reflétait la lumière pâle émise par la lune et qui dominait cette ville majestueuse. Une petite brise faisait trembler les branches grêles suspendues aux arbres d’automne et agitait encore quelque feuillage prêt à s’égrener dans l’espace. Les avenues royales, couvertes d’un épais tapis de feuilles mortes, étaient dominées par la maigreur grelottante des peupliers presque nus. C’est cette fraîche et douce brise qui amenait de l’orient cette odeur épicée qui emplissait les rues parisiennes de luxe et de richesse. Ma pipe, que je venais d’allumer, avait un goût amer et une odeur étrange qui faisait peu à peu disparaître mon plaisir quotidien. Au loin, on entendait le bruit des bateaux dont les coques joufflues couraient sur le dos de petites vagues, troublant l’épais sommeil de cette paisible et magnifique Seine. Je fixais à présent la nuit criblée d’astres et cette seine phosphorescente.

Alors de l’horizon une fraîcheur accourut comme si l’astre englouti  eu jeté sur le monde un soupir d’apaisement et une femme vint s’assoir à proximité de moi. Elle se posa délicatement sur un petit muret et contempla les lueurs mouvantes que les barques laissaient derrières elles avec ses petits yeux luisants. Ses longs cheveux blonds ondulaient le long de son visage lisse et d’une douceur absolue. Je fus ébloui par l’éclat de la beauté émis  par cette divinité. Sa peau aristocratique et satinée brillait à la lumière comme l’or. Je fus complètement fasciné par ses fines mains d’une élégance inexprimable. Je restai figé, mon cœur battait de plus en plus fort et mes membres devinrent rapidement las et élastiques. Je ne pouvais plus bouger et mon cœur fut prisonnier de cet amour nouveau.

Elle se leva enfin et je me précipitai vers elle, aussi concentré qu’une lionne qui court derrière sa proie, pour pouvoir mettre en harmonie mon cerveau et mes différentes parties du corps. Je jetai mes jambes molles de toute vitesse, de peur que je n’aperçoive plus jamais sa belle silhouette. En entendant mes pas lourds sur le pavé, la jeune femme se retourna et me regarda avec ses beaux yeux bleus. Elle me regarda d’un air naïf qui atteint et étrangle très rapidement le cœur d’un homme.  Après un long silence, je balbutiai enfin : « voudriez-vous me joindre pour une tasse de thé ? »

Sa réponse fut fatale, meurtrière et me heurta douloureusement, mon amour fut détruit, mon rêve devint cauchemar, ma vie anéantie. Je me trouvai maintenant comme perdant sur un champ de bataille. J’étais seul à Paris et mon but avait échoué.

« Je déteste positivement le thé »dit-elle  et elle s’en alla d’un mouvement majestueux. 

 

Felix K., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.




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 Devoir de Laura S. :

Léandre, jeune duc, fait son entrée au bal de la Cour, au premier jour du règne de Louis XV, le 1er septembre 1715.

 

Lorsque je vis Aliénor pour la première fois je fus ébloui par son regard. Elle avait en effet des iris de saphir incrustés de pupilles d’onyx si perçants qu’ils semblaient créer un chemin d’elle à moi. Peut-être un fil qu’Ariane aurait tissé pour que je me perde dans le labyrinthe de son cœur…

Je m’installais sur l’un des confortables sofas tout au fond de la somptueuse salle de bal en attendant les premières danses. J’avais alors tout le loisir de la contempler. Elle était en compagnie d’autres duchesses que les notables désignaient comme étant les plus belles qui soient. Pourtant, ce jour-là, elles me paraissaient d’une beauté médiocre en comparaison de ma resplendissante bien aimée. Celle-ci avait, en plus de son regard bleuté, une très longue chevelure de jais et une peau d’albâtre qui mettait en valeur le rouge de ses lèvres. Sa robe bustier turquoise moulait ses courbes parfaites et accentuait la couleur de ses yeux qui emprisonnaient déjà toutes mes pensées…

Tout à coup, les premières notes de la Grande Valse brillante de Chopin retentirent, le roi, la reine et ses dauphines apparurent et toute la Cour les salua avant de lancer le bal. Je vis alors ma belle virevolter dans les bras d’un autre, telle une reine. À ce moment-là, elle me parut être l’autre Aliènor, la vraie, celle qui fut reine de France et d’Angleterre, tant elle était digne et imposante. En un instant elle éclipsa toutes les autres femmes de la Cour, elle devint le Graal… En la voyant ainsi valser en harmonie avec ce prince, je sentis une pointe de jalousie en mon cœur qui au fur et a mesure des danses devint un pieu qui me déchirait les entrailles.

Bien que la salle fût plongée dans l’obscurité, puisqu’elle n’était éclairée que par quelques chandelles, Aliénor, elle, brillait telle l’étoile du berger. Mes yeux ne pouvaient point se détacher d’elle, elle m’obsédait, m’hypnotisait…

Malgré ma hantise pour la danse, dès qu’elle eut quelques secondes de répit, je me levai précipitamment et m’approchai de l’obsession de mon cœur.

« - M’accorderiez-vous cette danse ma chère ? , lui demandai-je.

- Avec grand honneur », me répondit-elle d’une voix feutrée et mélodieuse.

La musique reprit et nous commençâmes à danser. L’odeur de son parfum, sucrée et fruitée finit de m’aliéner et, dès les premiers pas, elle devint toute ma fête. Elle était la plus belle femme qui fût, et il me semblait que tous les regards étaient tournés vers nous.

Nous nous contemplâmes ainsi durant plusieurs danses, accélérant les pas ou les ralentissant en osmose parfaite.

Parfois, elle posait sa tête sur mon épaule et je sentais alors la douceur de sa peau. J’aurais voulu rester dans ces positions pendant des heures, cependant la musique changeait et elle devait se redresser, mais mon regard ne quittait jamais le sien.

Soudain à la fin d’une valse, Aurélien, mon frère aîné, mon frère de sang, s’approcha de nous, ou plutôt d’elle… Il voulut la serrer contre lui, la faire virevolter, il avait d’ailleurs ce regard qui montrait déjà qu’elle était sa proie. Il lui parla avec tendresse et fermeté, d’une manière telle qu’elle ne pouvait refuser…

De peur de perdre Aliénor, je resserrai mes bras autour d’elle, mes yeux le fusillait ce fourbe et je suppliais Vénus, déesse de l’amour, de me la laisser encore un peu, car si par malheur elle lui donnait sa bénédiction, elle reviendrait de droit à ce traître de par son age… Mais par chance, mes prières furent entendues, ma bien aimée secoua la tête quelques secondes d’un air magistral et lui répondit : «  Malgré la honte que je peux causer à ma famille, je préfère écouter la loi du cœur plutôt que celle du sang. » Énervé, confus, mais émotionné, il s’éloigna en quelques pas vers Diane, une autre princesse.

Touché de ses paroles qui reflétaient son amour pour moi je n’eut plus qu’une seule idée en tête….

 

Pendant quelques secondes la musique se radoucit, ne pouvant déjà plus imaginer ma vie sans elle, je lui fis alors part du dessein que j’avais de l’épouser. Elle rougit, parut étonnée mais me répondit que si personne ne s’opposait à cette union, elle y consentirait avec plaisir.

Enfin, je compris la force qui poussa Orphée à risquer sa vie pour retrouver Eurydice, je compris ce qu’était l’amour, et dès le lendemain matin, à la première heure décente, je courus chez l’élu de mon cœur dans l’optique d’obtenir le consentement de ses parents

 

 

 Laura S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.

 

 

 

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 Devoir de Christopher B. :

 

Nous sommes à l’été 1942. Paris est triste, Paris est occupé. Les Français quittent leur capitale et sur les routes qui mènent vers le sud, de longs convois s’étirent pour un très long voyage.

 

La famille Talonet est une famille ordinaire, discrète. Christian aime Anne-Sophie , son épouse. Elle lui a déjà donné la petite Amandine et elle attend leur second enfant.

 

A la gare de Saumur, les convois sanitaires emmènent Anne-Sophie et sa petite Amandine en début de train, vers les places assises. Christian fait un long signe de la main avant de se hisser dans le dernier wagon.

 

Christian est un homme simple, d’apparence plutôt fragile. Son visage est pâle ; il a l’air d’un étudiant avec ses petites lunettes arrondies. Il est là parmi tous ces visages dérangés,  défaits.

Il ne sait pas exactement pourquoi tout cela est arrivé. Il a une pensée naïve, qu’il ne peut retenir, il a l’ennui du monde au fond de lui, il a un faible sourire. Il essaie de revoir dans le détail ce tableau de Botticelli qu’il aime et qu’il a dû abandonner.

Il en aime l’ange qui annonce la nouvelle. Au fond de ses poches, il a des croyances jaunies. Il va dans la vie naturellement, il n’est pas corrompu par ce qui l’approche.

 

Il est cultivé, il a fait des études et cette tragédie collective et intime de l’Allemagne le

blesse au plus profond de son être. Il pense qu’aucune parole n’est à la hauteur de ce chagrin là. On entend presque sa voix intérieure dire « qui nous garde, qui nous protège et de quoi ? »

Un rire d’hommes, un rire lourd le tire de ses songes.

 

Elle desserre ses mains qui entourent ses genoux. Il fait sombre dans le wagon et l’air manque. Elle met quelques temps avant de distinguer quelque chose.

Son regard s’habitue à l’obscurité, elle reconnaît peu à peu ce lieu de paille, de sueur et de larmes. Elle reconnaît aussi un à un les visages qui l’entourent. Elle bouge son corps qui lui fait mal. Elle arrête son regard sur Christian.

Elle est blonde et belle, elle est juive, elle est pourchassée par la gestapo, son mari est un industriel allemand que les camps ont tué.

Elle a trente ans. Elle aime Mozart et les concertos pour Mandoline de Vivaldi. Elle a des yeux rieurs et graves, de grands yeux bleus et gris. Elle ressemble à une sculpture de Rodin et de Camille Claudel. Elle porte des bas de soie qui laissent deviner une richesse ancienne.

 

Quand elle lève les yeux sur Christian, elle pose sur lui son regard doux, tendre et étonné. Elle devine son cœur dès ce premier regard, elle voit le jour qui se lève. Elle entend alors le silence de ce jour, de la vie sans événements ou plus exactement de la vie avec cet événement seul, celui de la guerre.

Elle parcourt chaque visage, le sien lui apparaît comme des cercles d’air et de songes. Il y a des îles de lumière dans le plein jour.

Il y a dans ce visage de femme une sagesse et une forme de démence à la fois.

Elle baisse les yeux, les relève. Son regard croise le sien, délicatement. Il observe ses mains, il entend son cœur qui brûle à l’intérieur de son silence.

Il observe ses jambes, il lance alors vers elle cette poignée d’amour fou sur laquelle leur main se referment. Ils restent ainsi dans les cahots du train sans savoir où il les conduit.

La lenteur de son regard lui laisse le sentiment d’une douceur arrachée à la nuit. Il reconnaît la souffrance, la délicatesse. Il parcourt une nouvelle fois son visage et découvre l’or de sa peau. Brusquement, le train s’arrête, le ciel est d’un bleu lourd et plombé.

Dans cette adoration du regard, dans cette campagne imprévisible, ils s’aiment. Elle a cette pensée naïve que l’on ne peut retenir, cette pensée d’un secret. Elle a peur et elle a froid, elle regarde à sa droite, puis à sa gauche : elle voit des champs partout. Elle écoute sa parole à lui qui lui dit : « Aucune femme ne vous ressemble, votre visage est unique », elle regarde à gauche un talus d’herbe, un fossé pleins d’étoiles. Elle ressent une émotion pure et effrayante.

 

A Saumur, Christian veut voir son enfant.

 

Christian est un bon époux et bon père aussi. C’est un homme moralement élégant, galant et amoureux. « Mon bébé est beau !c’est un garçon » dit-il.

« Toi, tu traverses ma vie comme un feu de forêt ; ton cœur brûle à l’intérieur de ton silence ».

 

En sortant de la chambre, il va voir cette femme et lui tend la carte d’identité de son épouse. Elle se nomme alors Anne-Sophie Talonet.

 

Elle voit les murs blancs de l’hôpital, elle observe les êtres affolés qui se rejoignent là.

Elle lui dit qu’elle va l’attendre dans la salle.

L’heure suivante, elle signe son départ. Elle court, elle se faufile dans la foule, elle a un autre nom ;

 

L’homme n’a rien dit, il sait qu’elle n’est plus là. Il comprend.

 

 

 

 

 

.Focalisation zéro

.Focalisation interne

 

 

Christopher B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.




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Devoir de Jeanne D. :

C’était un après-midi de début d’été. L’air était doux et une légère brise faisait frémir les brins d’herbes en haut de la falaise qui surplombait l’océan. Des goélettes aux grandes voiles blanches glissaient gracieusement sur l’eau sombre. Les bateaux de marchandises, les senaux, semblaient au contraire découper l’océan laissant derrière eux de longs sillons blancs.

Pierre était assis en haut de la falaise. Il connaissait bien cet endroit, il y venait souvent pour se détendre.

Il contemplait l’océan qui s’étendait à l’infini, les bateaux, parfois il apercevait une frégate au large. Il scrutait l’horizon, espérant voir cette terre inconnue à ses yeux, ce continent dont on entendait souvent parler, l’Amérique. Il rêvait souvent de l’Amérique, il l’imaginait immense avec de grands arbres, des fruits inconnus, de belles fleurs, des forêts qui s’étendent à perte de vue, des montagnes pleines de neige, et puis l’océan, encore plus beau qu’ici en Bretagne, l’océan. Un jour il irait en Amérique, quand il aurait économisé assez d’argent, il se l’était promis. Il achèterait une goélette aux formes fines et légères, et il partirait seul puisqu’il n’avait personne avec qui partir. Et en y repensant, cela l’attrista soudainement. En effet, depuis qu’il avait quitté la demeure de ses parents, il y avait quatre ans de cela, pour venir s’installer à Camaret, il avait toujours vécu seul. Il n’était ni laid ni bête pourtant, et son salaire d’apothicaire aurait amplement suffit à nourrir une famille, mais il ne s’était jamais marié. Il n’était pas du genre à traîner dans les salons, les bars, les fêtes, et lorsqu’on l’invitait à des soirées, des bals, il inventait une excuse pour ne pas y aller. Il préférait rester seul, en haut de sa falaise, à contempler les oiseaux, la mer, les bateaux, et pourtant, il sentait au fond de lui le désir de connaître cette sensation d’aimer et d’être aimé, le désir de compter pour quelqu'un. Et pour la première fois, il se sentit comme perdu dans sa solitude, abandonné des hommes, abandonné du monde.

Perdu dans ses pensées, il vit alors une longue silhouette un peu plus loin en haut de la falaise. Son visage à moitié recouvert par ses cheveux plaqués par le vent, il ne parvenait à distinguer quelle était cette fine forme immobile qu’il apercevait. C’est alors qu’après en avoir redessiner les contours, il s’aperçue que la silhouette était une jeune femme. Il se demanda ce qu’une jeune femme pouvait faire dans cet endroit, d’habitude désert.

Soudain, ne pouvant détacher son regard d’elle, il la vit s’avancer toujours plus prés de la falaise. Elle était à présent à moins d’un mettre du bord, et il sentit alors un frisson d’effroi le traverser tout entier. Son sang se glaça, ses mains tremblait. Quand il vit la jeune femme s’approcher encore et encore, centimètre par centimètre du ravin, une terreur s’empara de lui. La peur d’être témoin de l’erreur fatale que la jeune femme était prête à commettre, cette jeune femme qu’il aimait déjà tant. Pétrifié par la peur, il ne pouvait rien faire. Il aurait voulu crier pour l’arrêter, mais sa gorge était serrée et aucun son ne parvenait à sortir de sa bouche.

C’est alors que, la voyant, cette jeune femme à la silhouette si gracieuse et parfaite, prête à sauter, il sentit au plus profond de lui comme une force inexplicable, plus forte que sa peur, plus forte que tout ce qu’il avait connu jusque-là, une force qui lui délia ses jambes tremblantes et sa gorge serrée, une force qui lui permit tout à coup de courir au secours de cette jeune femme qui possédait déjà son cœur.

Il était encore à une dizaine de mètres de la jeune femme quand un délicieux parfum le passionnant déjà l’embauma tout entier. Cette odeur était à la fois douce et palpitante et il y reconnu l’odeur de la rose et de la framboise. Ebloui par le soleil qui lui piquait les yeux, il s’approcha aveuglement de la jeune femme. Pas à pas, lentement et craintivement, il s’approcha de sa bien-aimée, son cœur battant de plus belle chaque fois que l’écart qui les séparait de resserrait. Il posa alors, doucement, sans un bruit, sa grande main sèche sur l’épaule mi-nue de la jeune femme rosie par la brise fraîche. Sa peau était si douce, si lisse, il n’avait jamais rien touché de si agréable. Il aurait aimé la baiser, poser sa joue sur son épaule, mais vivement, d’un geste vif et gracieux, la jeune femme se retourna et se trouva face à lui. Ses yeux en amandes d’un bleu profond comme l’océan qui les entourait étaient emplis de larmes. Une goutte d’eau roula lentement le long de sa joue pâle et se déposa avec grâce au coin de ses fines lèvres roses. Il n’avait jamais vu un visage aussi délicat, aussi parfait, et il vit une telle beauté dans le visage de cette femme qu’il ne put s’empêcher de pleurer lui aussi.

Ses cheveux étaient sagement bouclés et retenus en arrière par un ruban de soie rose mais quelques mèches folles et rebelles volaient librement au vent et venaient parfois caresser son doux visage.

La jeune femme leva les yeux lentement, et le regarda de son regard profond tel celui de la Joconde. Il vit en elle tant de tendresse, de confiance, de douleur et d’amour… Il comprit qu’elle avait souffert, un chagrin d’amour, un être cher perdu, et pourtant un espoir. Et dans son regard, dans son sourire qu’elle venait de lui offrir, il comprit qu’une petite braise venait de s’éteindre dans son cœur, mais qu’une nouvelle flamme venait de jaillir, une flamme d’amour qui durerait pour l’éternité. 

           

 Jeanne D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2009.



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Devoir de Shanel C. :

 

 

            C’était un vendredi soir. Comme toujours, je rentrai du travail, livide, les membres affaiblis et le regard vide. Je hais mon travail. Je me sens tel un homme emprisonné par sa vie et condamné à endurer ses routines jusqu’à la fin de ses jours. Je décidai d’aller faire un tour au bord de la mer pour respirer de l’air pur et apaiser mon esprit. Dehors le soleil brillait, joyeux. Le ciel était bleu et fleuri d’oiseaux. La mer était calme et scintillait comme si des milliers de diamants se trouvaient à la surface de l’eau. Les gens autour de lui marchaient d’un pas léger, souriaient, riaient… Une joie agaçante animait chaque visage. Tout était si beau, si gai. Je regardai le spectacle de la nature avec une curiosité infantile. Je me sentais impuissant et petit parmi tout ces gens qui avançaient. Ils semblaient confiants et dynamiques, ou tout simplement heureux. Je décidai de mettre à l’écart de cette foule et allai m’asseoir sur le sable, face à la mer. Je vis alors du coin de l’œil, une femme assise sur le quai. Instinctivement je tournai mon regard vers elle. Mon cœur s’arrêta face à cette apparition. Je fus ébloui. C’était elle ; l’incarnation même de la beauté. Elle avait des pieds fins et délicats, des jambes au galbe parfait, ses mains posées de part et d’autre de ses hanches, paraissaient douces avec de longs doigts. Une chevelure dorée coulait en cascade sur ses épaules rebondies. Elle portait une robe blanche mettant en valeur sa peau à peine hâlée et scintillante comme un tissu de soie. Elle avait des lèvres envoutantes, pulpeuses et rouge écarlate. Quelques charmantes tâches de rousseur recouvraient son petit nez retroussé et ses pommettes hautes sculptant son visage lisse. Ses yeux clairs et perçants m’observaient avec douceur et compassion. Elle semblait comprendre mon désarroi. Elle me regardait tel un ange qui veillait sur son prochain. Son regard d’émeraude me fit frissonner, l’envie de toucher sa peau satinée devint une obsession et une excitation infantile habitat tout mon corps. Aucun mot, aussi intense ou expressif qu’il soit ne pouvait décrire cette déesse. Une vague d’euphorie le submergea ; je me trouvai dans l’extase absolue. Malheureusement je ne pus cacher mes sentiments. La jeune femme baissa alors la tête en souriant timidement puis laissa échapper un rire cristallin. Elle se leva délicatement. Je la suivis du regard. Le soleil qui se trouva derrière sa tête m’aveugla. Je mis ma main devant mes yeux pour les protéger et quand je la baissa, je vis la silhouette gracieuse semblable a celle d’Aphrodite s’éloigner sur le rivage. Je restai immobile, abasourdi . Était-ce un rêve ? Je sentais mon cœur battre comme s’il allait s’extirper de ma poitrine. Je pouvais encore la voir marcher comme une âme errante. J’avais l’horrible sensation que je ne la reverrai plus jamais, que je l’avais perdu pour toujours. Mais je savais qu’elle viendrait me hanter jusqu’à la fin de ma misérable vie. Son corps somptueux, son visage rayonnant, son regard lumineux, ses mains veloutées, ses lèvres délicieuses, sa démarche frivole, ses jambes sveltes, sa chevelure soyeuse…tout resta ancré dans ma mémoire.


Shanel C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, décembre 2009.




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Devoir de Giulia C. :


La première fois que je la vis, j'en restai immensément deconcerté. C'était un beau soir d'été, quelques semaines après
l'arrivée au pouvoir de Louis XVI. Je n'éprouvais aucune sympathie pour ce roi... Je ne devais pas être le seul, sachant
que par la suite il se fit guillotiner! Mais revenons à mon histoire, qui elle, a une meilleure fin. Comme je disais,
c'était une chaude soirée d'été, et je profitai de mon temps libre pour me promener en ville, en compagnie de mon cheval.
Cette journée avait été très monotone : j'allais entretenir le roi à la cour comme tous les après-midis, malgré ma
repugnance envers lui. Si j'avais su que cette journée allait changer ma vie, j'aurais eu plus d'excitation à quitter le
chateau de Versailles. Sur mon cheval, je pensais à la jeune fille qui j'étais supposé épouser la mois suivant. Certes,
elle avait de l'argent, certes, son nom était connu dans une grande partie de Paris, mais je n'avais néanmoins aucun
sentiment pour cette fille ennuyeuse. 
 
Je faisais le chemin habituel qui menait chez moi. Comme chaque jour, je sentais la bonne et chaleureuse odeur du pain
chaud émanant de la boulangerie devant laquelle je passais, et je m'arrêtais pour saluer le propriétaire. Une fois
descendu de ma monture, je me pétrifiais, déconcerté. Devant moi se tenait la jeune fille la plus ravissante que j'eusse
jamais vue. Ses cheveux blonds étaient attachés, et exposaient son cou à la lumière. Ses yeux bleus contrastaient avec sa
peu pâle, ce qui les rendaient encore plus magnifiques. L'élément qui me marqua la plus fut sa bouche : ses lèvres roses
laissaient place à de petites dents parfaitements alignées. Elle portait une robe blanche en toile, qui lui arrivait à la
hauteur de ses chevilles, et ses pieds étaient ornés de sabots en bois.
 
J'eus la sensation d'être dans un rêve... Encore mieux, dans le domaine des dieux. Il était en effet impensable qu'une
créature comme celle-là puisse vivre dans le monde des mortels. Elle emmenait avec elle un panier, qui était à moitié
empli de pain. Il me semblait lourd pour ses petites mains fragiles. Je voulais lui proposer de l'aide, mais mes jambes
étaient figées. Elle m'adressa un sourire, puis partit d'une démarche rapide. L'odeur du pain disparu, et je sentis à ce
moment un parfum inoubliable : son parfum, je l'appris par la suite.
 
Je restai encore quelques minutes pétrifié, jusqu'à ce que le boulanger m'apporte un verre d'eau, ayant sûrement remarqué
ma pâleur. Je pensais avec répugnance à Rosabelle, ma future femme, et me sentis encore plus exasperé. Je ne sus pas ce
qui me poussa, mais je décidai de désobeir à mes parents, qui avaient planifié ce mariage. Mon ami m'annonca ensuite la
meilleure nouvelle de ma vie, en m'apprenant que cette jeune fille venait régulièrement tous les jeudis. Enthousiaste, je
remontai sur mon cheval et galopai jusqu'à ma demeure, pour essayer d'annuler mon mariage, et de convaincre mes parents de
me laisser épouser une simple paysanne. 

Giulia C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, décembre 2009.





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Devoir de Shannon D. :


 

Focalisation zéro

C'était un jour d'été 1945, le soleil inondait les toits des immeubles de Berlin et réchauffait les habitants de la grande ville. Dans Kirchestrasse, au numéro dix sept où vécut l'ancien chancelier de la Weimar qui fut tué par les partisans nazis d'Hitler croyant que le chancelier était un allié des Français, troisième étage, vivait Manon, vingt cinq ans, veuve d'un soldat allemand mort quelques temps plus tôt sur les plages de Normandie lors du débarquement. Au sous-sol vivait secrètement les LEVY, la seule famille franco-allemande juive du quartier, composée de Victor, agé de vingt six ans, et de ses parents Jean et Sarah, la cinquantaine fatiguée.

  Les LEVY vécurent longtemps tranquillement dans le centre de Berlin, ils furent riches grâce au travail de Jean qui était un boucher Juif très connu et apprécié par les Berlinois. Cependant la guerre revint à grand pas, tous les jours les LEVY sentirent la guerre se rapprocher et c'est sa boucherie qui à souffert lorsque Hitler fut monté au pouvoir et déclara les Juifs comme les principaux responsables de la crise.

  Manon fut bouleversée par la mort de son mari qui, touché par une balle à l'abdomen, fit tout pour ralentir l'armée des alliés qui grappillèrent des mètres après des heures de combats sanglants et acharnés. Il finit par mourir, tué par un coup de crosse venant d'un Français.Il se sacrifia donc pour son pays, l'Allemagne. Manon fut prise d'un grand mépris pour la guerre et les nazis au point de vouloir aider la famille LEVY lorsqu'un jour, intriguée par des bruits montant de la cave, elle les découvrit cachés et très amaigris.

  Tous les soirs, elle apportait à manger à la famille pour les aider à traverser cette période de guerre. Elle toquait deux fois à la porte pour signaler que "le repas était servi". C'était généralement Victor qui allait chercher les repas.

  Un jour, Victor décida d'écrire une ode à cette femme dont il ne connaissait que la frêle silhouette furtive et bienveillante. C'était bien peu pour écrire un poème mais cela lui suffisait amplement.

  Le soir même, il finissait sa poésie, et lorsqu'il entendit la jeune veuve poser l'assiette au sol, il ouvrit la porte plus vite que d'habitude, de telle sorte qu'elle était encore là, devant lui, saisie par la surprise de ce face à face imprévu.

C'est alors qu'il vit pour la première fois cette ravissante jeune fille. Ses yeux bleus pétillaient malgré la faible intensité lumineuse de l'ampoule qui pendait au plafond. Ses cheveux châtains tombaient en grosses boucles généreuses sur ses épaules. Son écharpe satinée éclairait son visage d'où émanait une douceur comme jamais il n'en avait vue. Il fut saisi par sa beauté.

  Elle se présenta simplement, avec les mots justes; ses gestes exprimaient exactement ses paroles et ses sentiments. Ce fut au tour de Victor de se présenter, il bégaya, tremblant devant cette beauté infinie tant il avait peur de se tromper ou de dire quelque chose de banal que la demoiselle ne pourrait recevoir. Avant de se quitter, il lui donna son poème en espérant qu'elle  le lirait et surtout lui plairait...

  Victor referma la porte, bouleversé par l'émotion que manon venait de lui donner; il se sentait vidé et tremblant comme s'il venait de croiser un soldat allemand. Il était livide et son esprit le rappelait sans cesse au charme et à la beauté de cette Princesse. Il posa alors l'assiette sur la table où ses parents étaient déjà assis. Victor était tout entier occupé à se repasser les images de cette brève rencontre qui allait être à l'origine d'une relation amoureuse.

 

Shannon D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, décembre 2009.



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Devoir de Manon U. :

 

(Focalisation ZERO)
Il était vingt deux heures, dans les rues sombres de Nice. Devant l’opéra, il n’y avait pas âme qui vive ; il semblait vide, englouti dans l’ombre, visible seulement grâce à deux lampadaires dont la peinture s’en allait en petits morceaux. Cependant, un taxi arriva à vive allure et s’arrêta devant le parvis. Un jeune homme en descendit, jetant quelques billets au conducteur. « Gardez tout », dit-il, sans se retourner. Il monta les deux marches de l’opéra, et s’y engouffra, aussi rapide qu’un voyou en fuite.
Cet homme était simplement… en retard. Sous ses airs de vieux bâtiment délabré, l’opéra de Nice accueillait encore des représentations. Et on y donnait ce soir là, le 16 mars 2000, l’ultime représentation. Le jeune homme s’appelait Antoine Spézia ; à vingt trois ans, il faisait ses études à Paris, plus précisément au Conservatoire, en tant que pianiste. Cependant, il restait niçois dans l’âme, et revenait le plus souvent possible dans sa ville natale. Malheureusement, il était en retard lors de la seule soirée où il devait être ponctuel. Cet opéra lui tenait à cœur, car il s’agissait de son préféré dans le répertoire français.
La porte à peine refermée, il se dirigea tout droit vers le petit bureau pour récupérer ses places. La standardiste, surprise dans sa manucure, fit tomber son vernis lorsqu’Antoine tapa violemment sur le comptoir. « Antoine Spézia, j’ai une place de réservé ; je sais, je suis en retard donc veuillez vous dépêcher, s’il vous plait ! » Il reprit son souffle une ou deux fois, et prit le ticket que lui tendait la petite femme d’une main tremblante, les yeux écarquillée sous les couches de maquillages. D’un coup d’œil habile, Antoine regarda où il était placé : orchestre, siège D16. Il monta les marches quatre à quatre et arriva devant la porte principale menant aux places de l’orchestre. Il fut arrêté par une ouvreuse, un peu effrayée de l’allure pressé d’Antoine.
« Puis-je vous aider, Monsieur ? 
-Non, merci, je connais, je connais… »
Au même moment, un collègue de celle-ci entrouvrit les portes principales, laissant entendre le duo de Des Grieux et Manon, les deux protagonistes de l’opéra.
« Je suis désolé, Monsieur, mais vous êtes en retard, on en est déjà à l’Acte III, je ne sais pas si… »
(Focalisation Interne)
Mais Antoine n’écoutait plus. Ses oreilles s’étaient arrêtées à un seul son, une seule voix qui résonnait au plus profond de son âme. Ebahi, Antoine fixa la scène et aperçut une silhouette élancé, dans un décor représentant une église. Son cerveau le plaça automatiquement dans le contexte : autrefois, Des Grieux rencontra dans une gare une jeune fille prénommée Manon. Tombé sous le charme, Des Grieux l’enleva et l’emmena à Paris. Cependant, la jeune fille, étant volage et coquette, le laissa tombé pour la luxure que lui offrait un autre. Mais même sous les joyaux, Manon commença à penser à son ancien amant et décida de partir pour l’église Saint Sulpice, où il était devenu curé pour oublier. Mais comment oublier une personne aussi charmante ? Antoine progressa vers la scène, et scruta la jeune fille. Elle portait une robe aux tons rosés, brodée, et parsemée de dentelle blanche sur le corset, galbant parfaitement sa taille et sa poitrine. Il pouvait voir chaque profonde respiration qu’elle prenait, relevant et gonflant sa gorge, et pouvait entendre sa voix magnifique, presque irréelle tant elle possédait un son cristallin. C’était un ange venu illuminer cet endroit austère, un ange encore plus pur que Marie. Tel un pantin, Antoine continua d’avancer vers sa belle, rien que pour voir son doux visage. Enfin, il découvrait sa bouche, d’où la virtuosité se faisait entendre, des lèvres d’une finesse à faire concurrence à Marie-Madeleine. Sur ses pommettes roses reposaient deux yeux superbes, aussi bleus que le ciel dépourvu de nuage. Ses cheveux dorés étaient tenus grâce à une seule pince, où des boucles indisciplinées s’échappaient et tombaient sur ses épaules. Comment l’auteur avait-il osé la déshonorer, en la faisant passer pour une fille de complaisance ? N’avait-il pas vu la beauté, la fragilité de ce qu’il avait crée ? Porté par les envolés des violons et la voix de son ange, Antoine se jura de la protéger contre tous les maux existants sur Terre. Soudain, un tonnerre d’applaudissement le fit sursauter. Manon avait fini son air, et attendait patiemment que les acclamations du public se calment pour continuer. Un sourire s’étira délicatement et forma une charmante fossette.
Antoine, peu à peu, se réveilla grâce au bruit, à l’agitation ; des gens lui demandèrent plus ou moins gentiment d’aller s’asseoir, afin de ne plus les gêner. Avec lenteur, Antoine tourna les talons, toujours légèrement chamboulé par ses sentiments, et alla à son siège.
Il resta ainsi jusqu’à la fin de l’opéra, applaudissant encore plus fort que le reste du public. Et il ne manqua pas, en sortant de l’opéra, d’en faire le tour jusqu’à l’entrée des artistes pour y attendre sa Manon.

Manon U., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, décembre 2009.


 

 
 
 

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Devoir d'Aidan M. :

C’était le 13 février 1699. J’étais sur le navire de Pierre Le Moyne d’Iberville ; on embarqua le 24 octobre 1698 de Brest, où les compositions de Lully résonnaient dans les rues colorées des arbres d’automne. Il s’agissait pour le navire d’aller coloniser la Louisiane. Je laissai tout mon passé à Brest, sauf L’Ecole des Femmes de Molière, une pièce qui m’aida à tomber amoureux du Classicisme. La vie française m’ennuyait, j’étais prêt pour une aventure, prêt à découvrir l’Amérique.    

Ce jour là on arriva à Biloxi, où on allait construire Fort Maurepas. Il faisait beau. Le ciel clair valorisait le grand soleil qui reflétait sur la mer. Les vagues caressait le grand navire qui faisait son entrée splendide sur la plage.

            ‘Jean-Baptiste ! Jette l’ancre !’, cria mon frère. Je retourna à la réalité et je jetai l’ancre dans l’eau. Puis j’aida a enlever les caisses du navire. Je sortis du bateau pour la dernière fois de la journée vers six heures. Le soleil se cachaient derrière les arbres denses, et je transpirais. Mes muscles brulaient. Je regardais la foule qui s’accumula pour accueillir les arrivants.

            Elle était assise sur le sable, avec ses pieds dans l’eau. C’était une indienne. Ses cheveux bruns descendaient son dos comme une fleuve de satin. Quand elle se retourna vers moi mon cœur battait de plus en plus vite. Sa peau dorée éclaircirait son corps, couvert seulement par un petit morceau de peau de cerf. Ses yeux étaient vert, et quand elle souriait ils devenaient comme des petites étoiles. Ses dents chatoyèrent comme les rayons de soleil sur la mer ; elle était ma soleil.

            Je me trouvai dominé par mes sentiments. Ma fascination devint presque tout de suite obsession et puis frustration ; je savais que une relation amoureuse avec cette fille était sûrement  impossible : la société n’aurait pas acceptée l’amour entre un français et une indigène. J’essayai d’effacer mon amour de ma mémoire, mais elle restera toujours dans mon cœur. Depuis ce jour je regrette d’avoir jamais regarder cette fille de cette manière.

 

 

 

 

 

 

Aidan M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, décembre 2009. 

 

 

 

 

 

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Devoir de Matthieu Z. :

Août 1882… Jean Elevi, jeune homme de vingt ans, vient d’arriver au Havre, après avoir raté ses études à Paris. Il trouve un métier de serveur dans un petit bar au bord de mer et quelques jours plus tard, il rencontre une jeune femme du nom de Lucie qu’il épousera après quelques années.

 

Je finissais ma seconde journée de travail et rentrait chez moi, longeant la mer. C’était le crépuscule et le soleil se couchait derrière cette mer d’huile. Il donnait au ciel, qui s’étendait à l’infini, une couleur rougeâtre, envoûtante. Au loin, on voyait ces voiles rentrant au port, comme épuisées par leur dure journée de labeur. On entendait les cris des mouettes, planant dans le ciel et se laissant porter par cette brise marine, qui rafraichissait l’air chaud de cet été et nous caressait le visage. Cette atmosphère était tellement reposante que je décidais de m’asseoir sur un de ces petits bancs confortables, pour mieux la ressentir.

C’est à ce moment que je commençai à percevoir une vibration, un son calme et harmonieux. Peu à peu, il s’amplifia et je me rendis conte que c’était un chant, magnifique. Et tel celui d’une sirène, il me séduit, comme Ulysse sur son bateau. Je fus irrésistiblement attiré par cette voix, qui ne pouvait point appartenir à un être terrestre mais seulement à une déesse.

Je m’élançais alors dans les rues du Havre, tournant à droite, à gauche, essayant de me rapprocher le plus possible de cette voix. J’arrivai dans une impasse et rebroussai le chemin. Le chant devint plus fort à mesure que j’avançai et il m’encouragea davantage à chaque pas que je faisais. Et, après quelques minutes de marche, j’arrivai dans une petite ruelle déserte.

Je vis la jeune fille qui chantait et fus tout de suite ébloui par sa beauté. Elle devait avoir tout au plus vingt ans. Ses cheveux blonds resplendissaient tel des rayons de soleil. Sa petite tête ovale était parsemée de quelques taches de rousseur qui lui donnaient un air de petite fille, innocente. Ses yeux bruns brillaient, comme des étoiles. Elle avait aussi ce petit nez fin et retroussé qui la rendait encore plus charmante et lui donnait un air de princesse. Ses vêtements, en mauvais état, contrastaient avec les formes de son corps, si parfaites et méritant de bien meilleurs ornements que ceux-là.

Elle assise sur le pas de sa porte, lavant son linge dans une bassine toute cabossée. Lorsqu’elle me vit, elle s’arrêta de chanter pour me dévisager et me regarda longuement. Il m’était impossible de soutenir ce regard d’une pureté et d’une innocence sans pareille et je ne pouvais m’empêcher de regarder à côté d’elle, sans arriver à la fixer. Néanmoins, je me décidai à lui parler et commençai à discuter avec elle.

J’appris ainsi qu’elle se nommait Lucie, et que, comme j’avais pu le voir, elle était issue d’une famille pauvre. Je sentis peu à peu les sentiments qui naissaient en moi et m’intéressait un peu plus à sa vie amoureuse afin de savoir s’il m’était possible d’avoir une quelconque chance avec cette femme.

Cependant, j’explicitais un peu trop mes sentiments et, sûrement lasse de mes questions et de mes flatteries, elle s’excusa et me disant avoir une affaire importante, du ton le plus poli qu’il puisse exister, elle rentra dans sa maisonnée.

Je restai ainsi un long moment devant sa porte, transpercé par les flèches de Cupidon, et continuait à penser à la figure presque irréelle que je venais de voir. Puis, à contrecœur, je m’éloignai de cette maison et pris le chemin qui conduisait à mon foyer.

Arrivé chez moi, je ne trouvai pas l’envie de rentrer l’intérieur de ma maison et décidai de me promener dans les rues. La nuit tomba, et lorsque j’atteins le port, je sentis tout à coup une grande solitude en moi. J’allumai alors une cigarette pour me réchauffer et mieux penser mais mon esprit était encore confus de ma rencontre. Fatigué, je m’assoupis quelques instants sur un banc et lorsque je me réveillai, quelques minutes après, je revins chez moi, l’esprit un peu apaisé. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Matthieu Z., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, décembre 2009. 



 

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Devoir de Lucie E. :

Un homme, tourmenté par ses désirs, se laisse guider par la rencontre amoureuse. Mais celle-ci vient à lui jouer des tours au point qu'il ne fait plus la distinction entre ses fantasmes et la réalité.

 

 

J'ai plaisir à errer parmi les sentiers créatifs de mon imaginaire. J'y découvre les singularités d'une femme méconnue.

Car elle me comprend, je la façonne et la modélise à mon image.

 

Serait-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore. Mais sa chevelure devrait receler toutes les merveilles d'un paradis oublié. Longue et soyeuse, elle enroberait les courbures d'un corps inviolé tel celui de la Naissance de Vénus.

Les paroles que délivrerait sa bouche d'une douceur infinie, s'entrelaceraient au point d'en écorcher la réalité des mots.

 

Mais cette beauté n'est qu'idéalisation. Je ne pourrai certainement jamais caresser la finesse de sa peau ou humer son parfum exaltant que seul Perséphone, reine des Enfers, serait en mesure de dompter. Délicate et insoumise, son regard pourrait trahir cette inexistence, car innocent et dépourvu d'amertume, l'assimiler à un rêve serait une erreur.

Je ne peux que trop m'attarder sur cette femme que je ne cesse de parfaire. Au grès de mon inspiration, je peins, je trace, j'écris la silhouette de cette déesse incongrue qui dérobe mon être. Insatiable, je ne peux me priver de sa beauté car sous l'emprise d'un amour parfait, je me jette tout entier dans les griffes de mon humble imagination.

 

Abusé, j'extrapolais en évoquant une rencontre amoureuse et non un simple voyage avec mes sens, car la vérité me révéla toute autre chose.

C'est un dimanche de pluie maussade que je fis sa rencontre. Je n'étais plus face à un de mes rêves que je prenais pour vrai jusqu'alors et mon coeur s'emballa de désir à sa vue.

 

Elle n'était pas comme je l'avais souhaité. Alors pourquoi éprouvais-je l'irrésistible besoin de la regarder et de m'en approcher ? Je cherchais parmi la foule son parfum, un parfum que j'avais tant convoité mais il était absent tout comme la longue chevelure soyeuse que je m'étais appliqué à imaginer. Non, rien de cela ne figurait et pourtant elle m'attirait.

Belle, élancée, sa peau délicate avait la couleur du miel, sa bouche celle d'un bouton de rose, et l'aura, un tantinet antique qu'elle dégageait, pouvait venir d'Indonésie comme des Andes. Elle était vêtue d'une robe blanche en lin qui enveloppait son corps avec légèreté. Je ne pouvais me dissuader de songer à une telle beauté contraire à mes espérances et pourtant, il s'agissait bien de la plus belle femme jamais rencontrée. Songeant à son visage, une similitude entre ces deux femmes s'imposa, chacune d'elles possédait ce même regard innocent. Je l'aperçu une dernière fois, de dos, marchant à grands pas feutrés de lionne avant qu'elle ne disparaisse, emportée par la foule.

Pétrifié, non de terreur mais d'incompréhension, je me trouvais là, perdu au milieu de la gare d'Austerlitz, comme ayant subit les tourments d'une bataille. Ce fut une apparition surnaturelle d'un instant, qui s'évapora dans le chaos du hall. Cette fois j'étais en présence d'une femme réelle mais qui venait pourtant de m'échapper comme une image s'évapore de l'esprit.

 

J'aurais aimé vous dire que je parvins à la rattraper...

Lucie E, 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, décembre 2009.


 

 




 

 





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Devoir de Romain T. :

 

Après avoir longtemps marché sous l’épais rideau de pluie qui s’abattait sur le village, j’aperçus enfin l’entrée lumineuse du café, de l’autre côté de la rue. Je traversai la route de pavés luisants et glissants puis je poussai la lourde porte, entraînant le léger carillon signalant l’arrivée d’un nouveau client. J’accrochai mon encombrant manteau de cuir sur un maigre cintre prévu à cet effet quand je remarquai la chaleur réconfortante qui régnait en ce lieu par rapport au froid glacial qui s’était emparé du dehors. Il y avait un lointain bruit de vaisselle entrechoquée provenant de la cuisine et la musique qui flottait dans l’air était douce. Malgré la forte odeur de vêtements mouillés, l’agréable parfum du café parvint à mes narines, ce qui me fit frissonner de plaisir et d’envie. Je remarquai cependant une autre senteur inhabituelle, mystérieuse mais captivante, inconnue mais rassurante, dominante et indescriptible. Je connaissais bien ce lieu et ce petit détail attira fortement mon attention.     

 

 

Mon regard chercha furtivement l’origine de cette senteur et se posa sur une charmante silhouette assise dans un coin, non loin de moi. Le café accueillait habituellement des hommes massifs, sombres et la seule femme qu’on voyait de temps en temps était une serveuse taillée comme un bûcheron. Mais aujourd’hui une perle était venue égayer l’atmosphère d’ordinaire monotone de l’établissement. Mon regard se posa d’abord sur cette splendide chevelure glissant telle une cascade d’or de chaque côté du visage, puis se figea un long moment dans ces yeux d’un bleu clair et cristallin, surmontés de fins sourcils en V dévoilant tout le sérieux de cette femme. Elle m’avait vu aussi et avait remarqué mon admiration à son égard. J’avais de l’expérience avec les femmes et je devinai simplement, de par son regard, qu’elle en avait aussi avec les hommes et qu’il faudrait agir sûrement et sans hésitations. Ses lèvres minces et roses avaient cessé de remuer et elle posa délicatement sa tasse de café sur la table d’une main délicate et habile, sans me lâcher des yeux. Ses jambes mi-nues, droites et fines, sans égratignures ni imperfections étaient délicatement croisées sous la nappe d’un bleu profond assorti à sa jupe qui épousait parfaitement ses formes sveltes.

 

J’ignore combien de temps je restais, devant la porte, à la fixer du regard avec passion, peut-être quelques secondes en réalité. D’un geste certain, je me dirigeai vers le bar où je commandai un café simple au barman que je connaissais bien et qui m’adressa un petit sourire en inclinant la tête dans la direction où était assise la femme. Accoudé sur le comptoir, je risquai un vif coup d’œil par dessus mon épaule et j’aperçus les deux éclats de ciel qui me fixaient toujours. Je détournai rapidement la tête. Il me fallait réfléchir. Je savais que les femmes aimaient les hommes sûrs d’eux, qui se décident rapidement et sans hésitations. Je ne pensais pas être à la hauteur pour tenter quoi que ce soit, mais je sentais que les deux prunelles de saphir étaient toujours posées sur moi : il devait bien y avoir une raison à cela.

 J’avalai une ample gorgée, me retournai calmement et me dirigeai vers la chaise opposée à la sienne, à la même table. Si cette chaise n’avait point été là je n’aurais sûrement pas bougé, bien qu’il ne restât aucune place libre dans la salle. Je posai mon café et m’assis en face d’elle, en retenant ma respiration. Elle me regarda sans me quitter des yeux et sans dire aucun mot. Je venais juste de me présenter que mes mains se mirent à trembler anormalement. Je tentai de les réfugier dans mes poches lorsque je renversai mon café heureusement presque vide sur la table. Je rattrapai la tasse de justesse et la relevai presque instantanément avec une vitesse qui me surprit moi-même. La femme n’avait pas bougé d’un pouce et me regardait avec amusement. D’un geste confus j’essuyai rapidement la table et bénis le ciel de n’avoir point taché sa jupe. Je voulus partir en courant mais quelque chose d’inexplicable m’en empêcha.

Alors que je tentai de m’excuser en bégayant, elle me mit un doigt chaud sur les lèvres, coupant net mes explications inutiles. Je restai immobile tout en redressant timidement mon regard vers elle, je m’aperçus alors qu’elle souriait, d’un sourire sincère qui n’avait rien de moqueur puis elle se présenta à son tour :

« Je m’appelle Aurore ».

Elle retira son doigt et mit ses lèvres à la place, tout en me glissant un morceau de papier au creux de la main. Je savourais ce moment intense en fermant les yeux. Nos visages se séparèrent alors, mais point nos regards. Elle se leva, mit son manteau et me lança un dernier sourire avant de disparaître dans le brouillard de la rue…

 

 

Je restai affalé sur ma chaise, troublé mais heureux. Je n’avais jamais connu une femme telle, mais elle était partie à présent. Mon regard se perdit dans la petite flaque de café répandue sur la nappe. Apparemment, je m’étais trompé, certaines femmes trouvent les hommes maladroits plus divertissants et charmants. Cette idée me fit sourire, parce que pendant un instant j’étais l’homme le plus heureux du monde. J’avais l’impression qu’elle était toujours assise en face de moi, mais en réalité elle était partie, sûrement à jamais.

C’est à ce moment là que je me rappelai le petit bout de papier qu’elle m’avait glissé dans la main avant de partir. Je le dépliai alors lentement comme une relique. Je lis alors l’inscription qui me bouleversa, une nouvelle vie commençait, j’avais de nouveau une raison d’être heureux et de sortir de cette vie monotone. Elle m’avait donné la pomme d’Aphrodite, avec inscrit dessus le nom de la plus belle, suivi d’une adresse.       

Romain T., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, décembre 2009. 
   

 

 

 

 

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Devoir de Maeva D. :


 

C’était l’année  1952, presque quatre ans après l’indépendance du Maroc. Je visitais le pays pas comme touriste, ni pour des raisons de famille mais comme journaliste.

 

Comme d’habitude, je me réveillais de bonne heure. En me préparant pour l’expédition 4 (cette fois j’essaierais de ne pas me perdre). Je m’imprégnais de la tranquillité du Riad, ce lieu, situé au cœur de la médina, au centre du brouhaha et du tumulte, provoquait en moi une sensation de paix.

 

A ma sortie, les premières odeurs de la rue m’envahirent. Je pénétrais dans les souks, je passais ma journée à m’y perdre. En essayant de me repérer au travers des portes, des signes sur les murs et des boutiques familières, je commençais à m’égarer dans ce labyrinthe.

 

J’étais entourée d’arômes d’épices, d’arômes sucrés, et de the à la menthe. Toute la journée je flânais dans des petites arrière-boutiques où l’on vend des babouches, des étoffes et de l’artisanat, ou dans des épiceries.

 

Epuisée, je rentrais au Riad afin de trouver refuge après l’agitation des souks et le soleil brûlant sur mes épaules.

 

Lorsque j’entrais dans la cour, je le vis. Soudain, je sentis mon cœur s’arrêter puis reprendre la chamade. Je fus complètement éblouie par cette apparition. Il était là, calme et serein, savourant la tranquillité de ce lieu.

Devant lui sur une table, se trouvaient plusieurs cartes et des livres de voyage, le signe d’un vrai voyageur. Déjà, je m’imaginais dans le désert du Sahara avec mon aventurier.

Son visage aux traits si purs me fit penser à Apollon. Sa chevelure si docile tout en restant sauvage entourait son visage parfaitement dessiné. Ses yeux si bleus que l’on pouvait s’y perdre comme dans les souks de Marrakech, croisèrent mon regard. Mes yeux se posèrent sur son torse que sa chemise légèrement entrouverte laissait apercevoir. Je l’imaginais fort et aimerais sentir son étreinte. Mon seul désir était de me retrouver dans ses bras, d’être caressé, embrassé, protégé. Une sensation de trouble m’envahit.

 

« Bonjour », me dit-il, de sa voix suave.

« Bonjour », répondis-je.

 

A ce moment, surgi d’un recoin, quelqu’un m’appela, brisant ainsi le charme. Je me retournais et marchais vers la voix qui disparut. Espérant  revoir le visage d’un ange, je le cherchais à nouveau. Mais il avait disparu aussi rapidement qu’il m’était apparu.

Je restais, là, désorientée, le cherchant encore du regard, mais en vain.

Le reste du séjour me parut étrange. Son visage m’apparaissait et il me semblait le voir  à chaque coin de rue.

Toutefois ce n’était qu’une image, me laissant déçue.

Quand le reverrai-je ?

 
Maeva D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, décembre 2009. 









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                                                                                                          Sujet d'écriture d'invention n°2






 

Séquence n°3 : La poésie romantique.


Objets d'étude :


  • Un mouvement littéraire et culturel du XIXème siècle

  • Le travail de l'écriture


Perspective dominante : histoire littéraire et culturelle

Perspective complémentaire : genres et registres


Problématique : quels sont les différents modes d'expression du Moi dans la poésie romantique?


Vers l’écriture d’invention (sujet de type III du bac)


Relisez attentivement Ondine, d’Aloysius Bertrand (GT2) (voir poème ci-dessous). Composez à votre tour un poème en prose, traitant de la thématique de votre choix (dans les limites des convenances scolaires, naturellement), et obéissant aux contraintes suivantes :


  1. Votre texte devra être de registre lyrique.

  2. Votre production sera composée, comme Ondine, de cinq strophes ou paragraphes, à peu près d’égale longueur, et terminé(e)s par une ponctuation forte.

  3. Le poème se décomposera en deux parties typographiquement distinctes, séparées par une étoile. (Les trois premières strophes et les deux dernières séparées d’une étoile.)

  4. Les trois premiers paragraphes seront rédigés entre guillemets, au discours direct : un personnage s’adresse à un autre, en le tutoyant.

  5. Les deux dernières strophes seront au discours indirect : ce n’est plus le même personnage qui parle, c’est le poète (vous, ou votre « narrateur-poète ») qui commente ce qui vient d’être dit, et qui parle du personnage à la troisième personne du singulier (comme dans Ondine).

  6. Vous utiliserez l’anaphore d’un verbe à l’impératif dans au moins deux paragraphes, comme dans le poème initial.

  7. Votre texte comportera deux allitérations et deux rythmes ternaires (au moins), à chaque fois signalés d’un signe + dans la marge. Ces deux sonorités devront pouvoir être interprétées dans la perspective du contenu de votre production.

  8. Toute référence culturelle pertinente est valorisée.



 

Ondine

 

... Je croyais entendre
Une vague harmonie enchanter mon sommeil,
Et près de moi s'épandre un murmure pareil
Aux chants entrecoupés d'une voix triste et tendre.

Ch. Brugnot. - Les deux Génies.

« Ecoute ! - Ecoute ! - C'est moi, c'est Ondine qui frôle de ces gouttes d'eau les losanges sonores de ta fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune; et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi.

» Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l'air.

» Ecoute ! - Ecoute ! - Mon père bat l'eau coassante d'une branche d'aulne verte, et mes sueurs caressent de leurs bras d'écume les fraîches îles d'herbes, de nénuphars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et barbu qui pêche à la ligne ! "

*

Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son anneau à mon doigt pour être l'époux d'une Ondine, et de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.

Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle, boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa un éclat de rire, et s'évanouit en giboulées qui ruisselèrent blanches le long de mes vitraux bleus.

Aloysius BERTRAND, Ondine (in Gaspard de la nuit).




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Ce poème peut être entendu lu par une élève dans la zone "Téléchargements" du présent site.



Devoir de Laura S. :

 


 

 

 

« Regarde Narcisse, regarde-moi, je suis la nymphe qui s’est éprise de toi. Cherche dans ton esprit l’amour que je peux susciter, le bonheur que je peux t’assurer. Je ne suis sûrement pas la première à espérer te séduire, mais je serai celle qui t’observera aimer, souffrir, puis t’assoupir.

 

« Regarde, regarde, c’est moi, c’est Echo, à chaque fois que je te vois, mon cœur s’enflamme un peu plus pour toi... Malgré ma faiblesse, mon sort, mon maléfice affublé par Junon, je ne pense qu’à toi. J’essaye de te parler grâce à tes dernières paroles mais tu ne veux point de moi.

 

 « Et le soleil et la lune seront témoins de ma douleur, l’eau dans laquelle tu te perds me condamne à l’enfer. Sur cette rive, tu te laisses t’affaiblir au bord de cette image, ce mirage, ce reflet que tu idolâtres. De sommeil, de famine et de soif, tu te fanes mais je suis là pour tes ultimes psaumes, tes dernières paroles sont pour moi. »

 

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Echo, malheureuse, honteuse, mais toujours amoureuse, se retira d’abord dans des grottes et passa sa vie cachée dans les feuillages. Son cœur fut rongé par le chagrin, ses os devinrent roche et seule sa voix continua de se faire entendre pour répondre aux promeneurs qui passaient !

 

Mais lorsqu’elle vit son ami souffrir ainsi elle ne put s’empêcher d’aller auprès de lui. Malgré son refus d’amour et sa rancœur, elle partagea ses dernières heures. Puis avec les autres nymphes, elle déposa leurs cheveux coupés sur la tombe de l’être aimé et commença les préparatifs du deuil mais à la place du corps elle ne trouvèrent qu’une fleur jaune, un narcisse.

 

 

« _______ » : rythmes ternaires

allitération en [-s] : susurrement de la nymphe

allitération en [-l] : liquidité de l’eau du lac

allitération en [-m] : mort de narcisse

 

 

 Laura S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, avril 2010.

 

 

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 Devoir de Manon U. : 

 

 

« Ecris ! Ecris ! Fais nous rêver en jouant avec ton imagination ; toi qui est auteur, compositeur, artiste, laisse-nous partager ta passion ; nourris notre avidité d’aventure, d’exotisme, de lyrisme, grâce à ce don !

« Autrefois, Apollon s’est penché sur ton berceau, faisant naître en toi une vocation ; grâce à de simples mots, tu cajoles nos âmes dont tu as pris possession ; grâce à de simples vers, tu envoûtes nos sens et invoques notre admiration !

« Ecris ! Ecris ! Tes textes sonnent si bien à nos oreilles ; telle sa Cinquième symphonie, ‘le destin est venu frapper à ta porte’ ! Puisse ta douce folie nous emporter au pays des Merveilles, pour l’éternité ! »

*

Ces voix ne s’arrêteront donc jamais de hurler dans ma tête ! Elles me supplient d’écrire, encore et encore ! J’ai eu ma gloire, mais à quel prix ? Tant d’encre noire pour vous faire rire, pleurer, applaudir ! Arrêtez ! Cessez ce fanatisme et laissez-moi fuir !

Je te hais, Dieu des Arts, toi qui, de la flèche de ton arc, a détruit mon esprit ! Fatalité ! Cette feuille blanche ne cessera donc pas de me narguer ! Qu’ai-je fait pour mériter cela ? Je suis faible, et je me sens défaillir… la folie m’emporte... Pourrais-je un jour arrêter de sombrer ?


 


Assonance en [a] : Représente l’admiration des personnages pour le poète.
Allitération en [r] : Fait référence au bruit de la plume sur le papier, ainsi qu’à l’anaphore « Ecris » dans les premier et troisième paragraphes.
Allitération en [f] et en [s]: Allitérations sifflantes représentant la folie grandissante du poète.

Rythmes ternaires

Références culturelles : « Apollon »= Dieu des Arts ; « sa Cinquième symphonie »=5ème symphonie de Beethoven, dite « la symphonie du Destin » ; « Dieu des Arts »=référence à Apollon

Manon U., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.



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Devoir de Rudy O. : 

 

« - Regarde ! - regarde ! La nature qui s'ouvre à toi, absorbe de cette scène l'essence même de la vie, de cet instant chéris chaque infime détail, qui suivant le cours du temps s'envole et s'enfuit, avant de s'égarer dans les méandres de l'oubli.


 

« Capture dans tes rêves, les merveilles de la vie. Va au-delà de ce que peut t'offrir le monde aujourd'hui, chasse ce vide qui s'immisce dans ton quotidien, et crée un chef d'œuvre du morne avenir qu'aurait pu être le tien.


 

« Souviens-toi ! Souviens-toi ! D'autant d'histoire et de légendes traversées, fussent-elles remplies de joie, de plaisir et d'ivresse ou de chagrin, de douleur et de tristesse, ces souvenirs en ton âme gravés à jamais, et le pouvoir d'avec ta descendance les partager. »


 

*

Ainsi le vieille homme acheva son discours, et dans l'épaisse brume disparut pour toujours, à aucun moment je n'ai su qui il était, ni pourquoi ce message il m'avait adressé, alors je retournais à la lumière du jour, pour laisser la vie y reprendre son cours.


 

Je regagnais ma place dans la réalité, mais ressassais sans cesse cette autre destinée, que mille fois mon esprit avait imaginée, depuis cette rencontre qui a tout chamboulé. Enfin je fis un choix qui scella mon futur, et me conduis ici après tant d'aventures, pour à vous mes enfants chaque chose raconter, pour qu'à votre tour vous puissiez en rêver.


 


 

Légende:


 

abc: rythme ternaire

allitération en [v]: vitesse des événements qui s'enchaînent, rythme ininterrompu.

Allitération en [s]: sifflement, résonance des des paroles du vieille homme.



 


 

 

Rudy O., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.



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Devoir de Meghane M. : 



                                                                        

La boîte de Pandore.


- « + Viens! Viens! + Ô ma reine Pandore, jusque + dans mes bras me dévoiler les dons dont les Dieux t'ont dotée +. C'est avec + l'habileté manuelle, la beauté et le talent musicale ++ qu'Athéna, Aphrodite et Apollon + t'ont gâtée.


« + Mon amour, tes yeux sont vermeils et ton sourire est mon soleil. Ton corps si frêle te rend si belle et ta voix magique m'hypnotise. Désormais, ton cœur et le mien ne font plus qu'un. Tu es tout simplement, ma raison de vivre +.


« + Viens! Viens! + C'est moi Épiméthée, le titan qui a trahi son frère en se faisant offrir par Zeus, la main de la toute première femme sur Terre. Et malgré le fait qu'on t'ait fourni + le mensonge, l'art de la persuasion et la jalousie +, tu es à mes yeux celle qui pourra combler ma vie! »


*


+ Après ce beau discours et tout ces sincères mots d'amour, il partit, en me laissant en tête à tête avec ma curiosité. Ouvrir la boîte si jolie, qu'il m'avait interdite, je ne pus y résister +. Et c'est en accomplissant cet acte, que je compris qu'il s'agissait d'une faute démesurée.


Je vis s'échapper tous les maux de l'humanité. Ceux de + la guerre, du vice et de la folie + comme ceux de + la vieillesse, la famine et de la tromperie +. Je voulus refermer au plus vite cette boîte maléfique mais + la misère, la passion et la maladie + avaient déjà été libérées. Je ne pus garder enfermé, que celui de l'espérance, qui me rappela qu'il existe un sentiment si intense comme celui que j'éprouve pour Épiméthée.



  • Anaphore du verbe à l'impératif : Viens (entre les « + »).

  • Allitérations entre les « + » :

    - Allitération en [d] : Représente la divinité des Dieux.

    - Allitération en [m] : sonorité douce qui représente l'amour d'Épiméthée pour Pandore, sa femme humaine, qui à ses yeux est parfaite.

    -Allitération en [r] : Représente la curiosité de Pandore et la recherche de la boîte.

  • Rythme ternaire entre le « + »

 

 Méghane M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.





                                                                                            
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Devoir de Guillaume S. :

Cela faisait alors quinze années que j’étais enfermé dans cette misérable cellule de la prison de Robben Island,

Condamné aux travaux forcés et à la perpétuité, je ne pouvais plus que prier, espérer.                                                                                        

Et ce soir là, avant de me coucher dans l’obscurité qui m’envahissait,

Je crus entendre la voix de l’écrivain William Ernest Henley, auteur de mon poème préféré,

Qui me permit sûrement de ne jamais rien lâcher.

 

    -  « Résiste ! - Résiste ! - C’est moi, c’est William, qui chaque jour te vois souffrir dans l’étreinte féroce des circonstances, qui chaque jour te vois peiné, meurtri et ensanglanté sous les coups de l’adversité, qui chaque jour te vois affaibli par les coups de fouet, l’obscurité et les travaux forcés.

 

    «  Tu es resdebout, noble et fier dans le royaume de l’enfe; tu n’as ni bronché, ni pleuré, ni gémi malgré les tribulations ; tu n’as pas cherché à te rebeller de cette horrible injustice. Je tiens à te témoigner de mon admiration pour ton courage et ta patience.

 

    « Résiste ! – Résiste ! - Je t’en prie ! Tiens bon ! Tu sortiras bientôt, alors n’abandonne pas si près du but ! Tu es destiné à accomplir de grandes choses, ne baisse pas les bras ! L’Afrique a besoin de toi. Le voyage sera difficile et la liste des châtiments sera lourde, mais tu devras lutter contre le fouet, pour ta libération et pour ta patrie. »

 

 

                                                                                                                               *


 

    Ses paroles chuchotées, je n’eus plus jamais aucun signe de William, l’auteur de mon poème préféré, mais je savais qu’il resterait à mes côtés jusqu’à mon dernier souffle. A présent, je savais que je ne luttais pas en vain contre tant d’atrocités dont j’étais victime et que rien ni personne ne serait en mesure d’empêcher ma libération.

 

   En ce lieu d'opprobres et de pleurs, où ne plane que l'horreur de l'ombre, les années s'annoncent sombres mais je ne connaîtrai pas la peur. Aussi étroit soit le chemin, bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme, je suis le maître de mon destin, je suis le capitaine de mon âme.

 

Allitération en [r] : rappelle de la mort

Allitération en [f] : évoque les coups de fouet

Allitération en [s] : témoigne de la  patience de Mandela

Rythmes ternaires


 

        

 

 

Guillaume S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.




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Devoir de Matthieu Z. :




“I love him ; and that, not because he’s handsome,                                                                                                             Nelly, but because he’s more myself than I am.                                                                                                          Whatever our souls are made of, his and mine are the same.”

Wuthering Heights, Emily Brontë

 

 

 « Viens, viens à moi ! Viens me rejoindre ! M’as-tu déjà oublié, toi qui m’aimait autant, qui me chérissait plus que tout, qui ne vivait presque que pour moi, n’as-tu point de regret de mon départ, de ma mort ? Je te vois bien soucieux, ne sachant que faire pour soulager ta douleur, pour oublier ta souffrance.

« Toi et moi n’étions qu’un, je te connaissais mieux que toi, et tu me connaissais mieux que moi. Nous étions tous les deux comme deux âmes sœurs, à la fois aussi proche que les étoiles dans le ciel et aussi différents que le soleil et la lune. Rien ni personne ne pouvait nous séparer l’un de l’autre !

 

« Viens ! Va à la terre et viens à moi ! Je t’attendrais, mon amour, aux portes de l’Enfer, je serais là pour t’accueillir et nous rentrerons ensemble dans le royaume des morts, dans le royaume d’Hadès. Même dans la mort, nous serons unis pour l’éternité, sans obstacle à notre amour infini. »

                                                                                                                                   *

Ainsi je la voyais, plus resplendissante que jamais et ainsi elle me parlait, de sa voix si douce, si mielleuse et envoutante. Elle me paraissait si réelle et bien vivante, de chair et d’os, malgré le halo de lumière qui l’entourait et prouvait qu’elle n’appartenait plus à notre monde.

 

Mais, tel Orphée regardant Eurydice, aveuglé par l’amour, je ne pus m’empêcher de tendre ma main vers son corps afin de pouvoir une fois encore sentir la douceur de sa peau et elle disparut en fumée, emportée par la brise, et ne me laissant derrière elle qu’un sourire complice, de l’amer regret et quelques larmes dans mes yeux.

 

___ : Rythme ternaire

1er § : allitération en [m], évoquant la mort de la jeune femme

4ème § : allitération en [l], évoquant le désir du poète de ralentir le temps

5ème § : allitération en [s], évoquant le vent qui emporte la jeune femme et l’impossibilité du poète de l’empêcher de partir

 

Matthieu Z., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.






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Devoir de Giulia C. :





‘Aide-nous! Aide-nous! Le pouvoir d’un homme perfide nous maltraite, nous attaque et nous assassine injustement, nous sommes arrachés à nos familles, à nos amis, à notre liberté, on nous enferme dans ces camps meurtriers où nous manquons de tout ; notre seule raison de continuer, ce qui nous apporte la force de combattre et de ne jamais abandonner, est la pensée que les Alliés un jour viendront detrôner Hitler de cet empire où il mérite de périr.

 

         ‘Notre seule différence, celle qui nous ôta tout de notre vie mais dont nous sommes fiers néansmoins, celle qui nous fit affronter cet enfer mais grâce à laquelle on espère quand même atteindre le paradis est notre religion ; comment est-il possible que nos croyances, nos moeurs et nos coutumes soit à l’origine de telles horreurs, alors qu’après tout, toi comme nous, somme tous des hommes?

 

         ‘Aide-nous! Aide-nous! Ne ferme quand même pas cette porte, tu sais que malgré tout nous sommes humains, nous ne sommes et n’avons jamais été malhonnêtes, méchants ou infidèles, n’avons en aucune façon fait du mal à quelqu’un ; si tu nous laisses mourir en ce lieu maussade, nos vie malheureuses se termineront ici, nous quitterons ce monde mauvais où nous avons grandi, travaillé et aimé ; ne nous abandonne pas, nous sommes tous des maris, des pères de famille et des amis...’

 

                                                                                   *

 

         Après tout, ces pauvres juifs en pyjama rayé, la tête rasée, et incroyablement maigres n’avaient rien fait de si horrible, si terrifiant, si lâche pour mériter cette punition ; je me souviens les avoir pouchassés dans leur demeure, les avoir enfermés dans des trains, puis les avoir menés dans le lieu qui sera leur cimetière, tout cela par la faute d’un homme cruel, infâme et horrible.

 

                Si leur sort dépendait de moi, je les aurais aidés, secourus, suivis jusqu’à ce qu’ils soient libérés, sains et saufs, même si je sais que leur femme et leurs enfants ne sont déjà plus sur cette Terre injuste ; malgré mes souhaits, je sais que je n’ai pas le choix, mon uniforme de capitaine nazi m’empêche de désobéir aux ordres qui m’ont éte donnés, et c’est avec un air désespéré que je sortis de cette horrible salle et enfermai les pauvres innocents dans la chambre à gaz.

 

 

 

 

------ : allitération en [s] et [z] évoquant la fuite du gaz

 

______ : rythmes ternaires

Interprétations :

------ : allitération en [m] évoquant la mort



 Giulia C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.

 

 


                                                                                                                                                      

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Devoir de Justine L. :


Manon Lescaut

 

            « Crois-moi, crois-moi ! Je t’ai trompé ? Qu’importe, c’était mon amour qui parlait.          Un amour qui me força à bien des choses, afin que nous vivions dans le confort     que t’autorise ta noble condition.

 

            « Souviens-toi, souviens-toi ! A nos débuts, quand la passion qui nous animait l’un    et l’autre nous imposa la folle perspective de nous défaire de nos destinées           respectives ! Nous étions si heureux, rien que nous deux.

 

            « Hélas, cher Chevalier, il faut que tu comprennes que l’amour ne paye les mets         dont nous nous régalons, ni le toit que nous partageons. Ainsi, mon amour, crois-moi, ce fut la nécessité qui me poussa à te tromper !»

 

            *

 

+       Sa plaidoirie achevée, ma belle se précipita dans mes bras, pria, pour la seconde           fois que je la pardonne, et me jura que jamais elle ne récidiverait.

 

            Las! J’aurais voulu résister, mais que pouvons-nous faire face à la détresse d’une +   déesse ? Pour la seconde fois, je déposait les armes, lui souris de ce sourire qu’elle         aimait tant, et m’abandonnai à ses caresses. Cependant, le dernier mot de sa     supplique me revint à l’esprit : «tromper». Si elle avait dit vrai, assurément, elle         aurait achevé son discours par le terme «pardonner». «Tromper» me fit penser qu’elle pourrait recommencer.

 

 

 

Allitérations  - en [a] : leur amour partagé.

        - en [r] : les remords ressentis d’une part par Manon, pour avoir trahi la                                 confiance du chevalier, d’autre part par le chevalier, qui hésite à                                      lui faire confiance une fois de plus.

 

 


Justine L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.




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Devoir de Jeanne D. : 


 

« Envole-toi ! »

 

+

« Envole-toi ! Envole-toi ! ne te retournes pas, avance à grands pas. Regarde, regarde au loin à l’horizon, abandonne les mots, les craintes, les trahisons, contemple les saisons. Automne, hiver, été, ouvre tes yeux, contemple-les. Cueille le printemps, cueille l’amour, cueille la vie qui t’attend !

 

+

Entends-tu les rossignols, les hirondelles, les éperviers ? Ecoute chaque bruit de la forêt ! C’est comme un immense chant d’espoir, une symphonie proclamant la liberté ! Oui, la liberté ! La vraie, celle que l’homme ne connaît, qu’il méprise en vivant en société, mais qu’il désire, et qu’il savoure parfois le temps d’un sourire.

 

+

Envole-toi ! Envole-toi ! Ne vois-tu pas, ce ne sont ni la haine, ni la peur, ni la douleur qui t’attendent là-bas, ni les mensonges ni les guerres qui ont tué tes frères, ni même les armes qui font couler tant de larmes. C’est Zeus, Eros et Aphrodite, c’est l’aube, l’aurore et le crépuscule, c’est la lyre, la poésie et la chanson, c’est l’amour, le bonheur et la passion ! »

 

                                                           *

 

L’homme marcha, les yeux remplis de larmes, cheveux au vent, le regard perdu et profond, tourné vers de nouveaux horizons. Tant de haine et de douleur lui avait froissé le cœur, tant de questions sans réponses, tant de vie sans joie, de joie sans paix, de paix sans amour, d’amour sans vie. Il ne laissait derrière lui qu’un passé noircit par l’orgueil et le mépris, un passé qui ne connut jamais de beaux jours, qui ne vécut jamais d’amour.

 

Mais à présent devant lui, s’étendait, simplement, le paradis. Un champ de roses et de violettes, où l’eau pure et le miel coulent en abondance. Terre promise où la nature est une fête, où les oiseaux du ciel sans cesse dansent. Heureux soit-il, l’homme qui un jour trouve ce paradis merveilleux, ce repos inconcevable, cet paix accomplie, cette amour infini. Heureux soit-il car plus que la vie, le paradis est à lui ! 

 

                                                                                    

 

 

 

 

Strophe 1 : assonance en [a] :

Evoque le bruit des pas, de l’avancement de l’homme, mais évoque également son admiration, son exclamation face à ces nouveaux paysages qui l’entourent.

 

Strophe 2 : allitération en [r] :

Evoque le roucoulement des oiseaux ainsi que les bruits de la forêt et de la nature.

Jeanne D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.




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Devoir de Felix K. :

 

« Murmure-moi ! Murmure-moi à travers la fissure du mur tes mots doux et tes paroles passionnées. Pitié, je ne puis demeurer séparé de toi plus longtemps. Mes souffrances accroissent chaque jour et sous ces cieux ténébreux ; écoute ma prre ! La haine qui envahit les esprits de nos parents malheureux est un obstacle à notre amour éternel.

 

« Échappons-nous, échappons-nous au delà du Tigre et de l’Euphrate, là,  dans les forêts endormies où jaillissent ces fruits de couleur pure. Dans cet endroit, dit on, les hommes sont libres, heureux et sans craintes. Mettons fin à cet illusion amoureuse : ce qui est à présent mirage deviendra certitude. Alors suis-moi dans cette forêt de la vie !

 

« Me voici enfin au pied du mûrier de notre union. Que vois-je ? Est-ce ton foulard ? Oh ! Je suis mort, je suis détruit, je suis anéanti ! Adieu ma chère, que nos destins se croisent dans les jardins du monde meilleur. Ma vie n’est plus utile, ma route ne peut plus être tracée. »

 

 

J’ai entendu ses cris traverser la forêt, ses cris de chagrin, ses cris de passion, ses cris d’amour. Revenant au lieu du rendez-vous, je le vis, baignant dans son sang amoureux.

 

L’ombre de l’arbre fatal couvrait le corps de Pyrame, et bientôt allait couvrir le mien. C’est au pied de l’arbre qui conservera l'empreinte de notre sang et qui portera les fruits symboles de passion, de sacrifice et de larmes, que le poignard traversa mon cœur sombrant dans la douleur.

 

[s]= secret             

[p]=passion  

[r]=interdiction

[t]=réalité de la mort des personnages

n=rythme ternaire

Fondée sur la légende de Pyrame et Thisbe


Felix K., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.




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Devoir de Louise D. : 

 

« -Viens, viens ! Je t'attends ici, où nul ange n'égale ni ta beauté, ni ton charme, ni ta grandeur. Je suis prisonnier de la brume, où nul homme n'imaginerait survivre, et pourtant ma plus grand tyrannie reste celle de t'avoir perdu ; crois-tu qu'Hades me laisserait m'échapper ne serait-ce qu'une seule seconde juste pour revoir la lueur des étoiles briller dans tes yeux ? »


 

« -Viens, viens ! Chaque minute est une entaille à mon cœur, un tourment à mon âme, une nouvelle traînée de pleures. Ce lieu est noir, froid, et perdu. Perdu. Je suis perdu dans un océan de désespoir, tandis que je te vois te détruire alors que je ne peux plus rien pour toi ce soir. »


 

« -Viens, viens ! Viens trouver la paix. Détaches-toi de ce monde fou. Je donnerais une seconde fois ma vie rien pour entendre ton rire une dernière fois, rien que pour sentir ta peau contre moi. Il ne te suffit que d'un geste vif. Il ne te suffit que d'éteindre la lumière, et de venir jusqu'à moi. »


 

*


 

Je hurlais, j'agonisais. Oh, combien j'aurais aimé répondre à son invitation et le rejoindre là où il était. Qu'il fut en Enfer ou au Paradis, je l'aurais rejoint avant l'aube, peu importe s'il me fallait traverser la lumière et y perdre la vie.


 

Il avait l'air de souffrir mille tourments et même la Lune qui lui avait apprit ma résurrection ne lui avait pas redonné espoir, ou même envie. Il ne pouvait pas oublier ce terrible cauchemar, il ne pouvait pas oublier cette horrible nuit, et tout le replongeait dans le noir, état d'âme dont j'étais prisonnière aussi.

Louise D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010. 






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Devoir de Charlotte M. :

 

 

« Attends ! Attends ! Ne t’en vas pas. Reste près de moi.  Tu sais combien je tiens à toi. Quand tu me souris  je suis épanoui, quand tu me parle je deviens jovial. Lors du dernier bal au château de Fontainebleau, tu était élégante, charmante et resplendissante. Par pitié Adèle, reste près de moi.

« Souvient- toi le soir de notre rencontre, au clair de lune sous ce ciel étoilé. Nous nous étions promis l’un à l’autre pour l’éternité. Lors de notre premier baiser, je me rappelle que tes lèvres étaient aussi  douces que des pétales de rose et aussi délicates que la soie.

« Attends ! Attends ! Ne t’en vas pas. J’accourrai dès le lever du jour pour annoncer à mon père le roi, que je souhaite me marier avec toi, et non avec la fille du baron de Savoie.  Je le persuaderai de te faire devenir mon épouse. Adèle, reste avec moi. »

                                                   * * *

Ses belles paroles terminées, il s’agenouilla devant moi, les mains croisées, avec son sourire maussade  et,  me faisant mille et une promesses,  me supplia de rester quelques moments encore. Il souhaitait faire de moi sa femme,  première dame de France.

Je lui répondis sur un ton contrarié que toutes ses flatteries n’avaient  aucun effet sur moi et que  depuis cinq ans que nous nous connaissions, il n’avait cessé de me répéter chaque jour que nous nous marierions. Je lui montrai que depuis tant d’années, notre amour avait finis par fané et que j’avais rencontré un autre homme. A ce moment -là, de grosses larmes se mirent à ruisseler sur ses joues, et en homme qu’il est, il me dit que tant que je serai heureuse, il accepterait. Et de ce pas, il me prit la main, m’embrassa et s’enfuit en direction de la forêt. 

 

 

L’allitération en {r} représente à la foi le désir et le rêve du jeune homme de ce marié avec Adèle.                                                                                                                                                          L’allitération en {i} montre au combien le jeune homme tient à Adèle.                                                   Ce qui est souligné représente le rythme ternaire .                                                                         En bleu, ce sont les références culturelles.

 

 

 Charlotte M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010. 

 

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Devoir d'Aidan M. :

 

- “ Régarde ! - Régarde ! - C'est moi, c'est Hadès qui brise la paroi faible de la Terre pour te sauver de ta vie futile ; je suis le maître des enfers, le gardien des âmes perdues, le souverain du royaume des morts ; je suis ton oncle, frère de Zeus, frère de Poséidon !


 

" Régarde ! - Régarde ! - C'est mon palais, mon royaume dans toute sa splendeur, je t'offre mon cœur, mon âme, mon esprit, et tous les poissons du Styx sont des cadeaux, qui représentent mon amour infini !


 

"Je te choisis car tu es plus belle que le jour, plus belle que la vallée d'Enna, plus belle que les narcisses que tu cueillis ; tu est la plus belle, je veux passer le reste de ma vie indigne dans tes bras ; je t'invite à être la déesse des Enfers ! "


 


 

Je regardai cet homme avec émerveillement, et comme je ne pouvais plus contrôler mes sentiments, une larme coula sur ma joue ; ses yeux me fixaient, et chaque mot qu'il prononcait avec passion me brisait le cœur, mais je lui répondis que je ne pourrai pas vivre dans l'Enfer.


 

Il était blessé, et lui aussi il pleura, mais, il me dit que j'étais la seule qui méritait une trône à côté de lui dans son palais, et à cet instant il m'offrit six pépins de grenade, que je mangerais chaque hiver pour le reste de l'éternité.


 Aidan M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010. 




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Devoir d'Adrien C. : 


Regarde-moi ! Regarde-moi ! Tes mots me reniant cinglent vers mon cœur noir de douleur tels des flèches ardentes, m’abattant comme Héraclès abattit les oiseaux du lac Stymphale de ses flèches ! Tu ne me regardes toujours pas, ma vie s’enfuie en même temps que toi !


 

Assez ! Je n’en puis plus. Pourquoi te refuser à mon âme ? Ma tristesse est insupportable, douloureuse et aussi profonde que les abysses du Tartare. Tu fais naître en moi un sentiment mêlé de haine, d’amour et de tristesse !


 

Regarde-moi ! Regarde-moi ! Pourquoi un tel dédain ? Que me reproche-tu ? Ma quête de toi sera-t-elle sans fin ? Que ne ferais-je pour t’avoir auprès de moi ! J’erre à travers les bois vides, calmes et enivrants, te poursuivant pour toujours !


 


 

*


 

Après tant de jours, la nymphe Daphné, épuisée par sa fuite éperdue, demanda à son père Zeus de la délivrer à l’aide d’une métamorphose. Ce dernier, pris de pitié, lui accorda ce vœu.

Devant Apollon abasourdi, Daphné se transforma en un magnifique olivier.


 

Apollon fut pris d’un chagrin sans limite, et pleura sa belle durant des jours et des nuits.

Mais un matin, alors qu’il pleurait adossé à un saule, un corbeau se posa sur son épaule.

Apollon se leva alors, et décida que s’il ne pouvait faire de Daphné sa femme, il en ferait son arbre.



 



 

Allitérations :

  • En [r] : exprime la rage d’Apollon de ne pouvoir faire de Daphné sa femme.

  • En [l] : exprime le temps qui coule et qui fait qu’Apollon ne reverra jamais Daphné.



 


Adrien C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010. 
 


 

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Devoir d'Alexandre E. :


 

.
 
 
Cours! Cours! Eveille-toi et cours! Tu ne sais où tu vas, tu ne sais pourquoi. Egaré
 dans les méandres sinueux de ton propre Commencement tu doutes et tu trébuches, seul.
 
Et tu cours, desepérément tu cours. Car tu ne peux encore étendre tes ailes pour embrasser
 les cieux infinis. Tu tombes et titubes tel un oeuf encore qu'à moitié éclos, aveugle face aux tumultes de la vie.
 
Mais bientôt les coups répétés brisent la coquille et te chassent du doux refuge de l'innocence.
Tu te retrouves seul, seul dans le froid, seul avec tes démons naissants. Les coups volent, des
pierres suivront. Et tu te relèveras, abandonné, blessé, mais fier à jamais, tu poursuivras ta route,
si loin d'un paradis déjà perdu.
 
                                                                                *
 
Sa course deviendra une fuite perpétuelle, une fuite éternelle. Je le vois, comète parmi les étoiles,
s'embraser et consumer les ténèbres. Il brûle d'un feu vif, une étincelle de vie, une illusoire prétension dans cet univers glacé.
 
Chaque expiration est un râle, chaque inspiration est une bouffée de vie.
 Il meurt et renaît à chaque pas, chaque souffle, chaque instant.

 



Alexandre E., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010. 






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Devoir de Lucie E. :




 

« Chante ! Chante ! Comme tu l’as si bien fait ignorant ma présence. Lorsque la noirceur de cette nuit de silence t’enrobait d’une élégance comparable à celle du bras de l’homme qui t’enlace et qui t’aime.

Chaque note est une douceur qui effleure mon être, chaque cambrure est un plaisir à mes yeux, et cette beauté cachée que tu ne reflètes qu’+au fredonnement de tes airs, +au mélange de tes notes, +aux vibrations de ton corps.

Chante ! Chante ! +Pour le simple plaisir de l’ouïe de nous autres, +pour m’apprendre à apprécier cet art ordonnée, +pour me permettre de comprendre celui de la muse Euterpe.  »

*

Sa passion était forte, une passion envers moi, qui lui permit d’ouvrir ma porte, sans se douter qu’il ignorait tout de moi. Son regard profond, rivé en ma direction, lui fit trahir son admiration.

Son élan, trop important, l’emporta et le laissa sans voix. C’est alors qu’il me tendit sa main remplie d’amour comme si son cœur y était déposé, comme si Aphrodite l’avait emporté.

 

Allitérations :

[en] : le chant, le mouvement d’une mélodie

[p] : incitation : puissance, force, passion qui permet l’homme d’accéder en le narrateur

Rythmes ternaires : +







Lucie E., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2010. 


 

 

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 Devoir de Lorna L. :

 

Les voix de Jeanne d’Arc.

 

-          «  Ecoute ! – Ecoute la voix de Sainte Catherine ! toi, jeune réfugiée, écoute mes paroles sans douter. Cette mission t’a été confiée par Dieu et se doit d’être accomplie. Par ta volonté, ton courage et ton amour, toi seule peut sauver notre pays.

 

«  Ecoute ! – Ecoute ce que j’ai à te dire. Repousse les anglais de France. Viens au secours de notre roi dont le royaume subit l’occupation anglaise et fait le ainsi sacrer à Reims. Suis ton destin qui amènera justice liberté et victoire.

 

«  Ecoute ! – Ecoute ces paroles saintes et bénies. Ta persévérance fera céder le capitaine du roi et sauvera notre pays. Jeanne, petite fille réfugiée, sois forte et tu seras béatifiée ! je t’envoie vers un destin héroïque, et il ne tient qu’à toi pour le réaliser ! »

 

*

 

Ses paroles prononcées mais que je n’entendais plus, elle disparut et je commençai à douter de ce qui venait de se passer. Etait-ce de la folie, un rêve ou réalité ? Etait-ce un piège, une moquerie ou une sainte mission ? Ma tête raisonnait encore de ces paroles terrifiantes sans raison.

 

Mais je trouvai soudain une force en moi, comme si elle ne me laissait pas de choix. Ma raison me poussait à aller vers l’avant et écouter mon destin. Prenant conscience de la réalité de ma mission, contre ma frayeur et l’incrédulité, mon courage et mon héroïsme prirent le dessus.

Lorna L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2010. 

 


Date de création : 16/11/2009 @ 10:58
Dernière modification : 09/06/2010 @ 17:09
Catégorie : Copies d'élèves 2009/2010
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