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Préparations 2012/2013 - 2nde 6
 
 
 Préparation n°1

Séquence n°1 : 

Comment lire un incipit? 

Groupement de textes n°1 : Les débuts de roman.

  

Objet d'étude : Le roman et la nouvelle au XIXème siècle : Réalisme et Naturalisme. 

 

 Problématique : En quoi l'incipit est-il un moment de rencontre privilégié avec l'oeuvre?

 

 

Texte n°3 : incipit d' Aurélien, de Louis ARAGON (1944). (NB : Les deux premiers débuts de roman étaient celui de La cousine Bette de Balzac et celui de Madame Bovary de Flaubert).

 

 Aurélien tombe amoureux de Bérénice Morel qui, de sa province, est venue passer quelques jours à Paris. Puis les circonstances de la vie éloignent les deux personnages : leur amour ne cesse pas, mais il ne peut pas non plus vraiment exister. En 1940, mobilisé, Aurélien retrouve Bérénice, qui a changé. Mais quelques heures plus tard, elle est tuée par les Allemands, en voiture.

                Voici les premières lignes du roman :

 

 

La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. Il n'aima pas comment elle était habillée. Une étoffe qu'il n'aurait pas choisie. Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe qu'il avait vue sur plusieurs femmes. Cela lui fit mal augurer de celle-ci qui portait un nom de princesse d'Orient sans avoir l'air de se considérer dans l'obligation d'avoir du goût. Ses cheveux étaient ternes ce jour-là, mal tenus. Les cheveux coupés, ça demande des soins constants. Aurélien n'aurait pas pu dire si elle était blonde ou brune. Il l'avait mal regardée. Il lui en demeurait une impression vague, générale, d'ennui et d'irritation. Il se demanda même pourquoi. C'était disproportionné. Plutôt petite, pâle, je crois… Qu'elle se fût appelée Jeanne ou Marie, il n'y aurait pas repensé, après coup. Mais Bérénice. Drôle de superstition. Voilà bien ce qui l'irritait.

Il y avait un vers de Racine que ça lui remettait dans la tête, un vers qui l'avait hanté pendant la guerre, dans les tranchées, et plus tard démobilisé. Un vers qu'il ne trouvait même pas un beau vers, ou enfin dont la beauté lui semblait douteuse, inexplicable, mais qui l'avait obsédé, qui l'obsédait encore :

Je demeurai longtemps errant dans Césarée…

En général, les vers, lui… Mais celui-ci lui revenait et revenait. Pourquoi ? c'est ce qu'il ne s'expliquait pas. Tout à fait indépendamment de l'histoire de Bérénice…l'autre, la vraie… D'ailleurs il ne se rappelait que dans ses grandes lignes cette romance, cette scie. Brune alors, la Bérénice de la tragédie. Césarée, c'est du côté d'Antioche, de Beyrouth. Territoire sous mandat. Assez moricaude, même, des bracelets en veux-tu en voilà, et des tas de chichis, de voiles. Césarée… un beau nom pour une ville. Ou pour une femme. Un beau nom en tout cas. Césarée… Je demeurai longtemps … je deviens gâteux. Impossible de se souvenir : comment s'appelait-il, le type qui disait ça, une espèce de grand bougre ravagé, mélancolique, flemmard, avec des yeux de charbon, la malaria… qui avait attendu pour se déclarer que Bérénice fût sur le point de se mettre en ménage, à Rome, avec un bellâtre potelé, ayant l'air d'un marchand de tissus qui fait l'article, à la manière dont il portait la toge. Tite. Sans rire. Tite.


Question : en quoi cet incipit diffère-t-il de ceux que nous avons étudiés ?

Préparation de Chloé R. : 

 
Dans l’incipit d’Aurélien, de Louis Aragon, nous assistons à une rencontre amoureuse peu commune. Outre par la nature de cette rencontre, ce début de roman diffère de ceux que nous avons étudiés jusqu’à présent : Madame Bovary, de Gustave Flaubert, et La Cousine Bette, d’Honoré de Balzac.
 
 
Tout d’abord, aucune datation ni lieu ne sont précisés. N’appartenant pas à la période du Réalisme, Aragon ne recherche pas à expliciter le cadre spatio-temporel. Dans l’incipit de La Cousine Bette, Balzac cherche à dépeindre le cadre de son récit avec précision et réalisme : « Paris » (l.2,11 et 14), « vers le milieu du mois de juillet de l’année 1838 » (l.1).En revanche, ici, le narrateur reste flou, ne dévoilant pas l’endroit, et ne donnant que de vagues repères sur la date : « qui l’avait hanté pendant la guerre, dans les tranchées, et plus tard démobilisé » (l.10-11). On peut imaginer que l’histoire se déroule après la première guerre mondiale. Les indications sur le lieu de l’histoire sont également floues : « dans les tranchées », « Racine », « Territoire sous mandat ». L’intrigue se déroulerait donc en France. Le lieu de la tragédie de Racine, lui, nous est précisé : Césarée. 
 
 
Concernant les personnages, seule Bérénice est décrite à travers le regard d’Aurélien ; c’est une description subjective et péjorative qui se ressent à travers l’utilisation du lexique du goût et du regard : « il la trouva franchement laide » (l.1), « Elle lui déplut » (l.1), « qu'il avait vue » (l.3), « Il l'avait mal regardée » (l.6) […]. Si Bérénice n’est présentée que physiquement, aucune information n’est donnée sur son caractère, à l’inverse de celui d’Aurélien  que l’on devine  implicitement. Dans l’incipit de Madame Bovary, Charles est également décrit mais de manière plus objective, alors que dans celui de La Cousine Bette, le portrait du « capitaine » est à la fois objectif et ironique.
 
 
Ensuite, le narrateur est différent de celui des deux autres incipits. Il raconte l’histoire du point de vue d’Aurélien, tout en utilisant le pronom personnel « il », ce qui l’assimilerait donc à un narrateur interne. Cependant, il utilise « je » deux fois dans le texte, ce qui crée une confusion pour le lecteur qui ne sait pas si le narrateur est Aurélien ou une personne extérieure. Ce narrateur fait également preuve de jugement et d’ironie : « bellâtre potelé » (l.24), « sans rire » (l.25). Au dernier paragraphe, il ne décrit plus les événements mais laisse ses pensées prendre le dessus dans un monologue intérieur. Elles sont exprimées sous forme de phrases morcelées : « Césarée, c’est du côté d’Antioche, de Beyrouth. Territoire sous mandat. Assez moricaude, même […]» (l.18).  L’omniprésence de points de suspension renforce cette impression que le narrateur laisse libre cours à sa réflexion. De plus, le vocabulaire et les expressions utilisés font parties du registre courant, voire familier, comme si il se parlait à lui-même : « en veux-tu en voilà » (l.19), « chichis » (l.19), « sans rire » (l.25).
 
 
Finalement, le narrateur passe la dernière partie de l’incipit non pas à décrire la situation initiale du roman mais à se remémorer une tragédie de Racine. Il commence à citer un  vers de la pièce « Bérénice » à la fin du premier paragraphe, ligne 10, et s’y réfère jusqu’à la fin du texte. Tout comme la casquette de Charles Bovary dans l’incipit de Madame Bovary étudié en classe, ce vers prédit la suite des événements : alors que dans la tragédie de Racine l’amour entre Bérénice et Titus est impossible, on devine par l’incipit que celui entre Aurélien et la Bérénice d’Aragon l’est également.
 
 
En conclusion, Si l’incipit d’Aurélien diffère des deux autres incipits étudiés, il est toutefois  similaire en certains points, ce qui pourrait témoigner des différences entre le réalisme et le surréalisme.

Chloé R., 2nde section internationale, octobre 2012.


 
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Préparation de Louna M. : 


 
             Les incipits surréalistes diffèrent beaucoup des réalistes, bien qu’ils leur succèdent. En effet, l’incipit d’Aurélien de Louis Aragon est très différent de ceux de Madame Bovary de Gustave Flaubert et de La Cousine Bette d’Honoré de Balzac.
 
            Premièrement, les incipits de Madame Bovary et La Cousine Bette sont très détaillés, ils sont emplis d’informations sur le lieu, l’époque et les personnages, comme le veut le mouvement réaliste : « à deux heures » (l.16), « l’Etude » (l.1), « classe » (l.2), « gars de la campagne » (l.9), pour Madame Bovary ; « milieu du mois de Juillet de l’année 1838 » (l.1), « rue de l’Université » (l.2) pour La Cousine Bette. Au contraire, l’incipit d’Aurélien est assez vague, on sait seulement que cela se passe après la première guerre mondiale, probablement en Europe (« pendant la guerre, dans les tranchées » l.10 et 11). Le lieu se précise quelque peu avec les noms français des personnages et avec le fait que la littérature française soit évoquée. En effet, les deux personnages sont Aurélien et Bérénice. On remarque également qu’Aurélien connaît les œuvres de Racine (« Il y avait un vers de Racine que ça lui remettait dans la tête » l.10) et aime critiquer (le roman commence avec une description peu flatteuse et très subjective de Bérénice faite par Aurélien).
 
            Deuxièmement, ce manque d’informations s’explique par le point de vue, différent de celui des autres incipits. Ici, le point de vue est celui d’Aurélien même si la troisième personne est utilisée. C’est donc une focalisation interne. Il y a, par exemple, « il la trouva franchement laide » (l.1) ou « Voilà bien ce qui l’irritait » (l.9). Cela s’oppose au narrateur omniscient, ou focalisation zéro, dans les autres incipits. Dans Madame Bovary, le point de vue change, passant d’un élève pour la narration (« Nous étions à l’Etude » l.1) à un narrateur omniscient pour une description précise (« Ovoïde, et renflée de baleines, elle commençait par trois boudins circulaires (…) » l.27).
 
            De plus, ce point de vue interne transcrit les pensées du personnage. Les incipits réalistes ont beaucoup de vocabulaire détaillé (« crânement bombée à la prussienne » l.12 de La Cousine Bette, et « souliers forts, mal cirés garnis de clous » l.14 de Madame Bovary). Au contraire, les descriptions de cet incipit sont faites d’expressions orales (« En général, les vers, lui … » l.15) et de langage familier (« le type qui disait ça, une espèce de grand bougre ravage, mélancolique, flemmard (…) » l.21 et 22). Le fait de transcrire identiquement la pensée du narrateur, comme fait Louis Aragon, en utilisant le flux de concience, transgresse les codes du réalisme qui utilisait des phrases très complexes. Par exemple, Honoré de Balzac met beaucoup de détails dans les phrases de La Cousine Bette (« Vers le milieu du mois […] de la garde nationale. » l.1 à 3), en opposition aux phrases averbales d’Aragon dans Aurélien (« Territoire sous mandat. » l.18). Le narrateur ne veut pas décrire la scène de façon représentative mais plutôt de façon subjective.
 
            Enfin, le héros qui transcrit ses pensées ne se décrit pas lui-même, il n’est donc pas critiqué. Cela s’oppose aux œuvres réalistes, dans lesquelles le héros est souvent médiocre. En effet, dans Madame Bovary, Charles est moqué par ses camarades de classe, et dans La Cousine Bette, le narrateur lui-même porte son jugement sur le capitaine. Ici, le héros critique d’autres personnes (« Il n’aima pas comment elle était habillée » l.2). Cela pourrait vouloir dire qu’il est imbu de lui-même, mais ce n’est pas explicite contrairement aux romans réalistes.
            En conclusion, le surréalisme a succédé au réalisme et donc a voulu s’opposer à ses principes majeurs comme la description détaillée de scènes quotidiennes et de personnages quelconques.

Louna M., 2nde section internationale, octobre 2012.



 
 

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Préparation d'Olivia F. : 

 
Maupassant, dans Pierre et Jean, soulève un point notable, « Le réaliste, s’il est artiste, cherchera, non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision la plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même. ».
Flaubert, Balzac, ont effectivement confirmé cette citation à travers la précision de leurs écrits. Comment Aragon, auteur du XXème siècle, réussit-il à faire d’ Aurélien, un récit si différent tout en s’inspirant de cette méticulosité ?
 
Ce qui nous frappe en premier lieu dans cet incipit, est sans hésitation sa façon inhabituelle de commencer un roman. Contrairement à Balzac ou Flaubert, qui introduisent leur histoire en évoquant un lieu ou une date ( « Nous étions à l’Étude (…) ligne 1 de Madame Bovary, et « Vers le milieu du mois de juillet 1838 », ligne 1 de La Cousine Bette.), Aragon utilise la critique («  La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouve franchement laide », ligne 1 d’ Aurélien. ). D’ailleurs, il ne respectera pas spécialement les règles de l’incipit (situer, informer le lecteur), l’écrivain ne précisera jamais qu’implicitement la date de son récit (« Un vers qui l’avait hanté pendant la guerre », ligne 12, soit pendant la Première Guerre Mondiale.). Le lieu, lui, ne sera pas évoqué. Sur le plan spatio-temporel, nous remarquerons donc un contraste total entre la précision des descriptions des auteurs du XIXème siècle, et le style d’Aragon. 
Quand bien même, Aragon s’impliquera d’une manière subjective dans le récit, en traduisant les pensées d’Aurélien et son avis seulement, et utilisera donc le détail.


Une différence considérable peut ensuite être observée en ce qui concerne la focalisation du texte. On al devine rapidement interne du fait que l’auteur utilise le discours indirect libre pour rapporter les pensées du personnage (exemple : « Plutôt petite, pâle, je crois… », « Pourquoi ? », « Comment s’appelait-il le type (…) », ligne 9, ligne 16, ligne 22). Encore une fois, on peut parler de contraste flagrant avec le discours narrativisé de Balzac ( « Une de ces voitures nouvellement mise en circulation (…) cheminait », ligne 2), et celui de Flaubert dans la deuxième partie de son texte ( « Mais soit qu’il n’eût pas (…) la visière brillait », ligne 22 à 31. La différence de focalisation est évidente. On peut donc également ajouter la distinction entre les deux narrateurs, omniscients (Pour la plupart de l’ouvrage) pour Flaubert er Balzac (Ligne 22 à 31, de Madame Bovary, ligne 1 à 5 de La Cousine Bette etc. ), et interne pour Aurélien (utilisation de la première personne du singulier, parfois «  je crois », ligne 10, et du discours indirect libre.).
En effet, la mise en avant de la subjectivité de l’incipit d’Aragon est évidente. On remarque l’esprit critique du personnage (ex : «  (…) il la trouva franchement laide », «  elle lui déplut »), l’utilisation de verbes péjoratifs ( « Voilà bien ce qui l’irritait », ligne 10). De même, un langage familier à plusieurs reprises (« Franchement laide », ligne 1 , « (…) des tas de chichis ».). Une ponctuation expressive vient s’ajouter à tout cela (« (…) je crois… », ligne 10, « Pourquoi ? », ligne 16). Évidemment, cette forme de langage et d’expression était impensable au XIXème siècle. Le texte se terminant sur des divagations en tout genre et traduisant directement les pensées du personnage ( «Je deviens gâteaux. », ligne 24), à cela s’ajoutant une description grotesque de Tite, ( Qui d’ailleurs est le héro de Corneille et non de Racine), on peut véritablement confirmer notre théorie : Le point de vue est interne.
 
 Pour aller plus loin, nous pouvons comparer de nouveau la différence de précision de ces débuts de romans. Effectivement, bien que certains traits physiques de Bérénice soient mis en avant, elle reste peu décrite en comparaison des descriptions méticuleuses de Charles Bovary ( casquette et vêtements) et du prétendu « officier » de Balzac (physionomie et habits). Ici, l’on ne sait que très peu des protagonistes ( « Aurélien n’aurait pas pu dire si elle était blonde ou brune », ligne 7). 
Et pour cause, le détail est essentiellement concentré sur l’avis d’Aurélien ( « laide », ligne 1).
 
 Enfin, il est important de noter les similitudes des derniers paragraphes de ces incipits. Alors que Flaubert se focalise pendant une dizaine de ligne sur une casquette, Aragon l’imite en se concentrant sur Bérénice, la tragédie de Racine. Finalement, avec la même subtilité que Balzac ( qui nous avait fait comprendre le caractère de son personnage à travers une métaphore sur la façade), Aragon utilise une métaphore filée pour comparer sa Bérénice à celle de Racine, et une autre en comparant les morts de la guerre, à l’annonce de la mort d’Antiochus, dans l’acte I de Bérénice,  à travers un vers. Une préfiguration vient accompagner le tout, comme le montre l’expression « Pas un beau vers » (ligne 13), anticipant une histoire d’amour triste qui finira sans doute comme celle de Titus et Bérénice. 
Comme Balzac, l’écrivain nous fait un clin d’œil en se moquant ironiquement de son héro (Aurélien tombera amoureux de cette femme qui est, selon lui, si laide.) et finit même son incipit sur une touche d’humour, comme Flaubert («  Toute la classe se mit à rire », «  Tite. Sans rire. Tite ».).
 
 En conclusion, d’après cette préparation, il est évident que cet incipit ne fait pas partie du mouvement réaliste ! S’inspirant légèrement du réalisme, Aragon e cependant concentré sa précision sur la subjectivité, créant un nouveau mouvement. Après tout, Apollinaire disait «  Quand l’homme a voulu imiter la marche, il a créé la roue qui ne ressemble pas à une jambe. Il a fait ainsi du surréalisme sans le savoir ». 
Cette fois, peut-être le prochain mouvement littéraire dépassera-t-il les limites de l’imagination ? 

Olivia F., 2nde section internationale, octobre 2012.





                                                                                                                                                          Aragon.jpg




Préparation d'Alexandre V. : 

 L’incipit d’Aurélien, écrit par Louis Aragon diffère des incipits traditionnels dur réalisme comme celui de La Cousine Bette, écrit par Honoré de Balzac ou encore celui deMadame Bovary, écrit par Gustave Flaubert. Louis Aragon, au contraire de ses deux prédécesseurs appartient au courant du surréalisme. Il  n’utilise donc pas les « codes » littéraires des deux autres incipits.
 
Pour commencer dans « Aurélien », contrairement à l’incipit de La Cousine Bette, le cadre spatio-temporel n’est pas explicité. En effet dans l’incipit d’Honoré de Balzac, le lieu ainsi que l’époque sont indiqués dès le début : « milieu du mois de juillet de l’année 1838 » (l.1) pour l’époque et « Paris » (l.2) pour le lieu. L’auteur préfère commencer l’histoire avec un début « in medias res » où la description de Bérénice commence d’emblée : « La première fois qu’Aurélien vit Bérénice » (l.1). On peut malgré tout penser que cette histoire se déroule après la première guerre mondiale : « pendant la guerre, dans les tranchées » (l.10 et 11). Enfin la localisation géographique de l’incipit est très vague. On imagine que l’histoire se déroule en France, en effet des prénoms français le montrent : « Aurélien » (l.1), « Bérénice » (l .1), « Jeanne » (l.8) ou encore « Marie » (l.8). On note aussi une référence littéraire française : « Racine » (l .10). Malgré ces détails le lieu reste assez flou, en effet la France compte 550.000 km².
 
Concernant les points de vue du narrateur, on remarque que dans Aurélien, le narrateur est interne et s’exprime à la troisième personne du singulier : « il » (l.1). Pour renforcer ce point, on note que le narrateur emploie aussi par intermittence, un langage courant, même familier : « le type » (l.21), « grand bougre ravagé » (l.22) ou encore « flemmard » (l.22). Le point de vue est donc celui du personnage principal : Aurélien et il ne change jamais contrairement à l’incipit de Madame Bovary, où le point de vue passe de celui « d’un élève de cinquième » (interne) : « nouveau » (l.1) ou « dans les grands » l.6 à celui du narrateur omniscient : « ovoïde » (l.27) ou encore « chapska » (l.24).
Enfin dans l’incipit de La cousine Bette, le narrateur est exclusivement omniscient : « Parisiens accusés d’être si spirituels » (l.4) ou « Campé fièrement » (l.13).
 
Ensuite, dans l’incipit d’ Aurélien , le narrateur associe des idées : une « étoffe » (l.3) lui fait penser à « plusieurs femmes » (l.3), le nom « Bérénice » lui fait penser à « un nom de princesse d’Orient » (l.4) ou encore à « un vers de Racine » (l.10). Cette coïncidence entre le nom de Bérénice et le vers de Racine semble l’irriter et l’a déjà « démobilisé » (l.11) durant la guerre, point sur lequel il insiste jusqu’à la fin de l’incipit. Comme dans l’incipit de Madame Bovary, le narrateur se concentre sur un détail (ici un vers de Racine et dans Madame Bovary, la casquette du nouveau) au lieu de rester sur la description initiale. Cet aparté laisse le lecteur deviner la suite des évènements : dans la tragédie de Racine, l’amour entre Titus et Bérénice est impossible, il en sera sans doute ainsi dans le roman de Louis d’Aragon.
 
En ce qui concerne les personnages de l’incipit, seule Bérénice est décrite et ce, à travers le regard d’Aurélien. Ce portrait est donc très subjectif, en effet Aurélien dresse un portrait de cette dernière très péjoratif : « il n’aima pas comment elle était habillée » (l.1 et 2). Il utilise des hyperboles pour la décrire : « il la trouva franchement laide » (l.1). Cette hyperbole est ensuite atténuée par la subjectivité du narrateur : le terme « laide » se transforme en « elle lui déplut » (l.2).                           
En revanche aucun des caractères des personnages ne sont décrits explicitement, nous devinons celui d’Aurélien grâce à cette description très subjective mais ignorons celui de Bérénice. Dans l’incipit de La cousine Bette, le portrait du capitaine est à la fois objectif et ironique, comme dans celui d’Aragon contrairement à celui de Madame Bovary, qui est plus objectif (à la fin) concernant Charles.
Pour finir, contrairement aux deux autres incipits, celui-ci  est séparé en deux parties par un vers de Racine : « Je demeurai longtemps errant dans Césarée… » (l.14). Ce vers évoqué par le nom de Bérénice évoque un « autre beau nom » (l.19), celui d’une ville : Césarée. Le narrateur décrit alors cette ville très subjectivement et péjorativement encore : « Assez moricaude » (l.18), « des bracelets en veux-tu en voilà, et des tas de chichis, de voiles » (l.19). L’auteur utilise ici un style oral à l’écrit, il fait usage de termes très relâchés qui sont inenvisageables au XIXème siècle.
En conclusion, cet incipit d’ « Aurélien » diffère par de nombreux points avec les autres étudiés en classe précédemment. Louis Aragon ne faisait pas partie du même mouvement littéraire qu’ Honoré de Balzac et Gustave Flaubert, cette différence se fait donc ressentir dans cet incipit.
 
Alexandre V., section internationale, octobre 2012.       




Aragon.jpg




Préparation de Laura T. : 

Pour cette introduction, le texte sur lequel nous avons dû travailler est l'incipit d'Aurélien, de Louis Aragon. Grand auteur du XXème siècle, Aragon fait partie du surréalisme, qui est un mouvement littéraire apparu suite au réalisme. Cet incipit est vraiment différent de celui de Madame Bovary, de Gustave Flaubert, et de La Cousine Bette, d’Honoré de Balzac, qui sont les deux incipit que nous avons déjà étudiés. Il y a plusieurs différences entre le surréalisme et le réalisme, mais il y a tout de même des similarités, qui sont démontrables.

Dans cet incipit, nous assistons à une rencontre amoureuse qui sort du commun. En lisant seulement le début de l'incipit, nous ne pourrions deviner qu'une rencontre amoureuse allait trouver place dans l'histoire. En effet, le personnage principal, Aurélien, personnage éponyme du roman, rencontre Bérénice, et elle est décrite d'une façon vraiment négative : « laide » l1, « il n'aime pas comment elle était habillée » l1-2, « sans avoir l'air de se considérer dans l'obligation d'avoir du goût » l4, « ses cheveux étaient ternes ce jour-là, mal tenus » l10, sont des termes qui prouvent que le portrait qu'Aurélien faisait de Bérénice n'était pas mélioratif, et restait très subjectif. Cela est le plus grand point commun entre les deux premiers incipit que nous avons étudiés et celui-là : la médiocrité du personnage, l'une des plus grandes caractéristiques du réalisme, et probablement du surréalisme aussi.

Nous ne pouvons nier le fait qu'il y ait un certain nombre de différences entre l'incipit d'Aurélien et les deux autres : par exemple, dans Aurélien, le narrateur est interne, car il utilise le pronom personnel « il », et l'histoire est exprimée de son point de vue : il trouve Bérénice « franchement laide » l1, point de vue vraiment subjectif : le lecteur ne sait pas si Bérénice est réellement laide. Mais plus tard, le narrateur utilise le pronom « je », ce qui, dans la tête du lecteur, crée une confusion : le lecteur ne sait pas exactement qui est le narrateur, alors que dans l'incipit de Madame Bovary, le narrateur utilise tout le temps le pronom « je ». Mais ceci n'est pas la seule différence : si on s'intéresse aux axes de lecture des deux premiers incipit qui étaient « où », « quand » et « qui », nous pouvons vite réaliser qu'ici, les repères sur la date, le moment ou le personnage sont très rares : seuls quelques mots nous guident dans notre lecture : pour ce qui est de la question « quand? », les termes « qui l'avait hanté pendant la guerre, dans les tranchées » l10-11, laissent au lecteur la possibilité de deviner que l'histoire se passe après la première Guerre Mondiale, mais la date n'est tout de même pas précise, sachant que la première Guerre Mondiale a duré quatre ans, de 1914 à 1918. Ces mots offrent aussi au lecteur une vague idée du lieu de l'incipit, car les tranchées de la première Guerre Mondiale étaient en France. Cependant, cette indication reste faible, car la France compte quelques centaines de kilomètre carré. Enfin, pour ce qui est de la question « qui ? », le lecteur apprend que le personnage principal est Aurélien, et qu'une femme, Bérénice, va jouer un grand rôle dans l'histoire. Mais aucun des deux personnages n'est décrit, ni physiquement, ni moralement. C'est vraiment une différence avec le réalisme, sachant que dans le réalisme, le plus de détails il y avait, le mieux c'était : « dans le milieu du mois de juillet de l'année 1838 » dans l'incipit de La cousine Bette. Il y a une autre différence, qui est la différence de phrases entre les deux premiers incipit et celui d'Aurélien : dans Aurélien, il y a beaucoup de phrases averbales : « Tite. Sans rire. Tite » l25, phrases vraiment différentes de celles qui étaient utilisées pendant le surréalisme : par exemple, dans l'incipit de La cousine Bette, les phrases étaient très longues : « Vers le milieu du mois de juillet de l'année 1838, une de ces voitures nouvellement mises en circulation sur les places de Paris et nommées des milords cheminait, rue de l'Université, portant un gros homme de taille moyenne, en uniforme de capitaine de la garde nationale. » Enfin, la dernière différence est le décalage entre le langage utilisé dans les deux premiers incipit, qui était un vocabulaire assez riche, et le langage d'Aurélien, qui est un langage plus familier : « en veux-tu en voilà » l19, « chichis » l19, « le type » l21, « une espèce de grand bougre » l21-22.

Nous pouvons voir un lien entre l'incipit de Madame Bovary et l'incipit d'Aurélien : dans tous les deux, il y a une description, assez longue : dans Madame Bovary, la casquette de Charles, le nouvel élève, est longuement décrite, tandis que dans l'incipit d'Aurélien, le personnage évoque une oeuvre de Racine, d'une façon aussi détaillée : le vers « Je demeurai longtemps errant dans Césarée » est cité dans l'incipit d'Aurélien, et le lecteur pourrait deviner que ce sont les pensées d'Aurélien qui sont écrites, ce qui donne un résultat plutôt désordonné, une impression d'illogique.

Nous pouvons donc dire que cet extrait diffère des deux premiers que nous avons étudiés, car il y a seulement deux points communs ; il y a toutefois plusieurs différences, ce qui nous donne la possibilité d'en conclure que le Réalisme et le Surréalisme ne varient pas beaucoup, mais qu'ils ne sont pas totalement similaires. Nous pouvons deviner, suite à cet incipit, qu'Aurélien va tomber amoureux de Bérénice et que, suite à ce premier portrait extrêmement négatif, il va y avoir des problèmes entre eux deux.

  Alexandre V., section internationale, octobre 2012.      





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Préparation de Chiara M. : 

Dans les deux textes dont les lectures analytiques ont été faites en classe, il a été exposé le fait que l'incipit d'un roman constitue un moment de rencontre entre l'oeuvre et le lecteur, dans lequel ce dernier doit être informé du contexte dans lequel va s'inscrire l'histoire (les axes de lecture d'un incipit étant le plus souvent « où ?», « quand ?» et « qui ?»). Les extraits précédemment étudiés faisant partie d'oeuvres réalistes (Madame Bovary de Gustave Flaubert et La Cousine Bette d'Honoré de Balzac), ils répondaient à ces attentes de façon précise, comme l'exige le Réalisme (le principe de ce mouvement étant d'être le plus fidèle possible à la réalité par le biais de descriptions comprenant de nombreux détails).

Aurélien de Louis Aragon ne s'inscrit pas dans le mouvement réaliste mais surréaliste. Le Surréalisme refuse toutes les constructions logiques de l'esprit et a pour but de libérer l'homme des morales et des académismes qui le contraignent afin de libérer sa force créatrice pure.

Il est donc logique qu'entre ces différents incipits se trouvent des différences dans leur style, leur construction et leur approche de l'histoire.

 Tout d'abord, les réponses attendues dans un incipit aux questions « où ?», « quand ?» et « qui ?» ne sont pas vraiment présentes dans l'incipit d'Aurélien. On apprend entre les lignes 10 et 12 que l'histoire se situe vaguement après la Première Guerre Mondiale et avant la Seconde (« un vers qui l'avait hanté pendant la guerre, dans les tranchées », l.10-11) donc entre 1918 et 1944. Cela marque un fort contraste avec l'incipit de La Cousine Bette, dans lequel est dite avec précision la date (« vers le milieu du mois de juillet de l'année 1938 » l.1) à la première ligne.

   Les personnages principaux sont nommés à la première ligne du texte (« La première fois qu'Aurélien vit Bérénice » l.1), cependant rien d'autre n'est dit sur eux, mis à part une description subjective de Bérénice (« il la trouva franchement laide » l.1, « il n'aima pas » l.1) et une suggestion sur le passé d'Aurélien (« dans les tranchées » l.11) ainsi qu'une approche de sa personnalité à travers ses pensées (« il avait des idées sur les étoffes » l.3).

   Quant au lieu, on peut deviner d'après l'allusion aux tranchées, d'après celle à la littérature française (« Racine » l.10) et d'après la consonance des prénoms que l'histoire se passe en France, mais rien ne peut être affirmé et cela reste imprécis. Là encore on voit une forte différence avec  La Cousine Bette dans lequel la ville et mêmes les rues sont vites citées (« sur les places de Paris » l.2, « rue de Bellechasse » l.18) et avec Madame Bovary dont le champ lexical de l'école nous indique immédiatement le lieu (un collège).

 De plus, les impressions qui ressortent de cet extrait sont très différentes de celles données par les deux autres incipits. En effet, lorsque l'on lit un incipit réaliste, on est immédiatement plongé dans une scène que l'on peut imaginer très facilement et précisément (les rues de Paris et l'attitude du personnage dans sa voiture dans La Cousine Bette, ainsi que la salle de classe et la position du nouveau par rapport aux élèves dans Madame Bovary), alors que dans cet incipit d'Aurélien, le lecteur est comme emporté dans un tourbillon de sentiments (« elle lui déplut » l.1, « voilà bien ce qui l'irritait » l.9) et de pensées fugaces (« un vers qui l'avait hanté pendant les guerre » l.10-11, « pourquoi ? » l.15, « je deviens gâteux » l.20-21). Le texte donne une impression générale de mouvement continuel, qui rebondit d'idée en idée, de souvenir en souvenir... Le narrateur est donc interne puisqu'il entre directement dans les pensées du personnage (« je deviens gâteux » l.21). C'est le flux de conscience qui est ici utilisé par Aragon.

 Des différences stylistiques sont aussi à remarquer. Les courtes phrases se suivent à un rythme saccadé (« Tite. Sans rire. Tite »), contrairement aux longues et belles phrases des deux autres incipits. Elles sont parfois averbales (« Territoire sous mandat » l.19, « Césarée...un beau nom pour une ville » l.19-20) et des termes familiers normalement employés à l'oral sont ici utilisés à l'écrit (« Assez mauricaude, même, des bracelets en veux-tu en voilà, et des tas de chichis » l.19). Enfin, l'auteur brouille le lecteur en changeant de personne grammaticale pour désigner le même personnage. Il utilise d'abord la troisième  personne du singulier quand il parle d'Aurélien (« il la trouva franchement laide » l.1) puis, toujours pour désigner le personnage principal, il utilise la première personne du singulier, lorsqu'il dit « plutôt petite, pâle je crois... » et « je deviens gâteux. ». Cela n'arriverait jamais dans La Cousine Bette ou Madame Bovary qui restent dans les conventions stylistiques traditionnelles.

 Pour conclure, l'incipit d'Aurélien de Louis Aragon est un incipit déceptif : il ne remplit que partiellement ses fonctions de source d'informations et de mise en situation pour le lecteur. En revanche, il est dans ce sens fidèle au Surréalisme puisqu'il transgresse les règles du roman traditionnel. C'est une remise en cause totale du fond (« où ?», « quand ?» et « qui ?») et de la forme (le style des phrases diffère). Cet incipit comporte donc de nombreuses différences avec ceux de Madame Bovary et de La Cousine Bette, mais cela reste logique car ils n'appartiennent pas aux mêmes mouvements littéraires et n'ont donc pas les mêmes buts faces au lecteur.

Chiara M., section internationale, octobre 2012. 



 

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Préparation d'Alexandra S. :     

             Les incipit de Madame Bovary de Flaubert et La cousine Bette de Balzac, font partie du mouvement réaliste, ils répondent alors en détail aux trois axes de lectures : quand ? Où ? Qui ? Donc au souci de précision qui définit si bien ce mouvement.

Or, l’incipit d’Aurélien n’indique aucune précision, ou très peu, sur l’époque (quand) et le lieu (où). On sait seulement que l’histoire se déroule après la Première Guerre Mondiale : « qui l’avait hanté pendant la guerre, dans les tranchée » (l.10, 11), et en France étant donné que la guerre des tranchée s’est déroulé dans ce pays. On a aucune date ni aucun lieu. C’est une première différence avec l’incipit de La cousine Bette qui dès la première ligne annonce la date précise : « juillet […] 1838 » (l.1) et le lieu: « Paris » (l.2), ou encore avec celui de Madame Bovary qui annonce, de manière implicite mais tout de même, où se déroule l’histoire (dans une salle de classe à l’école).
Ici, dans Aurélien, l’histoire commence par la rencontre entre le personnage éponyme et Bérénice. L’incipit est d’ailleurs consacré pour une première partie à la description seulement physique de celle-ci à travers le regard subjectif d’Aurélien, à l’inverse des deux autres incipit où le personnage principal Charles Bovary ou le capitaine sont, eux, décrit par un narrateur omniscient (sauf au début de l’incipit de Madame Bovary). Le ‘qui’ de l’axe de lecture est bien présent mais raconte ce que pense le personnage principal et non qui il est. Bérénice est décrite comme «fraichement laide » (l.1) avec des « cheveux […] ternes ce jour-là [le jour où Aurélien l’a rencontré] » (l.5). « Il n’aima pas comment elle était habillée » (l.1, 2).  Elle lui parait médiocre, or on suppose qu’il va la revoir au moins une deuxième fois étant donné que c’est « La première fois […] [qu’il] vit Bérénice. »
Dans le dernier paragraphe, il la compare à Bérénice, de la pièce de Racine. Il n’arrive pas à oublier cette femme. Nous sommes dans les pensées d’Aurélien. Le narrateur est interne du point de vue de celui-ci. Il parle à la troisième personne du singulier. Son point de vue se renforce dans le dernier paragraphe. Les phrases sont courtes, parfois sans verbes, avec une ponctuation forte et des moments de pause (trois petits points) : «En général, les vers, lui… » (l.15). Elles ne se finissent pas toujours et du vocabulaire familier est employé : «tas de chichis » (l.19), « le type […] une espèce de grand bourge […], flemmard » (l.22, 23). Il n’y a aucune suite logique à ce qu’il raconte.  En effet, le narrateur interne décrit et commente à propos de « Césarée. » et immédiatement après essaye de se souvenir du personnage, auteur du vers, qui obsède Aurélien : «Un beau nom en tout cas. Césarée… Je demeurai longtemps… Je deviens gâteux. Impossible de se souvenir : comment s’appelait-il, le type qui disait ça» (l.21, 23). De plus, il confond le personnage de la pièce de Racine, Titus à celui de la pièce de Corneille, Tite. Ce sont les pensées confuses d’Aurélien à la pensée de Bérénice qui malgré sa médiocrité à susciter son intérêt et va rester graver dans son esprit.
 
Finalement, nous avons une mise en avant de ce qui va se dérouler par la suite avec la comparaison de la « vraie » Bérénice à celle de la pièce de Racine, et de son amour impossible avec Titus. Cet amour va se refléter dans la relation entre Aurélien et Bérénice et sera également voué à l’échec. 

Alexandra S., section internationale, octobre 2012.  
 



 
 


Date de création : 03/11/2012 @ 14:36
Dernière modification : 24/11/2012 @ 12:50
Catégorie : Préparations 2012/2013
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