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Copies d'élèves 2012/2013 - Commentaire 2nde 6
 12 mars 2013


DS coefficient 6 (durée : 3 heures)
 
Bilan de séquence :
 
·         la méthodologie du commentaire ;
·         l’expression du Moi et du souvenir dans la poésie des  XIXème et XXème siècles ;
·         la poésie du XIXème au XXème siècle : du Romantisme au Surréalisme.
 
 

 
 
 
A une passante (Les Fleurs du Mal, 1857, Charles Baudelaire).
 
 
 
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse1
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet2 ;

Agile3 et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livideoù germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
 
1 : « fastueuse » : noblement, de façon princière, royale.
2 : « le feston et l’ourlet » : vocabulaire de la couture ; le feston et l’ourlet désignent ici une partie de la robe de la passante.
3 : « Agile » : adroite, habile.
4 : « livide » : très pâle, blême, blafard.

 
Devoir de Tamara D. : 

                Le XIXème siècle en France est une période d’intenses changements politiques, sociaux ainsi que littéraires. En effet, ce siècle voit l’apparition, entre autres, du mouvement symboliste, directement lié au Romantisme, et qui, comme lui, s’oppose au Réalisme, auquel il reproche sa vision très documentaire de la littérature. Pour les symbolistes, le plus important est l’art, et pour cela, ils utilisent des analogies, des synesthésies et des correspondances. Charles Baudelaire, qui en plus d’être l’un des chefs de file de ce mouvement, est considéré par plusieurs comme le plus grand poète français et excelle particulièrement à ce jeu des analogies et des correspondances dans son recueil Les fleurs du mal, paru en 1857 et d’où est tiré le poème à commenter. «À une passante» est un sonnet dit ‘’baudelairien’’, donc composé de deux quatrains et deux tercets, qui évoque une femme qu’il a aimée, une simple passante qu’il ne reverra jamais. De ce texte émane un lyrisme idéalisé, du fait du souvenir, au sujet de la jeune femme, ainsi qu’une parfaite représentation du ‘’Spleen Baudelairien’’.
 
 
                En premier lieu, «À une passante», tout comme la plupart des autres poèmes symbolistes, est écrit dans un registre lyrique, plus propice à exprimer des sentiments. Le poète est incontestablement attiré par cette passante, à laquelle il trouve une beauté hyperbolique. Le champ lexical de la noblesse et de la royauté est présent dans le texte pour la qualifier, avec les mots «majestueuse» (V.2), «main fastueuse» (V.3) et «noble» (V.4). Il semble ainsi la comparer à une princesse, ce qui rajoute au côté inaccessible de cette femme, qui est de plus «longue, mince» (V.2), et «agile» (V.5). Tous ces adjectifs sont des preuves de l’intérêt qu’il lui porte, et du lyrisme qu’il emploie.
                De plus, cette beauté est évidemment influencée par le souvenir qu’il en a. Ce moment est passé, comme en témoigne l’emploi de verbes au passé simple tels que «passa» (V.3), à l’imparfait, avec «hurlait» au vers 1, «buvais» (V.6) et «savais»(V.14), ainsi qu’au passé composé «a fait» (V.10). Cette femme n’a été en effet qu’un «éclair» (V.9) dans sa vie, une vision furtive. Le poète dit d’ailleurs qu’elle est une «fugitive beauté» (V.9) du fait de la brièveté de leur rencontre. Elle restera en quelques sortes une «statue» (V.5) dans sa mémoire, toujours parfaite. Le souvenir est dans ce texte un moyen de la rendre plus belle, et de contribuer au lyrisme.
                Par ailleurs, bien que le texte ne traite que des sentiments de l’auteur, on retrouve vers la fin du poème, des traces d’une certaine réciprocité. Les deux derniers vers sont des alexandrins, et sont séparés à l’hémistiche par une virgule («Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais / Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais») (V.13 et 14). Le vers 13 comporte également un chiasme («je», «tu», «tu», «je»). Ce sont là des réciprocités grammaticales qui peuvent traduire le fait qu’elle sait qu’il l’aime, ce qui accentue le sentiment lyrique de l’amour dans ce poème.
 
 
                Bien qu’il y ait un sentiment assez heureux, et que le lyrisme soit là pour en témoigner, le lecteur comprend vite que ce bonheur est disqualifié par un pessimisme ambiant et par ce qui est propre à Baudelaire, puisqu’il porte son nom, le Spleen Baudelairien, un découragement perpétuel en ce qui concerne l’amour, sans doute dû à sa vie dissolue. Il transmet au lecteur ce sentiment à travers une description dépréciative du cadre spatio-temporel. La présence de nombreuses assonances en [a] («assourdissant», «passa», «fastueuse» (V.1 et 2)), en [u] («autour», «douleur», «soulevant», «ourlet» (V.1 et 2)) et en [an] («balançant», «extravagant», «ouragan» (V.4, 6,7) donne un certain sentiment de chaos sonore et donc de confusions. Il utilise également un champ lexical lié à la nature orageuse avec «hurlait» (V.1), «ciel livide» et «ouragan» (V.7), ce qui rend déjà moins merveilleux le cadre spatio-temporel.
                En effet, le pessimisme est une des marques de fabrique de Baudelaire. Il ne voit aucune suite dans cet amour, et décourage de tout possible futur. La question au vers 11 «Ne te verrais-je plus que dans l’éternité» pourrait être un espoir, mais il répond lui-même à la question au vers suivant «Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!» L’emplacement stratégique de «jamais peut-être» à la fin du vers prouve que cette issue est de loin la plus optimiste. L’oxymore au vers 8 «le plaisir qui tue» prouve qu’il ne voit aucun salut dans l’amour. Le poète en est déjà conscient puisqu’en croisant son regard, il voit un «ciel livide où germe l'ouragan» (V.7), une tragédie. Celle qui l’a fait «renaître» (V.10) est paradoxalement celle qui le mènera également à la mort, qui est évoquée avec plusieurs mots tels que «nuit» (V.9) ou «ailleurs» (V.12). Ce sentiment d’amour n’est donc pas valorisé, puisqu’il a ici une connotation de malheur. 
 
 
Baudelaire n’a jamais été heureux en amour,  et a maintes fois tenté de mettre fin à ses jours, et on retrouve ces thèmes dans «À une passante», à savoir un certain lyrisme amoureux, mais toujours déçu par son renoncement face à l’amour, son fameux ‘’Spleen’’. La poésie de Baudelaire et sa façon d’exprimer ses sentiments est déjà quelque peu hermétique. En reprenant les mêmes thèmes, les Surréalistes iront beaucoup plus loin au XXème siècle.

Tamara D., 2nde section internationale, mars 2013.


baudelaire.jpg

Devoir d'Olivia F. : 

                       Le Symbolisme, apparu au milieu voire à la fin du XIXème siècle, en réaction aux descriptions jugées trop mécaniques du Naturalisme, s’esquisse par la suggestion, l’utilisation de symboles et s’intéresse aux formes spirituelles et supérieures. Il tend à inciter le lecteur à déchiffrer le côté hermétique des poèmes, tout en reprenant les thématiques du Romantisme. Plus tard, les poètes symbolistes utiliseront des techniques comme le Spleen ou les correspondances empreintées à Charles, né en 1821. Souvent considéré comme le plus grand artiste de cette époque aux côtés de Verlaine et Rimbaud, il est le créateur du recueil, Les Fleurs du Mal, d’où provient l’extrait proposé. « À une passante » s’adresse à une femme inconnue du poète, et est divisé en deux quatrains et tercets. Ce sonnet est axé sur l’idéal inaccessible, le pessimisme du lyrisme malheureux et la fuite inexorable du temps.
 
 
 
            Dans cette œuvre, Baudelaire fait l’idéalisation d’une femme qui si révèle être absolument inaccessible. Il commence par vanter son physique avec une description précise de sa silhouette. En effet, utilisant le champs lexical de la beauté, (« longue, mince (…) », vers 2, « noble », vers 5, « fascine », vers 8) il dépeint un portrait appréciateur de la jeune femme : c’est une forme d’hyperbole méliorative. L’exagération des termes valorisants est intensifiée avec, notamment, une énumération dès le second vers (« longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse ») qui renforce l’aspect fascinant de la jeune femme en ralentissant son passage. 
            De plus, comparée à un être divin voire sacré, elle symbolise une influence de l’Antiquité. Baudelaire qualifie la passante d’ « agile et noble », puis parle de sa « jambe de statue » (vers 5), on remarque que le poète compare implicitement sa muse aux statues des déesses antiques considérées parfaites. Ainsi, enchanté, il utilise une métaphore au vers 6 pour montrer son ensorcèlement, « je buvais (…) dans son œil », en d’autres termes il utilise l’image du liquide que l’on boit goulument pour signifier qu’il observe la beauté de la jeune fille autant qu’il le peut, avec envie et émerveillement. Il ajoute à cela une comparaison, se traitant lui-même d’« extravagant » vers 6, il se pense ridicule et sot d’être si pétrifié devant tant de splendeur. Cependant, il continue encore, en faisant une image cette fois, « le regard m’a fait (…) renaître »,  le poète semble se relever, devenir heureux, sous le regard de la passante. Il finit son portrait divin en insistant sur le côté sacré de la femme à l’aide d’une ponctuation exclamative traduisant des sentiments forts, et des invocations (« Ô toi, vers 14 »), habituellement réservées aux divinités. Une assonance en (a), (« Une femme passa (…) fastueuse (…) balançant (…) ») vers 3 et 4, mimant le bruit précis, distinct et élégant de ses pas, vient accompagner le tout. On perçoit, aussitôt, la suggestion du poète, la passante est une réelle déesse, inaccessible et rappelant l’influence de l’Antiquité sur le Symbolisme.
            Alors que son idéalisation continue, Baudelaire reprend la thématique de son recueil en associant la Beauté au Mal. Entre autre, les déesses sont souvent considérées comme des êtres maléfiques, égoïstes et capricieuses.  Aussi, il utilise une allitération en (s) aux vers 3 et 4 (« Une femme passa, d’une main fastueuse, soulevant, balançant le feston et l’ourlet. »), qui suggère le sifflement d’un serpent, l’influence biblique le caractérise comme le symbole du démon, du Mal donc. Une antithèse au vers 8 ( « la douceur qui fascine et le plaisir qui tue »), prouve que la douceur fascinante de la jeune femme s’oppose au plaisir malsain qu’elle déclenche chez le poète, encore une fois, la beauté est associée au Mal. Enfin, l’accusation du dernier vers (« Ô toi qui le savais »), reprend ce thème en montrant que la passante était complètement consciente de son effet sur l’artiste, ses attentions peuvent être jugées perverses et presque moqueuses. L’inconnue est dépeinte comme d’une beauté horriblement tentatrice, or la tentation était l’ultime pêché dans le livre relatant la Genèse et la trahison d’Eve, dans la Bible. Baudelaire associe une fois de plus deux idées proprement distinctes, la joliesse et le vice.
            En outre, la modernisation du cadre spatial renoue avec l’idée d’idéalisation. Baudelaire rompt avec l’influence de la nature du Romantisme en utilisant une personnification de la rue (« La rue assourdissante autour de moi hurlait », vers 1) pour donner vie à son environnement urbain. Ici, la ville est aussi vivante que l’habituelle végétation, et prend des caractéristiques humaines. C’est encore en unissant des idées originellement opposées, ici la nature et la rue, que le poète prouve son travail unique. Le fait de rendre des constructions de l’homme aussi vivaces et agitées qu’un lac par exemple ( Voir Le Lac, d’Alphonse de Lamartine.) n’a encore jamais été vu à l’époque, c’est une technique stratégique que Baudelaire utilise pour rendre la description de la femme d’autant plus riche. Ainsi, l’intéressée semble attirer les hurlement de frustration de la ville à son passage, personne ne peut l’atteindre tant elle est belle, elle ensorcèle non seulement le versificateur, mais aussi tout ce qui l’entoure. C’est un lien vers le Surréalisme, qui apparaîtra près d’un siècle plus tard, avec Apollinaire et tant d’autres. Et pour cause, durant tout le poème, la passante est une femme totalement inabordable, intouchable et idéalisée.
 
 
 
 
Baudelaire,  en plus d’idéaliser sa muse, crie et déploie un lyrisme malheureux extrêmement pessimiste. L’amour impossible de la jeune femme est évoqué. Il utilise des oxymores comme « agile » et « statue », vers 5, pour intensifier l’inaccessibilité de la femme, elle est intouchable. De ce fait, la figure de style mime la quête du poète, ainsi, l’inconnue avance et se fige dès qu’il semble l’atteindre : Leur amour est irréel et impensable. Le champs lexical du deuil (« en grand deuil, douleur majestueuse », vers 2) accentue aussi le fait qu’elle est indisponible. On suppose alors que la jeune femme souffrait d’une perte d’un être cher, et n’était pas disposée à entamer ne serait-ce qu’un semblant de relation avec l’artiste. Encore une fois, leur amour est inconcevable. De plus, il n’y a jamais de pronom « nous », seulement « toi », « moi », le poète dresse une barrière imaginaire entre lui et l’inconnue et distingue les deux personnages, il les oppose presque en ne les assemblant  en aucun cas dans son sonnet, ce qui renforce l’aspect incompatible de leur attirance. C’est avec une figure de style que l’écrivain parvient, notamment, à faire véritablement ressentir cette même opposition. En effet, le chiasme du vers 13 (« Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais »), va dans ce sens également. La construction A, B, A, B rompt avec la traditionnelle symétrie de cette technique de langage, A, B, B, A. Non seulement Baudelaire modernise les stratégies littéraires, mais il intensifie d’autant plus la dislocation des sentiments des deux intéressés. C’est pourquoi l’habituel A, B, B, A, où deux lettres identiques se suivent, devient A, B, A, B, où les lettres semblables ne se touchent jamais. On a « J’ignore » et « Tu ne sais » (« synonymes »), séparés par « Tu fuis » et « Je vais » (forme de synonymes également). Ici, il est précisé que le poète ne connaîtra jamais la suite de la route de la jeune femme, tandis que celle-ci ne saura jamais la direction qu’il prendra. L’image de deux chemins opposés est suggérée, le lecteur visualise deux voies inaccordables et inversées : Ils ne se rencontreront jamais, leur amour est voué à l’échec.
            Bien que cet amour infondé soit caractérisé par des oppositions, il est aussi impossible de part le fait qu’il n’est pas partagé. Que la jeune femme soit qualifiée de « fugitive » au vers 9, intensifie cela, elle ne veut pas être aimée du poète. On a également « tu fuis », au vers 13. L’inconnue s’échappe, elle ne veut pas être suivie. L’hyperbole du vers 12, (« Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être »), prouve le désespoir du poète, de même que la ponctuation exclamative. Son désarroi est accentué par cette hyperbole qui est aussi une gradation, il commence par « bien loin » puis termine par « jamais ». De même, les rîmes embrassées des première et deuxième strophes éloignent les deux personnages. La forme A, B, B, A rejoint celle du chiasme précédemment présenté, les deux individus ne se suivent pas, ne se touchent pas, puis ne se rejoignent jamais tant ils sont éloignés. L’embrassement des rîmes (A) qui s’éparpillent sans ne jamais se rejoindre mime le passage momentané de l’inconnue et le lien éphémère qui lie les deux comparses, en effet, une fois la rue traversée, la passante ne revient jamais et leurs chemins se séparent. C’est une nouvelle fois une insistance de la part de Baudelaire sur les sentiments inconciliables ressentis.
            Enfin, les correspondances Baudelairiennes viennent accompagner les figures de styles utilisées par l’auteur pour prouver le désaccord de ces deux êtres. Dans le texte, les perceptions visuelles, sonores et tactiles se mélangent. Baudelaire associe des éléments incompatibles, comme lui et sa dulcinée. Il utilise pour cela cependant de nouvelles figures de styles, notamment une allitération en (s) («Une femme passa, d’une main fastueuse, soulevant, balançant le feston et l’ourlet. ») au vers 4, qui coalise le textile , (« le feston ») , la couleur (« livide »), le mouvement (« la main fastueuse »), et la sensibilité auditive avec l’imitation du balancement de la robe et du glissement du tissu sur les replis de sa toilette. L’on peut également considérer l’association évoquée dans l’axe ultérieur, de la Beauté et du Mal comme une correspondance Baudelairienne. Ainsi, l’on a une véritable dislocation entre les personnages. Leur opposition est nettement imitée en tous points. Le lyrisme malheureux pessimiste est donc omniprésent dans ce poème.
 
 
 
            Accompagnant le lyrisme pessimiste, la fuite du temps vient intensifier le mal être de l’artiste. Une forme de souvenir douloureux est présente tout au long du poème et rappelle le registre élégiaque utilisé dans les textes Romantiques bien que s’y opposant du fait que l’action est instantanée :  c’est une rencontre que se produit au moment-même du passage de l’inconnue et qui ne dure pas. En faisant des alternances entre les accélérations et les ralentissements, le poète prolonge sa douleur et mime le passage de la passante, d’abord avec le rythme des vers 3 et 4 et le balancement de la robe, accéléré puis ralenti.
En effet, l’attaque du vers est lente, avec la prononciation du « e » de « une » et de « femme », puis dès l’hémistiche, le balancement s’accélère avec un enjambement (rejet) mimant le mouvement rapide de la robe se soulevant, puis ralentissant avec la distinction du feston et de l’ourlet par le mot « et » qui coupe la vitesse du vers. Ensuite, avec « l’éclair…puis la nuit ! » vers 9, l’attaque du vers est encore un fois rapide puis ralentie vers l’hémistiche. Les points de suspension prolongent le terme « éclair » qui paradoxalement semble prononcé lentement (Lors d’un orage, un éclair ne dure que quelques secondes) et le point d’exclamation ainsi que l’adverbe « puis » rattrapent la phrase qui est aussitôt accélérée. En outre, le passage de la jeune femme est prorogé, tandis que son départ est précipité. C’est un coup de foudre pour le poète, il est donc effectivement éphémère.
            Néanmoins, Baudelaire ne se limite pas à raconter le passage au ralenti de la jeune femme, il continue avec son départ actif. C’est pourquoi l’on peut se concentrer sur de nouveaux procédés stylistiques. On a premièrement l’assonance en (i) du vers 9 (« Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté ») qui mime le fait que cette dernière soit en fuite, c’est une « fugitive », une nouvelle notion de vitesse. Le son « i » est très net et, dans le vers, toujours suivit de consonnes qui coupent toute possibilité d’allongement de la sonorité, c’est donc un bruit rapide et précis qui s’accorde avec les pas, supposés précipités, de l’inconnue qui s’empresse de s’en aller loin de poète. Le champ lexical du temps monopolise effectivement les interjections du vers 12 (« Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être ! »). On a, ensuite, le contre-rejet des vers 9 et 10 qui suit la fuite de la femme en accélérant le rythme, tout comme les syllabes syncopées du vers 12. En effet, la phrase « Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être ! », est découpée différemment des précédentes, alors que le traditionnel Alexandrin voit six syllabes de l’attaque à l’hémistiche, et six autres jusqu’à la fin, celui-ci comporte d’abord deux syllabes sur le mot « ailleurs », puis quatre avec « bien loin d’ici », encore deux avec « trop tard », puis quatre autres dans « jamais, peut-être ». Le rythme en est conséquemment affecté. À l’oral, la lecture des termes « ailleurs » et « trop tard », est prolongée pour conserver l’aspect chantant régulier du poème, de plus, les syllabes marquent un contraste entre les réflexions du poète : Les mots qui n’en comportent que deux marquent l’esprit rêveur et l’espoir que conserve l’écrivain, tandis que celles qui en abordent quatre semblent ramener l’auteur à la réalité et le frappent avec des expressions plus pessimistes. Le découpage singulier de ce vers change non seulement le rythme, mais intensifie l’hyperbole présentée dans l’axe 2 avec son accélération sur les termes exagérés. Le vers commence lentement, puis se précipite, tout comme le passage de la femme qui est lent puis rapide. La ponctuation, les virgules, aident également à exprimer cela, en ralentissant la vitesse du vers tout comme le rapprochement des rimes au fil du poème. Elles commencent embrassées, puis croisées, et finissent suivies : l’accélération du mouvement effectué par l’inconnue imitée par le texte est indéniable. Le poète mime le temps.
            Finalement, le Spleen Baudelairien aide l’artiste à traduire ses émotions en utilisant toujours la fuite inévitable du temps. Il est désespéré de la dérobée de la jeune femme qu’il ne reverra sans doute pas alors que sa douleur perdure. Il utilise diverses stratégies pour l’exprimer. Le terme « éclair », vers 9, reproduit un coup de foudre trop rapide, qui le frappe sans qu’il ne puisse l’éviter et qui le condamne à souhaiter un amour impossible d’accès. Une allitération en (l) aux vers 7 et 8 (« Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue. »), montre le ralentissement du passage de l’intéressée qui fait durer la douleur du poète. Affirmativement, le son (l) est allongé, c’est une sonorité qui n’est pas nettement découpée, et pour cause, elle précède souvent une voyelle qui continue son prolongement. De plus, dans le poème, il renvoie à la métaphore filée du vers 6, 7 et 8, qui présente Baudelaire comme étant en train de boire la beauté de jeune femme, le (l) rappelle le bruit de l’eau, qui est lent (ici), la contemplation du poète est longue, tout comme le passage de l’inconnue. Par ailleurs, la question, non pas rhétorique mais plaintive du vers 11, («Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ? »)  intensifie le désespoir du poète : Il ne reverra jamais la passante. Cependant, l’hyperbole du vers 12, prouve qu’il espère quand même la revoir un jour, (« peut-être »), Baudelaire est confus, impuissant, et perdu. Enfin, le dernier vers accentue sa déprime et son esprit torturé (« Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais ! »). Non seulement une anaphore « Ô toi » vient rappeler l’importance de la femme, mais l’invocation «Ô » également, dès lors, l’accusation du poète est d’autant plus poignante. Aussi, une tristesse profonde est traduite par l’auteur avec une déception intense, en effet, non seulement la jeune femme ne partageait pas cet amour, mais elle était amplement consciente du fait qu’elle attirait l’artiste. Dans un sonnet, le "concetto" est l’aboutissement ultime du sens du texte, souvent exprimé dans les derniers vers, là où la vraie signification du texte émerge, pleinement. C’est pourquoi la dernière phrase résume le texte entier, le poète parle au conditionnel passé « j’eusse aimé », qui signifie que son amour était hypothétique, on remarque l’indécision de l’auteur. Sa mélancolie quant à l’indifférence de la passante est intensifiée dans ce vers tout particulièrement, on retient un regret de la part de ce dernier qui aurait souhaité rencontrer et développer son amour avec elle. Le sentiment le plus fort reste néanmoins le reproche, l’inconnue semblait pertinemment lucide de son effet sur le jeune homme, et sa beauté malfaisante est presque délibérée, selon l’artiste. Les rîmes expliquée précédemment renforcent ce côté incompatible qu’ont les deux personnages. La fuite du temps symbolise véritablement la malheur et la nostalgie perpétuelle de Baudelaire.
 
 
 
            En conclusion, Baudelaire dans « À une Passante », s’applique à décrire un portrait idéalisé d’une jeune inconnue, traduit son désir malsain dans un lyrisme malheureux et extrêmement pessimiste pour finir par imiter et étendre sa plainte et sa nostalgie sur la fuite inexorable du temps. Le bouleversement et la folie passagère du poète quant à la vision de cet être féminin ensorceleur et conscient de son charme dans ce poème, brosse une rencontre amoureuse paradoxale en tous points. C’est d’ailleurs en utilisant de nouvelles techniques stylistiques comme l’association de sentiments et éléments opposés, que Charles Baudelaire fera un pas vers la modernité en se rapprochant peu à peu du mouvement suivant qui ne verra le jour qu’au XXème siècle seulement, le Surréalisme.

Olivia F., 2nde section internationale, mars 2013.

 
baudelaire.jpg



Devoir de Laura T. : 

               Le symbolisme a été l'un des plus grands mouvements littéraires du XIXème siècle. Dans ce mouvement, faisant suite au romantisme et précédant le surréalisme, plusieurs auteurs sont maintenant considérés comme les plus grands : c'est eux qui représentent le mieux le symbolisme. Parmi eux, Charles Baudelaire, ayant surtout connu le succès pour le recueil Les fleurs du mal, publié en 1857, d'où émane le texte proposé. Le poème « À une passante » met en scène une femme dont l'auteur tombe amoureux en la voyant la première fois : le lyrisme le pessimisme et le temps qui passe sont alors des sujets omniprésents dans le texte.
 
 
« À une passante » parle d'une scène où il y a de l'amour : il est alors évident que dans le texte, le lyrisme soit extrêmement présent : en outre, en lisant le poème, le lecteur se rend rapidement compte que le champ lexical de la beauté et de la noblesse est très présent pour la description de la passante, comme en témoignent les termes « longue » (v.2), « mince » (v.2), « agile » (v.5) « fastueuse » (v.3), « noble » (v.5) et « beauté » (v.9). Ce champ lexical est renforcé par le fait que le sonnet soit écrit en alexandrins et que les deux premières strophes aient des rimes embrassées, ce qui donne une certaine harmonie au texte. De plus, l'auteur décrit la passante d'une manière très méliorative ; il va jusqu'à en faire l'allégorie de la beauté avec l'expression « fugitive beauté » qui se trouve au neuvième vers. Il y a également une allitération en [n] et [l] dans le même vers, constituée par les mots « un éclair », « la » et « nuit » et une assonance en [i] avec les termes « puis », « nuit » et « fugitive ». Les sons [n], [l] et [i] sont des sonorités douces qui évoquent le calme. Ce sont autant de détails qui prouvent l'existence du lyrisme dans le texte.
Baudelaire semble vouloir accentuer l'idée de lyrisme dans le texte en faisant deviner au lecteur qu'il a eu un coup de foudre pour la passante : en effet, dans le neuvième vers, il y a une paronomase, entre les termes « puis » et « nuit ». Cette paronomase retient l'attention du lecteur sur ce vers qui est réellement important : c'est lui qui indique que les deux individus n'étaient pas indifférents l'un de l'autre. De plus, cette hypothèse est validée par les mots « ciel », (v.7), « ouragan » (v.7) et « éclair » (v.9) qui feraient référence à la foudre, donc au coup de foudre. De plus, il y a une métaphore sur l'oeil de la passante, que l'auteur compare au ciel livide. Cette métaphore dure deux vers, dans lesquels Baudelaire indique que tout s'est passé dans un regard. Une fois encore, le lyrisme est présent dans le sonnet.
Toujours en faisant référence au lyrisme, plusieurs procédés indiquent que l'auteur n'est pas indifférent à la passante, ou même que ses sentiments sont extrêmement forts : par exemple, le douzième vers est fait de phrases averbales, marquées à chaque fois par de la ponctuation forte, des points d'exclamation : ils indiquent que l'auteur pense à voix haute. De plus, dans de nombreux vers, notamment dans la première strophe et au vers 8, il y a des césures à l'hémistiche, ce qui évoque un effet de balance, d'équilibre, donc d'amour ; ces césures donnent également un rythme binaire au poème. Le lyrisme est bel et bien omniprésent.
 
 
Toutefois, le lyrisme n'est pas le seul thème qui soit abordé par Baudelaire :il y a un côté du poème qui est vraiment négatif, ce qui indique que le pessimisme aussi est présent. Tout d'abord, le ponctuation d' « À une passante » est extrêmement forte :plusieurs fois, il y a des points d'exclamation, d'interrogation ou de suspension, ce qui donne un rythme saccadé au poème. Ils font ressortir les émotions de l'auteur, dont la tristesse. De plus, au premier vers, il y a une personnification : « La rue […] hurlait ». Dans ce cas, le terme « hurlait » a une connotation péjorative. Au vers 8, Baudelaire indique qu'il va y avoir un changement dans la scène : les six premières syllabes du vers, « la douceur qui fascine », ont une connotation positive, évoquent le plaisir et l'amour, même si « douceur » peut faire penser à « douleur ».
               Cependant, après la césure, il y a « le plaisir qui tue ». Le mot « tue » est un verbe hyperbolique qui forme une antithèse : « le plaisir » a une connotation positive tandis que le verbe « tue » est vraiment négatif. Par ailleurs, au deuxième vers, il y a un oxymore, « douleur majestueuse », qui renforce l'idée de changement dans la scène en rapprochant deux termes a priori opposés. L'auteur exprime aussi ses regrets en utilisant de nombreuses fois les mots « je » et « moi », notamment aux vers 1, 6, 10, 11, 13 et 14. Cela donne une impression de mélancolie, donc de pessimisme. L'auteur a aussi des regrets : il parle d'orage et d'éclairs, qui donneraient une impression de tristesse, comme s'ils indiquaient que le temps passait trop vite. Tous ces procédés montrent que l'auteur est pessimiste et mélancolique.
 
 
En revanche, si l'auteur est pessimiste, c'est qu'il regrette des moments de sa vie ou qu'il aimerait revivre certains instants. Il est donc question de fuite du temps, dans le poème. On remarque en premier lieu que le champ lexical du temps est présent, et surtout dans les deux dernières strophes, comme le montrent les termes « soudainement » (v.10), « renaître » (v.10), « éternité » (v.11), « trop tard » (v.12), « jamais » (v.12), « fuit » (v.13 et « vais » (v.13). Ce champ lexical prouve, une fois de plus, que le moment de la rencontre entre les deux individus était extrêmement court. Le neuvième vers, quant à lui, accentue cette idée : en effet, le premier hémistiche « un éclair... puis la nuit » donne l'impression que l'éclair est long, à cause des points de suspension, comme si le coup de foudre était, en réalité, aussi bref qu'un éclair, mais que dans sa tête, l'instant avait paru durer de longues heures. Ces procédés montrent que l'idée de fuite du temps est présente dans le poème.
Dans le texte, Baudelaire paraît vouloir montrer que le temps passe et que personne ne peut rien faire pour éviter cela. Pour accentuer cette idée, il exprime ses sentiments qui semblent évoluer au long du poème : en effet, il y a beaucoup de temps verbaux différents dans le poème, notamment l'imparfait avec « hurlait » (v.1), « savais » (v.14), « buvais » (v.6), le passé simple avec « passa » (v.3), le présent : « j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais » (v.13) et le futur, sous forme de question : « ne te verrai-je jamais » (v.11). Les temps verbaux dispersés dans le poème indiquent que le temps passe, et les émotions de l'auteur évoluent entre avant sa rencontre avec la passante et après, tout comme le temps qu'il ne peut arrêter.
Comme le temps ne peut pas s'arrêter, l'auteur a des regrets, des moments qu'il aurait aimé revivre, ce qu'il exprime dans le poème notamment avec le chiasme du vers 13 : « j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais » dans lequel les pronoms « je » et « tu » forment une sorte de symétrie et donnent un effet de balance. Ce chiasme indique que Baudelaire ne verra jamais plus la passante, car les deux personnes ne se sont pas parlées, ils ne connaissent rien l'un de l'autre, en somme l'auteur semble regretter de ne pas être allé vers la mystérieuse passante. Dans le quatorzième vers, il y a une anaphore, les deux mots « ô toi » sont répétés au début et en milieu de vers, ce qui accentue les regrets de l'auteur car ce sont des moments qu'il ne pourra plus revivre car le temps passe sans s'arrêter. De plus, il y a un contre-rejet aux neuvième et dixième vers : « fugitive beauté / dont le regard m'a fait soudainement renaître », ce qui pourrait indiquer que le moment où la passante regardait l'auteur paraissait être très long. Une fois encore, le poème est axé sur la fuite du temps, et le temps qui passe.
 
 
 
Pour conclure, dans le texte proposé, il y a vraiment une idée de lyrisme et de fuite du temps qu'on ne peut pas arrêter ou remonter, ce qui est tout à fait typique de la littérature du XIXème siècle, que ce soit pour le romantisme, le symbolisme dont ce texte fait partie, ou, plus tard, au XXème siècle, le surréalisme.
 
 Laura T., 2nde section internationale, mars 2013.          

  



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 Devoir de Chloé R. : 
            
    Le Symbolisme est un mouvement incontournable de la deuxième moitié du XIXe siècle. Il est principalement caractérisé par un aspect à la fois lyrique et élégiaque, qui s’exprime à travers un grand nombre de symboles et métaphores. Charles Baudelaire est considéré comme le plus grand poète symboliste de son siècle. Le recueil Les Fleurs du Mal, datant de 1857, restera son œuvre la plus connue. Il rassemble un grand nombre de poèmes tels que « Harmonie du Soir », ou encore « A une passante ». Ce dernier relate la brève rencontre entre Baudelaire et une passante, à travers un lyrisme omniprésent et en mettant en avant la fuite perpétuelle du temps.
 
 
 
 
 
 
 
 
                Tout d’abord, le lecteur assiste à un amour passionnel : un vrai coup de foudre. Baudelaire se retrouve ébahi et totalement désarmé face à cet amour soudain, comme l’exprime la comparaison au vers 6 : « crispé comme un extravagant ». Il est frappé par un « éclair » (v.9), et est secoué par cette fascination brutale au vers 10, « le regard m’a fait soudainement renaître ». Le champ lexical de l’amour est omniprésent : « douceur » (v.8), « plaisir » (v.8), « beauté » (v.9), « aimée » (v.14). Ces sentiments si forts s’expriment également à travers la multitude de points d’exclamation dans les deux tercets. De plus, Baudelaire voue un culte à cette rencontre : il « buvai[t] […] dans son œil » dès le premier regard, puis lorsqu’elle a disparu, l’anaphore « ô toi » exprime une invocation de la passante qui semble sacrée. L’amour qu’il ressent est puissant et le foudroie.
                               Cependant, si elle était une déesse, elle ne serait que maléfique. En effet, tout au long du texte, sa beauté connote le Mal. A première vue, l’assonance en [a] du vers 5 mime un bruit de pas, un écho précis et élégant : « agile », « sa », « statue » ; tout comme l’allitération en [s] aux vers 3 et 4, qui ressemble au glissement des tissus qu’elle porte (« passa », « fastueuse », « soulevant », « balançant », « feston »). Sa démarche est longue et « noble » ; on le voit à travers l’énumération au vers 2 : « longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse ». Mais cette beauté semble cruelle. Les oxymores aux vers 2 et 8 en témoignent : la « douleur majestueuse » ainsi que le « plaisir qui tue ». Ce thème semble récurrent chez Baudelaire, car on remarque ce même oxymore dans le titre du recueil, Les Fleurs du Mal. L’amour et la cruauté sont ici mêlés.
                              Enfin, cet amour, maléfique ou non, reste impossible. Dans l’ensemble du poème, les pronoms « je » et « tu » ne se rassemblent jamais pour former un « nous ». La passante est inaccessible dès le deuxième vers, de par le terme « en grand deuil ». Puis d’autres éléments viennent renforcer l’incompatibilité des personnages. Au vers 5, « agile » et « statue » forment une antithèse. Les deux mots s’opposent, tout comme Baudelaire et la passante. Cette dernière est qualifiée de « statue », comme si on ne pouvait pas la toucher, l’approcher. Plus loin, au vers 13, on remarque un chiasme (« j’ignore ou tu fuis, tu ne sais où je vais »), qui, là encore, renforce l’idée que les deux personnes s’opposent : les termes « je » et « tu » sont face à face. Les correspondances baudelairiennes, omniprésentes, donnent la même impression que l’amour n’est pas envisageable : c’est un mélange de termes qui ne se correspondent pas initialement (« assourdissante » (v.1), « hurlait » (v.1), « livide » (v.7), « nuit » (v.9), « éclair » (v.9), « douceur » (v.8), « buvais » (v.6)). Pour finir, l’amour n’est pas réciproque : la femme fuit au vers 9. Le coup de foudre pour la belle n’augure rien de bon, et son amour pour elle est impossible puisqu’il n’est pas réciproque.
 
 
 
 
 
 
 
 
                Tout comme la passante, le temps fuit, au grand désespoir du poète. Son « spleen Baudelairien » s’exprime à travers une impression de vertige. On observe des césures à l’hémistiche aux vers 2, 3, 9, 13 et 14 : le rythme d’une valse durant laquelle les partenaires tournent et s’enivrent. Le terme « balançant », au vers 4, fait lui aussi référence à une sensation de vertige, de mouvement. La douleur éprouvée par Baudelaire dure dans le temps, comme le miment les allitérations en [l] et [s] aux vers 7 et 8 : « son », « ciel », « livide », « l’ouragan », « la », « douceur », « fascine », « le », « plaisir ». Elles sont longues et durent sur des alexandrins. L’auteur exprime un fougueux désespoir face au temps et au caractère éphémère des moments de bonheur. Le vers 9, « un éclair… puis la nuit ! » en est la preuve. Il conte également son malheur à travers une ponctuation forte (« puis la nuit ! » (v.9), « bien loi d’ici ! » (v.12), « trop tard ! » (v.12), « jamais peut-être ! (v.12)), des interrogations et interjections (« Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ? »). Baudelaire se retrouve seul face à son affliction.
                             Finalement, il insiste sur son impuissance face au temps. Sa fuite est inarrêtable. Le contre-rejet du vers 9 au vers 10 mime cette fuite. La présence de virgules qui sont remplacées par des points d’exclamation, créant un rythme plus rapide ; la structure du poème qui passe des quatrains à des tercets ; ou encore les rimes qui se rapprochent de plus en plus (embrassées puis croisées puis suivies) sont, là encore, des preuves de la fuite du temps. On remarque une référence à l’élément liquide, « je buvais », qui connote l’eau qui fuit entre les doigts. La nostalgie d’un amour passé et l’impuissance face au temps sont inévitables.
 
 
 
 
 
 
 
                Ce poème traverse les époques car les thèmes explorés, le lyrisme et la fuite du temps, sont intemporels. Ils étaient déjà utilisés à l’époque du Romantisme, au début du XIXème siècle, et le seront par la suite également au Surréalisme, à travers de nouveaux procédés, plus hermétiques.

Chloé R., 2nde section internationale, mars 2013.         

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Devoir de Louna M. : 


 
 
                A la fin du XIXème siècle, où un changement radical de régime politique s’est opéré en France, le mouvement littéraire de l’époque a également évolué. Le Romantisme, qui mettait en avant les sentiments personnels (avec l’exaltation du moi), la nature et l’imaginaire est devenu plus hermétique pour donner le Symbolisme (plus de symboles et de correspondances). Charles Baudelaire, né en 1821, fut le précurseur de ce mouvement (avant Verlaine et Rimbaud), avec comme œuvre principale Les Fleurs Du Mal (1857) d’où est tiré le poème à commenter, « A une passante » (un sonnet, composé d'alexandrins avec des rimes embrassées et une croisée aux deux derniers vers). Le poète y déclare son amour pour une femme qu’il a simplement aperçue, en y intégrant sa souffrance, due au caractère furtif de cette rencontre. Le registre lyrique est utilisé à travers le ressenti de l'auteur face à cette passante, mais ce dernier devient malheureux à cause du rappel omniprésent de la fuite du temps.
 
 
 
                Tout d’abord, le poète est subjugué par la perfection de la passante, même s’il sait que leur amour est impossible. Ici, le lyrisme amoureux se démarque, par l’expression des sentiments de Baudelaire pour « une passante », comme nous en informe le titre. Pour lui, elle est la perfection. En effet, le champ lexical de la « femme » (v.3) est très laudatif. Elle est décrite par des hyperboles mélioratives, comme « longue, mince » (v.2), « agile » (v.5), ainsi que « noble » (v.5) avec sa « main fastueuse » (v.3). De plus, sa description physique est très détaillée : ses actions sont actions sont aussi décrites (« soulevant, balançant le feston et l’ourlet » (v.4). Donc, le poète est très attentif à la « beauté » (v.9) de cette passante.
               Cependant, l’amour qu’il lui porte paraît impossible. En plus de décrire la femme elle-même, la force des sentiments de Baudelaire est transparente. Les assonances en [u] et [a] (formées par "majestueuse" (v.2), "extravagant" (v.6), "tue" (v.8), et "la nuit" (v.9)) suggèrent la douceur, la féminité, et il « buvait » (v.6) sa « douceur » (v.8). L’hyperbole « le regard m’a fait […] renaître » (v.10) amplifie aussi la force de son amour, comme l’anaphore « ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais » (v.14) renforcée par l'invocation "ô". Malheureusement, une opposition est omniprésente soit  entre les deux personnes, soit chez le poème qui est déchiré. L’antithèse « Agile […] extravagant » (v.5 et 6) est un bon exemple comme les rimes soit embrassées, soit croisées (qui marquent une opposition). L’oxymore « plaisir qui tue » (v.8) et le chiasme « Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais » montrent également que Baudelaire sait que malgré la beauté de la passante et la passion qu’il éprouve, leurs chemins ne se rejoignent pas donc leur amour est impossible.   
               
 
                
                La limite de cet amour est la fuite du temps : cette femme n’est qu’une passante aperçue à une seule occasion. Pour cette raison, le poète ne reverra jamais cette femme et donc le registre élégiaque apparaît également. La perte de la « fugitive » (v.9) est un « grand deuil » (v.2) pour le poète, qui se pose une question plaintive « ne te verrai-je plus que dans l’éternité ? » (v.11) où l’éternité peut être une métaphore pour la mort. Il va même utiliser une gradation, « Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être ! » (v.12), pour exprimer son désarroi. Il compare aussi l’arrivée de la femme à un « éclair » (v.9) et sa perte à « la nuit » (v.9). De plus, les allitérations en [l] et [s] (formées par "assourdissante" (v.1), "passa" (v.3), "balançant" (v.4) et "ciel livide" (v.7))  peuvent suggérer la liquidité de l’eau mais aussi du temps qui passe et qui apporte des souvenirs passés, tristes.
                En outre, le mal-être est très présent dans le poème, c’est-à-dire le spleen baudelairien. C’est un terme spécifique à Baudelaire car il exprimait beaucoup sa douleur due à son incapacité à vivre dans le monde et l’époque qui sont les siens, comme de nombreux auteurs contemporains. Il commence au vers un, avec une personnification : « la rue assourdissante autour de moi hurlait » qui peut suggérer son horreur renfermée à l’intérieur de lui-même. De plus, le champ lexical de la douleur est partout : « deuil » et « douleur majestueuse » (v.2), « crispé » (v.6) et « tue » (v.8). Donc, le spleen baudelairien s’ajoute à la douleur due à la fuite du temps, très présente dans les poèmes de l’époque. 
 
 
 
                En conclusion, le poème exprime le lyrisme et la sensibilité du poète à travers les sentiments amoureux pour une femme, mais également la douleur et l’élégie dues au temps qu’on ne peut pas arrêter. C’est donc bien un poème symboliste (Verlaine, Rimbaud et Mallarmé) puis rejeté en partie par les Surréalistes au siècle suivant.

Louna M., 2nde section internationale, mars 2013.      

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Devoir d'Alexandre V. : 

                Le XIXème siècle, celui de la publication de ce poème, fut marqué par le mouvement littéraire symboliste. Ce mouvement des dernières décennies du XIXème siècle fut créé comme rejet du naturalisme avec son matérialisme et son goût de la science qui l’ont marqué. Le poète symboliste préfère accorder une place prépondérante aux images ainsi qu’aux analogies. Le poète Charles Baudelaire, né en 1821 et mort en 1867 est considéré comme le chef de file de ce mouvement. L’unique succès qu’il aura connu de son vivant n’est autre que le recueil de poèmes Les Fleurs du Mal, publié en 1857 d’où émane le poème proposé. « A une passante » narre une rencontre amoureuse inachevé entre un homme et une femme dont les routes se sont croisées mais pas leurs destins. Dans ce poème, on retrouve une rencontre amoureuse non aboutie ainsi que la fuite inexorable du temps.
 
 
                Tout d’abord, le sonnet que nous étudions, écrit par Charles Baudelaire est composé de deux quatrains et de deux tercets. Il est écrit en alexandrins (vers dodécasyllabiques). Le début de ce poème est marqué par une rencontre amoureuse d’une femme qui bouleverse l’auteur. Cette égérie, décrite telle une déesse ou une reine comme nous le montre les hyperboles «une main fastueuse » (v.3), « noble » (v.5), « beauté » (v.9) caractérisent cette passante que l’auteur ne saurait oublier. Il semble même troublé par l’apparition de cette femme, multipliant les antithèses et oxymores au cours du poème comme le montre les termes « Agile » et « jambe de statue » (v.5), « plaisir » et « tue » (v.8) puis « un éclair » et « la nuit » (v.9). Cette femme trouble l’auteur à tel point qu’il la décrit de manière incongrue, il l’a dit « agile » (v.5) avec sa « jambe de statue » (v.5), elle semble brises tous les codes par sa beauté troublante ce qui rendra cette rencontre impossible.
                En outre, cette rencontre amoureuse n’est pas aboutie. La femme, ne remarquant pas l’auteur, part, laissant l’auteur dans ses pensées. Baudelaire développe alors un lyrisme malheureux où il regrette le départ de la femme comme le montre la question-réponse : « Ne te verrai-je que dans l’éternité ? » (v.11), « trop tard !, jamais peut-être » (v.12). Dans la question plaintive « Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ? » (v.11), le poète signifie qu’il ne reverra plus jamais la femme de son vivant. Lors du dernier vers du poème, Baudelaire exprime des regrets, comme le montre la déclaration « Ô toi que j’eusse aimée ». Il sait que cette femme laissera un goût d’inachevé dans sa mémoire. Ce lyrisme malheureux correspond à cette rencontre non aboutie alors que Baudelaire était tombé sous le charme de la femme dès le premier regard « Dont le regard m’a fait soudainement renaître » (v.10).
                De plus, au cours de cette rencontre amoureuse non aboutie, l’auteur sent que les destins des deux individus s’entremêlent un court instant. Les rimes embrassées des deux quatrains avec les mots « hurlait » (v.1), « majestueuse » (v.2), « fastueuse » (v.3) et « ourlet » (v.4) pour le premier quatrain et « statue » (v.5), « extravagant » (v.6), « ouragan » (v.7) et « tue » (v.8) forment un chiasme montrant que les destins de l’auteur et de la femme se croisent l’espace de deux strophes puis ils se séparent ensuite avec les deux derniers tercets. Dans le premier tercet, lorsque l’auteur passe « d’un éclair » (v.9) à « la nuit » (v.9), on peut observer un contre rejet qui met en évidence la « Fugitive beauté » (v.9), c’est à ce moment précis que Baudelaire comprend qu’il ne verra plus la femme de son vivant. Dans le deuxième quatrain, après que l’auteur a décrit la femme comme étant « agile et noble, avec sa jambe de statue » (v.5), il introduit un procédé utilisé dans le Romantisme : l’expression du « moi » et des expériences personnelles. Dans ce vers « Moi, je buvais, crispé comme un extravagant » (v.6), l’auteur est envouté par l’égérie qui passe un court instant devant elle il « boit » les faits et gestes de la femme. Enfin, dans les deux derniers vers, l’auteur mêle les deux personnages avec un chiasme « Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais, // Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais ! » (v.13-14). C’est à la fin du poème, lorsque la femme s’en est allée, que le poète regrette cette rencontre non aboutie qu’il aurait tellement voulu concrétiser mais qui ne le sera probablement jamais.
 
                Cette rencontre aura été victime de la fuite du temps qui dans ce poème revient inlassablement et plonge Baudelaire dans une tristesse profonde. Au début du poème, lorsque le poète aperçoit pour la première fois la jeune femme comme le montre le début du troisième vers « Une femme passa », le temps semble s’arrêter. On observe une césure à l’hémistiche dans ce vers « Une femme passa, d’une main fastueuse » (v.3). Le poète qui décrivait alors la « rue assourdissante » (v.1) est coupé dans son élan. Depuis ce vers là et jusqu’à la fin du deuxième quatrain, le temps semble être ou même s’arrêté. En effet, Baudelaire a le temps de décrire en détail la femme, « Agile et noble » (v.5), « d’une main fastueuse » (v .3), « Dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan » (v.7). Baudelaire ne manque pas non plus de décrire les habits de la femme comme « le feston et l’ourlet » (v.4). Mais au premier vers du premier tercet « Un éclair… puis la nuit », le temps semble s’accélérer. En effet, Baudelaire ne la décrit plus il utilise des termes très généraux « beauté » (v.9), sans aucun détails. A travers ce vers, où on peut observer une césure à l’hémistiche, le poète exprime ces regrets qui arrivent au moment où le temps s’accélère, cette beauté qu’il a décrite lors des deux premiers quatrains devient alors « Fugitive » (v.9). La fuite du temps aura eu raison de cette rencontre qui aurait changé la vie du poète.
                A partir de ce premier vers, du premier tercet, le temps s’accélère et la fuite de ce dernier semble inexorable. Le champ lexical de la vitesse, du mouvement, apparaît alors avec les mots « Fugitive » (v.9), « soudainement » (v.10), « fuis » (v.13). Le poète est alors pris de cours, commence à regretter, il utilise le passé composé de l’indicatif pour montrer que cette rencontre bien que très courte ne se reproduira plus comme on peut l’observer dans le dixième vers « Dont le regard m’a fait soudainement renaître ». Il utilise aussi le futur simple de l’indicatif en espérant un jour la revoir bien qu’il n’ait déjà plus aucun espoir d’où « Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ? ». Enfin, il affirme que la femme qu’il a aimée un court instant savait que lui l’aimait « toi qui le savais ! » (v.14). Ce dernier vers amer ainsi que la ponctuation expressive avec les nombreux points d’exclamations montrent que l’auteur regrettera à jamais cette rencontre amoureuse non aboutie à cause de la fuite du temps
 
 
                Ce poème de Charles Baudelaire, bien que symboliste, exprime un lyrisme malheureux provoqué par une rencontre amoureuse non aboutie, faute de temps. Ce temps qui semblait en sa faveur au début du poème, où il pouvait décrire la femme à son aise, a finalement été en sa défaveur lors des deux dernières strophes où il commençait à regretter cette rencontre non aboutie. Charles Baudelaire, par l’intermédiaire de ce poème, exprime un regret fort de ne jamais avoir été reconnu comme un grand poète de son vivant. Tel que Van Gogh dans le domaine de la peinture, son art ne fut reconnu qu’après sa mort. Etant reconnu comme le chef de file du mouvement symboliste ou encore comme un génie de l’écriture par Guillaume Appolinaire. Malgré un talent énorme, cet auteur écorché à vif, aura gardé tout au long de sa vie un sentiment d’inaccompli. Son seul regret étant de n’avoir jamais été reconnu.
 


Alexandre V., 2nde section internationale, mars 2013. 

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Devoir de Marie M. : 

 
 
C'est dans la seconde moitié du XIXème siècle, que le Symbolisme apparaît en France. Il est en fait le prolongement du mouvement artistique et littéraire des romantiques. Charles Baudelaire est considéré comme l'un des plus grands, sinon le plus grand poète symboliste grâce à son unique recueil les Fleurs du Mal d'où est tiré le poème proposé, A une passante. Ce sonnet offre au lecteur une vue des fameux tableaux parisiens. Non reconnu de son vivant, Baudelaire exprime à travers ses écrits ses sentiments les plus intenses tels que l'amour, malheureusement sans réciprocité, à cause de l'éloignement dans le temps et l'espace.
 

 
En premier lieu, A une passante décrit un lyrisme très codé par le Symbolisme. Ce poème idéalise une femme que Baudelaire a rencontrée dans la rue. Tous les moyens sont bons pour lui donner une image d'égérie. Cette passante, qui incarne la beauté, est qualifiée par les mots « longue » et « mince » au vers deux ainsi que par « agile » et « noble » au vers cinq. Quand le poète la voit, il est « fascin[é] » (vers 8) et se sent « renaître » (vers 10) : ce sont des hyperboles mélioratives qui prouvent une fois de plus qu'il est sous le charme de cette femme. La royauté semble faire partie intégrante de la passante comme on le voit aux vers deux avec « majestueuse » et trois avec « fastueuse ». Son aspect surhumain est créé grâce à la comparaison de la jeune femme à une « statue » (vers 5), ce qui évoque au lecteur les grandes divinités antiques. Cette admiration de la part du poète est donc très représentative du lyrisme du texte.
 En outre, lorsque Baudelaire voit cette passante, cette « fugitive beauté » (vers 9), il se sent pris d'un « plaisir qui tue » (vers 8). Cette antithèse semble improbable mais elle représente les sentiments amoureux dont s'éprend le poète : l'amour qui fait mal et celui qui rend heureux. Aussi, Baudelaire dit « moi, je buvais, crispé » (vers 6) comme s'il était petit et frêle par rapport à cette femme. Ce sont autant de sentiments qui illustrent ce que ressent Baudelaire.
 De plus, la structure du texte crée un effet de perfection atteinte. C'est un poème composé de deux quatrains et de deux tercets eux mêmes formés d'alexandrins, qui expriment l'harmonie, et de rimes embrassées, qui représentent les sentiments du poète : un sentiment d'équilibre. Ce poème est en effet un sonnet qui, auparavant, était réservé à une élite de poètes. Le lyrisme de ce texte prend tout son sens grâce à cette description avantageuse de la passante.
 

 
 
 
Charles Baudelaire exprime non seulement son émerveillement dans le poème, mais aussi sa tristesse car jamais il ne reverra cette passante. Pour commencer, la ponctuation joue un rôle important. De multiple points d'exclamation, quand on s'approche de la chute du poème, traduisent la douleur qu'éprouve Baudelaire à voir partir cette femme. D'ailleurs, il utilise une question « Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ? » (vers 11) et s'adresse directement à la passante. C'est sans réponse que demeurera le poète. L'invocation « Ô » traduit de même le sentiment de douleur et de regret dont est prit celui-ci. A une passante décrit donc une grande mélancolie.
 C'est aussi à cause de ce temps qui passe que Baudelaire ne reverra plus sa bien aimée et il nous le fait comprendre grâce à des notions de temps telles que « trop tard ! » (vers 12). Il utilise de même « jamais » (vers12) et « éternité » (vers 11). L'auteur nous donne l'impression de perte de la jeune femme par le biais de la négation. « Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ? » (vers 11), « j'ignore » (vers 13) et « tu ne sais » (vers 13). L’émergence de cette femme dans la rue aura été brève et éphémère dans le temps. Elle laisse le poète désemparé. Une raison de plus qui prouve le triste lyrisme du poème.
Enfin, le cadre créé par Baudelaire s'accorde tout à fait à sa colère. « Ouragan » (vers 7), « éclair » (vers 9) et « nuit » (vers 9) donnent l'impression que les forces de la nature sont contre le poète, désespéré. « La rue assourdissante » (vers 1) semble par ailleurs favoriser la perte, la « fui[te] » (vers 13) de la jeune femme. En lisant le poème, le lecteur perçoit aussi des sons grâce à « assourdissante », et « hurlait » au vers un. Le vers onze, celui où apparaît la question rhétorique, nous transmet les sensations de foudroiement que perçoit l'auteur par les sons [-t] répétés trois fois : « te » et « éternité » (vers 11). Par ce poème, Baudelaire dénonce la fuite de temps, que l'on ne peut arrêter et sa tristesse car ce temps qui passe a emporté avec lui la passante. Tel un écrit romantique, il aborde la thématique du lyrisme malheureux et de la nature mais également celle de la ville.
 

 
 
Pour conclure, Charles Baudelaire dans A une passante nous livre ses sentiments de bonheur et de tristesse quand surgit cette jeune femme dans la rue. En effet, tout comme le Romantisme, le Symbolisme traduit un lyrisme parfois heureux, parfois malheureux. D'autres poètes prendrons Baudelaire en exemple jusqu'à ce que la Première Guerre Mondiale ne ravage la France. Au début du XXème siècle, le Surréalisme l'emportera sur le mouvement des symbolistes avec des auteurs tels que Louis Aragon ou André Breton.

Marie M., 2nde section internationale, mars 2013. 

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Devoir de Loïc D. : 

           Le XIXème siècle est un des siècles les plus marquants de la poésie française. Outre le romantisme et des appels au Surréalisme, le Symbolisme préfigure un hermétisme plus marqué et une représentation imagée ; arrive de Grande Bretagne et d’Allemagne, il ne tarde pas à se répandre en France notamment chez Baudelaire ou Mallarmé (qui va devenir le chef de fil du mouvement). Baudelaire était un auteur torture, de son vivant il ne publia que le recueil Les Fleurs du mal dont provient notre extrait « A une passante ». Ce même recueil, publie en 1857, fut très vite conteste par l’opinion public. C’est un poème relativement court, de quatorze vers, donc un sonnet : une forme classique au contraire de « Affres, détonation, silence » de René Char. Des lors, on pourra se demander si ce poème a forme classique respecte les thématiques classiques du Romantisme. Il serait donc intéressant d’étudier les thématiques du temps fugitif, dans un premier temps, puis la structure qui se retrouve dans les thèmes utilisés, l’équilibre dans un second temps.


            La fuite du temps est un thématique récurrente chez les Romantiques, mais comment s’exprime-t-elle chez les Symbolistes ? Tout d’abord un certain hermétisme se fait sentir, le poème doit être lu au moins deux fois pour être bien compris, ce qui nous amène a discerné le contexte du poème qui est la première preuve d’hermétisme : peu d’éléments nous annoncent la suite du poème. Les deux quatrains sont très fluides grâce a l’utilisation de sonorité douces et qui nous font ressentir un sensation de flottement, comme porté par les mots du poème avec l’allitération en [s] (« assourdissante » (v. 1) ou « mince » (v.2)) ce qui nous ramène sur notre axe, la fuite du temps, les mots nous montrent le temps qui fuit. Une autre allitération en [l] se rapproche de la précédente allitération en [s],  comme dans les mots « agile et noble » (v. 5), « livide » (v. 7). De plus, la ponctuation joue un rôle des plus importants dans ce poème : il n’y a pas de ponctuation dure dans les deux premiers quatrains, tout comme les allitérations, cette caractéristique fait que la lecture est fluide, tout comme le temps qui fuit. Le temps ne marque pas d’arrêt, il avance, comme le dit tres bien Lamartine dans son poème « Le lac »:
« L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive
   Il coule et, nous passons »
               Cela rejoint d’ailleurs notre axe, et la spontanéité de la rencontre, qui ne marque pas d’arrêt, elle se fait d’un seul et unique trait comme l’exprime tres bien Baudelaire « fugitive beauté », que l’on peut mettre sur le même plan étymologiquement car fugitive et fuite ont la même racine latine : fugio qui signifie fuir. On se rend bien compte que la fuite du temps est tres présente dans la première partie du poème, et plus légèrement dans la seconde.
 
              Mais ce petit instant va se révéler des plus importants dans le cœur du poète. C’est ce qui va amener à la création et l’écriture de ce poème. L’auteur ne cache pas ses sentiments, il pèse ses mots tout en restant hermétique comme il le dit très bien au vers 10 « renaitre », qui est précède par l’adverbe « soudainement » qui appuie sur le fait qu’il renait. Un manque s’installe au fur et a mesure que le poète dévoile son histoire, comme un regret de l’avoir vue car maintenant elle lui manque. Ce manque s’exprime très bien par l’emploi de la tournure restrictive « que » qui exprime un éloignement de la situation présente, il voit dans le futur, peut être trop loin. C’est des le premier du premier tercet vers que le poète montre la dureté et le malheur qui l’emplit d’avoir vu, peut-être une seule fois, cette passante. Il emploie une gradation sous forme ternaire, ce qui saccage le rythme, on ressent de la brutalité dans ses mots : « peut-être jamais » au vers 12.
               Le petit instant de renaissance du poète se révèle révolu, spontané mais le poète va en parler durant tout le poème.
 
 
On peut donc en conclure que ce poème respecte bien les thématiques romantiques tout en y intégrant les caractéristiques du Symbolisme qui sont un hermétisme plus marqué, la litote (en dire peu qui signifie beaucoup). Cela a une influence sur le poème en lui-même : plus difficile a comprendre, mais il exprime tellement de chose comme nous avons pu le voir. On peut, dès lors, s’interroger sur la thématique des mouvements littéraires et artistiques : qu’est-ce qui fait changer de mouvement comme pour le Romantisme au Symbolisme, est-ce les événements, ou tout simplement une dérive ?

Loïc D., 2nde section internationale, mars 2013. 

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Devoir d'Isabel K. : 

Le symbolisme est un mouvement littéraire de la seconde moitié du XIXème siècle qui exprime des idées et des sentiments avec des symboles plutôt que de facon explicite. Charles Baudelaire est considéré comme le précurseur du symbolisme. Son oeuvre la plus connue est Les Fleurs du Mal, un recueil de poèmes publié en 1857, dont est tiré l'extrait à étudier. “À une passante“ décrit la rencontre entre Baudelaire et une passante, et le regard qu'ils echangent avant qu'elle ne disparaisse à jamais. Le texte est axé sur la description de la belle jeune femme et sur un lyrisme amoureux mais douloureux, puisqu'il n'y a pas de réciprocité amoureuse.
 
 
 
 
Tout d'abord, on peut remarquer que le poète est dans une situation de désespoir lors de sa rencontre avec la passante. La scène se passe dans une rue. Le poète fait un parallélisme entre lui et la rue avec la personification de cette dernière: “la rue assourdissante […] hurlait“ (v.1), ce qui donne l'impression qu'elle reflète la douleur assourdissante qui hurle en lui. L'oxymore (par la connotation) “douleur majestueuse“ (v.2) insiste encore sur la souffrance du poète et l'adjectif “grand“ (v.2) met en valeur son importance. De plus, le rythme binaire “longue et mince“ (v.2) donne un caractère oppressant à la rue. Le poète est donc dans une situation de détresse, ce que l'on voit aussi au vers 6: “je buvais“, “crispé“. La passante qu'il apercoit symbolise une lueur d'espoir qui le fait “renaître“ (v.10) par sa beauté.
La description de la passante est donc très méliorative, puisqu'on retrouve le champ lexical de la beauté et de l'élégance: Elle a une “main fastueuse“ (v.3), donc un air noble, royal, majestueux. Les rythmes binaires “soulevant, balancant“ (v.4) et “agile et noble“ (v.5) ainsi que la césure à l'hémistiche du vers 3 lui donnent un caractère élégant et harmonieux. De plus, elle se déplace en “soulevant“ sa robe, qui “balan[ce]“ un peu, ce qui est un mouvement léger, élégant (v.4). La métaphore “jambe de statue“ (v.5) évoque une jambe parfaite (fine, douce, blanche), comme serait celle de la statue d'une déesse. Ses yeux sont comparés à un ciel de tempête, pâles mais dans lequels “germe un ouragan“ (v.7). Le lecteur s'imagine donc des yeux gris pâles, mystérieux, mais dans lequels brille la passion, l'énergie et l'espoir.
Cependant, la beauté et l'élégance de la passante contrastent totalement avec la situation du poète, ce qui rend la réciprocité amoureuse impossible. Pour le poète, elle incarne la “douceur“ et le “plaisir qui tue“ (v.8), ce qui prouve son amour pour elle. On pourrait penser que “qui tue“ accentue le mot “plaisir“, mais peut-être est-ce un mauvais présage: comme il n'y a pas de réciprocité amoureuse, l'amour meurt, et peut le tuer par la douleur. En tous cas, le mot “tue“ donne un côté menacant à cet amour. On peut donc réinterpréter la description des yeux de la passante: Le gris livide peut aussi faire imaginer au lecteur le froid avec lequel elle regarde le poète avant de partir, ou démontrer le fait qu'elle lui est inaccessible. L'espoir qu'elle représentait pour lui est donc decu.
 
 
 
 
Comme l'espoir du poète que représentait la belle et jeune femme a été décu, le lyrisme amoureux est donc malheureux. Tout d'abord, les deux dernières strophes sont marquées par une ponctuation forte, pour insister sur le désespoir du poète à cause de son départ. La question réthorique “Ne te verrai-je plus que dans l'éternité?“ (v.11) fait comprendre au lecteur que non, il ne la verra plus. Le vers 12 est constitué de quatre bouts de phrase entrecoupés par une ponctuation forte (une virgule et trois points d'exclamation): “Ailleurs“ “bien loin d'ici!“ “Trop tard!“ et “jamais peut-être!“. Le rythme saccadé créé par ces bouts de phrase donne l'impression que le poète suffoque, que la douleur provoquée par le départ de la passante est presque physique. En plus, le fait que ces phrases soient nominales donne l'impression qu'elles sont dépourvues de sens et que le poète devient fou de douleur à cause du départ de la jeune femme.
La passante n'est donc qu'une “fugitive beauté“ (v.9), qui vient “soudainement“ (v.10) et repart aussitôt, abandonnant le poète avec un amour auquel elle ne répond pas. “Un éclair... puis la nuit!“ (v.9) traduit la très courte durée de leur rencontre, presque éphémère. Puis, quand la passante est partie, le rythme du poème s'accélère: les deux dernières strophes sont des tercets alors que les deux premières sont des quatrains. Le poème est donc écrit sous la forme du sonnet. Cela peut donner l'impression que le temps avait ralenti pendant le regard échangé avec la passante, mais qu'après son départ, la réalité et la souffrance reviennent et le temps s'écoule à nouveau normalement. La césure à l'hémistiche des vers 8 et 9 peut évoquer l'équilibre qui se remet en place après cette rencontre extraordinaire. La vie du poète continue, mais sans elle.
Enfin, le chiasme du vers 13 formé par “j'“, “tu“ et “tu“, “je“ montre qu'il y a bien eu une réciprocité par le regard, traduit aussi par l'équilibre et l'harmonie que créé la césure à l'hémistiche des deux derniers vers. Pourtant elle est partie sans qu'il ne puisse savoir où. L'invocation “Ô toi“ mis en anaphore au dernier vers insiste sur “toi“. La première partie du vers, “Ô toi que j'eusse aimée“, est une preuve de l'amour qu'il lui porte, l'invocation mettant en valeur qu'elle est quasiment une déesse pour lui. La deuxième partie du vers, “Ô toi qui le savais“ insiste sur le fait qu'elle aurait pu permettre à l'histoire de continuer, qu'elle aurait pu s'arrêter pour qu'il puisse y avoir une réciprocité amoureuse. En fin de compte, tout dépendait d'elle, et elle le savait, mais elle est partie malgré tout.
 
 
 
 
Ce poème est donc dédié à une belle passante, dont le poète tombe amoureux, mais leur rencontre est fugitive, et le manque de réciprocité amoureuse provoque un lyrisme malheureux. Dans ses autres oeuvres, Baudelaire utilise fréquemment le thème de la rencontre amoureuse et du lyrisme malheureux, parfois élégiaque.

Isabel K., 2nde section internationale, mars 2013. 

 
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Devoir de Guillaume G. : 
 
Le symbolisme, approximativement de 1870 à 1895, est un mouvement littéraire et artistique qui répond aux mouvements naturalistes et parnassiens. L’un des poètes les plus connus ayant participés à ce mouvement fut notamment Charles Baudelaire. Né en 1821 et mort en 1867, c’est dix ans avant sa mort qu’il publiera son recueil nommé Les Fleurs du Mal. C’est d’ailleurs dans ce recueil que ce trouve notre extrait, le poème A une passante. Ce poème est un sonnet qui relate l’histoire de Baudelaire rencontrant une jeune femme dans la rue, de laquelle il tomba amoureux malgré la brièveté de cette rencontre, car celle-ci disparaitra aussi vite qu’elle apparut. Dans ce texte, on retrouvera l’idée que Baudelaire a de la beauté idéale, mais également la subjugation du poète ainsi la brièveté, la fugitivité de ce moment.
 
 
                   Le cadre de cette rencontre inscrit d’emblée ce poème dans ce que l’on appelle un « tableau Parisien » : « rue assourdissante » (v.1) et « hurlait » (v.1) ; De plus, l’allitération en [s] décrit ce brouhaha qu’est cette rue de Paris, tout comme l’allitération en [r]. Lors de son apparition, la passante est totalement en train de dominer le regard du poète. En effet, elle est « longue et mince » (v.2), avec des « mains fastueuses » (v.3). Le poète décrit ensuite le détail de la toilette (« le feston et l’ourlet » v.4), la jambe (« sa jambe de statue » v.5). On remarque que les vers 2 à 4 constituent un rythme ample, ce qui signifie qu’on a l’impression qu’il ne va jamais s’arrêter.                                                     
                   Face à cette passante incarnant un idéal d’amour baudelairien, le poète est fasciné : il est paralysé, stupéfait est « crispé comme un extravagant » (v.6). Il est même troublé, ce qui se voit au rythme des vers 6 et 7, rythme « haché » comparé aux rythmes relevés jusque-là.  Le verbe « boire » (v.6), seul verbe définissant le poète, a une connotation négative, plus précisément une connotation d’avidité, où il désire la passante comme il désire l’alcool. Selon Baudelaire, l’amour idéal est celui qui combinera douceur et violence, ce que cette passante réalise à merveille. Effectivement, on retrouve plusieurs antithèses (« ciel livide où germe l’ouragan » v.7 ; « douceur qui fascine » v.8 et « plaisir qui tue » v.8).
                  C’est donc pour cela que Baudelaire dit dans son poème que cette femme l’a « fait soudainement renaître » (v .10). Si le poète est lui subjugué par cette rencontre, l’amour qu’il porte à cette jeune femme est bel et bien réciproque. En effet, on remarque cette preuve de réciprocité aux derniers vers, comme pour prouver en fin de regard qu’elle aussi éprouve des sentiments pour lui. Effectivement, on relève au vers 13 un chiasme, « Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais » (première personne du singulier puis deuxième personne du singulier / deuxième personne du singulier puis première personne du singulier) ainsi qu’une anaphore au vers 14 « Ô toi que j’eusse aimée, Ô toi qui le savais ». Ce dernier vers est également ponctué par une marque de ponctuation expressive (un point d’exclamation « …le savais ! ») ainsi que par les invocations « Ô » où la première décrit son amour pour elle et le second décrivant le fait qu’elle le savait et que cela était sûrement réciproque.  
 
 
              L’apparition de la passante et la subjugation du poète n’est cependant qu’un moment fugitif et bref. Effectivement, au vers 9, on relève « Un éclair…puis la nuit ! », montrant la rapidité du coup de foudre entre Baudelaire et la passante notamment grâce au mot « éclair » (v .9), qui lors d’un orage se déclenche assez rapidement pour que le son qui en provient ne s’entende qu’après l’apparition de l’éclair.
                De plus, c’est à ce vers 9 que commence la deuxième partie du sonnet composée de deux tercets au lieu de deux quatrains, ce qui accélère le rythme. (On passe en effet d’une lecture de quatre vers à quatre vers à une lecture de trois vers à trois vers). La passante dont Baudelaire est tombé amoureux est d’autant plus caractérisée comme une « fugitive beauté » (v.9), accentuant cet effet de rapidité.
               On retrouve également une allitération en [s] dans tout le texte (« mince » v.2 ; « majestueuse » v.2 ; « ciel » v.7 ; ou encore « j’eusse » v.14) caractérisant une rapide petite brise excepté au vers 1 puisqu’elle sert à décrire le brouhaha de la rue Parisienne où se passe cette rencontre. Même après la disparition de la passante, Baudelaire tente tout de même de retrouver cette incarnation parfaite de la beauté, notamment au vers 11 « Ne te reverrai-je plus que dans l’éternité ? » où on pourrait croire que cette question laisse place à de l’espoir, mais cet espoir est impossible, puisque le poète s’empresse de répondre au vers suivant : « Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être ! » (v.12). Ce vers est d’ailleurs écrit en rythme ternaire et accentué par les trois points d’exclamation, ce qui souligne le fait que cet espoir de retrouvailles est et restera impossible.
 
 
En conclusion, ce poème démontre qu’en dépit d’une rencontre amoureuse si brève et rapide, les sentiments éprouvés et ici partagés  restent présents de façon élégiaque dans l’âme du poète. De plus, le poète vit à ce moment mal la médiocrité de la vie, d’où sa description plus que négative des rues de Paris. Cependant, la vue de cette jeune femme lui ravive l’esprit, notamment ses formes gracieuses et élégantes, ce qui pourrait laisser dans le poème un indice d’avenir meilleur pour Baudelaire.
 
 
Guillaume G., 2nde section internationale, mars 2013.  
 
 
 
                
 
 
 
 

 


Date de création : 05/05/2013 @ 10:23
Dernière modification : 03/05/2017 @ 17:14
Catégorie : Copies d'élèves 2012/2013
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