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Copies d'élèves 2013/2014 - Commentaire 2nde 7

 Commentaire (14 avril 2014)

 

L'ennemi 

 

Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?

- O douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie,
Et l'obscur Ennemi qui nous ronge le cœur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie !


Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

 

Code des couleurs :

-1ère étape de l'introduction : présentation de l'époque et du mouvement littéraire.

-2ème étape  de l'intro : présentation de l'auteur et de l'oeuvre dont émane le texte à commenter.

-3ème étape : présentation de l'extrait.

-4ème étape : annonce des axes de lecture.

-Connecteur logique.

-Amorce d'un axe de lecture.

-Rappel de l'axe de lecture en cours.

-Transition.

-1ère étape de la conclusion : rappel des axes de lecture du devoir.

-2nde étape de la conclusion : Ouverture.

Devoir de Marc P. :

 

             Le Symbolisme est un mouvement artistique littéraire s'étendant sur toute la seconde moitié du XIX ème siècle. Il reprend la majorité des caractéristiques du Romantisme, tout en privilégiant davantage les analogies pour communiquer des émotions ou, le XIX ème siècle étant celui de la succession de plusieurs régimes en France (l'Empire, la monarchie constitutionnelle, pour dénoncer ou flatter ces mêmes régimes. Charles Baudelaire, poète majeur du XIX ème siècle, est souvent considéré comme le chef de file de ce mouvement. Son recueil Les Fleurs du Mal, d'où est extrait le texte proposé, est d'ailleurs considéré comme l'une des plus grandes œuvres symbolistes, bien qu'elle fût censurée à sa publication. Le poème proposé, L'ennemi, fait partie de ce recueil, et il reprend les grands thèmes récurrents présents dans cette œuvre : le Spleen Baudelairien, propre à Charles Baudelaire et la fuite du temps, thème caractéristique du mouvement précédant le symbolisme, le Romantisme, sont deux d'entre eux.

 

            Le Spleen Baudelairien se caractérise tout d'abord dans ce poème par une omniprésence des ténèbres. En effet, au fil du poème, les ténèbres envahissent la vie du poète et nous offrent un panorama de différentes caractéristiques du Spleen, à savoir le désespoir et la mélancolie. On peut remarquer cette omniprésence à travers le champ lexical de la mort et des ténèbres : « ténèbreux » (v.1), « automne » (v.5) (l'automne représente la mort de la nature, la disparition du soleil), « tombeaux » (v.8), « ronge le coeur » (v.13)... De plus, on peut voir que l'espoir combat le désespoir aux vers 1 et 2 avec « Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,/ Traversé ça et là par de brillants soleils ».. Le « ténèbreux orage » est quand même percé par des rayons de soleil, signe d'espoir. Cependant, « ça et là » disqualifie l'espoir en montrant que le soleil est minoritaire. De plus cette bataille est perdue d'avance, car avec le passage au présent de « Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils », on comprend que le désespoir l'a remporté et domine aujourd'hui encore la vie du poète. Ici, la mélancolie apparaît, celle de ces « brillants soleils ». Cette idée de défaite de l'espoir est retrouvée dans la deuxième strophe, avec « voilà que j'ai touché l'automne des idées » et « des trous grands comme des tombeaux » (vers 5 et 8 respectivement). L'« automne », saison de transition entre l'été et l'hiver, est ici métaphoriquement la transition entre la lumière et les ténèbres, entre la vie et la mort ; c'est donc la fin des « idées », la disparition totale de l'inspiration du poète. Pour couronner le tout, la présence de « tombeaux » au vers 8, connotés péjorativement, signe la fin totale de l'espoir, du bonheur et de l'inspiration.

        L'instabilité de ces espoir est elle aussi omniprésente dans le poème. La « jeunesse », l'aube des idées, se trouve être un fiasco, et par conséquent le reste de la vie du poète est dénuée de « fruits vermeils » (v.4), donc de fruits mûrs, signe de joie et de prospérité. Dans la troisième strophe, cette instabilité est retrouvée avec « comme une grève » et « le mystique aliment » (v.10-11) : les nouveaux espoirs exprimés dans la deuxième strophe et au début de la troisième avec « fleurs nouvelles que je rêve » (v.9) sont immédiatement disqualifiés par « Et qui sait si », signe d'instabilité, et par le terrain sablonneux de la grève, lui aussi instable. Le mystique aliment fait une nouvelle référence aux fruits vermeils du vers 4, traduisant le fait que le poète cherche à retrouver l'inspiration. La deuxième strophe offrait un espoir de renaissance, car la pluie (le désespoir) qui a ravagé sa jeunesse (« trous grands comme des tombeaux ») aurait peut-être un remède : « rassembler à neuf les terres inondées » (v.7) en « employ[ant] la pelle et les râteaux ». Malheureusement et encore une fois, ces efforts sont vains comme le montre « et qui sait » (v.9) qui introduit de nouveau l'instabilité des efforts. L'omniprésence des ténèbres et du désespoir et la destruction de toute possibilité d'échappatoire prouvent que ce poème a bien les caractéristiques du Spleen Baudelairien.

 

 

           Le symbolisme étant le mouvement qui prend sa source dans le Romantisme, la fuite du temps entre tout à fait dans ses critères. Le Spleen Baudelairien, attaché à la mélancolie et au souvenir d'époques décevantes, est tout naturellement la conséquence d'une fuite du temps trop rapide et dévastatrice. La fuite du temps est tout d'abord présente grammaticalement. En effet, la première strophe est au passé (« fût » (v.1)) puis au présent (« reste » (v.4)), la deuxième strophe est au présent également ( « il faut » (v.6), « creuse » (v.8)), la troisième passe au futur avec « trouveront » (v.10), et la dernière est une généralisation du cas de Baudelaire avec le présent de vérité générale et le pronom « nous ». Ce changement de temporalité rapide nous montre à quel point la fuite du temps l'est : la vie du poète défile en quatorze vers devant nos yeux. On peut donc voir des souvenirs avec les « brillants soleils » et les « ténébreux orages » de la strophe une, mais aussi un regard vers le futur, qui lui reste totalement inconnu. La présence de l'« Automne » (v.5) rappelle la fuite du temps : en plus d'être la métaphore de la fin, elle est une saison transitive, comme entre le passé et le futur. Dans la dernière strophe, la fuite du temps est pleinement dénoncée avec « Le Temps mange la vie » (v.12) : le Temps est personnifié comme une entité presque tangible, un fléau des espoirs de la vie et de l'inspiration. Le lecteur ne peut s'empêcher de remarquer la présence d'un « ennemi » (v.13) indéfini, qui est très probablement le Temps.

          En outre, la fuite du temps est calquée sur le mouvement de l'eau, comme elle l'est souvent dans la poésie romantique et symboliste. On remarque la présence de « terres inondées » (v.7), métaphore d'une vie ravagée par le temps, symbolisé par l'eau de pluie. Cette même pluie, métaphore du temps, est dévastatrice : « l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux ». De plus, la présence des tombeaux montre que la pluie, donc le temps, apporte la mort, ici celle de l'inspiration. L'eau est également omniprésente : le champ lexical de l'eau dans les strophes une et deux est très riche avec « orage » (v.1), « pluie » (v.3), « automne » (v.5), « inondées » (v.7)... Les allitérations en [l] (« là », « soleils », « pluie », « Qu'il ») et en [r] (« ravage », « rateaux », « reste », « rassembler ») provoquent respectivement une sensation de fluidité du temps et un rappel du vacarme de la pluie qui tombe, donc des ravages du temps. Tout cela montre bien que la fuite du temps provoque des ravages énormes dans la vie du poète

 

 

 

         Le Spleen Baudelairien et la fuite du temps sont tous deux des thèmes récurrents dans la poésie de Baudelaire. Ils occuperont d'ailleurs une immense place dans son travail, Baudelaire maudissant constamment le Temps. On retrouve cette hantise du temps qui passe dans le travail d'Alphonse de Lamartine, grand poète romantique, et dans son poème «Le Lac », preuve que le symbolisme découle bien du romantisme.

 

 

Marc. P., mai 2014.

 

 

***

 

 

 

 

Devoir de Madeleine d’A. :

 

        Le symbolisme a été le mouvement dominant en poésie durant la seconde moitié du XIXème siècle et le début de XXème. Il se traduit par l’utilisation de suggestion, de symboles et par l’évocation des formes spirituelles et supérieures. Il diffère du romantisme par son herméticité mais reprend les mêmes thématiques comme sont le lyrisme et l’élégie. Charles Baudelaire fut l’un des précurseurs du symbolisme dans ses poèmes. Né en 1821, il mène une vie de bohème et de débauche ponctuée par un voyage aux îles Bourbons puis à la réunion et par des rencontres comme celle de Jeanne Duval. C’est de son recueil le plus connu, les fleurs du mal, qu’est issu le poème « l’ennemi » on y retrouve la thématique du temps qui passe et anéantis inévitablement l’homme et celle du lyrisme naturel qui reflète les états d’esprit de l’auteur.

 

 

         La thématique du temps qui passe et qui anéantit l’homme se retrouve tout au long du poème. En effet le temps passe pour Baudelaire, comme pour tout homme, et l’emmène dans son cycle pour finalement le tuer.

        Tout d’abord, on remarque le cycle inévitable que trace le temps. Ce cycle est principalement observable dans les trois premières strophes. Dans la tout première, Baudelaire associe sa jeunesse à l’antériorité en utilisant un temps du passé. On remarque que dès le premier vers, «la « jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage », le passé « fut » est utilisé. On le retrouve ensuite dans le vers 3 avec « ont fait ». La deuxième strophe, quant à elle, renvoie vers le présent, continuant le cycle. Elle commence par l’adverbe « voilà » qui annonce une action actuelle. Cette actualité est renforcée par l’utilisation du passé composé « j’ai touché » et du présent « il faut », celui-ci renvoyant à une action inévitable comme celle du temps. La troisième strophe commence par la tournure interrogative « et qui sait si » qui amène l’incertitude face au futur. Ce questionnement est intensifié par l’utilisation des futurs « trouveront » et « ferait ». C’est en utilisant les trois temporalités soulignant le passage du temps que Baudelaire se demande si sa vieillesse encore incertaine sera positive ou négative. Mais il sait que seulement le temps en passant inévitablement le lui dira.

          Ensuite, on retrouve le temps comme synonyme de mort et de douleur. On remarque cela dans la quatrième strophe qui commence justement par l’anaphore « ô douleur ô douleur ». L’élégie du « ô » qui traduit une invocation désespérée, s’ajoute à la souffrance. On peut donc dire que la douleur du poète est une conséquence voir équivaut au temps qui passe. Le temps est alors égal à la destruction. On retrouve cela dans les douzièmes et treizième vers où « le temps mange la vie » et est un « ennemi qui nous ronge le cœur ». Les deux verbes manger et ronger sont conjugués au présent de vérité générale qui signifie que le temps détruira toujours et pas seulement pour Baudelaire mais pour tous les hommes. Ils démontrent aussi l’impossibilité du futur et l’inévitabilité de la mort. Dans le quatorzième et dernier vers, Baudelaire connote le fait que l’opposition est vaine car elle engendre un « sang » qui sera perdu au profit du temps qui « croît[ra] et se fortifi[ra] ». Baudelaire exprime aussi sa douleur face à la réalité en employant à deux reprises l’invocation [ô] qui renvoie à une prière désespérée et en employant à trois reprises le point d’exclamation. L’utilisation d’un ton dépréciatif avec les mots « obscurs », « perdons », « ronge » et « douleur » vient parfaire cette image du temps meurtrier et destructeur.

 

 

             Si le temps qui passe est un des raisons principales, la nature, quant à elle, réfléchit la souffrance de Baudelaire. Elle reflète tout son désespoir et ses maigres espérances mais aussi exprime l’inutilité du combat que pourrais mener Baudelaire pour vaincre ses ennemis, le temps et le manque d’inspiration.

Premièrement, on trouve dans la strophe 1 la thématique du désespoir à travers la nature. En effet le champ lexical de la nature destructrice, avec les groupe nominaux « ténébreux orage », « tonnerre et […] pluie » ou encore « ravage », est bien présent. Cette nature orageuse étouffe les « brillants soleils » qui ne peuvent percer l’épaisse couche de nuage. Le ravage causé par la nature est métaphore du ravage que le temps et le manque d’inspiration ont sur Baudelaire. La métaphore filée de la métaphore filée de la nature se conclut par l’image des « fruits vermeils », soit du bonheur et de l’inspiration, qui sont « peu » nombreux à cause du « tonnerre et [de] la pluie ». La nature reflète donc l’abattement de Baudelaire soit la destruction de son « jardin ».

          Deuxièmement, la nature démontre aussi l’espoir d’inspiration retrouvé rêvé de Baudelaire et on retrouve celui-ci dans la strophe 3. Le poète formule un espoir qui est relaté appréciatif et le renouveau : « les fleurs nouvelles », « le sol lavé » et la « vigueur ». Les désespoirs sont donc lavés et détruit. Baudelaire se permet donc de rêver à des « fleurs nouvelles », une référence à son recueil des fleurs du mal, soit à de nouvelles sources d’inspiration. Cependant il se rend très vite compte que ce n’est qu’un rêve, que cet espoir est fonder sur l’instabilité d’une « grève » et que son inspiration futur est réellement « mystique ». Tout cette impossibilité est considérablement renforcée par le début de la strophe «  et qui sait si » qui renvoie à l’illusion. La nature reflète donc le faux espoir d’une inspiration nouvelle à Baudelaire.

       Finalement, on remarque que Baudelaire tente tout de même de combattre le temps et surtout le manque d’inspiration et ceci se reflète dans la nature. C’est l’ « automne des idées » pour Baudelaire, soit la fin des idées de l’inspiration mais aussi le temps du dernier combat. Le poète s’arme donc tel un jardinier d’une « pelle et de râteau » (v6). Il a pour objectif de « rassembler à neuf les terres inondés » soit de renouveler son jardin, son inspiration poétique. Mais il se rend compte au dernier vers de la strophe 3 que « l’eau creuse des trous grands comme des tombeaux ». La nature reprendra donc ses droits dans tous les cas en tuant l’homme et en tuant l’homme et en détruisant ses accomplissements car elle est destructrice et éternelle.

 

 

         Par son titre, « L’ennemi » renvoie au manque d’inspiration qui a détruit Baudelaire, il est métaphoriquement assimilé à la nature, mais il connote aussi au temps qui passe inexorablement et anéanti. On remarque que, d’ors et déjà, la poésie de Baudelaire est quelque peu hermétique et nécessite une analyse pour être comprise. Ce décodage sera encore plus nécessaire dans le mouvement qui suivra au XXème siècle, le surréalisme.

 

Madeleine d’A., mai 2014.

 

***

 

 

Devoir de Tathra S. :

 

                Suite à l’instabilité politique en France, avec la succession de divers régimes politiques plus ou moins autoritaires, la seconde moitié du XIXème siècle sera marquée par l’émergence de deux mouvements littéraires qui transformeront la poésie, le Parnasse et le Symbolisme. En tant que précurseur du Symbolisme et fortement influencé par la poésie romantique de sa jeunesse, Charles Baudelaire facilitera la libération de la poésie des contraintes formelles classiques et donnera une importance accrue aux sensations et aux symboles, en créant des correspondances et des synesthésies. « L’ennemi » est un sonnet français élégiaque et régulier, composé de deux quatrains et de deux tercets en vers alexandrins. Il est extrait du recueil les Fleurs du Mal, publié en 1857, qui regroupe les œuvres, hautement biographiques, du poète jusqu’à ses trente-six ans. Ce poème décrit la jeunesse du poète et sa quête de renouveau à un tournant dans sa vie. « L’ennemi » est axé sur une nature double à la fois victime et miroir du lyrisme du poète qui est la conséquence directe de la fuite du temps, un des éléments majeurs de son mal-être profond, son fameux Spleen.

 

 

 

                En premier lieu, la nature est victime de la violence du souvenir lyrique de Baudelaire. Son désespoir se répercute, tout d’abord, sur la nature lors du « ténébreux orage » (v.1) et le « tonnerre et la pluie » (v.3), ainsi créant le « ravage » apparent au vers 3. Ensuite, par l’utilisation du champ lexical de la « douleur », notamment avec le mot « sang » (v.14) et celui de l’enterrement avec « tombeaux », « creuse », « trous » (v.3), Charles Baudelaire expose son obscurité intérieure en la juxtaposant à l’obscurité extérieure de son environnement. En dernier lieu, l’invocation « ô » (v.12), preuve de lyrisme en elle-même, accompagnée de l’anaphore « ô douleur » (v.12), met en évidence la souffrance de Baudelaire. Cette invocation, comme son nom l’indique, permet au poète de faire appel à la Nature pour qu’elle soulage et prenne sur elle la douleur qui l’accable. Les marques de l’expression du Moi présentes dans les trois premières strophes, notamment par l’emploi des possessifs (« ma » v.1, « mon » v.4) et de la première personne du singulier  (« j’ai » v.5, « je » v.9), sont absentes dans la dernière strophe ; la Nature s’étant, en effet, appropriée la douleur de Baudelaire, elle la transforme dorénavant en un mal universel qui implique et affecte indifféremment tout le monde, la nature, le lecteur, le poète (« nous » v.13, 14).

                Cependant, la Nature, dans ce poème, n’est pas seulement victime de la violence de la mémoire de son narrateur, mais est aussi le miroir de son état d’âme désespéré. Les différentes humeurs du poète sont reflétées sur la Nature tout au long du sonnet, avec une métaphore filée qui symbolise, en suivant l’ordre chronologique des saisons, les étapes de sa vie, son passé, son présent, son futur. Le « jardin », évoqué dans le premier quatrain (v.4), est une métaphore qui représente la vie du poète et reflète les conséquences physiques de ses différents états psychologiques. Dans le premier quatrain, l’été est assimilé à sa jeunesse, bouleversée par les aléas et les ravages du temps, les excès d’alcool et de paradis artificiels. Toutefois, cet été est parfois « traversé çà et là » par des périodes de grand bonheur ensoleillé par de « brillants soleils » (v.2) qui contrastent avec sa tristesse et sa colère, révélés par les violentes intempéries. Cette alternance pluie-soleil, tristesse-bonheur, obscurité-lumière, symbolisant les périodes de désespoir et d’espoir du poète, représente aussi ses élans réussis vers son idéal et ses chutes dans l’emprise de son Spleen.

                C’est pour cela que Baudelaire place la métaphore « l’automne des idées » au second hémistiche du vers 5, pour la mettre  en valeur et souligner son sens double. « L’automne des idées », symbolise, en premier lieu, l’aspect physique de l’âge, comparant la vieillesse aux feuilles mortes tombant des arbres. Ensuite, il symbolise « l’automne » intérieur et psychologique de Baudelaire, celui de sa maturité et de sa sagesse, qui, comme la nature, cherche à se débarrasser de ses « idées » vétustes ou terre-à-terre grâce à des outils prosaïques, « la pelle et les râteaux » (v.6), et espère ainsi réussir à « rassembler à neuf » (v.7), rénover et revigorer (« vigueur » v.11), les idées du poète précédemment ravagées pour en faire germer des fraiches comme les « fleurs nouvelles » du premier tercet (v.9). Grâce au renouveau et à l’épuration du printemps (« sol lavé » v.10) qui apportent naturellement une nouvelle inspiration et un nouveau souffle de vie après la froideur paralysante de l’hiver, le poète espère (« qui sait… ? » v.9) retrouver « les fleurs » dont il « rêve » (v.9), sources d’inspiration de sa créativité, qui font écho aux fleurs du titre antithétique de son recueil, Les Fleurs du Mal.

               

 

 

                Néanmoins, l’espoir d’un renouveau avec le printemps évoqué dans le premier tercet est douloureusement anéanti dans le tercet suivant par une force ennemie qui œuvre constamment sans que le poète ne puisse sans défendre, l’ennemi commun à tout être humain : le temps et son pouvoir destructeur. En effet, dans ce sonnet, Charles Baudelaire cherche non seulement à projeter son lyrisme sur la Nature environnante, mais il y introduit aussi la notion de la fuite inexorable du temps. Déjà abordé dans le deuxième quatrain avec la métaphore de l’eau, symbole du temps qui passe responsable du mauvais état général du jardin et de l’érosion tant de la pierre que de l’âme, la nature ravagée ne lui fournit plus d’inspiration créatrice ; « l’automne des idées », la maturité, a inhibé sa poésie de jeunesse. La vie et l’inspiration du poète sont indissociables et irrémédiablement ravagées par le temps écoulé. Ce manque de créativité est assimilé à la mort, mise en évidence par le champ lexical de l’enterrement (« creuse », « trous », « tombeaux » v.8) et une atmosphère lugubre. Malheureusement, cette créativité ne peut être libérée aussi simplement que le poète le souhaite car le Temps tout-puissant anéanti tout espoir de victoire. Cette quête d’inspiration et l’impuissance du poète à vaincre son ennemi sont la source de son Spleen, son mal-être.

                Ainsi, dans la dernière strophe de ce sonnet, qui sert de chute, le poète fait, tout d’abord part au lecteur de son sempiternel désespoir lié à sa jeunesse perdue. Les temps du passé, notamment des verbes « fut », « ont fait » et « j’ai touché » (vers 1,3 et 5), donnent une impression de finitude, et montrent que le poète comprend que le temps est linéaire et non circulaire, et qu’il ne peut donc jamais retrouver le temps de sa jeunesse porteuse d’inspiration. Puis, ces verbes au passé sont remplacés par des verbes au présent de l’indicatif pour montrer l’impuissance de l’Homme à échapper à la domination du temps et marquer la vérité irréfutable des conséquences néfastes du temps. Par conséquent, le verbe « rester » au vers 4, semble imparfait pour la situation ; il ne reste que « bien peu » de choses succulentes (v.4), comme les « fruits vermeils » (v.4), dans le « verger » de l’inspiration, à part, les souvenirs d’une vie meilleure de Baudelaire. Enfin, à la dernière strophe, par les mots « Temps » et « Ennemi », chacun personnifié par une majuscule, Baudelaire souligne leur importance et les relie, insistant ainsi sur l’idée du Temps Ennemi de l’Homme. Contrairement à d’autres poètes, notamment Arthur Rimbaud dans son « Dormeur du Val » qui ne mentionne jamais la mort explicite du sujet, Baudelaire nomme directement son « ennemi », le « Temps », qui dévore l’essence de l’homme, son âme et sa raison d’être (« mange la vie » vers 12, « ronge le cœur du sang» vers 13-14) pour se « fortifie[r] ». En revanche, il semble annoncer aussi au lecteur sa volonté, non pas de vaincre (car cela est impossible) mais de tenter de surpasser son insidieux et « obscur ennemi », par le « neuf », par le « mystique aliment » et les « fleurs nouvelles » (vers 7, 9, 11), en somme, par une nouvelle forme de poésie.

 

 

 

                En conclusion, dans le poème « L’ennemi » grâce à son thème de nature violente, victime et miroir de son mal existentiel profond, Charles Baudelaire, poète maudit et incompris des gens de son époque, met en avant son conflit contre son ennemi, le Temps, qui le dépersonnalise et inhibe son inspiration. Cette quête d’inspiration et d’idéal poétique dans la nature est un des thèmes qui influencera de nombreux poètes, tels Paul Verlaine, Arthur Rimbaud et Stéphane Mallarmé, qui formeront, dans les années 1870, le mouvement Symboliste qui réagira contre le Parnasse refusant les excès de lyrisme du Romantisme. Les Symbolistes casseront les conventions classiques, comme leur inspirateur Charles Baudelaire, pour accéder à une poésie qui libère l’esprit en laissant la place à l’imagination, à l’irréel et à la suggestion. Le poète deviendra alors l’intermédiaire entre le monde et les hommes pour guider le lecteur vers la sagesse et l’aider à découvrir le sens caché du monde.

 

Tathra S, mai 2014.

 

***

 

Devoir de Molka G. :

 

 A la moitié du XIXème siècle, un nouveau mouvement littéraire apparait, le symbolisme. Ce mouvement a une conception spirituelle du monde. Elle consiste à trouver d’autres moyens d’expressions pour dépasser la simple représentation du réel. Les symbolistes utilisent généralement des images et des analogies. Charles Baudelaire, est un auteur du XIXème siècle, ayant appartenu au symbolisme. En 1857, il publie son recueil, Les Fleurs du Mal, où l’on retrouve le poème L’ennemi. Ce poème écrit sous la forme d’un sonnet. Ce poème est axé sur le spleen baudelairien projeté sur la nature dû à la fuite du temps.

 

 

 

Tout d’abord, le Baudelaire évoque le mal-être, l’ennuie au sens philosophique, la mélancolie,  dont il souffre, à travers le Spleen Baudelairien qui projette des sentiments douloureux. La souffrance du poète est omniprésente dans le poème qui s’exprime à travers plusieurs éléments. Parmi ces éléments, le registre lyrique. En effet, le poète exprime ses sentiments à l’aide de l’expression du moi, comme il nous le montre dès le premier vers du poème avec « ma jeunesse », « mon jardin », « j’ai touché », « je rêve ». Ces pronoms, ou déterminants possessifs, tous de la première personne, montrent bien que le poète parle de ses sentiments propres. Le poète manifeste sa douleur avec l’anaphore de l’invocation « - Ô douleur! Ô douleur! ». Cette invocation est le signe d’une souffrance subit par le poète. Le poète utilise aussi des images pour témoigner sa souffrance. Il commence avec le titre, L’ennemi. Ce mot, nous le retrouvons aussi dans la dernière strophe. Il a une certaine importance puisqu’il est répété dans ce poème mais ce n’est pas la seule raison. Le mot « Ennemi » possède une majuscule alors que celui-ci n’est pas au début de phrase. Cela montre bien une place importante dans le poème. Charles Baudelaire évoque donc bien ses sentiments, sa souffrance à travers le Spleen.

Ensuite, cette douleur se manifeste dans la description de la nature. On constate que le poète décrit un paysage « inond[é] » par son mal être. On peut identifier le champ lexical de l’eau : « ténébreux orage », « tonnerre », «  pluie », « ravage », « terres inondées », « eau ». Pourtant celui est associé un champ lexical appréciatif, « idées », « fleurs », « nouvelles », « brillants soleil » et « fruit ». Mais on remarque que ces deux derniers  varient puis qu’on trouve « ça et là par de brillants soleils » et « peu de fruits ». Ainsi on prouve bien la dominance du champ lexical « ténébreux ». En effet, la nature joue un rôle métaphorique. On retrouve aussi le champ lexical du travail de la terre avec « jardin », « fruits », « pelle »,  « râteaux », « terres », « creuse », « sol », « croît ». On peut supposer alors que son « jardin » symbolise son  inspiration et que la nature destructrice représente sa souffrance. La nature est donc à l’image de Baudelaire un moyen décrire sa souffrance.

 

 

 

Le Spleen Baudelairien mêlé à la nature illustre la souffrance du poète. Cette souffrance est du à ce « ennemi », qui est la fuite du temps. Le temps porte une certaine importance tout au long du poème. On s’aperçoit, en premier lieu, que le « Temps » possède une majuscule alors que celui-ci n’est pas au début de phrase. De plus, le poète personnifie le temps en lui donnant un attribut humain. Il considère que « [l]e Temps mange la vie ». Le temps est sujet alors que la vie est COD. Cette syntaxe met en valeur la supériorité du temps sur la vie. On retrouve aussi le verbe « ronge » qui montre la dominance du temps. Ce verbe insiste sur le fait que le temps envahit la « vie ». Le poème en lui mime le temps qui passe, puisque les vers sont des alexandrins. Cela donne une longitude au poème et donne la sensation au lecteur que le temps passe tout au long de sa lecture.

En outre, on peut repérer une allitération en [l] (« brillants », « pluie », « tel », « il », « voilà », « l’automne », « pelle ») mimétique de l’eau de pluie qui coule, elle-même métaphorique du temps qui passe. Le temps prend une telle ampleur que le poète utilise les 3 temps verbaux : « fut », « traversé », « ont fait », « j’ai touché », « faut », « creuse », « ferait », « ronge ». Le Spleen Baudelairien a commencé au passé, continue au présent.

Néanmoins, le poète espère du changement dans le futur. Il décrit son souhait de changer dans les vers 9 et 10 : « Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve » / « Trouveront dans ce sol lavé comme une grève ». Cette espérance est montrée à travers le mot « rêve ». Pourtant le mot « grève » fait perdre les espoirs au poète. La fuite du temps décourage le poète d’espérer des « fleurs nouvelles ».

 

 

 

En conclusion, Charles Baudelaire reprend donc bien les thèmes lyriques. Il se referme dans ce poème pour exprimer sa souffrance au travers du Spleen. Il utilise des métaphores liées à la nature pour l’illustrer. Mais la  thématique dominante tout au long de L’ennemi  est la fuite du temps. On retrouve ces thématiques dans l’ensemble du recueil, Les Fleurs du Mal. Baudelaire nous donne sa perception de la vie, qui peut être positive d’où « Les Fleurs » mais aussi mélangé à des thèmes négatif d’où le « Mal ».

 

 

 

Molka G., mai 2014.

 

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Devoir de Camille R. :

 

        Le symbolisme est un mouvement littéraire et artistique, apparu en France vers 1886, le mot « symbole » désigne l’analogie que la poésie souhaite établir entre l’idée abstraite et l’image chargée de l’exprimer. Charles Baudelaire fut un pilier de ce mouvement. Les Fleurs du mal, dont émane le poème « L’ennemi » a commenté est un sonnet. Le poème est principalement axé sur le lyrisme se projetant sur la nature et la fuite inexorable du temps.

 

 

 

        En premier lieu, Charles Baudelaire projette ses sentiments malheureux sur la nature. L’auteur utilise un ton dépréciatif, il décrit la nature péjorativement comme le montre le vers 3 : « Le tonnerre et la pluie on fait un tel ravage ». Le premier vers souligne une comparaison entre la jeunesse de l’auteur est un ténébreux orage : «Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage», Baudelaire se dévoile ayant vécu dans l’obscurité et le malheur. Les homophones « çà » et « là » dans le second vers, nous expose a une jeunesse ayant très peu de moments heureux et non important. Au vers 8 : « Ou l’eau creuse des trous grand comme des tombeaux », la comparaison des trous ressemblant a des tombeaux, persuade le lecteur que la nature prévoit la mort en formant des trous pour y places des corps.

        De plus, le champ lexical du mauvais temps est présent dans les deux premières strophes : « ténébreux orage » (V.1) ; « tonnerre de pluie » (V.3) ; « inondées » (V.7)…Ce qui décrit un bilan poétique assombri projeté sur la nature. Une métaphore est présente dans le vers 5 « Voila que j’ai touché l’automne des idées » qui signifie que Baudelaire n’a plus rien, plus d’ que Baudelaire n’a plus rien, plus d’espoir ; pendant l’automne, les feuilles mortes tombes, l’auteur pourrait représenter une feuille morte qui tombe au plus bas.

Néanmoins, l’auteur utilise la nature pour se donner de la force comme le montre les vers 9 et 10 : « Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve/trouveront dans ce sol lavé comme une grève ». Les vers 6 et 7 : « Et qu’il faut employer la pelle et les râteaux/pour rassembler à neuf les terres inondées » prouvent que malgré une enfance malheureuse, l’auteur déploie de grand moyen pour commencer une nouvelle vie. Ainsi, Baudelaire projette un lyrisme malheureux sur la nature.

 

 

 

        En projetant un lyrisme malheureux sur la nature, Charles Baudelaire évoque la fuite  inexorable du temps. En effet, Baudelaire, est angoissé face au temps qui passe. Tout d’abord, l’anaphore au vers 12 : « O douleur ! O douleur ! Le Temps mange la vie » souligne la peur de l’auteur qui ne peut pas contrôler le temps. La majuscule à « Temps » montre qu’il détruit la vie de Baudelaire ainsi qu’autrui.  Au vers 12 : « Et l’absurde ennemi qui nous ronge le cœur » ; ici, l’ennemi représente le temps, qui peu à peu  vieillie l’auteur en mangeant son cœur. Le titre du poème « L’ennemi » représente le temps, ce temps qui s’écoule sans que personne ne puisse l’arrêter. De plus, dans le poème, les temps verbaux varient, nous passons du passé au présent suivi du futur, ce qui produit un effet de vitesse, encore une fois le temps passe trop vite.

        Cependant, Baudelaire semble vouloir combattre cette fuite du temps. En effet, une antithèse est présente dans le dernier vers : « Du sang que nous perdons croît et se fortifie » ; « perdons » et « croît » mettent en relief la coexistence d’éléments opposés, l’auteur s’oppose a ce temps qui passe trop vite. Le verbe « employer » au vers  6 prouve que l’auteur est prêt à tout pour arrêter le temps

 

 

 

        Pour conclure, Charles Baudelaire utilise les thématiques du symbolisme en exprimant le lyrisme par exemple dans ses poèmes. Les surréalistes, comme Aragon, utiliseront de ces techniques en utilisant les forces psychiques de la raison.

 

Camille R., mai 2014.   

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Devoir d’Alessia B. :

 

    Nevermore est le second poème de la section "Mélancholia" des Poèmes Saturniens  de Paul Verlaine. Il se situe après "Résignation", poème dans lequel Verlaine avoue s'être plié au refus d'Elisa, une folie. Ce poème évoque un souvenir d’un amour passé du poète, une déception amoureuse, certainement celle avec Elisa, dont Verlaine était amoureux. Paul Verlaine est un auteur symboliste du XIXème siècle, période de la révolution de 1898 et de l’apparition de la Seconde République de 1848 à 1852. Le Symbolisme est un mouvement littéraire apparu en France et en Belgique vers 1866, en réaction au naturalisme et au mouvement parnassien. Le texte soumis à notre étude, Nevermore, fait part de la mélancolie qu'éprouvait l'auteur à ce moment, en 1866, alors qu’il était encore lycéen. Ce poème fait référence à Elisa, femme aimée par le poète. On retrouve dans ce poème la forme classique du sonnet. Il est axé sur un souvenir obsessionnel et un amour platonique.

 

 

 

          Premièrement, on trouve certains aspects traditionnels dans ce poème : la plainte douloureuse du poète comme le montre le vers 1 : « Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? » et le souvenir de la femme comme l’atteste le vers 5 : « Nous étions seul à seule et marchions en rêvant ». La structure en alexandrins puis en décasyllabes et de quatrains à tercets, il y a une précipitation soudaine du texte, ce qui montre un souvenir obsessionnel. Aussi, l'irrégularité dans la disposition des rimes par rapport aux règles classiques traduit l'émoi du poète.

La structure est accélérée avec les saisons qui passent, mais le souvenir stagne, hante le poète. On retrouve le champ lexical de l’immobilité avec « atone » (v.2), mais aussi le champ lexical de la répétition, de la lassitude avec « monotone » (v.3). Il y a une certaine musicalité dans le texte avec l’allitération en /s/, il suffit de lire le premier mot « souvenir » (v.1), « seul à seule » (v.5) ou « un sourire discret » (v.10) pour s’en rendre compte. C’est une mélodie obsédante qui est ici utilisée pour transcrire la souffrance du poète, c’est une tradition poétique.

          Néanmoins il y a certains aspects plus modernes, une élégie traditionnelle renouvelée par plusieurs procédés : la fuite du temps qui passe et l’amour. Associée à la nature, l’élégie fait référence à une tradition qui n’est pas figée. Même si elle est modernisée, l’élégie correspond au regret d’une époque heureuse mais perdue à jamais. On peut le voir dans le poème avec « …marchions  en rêvant » (v.5) : tous les rêves sont perdus à jamais.

Cette obsession pour Verlaine se traduit par la reprise en début du premier tercet de « sa voix » comme en fin du second quatrain.

          Aussi dans son poème, Verlaine médite sur le temps qui passe, on voit les saisons qui passent lentement : c’est une métaphore. Il y a un certain parallélisme entre le temps et l’amour, c’est un aspect de lenteur. Ce qui demeure c’est le souvenir, c'est-à-dire la souffrance du poète. On note aussi que mot souvenir est mis en anaphore dès le début du poème. Dans « que me veux-tu », le poète attend une réponse. Verlaine s'adresse directement à ses souvenirs, c’est une personnification des souvenirs. On peut le voir simplement grâce au titre « Nevermore » qui signifie : jamais plus. Cela démontre la mélancolie, la nostalgie de l'amour perdu et qui ne reviendra pas.

          Le souvenir de ces moments heureux est une vraie souffrance pour le poète. Il est fixé sur le passé et n’arrive pas à se projeter dans le futur car le passé l’emprisonne. Ici, la nature évoque la tristesse avec « automne », « atone », « monotone » : les 3 premières rimes du poème évoquent la tristesse. Même le soleil ne peut pas réchauffer le poète : « rayon monotone » Le paysage projette les sentiments du poète.

 

 

 

          Si toute cette nostalgie transcrit la souffrance du poète qui se referme sur lui même, on retrouve des sentiments personnels, intimes, intenses, hyperboliques  qui montrent un amour platonique. Il y a l’expression du « Moi » avec la question « que me veux-tu » (v.1) lorsque le poète s’adresse au souvenir qui le hante. Cette expression évoque la force, la puissance, l’intensité du souvenir amoureux. Son ancienne compagne, Elisa, est absente mais présente dans l’esprit du poète.
          En effet dans ce poème, l’image de la femme est idéalisée  avec des adjectifs mélioratifs comme « voix douce », « au frais timbre angélique »…
Aussi, l'adjectif « angélique » rend la femme en quelque sorte parfaite, idéalisée, divine.
          En outre, la passion vécue par Verlaine a un aspect platonique fait d'émotions visuelles, auditives ou olfactives. Il y a dans ce poème la présence d’une nature environnante avec « bois jaunissant » (v.4), « pensée au vent » (v.6).
L'être aimé semble un être pur comme l’atteste le vers 11 : « main blanche », le blanc étant synonyme de pureté. Aussi, l'adjectif « dévotement » (vers 11) souligne cet aspect platonique.
          Cependant, dans le poème, le seul contact qu'ont les 2 êtres est un baisemain, ce qui montre bien cette pudeur extrême des sentiments. Il y a aussi une grande harmonie et compréhension entre les deux  amoureux : « Un sourire discret lui donna la réplique ». Aussi, avec « cheveux et pensée au vent », Verlaine illustre une fusion entre l’homme et la nature rattachant les pensées du couple au vent.

 

 


          Le poème Nevermore de Verlaine axé sur un souvenir obsessionnel et un amour platonique  est une élégie car il revête l’aspect d’une plainte mélancolique. Il reste un poème traditionnel, avec des reprises de thèmes lyriques, de l’amour, de la fuite du temps et de la souffrance. Mais la tradition est tout de meme revisitée, plus modernisée. Aussi, dans cette balade amoureuse, il y a plusieurs 'impressions sonores, visuelles et olfactives contrastées.

 

 

Alessia B., mai 2014.

 

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Devoir de Thibaut F. : 

    Le XIXe siècle, en France est une période qui connut d’intenses changements politiques, sociaux, ainsi que littéraire. En effet, ce siècle voit l’apparition, entre autres du symbolisme, directement lié au romantisme, et qui, comme lui, s’oppose au réalisme. Pour les symbolistes, le plus important, c’est l’art, et pour cela, ils utilisent des analogies, des synesthésies et des correspondances. Charles Baudelaire qui en plus d’être l’un des chefs de file du mouvement, est considéré comme l’un des plus grand poète français et excelle particulièrement à ce jeu des analogies et des correspondances avec son recueil, Les fleurs du Mal, paru en 1857, d’où émane le poème à commenter, « L’ennemi ». Il est axé sur la nature et le « spleen baudelairien ».

 

 

       Tout d’abord, on peut remarquer, l’omniprésence de la nature dans le poème, caractérisé par le temps qu’il fait. En effet, le champ lexical du temps le prouve, « ténébreux orage » (v.1), « brillants soleil » (V.2), « tonnerre », « pluie » (V.3) … Ces mots font aussi référence à la vie du poète, dans le premier vers, il compare sa jeunesse à un cauchemar et écrit « ténébreux orage » pour amplifier la situation. « Le tonnerre et la pluie » font référence à ses ennemi … De même, dans le premier quatrain de ce sonnet, composé en alexandrins, on peut trouver l’allitération en [r] avec les mots « ténébreux », « orage » (V.1), « traversé », « par », « brillants » (V.2), « tonnerre », « ravage » (V.3), « reste », « jardin », « fruits » et « vermeils » (V.4), la sonorité [r] est forte et rappelle bien que l’on parle d’orage, et fait aussi penser au titre du poème « L’ennemi ». Ainsi, ces figures de styles permettent une forte présence de la nature dans le poème.
       Par ailleurs, l’environnement est aussi présent pour le comparer à lui-même, il ne s’agit plus, là, du temps mais d’un jardin. Il fait allusion à son cœur lorsqu’il parle de « [s]on jardin » (V.4), et à ses amours quand il dit, « fruit vermeils » … Grâce à l’omniprésence de la nature et en ce que l’auteur la compare, ce poème est l’illustration parfaite du titre de recueil Les fleurs du Mal.

 

 

        Malgré la forte présence environnementale du poème, celui-ci est avant tout axé sur le spleen baudelairien, propre à son auteur. D’abord, le temps qui passe met d’emblée le lecteur mal à l’aise avec les verbes au passé et où il raconte l’atrocité qu’il a vécue dès le premier alexandrin « Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage » et au vers trois, « Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage » qui montre la conséquence de ce qui s’est passé. La deuxième strophe écrite au présent montre ce qu’il compte faire maintenant, toutes les « idées » qu’il a. « Le temps mange la vie » (V.12), cette personnification montre aussi le pessimisme de Baudelaire face au temps qui lui reste à vivre. Cela prouve bien le lyrisme douloureux présent chez Baudelaire.
        En outre, ce lyrisme l’amène à se projeter vers l’avenir et espère un meilleur futur. Le premier tercet écrit dans l’ensemble au futur le prouve « Les fleurs nouvelles que je rêve » (V.9), « Trouverons dans ce sol lavé comme une grève » (V.10). Il parle, là de sol pour exprimer son corps. Le « spleen baudelairien » est donc mis en évidence dans plusieurs passages de ce poème.

     

 

        Pour conclure, ce poème, dont les thèmes principaux sont la Nature imposante chez Baudelaire et le « Spleen baudelairien » a été écrit deux ans après son exposition universelle et dix ans avant la mort de l’auteur, décédé, suite à ses problèmes mentaux.

 

Thibaut F., mai 2014.

 


Date de création : 23/05/2014 @ 10:23
Dernière modification : 01/06/2014 @ 15:36
Catégorie : Copies d'élèves 2013/2014
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