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Copies d'élèves (2006/2007) - Commentaires 2nde 1

 Vous trouverez ci-dessous quelques commentaires rédigés par des élèves de seconde de section internationale du lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis (Centre International de Valbonne) au cours de l'année scolaire 2006/2007 (professeur de Lettres : M. JF Bouché.)

 

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        Ce devoir a été réalisé en trois heures, dans des conditions d'examen (le sujet ne comportait pas de question préalable). Il concluait une séquence consacrée au Romantisme (objet d'étude : Un mouvement littéraire et culturel du XIXème siècle) et à la méthodologie du commentaire et de la lecture analytique. Il s'agissait, pour ces élèves, de leur premier devoir de commentaire, en temps limité.

        Ces quelques exemples de devoir peuvent aider les élèves qui sont en cours d'acquisition de la méthodologie du commentaire, et peuvent aussi servir de support à une éventuelle remédiation.

 

 

2nde 1

Devoir surveillé coefficient 3 (jeudi 1er février 2007)


Méthodologie du commentaire ; bilan de la séquence n°2

consacrée à la poésie romantique.


Sujet : Vous ferez un commentaire du texte suivant.




Laisse-moi !

Non, laisse-moi, je t'en supplie ;
En vain, si jeune et si jolie,
Tu voudrais ranimer mon coeur :
Ne vois-tu pas, à ma tristesse,
Que mon front pâle et sans jeunesse
Ne doit plus sourire au bonheur ?

Quand l'hiver aux froides haleines
Des fleurs qui brillent dans nos plaines
Glace le sein épanoui,
Qui peut rendre à la feuille morte
Ses parfums que la brise emporte
Et son éclat évanoui !

Oh ! si je t'avais rencontrée
Alors que mon âme enivrée
Palpitait de vie et d'amours,
Avec quel transport, quel délire
J'aurais accueilli ton sourire
Dont le charme eût nourri mes jours.

Mais à présent, Ô jeune fille !
Ton regard, c'est l'astre qui brille
Aux yeux troublés des matelots,
Dont la barque en proie au naufrage,
A l'instant où cesse l'orage
Se brise et s'enfuit sous les flots.

Non, laisse-moi, je t'en supplie ;
En vain, si jeune et si jolie,
Tu voudrais ranimer mon coeur :
Sur ce front pâle et sans jeunesse
Ne vois-tu pas que la tristesse
A banni l'espoir du bonheur ?

 

 

 

 

Gérard de Nerval, recueil Poésies diverses (1855).

 

Code des couleurs :

-1ère étape de l'introduction : présentation de l'époque et du mouvement littéraire.

-2ème étape  de l'intro : présentation de l'auteur et de l'oeuvre dont émane le texte à commenter.

-3ème étape : présentation de l'extrait.

-4ème étape : annonce des axes de lecture.

-Connecteur logique.

-Amorce d'un axe de lecture.

-Rappel de l'axe de lecture en cours.

-Transition.

-1ère étape de la conclusion : rappel des axes de lecture du devoir.

-2nde étape de la conclusion : Ouverture.

 

 

Code des couleurs : ce guidage méthodologique ajouté aux copies elles-mêmes est destiné à faire de ces productions d'élèves un potentiel outil d'élaboration de futurs devoirs, ou encore de remédiation ou de correction.

 

 

Commentaire de Clotilde P. :

 

 

        Le romantisme est le mouvement littéraire dominant au XIXème siècle. Il permet d'épancher ses sentiments les plus intimes et intenses à travers l'écriture ; ses thématiques principales sont le lyrisme heureux ou malheureux, la fuite du temps, l'amour de la nature ainsi que la recherche d'exotisme. Gérard de Nerval, auteur du texte à commenter, appartient à ce mouvement littéraire et la publication en 1855 de son recueil Poésies diverses révèle ses derniers poèmes puisqu'il meurt la même année. Laisse-moi ! , poème extrait de ce recueil, est un exemple de refus de l'amour de l'auteur face à un amour impossible. Dans ce poème, l'auteur exprime un lyrisme amoureux douloureux ainsi que la projection de celui-ci sur la nature.




        En premier lieu, il serait intéressant d'étudier le lyrisme douloureux que le poète exprime dans le texte. Dès la première strophe, l'anaphore "laisse-moi" (v.1 et 2) qui exprime un rejet, permet de se rendre compte de l'humeur malheureuse du poème. La demande "je t'en supplie", présente dans la première et la dernière strophe (v.2 et 26) renforce le registre lyrique. Ces deux strophes sont quasiment en anaphore par leur grande ressemblance et le lyrisme qui y est exprimé en est donc rendu encore plus intense.

        De même, la vieillesse peut être considérée dans ce poème comme le principal facteur du lyrisme douloureux. En effet, elle est visible dès la première strophe avec le "front" (v.6) défini par les termes "pâle et sans jeuness" (v.6). Le coeur, siège des sentiments et de la vie est associé au verbe "ranimer" (v.4) ; cette association de termes permet l'expression de la vieillesse, autant celle des sentiments que celle de la vie. Cette vieillesse et la renaissance vaine du coeur mènent à la mort des sentiments heureux. On voit cela grâce à la négation "ne doit plus sourire au bonheur" (v.7). La présence de nombreux verbes conjugués à l'imparfait tels que "je t'avais" (v.14), "j'aurais" (v.18) et "palpitait" (v.16) évoquent la jeunesse passée de l'auteur et donc son sentiment douloureux lorsqu'il y repense. Dans ce passé regretté, les sentiments intenses étaient également présents, sentiments qu'il est possible de qualifier d'hyperboliques comme "transport" ou "délire" (v.17). Une allitération en [R] avec "rencontrée" (v.14), "enivrée" (v.15) "transport" et "sourire" (v.15 et 17) évoque également ce regret de l'époque passée. Tout cela met un accent sur le lyrisme exprimé par le poète dans ce poème.

        Il serait également intéressant de voir la différence évidente qui existe entre les deux protagonistes, à savoir l'auteur et une jeune fille qu'il aime. Cette différence est identifiable grâce à la caractérisation que Gérard de Nerval fait de cette femme : il la qualifie de "jeune et "jolie" (v.3 et 27), et l'invocation "Ô" suivie de l'expression "jeune fille" (v.20) contraste avec l'âge avancé de Gérard de Nerval : lorsqu'il écrit ce poème, il en est à la fin de sa vie. L'oxymore "éclat évanoui" (v.13) renforce également cette idée de contraste et de différence qui rend impossible un amour entre ces deux êtres et qui amplifie les sentiments douloureux du poète.




        En second lieu, il serait possible de s'intéresser au milieu que l'auteur utilise pour exprimer ses sentiments intenses, à savoir la Nature. Cette projection est remarquable majoritairement aux strophes 2 et 4 et est introduite par l' "hiver" (v.8) qui évoque une saison où tout meurt et s'endort et montre donc bien grâce à la Nature l'état dans lequel se trouve l'auteur lorsqu'il écrit ce poème. Cet hiver "glace" (v.10) "les fleus épanouies" (v.9), les empêche donc de se développer davantage. L'idée de mort est aussi présente et est associée à une "feuille" (v.11), élément naturel qui permet à l'auteur la projection de ses sentiments sur la Nature.

        De plus, la métaphore qui est faite dans l'ensemble de la quatrième strophe est très représentative de la projection des sentiments de l'auteur sur la Nature. Il est question dans cette strophe de "naufrage" et d' "orage" (v.23/24), termes qui renforcent la thématique de la projection des sentiments sur la Nature. L'effet que la femme aimée a sur l'homme est représentée par le naufrage de "la barque" (v.23) "des matelots"(v.22). Cette femme, qualifiée d' "astre" (v.21), peut être représenté comme la dernière chose que l'on voit avant de mourrir, la Nature est donc au diapason des sentiments et de la situation de l'auteur.

        Enfin, cette projection sur la Nature des sentiments de l'auteur rend visible le chiasme que forme le poème dans sa structure : la première et la dernière strophe ont pour thématique le lyrisme douloureux du poète, la deuxième et la quatrième strophe évoquent la projection ce ces sentiments sur la Nature. Au milieu de ces quatre strophes, la troisième strophe évoque le passé heureux virtuel du poète. Ce chiasme peut exprimer le rapprochement des deux personnages grâce à l'amour, malgré leur nombreuses différences. On pourrait également parler de symétrie qui forme un miroir amoureux.




        Gérard de Nerval, dans son poème Laisse-moi ! fait donc apparaitre deux des grandes thématiques romantiques. Il est incapable par sa vieillesse de rendre une jeune femme heureuse ou même d'être lui-même heureux. Il se voit donc obligé de renoncer à l'amour qu'il a pour cette jeune et jolie femme. D'autres auteurs tels que Lamartine, lui aussi auteur romantique ont écrit des poèmes au lyrisme douloureux, par exemple lors d'une séparation forcée avec l'être aimé.

 

Clotilde P., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2007.

 

 

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Commentaire de David M. :


 




          Le Romantisme est le courant littéraire principal du XIXème siècle. Il s’oppose totalement au Classicisme en se concentrant sur les émotions et les sentiments ressentis par l’écrivain. Gérard de Nerval, auteur du poème « Laisse-moi ! », est un des principaux poètes de ce courant. Le poème dont il est question, publié en 1855 dans le recueil Poésies diverses, narre la rencontre entre le poète et une jeune fille, et la tristesse éprouvée à cause de l’impossibilité d’une relation amoureuse entre eux. Il est question dans ce poème de la tristesse qu’éprouve le poète, ainsi que de sa nostalgie des joies du passé.




          Dans ce poème, Nerval fait usage du registre lyrique pour exprimer la tristesse ressentie lorsqu’il se voit contraint de ne pas avoir de relation amoureuse avec la jeune fille. Ce rejet est fait de manière directe, bien qu’il soit douloureux, et cela est montré par plusieurs procédés. Par exemple, le verbe « laisse-moi », au mode impératif, est utilisé en anaphore aux vers 1, 2 et 26, illustrant parfaitement l’intention du poète de n’entamer aucune relation avec la jeune fille. De plus, l’usage de phrases exclamatives (aux vers 1, 13 et 20) ainsi que l’interjection « Oh ! » au vers 14 renforcent l’idée de la fermeté du poète. Par ailleurs, la tournure négative « ne vois-tu pas », aux vers 5 et 30, représente les sentiments douloureux qu’engendre le rejet de la jeune fille par Nerval.

          Cependant, le poète fait également part des raisons de sa décision, aussi douloureuse soit-elle. On note par exemple l’association de la « tristesse » du poète à son « front pâle et sans jeunesse » (vers 5, 6, et 29, 30), mettant ainsi en cause sa vieillesse. Ce problème est ensuite évoqué dans la quatrième strophe, lorsque le poète compare ses yeux aux « yeux troublés des matelots » l’empêchant d’admirer la beauté et le regard de la jeune fille. Un autre exemple est le tutoiement employé par le poète (« tu voudrais » vers 4, « ne vois-tu pas » vers 5, « ton regard » vers 21) illustrant à nouveau sa différence d’âge avec la jeune fille. Tous ces procédés insistent clairement sur l’impossibilité d’une relation amoureuse et renforcent le lyrisme douloureux du poème, exprimant le malheur profond du poète.




          L’expression de la tristesse causée par le rejet d’une éventuelle relation amoureuse entraîne également la nostalgie du poète, qui est par ailleurs une autre grande thématique du Romantisme. On assiste d’abord à une exaltation du poète lorsqu’il se remémore les joies du passé, mais cette joie n’est que fausse et éphémère. Par exemple, l’emploi de l’expression « ranimer mon cœur » aux vers 4 et 28 indique que le poète a probablement connu le bonheur amoureux, mais aussi que celui-ci est maintenant passé. Dans la troisième strophe, Nerval énumère les bonheurs que la jeune fille et lui auraient pu connaître en faisant abstraction de leur différence d’âge, avec le champ lexical de la joie et du plaisir (« âme enivrée » vers 15, « vie », « amours » vers 16, « transport », « délire » vers 17, « sourire » vers 18 et « charme » vers 19). Cependant, l’emploi du plus-que-parfait « avais rencontrée » au vers 14 montre que tous ces bonheurs sont passés et sont maintenant impossibles. Ces procédés illustrent donc la nostalgie de Nerval, qui sait que les moments heureux qu’il se remémore sont perdus à jamais.

         Le poète, après avoir éprouvé cette fausse exaltation, retourne dans le moment présent bien que la réalité soit dure à accepter. Ce retour est d’abord exprimé par l’adverbe « à présent », au vers 20. Puis, Nerval qualifie la beauté de la jeune fille de « vain[e] » (vers 27) : il renonce définitivement à elle. Cela est également montré par l’emploi du passé composé « a banni l’espoir du bonheur » (vers 31) : cet espoir est perdu. Nerval sait que sa nostalgie du passé est, à l’instar de la beauté de la jeune fille, vaine ; il retourne donc douloureusement à la réalité.




          L’expression des sentiments douloureux du poète, ainsi que la nostalgie qu’il évoque, permettent de classer ce poème dans le courant littéraire romantique. On peut voir dans ce poème une part autobiographique majeure ; ce procédé a d’ailleurs largement été utilisé par des auteurs romantiques tels Lamartine ou Hugo, s’inspirant de leurs relations amoureuses ou de pertes d’êtres chers pour l’écriture de leurs œuvres.

David M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2007.

David M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2007.

David M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2007.

David M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2007.

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Commentaire de Cécilia F. :

Commentaire de Cécilia F. :

Com

Commentaire de Cécilia F. :

         

 

          Le Romantisme est un des principaux mouvements littéraires du XIXème siècle et se caractérise par l'épanchement ou l'exaltation de sentiments à travers la nature ou le temps. Gérard de Nerval s'est imposé comme l'un des poètes les plus importants de ce mouvement, notamment grâce au recueil Poésies Diverses (1855). Le poème "Laisse-moi !", écrit à la fin de sa vie, reflète ses souffrances psychologiques et s'adresse à une jeune fille. Le poème est axé sur un lyrisme douloureux qui s'oppose à l'amour heureux que la jeune fille aurait pu lui apporter.

 

 

 

          Ce texte présente dans un premier temps l'expression d'un lyrisme douloureux. Tout d'abord, le poète fait apparaître une réelle souffrance à travers des expressions hyperboliques telles que : "tristesse" (v.5), "pâle" (v.6), "évanoui" (v.13), "troublés" (v.22),  "naufrage" (v.23), "orage" (v.24), "se brise" (v.25), "banni" (v.31). L'allitération en [r], comme le montrent les expressions "ranimer", "coeur" (v.4), "front" (v.6), "sourire" (v.7), "hiver", "froides" (v.8), "morte" (v.11) évoque, par sa sonorité dure, le râle de la souffrance. De même, des expressions telles que "laisse" (v.1), "supplie" (v.2), "tristesse" (v.5), "jeunesse" (v.6), "sein" (v.10), "astre" (v.21), "cesse" (v.24) présentent une allitération en [s] qui évoque la tristesse et qui contribue également à l'expression du lyrisme douloureux.

          Ce lyrisme est ensuite projeté sur la nature environnante, notamment dans la deuxième strophe avec les noms communs "hiver", "fleurs", "plaines", "feuille", "parfum" et "brise". Certaines de ces expressions présentent par ailleurs une allitération en [f] qui rappelle le vent par sa sonorité sifflante. L'expression "feuille morte", qui symbolise la fin de la saison estivale, et l'oxymore "éclat évanoui", qui symbolise l'extinction de l'espoir, montrent l'incursion de la tristesse du poète dans la nature. De même, on peut remarquer une allitération en [l] à travers les expressions suivantes : "l'astre", "troublés", "matelots" (v.22), "l'instant", "l'orage" (v.24), "flots" (v.25). Cette sonorité fluide évoque les larmes et contribue également à la métaphore que l'on retrouve dans la quatrième strophe entre le naufrage d'un bateau durant un orage et le coeur du poète qui sombre dans le désespoir. Par ailleurs, la barque est considérée comme un symbole de l'âme (car elle servait à transporter l'âme des morts dans l'au-delà dans certaines mythologies) et renforce ainsi le parallélisme entre le naufrage et la chute psychologique du poète qu'il exprime à travers un lyrisme douloureux.

          Enfin, Gérard de Nerval considère sa souffrance comme inexorable et définitive, que le temps ne peut détruire. Cela se retrouve plus particulièrement à travers la régularité des vers, qui sont tous des octosyllabes, et qui montrent ainsi un désespoir continu et infini. Le verbe "[glacer]" représente en outre un arrêt brutal de chaleur, donc de la joie de vivre, et contient une connotation négative qui évoque l'éternité. La première strophe, qui présente l'opposition entre la jeunesse et la vieillesse que son désespoir lui apporte ("front pâle et sans jeunesse" (v.6)), est répétée à la fin du poème. La répétition de cette strophe, ainsi que de négations  telles que "non" (v.2 et v.26) et "ne vois-tu pas" (v. 5 et v.29), crée une valeur d'insistance sur la douleur mortifère du poète. De même, les enjambements que l'on remarque tout au long de la deuxième strophe et aux vers 21 et 22 montrent que l'écoulement du temps emportera avec lui, jusqu'à la mort du poète, un désespoir infini qui engendre son lyrisme douloureux.

 

 

 

          Cependant, de même que le poète regrette cette souffrance infinie, de même son lyrisme douloureux est un obstacle au bonheur amoureux que la jeune fille qu'il rencontre désire lui prodiguer. D'une part, cet espoir est exprimé à travers les expressions "ranimer" (v.4), "sourire", "bonheur" (v.7), "brillent" (v.9), "espoir du bonheur" (v.31). Cette joie que la jeune fille est prête à lui apporter apparaît également à travers l'allitération en "j", comme le montrent les adjectifs "jeune" et "jolie" (v.3) et les noms communs "jeunesse" (v.6), "jours" (v.19), "naufrage" (v.23) et "orage" (v.24). Le poète s'adresse à la jeune fille par le biais de verbes conjugués au mode impératif tel que "laisse-moi" et lui lance une supplique désespérée avec "je t'en supplie". D'autres expressions comme "rencontrée", "enivrée", "palpitait", "amours", "transport", "délire", "sourire" et "charme" dans la troisième strophe, ainsi que la paronomase entre "épanoui" et "évanoui" qui rapproche deux mots, symbolisent un amour passé que le poète aurait souhaité retrouver grâce à la jeune fille.

          D'autre part,  ce bonheur amoureux semble improbable, comme le montre la diérèse au niveau des adjectifs qualificatifs "évanoui" et "épanoui" qui consiste en la séparation d'une seule syllabe, symbolisant donc l'incompatibilité entre ces deux êtres et l'improbabilité de leur amour. De même, les oxymores et antithèses tels que "glace le sein épanoui" et "éclat évanoui" montrent l'opposition entre la souffrance du poète et cet espoir amoureux que la jeune fille aurait pu lui offrir.

          Enfin, cette jeune fille apparaît comme idéale. Le groupe verbal "tu voudrais" montre la compassion et l'attention dont elle fait preuve envers le poète. Le rythme binaire "si jeune et si jolie", ainsi que les césures à l'hémistiche aux vers 2, 5 et 20 contribuent à la perfection et l'équilibre de ce personnage. L'interjection "oh !" (v.14) et l'invocation "ô" (v.20) participent à l'élaboration de l'image hyperbolique de cette jeune femme. Son regard est de plus comparé à un astre au vers 21 ("ton regard, c'est l'astre qui brille") et la jeune fille est considérée comme une allégorie de la jeunesse et de la beauté à travers les adjectifs "jeune" et "jolie" (v.3 et 27) : elle apparaît donc à ses yeux telle une muse, ou une bonne fée qui viendrait à lui pour le réconforter. L'anaphore de "si" aux vers 3 et 27 insiste sur son aspect divin et fait de sa beauté et de sa gentillesse des éléments qui parviennent presque à convaincre le poète. Cela est illustré par la conjonction de subordination hypothétique "si" au vers 14 ("si je t'avais rencontrée") et l'emploi du mode conditionnel au vers 18 : "j'aurais accueilli". Ainsi, l'idéal qu'incarne la jeune fille participe aux raisons qui auraient pu permettre au poète de retrouver le bonheur perdu.

 

 

 

          "Laisse-moi !" est en conclusion un texte entièrement lyrique qui, par l'épanchement d'un mal-être infini à travers le temps et la nature, apparaît comme un poème typiquement romantique et fait de Gérard de Nerval un auteur phare de ce mouvement littéraire. D'autres auteurs contemporains, tels Victor Hugo et Alphonse de Lamartine, utiliseront les procédés romantiques et permettront à ce mouvement littéraire de durer jusqu'à la fin du XIXème siècle.

 

 

Cécilia F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2007.

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ComCCommentaire de Pauline L. :

        aire de Pauline L. : ommentaire de Pauline L. :

Attention, le code des couleurs est légèrement modifié, dans ce devoir.

-1ère étape de l'introduction : présentation de l'époque et du mouvement littéraire.

-2ème étape  de l'intro : présentation de l'auteur et de l'oeuvre dont émane le texte à commenter.

-3ème étape : présentation de l'extrait.

-4ème étape : annonce des axes de lecture.

-Connecteur logique.

-Amorce d'un axe de lecture.

-Rappel de l'axe de lecture en cours.

-Transition.

-1ère étape de la conclusion : rappel des axes de lecture du devoir.

-2nde étape de la conclusion : Ouverture.

          Le Romantisme est le principal mouvement littéraire de la première moitié du XIXème siècle, ayant pour but d’exprimer des sentiments personnels vrais après l’aspect artificiel du Classicisme. Gérard de Nerval, torturé par la folie, essaye dans ses poèmes de trouver son «Moi» et de lutter contre la détresse dans laquelle le plonge son état mental. « Laisse-moi », poème extrait de Poésies diverses, recueil composé l’année de la mort de Nerval, exprime son désespoir face à un amour qui n’aurait été possible que dans son passé. Ce poème comporte trois grands thèmes principaux : le lyrisme douloureux, résultant du désespoir de Nerval, la fuite du temps, cause de ce ressentiment, et enfin la projection de ces thématiques sur la nature.

 

 

Le lyrisme douloureux est une grande thématique romantique. Il représente l’état d’esprit de Nerval pendant l’écriture de ce poème, alors qu’il était torturé par la folie. En effet, Nerval, dés la première strophe, exprime ses sentiments par des sonorités. On peut y trouver une allitération en [s] « laisse » (v.1) ; « laisse » et « supplie » (v.2) ; « si » et « si » (v.3) ; tristesse » (v.5) ; « sans » et « jeunesse » (v.6) ; et « sourire » (v.7). Cette allitération est symbolique de la solitude de Nerval, solitude volontaire mais salvatrice par rapport au déchirement d’une séparation éternelle. On trouve aussi, deux assonances : une en [i] et une en [é]. L’assonance en [i] de « supplie »(v.2) ; « si », « si » et« jolie » (v.3) ; « ranimer » (v.4) ; « tristesse » (v.5) ; « sourire » (v.7) et l’assonance en [é] « laisse » (v.1) ; « laisse » (v.2) ; « voudrais » et « ranimer » (v.4) ; « tristesse » (v.5) ; et « jeunesse » (v.6) ont la même interprétation : le poète est amer et triste de ne pouvoir trouver l’amour de peur de le perdre ensuite. Les sonorités aux interprétations mélancoliques renforcent l’idée de lyrisme douloureux.

De plus, dans ce poème, il est possible de remarquer de nombreux éléments renforçant l’évocation d’un lyrisme douloureux, dont le champ lexical des sentiments douloureux : « supplie » (v.2) ; «  en vain » (v.3) ; « tristesse » (v.5) ; « front pâle » (v.6), et l’expression « Ne doit plus sourire au bonheur » (v.7). L’invocation déchirante « ô » au vers 9, l’interjection « Oh » au vers 14, ainsi qu’une ponctuation forte tout au long du poème (points d’exclamations aux vers 1,13, 20 et 31, ainsi que des points d’interrogations aux vers 7 et 31 insistent sur l’expression de ce lyrisme douloureux.

 

 

 

Le lyrisme douloureux de Nerval trouve sa source dans une fuite du temps inexorable qui entraîne le poète vers une mort certaine, ainsi qu’à des séparations auxquelles il ne peut se résoudre. De même qu’avec le lyrisme douloureux, une sonorité renforce l’idée de cette fuite du temps, l’assonance en [a] est présente aux strophes trois et quatre, où elles ont des interprétations différentes, mais complémentaires. A la strophe trois, cette assonance « avais » (v.14) ; « alors » et « âme » (v.15) ; « palpitait » et amours » (v.16) ; « Avec » (v.17) ; « accueilli » (v.18) et « charme » (v.19) représente l’amour et l’avenir qu’il aurait pu avoir s’il avait rencontré cette jeune fille plus tôt. A la strophe quatre, l’assonance en [a] « à » (v.20) ; « regard » et «  astre » (v.21) ; « matelots » (v.22) ; « barque » et « naufrage » (v.23) ; « à » et « orage » (v.24) prend une autre signification. Elle représente ici le mirage des matelots, dont il est explicitement question à la 4ème strophe, représentations poétiques de Nerval. Cette assonance est donc synonyme d’une fuite du temps dévastatrice pour Nerval et pour sa vie amoureuse.

De plus, on peut remarquer à la première strophe une antithèse entre « si jeune et si jolie » (v.3) et « mon front pâle et sans jeunesse » (v.6), montrant l’impossibilité d’un amour « frappé » par le temps qui ravit la vie toujours trop tôt. Le champ lexical du temps renforce cette idée, grâce à des termes tels que « sans jeunesse » (v.4), « vie » (v.16), « mes jours » (v.19), « à l’instant » (v.24), ou « jeune » (v.9). Ces termes sont renforcés par l’usage de l’imparfait et de plus-que-parfait : « avais rencontrée » (v.14), « enivrée » (v.15), « palpitait » (v.16), « aurais accueilli » (v.18), « troublés » (v.22). Toutes ces représentations heureuses du passé et douloureuses de l’avenir contribuent au désespoir causé par une fuite du temps immuable.

 

 

 

Par ailleurs, Nerval projette son désespoir de la fuite du temps, cause du lyrisme douloureux imprégnant ce poème, sur la nature. En effet, toute la deuxième strophe du poème (v.8 à 13), représente une allégorie de la vieillesse. « L’hiver » représente l’âge où la flamme de l’amour n’a plus sa place, et la « [fleur] qui [brille] dans nos plaines » (v.9), l’amour de la jeune fille, objet de ce poème. Nerval semble avoir peur que sa morosité ne « glace le sein épanoui » de la jeune fille (v.10). Il ne croît pas que l’amour puisse lui rendre sa jeunesse : « Qui peut rendre à la feuille morte/Ses parfums que la brise emporte/Et son éclat évanoui ! » (v.11à 13). Nerval pense que la vieillesse est mortifère, et se désespère donc de celle-ci qui entraîne une séparation inévitable d’avec sa bien-aimée. Cette séparation douloureuse est la conséquence de la fuite du temps.

Comme à la strophe deux, Nerval utilise la nature à la quatrième strophe pour exprimer sa crainte de la mort et de la vieillesse. Il utilise cette fois-ci une métaphore du soleil, représentant ainsi la jeune fille d’une manière glorieuse, mais aussi dangereuse, involontairement. En effet, elle, tel l’astre solaire, porteuse d’espoir, comme dans les v.21 et 22 « Ton regard, c’est l’astre qui brille/Aux yeux troublés des matelots ». Cependant, Nerval semble penser que cet espoir apporté par l’amour n’est qu’un mirage : « Dont la barque en proie au naufrage/A l’instant où cesse l’orage/Se brise et s’enfuit sous les flots » (v. 23 à 25). Cette antithèse exprime un refus de l’amour, par peur d’un espoir déçu, causé par la mort et la vieillesse, inexorables alliées du temps qui passe.

 

 

 

« Laisse-moi ! » est un poème romantique explorant le « Moi » désespéré et effrayé de Nerval, qui a peur d’aimer aux portes de la mort, et de s’en aller encore plus amer et tourmenté qu’il ne l’est déjà. Les thématiques qui constituent « Laisse-moi ! » sont typiquement romantiques : le lyrisme douloureux, la fuite du temps, et leur projection sur la nature. Semblable en de nombreux points avec celle d’un de ses plusillustres contemporains, Victor Hugo, la création poétique de Nerval nous donne un parfait aperçu d’un mouvement littéraire et artistique qui a marqué le XIXème siècle européen : le Romantisme.

 

Pauline L. , 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2007.

 


 


Date de création : 16/02/2007 @ 16:07
Dernière modification : 25/09/2009 @ 22:39
Catégorie : Copies d'élèves (2006/2007)
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