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Copies d'élèves 2012/2013 - Ecriture d'invention romanesque 2nde 8
 Devoir à rendre le mardi 13 novembre 2012.
 
 
 
 
Vers l'écriture d'invention (sujet de type III du bac).
 
 
 
 
Sujet (à coller sur votre feuille double) : après l'étude du GT1 (Les débuts de romans), vous rédigerez à votre tour un incipit régi par les consignes suivantes :
 
·        votre production sera de registre réaliste.
·        Elle mêlera types narratif et descriptif (vous veillerez à utiliser les outils stylistiques propres à ces deux types de texte).
·        Votre incipit respectera les codes romanesques traditionnels (fonctions informative et « apéritive »).
·        Vous expliciterez la focalisation que vous aurez choisie :
1.     focalisation zéro ;
2.     focalisation interne ;
3.     alternance des deux : dans ce cas, vous signalerez le(s) changement(s) de focalisation à l'aide d'une croix rouge dans la marge, au niveau de ces changements.
·         Toute référence culturelle pertinente est valorisée.
·         Le site de Lettres du CIV propose des copies d’élèves ayant eu à traiter le même sujet, au cours des années précédentes.


Devoir d'Héléna C. : 

J’ai utilisé la focalisation zéro (narrateur omniscient) Ce qui est souligné est en focalisation interne.

     La vieille avait toujours été assise sur son banc, face à l’horizon paisible de la mer, courbée
sur son tricot et tournant résolument le dos à la Promenade Amiral de Grasse. C’était un long
boulevard où les riches bourgeois déambulaient en calèche, leurs regards hautains errant sur la foule
colorée de paysannes qui, panier sous le bras, se dirigeaient hâtivement vers le marché. Le
claquement des sabots sur les pavés lisses se mêlait au bruit apaisant des vagues et aux voix épaisses
des paysannes rudes qui se déplaçaient en groupe et se chamaillaient vivement. On entendait aussi les
réprimandes des nourrices qui promenaient les enfants des riches bourgeois du quartier. Plus loin, un
essaim d’écoliers en uniforme noir, leurs cartables sur le dos et leurs pas retentissant lourdement, se
précipitaient pour arriver à l’heure au collège. Plus loin encore, on apercevait les servantes, aux mains
rugueuses usées par le travail, qui revenaient du marché, chargées de victuailles, et des artisans de
toutes sortes, tailleurs, perruquiers et autres, qui sortaient ou se dirigeaient vers les villas blanches qui
abritaient les habitants du quartier.
     Devant la vieille, à perte de vue, s’étendait la mer Méditerranée. L’écume blanche frappait
régulièrement les coques de bateaux de pêche amarrés en contrebas, puis mourrait sur la plage de
galets gris. Sur l’horizon, une voile solitaire voguait paisiblement, et l’on pouvait voir des matelots
accoudés à la rambarde, le visage sec, les cheveux ébouriffés et l’oeil morne surveillant le paysage.
     Personne ne se souvenait de la première fois que la vieille s’était assise là, à regarder
passivement les vagues se jeter lentement sur la plage, ni pourquoi. Elle faisait maintenant partie du
paysage, et elle seule s’asseyait sur le banc. Il n’était jamais venu à l’idée de quelqu’un de s’asseoir
sur « le banc de la vieille ». On la trouvait là le matin, sans que personne ne l’ait vu arriver, et le soir,
quand on revenait, elle était partie, sans que personne ne l’ait vue partir. Tous les jours, été comme
hiver, les passants la voyaient sur son banc de bois poli par le vent et les générations, ses cheveux
longs et blancs flottant dans la brise salée que la mer apportait, ses aiguilles en bois cliquetant
continuellement. Son front était ridé, son visage impassible et ses yeux avaient un regard lointain,
fixe. Elle était enfouie sous un amas de toiles sales et rapiécées qui variaient rarement. La laine
rugueuse aux couleurs délavées formait un long rectangle de tricot bosselé qui lui servait de
couverture. Ses sabots marron étaient usés, trop petits pour ses pieds déformés par le temps. Elle ne
parlait à personne et aucun des passants ne connaissait son nom. Elle semblait sans âge, aussi
ancienne que la mer qu’elle passait tellement de temps à contempler, comme si elle avait toujours été
et serait toujours là, assise, à tricoter.
     Un matin de septembre 1885, le Docteur Legrand, homme solide d’une quarantaine d’années,
qui suivait avec passion les avancées médicales du Docteur Pasteur, sortit de chez son premier
passant de la journée, qui souffrait d’une pneumonie. Il salua la femme de ce dernier avant qu’elle ne
referme la porte derrière lui, et lui recommanda de suivre minutieusement les indications qu’il lui
avait données. Lorsque ceci fut fait, il marcha d’un pas tranquille vers le cabinet de médecine
générale qu’il occupait depuis deux ans, 3 rue St Bernardin, en sifflant un air de Manon, opéra de
Jules Massenet, qu’il avait entendu l’année précédente. Tout en marchant, sa main gauche enfoncée
dans sa poche, il repensait à sa femme, jeune, timide, qu’il avait épousé sur un coup de tête. Il
n’aurait pas dû, mais, après la mort de sa première femme qu’il n’avait pu sauver, il était tombé
amoureux de cette femme, de cette fille, presque. Elle était si belle, si jeune, si fraîche... Ils étaient
heureux, et pourtant, depuis quelque temps, elle semblait ailleurs, elle avait perdu un peu de la gaieté
dont il était tombé amoureux. Il soupira. Il espérait seulement qu’un Des Grieux ne viendrait pas
briser leur union. Perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas l’attroupement sur la Promenade Amiral
de Grasse. Puis lorsqu’il leva enfin la tête, il ne compris d’abord pas de quoi il s’agissait. Tout d’un
coup, il s’arrêta, n’en croyant pas ses yeux.
     Le banc de la vieille était vide.               

Héléna C., 2nde section internationale, décembre 2012.

                                                                                                                                                                                ***

Devoir de Manuella H. : 

Asae

C’était un vendredi, le  vendredi 11 mars 2011, le ciel gris dominait le paysage à Osaka.  Au loin on apercevait  l’océan, qui ce jour-là avait pris une  couleur bleu foncé,  un peu trop foncé même.  Devant l’océan,  les immeubles de la ville lançaient leurs innombrables toits  vers le ciel. À cette époque de l’année, les fleurs  des cerisiers  roses s’étaient à peine écloses et donnaient au paysage une touche colorée.  Asae Takahashi était assise sur une de ces tristes chaises d’aéroport, scrutant ce spectacle à travers la baie vitrée, quelque part devant elle.  Les avions décollaient les uns après les autres,  croisant son regard, comme une nuée de vautours identiques, chacun prenant un chemin différent, franchissant la ligne de l’horizon  vers un destin inconnu.
Asae venait de dire au revoir à ses deux enfants déjà âgés mais incapables de penser à leur avenir, ne cherchant  pas de travail et n’aidant même pas leur mère. Le poste qu’elle avait accepté ce matin-là comme pédiatre au Pérou lui permettrait de changer d’atmosphère. Elle pensait que cela durerait seulement un temps, et qu’ensuite elle reviendrait vivre avec les siens.
 Fatiguée de réfléchir, elle sortit de son sac son livre préferé. La lecture de Cinq semaines en ballon  de Jules Verne,  un roman d’aventures rempli  de descriptions géographiques et historiques lui redonnait le sourire qu’elle avait perdu durant ces dernières années à cause de son quotidien éprouvant .
Ses yeux rouges, les  grandes cernes qui soulignaient ses beaux yeux , sa chevelure couleur neige et son triste aspect doublaient son âge. Son mari qui la trompait , ses enfants qui ne faisaient rien de leur vie, sa vie monotone qui consistait à aller de la maison au travail et du travail jusqu’à sa maison étaient les raisons principales de ce désir, cette nécessité qu’éprouvait Asae d’oublier.
Elle lisait, déconnectée du monde, concentrée,  découvrant à travers les pages de son livre des paysages du continent africain quand une voix de femme incipide annonça  que son vol allait bientôt partir, la tirant de sa rêverie. Elle prit son sac, se leva puis se dirigea vers la porte d’embarquement indiquée.
Asae entra dans l’avion, et quelques minutes après s’être assise, envahie par les pensées négatives de ce qui appartiendrait bientôt à son passé, elle s’endormit profondément.
Le lendemain matin, elle  arriva dans l’immense hall vitré de l’aéroport international Jorge Chávez. Au moment de récupérer ses bagages , elle aperçu un grand écran qui parlait d’une catastrophe qui venait d’avoir lieu le long de la côte nord-est du Pacifique.  Asae su alors qu’un malheur  s’était abattu chez elle.  Elle franchit les portes de l’aéroport, busculée par la foule  comme un pantin, glaçée par le choc.
Sans qu’elle en eût encore conscience, sa vie venait de basculer.
 
 
 
 
Remarque:
J’ai utilisé dela focalisation zéro tout au long de l’incipit.
Le vendredi  11 mars 2011 est la date de l’énorme tremblement de terre qui a causé un tsunami dévastateur dans le nord du Japon . C’est aussi la date d’une catastrophe nucléaire qui a ravagé le pays.

Manuella H., 2nde section internationale, décembre 2012.

                                                                                                                                                                              ***

Devoir de Valentine B. : 

(focalisation interne)
 
Comme chaque Vendredi, à dix heures précises, Auguste Larchet glissait la clef de son modeste appartement sous le tapis de l’entrée, et, après avoir maladroitement descend les quelques marches de l’escalier le séparant du hall d’entrée de son immeuble, il s’engagea sur la Rue de Lille, qu’il était oblige de traverser pour parvenir a la Gare d’Orsay. À quelques mètres de son entrée, il fit don de la monnaie qui lui restait de la veille au mendiant; le même que tous les vendredis.
      Auguste pénétra dans cette immense gare, et manque de faire tomber quelqu’un, alors qu’il admirait inlassablement la grande horloge dorée, qui n’avait pas changé depuis le dernier vendredi. Cette horloge était d’une somptuosité qui retenait le souffle d’Auguste,  comme tous les vendredis. Une mosaïque de fleurs était gravée dans l’or, et les fines aiguilles de son cadrant, taillées dans l’ébène, dansaient légèrement avec le temps. Il traversa les chemins de fer par un petit pont qui se soulevait au dessus des ces grandes lignes d’acier, parsemées de locomotives fumantes, et de conducteurs nourrissant de charbon leurs ventres affamés.
     L’horloge sonna dix heures trente. Auguste était maintenant positionné sur son « banc du vendredi » comme il l’aimait l’appeler. C’était un petit banc blanc, en ferraille. Il faisait face aux quais, offrant à son passager un spectacle vivant, qui n’en finissait jamais. Puis, elle parut : Maryse Durand. Depuis une année, il chérissait ce moment du vendredi, pendant lequel la vie lui permettait de s’émouvoir devant l’être le plus parfait qui soit. Ce vendredi-là, elle était chaussée de petits souliers vernis, et ses formes d’habitude envoûtantes étaient dissimulées sous un épais manteau de fourrure noire. Ses boucles brunes se tassaient sous un chapeau cloche,  et une rivière de perles coulait sur sa gorge. Un fume-cigarette en ébène ornait ses doigts fins, et e petit rouleau de tabac, à son extrémité, se faisait dévorer par la braise.  Dans son autre main, un livre était accroché à sa paume, Il était absolument impossible d’en déchiffrer le titre depuis le banc d’auguste, mais il savait pertinemment qu’il s’agissait des Misérables, un classique, qui, en la possession de Maryse, en étonnait plus d’un.
    Auguste n’avait jamais osé lui adresser la parole. Pourtant, depuis quelques semaines, il sentait le courage fleurir en lui. Plus il la regardait, plus ce désir fou de la connaître embrasait ses entrailles. Sa langue crépitait ; il devait se lever.
    De l’autre coté du quai, Maryse vit un homme, a la carrure plutôt médiocre, décoller son postérieur de son banc ? Il avait l’air décidé.  Il marchait d’un pas rapide, on aurait dit qu‘il courait, mais ses jambes ne décollaient pas du sol. Elle s’interrogea sur la nature de sa course, quand elle réalisa que ce mystérieux personnage s’avançait vers elle.
 
    Il était maintenant assez proche pour s’enivrer du parfum de Maryse. Ses jambes tremblaient, mais il n’y fit pas attention. Ce vendredi-là, ce fut le vendredi de leur rencontre.


Valentine B., 2nde section internationale, décembre 2012.

                                                                                                                                                                               ***

Devoir de Matthieu G. : 


 
      Après avoir dîné avec le maire et les grands hommes du village, Paimpol  traversa la place et longea le bord de mer afin de rejoindre le port pour finir la nuit sur son bateau San Ciriaco. Il ne restait que quelques fenêtres allumées. Les maisons de couleurs grises semblaient endormies et les pavés abîmés reflétaient la clarté de la lune. Paimpol marchait d’un pas décidé pourtant songeur, les mains enfouies dans les poches de son caban au tissu usé. On entendait les vagues heurter les rochers et le marin contemplait ce paysage qu’il connaissait depuis si longtemps. Quelques gouttes tombèrent et il s’empressa, oubliant le cadre qui l’entourait. En effet, le vieil homme aux traits creusés par l’océan était apprécié dans toute la région. Connaissant tous les rochers et toutes les brises, les jeunes le surnommaient « le vieux » et certains pensaient même que de l’eau de mer coulait dans ses veines. Des étrangers qui longeaient la côte française s’arrêtaient régulièrement pour le rencontrer. Ils se rassemblaient à la brasserie « Le Bénitier » pour l’écouter conter ses récits de voyage et le breton à la voix rauque leur inspirait la confiance. Cependant, ce n’était pas un soir comme les autres pour le vieux marin.
     On était en mars 1920, la guerre était terminée depuis plus d’un an. La fraîcheur de l’hiver régnait encore, ainsi les beaux jours arrivaient et les journées commençaient à se rallonger. Cela faisait dix ans que sa chère épouse l’avait quittée, dix ans que son malheur avait commencé, mais cela restait son secret. Margueritte lui manquait, son absence le comblait de tristesse et de solitude. Paimpol arriva sur le quai et enjamba pour monter sur le pont de son bateau. Il descendit dans sa petite cabine. Le bois rongé par le sel craquait à chaque pas. L’homme à la longue barbe blanche posa sa casquette bleu foncé et enleva sa chemise rayée qui cachait une encre gravée sur son avant-bras. Puis, il tendit  la main et attrapa une photographie jaunie par le temps de sa bien-aimée : une silhouette élancée, des traits fins, des pommettes saillantes,  un sourire charmeur. Il s’imaginait encore caresser ses doux cheveux blonds. Le regard du capitaine était désormais figé sur cette image, il se souvenait. Tous ces moments d’amour lui revenaient. Une fine pellicule d’eau recouvrit ses yeux azurs. Plus il se rappelait son amour pour elle, plus sa gorge se serrait jusqu’au moment où il fondit en larmes. Son chagrin l’étouffait. L’homme au plus profond du désespoir prit la bouteille de rhum posée sur sa table de chevet. Hagard, il buvait en criant le prénom de sa dulcinée.  Cet homme dont tout le monde pensait qu’il devait être libéré par l’océan était enfermé dans son chagrin.
     Il n’avait envie que d’une seule chose désormais, naviguer. Il devait sentir le vent fouettait  ses joues et il savait que le nez de son navire avait besoin de tailler la houle. La liberté lui manquait. Il monta les quelques escaliers d’un pas lourd et hésitant qui le séparaient du pont. Avec sa marche saccadée il traversait son bateau d’un bout à l’autre larguant les amarres. L’élégance de l’homme avait disparu. Enfin, lorsque le navire fut entièrement appareillé il hissa les voiles qui se gonflèrent immédiatement.  Paimpol prit la barre, inhalant toujours à grandes gorgées la liqueur.
      Peu après   le San Ciriaco capait vers le large, son capitaine sifflant un air. Cependant, aveuglé par la tristesse, Paimpol ne se rendait pas compte qu’une violente  tempête approchait.

Matthieu G., 2nde section internationale, décembre 2012.


***


Devoir d'Isabelle K. : 

 

Focalisation choisie : focalisation interne + quelques passages en focalisation zéro

 

Il se souvenait de son premier jour, cinq ans auparavant, qui lui semblait remonter à une éternité.... La mine l'avait changé. Sa colonne vertébrale était courbée par le travail et ses mains déformées et couvertes de cicatrices. Son visage, vieilli par ce qu'il avait vécu et creusé par la faim, n'était pas celui d'un enfant de treize ans.
La première fois qu'il était monté dans la « cage », il avait huit ans. Il avait dû se serrer contre des inconnus, les mains sur les épaules de celui d'en face et on lui avait dit de tenir l'équilibre. Quand ils avaient commencé à descendre, il avait été pris de nausées et, dans l'angoisse qui l'avait soudainement submergé, il n'avait pas pu s'empêcher de penser qu'en cet instant, sa vie ne tenait qu'à quelques fils et aux planches de bois sous ses pieds.

Depuis, c'était devenu la routine. Il n'y avait maintenant rien de plus normal pour lui que d'entrer dans une « cage » en bois avec quatre-vingt autres personnes et de descendre en enfer, tous les jours. Il n'y avait rien de plus normal que d'extraire le charbon de la roche avec sa rivelaine pour le charger ensuite dans les berlines, tout cela dans l’insupportable chaleur étouffante de la mine, dans les nuages de poussière noire, à la faible lumière de sa lampe. Les hurlements des ouvriers et le raclement des pics contre la roche le poursuivaient jusque dans ses rêves ; des cauchemars où la mine explosait et où il étouffait sous les débris et la poussière.
Mais il n'abandonnait pas. De toute façon, il était bien obligé de continuer. Il ne pouvait pas se permettre de succomber à la fatigue ou de céder au désespoir : il devait survivre pour que sa famille survive. Quand sa mère avait été enceinte de Nala et que son mari était mort peu après, elle s'était trouvé forcée d'envoyer le dernier de ses fils à la mine, où il rejoignit ses deux grands frères et son oncle.
Il avait poussé des wagonnets remplis de charbon, au risque de se faire écraser quand, à bout de force, il ne pouvait plus retenir la charge, trop lourde pour un enfant... Il avait dû se glisser dans les galeries les plus étroites, celles où les adultes ne pouvaient pas s'introduire. Les enfants étaient très utiles dans les mines pour leur habileté et leur petite taille, mais surtout pour leur prix : un adulte effectuant un travail similaire devait être payé trois à quatre fois plus.
Chaque fois qu'il était au bord du désespoir, effondré sous le poids de sa vie, il pensait à sa petite sœur, Nala, qui avait maintenant quatre ans. Son visage arrondi, encadré de jolies boucles brunes, était toujours illuminé par un sourire, que ses pommettes rougies ne rendait que plus resplendissant. Ses étincelants yeux bleus brillaient de joie de vivre et elle posait sur le monde un regard si pur, si insouciant et plein d'espoir que cela lui brisait le cœur. Elle ne comprenait pas ce qui le tourmentait quand il rentrait tard le soir, les mains en sang, les pensées empoisonnées par les horreurs qu'il voyait chaque jour, mais ses petits sourires, ses caresses et ses bisous étaient toujours là pour le réconforter.
Elle était si innocente... Et il ne voulait pour rien au monde lui enlever cette innocence. Il ne voulait pas qu'elle grandisse dans la misère, comme lui. Elle avait le droit de vivre et de connaître le bonheur, et tout ce qu'il pouvait faire pour elle, c'était souffrir.

Ce jour-là, le dix mars 1906, il était dans la galerie de base de la mine des Courrières. C'était en fin d'après-midi et il chargeait sa troisième berline, inconscient de la catastrophe imminente*, quand un ouvrier déboucha en courant dans le tunnel. Il s'arrêta et mit quelques secondes pour reprendre son souffle avant d'haleter : « Le canari... Le canari est mort ! » **


*catastrophe de Courrière : 10 mars 1906 (bassin minier du Nord-Pas-de-Calais)

coup de grisou + coup de poussière → 1099 morts

**Les mineurs emportaient autrefois un canari en cage, qui lorsqu'il s'agitait, ou même mourait, ou encore donnait des signes de suffocation était le signe qu'il fallait remonter (danger de coup de grisou ou autres gaz toxiques).

Isabelle K., 2nde section internationale, décembre 2012.


***




Devoir de Pauline R. : 

A quelques rues du Jardin du Luxembourg, Emma avait quitté son atelier de peinture pour rejoindre le quartier de Saint-Sulpice. Elle aimait s’enivrer du parfum des fleurs par cette matinée ensoleillée du mois de juillet. Les rayons du soleil qui réfléchissaient sur sa peau lui apportaient une agréable sensation de chaleur.

C’était une jeune femme d’une vingtaine d’année pleine de vie et de projets. Elle avait les yeux d’un bleu profond mis en valeur par de longs cils bruns, un nez mince, des lèvres fines, une épaisse chevelure brune réunie dans une longue tresse et un visage séduisant qui révélait une grâce particulière. On lisait dans ses yeux une incroyable sincérité. Elle était vêtue d’une robe en mousseline de coton bleu pâle qui dessinait parfaitement sa silhouette fine et légère. Elle portait un foulard avec un imprimé fleuri dans les tons rosés et gris azurés et chaussait de petits mocassins blancs.

Elle avait l’habitude de s’asseoir à la terrasse du Café de Flore. Elle appréciait particulièrement le charme de ce café. Elle prenait plaisir à observer le mouvement tumultueux des passants. Cela lui donnait l’inspiration pour ses peintures. Le plus souvent, les artistes trouvaient l’inspiration en voyageant au travers des variétés des paysages qui différaient de la vie parisienne. Les rues semblaient toutes identiques avec leurs pavés géométriques et la Seine qui traversait la capitale. Pour Emma, au contraire, la diversité des rues, des parcs, des ponts et des monuments était une source d’inspiration permanente.

Elle commanda un verre de vin blanc en attendant l’arrivée de son compagnon, Marc. Ils célébraient aujourd’hui leurs deux années de relation amoureuse et passionnelle qu’ils entretenaient depuis le 16 juillet 1940. Cependant, ce matin-là, il était en retard, ce qui ne lui ressemblait pas.

Soudain, elle aperçut au loin, Alexandre un ami de Marc, arrivant au croisement du boulevard St-Germain. Il semblait paniqué. Arrivé à sa hauteur il lui donna un bout de papier où Marc avait griffonné quelques mots : « Je t’aime, je viens d’être emmené par la police. ». Il avait été arrêté du fait de son origine juive. Le cœur d’Emma s’emplit de tristesse, elle ne put retenir ses larmes qui coulaient sur sa figure rougie par le chagrin.

Un policier à la carrure imposante les interrompit et demanda violemment à Emma ses papiers d’identité.

 

Remarque :

J’ai utilisé la focalisation zéro.

L’histoire se déroule le 16 juillet 1942, le jour de la rafle du Vel d’Hiv. 

 

Pauline R., 2nde section internationale, décembre 2012.


***




Devoir de Cloé T. : 

J’ai alterné entre la focalisation zéro et interne :
 
 
 
Les passages en gras représentent les modifications faites à partir du devoir initial.
Les passages surlignés en jaune sont des passages en focalisation interne.
 
 
Il marchait d’un pas rapide et lourd, comme pressé par un rendez-vous manqué dans l’avenue « Jean Médecin ». Son regard allait de droite à gauche comme s’il était effrayé par une présence derrière lui. Son visage reflétait un homme d’une cinquantaine d’années. Ses cheveux poivre et sel, son front légèrement ridé, ses sourcils broussailleux et mal entretenus lui donnait un air énigmatique. Dans sa main droite, il serrait fermement une petite sacoche qui lui tenait à cœur.
Brusquement, Marius stoppa devant « Le Cyrano », l’un de ces nombreux débit de tabac, presse, souvenirs divers sans oublier ses jeux de pacotille. Il scruta l’entrée avec un regard inquiet et étrange. Ce commerce lui semblait différent, or ce n’était la première fois qu’il le voyait. Il leva la tête pour être sûr qu’il était au bon endroit, oui, il s’agissait bien du « Cyrano ».  Il y pénétra, traversa l’allée des magazines « people »  ainsi que celle des catalogues de jeux comme le sudoku ou bien les mots croisés afin de parvenir au comptoir situait au fond du magasin. Tout à coup, il fut légèrement surpris: l’employé, son bon ami Georget présent ici depuis 13 ans, n’était pas derrière le comptoir. Il se fit donc servir par une personne qui lui était inconnue. Jeune avec cette frange coupée à la « Justin Bieber », sa boucle d’oreille au lobe gauche lui conférait un style très particulier qui inquiétait Marius.
 
 
 
Marius était un client assidu car il avait pour habitude de venir chaque jour acheter son journal le «Nice-Matin ». Quant à son « Millionnaire », ce n’était uniquement que le mardi et le vendredi qui étaient ses jours fétiches et plus particulièrement lorsque le vendredi tombé un « 13 ». Or ce jour-là, nous étions le vendredi 14. Il vérifia la monnaie qu’on lui avait rendue comme de coutume. En cette troisième année de crise économique, l’argent devenait de plus en plus précieux.
Sur le chemin du retour, Marius s’engouffra dans la rue « Joseph CADEI » et s’arrêta quelques mètres plus loin devant son immeuble  «Le Palais Joffre», situé à quelques pas du centre universitaire « Valrose ». Marius habitait dans un quartier assez bourgeois et paisible. Après avoir actionné l’ouverture de la porte principale, il tira la lourde porte de l’ascenseur, un de ces types très ancien avec sa double porte manuelle et grillagée ainsi que sa cabine de bois vernis,  qui le monta péniblement au deuxième étage. En sortant de l’ascenseur, il se dirigea vers son appartement mais fut agressé par une musique assourdissante et moderne qui l’agaça fortement. Ce brouhaha, refrain de « Baby » de Justin Bieber sorti l’année précédente, venait de l’appartement voisin occupé par un locataire récent d’une vingtaine d’année, Vincent.
Il sortit péniblement de son manteau, acheté au magasin italien « Geox », son trousseau de clés. Il inséra une de ses plus anciennes clés légèrement rouillée dans la serrure de sa porte,  puis il se précipita dans son trois pièces luxueusement meublé donnant sur une vue admirable et claqua violemment la porte. Une fois chez lui, Marius s’orienta vers son salon et s’affala dans son fauteuil près de sa fenêtre dont les carreaux avaient été soigneusement nettoyés le matin même. Il sortit dans un premier temps de sa sacoche son « Millionnaire » ainsi qu’une pièce d’un euro pour le gratter. Comme à son habitude, le ticket était perdant. Marius eut un léger soupir de découragement. Il se munît ensuite de son journal, quotidien au toucher râpeux, sale et noirâtre. Il lut rapidement les gros titres et chercha la page météo. Les prévisions de la journée étaient assez moroses, ainsi que celles des 5 jours suivants.  Instinctivement, il se pencha pour scruter le ciel. En effet, de lourds nuages grisâtres assombrissaient le paysage de la Côte d’Azur pourtant réputé pour son doux climat. Cependant  l’hiver avait déjà débuté depuis quelques semaines.
Seul depuis le décès de son épouse et sans enfant, les femmes ne l’intéressaient guère et il s’était petit à petit renfermé sur lui-même.
A quelques rues d’ici vivait avec des moyens restreints  Fanny, célibataire mais qui cherchait depuis de très longues années l’âme sœur et elle comptait bien parvenir à le trouver.
 
 
Remarque : les prénoms Fanny et Marius servent, en plus des informations spatiales données explicitement, à localiser de manière assez vaste la fiction : en Provence.
 
 

Cloé T., 2nde section internationale, décembre 2012.



                                                                                                                                                                   ***


Devoir de Sarah N. : 

Plouf ! Plouf ! C'était le seul moyen qu'avait trouvé Eric pour faire passer le temps : lancer des galets dans la mer. Cela faisait une bonne demi-heure que celui-ci était arrivé sur la plage d'Etretat. C'était à cet endroit qu'il avait donné rendez-vous à Sonia pour se voir.
            Il adorait ce lieu unique et singulier et ne se lassait jamais d'y revenir. Il s'approcha de l'eau, tout en essayant de ne pas se faire mouiller. C'est malheureusement le moment que choisit la mer pour lui déverser une vague sur ses souliers. Eric soupira et examina le peu qu'il voyait de son reflet dans la mer notamment sa peau mate et ses yeux verts en amande. A dix-neuf ans à peine, Eric était passionné de musique, il ne se passait pas une journée sans qu'il n'emporte son baladeur mp3 avec lui où qu'il aille. Il avait d'ailleurs les yeux cernés à force d'écouter sans cesse de la musique et de se coucher tard.
            Nous étions le 24 mars 2008 et le vent cinglait son jeune visage, ébouriffant au passage quelques mèches de ses cheveux bruns et bouclés. Eric jugea plus judicieux d'aller attendre Sonia, qui ne saurait tarder, en haut des falaises. Il emprunta les escaliers situés derrière le bunker allemand et commença son ascension. Une fois arrivé au sommet, le panorama qui s'offrait à lui lui coupa le souffle. C'était grandiose, malgré la présence de ciel grisâtre. Il éteignit sa musique et ferma les yeux. Il n'entendait à présent que le bruit lent et régulier des vagues sur les innombrables galets blancs de la plage en-dessous de lui, ainsi que le souffle discret du vent. Il huma l'air, se délectant de la douce odeur iodée des flots dont il était habitué.
            Il reporta son attention sur la porte d'Aval qui, selon lui, apportait tout son charme à ces lieux. La pâleur et la rugosité de la pierre de la falaise rendait le tout encore plus magique et atypique. Cet endroit avait même le don de remémorer à Eric ses précédentes lectures, notamment Bel Ami de Guy de Maupassant, où l'imposante arcade est décrite comme « un éléphant trempant sa trompe dans la mer ». Et juste devant cette dernière, il pouvait également remarquer l'Aiguille Creuse dont s'inspira Maurice Leblanc dans son roman du même nom. La beauté de ce paysage lui mit en tête cette célèbre chanson de Phil Collins « Another Day in Paradise » car pour lui, le paradis était ici, avec Sonia.
            Il se rappela brusquement cette dernière et regarda sa montre qui affichait trois heure de l'après midi. Dépité qu'elle ne soit pas venue, il écouta « You Can't Always Get What You Want » des Rolling Stones qui lui rappela fortement sa situation actuelle. Il se mit soudainement à pleuvoir, quand Eric sentit tout à coup une main se poser sur son épaule.
 
Les passages surlignés en jaune sont en focalisation zéro.

Sarah N., 2nde section internationale, décembre 2012.


                                                                                                                                                               ***


Devoir de Gaëlle S. : 

Il faisait une température incroyablement chaude. Et pourtant tout était habituel, la ville fonctionnait comme chaque samedi matin, les livreurs de journaux livraient, les ménagères allaient au marché avec leurs cabats en paille, les chiens errants érraient à la recherché de nourriture, et les enfants jouaient dans les rues. D’autres enfants plus âgés aidaient leurs parents. La rue était bombée comme tous les samedis matins. Et avec cette chaleur torride cela devenait rapidement insupportable.
C’est au coin d’une ruelle que Ga Eul Lee, jeune étudiante en seconde, s’apprêtait à quitter la laiterie de son père. Elle devait se dépêcher sinon le lait risquait de tourner. Elle mit tout le lait à livrer dans un panier situé sur le guidon de son vieux vélo.
Il était impossible de rouler convenablement dans la ruelle où il y avait tant de monde. Elle décida de descendre du vélo et de marcher en tenant son vélo.
Il faudra bientôt changer les roues songea- t-elle. Elle regarda son vélo, ce dernier était vieux, son cadre était rouillé, la mousse de sa selle commençait à partir, et cela lui faisait mal lorsqu’elle pédalait.
Enfin, le marché se finit et elle pu recommencer à pédaler. Tout était habituel, comme chaque samedi matin le laitier concurrent avec qui elle s’était liée d’amitié l’a salué comme à l’accoutumé. Le clochard était toujours au même endroit et elle lui donna du lait car elle n’avait pas d’argent sur elle. Des enfants  dansaient dans la rue en écoutant du Kpop, lequel était devenu mondialement connu depuis peu d’années. Beaucoup de jeunes de la génération de Ga Eul écoutaient cela. Mais ce qui avait rendu la Kpop mondialement connue était la chanson “Gagnam Style” de Psy entendue plus de neuf-cents millions de fois sur Youtube.
 Puis elle passa devant l’école Shinwha, une prestigieuse école qui allait de la maternelle jusqu’à l’université. Cette école avait été crée par l’entreprise mondialement connue, Shinwha. Sans cette enterprise l’économie de Corée du Sud serait au point mort. Son chef d’entreprise a demandé l’autorisation au président de la Corée du Sud de la créer, ce qui fût accepté.
Cette école était destinée à un pour cent de la population, c’est-à-dire les milliardaires. Comme quatre-vingt-dix-neuf pour cent de la population restante, ses parent n’avaient pas les moyens d’ inscrire Ga Eul Lee dans cette école.
Généralement elle passait rapidement devant cette école car elle était envieuse des enfants qui nageaient dans le bonheur sans se soucier s’ils auraient à manger le lendemain.
 
Mais cette fois-ci, elle se dit qu’elle avait le temps et décida de s’asseoir et de contempler l’école pour riches.
Elle contempla les murs en briques de couleur pastel, le grand portail plus haut que sa maison, la pelouse verte comme les jardins anglais vus à la télévision et surtout les voitures de sport qui passaient. Comme dans toutes les écoles coréennes, les élèves avaient des uniformes mais ces uniformes devaient bien coûter trois millions de wons*. Les filles et les garçons avaient le même haut, qui se composait d’une veste bleue marine, d’ un T-shirt, et d’une cravate rouge à points jaunes. Cette cravate était courte pour les filles et longue pour les garcons. En bas les filles portaient des mini-jupes grises avec des chaussettes longues qui montaient jusqu’aux genoux tandis que les garons portaient des pantalons gris.
Le temps passa et Ga Eul décida de repartir et prit son vélo lorsqu’elle entendit plusieurs personnes hurler. Elle se tourna et resta immobile…
 
 Focalisation zéro sauf les passages soulignés, qui sont en focalisation interne.
 
 
*1 won sud-coréen = 0,000704633942 euros
 

Gaëlle S., janvier 2013, 2nde section internationale.

 


Date de création : 01/12/2012 @ 14:01
Dernière modification : 30/01/2013 @ 17:27
Catégorie : Copies d'élèves 2012/2013
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