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Copies d'élèves 2011/2012 - Dissertations 2nde 6
 Dissertation :

 

Sujet : Un personnage de roman ou de théâtre peut-il se concevoir sans souffrances ni désillusions ?

 

Devoir d’Aline C. :

 

                Depuis l’Antiquité, la souffrance d’un personnage est omniprésente comme dans la tragédie grecque afin de critiquer les mœurs, mais au fil des siècles certains auteurs l’ont délaissée faisant évoluer la littérature. Néanmoins cela amène à se demander si « un personnage de roman ou de théâtre peut [être conçu] sans souffrances ni désillusions ? ». En d’autres termes, un personnage romanesque ou théâtral doit-il souffrir ou être déçu, ou au contraire ces dimensions sont-elles facultatives ? Ce raisonnement cherche d’abord à prouver que la souffrance est inutile, puis à démontrer que celle-ci est indissociable d’un personnage d’une œuvre romanesque ou théâtrale.

 

 

                Tout d’abord, la souffrance et la déception sont dans certains cas en littératures inexistantes pour certains personnages. En effet,  le roman et le théâtre sont un moyen d’évasion de la réalité dans laquelle le lecteur ou le spectateur vit. La souffrance est alors déjà éprouvée au quotidien, elle ne doit donc pas réapparaître dans le divertissement.  Les lecteurs prennent alors plaisir à s’évader grâce aux œuvres littéraires qui leur permettent par exemple de découvrir de nouvelles cultures et  de nouveaux paysages, jusqu’ici inconnus. Les romans d’aventures de Jules Verne illustrent cette idée. Le tour du monde en quatre-vingts jours (1873) en est exemple car il fait voyager son lecteur au tour du globe, notamment en Inde, en Chine et aux Etats-Unis, alors que celui-ci n’en avait pas forcément l’occasion de le faire physiquement compte tenu de l’époque  à laquelle l’œuvre a été écrite. Dans ces romans, la souffrance n’y est pas présente afin de permettre une évasion spirituelle.

                De plus, en littérature certains personnages ne sont pas suffisamment fin d’esprit afin de comprendre ce qui leur arrive, donc ils ne souffrent pas de leur situation qui devrait pourtant les affecter. Dans Pierre et Jean (1883) de Guy de Maupassant, le père Roland est cocu mais il ne se doute d’absolument rien et ce jusqu’à la fin de l’œuvre, il ne souffre donc pas et n’est pas déçu par le comportement de sa femme car il ne comprend pas ce qui s’est passé. Le roman Forrest Gump (1986) de Winston Groom met aussi en scène un personnage simple d’esprit qui sans le vouloir réussit beaucoup de choses mais qui dans certaines situations pourrait être déçu.

                Enfin, la comédie est un genre littéraire dans lequel la visée est humoristique et où il n’y a gère de désillusions. La comédie reste encore aujourd’hui en grand succès et ce grâce à Molière qui révolutionna ce genre alors grotesque en y appliquant les règles de la tragédie classique. Les fourberies de Scapin illustre cette idée, car bien qu’il ait des trames aucun personnage ne souffre réellement et le spectateur est confronté à une fin heureuse. La parodie des défauts chez Molière est donc suffisante pour éduquer le public, sans pour autant avoir recourt à la déception d’un des personnages.

 

 

                Bien que certaines œuvres théâtrales et romanesques bannissent la déception pour leur personnage, de nombreuses autres en ont néanmoins recourt. Tout d’abord, la tragédie au théâtre ne pourrait exister sans un personnage qui souffre. Par exemple l’œuvre de Racine Britannicus écrite au XVIIème siècle met en scène un couple fiancé, Junie et Britannicus, qui sont animés par la passion (vient du latin patior qui  veut dire souffrance). Cependant ce couple est rompu pas l’empereur romain Néron, amoureux de Junie, et celui-ci exécutera même son rival au grand désespoir de sa fiancée. Dans le cas de la tragédie, la perte de certains personnages est forcément accompagnée de souffrance et de désillusions.

                En outre, un dramaturge cherche chez un spectateur la compassion afin qu’il ait pitié à a la vue d’un personnage souffrant. Cette façon de vouloir faire devenir le spectateur un être meilleur est énoncée dans la théorie du drame (Die Dramentheorie) par le dramaturge allemand Lessing du XVIIème siècle. Il exprime en effet le besoin au théâtre d’éduquer en quelques sortes son public et cela grâce à la mise en scène dans une tragédie d’un personnage pathétique qui aura pour particularité d’être le personnage avec les meilleurs qualités mais aussi celui avec le plus de souffrance. La compassion alors recherchée au théâtre devait réapparaître par la suit au quotidien. Cette théorie inspirera plus tard des auteurs germaniques très célèbres comme Schiller et Goethe. La tragédie est donc à nouveau forcément constituée d’un personnage souffrant et exposé à une déception certaine.

                Enfin, après un bond spatial, un bond dans le temps est aussi nécessaire afin d’illustrer ce facteur de la souffrance. En effet, cette dernière permet la défense d’une cause à travers des écrits comme le roman réaliste Germinal (1885) d’Emile Zola. Dans cette œuvre tirée du cycle romanesque des Rougon Macquart, le personnage principal souffre terriblement, mais cela permet une critique des conditions de travail minier lors de la Révolution industrielle. De plus, plus tard, pendant la seconde guerre mondiale, la pièce de théâtre Antigone récrite par Jean Anouilh dénonce l’occupation nazie du territoire français. Cette tragédie est un appel à la Résistance incarnée par Antigone qui à cause de la fatalité sera tuée ce qui entrainera par la suite la mort de nombreux autres personnages. Cette œuvre théâtrale fait aujourd’hui partie de l’art engagé.  La défense d’une cause est donc possible grâce à la souffrance d’un personnage dans le roman comme dans le théâtre.

 

 

                En somme, un personnage romanesque ou théâtral n’est pas obligatoirement soumis à une souffrance et une déception, mais l’auteur peut toutefois en décider autrement et donc soumettre un de ses personnages à ces deux notions. De plus l’expression de la souffrance se retrouve aussi dans un autre genre littéraire qu’est la poésie lyrique. L’auteur romantique Victor Hugo en est un exemple avec son poème « Demain dès l’aube… » dans lequel il décrit son trajet pour aller se recueillir sur la tombe de sa fille décédée lors d’un accident de barque. Cet écrit est donc un moyen pour le poète d’exprimer sa souffrance. Le poème d’Alphonse de Lamartine « Le lac » illustre aussi cette idée à travers l’expression du regret d’une époque passée et perdue, qu’il illustre à l’aide de la description du lac qui matérialise des sentiments trop forts pour être dits.

 

Aline C., 2nde section internationale, mai 2012.

 

 

Devoir de Thomas B. :

 

               

                Le théâtre est un genre littéraire qui met en scène des personnages qui vont jouer leur rôle afin de présenter un personnage fictif ou réel devant le public. Bien que le roman soit parfois moins vivant que le théâtre, les péripéties sont transmises par un narrateur interne à l’histoire ou au contraire externe aux actions. Dans les deux cas et quel que soit l’époque, un personnage est généralement amené à souffrir ou à rencontrer des difficultés concernant sa passion ou son but. En d’autres termes le personnage théâtral ou du roman est souvent confronté à rencontrer des faiblesses ou impasses qui le bloquent à atteindre ses passions et objectifs. Dans un premier temps, nous verrons qu’un personnage de théâtre ou de roman est souvent mis en position de souffrance à un moment particulier de l’histoire. Et dans un second temps, au contraire,  un personnage n’est pas forcément toujours amené à rencontrer des impasses et donc à souffrir durant le jeu théâtral ou les péripéties romanesques.

 

 

         Tout d’abord, le personnage théâtral ou romanesque se voit souvent faire face à un échec qui va le conduire vers des souffrances morales ou physiques. C’est pourquoi un personnage se doit d’être conçu pour rencontrer des impasses : plusieurs cas sont concernés où un personnage souffre afin de parvenir à ses besoins. Dans Germinal d’Emile Zola, l’incipit démarre par un grand vide pour le personnage. Celui-ci marche dans les champs vastes et sombres seul. Dès le début, il est amené à rencontrer un « vide moral » mis en valeur par la description sombre et triste des lieux. Cet état d’âme ne peut se traduire par une souffrance mais par une déception et une désillusion, car le lecteur apprend par la suite qu’il se rend ici pour travailler dans une mine qui n’a rien d’ordinaire. C’est dans cet exemple que le personnage est amené à souffrir pour gagner de quoi vivre. L’exemple de Macbeth de William Shakespeare est une pièce de théâtre qui met en scène un personnage qui va devenir brutal et tyrannique afin d’accéder au pouvoir. Macbeth va tout d’abord réaliser une série de crimes sans regrets mais sa détermination sera atténuée quand il va devoir se battre pour obtenir ce qu’il désire. Ces actes de meurtres vont se terminer par une folie, donc une souffrance physique construite par le regret et le remords. Que ce soit au théâtre ou dans le roman, un personnage se doit de souffrir afin d’obtenir ce qu’il veut atteindre.                                                                                                                                                         En plus de devoir affronter et rencontrer des souffrances morales ou physiques pour obtenir quelque chose, le personnage est parfois amené à souffrir en vue de parvenir et d’accéder à sa passion. Comme dans L’Ecole des femmes de Molière où Arnolphe, le personnage clé de la pièce qui pense pouvoir dominer tout le monde vis-à-vis de la fidélité dans un couple, va d’abord se comporter en tyran, forcer l’amour de sa pupille Agnès. Mais les choses vont changer et Arnolphe va se retrouver dominé par les autres personnages. Arnolphe à donc beaucoup souffert afin de gagner l’amour d’Agnès, mais il va se diriger vers une mort symbolique lorsqu’il apprend qu’Agnès se marie avec Horace. Le personnage d’Arnolphe perd sa crédibilité en pensant qu’il pouvait se marier sans se faire tromper mais il est finalement destiné à perdre Agnès et s’isoler des autres personnages qui eux contribuent à sa défaite. De plus, dans l’Ecume des jours de Boris Vian, le personnage principal, Chick va tout faire pour parvenir aux besoins de sa femme Chloé malade. Pour Chick, sauver sa femme va lui faire endurer un tas de souffrances morales et physiques puisqu’il va se mettre à travailler afin de pourvoir acheter un remède, ce qu’il n’a jamais fait car il ne manquait pas d’argent. Au final, Chloé va mourir et toutes ses espérances s’écroulent, Chick va maintenant faire face à une souffrance morale qui est la mort de sa femme. Là encore, qu’il s’agisse du théâtre ou du roman, un personnage doit souffrir pour essayer d’obtenir « sa femme », son amour ou de parvenir à ses passion

 

 

 

         Cependant, le cas d’un personnage qui souffre afin de retrouver ses passions ou de subvenir à ses besoins n’est pas universel au théâtre et dans le roman. Il arrive qu’un personnage ne soit pas forcément sujet aux souffrances et désillusions. En effet, qu’il s’agisse d’un roman ou d’une pièce de théâtre, le personnage principal qui est principalement sujet aux souffrances, est entouré d’autres personnages qui font tout de même avancer l’histoire sans pour autant souffrir. Dans Pierre et Jean par exemple, le personnage principal Pierre souffre de ne pas savoir si son frère est ou non son demi-frère. Mais Roland, le père de Pierre est un personnage omniprésent de la vie de Pierre et pourtant, malgré l’évolution de son fils, ne va rencontrer aucune souffrance. Bien qu’il inspire la pitié ou la compassion du lecteur, il ne va rencontrer aucun obstacle l’amenant à souffrir puisqu’il va passer à coté de la vérité. Pourtant, il s’agit bien d’un personnage qui à été conçu sans souffrances ni désillusions puisqu’il va rester dans l’ignorance. Lorsqu’il s’agit de personnages secondaires comme dans Pierre et Jean ou Le Marchand de Venise de Shakespeare, des personnages ne sont pas sujets aux souffrances. Dans Le Marchand de Venise, l’histoire d’amour qui se construit dès le début entre Bassanio et Porschia a une place importante dans la pièce, mais aucun des deux personnages ne va être amené à souffrir et leur relation amoureuse sera un succès. Là encore, des personnages ont étés conçus sans souffrance ni désillusion, bien que leur rôle dans l’histoire complète ait un sens.                                                                             

      En second lieu, la souffrance d’un personnage n’est pas toujours obligatoire, qu’il s’agisse d’un personnage principal ou secondaire. Un personnage peut-être conçu sans souffrir dans le cas ou l’œuvre incite le public à rire. Par exemple dans Le Bourgeois Gentilhomme qui est une comédie ballet en cinq actes de Molière et de Lully, le public n’est pas amené à regardé et comprendre les souffrances des personnages car il n’y en a pas. La comédie ballet souhaite faire rire et détendre le public. Bien que Monsieur Jourdain soit un personnage simplet, avide de réflexion et de bon sens, il ne sera pas amené à souffrir car les autres personnages vont profiter de sa naïveté. Monsieur Jourdain aura été berné sans savoir de quoi il s’agit. La pièce se termine où tout le monde est heureux même monsieur Jourdain qui à dépensé une fortune. Plusieurs exemples s’appliquent aussi dans d’autres comédies de Molière comme le Malade Imaginaire, dans cette pièce, le personnage hypocondriaque va découvrir sa faiblesse, grâce à sa servante qui va se faire passer pour un docteur qualifié. La servante à pour objectif de faire comprendre à son maitre qu’il n’est en réalité pas souffrant, comme il l’a toujours pensé avant. Une fois de plus, les personnages sont conçus sans connaître de souffrance ou de désillusions, ce qui ne va pas perturber le fonctionnement de l’histoire ou de la pièce, qui conservent un sens pour le lecteur et le public. En d’autres termes, quand il s’agit de faire rire et de détendre le public ou que c’est un personnage secondaire, la souffrance n’est pas nécessaire.

 

 

        En conclusion, un personnage de théâtre ou de roman peut parfois se concevoir sans souffrances ni désillusions, notamment quand il s’agit du personnage principal et que celui-ci à un objectif ou une passion et qu’il doit par-dessus subvenir à ses besoins, comme l’illustre le théâtre tragique où le personnage souffre car il doit choisir entre sa passion et la rasion. Cependant, il arrive parfois qu’un personnage de théâtre ou de roman se conçoive sans douleurs ni déceptions généralement quand le personnage en question n’est pas principal à l’action, il va contribuer au déroulement de l’histoire sans pour autant rencontrer d’obstacles. Cette situation est aussi valable pour un théâtre ou un roman qui vise à faire rire lecteur ou à détente le public. Un personnage de cinéma ou de science fiction est-il sujet aux mêmes contraintes ? Là encore le personnage doit se concevoir avec souffrances comme dans Sparrow ou Un Prophète qui sont des films où un grand nombre de personnage doivent se battre et souffrir pour obtenir leurs causes. Dans des œuvres comme Fahrenheit 451 de Ray Bradbury qui est une science fiction, le personnage principal vit dans un milieu totalement différent où la souffrance et désillusion n’existent pas puisque seul les mots « heureux » et « bonheur » sont évoqués par les personnages. Même dans d’autres genres, époques, ou mouvements littéraires, le personnage peut-être sujet ou non aux différentes souffrances et désillusions de la vie.

 

Thomas B., 2nde section internationale, mai 2012.

 

Devoir d’Hannah F. :

 

 

        Les auteurs ont, depuis l’Antiquité, cherché non seulement à plaire à leur lecteur ou spectateur mais aussi à le toucher, d’un point de vue plus moral et psychologique. Il convient donc de se demander si “un personnage de roman ou de théâtre peut [...] se concevoir sans souffrances ni désillusions”. En d’autres termes, si un personnage qui ne souffre pas et ne subit pas de déceptions peut être inventé par un auteur. Dans un premier temps nous verrons qu’un tel personnage peut bel et bien être conçu, dans un second pourquoi les auteurs préfèrent généralement ne pas en créer.

 

 

 

                Tout d’abord, un personnage ne souffrant pas est concevable puisqu’il s’agit d’une fiction et que certains personnages ne font que personnifier les comportements d’une société entière. Ainsi, dans la pièce Kabale und Liebe (Intrigues et Amour) de Schiller, le père de Ferdinand représente les nobles très étroits d’esprit et pour qui le pouvoir et l’influence sont tout. Il ne souffre pas, même quand son fils se suicide car pour lui sa famille n’est pas aussi importante que sa place dans la société. Dans Horace de Racine, le héros éponyme Horca ne souffre pas car il représente le devoir et la raison. Il ne pleure pas pour ses frères, morts pour la gloire de Rome, et tue sa soeur Camille, qui avait lancé une imprécation contre Rome, sans état d’âme. Typique du héro cornélien, il juge les intérêts de l’Etat plus importants que les siens et ne souffre donc pas.

                D’autre part, il est possible que dans des comédies certains personnages ne souffrent pas et servent uniquement à divertir le spectateur. Ainsi, Scapin et Sylvestre les deux valets dans Les Fourberies de Scapin de Molière, ne souffrent pas comme leur jeunes maîtres dont le père refuse de les marier aux femmes qu’ils aiment mais les aident et en le faisant ils font rire le public comme quand ils bernent Argante et Géronte pour obtenir de l’argent. Dans le Malade imaginaire de Molière, Toinette, la servante d’Argan, ne souffre pas elle non plus et fait au contraire rire le public par la façon dont elle réprimande et parle à son maître et la façon dont elle le dupe quand elle joue un faux médecin. Elle aussi essaye cependant d’éviter à Argan une trop grande déception puisque c’est elle qui va lui montrer qu’il ne compte pas vraiment pour sa nouvelle femme. Comme le montrent ces deux exemple, un personnage de comédie peut donc être conçu sans souffrances.

                En outre, certains personnages ne souffrent pas car ils sont simples spectateurs des intrigues qui se passent autour d’eux. Il suffit que voir Nick dans The Great Gatsby (Gatsby le magnifique) de F. Scott Fitzgerald pour comprendre que ce personnage est plutôt passif, simple confident et ami de ceux qui trompent leur conjoint et génèrent ainsi souffrances et déceptions. Nick n’étant pas impliqué dans les problèmes centraux du livre, il n’éprouve pas la douleur des autres personnages. Cela est vrai aussi pour le plus part des personnages secondaires. Dans Pierre et Jean de Guy de Maupassant par exemple, Mme Rosémilly ne souffre pas du départ de Jean, elle y est indifférente voire heureuse puisqu’elle prend sa place dans la famille Roland. Dans Germinal d’Émile Zola, Pluchart, responsable départemental de l'Internationale, ne souffre pas non plus puisqu’il ne connait pas les grévistes et n’est pas sur place tandis que les mineurs souffrent. Ce personnage secondaire, se tenant à l’écart du monde mineur, ne vit pas la vérité de la grève mais la soutient seulement et ne souffre donc pas.

                Enfin, c’est quelques fois la naïveté ou cupidité qui épargne la souffrance aux personnages. Monsieur Roland dans Pierre de Jean de Guy de Maupassant pas exemple, ne comprend pas que Jean n’est pas son vrai fils. Sa naïveté, sa bêtise font qu’il ne s’en doute même pas quand Jean reçoit une grande somme en héritage d’un ami de famille. Les membres de sa famille ne jugent pas utile de l’éclairer là dessus, lui évitant leur souffrance. Il en est un peu de même dans L’école des femmes de Molière: l’innocence et le naïveté d’Agnès au début de la pièce lui évitent de la souffrance, parce qu’elle ne se rend compte que très tard des intentions d’Arnolphe de l’épouser. Ainsi un malentendu plane dans leur conversation quand Arnolphe lui dit qu’elle va se marier, puisqu’elle pense qu’il veut lui faire plaisir et la laisser épouser Horace. Sa naïveté donc, lui permet d’échaper à la souffrance et la désilusion pendant la plus grande partie de la pièce.

 

 

 

                Cependant, si des personnages ne souffrant pas sont présents dans la littérature, une grande majorité d’entre eux souffre et subit des déceptions. En général, l’auteur veut permettre au spectateur ou lecteur de s’identifier avec le personnage, d’éprouver de la pitié pour lui. Or cela n’est parfois possible que si les personnages éprouvent des sensations humaines. Il suffit de voir la souffrance d’Arnolphe de L’école des femmes de Molière quand il suplie Agnès de bien vouloir l’aimer (Acte V, scène 4) pour éprouver un peu de pitié pour lui, surtout puisque la situation se retourne à ce moment là et c’est Agnès que prend le dessus dans leur relation. Lessing, un dramaturge allemand du courrant de la Aufklärung (équivalant des Lumières en Allemagne) a écrit une théorie sur le théâtre la Dramentheorie (théorie des drames) dans laquelle il affirme que le personnage qui souffre le plus doit aussi être celui avec lequel le public est le plus à même de s’identifier. Cette volonté que le lecteur ou spectateur s’identifie avec les personnages pousse donc les auteurs à concevoir des personnages avec des sentiments humains conduisant à leur souffrance.

                De plus, certains mouvements fonctionnent sur la souffrance de leurs personnages: Le centre des intrigues des tragédies classiques est souvent le déchirement du héros entre sa passion et son devoir. La tension mise en jeu est parfois telle que le spectateur est vidé de son énergie à la fin de la représentation théâtrale, c’est la catharsis. En effet du dilemme tragique résulte généralement de la souffrance puisque le héros finit soit par se laisser emporter pas sa passion et est puni, soit choisit le devoir au dépit de sa passion. Dans Phèdre de Racine par exemple, Phèdre aime son beau-fils Hippolyte ce que son honneur de reine lui interdit. Quand son mari est déclaré mort, elle avoue son amour pour Hippolyte mais apprenant que celui-ci ne l’aime pas elle est furieuse. Quand Thésée revient, vivant, et qu’il apprend du prétendu amour entre sa femme et son fils il demande aux dieux de le venger et de tuer Hippolyte et ce dernier mort, Phèdre se rend compte de sa faute et se suicide aussi. Au contraire dans Bérénice de Racine le prince romain Titus fait le choix du devoir face à son amour pour le princesse étrangère Bérénice. Ainsi il souffre de son choix parce qu’il a cherché à atteindre la perfection en faisant un sacrifice personnel.

                Le réalisme est également un mouvement dans lequel en général les personnages souffrent, puisque le vérité est dépeinte sans enjolivements, or toute personne souffre à un moment de sa vie. On peut par conséquent s’imaginer la souffrance, la déception même de Charles Bovary, dans le roman Madame Borvary de Flaubert, quand il ne trouve pas sa place dans la classe où il arrive dans l’incipit du livre puis dans la société. Il est de même possible de comprendre Mme Roland, dans Pierre et Jean de Maupassant, assaillie par les remords après l’adultère et sa honte surtout quand ses fils le découvrent. Dans les mouvements réalistes et naturalistes la souffrance va pourtant même plus loin que la simple déception amoureuse ou l’exclusion de la société. Dans le roman Germinal d’Émile Zola, le Maheu et sa famille souffrent de la grève puisqu’ils n’ont très vite plus de sous ni de nourriture. La famille s’affaiblissant, certains comme Alzire Maheu succombent à des maladies ou meurent de faim. La souffrance, les déceptions, les regrets ces sentiments sont d’autant plus frappants qu’ils semblent authentiques puisque le lecteur oublie que les personnages sont seulement fictifs.

                Outre cela, il arrive que certains auteurs dénoncent des faits de leur temps, des faits plus ou moins dramatiques causant la souffrance des personnages. L’école des femmes de Molière dénonce le mariage forcé qui était d’usage pendant le XVIIème siècle et si les trois dernières scènes n’avaient pas rendu la pièce une comédie, ce mariage aurait été facteur de souffrance pour Horace et Agnès. Moins d’un siècle plus tard, dans Kabale und Liebe Schiller aborde le sujet des relations entre bourgeoisie et noblesse, relations tendues de dédain et d’envie causant la perte des deux personnages principaux, Ferdinand et Luise qui meurent. Pendant le XXème siècle, l’Autrichien Stefan Zweig a également abordé des thèmes plus durs comme le nazisme et la Seconde Guerre Mondiale. Ceux-ci ne sont pas directement abordés dans la nouvelle Schachnovelle (Le Joueur d’éches) mais nazi et Résistance sont personnifiés par les personnages de Czentovic et de Dr. B. Ces deux personnages se rencontrent autour d’un plateau d’échecs et Dr. B gagne malgré le fait qu’il souffre de troubles psychologiques pendant tout le livre. Un autre auteur du nom de Jean Anouilh a également écrit la pièce Antigone dans laquelle la dénonciation du nazisme n’est pas explicite, pour éviter la censure. Là encore deux personnages incarnent l’un (Créon) le nazisme et l’autre (Antigone) la Résistance. Ici c’est Antigone qui souffre et qui prend tout sur elle puisqu’elle meurt. Plus les personnages souffrent donc, plus le message d’injustice transmis par les auteurs est marquant.

 

 

 

                En conclusion il a donc été démontré que si dans un premier temps on pourrait croire que de nombreux personnages de roman ou de théâtre ne souffrent pas ou peu, ils sont encore plus nombreux à souffrir afin de contenter le lecteur ou pourrait dire ou du moins afin d’appuyer sur le message que veut faire passer l’auteur. On pourrait cependant se demander pourquoi c’est toujours les oeuvres parlant de jalousie, de souffrance et de haine qui perdurent à travers les siècles: Est-ce que ce sont les seuls sentiments que tout les êtres humains partagent?

 

Hannah F., 2nde section internationale, mai 2012.

 

Devoir d’Armand J. :

 

          La souffrance et la désillusion d’un personnage sont génératrices de l’intrigue d’une histoire dans un roman ou une pièce de théâtre. Un personnage de roman ou de théâtre peut-il se concevoir  sans souffrances ni désillusions ? En d’autres termes, cela nous amène à nous interroger sur la présence et la nécessité de ces éléments clefs dans un texte littéraire. Dans un premier temps, nous verrons que généralement il n’est pas possible que l’auteur conçoive un personnage sans souffrances ni désillusions mais que, dans certain cas, il n’est pas nécessaire qu’un personnage ait ces défauts (souffrances et désillusions).

 

             Premièrement, pour un auteur, il est dans la plupart des cas difficile qu’un personnage n’est pas de souffrances ni de déceptions. Le personnage doit être généralement conçu avec des souffrances et des désillusions pour qu’il y ait un élément perturbateur et une évolution de l’histoire. Par exemple dans l’école des femmes de Molière, Arnolphe souffre sans l’avouer de sa peur du cocuage à tel point que cela l’emporte dans la folie d’éduquer une femme de manière à ce qu’elle soit sotte pour « ne point être cocu ». Dans Horace de Corneille, c’est la déception de Camille envers son frère Horace et sa souffrance causé par la mort de son amant, Curiace, qui l’amèneront à sa perte. En effet, Camille, en cause de sa souffrance, lance un sort vengeur sur Rome ce qui poussera Horace à tué sa propre sœur. Cela peut amener à penser que les souffrances et les déceptions de certains personnages font évoluer l’intrigue d’un texte littéraire comme les romans ou le théâtre.

          De plus, il faut aussi prendre en compte certains textes littéraires comme le réalisme et le naturalisme qui obligeaient les auteurs dans plusieurs œuvres à concevoir des personnages réalistes avec quasiment à chaque fois des souffrances et des déceptions. Dans Pierre et Jean de Maupassant, les personnages ont chacun ces défauts. Pierre et Jean sont en rivalité permanente. Madame Roland, de son côté, se culpabilise elle-même de ne jamais avoir annoncé que Jean n’était pas le fils de M. Roland. Pierre est finalement très déçu lorsqu’il apprend cela. Il souffre d’avoir été trompé toute sa vie. Il en veut à sa mère de ne pas avoir été fidèle à son vrai père, M. Roland. Cela nous confirme qu’il est difficile de concevoir un personnage sans souffrances ni désillusions dans certain mouvements littéraire.

           Enfin, le lecteur a besoin d’apprécier certain personnage d’une œuvre pour être attaché et continué à la lire. Si le personnage ressent certaines souffrances et désillusion, cela permet dans certains cas au lecteur de l’apprécier. Par exemple dans Boule de Suif de Maupassant, la prostituée (personnage principal) surnommée Boule de Suif souffre car les autres passagers de la diligence n’ont aucune reconnaissance pour son sacrifice : Elle se donne à un officier Prusse pour passer une brigade militaire. Ce fait très dur pour l’héroïne provoque un sentiment de compassion et d’attachement du public pour l’héroïne tragique, Boule de Suif. On peut dire que la souffrance et la déception qu’éprouve Boule de Suif nous permet d’apprécier la nouvelle de Maupassant. Il est donc parfois nécessaire que l’auteur conçoive un personnage avec souffrances et désillusions.

 

 

 

 

           Ici, il est donc difficile de concevoir un personnage sans souffrance et sans déceptions cependant, il existe parfois des personnages dans ce cas. Nous allons voir que tout dépend des conditions et du contexte pour que le personnage soit conçu fort et sans souffrance. Le pouvoir dans les textes littéraires peut permettre à l’auteur de créer des personnages sans souffrances ni désillusions. Dans Macbeth de Shakespeare, la femme de Macbeth (« Lady Macbeth ») force et incite son mari à tuer le roi afin qu’il prenne le pouvoir. Lady Macbeth, contrairement a Macbeth, n’a aucun regret et n’est pas du tout déçue. Elle n’en souffre pas. Il faut donc parfois des personnages forts même si finalement, Lady Macbeth devient à cause folle de peur d’être démasqué. De plus, Horace, dans Horace de Corneille, est très impliqué dans le pouvoir et la guerre, ce qui masque ces sentiments (comme la souffrance et la désillusion). Il sauve sa ville en tuant sa sœur sans jamais être déçu. Ce qui prouve que le pouvoir permet à l’auteur de concevoir des personnages sans souffrances ni désillusions.

           De plus, le personnage peut être sans souffrances et sans déceptions s’il ne connait pas ses propres malheurs à cause de sa naïveté. C’est le cas dans Pierre et Jean, avec M. Roland. Le personnage est très naïf. M. Roland ne sait pas que Jean n’est pas son vrai fils même s’il a beaucoup d’indice pour le présumé. Jean ne lui ressemble pas. Jean est le seul qui reçoit l’héritage dans la famille. Comme M. Roland ne se rend pas compte de cela il ne peut pas en souffrir et n’est pas déçue par sa femme alors que Pierre son vrai fils, lui, a compris que jean n’était pas son vrai frère. Cela montre bien qu’un personnage peut être conçu sans souffrances ni désillusions  s’il ne connait pas ses propres malheurs.

 

 

 

          En conclusion, les auteurs choisissent généralement de concevoir des personnages avec des souffrances et des désillusions car ce type de personnage peut faire évoluer une histoire ou permettre à l’auteur de s’attacher au personnage. Cependant dans certains cas, il est possible de créer des personnages sans souffrances ni désillusions dans certains contextes que doit recherché l’auteur afin de donner sens à la force de caractère de ces personnages. Ce type de personnages sera reproduit dans des films modernes qui plaisent au grand public. Le cinéma pourra-t-il continué sont succès au travers de ce type de personnages déjà conçu dans l’histoire de la littérature.

 

Armand J., 2nde section internationale, mai 2012.

 

Devoir de Lucas M. :

 

           Depuis les débuts de la littérature, des personnages de tout type ont été créés, qu’ils soient accablés de souffrances et de nombreuses désillusions ou au contraire des êtres parfaits, resplendissants, mais au fond, ne souffrent-t-il pas tous ? Cela nous amène à nous demander si un personnage de roman ou de théâtre peut se concevoir sans souffrances ni désillusions. En d’autres termes, si un auteur pourrait créer un personnage qui ne connaîtrait aucun échec ou infériorité. Il sera prouvé qu’effectivement un personnage de roman ou de théâtre peut se concevoir sans souffrances ni désillusions mais que dans de nombreux cas les personnages romanesques ou théâtraux souffrent.

 

 

            Dans le roman ou le théâtre, on peut concevoir un personnage sans souffrances ni désillusions. Tout d’abord, il arrive que les personnages secondaires, dont le destin n’est pas forcément lié à celui du personnage principal, ne souffrent pas car montrer leurs souffrances aurait moins d’impact sur le lecteur que de montrer celles du personnage principal. De plus, quand un personnage est seul à souffrir, sa souffrance ressort d’avantage, comme dans l’Ecole de femmes de Molière où Arnolphe est le seul personnage qui connaît échec et souffrances alors que par exemple Horace et Agnès, le jeune couple, accède au bonheur à la fin de la pièce après quelques rebondissements, preuve qu’un personnage peut ne pas souffrir.

           Ensuite, certains personnages sont volontairement parfaits, sans passion pour apparaître comme des modèles. C’est le cas dans la tragédie antique Horace, où Horace, qui a vaincu les frères Curiace et sauvé Rome, est un personnage qui ne connait que le succès et la gloire et ne laisse apparaître aucune souffrance. Cela rejoint l’idée qu’un personnage peut ne subir aucunes souffrances ni désillusions.

            En outre, il existe des personnages conçus de telle sorte qu’ils sont parfaits, sujets à aucun échec ni souffrance au détriment d’autres personnages. Pierre et Jean, de Guy de Maupassant en est le meilleur exemple. Dans ce roman, Jean vit aisément grâce à l’héritage que lui a laissé un ami de ses parents tandis que son présumé frère, Pierre, voit toutes ses chances de réussite sociale et professionnelle anéanties. Cet exemple est également valable dans Le rouge et le noir de Stendhal. En effet, en créant le personnage de Julien Sorel, Stendhal façonne un être ambitieux, passionné, prêt à tout pour réussir dont le destin ne tournera au tragique, au « noir », qu’à la fin du roman. A travers l’image du héros à la fois passionné et révolté, Stendhal fait de son personnage l’icône de celui qui est prêt à tout pour réussit même avec un certain égoïsme. Ces exemples montrent bien que certains personnages ne sont pas atteints par la souffrance et l’échec.

           

 

 

            Cependant, bien qu’on puisse concevoir un personnage sans souffrances ni déceptions, il est parfois nécessaire d’en créer un pour que le but recherché par l’auteur soit atteint. En premier lieu, dans la tragédie, les personnages expriment leur passion, leurs souffrances sont explicitées pour permettre la catharsis. La catharsis, c’est lorsque le spectateur se « purge » de ses émotions en voyant le personnage théâtral, sur scène, exprimer les siennes. C’est le cas dans la majeure partie des tragédies, comme par exemple dans Horace, où Camille exprime sa souffrance et sa haine envers son frère, Horace qui a tué son amant et Rome. Dans certaines œuvres, notamment dans les tragédies, un personnage qui souffre est nécessaire.

            En second lieu, les personnages de roman peuvent connaître la douleur et la désillusion pour refléter le malaise de la société. C’est une tendance dans le roman du XIXe siècle comme le personnage d’Emma dans Madame Bovary, de Gustave Flaubert. En plein courant Réaliste, le malheur d’Emma est tel que sont état psychologique incarne la douleur et l’inadéquation entre le rêve et la réalité, ce que l’on a appelé le bovarysme. Dans ce cas, le personnage doit être conçu avec souffrance et désillusion.

            Enfin, il est préférable de créer un personnage connaissant des désillusions pour qu’il y ait plus de rebondissements dans l’histoire et qu’elle soit plus captivante. Dans Soldados de Salamina (Soldats de Salamine) de Javier Cercas, l’auteur qui cherche la vérité sur un fait de guerre s’engage à quelques reprises sur des fausses pistes ce qui ne cesse de relancer l’histoire. Cela montre que pour rendre un récit plus intéressant et prenant on peut concevoir un personnage qui connaît des désillusions.

 

 

 

 

            En conclusion, on peut affirmer qu’il est possible de créer un personnage de roman ou de théâtre qui souffre et qui connaisse des désillusions dans un but précis mais qu’il est aussi permis de concevoir un personnage parfait, qui ne connait ni la souffrance ni l’échec. Il existe cependant une majorité d’œuvres où un personnage souffre, ce qui aide le lecteur à s’identifier car souvent les personnages qui ne manifestent aucuns sentiments ni paraissent pas réels.

           

 

Lucas M., 2nde section internationale, mai 2012.

 

Devoir d’Alice M. :

 

Depuis toujours, les souffrances et les désillusions font partie intégrantes de la vie humaine, et sont présentes dans la plupart des œuvres littéraires. Les personnages de roman ou de théâtre sont en effet souvent sous l'emprise de ces émotions fortes. Est-il possible de concevoir un personnage sans tourments, ni déceptions ? En d'autres termes, nous allons nous demander si la souffrance est  nécessaire à la conception d'un personnage. Il sera prouvé, dans un premier temps, qu'un écrivain peut difficilement réaliser une œuvre avec des personnages qui ne souffrent pas, puis, qu'il existe malgré tout des personnages qui ne sont pas victimes de ces émotions.

 

 

               

                Tout d'abord, il sera démontré qu'il est souvent indispensable qu'un personnage de roman ou de théâtre connaisse des moments malheureux. En effet, il est difficile, voire impossible d'imaginer des personnages continuellement satisfaits, et n'ayant jamais à faire face à des difficultés, en particulier pour les écrivains réalistes et naturalistes, influencés par Schopenhauer, philosophe du pessimisme. Ces auteurs montrent la réalité sans la modifier, leurs œuvres comportent donc des personnages avec des joies et surtout des peines, comme les ouvriers miséreux et désespérés de Germinal, d'Émile Zola (1885). La souffrance est donc essentielle pour le réalisme des personnages.

                Ensuite, il semble très rare que les intrigues ne comportent pas de personnages pris dans l'adversité car c'est la souffrance qui pousse les personnages à agir. Si dans Madame Bovary, de Gustave Flaubert (1857), l'héroïne éponyme n'était pas déçue par sa vie et son mari médiocre, elle n'aurait pas eu d'amants et ne se serait pas finalement suicidée. Est-ce que Camille dans Horace de Corneille (1640) aurait signé son arrêt de mort, si elle n'avait pas connu la perte tragique de son amant ? Quant à Agnès, dans L'école des femmes, de Molière (1662), c'est parce qu'elle souffrait d'être séparée de son amant, Horace, qu'elle a tenté de s'enfuir avec lui. La souffrance est donc la plupart du temps essentielle à l'évolution des personnages.

                Enfin, la souffrance des personnages est un moyen efficace pour toucher les spectateurs ou les lecteurs. Dans L'école des femmes, le public a pitié d'Arnolphe, riche bourgeois tyrannique, surtout quand celui-ci souffre, par exemple, au moment où Agnès rejette son amour. Concevoir des personnages avec des tourments semble donc très important pour émouvoir.

 

 

 

                Cependant, bien que la plupart des personnages d'œuvres littéraires éprouvent des souffrances, il est possible d'en créer qui n'en ressentent pas. Certains personnages ne souffrent pas, en raison de leur crédulité. En effet, comment peut-on être accablé par quelque chose que l'on ne soupçonne même pas ?  Dans Pierre et Jean, de Guy de Maupassant (1885), M. Roland est tellement naïf qu'il ne sait pas et donc ne souffre pas du fait que sa femme l'a trompé avec un autre homme, et que Jean, qu'il croit être son fils, est le fruit de cette aventure. Quand son vrai fils, Pierre part, il est même incapable de comprendre la tristesse de sa femme (« Pourquoi pleures-tu ? »). Cela est assez semblable pour Agnès, dans L'école des femmes : celle-ci ne souffre pas de sa condition, jusqu'au moment où elle comprend qu'Horace, son amant, peut lui offrir beaucoup plus, y compris l'amour et la liberté. Les personnages naïfs éprouvent donc moins ou pas du tout de souffrance.

                D'autre part, les personnages, dont le seul but est de créer le rire chez les spectateurs ou lecteurs, en particulier dans la comédie, n'ont souvent pas à faire face à de véritables souffrances. Un exemple de personnages comiques sont les valets des pièces de Molière, comme Georgette et Alain, dans L'école des femmes. Même si ils sont parfois maltraités par leur maitre, ils ne semblent pas être victimes de douleurs profondes.

                Dernièrement, il existe des personnages qui font passer le devoir et la raison avant l'amour, et étouffent ou surmontent alors leurs souffrances, comme Horace, héros éponyme d'une tragédie de Corneille. Celui-ci tue sa sœur et son amant pour Rome et ne semble pas regretter ou même être affecté par ses actes. Ce type de personnage, privilégiant le devoir, semble avoir été conçu pour ne pas montrer de souffrances.

 

 

 

                Pour conclure, dans une pièce de théâtre ou un roman, concevoir des personnages dépourvus de douleurs est possible, même si cette émotion forte est souvent essentielle. La souffrance et la  désillusion sont également présentes dans d'autres genres littéraires, comme la poésie, avec notamment « Le Lac », d'Alphonse de Lamartine (in Méditations poétiques) ou « Le Pont Mirabeau », de Guillaume Apollinaire (in Alcools, 1913), décrivant tous deux des déceptions amoureuses.

 

 

Alice M., 2nde section internationale, mai 2012.

 

Devoir de Lisa P. :

 

La plupart du temps, dans un roman ou une pièce de théâtre, quel que soit le genre, les personnages sont présentés souffrants mentalement, ou physiquement. Cependant, est-ce le cas dans tous les romans et pour tous les personnages ? On peut, en effet, se demander si un personnage de roman ou de théâtre peut être conçu sans aucune souffrance ni désillusion. Dans un premier temps, on prouvera qu’un personnage peut exister dans un roman sans subir de douleur ou déceptions puis on discutera enfin l’importance des souffrances d’un personnage dans un roman ou dans une pièce de théâtre.

 

 

                                               Premièrement, un personnage de roman ou de théâtre peut, parfois, se concevoir heureux et sans souffrances, empli de joie de vivre. En effet, un personnage de roman peut être créé afin de permettre au lecteur de fuir la réalité et de se laisser porter par la rêverie. Par conséquent, si tel est le but d’un personnage, celui-ci ne souffre pas ou bien ses souffrances ne sont pas révélées aux lecteurs. Ce type de personnage est souvent présent dans les récits de registres fantastiques, surnaturels ou bien romantiques. Par exemple, dans Aurélien de Louis Aragon, l’incipit ne respectant pas les codes traditionnels des incipits du XIXème siècle, le lecteur doit imaginer en quelque sorte l’histoire. De plus, le protagoniste, Aurélien, bien que obsédé par les souvenirs, ne semble pas souffrir dans cet incipit, il parait plutôt pensif et confus dans l’enchaînement de ses idées. Ainsi, un personnage permettant la rêverie ou le rire est conçu par l’auteur sans souffrance ou désillusion, ce qui pourrait compromettre la fonction initiale du personnage, d’échappatoire à la réalité.

                                               En outre, un personnage secondaire peut seulement servir à aider le protagoniste à réaliser ses faiblesses ou bien échapper à sa souffrance, tout en restant au second plan. Ce personnage secondaire accompagne le protagoniste qui souffre tout au long de l’intrigue sans réellement y participer puisqu’il ne souffre pas lui-même. Dans L’Ecole des Femmes de Molière, Chrysalde est présent dès la première scène de l’acte I et agit en tant qu’observateur et conseiller auprès d’Arnolphe. Il essaie, en effet, de faire réaliser à Arnolphe qu’il est trop certain de lui-même et que cela pourrait peut-être lui être fatal. Chrysalde, lui, n’est pas présenté en position de souffrance, il est seulement secondaire mais sert également à faire passer un message à Arnolphe dans la dernière scène : pour ne pas être cocu (ce que Arnolphe veut absolument éviter), la seule solution est de ne pas se marier. Par conséquent, certains personnages secondaires peuvent être conçus sans souffrances ni désillusions puisqu’ils aident le protagoniste à assumer ou échapper à ses souffrances mais ne souffre pas.

                                               Enfin, si ce n’est pour faire rêver le lecteur ou spectateur ou bien faire évoluer le ou les protagoniste(s), pourquoi un auteur imaginerait un personnage sans souffrances, sans manques, sans déceptions ? Une autre possibilité pourrait éventuellement être la conception d’un personnage trop naïf ou ignorant pour s’aperçevoir de ses faiblesses, et donc, de ses souffrances. M. Roland dans Pierre et Jean de Maupassant, est en effet un de ces personnages car il n’évolue pas et reste, de la scène d’exposition jusqu’à la dernière scène, un personnage naïf, ignorant, vulgaire et plat. Il ne se rend pas compte que sa femme l’a trompé, qu’un de ses fils, Jean, n’est pas son fils légitime et enfin il accepte n’importe quel mensonge. Conséquemment, M. Roland ne subit aucune souffrance et vit, insouciant et trompé par tous. Un autre exemple serait Alain et Georgette dans L’Ecole des Femmes de Molière qui sont représentés comme des servants totalement ignorants et leur unique utilité est de faire rire le public par plusieurs types de comiques. Un auteur de roman ou de pièce de théâtre peut donc imaginer un personnage sans souffrances afin de souligner sa naïveté ou bien son ignorance et insouciance.

 

 

                                               Bien que quelques personnages de roman ou de théâtre puissent se concevoir sans souffrances ni désillusions pour certaines raisons, généralement un personnage est le plus souvent imaginé subissant de nombreuses souffrances causées par son destin ou par d’autres personnages de la pièce de théâtre ou du roman. Tout d’abord, le protagoniste doit souffrir pour réaliser ses défauts et faiblesses. En effet, les souffrances des protagonistes font avancer l’intrigue puisque la plupart des intrigues de romans ou pièces de théâtre évoluent autour de conflits fondés sur les souffrances d’un personnage. On remarque dans L’Ecole des Femmes de Molière, Arnolphe présente un défaut fatal qui va causer sa perte tragique : l’hybris. Il est trop sûr de lui-même et méprisent les autres hommes qu’il considère comme inférieurs. Arnolphe pense détenir le secret pour éviter tout cocuage et a élaboré un plan qui échoue si près du but. Cela provoque une grande déception et désillusion chez Arnolphe qui est totalement déboussolé comme le signale sa perte de parole en fin de scène : « oh … ». Les souffrances d’un personnage sont donc nécessaires au bon fonctionnement d’une intrigue, un personnage de roman ou de théâtre ne peut donc pas être conçu sans souffrances ou désillusions.

                                               De plus, un personnage qui souffre peut servir à montrer un exemple à ne pas suivre et à faire passer un message ou une critique de la société. Dans les comédies, une morale ou une critique d’une certaine classe de personnes passe par le rire mais également par les souffrances d’un personnage qui échappera à ces souffrances à la fin de la pièce. On peut voir, par exemple, dans la célèbre pièce datant de 1662, L’Ecole des Femmes que Molière défend la thèse de l’éducation des femmes qui n’est absolument pas intellectuelle. Il fait ressortir cette thèse par la bouche d’un personnage médiocre afin de provoquer le dégoût des spectateurs qui réfuteront immédiatement cette thèse absurde. A la fin de la comédie, Agnès, qui a subi durant toute son enfance une éducation absurde, triomphe sur son tyran Arnolphe puisque Agnès est la moins sotte des deux. De même, décrire la médiocrité d’un personnage ou les souffrances de celui-ci peut servir à critiquer la société. Charles Bovary dans Madame Bovary de Flaubert est un personnage ridicule qui va provoquer l’insatisfaction et les souffrances d’Emma Bovary, l’héroïne éponyme. L’incipit, où il est décrit, critique la classe paysanne du peuple en établissant un portrait médiocre de celui-ci. Un dernier exemple serait le héros éponyme Macbeth dans la pièce de Shakespeare, qui est obsédé par le pouvoir et emporté par une ambition sans limite, ce qui critique la recherche incessante de pouvoir. Montrer les souffrances d’un personnage peut donc être efficace à la dénonciation d’une thèse par l’auteur.

                                               Finalement, un personnage de roman ou de théâtre qui est conçu sans souffrances ne fait pas ressentir de sentiments au lecteur ou spectateur. En effet, un personnage qui souffre provoque presque toujours la pitié du spectateur ou lecteur. On observe dans l’incipit de Germinal de Zola que le protagoniste est décrit dans un état de misère totale, pauvre et seul au monde. Ce portrait caractérisé par le vide attire la pitié du lecteur qui est attristé par l’état du personnage. De plus, dans la pièce de théâtre The Crucible de Arthur Miller, Elisabeth Proctor est accusée injustement de sorcellerie et est menacée d’être pendue. Le spectateur sait que cette jeune femme est innocente et ne mérite pas ce jugement et ces souffrances. Cela inspire donc la pitié du spectateur et rend les souffrances d’un personnage utiles à la compassion du spectateur ou lecteur.

 

 

 

 

                                               Pour conclure, un personnage est le plus souvent présenté par l’auteur comme souffrant pour plusieurs raisons mais peut également se concevoir sans souffrance ni désillusion bien que cela soit plus probable pour des personnages secondaires. Cependant, on peut se poser la question suivante : est-ce qu’un personnage sans souffrances peut exister dans le genre poétique alors que la plupart du temps, les poètes sont tourmentés lorsqu’ils écrivent des poèmes ?

 

Lisa P., 2nde section internationale, mai 2012.

 

Devoir de Mathieu F. :

 

           Bon nombre d’œuvres existent dans le monde. Notamment des pièces théâtrales et des romans. Ces œuvres sont diverses et variées mais elles mettent souvent une scène un personnage tragique. Cela nous amène donc à nous poser la question suivante : « Un personnage de roman ou de théâtre peut-il se concevoir sans souffrances ni désillusions ? ». En d’autres termes, faut-il qu’un personnage de roman ou de théâtre souffre et subisse des désillusions ? Il sera prouvé, dans un premier temps  qu’un personnage de roman ou de théâtre ne doit pas forcément subir des désillusions ni souffrances. Toutefois, il sera ensuite démontré qu’un personnage de théâtre ou de roman doit souffrir et subir des désillusions.

 

 

        Premièrement, un personnage de roman ou de théâtre ne se doit pas de souffrir et d’aller de désillusion en désillusion. Le fait de ne pas souffrir et de ne subir aucunes désillusions est l’exemple type du personnage comique. L’Avare, de Molière en est un bon exemple. Le personnage principal, Harpagon, riche bourgeois veuf et père de deux enfants. Il s’agit d’un personnage qui fait attention à sa fortune et qui a du mal à prêter son argent. Tout de même, Molière s’amuse à tourner au comique ce bourgeois, Harpagon et le ridiculise et provoque de ce fait le rire. Le rire étant le résultat d’un personnage comique cela démontre qu’un personnage de théâtre ne se doit pas de souffrir et d’aller de désillusion en désillusion.

            De plus, il est possible de constater que si un personnage de subit aucunes souffrances ni aucunes désillusions, il peut quand même être facteur de succès, notamment avec Le Tour du monde en quatre-vingts jours, de Jules Verne. Il s’agit d’un roman d’aventure qui a connu un succès énorme dû au récit extraordinaire d’un voyage autour du monde grâce à la révolution des transports du XIXe siècle. Le héros, Phileas Fogg relève le défi d’effectuer ce tour du monde. Cependant au cours de son voyage, il ira de péripéties en péripéties tout en conservant ses illusions de succès qui ne seront jamais ébranlées. Elles lui empêcheront de ce fait de souffrir.

 

 

             En outre, même si des pièces de théâtre et des romans ne définissent pas leurs héros comme pouvant éprouver des souffrances et comme allant de désillusion en désillusion, une majorité de ces œuvres définissent ces caractéristiques. Le fait de souffrir et de subir des désillusions est l’archétype d’un héros tragique. Cela peut se retrouver avec Romeo et Juliette, de William Shakespeare. Il s’agit d’une pièce de théâtre dont les deux héros éponyme auront un destin tragique et seront confrontés à la fatalité. Le tragique dans cette pièce de roman réside dans le fait que les deux amants, qui vivent une idylle courte mais intense, se verront s’éloigner l’un de l’autre jusqu’à voir l’un et l’autre se donner la mort devant leur yeux. En d’autres termes, cela signifie que Romeo, en voyant que Juliette se trouve dans une sorte de coma, se donnera la mort et Juliette à son réveil, en voyant son amant mort, décidera de la rejoindre. L’archétype du héros tragique se trouve donc dans cette pièce. Des rêves, des illusions d’avenir qui seront brisés et une dépendance à la fatalité inexorable qui fait souffrir les deux jeunes amants entraînant donc des personnages qui se conçoivent comme pouvant éprouver de la souffrance et des désillusions.

 

 

        Enfin, un personnage qui souffre et qui subit des désillusions peut permettre aux spectateurs ou lecteurs de s’identifier à eux, notamment avec Antigone, de Jean Anouilh. Il s’agit d’une pièce de théâtre écrite durant la Seconde Guerre Mondiale. L’héroïne éponyme souffre de la mort d’un de ses frères, accusé d’avoir trahi sa ville, Thèbes. Antigone rêve de donner une sépulture descente à son frère qui est considéré comme un traître. La jeune femme est décidée à enterrer la dépouille de son frère quitte à mettre sa vie en jeu. Son rêve sera brisé par Créon, roi despotique. Cette pièce de théâtre donna durant la guerre, un plus au moral des résistants français contre l’oppression nazie. Cette pièce est fortement inspirée du mythe antique écrit par Sophocle, Antigone. Ce mythe antique écrit par Sophocle décrit une héroïne tragique qui souffre du déchirement de sa famille et qui va de désillusion en désillusion permettant une identification à cette dernière. Ce qui permît donc à Anouilh de réécrire cette œuvre. Un personnage de roman ou de théâtre est donc bien obligé de souffrir et d’aller de désillusion en désillusion.

 

 

           Un personnage de théâtre ou de roman bien qu’il puisse être conçu par certain auteur pour n’éprouver aucunes souffrances ni désillusions, se doit le plus souvent de respecté ces caractéristiques. Plus généralement, un personnage dans n’importe quel domaine artistique se doit de souffrir et de subir des désillusions s’il doit se concevoir par son auteur comme étant un fil conducteur des émotions.

     

Mathieu F., 2nde section internationale, mai 2012.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Date de création : 20/06/2012 @ 14:40
Dernière modification : 20/06/2012 @ 14:40
Catégorie : Copies d'élèves 2011/2012
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