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Copies d'élèves 2011/2012 - Ecriture d'invention 2nde 3 (théâtre)
 

2nde 3 : DM coefficient 3 à rendre le mercredi 09 mai 2012

 

 

 

Ecriture d’invention (sujet de type III du bac de français écrit)

 

 

 

Sujet : Vous réécrirez le dénouement de L’école des femmes de Molière de telle sorte qu’il s’agisse dans votre production d’un dénouement de tragédie.

·        Vous êtres libre de ne réécrire que la dernière scène (acte V, scène 9), ou d’utiliser plusieurs scènes (par exemple, les scènes 7, 8 et 9 de ce même cinquième acte), en n’oubliant pas que dès qu’un ou plusieurs personnage(s) entre(nt) ou sort(ent), on change de scène.

·        Vous veillerez à bien respecter les caractéristiques du genre théâtral : répliques longues (tirades) ou brèves, voire très brèves (stychomythies) ; didascalies concernant le ton de la voix, les gestes, les costumes, les décors, l’éclairage.

·        Vous montrerez également votre connaissance du Classicisme (règles des trois unités, de bienséance et de vraisemblance).

·        Votre production tiendra bien évidemment compte du registre tragique : héros soumis à la fatalité (fatum), mécanisme inéluctable qui mène vers une mort réelle ou symbolique.

·        Vous êtes libre d’écrire aussi bien en prose qu’en vers, voire de mélanger les deux, dans certains passages. Néanmoins, votre production doit tenir compte de l’intégralité de L’école des femmes, depuis son exposition.




Devoir de Pauline dV :  

 
 
Scène 7 : Arnolphe, Agnès. (On entend par la fenêtre de la chambre d’Agnès la pluie qui tombe et le tonnerre qui gronde, la pièce est peu éclairée)
Arnolphe (rayonnant): Je viens vous annoncer, à la demande de votre bien-aimé, son hyménée prochain avec la fille du seigneur Enrique.
Agnès (scandalisée): Quoi! Quel malheur ! Je suis donc maudite, m’a-t-il oubliée ? Va-t-il accepter un mariage auquel il ne consent point ? Pourquoi ne me l’annonce-t-il pas et vous charge-t-il  d’une nouvelle qui vous contente et nous afflige ?
Arnolphe (fier) : Votre ami a en moi une confiance certaine. Il souhaite que vous l’oubliiez. Sa famille, de dettes est criblée. Il ne peut qu’accepter la richesse que lui promet  cet Enrique fortuné des Amériques. J’en profite pour vous annoncer notre imminente union ; ce soir même, vous serez ma femme.
Agnès (ne pouvant retenir ses larmes): N’avez-vous donc point de cœur ?
Arnolphe (tentant de l’approcher): C’est justement lui qui me pousse, fort égoïstement j’en conviens, à vous épouser. Malgré toutes vos réticences, je vous aime Agnès.
Agnès (criant et se débattant): Jamais je n’épouserai le despote que vous êtes et demeurerez. Horace m’aime sincèrement, lui. Avec quelques mots seulement il saurait m’en convaincre lorsque mille sortant de votre bouche n’y suffiraient pas !
Arnolphe (amusé, d’un air triomphant) : Nous verrons bien ! Pour le moment, je vous prie de m’excuser, je dois m’en aller discuter avec un vieil ami qui n’est autre que le père de votre charmant Horace. En attendant, séchez donc ces larmes, elles ne vous siéent pas.
Agnès (à voix basse, agenouillée pour pleurer, sa jolie robe rose lui donnant un air de petite fille) : Je suis perdue, je ne puis accepter le destin qui se profile pour moi.
 
 
 
Scène 8 : Oronte, Arnolphe, Chrysalde, Enrique, Horace. (Dans le salon, la lumière est vive contrastant avec la noirceur du ciel nocturne)
Oronte (heureux) : Arnolphe, mon bon ami, venez m’embrasser, cela fait si longtemps…
Chrysalde (légèrement moqueur) : Il préfère  aujourd’hui être appelé Monsieur de la Souche.
Horace (à part) : Est-ce possible ? Celui à qui j’ai confié toutes mes pensées les plus intimes est en fait un traître au cœur de pierre ! De mon malheur, il se réjouit.
Arnolphe (arborant un air joyeux) : Cela n’importe guère, je suis si heureux de vous revoir Oronte ! J’ai appris par votre adorable fils l’avantageux mariage que vous avez organisé. Je vous en félicite chaleureusement.
Oronte : Je m’en réjouis en effet. Voici cet aimable Enrique qui a accepté d’unir nos deux enfants.
Arnolphe : Enchanté ! Mais dites-moi, où est la promise ?
Enrique : Il semble que vous la connaissiez mieux que moi…
Arnolphe (surpris) : Comment cela se peut-il ?
Enrique : Vous l’avez éduquée, c’est au nom d’Agnès qu’elle répond. Pourriez-vous la faire chercher ?
Arnolphe (affolé) : Agnès, votre fille, mais comment est-ce possible ?
Enrique : Je l’ai confiée, il y a longtemps de cela, à une paysanne pour chercher fortune aux Amériques. Celle-ci, m’a-t-on dit, l’a ensuite remise entre vos mains.
Arnolphe (bégayant) : Mais…je…le sort sur moi s’abat…c’est impossible…
Enrique (dérouté) : Je ne comprends pas votre réaction, que quelqu’un m’explique !
Chrysalde (amusé, à Enrique) : C’est que, mon frère, vous lui enlevez sa fiancée.
Horace (radieux) : Quelle joie, que quelqu’un aille chercher Agnès ! Mon espoir renaît de voir ce tyran châtié.
 
 
 
Scène 9 : Alain, Georgette, Oronte, Arnolphe, Horace, Enrique, Chrysalde. (La pièce est bien plus sombre qu’auparavant)
Alain (paniqué) : Monsieur, Monsieur ! Quelle horreur ! Oh mon Dieu !
Arnolphe (ne comprenant pas) : Quoi, que se passe-t-il qui puisse encore aggraver ma peine ?
Georgette (essoufflée) : C’est Agnès !
Arnolphe (sur un ton pressant) : Quoi, Agnès ?
Alain (hésitant) : Dans sa chambre…
Arnolphe (agacé) : Oui, mais encore ?
Georgette : Allongée sur son lit…
Arnolphe (exaspéré) : Venez-en au fait !
Alain : Une dague dans le cœur.
Georgette (hystérique) : Morte !
Alain : Cette lettre à la main.
Arnolphe (lisant la lettre d’Agnès à voix basse): «  Je transperce mon cœur comme j’aimerais transpercer le vôtre. Mais pour ce faire, encore faudrait-il que vous en ayez un. Je veux que sur votre conscience à jamais pèse ma mort. Oui, c’est bien vous qui en êtes la cause. Depuis ma plus tendre enfance, vous m’avez modelée, tel un vulgaire morceau de cire entre vos mains. Vous avez façonné mon existence, tout tenté pour me garder dans l’ignorance et faire de moi une simple d’esprit, un objet incapable de penser. Vous avez menti, trahi, votre vie n’est que péché. La seule chose que je puisse vous souhaiter est de brûler en enfer, vous qui avez détruit mon amour. Je suis seule, abandonnée par l’être que je chérissais et je préfère encore mourir plutôt que vous épouser et me soumettre à votre tyrannie. Ma peine est infinie et j’espère que la vôtre l’est plus encore. »
Horace (fou de rage) : Comment est-ce possible ? Qu’avez-vous osé lui dire pour qu’Agnès se croie délaissée ?
Arnolphe (troublé) : Je…je…je vais me retirer, cela vaut mieux, cette lettre m’ébranle. Agnès, Agnès, qu’avez-vous  fait ? Je souffre plus que jamais…
Chrysalde (méprisant) : Je n’y crois pas une seconde…vous êtes insensible. Au moins, serez-vous sûr de n’être pas cocu, Agnès ne vous trompera jamais !
Enrique (bouleversé) : Ma fille…alors que je devrais la retrouver dans de joyeuses circonstances et la serrer dans mes bras, je dois aujourd’hui l’enterrer.  Vous, dont on m’avait dit le plus grand bien ! Mon cœur est transi. Comment osez-vous rester ici à contempler mon chagrin ?
Oronte (furieux, poussant Arnolphe vers la porte) : Partez, j’ai honte d’avoir un jour eu quelconque sympathie pour le despote que vous êtes ! Sortez et ne revenez jamais !
Horace (accablé) : En la tuant, vous me tuez aussi, jamais je ne trouverai le repos. Soyez maudit, diable qui avez anéanti ce que Dieu avait construit ! Agnès, mon amour, comment as-tu pu douter de ma sincérité ? Tu me comblais de bonheur, sans toi je suis vide, vide d’espoir, vide de tout. Cette douleur m’est insupportable, ma vie n’est plus que souffrance. Il me faut pourtant accepter de ne jamais revoir tes yeux pétillants d’ingénuité. Si l’on devait me tuer, pour l’éternité j’accepterais de te rejoindre. J’attends avec impatience ce jour si heureux où nous serons enfin réunis. (à Oronte) Père, permettez-moi de me retirer, c’est en tant que moine que je désire finir, jamais je n’aimerai une autre femme.
Oronte (partant, d’une voix dure) : L’amour n’est pas notre préoccupation, nous sommes pauvres et tu dois te marier. Dans peu de temps, je te présenterai un parti bien plus avantageux encore et te ferai oublier cette amourette.
Horace (seul dans l’obscurité, anéanti) : Les astres s’obstinent à me désespérer. Ce jour qui commença si bien est finalement le pire de mon existence. Je pleure ce malheureux tour du destin. Agnès, j’espère te rejoindre bientôt, le monde est trop cruel. Ma souffrance est terrible, son intensité me paralyse et me cloue au sol de cette maison maudite. Mon cœur n’est plus, il t’appartenait, tu l’as emporté.
 
Pauline dV., 2nde section internationale, mai 2012.





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Devoir d'Enzo B. : 
           

Scène VII

Enrique, Oronte, Chrysalde, Horace, Arnolphe, Agnès (cachée sur son balcon écoute la discussion)

Oronte, à Arnolphe.

Que de bonheur de vous rencontrer à nouveau !

Arnolphe

Il est vrai que votre visite ne m’importune point !

Oronte

Je suis venu pour…

Arnolphe

                                  Ne vous fatiguez point mon cher, j’ai déjà eu écho de la raison de votre aimable visite.

Oronte

Oh très bien… Je vois que les nouvelles vont vite.

Horace, à Arnolphe discrètement

Parlez, Seigneur Arnolphe, faites donc part à mon père de ma volonté, autrement mon amour avec la charmante Agnès sera perdu.

Arnolphe, à Oronte et n’ayant prêté aucune intention aux paroles de Horace.

Eh bien, mon très cher, qu’attendez-vous pour nous faire savoir qui est le père de celle que vous destinez à votre vaillant fils.

Oronte

Très bien, en conséquence de nombreuses réflexions, j’ai décidé de marier mon fils avec la fille de cet homme, qui n’est autre que le beau-frère de Chrysalde, nommé Enrique. Cependant j’ai choisi d’annoncer cette immense nouvelle devant mon grand ami le Seigneur Arnolphe puisque c’est dans sa somptueuse demeure que la charmante demoiselle, qui sera bientôt ma belle-fille, séjourne depuis son plus jeune âge.

Arnolphe

Oh ! Qu’entends-je ! Quelle bonne nouvelle vous m’apportez là, tendre ami !

Horace

Ah ! Traitre ! Mon père, en dépit de toute la reconnaissance que je vous dois, je vous annonce qu’en aucun cas je n’épouserai cette fille qui m’importunera certainement ! Je refuse de plier devant votre autorité !

Agnès, à elle-même

Serait-ce donc vrai ? Mon Horace ne voudrait plus de moi ? Il m’aurait caché son désamour ! Je ne puis supporter cette douleur si intense qui me gagne ! L’amour me fuirait donc ? Horace était donc un traitre et ne m’aimait pas de plein gré. Je ne puis plus entendre un mot de ce qu’il se dit ici.

(Agnès reste présente sur scène mais elle n’entend plus la conversation et semble appartenir au décor)

Oronte, prit par un léger élan de colère.

Tu es mon fils, ainsi en toute légitimité je dois répondre de ton obéissance ! Mon choix est fait et rien ne le changera.

Chrysalde, à Oronte

Dites-nous donc le prénom de cette jeune fille.

Oronte

Bien sûr, où avais-je la tête ? Il s’agit d’une prénommée…

Arnolphe

Enfin, mon cher, laissez donc savourer ce cher moment à votre fils ! Ne dévoiler pas d’autre information concernant cette jeune fille que j’élève depuis de si nombreuses années! La magie de la rencontre entre ces deux jeunes gens doit se faire sans aucun préjugé !

Horace, à part

Quelle est donc cette femme qui est sur le point de rompre définitivement mon amour pour la belle Agnès ! Ô Ciel ! Pourquoi le Seigneur Arnolphe ne m’a-t-il point défendu contre l’immuable autorité de mon père ? Serais-je donc obligé d’épouser une femme autre que celle à laquelle j’ai ouvert mon cœur ? Et ne s’est-on jamais vu dans l’abîme où je suis ? Que Dieu me pardonne de mes péchés que je n’ai pas commis et me rende mon Agnès ! Elle est la seule à qui j’offrirais ma main et ma vie ! Je ne sais plus où j’en suis tant ma douleur est forte. Depuis que je l’ai aperçue sur son balcon ce matin elle est mon cœur, elle est ma tête, elle est mon être tout entier que la simple déclaration de mon tyran de père vient de briser.

Arnolphe, chuchotant à Enrique

Cher Enrique, j’ai élevé votre fille pendant des années sans jamais rien vous demander en retour. Pourrais-je vous demander à ce moment si important pour vous d’exécuter ma volonté pour que nous soyons quittes de nos services ?

Enrique

Mais certainement, Seigneur Arnolphe, pourquoi donc avez-vous besoin de moi ? Quel est votre souhait qui semble si cher à vous entendre ?

Arnolphe

Eh bien, il faudrait que vous, le corps et le visage douloureux, annonciez devant ces charmantes personnes et en particulier à celui qui aurait dû être votre gendre que votre fille Agnès est décédée à l’instant.

Enrique

Ô Ciel ! Que diable me raconter vous là ! Ma fille est morte !

Arnolphe

Shhh… Bien sûr que non, elle est tout de ce qu’il y a de plus vivant sur Terre. Mais si ses jours vont sont chers, il vaut mieux que vous annonciez cette nouvelle à Horace. Et soit par vos discours, soit par vos gestes, du moins par vos émotions, faites-lui concevoir que sa destinée a été battue à mort par Monsieur de la Souche, ce dernier ayant appris que celle qu’il avait élevée pour l’épouser le faisait cocu. Cependant, pour me désigner ne prononcez aucun autre nom que celui de « Seigneur Arnolphe ».

Enrique

Moi ! Mais pourquoi donc mentirais-je à mon gendre pour lui annoncer une fausse mort de ma fille ? Mes yeux lui défendront, Seigneur, de me croire !

Arnolphe

En ma présence, mon cher, vous annoncerez cette nouvelle. Je verrai vos moindres gestes ou signes qui pourraient me nuire. Vous n’aurez pour moi pas de langages secrets ni de regards que vous croirez muets. Si je m’aperçois que, par un quelconque moyen, vous avez fait passer un message à l’encontre de ma volonté, la perte de votre fille sera infaillible. Sa fortune est plus entre vos mains qu’entre les miennes.

Enrique

Vous êtes un traître ! Mon seul espoir repose maintenant sur le fait que je ne puisse jamais la revoir !

 

Scène VIII

 Enrique, Horace, Arnolphe

Enrique

Ah Horace ! Je suis allé rendre visite à ma fille Agnès, qui séjourne pour le moment dans la somptueuse demeure du Seigneur Arnolphe.

Horace

Monsieur, quelle bonté de votre part de m’apporter, que je n’en doute pas, de bonnes nouvelles à propos de ma tendre Agnès ! Comment va-t-elle ? Lui manque-t-ai-je ? Son amour existe-il toujours ? Mon être tout entier est à votre écoute et cette nouvelle que vous allez me faire part pourrait, je l’en espère, éclairer un jour si sombre qu’aujourd’hui.

Enrique faisant une grimace de douleur et son visage laissant apparaître une pâleur.

Horace, que l’attente insupporte.

Eh bien ! Parlez donc ! Pourquoi tant de mal à m’annoncer une nouvelle qui ne peut qu’être bonne puisqu’elle provient d’Agnès ?

Enrique

Je ne puis point…

Arnolphe jette un regard foudroyant en direction d’Enrique.

Enrique

Agnès, ma fille, est décédée. Elle a été tuée de la main de Monsieur de la Souche que j’ai pu apercevoir courir pour sortir de la demeure du Seigneur Arnolphe.

Horace

Ahhh ! Grand Dieu ! Pourquoi ces terribles malheurs n’arrivent-ils qu’à moi ? Mon seul amour, ma seule envie de vivre, la seule personne qui, à mes yeux, comptait vraiment meurt alors que cet amour je ne l’avais rencontré qu’en apercevant celle que j’eusse aimée sur le balcon pas plus tard que ce matin même ! Et voilà que maintenant on m’annonce que je suis dans le devoir d’épouser la fille que ce bon Seigneur Arnolphe nourrit chez lui depuis de nombreuses années ! Ma belle Agnès est morte… Je ne puis y croire une seconde ! Mais pourquoi ? Pourquoi ce Monsieur de la Souche, qui jusqu’à maintenant utilisait tous les moyens pour m’empêcher de voir celle que j’aime, a-t-il atteint la limite de ma douleur en mettant fin aux jours de ma chère Agnès ?

Enrique

J’ai quelques renseignements sur cet homme, on chuchote qu’il se dit être un homme protégé de toute infidélité. Apprenant que la fille qu’il avait élevée pour l’épouser le faisait cocu, il s’en est pris à elle.

Arnolphe

…Puis, apprenant que le père de ce jeune homme nommé Horace et celui de la belle Agnès avaient trouvé un accord pour que les deux jeunes gens s’épousent, il a sombré dans une colère terrible et a tué celle qu’il, il en était persuadé, allait épouser.

Horace

Oh ! Arrr… ! Mon père m’avait donc destiné à Agnès ! Mais Agnès n’est en aucun cas celle que vous avez recueillie des années auparavant. Vous l’avez rencontré pas plus tard que quelques heures plus tôt lorsque je vous l’ai confiée ! Pardonnez-moi, mon cher Seigneur Arnolphe, mais quelque chose m’échappe ! Dites-moi ! Je vais me laisser mourir, Ô Ciel ! Car je ne puis plus supporter cette terrible douleur qui, je le sens, envahit mon âme tout entier !

Arnolphe

Vous vous méprenez, mon cher Horace, le Seigneur Arnolphe et Monsieur de la Souche ne font qu’un.

Le visage d’Arnolphe s’éclaire d’un immense sourire, qui semble refléter toute la haine qu’il a envers Horace mais qu’il n’a pas pu montrer auparavant dans la pièce.

Horace

Quelle erreur ai-je commise ! Je ne puis plus supporter de vivre avec de telles tortures ! Je ne vois plus qu’une seule solution pour calmer ce supplice !

Horace sort de scène titubant, bras branlant le long du corps, démuni de toute énergie et dépourvu de tout goût pour la vie.

Scène IX

Arnolphe, Agnès, Georgette, Alain, Chrysalde.

Chrysalde, à Arnolphe.

Le brave Horace s’est donné la mort à l’aide d’une corde dans la forêt bordant votre propriété.

Arnolphe, tout sourire, à Chrysalde.

Ah ! Quel malheur que d’apprendre cette merveilleuse mort !

Agnès

Mon Seigneur, où est donc passé Horace ? Ecoutant ses paroles tout à l’heure j’ai cru comprendre qu’il ne voulait plus de moi pour femme ! Où est-il donc ? J’aurais grand malheur à lui parler mais j’aurais grand bonheur à le revoir !

Arnolphe

Ma chère Agnès, en dépit de toutes les amabilités que j’ai pu lui prononcer à votre égard, il ne m’a point écouté et il a décidé d’épouser celle qu’il aimait vraiment, m’a-t-il dit.

Agnès

Ô diable ! Cette méprisable jeune fille qui m’a pris celui qui avec seulement quelques mots me faisait jouir de plaisir ! Que vais-je devenir ? J’aimerais me donner la mort mais cela ne serait d’aucune utilité puisque mon réel amour est encore sur Terre ! Ma douleur serait d’autant plus forte !

Arnolphe

Allons, n’ayez crainte, ce charmant jeune homme vous trompait depuis le début ! Il n’aurait pas été digne de vous épouser ! En revanche, je profite de ce moment de détresse dans lequel vous vous trouvez pour vous annoncer que je souhaite me marier avec vous.

Agnès

Vous ne remplacerez jamais mon Horace ! Mais il me semble que je n’ai plus le choix… Quand souhaitez-vous m’épouser ?

Arnolphe

Dès demain, et cela ne changera point même en dépit de votre propre volonté.

Agnès

Vous êtes un bougre ! N’ai-je pas mon mot à dire quant à la date de notre mariage ?

Arnolphe

Vous avez été, vous êtes et vous serez toujours sous mon autorité, ma chère ! Avez-vous déjà oublié les Maximes du Mariages et Les Devoirs de la Femme Mariée ? Vous avez la mémoire courte, dites-moi !

Agnès pousse un cri de douleur et Arnolphe la prend sauvagement par le bras

Chrysalde, à Georgette et Alain.

Allons, allez donc remplir vos tâches quotidiennes et servir ces deux personnes que tout oppose, que le diable a décidé d’unir contre la volonté du Ciel. Ce diable d’Arnolphe n’aura donc été cocu qu’une matinée. Il est bien, et c’en est sa grande fierté, un homme dont l’épouse restera à jamais fidèle. Et à la fin c’est lui qui rit et les autres qui pleurent… Allons donc pleurer ce brave Horace partager notre malheur au Diable qui fait tout pour le mal. 

 

 

Enzo B., 2nde section internationale, mai 2012. 




                                                                                                                                   *****





Devoir de Yahva T. :

 

 

ACTE V scène 4

 

Arnolphe, Agnès, Horace


Arnolphe

Ma bien aimée me reconnaissez vous ? (s’approchant d’elle)

L’homme que vous prétendiez aimer.

Me voici maintenant près de vous.

Comme il me paraît étrange de n’avoir su de mes sentiments démêler l’amour que je vous porte! Jusqu’aux tréfonds de l’âme et jusqu’en mon cœur, il m‘inflige votre beauté et votre esprit que je découvre. Devrais-je le taire, devrais-je pour cela le ne laisser couler entre mes doigts et de lui garder qu’un doux rêve? Je ne m’étais certes pas douté que cela puisse m’arriver un jour et si vite!

Je ne saurais vous expliquer comment ces choses là arrivent. Elles naissent un jour vous tourmentant plus que de raison.

 

Agnès

(prenant la main d‘Arnolphe)

Je ne vous attendez pas en d‘aussi bonnes dispositions! Devrais-je vous consoler de ce subit état qui vous torture? Hier encore vous vous amusiez de ma personne, à présent vous tenez à me retenir dans votre palais que vous nommez Amour, qu’ainsi je ne puisse plus jamais m’échapper de vous. Ne suis-je donc qu’un agneau à vos yeux?

 

Horace voyant Agnes donner la main à Arnolphe revient sur ses pas .

 

Arnolphe

Cela me fait de la peine de vous voir ainsi. C’est vrai qu’hier encore je pensais que je devais vous tenir hors du monde de crainte que vous ne m’échappiez et ainsi vous faire bien sentir quel était votre maître. Je pensais à tort que vous étiez à moi.

Aujourd’hui je ne puis que me résoudre à vous montrer que vous ne m’êtes plus attachée et pourtant je vous aime (Agnès lui fait un sourire pitoyable).  La force me manque pour vous séparer de celui sur qui vous vous épanchez, mais quand ma main trouve la vôtre, le désir me vient de me serrer tout contre vous (Agnes retire sa main promptement de celle d’Arnolphe et lui fait signe de la même main de garder ses distances).

Les chaînes qui vous unissent me semblent si lourdes que je sombre en moi, (tombant aux pieds d`Agnès)  avec tout mon fatras, mes trésors et mes regrets. J’ai été ridicule, j’en conviens, mais dorénavant je vous jure que j’aimerai même l’amour que vous aurez pour lui. Certaines choses de notre monde sont bien incompréhensibles. C’est à peine si l’on y croirait en les entendant raconter.

Vous m`avez menti, trahi, je ne puis vous en vouloir puisque mon comportement vous y poussait. C’était en réaction à ma sottise.

Je vous aime Agnes (tentant de se relever l’air complètement absorbé par elle), pardonnez-moi!

 

 

Agnès

(à part)

Dieu comme il dit cela, sans doute était-il peu au fait de ce genre d’affaire.

 

Horace

Mon trésor, ma douce, mon cœur brûle de rage!

Est-ce bien vous qui tendiez main à ce traître,

Cet infâme à qui je confiais mes secrets? (Horace se tournant vers Arnolphe prêt à tirer l‘épée de son fourreau)

Agnès

C’est de quoi je riais!

Serais-tu jaloux d‘un être si méprisable?

(Agnes se met à rire pour se moquer, puis se contredisant)

Sont-ce là des façons de faire devant celui à qui je dois toute mon éducation?

 

Horace

Tu riais de lui, tu ris de moi à présent.

Sa traîtrise ne puit plus me sortir de la tête!

 

Agnès

 Rien ne sert de faire triste mine lorsque l’on est si aimable.

 

 Horace            

(à Arnolphe d’un ton plus calme mais hypocrite)

Le service que vous me rendiez n’etait qu’un piège, c’était donc vous M. de la Souche! Et bien sachez que vous me répugnez. (Horace se tient debout devant Arnolphe maintenant assis)

 

 

Arnolphe

Mieux vaut être cocu sans le savoir qu’un époux jaloux sans raison!

 

Agnès

(à part face au public) Qui donc lui à mis ces mots d’une si grande sagesse dans la bouche? (puis se retournant vers Horace, d‘un air las) n’en dites pas plus.

(à part) La raison me dit que l’un manque d’esprit et mon cœur s’en défend, que l‘autre aime d‘une si tendre façon que je me sens pousser des ailes!

 

Horace

Ma tendre, mon trésor préfériez-vous ce becque cornu?

(blanc de colère à Arnolphe) Je ne puis prendre cet affront à la légère, votre jour sera le mien et votre arme, la mienne. Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Sortons sans un adieu Agnès, sortons! En restant ici plus longtemps je crains de faire quelque sottise.

 

 

ACTE V scène 5

 

 

Georgette, Agnès (en chemise froncée par une coulisse bordée de dentelle, le decolleté fermé par une agrafe. On entend frapper)

 

 

 

 

Georgette

Mademoiselle, puis-je entrer ?

 

 

Agnès

(penchée sur un écritoire, se lève et va en direction de la porte)

Est-ce vous Georgette, que me voulez-vous?

 

Georgette

(Agnes ouvre la porte)

Quelque chose s‘est passé. J`aurais besoin de vous en informer car mes jours ainsi que ceux d’Alain en cette demeure sont comptés! Cela ne vous causera sans doute aucune frayeur.

 

Agnès

Finissez d’entrer si cela peut être partagé.

 

Georgette

(suivant Agnes au milieu de la pièce puis s‘asseyant sur le tabouret)

Voilà, tandis que je découpais la viande pour préparer un bœuf à la mode, exactement comme il était dit dans le livre de gastronomie de Varrene que Monsieur détenait de ses parents et dont chaque recette lui rappelait une partie de sa tendre enfance, l’idée me vint d’aller chercher dans le jardin de fines herbes toutes fraiches pour en faire un beau bouquet, ainsi que quelques carottes. La table doit former l’image d’un tableau symétrique et harmonieux n’est-il pas vrai?

 

Agnès

Venez-en au fait, l‘appétit me vient!

 

 

Georgette 

Excusez-moi. A cette heure de la journée monsieur est habituellement au salon. Il devait être seul mais parlait à haute voix comme si quelqu’un se fut trouvé à ses cotés. Je n’entrais évidement pas et collais mon oreille à la porte pour mieux entendre ce dont il était question. Je vous l’accorde ce sont là de biens vilaines manières pour une servante mais j’étais trop curieuse de connaître le mal dont était atteint mon Maître.

 

Agnès

Continuez, je suis toute ouïe.

 

Georgette

Il disait qu’il voulait se cacher auprès de vous comme un oiseau dans les branches et ne plus voir du monde que votre ombre. Que depuis peu, il ne savait plus rien de lui, qu’il s’était perdu dans vos beaux yeux clairs. Il disait aussi qu’il s’était bien mal conduit envers vous mais que cela l’avait mené à reconnaitre un véritable amour. C’est si délicieux et si étrange, répétait-il maintes fois? Puis il resta silencieux. Je crus un instant l’entendre se diriger vers la porte derrière laquelle je me trouvais, je filais au jardin rejoindre Alain afin qu’il alla me cueillir ce dont j’avais besoin.

 

Agnès

Je comprends votre tristesse, votre maitre est un drôle d’oiseau. Il aime sans doute plus les cages dorées que la liberté! Poutant Dieu sait comme il traite le libertinage. N’est-il pas vrai qu’il en a une sainte aversion et qu‘il préfererait mourir afin de n’y point céder? Plutot que de chercher à lui préparer un repas aux fines herbes, laissez-le donc la prochaine fois picorer dans les herbes, il adorera cela.

 

Georgette

Point est mon intention de m’entretenir avec vous de cette drolerie là! A l‘heure à laquelle je vous parle, Monsieur…

 

Agnès

Qu’y a-t-il, pourquoi cette larme?

 

Georgette

N‘avez-vous rien entendu?

 

Agnès

Pas même un pinson! Allons cessez donc de sangloter, Alain vous aurait-il fait injure dans le jardin en essayant de vous courtiser?

 

Georgette

Non, bien qu’il me fît je l’avoue un beau bouquet!

C’est au moment où je finissais d’ajoutter les carottes à la viande et que le tout frémissait que j’entendis comme le son d’un éclair fulgurant.

 

 

Agnès

Cela venait-il du feu de votre potager?

 

 

Georgette

Hélas non! je me rendais de nouveau au jardin, duquel je pus distinctement voir celui qui vous est cher s’enfuir.  

Monsieur gisait à terre, une tâche écarlate recouvrait sa belle robe en redingote (Agnès poussant un petit cri), son vieux mousquet et une fourquine à ses cotés. J`accourais vers lui car il semblait bouger. Je lui dis que j’allais chercher du linge pour le panser mais il me tendit fébrilement la main.

Je ne ressens aucune douleur, me confia-il, une fleur céleste me traverse le cœur, une fleur de paradis qui me salue du ciel et qui m’y entraine. Par le cœur je la sens passer les cordes! Comme les heures qui s’écoulent, me souffla-t-il, comme le vent qui gonfle les voiles et va poussant le vaisseau, moi aussi je pars… Je ne suis arrivé à rien avec force, maintenant qu’elle m’échappe je vois en un éclair ses charmants yeux… Ce furent ses derniers mots qu’il me souffla à l’oreille.

Je ramassais alors son mousquet qui n’était pas même chargé.

 

Agnès

(pleurant et s‘observant dans un miroir)

Dieu que je me laissais vivre, dédaignant le temps! Brusquement il ruisselle en moi, m’envahit silencieusement comme si j’étais un sablier. Il entre en moi, coule de lui à moi.

Que vais je faire maintenant qu'il m'a quittée ?

Vais-je me contenter de ce qu'il a acté ?

Je ne puis aimer un homme sans pitié.

 

Il m'avait semblé être de toute bonté,

Alors qu’il est pareil à un jeune effronté.

Mais s’il m’était permis d’aimer jusqu’à demain,

C’est à Arnolphe que je donnerais ma main.

D’une secrète union pour ne pas crier

Je me refuserai au jeune meurtrier.

Aujourd’hui je suis comme une femme souillée

Si défait est le cœur d’une femme endeuillée.

Que de douces larmes encor vais-je verser?

Lors mon âme semble se volatiliser.

Le bonheur maintenant me réclame salaire

De mon coeur la souffrance ne saurait s’extraire

(s'effondrant à terre)

 

 

Georgette

(se penchant sur Agnes, pour elle-même)

Monsieur mort, qui nous versera notre salaire? (silence pesant)

 

 

 

ACTE V scène 6

 

 

Agnès, Georgette, Alain, Horace, Chrysalde, Enrique, Oronte

 

 

 

Oronte

Horace, mon enfant, ce que vous avez fait n’est pas chose convenable. Pensiez-vous que le duel fût une façon de prouver sa vaillance et de s'affranchir de son ennemi? Ignoriez-vous que jadis des monarques condamnèrent cette pratique sous peine de mort? Ignoriez-vous que plus récement le duc de Beaufort après avoir tué en duel son beau-frère en fût quitte pour quatre mille livres d’amende? Il en est aujourd’hui, dont certains de mes amis, qui pensent que pour réprimer ces crimes la sévérité est beaucoup plus propre que la douceur!

 

 

Horace

Père, ne me condamnez pas injustement. C’est lui qui pour mourir fit semblant de se battre préferant l’artifice à la vérité. Il avait le choix des armes. J’aurais accepté de me battre dans une joute verbale, d’ainsi sauver mon honneur et savourer ma victoire. Mais  sa vie plus vide que son mousquet l’y préparait. Georgette nous dit que c’était par amour. Qui donc pourrait croire de telles sornettes? Monsieur de la Souche était connu de tous et ne cachait d’ailleurs nullement ses considérations sur le mariage. Le ridicule l’aura tué, voilà tout!

 

 

Oronte

Mon fils est-il possible que ce crime vous ai rendu aveugle au point de n’éprouver aucune repentance? Les sentiments d’Arnolphe peuvent certes étonner, mais n’êtes-vous celui qui eût sitot refusé de croire qu‘il pouvait enfin aimer?

 

Horace

Je vois que la vision de votre cœur penche en sa faveur. Dois-je pour cela vous prendre aux mots?

 

Oronte

(blanc de colère)

Oseriez vous ainsi provoquez votre père?

Aucun coupable ne trompera mon discernement! Et s’il est vrai que mon cœur par quelque légitimité parle plus qu’il n’en faudrait, ma raison tient les rênes pour le diriger!

 

Horace

(à part, cherchant les yeux d’Agnès)

Cette assurance qu’Agnès avait placé dans mon regard s’affaiblit ici comme le jour cédant au crépuscule.

 

Agnès

Vous qui m’aimiez si mignonement, vous qui n’aviez d’instants heureux que ceux passés à mes côtés, pourquoi donc avoir tué si ce n’est par jalousie?

 

 

Horace

Il vous faisait du mal et voulait vous prendre pour femme.

 

 

Agnès

Moi qui pensais que vous couvririez ma vie de fleurs, voilà donc les coupables distractions! Pensiez-vous pouvoir me conquérir par un crime?

 

Horace

J’obtiendrai par la patience, la douceur et l’attachement ce qu’injuste douleur me refuse!

Agnès

Gardez-vous en bien, vous risqueriez d’y passer votre vie!

 

Horace

(s’adressant à tous)

Je vous convaincrai que je ne suis pas le meurtrier que vous prétendez (s’élançant vers la porte pour s’enfuir)

 

 

Alain

(lui barrant le passage)

Voilà comme les grands hommes se conduisent et usurpent l‘estime de leur public! (Horace tentant de passer)  Ne me forcez pas à vous empoigner.

 

 

Horace

Voilà donc le plus grand malheur que puisse éprouver un vaillant homme, se laisser malmener par un servant. Ah! mon père n’appliquerez-vous donc point quelqu’onguent sur mon cœur blessé qui jadis trouva une sainte félicité en cette femme tant aimée?

 

 

Oronte

(s’approchant d’Agnès à Horace)

Oh! mon enfant, elle pleure et ses larmes coulent sur mes mains comme un ruisseau de douleur.

 

Horace

(s’approchant  de son père)

Elles tombent sur mon cœur supplicié d’où se ranime ma flamme. (comme s‘adressant à lui-même) Mon devoir n’est-il pas d’aller la rejoindre?

 

Agnès 

Pour vous mon amour à jamais s’est éteint! 

 

 

Oronte

(s’adressant à Agnès et Horace)

Allons mes enfants! Le mal étant fait, il faut le réparer et vous ne le pourrez qu’en suivant mon ordonnance. (à Agnès) Acceptez la main de mon fils ou vous deviendrez la plus malheureuse des femmes.

 

Agnès 

Que dites-vous? De son crime  me voulez-vous complice? Mon dieu! Soutenez-moi!

 

Oronte

Oh! femme sensible et délicate, n’est-ce votre main qui poussa celle de mon fils a porter le coup fatal? Ne pourrait-on voir en vous quelque vilenie?

 

Agnès

Comment pouvez-vous me croire capable d’une telle infamie?

 

Oronte

Georgette et Alain en sont témoins, n’est-il pas vrai que vous vous amusiez de votre maître? (se tournant vers les domestiques)

 

Georgette

Mariez-vous Madame c’est le seul remède à vos maux!

 

 

Alain

Quelques arrangements de fortune vous donneront réparation!

 

Chrysalde

Il faudra consentir à avouer ou à vous marier!

 

Agnès

(à part)

Maintenant vers le cruel dilemme ils me poussent!

D’une main meurtrière, voilà qu’ ils m’éclaboussent

Moi pensant d’une cage dorée m’échapper

Sont-ce les cieux qu’il me faudrait rattraper?

Dans les bras du scélérat voudraient m’y laisser

Mais d’un amour naissant ne puis plus m’éclipser

Car je sais qu’il unit, il est vrai, en pensée

De ceux-là ne puis donc plus être offensée

Chaque jour déjà je m’attache davantage

D’une voile si noire porte l’accostage

Pour moi le père d’Horace apprête les noces,

Et d’un voile blanc voudrait que j’oublie l’atroce.

Comme des sots les voilà ainsi sûrs d’eux-mêmes,

Ne valant pas l’âme défunte au centième.

 

 

Georgette

Et bien, Madame, que décidez-vous?

 

 

Agnès

Ne suis-je femme à savoir me délivrer du chagrin et de la tristesse?

 

 

Horace

(baisant la main d’Agnès)

Je veillerai sur toi, ma bien aimée.

Ecoute seulement ce soupir amoureux,

Vois ce regard mourant, contemple ma personne.

 

 

Agnès

(d’un ton soudainement détaché, se dirigeant au milieu de la scène)

Sachez que les sentiments que j’ai pour Arnolphe jamais ne se dissiperont.

RIDEAU

 

 

Yahva T., 2nde section internationale, mai 2012

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

Devoir de Salim B. :

 

 

 

Acte V scène 9

 

Agnès, Alain, Georgette, Enrique,

Oronte, Horace, Chrysalde, Arnolphe.

 

Arnolphe:

Allons, ma belle, ne traînons point,  hâtez-vous,

Ne soyez pas malheureuse, pensez à nous,

À notre chance, à notre vie, notre avenir,

Je vous le promet, le bon temps saura venir.

 

Agnès:

Jamais je ne vivrai, heureuse à vos côté,

Sans la chère présence, de mon bien-aimé,

Qu’allez-vous me faire? Allez vous me forcer?

Je préfère mourir, qu’avec vous m’en aller.

 

Arnolphe:

Ne soyez point stupide, vous saurez assez vite,

Il faut m’aimer, jusqu’à ce que la vie me quitte.

 

Agnès:

J’espère alors, que bientôt votre fin approche,

C’est impossible, qu’à ce destin je m’accroche.

 

Arnolphe:

Vous tairez-vous? Il ne vous reste aucune issue,

Suivez-moi, car le choix ne vous appartient plus.

Horace va se marier, sa route est tracée,

Maintenant, rien ne m’empêche de t’emmener.

Allons!

 

Oronte:

Mes chers, où allez-vous? Restez un moment,

Enrique nous fait part de quelque évènement.

 

Enrique:

En effet, je disais...

 

 

 

 

 

Arnolphe:

            Veuillez nous excuser,

Mais nous avons quelques affaires à régler,

Nous devons dans de courts délais, quitter ces lieux,

Et sur ce je vous salue et vous dis adieu.

 

Agnès:

Horace mon bien-aimé, n’allez vous rien faire?

Croyez-moi, ma douleur ne sera éphemère,

Allez-vous vous m’abandonner aux mains de mon maître,

Qui a pour objectif seulement mon mal-être?

 

Horace:

Le choix ne se présente pas à moi, Agnès,

Si je le pouvais je te ferais ma princesse.

Mais je ne peux agir comme je veux,

Tu dois t’en aller, et je dois être courageux.

 

Arnolphe:

Assez parlé, il est tard nous devons partir,

Je vous laisse, j’espère vous revoir un jour messires.

 

Arnolphe s’en va, suivi d’Agnès

 

Acte V, scène 10

 

Chrysalde, Horace, Henrique, Oronte, Alain, Georgette

 

 

Chrysalde:

Eh bien! Voilà monsieur de la Souche parti.

 

Enrique:

Monsieur de la Souche? Est-ce de lui qu’il s’agit?

 

Chrysalde:

En effet, c’est l’homme qui vient de nous laisser.

 

Henrique:

Mon Dieu, c’est lui qui mon enfant a hebergé!

 

 

Horace:

Vous dîtes que la fille à qui je suis promis,

N’est autre que son élève, la chère Agnès?

 

Enrique:

En effet, c’est d’elle qu’il s’agit, retrouvez-la,

Je ne veux pas la perdre une seconde fois.

 

Oronte:

Dieu soit loué, je le vois au loin arriver!

 

Arnolphe arrive essoufflé

 

Arnolphe:

Messieurs, une chose terrible s’est passée,

Alors que nous partions, elle est devenu folle,

Et s’est mise à hurler, s’est jetée sur le sol.

Elle criait, comme habitée par le démon,

Et s’est mise à m’injurier de tous les noms.

Elle a ramassé une roche qui traînait,

Avec celle-ci au poing, sur moi s’est jetée.

Je fus obligé de violemment la pousser,

Mais derrière elle un mur de pierre se trouvait,

Quand je me suis levé, elle était allongée,

Que Dieu me pardonne, la vie l’avait quittée.

 

Enrique:

Ma fille ...

 

Horace:

Misérable! Vous l’avez tuée!

 

Il se rue sur Arnolphe et le frappe, Chrysalde intervient pour les séparer, Arnolphe s’enfuit. Tous sauf Horace quittent la scène.

 

 

 

Acte 5, scène 11

 

Horace, seul

 

Horace:

Qu’ai-je fais pour mériter cette peine immense?

Pourquoi est-ce sur moi que ces douleurs tu lances?

Ô Dieu! Je ne pourrais vivre avec ce chagrin,

Ne peux affronter, sans Agnès le lendemain.

Les souffrances qui se déchaînent sur mon coeur,

Me tuent, me remplissent d’incomparables douleurs.

La vie sans cet être magnifique, n’est possible.

Je suis pris dans cet engrenage irréversible.

Je me dois maintenant, de quitter cet endroit,

Qui ne représente à présent plus rien pour moi,

Je regarde ce monde une dernière fois,

Vais rejoindre ma bien-aimée dans l’au-dela.

 

Salim B., 2nde section internationale, mai 2012

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

 

 

Devoir de Coraline B. :

 

Scène7    Horace, Oronte, Enrique, Arnolphe, Chrysalde

 

 

Oronte aperçoit son fils et suivit d’Enrique, s’en va lui dire quelques mots.

 

 

Oronte

 

Je viens à vous mon fils, afin de vous annoncer, une grande nouvelle. Je vous ai trouvé par mes soins, une demoiselle qui ne demande qu’à être aimée et faire de même en retour. Elle est issue d’une famille tout à fait comme il faut.

Horace

 

Mon père, vous me voyez surpris de cette nouvelle, que je trouve plutôt précipitée. Car j’avais moi-même trouvé une personne qui répondait à mes convenances et mes attentes et dont j’ai fait la connaissance non loin de là, mais qui est précieusement gardé à la vue de tous dans un espace bien caché.

Oronte 

 

Je suis désolé de vous annoncer que vos fiançailles seront célébrées d’ici peu, car j’ai dû prendre une décision en votre absence, car on me pressait de tout côté. Je ne suis pas sans vous rappelez que vous n’avez maintenant plus d’autres possibilités que de faire honneur à cette union, mon ami Enrique va pouvoir vous aider à accepter cette nouvelle comme il se doit.

 

Enrique

 

Il faut savoir que votre promise a de grandes qualités musicales et intellectuelles. Mais il serait bon de la rencontrer, pour en jugez par vous-même et faire plus ample connaissance…

 

Horace

 

Suffit, il me semble en avoir trop entendu, il n’est point question de rencontrer qui que ce soit. Mon cœur bat déjà pour quelqu’un, et loin de moi l’idée de la substituer par  une  autre jeune fille.

 

Arnolphe

 

 

Entendant, la conversation, s’approche

 

 

Pardonnez- moi d’intervenir, dans une affaire si familiale, mais il est compréhensible que ce soit difficile à accepter pour Horace, se tournant vers le jeune homme mais je suis convaincu que vous la trouverez parfaite, vous ne pouvez rêver mieux,  elle est d’une grande  intelligence et saura vous rendre heureux.

 

Chrysalde

 

Mais il me semblait que votre théorie contre le cocuage, reposait justement sur le fait d’épouser une jeune fille sotte, tel que vous avez fait  avec Agnès, votre protégée.

Horace

 

Qu’ai-je entendu mon ami, vous êtes monsieur de la Souche, c’est à vous que j’ai confié mes secrets, mes attentes, mes craintes, et il se trouve que vous étiez l’auteur de tous mes malheurs. Je me sens offensé et vous avez trahi ma confiance .Par conséquent de je  vous demande réparation. Retrouvons nous tantôt avec deux témoins afin de tirer cette affaire au clair, lors d’un duel. 

 

Arnolphe

Je suis votre serviteur.

 

 

Scène 8 : Horace, Agnès

Horace

Entre, affolé

Ma tendre amie, je dois vous faire part d’une affreuse nouvelle, qui contrarie nos plans. Et sur laquelle, je ne puis seulement obéissance à mon père qui est en quelque sorte, l’auteur de cette tragédie.

Agnès

 

Parlez, parlez, vite mon doux  ami, je brûle de savoir de quoi il s’agit.

 

Horace

 

Il s’agit d’une terrible décision, que mon cher père a prise durant mon absence, il m’a fiancé à une autre que vous. Je lui ai conté notre histoire pour  qu’il revienne sur  son engagement, mais il ne veut rien entendre. Son entêtement est sans appel et je suis au désespoir de vous annoncer notre situation.

Agnès 

 

Mais si vous partez, en me lassant ici, je serais contrainte d’épouser Arnolphe !

 

Horace 

 

Mais je ne vous ai point tout conté,  j’ai provoqué Arnolphe en duel, il aura lieu au coucher du soleil.

 

 

Scène 9  Agnès, Horace, Alain, Georgette, Chrysalde, Enrique, Oronte

Agnès entre dans la pièce où se trouve allongé Horace, qui se trouve derrière un rideau

 

Agnès 

 

 Mon ami, lors du duel, Arnolphe a trépassé, j’ai donc perdu mon tuteur, par votre main, mais il vous a laissé également une marque, sur votre épaule gauche. Vous êtes comme je le soupçonnais, plus vaillant et habile que lui, je vous supplie de rester en vie, maintenant qu’Arnolphe n’est plus de ce monde plus, rien ni personne ne nous empêche de nous établir ensemble.

 

 

Horace

 

Il est vrai qu’Arnolphe était un obstacle à notre amour, mais la dame que je dois épouser tout à l’heure m’empêche d’envisager un avenir avec vous et je préfèrerais mourir, que devoir supporter cette situation le reste de ma vie, en pensant à notre amour perdu.

 

Agnès

Une seule solution s’offre à nous. Quittons ce monde ensemble ainsi nous serons réunis  à jamais et échapperons à un destin non consenti. L’amour que je vous porte est immense et ne saurait supporter  de compromis. Avec la complicité de mes fidèles serviteurs nous pourrons partir dans la sérénité.

 

Agnès sonne ses domestiques leur donnant l’ordre de la rejoindre en un lieu secret connu d’elle seule.

Georgette et Alain,  courrent vers Oronte, Chrysalde et Enrique, afin  confesser l’horrible tragédie à laquelle il venait de participer.

 

Georgette

Mon maitre un grand malheur vient de se produire !

 

Alain

C’est  notre faute

 

Georgette

Nous n’aurions pas dû, mais ils nous ont tant suppliés.

 

Chrysalde

 

Cessez ! On ne comprend pas un traitre mot de ce discours,  de quoi s’agit-il ?

 

Georgette (en sanglotant

 Alain et moi-même, avons contribué cette catastrophe.  C’est abominable.(prenant sa tête dans ses mains)

 

Enrique

Allez-vous enfin me dire pourquoi  faites-vous tant de tapage ?

 

Alain

 

Ils se sont donnés  la mort, et nous les avons aidé. Monsieur souffrait de sa blessure à l’épaule et Madame n’envisageait pas la vie sans Horace. Leur décision était sans appel.

Oronte

Oh !, Ah ! Mon dieu qu’ai-je fait ?  Par ma  faute je les ai  poussés  à l’irréparable. Il  me reste qu’une seule chose à faire les rejoindre.

Fermeture des rideaux

 

Coraline B., 2nde section internationale, mai 2012.

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

Devoir de Fabien M. :

 

 

 

SCENE 8 - ENRIQUE, ORONTE

 

ENRIQUE - (Entre sur scène) Me voilà de retour après une longue absence. Ce lieu, cependant, n’a point changé et semble toujours aussi désolant. Quelle tristesse.

ORONTE - Comment fut votre séjour, Monsieur ?

ENRIQUE - Il fut long mais prometteur ! Si vous saviez les opportunités et les richesses que peuvent offrir ces nouvelles terres ! Il est facile d’y faire de grandes sommes d’argent, et nombreux sont les ressources à découvrir, et à exploiter. Le plus pauvres des pauvres peut y trouver fortune et bonheur ! Fort encourageant est le destin de la petite ville de Jamestown. Elle se nomme ainsi selon ces braves colons.

ORONTE - Oh, vous me rendez jaloux.

ENRIQUE - J’espère bien, mon cher ami. Je compte y fonder un commerce. Mais ce n’est pas tout. Savez vous de quoi raffolent ces Anglais ?

ORONTE - La moindre idée monsieur.

ENRIQUE - De vin. Nos meilleurs crus y valent de l’or. Et à ce qu’il parait, nos vignes y poussent à merveille. J’y retourne bientôt. Mais assistance me serait nécessaire.

ORONTE - Assistance vous dites ? Vivons nous bien ?

ENRIQUE - Notre Louis XIV en serait jaloux.

ORONTE - Combien dure le voyage ?

ENRIQUE - Quatorze jours.

ORONTE - Quatorze jours ?

ENRIQUE - Voire moins.

ORONTE - Le prix ?

ENRIQUE - Coûteux.

ORONTE - Point problèmes.                            

ENRIQUE - Vous comptez y aller ?

ORONTE - J’en suis convaincu.

ENRIQUE - Et votre fils ? Rappelez-moi son prénom.

ORONTE - Horace.

ENRIQUE - C’est cela, Horace.

ORONTE - Une main d’œuvre.

ENRIQUE - Vous l’emmenez ?

ORONTE - Je serai cette assistance. Main d’œuvre sera nécessaire et il sera d’une aide bénéfique.

ENRIQUE - Ô joie !

ORONTE - Triste et ennuyeux est cet endroit, mon envie elle est vive et curieuse.

ENRIQUE - Ainsi soit-il.

ORONTE - A la bonne heure.

 

 

SCENE 8 - ENRIQUE, ORONTE, HORACE, ARNOLPHE

 

ORONTE - (se dirigeant vers Horace) Mon fils ! Grande est la nouvelle que j’ai à t’annoncer ! Nous partons !

HORACE - Plaît-il ?

ENRIQUE - J’ai fait part de mon expérience à votre père.

HORACE - Votre voyage ?

ENRIQUE - C’est cela.

HORACE - Vous partez ?

ORONTE - Nous partons.

HORACE - Que voulez-vous dire père ? Allons éclaircissez la situation !

ARNOLPHE - Une excellente nouvelle.

ORONTE - Nous envisageons un départ imminent pour les Amériques, ouvrir un commerce de vignobles, fonder un château, et trouver notre réelle voie. Je te le promets mon fils. Grande sera notre maison. Aisée sera notre vie, fertiles seront nos terres, abondantes seront nos récoltes, et immense sera notre fortune ! Ton aide nous sera précieuse, et mille fois plus intéressante sera ta vie là-bas que dans ce lieu triste et clos.

HORACE - Ah ! Et ai-je le choix ?

ARNOLPHE - On ne conteste pas la décision d’un seigneur, et encore moins celle de son propre père !

HORACE - Et Agnès ! Une jeune fille ravissante. Peut-elle faire partie du voyage ?

ORONTE - Une femme ? Allons, mon fils, ne dis pas de sottises. Charmantes et obéissantes sont les Anglaises. Tu y trouvera de quoi faire ton souper. Oublie dès à présent cette Agnès !

ARNOLPHE - Ecoute ton père mon ami.

HORACE - Terrible sera ma séparation. O toi Agnès, ma douce aimée. J’espère le meilleur des destins. Que douce et paisible sois sa vie. Que cesse cette autorité nuisible  à son ascension vers la femme parfaite, vers l’idéal. Que ses nuits soient calmes et soyeuses telle une fleur de coton venu d’Inde, et que le meilleur des bonheurs la berce tous au long de sa vie. O seigneur Arnolphe, je compte sur vous pour faire de ma tendre aimée la femme la plus heureuse qu’il soit. Votre service m’est fort réconfortant.

ARNOLPHE - Je vous le promets. Elle sera comblée.

ORONTE -  Allons mon fils, ne te laisse pas submergé par ta passion. Mais écoute plutôt la raison.

 

 

SCENE 9 - AGNES, ENRIQUE, ALAIN, GEORGETTE, ORONTE, ARNOLPHE, CHRYSALDE, HORACE

 

ARNOLPHE - Venez, belle, venez. J’ai l’honneur de vous annoncer, que votre Horace, part faire fortune aux Amériques ! N’est ce pas formidable ? Allons ! Réjouissons-nous !

AGNES - Qu’entends-je ?

ALAIN - Horace part ?

GEORGETTE - Faire fortune ?

CHRYSALDE - Aux Amériques ?

 

 

 

ORONTE - Ma chère, n’ayez crainte. Mon fils deviendra riche et puissant !

ARNOLPHE - N’est ce pas réjouissant chère Agnès ?

AGNES - Vous, l’homme qui m’avez élevée,

Vous, l’homme qui m’avez menti, et retiré celui que j’aime.

Vous, l’homme responsable de ma souffrance.

Et vous osez me demander si je me réjouis ?

Toi, Horace, l’homme que j’aime, et que jamais plus je ne reverrai.

Toi, Horace, l’homme que dès les premiers moments j’ai su,

Toi, Horace, l’homme qui allait être mon bonheur.

Me voila ainsi, déchirée, trompée, tuée.

Finir ma vie dans un couvent, telle est ma fin,

Avec comme perpétuel souffrance l’absence.

L’absence de ma liberté,

Et l’absence de celui qui représente ma vie,

Ma vie qui s’enfuit.

HORACE - Vous ? Seigneur Arnolphe ? Expliquez moi. Je ne veux la voir ainsi. Je suis perdu. Que dit-elle ?

CHRYSALDE - Ce qu’elle insinue, c’est que le Arnolphe ici présent, celui que vous honorez, se trouve être Monsieur De la Souche. Et raison est sienne, mon pauvre Horace.

HORACE - Vous ? Le bourreau ? A qui j’ai confié celle que j’aime ?

ARNOLPHE - Le dire ainsi est plus convenable.

HORACE - Traître ! Ciel qu’ai je fais !

J’ai été trahi ! J’ai moi-même tracé le chemin de notre perte !

Sa mort est à présent certaine, et mon âme en est de même.

Avec comme seul et unique responsable,

Moi, moi seul, ma décision. Mon acte est impardonnable.

Ma confiance a été humiliée. Ma confiance a été souillée.

O ciel ! Toi tout puissant ! Juge moi pour le meurtre de celle,

Qui ne mérite nullement ceci. Juge moi pour l’avoir envoyée à exécution,

Là où infini sera son désespoir et sa souffrance.

Me voila parti pour de nouvelles terres,

Laissant avec cruauté et dans la douleur la plus totale,

Celle que j’aimais…

AGNES - Tu m’aimais et me confier à cet homme te paraissait bon,

Tu as pensé bien agir, tu as pensé bien faire.

Mais la fatalité a voulu que ton acte soit le mauvais.

La faute n’est pas tienne, mais celle du destin voué a notre perte.

A présent, pars. Enfuis-toi. Oublie-moi.

HORACE – Que maudit soit le destin. Jamais Agnès. Jamais.

ENRIQUE - Commençons les préparations. Le jeune aura le temps de se remettre en forme.

ORONTE - Arnolphe, chère ami, cette demoiselle est à vous.

ARNOLPHE - Avec une immense joie.

(Tombée des rideaux)

 

Fabien M., 2nde section internationale, mai 2012.

 

 

 

 

*****

 

 

 

 

Devoir de Sophie V. :

 

 

Scène 8

 

Arnolphe, Enrique, Oronte, Chrysalde, Horace.

 

Les personnages sont éclairés par une douche de lumière vive.

 

Oronte : Bonjour, mon cher ami.

Arnolphe : Ah, je vous attendais, Oronte.

Enrique : Vous devez être Arnolphe, enchanté.

Arnolphe (excité, impatient): Qu’attendez-vous pour achever ce mariage ?       

Oronte (un peu gêné) : Il me semble que l’on ne vous ait pas dit que chez vous se trouve la promise, Agnès, fille de l’aimable Angélique et du seigneur Enrique.

Arnolphe (Son visage se décompose et fait place à l’épouvante, l’inquiétude. Faisant un pas en arrière, sortant ainsi de la douche de lumière, il est à présent faiblement éclairé) : Comment ?

Chrysalde (peu assuré) : En effet, ma sœur eut une fille dont on cacha le sort à toute la famille.

Oronte : Cette enfant ne pouvait être reconnue comme fille du seigneur Enrique, alors sous un autre nom elle fut donnée à une paysanne des champs voisins.

Chrysalde : Seulement, avec la guerre, le seigneur fut forcé de quitter sa terre natale.

Oronte : Après la victoire, de retour en France, il a cherché la paysanne à qui elle avait été confiée.

Chrysalde : Elle lui avoua qu’à ses quatre ans, Agnès vous avait été remise. Alors, la paysanne guida le seigneur Enrique jusqu’ici pour qu’il retrouve sa fille.

Arnolphe (à lui même) : C’est impossible …

Oronte : J’avoue que je m’étonnais de votre réaction vis-à-vis de l’imminence du mariage.

Enrique (heureux): Nous allons la marier ce soir même au fils de mon ami Oronte.

Arnolphe (à voix basse) : Oh… 

Horace (radieux): Père ! Le hasard est tellement beau que la femme que vous m’avez promis s’avère être celle que j’aime ! Je ne saurai vous remercier assez.

Oronte : Parfait, parfait ! Que fait Agnès, pourquoi n’est elle pas là ?

 

 

Scène 9

 

Georgette, Alain, Enrique, Oronte, Chrysalde, Horace, Arnolphe

 

La pièce est sombre, les personnages déjà présents sur scène sont éclairés par une grande douche d’intensité moyenne.

 

 

Alain et Georgette entrent en courant, Georgette est derrière Alain, elle a le souffle coupé et s’essuie les mains sur son tablier usé.

 

 

Alain (bouleversé) : Monsieur, Monsieur, votre très chère Agnès est morte ! Elle s’est jetée par la fenêtre !

S’en suit un grand silence, la lumière baisse de façon très lente, bientôt la douche disparaît et toute la pièce est sombre.

Georgette (toute pâle) : La pauvre petite …

Chrysalde : Oh quel malheur !

Arnolphe, désemparé, recule doucement puis tombe sans bruit sans que personne ne le remarque, s’assoit mais ne se relève pas.

Enrique : Agnès ... c’est impossible, pourquoi aurait-elle fait une chose pareille ?

Georgette (elle essaye de former des mots mais n’y parvient pas) : Eh …

Alain : Elle nous hurlait à travers la porte qu’elle ne pourrait vivre loin de l’homme qu’elle aimait… C’est si triste, vous savez, mais nous n’avons pu la sauver ; elle s’était enfermée dans la chambre.

Horace (dans un murmure, sanglotant) : Mon amour … n’est plus ? (Il s’effondre et enfouit son visage dans la longue jupe de Georgette, qui lui caresse les cheveux.)

Enrique (après quelques secondes) : Qu’allons nous faire pour le mariage ?

Horace (pris d’une soudaine rage il se lève pour faire face à Enrique): Agnès vient de mourir et c’est la seule chose qui vous vient à l’esprit ? N’êtes-vous pas son père ?

Oronte (outré) : Enfin, Horace ne parle pas comme cela à Enrique, il n’y est pour rien.

Horace (désespéré) : Père …

Enrique : Bon, je prendrais le prochain bateau pour rejoindre ma femme et lui annoncer cette triste nouvelle. Oronte, je peux vous faire confiance pour l’enterrement, je ne pense pas pouvoir ramener son corps avec moi ?

Horace : Aaah !

Oronte : Horace calmez vous ! Je sais que cette perte dur à supporter, mais nous organiserons un nouveau mariage pour vous, vous vous en remettrez.

Horace (enragé): Je ne veux pas d’un autre mariage ! Pourquoi vivre avec une femme si ce n’est pour l’amour qu’on lui porte ? Pourquoi épouser une inconnue ? Seulement pour les avantages financiers qu’elle nous apporte ? Au diable le pouvoir et la richesse, ne pouvez-vous pas comprendre ce que c’est aimer, aimer du premier regard, aimer au point de ne penser plus qu’à l’autre ? Si Agnès est partie aujourd’hui, c’est à cause de vous, de vos plans pour un hymen qui n’arrange que vous, personne ne l’avait prévenue que le hasard si heureux soit-il se joigne à nous pour unir nos deux âmes. Par peur de vivre sans ce sentiment, si fort, qui pourrait la faire oublier qui elle est, oublier tous les malheurs, elle a décidé de ne pas vivre du tout. Mais vous ne pouvez pas comprendre, vous n’avez jamais aimé une femme ! Vous n’avez jamais aimé personne, Père !

Enrique : Horace c’est assez, ne parlez pas sur ce ton là à votre père.

Oronte (déstabilisé): Ne lui en voulez pas Enrique, je crois qu’il est malade, cela doit atteindre son esprit. Il ne pense pas ce qu’il dit.

Chrysalde : Beaucoup de repos lui ferait du bien.

Horace (désespéré, avec une pointe de mépris, il s’éloigne à reculons du petit groupe): Suis-je donc seul dans cette souffrance ?

 

Horace s’enfuit en courant sans ajouter un mot.

 

 

Sophie V., 2nde section internationale, mai 2012.

 

 

*****

 

 

 

 

Devoir d’Antoine P. :

 

 

Scène 7 : Arnolphe, Oronte, Horace et Chrysalde

(La scène est baignée d’une lumière orangée)

Arnolphe

Mon bon et bel ami. Je suis comblé de joie.

Et quel bonheur de vous retrouver près de moi.

 

Oronte

Votre compagnie m’a profondément manqué.

Mais je suis venu pour voir mon fils se marier.

 

Arnolphe

Je sais quel dessein vous ramène en ces lieux

Nul besoin de me le rappeler cher monsieur.

 

Oronte

Vraiment ?

 

Arnolphe

Mais assurément, et c’est votre autorité,

Dans cette affaire, qui se doit de triompher !

Les jeunes gens ne sont pas faits pour contester,

Et à nos décisions ils ont à se plier.

 

Horace

Ah félon ! Cessez d’épandre votre venin !

Est-ce ainsi qu’on plaide ma cause ? Vil coquin !

Père je vous en prie, annulez cet hymen

Ou je succomberai de douleur et de peine.

 

Arnolphe

Quoi ! Vous laisseriez un enfant dicter sa loi ?

Ah, jamais de mon vivant je n’ai vu cela !

Allons pressez le jour de la cérémonie.

 

Chrysalde

Je dois avouer que je suis plutôt surpris,

De vous voir tellement charmé par ce projet.

 

 

Arnolphe (énervé)

J’y suis très attaché je dois bien l’avouer.

Pouvoir décider du destin de son enfant

C’est le pouvoir que doit conserver un parent !

 

Oronte

Restez calme Arnolphe, il ne faut pas s’emporter !

 

Chrysalde

Ce n’est pas comme cela qu’il faut le nommer,

« Monsieur de la Souche » est le nom qu’il s’est choisi,

Et maintenant il vous faut l’appeler ainsi.

 

Horace

Ah ! En fait cet hymen fait tout votre bonheur !

L’union forcée que vous  portez dans votre cœur.

Triste ironie du sort ! L’homme à qui je me fiais

Désirait me nuire et voir ma route entravée.

Sans retenue je vous livrais tous mes secrets

Sans me douter jamais de votre sobriquet !

Gredin, rien n’égale votre méchanceté,

Vous gardez ma douce moitié dans vos quartiers.

Et votre intention est d’en faire votre « chose ».

Vous n’êtes qu’un goujat qui n’est en rien grandiose !

 

Arnolphe

Comment ? M’insulter, moi ? Maintenant, c’en est trop !

Cessez sur le champs et mesurez vos propos !

 

Oronte

Suffis cette dispute, j’ai pris ma décision.

Fils, tu m’obéiras, que tu le veuilles ou non !

Tu épouseras la fille d’Enrique, c’est  dit !

 

Horace

Père ne m’y forcez pas, je vous en supplie…

Mon cœur n’appartient qu’à une seule femme, Agnès !

Si vous m’emmenez loin  je mourrai de tristesse

Savez-vous seulement ce que c’est que l’amour ?

 

Oronte

Je le sais, cela nous joue parfois bien des tours.

 

Horace

Non ! Vous ne savez pas, ceci vous dépasse

Votre cœur est d’acier tel une carapace !

 

Oronte

Quel insolent ! Mais que connais-tu de la vie ?

Rien ! Et puis c’est  moi qui dicte les règles ici !

Nous sommes prêts à partir. Enrique nous attend.

 

Horace :

Sort cruel pourquoi me fais-tu souffrir autant ?

 

Oronte (à Arnolphe)

Adieu.

 

Arnolphe

Adieu !

 

 

 

 

 

 

 

 

Scène 8 : Agnès et Arnolphe

(La scène est éclairée par une faible lueur)

 

Agnès

J’ai entendu du bruit n’était-ce pas Horace ?

 

Arnolphe

Oui et il vous faut voir la vérité en face,

Il s’en part avec son père pour l’Amérique

Ou il y épousera la fille d’Enrique.

 

Agnès (abasourdie)

Quoi ?  Que …

 

Arnolphe

Oui, son cœur est promis à une autre, c’est évident.

Ma douce, il ne reste plus que nous maintenant.

 

Agnès

Si vous dites vrai je veux l’entendre de lui.

Amenez-moi près de lui, je vous en supplie !

 

Arnolphe

Vous ne me croyez pas ? Pourtant le fait est là.

 

Agnès

Menteur !  On le force à ce mariage ! Voilà !

Je vous ai entendu, inutile de nier…

 

Arnolphe

C’est sans importance, son destin est tout tracé.

Et oui ! Tandis que le vôtre est entre mes mains.

 

Agnès

Non, et je crois que le mien est sans lendemain

Je préfère mourir que vous appartenir…

 

(Elle s’enfuit et rejoint sa chambre en sanglotant)

 

 

 

 

Scène 9 : Arnolphe, Alain et Georgette

(La scène est désormais sombre, éclairée par une unique bougie. Agnès a cessé de pleurer)

 

Arnolphe

Bien, la malheureuse s’est finalement tue.

 

Alain

Hélas mon bon maître, j’ai peur qu’elle ne soit plus.

 

Arnolphe (sous le choc)

Que…

 

Georgette

Nous l’avons trouvée quand nous sommes remontés

Son corps entièrement blanc et inanimé.

Elle gisait sur son lit une dague en plein cœur.

 

 

Arnolphe

Elle ?...

 

Alain

La voilà plongée dans une infinie torpeur.

 

Arnolphe

C’est moi, je l’ai poussée dans les bras de la mort

C’est ma faute, il ne me reste que les remords.

Je l’ai arrachée à l’être qui l’aimait vraiment

Me voilà désormais dans mon apitoiement

Je voulais la garder entièrement pour moi,

Mais me voilà la seule cause de son trépas.

 

Alain et Georgette (ensemble)

Monsieur… Vous ne…

 

Arnolphe (à Alain et Georgette)

La journée fut rude… Partez, je vous en prie.

 

(Alain et Georgette quittent la scène)

 

Me voilà seul, c’est sans doute plus sage ainsi.

Seul à jamais oui, oui seul je dois demeurer …

A la solitude me voilà condamné

 

 

 

Antoine P., 2nde section internationale, mai 2012.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

 


Date de création : 20/05/2012 @ 13:45
Dernière modification : 20/06/2012 @ 14:05
Catégorie : Copies d'élèves 2011/2012
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