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Copies d'élèves 2013/2014 - Dissertation 2nde 8

Dissertation (durée : 3h) 23.05.14

2nde 8

 

 

Sujet : Est-il nécessaire de connaître la biographie d'un auteur pour comprendre et aimer son œuvre ? Vous répondrez à cette question en un développement argumenté qui prendra appui sur les textes que vous avez étudiés cette année (ou au cours des années précédentes) ainsi que sur vos lectures personnelles.

 

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Devoir d'Emma B. : 

 

          Le mot « biographie », issu du grec « bios » signifiant « vie » et « graphein » désignant l’écriture, renvoie à un texte écrit par soi-même – alors appelé autobiographie – ou par un tiers, qui présente les différents évènements et accomplissements de la vie d’une personne. On peut alors se demander s’il est « nécessaire de connaître la biographie d’un auteur pour comprendre et aimer son œuvre », c’est-à-dire si l’on peut apprécier une œuvre littéraire tout en ignorant le contexte de sa création ou si cette connaissance est indispensable pour l’appréhender. Tout d’abord, nous tenterons de démontrer l’importance des informations que peut apporter la biographie d’un auteur pour la compréhension et l’appréciation de ses écrits, puis étudierons les avantages que peut apporter une lecture « à l’aveugle », sans découverte préalable de la biographie de l’auteur.

 

 

          Premièrement, il est important de démontrer que les différents éléments présents dans la biographie d’un auteur permettent souvent une appréciation plus fine et objective des enjeux de son œuvre. Tout d’abord, la connaissance de l’époque, de la période historique de la rédaction d’une œuvre et des évènements historiques qui s’y déroulent donnent un certain recul au lecteur et lui permet généralement de mieux appréhender l’action et les comportements des personnages. Par exemple, le roman « 1984 » de George Orwell, écrit en 1948, présente une vision alors futuriste et extrêmement autoritaire de la société, inspirée par la montée des régimes totalitaires et la Seconde Guerre Mondiale, dans laquelle l’auteur a été personnellement impliqué. Cette dimension d’anticipation qui tend à avertir le lecteur des dérives possibles et futures de l’exercice du pouvoir, aurait certainement échappé au lecteur non averti alors que l’année 1984 est aujourd’hui dépassée, qui aurait pu n’y voir qu’une simple fiction se tenant dans un cadre passé, traitant de dangers révolus. Par ailleurs, dans l’ensemble des romans courtois écrits au Moyen-Age, tels que « Yvan ou le Chevalier au Lion » de Chrétien de Troyes, les mœurs et attitudes des personnages, notamment à travers les codes de courtoisie ou de séduction, diffèrent grandement de celles d’aujourd’hui et peuvent difficilement être correctement interprétées sans le secours d’une source d’information extérieure telle que la biographie de l’auteur. Ainsi, cette dernière, en apportant des éclaircissements sur le contexte historique, permet souvent une meilleure appréciation d’une œuvre littéraire.              

             De plus, grâce à une biographie, les éléments concernant la période historique dans laquelle a vécu un auteur s’accompagnent généralement d’informations sur le mouvement littéraire auquel appartiennent ses œuvres, ce qui permet d’en expliquer certains procédés. En effet, dans les tragédies du XVIIème siècle telles que « Phèdre » ou « Bérénice » de Racine, l’esthétique du mouvement classique, auquel appartenait cet auteur, et les règles du registre tragique permettent d’expliciter le rôle du fatum, de la suprématie et de la punition divine d’une part, et le choix déchirant du devoir face à la passion de l’autre. On retrouve également dans « Aurélien » d’Aragon certains procédés spécifiques, tels que le brouillage du système de l’énonciation ou la présence de répétitions voulues et d’un incipit déceptif, qui peuvent pousser le lecteur non averti à douter de la maîtrise de cet auteur ; cependant, cet effet est bel et bien voulu et s’inscrit dans l’esthétique surréaliste, qui cherche à bouleverser les codes de l’incipit traditionnel, Réaliste ou Naturaliste, du siècle précédent - le XIXème - ainsi que ceux du roman classique du XVIIIème siècle. De même, l’absence de ponctuation dans « Le Pont Mirabeau » (in « Alcools »)  d’Apollinaire, rompt avec le mouvement Romantique, développé au cours du XIXème siècle, pour se diriger vers l’esthétique du mouvement Surréaliste, qui occupera la première moitié du XXème siècle.  Ces informations concernant le mouvement littéraire auquel appartiennent l’œuvre et son auteur permettent de mieux s’approprier les différents procédés utilisés et de mieux les comprendre.                 

                   On retrouve également des influences d’évènements intimes ou personnels de la vie des auteurs dans leurs écrits, ce qui permet de décrypter certaines allusions ou références qui pourraient laisser perplexe ou induire en erreur un lecteur non informé. Dans « Demain, dès l’aube » (in « Les Contemplations ») de Victor Hugo, l’auteur décrit un voyage vers la tombe de sa fille, qui n’est jamais mentionnée explicitement, pas plus que sa mort, dans le texte. Ici, la connaissance de la biographie de l’auteur permet de révéler et d’expliciter la tonalité mélancolique et élégiaque qui imprègne le texte, et d’éviter une possible confusion avec l’expression d’un sentiment amoureux. En outre, dans « L’Enéide » de Virgile, l’auteur présente une épopée qui s’inspire grandement de « L’Illiade » et de « L’Odyssée » d’Homère et présente Auguste, l’empereur de Rome, comme un descendant direct de Romulus, le fondateur de la ville. On comprend mieux les motivations de Virgile lorsqu’on sait que cette œuvre avait été rédigée à la demande même d’Auguste pour légitimer son règne et donner au peuple romain un mythe fondateur comparable à celui des grecs. Par conséquent, la connaissance de la vie d’un auteur à travers sa biographie donne au lecteur une meilleure appréciation des enjeux réels de l’action, et permet ainsi de mieux l’apprécier, aussi bien qu’elle éclaircit certaines zones d’ombres.

                 Enfin, certains éléments apportés par la biographie d’un auteur révèlent parfois un aspect satirique ou dénonciateur dans ses œuvres, et aident à décrypter certaines allégories utilisées pour la critique de la société. Par exemple, le poème « Affres, Détonation, Silence » (in « Fureur et Mystère ») de René Char, peut être interprété comme une ode à la Résistance et une dénonciation de la Seconde Guerre Mondiale ; or, sans savoir qu’il était lui-même résistant, certaines métaphores telles que « la foudre au visage d’écolier », désignant de façon ambivalente les soldats allemands et Roger Bernard, un jeune résistant et ami de l’auteur, qui fut leur victime, restent hermétiques. De même, la dénonciation du manque d’accès à l’éducation des femmes dans « L’Ecole des Femmes » de Molière, ou des dérives de la révolution russe dans « La Ferme des Animaux » de George Orwell, peuvent ne pas être perçues en tant que telles sans disposer de connaissances extérieures sur leurs auteurs, deux adeptes de la dénonciation par la littérature. On peut donc dire que la biographie d’un auteur est parfois indispensable pour révéler la dimension satirique ou dénonciatrice d’une œuvre, et pour savoir à quoi celle-ci se réfère.

 

 

              Malgré les nombreux éléments qui prouvent l’importance de la biographie d’un auteur pour l’appréciation de son œuvre, on peut relever certains avantages à la lecture « à l’aveugle », sans recherche d’informations préalables. Tout d’abord, celle-ci permet de préserver l’effet de surprise, souvent anéanti dans le cas où l’on se documente avant la lecture. La connaissance de l’intérêt poétique de Baudelaire pour la description d’objets insignifiants ou décadents, de la tendance de Steinbeck à conclure sur un échec du protagoniste à réaliser son rêve ou de la dénonciation de l’approche inéluctable de la Seconde Guerre Mondiale par Giraudeau aurait ruiné la chute de leurs œuvres respectives, telles que « Le joujou du pauvre » (in « Le Spleen de Paris »), « La Perle » ou « La Guerre de Troie n’aura pas lieu ». En effet, le suspense et l’effet de chute permettent de maintenir l’attention du lecteur et d’aiguiser son intérêt, tout autant qu’ils le marquent bien plus fortement qu’un scénario connu à l’avance et confèrent à l’œuvre une pérennité particulière dans l’esprit du lecteur. Cela aide aussi à mieux apprécier les ressorts d’une œuvre et à porter un regard plus neutre, plus neuf sur cette dernière.

              La lecture « à l’aveugle » peut aussi favoriser l’accès au rêve et la stimulation de l’imagination, au contraire d’une lecture guidée par des connaissances extérieures. Par exemple, dans « Robinson Crusoë », de Daniel Defoe, les descriptions de la nature sauvage et le mode de vie du protagoniste appellent à l’évasion, sans devoir nécessairement s’accompagner d’une réflexion sur la colonisation ou l’esclavage, qui se dégage pourtant du texte. Dans « Roméo et Juliette » de Shakespeare, c’est la situation de la rencontre amoureuse et des sentiments des personnages qui fait appel à notre propension à la rêverie. Une connaissance approfondie de l’œuvre révèlerait la présence d’autres thèmes tels que l’honneur, le devoir ou encore la violence, qui viendraient parasiter notre appréciation de l’œuvre, tout comme dans « Robinson Crusoë ». On peut dès lors considérer que l’ignorance est parfois préférable pour se créer des idées propres et apprécier ce qui nous touche ou nous fait rêver personnellement dans une œuvre.

                 Finalement, l’absence de connaissances extérieures peut permettre une généralisation du message de l’œuvre, qui n’est plus entravé par des limites chronologiques ou spatio-temporelles et devient universel. En effet, dans certaines œuvres telles que « Candide » de Voltaire, « Sa Majesté des Mouches » de William Golding, « La Dispute » de Marivaux ou les « Fables » de la Fontaine , les auteurs cherchent à dénoncer des défauts inhérents à la nature humaine, qui transcendent les époques, les lieux, les genres, les registres ou les mouvements tels que respectivement la naïveté, aussi appelée candeur, la propension à la violence et la barbarie, l’inconstance et tant d’autres. Ces travers, que l’on retrouve également en nous-mêmes et chez tous ceux qui nous entourent, se passent de connaissances extérieures, car le but de l’auteur est alors de provoquer une réflexion intime, personnelle, qui se nourrit de nos propres expériences.

 

 

 

                 Finalement, on peut considérer que la lecture de la biographie d’un auteur apporte des informations cruciales et permet de mieux comprendre et apprécier les œuvres de ce dernier. Cependant, il est également possible d’appréhender et d’aimer une œuvre sans apport de connaissances extérieures, en faisant appel à nos émotions, notre propension au rêve et nos expériences personnelles. On pourrait alors s’interroger sur les différences d’interprétation des écrits, apportées par les écarts de points de vue chez les différents lecteurs. En effet, une œuvre littéraire peut-elle avoir des interprétations divergentes, voire contraires ?

 

Emma B, mai 2014.

 

***

 

 

Devoir de Joanna M. : 

 

          Depuis des siècles, la littérature permet aux écrivains d'exprimer leurs idées, leurs pensées, de faire passer un message, que ce soit à travers des romans, des poésies ou des pièces de théâtre. On peut ainsi se demander s'il est « nécessaire de connaître la biographie d'un auteur pour comprendre et aimer son œuvre ». En d'autres termes, est-ce que le fait d'étudier la vie d'un auteur est indispensable pour comprendre et apprécier ses écrits, ou si au contraire on pourrait s'en passer ? Nous montrerons dans un premier temps qu'il est effectivement préférable de connaître les moments importants qui ont marqué la vie d'un auteur. Dans un deuxième temps, nous verrons que, dans certains cas, connaître la biographie de l'auteur n'est pas forcément nécessaire pour en dégager le sens.

 

 

 

         Tout d'abord, il est vrai qu'étudier la vie d'un auteur peut nous apporter des renseignements essentiels à la compréhension et à l'appréciation de son œuvre. En effet, on peut obtenir de cette manière des informations sur les personnes, femmes en particulier, et les lieux qui ont marqué sa vie. Par exemple, dans le cycle de l'amour du recueil Les Fleurs du Mal, Baudelaire fait allusion à trois femmes qui l'ont inspiré : Jeanne Duval, Marie Daubrun et Madame Sabatier. Chacune à ses propres caractéristiques qu'il est préférable de connaître pour mieux dégager le sens des poèmes et le message que Baudelaire cherche à faire passer dans chacun d'eux. De la même manière, dans « Le Lac », Lamartine parle de son amour pour Julie Charles, rencontrée au Lac du Bourget. Elle n'est pas citée de manière explicite et il n'est pas non plus mentionné qu'elle est atteinte de la tuberculose. C'est donc au lecteur de se renseigner. Dans « Demain dès l'aube », c'est également le cas : Victor Hugo parle de sa fille décédée. Dans ces œuvres qui traduisent une grande implication de la part de l'auteur, caractéristique du Romantisme notamment, il est donc nécessaire de connaître les éléments de sa vie pour mieux en dégager le sens et l'apprécier d'autant plus.

         De surcroît, en étudiant la biographie d'un auteur, on se plonge également dans son époque. Cela nous permet de comprendre en quoi il s'inscrit dans une perspective critique. Dans Britannicus, bien que relatant des faits antiques, Racine dénonce le pouvoir trop autoritaire de Néron, empereur fou qui a enlevé Junie. Cette critique ne constitue certes pas le centre de l’œuvre, mais elle a quand même pour but de faire réfléchir le lecteur. Dans cette même optique, Bernhardt Schlink attaque finement la manière dont ont été jugés les nazis dans son roman Der Vorleser (Le Liseur). Enfin, cette critique est également présente dans L'école des femmes, où Molière dénonce la mauvaise éducation et le manque de droits des femmes. Il apparaît donc comme indispensable d'étudier un minimum la biographie d'un auteur pour comprendre son œuvre.

       Par ailleurs, en s'intéressant à sa vie, on prend connaissance le plus souvent du mouvement littéraire dans lequel il s'inscrit. On peut alors comprendre en quoi un auteur est en rupture avec ce courant, en quoi il se démarque des autres écrivains. Apollinaire, par exemple, apparaît comme un précurseur du surréalisme, en associant l'amour à un cadre urbain dans « Le pont Mirabeau » notamment. Ces informations essentielles se retrouvent dans la biographie de l'auteur, et permettent une meilleure compréhension des textes.

       Enfin, en se plongeant dans l'univers d'un auteur, on comprend ses éventuelles influences. Ainsi, la vision pessimiste de l'amour dans Pierre et Jean tire son explication de l'influence du philosophe allemand Schopenhauer. En ce sens, il est donc important d'étudier un auteur avant de lire se œuvres.

 

 

 

         S'il apparaît comme nécessaire de connaître la biographie d'un auteur pour comprendre et aimer son œuvre, il est possible d'imaginer certains cas ou ce travail de recherche n'est pas totalement indispensable. En effet, certains romans, poèmes ou pièces de théâtre ne requièrent pas forcément de connaissances particulières, l'histoire se suffisant à elle-même. C'est souvent le cas dans les romans réalistes ou naturalistes. Les descriptions y sont si minutieuses que le lecteur n'a aucun mal à rentrer dans l'histoire. Dans Madame Bovary de Flaubert ou encore La cousine Bette (Balzac), les portraits psychologiques des personnages sont brossés, les décors sont plantés, et la description de l'époque est faite, tout cela dans un grand souci de précision. De cette manière, le lecteur n'a pas forcément besoin de connaître des éléments de la vie de l'auteur.

       De surcroît, certains auteurs font volontairement le choix de s'éloigner du réel, de leur vie privée pour toucher un public plus large. En effet, un lecteur moins averti ne comprendra pas le message, le sens caché du texte si celui-ci est en relation avec la biographie de l'écrivain ou la situation historique de l'époque. Ainsi, on trouve un grand nombres d'ouvrages fantastiques qui s'inscrivent dans cette perspective, comme Harry Potter (J. K. Rowling) ou encore Le seigneur des Anneaux (J. R. R. Tolkien). En cela, l'étude de la biographie de l'auteur n'apporte pas des éléments essentiels à la compréhension.

      Enfin, il est également possible d'aimer une œuvre sans forcément comprendre le lien avec la vie de l'auteur. L'histoire peut nous toucher, et le procédé d'identification aux personnages peut être d'autant plus fort : à nous d'imaginer librement qui serait telle ou telle personne dans notre vie. Le lecteur peut par exemple se souvenir d'une rupture amoureuse douloureuse en lisant des poèmes tels que « Le pont Mirabeau » d' Apollinaire, même sans savoir que le texte fait référence à Marie Laurencin. Il adapte ainsi l'histoire, la situation comme il le souhaite et imagine ses propres circonstances et explications. En cela, il ne faut pas nécessairement connaître la biographie de l'auteur pour comprendre son œuvre et l'apprécier.

 

 

 

       En somme, en tant que lecteur averti, il apparaît comme nécessaire de se renseigner sur la vie de l'auteur, sur son époque et son mouvement littéraire pour mieux saisir l'idée et le message du texte et ainsi l'aimer d'avantage. Cependant, il est également possible, dans certains cas, de ne pas connaître la biographie de l'auteur mais de l'apprécier et le comprendre tout de même. Cela dépend de l'histoire, de l'intention du lecteur (de ce qu'il recherche en lisant un ouvrage) mais aussi de celle de l'auteur : choisit-il de faire réfléchir le lecteur sur un thème ou une question difficile, auquel cas le lecteur doit avoir pris connaissance de l'époque et de la biographie, ou écrit-il dans l'optique de divertir simplement le lecteur ?

 

Joanna M., mai 2014.

 

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Devoir d'Hannah G. : 

 

        Dans tout genre littéraire, l'histoire est souvent la plus importante pour que le lecteur aime et qu'il continue à lire l'oeuvre. Chaque auteur n'écrit pas forcément pour s'exprimer sur ses sentiments personnels mais aussi pour raconter une histoire. Pour apprecier une oeuvre il suffit généralement d'aimer l'histoire, mais pour mieux la comprendre il est parfois plus simple de connaitre la biographie de l'écrivain. Cela depend le plus fréquement du genre et du mouvement litteraire de l'oeuvre. En première partie nous verrons le plus important pour un roman ou une nouvelle. Puis nous verrons cela pour le théatre et enfin pour la poésie.

 

 

 

          Premièrement, dans les romans il y a plusieurs mouvements littéraires présents. Dans le réaliste, il peut être utile de connaitre la vie de l'auteur pour comprendre. Dans Pierre et Jean de Guy de Maupassant, le personnage M.Roland paraît comme quelqu'un de médiocre et d'indifférent. Le fait de savoir que Maupassant appartient au mouvement réaliste explique le fait que un des personnage principaux soit décritspour faire rire et déplaire aux lecteurs. De plus dans Aurélien d'Aragon, le lecteur s'attend à un coup de foudre mais Aragon empèche cela d'arriver lorsqu'il dit: “Quand Aurélien vit Bérénice il la trouva franchement laide.”. Le lecteur peut donc plus aimer et comprendre le livre en sachant que Aragon n'est pas romantique. Pour continuer, dans La Cousine Bette de Balzac, le personnage principal est ridicule, elle veut gâcher le mariage de sa cousine et n'est meme pas capable de le faire elle même, elle engage sa voisine. Encore une fois cela s'applique au mouvement réaliste de Balzac. En revanche dans La chambre des officiers de Marc Dugain, tout est expliqué dans le livre, un homme blessé à la guerre, défiguré. Ce roman est facile à aimer car on ressent de l'empathie pour le personnage principal. Il n'est pas mediocre et le fait que l'histoire soit réelle car après la guerre beaucoup de soldat on été dévisagés le rend facile à comprendre sans penser à l'auteur.

          Deuxièmement, dans le fantastique quelquefois l'auteur se reflète dans son histoire. Dans Le Horla et La Main de Guy de Maupassant, on ressent la folie de l'auteur en connaissant sa biographie. On comprend mieux ses histoires en sachant qu'il avait des troubles psycologique.

 

 

 

            Par ailleurs, cette reflexion peut se faire aussi dans le genre théatrale. Lorsque le dramaturge veut dénoncer la vérité sur la vie, il est souvent bien de connaître sa vie pour mieux comprendre, or ce n'est pas toujours le cas. Par exemple, dans L'école des femmes de Molière, ce dramaturge utilise son oeuvre pour nous faire par de ses pensées. Cela nous donne une indication sur sa façon de penser et permet de comprendre plus aisément pourquoi Arnolphe est décrit comme odieux dans toute la pièce. En revanche, dans Dom juan de Molière, l'auteur dénonce un manipulateur qui veut conquérir toutes les femmes. Le fait de mieux connaitre la vie de Molière ici en change pas grand chose. De même pour Roméo et Juliette de Shakespeare, l'histoire est tellement belle que peu importe la biographie du dramaturge le public s'attache souvent très vite aux personnages et rève d'un amour comme eux.

             En outre, dans de grandes pièces très connues où l'amour entre deux protagonistes est impossible et où il faut se sacrifier pour sauver l'autre, connaître la vie de l'écrivain en change pas toujours la façon d'aimer la pièce. Dans Britannicus de Racine, Néron force Junie à dire à Britannicus qu'elle ne l'aime pas alors que c'est faux. Ici, c'est l'amour impossible. La biographie de Racine n'aide pas à comprendre l'histoire. De plus, dans Horace de Corneille, Horace a tué l'amour evident de sa soeur en tuant Curiace. Elle en lui pardonnera pas et va s'en prndre à Rome, à ce moment elle signe son arrêt de mort. Corneille ici racontre une histoire, une tragédie mais , une personne n'aimera pas la pièce grâce à la vie de Corneille mais plutôt grâce à ses talents de dramaturge. Par ailleurs dans Macbeth de Shakespeare, Macbeth est amoureux du pouvoir et ferait n'importequoi pour y accéder. Mais encore une fois il raconte une histoire et en se reflète pas dedant. Dans ce cas là, la vie de Shakespeare n'est pas cruciale.

 

 

            D'autre part, la poésie se rapproche du genre théâtrale car beaucoup de pièce de théatre son versifié et avec des rimes comme la poésie. Le lyrisme, l'amour impossible et la nature sont trois thèmes du Romantisme. La vie du poète est importante pour mieu comprendre le poème et pour quelle raison il l'a écrit. Dans “Harmonie du soir” in Les fleurs du mal de Charles Baudelaire, il se souvient de son amour et connaître sa vie nous permet de mieu comprendre ses sentiments. Par exemple dans “Le pont Mirabeau” in Alcools de Appolinaire, il parle aussi de la fuite du temps et de son amour perdu, il demeure et espère que le temps va s'arrêter. Ici, le fait de connaître sa biographie nous indique qu'il a connu beaucoup de femme. Cela nous aide à comprendre et donc aimer son poème. De plus dans “Le lac” de Lamartine, celui-ci exprime sa détresse par rapport à Julie Charles qui est morte. On comprend en lisant sa biographie qu'ils sétaient rencontrer a ce même lac. Encore une fois on remarque que sa vie se reflète dans son poème et que savoir cette information nous aide à mieux comprendre le poème.

            Finalement, les poètes utilisent pratiquement toujours des figures de styles pour s'exprimer. Par exemple, dans “Affres, détonation, silence” de René Char, il utilise la litote pour parler de la mort de Roger Bernard. Il dit moins pour suggérer plus. Ce poème demande de la reflexion de la part du lecteur pour comprendre sa souffrance et les sens cachés. Lire la vie de René Char et savoir qu'il a vécu à la période de la deuxième guerre mondiale aide la plupart des gens à comprendre ses oeuvres et a plus les aimer.

 

 

 

 

              Pour conclure, tout dépend de l'oeuvre et du mouvement de l'écrivain. Dans les romans réalistes et dans les fantastiques tout est interressant mais la vie du romancier n'est pas toujours nécessaire même si elle est plus dans le réaliste. Dans le théâtre , quelques auteurs veulent dénoncer la vérité d'autre veulent juste raconter une histoire et dans la poésie, la plus grandes partie des poètes s'exprime à travers leurs poèmes. Les écrivains sont des artistes, mais est-ce-que les autres artistes comme les peintres ou les musiciens utilisent leurs oeuvres eux aussi pour s'exprimer ou juste pour raconter des histoires?  

 

Hannah G., mai 2014.

 

***

 

Devoir d’Emma D. :

 

                De tout temps, l’Homme a écrit pour exprimer ses pensées, ses sentiments, ou encore dénoncer les défauts de la société. Leurs oeuvres gardent parfois leur marque et celle de leur époque et certains soutiennent l’impossibilité de comprendre ou d’aimer une oeuvre sans en connaitre l’histoire. Mais la connaissance de la vie d’un écrivain et du passé d’une oeuvre influe-t-elle systématiquement sur la capacité du lecteur à comprendre et apprécier cette dernière? Nous chercherons donc les raisons qui laissent à penser qu’il est possible de comprendre ou d’apprécier une oeuvre sans en avoir étudié auparavant sa conception et son auteur ; puis, dans un second temps, celles qui démontreraient l’inverse, à savoir que connaître la biographie d’un auteur n'est pas forcément nécessaire pour dégager le sens de son oeuvre.

 

 

                Bien souvent, les oeuvres ne nécessitent aucune explication extérieure mais seulement leurs propres mots pour susciter les larmes, le rire ou l’émotion escomptés chez le lecteur. Même quand l’auteur cherche à dénoncer certains travers de la société, il n’est parfois pas nécessaire de connaître l’histoire de l’oeuvre, bien qu’il soit évident que l’époque ou le milieu dans lesquels l’auteur a écrit le texte aient pu l’influencer. En priorité dans le théâtre, quand il n’est pas absurde ou moderne au point où la compréhension immédiate en est altérée, les dénonciations que fait le dramaturge sont généralement claires et il n’est n’est pas difficile pour le lecteur de les comprendre. Par exemple, les oeuvres de Molière, telles que Le Bourgeois Gentilhomme, ou L’Avare, décrivent bel et bien une société pleine de défauts, mais la vie de Molière n’avancera pas le lecteur dans la compréhension du texte de manière générale, puisque ce n’est ni un évènement particulier, ni un milieu spécifique qui le poussèrent à écrire.

                D’autre part, certaines oeuvres ont non seulement peu de liens avec leur auteur, mais également avec le moment où elles ont été écrites, ce qui n’était pas le cas de celles qui ont été citées plus tôt. Notamment dans la tragédie, les pièces comme Britannicus, ou Horace,  de Corneille, récrient des travers humains sans lien particulier avec l’époque à laquelle elles ont été rédigées. En effet, dans Britannicus, une pièce située à Rome, durant l’antiquité, une situation amoureuse compliquée se déroule et une histoire universelle et intemporelle est présentée au lecteur. Horace est une autre pièce qui n’est aucunement liée à son époque, ni au vécu de l’auteur. De la même façon, en comédie, Beaumarchais dénonce la supériorité du maître sur ses serviteurs dans L’Ile des Esclaves, et bien que l’oeuvre soit conforme aux idéaux de l’époque , c’est bien une thématique universelle et intemporelle qui est ici décrite. Le lecteur n’a donc pas toujours besoin de prendre connaissance de la biographie d’un écrivain pour pleinement comprendre et apprécier l’oeuvre.

                Enfin, pour apprécier la beauté d’un écrit, profiter de son comique, se laisser prendre par le récit, loin de la réalité, ou bien goûter au style de l’écrivain, le lecteur n’a souvent nul besoin de comprendre comment ce dernier en est venu à le composer. La beauté d’un poème est universelle et même si le sens n’en est pas toujours clair, le lecteur pourra la plupart du temps profiter de son rythme et de ses rhymes. Par exemple, le poème alambiqué « Harmonies du Soir » (In Les Fleurs du Mal, de Charles Baudelaire), est sous forme de pantoum, et sa cadence lancinante, accompagnée des sonorités orientales des allitérations et des assonances ne manquent pas de plonger le lecteur dans un état d’extase, face à la beauté du texte. Cette fois du côté du comique, Molière parvient à nous faire rire, et le lecteur n’a pas besoin de connaître sa biographie pour apprécier l’humour des scènes inspirées de la farce médiévale (la très célèbre scène des coups de bâton dan Les Fourberies de Scapin de Molière).

Ainsi, on peut donc affirmer que le lecteur n’a pas besoin de connaître la biographie d’un auteur afin de comprendre et d’apprécier son oeuvre dans certains cas.

 

 

                Cependant, certains exemples peuvent tout de même laisser penser qu’il y ait un réel lien entre le passé de l’auteur et l’oeuvre elle-même, et que le lecteur ait un réel besoin du passé de l’écrivain afin de comprendre, ou même d’apprécier l’oeuvre .

                 Premièrement, il y a souvent un lien direct entre ce que l’auteur a vécu (évènement marquant, milieu hostile, ou spécifique dans lequel il a grandi, …), en compagnie d’êtres qui lui sont chers ou au contraire, qu’il méprise, sur lesquels il s’exprime. En effet, certaines oeuvres, qui peuvent parfois paraître très obscures au premier abord peuvent avoir des explications dans la biographie de leur auteur: René Char, marqué par la seconde guerre mondiale, dans laquelle il avait été résistant, écrivit le poème « Affres, Détonations, Silence », oeuvre très hermétique qu’on ne peut décrypter qu’à l’aide du passé de R.Char. En effet, c’est un poème en la mémoire d’un compagnon du poète, mort dans la Résistance, qui comptait beaucoup pour ce dernier. René Char décrit l’horreur, les fusillements, et de manière générale l’ambiance des évènements qui ont entouré la mort de son ami. D’autre part, la pièce de théâtre Rhinocéros, de Ionesco est une oeuvre au langage également très hermétique et difficile à décrypter si on ne sait pas que Ionesco a vu la seconde guerre mondiale et a été choqué des horreurs que pouvait inventer l’Homme. Enfin, beaucoup soutiendront qu’il est impossible d’apprécier une ouvre à sa juste valeur sans en avoir le sens et l’histoire exacts. Dans cette optique-là, il faut entendre pleinement les oeuvres que le lecteur a sous les yeux afin de les aimer. Si « Harmonies du Soir » de Baudelaire est un poème beau en apparence, une autre beauté réside dans le sens que Baudelaire a voulu lui donner et dans le message qu’il a voulu nous faire passer, et ne peut être compris que par un travail de fond préalable fait par le lecteur sur la vie de l’auteur et ce qui l’a poussé à écrire le poème (dans ce cas, la perte d’un être aimé).

                Deuxièmement, même si l’écrivain ne cherche pas à dénoncer quelque chose, il pourra s’inspirer d’un lieu qu’il a vu, des personnes qu’il a rencontrées ou des faits qu’il a entendus, pour enrichir son oeuvre. C’est un passé plus individuel que ce qui était présenté plus tôt, puisqu’il relate avant tout des sentiments de l’auteur, même si il peut y avoir la présence d’autrui. Le poème « Le Lac » de Lamartine, dans le recueil Méditations Poétiques est presque autobiographique, puisqu’il relate de sa rencontre avec Julie Charles au bord du lac du Bourget, l’été précédant sa mort. De façon identique, dans le poème de Paul Verlaine, « Promenade Sentimentale », le poète déambule à travers un parc qu’il connaît et qu’il décrit en détail. Dans le roman, cette caractéristique est également présente, de façon évidente dans les autobiographies, comme celle de Nathalie Sarraute (Enfance) ou de Marina Nemat (Prisonnière de Tehran) mais aussi Maupassant qui décrit dans ses écrits fictifs(romans et ses nouvelles) des lieux dans lesquels il a grandi comme la Normandie (Pierre et Jean, Les Contes de la Bécasse) . Gatsby le Magnifique  est un autre roman, dans lequel Fitzgerald n’utilise pas les lieux qu’il connaît, mais des personnes qui lui sont proches (Daisy est inspirée d’après sa propre femme). Sans connaître la biographie des écrivains, le lecteur est incapable de comprendre l’oeuvre dans toute son entité dans ces cas là.

 

 

                En conclusion, un lecteur avisé pourrait affirmer que lire la biographie d’un auteur avant de lire une de ses oeuvres peut s’aviser utile afin de comprendre pleinement cette dernière et de pouvoir l’apprécier à sa juste valeur, bien qu’il arrive qu’elle ne soit parfois pas nécessaire à la compréhension du texte, ainsi qu’au plaisir dont jouit un lecteur face à la beauté incontestable d’un poème, au comique d’une comédie ou bien au rêve dans lequel l’écrit nous transporte. Toutefois, on remarque que plus les oeuvres sont modernes, plus elles sont hermétiques et portent un message spécifique . Elles nécessitent donc plus de travail en amont, notamment connaître la biographie de l’auteur et les moeurs du siècle dan lequel elles ont été écrites, afin de mieux comprendre leur sens et d’apprécier leur force et leur beauté.

 

Emma D., mai 2014

 

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Devoir de Myriam N. :

 

          La plupart des œuvres écrites comportent soit une partie de la vie de l’auteur, soit une histoire racontée pour dénoncer des mœurs de la société ou encore parfois seulement pour divertir les spectateurs et lecteurs. On en arrive donc à se demander s’il est nécessaire de connaître la biographie d’un écrivain pour comprendre et aimer son œuvre. Autrement dit, le fait d’aimer une œuvre, de la recommander à des amis ou de la lire plusieurs fois nécessite-t-il forcément de connaître la vie de l’auteur ? En premier lieu, ne pas connaître la biographie d’un écrivain n’est pas indispensable, puis on verra quand même que savoir une infime partie ou même parfois une grande partie de sa vie est indispensable.

 

 

 

            Tout d’abord, la connaissance de l’Histoire dans certaines œuvres sans avoir recours à la biographie de l’auteur est suffisante pour comprendre celle-ci. En effet, prenons comme exemple le roman de Tolstoï, Guerre et Paix, qui relate une période de la grande conquête de Napoléon en Russie où il échoua. De même, Le Liseur (Der Vorleser) de Bernhardt Schlink illustre dans la deuxième partie du livre, un procès concernant des femmes SS qui gardaient des camps de concentrations et qui chaque mois, envoyaient soixante femmes à Auschwitz pour qu’elles soient exterminées. Tout ces épisodes, qui ont marqué la vie quotidienne nous aident à comprendre l’œuvre sans être obligé de connaître la biographie de l’écrivain.

            En second lieu, connaître non pas seulement l’Histoire mais aussi les grandes personnalités de l’époque suffit à l’entente de l’œuvre. Ainsi, L’Ecole des femmes de Molière montre une jeune femme de dix-sept ans, Agnès, qui fait penser à Louise de la Vallière, grande et belle maîtresse du moment du roi Louis XIV. Ecrite par Racine, est publiée Une Nimphe de la Seine à la reine qui rend hommage au mariage de Louis XIV avec l’infante d’Espagne. Ces grandes personnalités qui ont laissé leur empreinte dans l’histoire (Louis XIV a installé une monarchie absolue de droit divin rayonnante) font parties de notre culture générale et nous permette d’aimer un livre ainsi que de le comprendre, sans que l’on ait à connaître la vie intime de l’auteur.

            De surcroît, ces hautes personnalités sont associées à des mœurs de la société à l’époque de l’écrivain, facilitant la compréhension de son œuvre. Cela se retrouve dans un premier temps chez Balzac dans La Cousine Bette. Balzac critique dès l’incipit la prétention du personnage principal en le qualifiant d’être de façade, dénonçant à travers celui-ci l’essor de la bourgeoisie grâce à la Révolution industrielle. De même, Zola dans Germinal, montre les horribles conditions de vie des miniers de son époque. De plus Schiller, auteur allemand, dans Intrigues et amours (Kabale und Liebe) critique la société d’ordres, qui empêche un amour entre une bourgeoise et un noble. Il critique en plus, le père de Ferdinand qui -contre le gré de ce dernier- veut l’obliger à se marier avec lady Milford pour plaire au Prince et garder une relation avec lui : être dans ses favoris. Tous ces mœurs de la vie courante peuvent être uniquement notre aide pour situer le contexte de l’œuvre, en faisait abstraction de la vie de l’auteur.

            Enfin, prendre souvent en compte uniquement le genre de l’œuvre peut nous suffire et le besoin de lire la biographie de l’écrivain n’est de surcroît pas indispensable dans certains cas précis. Comme exemple de comédie, l’Ecole des femmes de Molière l’illustre bien, notamment lors de scènes comiques comme lorsqu’Arnolphe enlève trois fois le chapeau de la tête du serviteur Alain, car ce dernier le remet à chaque fois. Le propre du comique étant de mettre en scène des bourgeois et de les tourner en ridicule et en profiter pour les critiser. Arnolphe est méprisable puisque c’est un bourgeois qui se veut l’égal des dieux en se positionnant au-dessus des hommes et en croyant pouvoir échapper au cocuage. Phèdre de Racine est une œuvre tragique. Par définition, on sait que le héros ou ici l’héroïne mourra et que cela concerne des personnages nobles. Ce qui va arriver à Phèdre, personnage éponyme qui se suicidera après avoir mis à mort son fils indirectement par la malédiction de Thésée. Ces genres plutôt théâtraux que sont la comédie et la tragédie, mais qui peuvent nous aider lors de la lecture de poésies ou de romans en ayant connaissance d’autres genres littéraires, la biographie n’est donc pas primordiale.

 

 

 

 

                      Après avoir vu quelques exemples permettant de comprendre des textes sans connaître la biographie des auteurs, il est possible de penser que celles-ci sont quasiment inévitables pour certaines œuvres et sont souvent des aides. Commençons par des écrivains qui ont beaucoup souffert et transcrivent leur douleur dans leurs écrits. Victor Hugo, ayant perdu sa fille dans un accident de bateau sur la Seine, marche dans un cimetière et raconte ses douleurs dans « Demain dès l’aube ». De même, savoir que « Le Lac », écrit par Lamartine raconte son histoire d’amour malheureuse, puisque Julie Charles ne viendra pas à leur rendez-vous étant atteinte d’une tuberculose nous est nécessaire faute de ne pas comprendre le poème. Dans « Affres, détonation, silence », René Char parle de son plus cher ami et Résistant, Roger Bernard, qui a été arrêté puis tué par les Nazis. En plus du fait que Char soit surréaliste et donc que ses œuvres sont hermétiques et très profondes, cette partie personnelle de sa vie doit être connue des lecteurs. Ces parties importantes de la vie d’un auteur, vivant la mort d’un être aimé ou très proche sont omniprésentes dans certains textes et ils nous font les avoir ancrées dans notre esprit.

            De plus, plus d’une fois les auteurs ont écrit à partir de phénomènes ayant marqués leur vie et donc les ayant inspirés : en prendre connaissance serait un appui importante lors de la lecture. Par exemple, Apollinaire, ayant participé à la Ière guerre mondiale, a écrit de nombreux poèmes sur les tranchées comme « Ma Lou… » tiré du recueil Poèmes à Lou ou encore La tranchée. Ghis encore a écrit Honorables poilus. En outre, Victor Hugo décrit ses voyages en Inde dans Les Orientales. Il est le premier à avoir découvert le pantoum et à l’avoir mis à la mode en France. D’ailleurs d’autres écrivains après prendront la forme du pantoum, comme Baudelaire dans « Harmonie du soir ». Ces événements inspirés et inspirant pour nous peuvent nous amener à trouver un autre Univers dans lequel s’échapper et donc aimer ces œuvres en question.

                Finalement, ce qui est très important, c’est de connaître les mouvements auxquels les écrivains ont appartenu. En effet, selon les mouvements, il y a des règles strictes à respecter et ce sont elles qui forment « le squelette » des œuvres. Illustrons cela avec pour commencer les réalistes. Leur soucis étaient d’imiter la vie réelle telle qu’elle était sans idéaliser les personnages. S’ajoutaient à cela une description minutieuse. Dans Madame Bovary de Flaubert, dès l’incipit, bien que les renseignements soient moins soutenues que chez Balzac, on avait des réponses aux trois questions fondamentales à laquelle doivent répondre les incipits réalistes : Qui ? Quand ? Où ? La description du nouvel élève, Charles Bovary, futur mari du personnage éponyme Madame Bovary, est faite tout d’abord par un élève (focalisation interne). La description du garçon devient plus soutenue (« Chapska »…) lorsque la focalisation devient zéro, c’est-à-dire, on a à faire à un narrateur omniscient. Cela se retrouve aussi avec Zola dans Thérèse Raquin, après le meurtre de Camille causé par Laurent et Thérèse sur la Seine, le personnage éponyme. Laurent allait tous les jours à la morgue pour voir si le cadavre de Camille y était, car il était hanté par un doute, la peur que Camille ai survécu. Un jour, pourtant, le corps de Camille y ait et là, la description du cadavre est très détaillée en tout. Elle va de la couleur de chaque doigt jusqu’aux moindres blessures. Or les caractéristiques du Naturalisme (mouvement auquel Zola appartient) sont les mêmes que celles du Réalisme à quelques détails près. Les Naturalistes s’intéressent davantage à la médecine et à la génétique. La description du cadavre ici s’y prête donc bien. Le Classicisme doit respecter beaucoup de règles, dont entre autres, la règle des trois unités, la règle de bienséance et de vraisemblance. Dans Horace de Corneille, lorsque le héros éponyme doit tuer sa sœur, car elle a lancé une imprécation sur Rome, sa patrie, on voit sa mort, mais sans le sang et le corps en putréfaction. C’est le même exemple, dans la même œuvre du même auteur, lorsque les frères Curiace se battent contre les frères Horace. Les mouvements et leurs règles étant omniprésents dans les œuvres, il nous faut les connaître pour avoir un plus grand point de vue sur l’ensemble du texte et pouvoir en saisir son contenu.

 

 

 

              La biographie d’un écrivain peut être obligatoire pour comprendre le contexte du texte et les motivations qui l’ont poussé à l’écrire, comme elle peut ne pas l’être, en ayant connaissance de grandes périodes historiques ou de fortes personnalités. Toutefois, dans la plupart des œuvres, même ayant de grandes lacunes dans la Culture, la Civilisation et autres n’est-il pas conseillé de lire au moins la partie de la vie de l’écrivain concernant l’œuvre en train de lire ? Et d’avoir ainsi, les idées au claires nos permettant de mieux analyser le contenu ?

 

Myriam N., mai 2014.

 

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Devoir de Thomas M. :

 

                Certaines personnes lisent sans avoir consulté la biographie de l’écrivain auparavant alors que d’autres personnes se renseignent avant de lire. La question se pose souvent de savoir s’il est nécessaire ou pas de lire la biographie d’un écrivain avant de découvrir ses œuvres. En outre, est-ce-que la vie d’un écrivain influe sur sa composition au point de la rendre nécessaire à la compréhension ou est-elle simplement une option qui ne nuit pas à l’appréciation de cette œuvre ? On montrera tout d’abord que la lecture de la biographie d’un écrivain est nécessaire pour la compréhension d’une œuvre puis qu’elle n’est pas forcément importante pour aimer cette œuvre.

 

 

               En premier lieu, la lecture de la biographie de l’écrivain est nécessaire à la compréhension. Son époque a pu marquer son écriture la rendant d’autant plus primordiale pour comprendre. Par exemple, le contexte antique de Britannicus de Jean Racine reflète la royauté de son époque et le pouvoir trop autoritaire de Néron. En 1917, lors de la révolution Russe, le communisme fait rage. George Orwell écrit Animal Farm en parallèle pour illustrer le dysfonctionnement du système en utilisant des animaux comme personnages. La vie de Guillaume Apollinaire dans Paris lors de l’industrialisation de la ville l’inspire pour écrire des poèmes comme « Zone » où il intègre un vocabulaire urbain dans la poésie. Tout cela montre que l’époque de la vie de l’écrivain peut marquer son œuvre. 

         De surcroît, on peut dire que la lecture de l’autobiographie d’un écrivain est nécessaire pour la compréhension de l’œuvre. On peut voir cela dans « Affres, détonations, silence » de René Char un poème qui n’a pas de sens si le lecteur n’est pas au courant de la mort d’un ami de Char pendant la guerre qui provoque l’écriture de cette œuvre. Il est clair aussi que si l’on ne connait pas l’histoire d’amour d’Alphonse de Lamartine et la mort de son amante un an après leur rencontre auprès d’un lac, la compréhension du poème « Le Lac » se fait plus difficile. Cela montre que la biographie est nécessaire à la compréhension.

            De plus, on apprécie souvent mieux une œuvre après avoir compris d’où est venue l’inspiration de l’écrivain. Par exemple, l’effet produit par « Le Pont Mirabeau » de Guillaume Apollinaire est beaucoup plus puissant lorsque le lecteur sait que le pont représente l’amour perdu du poète fondé sur sa propre histoire. De même, The Crucible d’Arthur Miller a d’autant plus d’effet lorsque l’on sait que les exécutions qui prennent place dans la pièce ont aussi pris place pour de vrai en Amérique mais pour de différentes raisons. Tout cela montre que la lecture de la biographie d’un écrivain est nécessaire avant la lecture d’une œuvre.

 

 

              Même si la vie d’un écrivain semble être importante pour la compréhension d’une composition, elle n’est pas forcément primordiale pour aimer une œuvre. En outre, le monde fictif de certains écrivains ne nécessite pas de renseignements particuliers pour comprendre l’histoire. On voit cela dans The Princess Bride de William Goldman où l’on plonge dans un monde de grandes aventures et d’amour dans les villes fictives de Florence et Guilder. C’est aussi le cas dans The Martian Chronicles de Ray Bradbury où le lecteur prend part à une fabuleuse expédition sur Mars qui finit par la destruction de cette planète. Finalement, La Peau de Chagrin de Balzac est aussi un exemple parfait car le lecteur est témoin d’une scène qui semble être réaliste jusqu’à l’apparition de la peau qui exauçait n’importe quel vœu en rétrécissant progressivement de taille. Cela montre que la biographie d’un écrivain n’est pas nécessaire pour l’appréciation d’œuvres prenant place dans un monde fictif.

            De plus, la biographie d’un écrivain n’empêche pas une histoire de faire rire même s’il y a un sens plus profond et ambigu. Par exemple, l’humour de Molière dans Les Fourberies de Scapin rappelant la farce médiévale fait rire notamment par l’utilisation de stichomythies. Un passage qui provoque le rire dans L’île des Esclaves de Marivaux est lorsque le valet prend la place du maître et se déguise comme lui. Finalement on peut aussi noter le style particulier de William Goldman dans The Princess Bride qui brise la tradition des contes de fées enclenche une séries de fous-rires chez le lecteur. Tout cela démontre que la biographie d’un écrivain n’empêche pas le lecteur de rire.

          En effet, ne pas connaître la biographie de l’écrivain n’empêche pas la propagation d’un thème ou d’un message. Par exemple,  dans The Great Gatsby de Fitzgerald le message qui dit que l’on ne peut pas répéter le passé est facilement saisi par le lecteur lorsqu’il comprend que Gatsby essaye de rétablir ce qu’il a perdu, le conduisant à sa fin. On voit aussi cela dans Pierre et Jean de Guy de Maupassant lorsque les thèmes de la jalousie et du mensonge clairement illustrés avec des personnages réalistes sont facilement abordables et compris par le lecteur. Tout cela montre que la biographie d’un écrivain n’est pas nécessaire pour faire passer un thème ou un message dans une histoire.

 

 

              En conclusion, la lecture de la biographie d’un écrivain est nécessaire ou pas dépendant de l’œuvre, de l’auteur et du lecteur mais finalement revient à un choix personnel qu’il faut effectuer. Mais peut-on dire qu’aimer une œuvre sans la comprendre par exemple pour son monde fantastique ou son humour est de l’ignorance ?

 

Thomas M., mai 2014.

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Devoir de Giulia Q. :

 

             Dans le préambule du recueil Les Fleurs du Mal, Baudelaire cite « Lecteur, lis moi pour apprendre à m’aimer.» Un tel propos conduit alors à réfléchir sur les rapports qui peuvent exister entre la vie et l’œuvre d’un écrivain. Nous pourrons alors nous demander s'il est nécessaire de connaître la biographie d'un écrivain pour comprendre et  son œuvre ? En d'autres termes, faut-il connaître l'époque, la vie et l'entourage de l'écrivain pour prendre goût à son œuvre et la comprendre ? Dans un premier temps, il apparaît intéressant de s’interroger sur l’intérêt qu’apporte la biographie d’un auteur pour mieux apprécier sa création. Ensuite, il importe d’observer s’il est possible d’apprécier une œuvre sans avoir recours à des repères biographiques.

 

              De prime abord, il peut sembler nécessaire de connaître la biographie de l'auteur pour comprendre son œuvre. Premièrement, il paraît préférable de connaître celle des poètes émanant des courants romantique, symboliste et surréaliste. Ces courants expriment les sentiments les plus intimes des poètes de manière explicite ou implicite. Lamartine, par exemple, avec son poème « Le Lac » pleure la mort de sa bien aimée Julie Charles. Celui-ci évoque des moments passés mais merveilleux quand Julie était encore présente. « Demain dès l’Aube » de Victor Hugo évoque, quant à lui, la mort de sa fille noyée. Les poèmes d'Apollinaire, lorsque ce dernier était en Allemagne, illustrent la tristesse de son amour non réciproque pour Annie Playden. La connaissance de la vie de l’auteur présente, en outre, un intérêt dans les œuvres engagées comme celle de René Char « Affres, Détonations et Silence » où le Surréaliste met en valeur le décès d'un résistant qui lui était très proche, comme un frère, dans le régime de Vichy où il fallait s’allier pour renverser le pouvoir. De manière implicite, les poètes dévoilent leurs émotions les plus profondes, ainsi pour les comprendre et les aimer, il faut connaître leur désespoir. 

                Par ailleurs, lorsqu'un dramaturge critique une société, il faut savoir impérativement son époque pour comprendre au mieux la dénonciation des mœurs de celle-ci. Dans l’Avare, Molière attaque les personnes comme Harpagon qui souffrent d'avarice. Dans Le Tartuffe, l'École des Femmes et Les Précieuses Ridicules Molière critique respectivement les faux dévots (référence à l'Eglise et à l’influence de la Compagnie du Saint Sacrement), la naïveté des femmes de l'époque ou, au contraire, leur snobisme en faisant référence au maniérisme à la mode dans les salons de l’époque. On ne peut ainsi saisir le théâtre de Molière qu'en ayant une bonne connaissance de la société du XVIIe siècle et en particulier celle de la cours de Louis XIV.

                 De plus, il importe parfois, pour mieux saisir la portée d'une œuvre, de connaître les circonstances, les motivations personnelles d'un auteur qui sont à l'origine de sa création. Ainsi, on appréhende mieux la passion amoureuse de Frédéric pour Madame Arnoux dans L’Education Sentimentale de Flaubert quand on connaît la passion de jeunesse de ce dernier pour Madame Schlesinger. De même, quand il nous décrit dans Madame Bovary le pharmacien Homais, il est important de saisir l'ironie qui se cache derrière ce portrait et de connaître le mépris de l'auteur pour la bourgeoisie provinciale de son époque. En effet, les réalistes et naturalistes veulent dépeindre une réalité crue presque scientifique. Comme Flaubert, Maupassant expose une société médiocre, concernant essentiellement la petite bourgeoisie. Dans Pierre et Jean, le père Roland en est le parfait exemple. Inconscient, méprisable et n'accordant d’importance à personne, il ne pense qu'à l'argent. Celui-ci ne se rend même pas compte que Jean n'est pas son fils. Cette médiocrité se retrouve également dans La Cousine Bette de Balzac, lorsqu'un "gros homme de taille moyenne" est décrit dans son milord, l’auteur dénonce alors l’hypocrisie de la classe des nouveaux riches. Pour comprendre la dénonciation de ces défauts, mieux vaut connaître la vie de l’écrivain.

 

 

 

             Bien qu'il soit, le plus souvent, nécessaire de connaître la biographie d'un auteur pour apprécier son oeuvre, on peut toutefois apprécier l’œuvre indépendamment de son ancrage dans le réel. En effet, on peut lire et aimer un roman sans rien savoir de son auteur, l’atmosphère de l’histoire peut être suffisamment envoûtante pour nous permettre de solliciter et de faire appel à notre imaginaire en laissant à notre esprit une liberté totale. La très célèbre pièce Roméo et Juliette de William Shakespeare permet de s'évader dans une tragédie fascinante sans songer à la vie du célèbre dramaturge. Le roman dystopique Fahrenheit 451 de Bradbury permet aux lecteurs une évasion dans un monde complètement irréel où les livres sont détruits et où la société serait complètement anéantie par l'excès des nouvelles technologies et des écrans. De plus, dans le roman Gatsby Le Magnifique de Fitzgerald, le lecteur a la possibilité de s’échappe dans un paysage complètement fantastique comme le suggère le lieu de « la Vallée des Cendres ». Le lecteur est alors libre d'ouvrir son imagination sans penser à l’homme qu’est l'écrivain.

                Effectivement, un lecteur n'a pas besoin de connaître la biographie d'un écrivain pour se divertir. C’est ainsi le cas, dans les comédies de Molière, grâce à des ressorts comiques intemporels. Par exemple, dans Le Tartuffe, le comique de situation est flagrant. Caché sous la table, Orgon, époux d’Elmire, veut entendre ce que dit Tartuffe à sa femme. C'est alors qu’Orgon, naïf, se retrouve dupé, lui qui voyait en Tartuffe  un véritable dévot et le vénérait comme un Dieu. Le comique de gestes est notamment représenté dans cette pièce également à l'Acte II Scène 2 lorsque Dorine échappe à la gifle d’Orgon. Les comiques de caractères apparaissent dans quasiment toutes les pièces de Molière : Dom Juan le grand séducteur, Tartuffe l’hypocrite et le manipulateur encore L’Avare. La scène qui dépasse tous les comiques reste néanmoins celle dans Dom Juan à l'acte III où Monsieur Dimanche réclame son argent à Dom Juan. Fourbe, celui-ci arrive toutefois à le repousser sans lui donner un seul écu. Le spectateur peut alors apprécier une pièce de théâtre sans connaître l'époque ni la vie du dramaturge.

             La personnalité de l'auteur peut aussi se dessiner à travers son œuvre. Dans Une Vie Jeanne est un personnage fictif, crée par Maupassant.
L'accumulation de malheurs de cette héroïne peut faire penser à une exagération de la part de Maupassant, à une volonté d'émouvoir le lecteur. A travers le personnage de Jeanne le lecteur peut effectuer un rapprochement avec la vision pessimiste de Maupassant sur la vie. Sans avoir recours à la biographie de l’auteur, le lecteur peut connaître sa vision du monde et même quelques traits de caractère de l’auteur mais aussi sa conception de l’art.

               Enfin, pour certaines œuvres, un lecteur n’a tout simplement pas besoin de connaître le parcours d’un écrivain car ses créations surpassent les caractéristiques humaines.  Cela est le cas dans le roman de Goldman : Princesse Bride. Ce roman dévoile un univers légendaire fondamentalement éloigné de la vie de l'auteur. Goldman mêle princesses, princes, magiciens, humains surnaturels comme le géant Fezzik et même les R.O.U.S (Rats Of Unusual Size), c’est à dire des rats gigantesques, dans son œuvre. Ce phénomène s'applique également pour des contes comme La Belle au Bois Dormant, Le Petit Chaperon Rouge des frères Grimm ou Le Petit Poucet de Charles Perrault. Ces contes assemblent surnaturel (animaux qui parlent, ogres, fées) et réalité (personnes humaines et sociétés médiévales.) En effet il n'y a pas besoin de savoir la vie ni même le nom de l'auteur pour apprécier ou comprendre ces œuvres qui, d’ailleurs, se dotent d’une visée didactique et tendent à délivrer un message universel.

 

 

 

 

              Bien que le fait de connaître la biographie d'un écrivain est un réel atout pour la lecture d'une œuvre, il est néanmoins possible de ne pas la connaître et d’apprécier et de comprendre celle-ci. Cette même problématique se retrouve également dans la peinture. Cependant, la question de connaître la vie d'un écrivain pour mieux connaître et aimer l’oeuvre reste subjective en ce qu’elle dépend des attentes du lecteur.

 

 

Giulia Q., mai 2014.

 

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Devoir de Samuel S. :

 

 

              La littérature a toujours été un moyen pour les auteurs d’exprimer leurs sentiments, leur opinion ou encore de faire passer un message. C’est pourquoi, il serait pertinent de s’interroger sur la nécessité de connaître la biographie d’un écrivain pour comprendre et aimer son œuvre. En d’autres termes, est-il fondamental d’être familier avec les événements de la vie d’un auteur qui ont pu l’influencer pour apprécier pleinement son œuvre ? En premier lieu, on verra qu’il est tout à fait possible d’aimer et de comprendre la littérature sans connaître plus que le nom de l’auteur ; toutefois, il est souvent préférable, pour une compréhension totale de l’œuvre, de connaître la vie d’un écrivain.

 

 

 

                Tout d’abord, la biographie d’un auteur n’est pas toujours une nécessité pour le lecteur, cela ne disqualifie pas toujours la compréhension de l’œuvre. En effet, parfois les œuvres sont de simples commandes pour des monarques, des notables ou encore des revues et journaux. Au XVIIème siècle, le Roi Soleil qui appréciait le théâtre commandait aux dramaturges comédies et tragédies. Molière écrivit Tartuffe ou encore Dom Juan pour le Roi. De même, Racine et Corneille composèrent respectivement Phèdre et Le Cid. Puis, au XIXème siècle, la littérature devient un véritable artisanat, Balzac et Flaubert publient La Cousine Bette et Madame Bovary pour vivre de leur écriture tandis que Maupassant publie nouvelles et romans sous forme de feuilletons dans les journaux et revues. Les spectateurs et lecteurs de ces œuvres, pour la plupart, n’avaient aucune information sur la vie de leurs auteurs sans pour autant empêcher la compréhension de l’œuvre.

                Par ailleurs, certaines œuvres de l’histoire se suffisent à elles-même, sans que les lecteurs n’aient d’information sur l’auteur. Dans le genre du roman, on pourra citer Princess Bride, roman merveilleux du XXème siècle de William Golding ; ou encore Of Mice and Men (Des souris et des hommes) de John Steinbeck. On peut noter également, la grande majorité des pièces de Shakespeare : Romeo and Juliet, A Midsummer Night’s Dream (Le songe d’une nuit d’été) ou encore Macbeth. Ces œuvres à la notoriété incontestable ont pu, peuvent et pourront être appréciées et comprises dans leur totalité sans forcément être familier avec l’écrivain.

                Finalement, même si l’inspiration des poètes est souvent personnelle, le lecteur peut s’identifier au poème, il n’a donc pas recours à la vie de celui-ci pour percevoir entièrement le texte. Celui qui a vécu une histoire d’amour peut s’assimiler au poète dans « Promenade Sentimentale » in Poèmes saturniens de Paul Verlaine. De même si l’on a vécu un coup de foudre, le poème « A une passante » in Les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire peut tout à fait toucher le lecteur. Ici, en s’identifiant à la situation du poème, les lecteurs sont d’autant plus touchés par le texte. La biographie de l’auteur est donc ici secondaire.

 

 

 

              Si la biographie d’un auteur est en effet parfois accessoire pour que le lecteur perçoive pleinement l’œuvre, il est cependant dans certains cas préférable d’en avoir la connaissance pour une compréhension plus profonde. En premier lieu, les divers malheurs d’un auteur peuvent nous renseigner sur la raison pour laquelle il compose une œuvre. Cela est très présent dans la poésie lyrique ; plus particulièrement avec les romantiques tels que Lamartine ou Hugo avec « Demain dès l’aube… » qui raconte la noyade de la fille d’Hugo ou « Le Lac » qui fait référence à l’aventure que Lamartine a eu avec Julie Charles sur les rives du lac du Bourget. Celle-ci étant dans ses derniers jours, Lamartine lui consacre ce poème. De plus, « Le Pont Mirabeau » in Alcools, (1913) de Guillaume Apollinaire est aussi dédié à un amour perdu, celui avec Marie Laurencin. On peut noter également le roman de Marina Nemat, Prisoner of Tehran qui raconte c qu’a vécu l’auteur lors de sa captivité par le dictateur Iranien. Sans éléments biographiques sur ces auteurs, la compréhension des œuvres serait compromise.

          En outre, la période historique dans laquelle l’écrivain a vécu l’influence souvent. L’industrialisation du XIXème siècle a permis à Balzac de parles des « milords, nouvelles voitures mises en circulation » dans l’incipit de La Cousine Bette et à Emile Zola, dans Germinal qui traite de la révolution minière. De surcroît, dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale, de nombreux écrivains se tournent vers l’écriture engagée, René Char dans « Affres, Détonations, Silences » fait référence aux mouvements de résistance en France, et en fait l’apologie, l’éloge par des sentiments très puissants pour toucher le lecteur. A la même période, Jean Anouilh dans sa version d’Antigone, initialement de Sophocle, dénonce le nazisme en l’associant à la tyrannie et au despotisme de Créon. Si le lecteur n’a pas connaissance de la période historique de l’auteur, il ne peut comprendre pleinement l’œuvre, cet élément biographique est donc ici crucial.

 

 

 

               Même si parfois la biographie d’un auteur n’est pas significativement indispensable pour le lecteur, dans certains cas, celle-ci occupe a contrario un rôle non négligeable dans la littérature. Néanmoins, l’ensemble des œuvres littéraires sont subjectives car écrites par l’Homme : les auteurs ne composent uniquement sur ce qu’ils imaginent ou connaissent. Ainsi, la littérature n’est-elle pas qu’un reflet camouflé du conscient et du subconscient de l’auteur ?

 

Samuel S., mai 2014.

 

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Devoir d’Angélina R. :

 

 

                 L’art de l’écriture, qui se retrouve dans les poésies, les romans ainsi que les pièces de théâtre est parfois incompris pour certains, très apprécié pour d’autres mais il s’agit avant tout de goûts personnels, propres à chacun. Il est donc pertinent de se demander si le fait de connaitre la biographie d’un écrivain est nécessaire afin de comprendre le sens de son œuvre et de l’aimer. En d’autres termes, est-ce que tout connaitre sur l’écrivain est indispensable aux lecteurs pour apprécier son œuvre, ou alors est ce que ne pas se référencer à la vie de ce dernier ne gêne en rien l’appréciation et la compréhension du travail littéraire ? Dans un premier temps sera étudiée l’importance de connaitre la vie qu’a menée le dramaturge, le romancier ou le poète pour que son écrit ai du succès et que les lecteurs ou spectateurs en saisissent le sens .En second lieu, il sera possible de se demander si une œuvre peut plaire au plus grand nombre sans que les lecteurs doivent s’intéresser à la biographie de qui l’a écrite.

 

 

                                Il est indispensable aux lecteurs de connaitre la vie de l’écrivain pour comprendre le sens de son œuvre et l’apprécier. En effet, bien souvent les dramaturges dénoncent une société et ses défauts, c’est pour cela que prendre connaissance du contexte historique de l’artiste est une nécessité. Cela est visible dans Les Précieuses ridicules  de Molière avec ces deux vaniteuses Madelon et Cathos qui changent leur nom pour Aminte et Polixène car cela sonne mieux. Leur but étant de s’entourer de beaux esprits, la nièce et la fille de Monsieur Gorgibus qui sont très hautaines vont jusqu’à mépriser leur deux prétendants La Orange et Du Croisy car ils ne sont pas assez distingués à leurs gouts, voire trop simples. C’est ici que la comédie prend tout son sens, effectivement, les deux amis furieux de l’outrage qui vient de leur être fait décident de se venger et envoient leur deux valets renommés Marquis de Masquarille et Vicomte de Jodelet les courtiser. Bien sûr, les deux vilaines ne voient rien à la supercherie qui prend place contre elles et tombent ainsi dans le piège des deux ex prétendants. Les stupides sont donc ridiculisées lorsqu’elles apprennent que les deux hommes qui leur plaisaient ne sont enfaite que de simples valets imposteurs. Mr. Gorgibus les moque et les dispute par la suite « allez-vous cacher vilaines, allez-vous cacher ».Molière qui critique le courant des précieuses, c’est-à-dire des êtres cultivés, éclairés mais snobs et prétentieux de son temps frappe alors un grand coup à une époque où cette tendance fait beaucoup parler d’elle .Ici est la preuve que s’informer sur le contexte historique de la vie de Molière est indispensable à la compréhension de sa comédie ce qui parallèlement permet de l’apprécier , donc sur sa biographie. De même, L’école des femmes  de Molière dénonce également à travers Agnès une jeune femme innocente et éloignée de toute éducation, la supériorité des hommes envers la gente féminine à son époque ainsi que les mariages forcés. Ces deux exemples de comédie ne peuvent être appréciés et compris que si les spectateurs et lecteurs se renseignent sur le dramaturge qui les a mis sur pied.

                               De plus, afin de savoir réellement de quoi parle une œuvre et si elle a été inspirée de faits réels, alors il vaut mieux étudier la biographie de son créateur .Par exemple, dans le roman surréaliste d’Aurélien Aragon, intitulé Aurélien, on rencontre un personnage plutôt jeune qui rencontre pour la première fois celle qu’il aimera  jusqu’ à la fin de sa vie. Il s’agit de Bérénice qui ne lui fit pas vraiment bonne impression : « La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. » Ce roman éponyme dont le personnage principal porte le même nom que l’auteur est très intriguant et le lecteur est au cours de la lecture obligé de se demander s’il s’agit ici d’une histoire vraie ou alors simplement fictive. C’est pourquoi s’intéresser à la vie de l’auteur permet au lecteur d’en savoir plus sur l’œuvre, et donc d’améliorer sa compréhension, en la facilitant de plus.

                               En outre,  connaître la vie personnelle d’un poète permet à son poème d’être encore plus touchant et de dégager une émotion on ne peut plus intense et prenante  du fait de le comprendre encore mieux. On remarque ainsi dans le poème de Lamartine, qui s’intitule « Le Lac », que le narrateur est complètement perdu, triste, mélancolique .L’élégie se dégage de même de ce poème et la fuite du temps est d’ailleurs très présente dans sa totalité. Grâce  à ces figures de styles telles que les métaphores et les personnalisations du lac en personne ce poème est très touchant, et le lecteur éprouve de la compassion pour cet homme qui n’a plus le gout de vivre .Ce qui est encore plus poignant est le fait de se renseigner sur la vie de Lamartine, afin de mieux comprendre ces vers  si mystérieux .En faisant des recherches simples sur le poète on découvre qu’il passa un été au Lac Bourget en France comme il l’est décrit dans le poème. Mais plus surprenant encore, il tomba amoureux de Julie Charles durant ces mois de plaisir et de chaleur .Malheureusement, Julie qui était malade est en train de vivre ses derniers instants puisqu’elle meurt dans les mois qui suivent. C’est donc le Poème « Le Lac » qui témoigne de l’absence de la jeune femme l’été suivant. De plus, comme l’illustre le poème de Guillaume Apollinaire « Le Pont Mirabeau »  il est question la encore question  d’un homme malheureux bercé  dans un registre élégiaque  et qui ne cesse de penser au temps qui passe. Une rupture est aussi évidente comme le démontre « Et nos amours, faut-il qu’ils m’en souviennent ? ».Ainsi pour apprécier de manière plus forte le poème il faudrait chercher des éléments de la vie d’Apollinaire qui pourrait nous en dire plus sur cette mélancolie omniprésente dans son œuvre.

 

 

                                Bien que parfois étudier la biographie d’un écrivain se révèle indispensable, souvent cela n’est d’aucune utilité. Par conséquent, dans certains cas, des travaux littéraires n’ont rien à voir avec la vie de l’écrivain et la société dans laquelle il vit. On observe  cela dans Andromaque de Racine, qui est une tragédie inspirée et évoquant la mythologie grec. On découvre Andromaque une princesse troyenne, veuve d’Hector et mère d’Astyanax. Elle est la captive de Pyrrhus le fils d’Achille qui a tué toute sa famille. Il s’agit ici d’une femme déchirée entre deux destins possible tout deux fatals car soit elle sauve sa progéniture  en épousant celui qui est son ennemi, soit elle voit son fils mourir. Mêlée à des histoires d’amour impossibles et passionnelles, cette tragédie n’a positivement rien en commun avec le XVIIème siècle de Racine. De même dans Britannicus de ce même dramaturge, Junie qui aime et est aimée de Britannicus se fait enlever par Néron un empereur fou qui a fait bruler Rome. Cette fois ci inspirée de l’antiquité romaine, Junie doit dire à son amant qu’elle ne l’aime pas devant Néron spectateur de la scène sous peine de le voir mourir. Ici, ces deux tragédies de Racine démontrent que de ne rien connaitre de la vie du dramaturge  voire plus généralement de l’écrivain ne freine en rien la compréhension de l’histoire et le fait de l’aimer.

                                Par ailleurs, certains romans réalistes sont si bien détaillés et reflètent exactement une société de manière à ce que connaitre la biographie de l’auteur  ne semble pas utile. On peut illustrer cet argument grâce à La Cousine bête de Balzac. Il est vrai que ce roman réaliste décrit de façon très précise la société que Balzac dénonce. Un capitaine décrit de façon réceptive est exposé au lecteur, c’est un  homme ridicule et antipathique tant sur le plan moral que physique. Egalement, le roman réaliste Pierre et Jean représente une famille qui dès le premier abord ne semble ni soudée ni conventionnelle. On découvre Monsieur Roland, le père de famille un homme exaspérant, sans valeurs humaines et qui est par-dessus tout très naïf. Il est effectivement le seul à ne pas s’être aperçu  que Pierre qui ne lui ressemble en rien n’est pas son fils mais celui de monsieur Maréchal, son meilleur ami décédé qui  a légué toute sa fortune à son unique héritier : Pierre. On peut donc affirmer avec ces exemples que ces écrivains réalistes reflètent exactement les attitudes et défauts de personnages grossiers que l’on rencontre dans la vie de tous les jours. Pourquoi donc être obligé de s’informer sur la vie de ces auteurs pour comprendre et aimer leurs œuvres ? ce n’est donc pas une nécessité.

                               S’ajoute à cela les romans fantastiques et les histoires d’amour  qui ont pour uniques but de faire rêver et s’évader le lecteur. Prenons l’exemple de The Princess Bride (la Princesse mariée) de William Goldman qui est une romance fantastique entre une magnifique jeune femme Buttercup et son homme à tout faire de la ferme Westley. Pour pouvoir vivre leur amour et se marier les deux jeunes amoureux vont devoir faire face à bon nombre de péripéties tel un enlèvement, de la torture, des courses poursuites etc. De surcroit  dans Roméo et Juliette de William Shakespeare il s’agit d’une histoire d’amour impossible et tragique qui conduit les amants à leur perte, puisqu’ils mourront tout deux. Il est donc vrai que ces deux romans n’ont rien à voir avec leurs auteurs et ne sont là que pour faire rêver et s’évader le lecteur qui en oubli sa propre vie l’espace d’un  instant.

                              

 

                               Pour conclure, connaître la biographie d’un écrivain est parfois indispensable à la compréhension de son œuvre  lorsqu’elle est  engagée ou bien inspirée de  faits réels, cependant il arrive que cela soit inutile de s’en préoccuper comme l’illustre les tragédies classiques de Racine qui sont inspirées de mythologie et qui n’ont rien à voir avec la vie du dramaturge. De même , lorsqu’il est question de romans réalistes qui détaillent déjà a la perfection les gens d’un époque ou  bien  les romans fantastiques et à l’eau de rose qui ont pour seul motif de faire rêver et s’évader le lecteur. La question que l’on pourrait dès a présent se poser est de savoir si le mouvement littéraire qui dépend d’une période précise influence l’œuvre de l’écrivain ? Et s’il peut ne pas appartenir au courant de son époque et plaire quand même à son public ?

 

Angélina R., mai 2014.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Date de création : 01/06/2014 @ 15:44
Dernière modification : 09/06/2014 @ 16:50
Catégorie : Copies d'élèves 2013/2014
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