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Copies d'élèves (2006/2007) - Ecritures d'invention 2nde 1

1er sujet d'écriture d'invention :

Les devoirs d'écriture d'invention proposés ci-dessous ont été rédigés en temps libre, pour le 19 octobre 2006, à l'issue de la séquence n°1 intitulée Le roman et son évolution du XVIIème au XXème siècle. Le principal objet d'étude qui sous-tendait cette séquence était bien sûr le genre narratif. Cette séquence se partageait entre l'étude d'Une Vie de Maupassant, en oeuvre intégrale, et celle d'un groupement de textes complémentaires consacrée à la rencontre amoureuse dans le genre narratif : ce groupement comprenait les lectures analytiques d'extraits de La Princesse de Clèves, de Mme de Lafayette, Manon Lescaut, de l'Abbé Prévost, Le lys dans la vallée, de Balzac, et l'incipit d'Aurélien, d'Aragon.

Parallèlement, en méthodologie, les élèves avaient étudié la typologie des textes et les focalisations.

La mise en ligne de ces quelques copies complète le compte-rendu du devoir, et peut servir de support à une éventuelle remédiation.

Le sujet était le suivant :

Après l'étude du GT1, vous rédigerez à votre tour une rencontre amoureuse régie par les consignes suivantes :

  • elle mêlera types narratif et descriptif (vous veillerez à utiliser les outils stylistiques propres à ces deux types de texte).
  • Votre production respectera les codes romanesques traditionnels (rôle du regard, emploi d'hyperboles, admiration etc.)
  • Vous expliciterez la focalisation que vous aurez choisie (focalisation zéro, focalisation interne, ou alternance des deux).
  • Toute référence culturelle pertinente est valorisée.


 

Lafayette.jpg

 




Code des couleurs :

  • Hyperbole, admiration, sens visuel...
  • Type descriptif
  • Type narratif
  • Référence culturelle pertinente

Code des couleurs : ce guidage méthodologique ajouté aux copies elles-mêmes est destiné à faire de ces productions d'élèves un potentiel outil d'élaboration de futurs devoirs, ou encore de remédiation ou de correction.

1er devoir : Cécilia F. (Dans ce devoir, cette couleur désigne les verbes de perception caractéristiques de la focalisation interne, choisie par l'élève).




Charles Lauvergeon, jeune « dandy » sociable, fait la rencontre de la jeune Colombe de la Reneaudierre qui le trouble et le fascine. Leur rencontre a lieu un matin, en 1820.

(Focalisation interne).


De fines gouttes de pluie rebondissaient avec un son cristallin sur les pavés, en accord avec mes pas pressés. L’aurore arrivait à une vitesse prodigieuse dans le ciel traversé de nuages roses et enflammés. Je parcourais les ruelles désertées de toute présence humaine. Les musiques de la soirée mondaine que je venais de quitter de bon matin sourdaient dans mes oreilles.

Le silence feutré fut brisé par le son de roues sur les pavés. Je m’approchai du bord de la route et attendis patiemment que la diligence qui arrivait s’arrêtât devant moi. Le conducteur retint les chevaux et descendit pour m’ouvrir la portière.

A ce moment-là, je pris conscience d’une présence féminine à mes côtés, celle d’une jeune fille qui était arrivée en même temps que moi. Et là — certains riront certainement de mon emphase — je vis la jeune fille la plus gracieuse qui soit. Telle une étoile filante qui s’abattit sur mon âme, une splendeur m’apparaissait, une splendeur qui troubla mon cœur.

Sa taille fine était cintrée par une fine veste couleur crème et ses cheveux retenus par un voile. Un châle aérien, fait d’une matière légère et satinée, enroulait le creux de chacun de ses bras. Elle s’empourpra en me voyant.

« Oh ! Excusez-moi, monsieur, je ne savais pas que cette voiture vous était réservée. »

Je n’entendis guère ses excuses embarrassées, car ma vision avait pris le dessus sur le reste de mes sens. La fascination guida mes paroles dans un empressement inhabituel. Je débitai singulièrement une proposition de partager le transport avec elle. Néanmoins, ma générosité était, en réalité, égoïstement motivée par ma curiosité. Ses pommettes empourprées d’une gêne attendrissante se plissèrent lorsqu’elle sourit et me remercia en acceptant mon offre. Je lui tendis une main tremblante pour l’aider à monter dans la diligence. La perspective d’un voyage en sa compagnie m’exaltait.

Une fois assis, la diligence démarra en douceur. La jeune fille s’assit dans une position naturelle. Ses grands yeux émeraude tournaient sans qu’elle sache où les poser. Je n’avais pas réalisé à quel point ses pupilles brillaient comme des joyaux ! Ses lèvres rosées de bonté naïve esquissaient de temps à autre un petit sourire gêné, car elle était sûrement peu habituée à un regard aussi obstiné que le mien. Ses brillants cheveux dorés qu’Ariane avait tissés pour me perdre dans le labyrinthe de la fascination retombaient en de magnifiques boucles chastes sur ses épaules ; d’autres étaient pudiquement retenus à l’arrière de sa jolie figure. La pâleur de porcelaine de son teint attira mes yeux jusqu’à son corsage.

Ma fascination se transforma en un trouble, une frustration d’être un homme superficiel à côté de cette splendeur. Notre position, l’un en face de l’autre, me condamnait à la regarder longtemps.

Chaque clignement de ses grands yeux naïfs me perturbait. Son doux regard noyait le mien dans un océan de tourments qui m’avalait, moi ! Moi qui étais si expérimenté et aisé en société comme auprès des femmes ! Moi, dont le regard était d’habitude attiré par l'eclat de l’or et du luxe ! Je perdais l’esprit. Qu’Aphrodite me réservait-elle ? Je me le demandais, car mes sentiments faisaient ralentir ma respiration. Cette attitude n’était plus mienne ! Jamais une beauté aussi parfaite, aussi innocente, n’avait à ce point capturé mes yeux fébriles. Désormais, l’aurore qu’on percevait à travers les fenêtres se confondait avec un crépuscule et les paysages, couleurs et sons ne se distingaient plus comme d’habitude. Les chants d’oiseaux devenaient une mélodie et les couleurs qui défilaient, une fresque.

La jeune femme innocente qui me faisait face ne soupçonnait probablement guère que cet intérêt grandirait en une envie incessante de posséder, comme un objet que j’aurais acheté ou un produit dont je vanterais la découverte, une sorte d’amour-poison.

Cependant, je me décidai enfin à lui adresser la parole. Et il me sembla que la fin de notre parcours était le commencement d’un nouveau voyage.


Cécilia F, 2nde section internationale, octobre 2006.






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2ème devoir : Clémence B.

(Focalisation interne).

Le soleil disparaissait peu à peu, happé par la mer plate dont les eaux noires s'étendaient à l’ infini. Le vent était tombé et les grands bateaux aux voiles tendues avaient disparu de l’ océan. Je marchais, l’esprit vide, par les rues désertes, dans lesquelles le temps semblait s'être figé. Le sel des embruns poissaient mes cheveux et ma robe trempée au lavoir collait à ma peau, mordue par un froid glacial. Je portais comme un fardeau mon lourd panier de linge qui engourdissait mes bras . J’ étais terriblement lasse, mon jeune corps était déjà marqué par le travail et les jours qui s’ égrainaient tous semblables , meurtrissant les rêves et faisant taire l’ espoir.

J’ arrivai bientôt à la ferme de mes parents, traversai la cour boueuse, entrai, le corps et l’ esprit éreintés, et me rendis dans la cuisine. Je vis alors la haute silhouette d’ un homme qui me tournait le dos, paisiblement adossé à l’encadrement de la porte. La vision inattendue de cet inconnu éveilla en moi une curiosité et une excitation infantile, et je me cachai derrière le mur pour mieux observer cet étranger.

Je dévorais du regard son dos imposant dont les muscles étaient parfaitement dessinés, et ses belles épaules robustes, semblables à celles des statues de héros grecs. Je l' épiais, prise d’ un désir fougueux, piquant , de connaître chacun de ses gestes. Il se retourna alors et je découvris son torse bombé , sa poitrine chaleureuse contre laquelle j'aurai voulu me blottir. Mais plus que tout je contemplais son visage si doux , aux traits pleins et réguliers, creusé de légères rides qui lui procuraient cet air si réconfortant et gai d’homme ayant vécu. Sa bouche, plutôt foncée et pulpeuse, parfaisait son visage et sa voix aux tonalités à la fois douces et graves, me berçait comme une enfant qui s’ endort dans les bras de son père. Je buvais avidement ses paroles, m’ enivrais de ses mots. J’étais toute à lui , prête à m’ abandonner dans ses bras , envoûtée par sa sensualité protectrice, et je le regardais encore, inlassablement, comme Eros eût admiré Psyché, dans le plus grand secret, me mourant d’ amour.

Mais sans doute avait-il compris l’ assaut de mes regards car il me fixa soudainement d’une manière qui me fit frissonner. Ses yeux verts, teintés de jaune, se posèrent sur moi, à la fois vifs et langoureux, rieurs et sincères, emplis de bienveillance.

Je fus prise de panique, mes joues enflammées me brûlaient et je dus faire un grand effort pour recouvrer mes esprits. Mais alors que je m’ apprêtais à aller vers lui, ma mère fit irruption, et, me prenant autoritairement par le bras, s’ affaira aux présentations :

"Hé bien, Marie, cria-t-elle, te voilà donc ! Voici M. Charma, ce jeune homme sera notre employé de ferme jusqu’à l’ hiver prochain. Son aide nous sera fort utile et j’espère que tu sauras l’ accueillir comme il se doit pour une jeune fille de bonne maison."

A ces mots, un bonheur immense m’ envahit, un sentiment de plénitude infini, tous mes rêves semblaient refaire surface, mon cœur morne s’ouvrait à une nouvelle vie. J’esquissai alors un sourire auquel il répondit en me serrant la main, d’un geste affectueux, comme une caresse, notre première étreinte.




Clémence B., 2nde section internationale, octobre 2006.










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3ème devoir : Clotilde P. (Dans la première partie du devoir, cette couleur signale les perceptions du personnages, caractéristiques de la focalisation interne).

Focalisation interne puis focalisation zéro


"Le revoir". Voilà la seule chose à laquelle pensait Clara à présent.

La première fois qu'ils s'étaient croisés, cet homme dont elle ne connaissait pas même le nom et elle, c'était un jour de pluie, mais elle s'en souvenait comme s'il avait fait grand beau temps ce jour-là : Clara rejoignait sa mère à Paris après un voyage épuisant qu'elle avait eu la chance d'entreprendre grâce à ses connaissances. Elle pensait déjà à la façon dont elle allait raconter cette expérience à sa mère, qu'elle était contente de retrouver dans sa bonne capitale.

On entendait encore beaucoup parler de la dernière guerre contre les Allemands dans les rues de cette grande ville, mais le Général De Gaulle semblait avoir pris les choses en main. La voiture roulait donc en direction sa demeure d'enfance lorsque Clara eut un haut-le-coeur.

Elle aperçut cette créature divinement belle pendant un cour instant durant lequel son coeur s'emballa, et tout devint flou autour d'elle, elle ne vit que cet homme à la silhouette élancée, et dont les yeux clairs et d'une beauté inégalable croisèrent les siens le temps d'un regard déjà empli de passion. Ce fut comme si tout allait au ralenti, elle, lui, ils se retrouvaient tous deux dans une bulle de sentiments intenses qui donna à la jeune fille l'impression de se retrouver comme en communication avec l'homme qu'elle ne pouvait quitter du regard. Et tout cela au cours de ces quelques secondes inoubliables de sa vie.

Clara eut soudain une réaction impulsive et demanda au chauffeur de s'arrêter immédiatement. Mais en se retournant pour revoir cet ange de beauté à travers la vitre arrière de la voiture, il n'apparut que de dos au bout de la rue. Elle vit alors ses espoirs de rencontre réduits à néant et elle pensa que ce genre de mésaventures ne pouvaient arriver qu'à elle. Mais une autre partie de sa conscience la persuada que cette rencontre foudroyante n'était pas la dernière et Clara espérait au plus profond d'elle-même qu'un jour cet homme ferait partie de sa vie.

(Changement de focalisation)

Il s'appelait en réalité Olivier Negra. Espagnol grâce à son père, il avait cette couleur de peau mate que l'on reconnaissait chez les individus originaires de cette partie de l'Europe. Mais ses yeux bleus, il les devait à sa mère, plutôt du Nord pour sa part. Ses cheveux d'ordinaire toujours bien coiffés de retrouvaient ce jour-là en bataille à cause de la météo médiocre. Le jeune homme, portier à l'Opéra, était déja en retard pour l'entrée des principaux invités de la soirée. Il était certes très investi dans l'accueil des spectateurs et se servait bien souvent de son sourire pour les impressionner, mais son employeur, le directeur du personnel de l'Opéra, avait toujours à se plaindre de ses retards à répétitions. Et cette fois-ci encore, il n'était pas près d'arriver... Car lui aussi se sentit emporté par ce regard posé sur lui et il se décida à tout faire pour retrouver cette femme, dont il pensait déjà être amoureux.


Clotilde P., 2nde section internationale, octobre 2006.




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4ème devoir : David B. (Dans cette copie, cette couleur signale les perceptions du personnage, caractéristiques des passages en focalisation interne.)



[Début Focalisation Zéro]1655. Cour de Louis XIV.

La salle était immense, les plafonds recouverts d'or et de fresques magnifiques et le feu crépitait dans une cheminée monumentale. Toute la cour était présente : barons, marquis et ducs, plus imposants les uns que les autres, et leurs épouses toujours élégantes. Il y avait même Madame de Maintenon, parée de ses plus beaux bijoux. Les laquais se comptaient par centaines, affairés comme des abeilles dans une ruche. L’un d’eux, portant plusieurs plats d’argent, remarqua près de l’âtre un invité au regard triste. Il s’approcha de lui, lui proposant quelques mets raffinés, et il reconnut le Comte Charles de Cheverny, un jeune homme de la haute noblesse. [Fin Focalisation Zéro]

[Début Focalisation Interne] Ce dernier n’entendait même plus l'exquise mélodie jouée par les musiciens venus distraire le Roi Soleil. La fête ne lui disait rien, sa promise l’ayant quitté pour un autre, une semaine auparavant. A l’époque où il l’avait rencontrée, il croyait que leur amour durerait éternellement. Mais ses espérances avaient été vaines, sa dulcinée l’avait lâchement délaissé, et s’était éprise d’amour pour un bellâtre dont les seules qualités, s’il en possédait, étaient d’avoir de confortables rentes. A présent il se sentait trahi, et se demandait comment il avait pu se faire duper si facilement. Cela devenait une telle obsession qu’il se surprenait même à ressentir de la haine pour cette femme, et cependant il l’aimait toujours. La confusion l’envahissait. Il en voulait au monde entier. Il ne supportait même plus les gens autour de lui, ni l’endroit, ni la musique. Il n’avait plus goût à rien, plus rien n’avait d’éclat, ni d’intérêt, ni d’importance. [Fin Focalisation Interne] [Début Focalisation Zéro]Les flammes dansant dans la cheminée se reflétaient dans son regard perdu. [Fin Focalisation Zéro]

[Début Focalisation Interne]Il promena son regard à travers la salle lorsqu’une silhouette longiligne et élégante attira son attention. Il la suivit des yeux, mais ne distingua pas toute ses formes… Il s’approcha donc, et essaya de se frayer un chemin à travers la foule des joyeux convives. Arrivant près d’elle, il s’arrêta pour mieux la contempler. Il était subjugué par cette apparition merveilleuse. Elle portait une petite paire de chaussons dorés, noyés par de la dentelle elle-même tissée sur une robe bleu azur qui faisait ressortir la blondeur extrême de ses cheveux. Son buste était mis en valeur par son corset serré. Son décolleté laissait apparaître une poitrine ferme et généreuse. Ses lèvres sensuelles et bien dessinées étaient reliées à la partie haute de son visage par un adorable nez fin et droit. Son front lisse dominait des sourcils finement taillés qu’ornaient deux saphirs d’un bleu pénétrant, laissant penser à la mer pendant la saison douce.

Pendant cet instant unique où le temps semblait s’être arrêté, il fixa intensément son regard. Il cherchait désespérément à lui faire comprendre ce qu’il ressentait. Il cherchait à pénétrer au plus profond de son être. Il la cherchait elle. Il s’était passé quelque chose de sublime

Il avait été séduit par le raffinement de cette femme, si différente des autres. Le reste n’avait plus d’importance à ses yeux. Il la regardait avec passion, et espérait qu’elle en fit de même.

Et lorsqu’il s’aperçut qu’elle le regardait avec la même exaltation, il eut un sourire étrange… Et se figea. Il se souvint alors de son amour si vite gâché, puis se mit à devenir prudent , à avoir quelques soupçons.

Il tenta de percevoir des bribes de ses conversations afin de comprendre ses finesses, sa façon de faire, d’approcher les autres. Il restait immobile. Ses pensées étaient confuses. Il lui devint alors impossible de lui adresser la parole… [Fin Focalisation Interne] [Début Focalisation Zéro]Lorsque, tout à coup, le bal commença… [Fin Focalisation Zéro]


David B., 2nde section internationale, octobre 2006.





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5ème devoir : Salomé G. (Dans cette copie, cette couleur signale les perceptions du personnage, caractéristiques des passages en focalisation interne.)

Focalisation zéro, puis focalisation interne et à nouveau focalisation zéro




Quand les bombardements commencèrent, Paul, surpris, regarda autour de lui et se précipita vers une boulangerie ouverte.

C’étaient les premières attaques aériennes de l’Histoire, au tout début de la Première Guerre mondiale.

Ce jour-là, un jeune homme de vingt-deux ans, Paul, étudiant en droit, marchait dans Dunkerque. Ses cheveux bruns, courts et bien peignés luisaient à la lumière, et ses yeux ressemblaient à des noisettes. Son nez était fin et pâle, tel son visage, du fait qu’il s’exposait peu au soleil. Il était assez mince, mais on ne pouvait le voir car il portait un gros manteau beige et une écharpe noire. Il se dirigeait vers son université lorsque les premiers avions allemands arrivèrent.

Dans la cave de la petite boutique, une dizaine de personnes dont Paul s’était réfugiée. Sur tous les visages on pouvait lire la peur. La jeune boulangère, qui s’appelait Solenne, et qui était alors âgée de vingt-et-un ans, descendit avec un panier remplit de pains. Elle en distribua surtout aux enfants et demanda aux autres s’ils en voulaient. Elle était souriante et essaya de rassurer les plus anxieux.

À quelques pas de là, Paul, la tête entre ses genoux et fixant le sol, réfléchissait à sa vie. Soudain il entendit une voix. Il releva la tête et aperçut la jeune femme. (Changement de focalisation : zéro à interne) Il fut ébloui par sa beauté. Son visage reflétait la douceur et la gaieté. Elle avait les cheveux châtain clair et longs, et ses yeux bleu azur avaient quelque chose de magique. Paul baissa son regard et vit les membres et le corps de cette jeune fille qui étaient si fins, qu’il aurait dit que ses vêtements la portaient. Elle était en tenue de travail, et le tablier lui donnait un côté innocent.

Quand il reprit ses esprits, elle lui demanda : « Avez-vous faim ? » Encore sous les feux de l’amour, Paul ne réussit pas à répondre. Le seul mot qui sortit de sa bouche fut : « Froid !» Pourquoi avait-il dit cela ? Il ne le savait pas lui-même. La jeune femme se leva et alla lui chercher une couverture. Il fut touché par sa générosité. (Changement de focalisation : interne à zéro) Elle continua alors sa tournée et Paul la suivit du regard.

L’atmosphère de la pièce petite et sombre se faisait lourde. Les secondes devenaient des minutes, et les minutes des heures. Puis, enfin la libération ; les bombardements cessèrent et le calme revint.

Paul accourut au dehors afin de rejoindre au plus vite son école. Mais il ne put oublier Solenne qui le hantait sans cesse. Il se décida donc de retourner la voir le lendemain pour la remercier de ce qu’elle avait fait pour lui, et peut-être en savoir plus sur elle.


Salomé G, 2nde section internationale, octobre 2006.




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6ème devoir : David M. (Dans cette copie, cette couleur signale les perceptions du personnage, caractéristiques des passages en focalisation interne.)

François Delorme est un riche banquier de seulement vingt-huit ans. Epuisé après une dure journée de travail, il rentre chez lui dans une petite maison à la périphérie de Bordeaux. Il va faire la rencontre de Sophie de Gauvoie, en cette fin d’après-midi de 1936, et sera invité à la revoir par la suite.



[Début de la focalisation interne]

François, perdu dans ses pensées, marchait machinalement jusque chez lui. Il ne pouvait s’empêcher de penser à la rude journée qu’il avait eue, maudissant la loi sur les congés payés que le Front Populaire venait d’instaurer et qui lui causait tant de soucis. Il s’apprêta à sortit les clefs de sa poche lorsqu’il remarqua avec étonnement que quelqu’un se tenait contre la haie de son jardin, lui barrant le chemin. Enervé, il s’apprêta à crier sur cet inconnu, quand la silhouette releva sa tête et que son regard croisa le sien.

La colère de François s’évapora aussitôt pour laisser place à un sentiment nouveau, un sentiment de chaleur, qui réchauffa son cœur et tout son corps. La personne qui se trouvait devant lui était une jeune femme, à l’apparence plutôt chétive. Elle avait les cheveux d’une teinte claire comme celle des champs de blé. Ils ondulaient au gré du vent, cachant parfois ses grands yeux bleus qui regardaient François fixement. Sans doute à cause de la fraîcheur qu’apporte le début de l’hiver, sa peau satinée était pâle, ce qui mettait en valeur ses joues creuses et rougies par le froid.

François ne put s’empêcher d’admirer sa beauté naturelle et parfaite, et il se dit que sa beauté surpassait celle de Vénus elle-même. Il voulut lui parler, lui demander ce qu’elle faisait là, mais aucun mot ne put sortir de sa bouche à cause de son émerveillement pour elle. Il aurait pu rester des heures à la regarder tant sa passion pour cette jeune femme était intense.

[Fin de la focalisation interne – Début de la focalisation zéro]

Elle expliqua alors de façon plutôt timide qu’elle s’était perdue, et lui demanda où se trouvait la place Camille Jullian. Mais François resta figé, comme transformé en statue de pierre par les yeux de cette inconnue, et il ne put lui répondre. La femme se dit qu’elle n’était pas la bienvenue. Elle commença à s’en aller, mais François, dans un emportement fougueux, la prit par le bras et la retourna de telle façon que son visage se trouve presque collé au sien. Il s’empourpra, voulut s’excuser et expliquer les raisons de sa brutalité ; les larmes lui montèrent aux yeux. La jeune femme, qui hésita sur la conduite à tenir, finit par se détacher de l’emprise de François, et s’enfuit en toute hâte, regardant derrière elle pour voir cet homme sanglotant, seul, devant le seuil de sa maison.

[Fin de la focalisation zéro – Début de la focalisation interne]

François voulut la suivre mais ne s’en sentit pas le courage. Contrit, déplorant avoir agi d’une si piètre manière, il se promit cependant de retrouver celle qui, pendant un si court instant, avait insufflé en lui tous les bonheurs qu’un homme peut connaître.


David M., 2nde section internationale, octobre 2006.

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2ème sujet d'écriture d'invention :


2nde 1

Devoir à rendre le lundi 15 janvier 2007


Séquence n°2 : La poésie romantique.


Objets d'étude :


  • Un mouvement littéraire et culturel du XIXème siècle

  • Le travail de l'écriture


Perspective dominante : histoire littéraire et culturelle

Perspective complémentaire : genres et registres


Problématique : quels sont les différents modes d'expression du Moi dans la poésie romantique?


Vers l’écriture d’invention (sujet de type III du bac)


Relisez attentivement Ondine, d’Aloysius Bertrand (GT2) (voir poème ci-dessous). Composez à votre tour un poème en prose, traitant de la thématique de votre choix (dans les limites des convenances scolaires, naturellement), et obéissant aux contraintes suivantes :


  1. Votre texte devra être de registre lyrique.

  2. Votre production sera composée, comme Ondine, de cinq strophes ou paragraphes, à peu près d’égale longueur, et terminé(e)s par une ponctuation forte.

  3. Le poème se décomposera en deux parties typographiquement distinctes, séparées par une étoile. (Les trois premières strophes et les deux dernières séparées d’une étoile.)

  4. Les trois premiers paragraphes seront rédigés entre guillemets, au discours direct : un personnage s’adresse à un autre, en le tutoyant.

  5. Les deux dernières strophes seront au discours indirect : ce n’est plus le même personnage qui parle, c’est le poète (vous, ou votre « narrateur-poète ») qui commente ce qui vient d’être dit, et qui parle du personnage à la troisième personne du singulier (comme dans Ondine).

  6. Vous utiliserez l’anaphore d’un verbe à l’impératif dans au moins deux paragraphes, comme dans le poème initial.

  7. Votre texte comportera deux allitérations et deux rythmes ternaires (au moins), à chaque fois signalés d’un signe + dans la marge. Ces deux sonorités devront pouvoir être interprétées dans la perspective du contenu de votre production.

  8. Toute référence culturelle pertinente est valorisée.



Ondine

... Je croyais entendre
Une vague harmonie enchanter mon sommeil,
Et près de moi s'épandre un murmure pareil
Aux chants entrecoupés d'une voix triste et tendre.

Ch. Brugnot. - Les deux Génies.

« Ecoute ! - Ecoute ! - C'est moi, c'est Ondine qui frôle de ces gouttes d'eau les losanges sonores de ta fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune; et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi.

» Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l'air.

» Ecoute ! - Ecoute ! - Mon père bat l'eau coassante d'une branche d'aulne verte, et mes sueurs caressent de leurs bras d'écume les fraîches îles d'herbes, de nénuphars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et barbu qui pêche à la ligne ! "

*

Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son anneau à mon doigt pour être l'époux d'une Ondine, et de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.

Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle, boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa un éclat de rire, et s'évanouit en giboulées qui ruisselèrent blanches le long de mes vitraux bleus.

Aloysius BERTRAND, Ondine (in Gaspard de la nuit).




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Devoir de David M :

Code des couleurs :

  • Allitération en [m]
  • Allitération en [r]
  • Rythme ternaire
  • Référence culturelle.
  • Anaphore d'un verbe à l'impératif

« Viens, viens à moi, Orphée, et sauve-moi des griffes d’Hadès ! Moi qui t’aime follement, me voilà enlevée à mon amant, prisonnière des ténèbres. Je me souviens de nos jours ensemble, et me remémore le temps où le bonheur inondait nos vies, et où notre amour semblait infini.


«Viens, viens à moi, et sauve ta femme des Enfers ! Je suis prisonnière en ces lieux lugubres, sombres et douloureux, et je suis condamnée à souffrir éternellement en ce monde affreux. Je n’ai ici qu’Hadès et Cerre, êtres vils et repoussants, qui me glacent le sang que j’ai perdu en mourant.


« Orphée, toi qui es mon amour, mon amant, ma vie, je te supplie de m’écouter, car seul ton talent de musicien peut me sauver. Muni de ta lyre, tu rejoindras la fée Circé ; et comme elle le fit pour Héraclès, elle t’aidera à rejoindre les portes d’Hadès, où à jamais je t’attendrai. »


*


C’est en ce rêve qu’Eurydice m’apparut, m’implorant de descendre aux Enfers sans attendre. Tout ému de la revoir, et d’entendre sa voix semblable aux chants des sirènes, je ne peux ôter son image de ma mémoire. Mais je me rappelle aussi comment je l’ai perdue, me causant plus de chagrin que je n’en avais jamais connu.


Je me sens emporté par une fougue amoureuse, par une ardeur prodigieuse, par un élan fantastique ! On pourra dire que je suis fou, mais la seule folie qui m’habite est celle de l’amour, celle qui va me permettre d’accomplir ce dessein. Car ramener Eurydice est mon plus cher désir, et je m’y efforcerai, dussé-je y laisser ma vie.




Interprétation des allitérations (proposée par l'élève lui-même) :

  • allitération en [m] à la première strophe : sonorité plutôt douce qui illustre le sentiment amoureux réciproque entre Orphée et Eurydice.

  • allitération en [r] à la deuxième strophe : sonorité très dure, correspondant au
    monde des ténèbres, à l’obscurité, et qui rappelle l’idée de la mort.



David M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2007.




bertrand.jpg




Devoir de Cécilia F :

Code des couleurs :

  • Anaphore d'un verbe à l'impératif
  • Rythme ternaire
  • Allitération en [m]
  • Allitération en [s]
  • Allitération en [r]
  • Alitération en "ch"
  • Référence culturelle

ÉROS ET PSYCHÉ



- « Ferme ! - Ferme les yeux ; c’est moi, je suis ton mari, Amour, qui glisse le long de l’obscurité, dissimulant les flammes des cierges, lorsque je viens à tes côtés ; comme je regrette de te faire souffrir du secret de mon identité et d‘apercevoir dans tes yeux un espoir sans pareil, qui pétille d‘envie de me découvrir, et d‘allumer la lumre !


« Lorsque le jour se lèvera, je serai forcé de disparaître, faisant de ma venue un secret, et toi, ô ma Psyché, si à l’issue de cet instant ta tentation s’éveille, je te supplie de ne point percer le mystère de mon nom, car tu ne peux me faire face sans risquer notre passion !


« Ferme ! - Ferme les yeux ; n’épie point mes gestes qui te conduiront à ta perte ; je conserve le souvenir de ta beauté tel un trésor, ô Psyché, et l’image de ton regard tel un bijou ! Tu es désormais mienne, ma femme, et portes le fruit de notre amour. Si tu préserves mon secret, cet enfant sera alors immortel ; mais si tu trahis ma confiance, il sera humain. »


*

Oh ! qui est cet époux, alors que le Ciel m'avait pourtant prophétisé un monstre ; qui est cet époux inconnu, prince de mon cœur, de mon âme, et de ma mémoire, qui me rend visite la nuit, qui m’a conçu un enfant secret, et qui disparaît à l‘aube, me ravissant la joie qu’il m’avait apportée ?


Oh ! comme je me réjouis de voir chaque soir le bonheur m’étreindre en me montrant le chemin des délices amoureuses, des chants, et de la Chance ! Et pourtant, comme je crains ce destin qui chemine en cachette entre l’ombre et les chuchotements de Nyx, la nuit, et comme je redoute le devenir de l’être qui évolue dans ma chair, qui me rend heureuse, et qui dépend de mon choix !

Analyse proposée par Cécilia:

L’allitération en [ m ] représente l’amour entre Éros et Psyché, ainsi que leurs noms qui signifient Amour et Ame.

L’allitération en [ s ] représente le secret et leur complicité.

L’allitération en "ch" représente les chuchotements, et le fait qu’Éros doive cacher sa véritable identité.

L’allitération en [ r ] représente, dans la première partie, l’interdiction que lui impose Éros, puis, dans la deuxième partie, les regrets et la frustration que ressent Psyché à l’idée de ne pas pouvoir le voir et qu‘ils ne puissent trouver de solution à leur problème.


Cécilia F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2007.




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Devoir de Clotilde P :

Code des couleurs :

  • Rythme ternaire
  • Référence culturelle
  • Anaphore d'un verbe àl'impératif
  • Allitération en [r] évoquant le rêve ou le râle d'une personne qui souffre.
  • Allitération en [m] qui évoque le Moi lyrique du poète

"Va-t'en, va-t'en, je ne suis plus d'aucune manière attachée à ta personne, il m'est impossible de rester une minute de plus, aussi courte soit elle ; cet environnement est trop lourd de souvenirs, de regrets, de déceptions qui ne font qu'aggraver ma nostalgie ; le moment, l'instant de ton départ se sont fait trop attendre.


"Va-t'en, va-t'en, mon coeur, mon corps et ma mémoire ont besoin de repos, je voudrais renaître sous un nouveau jour, dans un paysage de rêve. Et pour retrouver cette joie de vivre, ce plaisir, ce sentiment merveilleux, je te fuirais, je m'en irais jusqu'au bout du monde s'il le faut, pour voir le soleil se lever sur le Kilimanjaro et retrouver ainsi toute ma sérénité.


"Mais les rêves ne font pas partie de la vie, notre histoire d'amour était trop belle pour être vraie et c'est pour cela qu'en un murmure, en un souffle, en une musique douce, je m'évade et ma main t'adresse un dernier adieu ; et de ma voix émane l'ultime attachement que j'ai pour toi, et je m'en vais commencer une autre existence."


*


Lorsqu'elle eut fini, je lui répondis que sans elle ma vie s'enfoncerait dans les abîmes de l'Enfer, les mêmes qu'Orphée traversa pour essayer en vain de reprendre sa bien aimée Eurydice au monde des morts ; mais à la suite de ce jour obscur de ma vie, plus jamais je ne la vis réapparaître, ni dans mes rêves, ni dans la réalité si dure à surmonter !


Dans les jours qui avaient suivi cet affront, je trouvai un message : elle m'avait déjà oublié. Cela me démolit, cette belle femme avait réellement disparu, elle qui m'avait fait et me fait encore tant de mal. Je tente de l'oublier mais cela est trop dur, trop dur, l'immense douleur est encore bien trop présente dans mes pensées toujours troubles, sombres, incertaines.



Clotilde P., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2007.




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Devoir de Marie B :

« Orphée, mon poète, mon amour éternel, venu

me chercher au royaume d’Hadès. Endormant

Cerbère du doux son de ta lyre, tu défias le

destin. Partons ! Partons ! Traversons ensemble cette

dernière épreuve imposée par les Moires !

Plus de temps séparés je n’aurai pu

souffrir, mon cœur était en sang et soudain

+ je te vis, supprimant ainsi le souvenir du serpent

+ silencieux qui t’arracha à moi !


C’est le dernier obstacle à nos retrouvailles, ce

+ long tunnel noir, magnifique et terrible. Ne te retourne

pas! Ne te retourne pas ou tout sera perdu. Je

+ t’aime à en mourir, à vivre et à revivre ! »


*


Eurydice était belle, apeurée, éplorée.

+ Orphée se retourna pour mieux la désirer, car Hélios

+ avait, dans un geste suprême, lancé sur Orphée

+ des rayons scintillants.


Eurydice dans l’ombre le vit se retourner. Le

charme était rompu. Hadès avait gagné. L’histoire

survivrait mais plus jamais sur terre, Eurydice ne

verrait, les traits de son amant, Orphée, le musicien sacré !



+ Allitération en [S] : Le sifflement du serpent.

+ Allitération en [S] : Le « lancement » des rayons.

+ Rythmes ternaires.

+ Référence culturelle.

+ Anaphore d'un verbe à l'impératif.

(Code des couleurs et interprétations proposés par Marie).


Marie B., seconde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipols, janvier 2007.




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Devoir de Stéphane B :

La Vouivre




-«Approche !Approche! Noble chevalier, c’est moi la vouivre dont rêvent tous les ambitieux qui peuplent cette terre ; je suis celle que tu ne verras qu’une seule fois, qui possèdera la richesse même, celle qui fréquentera les marais, rivières et ruisseaux, celle qui observera les rivages rudes et froids pour espérer attirer une âme douce et sensible dans ses ruisseaux harmonieux.

-Approche! Approche! Sire, n’aie point peur de moi, je suis celle qui danse dans l’eau, qui joue avec la terre et qui glisse dans les courants de l’air ; la nature est ma maison, et les algues, mousses, plantes et végétaux qui y poussent sont la décoration de ce magnifique palais où j’ai la chance de résider.

-Approche !Approche! Monseigneur, je vis en harmonie avec toute la nature qui m’entoure, et nous, Vouivres, sortons pour nous moquer des voyageurs qui veulent en vain nous trouver les veilles de les grandes nuits d’hiver, pour nous voler notre précieuse escarboucle. »


*


Une fois son discours terminé, elle me supplia de la suivre dans son royaume enchanté et magique, afin de déguster avec elle le cœur même des éléments que maîtrisaient si bien les Vouivres, et de partager avec elle le joyau légendaire qui rendait jaloux tous les mortels.

En revanche, après que j’ai refusé sa proposition qui me paraissait si généreuse, et que je lui répondais que je tenais à ma vie et que je n’allais pas me faire piéger par un de ses discours trompeurs, elle reprit sa forme reptilienne, cracha quelques flammes et s’évanouit telle une goutte d’eau dans son élément.



Analyse proposée par l'élève :


Allitération en [R]: Représente la cruauté qui est d’habitude associé aux vouivres dans les légendes francontoises.

Allitération en [V]: Représente la volonté des voyageurs qui « veulent » voler cette escarboucle. Le « v » représente également les vouivres.

Rythme ternaire qui représente la liquidité.

Rythme ternaire des éléments. Les vouivres étaient habiles dans tous les éléments.

Anaphore de verbes à l'impératif.



Stéphane B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2007.






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Devoir d'Alexia B :



- « Pars ! - Pars ! - Et ne reviens jamais. De tes ailes, tu t’es envolé un soir d’hiver, le soir où je suis née. Ame pure, innocente, dépravée, tu n’as su réparer le mal que tu as fait.


« Chaque nuit est une larme qui coule en ton absence, chaque pensée est une lueur fragile, terne et glaciale qui d’année en année assombrit l’envie de te retrouver. Insalubre vie monotone, tu as fait de mon existence un enfer encore fumant sous les cendres de Rome.


« Pars ! - Pars ! - Sous ce ciel triste, les éclairs tombent sur le sommet des montagnes qui t’ont accueilli. Tu répands le mal par le moindre de tes soupirs, fânes les roses par le moindre de tes gestes, obscurcis le moindre brin de joie de mon esprit. Je suis la prisonnière du labyrinthe de tes péchés ! »


*


Aveuglée par la disparition de cet inconnu, elle retrace le parcours de ces lugubres sentiments. Le temps écoulé, la mort a frappé l’homme qui était son père. Ainsi, elle pleura, pleura toutes les larmes de son corps, face à cette réalité.


Elle aurait sans doute donné sa vie, accepté ses fautes et purifié son âme pour pardonner son passé, mais au- delà de ses désirs, elle savait qu’elle se retrouverait seule, encore plus seule qu’elle ne l’était déjà.


Analyse proposée par Alexia :


L’allitération en [r] évoque l’agressivité, les regrets, la douleur que le personnage éprouve


L’allitération en [s] évoque la solitude


Rythme ternaire

Anaphore de verbes à l'impératif

Alexia B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2007.




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Devoir de Salomé G :


Ecriture d’invention : Le poème en prose

Lancelot et Guenièvre

« Aimons ce soleil qui, toujours à son apogée, illumine nos vies et réchauffe nos cœurs. Aimons ces monts d’où coulent les plus belles sources guérissant tous ceux qui les boivent.

« Aimons cette sculpture formée par le maître et attirant chaque regard qui croise son chemin. Aimons cet ange qui nous berce dans notre sommeil et nous fait oublier tous nos maux.

« Oh Guenièvre ! Ton charme, ta sagesse, ton harmonie font surgir en moi mille agréments. Ton éloignement m’est atroce et ta présence m’enflamme. Tu es ma reine et moi ton mendiant. »

*


Et il continua, me proposa de nous enfuir loin de ce royaume, là où notre amour pourrait exister, termina par ces mots qui bouleversent une vie.

Mais le cœur lourd accompagné de sanglots dans la voix, je lui répondis que ma place était ici, auprès de mon humble époux dont la flamme luisait encore. Alors il se leva, et, tel un noble et brave chevalier, s’en alla s’en ne rien dire.



Légende et interprétations proposées par Salomé :


Légende :

-m : allitération en [m]

-l : allitération en [l]

-abc : rythme ternaire

-anaphore d'un verbe à l'impératif

- référence culturelle


Interprétations :

  • L’allitération en [m] représente l’amour qui lie Lancelot et Guenièvre.
  • L’allitération en [l] évoque les sanglots et les larmes de Guenièvre.



Salomé G., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2006.


 

 

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Devoir de Morgane B. :

 

Quelques clés de compréhension :

 

-Une Valkyrie est une déesse guerrière qui avait pourmission de trouver parmi les soldats morts ceux qui étaient dignes de venir garnir les rangs de l’armée d’Odin.

-Odin était le dieu le plus important de la mythologie nordique, à l’image de Zeus chez les Grecs.

-l’Yggdrasil est l’arbre cosmique, pilier de l’univers, ses branches soutiennent les neuf mondes scandinaves. Ce frêne immense est la demeure des dieux et d’Odin, à qui on attribue cet arbre.

-Skuldest l’une des trois Nornes avec Urd et Verdandi et s’occupe de l’arbre. Elles représentent les trois « âges de la vie », et sont des fileuses de destin, Urd représente le passé, Verdandi le présent et Skuld le futur.

-Brünhilde était une Valkyrie qui avait désobéi à Odin et avait été bannie. Enfermée dans un cercueil, elle devait attendre qu’un héros vienne la délivrer. Elle et son amant connurent un destin tragique.

-Le Walhalla est le palais d’Odin.

-L’Asgard, le Vanaheim, et l’Alfaheim sont les trois mondes les plus hauts de l’arbre céleste.

-Midgard est un monde du niveau central et c’est celui des humains.

-Un Einherjear est un guerrier d’Odin

 

 

 

« Prends garde à toi, Valkyrie Hildr! Prends garde à toi! On m’a informé que tu as osé me désobéir, à moi, le grand Odin, petit fils du créateur, fondateur du monde et maître de l’Yggrasil ! Et je descends en personne sur ce funeste champ de bataille, car j’ai appris ta faute. Skuld m’avait bien prédit qu’une Valkyrie commettrait une erreur, mais jamais je n’aurais pensé que ce serait toi ! Sais-tu ce qu’il arrive quand on me désobéit ? Veux-tu être pendue à un arbre, enterrée vivante ou avoir le même sort que Brünhilde ?

 

« La nouvelle s’est faufilée, telle la lumière céleste par les vitres de cristal, parcourant les longs corridors argentés pour pénétrer dans la vaste salle centrale de mon palais, le Walhalla. As-tu honte de ce que tu as fait ? Car moi j’ai bel et bien honte ! Tu as ridiculisé tous tes supérieurs, tes frères et sœurs d’armes, ainsi que moi-même!

Sais- tu ce que l’on raconte en Asgard, en Vanaheim, et en Alfaheim ?, Qu’une Valkyrie d’Odin est tombée amoureuse ! Et d’un mortel de surcroît ! De plus, il ne tarde que les autres mondes de l’Yggdrasil soient au courant ! L’arbre céleste lui-même a dû pâlir devant ta faute !

 

« Prends garde à toi, Valkyrie Hildr ! Prends garde à toi ! Car tu le sais, il est lourd de conséquences de désobéir au grand Odin et surtout de le ridiculiser ! Bien que mineure, une Valkyrie reste une déesse, et ne doit jamais goûter aux plaisirs terrestres, et encore moins perdre sa virginité ! Mais où est donc passée ta fierté guerrre et bestiale ? Veux-tu être une simple femme ? Te marier, avoir une progéniture et vivre soumise ? Valkyrie, je ne fais que t’avertir pour te protéger. Le monde de Midgard n’est fait que d’illusions, tout comme ce sentiment que tu crois ressentir. Veux-tu vraiment t’abaisser à cela ? »

 

 

  

 

Son sermon terminé, il me dit que mon pouvoir disparaîtra en même temps que ma virginité, et qu’il me suffisait d’oublier ce sentiment futile pour que ma faute ne me soit pas fatale. Un tourbillon de fleurs et de feuilles se forma, puis il s’envola avec un sifflement pour le Walhalla, me laissant seule, confuse et mélancolique au milieu des morts. En proie à une confusion extrême, les questions me tourmentaient. Au fond, que suis-je ? Une déesse ? Une guerrière ? Une femme ? J’aime me battre, mais cela fait-il de moi une furie, à qui tout sentiment fait défaut ? Pourtant, je suis lasse de ma vie d’antan, j’ai l’impression qu’elle s’efface, qu’elle s’enfuit, qu’elle s’effondre. Je ne veux plus être cette faucheuse, froide, fictive et factice. C’est autre chose qu’il me faut ! Pourquoi fuir ces sentiments ? Je ne peux plus me le cacher maintenant. Avant d’être une guerrière, ou même une déesse, je suis une femme ! Et je ressens déjà la faim et la soif de ce feu nommé Amour.

 

Ma réflexion finie, je remarquai que le corps qui fumait près de moi m’était familier. Cette personne rencontrée fortuitement avait été un fier guerrier, ayant beaucoup souffert, et accepté sa fin avec honneur. Je ne disais pas cela car je comptais en faire un Einherjear, pour Lui, mais parce que cet homme m’avait fait découvrir l’Amour. Je détachai mon pendentif nacré, le déposai aux creux de sa paume et repliai ses doigts. Puis d’un mouvement fluide, je sorti l’épée à mon flanc de son fourreau, tranchai ma tresse bleutée et l’enfonçai avec l’ épée à côté du corps essouff. Après un dernier regard en arrière, une larme fugitive sur la joue, je disparu dans la forêt, abandonnant la déesse, la guerrière et leurs exécutoires à la fureur des champs de batailles fumants qui les fascinaient tant.

 

  

Légendes :

En souligné : rythme ternaire

En gris : anaphore d’un verbe à l’impératif

En jaune : référence culturelle

En bleu : allitération en[t]

En violet : allitération en [r]

En bordeaux : allitération en [s]

En vert : allitération en [m]

En rouge : allitération en [f]

 

Interprétation :

Dans la première partie, l’allitération en [r] reflète la sévérité et la dureté d’Odin, ainsi que la fureur et la douleur ayant été présente lors de la bataille. L’allitération en [t] exprime aussi la dureté d’Odin et son ton tranchant. L’allitération en [s] rappelle quant à elle le bruit des épées s’entrechoquant.

Dans la seconde partie, l’allitération en [m] évoque la mort physique ou symbolique, mais surtout un lyrisme douloureux et l’expression du moi. L’allitération en [f] représente le soupir dû à la tristesse ou à la solitude.

 

Morgane B., lycée international de Sophia-Antipolis.


Date de création : 13/11/2006 @ 00:08
Dernière modification : 07/01/2009 @ 12:14
Catégorie : Copies d'élèves (2006/2007)
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