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Copies d'élèves 2009/2010 - Commentaires 2nde 3

Commentaire composé en trois heures, sous forme de devoir surveillé, le 10 mars 2010.

A Jeanne
(Victor Hugo), recueil Les chansons des rues et des bois, 1866.

Ces lieux sont purs ; tu les complètes.
Ce bois, loin des sentiers battus,
Semble avoir fait des violettes,
Jeanne, avec toutes tes vertus.

L'aurore ressemble à ton âge ;
Jeanne, il existe sous les cieux
On ne sait quel doux voisinage
Des bons coeurs avec les beaux lieux.

Tout ce vallon est une fête
Qui t'offre son humble bonheur ;
C'est un nimbe autour de ta tête ;
C'est un éden en ton honneur.

Tout ce qui t'approche désire
Se faire regarder par toi,
Sachant que ta chanson, ton rire,
Et ton front, sont de bonne foi.

Ô Jeanne, ta douceur est telle
Qu'en errant dans ces bois bénis,
Elle fait dresser devant elle
Les petites têtes des nids.


Ce poème peut être entendu lu par une élève dans la zone "Téléchargements" du présent site.


Commentaire d'Adrien C. :

 

           Le romantisme est le mouvement littéraire prédominant du XIXeme siècle. Il est caractérisé par l’utilisation de l’expression du « je » et du « moi » à travers l’écrit et de certains thèmes tels que la fuite du temps, le lyrisme, la nature ou encore l’exotisme. Victor Hugo,considéré comme le chef de file du romantisme,a écrit en 1866 Les chansons des rues et des bois, recueil duquel est tiré « A Jeanne », le poème à commenter. « A Jeanne » est un poème que Victor Hugo dédie à une jeune femme, Jeanne, et dans lequel il exprime ses sentiments pour la jeune fille. Le texte est axé sur un lyrisme heureux et amoureux et sur la nature.

 

 

 

           En premier lieu, nous pouvons observer un lyrisme heureux tout au long du poème. Le poème exprime des sentiments de bonheur intense, notamment au sujet de Jeanne. En effet, elle semble être une femme parfaite, comme le prouvent « tes vertus » (v.4), « ta douceur » (v.17). Il semblerait même que « tout ce qui [l’] approche désire/se faire regarder par [elle] » (v.13-14).  De plus, cette image de femme parfaite est accentuée grâce à l’hyperbole « c’est un éden en ton honneur » (v.12). L’éden est le paradis, c’est-à-dire le plus beau lieu qui soit, et le fait qu’on lui dédie un éden renforce cette image de femme parfaite, de déesse. L’invocation que Victor Hugo utilise au vers 17 avec « Ô Jeanne » exprime un haut degré d’admiration de Jeanne de la part de ce dernier, Jeanne est telle une déesse. Tout ce contexte amoureux est donc propice à l’expression d’un lyrisme heureux et amoureux.

           De plus, on retrouve plusieurs adjectifs à connotation positive, tels que « purs «  (v.1), « vertus » (v.4 », « bonheur » (v.10), « éden » ou encore « bénis » (v.18), qui expriment bien le bonheur et la joie. On peut également observer que le poème est composé d’octosyllabes, qui expriment bien les pulsions de Victor Hugo, son désir pressant d’amour. Dans ce même état d’esprit, on peut remarquer les rimes croisées, qui sont la traduction stylistique de la réciprocité de l’amour entre Jeanne et Victor Hugo. On remarquera aussi l’utilisation de « bons cœurs » (v.8) qui est l’organe symbolique de l’amour. Tous ces éléments prouvent donc bien la présence d’un lyrisme heureux et amoureux.

 

 

 

           Le lyrisme est certes omniprésent dans le poème mais également proche de la nature, avec parfois des projections sur cette dernière, il y a donc également une omniprésence de la nature dans le poème.

           Tout d’abord, nous pouvons observe un champ lexical de la nature omniprésent, comme le montrent « bois » (v.2 et 18), « violettes » (v.3),, « aurore » (v.5), « cieux » (v.6), « vallon » (v.9) ou encore « nids » (v.20). On remarquera également l’allitération en [s], comme le prouvent « ces » (v.1), « sont » (v.1), « ce » (v.2), « sentier » (v.2), « semble » (v.3), « ressemble » (v.5), ou encore « cieux » au vers 6. Cette allitération est une allitération sifflante, qui peut évoquer le sifflement du vent dans les arbres. La nature est donc bien présente dans le poème.

           En outre, on peut également observer plusieurs procédés stylistiques au service de la nature. On pourra, par exemple, remarquer la comparaison « L’aurore ressemble à ton âge » au vers 5, qui frappe le lecteur, et insiste sur la nature. De plus, elle se met ici au service de l’amour d’Hugo. Il est possible de repérer ici plusieurs projections des sentiments d’Hugo sur la nature environnante. En effet, Hugo exprime des sentiments, heureux et joyeux, et on voit que la nature est en fête aussi, « Ce vallon est une fête » (v.9), « bois bénis » (v.18), « ces lieux sont purs » (v.1), « [ta douceur] fait dresser […]/ les petites têtes des nids » (v.19-20) l’illustrent parfaitement. On observe ici que les sentiments heureux se répercutent sur la nature qui est « [en] fête » (v.9), elle « dress[e] […]/ [ses] petites têtes » au passage de l’objet de la convoitise de Victor Hugo. La nature est donc présente et liée au lyrisme.

 

 

 

 

           « A Jeanne » est donc un poème romantique car il reprend des thématiques majeures du romantisme, tel le lyrisme ou encore la nature. D’autres auteurs romantiques, tels Lamartine ou Gérard de Nerval, utiliseront dan leurs œuvres des rencontres amoureuses, au dénouement heureux ou malheureux, avec toujours l’expression de leurs sentiments et de la nature.


Adrien C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.


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Commentaire de Guillaume S. :




        Le romantisme est le mouvement littéraire dominant du XIXème siècle. Il s’esquisse par la revendication des poètes qui souhaitent faire connaître leurs expériences personnelles à travers l’écriture. Les thématiques du lyrisme, de la fuite du temps, de la nature et de l’exotisme le caractérise. Victor Hugo écrivit en 1866 le recueil Les chansons des rues et des bois, duquel est extrait le poème à commenter. Hugo est considéré comme l’un des plus importants écrivains romantiques de la littérature française. « À Jeanne » est un poème versifié composé de cinq quatrains que le poète à composé pour un être qui lui est cher, Jeanne. Dans ce texte on remarque un lyrisme exalté omniprésent en harmonie avec un cadre naturel hyperbolique.

 

 

 

        Tout d’abord, en lisant le poème, notre attention est portée sur l’intensité avec laquelle l’auteur crée un lyrisme omniprésent. On le remarque dès le premier quatrain à l’aide des mots « purs » (v.1) et « vertus » (v.1) qui nous amènent à penser que Hugo va nous présenter une jeune fille avec de nombreuses qualités dans un lieu sain hyperbolique. Cette intensité du propos est traduite par l’invocation : « Ô Jeanne » (v.17) qui témoigne de la splendeur de l’être aimé. De plus, les hyperboles « Tout ce qui t’approche désire / Se faire regarder par toi » (v.13 et 14) et «  Elle fait dresser devant elle / Les petites têtes des nids » (v.19 et 20) montrent que rien ne résiste à la « douceur » (v.17) de Jeanne ; même pas les oisillons sortant de leur œuf. Ici, l’exagération de la beauté de Jeanne faite par le poète est typique du lyrisme romantique.

        En outre, Victor Hugo sollicite de nombreux sens afin d’intensifier les « vertus » de Jeanne. D’une part, le verbe « regarder » (v.14) sollicite le sens visuel. D’une autre part, les noms « chanson » (v.15) et « rire » (v.15) témoignent de la présence du sens auditif. Le terme « douceur » (v.17), quant à lui, montre la présence incontestable du toucher. L’utilisation abondante de ces sens permet d’embellir les faits et gestes de Jeanne et d’obtenir une image magnifiée de la jeune fille.

        Enfin, Hugo crée une harmonie entre Jeanne et la nature ; comme l’illustrent les expressions : « Ces lieux sont purs ; tu les complètes » (v.1), « Semble avoir fait des violettes, / Jeanne avec toutes tes vertus » (v.3 et 4), « Des bons cœurs avec les beaux lieux » (v.8), « Qui t’offre son humble bonheur » (v.10), « C’est une nimbe autour de ta tête » (v.11) et « C’est un éden en ton honneur » (v.12). Ici, l’harmonie créée par l’auteur entre Jeanne et la nature lui permet de façonner un lyrisme omniprésent tout au long du poème. Il est parfaitement exploité par Victor Hugo qui montre qu’il est un des maîtres du romantisme.

 

 

 

        Après avoir mis en évidence la présence s’un lyrisme exalté omniprésent, il est pertinent de montrer l’impact de ce lyrisme sur la nature environnante. D’une part, la nature, également présente tout au long du texte comme en témoignent les mots : « bois » (v.2), « sentiers battus » (v.2), « violettes » (v.3), « lieux » (v.8) et « vallon » (v.9), fait l’objet d’un cadre spatial propice à l’expansion du lyrisme amoureux. L’image de la nature est également magnifiée. Le poète la décrit comme un paradis. C’est la raison pour laquelle le champ lexical du paradis est présent dans le texte : « lieux […] purs » (v.1),  « cieux » (v.6), « beaux lieux » (v.8), « nimbe » (v.11), « éden » (v.12), « bois bénis » (v.18). De plus, la métaphore : « Ce bois, loin des sentiers battus » (v.2) fait référence au fait que ce paradis est « loin », très loin de la Terre. Ainsi, ce lieu hyperbolique est idéal pour conserver l’harmonie entre Jeanne et la nature et étendre le lyrisme du poème.

        D’une autre part, comme le montrent les expressions : « Ce bois, loin des sentiers battus, / Semble avoir fait des violettes » (v.2 et 3), « L’aurore ressemble à ton âge » (v.5), « Tout ce vallon est une fête / Qui t’offre son humble bonheur » (v.10) et « Tout ce qui t’approche désire / Se faire regarder de toi » (v.13 et 14) la nature environnante est personnifiée. Cela montre la volonté de l’auteur à en faire un personnage à part entière qui admire Jeanne.

        Enfin, l’allitération en [s] présente tout au long du poème qu’on repère à l’aide des mots : « ces » (v.1), « sont » (v.1), « ce » (v.2), « sentiers » (v.2), « semble » (v.3), « sous » (v.6), « cieux » (v.6), « sachant » (v.15), « chanson » (v.15), « dresser » (v.19) ajoute à la nature un effet de « douceur » (v.17), et de tendresse. Ainsi, bien que déjà splendide au départ, la nature est embellie par la présence de Jeanne, l’être aimé par le poète ; et le lyrisme devient omniprésent.

 

 

 

        Tout au long du poème, Victor Hugo a magnifiquement exploité les thèmes du lyrisme et de la nature, typiques du romantisme, en créant une harmonie entre ses deux thématiques. Dès le début du XIXème siècle, avec Balzac, un nouveau mouvement littéraire fera son apparition afin de répondre au romantisme qui exprime une vision naïve du monde. Ce mouvement littéraire appelé le réalisme aura pour but de dépeindre la réalité telle qu’elle est sans artifices. Il s’imposera à partir de la deuxième moitié du XIXème siècle.



Guillaume S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, avril 2010.




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Commentaire de Louise D. :  



          Le siècle du XIXème est gouverné par le mouvement Romantique. Ce mouvement consiste à faire rêver dans des contextes souvent fantaisistes, et à exprimer des sentiments forts souvent hyperbolés. Victor Hugo, l'auteur du poème, est un grand auteur romantique de ce temps. Il a nottament écrit plusieurs recueils dont Les chansons des rues et des bois en 1866. Le poème ci dessus parle d'une femme, Jeanne, qui compte apparement beaucoup pour lui. Dans ces vers, il y a tout d'abord une présence incontestée de la Nature, ainsi que du lyrisme amoureux, qui sont deux grandes thematiques du mouvement Romantique.




          Premièrement, la nature est omni-présente dans ce poème : il nous parle de « bois » (v.2), de « sentiers » (v.2), de « violettes » (v.3), d'un « vallon » (v.9), de « bois bénis »(v.18), ainsi que des oiseaux avec l'expression « les petites têtes des nids » (v.20). Cet endroit qu'il décrit pourrait symboliser un endroit qui est seulement connu de Jeanne et de lui, un endroit merveilleux car hyperbolé avec l'expression « un éden en ton honneur » (v.12). Cela pourrait aussi être un endroit béni, voire même le Paradis, comme le confirme les citations « ces lieux sont purs » (v.1), « les cieux » (v.6), « quel doux voisinnage » (v.7), « des bons coeurs avec les bons lieux » (v.7,8) qui pourraient être les anges du paradis, « nimbe » (v.11), « éden » (12), « bois bénis » (v.718). La présence de la nature est aussi exprimée par l'allitération en [n] parmi les citations  «Jeanne» (v4, 6 et 17), «ton âge» (v5), «ne sait» (v7), «une fête» (v9), «nimbe» (v16), «un éden» (v12) et «ton honneur» (v12).




           La Nature est donc exprimée de part et d'autre par des noms la caractérisant, ou encore par une allitération en [n]. Par la suite, on distingue une autre grande thématique romantique autre que la nature : le lyrisme. En effet, premièrement le poème a un rythme long, ce qui laisse penser à des sentiments posés, réfléchis, surs, entre les deux personnages. Mais ce n'est qu'une partie de l'amour exprimé par Hugo dans ce poème. L'auteur, plus qu'amoureux, hyperbolise complètement Jeanne, et la considère parfaite, comme le prouvent les citations suivantes, que nous trouvons tout le long du poème, « Ces lieux sont purs ; tu les complètes » (v.1), ici nous apprenons que Jeanne est pure. Par la suite nous retrouvons « Ce bois, loin des sentiers battus / Semble avoir fait des violettes, / Jeanne avec toutes tes vertus. » (v.4) qui nous laisse penser que Jeanne est privilégiée gràce à toutes ses vertus, car elle a le droit à un sentier éloigné, à part de touts ceux que les hommes peuvent connaître. Le tythme ternaire «  [...] ta chanson, ton rire, / Et ton front, sont de bonne foi » (v.16) montre l'insistance sur la bonne foi de Jeanne. Enfin, la citation « [...] ta douceur est telle / Qu'en errant dans ces bois bénis / Elle fait dresser devant elle / Les petites têtes des nids » (v.17,18,19,20) nous indique que la douceur de Jeanne est extrême, à un tel point que les oiseaux ne la craignent pas.




           En conclusion, ce poème est caractérisé par deux grands thématiques romantiques : la Nature, et le lyrisme, exprimés tout deux explicitement au cours de ce poème, poème qui est un exemple type du mouvement Romantique.


Louise D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, avril 2010.




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Commentaire de Felix K. :
 

 

                                       Le romantisme précède le réalisme en tant que mouvement  littéraire prédominant. Il se manifeste dès la fin du XVIIIème siècle et connaît son apogée peu après. Ce mouvement littéraire s’esquisse par la revendication des poètes du « je » et du « moi » qui cherchent à faire connaître leur expériences personnelles et est caractérisé par une exaltation des sentiments intenses ainsi que d’autres thèmes tel que la fuite du temps et la projection des sentiments sur la nature. Victor Hugo, un des plus grands écrivains du Romantisme et l’un de ses fondateurs, publie son recueil Les chansons des rues et des bois en 1866. C’est de là qu’émane le poème « A Jeanne » qu’il dédie à une jeune femme qu’il admire. Cette admiration est exprimée à travers un large registre lyrique et d’une projection des sentiments du poète sur la nature.

 

 

 

               Tout d’abord, Hugo exprime ses sentiments les plus intimes et c’est la force de l’exaltation amoureuse qui retient l’attention du lecteur. Le poète met en évidence ses sentiments grâce à un lexique appréciatif comme le démontrent les adjectifs valorisants : « purs »(v1),  « vertus »(v 4), « doux » (v7),  « bons cœurs »(v 8), « beaux » (v8), « bonne foi »(v16) et « douceur »(v17). Ce désir amoureux se manifeste aux vers 13 et 14 où l’auteur déclare que « tout ce qui [approche la jeune femme] désire/ se faire regarder par [elle] » grâce à un enjambement qui insiste sur cet amour. Dans ce poème, la jeune femme est présentée comme être presque parfait et ses qualités nobles et morales sont décrites à plusieurs reprises. Il suffit d’observer les hyperboles des vers 4 : « Jeanne avec toutes ses vertus » et 15 : « Sachant que ta chanson, ton rire, et ton front, sont de bonne foi » qui mettent en évidence cette perfection féminine. De plus, la pureté de la femme est mentionnée au premier vers, coupé par une césure à l’hémistiche qui met en relief cette dernière idée :  « Ces lieux sont purs, tu les complètes ». Cette admiration exprimée par l’auteur fait donc partie d’un vaste registre lyrique, puisque, grâce a cette admiration, il fait connaître ses sentiments ainsi que son désir.

              D’autre part, ce registre lyrique est accompagné d’une intensité du propos qui souligne cette intensité des sentiments. L’invocation «Ô Jeanne » au vers 17 exprime l’éblouissement de l’auteur. Des éléments créant une rythmique sont aussi présents, tel que les octosyllabes qui donnent un rythme assez dynamique et vif. Ce rythme rapide influence les sentiments de l’auteur puisqu’il suscite une certaine excitation et exaltation chez le poète. Les allitérations en [s] soulignent la douceur de la jeune femme avec : « sentiers »(v2), « ressemble »(v5), « cieux »(v6), « chanson »(v15), « douceur »(v17) et « dresser »(v19). Le pronoms possessifs « ton » et « ta » présents dans « ton honneur », « ta chanson » et « ton rire » (v15), « ton front »(v16) et « ta douceur »(v17) intensifient les sentiments amoureux car l’auteur donne l’impression qu’il est en contact direct avec son destinataire, ce qui rend son expression lyrique plus intime. Le temps grammatical du présent de l’indicatif accentue aussi le fait qu’il parle véritablement à la jeune femme à laquelle il a dédié le poème. Ce lyrisme intense est donc renforcé à l’aide d’une intensité du propos donné au poème grâce à de nombreuses figures de style.

              De surcroît, ce lyrisme débouche sur une évasion dans le rêve et l’auteur compare le monde naturel à u paradis, thématique romantique par excellence. Il utilise diverses comparaisons pour convaincre la jeune femme d’ouvrir ses yeux et de profiter de la vie « sous les cieux »(v6) (Cette idée met en évidence le concept du Carpe Diem qui dénonce le fait qu’il faut cueillir la jeunesse et profiter de la vie). Les expressions hyperboliques : « cieux »(v6), « beaux lieux »(v8), « fête »(v9), « bonheur »(v10), « « nimbe »(v11) et « éden »(v12) font référence à un paradis terrestre que l’auteur décrit avec grande précision. Le lyrisme de l’auteur est donc évoqué å l’aide d’une évasion dans un rêve, d’un paradis terrestre.

 

 

 

              Après avoir mis en évidence l’exaltation des sentiments amoureux, il serait pertinent d’analyser sa projection sur la nature. Il existe un lien entre le lyrisme et le cadre naturel qui l’accueille, typiquement romantique. Nous pouvons tout d’abord observer un champ lexical de la nature très présent dans le poème avec : « bois » et « sentiers »(v2), « vallon »(v9), « éden »(v12) qui met en relation la nature et le paradis terrestre exprimé lors de l’axe concernant le lyrisme, et « nids »(v20). De même, la diérèse du vers 3 sur « violette » insiste sur ce cadre naturel, propice au lyrisme des personnages.

              Par ailleurs, l’auteur compare la femme et la nature et dit qu’elles se complètent. Le premier vers souligne cette idée d’unification entre la femme et le nature :  « ces lieux sont purs ; tu les complètes ». Dans le neuvième vers, l’auteur déclare que « l’aurore ressemble [à l’âge de la jeune femme] » ce qui indique qu’elle n’a pas encore vu le monde puisqu’elle vient d’éclore, elle vient d’ouvrir ses yeux comme le lever du soleil. Les rimes croisées ainsi que les champs lexicaux de la nature et de la femme créent une alternance entre la femme et la nature comme s’il s’agissait d’une même personne. L’idée d’une femme naturelle et donc d’une ‘Dame Nature’ illustrée dans les deux derniers vers : « elle fait dresser devant elle/ les petites têtes des nids » ajoute cette perfection féminine presque divine. La femme est donc présentée comme déesse et la nature, paradis terrestre devient pérenne et immortelle. Le lyrisme de l’auteur est donc introduit dans la nature avec de successives comparaisons entre la femme et la nature.

 

 

 

          Le lyrisme, son reflet sur la nature et le caractère onirique du poème font un texte typiquement romantique. Les hyperboles et l’exagération des perceptions achèvent de démontrer ce dernier point. Tout en étant précurseur du romantisme, Victor Hugo est contemporain de bien d’autres auteurs romantiques comme Gérard de Nerval, Alphonse de Lamartine ou bien Chateaubriand. C’est contre cette vision embellie du monde et cette exaltation des sentiments que va prendre place le réalisme. 

 

 

 Felix K., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.

 

 

                     

 

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Commentaire de Jeanne D. : 

 

          Le Romantisme est le principal mouvement littéraire du XIXème siècle. Il valorise l’expression du « moi », des pensées personnelles, du lyrisme… Il se base sur des thématiques se rapprochant de l’évasion, du rêve, de l’exotisme, de la nature et utilise souvent la fuite du temps, le retour à la réalité, ce temps que l’on ne peut arrêter. Victor Hugo est considéré pour beaucoup comme le plus grand poète romantique du XIXème siècle. Il est né en 1802 et a écrit en 1866 un recueil de poèmes intitulé Les chansons des rues et des bois d’où est tiré le poème à commenter, « A Jeanne ». ce poème est destiné à cette jeune femme nommée Jeanne, et Victor Hugo exprime dans ce poème combien il la trouve parfaite . Le premier axe présent est le lyrisme, et notamment l’expression des sentiments hyperboliques de Victor Hugo vis-à-vis de cette jeune femme. Le second axe est la nature ainsi que les lieux divins, et leur mise en relation avec la perfection physique et morale de Jeanne.

 

 

 

          Avant tout nous rencontrons dans ce poème un lyrisme présent qui s’exprime par la description hyperbolique de Jeanne faite par Victor Hugo. Pour cela, tout au long du texte, Victor Hugo s’adresse à elle en utilisant la deuxième personnes du singulier, comme le montrent les pronoms personnels et adjectifs possessifs suivants, « tu » (v.1), « tes » (v.4), « ton » (v.5), « toi » (v.14). Il utilise également l’invocation « Ô Jeanne » au vers 17, qui montre non seulement qu’il s’adresse directement à Jeanne, mais qui montre également qu’il s’adresse à elle avec respect, la considérant comme une divinité, et témoignant directement des sentiments hyperboliques qu’il exprime à son sujet.

          De plus, pour lui prouver son admiration, Victor Hugo utilise des termes mélioratifs pour la décrire tels « tes vertus » (v.4), « bons cœurs » (v.8), « bonne foi » (v.8), qui témoignent de sa perfection morale. Il utilise également les noms communs « chanson » et « rire » (v.15) pour décrire son comportement d’après lui joyeux, plein de vie, de rire. Ce comportement joyeux, plein de vie pourrait également être l’interprétation du rythme de ce poème formé seulement d’octosyllabes. En effet, les octosyllabes étant des vers plutôt courts et rapides, ils pourraient être le symbole de la gaieté et du bonheur que lui inspire le personnage de Jeanne. La citation hyperbolique et métaphorique suivante, « c’est une nimbe autour de ta tête » (v.11) nous témoigne de la perfection absolue de Jeanne selon Victor Hugo qui en vient même à la comparer à un être divin et nous prouve ainsi un lyrisme exprimé par Victor Hugo.

          Par ailleurs, nous pouvons observer deux allitérations dans ce texte qui témoignent de ce lyrisme. La première est une allitérations en [l] comme en témoignent les termes suivants, « lieux » (v.1), « les » (v.1), « complètes » (v.1), « loin » (v.2), « semble » (v.3), « violettes » (v.3)… une interprétation possible à cette allitération serait la douceur, la fluidité, la perfection de la description de Jeanne et de Jeanne elle-même. Tout semble lié et en parfaite harmonie. Une deuxième allitération en [t] comme le montre les termes suivants, « tu » (v.1), « complètes » (v.1), « sentiers » (v.2), « battus » (v.2), « violettes » (v.3), « toutes » (v.4), « tes » (v.4), « vertus » (v.4), nous rappelle le pronom personnel « tu », qui désigne Jeanne, et qui est ici le centre du poème, l’objet du poème. Ces deux allitérations sont elles aussi des témoins d’un lyrisme omniprésent dans ce poème.

 

 

 

          Ce lyrisme et cette expression des sentiments venant de Victor Hugo est en partie mis en évidence, en relief et en parallèle avec la nature. La perfection physique et morale de Jeanne semble être projetée et comparée aux lieux qui l’entourent, des lieux pour la plupart divins et paradisiaques ainsi qu’hyperboliques. Le chant lexical de la nature est en effet fort présent comme le montrent les termes suivants, « bois » (v.2), « sentiers » (v.2), « violettes » (v.3), « vallon » (v.9), « nids » (v.20) ainsi que le champs lexical des lieux divins et paradisiaques souvent décrits de façon hyperbolique comme en témoignent les termes suivants, « lieux […] purs » (v.1), « cieux » (v.6), « beaux lieux » (v.8), « éden » (v.12), « béni » (v.18). tous ces lieux divins semblent être en harmonie avec la divinité de Jeanne.

          En effet, Jeanne et les lieux où elle se trouve semblent se compléter, semblent s’harmoniser. la citation suivante, « ces lieux sont purs ; tu les complètes » montre bien le lien, l’harmonie entre Jeanne et la nature. Tout comme ces lieux sont purs, Jeanne est pure également. La citation suivant, «Des bons cœurs avec de beaux lieux » (v.8) montre le parallélisme entre Jeanne et les lieux qui l’entourent. Victor Hugo utilise ici deux adjectifs mélioratifs proches pour décrire deux choses bien différentes, et montre ainsi la relation et l’harmonie que ces deux parties partagent. La citation « C’est un éden en ton honneur » insiste sur le fait que Jeanne est si parfaite qu ‘elle ne mérite rien de moins qu’un paradis, un éden en son honneur. Elle mérite un paradis et est ainsi comparée une fois de plus à une divinité, vivant en harmonie avec ces lieux divins.

          Enfin, Jeanne semble projeter sa perfection sur les lieux autour d’elle mais semble également recevoir de la nature qui en vient à se personnifier pour lui offrir plus de vertus. En effet par exemple, la dernière strophe est témoin de la projection, de l’effet de la « douceur » de Jeanne sur la nature : « […] ta douceur est telle / […] / Elle fait dresser devant elle / Les […] têtes des nids. » Jeanne semble quelque part déteindre sur le paysage, sur les lieux autour d’elle, son image hyperbolique est projetée sur la nature. Mais réciproquement, la nature semble elle aussi projeter ses qualités sur Jeanne, et Victor Hugo utilise pour cela des personnifications. La citation suivante, « Tout ce vallon est une fête / Qui t’offre son humble bonheur » est témoin de cela. En effet les mots suivants, « offre », « humble », « bonheur », sont des valeurs humaines qui ne peuvent pas, au sens propre, être exercées par des choses inactives comme un « vallon » ou une « fête ». ce procédé est utilisé pour montrer cette réciprocité de la projection de la perfection. En effet, tout comme Jeanne projète ses vertus sur la nature, la nature elle aussi projète ses vertus sur Jeanne.

 

 

 

          En conclusion, nous pouvons dire que ce poème de Victor Hugo est construit principalement autour de deux axes qui sont le lyrisme et l’expression de l’amour et de l’admiration qu’hugo a pour cette jeune femme, ainsi que ces lieux hyperboliques, cette nature grandiose qui semble être en totale harmonie avec Jeanne elle-même. Ce poème a pour grande richesse d’être dédiée à une jeune femme inconnue de tous, et beaucoup de questions sont à se poser quand à la situation de cette jeune et à la relation qu’elle aurait pu avoir ou ne pas avoir avec Victor Hugo. Est-elle un personnages qu’Hugo a réellement connu ? Est-elle la maîtresse d’Hugo ? Est-elle toujours en vie ? Qui est ce personnage si mystérieux et parfait ?

 

 Jeanne D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, avril 2010.

             






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Commentaire de Laura S. : 

 

 

 

Le romantisme est le mouvement littéraire phare de la première moitié du XIXème siècle. Il permet à l’auteur d’exprimer ses pensées les plus intimes. Les grandes thématiques de ce mouvement sont d’ailleurs le lyrisme, heureux ou malheureux, la nature, la fuite du temps ou encore l’envie d’exotisme. Victor Hugo est l’un des plus grands auteurs romantiques. Né en 1802, il écrivit dès son plus jeune âge de nombreuses œuvres poétiques mais aussi théâtrales ainsi que des romans. Le recueil dont émane le texte, Les chansons des rues et des bois, écrit en 1866, à l’apogée de la carrière d’Hugo, exprime dès le titre l’une des grandes thématiques romantiques : la nature. Dans le poème à commenter, A Jeanne, Hugo complimente une jeune femme qu’il idolâtre. Cependant, ce poème ne semble pas s’adresser à une femme en particulier mais à l’ensemble des femmes aimées. On observe alors un lyrisme amoureux ainsi qu’une projection de ces sentiments sur la nature.

 

 

 

 

Dans un premier temps, il serait intéressant d’observer le lyrisme amoureux présent dans ce texte. Tout d’abord, l’invocation «  Ô Jeanne » (v.17) ainsi que l’anaphore du prénom qui hante les pensées de l’auteur, « Jeanne » (v.4, 6 et 17) exprime l’obsession du poète pour cette jeune femme. De plus, l’allitération en [-t] présente dans l’ensemble du texte avec les mots « tu » (v.1), « violettes » (v.3), « tes vertus » (v.4), « ton » (v.4, 15 et 16), «  tout » (v.13), « ta » (v.15 et 17), la liaison du « devant elle » (v.19) ainsi que « les petites têtes » (v.20) est expliquée par le martèlement incessant du « toi » et donc le lyrisme amoureux du poète.

            En outre, la forme du poème elle-même est témoin de cet amour. Les vers octosyllabiques, considérés comme court expriment la rapidité et donc la vivacité amoureuse. On peut aussi imaginer que cette vivacité indique un amour qui paraît éternel pour l’auteur dû à sa puissance. Les rimes croisées démontrent l’entrelacement des pensées de deux êtres et donc cet amour peut-être partagé. La césure à l’hémistiche du vers 1 ainsi que les pauses naturelles des vers 11 et 12 mettent en valeur l’équilibre qui s’opère entre les deux êtres. Enfin, la virgule, toujours placé après « Jeanne » (v.4, 6 et 17) finit de mettre en relief les pensées vagabondes de l’auteur rien qu’à la prononciation de ce prénom si onirique  à ces yeux. On observe, là encore, les sentiments amoureux du poète.

            Enfin, le champ lexical des « vertus » (v.4) de Jeanne nous permet de remarquer l’admiration qu’il a pour cette femme. Il va même jusqu’à la « désire[r]» (v.13). Elle a d’après lui un « bon cœur » (v.8) et le rythme ternaire « ta chanson, ton rire // et ton front » (v.15 et 16) finit de marteler ses qualités. De plus, il y a aussi de la « douceur » (v.17). De même, la paronomase des « beaux lieux » (v.8) qui nous fait penser à ses « beaux yeux » nous font part de l’amour obsessionnel de l’auteur.

 

 

 

 

            Après avoir illustré le lyrisme amoureux du poète, il serait intéressant de voir comment il le projette sur la nature. D’une part, on peut observer que non seulement il projette ses sentiments mais il compare aussi cette nature qui lui semble si merveilleuse à l’héroïne comme l’indique : « c’est un nimbe autour de ta tête » (v.11) qui pourrait faire penser au côté angélique de Jeanne ainsi que l’illustre la citation «  c’est un Eden en ton honneur », un paradis réservé à elle, son ange. Aussi, il compare son âge à un moment magique, pur, comme on peut le voir avec «  l’aurore ressemble à ton age » (v.5) et cette pureté dans la comparaison au vers 2 de « ce bois, loin des sentiers battus » avec Jeanne, est là aussi mis en valeur car elle représente la virginité de la femme et de ce bois et illustre donc cette projection de sentiments sur la nature.

Comme on a déjà pu le constater précédemment la nature est omniprésente dans ce texte, on peut d’ailleurs observer un champ lexical très important avec « bois » (v.2), « sentiers battus » (v.2), « violettes » (v.3) « l’aurore » (v.5),  « cieux » (v.6) ou encore « vallon » (v.9), « Eden » (v.12) et « nids » (v.20). De plus, les allitérations en [-s] avec « ces » (v.1), « c’est » (v. 11 et 12), « cieux » (v.6) « ressemble » (v.5) ou encore « sont » (v.16) et « douceur » (v.17) ainsi que « dresser » (v.19) et en [-l] avec « lieux » (v.1), « loin » (v.2), « l’aurore » (v.4), « vallon » (v.9), « telle » (v.17) peuvent indiquer le sifflement du vent ou la liquidité de l’eau d’une rivière dans les bois ce qui crée un cadre très romantique et propice à la découverte de toutes les qualités de Jeanne. D’ailleurs, ces allitérations s’effacent dans la quatrième strophe qui ne parle, elle, que de l’être aimé.

Enfin, la personnification de la nature, comme on peut le voir dans «  tout ce vallon en fête » (v.9) qui « offre » (v.10) ainsi que ces «  bois bénit » (v.18) démontrent bien que son amour envers cette femme est tellement puissant que le narrateur en vient à adorer tout ce qui l’entoure. En outre, la comparaison des « petites têtes » [qui se dressent hors] des nids » (v.20) peut caractériser l’amour qui éclot (comme les oisillons) du cœur du poète. Cette projection sur la nature permet donc à l’auteur d’exprimer la totalité de son amour pour Jeanne.

 

 

 

 

            Le lyrisme amoureux ainsi que la projection de ses sentiments sur la nature sont deux thématiques récurrentes chez les poètes romantiques. Hugo exprime dans ce poème ses sentiments les plus intimes, bien caractéristiques du romantisme. Ces thématiques seront d’ailleurs reprises par d’autres grands auteurs du romantisme comme ChateauBriand ou Vigny ou encore Lamartine.

 

Laura S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, avril 2010.


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Commentaire de Lucie E. : 



          
     Au XIXème siècle, le mouvement littéraire dominant est le romantisme. Ce mouvement littéraire s’oppose au rationalisme des Lumières au XVIIIème siècle et permet à ses auteurs d’exprimer leurs sentiments intenses grâce au lyrisme. Victor Hugo est connu pour avoir été le chef de file du romantisme. La présence de la nature fait la qualité de ses poèmes romantiques comme nous le prouve « Les chansons des rues et des bois », un recueil écrit en 1866. « À Jeanne » est un poème destiné « à Jeanne »  dans lequel Victor Hugo lui déclare son amour. Par le biais du registre lyrique, il exprime ses sentiments les plus intimes à travers la beauté de la nature.

Le romantisme est un mouvement littéraire très présent au XIX ème siècle. Il est caractérisé par l’expression des sentiments intimes et intenses ainsi que par l’utilisation de certains thèmes comme la nature ou la fuite du temps. Ce courant est principalement utilisé par des grands auteurs comme Lamartine ou Victor Hugo. Victor Hugo est reconnu comme un des plus grands auteurs  romantiques de ce siècle. Il écrit en 1866 le recueil Les chansons des rues et des bois d’où est tiré le poème « A Jeanne ». Ce poème est dédié  à une femme ou une jeune fille prénommé Jeanne, comme l’indique le titre, mais aussi a la féminité en général. Dans cet extrait, l’admiration de l’auteur envers Jeanne, mis en évidence, marque la présence d’un lyrisme amoureux et la projection de ce lyrisme sur la nature marquent deux grandes thématiques propres au romantisme.

 

La thématique du lyrisme amoureux est donc omniprésente dans ce poème. Victor Hugo montre ses sentiments envers Jeanne dont on ne connaît rien. C’est un personnage imprécis. Il décrit comment il la voit et son admiration envers elle. En effet dans la première strophe, l’auteur montre que Jeanne complète la nature et en fait partie. Il l’illustre par « ces lieux sont purs tu les complètes » (vers 1). Il montre alors une symétrie entre ces lieux purs et Jeanne, qu’il montre aussi comme « pure » qui exprime son admiration.
Ensuite, il veut mettre en évidence le fait qu’elle est remplie de qualités comme le montre  « Jeanne, avec toutes tes vertus » (vers 4) et qu’elle est honnête et droite, « ta chanson, ton rire, / et ton front, sont de bonne foi » (vers 16).  L’anaphore du nom « Jeanne » au vers 4, 6 et 17 montre qu’il lui parle directement, que ce poème lui est consacré.  Il voudrait lui offrir un « éden » et lui monter que la nature lui offre sa beauté, « son humble bonheur » (vers 10). L’utilisation de « en ton honneur » (vers 12) montre que Victor Hugo voit Jeanne comme supérieur. Cela est aussi illustré par l’utilisation de « Ô » (vers 17) qui est principalement utilisé pour l’invocation d’un Dieu, d’un être supérieur.
           Par ailleurs, la jeune femme présente un aspect naturel car il la compare à la nature. Il compare alors son « âge » (vers 5) à « l’aurore » (vers5). On voit aussi que Jeanne anime l’invocation des plusieurs sens comme le toucher avec le verbe « douceur » (vers 17), l’ouïe avec « chanson » (vers 15) et pour finir la vue avec « regarder » (vers 14).
Grâce à ces différentes figures de styles et expression, Victor Hugo exprime ce qu’il ressent envers Jeanne. Il ressent un sentiment amoureux qu’il représente par une admiration. Le « bonheur » (vers 10) et la sollicitation des sens sont aussi une confirmation de ce lyrisme amoureux.

 

La présence de ce lyrisme amoureux a des conséquences sur la nature. Elle la complète. La nature est alors décrite comme encore vierge, une nature encore cachée et à découvrir. On le voit grâce au vers 2, « ce bois, loin des sentiers battus ». On voit alors que la nature décrite est située loin des terres cultivées et utilisées par l’Homme. Il fait ensuite une description méliorative de cette nature. Elle décrit les lieux comme « purs ». Il compare ensuite le paysage à un « éden », un paradis et les « bois bénis » (vers 18).
            En outre, une allitération en [s] au vers 6 et 7 avec les mots « existe », « cieux », « sous », « sait » qui évoque bien  la présence de la nature avec le bruit du vent qui siffle.
            Le vers 9, « tout ce vallon est une fête » illustre de nouveau le fait que l’auteur trouve la nature belle. Il l’a compare alors à une fête, quelques chose d’impressionnant. Le poète met en avant sa beauté, sa grandeur (« tout ») et il l’associe à l’Homme. C’est alors qu’il veut montrer que la nature et l’Homme, ici Jeanne, se complètent, que Jeanne fait partie de la nature  et que la nature lui partage sa beauté et sa richesse. Le fait qu’ils se complètent et principalement montré par le premier vers mais aussi par la ressemblance qu’il décrit entre l’âge de Jeanne et l’aurore. Puis, il exprime son idée de partage entre l’Homme et la nature en disant que la nature « offre son humble bonheur » à Jeanne (vers 10). C’est comme si alors Jeanne faisait partie de la nature. Jeanne est comme bénit, et la nature lui est offerte, « c’est un éden en ton honneur » (vers 12).

 

Après l’analyse de ce texte, on peut comprendre que le poète évoque son admiration pour Jeanne, personnage flou, et qu’il veut montrer que la nature et Jeanne se complètent, sont au même niveau et que en quelques sortes se ressemblent. Victor Hugo est un auteur phare du romantisme. Dans ce poème, tel que dans « A une jeune fille » du recueil Odes et ballades, il exprime se qu’il ressent et se qu’il pense.


Lucie E., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, avril 2010.






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Commentaire d'Aidan M. :


              Le mouvement littéraire dominant du XIXème siècle était le Romantisme. C'est un mouvement qui met en relief des sentiments intenses et personnels, le passage de temps et la nature. Victor Hugo, considéré comme l'auteur phare du Romantisme, écrit A Jeanne, un poème tiré de Les Chansons des rues et des bois, publié en 1866. Jeanne étant un personnage fictif, Victor Hugo s'adresse à une femme aimée, ou peut-être de manière plus générale, des femmes aimées et leur relation avec la nature. Cet œuvre est un exemple parfait d'un poème romantique, contenant deux thèmes essentiels de ce mouvement : le lyrisme et la nature.

 

 

             Dans tout le texte, l'auteur valorise constamment la femme aimée. Il montre son amour et sa passion pour Jeanne avec un ton très appréciatif: "avec toutes tes vertus" (v. 4), "l'aurore ressemble à ton âge" (v. 5), "Tout ce qui t'approche désire Ι se faire regarder par toi" (v. 13-14), "ta douceur" (v. 17). Tout ces citations montrent l'existence un lyrisme amoureux.

            De plus, Victor Hugo s'adresse à Jeanne comme s'elle était une être supérieur, une déesse. Il valorise ses qualités morales, en disant qu'elle est pure, "de bonne foi" (v. 16), avec un "nimbe autour de la tête" (v. 11), et lui offre l'"humble bonheur" (v. 10) d'un "éden en (son) honneur". Tout cela prouve encore la présence du lyrisme amoureux.

              Malgré l'utilisation importante du 'moi' dans la poésie Romantique, l'auteur utilise fréquemment des mots et expansions de 'tu': "tu" (v. 1), "tes" (v. 4), "ton" (v. 5), "t" (v. 10), "ta" (v. 11). Ces anaphores montrent peut-être l'obsession de Victor Hugo de Jeanne mas surtout la présence importante de cette femme manifestement admirée dans le poème.

           On remarque aussi plusieurs allitérations en {s}, avec "sentiers" (v. 2), "ressemble" (v. 5), "chanson" (v. 15), "douceur" (v.17) et "dresser" (v. 19). Ces sonorités illustrent la douceur de la femme aimée et mettent en évidence encore un lyrisme amoureux.

 

 

           Malgré la présence importante de Jeanne dans ce poème, la nature est aussi un thème essentiel. Victor Hugo décrit ces lieux avec des adjectifs appréciatifs comme "pur" (v. 1), "beaux" (v. 8), et "bénis" (v. 18). Il valorise la nature, disant que c'est "une fête" (v. 9), un lieux de "bonheur" (v.10), et notamment un paradis ou "éden" (v. 12). La nature est donc aussi un thème très présent dans ce poème.

           Il existe aussi une parallèle entre Jeanne et la nature. Il y a une certaine symétrie entre ces deux êtres purs et complémentaires ("tu les complètes" (v. 1)). L'auteur décrit dans la deuxième strophe le "doux voisinage I Des bons cœurs avec les beaux lieux" (v. 7-8). On a donc bien une parallélisme entre la pureté de Jeanne et la nature.

          Pour finir, cette combinaison pour Victor Hugo est parfaite, et on a peut-être le thème d'exotisme dans ce poème. L'auteur n'exprime pas de lyrisme douloureux, mais a certainement envie d'être dans cet éden avec cette femme divine.

 

 

           Dans ce poème Victor Hugo relie ces deux thèmes du lyrisme et de la nature et le résultat et un poème romantique. Il illustre parfaitement le désir de tous les hommes d'offrir un paradis, un éden aux femmes qu'ils aiment. Ces thèmes seront ensuite exploités par d'autres auteurs romantiques comme Alphonse de Lamartine ou Gérard de Nerval.

 

 Aidan M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, avril 2010.






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Commentaire de Shanel C. : 

 

 

 

            Dans ce poème, le registre lyrique permet à Victor Hugo d’exprimer son amour pour Jeanne. Tout au long du poème, il utilise un ton appréciatif pour valoriser cette femme dont il est amoureux. Jeanne semble attirer l’attention de tout ce qui l’entoure grâce à sa beauté et ses vertus, comme nous le montrent les vers 13 et 14 : « Tout ce qui t’approche désire / Se faire regarder par toi ».  Ses qualités physiques et morales sont personnifiées comme l’illustrent les vers 15 et 16 : « Sachant que ta chanson, ton rire, / Et ton front, sont de bonne foi » puis les vers 17 et 18 : « Ô Jeanne, ta douceur est telle / Qu’en errant dans ces bois bénis (..) ». Cela donne une certaine importance à ces qualités  pour l’auteur. Elles sont présentes et lui font de l’effet à lui mais aussi à ce qui l’entoure. Cette valorisation démontre les sentiments de Victor Hugo envers Jeanne. Il l’idolâtre.

            De plus, à travers le regard de Victor Hugo, Jeanne est vue comme une déesse. Il suffit de lire le vers 7 : «  Ô Jeanne, ta douceur est telle / Qu’en errant dans ces bois bénis (…) ». Jeanne est ainsi considérée comme une déesse car elle bénit les bois. L’invocation « Ô » montre que Victor Hugo s’adresse à elle comme une divinité ; comme étant supérieure a l’Homme. De surcroît, au vers 7, quand il s’adresse à Jeanne, c’est comme s’il disait que « sous les cieux », sous l’endroit où elle se présente, il existe un « doux voisinage ». Nous avons également au vers 11 : «  C’est un nimbe autour de ta tête/ C’est un éden en ton honneur. » . Cette hyperbole suggère que non seulement Jeanne est divine mais qu’elle est aussi lumineuse, comme si elle éclairait Victor Hugo. Il la sacralise. Cette luminosité pourrait aveugler l’auteur, comme ses sentiments amoureux.

 

 

 

            L’amour que Victor Hugo porte à Jeanne et qui est si bien exprimé dans ce poème est magnifié par la beauté de la nature. Jeanne semble être une femme naturelle. Dès le début du poème, au premier vers, une césure à l’hémistiche évoque l’équilibre entre Jeanne et la nature : « Ces lieux sont purs ; tu les complètes ». En effet il règne un équilibre parfait entre Jeanne et la nature qui est mimé par le son des rimes croisées. Cela évoque une certaine liaison entre Jeanne et la nature comme s’ils se complétaient. Jeanne est une femme pure et naturelle. Elle est loin de la brutalité et de la méchanceté des hommes comme le montrent les vers 2,3 et 4 : «  Ce bois, loin des sentiers battus, / Semble avoir fait des violettes, / Jeanne, avec toutes tes vertus. » C’est comme si Jeanne embellissait les chemins qu’elle empruntait, comme si elle avait le pouvoir de magnifier les choses. Nous pouvons également constater une diérèse sur le mot « violettes » au vers 3, pour insister sur cet élément de la nature, sur sa beauté. Ici aussi nous pouvons dire qu’elle est supérieure à l’Homme en étant plus proche de la nature. En effet, elle est même comparée par la beauté de la nature. Il suffit de lire vers 5 : » L’aurore ressemble à ton âge ». Jeanne, la femme dont Victor Hugo est amoureux, est liée par la nature.

            En effet, dans ce poème, la nature est omniprésente. Cela se traduit par son champ lexical : « violettes »(v.3) ; « l’aurore »(v.5) ; « cieux »(v.6) ; « vallon »(v.9). De même, nous pouvons constater une allitération en (s) qui pourrait évoquer le sifflement du vent : « Ces lieux sont purs ; tu les complètes / Ces bois loin des sentiers battus, / Semble avoir fait des violettes. » (v. 1,2,3) ou encore une allitération en (l) : « Jeanne, il existe sous les cieux, / On ne sait quel doux voisinage / Des bons cœurs avec les beaux lieux. «  (v. 6,7,8) qui pourrait évoquer la liquidité de l’eau, élément de la nature.

 

 

 

            Dans ce poème, Victor exprime ses sentiments amoureux et intimes à Jeanne, vue comme une déesse de la nature. Ce poème est incontestablement un poème romantique puisqu’il traite la thématique de la nature et un registre lyrique. Victor Hugo était le plus grand auteur romantique du XIXème mais des auteurs qui lui sont contemporains comme Alphonse De Lamartine ont aussi écrit des poèmes comme « Le Lac » où le registre lyrique et la thématique de la nature sont présents.

           

 

 

 Shanel C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.




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 Commentaire de Giulia C. : 

 

            Au XIXème siècle, le mouvement littéraire était le romantise, fondé sur l’expression des sentiments personnels. Victor Hugo est un écrivain français de ce siècle. Il fut le plus grand poète romantique de cette période, et fut un artiste complet car il écrivit une oeuvre abondante dans tous les genres : théâtre, poésie et roman. Il écrivit, en 1866, le recueil Les chansons des rues des bois, d’où est extrait le poème ‘A Jeanne’. Nous allons voir en un premier axe de lecture le lyrisme, puis en un deuxième la nature.

 

 

 

 

 

            Dans ce poème, le lyrisme, c’est-à-dire l’expression des sentiments du poète, est très présent. En effet, tout au long du poème, le narrateur exprime ses sentiments amoureux pour la nommée Jeanne. On sait qu’il s’exprime à elle en particulier, déjà à partir du titre ‘A Jeanne’, mais aussi par le fait qu’il répète son nom à plusieurs reprises dans le poème, aux vers 4, 6 et 17. Pour Hugo, Jeanne n’est pas une personne commune. Déjà, le fait qu’elle soit loin des ‘sentiers battus’ (v-2) signifie qu’elle est loin des sentiers utilisés par les hommes, dans un endroit isolé, et elle se distingue donc des autres. Donc, le fait de nous montrer que Jeanne est unique est une manière d’exprimer ses sentiments personnels.

            De plus, Jeanne a de nombreuses qualités, énoncées par le narrateur dans ce poème. C’est une femme pleines de vertus, dont la douceur est renforcée par la personnification ‘ta douceur est telle / qu’en errant’ (v-17-18), ce qui la rend plus réelle, plus humaine, et non pas superficielle. On trouve une autre personnification de ‘[sa] chanson, [son] rire / Et [son] front’ (v-15-16), qui sont de ‘bonne foi’ (v-16), ce qui insiste sur la vraisemblance et la réalité de ses qualités. C’est une personne honnête, qui n’essaie pas de se faire passer pour quelqu’un qu’elle n’est pas. On voit donc que le lyrisme est aussi exprimé à travers les différentes figures de style.

            On trouve aussi le champ lexical de l’amour dans ce poème, comme le montre : ‘Des bons coeurs’ (v-8), ‘désire’ (v-13), ‘douceur’ (v-17), ‘vertus’ (v-4). De plus, on identifie une allitération en [t], que l’on peut interpréter comme une insistance, le narrateur est sûr à propos de ce qu’il évoque : ‘tu’ (v-1), ‘battus’ (v-2), ‘vertus’ (v-4), ‘petite têtes’ (v-20). En outre, la forme du poème renforce les idées énoncées. Les vers sont courts, ce qui souligne la simplicité du poème, et donc la simplicité de Jeanne, ce qui renforce le fait qu’elle soit naturelle. On remarque donc que le narrateur exprime ses sentiments à travers le champs lexical de l’amour, et par la forme de poème.

            En outre, d’après le narrateur, Jeanne plait à ‘Tout’ (v-13) ce qui signifie non pas seulement aux êtres humains, mais à la nature aussi. Il la considère comme un partie de la nature, car ses vertus ont crée des violettes, dans le premier paragraphe. Elle aide donc à rendre la nature plus magnifique que ce qu’elle est déjà, c’est-à-dire que Jeanne doit être très belle d’après Hugo. On trouve aussi une comparaison au vers 5 : ‘L’aurore ressemble à ton âge’, ce qui signifie qu’elle est jeune, comme l’aube qui vient juste de naître. Elle attire à la fois les hommes, les animaux (‘les petites têtes des nids’ (v-20)), et la nature : ‘ce vallon est une fête / Qui t’offre son humble bonheur’ (v-9-10). Donc, d’après Hugo, si Jeanne n’était pas là, la nature serait différente, il manquerait quelque chose. Le lyrisme est donc renforcé par le fait que Jeanne plait à tous, et qu’elle est indispensable.

            Pour finir, Jeanne est comparée à une divinité. En effet, quand le narrateur la décrit avec ‘un nimbe autour de la tête’ (v-11), elle est comparée à un ange, à une créature divine. De plus, ‘un éden en [s]on honneur’ (v-12), signifie qu’un paradit a été crée pour elle, ce qui ne serait pas le cas pour une commune personne. Cette impression se renforce lors du vers 17, avec l’invocaton ‘O Jeanne’, lorsque le narrateur lui parle comme si c’était un dieu. Jeanne est donc décrite comme une créature divine, non commune. Le fait de la comparer à une divinité est le dernier facteur que Hugo utilise pour exprimer ses sentiments.

 

 

 

            Nous avons vu que le lyrisme est omniprésent dans ce poème. La nature joue cependant un rôle très important. Pour commencer, on retrouve un champ lexical important : ‘purs’ (v-1), ‘bois’ (v-2), ‘violettes’ (v-3), ‘aurore’ (v-4), ‘cieux’ (v-6). On remarque aussi des allitérations en [r] (‘purs’ (v-1), ‘vertus’ (v-2), ‘aurore’ (v-5), ‘errant’ (v-18)), qui donnent un effet de ronronnement du vent. On distingue également des allitérations en [l], comme dans les mots : ‘lieux’ (v-1), ‘complètes’ (v-1), ‘vallon’ (v-9), ‘telle’ (v-17). Celà donne une impression de fluidité du texte, de la simplicité des propos, du fait que le narrateur n’a pas d’hésitation à propos de ce qu’il énonce. La nature est donc identifiée à partir du champ lexical et allitération.

            De plus, on remarque que la nature a un rôle très important par rapport à Jeanne. On note au vers 1 une césure à l’hémistiche, qui marque néansmoins une séparation entre les deux. D’après ce vers, on en déduit que, pour Hugo, Jeanne est nécessaire pour que la nature soir parfaite, mais la nature est après tout indisensable pour elle, car elle est elle aussi humaine. D’apres l’expression ‘L’aurore ressemble à ton âge’ (v-5), on voit que ce n’est non pas Jeanne qui prend modèle sur la nature, mais la nature qui essaye de l’imiter, pour se perfectionner. On distingue donc la nature est présente grâce à ces figures de style.

            Pour finir, on remarque que la Nature a elle aussi été rendue divine. En effet, ‘cieux’ (v-6) voudrait définir le ciel, mais a une connotation religieuse. On apprend néanmoins que nous sommes ‘sous les cieux’ (v-6), donc sur Terre, et non pas au paradis, comme pourrait le faire penser certains éléments. Il y a après tout ‘un éden’ (v-12), ‘un nimbe’ (v-11), qui symbolisent la divinité, la perfection. Donc, la nature est de nouveau identifiée, de manière divine et parfaite cette fois.

 

 

 

            Dans le poème ‘A Jeanne’, de Victor Hugo, on identifie deux thématiques romantiques importantes : le Lyrisme et la Nature. Ces deux thématiques sont conformes aux thématiques de ce siècle, et sont utilisées par d’autres auteurs contemportains à Hugo, comme Alphonse de Lamartine ou Gérard de Nerval.

 

Giulia C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.



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 Commentaire de Justine L. :

            Le Romantisme, principal mouvement littéraire du XIXème siècle, préconise l’exaltation des personnages et des sentiments, appelle au rêve. L’auteur de ce poème, Victor Hugo, est un des précurseurs de ce mouvement et restera l’un des principaux auteurs romantiques. Le poème « A Jeanne » décrit les sentiments que Hugo ressent à l’égard d’une jeune fille. Ce poème est tiré du recueil Les chansons des rues et des bois et date de 1866. Ce poème est fondé sur la beauté de la Nature et sur un lyrisme discret.

 

 

 

            Dans un premier temps, on remarque l’omniprésence de la Nature dans le texte. Tout d’abord, les mots «lieux» (v1), «bois» (v2), «sentiers battus» (v2) et «violettes» (v3) font penser à un petit bois dans lequel Victor Hugo se promènerait avec Jeanne. Cette omniprésence est aussi marquée par une allitération en [n] comme le prouvent «Jeanne» (v4, 6 et 17), «ton âge» (v5), «ne sait» (v7), «une fête» (v9), «nimbe» (v16), «un éden» (v12) et «ton honneur» (v12). Cette allitération en [n] souligne donc l’omniprésence de la Nature.

            Ensuite, les mots «aurore» (v5), «cieux» (v6) et «beaux lieux» (v8) font référence au ciel, au Paradis, qui accueille un «doux voisinage» (v7) sûrement composé d’anges et Jeanne aurait assez de «vertus» (v4) pour les côtoyer. De plus, les mots «éden» (v12), «bois bénis» (v18) et  «nimbe» (v11) renforcent cette idée de béatification de la jeune fille, une fois de plus en utilisant des termes naturels.

            En revanche, les deux derniers vers du poème : «Elle fait dresser devant elle / Les petites têtes des nids» (v 19 et 20) atténuent cette impression de sainteté de la jeune fille pour finalement laisser place à l’impression que la «douceur» (v 17) de Jeanne a une influence sur la Nature et que lorsqu’elle se promène en forêt, les animaux, principalement les oiseaux, ne s’enfuient pas à sa vue, au contraire, ils «dresse[nt] [leurs] petites têtes» pour la voir passer, comme si Jeanne était Dame Nature.

 

 

 

            Dans un second temps, on note qu’à la nature omniprésente est discrètement associée une autre thématique romantique par excellence, le lyrisme. Dans le cas présent, le lyrisme est plutôt heureux, comme le montre le terme «bonheur» (v 10).

            Premièrement, on note une allitération en [l] ainsi qu’une assonance en [~a] qui, associées à cinq quatrains octosyllabiques, donnent un rythme plutôt lent, ce qui peut faire penser à la lenteur des sentiments. L’allitération est prouvée par «lieux» (v 1), «les complètes» (v 1), «violettes» (v 3), «l’aurore ressemble» (v 5) et «humble» (v 10). Quand à l’assonance, elle est mise en évidence par «sentier» (v 2), «errant» (v18), « sachant» (v 5)  et «chanson» (v 15). D’autre part, cette association montre la présence sous-jacente d’une incitation au Carpe Diem, à vivre et à profiter de l’instant présent.

            Deuxièmement, le rythme ternaire présent aux vers 15 et 16 : «[...] ta chanson, ton rire / Et ton front [...]» met en évidence une insistance sur la «bonne foi» (v 16) de Jeanne. De plus, l’anaphore de «Jeanne» (v 4, 6 et 17) et l’invocation au vers 17 «Ô Jeanne» montrent encore une fois les sentiments positifs du poète envers la jeune fille.

            En outre, ce lyrisme s’exprime par des substantifs appréciatifs disséminés dans le poème comme «vertus» (v 4), «humble bonheur» (v 10) et «douceur» (v 17). Le lyrisme s’exprime aussi par la présence d’adjectifs qualificatifs appréciatifs tels que «purs» (v 1) et «doux» (v 7). Tous ces mots démontrent clairement que l’auteur a des sentiments très fort et positifs envers Jeanne.

 

 

 

            En conclusion, ce poème, «A Jeanne», est marqué par la présence de la thématique de la Nature ajoutée à un lyrisme doux et tranquille. Ce poème est la preuve de la prédominance de Victor Hugo dans le domaine du Romantisme et ouvrira la porte à de nombreux auteurs par la suite.

 

 

Justine L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.




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Code des couleurs :

-1ère étape de l'introduction : présentation de l'époque et du mouvement littéraire.

-2ème étape  de l'intro : présentation de l'auteur et de l'oeuvre dont émane le texte à commenter.

-3ème étape : présentation de l'extrait.

-4ème étape : annonce des axes de lecture.

-Connecteur logique.

-Amorce d'un axe de lecture.

-Rappel de l'axe de lecture en cours.

-Transition.

-1ère étape de la conclusion : rappel des axes de lecture du devoir.

-2nde étape de la conclusion : Ouverture.

 

 

 

Commentaire de Lorna L. : 

 

 La première moitié du XIXème siècle est dominée par le mouvement littéraire Romantique. Ce courant est caractérisé par l’expression de sentiments intimes et intenses ainsi que par l’utilisation de certains thèmes comme la nature ou la fuite du temps. Victor Hugo est certainement le plus grand auteur romantique de son époque et a écrit de nombreux recueils très connus dont Les Contemplations (1855) ou Les Chansons des rues et des bois (1866) dont émane ce poème. « A Jeanne » est un poème que Victor Hugo dédie à une femme prénommée Jeanne comme l’indique le titre, mais aussi à la féminité en général.  Dans ce texte, la présence d’un lyrisme amoureux et de la projection de ce lyrisme sur la nature marquent deux grandes thématiques propices au romantisme.

 

 

 

Le lyrisme amoureux est effectivement une grande thématique romantique omniprésente dans ce poème. En premier lieu, l’auteur marque l’intensité du propos lyrique notamment à l’aide d’une tonalité méliorative à l’intérieur de laquelle la présence d’hyperboles est importante. En effet, l’auteur exprime l’idée de « fête » (vers 9) qui est associée au « bonheur » (vers 10) et à la « douceur » (vers 17) que cet amour lui procure. On retrouve de même une admiration pour «  toutes [les] vertus » (vers 4) de Jeanne, comme en témoignent l’expression « de bonne foi » au vers 16. L’anaphore du prénom  « Jeanne » aux vers 4,6 et 17 ainsi que l’invocation « Ô » au vers 17 illustrent de surcroît l’admiration du poète envers cette jeune femme et témoignent donc bien de la présence du lyrisme amoureux.   

                En outre, le rythme joue un rôle important dans la thématique lyrique de ce poème. En effet, les vers sont des octosyllabes donc des vers plutôt courts.  Cela renforce l’idée de confusion qu’apporte l’admiration  du poète envers Jeanne.  De plus, on remarque la présence d’un rythme ternaire aux vers 15 et 16 avec « ta chanson, ton rire/et ton front ».  Ce procédé justifie une insistance sur l’effet d’admiration infinie que produit Jeanne sur le poète.  De même, au vers 1, on trouve une césure à l’hémistiche qui coupe le vers en quatre syllabes.  C’est la traduction stylistique de l’harmonie qu’apporte l’amour.  Tout cela prouve une fois de plus la présence d’un lyrisme amoureux.

                Par ailleurs, la jeune femme présente un aspect naturel car le poète la compare à la nature.  Son « âge » (vers 5) est comparé à « l’aurore » (vers 5).  Ici, sa jeunesse est à mettre en parallèle avec la pérennité de la nature.  Jeanne éveille la sollicitation de plusieurs sens comme le toucher avec « douceur »  (vers 17), l’ouïe avec « chanson » (vers 15) et la vue avec « regarder » (vers 14).  Cette femme inspire le « dési[r] »  (vers 13) notamment grâce à sa « chanson » et son « rire » (vers 15).  Le « bonheur » (vers 10) ainsi que la sollicitation des sens sont également un témoignage du lyrisme amoureux.

 

 

 

Ce lyrisme amoureux présent grâce à de nombreuses figures de style a des conséquences sur la nature.  En effet, une autre grande thématique romantique est la projection du lyrisme sur la nature environnante.  Tout d’abord, le cadre est propice au romantisme ; la nature est hyperboliquement comparée à des « cieux » (vers 6) et même au paradis et à l’ « eden »  (vers 12).  De surcroît, le poète exprime une certaine pureté et sainteté de la nature. « Ces lieux sont purs » (vers 1) et « ces bois bénis » (vers 18) sont à cet égard révélateurs de cette pureté et même d’une connotation sacrée et religieuse que l’on peut mettre en relation avec Jeanne.  La beauté et les vertus de Jeanne sont reflétées sur la nature et illustrent bien la projection de ce lyrisme amoureux sur celle-ci.

                De plus, les sonorités participent à la caractérisation de la nature.  L’allitération en [t] montrée par « complètes » (vers 1), « sentiers battus » (vers 2), « violettes » (vers 3) et « toutes tes vertus » (vers 4) illustre le tintement des bruits de la nature mais aussi la totalité de l’admiration de Jeanne par le pronom personnel « tu ».  De même, l’allitération en [s] avec « ces » et « sont » (vers 1), « ce » et « sentiers » (vers 2) et « semble » (vers 3) témoigne du sifflement du vent dans les arbres.  De surcroît, l’assonance en [u] avec « toutes » (vers 4), « sous » (vers 6), « doux » (vers 7) et « autour » (vers 11) évoque le chant des oiseaux.  Par ailleurs, les rimes  sont croisées ce qui marque l’alternance entre le lyrisme et la nature et témoigne donc de la thématique de la projection du lyrisme sur la nature.

                Par ailleurs, dans ce poème, la nature est personnifiée.  Le poète la qualifie de « fête » (vers 9) ce qui lui donne un aspect humain.  Jeanne se « fai[t] regarder par » (vers 14) la nature qui lui « offre son humble bonheur » (vers 10).  Cette personnification de la nature est à mettre en parallèle au fait que Jeanne a un aspect naturel.  En effet, Jeanne est ramenée à la nature qui elle est personnifiée.  Cette réciprocité témoigne de la projection du lyrisme amoureux sur la nature.

 

 

                Pour conclure, il est possible de remarquer effectivement grâce à de multiples procédés, la présence de deux grandes thématiques romantiques qui sont le lyrisme et la projection du lyrisme sur la nature.  Néanmoins, contre le mouvement littéraire romantique à caractère onirique, s’imposera le réalisme.  Ce mouvement littéraire prônera la réalité plutôt péjorative de la vie et dominera la seconde moitié du XIXème siècle avec comme chef de file l’auteur très connu nommé BALZAC.

 

 

 Lorna L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.

 


 

 

 

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 Commentaire de Manon U. :





 

               Au début du XIXème siècle, le mouvement littéraire dominant est le Romantisme. Il apparaît sous la Restauration, et s’oppose au mouvement précédent, le Classicisme (jugé trop rigide), car il exprime les extases du cœur et de l’âme. Victor HUGO est considéré comme le maître incontesté du Romantisme, et est notamment reconnu pour ses recueils, comme celui des Chansons des rues et des bois, (1866).  Le poème étudié est « A Jeanne » formé de quatre quatrains et d’octosyllabes, dans lequel HUGO exprime un lyrisme dédié à l’héroïne, Jeanne, ainsi qu’un lien étroit entre la jeune femme et la Nature.

 

 

 

            Dans ce poème, HUGO décrit Jeanne grâce à un lyrisme mélioratif. On remarque premièrement l’importance de celle-ci : HUGO dédit ce poème « A Jeanne », comme son titre le démontre. De plus, le nom propre « Jeanne » est mis en évidence grâce à l’anaphore de celui-ci, aux vers 4 et 6, ainsi que les virgules qui suivent ces anaphores ; elles provoquent une césure rythmique, et créent une insistance sur le mot Jeanne. L’importance de l’héroïne est donc bien présente.
            Par la suite, Jeanne est représentée comme étant « pure ». A la strophe 1, l’allitération en [l] formé par « lieux » v3, « les », « complètes » v1, « loin » v2, « semble », « violettes » v3, évoque une certaine légèreté, attribuée à Jeanne. De plus, l’allitération en [s] par « ressemble » v5, « existe », « sous », « cieux » v6, « sait » v7,  nous fait penser à la sagesse que Jeanne pourrait posséder.  Finalement, l’assonance en [a] de « approche » v13, « regarder », « toi » v14, « ta » v15, « foi » v16, renvoie au son « a » de « Jeanne », et montre la pureté d’âme de celle-ci ; elle possède de nombreuses qualités morales, des « vertus » v4, et une « bonne foi » v16.
            En outre, cette pureté renvoie également à des qualités religieuses, comme le démontre l’invocation « ô » au vers 17. Aussi, un large champ lexical de la religion est utilisé : « purs » v1, « vertus » v4, « nimbe » v11, « éden » v12, « foi » v16, et « bénis » v17. En conclusion, l’importance de Jeanne est amplifiée par des références religieuses.

 

 

 

            Ainsi, Jeanne porte un rôle important dans ce poème, et possède des qualités vertueuses. A présent, le lecteur peut remarquer un lien entre Jeanne et la Nature dans ce poème. Tout d’abord, les éléments naturels sont très présents, notamment grâce au champ lexical de la Nature : « bois », « sentiers » v2, « violettes » v3, « aurore » v5, « vallon » v9, « nids » v20. De même, l’allitération en [n] à la strophe 3 formée par « une » v9, « son », « bonheur » v10, « nimbe » v11, « éden », « honneur » v12, rappelle la Nature ; l’allitération en [s] à la strophe 2 mentionnée précédemment dans l’axe 1 fait penser au souffle du vent dans les « bois ». La Nature est donc très présente.
            Par ailleurs, les éléments naturels sont mis en relation avec Jeanne : la « douceur » v17 de Jeanne est personnifié, lorsqu’elle « fait dresser devant elle / Les petites têtes des nids » v19-20. Au vers 1, Jeanne « complète » « ces lieux », dits naturels ; les « violettes » sont faites grâces aux « vertus » de Jeanne v3-4 ; aux vers 9 et 10, le « vallon » offre à Jeanne « son humble bonheur ». On remarque aussi une césure à l’hémistiche au vers 8 : « des bons cœurs avec les beaux lieux » ; cela provoque une harmonie entre « les bons cœurs », que l’on pourrait associer à Jeanne, et « les beaux lieux », autrement dit la Nature. Le lien est donc étroit entre l’héroïne et les éléments naturels.
            On pourrait même aller plus loin en déterminant un parallélisme entre la pureté de Jeanne et la Nature. En effet, à la strophe 2, « l’aurore » est comparé à l’âge » de Jeanne, un âge apparemment innocent ou pur. Aussi à la strophe 4, des éléments naturels comme des plantes « désir[ent] / se faire regarder par [elle] », à cause de sa « bonne foi ». Finalement, aux vers 11 et 12, Jeanne a une « nimbe autour de [sa] tête, tandis que la Nature offre un « éden en [son] honneur ». Jeanne étant représentée avec une auréole, symbole de pureté, dans un lieu religieux naturel (paradis), il y a donc bien un parallélisme entre la pureté de Jeanne et la Nature.

 

 

 

            En conclusion, il est possible de dire que Victor HUGO utilise un lyrisme mélioratif envers l’héroïne de son poème « A Jeanne » et crée un lien entre elle et la Nature. Ces deux thèmes sont très présents dans les textes des auteurs romantiques, comme Lamartine, de Vigny, ou de Musset. Cependant, Victor HUGO reste l’auteur phare de la poésie romantique.

 

 

Manon U., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.

 

 
 

 

 
 


 

Date de création : 20/03/2010 @ 15:01
Dernière modification : 22/05/2010 @ 12:19
Catégorie : Copies d'élèves 2009/2010
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