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Copies d'élèves (2005/2006) - b) Dissertations 2nde

     Lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis

 

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Centre international de Valbonne

 

Classe de 2nde (section internationale)

 Année scolaire 2005/2006 

Professeur : Jean-François Bouché

 

        Vous trouverez ci-dessous quelques copies d'élèves de seconde qui composaient en devoir surveillé leur première dissertation. Le devoir se situait au mois de mai de l'année scolaire, et ponctuait une séquence consacrée au genre théâtral (oeuvre intégrale : Tartuffe, de Molière ; groupement de textes : Le héros et le pouvoir au théâtre, composé d'extraits d'Horace, de Corneille, d'Hernani, de V.Hugo, et du monologue final de Rhinocéros, d'E.Ionesco.)

        De même, ce devoir concluait une séquence de méthodologie consacrée à l'argumentation, comprenant, entre autres, un cours portant sur l'élaboration d'une dissertation.

        Le devoir durait trois heures, puisqu'aucune question préalable ne précédait la dissertation elle-même.

 

        Le sujet était le suivant : "Castigat ridendo mores" : "elle (la comédie) corrige les moeurs par le rire". Vous discuterez cette citation du poète latin Horace (reprise par le poète Jean de Santeul, 1630-1697) à l'aide d'un développement structuré et argumenté. Vous appuierez votre réflexion en premier lieu sur Tartuffe, de Molière, étudié cette année, sans exclure naturellement d'autres références théâtrales pertinentes (extraits, oeuvres précédemment étudiées, représentations que vous auriez eu l'occasion de voir, lectures personnelles etc.)

 

Code des couleurs : ce guidage méthodologique ajouté aux copies elles-mêmes est destiné à faire de ces productions d'élèves un potentiel outil d'élaboration de futurs devoirs, ou encore de remédiation ou de correction.

 

Introduction :

 

1ère étape : phrase d'appel, amorce.

2ème étape : repérage de la problématique.

3ème étape : reformulation de cette problématique.

4ème étape : annonce du plan, c'est-à-dire des thèses.

 

Développement :

 

  • connecteur logique
  • formulation de thèse
  • formulation d'argument
  • rappel de la thèse en cours
  • transition

 

Conclusion :

 

1ère étape : rappel des thèses du devoir.

2nde étape : ouverture.

 

 

 

 

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1er devoir : Manuel C.

 

 

         Depuis l'Antiquité, avec notamment les auteurs latins comme Plaute, la comédie s'est le plus souvent imposée de dépeindre une satire de la société. Horace l'a dit avec la concision de la langue latine, avec son fameux "Castigat Ridendo Mores". La comédie est, d'après Horace, un moyen de dénoncer et de discréditer certains us et coutumes déplaisants. On peut se poser la question de savoir si le rire est réellement un vecteur de réaction et de changement, ou bien si au contraire il s'agit d'  une sorte d'onguent miracle qui nous cacherait les dures vérités de notre quotidien.





        Tout d'abord, la comédie en général tend à discréditer une attitude, une façon de vivre, en en poussant le ridicule à son paroxysme. Molière à travers ses pièces, nous en donne le parfait exemple. Il s'attaque aux avares, comme le montre le personnage extrême d'Harpagon dans L'Avare, aux hypocondriaques, comme l'illustre Argan dans Le Malade Imaginaire, mais aussi aux pédants, dans Les Femmes Savantes ou Le Misanthrope. Qui pourrait adhérer à des points de vue si caricaturaux ? Qui oserait partager l'opinion du grotesque Géronte, qui hésite entre le salut de son fils et cinq-cent écus dans Les Fourberies de Scapin ? De même, Molière ridiculise, dans Le Tartuffe, les hypocrites et les faux dévots. En effet, l'hypocrisie et l'impiété de Tartuffe sont clairement visibles, sauf pour Orgon ("Mais par un faux éclat je vous crois ébloui." I, 5). Cette situation comique rend le spectateur complice de la famille. Orgon est si naïf et si stupide que personne ne pourrait prendre sa défense. Molière, contrairement à Corneille et à Rotrou, fait confiance à la caricature pour faire évoluer les consciences de ses comtemporains.

         De plus, la comédie n'est pas, contrairement à la tragédie, réservée à un petit cercle de personnes. Les pièces de Molière sont à la fois subtiles et populaires. Par exemple, les injures d'Harpagon destinées à La Flèche, les coups de bâtons donnés par Scapin à Géronte, les servantes insolentes comme Dorine et Toinette, qui font enrager leur patron, tout ces "clichés" sont de vieilles recettes héritées de la farce médiévale. Le peuple préférant généralement les comédies aux tragédies, Molière a une portée beaucoup plus importante et peut donc remédier à des moeurs plus répandues.

 

 

        Mais si le rire est un moyen de critiquer les moeurs, pourquoi ont-elles si peu changé depuis l'époque de Molière ? Il y a toujours des avares, toujours des pédants, toujours des hypocrites (plus encore même). Les comédies ne feraient-elles, à défaut de sensibiliser les masses, que les consoler pour un moment de leurs petits malheurs quotidiens en les parodiant ? En effet, le spectateur sait très bien que le théâtre n'est pas à confondre avec la réalité. Un être comme Tartuffe, aussi caricatural, aussi poussé dans l'hypocrisie, ne saurait exister. Le personnage n'est pas réaliste, pas sérieux. Et même s'il existait, sa perfidie serait immédiatement démasquée. Les comédies ne servent qu'à offrir au spectateur un sujet de moquerie, ce qui le rassure et le conforte dans l'idée qu'on peut toujours trouver plus naïf que soi. C'est le seul sentiment que la plupart des gens remportent chez eux après une comédie.

        D'ailleurs, les personnages nuisibles, comme Tartuffe et Harpagon, perdent leur côté dangereux car ils sont toujours joués à la fin d'une comédie. Il suffit de voir Tartuffe emprisonné, Dom Juan damné, Géronte roué de coups. Dans une tragédie, ces personnagees inquiétants entraînent la mort du héros, et cela afflige et révolte le spectateur. Par exemple, Don Salluste, dans Ruy Blas de HUGO, entraîne le courageux valet dans la mort, et le jaloux comte de Guiche envoie Christian au front dans Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand. L'absence d'issue fatale dans les comédies de Molière enlève toute la gravité que la critique pourrait avoir, et le spectateur n'ira pas prendre position contre des personnages qu'on lui a montré vulnérables à la justice, divine (Dom Juan) ou royale (Tartuffe).

 

 

        Pour conclure, on peut dire que, malgré les réserves qui peuvent être apportées, la citation du poète Horace "Castigat ridendo mores" est valable pour la majorité des grandes comédies. Le rire n'est-il pas "la politesse du désespoir" ? A partir du moment où l'on peut rire d'un défaut, de par son évidence ou son caractère grotesque, à partir du moment où l'on a ridiculisé une catégorie de personnes sur les planches, ces personnes, confrontés à un regard différent sur elle-mêmes, changeront dans la plupart des cas leur attitude détestable, ou deviendront la risée de tous. Mais toutes les comédies ne sont pas volontairement engagées et satiriques. Cela nous amène à une autre question : Quel est le rôle de la comédie, de nos jours ? Est-ce, comme dans l'Antiquité ou au XVIIème siècle, un moyen de critiquer la société ou bien a-t-on viré vers une autre forme de comédie, moins engagée, plus populaire (confère Francis Weber)?

 

Manuel C., 2nde section internationale,  lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis (Centre international de Valbonne) ; mai 2006.

 

 

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2ème devoir : Clément R.

 

 

        De tout temps et dans la plupart des civilisations, la comédie fut au théâtre le principal moyen de divertissement culturel. Cependant, Horace, poète latin de l’Antiquité, et Jean de Santeul, poète français du XVIIème siècle, considéraient qu’au delà du simple divertissement, la comédie « corrige les mœurs par le rire » (« Castigat ridendo mores »). Souvent, en effet, les dramaturges choisissent d’utiliser leurs œuvres pour condamner les défauts de la société et de l’humanité sans altérer leur aspect comique. Il faut donc étudier les moyens par lesquels les auteurs de comédie renforcent leur blâme moral en faisant rire, mais aussi les moments où cette vertu éducative n’apparaît pas, et où seul le divertissement prime au mépris des valeurs.




        D’une part, la comédie se met au service de la dénonciation des défauts humains. Les dramaturges utilisent leur verbe aiguisé et leur humour subtil pour exprimer leur opinion. Par exemple, dans Tartuffe, de Molière, Orgon qui s’enquiert de la situation familiale, répète quatre fois « Et Tartuffe ? […] Le pauvre homme ! » (I,4) alors que Dorine, qui l’informe insiste sur la maladie de sa femme. Ici , le comique de répétition met en évidence l’omnubilation d’Orgon par Tartuffe et le faible cas qu’il porte à des êtres qui eussent dû lui être chers. La littérature se met dès lors au service de la morale.

        De plus, les auteurs comiques possèdent une arme redoutable dont ils usent volontiers dans un but argumentatif : l’ironie. Dans cette même scène 4 de l’Acte premier de Tartuffe, Dorine, après qu’Orgon eut, tel un automate, répété son attachement à Tartuffe, dit qu’ « [elle va] à Madame (Elmire) annoncer par avance la part qu’[Orgon prend] à sa convalescence ». L’ironie est flagrante, vu qu’Orgon ne porte aucune attention à sa femme, et permet d’accentuer la dénonciation de la dévote et absurde adoration du maître de maison pour l’hypocrite. De même, Dorine déclare que « Monsieur Loyal porte un air bien déloyal, » (V,4) l’onomastique ironique du personnage invitant cette antithèse qui annihile la crédibilité de l’huissier. L’ironie possède une force argumentative sans pareille et constitue souvent un facteur comique, châtiant ainsi les vices par le rire.

        Enfin, l’utilisation de personnages archétypaux d’un défaut est courante pour ridiculiser et dénoncer ledit vice. Ainsi, Tartuffe est l’archétype de l’imposteur : dans la langue française, un tartuffe est une personne hypocrite. En outre, Dorine dit à Mariane : « Vous serez tartuffiée » (II,3), néologisme qui montre que Tartuffe est l’illustration presque allégorique de la manipulation et de l’imposture. Molière a souvent recours aux archétypes : Harpagon, dans l’Avare, est obsédé par l’argent au point de confondre sa cassette avec sa fille dans le célèbre quiproquo avec Valère ; Argan, dans le Malade imaginaire, est une hypocondriaque maladif tourné en ridicule par Toinette, sa servante. De même, Marivaux, dans l’Ile des esclaves, utilise deux personnages de nobles stéréotypés et les réconcilie avec leurs valets dans une harmonie qui, une fois de plus, réfute les défauts tout en divertissant.




        Si la comédie permet de critiquer les mœurs de la société, elle produit parfois l’effet inverse, car l’injustice est souvent vicieusement amusante. En effet, la comédie déconsidère parfois des personnages dont la droiture et la raison bien que partielles, sont véritables. Dans Tartuffe, Madame Pernelle est rendue ridicule alors qu’elle montre parfois un bon sens, certes rigide, mais raisonné : dans la scène d’exposition, elle critique vertement chaque personnage, par exemple Dorine, qu’elle dit être « un peu trop forte en gueule, et fort impertinente, » ce qui s’avèrera exact. Cependant, l’allitération en [t] annonce la sévérité de la mère d’Orgon et la sympathie du spectateur se porte sur la servante. L’objectivité et la correction des dramaturges sont dès lors incomplètes et partiellement dicréditées, bien que le rire soit au rendez-vous.

        En outre, l’efficacité et la finesse des comiques sont parfois détériorées par une certaine grossièreté issue de la farce médiévale, impliquant notamment le comique de gestes dont le pouvoir argumentatif reste à démontrer. Dans les Fourberies de Scapin, les coups de bâtons infligés à Géronte par le personnage éponyme forcent une empathie pour le vieillard bien qu’il fût désagréable, et n’apportent aucune considération morale constructive. La comédie perd alors son sens argumentatif et le divertissement ne corrige en rien les mœurs, bien au contraire.

        La comédie va parfois même jusqu’à encourager des comportements immoraux. Dans les Fourberies de Scapin, le protagoniste, cherchant désespérément à échapper au courroux des deux vieillards, feint d’agoniser pour être pardonné. Ce mensonge éhonté dénote une certaine hypocrisie, bien que le stratagème soit comique. Dans l’Avare, également, Cléante, le dépensier fils d’Harpagon, et La Flèche, son malhonnête serviteur, utilisent le vol de la cassette pour déployer un chantage qui, s’il permet un dénouement heureux, ne manque pas d’être odieux. Ces personnages immoraux ne sont nullement condamnés par l’auteur, car Harpagon est le seul objet du blâme. Ainsi, la comédie est parfois immorale, et, bien qu’elle soit également divertissante, montre des aspects moins fins et moins honnêtes, à l’image de l’Homme.




        En conclusion, la comédie est un genre aux multiples facettes, variant par sa finesse, sa droiture et sa capacité argumentative fluctuantes. Certes, elle corrige les mœurs par le rire mais peut aussi divertir sans punir, le théâtre étant à l’image de la société. Mais, en un sens, quel que soit le genre littéraire, toute œuvre de littérature n’est-elle pas, ou ne devrait-elle pas être, un jugement porté sur la nature, la civilisation et les sociétés humaines ?

 

 

Clément R., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis (Centre international de Valbonne) ; mai 2006.

 

 

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3ème devoir : Thomas S.

 


 

Depuis toujours, l’homme a aimé se divertir en riant, et c’est pour cela qu’est née, pendant l’Antiquité, la comédie. Le poète latin Horace a par la suite affirmé : « Castigat ridendo mores », c'est-à-dire « elle (la comédie) corrige les mœurs par le rire ». Cela voudrait donc dire qu’une comédie peut changer les habitudes et surtout corriger les défauts d’une société, en utilisant uniquement le rire. Est-ce vraiment possible ? Une comédie n’a-t-elle pas été écrite dans le seul but de faire rire, sans avoir de sens caché ? Ou est-ce le poète latin qui a raison, peut-elle changer notre perception du monde, nous mettre en garde, rien qu’avec l’humour ?



        Il est sans doute possible que la comédie ne cherche qu’à faire rire et divertir les spectateurs, sans autre but, ce qui pourrait s’expliquer par son origine, car la comédie est issue de la farce du Moyen Age. Et celle-ci se caractérise par un humour grotesque, comme des coups de bâtons ou des expressions déplacées. Les farces, comme La farce de maître Patelin, dont est tiré la célèbre expression « revenons à nos moutons », ne servaient qu’à divertir le public entre deux pièces qui traitaient de sujets plus sérieux. On n’accordait donc guère d’importance à ces pièces, et la comédie étant la descendante directe de ce genre, on peut penser qu’elle aussi ne cherche qu’à divertir, sans vouloir corriger.

        De plus, les personnages qu’elle présente sont le plus souvent caricaturés. Il suffit de savoir que déjà dans les comédies romaines, certains personnages étaient obligatoires, comme les amoureux ou les serviteurs futés. Il y a aussi les personnages de Molière comme Tartuffe, Dom Juan ou Harpagon, qui sont respectivement l’imposteur, le séducteur et l’avare absolu, et qui sont donc aussi des caricatures. De telles personnalités ne peuvent exister réellement, et il ne sert à rien de dénoncer ou de mettre en garde contre ce qui n’existe pas. Ces personnages ne sont donc là que pour faire rire.

        Et finalement, il est, à l’époque de Molière très difficile de dénoncer clairement, tant à cause de la censure qu’à cause du mouvement littéraire dont le dramaturge fait partie. Considérons d’abord le fait que Molière a eu beaucoup de mal à jouer Tartuffe, car plusieurs versions ont été censurées par les dévots. La dénonciation initiale de Molière est donc en partie incomplète dans l’œuvre finalement publiée. Il y a aussi le mouvement littéraire de l’époque, le Classicisme, qui imposait aux comédies une fin heureuse. Les spectateurs seront donc probablement tentés de croire que les défauts que l’écrivain essaie de dénoncer ne sont pas si dangereux que cela. Il est donc très difficile, voire impossible, de dénoncer, de corriger les mœurs par le rire.




        Mais malgré le fait qu’il semble presque illusoire de dénoncer avec humour, certains auteurs y réussissent.

        En effet, il suffit de remarque le style de Molière pour s’en apercevoir. Cet écrivain traite dans ses comédies de thèmes très sérieux, comme la fausse dévotion. Et dans beaucoup de ses pièces, il rehausse le niveau des comédies en les écrivant en alexandrins. Cela met tout de suite la comédie au même rang que la tragédie, qui était jusqu’alors le seul genre théâtral écrit en vers. Molière prend donc l’initiative de faire oublier le côté rustique que la comédie a hérité de la farce et y réussit. Molière parle donc de graves problèmes de l’époque, et qui sont de plus en plus nombreux puisque Cléante dit des faux dévots, « de ce faux caractère on en voit trop paraître » (acte I, scène 5), avec une finesse extrême, puisqu’il écrit en vers, tout en divertissant le public avec des comiques de répétition, comme la répétition de «Et Tartuffe ?» par Orgon dans le premier acte, et d’autres sortes de comiques.

        En second lieu, les personnages de Molière incarnent les défauts que le dramaturge veut dénoncer, et rend le personnage porteur d’un défaut qu’il va rendre ridicule. On a par exemple Orgon qui se laisse tellement manipuler par Tartuffe qu’il en devient ridicule, et à tel point que les spectateurs veilleront à ce qu’eux-mêmes ne se retrouvent jamais dans la même situation. On a un autre exemple avec Harpagon, dans L’Avare, car lorsque celui-ci perd sa cassette, il en devient tellement fou qu’il se rend grotesque et pathétique. Le public se rend alors compte à quel point l’avarice est stupide, et veilleront à ne plus l’être. Molière, en ridiculisant les personnages fait donc rire, dénonce et corrige en même temps.

        Enfin, le fait que les dévots aient si énergiquement contesté la publication de Tartuffe n’est-il pas le fait qui montre le plus explicitement que Molière y dénonce certains faits, et peut-être même plus qu’uniquement la fausse dévotio? Et on ne peut cependant pas contester que Tartuffe est une pièce comique, qui respecte les règles de la comédie classique. Molière dénonce donc un fait dans sa comédie et veut le corriger.




        Pour finir, bien que l’on puisse penser qu’il est presque impossible de corriger les mœurs par le rire, il y a des comédies qui y parviennent, surtout celles de Molière. Et il paraît évident que grâce aux efforts de celui-ci pour appliquer la citation « Castigat ridendo mores », le rire a eu une nouvelle fonction, que d’autres auteurs après lui ont su exploiter pour rendre le monde comme il est aujourd’hui, et je pense particulièrement aux Philosophes des lumières, tels que Voltaire, qui ont souvent utilisés l’ironie pour convaincre.

 

Thomas S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis (Centre international de Valbonne) ; mai 2006.

 

 

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        En classe de 2nde section française, un sujet équivalent avait été proposé dans les mêmes conditions, mais avec L'école des femmes comme référence principale.

 

Xavier-Michel D.

 

Sujet : Le comique dans une œuvre n’a-t-il qu’une fonction de divertissement ? Vous répondrez à cette question en un développement composé en vous appuyant sur L’école des femmes de Molière, étudié en cours cette année, ou sur d’autres comédies.








Le comique n’est qu’une façon de voir les choses, il diverge selon les personnes, les cultures, les époques. Au XVIIème siècle, la comédie fut tout d’abord brimée mais cette brimade ne servit qu’à augmenter le succès de ce genre de pièces. « Le comique dans une œuvre n’a-t-il qu’une fonction de divertissement ? » La question exacte ne serait-elle pas plutôt « Quelles sont les différentes fonctions du comique ? » Dans un premier temps nous exposerons les aspects divertissants et comiques de Molière puis, dans un second temps, nous verrons que ce comique est paradoxal et qu’il frôle sans cesse le tragique.



Tout d’abord, les aspects divertissants chez Molière sont comme son talent, intarissables. Le quiproquo est généralement la source d’éclats de rire, Molière le sait et s’en sert dans L’école des femmes. Le quiproquo le plus marquant se trouve à l’acte II, scène 5 quand Arnolphe et Agnès se retrouvent et que cette dernière se voit interrogée par Arnolphe qui imagine les pires scénarii pour apprendre in fine que le sujet de discorde n’est autre que le ruban et non la virginité de la jeune fille qu’il convoite. Cette action ne montre que l’aspect divertissant du comique.

        De plus, le comique de situation entraîne dans un premier temps les rires. C’est ce que nous lisons à l’acte II, scène 5, également, lorsque, travaillant au frais, Agnès voit passer Horace et, comme une ingénue, ne voulant pas déroger à la règle qui lui a été inculquée, fait révérence nouvelle à toutes celles du jeune homme. Cette scène qui est racontée par Agnès se vit comme un moment de bonheur et d’amusement sans chercher de connotations au second degrés.

        Ensuite, nous assistons à un renversement de situation, source de comique, à l’acte I, scène 2. Les deux valets d’Arnolphe, Alain et Georgette, ne veulent pas ouvrir à leur maître qui rentre de voyage. Ils se disputent pour savoir lequel d’entre eux ouvrira la porte. Georgette « Ma foi, je n’irai pas » Alain « Je n’irai pas aussi » (I ; 2) Jusqu'à ce que Arnolphe les menace : « Quiconque de vous deux n’ouvrira pas la porte n’aura pas à manger de plus de quatre jours. Ha » A partir de ces mots, les deux valets se ruent vers la porte pour ouvrir. De la naît le rire, amplifié par la confusion d’Alain qui remplace le mot « Stratagème » par « strodagème. » Tous ces éléments ne font pas réfléchir et provoquent un reflexe de rire.








Néanmoins, le lecteur ne se laisse pastoujours prendre par l’hilarité que peut provoquer le texte, et sait déceler les sujets graves énoncés par l'oeuvre. Le machiavélisme d’Arnolphe se voit au cours de l’acte I, à la scène 1, avec cette citation frappante et déroutante : « Epouser une sotte et pour n’être point sot. » Le double visage d’Arnolphe se dévoile dès la première scène, ce qui sème le trouble dans les intentions d’Arnolphe comparée à celle d’Agnès. La citation se voit renforcée par une autre, tout aussi choquante : « Tant que j’aimerais mieux une laide bien sotte, Qu’une femme fort belle avec beaucoup d’esprit. » La lecture peut être prise en dérision mais c’est un sujet grave qui est dénoncé.

Le renversement de situation vu précédemment peut, vu sous un autre angle, habilement tourné par Molière, se présenter par une peur panique du maître Arnolphe de la part de ses deux valets, Alain et Georgette. Cette tyrannie qu’exercent les personnes de pouvoirs sur leurs domestiques ou même leurs femmes, montre un aspect de mal être qui démontre un autre sujet délicat de la société de l'époque.

Pour terminer, la dénonciation majeure est celle de la place de la femme dans la société du XVIIème siècle et la façon dont elle est traitée, comme le montre la volonté de précipiter le mariage et de faire les papiers chez le notaire à l’acte V, scène 2. Dans la scène 4 de l’acte V, Arnolphe crie sur Agnès qui ne comprend pas pourquoi. Agnès : « Je n ‘entends point de mal dans tous ce que j’ai fait » Arnolphe : « Suivre un galant n’est point une action infâme ? ». Les scènes qui au premier abord semblent comiques, cachent une dénonciation profonde , notamment la condition féminine de l’époque qui était pour le moins déplorable.





En conclusion, le comique dans une œuvre ne sert pas forcement que de divertissement mais il sert aussi à dénoncer de manière édulcorée afin d'éviter la censure des sociétés ou des monarchies comme La Fontaine le fait en remplaçant les personnes visés par des animaux.

 

 

Xavier-Michel D., 2nde section française, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis (Centre international de Valbonne) ; mai 2006.

 

 

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Jildou K.

 

 

Dissertation

 

Le comique dans une œuvre n’a-t-il qu’une fonction de divertissement? Vous répondrez à cette question en un développement composé en vous appuyant sur L’Ecole des femmes (et éventuellement d’autres comédies de Molière, ou même d’autre auteurs, que vous avez lues ou vues).

 

 

 

 

        Le comique et le divertissement sont présents dans de nombreux milieux au XVIIème siècle comme au XXIème grâce à la littérature, au théâtre ou au cinéma. « Le comique dans une œuvre n’a-t-il qu’une fonction de divertissement? » Le comique ne sert-il qu’à faire rire, et à rien d’autre ? Tout d’abord, à première vue on peut le penser, mais si nous regardons et analysons plus attentivement, nous verrons qu’il sert aussi à dénoncer la société ou des faits graves.

 

 

 

        Tout d’abord, nous pouvons bien affirmer que le comique a une fonction principale : c’est de provoquer le rire chez le spectateur. Ce qui le prouve en premier lieu, ce sont  tout d’abord les différents comiques de gestes, de paroles, et les quiproquos présents dans les comédies. Par exemple, dans Les Fourberies de Scapin, l’utilisation d’un bâton pour frapper quelqu’un relève du comique de gestes, de la farce grossière qui faisait sourire à l’époque des spectateurs peu cultivés. Le quiproquo provoque lui aussi le rire dans L’Ecole des femmes, avec Horace qui ne connaît pas la véritable identité d’Arnolphe et lui confie toute sa vie amoureuse comme le prouve le vers suivant : « J’ai d’amour en ces lieux eu certaines aventures, et l’amitié m’oblige à vous en faire part » (Acte I, scène 4). Le comique de geste est également très présent comme on peut le voir dans l’acte II, à la scène 5, quand Agnès et Horace font plusieurs révérences à la suite : « Et lui d’une troisième aussitôt repartant ». Tout cela nous montre bien que ces œuvres sont comiques, et ont pour but principal le divertissement.

        De plus, l' un des buts de la comédie, c’est de faire rire à travers des personnages caricaturaux.. On peut en rire car on peut s’identifier aux personnages, à leur vie. On peut le voir avec Arnolphe, véritable caricature du pervers manipulateur qui se fait prendre à son propre piège. Le comique réside dans le fait qu’ au début de la pièce, il a le dessus sur Agnès et la manipule : « Epouser une sotte est pour n’être point sot, mais une femme habile est un mauvais présage (acte I, scène 1). Et au fur et à mesure que la pièce évolue, Agnès prend le dessus sans qu’Arnolphe ne s’en rend compte : « Arnolphe : s’en allant tout transporte et ne pouvant parler » (Acte V, scène 9).Voilà qui nous montre bien le but principal de l’auteur c'est-à-dire nous faire sourire grâce a des situations cocasses.

 

 

 

        Malgré le but principal de la comédie qui est de faire rire, dans la plupart des cas, elle sert aussi à dénoncer des faits plus graves que des coups de bâton. A travers les époques, les acteurs comiques ont d’une façon indirecte critiqué les mœurs de leur époque. Par exemple, dans L’Avare, Molière à travers Harpagon, le personnage principal, dénonce les méfaits de l’avarice et le comportement des humains vis-à-vis de l’argent.

        De plus, dans L’Ecole des femmes, Molière raconte des faits graves : une jeune fille  n’est pas libre de choisir sa destinée et sa vie, et plus généralement, le dramaturge dénonce l’éducation des femmes à son époque. Il remet en cause la société à travers Arnolphe en le rendant grossier et choquant comme on peut le voir dans l’acte II, scène 5 : « Ne vous a-t-il point pris, Agnès, quelque autre chose ? » Il lui pose des questions intimes, ce qui nous prouve donc bien que c’est un manipulateur dénoncé par Molière.

        En outre, la comédie, puisqu’elle dénonce des faits graves et qu’elle reste la plus proche possible de la réalité, peut paraître plus efficace pour dénoncer des faits graves. Par exemple, l’avarice et l’obsession de l’argent dénoncées dans L’Avare, sont plus frappantes dans une comédie que dans une tragédie : en effet, on ne peut s’identifier aux personnages car ils sont tous nobles, riches, princes. Cela nous prouve donc bien que la comédie peut dénoncer et persuader ses spectateurs en utilisant le rire et même en parlant des faits graves.

 

 

 

        Nous avons vu que même si le comique sert à faire rire, si on regarde mieux, on s’aperçoit que c’est toute une dénonciation des personnes, des mœurs. La liberté d’opinion n’existait pas à cette époque, mais elle existait peut-être indirectement, des grands auteurs vont continuer à dénoncer de cette manière astucieuse les mœurs ou les hommes comme Napoléon III, dans Les Châtiments.

 

 

 

Jildou K., 2nde section française, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis (Centre international de Valbonne) ; mai 2006.

 


Date de création : 12/11/2006 @ 22:00
Dernière modification : 25/09/2009 @ 22:46
Catégorie : Copies d'élèves (2005/2006)
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