Texte à méditer :  

LE SITE DE LETTRES DU CIV

 

    c


A savoir...

Fermer EAF 2017

Fermer Ecrire pour la planète

Fermer FLE

Fermer FLS

Fermer Lectures conseillées

Fermer Les parcours d'oeuvres intégrales

Fermer Petite bibliothèque personnelle (hors grands classiques)

Fermer Remerciements

Fermer Ressources numériques

Productions d'élèves

Fermer Aventures fabuleuses de la Méditerranée

Fermer Chevaliers dans la bataille

Fermer Chevaliers et dragons

Fermer Contes de la rue Mistral

Fermer Contes à dormir debout

Fermer Copies d'élèves (2005/2006)

Fermer Copies d'élèves (2006/2007)

Fermer Copies d'élèves (2007/2008)

Fermer Copies d'élèves 2008/2009

Fermer Copies d'élèves 2009/2010

Fermer Copies d'élèves 2010/2011

Fermer Copies d'élèves 2011/2012

Fermer Copies d'élèves 2012/2013

Fermer Copies d'élèves 2013/2014

Fermer Copies d'élèves 2014/2015

Fermer Copies d'élèves 2015/2016

Fermer Copies d'élèves 2016/2017

Fermer Histoires d'Ulysse

Fermer Incipit (classe de 3ème)

Fermer Préparation (2006/2007)

Fermer Préparations (2007/2008)

Fermer Préparations 2008/2009

Fermer Préparations 2009/2010.

Fermer Préparations 2010/2011

Fermer Préparations 2011/2012

Fermer Préparations 2012/2013

Webmaster - Infos
Recherche



Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

Connexion

Se reconnecter
---

Votre nom (ou pseudo) :

Votre mot de passe :


 Nombre de membres 2 membres


Connectés :

( personne )

Webmaster - Infos
Retour

retour.gif

Copies d'élèves 2010/2011 - 1ère FLS : bac blanc n°1

Bac blanc n°1 : mercredi 10 novembre 2010
 
Objets d’étude : Un mouvement littéraire et culturel ; L’argumentation : convaincre, persuader et délibérer.
Corpus :
Texte A - E.N. Damilaville : Article « Paix » (Encyclopédie, 1750-1772).
Texte B : Montesquieu, Lettres persanes, 1721 (lettre XXIX) (extrait).
Texte C : Voltaire, Zadig, chapitre 6, 1747.
 
Texte A - E.N. Damilaville : Article « Paix » (Encyclopédie, 1750-1772)
Étienne Noël Damilaville, né à Bordeaux le 21 novembre 1723 et mort le 13 décembre 1768, est un homme de lettresfrançais, ami de Voltaire et de Diderot. Il a participé à la rédaction de l’Encyclopédie, l’une des œuvres majeures des Lumières.
 
  PAIX. La guerre est un fruit de la dépravation des hommes : c'est une maladie convulsive et violente du corps politique, il n'est en santé, c'est-à-dire dans son état naturel que lorsqu'il jouit de la paix ; c'est elle qui donne de la vigueur aux empires ; elle maintient l'ordre parmi les citoyens ; elle laisse aux lois la force qui leur est nécessaire ; elle favorise la population, l'agriculture et le commerce : en un mot elle procure aux peuples le bonheur qui est le but de toute société. La guerre au contraire dépeuple les états ; elle y fait le désordre ; les lois sont forcées de se taire à la vue de la licence qu'elle introduit ; elle rend incertaines la liberté et la propriété des citoyens ; elle trouble et fait négliger le commerce ; les terres deviennent incultes et abandonnées. Jamais les triomphes les plus éclatants ne peuvent dédommager une nation de la perte d'une multitude de ses membres que la guerre sacrifie ; ses victoires même lui font des plaies profondes que la paix seule peut guérir.
Lexique :
·         ligne 1 : « dépravation » : perversion, déviance ;
·         ligne 1 : « convulsive » : qui provoque les convulsions, c’est-à-dire des tremblements, des secousses, de l’agitation ;
·         ligne 3 : « vigueur » : force ;
·         ligne 6 : « licence » : l’absence de respect des lois, des règles, des convenances ;
·         ligne 9 : « dédommager » : rembourser, donner en retour.
 
 
Texte B : Montesquieu, Lettres persanes, 1721 (lettre XXIX) (extrait)
  Le pape est le chef des chrétiens. C'est une vieille idole qu'on encense par habitude. Il était autrefois redoutable aux princes même : car il les déposait aussi facilement que nos magnifiques sultans déposent les rois d'Irimette et de Géorgie. Mais on ne le craint plus. Il se dit successeur d'un des premiers chrétiens, qu'on appelle saint Pierre, et c'est certainement une riche succession : car il a des trésors immenses et un grand pays sous sa domination.
  Les évêques sont des gens de loi qui lui sont subordonnés, et ont, sous son autorité, deux fonctions bien différentes : quand ils sont assemblés, ils font, comme lui, des articles de foi ; quand ils sont en particulier, ils n'ont guère d'autre fonction que de dispenser d'accomplir la loi. Car tu sauras que la religion chrétienne est chargée d'une infinité de pratiques très difficiles, et, comme on a jugé qu'il est moins aisé de remplir ses devoirs que d'avoir des évêques qui en dispensent, on a pris ce dernier parti pour l'utilité publique. De sorte que si l'on ne veut pas faire le rahmazan ; si on ne veut pas s'assujettir aux formalités des mariages ; si on veut rompre ses vœux; si on veut se marier contre les défenses de la loi; quelquefois même, si on veut revenir contre son serment : on va à l'Évêque ou au Pape, qui donne aussitôt la dispense.
  Les évêques ne font pas des articles de foi de leur propre mouvement. Il y a un nombre infini de docteurs, la plupart dervis, qui soulèvent entre eux mille questions nouvelles sur la religion. On les laisse disputer longtemps, et la guerre dure jusqu'à ce qu'une décision vienne la terminer.
  Aussi puis-je t'assurer qu'il n'y a jamais eu de royaume où il y ait eu tant de guerres civiles que dans celui de Christ.
  Ceux qui mettent au jour quelque proposition nouvelle sont d'abord appelés hérétiques. Chaque hérésie a son nom, qui est, pour ceux qui y sont engagés, comme le mot de ralliement. Mais n'est hérétique qui ne veut : il n'y a qu'à partager le différend par la moitié et donner une distinction à ceux qui accusent d'hérésie, et, quelle que soit la distinction, intelligible ou non, elle rend un homme blanc comme de la neige, et il peut se faire appeler orthodoxe […].
 

 De Paris, le 4 de la lune de Chalval 1712.
Lexique :
·         Ligne 2 : verbe « déposer » : ici, dans le sens d’enlever son pouvoir à quelqu’un ;
·         ligne 3 : « successeur » : celui qui vient ensuite, après ;
·         ligne 6 : « évêque » : grands responsables de l’Eglise catholique ;
·         ligne 6 : « subordonnés » : qui sont inférieur hiérarchiquement à lui ;
·         ligne 8 : « dispenser » : permettre de ne pas faire quelque chose ;
·         ligne 11 : « rahmazan » (ou ramadan) : pratique de la religion musulmane qui consiste à ne pas se nourrir ni boire pendant un certain temps pour rendre hommage à Allah (le dieu des musulmans) ;
·         ligne 12 : « s’assujettir » :obéir, respecter une règle ;
·         ligne 12 : « rompre ses vœux » : ne plus vouloir être religieux alors qu’on s’était engagé à l’être ;
·         ligne 13 : « les défenses de la loi » : ce que la loi interdit ;
·         ligne 13 : « serment » : ce qu’on a promis ;
·         ligne 16 : « dervis » (en réalité, derviche : religieux musulman appartenant à une confrérie) ;
·         ligne 17 : « disputer » au sens de discuter ;
·         ligne 21 : « ralliement » : de « se rallier » : se regrouper, se mettre ensemble, former un groupe ;
·         ligne 22 : le « différend » : la dispute, le désaccord ;
·         ligne 23 : « intelligible » : compréhensible.
 
Texte C : Voltaire, Zadig, chapitre 6, 1747.
 
Zadig ou la Destinée est un roman mais aussi un conte philosophique de Voltaire, publié pour la première fois en 1747, sous le titre Memnon, histoire orientale, puis, en 1748, augmenté de plusieurs chapitres, sous son titre actuel. Les aventures du héros éponyme présentent une réflexion sociale et un orient exotique et attirant.
 
[À la cour du roi de Babylone, le jeune Zadig se fait apprécier pour ses qualités. Il se heurte aux méchants mais, après de nombreuses péripéties, il est nommé ministre du roi.]
  Le roi avait perdu son premier ministre. Il choisit Zadig pour remplir cette place. Toutes les belles dames de Babylone applaudirent à ce choix, car depuis la fondation de l'empire il n'y avait jamais eu de ministre si jeune. Tous les courtisans furent fâchés ; l'envieux en eut un crachement de sang, et le nez lui enfla prodigieusement [...]. Il [Zadig] se mit à exercer son ministère de son mieux.
  Il fit sentir à tout le monde le pouvoir sacré des lois, et ne fit sentir à personne le poids de sa dignité. Il ne gêna point les voix du divan1, et chaque vizir2 pouvait avoir un avis sans lui déplaire. Quand il jugeait une affaire, ce n'était pas lui qui jugeait, c'était la loi ; mais quand elle était trop sévère, il la tempérait3 ; et quand on manquait de lois, son équité4 en faisait qu'on aurait prises pour celles de Zoroastre5.
  C'est de lui que les nations tiennent ce grand principe : qu'il vaut mieux hasarder6 de sauver un coupable que de condamner un innocent. Il croyait que les lois étaient faites pour secourir les citoyens autant que pour les intimider. Son principal talent était de démêler la vérité, que tous les hommes cherchent à obscurcir.
  Dès les premiers jours de son administration il mit ce grand talent en usage. Un fameux négociant de Babylone était mort aux Indes ; il avait fait ses héritiers ses deux fils par portions égales, après avoir marié leur sœur, et il laissait un présent de trente mille pièces d'or à celui de ses deux fils qui serait jugé l'aimer davantage. L'aîné lui bâtit un tombeau, le second augmenta d'une partie de son héritage la dot7 de sa sœur ; chacun disait : « C'est l'aîné qui aime le mieux son père, le cadet aime mieux sa sœur ; c'est à l'aîné qu'appartiennent les trente mille pièces. »
  Zadig les fit venir tous deux l'un après l'autre. Il dit à l'aîné : « Votre père n'est point mort, il est guéri de sa dernière maladie, il revient à Babylone. - Dieu soit loué, répondit le jeune homme ; mais voilà un tombeau qui m'a coûté bien cher ! » Zadig dit ensuite la même chose au cadet. - « Dieu soit loué, répondit-il, je vais rendre à mon père tout ce que j'ai ; mais je voudrais qu'il laissât à ma sœur ce que je lui ai donné. - Vous ne rendrez rien, dit Zadig, et vous aurez les trente mille pièces : c'est vous qui aimez le mieux votre père. »
1. divan : conseil des ministres.
2. vizir : ministre du sultan.
3. tempérait : atténuait.
4. équité : justice, impartialité.
5. Zoroastre : personnage religieux dont l'influence fut considérable.
6. hasarder de : prendre le risque de.
7. dot : biens qu'une femme apporte en mariage.
 
QUESTION : En quoi ces différents textes illustrent-ils l’esprit des Lumières? (4 pts).
COMMENTAIRE : Vous ferez le commentaire du texte B.


Devoir de Laurie-Lee C. :

Question de corpus :

              Le Corpus est composé de trois extraits d’œuvres, d’auteurs fondamentaux du Siècle des Lumières de XVIIIème siècle. Le premier est un extrait de l’Encyclopédie, écrit par Damilaville. La deuxième est un extrait d’un œuvre épistolaire, Les Lettres Persanes, de Montesquieu. Enfin, le troisième est un extrait de Zadig, un œuvre de Voltaire. Ces extraits ont en commun la critique de la politique, la guerre et la religion.
                La critique est une façon de d’analyser les qualités et les défauts des choses pour les rendre ensuite meilleures. Voltaire fait une critique de la politique et de la société en toute discrétion en situant le lieu de son histoire dans un autre pays, Babylone. L’aîné de l’histoire est la représentation de la politique et société française du XVIII siècle : « Dieu soit loué, […] mais voilà un tombeau qui m’a coûté bien cher ! » (Lignes 22-23). Les représentants de la religion et des lois sont montrés avides, en voulant tout pour eux. L’avidité de ses représentants est également montrée dans le texte de Montesquieu dans Les Lettres Persanes : « […] la religion Chrétienne est chargée d’une infinité de pratiques très difficiles, et, comme on a jugé qu’il est moins aisé de remplir ses devoirs que d’avoir des évêques qui en dispensent » (lignes 9-10). Dans le premier texte, Damilaville dénonce directement l’absurdité de la guerre : « La guerre est un fruit de la dépravation des hommes »    (ligne 1).  Sa critique est forte et direct, en appelant la guerre « une maladie convulsive » (lignes 1).
                Ces œuvres et leurs auteurs critiquent la base de la société française : la religion et la politique. Ces auteurs ont eu le courage de « secouer » la mentalité du peuple pour proposer une nouvelle société ; de meilleures idées. Ces nouvelles pensé »s et idées illuminent la France, ainsi faisant ces textes les illustrations de l’esprit des Lumières. Tout cela conduira à une rébellion plus tard.


Commentaire :



         Le XVIIIème siècle fut une période de réalisations et de grande remise en cause de la société. La richesse des œuvres littéraires, la progression scientifique, et l’amélioration politique et économique illuminent la France. Ainsi est né le Siècle des Lumières. En écrivant, Les Lettres Persanes, un roman épistolaire, en 1721, Montesquieu ne connaît pas encore l’impact que son œuvre va donner à l’histoire de la France. L’extrait vient de la lettre XXIX, écrite par le personnage de Rica, destinée  à Ibben, parlant de ses expériences et observations de ce pays étranger : la France. En premier lieu, Montesquieu écrit un roman en critiquant les représentants de la religion Chrétienne, puis, l’auteur le fait en toute discrétion par le biais du regard extérieur.
 
               
Tout d’abord Montesquieu montre son dégout de la façon dont les représentants de la religion Chrétienne se comportent. Le Pape est le plus responsable du désordre et de l’avidité de ces personnes, de l’avis de l’auteur, car il est « le chef des chrétiens » (ligne 1). Le Pape est présenté comme un vieil homme que l’on « encense par habitude » (ligne 1). Au contraire d’un bon vin de qualité, le Pape ne s’améliore pas au cours du temps. Le fait que ses ‘accomplissements’ soient tous écrits à l’imparfait, comme « il était », et « il les déposait » (ligne 1 et 2) montre qu’il n’est plus un homme puissant, comme « autrefois » (ligne 1), mais un homme que l’on flatte et honore avec des louanges excessives, par habitude, et qu’on «  ne craint plus » (ligne 3). Il y a une allitération en [ S ] qui se répète au cours de la description du Pape : « encense » (ligne 1), « facilement » (ligne 2), « sultans » (ligne 2), « successeur » (ligne 3), « saint » (ligne 4) et « sous sa » (ligne 5). Le son [ S ] évoque l’image d’un serpent qui glisse. Montesquieu veut illustrer l’image du Pape qui esquive et glisse sous ses propres règles, et sa manipulation du peuple qui l’idolâtre. Ainsi, le Pape est fortement critiqué par Montesquieu.
           Ensuite, les évêques, étant de grands responsables de l’Eglise Catholique, et donc porteurs des lois du Pape, sont également dénoncés par Montesquieu. Les évêques sont inférieurs au Pape et n’ont pas beaucoup de pouvoir comme ils « ne font pas des articles de foi de leur propre mouvement » (ligne 15). Au cours de la description, il y a la présence du champ lexical de la soumission des évêques par rapport à leur chef, le Pape : « qui lui sont subordonnés » (ligne 6), « sous son autorité » (ligne 6), « fonctions » (lignes 6 et 8). Le champ lexical de soumission, récurrent dans l’extrait met en évidence que les évêques sont moins importants dans le fonctionnement de religion Chrétienne qu’ils le pensent. Montesquieu montre clairement sa répugnance des représentants religieux de l’époque.
 
               
En outre, Montesquieu démontre et critique le Pape, et les représentants de la religion Chrétienne fortement, mais le fait de manière intelligente et discrète : par le regard d’autrui. Ce sont les Persans, dont sert Montesquieu pour exprimer ses critiques. Cela commence premièrement dans le titre : Les Lettres Persanes. Ni le Roi, ni ses sujets ne pouvaient dénoncer Montesquieu, car ce ‘n’était pas son avis’ qu’il écrivait, mais ‘celui’ de voyageurs Persans, et leurs observations faite, de ce pays étranger : La France. Les détails, « Lettres XXIX, Rica à Ibben, à Symrne » et « De Paris, le 4 de la lune de Chaval 1712 » rendent ces lettres réalistes et donc proches de l’avis réel de l’auteur. Montesquieu parle et écrit à toute la France mais cache son avis grâce au regard extérieur : c’est la double énonciation (ceux qui lit le roman comme un roman, et ceux qui comprennent l’ironie de l’auteur et son vrai message au peuple). Montesquieu cache donc son avis critique de la société française sous le regard extérieur.
            En revanche, il y a l’ambiguïté du regard à travers des visiteurs (Persans) : il est nécessaire de raconter en détails les disfonctionnements de la société et de la religion, parce que ce ne sont pas les mêmes que ceux de Perse. ‘Rica’ utilise trois paragraphes pour décrire le Pape et ses évêques. Comme elle le décrit en détails ses observations, cela permet aux lecteurs de trouver et de découvrir beaucoup plus de défauts : « ils n’ont guère d’autre fonction que de dispenser d’accomplir la loi » (ligne 8). Au lieu de simplement expliquer que les évêques sont hiérarchiquement inférieurs du Pape, le lecteur sait que les évêques ne suivent même pas les lois qu’ils décrètent, qu’ils sont censés exécuter. Ainsi, le regard extérieur, lors d’une critique d’une dénonciation, peut être encore plus menaçant à cause de la mise en avant des détails pensés ‘innocentes’. Montesquieu utilise le regard extérieur de façon intelligente pour faire exactement cela.
 
               
En conclusion, Montesquieu dénonce et critique la façon dont est organisée la religion grâce à l’utilisation du regard d’autrui. D’autres philosophes et auteurs comme Voltaire, dans Zadig, et Marivaux dans L’Ile des Esclaves, critiquera la société française, qui guidera vers une ouverture des esprits et puis une grande rébellion historique, de la France, plus tard.
 


Laurie-Lee C. (Angleterre), 1ère FLS, novembre 2010. 

 
angleterre.jpg      
        



 Commentaire de Maeva D. : 

 
          Le XVIIIème siècle fut marqué par le rationalisme philosophique et l'exaltation des sciences qui permit aux philosophes de développer l'esprit critique. Ces philosophes et écrivains s'opposèrent aux inégalités sociales et à la puissance politique et religieuse. cela marqua le début du siècle des Lumières. Montesquieu, l'un des principaux philosophes et écrivains de l'époque des Lumières, a écrit Les Lettres Persanes en 1721 parmi d'autres oeuvres comme L'Esprit des Lois (1748) et Défense de l'Esprit des Lois (1750). L'oeuvre, les Les Lettres Persanes , traite de deux Perses qui visitent la France et écrivent leurs observations dans des lettres qu'ils envoient chez eux, en Perse. Les deux Persans, Rica et Usbek, critiquent la puissance du pouvoir religieux à travers leur regard étranger.


          Tout d'abord, Montesquieu dénonce l'injustice de la puissance religieuse. Pour transmettre cela au lecteur, il utilise des personnages contradictoires. Dans un premier temps, le Pape est décrit et perçu par les Perses comme un tyran et cela est démontré par le champ lexical de la tyrannie. Les Perses utilisent des mots comme "chef" (l.1), "idole" (l.1), "il déposaient aussi facilement" (l.2), "successeur" (l.3), "riche" (l.4), "trésors" (l.5) puis comme mot final "domination" (l.5). Ces mots et expressions illustrent la quantité de pouvoir qu'obtient le Pape alors que son rôle n'est pas de dominer le peuple chrétien mais de le guider et de l'aider. Dans cet extrait, d'autres personnages religieux comme les évêques et les docteurs sont critiqués pour leur manque de fiabilité par rapport à la foi chrétienne. Au lieu de travailler ensemble et d'être coopératifs, "on les laisse disputer longtemps, et la guerre dure jusqu'à ce qu'une décision vienne la terminer" (l.17) . Montesquieu utilise le registre ironique pour créer une antithèse: ceux qui sont censés amener la paix, la bienveillance et des solutions apportent des conflits et de l'injustice. Cela rapporte le lecteur à la critique religieuse car il observe des personnages contradictoires, malhonnêtes et corrompus.
          De plus, les Perses soulignent qu'il y a des devoirs illogiques dans l'Eglise. Le registre ironique est utilisé tout au long de l'extrait pour critiquer la religion mais plus particulièrement dans le deuxième paragraphe de l'extrait.Les évêques sont chargés "d'une infinité de pratiques très difficiles" (l.9) et cela consiste à dispenser des gens des devoirs chrétiens. Comme le dit le personnage " si on ne veut s'assujettir aux formalités des mariages; si on veut rompre ses voues; (…) si on veut revenir contre son serment" (l. 12, 13). Montesquieu met en évidence la fausse logique de ces devoirs en utilisant la conjonction de subordination "si". L'anaphore permet l'auteur d'insister sur ces devoirs illogiques qui ont une seule raison d'être cités dans cet extrait : c'est de moquer la religion chrétienne. De plus, en utilisant la double énonciation (Les Persans communiquent avec leurs proches en Perse mais Montesquieu veut les faire communiquer aussi avec le lecteur), ils démontrent l'injustice de la puissance religieuse. Montesquieu utilise donc le regard extérieur des deux Perses pour critiquer le pouvoir de la religion.


          D'autre part, le regard étranger des Perses aide le lecteur à prendre conscience des défauts de la société française. Montesquieu utilise l'ethnocentrisme des français pour mettre en évidence les défauts de la société française. L'auteur utilise comme outil la tournure restrictive pour exprimer la fausse logique des habitudes du peuple français, comme le montre, "Aussi puis-je t'assurer qu'il n'y a jamais eu de royaume où il y ait eu tant de guerres civiles que dans celui de Christ" (l. 18, 19). L'utilisation de la tournure restrictive est nécessaire pour évoquer la malveillance de la puissance religieuse et politique. Les français croient leurs moeurs, leurs institutions et aussi leur religion absolument naturels et n'imaginent pas qu'autre chose puisse exister.
          Le regard extérieur et naïf des Perses est aussi observé à travers le registre ironique qui amène à l'exagération et l'hyperbole. Les deux Persans utilisent un champ lexical mélioratif. Premièrement, les Perses décrivent leur sultans comme "magnifiques" (l.2) lorsque celui qui dirige la France est seulement "chef" (l.1) ce qui est une description ordinaire. L'hyperbole est utilisé plusieurs fois dans ce texte pour ridiculiser la France, comme le montre "trésors immenses" (l. 5) et "infinités de pratiques très difficiles" (l.10) L'hyperbole montre que les Perses favorisent leur pays mais aussi ridiculisent la France.


          A travers cet extrait, Montesquieu critique la puissance de la religion en utilisant le regard étranger des deux Perses, Rica et Usbek. En écrivant cette oeuvre, l'auteur dénonce les défauts de la société française et espère qu'un lecteur intelligent comprendra son rationalisme. Une des principales caractéristiques des Lumières sont les voyages et le vouloir de découvrir l'étranger et les autres formes de gouvernement. En utilisant le Moyen Orient comme base dans cette oeuvre, Montesquieu définit clairement ce qu'est l'époque des Lumières.

Maeva D. (Pays-Bas, France), 1ère FLS, novembre 2010.
pays_bas.jpg



france.jpg

Date de création : 02/01/2011 @ 16:27
Dernière modification : 23/01/2011 @ 11:54
Catégorie : Copies d'élèves 2010/2011
Page lue 927 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article


^ Haut ^