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Copies d'élèves 2011/2012 - Commentaires 2nde 6
DS composé en trois heures, le 16 février 2012.

En 1901, Apollinaire est précepteur en Allemagne, et il y tombe amoureux d’Annie Playden, une jeune Anglaise. Ce sera une histoire d’amour malheureuse. « Mai » fait partie de la poésie rhénane qui apparaît dans une partie du recueil
Alcools. Ce poème s’inspire fortement du séjour d’Apollinaire sur les bords du Rhin et des paysages rencontrés, mais l’on y perçoit également des allusions à l’amour perdu.

Vous ferez le commentaire du texte suivant :

Mai (in Alcools (1913)), de Guillaume APOLLINAIRE

 

 

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s'éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j'ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s'éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment

Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes


C
ode des couleurs :

-1ère étape de l'introduction : présentation de l'époque et du mouvement littéraire.

-2ème étape  de l'intro : présentation de l'auteur et de l'oeuvre dont émane le texte à commenter.

-3ème étape : présentation de l'extrait.

-4ème étape : annonce des axes de lecture.

-Connecteur logique.

-Amorce d'un axe de lecture.

-Rappel de l'axe de lecture en cours.

-Transition.

-1ère étape de la conclusion : rappel des axes de lecture du devoir.

-2nde étape de la conclusion : Ouverture.

 Devoir d'Alice M. : 

                    Le XXème siècle est une période qui connut de très nombreuses guerres et bouleversements. Après la première guerre mondiale, apparut le Surréalisme, un mouvement fondé sur le rêve, l'absurde, la révolte et le refus de la raison. Guillaume Apollinaire, un grand poète français de cette époque, fut un des précurseurs de ce courant artistique et littéraire. Le recueil Alcools, paru en 1913, est une de ses œuvres les plus célèbres, d'où est extrait le poème Mai, inspiré de son séjour en Rhénanie et de sa déception amoureuse avec une jeune Anglaise du nom d'Annie Playden. Ce poème aborde la thématique du  lyrisme et de la nature mais également celle de l'éloignement dans le temps et l'espace.
 
 
 
                        Tout d'abord, Apollinaire exprime des sentiments ambivalents, en les mêlant aux souvenirs des paysages rencontrés sur les bords du Rhin. Le champs lexical de la nature est très abondant : « montagne » (v.2), « saules riverains » (v.4), « vergers fleuris » (v.5), « pétales » (v.6 et v.8), « fleuve » (v.9), « vigne(s) » (v.12, v.15 et V.17), « lierre » (v.15), « osiers » (v.16), « roseaux » (v.17) et « fleurs » (v.17). Ce cadre idyllique semble parfait pour une balade en amoureux et la révélation de sentiments intimes. Apollinaire expose clairement son amour pour Annie Playden, en disant : « celle que j'ai tant aimée » (v.7). Le sentiment amoureux est aussi légèrement  présent dans le compliment adressé aux dames : « Vous êtes si jolies » (v.3). Les adverbes d’intensité « si » et « tant » dans ces vers 3 et 7 renforcent la force des émotions. L'adjectif qualificatif valorisant « jolies » (v.3) fait écho à l'expression au vers 1 « [l]e mai le joli mai », qui est répétée au vers 14. Apollinaire compare sa dame à ce beau mois de printemps, qui est particulièrement important pour lui car il était avec elle à ce moment-là. Ce poème exprime donc un lyrisme heureux et amoureux.
                        Cependant, le sentiment passionné d'Apollinaire n'est pas réciproque et laisse rapidement place à de la tristesse, qui est projetée sur la nature environnante. Ainsi, « les saules riverains » (v.4) sont personnifiés, ils pleurent comme pourrait le faire Apollinaire. Dans ce vers, il y a également une allitération en [r], qui est une sonorité dure évoquant la souffrance du poète (« pleurer », « riverains », v.4). « Les vergers fleuris » (v.5), qui représentent son amour, son bonheur, « se fig[ent] » (v.5), ils restent « en arrière » (v.5), ne suivent pas Apollinaire qui s'en va donc seul et malheureux. Les groupes nominaux « [l]es pétales tombés » (v.6) et « [l]es pétales flétris » (v.8) ont également une connotation négative. L'été arrive à grands pas, les pétales et l'amour se meurent et il ne restera que des « ruines » (v.14), qui peuvent être représentatives des souvenirs du poète. Le lyrisme douloureux est très présent dans ce poème.
 
 
 
                        En deuxième lieu, la peine du poète est liée à son l'éloignement temporel et spatial. Le temps passe aussi rapidement que les paysages défilent et que sa barque est emportée par le Rhin. Ce fleuve le sépare de la femme qu'il aime, en l'emmenant toujours plus loin, comme le montre le champ lexical de la distance : « du haut de la montagne » (v.1), « s'éloigne » (v.3),  « en arrière » (v.5), « s'éloignait » (v.12), « lointain » (v.13). Il le dirige vers la guerre (« un air de régiment », v. 13). L'absence de ponctuation, qui est une trace de modernité, rend le texte fluide comme de l'eau, renforce la rapidité de éloignement d'Apollinaire et donne l'impression qu'on ne peut pas l'arrêter, à l'instar du temps qui est immuable.
                        De plus, l'éloignement du poète, son mouvement inexorable s'oppose à l'immobilité présente dans l'expression « figeait en arrière » (v.5) ainsi qu'à l'adverbe « lentement » (v.9) et le participe passé « trainée » (v.11), décrivant la lente et lourde marche des tziganes. Cette lenteur est traduite par la longueur de la troisième strophe qui contient cinq vers au lieu de quatre et par le rythme ternaire : « [u]n ours un singe un chien ». Ainsi, l'avant-dernière strophe accentue par opposition la rapidité de son éloignement.
                        Enfin, il y a une dialectique entre le passé et le présent. Les verbes « sont » (v.7 et v.8) et « secoue » (v.16) qui sont au présent dans un texte principalement au passé, sont mis en valeur et illustrent le passage du temps. La comparaison  « [d]es paupières » de sa bien-aimée avec « [d]es pétales flétris » dévoile la conséquence du temps sur celle-ci : les rides sur sa peau, la vieillesse qui sera suivie par la mort, ce qui  est également révélateur de l'écoulement du temps.
 
 
 
                        En conclusion, Mai reprend des thèmes traditionnels du Romantisme tels que la nature, le lyrisme et la fuite du temps mais annonce également le Surréalisme avec l'absence de ponctuation. Ce poème rappelle « Le pont Mirabeau », une autre œuvre d'Apollinaire consacrée à une femme aimée mais perdue et ressemble aussi au poème « Le Lac » de Lamartine, tous deux étant dans un univers naturel et exprimant des sentiments contrastés. 

Alice M., 2nde section internationale, mars 2012.


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Devoir de Tristan C. : 

                Le Romantisme est le mouvement littéraire principal du début du XIXème siècle et précède le symbolisme. Ses thèmes principaux sont l’exploration des sentiments et la description de la nature, voire de l’exotisme. Guillaume Apollinaire a écrit de nombreux poèmes narrant ses diverses amours malheureuses dans le recueil Alcools publié en 1913 et dont émane le poème. « Mai » décrit les paysages des bords du Rhin, rencontrés par Apollinaire lors de son séjour en Allemagne en 1901, tout en faisant allusion à l’amour perdu avec Annie Playden. Le poème est axé sur un lyrisme dans un cadre exclusivement dans un cadre naturel mais également sur la fuite du temps et la souffrance.
 
 
 
                Dans un premier lieu, tout au long du texte, la présence du lyrisme est traduite par les adjectifs « joli » (v1 et v14), « dames » (v2) et « jolies »(v3) ainsi que par le substantifs « dames »(v2). De même, la disposition des rimes qui sont embrassées symbolise parfaitement l’image d’un couple qui s’enlace. Ajoutée à cela, une certaine sensualité s’émane du poème notamment grâce aux substantifs tels qu’ « ongles » (v7) et « paupières » (v8). Cette sensualité est d’autant plus explicite avec l’adjectif qualificatif « nues » (v17). Le champ lexical de l’amour, l’image d’un couple symbolisé et la sensualité et la sensualité démontrent bien la présence du lyrisme dans « Mai ».
                Dans un deuxième temps, Apollinaire respecte les caractéristiques du Romantisme en créant un cadre spatial exclusivement naturel. En effet, le champ lexical de la nature composé de « montagnes » (v2), « saules » (v4), « vergers fleuris » (v5), « pétales » (v6), « cerisiers » (vv6), « pétales flétris » (v8), « fleuve » (v9), « vignes » (v12), « De lierre de vignes vierges et de rosiers » (v15), « vert » (v16), « osiers » (v16), « roseaux » (v17) et « fleurs nues des vignes » (v17) prouve, par sa taille, l’omniprésence de la nature dans le texte. Le titre « Mai » fait également allusion à la nature étant donné que le mois de Mai est en plein milieu du printemps qui est la saison où les fleurs fleurissent et où les feuilles réapparaissent sur les arbres. De plus, les allitérations en [ f ] et (« fleurissent » (v5), « figeaient » (v5), « fifre »(v13), « fleurs » (v17) ) et en [ v ] (« vous » (v3), « riverains » (v4), « verges » (v5), « fleuve » (v9), « vignes » (v12 et v17) ), qui sont des sonorités douces, expriment toute la sérénité de la nature.
                Enfin, dans le poème, le nature est métaphorique de l’amour entre l’auteur et Annie Playden. Pour commencer, au vers 4, le jeu de mots avec les saules pleureurs est une personnification. En réalité, celui qui pleure est Apollinaire pour avoir perdu son amante. Plus explicitement, la comparaison au vers 8 entre les pétales et les paupières est aussi une double synecdoque puisque les pétales appartiennent à la fleur ainsi que les paupières à Annie Playden. Cette femme est donc comparée à une fleur. Cependant, au vers 6, « les pétales [qui] tomb[ent] » symbolisent l’amour qui disparait peu à peu. A la fin, l’amour a complètement disparu puisque les pétales sont tous tombés : « les fleurs [sont] nues »(v17). La nature est bien la métaphore de l’amour entre l’auteur et Annie Playden.
 
 
 
                Cependant, cette nature visuelle va laisser place à un élément tout aussi naturel qui est la fuite du temps à l’instar du lyrisme amoureux qui va laisser place à la souffrance. Tout d’abord, cette fuite du temps inéluctable est exprimée par les termes « s’éloigne » (v3), « lentement » (v9) et « s’éloignait » (v12). L’eau qui est évoquée par la « barque » (v1) et par le « fleuve » (v9), et qui vous glisse entre les doigts, imite le temps qu’on ne peut arrêter. De même, le « chemin » (v9) symbolise le passage du temps. Sur cette route, l’ « âne »(v11) avance docilement sans jamais s’arrêter trainant derrière lui « une roulotte » (v11) et derrière, suivent « un ours un singe un chien » (v10). L’âne est métaphorique du temps qui traine derrière lui la vie (« roulotte ») et derrière, les trois animaux, représentatifs de l’espèce animale toute entière, comprenant les hommes, doivent suivre le temps s’ils veulent s’ils veulent vivre. Cela démontre bien la fuite du tems qu’on ne peut retenir. En addition, l’absence de ponctuation dans le poème exprime bien la fuite du temps puisque les phrases, elles non plus, ne s’arrêtent jamais. Finalement, le fait que le poème soit écrit au passé signifie qu’Apollinaire parle d’un temps révolu qu’il regrette et donc qu’il utilise le registre élégiaque. Cette élégie correspond parfaitement à la fuite du temps.
                Néanmoins, cette élégie dénote également une certaine souffrance. En effet, « pleurer » (v4) et « flétris » (v8) démontrent un sentiment de tristesse. Cette tristesse se transforme en souffrance due à la  référence à la guerre à deux reprises (« air de régiment » (v13), « ruines » (v14) ). Cette souffrance est amplifiée par les vers 16 et 17(« Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers / Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes »). Ces deux vers accentuent la souffrance car une interprétation possible est que le « vent » (v16) est en fait une tempête qui « secoue » (v16) et qui s’abat sur les fleurs nues qui sont en réalité le symbole de l’amour entre Apollinaire et Annie Playden. Pour finir, Apollinaire décrit Annie Playden  avec des caractéristiques humaines (« dames » (v2), « les ongles de celle que j’ai tant aimée » (v7), « ses paupières » (v8) ) dans les deux premières strophes, mais ensuite il n’utilise que des métaphores (« fleurs » (v17) qui est métaphorique d’Annie Playden) pour parler d’elle et de leur amour. Ce phénomène peut s’expliquer par le fait qu’au début, Apollinaire dit les choses explicitement mais que par la suite, la douleur est telle qu’il ne parvient pas à en parler directement.
 
 
 
                « Mai » respecte tous les thèmes du Romantisme qui sont le lyrisme, la nature et l’élégie. Pourtant, Apollinaire n’est pas considéré comme un poète purement romantique, mais plutôt comme le précurseur du surréalisme. La question est donc d’observer en quoi les poèmes d’Apollinaire, notamment « Mai » diffèrent des poèmes romantiques et plus précisément comment ils ont pu influencer des auteurs tels que Louis Aragon, appartenant au surréalisme, mouvement qui d’après André Breton est un mouvement révolutionnaire.

Tristan C., 2nde section internationale, mars 2012. 


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Devoir d'Aline C. : 

                 Au début du XXème siècle, la littérature française transite entre deux mouvements littéraires : le Symbolisme, qui cherche à exprimer une idée abstraite par le biais d’une image, et le Surréalisme, qui renverse toute conception traditionnelle et créant ainsi un effet d’absurde et l’hermétisme du texte. Guillaume Apollinaire est un des auteurs les plus célèbres de cette période et il écrivit en 1913 le recueil Alcools  d’où est extrait « Mai ». Ce poème décrit la région du Rhin qu’Apollinaire connaît bien, car il y a séjourné en 1901. Cette œuvre est axée sur le registre élégiaque et les paysages rhénans.
 
 
                Tout d’abord, ce poème narre l’amour malheureux qu’eut son auteur envers Annie Playden, une domestique anglaise au service d’un famille allemande dans laquelle Apollinaire avait le rôle de précepteur. Cet amour perdu s’exprime à l’aide de verbes au passé comme « regardaient » (v2), « suivaient » (v11), « s’éloignait » (v12) et de l’adjectif qualificatif « lointain » (v13). Des mots avec une connotation douloureuse sont présents dans le texte comme l’illustrent « pleurer » (v4), « tombés » (v6), « flétris » (v8) et « ruines » (v14) mis en valeur avec la diérèse. Tous ces mots accentuent la souffrance de l’auteur et sont placés de façon stratégique, c’est-à-dire à l’hémistiche ou à la rime afin d’intensifier les sentiments exprimés. Au vers 7, « celle que j’ai tant aimée » montre bien cet amour perdu avec un temps verbal au passé et l’adverbe d’intensité « tant » amplifie ses sentiments avec cette hyperbole. De plus « [l]e vent » a balayé cette aventure amoureuse et « secoue » (v16) encore l’auteur. Tous ces éléments montrent l’utilisation du registre élégiaque qui exprime le regret de cette époque heureuse mais passé.
                Néanmoins, Apollinaire illustre sa souffrance aussi à l’aide de la fuite du temps. En effet, l’aspect irréversible et fatal du temps est montré au vers 5 avec le paysage qui « se fig[eait] en arrière » et le vers 3  « Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne » illustre l’éloignement, la perte. D’autre part la conjonction de coordination « mais » (v3), placé à l’hémistiche, exprime l’opposition entre la fuite du temps et l’idée de permanence, lorsque l’auteur, délaissé, regarde partir la barque.  Le substantif « ruines » (v14) exprime aussi cette permanence de l’auteur qui demeure même s’il vieillit. De plus le cadre temporel est précisément décrit avec le titre « Mai »,  l’anaphore « Le mai le joli mai » (v1 et 14) et l’adverbe « lentement » (v9), qui implique une souffrance qui dure. La métaphore liquide, qui mime le temps qui passe et qu’on ne peut contenir, est aussi présente dans le poème. L’absence de ponctuation rend le texte fluide, car il n’y a pas de saccades, ni de ruptures. Le champ lexical de l’eau, composé des mots « Rhin » (v1), « barque » (v3), « pleurer » (v4), « riverains » (v4) et « fleuve » (v9),  renforce cet aspect . Les énumérations « un ours un singe un chien » (v10) et « les osiers / Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes » (v16 et 17) s’inscrivent avec leur rythme ternaire dans la fluidité du texte et créent en quelques sortes une accélération. De plus la seconde énumération est un contre-rejet qui fait penser au mouvement d’une cascade, d’un débordement, comme si on ne pouvait retenir le temps. Le rythme binaire crée par la césure à l’hémistiche montre que le temps passe toujours à la même vitesse, car on lit les deux hémistiches de la même façon. La fuite du temps renforce encore l’élégie exprimée dans le poème.
 
 
                Cependant, ce lyrisme malheureux est implicitement ancré dans la description des paysages rhénans. La nature, principalement végétale, est omniprésente dans le poème grâce à son champ lexical : « Rhin » (v1), « montagne » (v2), « saules riverains » (v4), « vergers fleuris » (v5), l’anaphore du groupe nominal « Les pétales » (v6 et 8), «cerisiers » (v6),  « fleuve » (v9), « vignes rhénanes » (v12), « lierre de vigne vierge et de rosiers » (v15) et l’énumération mise en évidence par le contre-rejet « les osiers / Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes » (v16 et 17).  Ces expressions permettent une description du cadre spatial très précise et évoquent une beauté suprême du paysage de façon hyperbolique.  L’image que nous donne l’auteur des berges du Rhin est faite comme s’il naviguait sur ce fleuve en observant les paysages. Ce procédé pourrait être comparé aujourd’hui au « travelling » dans le septième art. L’ample description suffit au lecteur afin de s’imaginer les paysages rhénans.
                La souffrance de l’écrivain précédemment démontré est néanmoins contenue, et c’est pour cela que la métaphore de son amour perdu comparé à la nature permet à Apollinaire de s’exprimer. En effet, le verbe « aim[er] » n’est utilisé qu’une seule fois au vers 7, mais la visée de ce texte reste la démonstration du regret de cette époque. Au vers 4, « a fait pleurer les saules riverains » est une personnification dans laquelle il projette sa tristesse sur ces arbres. De plus, il y a un  jeu de mot avec « pleurer » et « saules » qui font allusion aux saules pleureurs.  Le vers 8 illustre l’amour perdu avec la comparaison des « paupières », d’Annie Playden, aux « pétales flétries ». La nature morte est donc synonyme de son désespoir. La personnification au vers 17, « les roseaux jaseurs », et l’allitération en [z], « rosiers » (v15), « osiers » (v16), « roseaux jaseurs » (v17), font penser au bruit du « vent » (v16) qui a balayé son histoire en un souffle. Les paysages de la région du Rhin ne sont donc pas seulement utilisés pour la description du lieu de séjour de l’auteur, mais aussi pour la retranscription de ses sentiments alors éprouvés.
 
 
                En somme, le message de l’œuvre reste l’élégie de la rencontre amoureuse de l’auteur, mais elle est retranscrite dans la description des paysages rhénans, qui occupe la majorité du texte. La métaphore de l’amour perdu permet à l’auteur d’exprimer des émotions trop intenses à travers la nature. Cela évoque un autre poème surréaliste de Louis Aragon nommé « Ce » (in Les Yeux d’Elsa, 1942), car il utilise à son tour la métaphore, cette fois médiévale, afin d’exprimer l’atrocité de la seconde guerre mondiale.        
   

  Aline C., 2nde section internationale, mars 2012. 

 

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Devoir de Fanny C. :


          Le mouvement littéraire symboliste apparaît dès la seconde moitié du XIXème siècle, et est caractérisé par un aspect à la fois lyrique et élégiaque, laissant place à de nombreuses images et symboles présents à l'intérieur des poèmes. Guillaume Apollinaire est considéré à la fois comme un auteur symboliste, mais également par la suite comme un auteur surréaliste car il se situe entre la rupture du XIXème et du XXème siècles. Le recueil Alcools, publié en 1913 et ayant pour ancien nom «Eau de Vie», est l'un des plus célèbres d'Apollinaire. En effet, ce recueil a bouleversé les codes traditionnels de la poésie française avec ses multiples traces de modernité comme par exemple l'absence de toute ponctuation. L'extrait intitulé «Mai» conte l'histoire d'amour à fin malheureuse entre le poète et une jeune anglaise, Annie Playden, et s'inspire d'un voyage de l'auteur au bord du Rhin. Ce poème est fondé sur un aspect lyrique avec également une omniprésence de la nature, sur une élégie modernisée mais aussi sur aspect plus tragique: la fuite du temps et ses conséquences.
 
            Tout d'abord, le lyrisme, associé à la nature, est l'un des thèmes récurrents de cet extrait. Le poème est rempli à la fois de sentiments intimes, mais également d'un cadre spatio-temporel caractérisé par la nature, omniprésente tout au long de l'extrait.
            En effet, l'aspect lyrique est qualifié par l'amour que ressent le poète envers la jeune Anglaise. Le poète exprime ses sentiments amoureux en utilisant un champ lexical mélioratif et lyrique, comme nous le montre le nom « dames » (v2) et l'adjectif à raisonnance hyperbolique « si jolies » au vers 3. Le nom « pétales » est répété aux vers 6 et 8, le poète compare au vers 8 «les pétales flétries» avec « ses paupières », désignant la jeune fille aimée. Il fait également référence à Annie Playden au vers 7, comme l'illustre le pronom personnel «celle». Ce champ lexical associé à de mutiples comparaisons plonge le lecteur dans un univers romantique et lyrique, décrit à travers le portrait mélioratif de la jeune fille aimée.
           De plus, la nature est très présente dans le texte, dès le titre du poème : « Mai ». Ce mois évoque une période de l'année où la nature est fleurie. Le champ lexical de la nature apparaît tout au long de l'extrait comme nous le montre les noms « la montagne »(v2), « les saules riverains »(v4), « des verges fleuris »(v9), « les vignes »(v12) et « lierre de vignes »(v15). L'environnement naturel et sauvage se traduit également par une anaphore du nom « mai » aux vers 1,6 et 14 et dans le titre, ce qui crée un effet d'insistance sur cette période heureuse. Le mois de mai correspond en effet à la plus grande période des amours. A travers le paysage, l'auteur rappelle son amour et la vision de la jeune femme aimée avec la comparaison « des pétales flétries » sont comme « ses paupières » au vers 8. L'auteur est également près du Rhin, l'eau est donc un des éléments naturels qui apparaît dans ce poème. Le lyrisme, associé à la nature, instaure un cadre gai et tendre qui évoque une période d'amour, heureuse et joyeuse.
 
 
            La période heureuse et lyrique caractérisée par le cadre naturel et les évocations amoureuses est cependant une période terminé. L'élégie est le deuxième thèmes récurrent du poème , mais cette élégie est modernisée.
            D'une part, les aspects traditionnels du poème sont caractérisés par la régularité des vers, des alexandrins et par des césures à l'hémistiche nombreuses aux vers 1, 5, et 9 par exemple. De plus, l'élégie, sentiment nostalgique, de regret d'une période heureuse mais passée, est mise en avant avec l'ambivalence de deux périodes superposées. Il y a en effet présence de l'imparfait comme l'illustre «regardaient» (v2), «se figeaient» (v5) mais aussi du présent «s'éloigne» (v3), «sont»(v8). La période passée correspond à la période heureuse, des souvenirs du poète et la période écrite au présent est celle où le poète repense à son amour passé, il est nostalgique.
              Il y a également un aspect musical de poème, comme nous le montre le vers 13: «sur un fifre lointain un air de régiment». Ces éléments rappellent l'élégie, fondée sur les regrets d'une période passée avec des aspects très traditionnels tels que la musique, la régularité des vers et des rimes.
             D'autre part, les aspects modernes se mettent un contraste avec la tradition du poème élégiaque. Il y a une absence totale de ponctuation qui brouille le lecteur avec un des sens différents qui se superposent. Par exemple, aux vers 1 et 2, on ne sait pas si «des dames» est COD ou Sujet. Le lecteur peut aussi imaginer plusieurs possibilité de ponctuation aux vers 1, 6 et 7, 10 et 11, ce qui changerait le sens de ces vers.
             L'élégie modernisée traduit à la fois le côté traditionnel des sentiments lyriques mais également des traces de modernité qui enrichissent le poèmes, caron peut imaginer différentes formes de ponctuations possibles.
 
 
 
            L'élégie ressentie par le poète est la conséquence de la fuite du temps, ce qui entraîne la souffrance évidente de celui-ci.
           Pour commencer, la Rhin est le lieu où se trouve le poète pendant son séjour, qui correspont à la période heureuse. Ce fleuve a sûrement été comme un témoin de l'amour du poète envers Annie Playden, de même que le mois de Mai a été témoin du temps où l'amour entre les deux personnages existait. Il y a tout d'abord ici une métaphore de l'eau omniprésente dans le poème. Le fleuve du Rhin est associé au temps, comme l'illustre le vers 9: «du bord du fleuve lentement». L'élément «fleuve» est mis en relief par l'adverbe «lentement» exprimant une idée temporelle. De plus, les enjambements aux vers 10 et 11 et aux vers 14et15 font penser à l'écoulement permanent de l'eau, telle une cascade, et les alexandrins instaurent un rythme régulier, paisible.
             Le temps est lui aussi très présent dans le poème avec par exemple le mois de Mai. Au vers 13, l'adjectif «lointain» a une dimension spatiale, l'éloignement temporel est ici métaphorique. Il y a à la fois des verbes à l'imparfait tels que «regardaient» (v2), «se figeaient»(v5), «suivaient»(v11), «s'éloignait»(v13) qui évoquent la période heureuse mais passée, et des verbes au présent tels que «s'éloigne»(v3), «secoue»(v16) rappelant la réalité douloureuse. La fuite du temps traduite par le passage douloureux du passé au présent est mise en parallèle avec la souffrance du poète.
             Cette souffrance est enfin la conclusion de son poème l'amour ne reviendra pas, cette période si heureuse est finie, l'amour est donc perdu à jamais. Au vers 3, l'aspect irréversible de la fuite du temps se traduit par «la barque s'éloigne», sensation renforcée par l'adverbe «mais». Il y a de plus un champ lexical de la tristesse que l'auteur fait passer avec l'intermédiaire de la nature comme nous le montre «qui donc a fait pleurer les saules riverains» (v4) , «s'éloignait» (v13). L'adjectif «lointain» montre que la période est déjà loin, est ruinée: «les ruines» au vers 14 renfonrcent cette impression.
Il y a de plus un aspect obsédant qui apparaît avec la répétition di début du vers 1 au vers 14, l'auteur ne progresse pas, n'arrive pas à évoluer: «le mai le joli mai» est répété deux fois. Apollinaire exprime sa tristesse en laissant un champ lexical révoltant dernier quatrain: «le vent du Rhin secoue» (v16). L'élégie et surtout la tristesse profonde que ressent inévitablement de poète, conséquence de la fuite du temps, donne un aspect tragique au poème.
 
 
              Pour conclure, l'extrait proposé traduit à la fois un aspect lyrique, avec pour décor une nature omniprésente et personnifiée mais aussi une élégie modernisée, ayant pour cause la fuite du temps. Apollinaire exprime ses émotions à travers des paysages rhénaux décrits, il camoufle légèrement sa tristesse en personnifiant la nature. Apollinaire, poète novateur reprend donc les thèmes lyriques issus du Romnatisme et du Symbolisme en les modernisant, comme le fera par la suite Louis Aragon. Le poète laisse libre court à son imagination pour reprendre le lyrisme de Lamartine, le symbolimse de Baudelaire, et moderniser ces grand thèmes.
 
 
Fanny C., 2nde section internationale, avril 2012.


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Devoir d’Hannah F. :
 
         Inspiré par le symbolisme et précurseur du surréalisme, Guillaume Apollinaire ne fait partie d’aucun mouvement particulier. Précepteur en Allemagne il rencontre Annie Playden à laquelle une partie de son célèbre recueil Alcools (appelé Eau de vie à l’origine) publié en 1913 est consacrée. “Mai”, tiré de ce recueil narre les souvenirs de la rencontre amoureuse entre Annie et le poète, amour qui a mal fini. Le poème est axé sur la nature rhénane, un amour lointain porteur de souffrance et une élégie modernisée.
 
 
 
                Tout d’abord la nature rhénane  a beaucoup inspiré Apollinaire par sa beauté avant qu'elle fane et meure. Cette nature en “mai” (V1 et 14) comme le dit le titre du poème est fleurissante. Les plantes éclosent puisque c’est le printemps et l’amour entre le poète et Annie semble naitre. Cet amour est vécu en harmonie puisqu’il y a césure à l’hémistiche comme le montre le vers “Des dames regardaient du haut de la montagne” (V2) où il y a le sujet et le verbe d’un côté et le complément circonstanciel de lieu de l’autre. De même le “vent”(V16) “secoue les osiers” (V16) comme une brise et les “roseaux jase[nt]” (V17) or, si l’on entend le vent c’est bien que tout est calme et harmonieux. Plusieurs fois Annie se reflète dans la nature, comme quand l’adjectif qualificatif joli qualifie successivement le mois de “mai” (V1) et les “dames” (V2). Les “paupières”(V8) d’Annie sont comparées à des “pétales flétris” (V8) un mise en relation directe entre la femme et la nature. Celle-ci a aussi lieu quand l’auteur parle de “fleurs” (V17), de “pétales” (V6 et 8) ou des “vergers fleuris” (V5). Toutes ces fleurs sont jeunes et belles et mettent bien en évidence la beauté de la nature au printemps.
                Cette nature fane cependant très vite et ainsi on a une gradation vers le vieillissement, métaphoriquement vers la fin de l’amour, quand les “vergers fleuris” du vers 5 deviennent des “vignes vierges” (V15) où “vierges” est accentué par la diérèse et que les fleurs sont “nues”(V17). De même les participes passés “tombés” (V6) et “flétris” (V8) concernant tout les deux des “pétales” (V6 et 8) qui ont du être beaux dans le passé mais qui ont fanés et se sont détachés de la fleur. La paronomase entre les noms communs “lierre” (V15) et “vierge” (V15) consiste en la répétition du même son “ier” qui rappelle le passé puisqu’il évoque l’adverbe hier. Cela illustre bien que si la nature était belle en mai, elle ne l’est plus quand au moment ou l’auteur la décrit.
 
 
 
                Comme la beauté de la nature, l’amour s’éloigne au fil des saisons, un souvenir douloureux reste quand même enfoui dans le coeur du poète. Les verbes au passé composé (“a fait pleurer” V4, “j’ai aimé” V7, “a paré” V14) et à l’imparfait (“s’éloignait” V12, “figeaient” (V5), “regardaient” (V2) et “suivaient” V11) montrent bien que l’amour fait partie du passé. De même il y a une gradation avec l’amour qui “s’éloigne” (V3), “se fig[e] en arrière” (V5), “s’éloign[e]” encore (V12), est “lointain” (V13) avant de tomber en “ruines” (V14). Au fil du temps l’amour s’éloigne donc, comme cette “barque” (V1 et 4) emportée par le courant du “Rhin” (V1 et 16). Apollinaire utilise l’eau comme métaphore du temps qui passe: ainsi le “fleuve” (V9) a une grande importance et il y a une allitération en [l] avec “le” (V1), “joli” (V1), “la” (V3), “les” (V4), “pleurer” (V4), “fleuris” (V5), “pétales” (V8), “ongles” (V7), “celle” (V7), “fleuve” (V9), “éloignait” (V12), “lointain” (V13) et “lierre” (V15), évoquant la liquidité du Rhin. Des enjambements sont très présents tout au long du poème comme on peut le lire avec “Un ours un singe un lion menés par des tziganes / Suivaient une roulotte trainée par un âne” (V10 et 11). Ces enjambements qui symbolisent la liquidité de l’eau et le passage du temps mettent en relief l’éloignement de l’amour.
                Cependant, si l’amour est emporté par le courant et la barque métaphorique du souvenir semble s’éloigner (“s’éloigne” V3), le souvenir demeure puisque “Le mai le joli mai” est répété aux vers 1 et 4, témoignant d’un certain regret chez l’auteur. Cela est confirmé par le verbe “pleurer” (V4) qui dénonce bel et bien la tristesse pour une époque passée, un amour révolu. Dans le poème, le voyage aux bords du Rhin dans les souvenirs du poète est mis en parallèle avec le voyage des “tziganes” (V10) avec leur “roulotte” (V11) et leurs animaux (“un ours un singe un chien” V10). Les tziganes sont aussi appelés les gens du voyage, ils vont où bon leur semble et partent quand ils veulent un peu comme l’amour qui va et vient et ne laisse derrière lui que des souvenirs.
 
 
 
                En plus du voyage à travers les souvenirs, le lecteur assiste à un voyage à travers les mouvements littéraires puisqu’ Apollinaire modernise des thèmes utilisés depuis la naissance de la poésie ou du lyrisme. Premièrement “Mai” est écrit en alexandrins, le nombre de syllabes classiques que ce soit au romantisme, au symbolise ou auparavant, à l’époque de Ronsard. La répétition de mots comme “Le mai le joli mai” (V1 et 14) ainsi que l’allitération en [l] avec “le” (V1), “joli” (V1), “la” (V3), “les” (V4), “pleurer” (V4), “fleuris” (V5), “pétales” (V8), “ongles” (V7), “celle” (V7), “fleuve” (V9), “éloignait” (V12), “lointain” (V13) et “lierre” (V15) rappelle l’héritage musical de la poésie, qui était chantée au Moyen Âge. De même la projection de sentiments sur la nature est une particularité romantique qu’Apollinaire a ici repris puisqu’à plusieurs reprises la femme aimée est comparée à la nature (comme on le voit avec “joli mai” (V1) et “Vous êtes si jolies” (V3) par exemple ou avec le vers 8 “Les pétales flétris sont comme ses paupières”). La nature est aussi personnifiée quand les “saules riverains” (V4) "pleure[nt]" (V4) ou quand les “roseaux jase[nt]” (V17). L’élégie est aussi un thème très ancien qui est utilisé pas la majorité des poètes dans leurs oeuvres puisque l’amour malheureux dégage plus de lyrisme que l’amour heureux et que généralement les poètes sont inspirés pas leurs propres histoires d’amour. L’utilisation de ce thème ancien montre bien qu’Apollinaire a puisé dans la tradition poétique pour écrire son poème.
                Secondement, une certaine modernité est dégagée par le texte puisqu’il n’y a pas de structure rythmique fixe: le poème est composé de deux quatrains, d’un quintil et d’un troisième quatrain. Du fait que la troisième strophe soit composée d’un nombre de vers impair, les rimes embrassées présentes dans tout le poème subissent un certain décalage. Les trois vers du centre du quintil riment (c’est à dire “tziganes” V10, “âne” V11 et “rhénanes” V12). Le poème est rendu hermétique par son manque de ponctuation. Ainsi on ne sait ni où s’arrêtent les phrase ni comment les prononcer. Dans la première strophe par exemple on ne sait pas si les “dames” (V2) sont “en barque” (V1) ou sur la “montagne” (V2). Cette pluralité de sens enrichit le poème et met en relief la modernité qu'Apollinaire induit dans son poème.
 
 
 
                Dans “Mai” on a donc une élégie très présente se reflétant dans la nature rhénane. Le poème inspiré par les mouvements précédent l’époque du poète et pourtant modernisé est typique des poèmes d’Apollinaire qui mêlait très souvent tradition et modernité dans ses oeuvres. Son travail inspira beaucoup ses successeurs surréalistes comme Louis Aragon qui, à son image, ne mit pas de ponctuation dans son poème “Cé”.
 
 
Hannah F., 2nde section internationale, avril 2012.


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Devoir de Lisa P. :
 
            Au début du XXème siècle s’effectue une transition du Symbolisme, mouvement caractérisant la dernière moitié du XIXème siècle, au Surréalisme, apparu en majorité après la première guerre mondiale. Cette transition a lieu grâce à certains auteurs tels que Guillaume Apollinaire. Celui-ci voyagea en Allemagne où il découvrit les paysages et légendes rhénans qui l’inspirèrent pour un certain nombre de ses œuvres, notamment pour une partie du recueil  Alcools publié en 1913, regroupant tout son œuvre poétique jusqu’alors. Le poème « Mai » narre ici la rupture amoureuse d’Apollinaire avec une jeune anglaise rencontrée en Allemagne et nommée Annie Playden. En effet, ce poème fait allusion à l’amour heureux mais passé, en réfléchissant cet amour sur la nature qui l’environne, soit la nature rhénane.
 
 
               Premièrement, Apollinaire démontre dans son récit imagé que l’amour entre Annie et lui-même était heureux mais que cette période favorable est désormais révolue et que son amour est perdu. En effet, le temps qui passe emporte avec lui les amours heureuses. Dès le premier vers, on apprend que le « joli mai », représentant en quelque sorte son amour comblé avec Annie, est « en barque sur le Rhin ». Ainsi, cet amour heureux est parti, embarqué sur le Rhin, par l’eau qui peut également symboliser le temps qui passe et nous glisse entre les doigts. Cette impression du temps qui passe emportant l’amour d’Apollinaire est renforcée au vers 3 avec la conjonction de coordination, exprimant l’opposition « mais » : « vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne ». Les dames représentent Annie qui est qualifiée de « jolie(s) », cependant la barque s’éloigne et le temps passe. Le poète ne peut donc pas profiter de cette beauté : l’amour est perdu dans la « barque » (v3) qui s’en va. Le verbe « s’éloigner » répété deux fois aux vers 3 et 12, l’expression « en arrière » (v5) et le nom commun « ruines » (v14) sont autant d’éléments qui renforcent la notion de temps passé, ainsi que de l’amour heureux mais perdu.
                  Par ailleurs, on peut observer dans ce poème des traces de modernité qui peuvent exprimer le désarroi du poète ainsi que la volonté de transgresser les lois afin de se diriger vers le mouvement Surréaliste. En effet, les deux premières strophes ainsi que la dernière sont des quatrains tandis que la troisième strophe est, elle, un quintile. Cela provoque ainsi un brouillage du système des nombre de vers par strophe qui peut refléter l’état du poète qui est d’ailleurs très troublé par son histoire d’amour malheureuse avec Annie Playden. De plus, on constate une absence de ponctuation, signe également de modernité dans le style d’Apollinaire. Cela provoque un effet de fluidité, faisant allusion au flux du Rhin et du temps, au flot des sentiments, sans saccades, que le poète ne peux maîtriser aidant ainsi au développement de la notion de malheur amoureux qui envahit le poète et l’obsède.
                En effet, l’image d’Annie l’obsède et il ne peut s’empêcher de penser à elle. L’anaphore de « Le mai le joli mai » aux vers 1 et 14 soit le premier vers de la première et dernière strophe traduit l’obsession de cet amour passé chez le poète en évoquant la notion de cycle qui revient sans cesse dans les pensées du poète. Cependant, il accepte le fait que cet amour soit passé en utilisant le passé composé au vers 7, « celle que j’ai tant aimée », ce qui explicite la fin de cet amour heureux. Cet amour qui l’obsède est également traduit par une anaphore à valeur d’insistance au dernier vers : « et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes ». Enfin, le champ lexical de la femme, présent dans le texte avec « dames » (v2), « jolies » (v3) renforcé par l’adverbe d’intensité « si » placé juste avant, « ongles » (v7), « paupières » (v8) nous démontre une fois de plus qu’Apollinaire ne parvient pas à oublier Annie même s’il accepte l’époque désormais révolue et passée de cet amour.
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                Toutefois, cette rupture est trop forte à exprimer, les sentiments sont si profonds que le poète doit passer par une métaphore filée avec la nature afin d’exprimer sa souffrance extrêmement forte et dure. En effet, on peut observer la réflexion de l’amour d’Apollinaire pour Annie sur la nature environnante. Le champ lexical de la nature est bien évidemment omniprésent dans le texte : « Rhin » (v1, v16), « montagne » (v2), « saules » (v4), « vergers » (v5), « pétales » répété deux fois en anaphore, aux vers 6 et 8, « cerisiers » (v6), « fleuve » (v9), « vignes » (v12, v15, v17), « lierre » (v15), « rosiers » (v15), « osiers » (v16), « roseaux » (v17) et fleurs (v17). La nature représente ainsi l’amour et Annie Playden.  En effet, les « pétales [qui sont] tombés » (v6) et les « pétales flétris » (v8) signifient que l’amour est à tout jamais perdu. De plus, la nature est personnifiée car les pétales sont les « ongles » et les « paupières » d’Annie et les roseaux jasent : « les roseaux jaseurs » (v17). Cette dernière caractéristique est renforcée par l’allitération de la sonorité [z] avec les « rosiers » (v15) et « osiers » (v16). Ainsi, on attribue à la nature des propriétés humaines telles que l’habilité à parler (jaser) ou pleurer « Qui donc a fait pleurer les saules riverains » (v4). Aux vers 5 et 8, on observe aussi un paradoxe entre les vergers « fleuris » (v5) et les pétales « flétris » (v8), ce qui peut également constituer une paronomase puisqu’on retrouve les mêmes sonorités [f], [l], [r], [i]. Les vergers fleuris peuvent représenter un espoir puisque le mot « fleuris » a une connotation positive mais, cet espoir est directement réduit à néant avec l’expression « se figeaient en arrière » qui suit le mot « fleuris » ainsi qu’avec les sonorités mises en avant par la paronomase. La nature rhénane est donc associée à l’amour obsédant Apollinaire.
                Cependant, cette nature, afin de représenter et symboliser l’amour entre Apollinaire et Annie adéquatement, est décrite comme détruite et presque morte. On relève, en effet, plusieurs expressions en lien direct avec la destruction et la tristesse de la nature : « pleurer » (v4), « figeaient » (v5), « tombés » (v6), « flétris » (v8), « ruines » (v14), « nues » (v 17). Dans la dernière strophe, une allitération en [r] et [v] est formée par les mots «  paré » (v14), « lierre », « vigne », « vierge », « rosiers » (v15), « vent », « Rhin », « sur », « bord » (v16) et « roseaux », « jaseurs », « fleurs » et « vignes » (v17). Une fois de plus, la sonorité [v] peut représenter un espoir, immédiatement détruit par la sonorité [r], sonorité très dure attribuée à la nature afin d’exprimer à quel point sa souffrance due à cet amour perdu et passé est terrible. De plus, les mots dont la connotation est liée à la mort, font allusion à l’amour  d’Apollinaire qui est mort et perdu à jamais. Par ailleurs, les mots « ruines » et « vignes » riment dans la dernière strophe, ce qui fait une fois de plus référence à la nature (les vignes) détruites et en ruines tout comme son amour. Enfin, le « joli mai » qui fait référence à son amour heureux contraste avec le mot « ruines » au même vers, ce qui traduit la réflexion de l’amour du poète sur la nature qui est elle aussi décrite comme détruite et perdue.
 
 
                Les sentiments concernant l’amour perdu et passé avec Annie Playden sont trop forts pour être exprimés explicitement. C’est pour cela que le poète Guillaume Apollinaire décrit sa douleur et sa souffrance par le biais d’une métaphore filée et d’une personnification de la nature rhénane. De nombreux autres écrivains et plus particulièrement poètes tels qu’Alphonse de Lamartine au début du XIXème siècle, furent influencés par leur relation avec une femme et la projection qu’ils en font sur la nature ou encore par leurs voyages dans différentes régions.
 
Lisa P., 2nde section internationale, avril 2012.

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Devoir d’Oksana R. :
 
Le début du XXème siècle est la dernière époque d’insouciance de la France avant la première guerre mondiale qui se déclenchera en 1914. C’est une époque où se mêlent deux mouvements littéraires : le Symbolisme et le Surréalisme. Les auteurs symbolistes cherchent à décrire le monde réel en utilisant des symboles, des images et des représentations métaphoriques tandis que les thèmes du Surréalisme sont l’irrationnel, l’absurde et la révolte. Guillaume Apollinaire est un grand poète et écrivain français qui a marqué la littérature du XXème siècle par ses poèmes à la fois traditionnels et modernes que l’on trouve dans son recueil principal, Alcools, publié en 1913. « Mai » en fait partie et ce poème décrit les paysages rencontrés par Apollinaire sur les bords du Rhin lors de son séjour en Allemagne mais exprime aussi la souffrance du poète face à la perte de son amour. « Mai » est donc axé sur la nature qui est le cadre traditionnel de la poésie classique mais aussi sur la souffrance et la mélancolie de l’auteur, sentiments qui sont les conséquences de la fuite du temps et qui sont exprimés d’une façon moderne à plusieurs reprises.
 

                En premier lieu, la nature joue un rôle très important dans ce poème, créant un cadre traditionnel, fleuri, calme et exotique mais permettant aussi au poète de laisser paraître ses sentiments intimes et douloureux. Des thèmes anciens comme la nature et l’exotisme sont repris ; en effet Apollinaire a séjourné en Allemagne, sur les bords dur « Rhin », la nature est présente sous la forme du « fleuve » mais aussi sous la forme de toute la végétation abondamment décrite dans les strophes deux et quatre. Les substantifs « vergers » ; « pétales » ; « cerisiers » (strophe 2) et « vigne » ; « rosiers » ; « roseaux » ; « fleurs » (strophe 4) permettent de créer une atmosphère fleurie, légère et printanière. Le fleuve et « la montagne » contribuent à la création de cet univers sauvage et éloigné de toute urbanisation, calme et reposé comme le confirme l’adverbe « lentement » (V.9). Cette impression de douceur et de somnolence est accentuée par l’allitération en [z] perçue dans la dernière strophe avec les noms « osier » ; « roseaux » ; « jaseurs » ; « cerisiers » ; « rosiers ». Le sens de l’ouïe est aussi sollicité avec le « vent », le « fifre lointain » et « l’air de régiment » (strophe 3). Les substantifs « ours » ; « singes » et « tziganes » de la troisième strophe sont associés à des termes de voyage, d’inconnu, de rêve et complètent ce tableau exotique. La nature et la sollicitation des sens (thème propre aux symbolistes) nous aident donc à percevoir le cadre comme calme et fleuri.
               Par ailleurs, le poète projette ses sentiments sur la nature (exprimant ainsi son lyrisme amoureux et douloureux) procédé encore une fois ancien. La personnification « qui donc a fait pleurer les saules riverains » (V.4), où les branches de ces arbres qui se déversent en cascade lui rappellent des larmes, nous fait indéniablement ressentir sa tristesse, tout comme le fait la comparaison « Les pétales flétris sont comme ses paupières » (V.8) et la métaphore « Les pétales tombés […] sont les ongles de celle que j’ai tant aimée » (V.6-7). Tout dans la nature lui rappelle sa bien-aimée et Apollinaire laisse enfin éclater ses sentiments, accentués et rendus intentes grâce à l’adverbe « tant ». Cela confirme la présence du lyrisme amoureux et malheureux du poète. Cet amour perdu l’obsède, les arbres et les pétales lui rappellent sa souffrance et Annie Playden. La nature qui paraît tout d’abord fleurie et légère rappelle cependant au poète sa douleur et lui permet d’exprimer ses sentiments intimes et intenses.
 
 
 
             La description de la nature environnante révèle les tourments du poète ainsi qu’une élégie qui sont les conséquences de la fuite du temps. On ressent en effet un sentiment de fuite, de perte lorsque l’on observe « la barque qui s’éloigne » (V.3) qui pourrait être une représentation métaphorique du temps qui fuit et de l’amour qui s’en va, comme l’eau du Rhin qui s’écoule, lentement mais inlassablement. De plus, la strophe trois se démarque des autres et attire notre attention car c’est un quintile et non un quatrain comme les trois autres. Dans cette strophe, les animaux « suivaient une roulotte » tandis que « s’éloignait […] un air de régiment ». La musique et les bohémiens s’éloignent du poète, tout comme l’amour. Rien ne peut rester figé comme il le souhaiterait au vers cinq où la forme verbale « se figeaient » est présente. De plus, le texte est écrit principalement à l’imparfait, comme le prouvent les verbes « regardaient » ; « s’éloignait » ; « se figeaient », confirmant le fait que cet amour est perdu, qu’il fait partie du passé et que le temps s’écoule inexorablement.
                Enfin, l’auteur est mélancolique et nostalgique d’une époque heureuse mais passée. C’est une élégie comme le montre le champ lexical du bonheur avec les mots « joli » ; « fleuris » ; « fleurs » ; « pétales » présents tout le long du poème, connotés positivement et qui évoquent la joie, la beauté, le bonheur ; et le champ lexical de la souffrance composé des mots « ruines » ; « flétris » ; « pleurer » que nous interprétons négativement. Ces derniers mots sont utilisés dans des phrases conjuguées au présent de l’indicatif alors que les mots associés aux fleurs et à la musique se trouvent dans des phrases écrites au passé. De plus, le troisième vers « Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne » coupé rythmiquement après le mot « jolies » avec la césure à l’hémistiche montre que le poète ne peut plus atteindre la beauté, le bonheur, cela s’éloigne de lui comme la barque et cette antithèse de la beauté et de la souffrance omniprésente dans le poème est ici mise en évidence avec la conjonction de coordination « mais » et avec la césure à l’hémistiche. Son amour fuit, le temps ne peut s’arrêter et Apollinaire souffre mais ne peut agir.
               
 
 
                Dans ce poème, la nature joue un rôle important car elle est présente partout et elle permet au poète de laisser paraître ses sentiments intimes et douloureux. On observe ainsi une élégie et la souffrance du poète qui assiste impuissant à la fuite du temps (qui ne peut rester figé) et donc de son amour. Guillaume Apollinaire aura repris des thèmes anciens en poésie comme la nature, le lyrisme, l’exotisme, mêlant des procédés propres aux symbolistes (comme la sollicitation des sens) à d’autres procédés plus modernes, tels que le nombre de vers qui n’est pas le même dans toutes les strophes ou encore l’absence de ponctuation qui annoncent le Surréalisme. Ce mouvement littéraire sera suivi plus tard par Louis ARAGON dans de nombreux poèmes comme « C » in Les Yeux d’Elsa, où le refus de la logique de l’esprit et des morales qui contraignent l’homme sera un thème principal.
 

Oksana R., 2nde section internationale, avril 2012.




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Devoir de Thomas B. :
 
Guillaume Apollinaire est un auteur littéraire du XIXème siècle, jusqu’au début du XXième siècle. Il fut un auteur très engagé dans le mouvement littéraire du symbolisme, caractérisé par la rupture avec le mouvement du naturalisme au XIXième siècle, et par l’abondance de symboles pour exprimer indirectement des idées. Cet auteur se différencia pour être aussi pour être le précurseur du mouvement surréaliste en Europe, un mouvement qui consiste à dépasser la réalité et faire appel au rêve. Malgré le début des conflits mondiaux du XIXième siècle, Apollinaire parvient à se détacher de la triste réalité, pour présenter un recueil de poèmes nommé « Alcools » publié en 1913, dont émane le poème « Mai ». Ce recueil parle d’un amour et paysages naturels que l’auteur à rencontré. En effet, « Mai » parle des paysages du Rhin et d’une femme dont Apollinaire est amoureux bien que le temps passe et fuit.
 

             Tout d’abord, la nature est un thème dominant du poème car l’auteur veut montrer à quel point elle est abondante. Le champ lexical de la nature peut-être relevé : « montagne » au vers 2, « saules » au vers 4, « vergers »  « fleuris »au vers 5, « pétales, »  « cerisiers » au vers 6 « fleuve » au vers 9. L’énumération au vers 10 : « un ours, un singe et un chien » renforce cet effet. Pour insister sur cette abondance, l’auteur parvient même à faire vivre la nature à l’aide de personnifications : «  pleurer les saules riverains » au vers 4, ou encore «  Le vent du Rhin secoue », au vers 16 , «  les fleurs nues »  au vers 17. Grâce à l’abondance de nature et les personnifications, l’auteur parvient à faire vivre l’univers naturel.
             Bien que la nature soit omniprésente, celle-ci subit les effets du temps. L’évocation du temps dans le poème est faite grâce aux mouvements : « la barque s’éloigne »au vers 3 fait indirectement référence au temps qui passe. De plus, le verbe « s’éloigne[r] » est maintenu aux vers suivants : « lentement » au vers 9 « s’éloignait » au vers 12 et « lointain » au vers 13. En effet, cette « barque » et cette « roulotte » s’éloignent progressivement du milieu. La référence au temps est aussi mise en œuvre par le moment, « Mai », comme l’évoque le titre, ou encore « mai » au vers 1 et au vers 14. La nature abondante et vivante est mise en valeur par les figures de style et les adjectifs, mais elle fait plus ou moins référence à l’amour qu’Apollinaire a perdu.
 

             En second lieu, le thème de la femme est très important dans ce poème après la nature. L’auteur parle de son amour avec peu de bonheur et souligne ainsi sa mélancolie. Plus précisément, l’auteur en fait référence directement au vers 2 : « Des dames » ou encore moins directement à la deuxième strophe : « Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée »au vers 7. L’auteur parle donc très peu de la femme. Celle-ci ne sera pas oubliée, mais plutôt mise en valeur grâce à la nature.
              Le thème de l’amour et de la femme est très peu exprimé par l’auteur, mais il parvient à garder ce thème un des plus dominants du poème. C’est la nature, une fois encore, qui sera utilisée pour faire vivre cet amour. Les figures de styles, dont notamment la personnification suggèrent que la nature est vivante mais Apollinaire fait bien plus que de parler de la nature uniquement : « Les pétales tombés des cerisiers de mai/sont les ongles de celle que j’ai tant aimée/Les pétales flétris sont comme ces paupières »du vers 6 au vers 8. Une métaphore rend les « pétales tombés » en « ongles » et une comparaison met en parallèle «  les pétales flétris » et « ses paupières ». La dernière strophe est aussi « mise en scène » par l’auteur pour parler de l’amour : «  de vigne vierge » au vers 15 et « les fleurs nues » au vers 17 . Les deux adjectifs « vierge » et « nue »sont, là encore une personnification de la nature, la rendant ainsi féminine. De plus, l’atmosphère décrite est des plus romantiques : « le joli mai » au vers 14 «  vigne » au vers 15 et 17 «  rosiers » au vers 15 « le vent » au vers 16 et « les fleurs » au vers 17.
Malgré cette appréciation cachée et naturalisée de l’amour et de la femme, ces éléments vont s’éloigner lentement du poète, le rendant mélancolique sur son histoire. Par exemple, dans la première strophe, Apollinaire parle «  des dames » au premier vers, et rajoute «  vous êtes si jolies » au vers 2 Mais il parle ensuite d’une « barque » toujours au vers 2 qui « s’éloigne », probablement pour évoquer le départ des dames et donc de son amour. Cette hypothèse peut-être validée car l’auteur parle du verbe « pleurer », référence à un sentiment triste suite à la « barque [qui] s’éloigne ». Mais la fuite de cet amour n’est pas seulement mis en scène à la première strophe : « des vergers […] se figeaient » au vers 5, « Les pétales tombés »au vers 6 et « les pétales flétris » au vers 8 parlent aussi de sa bien aimée car ils mettent en évidence une finalité amoureuse. L’absence de ponctuation qui régit le poème peut faire référence à cette fuite amoureuse.
 

En résumé, le poème « Mai » d’Apollinaire est la réflexion de ses amours : la nature et sa bien-aimée. Il parvient à rendre la nature vivante grâce aux procédés stylistiques comme les personnifications, malgré le temps qui passe et qui abime cette nature. Celle-ci est implicitement utilisée pour perler de cet amour et de cette femme qui manque à l’auteur et qui, comme la nature, ont subit les effets du temps pour doucement fuir et quitter le poète. Les utilisations de figures de styles indiquent réellement que l’auteur fait parti du mouvement symboliste caractérisé et soutenu par Charles Baudelaire ou Alfred Jarry et Paul Verlaine. Contrairement au romantisme qui décrit en premier lieu les sentiments, le précurseur du surréalisme Guillaume Apollinaire privilégie les thèmes et les idées dissimulées comme la femme en utilisant des symboles, comme ici la nature pour caractériser la femme. C’est grâce aux figures de style que le lecteur peut décoder et comprendre la souffrance du poète.
 
Thomas B., 2nde section internationale, avril 2012.
 
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Devoir d’Ariane B. :
 
             Le surréalisme est un mouvement littéraire apparu vers les années 1920, qui consiste à libérer l'expression poétique de la logique et des valeurs morales de la société. Bien qu'il se soit considéré comme un poète symboliste, Guillaume Apollinaire était le précurseur du surréalisme. Ses poèmes sont souvent fondés sur l'association d'un registre traditionnel et de la modernisation. En 1913, il publie le recueil Alcool duquel est tiré le poème proposé. "Mai" évoque un amour passé entre Apollinaire et Annie Playden, une jeune anglaise rencontrée lorsqu'il était percepteur en Allemagne. Ce texte est axé sur le thème de la nature et l'élégie de l'amour perdu à cause de la fuite du temps.
 
 
 
                Dans ce poème, le thème de la nature est omniprésent étant donné qu'Apollinaire s'est inspiré des paysages qui l'entouraient pour l'écrire. Tout d'abord, on y trouve le champ lexical de la nature en général avec "montagnes" (v.2), "saules riverains" (v.4), "vergers" (v.5), "fleuris" (v.5), "pétales" (v.6), "cerisiers" (v.6), "lierre" (v.15), "vigne" (v.15), "rosiers" (v.15), "osiers" (v.16), "vent" (v.16), "roseaux" (v.16) et "fleurs" (v.16). De plus l'anaphore du mot "pétale" aux vers 6 et 8 renforce d'autant plus la présence de la nature.                                                                                                                               En effet, Apollinaire était fort inspiré par la Rhénanie et place dans son poème plusieurs allusions comme les "vignes rhénanes" (v.12) ou encore lorsqu'il mentionne le "Rhin" (v.1) et (v.16). L'anaphore de "mai" dans "Le mai, le joli mai" (v.1) et (v.14) ainsi que la personnification du mois de mai au vers un dans "le joli mai en barque", donne d'autant plus d'importance à la saison qui complète ainsi le cadre spatio-temporel de ce texte.                                                                
                 Une très grande importance est également accordée au rôle du fleuve, le Rhin, qui semble emporter le poète au loin. En effet, on trouve le champ lexical du fluve avec "riverains" (v.4), "fleuve" (v.9), "bord" (v.9) et "roseaux" (v.17) qui sont des plantes qui poussent dans les endroits humides, comme par exemple au bord d'un fleuve. De plus, le mot "barque" est mis en valeur par une anaphore aux vers 1 et 3. Tous ces éléments renforcent la présence du thème de la nature dans ce texte.
 
 
 
                Cependant, la nature elle-même semble marquée par cet amour perdu qui ravage Apollinaire, donc le poète fait l'élégie. Tout d'abord, le champ lexical de la destruction est utilisé avec "tombés" (v.6), "pleurer" (v.4), "flétris" (v.5), "ruines" (v.14) et "figeaient" (v.5) pour décrire la nature qui, comme l'auteur, semble être attristée par la perte de cet amour entre Apollinaire et Annie Playden. Le mot "ruine" au vers 14 est mis en évidence par la diérèse pour insister sur l'aspect destructeur de l'amour.                                                                                                                             
                Le lyrisme est utilisé pour décrire l'amour perdu entre le poète et la jeune allemande, par exemple grâce à l'utilisation du champ lexical de l'amour, "si jolies" (v.3), "dames" (v.2), "aimée" (v.7) et "joli" (v.1 et 14).                                                                                        
               Dans ce poème, Apollinaire associe d'ailleurs  la nature à son ancienne amante lorsqu'il utilise la métaphore, "les pétales tombés des cerisiers de mai sont les ongles de celle que j'ai tant aimée" (v.6 et 7) où il compare les pétales des cerisiers aux ongles de sa bien-aimée qui sont, "tombés des cerisiers" comme pour insister sur la perte de cet amour. Le poète utilise également une comparaison au vers 8 lorsqu'il dit "les pétales flétris sont comme ses paupières". Les pétales une fois de plus sont comparés à une partie de l'anatomie de la femme aimée, ses ongles ou ses paupières qui sont marquées par la déception amoureuse avec des mots comme "tombés" et "flétris".                                                                                                                             La structure du poème est un élément important qui témoigne de l'amour d'autrefois, notamment avec l'utilisation des rimes embrassées qui évoquent les deux amants enlaçés, et renforcent d'autant plus l'élégie de l'amour perdu dans ce poème.
 
 
 
                Si le poète a perdu cet amour si cher, c'est à cause de la fuite du temps, évoquée par "Mai" à l'aide de plusieurs procédés. En effet, tout d'abord Apollinaire crée dans son poème une opposition entre le temps passé et le présent plein de nostalgie et de regret. D'un côté, il expose la joie avec des mots comme "fifres" (v.13), "ours, "singe", "chien", "tsigane" et "roulotte" (vers 10 et 11) qui représentent le cirque et donc la distraction, mais d'un autre côté, il fait des allusions à sa mélancholie présente, en utilisant des mots comme "pleurer" (v.4) ou encore "flétris" (v.8).                                                                                                                                                      
                Ce contraste crée une ambiguïté dans ce poème, d'autant plus renforcée par l'absence de ponctuation. A la manière du temps qui passe inexorablement et qui pourrait nous diriger dans une multitude d'endroits possibles, les sens et la façon d'interpréter ce poème ne sont pas claires et il existe plusieurs interprétations très différentes à cause de cette ambiguïté.                                                                    On trouve dans ce poème le champ lexical de la fuite avec "barque s'éloigne" (v.3), "lentement" (v.9), "suivaient" (v.11), "traînée" (v.11), "secoue" (v.16) et "s'éloignait" (v.12). Tous ces éléments évoquent une lente avancée qui peut être associée au passage du temps.                   
                De plus, la présence de l'eau dans le poème renforce le thème de la fuite du temps ; en effet, l'eau du Rhin s'écoule inlassablement et glisse entre les doigts à la manière du temps qui passe. Ce long écoulement du temps (et de l'eau) est refleté par le fait que les vers soient des alexandrins, ce qui renforce d'autant plus la longévité, la lenteur de la fuite du temps.
 
 
 
                Pour conclure, "Mai" est inspiré par les paysages naturels qui entouraient Apollinaire lorsqu'il était en Allemagne et par son amour perdu pour Annie Playden du au passage inexorable du temps. L'amour de la nature, l'élégie du temps passé et la fuite du temps sont des thèmes abordés par de très nombreux poètes célèbre, de différents mouvements littéraires comme par exemple le Romantisme ou le Symbolisme, comme Lamartine, Victor Hugo ou encore Charles Baudelaire.
 
 
Ariane B., 2nde section internationale, avril 2012.


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Devoir d’Armand J. :
 
 
          Le début du XXème siècle ne connait pas de grand mouvement littéraire mais c’est une période de flottement importante qui aboutira au Surréalisme après la première guerre mondiale. Elle est  caractérisée par un jeu subtil entre la tradition et la modernité. Guillaume Apollinaire est l’un des poètes qui ressortent de cette période. Il est l’inventeur du terme surréalisme et sera considéré comme le précurseur de ce mouvement. Il publie Alcools en 1913 d’où est extrait le texte à commenter. Ce poème narre la rencontre d’Apollinaire avec Annie Playden en Allemagne, sur les bords du Rhin lorsqu’il était encore précepteur, cette histoire sera très triste et malheureuse. Le texte est axé sur la description des beaux paysages du bord du Rhin tout en éprouvant une tristesse pour cet amour perdu.
 
 
          A travers son poème, l’auteur décrit les bords du Rhin. Ces paysages sont décrits durant une période propice à l’amour, le mois de mai. Apollinaire utilise une anaphore avec l’adjectif qualificatif, « joli », comme marque d’insistance : « le mai  le joli mai ». De plus, « Mai » est le titre du poème. Cela convainc le lecteur qu’Apollinaire semble être dans une époque heureuse. Les deux premiers vers ainsi que la première moitié du troisième vers ont une connotation amoureuse importante au travers des descriptions du paysage. Le poète installe une atmosphère heureuse : « dames » ; « jolies » ; « barques ». Le poème décrit donc les bords les bords du Rhin durant le moi de mai.
          Après avoir crée cette ambiance, une tristesse dans le paysage vient s’installer. La césure à l’hémistiche au troisième vers donne l’impression d’une fin à cette atmosphère : « mais » ;  « s’éloigne ». L’auteur s’interroge à propos de ce  changement. Il se demande qui a pu faire pleurer les saules riverains en mettant fin à cette ambiance. La nature se dégrade. Les « pétales tombés » se fanent avec « pétales flétris ». Les vignes sont désertes. Une roulotte s’en va : « s’éloignait dans les vignes rhénanes ». Une émotion et des sentiments sont ressentis de la part du lecteur sur la mélancolie et la nostalgie du poète.
 
 
          En décrivant ce paysage du Rhin, les sentiments du poète à cause de cet amour perdu sont ressentis. Dans la deuxième strophe, le poète décrit Annie Playden au travers de métaphore et de comparaison. Malgré son amour pour cette femme, il garde une certaine rancœur dans ses descriptions. Il illustre une fois de plus le mois de mai avec  les « vergers fleuris » mais ils se figent comme s’ils étaient morts et passés. Apollinaire assimile « Les pétales tombés des cerisiers de mai » aux ongles d'Annie au travers d’une métaphore. Les « pétales flétris » sont comparés à « ses paupières ». Cette comparaison  et cette métaphore illustrent sa tristesse car les pétales sont fanées ou alors ils sont tombés de leurs cerisiers car ils sont à présent dépassé ce qui a une connotation mélancolique. On peut supposer que l’auteur utilise une litote car le lecteur sait qu’on fond de son cœur, il trouve cette femme ravissante. La tristesse du poète est très présente dans son œuvre.
          En deuxième lieu, on ressent l’idée que cet amour qu’il a perdu a été très difficile moralement notamment dans la troisième strophe. Le lecteur comprend que cette souffrance est profondément ancrée en lui et n’arrive pas à le quitter.  On note que cette strophe est plus longue que les autres. Elle est composée de cinq alexandrins, ce qui est très long et donc renforce cette lenteur. On a, par ailleurs, le champ lexical de la lenteur : « lentement » ; « trainés » ; « trainés » ; « âne ». La roulotte des tziganes qui s’en va représente l’amour d’Apollinaire. Le « fifre » au loin évoque une sorte de rappel pour ne pas oublier cet amour. L’auteur utilise une énumération d’animaux pour renforcer cette lenteur qui pèse sur Apollinaire. Dans la dernière strophe,  l’auteur relâche les émotions qu’il a maintenues à propos de ce paysage depuis le début du poème avec « ruine » et le verbe d’action « secoue ». Ce poème exprime donc une mélancolie et une tristesse de l’auteur en conséquence d’un amour perdu.
 
 
          Dans ce poème, Apollinaire décrit sa tristesse de cet amour perdu à travers un paysage et une atmosphère et le mois de mai. Le poème fait preuve de modernité avec l’absence de ponctuation tout en s’inspirant des naturalistes pour les descriptions. Mai et le pont Mirabeau ainsi que les autres poèmes du recueil alcools d’Apollinaire mèneront au surréalisme après la première guerre mondiale.
 
 
Armand J., 2nde section internationale, avril 2012.



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Devoir de James D. :
 
            Guillaume Apollinaire est un des plus grands auteurs du début du XXeme siècle ,un siècle connu comme celui de la guerre avec les deux guerres mondiales, les révolutions russes, la guerre froide et d'autres évènements importants. Apollinaire est le fils d'un officier italien et la fille d'un noble polonais. Après ses études il s'installe a Paris puis voyage a travers l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie ou il trouve des sujets d'inspiration. La il tombe amoureux d'Annie Playden et s'inspire du voyage d'Apollinaire sur le Rhin. Guillaume Apollinaire est a la transition du symbolisme, mouvement qui postule l'existence de correspondances secrètes dans l'univers dont il tente de retrouver les signes et de les déchiffrer, et du surréalisme, qui est le refus de toutes les constructions logiques de l'esprit et se base sur les valeurs de l'irrationnel. 'Alcools' est un des recueil les plus connus d'Apollinaire, qu'il a mis quinze ans pour concevoir et annonce la quête de modernité. Le poème 'Mai' narre l'amour malheureux d'Apollinaire pour la jeune anglaise, Annie Playden et s'inspire de son voyage sur le Rhin. Le poème est axe sur le lyrisme malheureux et sur le thème dominant de la nature.
 
 
 
          Tout d'abord, le poème exprime le temps qui passe a travers le changements de paysages. Le poème se situe tout d'abord en ''haut de la montagne'' (v2), avec de'sauls riverains'' (v9), puis avec des ''vergers fleuris''(v5), des ''cerisiers''(v6) puis ca change encore avec un ''chemin du bord du fleuve''(v9) avec ''une roulotte''(v11) des ''vignes''(v12), finalement un dernier cadre avec ''les ruines''(v14) des ''roseaux''(v17). De plus dans le poème, l'eau du fleuve peut-être lu comme une métaphore du temps qui passe. Ces changements de cadre spatio-temporel renforce l'idée du lyrisme malheureux avec le passage du temps et des cadres.
             Par ailleurs, le lyrisme malheureux est présent sous la forme des allusions a l'amour perdu du poète, Annie Playden, a travers la nature. Tout d'abord on observe un sentiment amoureux dans la première partie du poème avec le mois de l'amour cite dans le titre et dans le vers 1, ''Mai''. Mais aussi des allusions avec ''jolie''(v1) et ''jolies''(v3), des ''dames''(v3). Mais cet amour disparaît peu a peu avec la métaphore ''sont les ongles de celle que j'ai tant aimée''(v7), mais aussi ''les pétales flétris sont comme ses paupières''(v8), qui expriment un amour perdu et qui s'éloigne, se dégrade presque avec ''flétris''(v8). Le poète pense encore a cet amour car a la fin du poème du poème on observe deux personnifications ''et les roseaux jaseurs'' et ''les fleurs nues des vignes''(v17). Ces allusions a sont amour perdu renforce l'idée du lyrisme malheureux.
               Finalement, le thème du temps et du lyrisme malheureux sont renforces par l'absence de ponctuation. Le flot de l'eau et le flux du temps sont ininterrompus par des points,virgules ou exclamations. Cette absence de ponctuation peut aussi être interprétée comme une rupture par rapport aux normes classiques de poésie comme un signe de modernité.
 
 
 
                Apres le lyrisme malheureux, très présent dans ce poème, Apollinaire crée une autre grande thématique qu'est le thème de la nature. Tout d'abord, le poète est très présent au commencement de ''Mai'' mais petit a petit donne place a la nature. Le poète s'adresse aux dames dans la strophe 1, mais a partir de la strophe 3, les seuls humains sont les tziganes et a partir de la strophe 4 il ne reste plus que l'élément minéral et les végétaux. La nature devient donc le thème prédominant dans le poème.
                     Le champ lexical de la nature est partout dans le poème avec ''le Rhin''(v1), ''montagne''(v2), ''saules''(v3), ''vergers''(v5), ''chemin''(v9), ''vignes''(v12). Apollinaire fait de la nature l'élément le plus important dans le poème grâce a sa dominance et a ce champ lexical. De plus, quand la nature envahit ce poème on penserait au surréalisme.
Finalement, le poète crée la notion de permanence. Le temps, thème ancien est présent dans ce poème, on voit cette notion par ''ruines''(v14). Certes, cela signifie que les anciens châteaux ont été détruits, et c'est donc la encore le produit du temps, c est la trace encore présente de ces bâtiments qui perdure.
 
 
 
                     Pour conclure, Guillaume Apollinaire grand poète du XIX et début XX eme siècle utilise les thématiques anciennes et ajoute sa touche de modernité avec l'absence de ponctuation. La simplicité apparente du poème, le classicisme des thèmes sont dépassés. Ce textes est en fait bien représentatif du style de Guillaume Apollinaire.
 
 
James D., 2nde section internationale, avril 2012.



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Devoir de Loïc H. :
 
              Le symbolisme est le mouvement avant-gardiste du Surréalisme. Il apparut à la fin du 19ème siècle. Un des ambassadeurs de ce mouvement littéraire est Guillaume Apollinaire. Il est l’auteur du recueil Alcools, publié en 1913. Le poème « Mai », figure dans cet ouvrage et plus précisément dans la partie de la poésie rhénane. Cet œuvre retrace le séjour du poète sur les bords du Rhin et les paysages rencontrés. L’auteur a fondé son travail sur l’amour perdu du poète ancré dans un cadre naturel.
 
 
 
               Dans un premier temps, l’amour perdu est axé sur l’élégie de la femme. Les femmes sont explicitement mentionnées au vers deux (« Des dames regardaient »). Elles sont, de plus, connotées de manière positive, grâce à l’adjectif « jolies » (V3). Le poète précise ensuite son propos en parlant d’une seule femme (« celle »(V7)) qu’il aime : « que j’ai tant aimée »(V7). Enfin, le poète accentue cette élégie de la femme avec les adverbes d’intensité « si »(V3) et « tant »(V7). Aucune femme n’est mentionnée directement dans la suite du poème, ce qui peut illustrer la mélancolie du poète pour cet amour perdu et cela accentue le registre élégiaque du poème. Cet amour perdu et cette élégie sont aussi logiquement associés au temps qui passe. Le poète situe son poème dans un cadre temporel : au mois de « mai ».
                 De plus, la fuite du temps est fortement illustrée par l’écoulement de l’eau : « la barque s’éloigne » (V3), « en barque sur le Rhin » (V1), « du bord du fleuve » (V9). Le vers 3 (« vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne ») illustre la métaphore de la séparation du poète et de l’amour à cause de l’écoulement de l’eau sur la « barque ». D’autres images représentent l’écoulement du temps avec « les pétales tombés » (V6), « les pétales flétris », car si les « pétales » sont « flétris », cela signifie que le temps est  passé et les a fait vieillir. De plus, l’image de la « roulotte traînée par un âne » peut faire référence au temps qui passe, et cela est accentué au vers douze par le verbe « s’éloignait » et l’adjectif « lointain » au vers treize.  Ensuite, le temps passé est illustré par le mot « ruines » au vers quatorze. Enfin, la structure du poème peut faire référence à l’écoulement de l’eau car il n’y a pas de ponctuation. Cela renforce l’aspect fluide et liquide du poème qui parle lui-même d’un fleuve, le « Rhin ». Et la fluidité est renforcée par l’enjambement de certains vers, où une phrase continue sur deux vers, notamment pour les vers, six à sept, dix à onze, douze à treize, quatorze à quinze et seize à dix-sept. Cette structure donne l’image d’une cascade et renforce donc la fuite du temps.
 
 
 
                Cette élégie à propos de la femme, associée au temps qui passe, est aussi ancrée dans un environnement naturel. La femme est ainsi représentée sous différentes formes naturelles et décrite dans le cadre de la nature. Tout d’abord, le poète crée une métaphore entre les ongles de la femme qu’il a aimée et les pétales des cerisiers : « Les pétales tombés des cerisiers de mai sont les ongles de celle que j’ai tant aimé » (V6 et 7. Le poète fait ensuite une comparaison explicite au vers 8 : « Les pétales flétris sont comme ses paupières » (V8). Il y a cependant une connotation un peu négative avec l’adjectif « flétris » (V8). Cela peut illustrer une certaine mélancolie à travers le cadre de la nature. De plus, Guillaume Apollinaire montre que son amour est intact pour la femme malgré le temps qui passe en utilisant l’adjectif « vierge » et le nom commun « rosiers » qui fait référence à l’amour au vers quinze : « Le mai le joli mai a paré les ruines de lierre de vigne vierge et de rosiers » (V14 et 15). Enfin, la personnification des roseaux et des fleurs avec les adjectifs « jaseurs » et « nues » au vers dix-sept fait référence à la femme. La femme est décrite sous la forme de « roseaux » et de « fleurs ». Le poète a donc choisi de créer une métaphore entre la femme et les paysages du Rhin suffisamment beaux pour décrire la femme qu’il aime.
           De plus, le symbolisme s’allie à la nature pour décrire ce que le poète ressent. Au vers quatre (« Qui donc a fait pleurer les saules riverains »), le poète personnifie « les saules » qui sont des arbres. En effet, « les saules » sont en fait le poète lui-même, qui est extrêmement  triste de quitter la femme qu’il aime, c’est un constat illustré au vers trois avec la phrase « Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne », avec la césure a l’hémistiche et le connecteur logique « mais » qui accentue encore plus cette sensation de tristesse.  De plus une autre personnification est présente au vers seize : « Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers ». Les « osiers » représentent le poète qui est « secou[é] » par « le vent du Rhin » qui représente en fait les souvenirs liés au « vent du Rhin ». Ce vers accentue cette sensation de mélancolie que le poète a pour cet amour perdu. D’autre part, « l’aire de régiment » évoqué au vers treize fait sûrement référence à la guerre, et à l’engagement d’Apollinaire dans l’armée, ce qui  crée un contraste avec le mot « fifre » qui évoque plutôt quelque chose d’harmonieux. Le poète évoque son engagement dans  l’armée pour convaincre le lecteur que c’est cet engagement qui l’a séparé de la femme qu’il aimait. De plus, Apollinaire décrit une nature plaisante dans les deux premiers quatrains et passe ensuite à une nature moins plaisante dans le seul quintile du poème avec une évocation de mots faisant référence à une nature beaucoup moins harmonieuse qu’au début du poème : « ours », « singe », « chien », « tziganes », « ânes », « trainée ». Le début du poème peut donc correspondre à un passé heureux avec une évocation de la nature plutôt méliorative ; le quintile marque la rupture avec ce passé heureux, et la fin du poème évoque les souvenirs laissés par cette époque heureuse avec les différentes métaphores et personnifications utilisées. .
 
 
 
                La nature sert donc au poète de moyen de communication pour exprimer son amour perdu et son élégie. Les poètes romantiques tels qu’Hugo ou Lamartine étaient des précurseurs dans l’art d’utiliser la nature pour exprimer des sentiments amoureux intimes et forts. Cependant Apollinaire le fait de manière plus moderne en explicitant beaucoup moins son amour, mais en le personnifiant et en utilisant différentes métaphores.
 
 
Loïc H., 2nde section internationale, avril 2012.


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Devoir de Lucas M. :
 
            Le début du XXème siècle est marqué par la transition entre le Symbolisme et le Surréalisme. Guillaume Apollinaire (1880-1918) est l’un des plus grands auteurs de cette période son recueil Alcools publié en 1913 est l’une de ses œuvres majeures. Le poème « Mai » (in Alcools (1913)) parle des paysages du bord du Rhin, où Apollinaire fit un séjour, mais fait aussi allusion à l’amour perdu. Ce poème est axé sur la nature, les rives du Rhin et sur le souvenir d’Annie Playden, un amour perdu.
 
            Dans ce poème, l’auteur présente d’abord un paysage paisible, comme le montre l’anaphore de « Le mai le joli mai » aux vers 1 et 14. Cette anaphore souligne la tranquillité, la sérénité du paysage en cette saison. Cette sérénité est renforcée par l’utilisation de l’alexandrin et de la césure à l’hémistiche, qui équilibre le vers : « Des dames regardaient / du haut de la montagne » (v.2). Cet équilibre du vers mime aussi l’équilibre et l’équitable balancement de la barque sur le Rhin. Tout cela contribue à l’aspect paisible qui se dégage des premiers vers du poème.
            Mais à la deuxième strophe on découvre un tout autre aspect des lieux. Cette transition entre le paysage apparemment calme et la réalité s’opère au vers 5, avec l’opposition du groupe nominal « vergers fleuris » et de « se figeaient en arrière » renforcée par la conjonction de coordination « Or ». Cette opposition perdure dans toute la strophe avec les adjectifs « tombés » (v.6) et « flétris » (v.8) qui s’opposent à « fleuris (v.5). Les dégâts subis par le paysage sont explicitement montrés aux vers 14 et 15 par la métaphore « les ruines de lierre de vigne vierge et de rosiers » qui compare la végétation à des murs en ruines, écroulés et abîmés avec le temps. Tous ces éléments contribuent à l’importance de la nature dans le poème.
 
            L’état de la nature dans ce poème n’est qu’une métaphore des sentiments du poète, ces deux éléments sont en osmose. En effet Apollinaire paraît paisible, se laissant glisser sur le Rhin dans une barque alors qu’au fond de lui, il vit une réelle tourmente à cause de l’amour perdu d’Annie Playden. Son éloignement d’Annie est montré dans les vers 2 à 4 : « Des dames regardaient du haut de la montagne / Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne / Qui a donc fait pleurer les saules riverains ». Les « dames » (v.2) sont métaphoriques d’Annie et les « saules riverains » (v.4) et « pleurer » (v.4) sont métaphoriques de l’auteur lui-même, extrêmement chagriné par cette séparation. Dans ces trois vers (v.2, 3, 4), un complément circonstanciel de lieu et un verbe se réfèrent à l’éloignement : « du haut de la montagne » (v.2) et « s’éloigne » (v.3). Cet éloignement d’Annie Playden est aussi mentionné par voie métaphorique dans la troisième strophe aux vers 12 et 13 : « Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes / Sur un fifre lointain un air de régiment », où « l’air de régiment » (v.13) caractérise la voie d’Annie que Guillaume Apollinaire garde en tête et se remémore et où « s’éloignait » (v.12) et « lointain » (v.13) ont une valeur d’insistance sur l’éloignement des deux amants. Au vers 5, une allitération en [r] représente le foisonnement de la nature au printemps qui reprend l’intensité des sentiments du poète. L’évocation du printemps qui est symboliquement le mois du renouveau contraste avec l’état d’esprit du poète, emprunt de la nostalgie de son amour perdu. L’évocation de se souvenir est à la fois agréable du fait du printemps et des fleurs et mélancolique.
            De plus, la nature rappelle à Apollinaire qu’il a aimé, comme le montrent cette métaphores : « Les pétales tombés des cerisiers de mai / Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée » (v.6, 7) et la comparaison : « Les pétales flétris sont comme ses paupières » (v.8). Cela montre que Guillaume Apollinaire est toujours obsédé par Annie, que tout lui fait penser à elle, même ce qui n’a pas de beauté apparente.
 
 
            Les thématiques de la nature et de l’amour perdu sont omniprésentes dans « Mai » de Guillaume Apollinaire. Ce poème associe l’état de la nature à la tourmente de l’auteur. Apollinaire peut être considéré comme le père du Surréalisme car il est l’inventeur du terme « surréalisme » tout comme Louis Aragon, André Breton et Paul Eluard, eux aussi surréalistes, Apollinaire est l’un des plus grands auteurs du XX° siècle.
 
Lucas M., 2nde section internationale, avril 2012.


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Devoir de Thomas B. :
 
               Guillaume Apollinaire est un poète de la fin du XIX ème siècle au début XXème siècle. Il ne s’apparente à aucun mouvement littéraire poétique majeur mais a été influencé par le mouvement symboliste et est le précurseur du Surréalisme. Guillaume Apollinaire est un grand poète d’origine italienne, composant des poèmes souvent racontant ses conquêtes amoureuses ou alors en parlant du contraire, c’est-à-dire de ses amours perdues. Ces sujets sont largement évoqués dans son recueil de poèmes « Alcools », publié en 1913, qui contient ses poèmes les plus connus comme « Mai », relatant son séjour en Rhénanie, où il connut et tomba amoureux d’Annie Playden, une jeune femme anglaise. Mais cet amour finit par une séparation malheureuse comme on peut le voir dans ce poème dont les principaux thèmes sont : d’une part, le souvenir du poète pour une époque heureuse passée et, d’autre part, le regret de cette époque, la tristesse du poète et son départ d’Allemagne.
 
 
 
             En premier lieu, le poème « Mai » décrit le paysage et la flore de la Rhénanie. Il évoque de nombreuses plantes à fleurs qui embellissent le paysage: « saules » (v.4) ; « vergers fleuris » (v.5) ; « « pétales » (v.6) ; « cerisiers » (v.6) ; « vignes » (v.12) ; « osiers » (v.16) ; « roseaux » (v.17) ; « fleurs » (v.17) ; « vignes » (v.17) qui constituent un champ lexical des végétaux omniprésent dans ce poème.  De même, l’accumulation : « de lierre de vigne vierge et de rosiers » (v.15) insiste sur la diversité et la multitude des plantes dans le paysage, ce qui le rend idyllique. En effet, la richesse de la flore du paysage peut être interprétée comme évoquant une époque heureuse, et prospère de la vie du poète.
             Deuxièmement, Apollinaire montre la présence de femmes dans ce poème et évoque donc sa relation heureuse passée avec Annie Playden. Il compare métaphoriquement son amour passé à des plantes à fleurs : « les pétales [...] / sont les ongles de celle que j’ai tant aimée » v.6-7, et fait aussi une comparaison ayant le même but : « Les pétales [...] sont comme ses paupières » (v.8). De même, il évoque plus subtilement la présence de belles femmes dans le paysage : « fleurs nues des vignes » (v.17). Il assimile donc le paysage de la Rhénanie à une sorte de « paradis terrestre » où les belles femmes sont variées comme les végétaux du paysage et surtout où le poète a vécu son amour avec Annie Playden. Il qui vient donc renforcer l’impression de bonheur et de plaisir de cette époque passée.
             Ensuite, le poète effectue une métaphore entre la saison du printemps et son bonheur. En effet, le poète évoque plusieurs fois la saison du printemps : « Mai », qui est le titre du poème et un mois du printemps montre l’importance du printemps dans le poème. Aussi, le mois de mai est « accompagné » par une allitération en [ l ] : « Le mai le joli mai ». La sonorité [ l ] est douce et peut, par exemple, représenter l’écoulement calme de l’eau fluviale qui donne une ambiance reposante au paysage printanier et donc expose la tranquillité de la vie du poète en Rhénanie, ce qui intensifie l’aspect du bonheur de l’époque passée.
 
 
 
              Après cela vient le côté plus malheureux du texte avec la transition du bonheur à la tristesse et au départ du poète. Ce changement est, tout d’abord, fondé avec l’expression de l’insistance sur l’état passé de cette relation qui est transcrite stylistiquement avec des verbes au passé : « ai [...] aimée » (v.7) ; « regardaient » (v.2) ; « suivaient » (v.11). En effet, le mois de mai marque la fin du printemps et la transition vers l’été et donc évoque aussi la fin de la relation d’Apollinaire avec Annie Playden et, en quelque sorte, la fin du bonheur. Pour accentuer cette idée, il y a des allusions à l’amour perdu du poète comme : « les pétales tombés des cerisiers de mai / sont les ongles de celle que j’ai tant aimée » (v.6-7). « Les pétales tombés » peuvent alors signifier la « chute » de sa relation avec Annie Playden et « celle que j’ai tant aimée » montre que l’amour entre eux est passé et donc fini. Ces idées-là dégagent donc un premier sentiment de tristesse et de regret pour le poète.
            Ensuite, la métaphore du fleuve du Rhin, qui s’écoule de l’Allemagne vers la France, pour son retour vers l’Hexagone insiste encore sur la fin de son bonheur et expose donc son retour vers la solitude : « en barque sur le Rhin » (v.1) ; « mais la barque s’éloigne » (v.3). Aussi, l’allitération en [ l ] composée par « Le » ; « le » ; « joli » ; « le » (v.1) ; « la » (v.2) ; « « jolies » ; « la » ; « éloigne » (v.3) ; « les » (v.4) et relevée précédemment, peut être interprétée dans un deuxième sens : en évoquant toujours l’écoulement fluide de l’eau, elle peut montrer l’idée que l’eau du Rhin l’emporte loin de la Rhénanie et que son éloignement, comme l’écoulement de l’eau, ne peut être arrêté. La thématique de l’éloignement du bonheur et de la tristesse d’Apollinaire est donc évoquée une nouvelle fois.
            Enfin, le poète continue de rappeler la fin de cette période de bonheur et son départ par la métaphore de la roulotte des tziganes. En effet, celle-ci symbolise son retour à la vie de « nomade d’amour », en quelque sorte, ou de célibataire comme sont nomades les « tziganes » (v.10). Il montre aussi un aspect encore plus repoussant que la solitude et le malheur : la guerre. En effet, « sur un fifre lointain un air de régiment » évoque l’idée de la guerre et aussi, une de ses conséquences : la mort. Le poème est donc fini sur une idée de tristesse intense qui effectue définitivement une coupure avec la période de bonheur qu’il a précédemment vécu.
 
 
 
               Ce poème est donc une sorte d’élégie, montrant la tristesse du présent par rapport au passé joyeux et heureux du poète en Rhénanie. En effet, Apollinaire décrit en premier lieu son souvenir de la Rhénanie comme un endroit merveilleux où il a vécu son idylle avec Annie Playden puis évoque la fin de sa relation avec celle-ci et le début de son malheur et de sa solitude. Dans ce poème, on peut aussi voir que de différents procédés stylistiques peuvent nous renseigner sur le principal mouvement ayant inspiré Apollinaire, et sur un nouveau mouvement, dont Apollinaire est le précurseur. En effet, Apollinaire utilise beaucoup de métaphores comparant des choses qui n’ont pas naturellement lieu d’être comparées, ce qui peut prouver l’influence Symboliste sur le poète et puis deuxièmement, Apollinaire a supprimé toute trace de ponctuation de « Mai », ce qui montre, via cet exemple de modernisation du style d’écriture, le début de l’apparition du mouvement surréaliste dans la littérature française. 
 
 
 
Thomas B., 2nde section internationale, avril 2012.



                                                                                                                          apollinaire.jpg 


Commentaire de Baptiste T. : 

          Le poème date du début du Xxème siècle (1913), un an seulement avant la Ière Guerre Mondiale. Guillaume Apollinaire est à la transition entre le symbolisme (qui à comme caractéristique la représentation de la réalité par des symboles et qui a un héritage romantique mais modernisé) et le surréalisme (qui représente une atmosphère propice aux rêves, au delà de la réalité, l'imaginaire). Guillaume Apollinaire (1990-1918) est un très grand écrivain français, sans mouvement littéraire particulier, ayant de nombreuses conquêtes féminines (Annie Playden, Louise de Coligny-Châtillon, Madeleine Pagès). Le recueil Alcools est le résultat de son travail poétique depuis 1998, il devait au départ s'intituler Eau de Vie (avec un jeu de mots entre eau et alcool) mais se nomma finalement Alcools. Dans ce poème, le poète raconte son séjour sur les bords du Rhin et décrit les paysages rencontrés, tout en parlant d'un amour perdu avec Annie Playden. Le poème est axé sur la beauté de la nature et de la femme mais aussi sur la tristesse d'un amour perdu et une élégie modernisée.


          Tout d'abord, le poème parle de la beauté des lieux, de la nature présente, et la diversité de cette nature, avec notamment : « joli mai » (v1), « vergers fleuris » (v5), « cerisiers de mai » (v6), « vignes rhénanes » (v12), « joli mai » (v14), « rosiers » (v15), « osiers » (v16). Toutes ces différentes plantes, plus belles les unes que les autres, nous montrent bien la beauté et la diversité du paysage. Mais cette beauté est accentuée par l'auteur avec le choix des alexandrins, des vers majestueux, nobles, symboles de la beauté du paysage.
          De plus, la douceur est très présente dans ce texte, l'atmosphère paisible, avec un fleuve (le Rhin) qui coule paisiblement aux alentours, la représente bien. Cette douceur est présente avec : »barque sur le Rhin » (v1), « riverains » (v4), « chemins du bord du fleuve » (v9), « lentement » (v9). La joie est aussi exprimée dans le texte avec : « un ours un signe un chien menés par des tziganes », car le cirque est  synonyme de joie, là où il passe, la joie est présente. Apollinaire joue aussi avec les sens pour représenter la tranquillité de l'atmosphère : « fifre » (v13) et une allitération en [L] tout au long du texte : « le », « la », « les », « pétales » (v6), « ongles » (v7), « fleuve lentement » (v9), « le joli mai » (v14), « les fleurs » (v17). Cette allitération accentue l'atmosphère paisible du texte car c'est une sonorité douce. 
          Enfin, la femme (probablement Annie Playden) prend un aspect fantastique. Elle est très présente dans ce texte et elle est comparée à la nature : « sont les ongles de celle que j'ai tant aimée » (v7), « sont comme des paupières » (v8), « les roseaux jaseurs » (qui représentent les femmes qui parlent) et les « fleurs nues » (v17) qui représentent les femmes nues. Le poète exagère donc la beauté de la femme en la représentant comme la nature ce qui donne un aspect féerique, fantastique à cette femme et accentue sa beauté.


          Apollinaire joue donc avec la nature pour parler de la beauté de la femme et montre une nature belle et paisible, ce qui est complètement antithétique de ses sentiments, qui eux sont tristes et n'ont rien de paisible.
          Premièrement, tout le poème est fondé sur une antithèse, le poète évoque des faits, au premier aspect positifs, mais en réalité représentatifs de la tristesse du poète. Il fait une élégie modernisée, ce qui est antithétique car l'élégie est une forme d'écriture très ancienne pour l'expression des sentiments mais Apollinaire la modernise en enlevant toute forme de ponctuation à son poème. Cela représente le vide du poète ( le poème fait vide sans ponctuation) sans la femme qu'il aime. Le poète allie positif (la beauté des lieux et de la femme, la tranquillité des lieux, la joie, l'imaginaire) et négatif (l'amour perdu, la tristesse du poète, ses sentiments), beauté et vide. Mais encore, le poète va nous montrer, à l'aide de ces antithèses et cette élégie, à quel point il est triste et se sent seul : »pleurer » (v4), « figeaient » (v5), « celle que j'ai tant aimée » (v7) (=le poète parle d'Annie Playden et nous montre qu'il a aimé mais que cet amour est fini, grâce au passé), « air de régiment » (qui nous montre la dureté de la situation d'Apollinaire), « pétales tombées » (v6), « pétales flétris » (v8). Sa solitude est aussi exprimée avec la représentation des arbres vides : « vigne vierge » (v15), « fleurs nues » (v17), « pétales tombées » (v6). Et il va mettre fin à la tranquillité du paysage avec : »le vent du Rhin secoue sur les bords les osiers » (v16). Pour accentuer la dureté de la situation, Apollinaire va utiliser une allitération en [R] dans la dernière strophe : « paré » (v14), « lierre » (v15), « vierge » (v15), « rosiers » (v15), « Rhin » (v16), « bord » (v16), « roseaux jaseurs » (v17), « fleurs » (v17). Mais aussi lorsqu'il parle des animaux menés par des tziganes, au premier aspect, la connotation est positive puisqu'on parle de cirque mais la dénotation est bien plus triste car les tziganes qui font ce métier sont pauvres et le font car ils manquent d'argent, ce qui est triste.
          Pour finir, afin d'accentuer encore sa tristesse, Apollinaire parle de l'amour perdu avec Annie Playden et le rend plus fort en représentant le temps qui passe, qui s'écoule tel un fleuve inarrétable. La métaphore de l'eau qui représente le temps est d'autant plus forte qu'il parle d'un fleuve connu ; le Rhin. De plus, pour symboliser sa tristesse et son impuissance devant la fuite du temps, il représente une barque qui avance tranquillement sans s'arrêter et qui s'éloigne du présent (elle représente Apollinaire qui ne peut rien faire et voir son présent devenir passé) : »mais la barque s'éloigne » (v3), « s'éloignait » (v12), « lointain » (v13), « ruines » (v14). Et les animaux et la roulotte qui avancent tranquillement représentent eux aussi le temps qui avance, lentement mais inexorablement. Tout cela nous prouve bien la tristesse d'un amour  perdu du poète et l'élégie modernisée.


          Ce poème est donc un poème très riche car Apollinaire utilise une grande antithèse pour accentuer sa peine entre un paysage paisible et beau, alors que lui est triste et seul. Mais Annie Playden n'est pas la dernière femme qu'Apollinaire aimera jusqu'à sa mort en 1918. Apollinaire laissera un grand nombre de grandes oeuvres (tels que « Le Pont Mirabeau », « Poèmes à Lou » ou Alcools), et va être succédé par un courant auquel il a un peu appartenu : le Surréalisme avec un autre grand poète, Louis ARAGON (Aurélien, Les Yeux d'Elsa).

Baptiste T., 2nde section internationale, avril 2012. 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
               
 
 


 
 
 

 


Date de création : 17/03/2012 @ 11:32
Dernière modification : 20/06/2012 @ 13:47
Catégorie : Copies d'élèves 2011/2012
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