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Copies d'élèves 2013/2014 - Ecriture d'invention romanesque 2nde 7

Devoir à rendre le lundi 04 novembre 2013.

 

Vers l'écriture d'invention (sujet de type III du bac).

 

Coefficient 3

 

Sujet (à coller sur votre feuille double) : après l'étude du GT1 (Les débuts de romans), vous rédigerez à votre tour un incipit régi par les consignes suivantes :

 

·        votre production sera de registre réaliste.

·        Elle mêlera types narratif et descriptif (vous veillerez à utiliser les outils grammaticaux et stylistiques propres à ces deux types de texte).

·        Votre incipit respectera les codes romanesques traditionnels (fonctions informative et « apéritive »).

·        Vous expliciterez la focalisation que vous aurez choisie :

1.      focalisation zéro ;

2.      focalisation interne ;

3.      alternance des deux : dans ce cas, vous signalerez le(s) changement(s) de focalisation à l'aide d'une croix rouge dans la marge, au niveau de ces changements.

·         Toute référence culturelle pertinente est valorisée.

·         Le site de Lettres du CIV propose des copies d’élèves ayant eu à traiter le même sujet, au cours des années précédentes.

 

Devoir de Marc P. :

La neige tombait à gros flocons en cette fin d'après midi du 6 décembre 1879. Les facteurs annonçaient déjà le début de l'hiver et distribuaient le journal du soir, les passants ayant tout juste sorti leurs manteaux de fourrure, leurs dents qui s'entrechoquaient et qui laissaient s'échapper une légère fumée blanche. Charles, comme tous les soirs, s'était évadé de l'orphelinat de Lille, pour aller voir le soleil se coucher. Il fut déçu lorsqu'il n’aperçut pas le soleil à l'horizon, caché derrière les nuages duveteux qui apparaissaient de manière récurrente ces derniers jours. Il se reposa cependant quelques instants contre un rocher pour admirer les rares lueurs oranges qui parvenaient à percer les nuages. Il se rendait souvent à cet endroit, pour échapper à l'atmosphère étouffante de l'orphelinat, semblable à celle d'une prison dans laquelle on aurait placé des dizaines d'enfants délaissés de leurs parents. Lui ne se souvenait pas de ses parents. Sa mère, Louise Cabarrot, avait disparue deux mois après sa naissance et avait été déclarée morte peu après. Son père, Auguste Cabarrot, lui, était probablement mort lors des guerres contre la Prusse en septembre 1870 à la bataille de Sedan, comme le lui avaient précisé les responsables de l'orphelinat. C'est du moins l'information que les officiels avaient donnée et qui lui avait valu d'être interné dans l'orphelinat de Lille.

Une légère brise se leva et lui caressa doucement les joues. Il contempla encore quelques secondes le paysage voilé par la neige, puis décida de rentrer à l'orphelinat avant que son absence ne soit remarquée. Il marcha à pas rapides dans les rues de Lille. Le ciel se faisait de plus en plus noir, et la neige redoublait d'intensité lorsque Charles atteint l'établissement et se faufila à l'intérieur. Il essaya de monter discrètement dans son dortoir, mais il s'arrêta brusquement lorsque la femme de ménage cria son nom. Il se retourna, et poussa un soupir de soulagement en découvrant la jeune fille qui se trouvait devant lui. C'était Joséphine, une jeune fille de dix-sept ans, donc seulement cinq ans de plus que lui, avec laquelle il s'entendait relativement bien, du moins mieux qu'avec les autres enfants. Elle avait des cheveux blonds qui tombaient en cascade sur ses épaules et des yeux gris semblables au ciel qu'il venait de quitter. Elle portait comme toujours sa tenue de travail crasseuse et un collier en argent que son père lui avait offert l'année précédente. Elle le réprimanda sur l'état de ses habits et sur le fait qu'il n'ait prévenu personne de son départ, mais elle était plus inquiète qu'en colère. En effet, le manteau noir qu'elle lui avait offert pour son anniversaire le jour précédent était couvert de neige et son pantalon gris était trempé.

Charles n'avait jamais beaucoup fait attention à ses affaires. C'était un garçon de taille moyenne, avec des cheveux noirs ébouriffés qui recouvraient ses oreilles pointues et quelques peu écartées, et des petits yeux noirs contrastant avec sa peau pâle, surmontés de sourcils touffus dont il était évident qu'il n'en avait jamais pris soin. Il était assez mince mais avait une tête ronde qui lui donnait un physique d'un ordinaire ridicule. Il avait toujours été flegmatique et désordonné, et le fait de vivre dans un orphelinat n'avait jamais arrangé les choses. D'ailleurs, la plupart des autres garçons de l'orphelinat étaient aussi désordonnés que lui, voire plus. Il n'avait pas d'amis, excepté Joséphine, c'est pourquoi il s'évadait toujours de l'orphelinat lorsqu'il en avait l'occasion. Ce n'était pas faute d'avoir essayé, mais chaque discussion qu'il essayait d'avoir tournait à la bagarre ou à la dispute, alors il avait abandonné l'idée de se faire des amis. La seule personne avait laquelle il pouvait parler sans se soucier de créer des problèmes était la jeune femme qui se tenait devant lui, car elle était de nature amicale et joyeuse.

Alors qu'il s'apprêtait à monter dans le dortoir, Joséphine le prévint que quelque chose pour lui était arrivé ce jour-là, et qu'elle l'avait mis sur son lit. Charles fut surpris. C'est qu'il ne recevait quasiment jamais de cadeaux, à part ceux de Joséphine. Curieux et interloqué, il se précipita vers son lit, et fut déçu de découvrir qu'une simple lettre brune l'attendait sur son lit. Il la ramassa et vit que cette lettre lui était bien adressée. Cependant, quelque chose d'autre attira son attention. Il lut les trois derniers mots écris à la main sur la lettre.. Son sang se glaça. Son cœur semblait s'être arrêté de battre. Les derniers mots qu'il avait lus résonnaient dans ses pensées, dans son esprit, dans tout son être. « Expéditeur : Auguste Cabarrot »

Marc P., 2nde section internationale, décembre 2013.

 

Devoir de Mathilde R. :

 

Focalisation zéro – focalisation interne ( // )

 

 

Le tonnerre grondait, les éclairs luisaient, et, dans cette atmosphère pesante,  il avançait d'un pas timide et mal assuré. En cette fin de décembre, le froid était piquant. Emmitouflée dans une écharpe en laine, elle marchait rapidement, la tête penchée vers le sol pour se protéger de la brise glacée.

Avec l'épaisse couche de neige qui couvrait les trottoirs parisiens, elle avait du mal à tenir sur ses hauts talons. Sous ses airs de femme fière et confiante se cachait une âme fragile et chargée d'idées noires.

Elle était plutôt petite, mince, ses cheveux avaient une teinte vague et des boucles indisciplinées, quant à ses yeux, ils étaient marrons, ternes et cerclés de cernes.

Ce jeune homme était grand, mince, presque maigre, ses petits yeux noirs laissaient transparaître, malgré son air timide, un homme jovial. Ses cheveux bruns, si communs, étaient coiffés avec du gel, avec un air faussement angélique.

Au détour d'une rue parisienne, le téléphone d'Agathe sonna et elle décrocha. Au bout de quelques secondes de conversation, elle fondit en larmes, elle raccrocha et se mit à courir, pieds nus, dans la neige. Elle arriva au pied de son immeuble, un inconnu lui tenait la porte. Elle remarqua presque immédiatement sa silhouette trop mince, sa posture timide et sa coiffure qui lui donnait un air d'ange. En réalité, /pour elle, il ressemblait à un enfant/.

Quand il la vit arriver, il lui tint la porte, /il la trouvait plutôt jolie, mais, tourmentée à voir ses pieds nus, rougis par le froid/. Étant nouvellement arrivé dans l'immeuble, il voulut se présenter mais elle ne lui en laissa pas le temps, grimpa quatre à quatre les escaliers menant à son appartement et s'enferma à l'intérieur.

Il resta un moment à la porte, laissant entrer le froid, abasourdi par ce qu'il venait de voir : une de ses nouvelles voisines, en tailleur gris faussement chic, pieds nus, courant dans la neige, pour finalement s'enfermer dans son appartement, sans aucune forme de courtoisie à son égard. Il décida d'oublier cette femme et ses piètres manières et monta chez lui à son tour. Il venait de s'installer mais il reconnaissait cet appartement aménagé à la manière d'un loft, son style moderne, sobre et épuré qui ne laissait aucune place au rêve, tout ici était guidé par la raison et la logique.

Il essaya d'oublier cette jolie femme si peu courtoise, de penser à autre chose, mais quelque chose l'en empêchait.

Agathe était seule dans son appartement, elle mit sa bouilloire sur le feu, et se prépara un thé. Elle devait réfléchir, cet appel lui avait mis les nerfs à vif. Elle s'assit sur le canapé et contempla son salon, comme pour la première fois. La pièce était lumineuse, les modernes murs blancs tranchaient avec les meubles anciens en bois, un escalier en métal fin serpentait jusqu'à la mezzanine, des rideaux de tulle écru laissaient entrer la lumière douce du coucher de soleil.

Paul se servit un verre de vin rouge, son petit plaisir qui l'aidait à réfléchir. Il en avait besoin, / cette femme le hantait, pourquoi avait-elle courut pieds nus dans la neige par ce froid ? Pourquoi avait-elle autant l'air fragile et bouleversée ? /

Il ne savait pas, il avait pourtant réfléchi à toutes les possibilités qu'il y avait, mais aucune ne lui paraissait être absolument juste.

Agathe s'approcha de la balustrade de sa mezzanine, noua l'attache de son déshabillé de satin rouge à la poutre fine, puis fit un nœud autour de son cou.

Paul s'était installé sur son canapé, son ordinateur portable sur les genoux. Il fit quelques recherches pour son travail, mais tout à coup un bruit sourd suivi d'une sorte de petit cris étouffés lui vint du logement du dessus.

Elle s'était jetée du haut de sa mezzanine, entraînant avec elle son armoire à vaisselle, qui s'était écrasée sur le sol.

Il sortit en trombe de chez lui, monta les escaliers, son téléphone à la main, et entra dans l'appartement qui était couvert de débris de porcelaine.

 

Mathilde R., 2nde section internationale, décembre 2013.

 

Devoir de Tathra S. :

 

D

 

                Il se tenait debout, figé et droit, seul, sous un ciel nuageux et bas qui menaçait d’éclater et de verser ses larmes amères et cruelles sur cet endroit macabre. La tête haute, il fixait la construction hideuse et la grille en fer rouillée devant lui qui le séparait des horribles souvenirs de son enfance. La cour de pavés gris portait les marques des milliers de pas qui l’avait foulée tant d’années auparavant. Des fissures remplies de la pluie du matin creusaient des sillons comme des ruisseaux de sang. Le sang de ses parents et de ses sœurs qui n’avaient pu échapper au massacre.

                Dans sa main droite, la seule qui lui restait, il tenait une photographie de ces êtres chers qui lui avait été arrachés par les monstres de son enfance simplement parce que leurs peaux et yeux étaient trop sombres, parce que leur culture était différente. Cette photo était l’unique souvenir lui restant de sa famille et de sa vie heureuse. Tous étaient assis autour d’une nappe à carreaux, profitant d’un repas sur l’herbe sur les berges de la rivière Amper durant l’été 1934. Il se souvenait de ce jour heureux, tous avaient joyeusement fêté l’anniversaire de ses sœurs jumelles. Le gâteau avait souffert du transport et était tout déformé mais les huit bougies se tenaient droites et fières. Ils avaient dû le manger avec leurs doigts, miettes par miettes. Sur la photographie, Sarah riait, sa frimousse était recouverte de chocolat tandis que Leah essayait d’engloutir le plus gros morceau qu’elle avait pu trouver. Ses parents regardaient avec fierté leur petite famille heureuse, même si Maman fronçait légèrement les sourcils. C’était lui qui avait pris la photographie, avec l’appareil qu’il avait reçu en cadeau pour ses onze ans quelques mois plus tôt. Un cadeau extraordinaire qui ne le quittait jamais et avait fait germé en lui sa vocation de journaliste photographe. Ce métier qui permettait de révéler la vérité.

                Mais il ne regardait pas la photographie, il la connaissait dans ses moindres détails. Les pliures, les usures, les bords rongés par tant de manipulations et les piqures du temps avaient rendu la scène plus poignante encore. Jamais ce jour-là, il aurait pu imaginer les atrocités à venir et le drame qui marquerait sa vie pour toujours.

                Il leva la tête et lu l’inscription sur la grille « Arbeit macht Frei », « le travail rend libre ». Un rictus se forma légèrement sur ses lèvres. L’ironie du sort qui avait fait que sa carrière professionnelle le mena ici, cet endroit qu’il avait si longtemps cherché à oublier, à éviter. Tant et si bien qu’il n’avait jamais remis les pieds dans son pays d’origine après la libération du camp de Dachau en 1945. Pourquoi  se rendre sur ces lieux maudits pour remuer le couteau dans la plaie ? Pourquoi l’avaient-ils, au journal, choisi pour faire ce pèlerinage dans le passé ? Ce travail allait-il finalement le «  libérer » maintenant, trente années plus tard, du cauchemar de son enfance ? Ce cauchemar qu’il avait tant essayé de garder enfoui. Toutes ces questions le désarçonnaient. Il n’arrivait pas à franchir cette grille immonde. Comment ont-ils pu faire un musée de cet horrible souvenir ?

                Puis il s’avança doucement, à pas lents et incertains. Il passa la grille noire sous laquelle il se recourba instinctivement, comme si les coups allaient à nouveau tomber sur son dos. Ces coups qu’il ressentait encore. Ces coups violents, hargneux et vicieux, qui l’avaient marqué pour toujours. Ces coups qui avaient rendu son corps infirme et douloureux pour le restant de ses jours. Ces coups qui l’avaient rendu prématurément gris, ridé et aigri. Un cri de douleur et de rage s’étouffa dans sa gorge, une larme d’apitoiement et de honte lui monta à l’œil, sa main osseuse dont les veines bleues pulsaient se mit à trembler. D’un geste brusque, il essuya la larme et se redressa, ses yeux noirs se remplirent de mépris et une haine effroyable s’afficha sur son visage. Soudain, dans un effort surhumain, il activa ses pas puis s’élança vers la bâtisse. Je ne me laisserai pas abattre, je me libérerai de ce cauchemar, je vous dénoncerai au  monde pour les montres que vous avez été !

Tathra S., 2nde section internationale, décembre 2013.

 

Devoir de Madeleine D. :

 

George Santerre Filleux, comte d'Arrentieres

(Incipit réaliste et autobiographique)

 

Le froid picard s'installait et les rues de Neufvy-sur-aronde étaient désertes, les habitants s'étant réfugiés chez eux. Le ciel blanc sans tache annonçait la première chute de neige de la nouvelle année 2002. Les immenses champs dorés de l'été n'était plus qu'un souvenir, ils avaient maintenant revêtus leurs habits d'hiver. Les quelques arbres se découpant dans l'horizon étaient nus et noirs, portant le deuil de la belle saison. Le cimetière était enseveli sous les flocons ne laissant à la vue qu'une seule tombe surplombé d'une immense croix en mosaïque, qui attirait l'attention de tous les promeneurs en été, celle de la famille Santerre Filleux d'Arrentieres. Les toits habituellement rouges étaient recouverts d'une couche de neige immaculée et de leurs cheminées sortaient de la fumée, répandant dans l'air une odeur de feu de bois. Les maisons étaient, comme dans la plupart des villages en Picardie, alignés au bord de la route qui traversait le village. Sur la place de l'église, le jardin d'enfant paraissait abandonné, le tourniquet était immobilisé sous une épaisse couche de neige, les chaînes de la balançoire étaient gelées, rendant impossible son utilisation. Le monument aux morts semblait plus triste que jamais sans ses gerbes fleuries et son drapeau tricolore. L'église, quant à elle, n'avait malheureusement pas accueillis de messe depuis longtemps, le manque de prêtre se faisant ressentir dans la région. Derrière cette église se dressait un château de pierres blanches et au toit d'ardoise. La partie centrale du bâtiment était accompagnée d'un côté de deux tourelles, une ronde, une octogonale et de l'autre d'une extension de six étages réalisée cent ans auparavant. On trouvait autour du château un parc de trois hectares fermés d'un côté par une rivière gelée, l'Aronde, et de l'autre par des grilles autrefois dorées, mais elles semblaient maintenant vieille et même délabrées par endroits. Il y avait quelques bâtiments attenants au château, à sa gauche un chenil vide pour l'hiver et une orangerie hors d’usage. À sa droite une ferme avec un poulailler et une écurie où les animaux tentaient tant bien que mal de se réchauffer, et devant lui un ancien presbytère et l'église donnant sur la place. Les pelouses et les pâtures du parc avaient perdus le vert vif des étés picards et arboraient maintenant le blanc des mois hivernaux. L'intérieur du château illustrait différentes époques. En effet, les meubles allaient du fauteuil louis quatorze à la commode directoire, en passant par la table Ier empire. Le petit salon était la seul pièce moderne du château car il contenait la télévision. Le salon était, lui, décoré dans les tons roses pâles pour les fauteuils et les rideaux mais les commodes étaient en marqueterie. Le grand salon avait sur ses murs des tentures rouges ternis par les ans et ses meubles étaient d’un bleu roi qui avait été vif autrefois. Les portraits murs et les livres de généalogie montraient que la famille Santerre Filleux d'Arrentieres occupait ce château depuis de nombreuses années. Des noms et des titres y revenaient souvent, les barons Hallé et le village d’Arrentieres en faisaient partis. Chacun de ses membres avait ajouté sa touche personnelle aux différentes pièces avant de rendre l'âme. Des meubles, des tableaux mais surtout des trophées de chasse et des peaux de bêtes s'entassaient avec une certaine harmonie dans les couloirs et les chambres, mais avec désordre dans les greniers déjà encombrés de bibelots, de vêtements, de journaux et de lettres des siècles précédents. Dans l'entrée se trouvait la tête d'un sanglier tué par George Santerre Filleux d'Arrentieres, dernier du nom et actuel propriétaire du château. Le père de ce dernier, Robert Santerre Filleux d'Arrentieres avait eu, comme son propre père et son grand-père, un seul héritier mâle et s'était inquiété pour l'avenir de ce nom et de cet inutile titre de comte qu'il chérissait. George, en ayant quatre fils, avait remédié à cette crainte.

Maintenant s'était à son tour de s'inquiéter, et cette fois pour lui-même. George avait peur de ne pas voir ses petits-enfants grandir, il savait qu'il n'allait pas les voir grandir. Léopold, Violaine, Pierre, Simon, Marine et Madeleine étaient dans la salle à manger, assis sur des chaises alors que lui devait rester dans son fauteuil roulant. C’était l’heure du goûter et ils attendaient tous avec impatience le gâteau que leur grand-mère leur avait préparé. Ils étaient au château pour les vacances de Noël, et comme à chaque fois qu'il les voyait, George craignait de ne pas les revoir. Il redoutait aussi de ne jamais connaître François, Titouan, les nourrissons qui dormaient à l'étage, et les enfants que deux de ses belles-filles attendaient. Marie-France, sa femme, arriva avec le gâteau et servi une part à chacun des enfants, à son mari puis s'assit à ses côté. Elle prit la cuillère entre ses mains et commença à le nourrir. La cuillère entra dans sa bouche ouverte, sa langue pendant inélégamment, et ses bras commencèrent à bouger dans tous les sens sans qu’il ne puise rien y faire. Il regarda ses petits-enfants un à un, Léopold, six ans, passa la main dans ses cheveux noirs et jeta son regard intelligent autour de lui avant d’entamer sa part. Il finit rapidement son assiette et s’empressa de se resservir la plus grosse part restante sous les yeux scandalisés de sa cousine. Violaine, âgée de six ans aussi, la tête haute et le regard quelque peu hautain, planta violemment les dents dans son gâteau, sa mauvaise humeur se faisant, une fois de plus, ressentir. Pierre sortit un de ses petits soldats napoléoniens de sa poche et se mit à le tremper dans la crème anglaise. Il en sortit un deuxième puis un troisième et enfin le bataillon entier eu le droit à un bain de crème, cela les changeaient des bains de sang. Son voisin trouvant sa extrêmement rigolo, en prit un et le mâchouilla ostensiblement devant son cousin avant de se tourner vers Marine. Simon, extrêmement batailleur du haut de ses quatre ans, lança un bout de gâteau sur celle-ci qui lui tira la langue pour se tourner vers Madeleine. Toutes les deux, elles préparèrent des boulettes de gâteau qu’elles utilisèrent afin de bombarder Simon jusqu'à ce que leur grand-mère leur dise d’arrêter. Ces trois-là étaient intenables. Marine continua de manger doucement, jetant des regards de défi vers Simon. Celui-ci la toisa du même regard que celui que leur chien, Terpine, avait lors qu’il s’apprêtait à bondir sur un sanglier lors de la chasse. Il semblait prêt à s’emparer de son épée en bois et à provoquer sa cousine en duel. Madeleine, ayant finis son assiette, tourna ses yeux verts vers son grand-père et lui demanda: « pourquoi vous mangez pas tout seul bon-papa? ». A ce moment-là, George aurait tout donné pour pouvoir lui répondre. Il essayait de contrôler son corps mais, à soixante-neuf ans, il n'avait déjà plus la capacité de contrôler sa voix, ses jambes, ses bras et même les expressions de son visage ridé lui échappaient. Il planta son regard dans les yeux identiques aux siens de Madeleine et essaya, en vain, de lui sourire.

Madeleine D., 2nde section internationale, décembre 2013.

 

Devoir de Romain L. :

 

       Pour les Paras, pour la Légion! Hip! Hip! Hip!


 

La nuit du six mai était tombée. Tandis que la lumière déclinait, le bombardement Viet Minh

éclairait sporadiquement la vallée, accompagné de ses panaches de fumées mêlées de

boue. Le sombre et flamboyant nuage ne cessait jamais

À genoux dans la boue, armé de son pistolet mitrailleur MAT 49, Marcel guettait l’horizon.

Soudain, des fusées éclairantes zébrèrent le ciel, illuminant les cadavres des deux camps

de la même lumière. Le sang et la boue ne faisant qu’un. C’était la tranchée. Le fond en

était tapissé d’une couche gluante d’où la rangers se décollait à chaque pas avec bruit. Les

cratères eux-mêmes, si l'on s’y penchait, puaient comme des bouches de légionnaires au

réveil.

L’ennemi avait commencé à faire sauter les mines, l’odeur d’explosif piquait son odorat.

La radio crépita, un à un, comme un château de cartes, les postes tombaient : Éliane 2

passée sous contrôle ennemi, Éliane 4 perdue, Clauditte 5 submergée. Le dénouement

était proche.

Le sergent Marcel Volpatte, appartenait au 2e BEP sous le commandement du major

Hubert Liesenfelt. Ils avaient été largués sur Diên Biên Phu pour retarder la défaite. Le

gouvernement voulait donner à la France une position dominante dans les négociations de

paix qui s’ouvraient à Genève.

Un soldat acceptait de se faire tuer pour sa mission, c’était son contrat. Son honneur était

dans le respect de ce contrat. Aujourd’hui, l’incompétence des chefs rendait ce contrat

caduc. Marcel et ses camarades de combat se sentaient inutiles. Pourtant, ils étaient tous

volontaires pour être gaspillés une dernière fois.

Soudainement, son camarade Pascal le sortit de ses pensées politiques.et aussi du chemin de trois Brancardiers impatients.

Pascal était un homme à la quarantaine passée,Bati comme un ours, dont la barbe restait constamment en bataille. Son amour pour les tripes lui valu rapidement le surnom de “putois”. Comme tous les sergents de son bataillon, il portait la casquette de service mal adaptée pour les tropiques, trop encombrante pour la vue, trop petite pour protéger son visage du soleil.

La large botte de Marcel s’enfonça dans la glaise grisâtre du sol de la tranchée..
Il était arrivé au poste de soins. Ici, la boue devenait flaque. En entrant, une
multitude d’ yeux curieux le dévisagèrent: c’était là que le sale boulot
commençait.

Romain L., 2nde section internationale, décembre 2013.

 

Devoir de Thibaut F. :

 

Le matin du 11 novembre 1995, j'étais assis paisiblement, seul, au milieu d'un banc, comme j'en avais l'habitude tous les dimanches pour me détendre de la longue semaine de travail d'une difficulté particulière, se compliquant avec l'âge. Je contemplais les nombreux passants et passantes qui traversaient l'esplanade du marché de Toulon. Peut-être plusieurs dizaines de personnes sillonnaient la petite place Martin Bidoure, mais un, à l'autre bout, attirait particulièrement mon attention, celui-ci devait être l'un des derniers paysans de la région. Il paraissait vieux, était mal habillé, tout ridé, avait la canne à la main, portait un chapeau qu'avaient autrefois les anciens campagnard de l'époque comme on me l'avait raconté. L'homme possédait un chien de berge assez sale, tout humide. Le paysan était chaussé de sabots, ces derniers avait sûrement dû être travaillés de ses propres mains. Il apparaissait comme quelqu'un de pauvre.
Alors que la fanfare pour l'armistice du 11 novembre 1918 venait de traverser les rues voisines comme je pu l'entendre, je continuais d'observer le vieille homme et comme j'avais pu le deviner, il était plutôt pauvre voire miséreux. En effet, lorsque je le vis s’approcher de moi quelque temps après, je le saluai puis il me demanda quelque chose qui fut assez difficile à comprendre les premières fois car, béguaillant, la pipe à la bouche, il était effectivement compliqué de percevoir ses paroles d'autant plus qu'il avait un fort accent et son odeur était particulièrement forte. Le berge désirait en fait quelque pièces pour, disait-il, se nourrir, j’acceptai de lui en donner quelques-unes. Le vielle homme reparti sans même m'en remercier. Revenant quelques minutes plus tard pour mendier à nouveau, alors qu'il avait le visage tout rouge, je compris dès lors que je l’eus vu, qu'il avait acheté avec mon argent, pas de quoi se nourrir, mais une bouteille d'alcool et qu'il voulait aussi profiter de ma gentillesse car j'étais visiblement le seul à avoir accepter sa demande, les passants et même les marchants, refusant les uns après les autres. Éprouvant de la pitié envers lui, je fis tomber trois pièces près du paysan qu'il ramassa. Je repartis avec mon sac à la main tranquillement jusqu’à ce que je m'aperçoive, une heure plus tard que j'avais oublié mon porte-monnaie.

Thibaut F., 2nde section internationale, décembre 2013.

 

Devoir de Thibaut L. :

Incipit : un Destin.

C’était en 1989, peu avant le fameux jour de Noël, tout le monde était chez soi ou à l'église bien au chaud. Je pouvais distinguer, derrière la buée collée aux fenêtres, des familles heureuses, lisant ou dansant devant un feu de cheminée, dont la chaleur produite faisait rougir leurs joues. La musique douce et agréable, qui parvenait à traverser les murs des maisons, faisait vibrer mon cœur. Dehors, un lampadaire clignotait, et les rues était désertes. Je pouvais apercevoir de temps à autre un chat noir et maigre, traversant la rue sombre et peu rassurante. J'étais seul... seul dans le froid et la fumée que recrachaient les cheminées, tel la Petite Fille aux Allumettes dans le conte d'Andersen. J’étais vêtu d'un long manteau noir et d'une écharpe de laine qui dégageait une odeur de cigarette. L'air froid qui pénétrait mes gants, par les trous au bout de mes doigts, refroidissait instantanément mes mains. Je mis mes mains dans mes poches. A l’intérieur de celles-ci se trouvaient des allumettes, un capuchon de bière, et d'autres objets en tout genre.

Je continuais ma route, errant sans but précis. La cloche de l’église se mit à sonner, il était vingt-trois heures. Le son qu’émettait ce beffroi me rappelait mon enfance en Bretagne, où depuis ma chambre je tendais l'oreille au son des cloches qui me berçaient. Les lumières des maisons qui éclairaient légèrement les routes s’éteignaient peu à peu. La ville était de plus en plus noire, sinistre et lugubre, mais je continuais ma route. Au loin, j'aperçus quelques jeunes gens, badinant, criant, dansant... J'aurais aimé aller dialoguer avec eux quelques instants, pour oublier la solitude et mes inquiétudes. Mais mes habits, mon odeur, mes soixante ans, et mon physique les auraient sûrement repoussés. Il est vrai que je n’étais pas accueillant ; ma barbe n’avait pas était rasée depuis que je ne vivais plus dans la cellule familiale. Mes cheveux ébouriffés, que je lavais avec l'eau du lavoir situé non loin d’où j'avais l'habitude de sommeiller après mes promenades nocturnes, sentaient l'alcool. Quelques heures plus tard, je rentrai me coucher, fatigué après mon errance nocturne. Le lendemain matin, je me revivifiai grâce à la lumière du soleil qui embrasait mes yeux, et les hurlements du coq qui se trouvait non loin de la cabane dans laquelle je dormais. Celle-ci était faite de planches de bois râpeuses et coupantes, et de pierres. Au milieu était posé un matelas, sans sommier mais très confortable. Juste à coté, se trouvait une armoire que j'avais fabriquée moi-même quelques années auparavant.

Depuis ma cabane j’apercevais un rocher qui dominait une majestueuse forêt. A vrai dire je n'y avais jamais mis les pieds. Ce lieu sauvage m'intriguait énormément, il cachait sûrement de nombreux secrets, que je ne découvrirais jamais à cause de cette crainte qui m'empêchait d'y entrer. Au loin, deux oiseaux virevoltaient comme un nouveau couple, survolant ce paysage étrange. Une fois que mes yeux s'étaient habitués à la lumière extérieure, je décidai de retourner au village où mon banc m'attendait. Je m’y asseyais tous les jours entre dix heures et dix-huit heures car je pouvais observer une femme d'une quarantaine d'années, époussetant son petit appartement. C'était une femme au foyer avec quelques rondeurs, pas de maquillage et des bigoudis sur la tête tous les dimanches ; mais cette femme avait un côté attirant qui me plaisait. Elle avait tout pour déplaire à un homme, mais il y avait ce quelque chose en elle, qui me donnait l'envie de découvrir cette femme. Je la voyais de temps à autre regarder par la fenêtre ce banc où je me situais : elle n'avait guère l'air de m’apprécier. Mais je restais là, en attendant que quelque chose se passe. Quand son mari rentrait du travail, il fermait aussitôt les rideaux, et me lançait des regards effrayants, en espérant que je ne reviendrais jamais.

Thibaut L., 2nde section internationale, décembre 2013.

 

Devoir de Jean-Baptiste L. :

 

Le 28 Avril 1835, dans le premier arrondissement de Paris, on pouvait apercevoir un jeune homme marchant d’un pas déterminé vers la rue Saint-Honoré.

 Il avait une belle figure malgré son visage émacié, ses cheveux châtains étaient teintés de gris, ce qui aurait pu le faire paraître plus âgé.Son regard bleu clair lui donnait un air mystérieux, néanmoins ses yeux semblaient rire continuellement.Son corps était fluet et des veines ressortaient de ses mains longues et fines. Ses jambes auraient pu être comparées à des baguettes de pain tellement elles étaient minces. Il portait un costume sombre en flanelle, une redingote de belle facture et un chapeau haut de forme.Il avait des chaussures à bout carré qui trahissait son attrait pour ce qui était à la mode.De sa poche il sortait souvent une montre à chaînette d’or, comme pour montrer au monde sa réussite sociale.

Comme tous les mardis, ce jeune homme prénommé Henry allait au théâtre pour se divertir mais aussi pour nouer des liens avec des figures importantes.En effet, ce dernier était un opportuniste, il n’avait pas accédé à son poste d’officier ministériel seulement grâce à son travail et à son talent d’orateur ! Les personnes dont il s’était entouré au cours de ses études avaient très certainement contribué à son ascension professionnelle.En effet son ami maître Georges Vauchez, un des éminents membres du Conseil de l’Ordre, n’était pas étranger à sa nomination au Conseil d’Etat. Lors de sa dernière année d’études, Henry avait très bien compris que c’était en fréquentant les soirées mondaines qu’il rencontrerait les appuis nécessaires à sa carrière. Toutefois son amitié avec Georges était réellement sincère et malgré leur différence d’âge leurs conversations sur le théâtre était toujours passionnées. Et comme tous les mardis, Henry empruntait le même parcours et faisait les mêmes rencontres. Ce jour-là, Henry rencontra le docteur Morillon et son épouse. « Comment se porte votre mère? lui demanda le docteur. Mon épouse l’a rencontrée la semaine dernière lors d’une promenade au jardin des Tuileries. » Henry pensa que le docteur lui posait toujours la même question et bien qu’il trouvait la jeune madame Morillon toujours aussi ravissante, il mit rapidement fin à cette conversation ennuyeuse. La mère d’Henry avait eu de gros problèmes de santé l’année précédente, ce dernier était obligé de reconnaître que le Dr.Morillon avait été particulièrement attentionné mais Henry n’avait nullement envie de discuter des problèmes de santé de sa mère en se rendant au théâtre.

Quand il fut arrivé devant le théâtre Français, il reconnut quelques visages familiers. Il s’approcha alors de son ami François, son allié le plus cher au Conseil, pour converser avec lui. Ses proches le connaissaient comme quelqu’un qui n’était pas du genre à aimer bavarder sans aucune raison et qui trouvait d’ordinaire tout à fait incorrect d’aborder des étrangers sans avoir été introduit auparavant. Mais alors qu’il s’apprêtait à saluer la fiancée de François, Henry s’immobilisa en entendant une voix qui lui était familière…

Jean-Baptiste  L., 2nde section internationale, décembre 2013.

 

Devoir de Jules R. :

Philippe était un homme mauvais qui brillait par sa médiocrité. Son obsession pour l'argent avait fait de lui un homme avare, sans remords et sans scrupule. Il portait ses cheveux courts et ses yeux sombres soulignés par des rides marquées accentuaient le contraste avec sa peau blanchâtre. Son cou long et fin s'apparentait à celui d'un serpent, animal vil et silencieux qui le représentait si bien. Il était d'une taille qui ne faisait que ressortir sa maigreur, et la pâleur de son visage livide égalait presque la couleur de sa chemise blanche trop grande pour son corps frêle. Sa posture et sa façon de marcher lui donnaient l'air d'un pantin animé par une force obscure, et il avait un air impassible et froid qu'il pouvait changer à volonté selon la situation.

Derrière ce masque se cachait un homme manipulateur et calculateur qui, hanté par le mal, n'avait aucune valeur morale. Phil, comme il aimait se faire appeler, se proclamait homme d'affaires, mais ses prétendues négoces se limitaient à de vulgaires manœuvres malhonnêtes faites pour arriver à ses fins. Il habitait un de ces appartements caractéristiques du centre de Toulouse, avec un plafond très haut et des pièces spacieuses reliées entre elles par un corridor étroit et sinueux. Les seules lumières qu'il tolérait dans son appartement étaient l'ordinateur et la bougie à moitié consumée qu'il tenait dans sa main.

Philippe se dirigea vers la cuisine d'un pas lent, attrapa un couteau posé sur la grande table en marbre qui trônait au milieu de la pièce, et retourna dans sa chambre pour le cacher dans la poche intérieur de sa veste en cuir. Il sortit de son appartement d'un pas rapide et descendu les escaliers promptement.

Il était minuit passé, et la clarté de la lune était obstruée par un voile de nuages qui couvrait le ciel. C'est à ce moment là que Philippe vint briser le silence de la rue Saint-Bernard en ouvrant la porte de son vieil immeuble. Dans la sombre obscurité, il se dirigea vers la basilique Saint-Sernin qui se trouvait à quelque pas de sa résidence, et admira d'un air songeur le bâtiment. Philippe aimait cet édifice non pas pour sa fonction religieuse mais pour les pierres solides qui le composaient, pour la hauteur de ses tours et pour la beauté de ses vitraux. Il pensait en tort que la grandeur de ce bâtiment le représentait tout particulièrement, et contempler cette basilique lui donner l'impression vaine d'être un homme important.

Après avoir longuement apprécié la valeur de l'église, il repartit en direction de la place du Capitole en empruntant la rue du Taur, vide de toute présence humaine, à son grand plaisir.

Arrivé sur la place, Philippe tourna à droite et marcha d'un pas pressé vers la rue Léon Gambetta. Il s'arrêta à l'entrée d'un immeuble et poussa la porte entrebâillée. Une odeur putride lui assaillit les narines et il fit un pas en arrière. L'absence de fenêtres plongeait Philippe dans le noir total, et il longea les murs décrépis jusqu'au bout du couloir. Il hésita quelques secondes, puis toqua à la porte.

Jules R., 2nde section internationale, décembre 2013.

 

Devoir d’Estelle R. :

La lettre blanche

L’automne était enfin arrivé. Les rues de Paris étaient couvertes de feuilles mortes jaunies. Olivier observait le train-train quotidien des habitants, pressés de rentrer chez eux après une longue journée de travail. Ils marchaient, pour la plupart, très rapidement, comme s’ils étaient poursuivit par le diable. Et Olivier, assit sur son banc habituel les regardait, les uns après les autres. C’était devenu un rituel depuis qu’il était rentré au collège, trois ans plus tôt, l’établissement étant situé en plein milieu de la ville, situé juste à coté du musée du Louvre. Ce soir-là, Olivier n’était pas pressé de rentrer chez lui. Pourtant, sa mère l’attendait avec impatience. Mais, pour une raison inexplicable, il fixait la rue, attentif à chaque mouvement des passants, chaque feuille qui tombe, et chaque crissement de pneu. Olivier était un jeûne homme de 15 ans, qu'il venait de fêter quelques mois auparavant. Il était plutôt grand pour son age, et son dos était excessivement voûté. Il n'était pas vraiment musclé, ce qui prouvait son dégoût pour le sport. Son visage était des plus ordinaires, marqué par la fatigue, et ses cheveux n'avaient jamais atteints plus bas que ses oreilles.

Au bout d’une heure ou deux, Olivier se leva, et tranquillement, il marcha en direction de sa maison. Il arriva au bout de quelques minutes, retira ses chaussures, et rentra dans la minuscule maison. C’était une modeste demeure, avec seulement cinq pièces, la mère n’occupant qu’un modeste travail de caissière. Toute la famille passait la plupart de leur temps ensemble, dans la salon, tandis que la mère passait l'autre partie du temps dans la cuisine, où l'on pouvait difficilement tenir à deux personnes. Olivier partageait une chambre avec sa sœur, où ils avaient à peine la place de mettre deux lits, un bureau, et une armoire qu'ils partageaient. Ils ne s’en plaignaient pas pour autant : ils recevaient une éducation et vivaient une vie ordinaire, et n’étaient jamais dérangés par le manque d’argent.

Olivier alla directement dans sa chambre, sans dire un mot, ni à sa mère ni à sa sœur. Il posa ses affaires de classe sur son bureau, regarda sa montre, et soupira. Une certaine appréhension le gagnait, mais il devait découvrir ce qu’il se passait. Il plongea sous son lit, et en ressortit avec une lettre à la main, une lettre des plus ordinaires. Olivier l’ouvrit, et la relut pour la dernière fois. Il n’était pas vraiment sûr que la lettre lui fût adressée, mais cela lui importait peu. Il avait un certain goût pour l’aventure. Alors ce soir-là, qui n’était, en fin de compte, pas un soir comme les autres, Olivier se prépara à sortir. Il enfila son écharpe, et prépara un sac rempli de goûters et d’une lampe torche. Il sortit discrètement, sans un mot, en espérant qu’il serait revenu avant que sa mère annonce l’heure de manger, même s’il doutait fort que ce serait le cas. Il traversât la rue d’un pas de moins en moins serein, en serrant son sac contre son ventre. Les rues étaient maintenant désertes. Pourtant, Olivier savait que quelqu’un l’attendait, au lieu indiqué dans la lettre. Son ventre se serra : il était arrivé. Un peu trop vite, à son goût. Il éteignit sa lampe, et la rangea dans son sac. Il vérifia pour la dernière fois que l’adresse était la bonne, mit la lettre dans sa poche, et poussa le battant de la porte…

Estelle R., 2nde section internationale, décembre 2013.

 

 

 

 

 

 

 


Date de création : 08/12/2013 @ 18:35
Dernière modification : 08/12/2013 @ 18:37
Catégorie : Copies d'élèves 2013/2014
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