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Copies d'élèves (2006/2007) - Ecritures d'invention 2nde 7

1er sujet d'écriture d'invention


 

Les devoirs proposés ci-dessous ont été rédigés en temps libre, à l'issue de la séquence n°1 consacrée au genre narratif, et intitulée Comment lire une nouvelle? Comment lire un début de roman? A l'étude de Solitude de la pitié, nouvelle de Jean Giono (oeuvre intégrale) s'ajoutait celle d'un groupement de textes, Les débuts de roman, composé des lectures analytiques des incipits suivants : La cousine Bette (Balzac), Madame Bovary (Flaubert), Germinal (Zola) et Aurélien (Aragon).

Les élèves avaient en outre étudié la typologie des textes et les focalisations, en méthodologie.

La mise en ligne de ces quelques copies complète le compte-rendu du devoir, et peut servir de support à une éventuelle remédiation.

Le sujet était le suivant :

Après l'étude du GT1 (Les débuts de roman), vous rédigerez à votre tour un incipit régi par les consignes suivantes :


  • votre production sera de registre réaliste.
  • Elle mêlera types narratif et descriptif (vous veillerez à utiliser les outils stylistiques propres à ces deux types de texte).
  • Votre incipit respectera les codes romanesques traditionnels (fonctions informative et "apéritive").
  • Toute référence culturelle pertinente est valorisée.
  • Vous expliciterez la focalisation que vous aurez choisie (focalisation zéro, focalisation interne, ou alternance des deux).






balzac.jpg





Code des couleurs :

  • Fonction informative
  • Fonction apéritive
  • Type descriptif
  • Type narratif
  • Référence culturelle pertinente


Code des couleurs : ce guidage méthodologique ajouté aux copies elles-mêmes est destiné à faire de ces productions d'élèves un potentiel outil d'élaboration de futurs devoirs, ou encore de remédiation ou de correction.




Devoir n°1 : Lisa C. (Dans ce devoir, cette couleur désigne les verbes de perception caractéristiques de la focalisation interne, choisie par l'élève).



Blanche marchait seule le long de la Seine, absorbée par ses pensées.
Oui, elle
était seule, et n'y étant pas habituée, elle éprouvait une étrange sensation.
De temps à autre, elle
s'arrêtait pour observer le paysage matinal qui s'offrait à ses yeux.
Le jour se levait à peine ce jeudi 15 novembre de l'année 1870, et une paisible ambiance régnait sur Paris: la période de confusions due à la chute du Second Empire de Napoléon III s'était achevée. Le calme s'était rétabli. Mais Blanche sentait, au plus profond d'elle-même, que les millions de pensées qui traversaient son esprit étaient aussi incohérentes que les habitants de la ville, quelques mois auparavant.
Elle s'arrêta.
D'épais nuages l'empêchaient de voir l'aube: la journée s'annoncait morne.
Un vent froid et gênant soufflait par coups secs, balayant les feuilles mortes qui recouvraient les trottoirs: elles virevoltaient, s'élevaient, s'éloignaient, retombaient, s'élancaient dans un ultime élan, puis tout cessait et elles redevenaient immobiles, comme si elles l'avaient toujours été.

Blanche frissonna dans son tricot de laine effiloché par le temps, elle sentait l'hiver parisien approcher.
Elle était consciente de sa situation critique mais voulait en sortir seule. Elle ne retournerait pas chez elle, à quoi bon? Pour supporter encore et toujours les regards hypocrites de son entourage, les jugements portés sur tous ceux qui sont différents, les critiques inutiles et blessantes prononcées à longueur de journée? Non, ce n'était pas ce qu'elle voulait faire de sa vie, elle avait des ambitions. Elle en avait terminé avec ce monde auquel elle n'appartenait pas. Ce qu'elle voulait, désormais, c'était vivre sa propre vie comme elle le souhaitait.



Lisa C., 2nde section internationale, octobre 2006.




flaubert.jpg




Devoir n°2 : Emilia M. (Dans ce devoir, cette couleur désigne les verbes de perception caractéristiques de la focalisation interne, choisie par l'élève).



  • ELSA

    En 1944, vers le 17 Octobre, je comtemplais sa beauté. De mon appartement minuscule à Paris
    je travaillais de longues nuits assis à mon vieux bureau, je pouvais apercevoir par la fenêtre son petit salon où elle passait ces longues soirées d'hiver à lire en se réchauffant près de la cheminée.
    Son prénom était Elsa. Je savais cela grâce à Yves, mon voisin de l'étage du dessous qui lui louait l'appartement dans lequel elle habitait. C'était une femme qui m'intriguait: jamais elle ne sortait de ce trou, et jamais elle ne recevait de compagnie, du moins pas de là d'où je pouvais l'apercevoir. Elle me paraissait de mon âge, d'une trentaine d'années environ. Elle portait toujours le mème châle sur lequel tombaient ses longs cheveux noirs bouclés, qui contrastaient avec le teint blanc de sa peau qui de loin, ressemblait à de la porcelaine. Je la trouvais d'une grande beauté et ne pouvais cesser de penser à elle. Elsa restait là, plantée sur ce canapé rouge, immobile, en lisant des oeuvres dont je ne pouvais voir le titre ou l'auteur. Elle n'avait pas l'air de se soucier que je la regarde ou peut-être ne savait-elle pas que je la contemplais à cause du contre-jour causé par la lampe sur mon bureau. Savait-elle que je m'appelais Léon et que j'existais ou l'ignorait-elle complètement? Jamais elle ne m'avait fait un signe de la main pour me saluer.
    Vers deux heures du matin, le 19 octobre,
    je ne dormais pas, et je restais pensif dans mon lit. Je songeais à la guerre et j'esperais ne pas être mobilisé, et devoir participer à toutes ces horreurs qui me glaçaient, rien que d'y penser.
    Quelques minutes plus tard, j'entendis des coups et des cris venant de l'appartement d'Elsa. C'était une voix d'homme, froide et sèche, qui s'exprimait en allemand. Elsa criait, mais je ne comprenais pas ce qu'elle disait. Je sentais la peur et l'inquiétude dans sa voix mais je n'osais aller voir ce qui se passait, de peur de me faire tuer par ces créatures sauvages et sans âme. Les cris cessèrent et je retournai au lit en pensant à ce qui venait de se passer. Dans ma tête, des centaines d'idées défilaient sur ce qui aurait pu arriver à Elsa, et
    j'étais bien décidé à le découvrir.
    (fin de l'incipit)


    Focalisation interne (commentaire de l'élève) : le lecteur voit et ressent ce qui se passe à travers le regard et les pensées de Léon, le narrateur. C'est un peu semblable à l'incipit de Madame Bovary de FLAUBERT, étudié en classe, ou l'histoire est racontée par les éleves lors de l'apparition de Charles, le "nouveau". Ici, c'est Léon qui voit, qui entend ce qui se passe. Il partage ses sentiments pour Elsa avec le lecteur et utilise des verbes de perception comme : "je contemplais"; "apercevoir"; "me paraissait"; "contrastaient";
    "ressemblaient".
    Le lecteur doit faire confiance à ce que dit Léon car tout se passe à travers son regard, de la manière dont il voit Elsa. Il la trouve d'une grande beauté mais peut-être n'est-elle pas si belle que cela.

Le lecteur, comme Léon, a hâte de savoir ce qui est advenu à Elsa.



Emilia M., 2nde section internationale, octobre 2006.







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Devoir n°3 : Mélodie D.


Focalisation zéro.


Les Pleurs de Verdun


Sandra Mantanile, venant d'atteindre l'âge de la majorité récemment, est une jeune femme pâle et mystérieuse à première vue, mais en la détaillant bien, on peut apercevoir l'expression à la fois douce et mélancolique de son visage...

Depuis la mort de son lieutenant qu'elle chérissait tant, et qui avait malheureusement mis fin à ses jours dans les bunkers, elle s'attardait tous les après-midis du triste mois d'octobre 1919 devant le cimetière Saint-Jaulin à Verdun. Ce lieu lui rappelait des souvenirs monstrueux et malheureux, mais elle se forçait à sacrifier ses après-midis en ne pensant qu'à l'être qui lui fut si précieux, mais qu'elle ne reverrait jamais. Dans sa tête, le portrait de cet homme ne cessait de revenir ; elle souffrait, c'était trop dur pour elle. De fines goutelettes qu'on pouvait qualifier de larmes, ruisselaient sur ses joues délicates.

" Je l'aimais, cet homme, qu'ai-je fait au ciel pour mériter une telle chose?.." Ces mots furent dits dans un frisson. Un sentiment de colère et de désespoir avait conquis la jeune femme.

Comme de coutume, elle empruntait le chemin qui, avant d'être abîmé par les nombreuses bombes, traversait la forêt sombre, triste et dense, la menant au majestueux portail noir qui se dressait devant le vaste espace où reposaient un nombre incalculable de corps qui avaient tous connu le sort de la guerre. Sur cette porte étaient inscrits les noms de chaque soldat enterré et ayant participé à ce massacre sanglant. Sandra approcha timidement sa main pour caresser, avec la délicatesse d'une femme, le nom de

PIERRE-FRANCOIS BATISAURA.

Des larmes brûlantes jaillirent de ces yeux, des larmes, puis un torrent de larmes. Elle se laissa tomber, ses genoux étaient écorchés mais elle ne sentait pas de douleur à cet instant-là. La douleur venait du fond de son âme, de son coeur. En effet, la jeune femme originaire de la capitale de la France était sensible, elle avait eu la chance de trouver l'homme de sa vie, avait connu le vrai amour, mais l'avait aussi perdu.

Soudain, une main rigide et ferme vint se poser sur l'épaule délicate de Sandra. Etonnée, elle se retourna pour mieux apercevoir qui était présent derrière elle.

Un cri retentit, cassant le silence règnant dans la ville, qui flottait dans l'air d'une transparence opaque de Verdun. Puis, plus rien...




Mélodie D., 2nde section internationale, octobre 2006.







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Devoir n°4 : Quentin S.


Focalisation zéro.


Henri Santon revenait de discothèque, comme chaque jeudi soir, avec son ami Sébastien, complètement éméché. C’était sa façon à lui de se libérer de la vie quotidienne, une façon pour lui d’être dans son monde.


Ils s’asseyaient comme toujours sur le troisième banc de la rue Gioffredo, et Henri vomit d’un coup sur Sébastien, ce qui désespéra ce dernier, qui expliqua : « Chaque semaine, c’est la toujours pareil, j’en ai assez ! Fais quelque chose, non de Dieu ! ». Henri le regarda d’un air fatigué, puis s’endormit sur le banc. Sébastien s’en alla en ronchonnant et en laissant son ami étendu sur le banc. « De toute façon, il n’y a personne dans ce quartier à cette heure-ci, même pas de voyou », se dit-il. Puis, il rentra chez lui.

12 octobre 2006… Cela faisait déjà plus de deux mois et demi qu’Henri était ainsi… Depuis qu’il avait arrêté la drogue, Henri avait beaucoup changé. Le Henri qu’il connaissait auparavant laissait place à un dépressif, ne trouvant de réconfort qu’avec l’alcool lors de soirées, et cela lui déplaisait.

Henri se réveilla, seul sur un banc, avec un mal de crâne insupportable. Il se demandait ce qu’il faisait là, et pourquoi il était seul, sur ce banc. Il se leva et fit quelques pas avant de tomber et de trouver un petit sachet de cocaïne. Sa première pensée fut d’aller voir la police, mais cette idée lui sortit vite de la tête. Il était confus. Confus à cause de ce sachet. Ce sachet qui se trouvait là, au milieu de nulle part. Qu’est-ce qu’un sachet de cocaïne faisait ici, par terre ? Qui l’avait laissé ? Laissé ? On ne laisse pas de la cocaïne comme cela ! Mais quoi alors ? A qui appartenait-il ? Tant de questions qui envahissaient le crâne de Henri, déjà atteint par l’alcool. Et pourquoi, pourquoi ce sachet tombait-il entre ses mains à lui ? Ses mains déjà sales qu’ils ne voulaient plus ternir… C’était dangereux pour lui. Il fallait qu’il s’en débarrasse…

Sébastien regardait par la fenêtre de sa chambre. « Pourquoi l’ai-je laissé tout seul, là-bas ? Il pourrait lui arriver quelque chose, et ce serait de ma faute… », se disait-il. Il continua de se demander pourquoi il avait fait cela jusqu’à ce qu’il entende un coup de feu. Sébastien sursauta, et se cacha dans son lit pour essayer de s’endormir et d’oublier cette nuit. Mais il n’arrivait pas à dormir. Il se leva et se rapprocha de sa fenêtre, pour observer discrètement ce qui s’était passé. Apercevant un corps étendu tâché de sang, il attrapa son portable et appela la police. Son ami Henri était mort.



Quentin S., 2nde section internationale, octobre 2006.






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Devoir n°5 : Dany B.


Focalisation zéro.


Châtelet les Halles

Baptiste attendait seul la rame de métro qui l'emmènerait chez lui. Il était minuit moins le quart, ce jour du 24 septembre de l'année 2006, mais la gare de Châtelet était bondée. La voix aiguë du haut-parleur annonça que la rame allait avoir du retard à cause d'un problème de circulation.
Baptiste ne s'en étonna pas : les métros parisiens ne sont jamais à l'heure. Il eut une soudaine envie de fumer, l'attente du métro l'angoissant, mais il se souvint aussitôt que la loi interdisant les cigarettes dans les lieux publics l'en empêchait ; il se contenta donc de mordiller son crayon. Cela ne pouvait lui faire que du bien ; son sourire était jaune, et sa voix rauque. Il toussait constamment, comme si c'était un réflexe. Ses yeux marrons tombaient et sa peau était abîmée. Il avait vingt-huit ans, il en paraissait quarante. Ses vêtements avaient l'odeur désagréable de la fumée ; sa même veste grise qu'il portait depuis plusieurs semaines était tout aussi insupportable à la vue qu'à l'odorat. Maudit soit le jour où il commença à fumer…. Son allure ressemblait comme deux gouttes d'eau à celle du vieillard endormi derrière lui, qui poussa un cri strident dans son sommeil ; l'effet de l'alcool ingurgité quelques heures auparavant continuait.
La pancarte indiquant « Châtelet les Halles » était remplie d'inscriptions faites à la bombe à peinture, rendant quasi-illisible le nom de l'arrêt. Des moustaches dessinées habilement sur le visage d'un mannequin magnifique posant pour un nouveau parfum firent sourire Baptiste ; elles donnaient un air ridicule à ces femmes qu'il ne supportait pas, maudissant leur splendeur et leur argent. Il ne pouvait pas même penser qu'une personne puisse être riche à cause de cette chance naturelle qu'est la beauté. Plus que de la jalousie, c'était de la haine qu'il ressentait envers ces gens-là.
Enfin, le métro arriva. Les dix minutes passées dans cet arrêt lui furent insupportables.
Des cris lui parvinrent soudain à l'oreille ; les gens étaient livides, apeurés en voyant l'était du train ; de gigantesques traces de griffures traversaient le métro de part et d'autre et toutes les vitres étaient brisées. Des traces de sang encore liquide étaient visibles sur les sièges et les murs du véhicule, et tous les passagers, morts et maculés de ce rouge vif, étaient restés figés, un sourire aux lèvres.



Dany B,  2nde section française, octobre 2006.




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Devoir n°6 : Aditya S.

J’ai choisi une focalisation zéro.




Victoria et Giovanni s’aimaient énormément, mais ils ne se voyaient jamais. En fait, ils n’avaient pas le droit de ce voir à cause de certains problèmes du passé. Leur amour impossible comme celui de Roméo et Juliette rendait leurs rencontres encore plus passionnantes.

Victoria, était une jeune italienne, heureuse de vivre. Son visage était plutôt pâle, ses yeux verts brillaient sous la nuit froide d’hiver. Ses cheveux bruns et ses lèvres rouges pulpeuses semblables à ceux de Blanche neige, donnaient à Giovanni une des milles raisons de l’aimer. Son merveilleux corps se constituait de formes presque parfaites et ses mains, des mains blanches, propres et d’une noble élégance ne pouvait se comparer, même pas à celles de la Joconde.

Giovanni, homme mature, chérissait son travail, ses amis et sa vie. Il menait une vie paisible dans un cartier riche de Rome. Il était grand de taille, et brun. Ses yeux perçants hypnotisaient quiconque croisait son regard. Cet homme était d’une grande élégance et d’une politesse rare, si bien qu’en le voyant, on pouvait le confondre avec un aristocrate du XVII° siècle.

Ils étaient habitués à se rencontrer tous les 15 février au même endroit. Toujours en Italie, dans la même petite ruelle humide, froide, solitaire, cachée derrière le restaurant chinois appelé Tabola della China qui se situait devant la mer. Les tristes nuages complétaient le ciel gris, qui rendaient la nuit encore plus sombre. Des fines gouttelettes de pluie tombaient sans cesse, formant une mélodie d’hiver. Mais tout cela leur importait peu, leur seul but était de se voir encore une fois, de s’apprécier, de s’écouter, de s’aimer…

Giovanni était sensé être là, mais il n’y était pas. Victoria le cherchait partout, elle s’impatientait et commençait à s’énerver. Elle ne voulait plus l’attendre, elle qui détestait cela, mais réfléchissait tout de même à ce qu’elle allait lui dire. Elle en avait assez de toujours l' attendre, il ne se dépêchait jamais. Victoria croyait même qu’il le faisait exprès et décida de s’en aller.

Quand elle fit demi-tour pour partir, elle aperçut Giovanni. Elle le regarda d’un air surpris. Elle ne l’avait jamais vu dans cet état-là. Il était pâle, si blanc qu’on aurait pu voir son âme à travers sa peau. Son teint était si clair qu’il faisait ressortir ses yeux perçants comme ceux d’un prisonnier à un pas de la liberté. Ses lèvres sèches trahissaient le manque d’hydratation de son corps. Victoria était étonnée, elle ne comprenait pas ce qui ce passait, jusqu’à ce qu’elle vît une goutte de sang couler entre ses lèvres et glisser sur le bas de son visage.



Aditya S., 2nde section internationale, octobre 2006.






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Devoir n°7 : Sophie G.



Focalisation interne



Voyage à New York



Sept heures zéro huit. J’étais en train d’attendre, complètement à l’arrière la file, prête pour l’enregistrement. Cela faisait déjà une heure que j’attendais, mais je savais que cela allait encore prendre du temps. C’est à ce moment-là que je me mis à regarder autour de moi. Il y avait des familles, des gens seuls, des enfants, des personnes âgées, des hommes qui lisaient le journal. Mais les personnes que je remarquais le plus étaient dans la file, juste devant moi. Il s’agissait de quatre jeunes hommes, tous habillés en pantalons de jeans, chaussures de sport et manteaux noirs. Ils devaient faire partie d’un groupe de musique car ils portaient tous une guitare électrique et l’équipement dont ils avaient besoin. Je les avais remarqués car, comme c'est aussi le cas avec la musique moderne, je suis très attirée par la musique classique, celle de Mozart, en particulier. Je me demandais comment ils arriveraient à tout prendre en cabine car, depuis les actes terroristes de la semaine précédente, les passagers n’avaient plus droit qu’à un tout petit sac transparent, suffisamment grand pour mettre l’essentiel de ce dont on a besoin pendant le vol. Derrière moi se trouvait une femme avec un bébé. On aurait dit qu’elle n’avait pas dormi depuis plusieurs jours. Ses cheveux partaient dans tous les sens et de profondes cernes marquaient ses yeux. Peut-être venait-elle d’atterrir avec un autre vol avant de prendre celui-ci, ou peut-être son état était-il tout simplement dû à l’heure matinale. A partir de Nice, les vols vers les Etats-Unis ne partent que le matin. Je n’ai jamais compris pourquoi.

Il est maintenant sept heures vingt-cinq. J’avance de deux pas. Je vois au loin des Chinois qui courent dans tous les sens. Ils doivent être perdus. On peut toujours les reconnaître car ils portent un appareil photo autour du cou. Cet objet les suit partout pendant leur voyage. Je ne les vois plus. Ils ont dû trouver leur terminal ; enfin, je l’espère pour eux.

Sept heures vingt-neuf. Je me retrouve maintenant devant un employé de l’aéroport. Il me pose les mêmes questions bêtes, auxquelles on doit toujours répondre avant l’enregistrement des bagages.Vous savez, les questions qui n’ont pas changé depuis les attentats du 11 septembre 2001 : est-ce que c’est vous qui avez fait vos valises ? Avez-vous mis des objets coupants ou qui ressemblent à une bombe ? Les questions que j’espérais ne plus devoir entendre. Je lui réponds et j’avance encore de deux pas.

Sept heures trente-cinq, et je me retrouve enfin devant le comptoir ; le comptoir derrière lequel se trouve une femme qui se comporte comme si elle n’avait jamais voulu travailler dans un aéroport. Elle me demande mon passeport, l’ouvre, me regarde, ferme les yeux, puis me regarde encore une fois. Quand on a un passeport vieux de dix ans, on se demande pourquoi ils ne nous laissent pas le renouveler plus tôt. Au cours des années, on change, et je ne ressemble plus à l’enfant que j’étais.

Sept heures quarante. Elle téléphone et demande de l’aide. La seule personne que l’on aimerait ne pas rencontrer après une aussi longue attente, c’est quelqu'un qui ne sait pas comment on enregistre les bagages.





Sophie G., 2nde section internationale, octobre 2006.









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Devoir n°8 : Maxence V. (Dans ce devoir, cette couleur désigne les verbes de perception caractéristiques de la focalisation interne, choisie par l'élève).


Focalisation interne.


Paul revenait seul de l'école comme chaque soir. Il avait rangé ses mains avec précaution dans les poches de son vieux pantalon pour moins sentir la brise hivernale. Son regard ne s'arrêtait plus sur les misérables qui déambulaient dans les rues. Soudain, il se sentit observé, il redressa la tête et aperçut alors l'affiche qui était placardée sur tous les murs de la ville.
Il s'approcha pour mieux distinguer le visage de l'homme que tout le monde surnommait "Le sauveur " . Cet homme lui parut d'abord ridicule, ses cheveux noirs s'emmêlaient, de gros sourcils cachaient ses petits yeux et en dessous de son nez se trouvait cette moustache à la mode. Il voulut lire la phrase en bas à gauche de l'affiche, il déchiffra : " Ein volk ; Ein Reich ; Ein Führer ". Se pouvait-il que ce personnage parvienne à sortir le pays de la crise ? Pouvait-on espérer des jours meilleurs ? Mais le regard sombre du Führer qui le fixait lui sembla empreint de cruauté, de monstruosité. Paul, terrifié, se remit en route d'un pas alerte.

(focalisation zéro)
Vingt minutes plus tard, le jeune garçon rentra enfin chez lui. Sa mère, dans la cuisine, préparait les pommes de terre qui constituaient l'essentiel des repas de la famille. Son père, un homme d'une cinquantaine d'années, au chômage depuis plusieurs mois, lisait le journal. Les nouvelles n'était pas bonnes. Des manisfestations avaient eu lieu dans les rues de Berlin. Le peuple réclamait du pain. Son père, comme beaucoup d'Allemands, allait voter pour Hitler en janvier car il incarnait leur dernière chance. Hitler promettait de les sortir de cette pauvreté qui paraissait insurmontable.







Maxence V. (avec la participation de Rosalie B.), 2nde section internationale, octobre 2006.








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2ème sujet d'écriture d'invention :












2nde 7

Devoir à rendre le jeudi 11 janvier 2007


Séquence n°2 : La poésie romantique.


Objets d'étude :


  • Un mouvement littéraire et culturel du XIXème siècle

  • Le travail de l'écriture


Perspective dominante : histoire littéraire et culturelle

Perspective complémentaire : genres et registres


Problématique : quels sont les différents modes d'expression du Moi dans la poésie romantique?


Vers l’écriture d’invention (sujet de type III du bac)


Relisez attentivement Ondine, d’Aloysius Bertrand (GT2) (voir poème ci-dessous). Composez à votre tour un poème en prose, traitant de la thématique de votre choix (dans les limites des convenances scolaires, naturellement), et obéissant aux contraintes suivantes :


  1. Votre texte devra être de registre lyrique.

  2. Votre production sera composée, comme Ondine, de cinq strophes ou paragraphes, à peu près d’égale longueur, et terminé(e)s par une ponctuation forte.

  3. Le poème se décomposera en deux parties typographiquement distinctes, séparées par une étoile. (Les trois premières strophes et les deux dernières séparées d’une étoile.)

  4. Les trois premiers paragraphes seront rédigés entre guillemets, au discours direct : un personnage s’adresse à un autre, en le tutoyant.

  5. Les deux dernières strophes seront au discours indirect : ce n’est plus le même personnage qui parle, c’est le poète (vous, ou votre « narrateur-poète ») qui commente ce qui vient d’être dit, et qui parle du personnage à la troisième personne du singulier (comme dans Ondine).

  6. Vous utiliserez l’anaphore d’un verbe à l’impératif dans au moins deux paragraphes, comme dans le poème initial.

  7. Votre texte comportera deux allitérations et deux rythmes ternaires (au moins), à chaque fois signalés d’un signe + dans la marge. Ces deux sonorités devront pouvoir être interprétées dans la perspective du contenu de votre production.

  8. Toute référence culturelle pertinente est valorisée.


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... Je croyais entendre
Une vague harmonie enchanter mon sommeil,
Et près de moi s'épandre un murmure pareil
Aux chants entrecoupés d'une voix triste et tendre.

Ch. Brugnot. - Les deux Génies.

« Ecoute ! - Ecoute ! - C'est moi, c'est Ondine qui frôle de ces gouttes d'eau les losanges sonores de ta fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune; et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi.

» Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l'air.

» Ecoute ! - Ecoute ! - Mon père bat l'eau coassante d'une branche d'aulne verte, et mes sueurs caressent de leurs bras d'écume les fraîches îles d'herbes, de nénuphars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et barbu qui pêche à la ligne ! "

*

Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son anneau à mon doigt pour être l'époux d'une Ondine, et de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.

Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle, boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa un éclat de rire, et s'évanouit en giboulées qui ruisselèrent blanches le long de mes vitraux bleus.



Aloysius BERTRAND, Ondine (in Gaspard de la nuit).





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Devoir de Lisa C :


Code des couleurs :

  • Anaphore d'un verbe à l'impératif.
  • Allitérations en [l], en [r], et en [s]
  • Rythmes ternaires
  • Référence culturelle


<< Cours !

Sans te retourner tu traverses les bois, et les près, et les champs, sans t’arrêter tu regardes l’eau du ruisseau qui coule à tes pieds, tu la suis,
elle s’échappe, tu accélères, toujours elle te rattrape.

<< Je t’attends, je te guette, assise dans mon jardin secret
j’espère que tu franchiras le seuil de mon monde imaginaire.
Entre les fleurs et les arbres je patiente, au milieu de la nature, le vent
qui caresse mes cheveux, je regarde le temps passer.

<<
Cours !
Pourquoi n’arrives-tu pas ? Que fais-tu ? Je n’en peux plus d’attendre,
je souffre de ce manque qui s’est implanté dans mon cœur, comme un trou, un morceau arraché rageusement…
Une partie de moi m’a été enlevée injustement, je ne comprends pas, je ne veux pas comprendre, je ne comprendrais jamais. >>


*


Je la vois, assise dans ce jardin d’Eden, incomplet, imparfait…

Fille des fleurs, des plantes, de la nature, dans son élément elle se retrouve. Mais je vois des larmes couler sur son visage, des larmes de souffrance, de douleur, d’incompréhension…

sont passées l’innocence, la candeur, la pureté de son regard troublé à jamais ? Je ne sais.

Je ne voulais la faire souffrir, en aucun cas je n’aurais voulu.
Contre ma volonté j’ai été emporté, loin, bien trop loin, làoù personne ne peut me rejoindre. Un jour nous nous retrouverons, nous nous reverrons, nous serons à nouveau réunis pour le restant de cette seconde vie.



Propositions d'interprétations émanant de l'élève elle-même :



-> Anaphore du verbe « cours ! » dans la 1e et la 3e strophe.
-> Allitérations :
- en [ L ] dans le 1er paragraphe. Evocation de la liquidité de l’eau de la rivière, idée de calme et de tranquillité… Le personnage patiente et attend sans inquiétudes pour l’instant.
- en [ R ] dans le 3e et début du 4e paragraphe. Sonorité très dure, évocation de l’inquiétude, de la tristesse, de la souffrance du premier personnage, de la douleur éprouvée.
- en [ S ] dans la 2e partie de l’avant dernier paragraphe.
Sonorité douce qui exprime la délicatesse du regard du personnage, renforce l’idée de simplicité, d’authenticité, d’un coté naturel de cette personne.
-> Rythme ternaires :

- dans la 1e strophe il montre l’abondance des éléments naturels entourant le personnage, la simplicité de son entourage.

- dans la 3e strophe il a un effet d’accumulation qui évoque un rejet de la réalité pour le personnage, il n’accepte pas la réalité telle qu’elle est de peur de souffrir.

- dans la 4e strophe le 2e personnage veut montrer l’état du 1er personnage, la douleur qu’il ressent, le rythme ternaire joue un rôle d’énumération des souffrances ressenties.

- dans la dernière strophe le 2e personnage songe au moment ou il reverra l’être aimé et semble vouloir montrer qu’il en a hâte a travers ce rythme ternaire qui montre a quel point il veut vraiment le revoir bientôt.


La référence culturelle utilisée, est le jardin, élément à la fois mythique, imaginaire, et naturel. Le premier personnage se trouve dans ce jardin qu’il qualifie de « secret », ainsi il se trouve dans son monde, dans son paradis, attendant le seul élément qui pourrait qualifier cet endroit de parfait : l’être qu’elle aime.
Dans la deuxième partie de ce poème, l’autre personnage appelle l’endroit ou se trouve la personne un « jardin d’Eden », faisant ainsi référence à la culture occidentale. Cet endroit est donc un lieu de paradis, de bonheur, mais aussi d’imperfection (cf. le péché d’Adam et Eve) car il est incomplet.
Le jardin symbolise donc un mythe, un rêve, un endroit de paix et de tranquillité, même si la tristesse envahit le personnage qui s’y trouve.



Lisa C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2007.




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Devoir de Mélodie D :


Code des couleurs :

  • Anaphore d'un verbe à l'impératif.
  • Allitérations en [s] et en [p]
  • Rythmes ternaires
  • Référence culturelle



SOUDAINE SOLITUDE



« Parle ! Parle ! Ne t'isole pas. Cette solitude te tue ; les pires problèmes ont toujours une solution ; sois patiente et tu verras, ta guérison sera la preuve de la victoire que tu auras remportée pendant cette pénible bataille amoureuse, contre le pire des Dom Juan.

« Ce monde est cruel, certes, tu as su le comprendre. Cet homme charmeur, séduisant et soi-disant tendre n'est rien d'autre qu'un vaurien, une vraie saleté ! C'est certainement vrai, un simple sourire a suffi à t'ensorceler sous un soleil scintillant du doux mois de Septembre ; mais t'a également empoisonnée sans même que tu le saches.

« Parle ! Parle ! Ne t'avais-je pas conseillé de te conduire comme cette puissante Carmen ? Ma chère ; lui a su jouer son rôle, le rôle de ce prétentieux personnage qu'est Don Juan. Chaque battement de cils traduit ton mal-être, ton désespoir, ta peine si profonde…. Mais ta tête est grande, tu sauras qu'autour de toi, nombreuses sont les personnes qui t'admirent ; j'ai confiance en toi, tu seras la plus heureuse ! »


*


Elle se dressa, ce spécimen rare, tel une statue avec une idée singulière et saine en tête ; révélant en elle sa splendeur. Serait-elle décidée à tourner la page et recommencer à vivre ?

La sonnette retentit en ce beau jour de printemps, d'un son suave. Elle se pcipita sur la porte, l'ouvrit et découvrit sur le perron son ancien prince, le Dom Juan qu'elle haïssait tant. Elle avait appris, elle était forte, elle ne céda pas. La porte claqua, la page était tournée…



Analyse :

Deux rythmes ternaires .

Allitérations : dans mon poème en prose, deux allitérations dominent :

En [s] : donnant aux mots et donc au poème une certaine douceur dans la façon de le lire.

Cette douceur est nécessaire lorsqu'on s’adresse à une personne malheureuse, déprimée, et délicate, ce qui explique son omniprésence pendant tout le poème.

En [p] : on peut également dire que ce poème présente une allitération en [p], surtout parce que le verbe à l'impératif en anaphore est « parle », ce qui la rend plus évidente. Au contraire de la douceur et de la délicatesse du son [s], le son [p] insiste et traduit plutôt une attitude froide et désagréable, comme si on rejetait quelque chose.…

Or, la jeune fille qui est malheureuse à cause de la rupture douloureuse avec son « Dom Juan » se sent maintenant seule et rejetée. Le narrateur et une autre personne , et donc les sons [p] et [s] qui sont opposés créent un balancement, un équilibre entre une sensation douce et une sensation plus froide et dure.

Il y a également une coïncidence entre ces deux sons :

Le [p] qui représente le mal comme dans le mot PROBLEME.

Le [s] qui est plus agréable comme dans le mot SOLUTION.

Or, la solution est le contraire du problème, tout comme le mal est le contraire du bien.


Mélodie D, 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2007.




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Devoir de Rosalie B :

"Attends ! Attends, ma vengeance!... Celle qui te fera payer pour tes
actes, celle qui te fera regretter ton sang-froid, celle qui te fera craindre
la force qui règne en moi ! Tu ignores la rancoeur que je ressens, prête à
surgir lors de nos prochaines retrouvailles.

"Moi qui te faisais confiance, je n'éprouve maintenant plus que de la
colère, de la haine et de la pitié ; Tu m'as brisé le coeur, mais hélas tu
t'es rendu compte des conséquences trop tard !

"Attends ! Attends ! je n'ai point fini mon récit ; je pensais tant que
c'était l'amour profond qu'apporte Aphrodite mais ce n'étaient que les
chansons et les belles paroles d' Apollon ; je n'aurais jamais pensé que tu me blesserais ainsi mais Cupidon a mis notre amour six pieds sous terre ..."



*




Ses paroles débordantes de rage retentissaient dans ma tête comme une symphonie si claire ; à quoi devais-je m'attendre ? Ses cris de desespoir m'ouvrirent les yeux et me rendirent enfin conscient de cette amante si chère que je venais de perdre !

Je sus seulement lui répondre que ma peine était profonde et que malgré mon état de désolation, j'ai bien compris que même avec le temps rien ne serait comme avant...



Rosalie B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2007.





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Devoir de Maxence V. :


"Reviens ! Reviens ! C'est ta patrie qui t'appelle. Tu laisses périr
ces gens innocents, tu laisses sécher ce sang ? Ton sang ! Menteur, lâche, infidèle ! Toi qui te disais fier de ton pays, tu t'enfuis, tu nous trahis ?

"Reviens ! Reviens ! Ne sens-tu pas le vent ? N'entends-tu pas mon
chant ? Mon coeur est meurtri ! Alors que mon bien-aimé est parti, le ciel
gronde et pleure des larmes d'acier qui viennent arracher les derniers
espoirs.

"Souviens-toi de nos plaines arides, de nos hautes montagnes, de cette
brise qui nous caresse. Souviens-toi de ces marchés aux couleurs vives, aux
couleurs tropicales dégageant ce parfum exotique réunissant les odeurs d'une
centaine d'épices venues de la mer Caspienne ! Aujourd'hui, ces plaines ont
noirci, les marchés sont détruits et le Caucase se meurt ! "

*


Ces paroles murmurées, je m'agenouillai et levai mes yeux vers les
astres en criant " Qu'ai-je fait ? Mon Dieu qu'ai-je fait ? Abandonner ma
chair, déserter mon âme ! Je me suis enfui lâchement et aujourd'hui ma
Tchétchénie pleure, ma Tchétchénie souffre !


À quoi bon vivre sans honneur ni fierté, en tant que criminel, meurtrier ? Cette rancune que je porte envers moi-même ne sert à rien. Je suis le rejet de cette nature encore
florissante, et pour éviter de la salir, je fâne et je coule.




Maxence V., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2007.




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Devoir de Claire R :


"N'aie crainte ! N'aie crainte ! Jamais je ne t'oublierai, jamais je
ne te remplacerai, jamais je ne cesserai de t'aimer. Notre amour traversera les époques, souviens-toi ! Amour et Psyché, Paul et Virginie, Tristan et Iseut ! Leur amour a traversé tellement d'années, le notre ira au-delà des mers, au-delà des frontières et bien plus encore !

"Avec ton aura si pure je me couche, de toi je rêve et le matin je
me réveille avec ton sourire gravé dans mes pensées. Je continue à humer ta fragrance fleurie, à faire nos promenades quotidiennes dans le jardin, en regardant les fleurs. Bien sûr, je coupe celles qui sont fânées comme tu tenais à le faire.

"N'aie crainte ! N'aie crainte ! Je garde en moi le souvenir de ton
visage à la beauté de Vénus, tes yeux dans lesquels je me perdais chaquefois, le goût sucré de tes baisers. Un ensemble voluptueux que j'adorais
comtempler. Je me souviens encore de tes charmes qui m'attiraient tant !"

*


Lors de sa dernière nuit, elle m'a chuchoté qu'elle se souviendrait de tout,
tout ce que je lui racontais. Oh ! Combien j'étais passioné ! Notre chanson
résonne toujours dans ma chair, dans mon sang, comme sonnait le clocher qui
annonçait le début de notre histoire.

Il y a peu elle est partie, n'a pas dit adieu. Elle s'est juste endormie,
laissant s'envoler dans la brume son ultime souffle. Je reste persuadé que
ce soupir était pour moi la dernière source de chaleur de ce corps si froid.
Froid comme l'être que je suis et qui ère dans une maison maintenant si
vide. J'attends la floraison d'un nouveau moi quand j'aurai laissé
s'éteindre ce corps sans vie.


Claire R., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2007.



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Devoir de Rafael G. :



"Silence! Silence! Le sifflement du vent qui fait vibrer ma fenêtre
me donne des frissons.Cela me réveille en sursaut et m'angoisse.Tu sais, tout
le monde dort paisiblement alors que je suis éveillé. Je me demande s'ils se
réveilleront. Je me prépare, toujours affolé, pour la marche matinale qui me
mène à mes obligations et qui me semble interminable!

Silence! Silence! Je m'inquiète à nouveau de ce réveil forcé avant
l'aube.Il me faut marcher parmi les arbres qui me menacent de leurs branches
mouvantes, aiguisées et terrifiantes. Les vibrations de l'air, le vrombissement
du vent, la ville endormie me panique!

Des idées folles me traversent l'esprit, je suis suis seul. Cette
solitude me submerge et me pétrifie! Suis-je le seul vivant parmis les
morts? Et meme s'ils s'éveillent, vont-ils rompre ma solitude? Tétanisé, je
reste immobile mais aussi conscient! Aide-moi!"



*



N'aie point peur! N'aie point peur! Si les autres dorment, ils se
réveilleront dans quelques heures comme d'habitude.
N'aie point peur de la solitude, car au fond de soi, on n'est
jamais seul.
N'aie point peur des arbres car ils ne représentent pas le mal
mais le contraire, c'est-à-dire la renaissance du printemps, de la vie.
N'aie point peur de la mort car la mort est naturelle. Pour
certains, même, pour les Bouddistes, la mort est un cadeau que seuls les êtres
vivants peuvent accepter.


allitération en [S] L1 à 3
allitération en [V] L11 à 12
rythme ternaire L10 à 11 et L5 à 6



Rafael G., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2007.





Date de création : 13/11/2006 @ 01:00
Dernière modification : 07/01/2009 @ 12:15
Catégorie : Copies d'élèves (2006/2007)
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