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Copies d'élèves 2009/2010 - Question de corpus 1ère FLS

Correction du bac blanc écrit n°4 de 08h à 12h.

La fable, l’apologue.

L’argumentation : convaincre, persuader, délibérer.

Corpus :

·        Texte A : Anonyme, Le Prud'homme1 qui sauva son compère, XIIIème siècle. Traduction en prose de G. Rouger.

·        Texte B : Les obsèques de la lionne (livre VIII, fable 14), de Jean de LA FONTAINE (1621-1695).

·        Texte C : Voltaire, Zadig, chapitre 6, 1747.

Texte A : Anonyme, Le Prud'homme1 qui sauva son compère, XIIIe siècle. Traduction en prose de G. Rouger.

  Un jour un pêcheur s'en allait en mer pour tendre ses filets. Regardant devant lui il vit un homme près de se noyer. Il était vaillant et agile ; il bondit, saisit un grappin et le lance, mais par malchance il frappe l'autre en plein visage et lui plante un crochet dans l'œil. Il le tire dans son bateau, cesse de tendre ses filets, regagne la terre aussitôt, le fait porter dans sa maison, de son mieux le sert et le soigne jusqu'à ce qu'il soit rétabli.
  Plus tard, l'autre de s'aviser que perdre un œil est un grand dommage. « Ce vilain m'a éborgné et ne m'a pas dédommagé. Je vais contre lui porter plainte : il en aura mal et ennui. » Il s'en va donc se plaindre au maire qui lui fixe un jour pour l'affaire.
  Les deux parties, ce jour venu, comparaissent devant les juges. Celui qu'on avait éborgné parla le premier, c'était juste.
  « Seigneurs, dit-il, je porte plainte contre cet homme qui naguère me harponnant de son grappin m'a crevé l'œil : je suis lésé2. Je veux qu'on m'en fasse justice ; c'est là tout ce que je demande et n'ai rien à dire de plus. »
  L'autre répond sans plus attendre :
  « Seigneurs, je lui ai crevé l'œil et je ne puis le contester ; mais je voudrais que vous sachiez comment la chose s'est passée : voyez si vous m'en donnez tort. Il était en danger de mort, allait se noyer dans la mer ; mais ne voulant pas qu'il périsse, vite, je lui portais secours. Je l'ai frappé de mon grappin, mais cela, c'était pour son bien : ainsi je lui sauvai la vie. Je ne sais que vous dire encore ; mais, pour Dieu, faites-moi justice. »
  Les juges demeuraient perplexes, hésitant à trancher l'affaire, quand un bouffon3 qui était là leur dit : « Pourquoi hésitez-vous ? Celui qui parla le premier, qu'on le remette dans la mer, là où le grappin l'a frappé et s'il arrive à s'en tirer, l'autre devra l'indemniser. C'est une sentence équitable. »
  Alors, tous à la fois s'écrient : « Bien dit ! La cause est entendue. » Et le jugement fut rendu. Quant au plaignant, ayant appris qu'il serait remis dans la mer pour grelotter dans l'eau glacée, il estima qu'il ne saurait l'accepter pour tout l'or du monde. Aussi retira-t-­il sa plainte ; et même beaucoup le blâmèrent4.
  Aussi, je vous le dis tout franc : rendre service à un perfide5, c'est là vraiment perdre son temps. Sauvez du gibet6 un larron7 qui vient de commettre un méfait, jamais il ne vous aimera et bien plus, il vous haïra. Jamais méchant ne saura gré à celui qui l'a obligé8 : il s'en moque, oublie aussitôt et serait même disposé à lui nuire et à le léser s'il avait un jour le dessus.

1. prud'homme : homme sage, avisé.
2. lésé : qui a subi un tort.
3. bouffon : homme moqueur, insolent.
4. blâmer : désapprouver.
5. perfide : trompeur et dangereux.
6. gibet : instrument servant au supplice de la pendaison.
7. larron : voleur, brigand
8. obligé : qui lui a rendu service.

Texte B : Les obsèques* de la lionne (livre VIII, fable 14), de Jean de LA FONTAINE (1621-1695).

La femme du Lion mourut :
Aussitôt chacun accourut
Pour s'acquitter envers le Prince
De certains compliments de consolation,
Qui sont surcroît d'affliction*.
Il fit avertir sa Province
Que les obsèques se feraient
Un tel jour, en tel lieu ; ses Prévôts* y seraient
Pour régler la cérémonie,
Et pour placer la compagnie.
Jugez si chacun s'y trouva.
Le Prince aux cris s'abandonna,
Et tout son antre* en résonna.
Les Lions n'ont point d'autre temple.
On entendit à son exemple
Rugir en leurs patois* Messieurs les Courtisans.
Je définis la cour un pays où les gens
Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,
Sont ce qu'il plaît au Prince, ou s'ils ne peuvent l'être,
Tâchent au moins de le parêtre*,
Peuple caméléon*, peuple singe* du maître,
On dirait qu'un esprit anime mille corps ;
C'est bien là que les gens sont de simples ressorts*.
Pour revenir à notre affaire
Le Cerf ne pleura point, comment eût-il pu faire ?
Cette mort le vengeait ; la Reine avait jadis
Etranglé sa femme et son fils.
Bref il ne pleura point. Un flatteur l'alla dire,
Et soutint qu'il l'avait vu rire.
La colère du Roi, comme dit Salomon,
Est terrible, et surtout celle du roi Lion :
Mais ce Cerf n'avait pas accoutumé* de lire.
Le Monarque lui dit : Chétif* hôte des bois
Tu ris, tu ne suis pas ces gémissantes voix.
Nous n'appliquerons point sur tes membres profanes*
Nos sacrés ongles ; venez Loups,
Vengez la Reine, immolez tous
Ce traître à ses augustes mânes*.
Le Cerf reprit alors : Sire, le temps de pleurs
Est passé ; la douleur est ici superflue*.
Votre digne moitié couchée entre des fleurs,
Tout près d'ici m'est apparue ;
Et je l'ai d'abord reconnue.
Ami, m'a-t-elle dit, garde que ce convoi,
Quand je vais chez les Dieux, ne t'oblige à des larmes.
Aux Champs Elysiens* j'ai goûté mille charmes,
Conversant avec ceux qui sont saints comme moi.
Laisse agir quelque temps le désespoir du Roi.
J'y prends plaisir. A peine on eut ouï la chose,
Qu'on se mit à crier : Miracle, apothéose* !
Le Cerf eut un présent*, bien loin d'être puni.
Amusez les Rois par des songes*,
Flattez-les, payez-les d'agréables mensonges,
Quelque indignation dont leur coeur soit rempli,
Ils goberont l'appât*, vous serez leur ami.

Lexique :

Obsèques : cérémonie lors de la mort et de l’enterrement de quelqu’un

Affliction : peine, chagrin

Prévôts : Gardes chargés d’organiser la cérémonie

Antre : lieu de vie d’un animal

Patois : langage

Parêtre : paraître

Caméléon : animal qui prend la couleur de la plante sur laquelle il se trouve

Singe : (ici) imitateur

Ressorts : machines, mécaniques

N’avait pas accoutumé : n’avait pas l’habitude

Chétif : faible, fragile

Profanes : contraire de « sacrés »

Mânes : esprit des morts

Superflue : inutile

Champs Elysiens : séjour des dieux dans la mythologie grecque

Apothéose : événement exceptionnel, lorsqu’un mortel est accueilli chez les dieux

Présent : cadeau

Songes : rêves

Gobber l’appât : lorsqu’un poisson se fait pêcher ; (ici : croire un mensonge agréable).

 

Texte C : Voltaire, Zadig, chapitre 6, 1747.

[À la cour du roi de Babylone, le jeune Zadig se fait apprécier pour ses qualités. Il se heurte aux méchants mais, après de nombreuses péripéties, il est nommé ministre du roi.]

  Le roi avait perdu son premier ministre. Il choisit Zadig pour remplir cette place. Toutes les belles dames de Babylone applaudirent à ce choix, car depuis la fondation de l'empire il n'y avait jamais eu de ministre si jeune. Tous les courtisans furent fâchés ; l'envieux en eut un crachement de sang, et le nez lui enfla prodigieusement [...]. Il [Zadig] se mit à exercer son ministère de son mieux.
  Il fit sentir à tout le monde le pouvoir sacré des lois, et ne fit sentir à personne le poids de sa dignité. Il ne gêna point les voix du divan1, et chaque vizir2 pouvait avoir un avis sans lui déplaire. Quand il jugeait une affaire, ce n'était pas lui qui jugeait, c'était la loi ; mais quand elle était trop sévère, il la tempérait3 ; et quand on manquait de lois, son équité4 en faisait qu'on aurait prises pour celles de Zoroastre5.
  C'est de lui que les nations tiennent ce grand principe : qu'il vaut mieux hasarder6 de sauver un coupable que de condamner un innocent. Il croyait que les lois étaient faites pour secourir les citoyens autant que pour les intimider. Son principal talent était de démêler la vérité, que tous les hommes cherchent à obscurcir.
  Dès les premiers jours de son administration il mit ce grand talent en usage. Un fameux négociant de Babylone était mort aux Indes ; il avait fait ses héritiers ses deux fils par portions égales, après avoir marié leur sœur, et il laissait un présent de trente mille pièces d'or à celui de ses deux fils qui serait jugé l'aimer davantage. L'aîné lui bâtit un tombeau, le second augmenta d'une partie de son héritage la dot7 de sa sœur ; chacun disait : « C'est l'aîné qui aime le mieux son père, le cadet aime mieux sa sœur ; c'est à l'aîné qu'appartiennent les trente mille pièces. »
  Zadig les fit venir tous deux l'un après l'autre. Il dit à l'aîné : « Votre père n'est point mort, il est guéri de sa dernière maladie, il revient à Babylone. - Dieu soit loué, répondit le jeune homme ; mais voilà un tombeau qui m'a coûté bien cher ! » Zadig dit ensuite la même chose au cadet. - « Dieu soit loué, répondit-il, je vais rendre à mon père tout ce que j'ai ; mais je voudrais qu'il laissât à ma sœur ce que je lui ai donné. - Vous ne rendrez rien, dit Zadig, et vous aurez les trente mille pièces : c'est vous qui aimez le mieux votre père. »

1. divan : conseil des ministres.
2. vizir : ministre du sultan.
3. tempérait : atténuait.
4. équité : justice, impartialité.
5. Zoroastre : personnage religieux dont l'influence fut considérable.
6. hasarder de : prendre le risque de.
7. dot : biens qu'une femme apporte en mariage.

 

 

 I) : Question (4 pts). Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez à la question suivante :

Quel(s) texte(s) présente(nt) une morale clairement exprimée ?
- Vous reformulerez cette morale.
- Rédigez la morale du (ou des) texte(s) qui ne l'exprime(nt) pas clairement.
La réponse à cette question doit être rédigée mais brève, de l'ordre d'une demi-page ou d'une page, au maximum.

II) Devoir au choix (16 pts) :

Commentaire. Vous commenterez le texte B.

Dissertation.

L'apologue est-il simplement divertissant ou peut-il éveiller la réflexion du lecteur ?
Vous répondrez à cette question dans un développement argumenté, en vous appuyant sur les textes du corpus, sur ceux que vous avez étudiés en classe et sur vos lectures personnelles.

Invention.


On vient de vous faire part d'une injustice grave. Vous exprimez votre désapprobation (désaccord) dans une lettre argumentée, que vous adressez au courrier des lecteurs d'un journal.
La situation d'injustice que vous aurez dénoncée dans votre lettre conduira à l'énoncé d'une morale.
(Vous ne devez en aucun cas signer la lettre de votre nom.)

 

Réponse à la question de corpus de Michelle S. :

 

   Le corpus est constitué de trois textes. Le premier texte est intitulé Le prud’homme qui sauva son compère et il a été écrit au XIIIème siècle. Ce texte est traduit en prose par G. Rouger. Le deuxième texte s’intitule Les obsèques de la lionne. Cette fable a été écrite par Jean de La Fontaine au XVIIème siècle et  fait partie de son recueil intitulé Fables. Le Dernier texte est un extrait du conte philosophique Zadig écrit en 1747 par Voltaire. Quels sont les textes qui ont une morale explicite?

   Le premier texte est un apologue avec une morale clairement exprimée à la fin. De la ligne 1 jusqu’à la ligne 26, on a une petite histoire qui illustre la morale. De la ligne 27 jusqu’à la ligne 30, on peut voir la morale explicite. L’auteur dit clairement, qu’il ne faut pas « rendre service à un perfide » (l. 27), car il ne va pas vous remercier, et il va même vous créer des ennuis et des problèmes. On a la reformulation de cette morale à la ligne 29 : « Jamais méchant ne saura gré à celui qui l’a obligé ». La morale explicite de ce texte commence par une phrase à la ligne 27 : « Aussi, je vous le dis tout franc ». Donc, le lecteur peut comprendre que l’histoire est finie et que l’auteur va annoncer sa morale paradoxale.

   Le deuxième texte représente aussi un apologue, et, plus précisément,  une fable. Cette fable est constituée d’une histoire (v. 1 – v. 51)  à valeur exemplaire et d’une morale explicite (v. 52 – v. 55). Cette morale est à la fois éducative et dénonciatrice. La Fontaine dit qu’il faut plaire aux rois (et donc aux puissants en général), qu’il faut mentir aux rois et les flatter  pour être leur ami, pour que les rois soient favorables à vous. Mais cette morale est aussi ironique, car cette fable dénonce la flatterie des courtisans.

   Dans le dernier texte, la morale est implicite, donc elle n’est pas dite clairement. Voltaire dénonce les défauts humains et les défauts politiques. Zadig exprime les idées de Voltaire et des Lumières, il montre un exemple de la manière dont il faudrait gouverner l’état et comment il faut gérer les conflits humains. La morale de ce texte est qu’il ne faut pas être matérialiste, qu’il faut être généreux. Voltaire donne aux lecteurs les valeurs des hommes et il donne l’importance de ces valeurs dans la morale.

   Tous ces textes ont une valeur argumentative, ils dénoncent les défauts humains et donnent une morale, qui peut être implicite ou explicite.

 

Michelle S. (Lettonie), 1ère FLS, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2010.

 

 

lettonie.jpg
 

 

 

 


Date de création : 23/05/2010 @ 09:53
Dernière modification : 23/05/2010 @ 09:58
Catégorie : Copies d'élèves 2009/2010
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