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Copies d'élèves 2011/2012 - Ecriture d'invention 2nde 6 (roman)
 
 
 
 Devoir à rendre le jeudi 03 novembre 2011.

 

Vers l'écriture d'invention (sujet de type III du bac).

 

Sujet (à coller sur votre feuille double) : après l'étude du GT1 (Les débuts de romans), vous rédigerez à votre tour un incipit régi par les consignes suivantes :

 

·        votre production sera de registre réaliste.

 

 

·        Elle mêlera types narratif et descriptif (vous veillerez à utiliser les outils stylistiques propres à ces deux types de texte).

·        Votre incipit respectera les codes romanesques traditionnels (fonctions informative et « apéritive »).

·        Vous expliciterez la focalisation que vous aurez choisie :

1.     focalisation zéro ;

2.     focalisation interne ;

3.     alternance des deux : dans ce cas, vous signalerez le(s) changement(s) de focalisation à l'aide d'une croix rouge dans la marge, au niveau de ces changements.

·         Toute référence culturelle pertinente est valorisée.

·         Le site de Lettres du CIV propose des copies d’élèves ayant eu à traiter le même sujet, au cours des années précédentes.

               

 Devoir de Lisa P. : 

 
Cela faisait maintenant deux heures que Marcel était parti en  mer. Le soleil n’était toujours pas levé et seuls quelques petits rayons de lumière parvenaient à atteindre le beau visage de Marcel, usé par le dur labeur. En effet, chaque matin, quand la cloche de son village, près de Marseille, sonnait cinq heures, il devait se soumettre au même rituel. Il se dirigeait avec son petit bateau de pêche vers l’horizon du soleil levant, ayant l’espoir qu’aujourd’hui un évènement inattendu allait enfin rompre son dur et épuisant quotidien. Alors qu’il relançait et rabattait sans cesse ses filets de pêche, Marcel rêvait d’une autre vie, d’un avenir prometteur. Il savait que la vie pouvait lui offrir quelque chose de bien meilleur, il n’était pas fait pour ce quotidien de pêcheur. Et pourtant, Marcel allait bientôt  avoir vingt-cinq ans, trois mois plus tard exactement, le 1er Octobre 1792 ; mais il ne parvenait pas à trouver un autre métier. Ses parents, maintenant vieillissants, avaient besoin de lui ; il se devait de rester avec eux et de les aider. Marcel sentait, depuis tout petit qu’il avait une âme plutôt poétique : il s’intéressait aux livres malgré la pauvreté dans laquelle vivait sa famille qui ne lui permettait pas de s’en acheter. Et même sur la mer, Marcel pensait à des poésies, des vers, des rimes …
A présent, il observait la mer, elle lui était devenue familière après tout ce temps passé avec elle. Il écoutait les chants des oiseaux, des mouettes, ainsi que les bruits lourds émis par d’énormes bateaux de commerce, qui perçaient le silence établi sur cette si grande étendue liquide. Il admirait le soleil qui se levait progressivement et le réchauffait. Puis il recommença ses mouvements répétitifs : il lança ses filets puis après quelques instants, il les ramena sur sa barque pour pouvoir admirer de nouveau l’étendu de sa pêche : deux ou trois poissons palpitaient encore dans ses filets.
Ayant assez pêché pour la matinée, Marcel se prépara à rentrer au port, songeant aux récents évènements qui avaient agité Marseille ces derniers jours. Un de ses clients l’avait informé de la gravité de la situation actuelle à Paris et à Marseille : la Révolution était menacée ! Cet homme faisait partie d’une association de révolutionnaires qui se réunissait régulièrement rue Thubaneau à Marseille pour partager des idées nouvelles défendues par des philosophes comme Rousseau ou Montesquieu à propos de l’organisation de la société et du pouvoir. L’enthousiasme de son client ravivait chez Marcel ses envies de changements, d’actions … Que sa vie était banale comparée à celle des personnes qui révolutionnaient le pays … Depuis que ce client lui racontait chaque jour leur progression et leurs nouvelles idées, Marcel souhaitait participer activement à cette révolution, faire changer le pays … mais sans vraiment savoir de quelle manière.
En arrivant dans le port, Marcel aperçut une importante agitation : tout le monde courait, des groupes de personnes se formaient ici et là. Marcel sentit que quelque chose d’essentiel se passait ce matin-là, jamais il n’y avait eu auparavant un tel affolement sur le port de Marseille. Le jeune pêcheur noua les amarres et sauta de son bateau sur le quai pour savoir ce qui se passait. Les bruits, les cris formaient un tel chahut que Marcel était lui-même troublé et perdu sur son territoire familier. Il essaya d’obtenir des informations à plusieurs reprises mais la plupart des groupes étaient dans une excitation telle qu’il était presque impossible de comprendre leurs paroles. Marcel devint très enthousiaste à l’idée qu’un évènement rompait enfin son quotidien si ennuyeux même s’il était conscient que cela ne le concernait sûrement pas. Au bout d’un quart d’heure de recherche, Marcel trouva enfin quelqu’un qui put le renseigner. L’homme lui dit qu’une marche se préparait vers Paris afin de soutenir la Révolution et de combattre les forces Prussiennes et Autrichiennes qui menaçaient le pays. Ils cherchaient des volontaires afin d’être les plus nombreux possible auprès des Parisiens. Ce fut alors un déclic pour Marcel, une réelle illumination. Il vit en cette marche une opportunité pour commencer une nouvelle vie et prendre un nouveau départ. Paris, la capitale de la France, est un symbole de richesse, de gloire et de luxe. Il pourrait ainsi rencontrer de célèbres écrivains ou encore les principaux acteurs de la Révolution qui le font tant rêver … L’occasion qu’il a tant attendue, tant espérée est enfin arrivée ! Mais pouvait-il quitter ainsi ses parents et les abandonner à la pauvreté sans les préparer à son départ ?

Lisa P., 2nde section internationale, novembre 2011.


 
Aragon.jpg


Devoir d'Alice M. : 

Alternance des focalisations zéro et interne.
Passages en focalisation interne.
 
 
         Dans une savane herbeuse d'Afrique, un garçon d'une quinzaine d'années nommé Zende était posté à l'ombre d'un arbre rabougri. Il était grand, musclé et avait des cheveux noir, courts et frisés. Tout en surveillant un petit troupeau de chèvres, Zende songeait pensivement à sa belle cousine Adila. Il attendait avec impatience qu'un de ses frères le remplace pour pouvoir aller la retrouver dans la hutte familiale. Zende était en train d'écarter une nuée de mouches quand il entendit des voix dans une langue qu'il ne connaissait pas. Des hommes étranges marchaient dans sa direction. Leur accoutrement, leur peau claire et leur cheveux lisses intriguaient Zende. Curieux mais méfiant, il les regarda s'approcher sans oser s'éloigner de ses chèvres. Quand ils furent à quelques mètres, les hommes le regardèrent attentivement en discutant, puis ouvrirent un sac, d'où ils sortirent des cordes nouées entre elles. Zende n'eut pas le temps de réagir qu'il était déjà prit au piège. Il se débattit courageusement mais on l'assomma.
 
Une importante douleur aux chevilles lui fit reprendre ses esprits. Il découvrit avec effroi qu'il était dans un lieu inconnu, sombre, nauséabond et bruyant. Un homme pale à l'air féroce était en train d'attacher ses pieds sans ménagement. Malgré la pénombre, il pouvait voir un très grand nombre d'hommes allongés autour de lui. Ils gémissaient, pleuraient ou hurlaient de douleur, certains semblaient avoir l’immobilité de la mort. Terrifié par cette vision d'horreur, Zende tenta de se libérer, on le plaqua brutalement au sol. Il redoubla alors de ruades et de hurlements mais l'homme lui assona un coup violent sur le crâne, du sang gicla, la douleur fut insupportable et Zende s'écroula inconscient.

Alice M., 2nde section internationale, novembre 2011.


Chateaubriand 3.jpg



Devoir d'Aline C. : 

Focalisations : zéro (début jusqu’à la ligne 3) puis interne (ligne 3 jusqu’à la fin)

Sa mallette en cuir de daim noir à la main, son parapluie à l’autre, il se frayait un chemin à travers flaques d’eau et bitume glissant. Sous un vent hivernal, la quatorzième rue était parsemée de voitures jaunes bercées par un concert de klaxons déchaînés.  Comme tous les soirs, Zachary  quittait son lieu de travail et rassurait sa femme en lui expliquant qu’il ne tarderait à rentrer. En même temps il cherchait un taxi, rare à cette heure de pointe au centre de Manhattan.
Il frissonnait sous son manteau et scrutait l’horizon caché par les gratte-ciels auxquels il avait encore du mal à s’habituer dû à son déménagement récent. Des gouttelettes de pluie variaient de couleurs, éclairées par les phares à l’arrêt et les feux de signalisation au carrefour. Il traversa la route au niveau du passage clouté et se sentait oppressé par la foule impatiente, ce qui le rendait mal à l’aise. Il marcha en direction du Lower Manhattan, défilant sous les halos de lumière projetés par les lampadaires et les lueurs sortant des bureaux encore occupés par des employés acharnés.
Deux pâtés de maisons plus loin, il distingua un taxi libre parmi la masse et, d’un grand signe de bras, l’arrêta. Zachary se secoua, ferma son parapluie et entra. Il alluma la lumière de la banquette arrière, puis sortit différents dossiers ainsi que son ordinateur afin de ne pas à avoir à sacrifier le restant de sa soirée et pouvoir profiter de ses deux enfants, Melissa et Jonathan, et de sa femme Laurence.
Il s’aperçut dans le rétroviseur et regardait avec dédain ses cheveux grisonnants, encore mouillés, qui laissaient apparaître son âge avoisinant la quarantaine. Cependant il appréciait chez lui son manque de rides qui trahissait la fatalité du temps qui passe. Il était comme à son habitude bien rasé, bien qu’il aurait préféré la laisser pousser un peu, mais son poste le lui interdisait. Son costume, qu’il portait avec une cravate terne, lui collait au corps dû au fait qu’il soit mouillé, et cette sensation désagréable l’empêcher de se concentrer. Ses lunettes au bout du nez, son regard se heurta à la vue du chantier colossal qui se situait à l’endroit même où s’élevaient auparavant deux tours, symbole de la puissance américaine après la guerre. Les bâches cachaient les travaux au public comme si on cherchait à oublier ce qui s’était passé, mais il devinait le bruit assourdissant que devait faire toutes cette pluie frappant la tôle des échafaudages.
Le chauffeur, qui devait être d’origine hispanique, ne semblait être irrité par ce lieu, probablement à cause du fait qu’il faisait pour lui partie du paysage quotidien. Le dénommé Vasquez – il le déduit en voyant sa licence – dégageait une vague puanteur comme s’il sortait directement du lit qui forçait l’homme d’affaire à se contenter de petites et brèves inspirations. De la musique mexicaine passait à la radio, ce qui n’enchantait pas Zachary, car il ne la comprenait et ne l’appréciait pas. Le chauffeur chantonnait à voix basse des paroles approximatives et cela agaçait son client qui lui demanda nerveusement de bien vouloir se taire. Vexé, il éteignit la radio et marmonnait des insultes et jurons en espagnol.
 « Combien vous dois-je ? », demanda Zachary d’un air plutôt hautain après être arrivé à destination. Cependant son interlocuteur ne répondit pas, détourna le regard et pointa sur son compteur qui affichait soixante-quatre dollars et seize cents. Il paya au centime près, ne voulant à aucun prix laisser un pourboire, quel qu’il soit, et prit ses affaires.
 
Debout sur le trottoir brumeux, la pluie s’étant calmé, il observa deux voitures avec gyrophares ayant les lettres capitales NYPD inscrites sur leur carrosserie qui se garèrent quelques mètres plus loin. Des hommes armés en uniforme sortirent  et se dirigèrent en direction de l’entrée d’un immeuble et un agent appuya sur la sonnette destinée à l’appartement numéro huit. Zachary sentit son pouls s’accélérer, ses mains se crisper et des frissons parcourir son corps : il habitait dans l’appartement numéro huit. 

 Aline C., 2nde section internationale, novembre 2011.


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Devoir d'Hannah F. : 

Jeanne sortit la lettre soigneusement pliée de sa poche et l’effleura, la caressa. C’étaient quelques mots simples qui la rendaient heureuse: une heure, un lieu notés sur du papier légèrement jauni par le temps. Elle releva les yeux et laissa traîner son regard sur la mer qui s’étendait jusqu’à l’horizon avec des variations d’un bleu azuré, reflétant le ciel sans nuages. “Que c’est beau, la mer”, se dit-elle, si calme et douce un jour et tellement agitée et imprévisible le lendemain!” Les petites embarcations des pêcheurs tanguaient dans l’eau et une odeur de poisson en montait, bien qu’elles soient vides. Jeanne glissa la lettre dans sa poche, sans même l’avoir relue, et se demanda ce qui pouvait bien se passer au village.
Avec ses cent soixante quatorze habitants, la commune de Maupertus était loin d’être grande et toute information nouvelle circulait rapidement parmi les habitants, chacun affectionnant raconter les petites histoires entendues. Jeanne soupira longuement à la pensée de ces commères, toujours en train de parler du malheur des autres.
Elle se redressa lentement et sauta de roche en roche, évitant les trous d’eau. De retour sur la terre ferme, sur le petit sentier entouré de champs et d’herbe verte, elle se mit à sautiller, laissant libre cours à sa joie, toute heureuse de ne pas avoir à se tenir en demoiselle honorable. Son chapeau de paille tressée tomba à cause d’une brise et elle dut se pencher pour le ramasser. Son bonheur ne faisait qu’augmenter avec la sensation du frottement du papier de la lettre à travers sa fine robe rouge.
Dans le village, elle passa devant le vendeur de journaux qui criait à s’en rompre les cordes vocales les grands titres de la nouvelle édition du mardi 16 avril: “Titanic, tous les passagers sauvés”, “François Denhaut - un hydravion parfait?” Jeanne lui sourit et il lui répondit d’un vague geste de la main, trop occupé à attirer des acheteurs. Elle dépassa la mairie, grise et triste même sous le soleil de printemps et se dirigea vers la petite épicerie au coin de la place. Sa mère se tenait derrière le comptoir et parlait à Mme Hubert, la voisine et confidente de la jeune fille. D’une cinquantaine d’années, grande, à la silhouette encore très élancée pour son âge. Sur son visage ovale et fin, son âge se faisait cependant sentir car des rides encadraient ses yeux rieurs et sa bouche et formaient des fossés sur son front. Ses cheveux grisonnants indiquaient un blond vénitien qui avait du être resplendissant dans le passé. Jeanne, elle, avait en plus de la beauté un esprit extrêmement créatif, espiègle et ouvert pour une fille. Sa vivacité et sa présence d’esprit ne cessait d’étonner ses connaissances, qui en voyant cette fille à l’apparence douce et aimable s’attendaient à converser avec quelqu’un de timide. Attentive à ne point déranger, la jeune fille prit soin de faire le moins de bruit possible en ouvrant la porte de chêne et fila telle une ombre jusqu’à sa chambre. Là, elle se déshabilla sans hâte, se séparant à contre cœur de la lettre, fit sa toilette et se tourna vers la garde-robe pour y sélectionner avec soin quelque vêtement approprié pour le rendez-vous.
 
Hannah F., 2nde section internationale, novembre 2011.


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Devoir de Luigi P. :

(Utilisation de la focalisation interne)
 
 
Il sortit de chez lui et s’empressa de commencer sa promenade habituelle. En ce samedi matin, il prit la route le conduisant à son chemin fleuri et arboré où il lui plait de se promener. C’est alors qu’il pressa le pas, voulant explorer en ce beau temps printanier, le plus de paysage possible. En effet, aujourd’hui, il avait décidé de prolonger sa flânerie. Un instant après, il arriva près d’une aire de jeu où il vit plusieurs bambins courir dans tous les sens. Il admira avec attention des centaines d’oiseaux ployant et déployant leurs ailes, se diriger vers la mer.
 
Après quelques minutes, il aperçut au loin un banc de couleur rouge. Il s’assit pour faire une pause et contempla cette belle forêt qui l’entourait. Il regardait d’un œil admiratif toutes ces formes autour de lui : ces grands arbres aux feuilles vertes, jaunâtres et orangées illuminant le paysage, ces petits arbustes et ces plantes multicolores qui longeaient le chemin devant lui. Il y avait aussi sur le sol des excréments que les chevaux laissaient en passant sur le chemin. Au bout d’un moment, il se leva et reprit son chemin. Il scrutait par terre, les centaines de fleurs blanches et rouges reflétées par la lumière du soleil, celles-ci dégageaient un parfum agréable.
 
De longues minutes s’écoulèrent et ses jambes commencèrent à lui peser. Il continua, malgré tout, inlassablement, sa promenade. Tout à coup, il croisa sur son chemin un ami d’enfance qu’il n’avait plus vu depuis quelques années. Il commença à palabrer avec lui tout en continuant la promenade. Il vit alors en contrebas le cabanon de Le Corbusier, ce chef d’œuvre alliant beauté et confort dans un cadre convivial, peuplé d’agaves et d’eucalyptus, situé à deux pas de la mer. Un magnifique couché de soleil était présent. Des dizaines de personnes s’étaient arrêtés à son niveau pour contempler cette construction de bois. C’est alors qu’il vit une femme. Elle était brune, les cheveux bouclés, les yeux pétillants, les lèvres pulpeuses et son charme ne le laissa pas indifférent. Il s’approcha d’elle, tout timide.     
 
 
Luigi P., 2nde section internationale, novembre 2011.  


Lafayette.jpg



Devoir de Coline D. : (Focalisation zéro)
 
 
   Tout le monde s’agitait dans tous les sens, sautant dans les bras des inconnus, criant à la réunification du peuple. Les amants se retrouvaient après tant d’années de séparation. Les familles étaient réunies malgré la disparition de certains. Les officiers de polices étaient dépassés par la situation. On riait, chantait, criait et pleurait. Cette nuit du 9 novembre 1989 dégageait un parfum de liberté.
   On pouvait la distinguer dans la foule. Elle était grande, mince, portait de longs cheveux bruns et avait toujours cette même allure distinguée. Ces yeux bleus brillaient au milieu de la foule, ils étaient remplis de larmes. Elle avait le cœur noué et une boule dans la gorge l’empêchait de parler et même de respirer. Elle approcha son sac de sa poitrine comme pour se protéger, se retenant d’éclater en sanglots. Elle l’attendait. Elle l’avait toujours attendu. La jeune femme fit quelques pas essayant de s’éloigner de tous ces cris. Elle aperçut un muret, s’avança vers celui-ci et monta dessus. Sa jambe fine et blanche  heurta  une barre de fer qui vint s’enfoncer dans sa cuisse. Elle ne fit  pas attention au sang qui coulait le long de sa jambe. La douleur qu’elle ressentait à ce moment même et qu’elle ressentait depuis qu’ils avaient été séparés, l’empêchait de se préoccuper de quoi que ce soit d’autres. Un nuage d’hommes s’étalait sur près d’un kilomètre. Des milliers de personnes étaient réunis cette nuit-là cependant, elle espérait apercevoir son visage au milieu de la foule. Clara descendit du muret et ne put empêcher ses larmes de couler le long de sa joue. Elle ne l’avait pas oublié depuis tout ce temps. Mais ces cinq dernières années, sans pouvoir le toucher, le voir, et sans même avoir de nouvelles, avaient été les plus dures. Malgré toutes les lettres qu’elle lui avait envoyé et pour lesquelles elle n’avait jamais reçu de réponse, elle avait toujours gardé l’espoir de le retrouver un jour. Si elle était là aujourd’hui, c’était pour lui. La belle femme traversa la foule, tête basse. Elle songea à tous ces hommes qu’elle avait repoussés, à toutes ces chances de fonder une famille qu’elle avait laissé passer. Elle avait désormais trente-cinq ans et les mêmes rêves de gamines lui remplissaient la tête. Tous les projets que Clara avait eus pour eux deux  ne représentaient plus rien. Elle était seule. Sa mère avait raison de l’empêcher de voir cet homme mais, elle non plus, n’était plus là pour elle. Clara s’était éloignée et marchait dans les petites ruelles de Berlin. On entendait au loin des chansons et des cris. Elle marcha pendant des heures n’ayant nulle part où aller. Un petit garçon passa devant elle en courant. Il la heurta et tomba. Elle s’agenouilla à coté de lui car celui-ci semblait s’être fait mal. Elle ouvrit son sac pour prendre un mouchoir et aperçut à ce même moment l’entaille qu’elle s’était faite plus tôt dans la soirée. Un homme arriva en courant, appelant désespérément son fils. Clara leva la tête. L’homme s’arrêta, vit son fils assis par terre et cette femme agenouillée près de lui. Il tituba. Il était grand, robuste, impressionnant même. Ses cheveux blonds étaient légèrement ébouriffés et sa bouche restait entre-ouverte à la vue de la belle jeune femme.  Elle se leva et resta immobile devant cet homme issu d’une bonne famille. Ses grands yeux bleus examinèrent le corps de la jeune femme. Il inspecta dans les plus moindres détails ses formes, mises en valeur par sa robe rouge.  Ce regard qu’il porta sur elle, la fit frissonner. Il  lui était familier. Enfin, l’homme d’une quarantaine d’années, s’approcha d’elle.                                                                                                                                         
Coline D., 2nde section internationale, novembre 2011. 


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Devoir d'Armand J. : (Focalisation zéro puis après l’étoile rouge, focalisation interne, et focalisation zéro entre les deux étoiles vertes)
 
Déjà quarante jours. Ce navire avançait sans relâche brisant les vagues avec sa proue démentielle en forme de tête de cheval en fer, symbole de la puissance de Royal Navy. Il était fin et bas, sa poupe entièrement vitrée offrait au quartier général une vue splendide au ras des flots. La barre située à l’arrière du navire, était légèrement surélevée de manière à dominer le pont ainsi que l’océan. Il était quatre heures du matin, ce 7 janvier 1857. Le pont était balayé par les écumes glacées et fouetté par les bouts emportés par le vent. Les grincements du bois et des écoutes raisonnaient dans le corps du navire. L’odeur nauséabonde des cales du bateau s’envolait dans les écumes pour laisser place à l’air marin d’un froid polaire. Tantôt illuminés par des éclairs, les douze canons renvoyaient cette lumière terrifiante sur l’unique matelot présent sur le pont. C’était le dernier quart de la nuit. Ce jeune homme avait pour rôle de surveiller les voiles du mat avant. Il avait les cheveux bruns coupés courts. Son visage rouge brûlé par le soleil et irrité par le froid était couvert de saignements ainsi que ses lèvres qui étaient légèrement gonflées. Ses yeux noirs fixaient l’horizon et les voiles du bateau qui claquaient. Il portait le fameux gilet bleu que la plupart des matelots possédaient et un pantalon sombre plutôt ample au niveau des genoux et des chevilles. Ses muscles étaient tétanisés par l’effort qu’il fournissait pour son pays tout au long des journées et des nuits. Ses mains se remettaient à saigner à chaque fois qu’il tirait sur un cordage.  Ses sabots trop grands pour ses pieds butaient contre le bois à chacun de ses pas. Lui et ses vêtements étaient trempés*. Cet homme de vingt ans se sentait oppressé par l’eau glacée dans ses habits.Depuis le premier jour, il souffrait du soleil le jour et du froid la nuit mais, à présent, venait s’ajouter la faim, la soif et la fatigue… Il découvrait peu à peu que son moral qu’il pensait solide n’était pas sans failles.
Durant ce quart du sept janvier, il rêvassait. Il était habitué aux grincements du navire mais, une demi-heure avant le lever du soleil, un son nouveau apparut, il venait du haut de l’avant mât. Le matelot regarda la plus haute voile du mât quand tout à coup un bout céda. La voile claqua et vola dans tout les sens. Elle n’était plus tenue que par trois points du mât. Le marin prit son courage à deux mains et commença à grimper en haut du mât à l’aide des haubans au milieu du vent. A sa droite sur le pont, il voyait que le capitaine était sorti du quartier général, réveillé par le bruit. Une fois en haut, le bout balayait les voiles de long en large à une vitesse incroyable. * Il tenta de l’attraper mais fut fouetté par la voile avec une telle force qu’il manqua de lâcher prise.* Durant plus de dix minutes, ce jeune matelot mena une bataille acharnée contre la voile. Lorsqu’enfin, il attrapa le bout et le rattacha avec un des meilleurs nœuds qu’il connaissait. 
Le jour se levait. Le navire voguait sous les premières lueurs du soleil à très bonne allure vers un horizon inconnu. La tempête s’était calmée dans la matinée. A présent, tout l’équipage était levé. Ils avaient tous repris leur tache habituelle en n’ayant toujours aucune idée de leur futur. Les matelots commençaient à se posait des questions. Ils échangeaient entre eux ce qu’il avait entendu dire de leurs espérances. Les rumeurs devenaient de plus en plus nombreuses mais au fond des pensées de  chaque matelot, chacun savait qu’aucune n’était vraie. Cependant, ils avaient tous le courage nécessaire pour affronter leur destin.
 
  • bout désigne tout type de cordagesur un navire.
Armand J., 2nde section internationale, novembre 2011.  



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Devoir de Thomas B. : focalisation zéro ; focalisation interne.

L’homme sortait hâtivement de la gare sous son petit parapluie argenté, son train l’avait déjà bien retardé pour son premier jour de travail. Il avait une petite idée du lieu où se trouvait le  fameux atelier, et se mît à marcher sous la fine pluie de Metz. Il sentait ses chaussures éponger l’eau et son épais pantalon de velours qui flottait dans l’air car il était trop grand pour lui, chaque pas qu’il faisait mouillait le pan de tissus dans les flaques. Il longeait maladroitement les ruelles de l’ancienne ville en cherchant son chemin. En arrivant sous le pont de la Cathédrale, il vît une petite porte de bois qui attira son attention. La porte était d’un teint brunâtre, un peu jaunie par l’eau de pluie qui ruisselait contre le mur. Une petite pancarte de métal rouillé était fixée à la porte avec pour inscription : « Si vous êtes M.Patichon, entrez.». Il se reconnut et fut déçu de voir qu’il allait travailler dans un quartier aussi pauvre : sur l’annonce dans le journal, il était indiqué que l’atelier se trouvait dans un quartier chic proche du centre ville. Or, ce qu’il voyait là n’était ni chic ni fréquenté mais puisqu’on l’attendait, il fallait bien qu’il rentre. Il n’osait pas frapper la petite porte car la joie d’avoir trouvé un travail correct et bien payé s’était effondrée : Là encore, ce n’était pas comme il l’attendait.
 
Lorsqu’il ouvrit la  porte, la pièce était vide, il y avait une pauvre table précédée d’un fauteuil et une vieille lampe accrochée au mur. M.Patichon cherchait un visage mais visiblement, il n’y avait personne. Il décida de s’asseoir et pris le journal posé sur la table, comme pour patienter dans une salle d’attente. Il datait du 21 juin 2000, M.Patichon l’avait déjà lu puisque c’était le journal de la veille et préféra inspecter la pièce pour connaître un peu mieux son employeur. À sa grande surprise, aucun atelier n’était visible et il ne sentait pas l’odeur du cuir. Il y avait deux portes à sa droite. Sur le mur était fixé une grande peau de cuir tannée et des émaux de Longwy sur une petite étagère. Ce lieu n’était définitivement pas comme il l’attendait, il aurait voulu voir des penderies débordantes de cuir et de beaux établis, seule la peau de cuir au mur le ravivait.Une porte s’ouvrit et un homme d’une cinquantaine d’années aux cheveux blancs, au physique usé par le travail s’avança vers lui : « Z’êtes le nouveau cordonnier ? Philippe Patichon? » Philippe acquiesça et suivît le monsieur dans un bureau.
En s’asseyant, il se trouva nez à nez avec une femme. C’est au premier regard que  Philippe l’a reconnut. Elle n’avait pas changé, même si ce n’était plus une jeune fille, mais une jeune femme. Ses beaux cheveux blonds clairs étaient toujours aussi longs et soyeux et son visage fin toujours aussi attirant. Elle avait un petit nez remonté et une bouche très petite. Son menton sculpté descendait en formant une petite pointe. Ses épaules, trop basses par rapport à son coup, étaient aussi fragiles que ses jambes blanches. Il comprît qu’il n’était pas là par hasard, le poste de cordonnier à pourvoir n’était qu’un prétexte pour le retrouver : elle attendait des explications…

Thomas B., 2nde section internationale, novembre 2011.  



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Devoir d'Ariane B. : 

Le clocher sonnait sept heures du matin lorsqu'un jeune homme pénétra dans la rue commerçante déjà ensoleillée. Ce jour-là succédait à un jour mémorable. En effet, la première séance des États Généraux avait eu lieu le jour précédent, le 5 mai 1789. Tous les problèmes n'ayant pas été abordés, le peuple était déçu et cependant continuait à espérer qu'une société plus juste puisse voir le jour. Il fallait trouver une solution aux problèmes politiques et financiers et surtout, nourrir le peuple.
Le cœur battant, Étienne flânait en fredonnant. Il aimait se lever tôt afin de profiter au mieux des premiers rayons de soleil et du calme éphémère des rues parisiennes. Les marchands commençaient à installer leurs étals sur la chaussée ; on y trouvait des fruits du printemps, les premières cerises, des légumes, du coton et de la laine, des bijoux, des objets pieux et bien d'autres produits encore.
Le garçon respira profondément et huma avec délectation les odeurs de fromage et de charcuterie. Il entendait quelques volets claquer contre les murs et voyait les habitants mal réveillés se pencher au balcon. Étienne souriait en pensant à sa tante. C'était son anniversaire, et il se demandait ce qu'il allait offrir à cette femme forte aux joues rouges, qu'il aimait profondément. Après la mort de sa mère, alors qu'il avait quatre ans, ce furent son oncle et sa tante tous deux artisans, qui le recueillirent et l'élevèrent. Étienne n'avait jamais connu son père qui avait disparu peu de temps avant sa naissance.
Il s'attardait devant un étal de bijoux, quand il entendit soudain des cris stridents qui semblaient parvenir du fond d'une ruelle. Le garçon s'avança en hésitant, poussé par la curiosité. Il s'aventura dans la ruelle sombre qui débouchait sur la place d'une vieille demeure délavée. Une petite fille, âgée d'au moins sept ans, pleurait et tempêtait, tandis qu'une vieille femme fatiguée la retenait difficilement.
« PAPAAAA » hurlait désespérément l'enfant, en tendant la main vers un homme à cheval. Étienne recula d'un pas, et se demanda si cette fillette vivrait, elle aussi, loin de ses parents.
Il retourna jusqu'à la rue principale, et déambulant sur les pavés, songeur. Il se rendait à une réunion d'un groupe de personnes alliés à certains députés bretons qui voulaient changer le mode de gouvernement et établir une nouvelle constitution.
La journée s'annonçait radieuse, les rues commençaient à s'agiter peu à peu, Paris se réveillait doucement.  

Ariane B., 2nde section internationale, novembre 2011.  




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Devoir de Tristan C. : 

 
Focalisation interne
 
Avec le goût atroce de la soupe, ce que Charles avait également en horreur sur cette place froide et grise était la foule qui faisait la queue devant cette marmite sale. Attendre un repas aussi infâme dans ces odeurs de corps mal lavés était insupportable mais il n'avait pas d'autre choix pour se nourrir. Quand ce fut à son tour d'être servi, résigné, il poussa un soupir. C'était toujours la même soupe: la même couleur verdâtre et la même odeur alliacée. Il marcha quelques mètres, son repas à la main et s'assit par terre parmi tous les autres.  Il avala une cuillérée , la soupe était toujours aussi âcre. Il la termina , engloutit son maigre bout de pain et reposa son assiette sur la table à côté de la marmite. Il leva les yeux et réalisa que l'automne venait d'arriver. Toutes les feuilles de la place viraient à l'orangé et tombaient des arbres lentement. "Le ciel bas et lourd pesait comme un couvercle", en effet depuis quelque temps, Charles ne cessait de penser à ce poème, . Les passants portaient tous des écharpes, des bérets, des moufles tandis que lui n'avait pour seul habit qu'un mince manteau trop court. L'esprit gémissant en proie aux longs ennuis, il regardait fixement la route, les dizaines de camions qui passaient traînant derrière eux une épaisse fumée noire irrespirable ne faisaient que l'enfoncer un peu plus dans le profond désarroi dans lequel il était plongé, presque noyé.
            Tous ces conducteurs qu'il voyait passer lui rappelaient le visage effroyable de celui qui l'avait renversé. La vision de cet homme, à l'origine de toute sa misère, le hantait la nuit, l'obsédait la journée. Il se remémorait avec une surprenante clarté l'indifférence déconcertante de cette figure diabolique se rapprochant de lui à une allure folle. Il se souvenait d'un visage avec une cicatrice le long de la joue, des longs cheveux bruns ainsi qu'une barbe semblable à celle d'un pirate. Etrangement, le souvenir de cet homme devenait plus net de jour en jour de même que grandissait son besoin insatiable de retrouver cet homme et de l'anéantir.
            Il était perdu dans un étrange mélange de nostalgie et de haine quand le clocher de l'église sonna sept heures. La nuit allait tomber amenant avec elle un froid pas encore insurmontable mais extrêmement redouté. Il quitta la place en boitant et arpenta les rues sombres de la ville en pensant à ce poème de Baudelaire. Un peu plus loin se trouvait un imposant camp de tentes, il en contourna quelques unes et arriva à la sienne.  Il s'apprêtait à y rentrer quand il remarqua une nouvelle tente. Il y jeta un coup d'œil, un homme assis lui tournait le dos.
 
Tristan C., 2nde section internationale, novembre 2011.  



 
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 Devoir d'Oksana R. : 

 (Utilisation de la focalisation interne)

 
L'homme s'engouffra sous terre et dévala la rangée de marches qui le conduisit aux portes du métro. C'était le transport en commun de loin le plus pratique et abordable pour naviguer dans la capitale française toujours fourmillante, il en était persuadé.
 
Son regard se perdit dans la cohue parisienne alors qu'il fouillait énergiquement dans sa poche, à la recherche de son ticket de métro. Pressé, il le trouva enfin et passa les portillons en accélérant le pas afin de ne pas rater le départ de la ligne six. 
 Son cœur se serra à l'idée de quitter le septième arrondissement, l'esplanade du Champ de Mars et bien sûr, l'incontournable tour Eiffel qu'il ne se lassait jamais de contempler.
 
Cependant, l'après midi commençait et le jeune homme ne pouvait plus s'octroyer le luxe de perdre de précieuses minutes à rêvasser.
 
 « Monsieur Guerra, monsieur Guerra ! Attendez ! » C'est essoufflé et agacé qu'il se tourna pour faire face à l'inconnu qui venait de l'interpeller. « Votre carte d'identité est tombée de votre poche tout à l'heure ! J'ai dû courir pour vous rattraper ! » Il gratifia le Parisien d'un bref remerciement avant de s'emparer de la carte qu'il lui tendait et à laquelle il jeta un rapide coup d'œil. Yann Guerra, nationalité française, né le premier juillet mille neuf cent soixante dix-huit à Paris, yeux marron, c'était lui en effet sur la petite photo, quelques années auparavant et quelques soucis en moins.
 
Yann, tout en remettant le précieux document dans sa poche, reprit au pas de course son chemin sur le quai. La peur de rater son train grandissait en lui.
 
 Cela faisait maintenant un certain temps qu'il ne vivait plus dans la capitale, et sa joie de revoir la ville de son enfance et de ses études était gâchée par le souvenir d'évènements douloureux qui l'avaient profondément marqué et qui expliquaient son retour provisoire à Paris. L'homme se mouvait aisément, il avait gardé l'aisance d'un habitué du métro parisien.
 
Le long du couloir, les murs semblaient délavés et le voyageur peinait à retrouver leurs couleurs initiales, en partie à cause des nombreuses affiches publicitaires qui les étouffaient. Celles-ci exhibaient des visages souriants, lumineux et lisses qui ne parvenaient pas à faire oublier la grise réalité aux citadins. Cependant, l’une d’entre elles retint son attention. Yann reconnut avec émotion ce ciel étoilé peint par Van Gogh et utilisé pour l’affiche du film Minuit à Paris. Quelques semaines plus tôt, Woody Allen lui avait permis de s’évader avec elle, dans ce Paris rêvé, idyllique et lui avait offert un dernier instant de bonheur et d’insouciance.
 
 Le bruit métallique et assourdissant de la rame qui se rapprochait le tira violemment de ses pensées. Il découvrit le train vert pâle et la foule compacte des voyageurs se pressant à l'intérieur des voitures.
 
A l'instant où retentit le signal sonore annonçant la fermeture des portes, il enjamba le marchepied, les joues rouges et la gorge sèche et eut l'agréable surprise de constater qu'il restait quelques places assises dans le wagon.
 
La chaleur étouffante du métro l'avait gagné et le jeune homme desserra légèrement sa cravate afin de reprendre  son souffle, regrettant déjà l'épaisseur de sa veste noire achetée pour l'occasion. Perdu dans ses sombres pensées, la diversité des passagers présents près de lui et l'odeur âcre des transports souterrains ne le perturbaient aucunement.
 
Il regardait sans vraiment le voir un couple de touristes asiatiques qui se tenaient debout quelques mètres devant lui et dont l'air ravi et naïf contrastait avec le visage morose de l'homme d'affaire assis à leur gauche. Les yeux clairs de ce dernier restaient fixés sur l'écran de son téléphone portable alors que, placée en face de lui, une femme d'une cinquantaine d'années  aux cheveux blonds cendrés serrait précieusement contre elle un sac de courses. Bien que le ronronnement régulier de la rame ait été couvert à deux reprises par les pleurs d'un nouveau-né, Yann remarqua que l’indifférence et le détachement se lisaient sur les visages des badauds.
 
Se calant du mieux qu'il pouvait sur son siège inconfortable et usé, il songea qu'il ne regrettait pas son déménagement. Paris possédait certes un charme envoûtant et offrait de nombreux avantages mais ne lui convenait pas. Il avait pris du temps pour l’admettre, mais il était fait pour une vie calme et sereine, désireux d’air pur et de ciel bleu.
Alors qu’il sentait que ses paupières s’alourdissaient doucement, il sortit pour la énième fois le papier de sa mallette, document usé à force d'avoir été plié et déplié. Son contenu était bref et précis. Il était convoqué le douze juin deux mille onze à quinze heures trente à la Cour d'Appel de Paris, située trente quatre Quai des Orfèvres. Il serra les dents, soucieux, sachant pertinemment que cette partie de la capitale allait raviver en lui les souvenirs pénibles d'une sombre période de sa vie. 
 
 Oksana R., 2nde section internationale, novembre 2011.  




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Devoir de Fanny C. : 
 
Focalisation interne.

Elle l'attendait. Cela faisait plus de deux heures que Marie demeurait immobile, tendue plus que jamais, accoudée à cette palissade qu'elle connaissait par cœur. C'était un samedi soir,d'hiver 1992, et il pleuvait depuis le début de l'après midi. Marie observait amèrement les gouttes qui circulaient tout au long du sol humide, telles des larmes dont personne de voulait. Elle marchait lentement, en dévisageant ce paysage qu'elle connaissait tant. Sa montre en or finement ajustée à son poignet tremblant indiquait six heures. Six heures. Elle attendrait encore une heure tout au plus, cela lui paraissait fort raisonnable.

Les centaines de cadenas accroché au oint des Arts n'étaient que trop beaux et provoquaient en elle un dégoût mêlé à un sentiment de réelle passion. La jeune femme portait un corset d'une couleur rose très pâle, assorti à sa courte jupe bleu ciel. Ses cheveux bruns mi-long lui tombaient presque sur ses hanches, si bien qu'elle prit le temps de les attacher calmement. Lui aussi aimait cet endroit, le lieu de leur douce rencontre. La vision de Marie se brouilla alors soudainement, laissant place à un paysage bleuté et flou. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à lui, et à son rire tendre et indéchiffrable, sa silhouette fine mais entraînante, ses cheveux légèrement bouclés et châtains clairs, et surtout, par dessus tout, ses yeux d'un vert émeraude. Marie repensait alors au nombre gigantesque et inouï de cadenas accrochés les uns à coté des autres à ce pont. Elle observait leur apparence avec lassitude. Elle prit en main chaque formes et couleurs variées qui emplissaient leur aspect, associant à eux une multitude de noms très peu banals. Jean et Louise, Alexandre et Sandrine...

Son regard s'arrêta brusquement sur un seul d'entre eux, l'unique, le leur. Marie, prise d'émotions incontrôlables, couru le plus vite que possible pour prendre en main de nouveau ce cadenas. Sa forme assez insignifiante et sa couleur dorée le laissait passer inaperçu. En lettres d'imprimerie était gravé: Marie et Gabriel. La jeune femme caressa la représentation de leur amour, puis détourna son regard et jeta un coup d’œil hésitant au rebord du pont. Elle observa la Seine. Ce paysage assez connu lui rappela alors un air de Jacques Prévert portant son poème sur le nom de ce fleuve: «La Seine a de la chance, elle n'a pas de soucis..». Marie chanta timidement et tourna sur place, ne sachant pas quoi faire. Que ferait-elle s'il n'arrivait point? Cette question tournait de plus en plus rapidement dans sa tête, ce qui devint très vite insupportable. Le vent glacé la décoiffa mais elle n'en fut par ailleurs pas bouleversée.

Elle se rapprocha d'un pas décidé vers le bord, à tel point qu'il ne lui suffisait plus qu'un mouvement pour se laisser emporter par les eaux troubles. C'était la période la plus froide de l'année, et Marie comprit tout de suite que les eaux du fleuves glacerait son corps tout entier. Les retentissements du bruit des aiguilles de sa montre résonnaient dans ses oreilles, dans ses poumons et dans son cœur. Il restait tout au plus soixante minutes, un décompte qui aillait marquer leur amour, ou la fin définitive de leur histoire.

 

 Fanny C., 2nde section internationale, novembre 2011.  




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Devoir de Lucas M. : 

 
 
Alternance de la focalisation zéro et de la focalisation interne
Foc. zéro  xGustave s’assit à sa table pour commencer un nouveau roman. Son bureau Foc. int.   xétait installé face à la fenêtre et il apercevait au loin la vieille ville d’Antibes, le Fort carré et la mer qui commençait à moutonner car le vent venait de se lever.
 
Foc. zéro x Il avait acheté cette maison pour la beauté du paysage et il n’était pas complètement installé. Il n’avait pas eu le temps d’accrocher aux murs les reproductions des tableaux qu’il affectionnait le plus : La table de travail d’Edouard Vuillard et La montagne Sainte-Victoire de Paul Cézanne.
 
                                  Pour écrire les premières lignes de son roman, Gustave s’empara de l’un des crayons souvenirs qu’Emma avait l’habitude de lui ramener de ses visites de musées. L’écrivain choisit celui qui était moucheté de peinture à la manière des tableaux impressionnistes. Emma le lui avait offert en rentrant du musée d’Orsay.      Il écrivait toujours ses premiers jets au crayon gris avant de les taper à l’ordinateur.
              
                 Il réfléchissait et ne trouvait pas l’inspiration lorsque Rodolphe, son chat Foc. int.   x entra dans la pièce et vint s’asseoir sur ses genoux. Il passa sa main dans le pelage soyeux, ce qui lui procurait une sensation de douceur et d’apaisement.
Foc. zéro x Soudain, il entendit la porte d’entrée claquer violemment. Son voisin s’étant fait cambrioler la veille, Gustave crut que c’était un voleur qui avait décidé de s’en prendre à la maison de l’écrivain. Il resta paralysé par la peur puis, après une longue hésitation, il prit l’initiative de se lever et d’aller vérifier ses soupçons. Ce moment d’hésitation lui avait permis de se rendre à l’évidence que les cambrioleurs n’opèrent pas au milieu de l’après-midi.
 
 
                Gustave descendit l’escalier, et d’un pas décidé, visita toutes les pièces à la recherche d’un quelconque individu. N’ayant trouvé personne, il en vint à la conclusion suivante ; c’était le vent qui avait fait claquer la porte. L’écrivain remonta à l’étage et retourna s’asseoir à son bureau. Il se releva aussitôt, pris par une envie irrésistible d’écouter de la musique, il choisit de mettre un concerto pour piano de Chopin.      Suivi par Rodolphe, il alla s’installer dans sa bibliothèque.                                                                           
 
                Recouverts d’étagères remplies de livres, les murs donnaient une impression Foc. int.   x rassurante d’enfermement.   Il balaya du regard les rayonnages et constata qu’entre L’éducation sentimentale et Le Horla, il manquait Pierre et Jean.     Foc. zéro x Il se souvint qu’il l’avait prêté à Emma, partie pour New York.
 
                Il prit un café avant de retourner à sa table de travail, en face de la fenêtre ouverte. L’écrivain était assis dans un fauteuil club en cuir bordeaux, aux formes rondes dans lequel il avait disposé  quelques coussins gris et beige en feutrine Foc. int.   x et  fausse  fourrure. Il but une gorgée et sentit le liquide chaud descendre dans sa gorge, laissant un goût amer.
                Gustave remarqua que le vent avait forci, il l’entendait siffler dans les   Foc. zéro x branches des arbres. Il débuta son roman : « La fenêtre est un poste privilégié, on y est à la fois immobile et porté à la dérive. Dans ce lieu fermé où l’âme moisit, voilà une déchirure par où elle se diffuse dans l’espace sans avoir à quitter son point de fixation… » le téléphone sonna, il se leva, c’était Emma. 
Quand il raccrocha, la feuille n’était plus là, elle s’était envolée.                                                                                  
 
 Lucas M., 2nde section internationale, janvier 2012.  



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Devoir de Thomas B. : 

Focalisation 0 + focalisation interne (X= changement de focalisation)
Début : focalisation 0 
C’était la saison chaude en Normandie. Les vaches placides broutaient l’herbe du grand pré de la Heunière, chatoyant au rythme de la brise sous l’éclat brûlant du soleil de midi. Germain, somnolait, adossé à une barrière en bois. Un chapeau de paysan en cuir élimé couvrait ses cheveux noirs grisonnants et, une épaisse lanière, rejoignant les deux bords latéraux du chapeau passait sous son cou. En dessous de ses paupières fermées pointait son nez aux traits grossiers, dont l’ombre s’étendait jusqu’à ses lèvres closes. Il essayait de tuer le temps en dormant, dans la campagne qu’il n’avait plus l’habitude de fréquenter. Lui et sa femme avaient quitté Paris la veille, où la guerre civile avait explosé, après l’annonce des sévères ordonnances de Charles X. Ils avaient rejoint leur ancienne ferme pour s’abriter des violences de la ville. Mais Germain regrettait déjà Paris car il n’avait rien à faire ici, et ne pouvait plus voir sa bien-aimée, son amante Josiane, qu’il aimait tant. Il devait rester autant de temps qu’il le faudrait, seul avec la vieille Marie, sa pauvre femme qu’il n’aimait pas… Germain attendait, et sa frustration autant que son ennui le dévoraient à petit feu...
X Il entendit s’approcher des petits pas maladroits sur l’herbe sèche ; sûrement ceux de Marie. X Ils étaient caractéristiques de sa crainte constante de la campagne, du monde rural, si dur et imprévisible, comme son mari. XArrivée à côté de lui, elle dit, sans doute pour lancer la discussion :
« Il fait trop chaud, tu ne trouves pas ? »
X N’obtenant pas de réponse, elle persévéra, quelques secondes plus tard, sur un ton amusé :
« Ne fais pas semblant de dormir ! Je t’ai vu bouger en descendant ! »
Germain entrouvrit ses paupières et plaça sa main au-dessus de ses yeux, comme la visière d’une casquette. X Il observa sa femme et son visage, déjà un peu ridé par le temps, puis vit ses cheveux blanchissants. Il ne la trouvait décidément plus à son goût. Il lui répondit, agacé :
« Parbleu ! Me laisseras-tu tranquille ? Enfin ! 
-Si tu veux que je m’en aille, eh bien vas-y, dis-le moi! Ne te gênes pas!» lui reprocha-t-elle, choquée.
X Germain détourna son regard de Marie et soupira. Elle attendit vainement une réponse de sa part, les bras croisés puis finalement, un bon moment après, comme souvent dans leurs nombreuses disputes, elle abandonna. Elle tourna les talons puis repartit vers la maison. Germain, plutôt satisfait, replongea dans sa torpeur.
X D’un coup, comme un éclair, bref et puissant, lui apparut Josiane et l’image de ses grands yeux bleu océan cernés de noir, contrastant avec la peau blanche de son visage angélique, d’un blanc lunaire. Il crut même sentir, très fugacement, son doux parfum de fleurs. Elle était là ! Il allait toucher sa peau douce, la caresser ! Mais subitement, il la vit être tirée en arrière, attrapée par deux infâmes militaires! Sa pauvre Josiane!  Il se redressa immédiatement, effrayé par l’apparition. Il ne pouvait plus attendre, son cœur battait trop fort, il avait des sueurs froides. Il se mit debout et regarda les pâturages sans fin autour de lui. Il ne pouvait supporter davantage de rester à cet endroit sans rien faire. Il devait aller la sauver ! Il se dirigea à grands pas vers sa maison, les poings fermés, décidé à partir le plus vite possible vers la gare de Vernon. Il y prendrait le train qui l’emmènerait vers Paris et ferait tout pour retrouver sa bien-aimée.
 
Thomas B., 2nde section internationale, janvier 2012.



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Devoir de Thomas T. : 

 Focalisation interne

Carl se trouvait dans ce qui restait de sa maison de la douzième rue. Il partageait sa peur avecd toutes les personnes auxquelles il avait parle au cours de ces cinq dernier jours, dans cette douzieme rue qui avait été le théâtre de violentes manifestations. L'air que Carl respirait, d'une puanteur insoutenable, asphyxiait le jeune homme assis par terre dans un coin de sa chambre. Il pensait à ce à quoi il venait d'assister, son meilleur ami avait perdu la vie sous une pluie de balles.

Il versa sa premiere larme à la pensée de la disparition soudaine et mysterieuse de sa famille. La balle de baseball offerte par son pere pour son seixieme anniversaire a été dsa madelaine de Proust, et a été le déclencheur d'un flot de larmes incessant, tous ses souvenirs se mêlant à sa vision de l'horreur présente.

Des centaines de cadavres gisaient sur le sol. Certains étaient décapités, d'autres coupés en deux. Certaines personnes, encore vivantes, offraient à la vue de Carl des blessures sanglantes.

Le jeune homme ne pouvait plus décoler son regard de ce carnage, alors que le bruit de la garde nationale usant d'armes à feu semblait être la bande-son idéale du film dont il était, malgré lui, acteur.Glacé par ce spectacle, la transpiration coulant sur ses membres était le dernier signal de vie que lui envoyait son corps.

C'est à ce moment que des voix inconnues vinrent le sortir de son état second. Une voix rauque dit « Fouillez ces ruines, le coupable est sûrement ici ».

Carl ignorait ce dont ces étrangers parlaient, mais son intuition lui signifiait que s'il était découvert, sa fin serait proche et douloureuse. Deux solutions s'offraient à lui, passer par la fenêtre er risquer de se casser une jambe ou faire face aux intrus et risquer l'agonie. Après quelques secondes d'hésitation, il se dirigea vers la fenêtre et sauta.

Thomas T., 2nde section internationale, janvier 2012.

 

 


Date de création : 26/11/2011 @ 16:59
Dernière modification : 20/06/2012 @ 13:39
Catégorie : Copies d'élèves 2011/2012
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