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Copies d'élèves 2009/2010 - Commentaires 2nde 10


 

Commentaire composé le 15 mars 2010 en trois heures, sous forme de devoir surveillé. 


Clair de lune (Victor HUGO, recueil Les Orientales, 1829).

La lune était sereine et jouait sur les flots. -
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots.

De ses doigts en vibrant s'échappe la guitare.
Elle écoute... Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l'archipel grec de sa rame tartare ?

Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l'eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d'une voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?

Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? -
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l'onde avec des rames.

Ce sont des sacs pesants, d'où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine... -
La lune était sereine et jouait sur les flots.




Commentaire d'Eléonore F. :



La première moitié du XIXème siècle est marquée par le romantisme qui précède le réalisme en tant que mouvement littéraire dominant. Il se caractérise par l’expression des sentiments et du « moi » ainsi que pas l’amour de la nature et de l’exotisme. Victor Hugo, né en 1802 et mort en 1885, est généralement considéré comme le plus grand auteur romantique en poésie avec son fameux recueil Les Orientales (1829), inspiré par ses longs séjours en Orient. « Clair de Lune » est tiré de ce recueil, il conte une nuit tranquille soudainement dérangé par u bruit inhabituel. Il est composé de cinq quatrains, chaque quatrain est composé d’alexandrins et les rimes sont embrassées. Dans un premier temps on relèvera l’importance de la nature, puis on analysera la projection du lyrisme sur cette nature.
 
 
 
Tout d’abord, la nature est omniprésente dans ce texte comme le montre l’abondant champ lexical la décrivant. En effet, on trouve par exemple, « lune » (v.1), « flots » (v.1) ; « brise » (v.2) ou encore « eaux » (v.7) et « cormorans » (v.9). De même, cette nature est décrite avec des adjectifs mélioratifs nombreux, associant à l’idée de la nature, un calme profond et un sentiment de bien-être. Cela est prouvé au vers 1, la lune est décrite comme « sereine », le flot « brode » (v.4) et la brise peut « enfin » entrer par la fenêtre. Cela montre que la nature est importante dans ce texte, en effet même le titre du poème y fait référence : « le clair de lune ».
De surcroît, la nature est décrite à travers le regard et les sens de la « sultane » (v.3). On trouve ainsi de nombreuses références à la vue telle que « regarde » (v.3) ou « verrait » (v.18) ainsi que de nombreuses couleurs : « argent » et « noirs » (v.4) et encore « noir » (v.14). L’ouïe est également sollicitée dans le texte car on trouve par exemple « vibrant » (v.5), « bruit sourd » (v.6) ou encore des verbes comme « écoute » (v.6) et « siffle » (v.11). Ces sens sont d’autant plus importants qu’ils montrent la perception du poète, ainsi on voit la nature comme la « sultane » regardant et comme la voit l’auteur écrivant le poème.
Enfin, la nature est décrite à travers des sonorités. Plusieurs allitérations et une assonance aident le lecteur à imaginer la nature et le cadre imaginés par Victor Hugo. La première allitération en [l], avec « la » (v.1), « lune » (v.1), « flot) (v.4) ou « îlots) (v.4), est une sonorité douce évoquant le roulis des vagues. De même, l’allitération en [r] au deuxième paragraphe avec par exemple « vibrant » (v.5), « guitare » (v.5) ou « tartare » (v.8), évoque une sonorité un peu dure mais très rythmée imitant le bruit de la guitare ou le frappement des rames sur l’eau. Ainsi, la nature est non seulement associée à des images, mais aussi à des sons qui, une fois encore, aident à la compréhension de ce poème.
 

            De plus, le lyrisme présent dans le poème a un impact sur la nature décrite précédemment. En effet, la focalisation interne apporte à ce poème un lyrisme légèrement différent. Ce n’est pas un lyrisme hyperbolique ou exalté qu’on trouve ici, c’est une tension croissante, ce sont les sentiments diffus de la sultane et su poète surtout. Contrairement à d’autres poèmes on ne trouve pas ici d’exaltation forte ou d’impératif. On trouve cependant de nombreuses interrogations aux vers 10, 12,8 et 13 exprimant l’incertitude et le doute. Ce sentiment est renforcé avec l’anaphore de « ni » vers 14 et 15, comme si le lecteur avait un accès direct aux pensées de la sultane et qu’il assistait à sa réflexion sur l’origine de ce bruit. Les deux césures à l’hémistiche, vers 14 et 15, rythment ses pensées et rappellent le « bruit cadencé » des vaisseaux, faisant une fois de plus appel aux sensations de la dame, et donc au lyrisme.
            Ce dernier est également montré à travers l’opposition entre la nature et la provenance du bruit, donc aux activités humaines. La lune « sereine » (v.1) et le « flot d’argent » (v.4) sont opposés au « bruit sourd » (v.6) frappant les échos. De même, la nature tranquille décrite semble dérangée par ce son comparé au bruit d’un « lourd vaisseau turc qui vient […] battant […] de sa rame tartare » (v.7 et 8) et au « lourd vaisseau, rampant… » (v.16). En fait, ce bruit semble menaçant, comme si c’était une bête sauvage approchant. Une fois de plus, la nature est liée aux perceptions de la femme.
            Enfin, le lyrisme est particulièrement présent dans le dernier quatrain où la sultane découvre que le bruit qu’elle entendait était le bruit de pleurs. On trouve ici deux allitérations, la première en [s] avec « sacs », « sont », ou « sanglots » (v.17) évoquant les pleurs et une en [m] avec par exemple « mouvoir », « comme », ou « forme » (v.19) évoquant le murmure et les sanglots des bateaux. On remarque enfin la répétition du premier vers, « la lune était sereine et jouait sur les flots » au tout dernier vers, créant ainsi une symétrie et montrant que malgré la souffrance, malgré la douleur, la nature est inaltérable. Cela est d’ailleurs repris par d’autres auteurs, par exemple dans « le lac » de Lamartine, le dernier vers est « il passe [le temps] et nous coulons ».
 
 
 
               Grace à la thématique de la nature dans ce poème et à la projection du lyrisme sur cette nature, on peut dire que « Clair de lune » est un texte appartenant au mouvement romantique. Ce dernier sera remplacé par le mouvement réaliste qui insistera sur la réalité sans artifice et portera d’autres grands auteurs comme Balzac, Zola ou Flaubert.


Eléonore F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.



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Code des couleurs :

-1ère étape de l'introduction : présentation de l'époque et du mouvement littéraire.

-2ème étape  de l'intro : présentation de l'auteur et de l'oeuvre dont émane le texte à commenter.

-3ème étape : présentation de l'extrait.

-4ème étape : annonce des axes de lecture.

-Connecteur logique.

-Amorce d'un axe de lecture.

-Rappel de l'axe de lecture en cours.

-Transition.

-1ère étape de la conclusion : rappel des axes de lecture du devoir.

-2nde étape de la conclusion : Ouverture.


                                                                                                                                                 
 

Commentaire de Karim B. :

 







 

                 Le Romantisme est le mouvement littéraire prédominant du XIXème siècle. Il se caractérise par l’expression de sentiments intimes et intenses, ainsi que par la mise en évidence du « moi ». Victor Hugo, notamment grâce à son recueil Les Orientales, est un des auteurs phares de ce mouvement. Il écrit le poème « Clair de lune » en 1829, à l’âge de vingt-sept ans. Ce poème romantique, évoque l’envie d’un ailleurs de la part du poète. Il présente deux thématiques propres au Romantisme, qui sont la nature et plus particulièrement la mer, et l’exotisme, l’envie de partir ailleurs.

 

 

 

                En premier lieu, on remarque que thème de la nature et surtout de la mer, est omniprésent dans ce poème, comme l’atteste l’anaphore du nom commun « mer » (v.3, 12 et 18). On peut aussi trouver le champ lexical de la mer : « flots » (v.1, 4, 13 et 20) ; « vague » (v.14) ; « eau » (v.10) et « eaux » (v.7). L’allitération en [r] (« La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise, »v.12), peut faire penser au roulis des vagues sur la mer, et renforce l’omniprésence de celle-ci.

                Par ailleurs, la mer est présentée sous deux angles ; une mer calme et une mer agitée. Cette opposition ou antithèse, de la mer est le reflet des sentiments de la sultane. Le premier angle sous lequel est perçue la mer est le calme, comme l’illustre : « brise » (v.2) ; « l’onde » (v.16). Les rimes sont embrassées tout au long du poème et cette symétrie fait penser à l’harmonie, au calme. Le deuxième angle sous lequel est vue la mer est l’agitation, comme l’atteste : « se brise » (v.3) ; « un lourd vaisseau turc » (v.7) ; « un bruit sourd frappe les sourds échos » (v.6) et « bruit cadencé » (v.15). Cela marque bien la place qu’occupe la mer dans ce poème.

               En outre, plusieurs personnifications d’éléments naturels existent : celle de la lune, présente au début de ce poème et à la fin : « La lune était sereine et jouait sur les flots » (v.1 et 20). Ce vers semble embrasser l’ensemble du poème et on a l’impression que rien n’a changé, depuis son début. Une autre personnification est celle de l’eau : « l’eau, qui roule en perles » ainsi que la personnification de la mer dans la dernière strophe : « la mer qui les promène, se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine… » (v.18 et 19). Ainsi, on perçoit nettement bien la présence de la nature.

 

 

 

                De même que la mer exprime la liberté et l’immensité du monde, l’exotisme, l’envie de partir ailleurs sont très présents dans ce poème, comme l’atteste : « la fenêtre enfin libre » (v.2). La fenêtre est synonyme d’ouverture. Au vers cinq, le poète évoque un instrument : « la guitare ». Celle-ci est souvent utilisée lors d’aventures et est jouée près du feu. Elle exprime la liberté. De plus, de nombreuses références à d’autres endroits géographiques sont présentes : « vaisseau turc » (v.7) ; « eaux de Cos » (v.7) ; « archipel grec » (v.8). « Là-bas » (v.4) et « Là-haut » (v.11) démontrent bien l’envie de partir du poète.

              Enfin, la reine orientale veut voyager ailleurs, elle en rêve même. Ce qui explique la présence de l’onirisme dans ce poème. Comme l’illustre « djinn » (v.11), mot qui renvoi à la mythologie et aux légendes, preuve que la sultane rêve. « Les créneaux de la tour » (v.12) font référence à une autre époque, celle du Moyen-âge. Du vers sept au vers treize, la reine orientale se pose une succession de questions, elle s’interroge, elle rêve. On peut aussi lire au vers trois : « la sultane regarde ». Elle regarde la mer et pense à un autre endroit. La mer représente bien l’immensité du monde. L’allitération en [r] interprétée, comme le roulis des vagues, peut aussi référer au rêve : « l’archipel grec de sa rame tartare » (v.8). Ce poème est formé d’alexandrins, ce sont des vers longs et propices à la rêverie. Les cormorans sont évoqués à plusieurs reprises : « des cormorans qui plongent » (v.9). La sultane rêve d’être comme eux, libres et volants au-dessus des mers. Grâce à cela, on perçoit d’une très bonne manière le rêve et l’exotisme exprimés dans « Clair de lune ».

 
 

 

                   Dans ce poème, se retrouvent deux thématiques principales ; la nature et l’exotisme, ce qui en fait une poésie purement romantique. Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, s’impose un nouveau mouvement pour succéder au Romantisme ; c’est le Réalisme. Celui-ci est apparu pour dénoncer la vision relativement naïve qu’avaient les romantiques du monde. Les réalistes, comme notamment Balzac ou Flaubert, expriment la réalité telle qu’elle est, dans toute sa laideur, sans rien idéaliser.

Karim B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2010.


 

 

 

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Commentaire de Hervé C. :


          Le mouvement romantique est le mouvement dominant du XIXe siècle. Il s'oppose au Classicisme, et ses principales thématiques sont le lyrisme heureux ou malheureux, la nature, la fuite du temps ou encore l'exotisme. Victor Hugo est un des auteurs phares du romantisme. Il est encore jeune lorsqu'il écrit son deuxième recueil, « Les Orientales » dont est extrait « Clair de Lune ». L'exotisme de l'Orient était à l'époque très prisé par les auteurs romantiques. Les principales thématiques de « Clair de Lune » sont donc évidemment l'exotisme d'une part, puis la nature d'autre part.





          Comme l'indique le nom du recueil (« Les Orientales ») se poème se déroule, de manière onirique, en Orient, et possède donc une forte thématique exotique. Tout d'abord, cette thématique est ressentie par la présence d'un fort champ lexical de l'Orient, comme l'illustrent les adjectifs « turc » (v.7), « grec » et « tartare » (v.8) ou les noms « sultane » (v.3), « djinn » (v.11) et « sérail » (v.13).Tous ces mots mettent bien en évidence l'exotisme du poème.
          En second lieu, ce poème possède une musicalité marquée. Il est en effet uniquement composé d'alexandrins , ce qui donne au texte un rythme lent comme les rames du « lourd vaisseau » (v.7 et 16) qui battent en cadence les flots harmonieux. De nombreux mots rappellent bien ce champ lexical de la musique illustré par « vibrant » (v.5), « la guitare » (v.5), « bruit sourd » (v.6) et « siffle » (v.11). Cette musicalité est aussi utilisée pour montrer que la nature est paisible, les allitérations en [s] et en [f], qui imitent le doux sifflement du vent sur la mer le démontrent : « sereine » et « sur » (v.1), « sultane » ((v.2), « ses » (v.5) ; « flots » (v.4), « fenêtre » et « enfin » (v.2).Toute ces sonorités donnent une image mélodieuse et paisible de l'Orient.
          De plus, il y a une forte présence de l'onirisme dans ce poème , en effet la reine rêve de voyager ailleurs. Le mot « djinn » (v.11) atteste de la rêverie de la sultane, en effet les djinns sont des êtres de légendes, appartenant à la mythologie orientale. Les cormorans sont cités à plusieurs reprise (v.9 & 14) et prouvent que la reine envie leur liberté. Tout le long du poème la sultane est pensive, elle s'interroge: « Qui trouble ainsi le sérail des femmes ? »((v.13) et rêve : « Est-ce un djinn ? » (v.11). Elle regarde la mer et songe à un autre lieu. Tout cela montre l'envie de partir ailleurs de la sultane ainsi que l'onirisme du poème et atteste donc la présence de l'exotisme dans ce texte.




          De même que l'exotisme exprime l'envie de partir ailleurs,la nature, ici la mer, est très présente dans ce poème. Tout d'abord, ce poème possède un fort champ lexical de la mer : « vague » (v.14), « flots » (v. 1, 4, 13 et 20), « eaux » (v.7) et l'anaphore de « mer » (v.3, 12, 18) attestent la présence de ce champ lexical. De plus, l'allitération en [r] présente durant toute la première strophe peut faire penser au roulis des vagues sur la mer et renforce l'omniprésence de celle-ci.
          D'autre part, il existe dans ce poème de nombreuses personnifications d'éléments naturels. L'eau est tout d'abord personnifié au vers 10 : « l'eau qui roule en perles », puis la mer à la dernière strophe : « la mer qui les promène ». L'anaphore de la personnification de la lune (« la lune était sereine et jouait sur les flots ») au premier et dernier vers, semble englober, embrasser tout le poème comme si rien n'avait changé depuis le début. Ainsi, cela marque bien la place qu'occupe la mer dans ce poème.





          La présence de deux des grandes thématiques romantiques, le lyrisme et l'exotisme, attestent bien de l'attachement romantique de ce poème. D'autres auteurs phares de ce mouvement sont Gérard de Nerval et Alphonse de Lamartine qui écrivirent tout deux aussi un recueil dédié à l'Orient.



Hervé C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, avril 2010. 



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Commentaire de Manon B. :
 

 

           Victor Hugo  est un poète du XIXème siècle et notamment de la période romantique. Le romantisme est un mouvement littéraire qui a pris place au début du XIXème et qui consiste à exprimer des sentiments et expressions fortes tels que la haine, l’amour ou le désespoir. Le poème « Clair de lune » est extrait du recueil  Les orientales  écrit en 1829 par Victor Hugo et dans lequel l’auteur met en avant deux des trois thématiques principales du romantisme, celle de la nature et celle du lyrisme.

 

 

          Dans cette œuvre c’est la nature représentant la vie qui est explicitée comme le montre le champ lexical avec : « lune…flots »( v1), « brise »( v2), « noirs ilots » ( v4), « archipel » ( v8), « cormorans » ( v9)… . On peut aussi observer que la quasi-totalité des adjectifs du poème on un rapport avec l’eau de telle façon que « eau »(v10), « la mer » (v12 ), « les flots » (v14), ou encore les animaux comme « cormorans » (v9 et 14) montrent une nature omniprésente.       

           On pourrait aussi relever le fait que, en comparaison avec les vagues qui fluent et refluent d’une façon régulière, le poème a un rythme revenant qui semble ne jamais s’arrêter dû notamment aux alexandrins mais aussi aux rimes embrassées et à la rime du premier vers qui revient vers 4, 6, 7, 17 et 20. De cette façon encore et par ce mouvement répétitif on a, en lisant le poème, cette mer qui nous accompagne.

              De plus on remarque que victor Hugo fait en sorte que son poème ne s’arrête jamais. En effet en doublant son vers 1 pour le repositionner vers 20, il nous laisse imaginer, à nous lecteur, l’inlassable répétition des vagues se brisant sur la plage et donc, par analogie, le renouvellement perpétuel de la nature.

 

 

            Grâce à cette nature, on peut observer un lyrisme fréquemment repérable dans le texte. On a tout d’abord une mise en place du lieu où va se dérouler le poème. On sait que c’est la nuit car la lune est présente. Mais elle n’est pas très gaie puisque il y a toujours de l’obscurité comme l’attestent « les noirs ilots » ( v4) et  « le noir cormoran » (v 14). L’atmosphère est lourde, pesante, expressive et cette lourdeur est accentuée par « lourds vaisseaux » v16, «  sacs pesants » v 17, «  bruit sourd » v6, « battant » v 8, mais aussi par une allitération en [R] qui semble être le seul bruit non étouffé par la nuit et qui pourrait évoquer le roulement des rames du bateau.    

            Par opposition à cette lourdeur viennent des mots apportant une légèreté dans le texte. Ainsi la lune est « sereine », la fenêtre est « libre », une « brise » s’y engouffre, les « doigts » s’envolent sur la « guitare » et l’eau roule en perle. Par cette perpétuelle opposition entre la lourdeur et la légèreté, des sentiments contradictoires se font face. C’est ainsi que l’on perçoit le lyrisme.                   

             De surcroît on peut apercevoir dans ce lyrisme une pointe de fuite du temps. En effet la sultane regarde la mer s’écraser sur les rochers mais ne fait rien contre la nature. Elle subit le temps qui passe et reste passive face à ce temps fuyant sans même en profiter et laisse toute sa vie lui couler entre les doigts.

                       

 

                        Ce n’est pas un lyrisme douloureux qui se met en place dans ce poème mais un éternel déchirement entre le  noir et le blanc et un éternel dilemme qui nous régit tous. Bien que le romantisme fit passer des choses et des faits qui sont tout de même très réels, certaines personnes ne furent que navrées face à ce mouvement et mirent en place le contre romantisme : le réalisme. Ainsi Balzac, Zola, Maupassant et d’autres ont permis à la société de revoir les mêmes évidences sous d’autres angles.

 

Manon B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, avril 2010. 



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Commentaire de Layla K. : 


 

          Le romantisme est un mouvement artistique, notamment littéraire, qui s’oppose au clacissisme et précède le réalisme, dans la première moitié di XIXème siècle. Il se caractérise par le lyrisme, la nature, le temps et l’exotisme, qui en sont les thématiques principales. Victor Hugo, auteur phare de ce mouvement, publie « Clair de lune » dans le recueil Les Orientales en 1829, à l’âge de vingt-sept ans. Ce poème de cinq strophes est caractéristique du romantisme par sa riche part d’exotisme onirique et par son lyrisme exalté.

 

 

 

           L’envie d’un ailleurs et de liberté est l’objet de nombreux rêves. Ici, le titre du recueil de Victor Hugo, Les Orientales, évoque déjà l’exotisme. « Clair de lune » fait penser à la nuit, au rêve. Le premier vers et le dernier sont les mêmes comme s’ils annonçaient ce rêve, et les tirets mettent en évidence et coupent ces deux vers du reste du poème, présentant uniquement le cadre : « La lune était sereine et jouait sur les flots ». L’astre y est personnifié et donne un aspect calme dès le début du poème. Cette sérénité est aussi mise en valeur par les alexandrins qui composent la poésie et donnent un effet long, lent, calme. Les rimes embrassées, elles, mettent en place une certaine symétrie, rappelant la décoration orientale, et l’exotisme.

            La présence de l’Orient peut en effet être prouvée par un champ lexical abondant : « sultane » (v.3), « turc » (v.7), « Cos » (v.7), « l’archipel grec » (v.8), « djinn » (v.11) et « sérail » (v.13) en font partis. La ponctuation et le rythme donnent eux aussi une image de la musicalité orientale, comme les césures à l’hémistiche des vers 14 et 15 rythmés par l’anaphore de « ni », ou avec l’enjambement « […] ni le bruit cadencé Du lourd vaisseau », qui insiste bien sur la cadence. Le poème est rythmé par le bruit des vagues, qui forment elles aussi, avec le champ lexical de la mer, des anaphores : « flots » (v.1,13 et20), « brise » (v.2) et placé aussi au vers 3 en homonymie, « mer » (v.3,12 et 18), « cormorans » (v.9), « eau[x] » (v.7 et 10). La métaphore de l’eau au vers 10 « qui roule en perle » illustre elle aussi l’exotisme et l’onirisme, voire la liberté.

 

 

 

             Cette fuite, cette liberté exprimée dans le poème avec l’envie d’un ailleurs prend cependant une dimension lyrique. Par exemple, le champ lexical de la liberté dans la strophe une, « sereine » (v.1), « enfin libre » (v.2), « ouverte » (v.2) représente la liberté avec toujours un calme très présent. Les cinq strophes du poème rappellent les cinq sens qui sont évoqués par le biais de la sultane : « regarde » (v.3), « ses doigts vibrant » et « guitare » (v.5), « écoute » (v.6) , « siffle » (v.11), « bruit sourd » (v.6), où « sourd » est répété et forme une paronomase avec « lourd » (v.7), évoquant toujours cette sonorité sourde, les échos (v.6). L’évocation des sens, et surtout de l’ouïe, plonge le lecteur dans le même cadre de lyrisme exalté que la sultane.

              Il y a en outre une tension qui s’installe avec les nombreuses interrogations du vers 8 au vers 13. Après le tiret, on sent un champ lexical négatif s’établir, faisant écho à l’évocation du tartare au vers 8. L’anaphore de la négation « ni », la couleur « noir[e] » (v.14), l’adjectif « pesants » (v.17) suivi du substantif « sanglots » (v.17) enclenchent une ambiance lourde et froide. Le vers 16, « Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames » met en évidence le côté dangereux de la mer, la noyade, l’engloutissement ; le bateau ne pouvant avancer sans les rames et rampe sur l’eau, comme s’il était épuisé. Le tout forme un contraste avec le début du poème si léger, avec l’évocation fantaisiste du djinn (v.11) notamment. Le lyrisme passe du mélioratif au péjoratif, puis la paix s’installe de nouveau avec le vers répété (v.20). En opposant des champs lexicaux, Victor Hugo a donc su mettre en place un lyrisme exalté.

 

 

 

             L’exotisme onirique et le lyrisme se rejoignent dans ce poème par la liberté. Victor Hugo la défend d’ailleurs dans grand nombre de ses œuvres. Mais le mouvement romantique n’est pas seulement littéraire ; les autres arts, telle que la peinture avec Delacroix ou bien la musique avec Brahms ou Chopin notamment, s’en imprègnent aussi. « Chopin nous charme l’oreille tout en nous navrant le cœur » dira George Sand, récapitulant bien la place du lyrisme dans le romantisme.

Layla K., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, avril 2010. 








Date de création : 20/03/2010 @ 15:39
Dernière modification : 02/05/2010 @ 11:39
Catégorie : Copies d'élèves 2009/2010
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