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Copies d'élèves 2014/2015 - Question de corpus et commentaire 1ère FLS

DS : bac blanc (durée : 4h)          

Objet d'étude : La question de l'homme dans les genres de l'argumentation, du XVlème siècle à nos jours.
Textes : 
Texte A : Michel de MONTAIGNE,Essais, Livre Il (1595) .
Texte B : Jean de LA FONTAINE,Fables, Livre IX (1679).
Texte C : Jean ROSTAND, Pensées d'un biologiste (1954).

 Texte A : Michel de Montaigne,Essais, (1580-1588-1595), Livre Il, chapitre XII, « Apologie de Raymond Sebond ».

 [Dans le chapitre XII du livre Il desEssais, Montaigne analyse sans indulgence les faiblesses et les imperfections des hommes.]

  Considérons donc pour le moment l'homme seul, sans secours étranger, armé seulement de ses armes et dépourvu de la grâce1et de la connaissance divine qui sont tout son honneur, sa force et le fondement de son être. Voyons combien il a de solidité dans ce bel équipage2. Qu'il me fasse comprendre en employant la force de sa raison sur quels fondements il a bâti ces grandes supériorités qu'il pense avoir sur les autres créatures. Qu'est-ce qui lui a persuadé que ce cours admirable de la voûte céleste, la lumière éternelle de ces flambeaux roulant si fièrement sur sa tête, les mouvements effrayants de cette mer infinie, aient été établis et se continuent pendant tant de siècles pour son avantage et pour son service ? Est-il possible d'imaginer chose aussi ridicule que le fait que cette misérable et chétive créature, qui n'est pas seulement maîtresse d'elle-même, qui est exposée aux atteintes de toutes choses, se dise maîtresse et impératrice de l'univers dont elle n'a pas le pouvoir de connaître la moindre partie, tant s'en faut de la commander ? Et ce privilège qu'il s'attribue d'être le seul dans ce grand édifice qui ait la capacité d'en reconnaître la beauté et les parties, le seul qui puisse rendre grâces de cela à l'architecte3et tenir le compte de ce qui se crée et de ce qui se perd dans le monde, ce privilège, qui le lui a scellé4? Qu'il nous montre des lettres patentes5qui lui confient cette belle et grande charge. Ont-elles été octroyées en faveur des sages seulement ? Elles concernent en ce cas peu de gens. Les sots et les méchants sont-ils dignes d'une faveur aussi extraordinaire et, étant la pire partie du monde, méritent-ils d'être préférés à tout le reste ?

1. Grâce : faveur divine.
2. Dans ce bel équipage : avec de telles ressources.
3 L'architecte : ici, le créateur du monde.
4. Scellé : accordé dans un document rendu officiel par un sceau.
5. Lettres patentes : décisions royales accordant une faveur.

 Texte B : Jean de La Fontaine,Fables, Livre IX, 4 (1679).

LE GLAND ET LA CITROUILLE

Dieu fait bien ce qu'il fait. Sans en chercher la preuve
En tout cet Univers, et l'aller parcourant,
Dans les Citrouilles je la treuve1.
Un villageois, considérant
Combien ce fruit est gros et sa tige menue :
A quoi songeait, dit-il, l'Auteur de tout cela ?
Il a bien mal placé cette Citrouille-là !
Hé parbleu ! Je l'aurais pendue
A l'un des chênes que voilà.
C'eût été justement l'affaire;
Tel fruit, tel arbre, pour bien faire.
C'est dommage, Garo2, que tu n'es point entré
Au conseil3de celui que prêche ton Curé :
Tout en eût été mieux; car pourquoi, par exemple,
Le Gland, qui n'est pas gros comme mon petit doigt,
Ne pend-il pas en cet endroit ?
Dieu s'est mépris: plus je contemple
Ces fruits ainsi placés, plus il semble à Garo
Que l'on a fait un quiproquo.
Cette réflexion embarrassant notre homme :
On ne dort point, dit-il, quand on a tant d'esprit.
Sous un chêne aussitôt il va prendre son somme.
Un gland tombe : le nez du dormeur en pâtit.
Il s'éveille; et portant la main sur son visage,
Il trouve encor le Gland pris au poil du menton.
Son nez meurtri le force à changer de langage;
Oh, oh, dit-il, je saigne ! et que serait-ce donc
S'il fût tombé de l'arbre une masse plus lourde,
Et que ce Gland eût été gourde4?
Dieu ne l'a pas voulu: sans doute il eut raison;
J'en vois bien à présent la cause.
En louant Dieu de toute chose,
Garo retourne à la maison.

1. Treuve : forme ancienne de « trouve », pour la rime.
2. Garo : nom de paysan.
3. Conseil : avis, décision.
4. Gourde : désigne la citrouille.

 Texte C : Jean Rostand ,Pensées d'un biologiste(1954).

 [Jean Rostand, fils d'Edmond Rostand (auteur deCyrano de Bergerac) est un biologiste qui a fait connaître la génétique. Savant humaniste, il propose une réflexion sur les relations entre l'homme et le monde.]

  Mais, laissant au moraliste le soin de peser les douleurs et les satisfactions individuelles, demandons-nous ce que l'homme, en tant que membre de l'espèce, peut penser de lui-même et de son labeur.
   Certes, à se souvenir de ses origines, il a bien sujet de se considérer avec complaisance. Ce petit-fils de poisson, cet arrière-neveu de limace, a droit à quelque orgueil de parvenu. Jusqu'où n'ira-t-il pas dans sa maîtrise des forces matérielles ? Quel secret ne dérobera-t-il pas à la nature ? Demain, il libérera l'énergie intra-atomique, il voyagera dans les espaces interplanétaires, il prolongera la durée de sa propre vie, il combattra la plupart des maux qui l'assaillent, et même ceux que créent ses propres passions, en instaurant un ordre meilleur dans ses collectivités.
Sa réussite a de quoi lui tourner un peu la tête. Mais, pour se dégriser aussitôt, qu'il situe son royaume dérisoire parmi les astres sans nombre que lui révèlent ses télescopes : comment se prendrait-il encore au sérieux, sous quelque aspect qu'il s'envisage, une fois qu'il a jeté le regard dans les gouffres glacés où se hâtent les nébuleuses spirales !
  Quel sort, au demeurant, peut-il prédire à son œuvre, à son effort ? De tout cela, que restera-t-il, un jour, sur le misérable grain de boue où il réside ? L'espèce humaine passera, comme ont passé les dinosaures et les stégocéphales1. Peu à peu, la petite étoile qui nous sert de soleil abandonnera sa force éclairante et chauffante... Toute vie alors aura cessé sur la terre qui, astre périmé, continuera de tourner sans fin dans les espaces sans bornes... Alors, de toute la civilisation humaine ou surhumaine - découvertes, philosophies, idéaux, religions -, rien ne subsistera. Il ne restera même pas de nous ce qui reste aujourd'hui de l'homme du Néanderthal, dont quelques débris au moins ont trouvé un asile dans les musées de son successeur. En ce minuscule coin d'univers sera annulée pour jamais l'aventure falote2du protoplasme3?... Aventure qui déjà, peut-être, s'est achevée sur d'autres mondes... Aventure qui, en d'autres mondes peut-être, se renouvellera... Et partout soutenue par les mêmes illusions, créatrice des mêmes tourments, partout aussi absurde, aussi vaine, aussi nécessairement promise dès le principe à l'échec final et à la ténèbre infinie...

1. Stégocéphales : amphibiens préhistoriques.
2. Falote : insignifiante.
3. Protoplasme : substance qui constitue la cellule, à l'origine de la vie. 

I- Après avoir lu tous les textes du corpus, vous répondrez â la question suivante (4 points) :

Quelle place les textes du corpus accordent-ils à l'homme dans l'univers ?

II. Commentaire (16 points) : Vous commenterez le texte de La Fontaine (texte B).

 

Devoir de Matilda O. :

Question de Corpus

Quelles places les textes du corpus accordent-ils à l'homme dans l'univers?

Le corpus proposé est composé de trois textes écrient dans des époques différents:
“Apologie de Raymond Sebond” de Montaigne, tiré de sa collection les Essais (1580-1588-1595); une fable s'intitulant “Le Gland et la Citrouille” de Jean de La Fontaine (1679); et Pensées d'un biologiste de Jean Rostand (1954). Ces trois textes incluent tous des réflexions sur la relation entre l'homme et le monde. Il serait intéressant d'analyser quelle place ces auteurs accordent à l'homme dans l'univers.

Premièrement, les trois textes semblent dépeindre l'homme comme étant inconscient de ses
alentours, mais aussi comme ayant une surestimation de sa puissance. Dans le texte de Montaigne, il y a des termes qui accentuent l'ignorance de l'homme concernant son pouvoir dans le monde. À la ligne 4, Montaigne suggère que l'homme ressent des “supériorité s […] sur les autres créatures” et à la ligne 7, l'homme considère les merveilles du monde étant “pour son avantage et pour son service”. Des mot comme “maîtresse” et “impératrice de l'univers” insistent sur l'ignorance et le manque de considération des véritables conditions. Cela suggère aussi que l'homme se croit être capable de commander l'univers. Similairement, dans “Le Gland et la Citrouille”, au vers 8, Garo le paysan s'exclame: “Je l'aurais pendue”, comme si il s'attendait à cette autorité naturellement. Garo compare également le Gland “qui n'est pas gros comme [son] petit doigt” avec son propre corps humain, considérant l'homme un “point de départ” pour tout comparaisons. Au vers 20, Garo pense “que l'on a fait un quiproquo” puisqu'il ne comprend pas son impuissance. Dans l'extrait de Jean Rostand, de similaires remarques sont faites. Ligne 4 et 5 font rappel à “[la] maîtrise des forces matérielles” comme “l'énergie intra-atomique” et des voyages “dans les espaces planétaires”. Également, à la ligne 6, l'homme “prolongera la durée de sa propre vie” et“combattra la plupart des maux”. Ces termes sont connotés positivement, mais d'une façon tellement exagerée que cela rappelle à un optimisme faux. Des mots comme “ordre meilleur” et “royaume” font penser à un lieu utopique qui ne semble pas être possible à atteindre. Ces trois textes illustrent donc la surestimation de l'homme à propos de son pouvoir.

Ces trois textes insistent surtout sur le fait de l'insignifiance de l'homme. Dans le texte de
Montaigne, des verbes comme “considérons”, “imaginer” et “se dise” dépeignent l'aspect théorique des aspirations de supériorité  que possède l'homme. Il emprunte également des termes péjoratifs comme “ridicule” et “misérable et chétive créature” pour insister sur le fait que l'homme se croit plus important qu'il est. Dans “Le Gland et la Citrouille”, des phrases faisant appel à Dieu (v. 1 et v.31) démontrent aussi la véritable impuissance de l'homme. Dans le dernier texte de Jean Rostand, l'auteur rapetisse l'homme à quelque chose d'insignifiant en le comparant au “débris” de “l'homme du Néanderthal” et son “aventure falote” dans ce “minuscule coin d'univers”, ce qui est très péjoratif.

Les trois textes désignent donc une place inférieure à l'homme que ce qu'il considère lui-
même. Que ce soit la puissance divine ou naturelle, les trois auteurs considèrent que l'homme a surestimé son pouvoir, et ce message est très clairement illustré dans les trois textes.


Commentaire


          Le XVIIème siècle était l'époque où le mouvement littéraire du classicisme était à son
apogée. Ce mouvement cherchait principalement à adopter les anciennes valeurs qui ont été utilisées par les grands écrivains de l'Antiquité, et imposa donc des façons d'écriture très restrictives aux auteurs, notamment des règles à respecter. Jean de La Fontaine était un des écrivains à cette époque et écrivit principalement des fables, dont la plupart étaient animalières mais quelques non-animalières sont également survenus, et qui contenaient le plus souvent une morale. La fable “Le Gland et la Citrouille” décrit un homme qui songe aux décisions prises par Dieu concernant la citrouille don't s'agit la fable. Dans celle-ci, il est possible d'observer une certaine dénonciation de l'arrogance de l'homme envers Dieu, et également une démonstration du pouvoir et de la sagesse que possède véritablement Dieu sur l'homme.

 

          Tout d'abord, le personnage du villageois Garo représente une certaine arrogance en ce qui
concerne les créations qui l'entourent. À l'époque de La Fontaine, la grande majorité de la population était croyante, c'est à dire chrétienne. Le fait de douter de son créateur, ce que fait Garo au vers 6 et 7 en disant: “A quoi songeait […] l'Auteur de tout cela?” et en considérant que “Il a mal placé cette Citrouille-là” est quelque chose de très bouleversant face à une société religieuse. Cela montre que Garo, représentant l'Homme, met en question ce qu'a fait Dieu avec cette citrouille. Le fait que Garo “n'est point entré au conseil de celui que prêche ton Curé”, c'est à dire, qu'il n'est pas d'accord avec les discours que fait le Curé, le prêtre, qui est essentiellement représentatif de la religion, accentue l'indifférence au force divin. Une telle indifférence démontre donc l'arrogance de l'homme, représenté par Garo.
          En outre, Garo montre une arrogance en ayant une confiance en soi qui est très forte. Au
vers 8, il déclare: “Je l'aurais pendue” (en désignant la citrouille). L'utilisation de la première personne du singulier souligne la grande confiance qu'il possède. Au vers 11, il dit: “pour bien faire”, comme si sa décision était intellectuellement supérieure. La ponctuation forte utilisée (v.8) insiste sur l'arrogance que connote le point d'exclamation. Le désir de vouloir pendre une citrouille à une chêne semble irrationnel au lecteur, ce qui accentue le fait que Garo est très arrogant et possède trop de confiance.
           De plus, la structure de la fable semble imiter l'opposition qui a lieu. Les seize premiers vers
insistent principalement sur le fait que le villageois est très fier de sa découverte et qui veut tenter de faire des décisions. Le fait que le villageois est le premier à faire ses remarques montre une habitude qui est présente chez plusieurs êtres humains: dénoncer sans vraiment comprendre. Pour le lecteur, devoir d'abord lire ce que pense le villageois crée une fin plus frappante et un manque de vouloir être en accord avec lui. Donc, la fable qui est structurée de façon à présenter le discours de Garo en premier, accentue le fait qu'il est quelqu'un d'arrogant et qui ne respecte pas Dieu.

 

          En revanche, cette fable n'est pas seulement la dénonciation de l'arrogance de l'homme, mais
aussi une promotion de la puissance divine. Au tout début de la fable, il y a ce qu'on peut considérer être une morale placée au début: “Dieu fait bien ce qu'il fait”. Puisque c'est la première phrase de la fable, le lecteur est immédiatement introduit à la notion de l'omnipotence que possède Dieu, et cela va accompagner le lecteur tout au long de la fable. Puisque c'est la première phrase, cela peut aussi être comparé à la présence imminente de Dieu. Similairement, Dieu apparaît aussi à la fin de la fable, comme pour l'encadrer. Cet encadrement fait penser au controle totale que possède alors Dieu  sur l'homme et ses autres créations, autrement dit, une présence d'un pouvoir puissant de Dieu.
          De la même façon, le pouvoir de Dieu peut être observé, évidemment, sur l'impact qu'il a sur
Garo à la fin de la fable. “Dieu ne l'a pas voulu: sans doute il eut raison” (v.31), illustre clairement que Garo avait tort et Dieu avait raison: il est plus puissant que l'homme. Mais même avant, l'influence qu'a Dieu sur l'homme peut être observé au vers 21, où “cette réflexion,  embarrassant notre homme [...]” montre que le fait que Dieu l'oppose lui fait douter à lui même. Au vers 28, où Garo s'exclame: “Je saigne!”, il est possible d'observer la mortalité des humains, quant à Dieu nous ne pouvons voir aucune faiblesse. D'une façon similaire, l'insignifiance de l'homme est aussi visible à l'ordre qu'il fait son apparence par rapport à Dieu. Comme mentionné auparavant, Dieu apparaît tout au début  Même la citrouille fait une apparence avant Garo, qui quand il apparaît n'est même pas adressé par son nom propre mais par “villageois”. Même quand il est adressé par ceci, ce mot ne commence pas par une majuscule comme “Dieu”, “Auteur”, “Citrouille” et “Gland”. Il est possible qu'il y ait une généralisation de l'Homme en l'adressant de cette façon, et cela fait penser à l'insignifiance de l'homme quand il s'agit du pouvoir. Tous ces éléments peuvent insister sur la puissance que possède Dieu sur l'homme.
          Comme la première partie de la fable, la deuxième partie de la structure fait rappel à
l'opposition entre l'homme et Dieu. La fable possède une “césure à l'hémistiche”, coupant la fable en deux, a peu près au milieu. Cela peut être reflété au premiers vers “Dieu fait bien ce qu'il fait. Sans en chercher la preuve”, qui offre également une césure décrivant l'opposition et le prise de pouvoir par Dieu dans la fable. Au vers 17 commence l'hésitation de Garo et la chute du Gland par Dieu; cela peut représenter la partie de Dieu dans cette opposition. Le fait que Dieu ne dit aucun mot mais fait simplement preuve de son pouvoir montre qu'il est supérieur au villageois. Il ne se sert pas de discours direct ou l'utilisation d'arguments verbaux, mais seulement d'actions. Dieu paraît également être sage, puisqu'il attend jusqu'à dernier avant de “parler” avec Garo, un signe de patience et de maturité (similaire à la fable “Le vieillard et les trois jeunes hommes”, également écrit par La Fontaine, où le vieillard ne prend la parole qu'après le discours des jeunes hommes, ce qui exprime une certaine sagesse, par rapport aux jeunes hommes qui ont l'air arrogants et inexpérimentés). Le fait qu'il apparaît en dernier, tout en apparaissant au tout début, donne au lecteur l'envie de plutôt être en accord avec lui qu'avec Garo, ce qui est l'intérêt de La Fontaine dans cette fable. Donc, Dieu est dans cet aspect là également plus puissant que Garo/l'homme, mais d'une façon moins évidente à l'œil nu pour le lecteur.

 

 

         En conclusion, la morale qui peut être tirée de la fable est qu'il ne faut pas se croire
supérieur. À l'époque que cette fable a été écrite, cette morale est appliquée principalement envers la supériorité sur Dieu, ce qui à cette époque était tout à fait stigmatisé. Mais cette morale peut toujours nous parler aujourd'hui au XXIème siècle, et n'est pas totalement exclusif au pouvoir divin. En effet, les gens de notre époque peuvent également surestimer leur puissance et devenir arrogants.

Matilda O., Suède, février 2015.

 

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Devoir d'Anna B. : 

Question de corpus:

        Le corpus proposé est constitué de trois textes: un extrait du chapitre XII des Essais de Montaigne, auteur humaniste, la Fable quatre du livre IX des Fables de La Fontaine, “Le gland et la citrouille”, oeuvre appartenant au Classicisme, et finalement Pensées d’un biologiste de Jean Rostand, savant humaniste du XXème siècle. Il serait intéressant d'étudier la place qu’accorde ces textes à l’Homme dans l’univers.

        Dans un premier temps, il y a la question commune du droit et de la crédibilité que l’Homme s’accorde face à l’univers. Montaigne dénonce la croyance de l’Homme que le monde lui appartient avec des questions rhétoriques tel que “Qu’est-ce qui lui a persuadé que [l’univers a] été établ[i] et se contin[ue] pendant tant de siècles pour son avantage et pour son service?” Selon Montaigne, les Hommes ne sont pas dignes d’un tel “privilège”, et, à l’aide d’autres questions rhétoriques, établi qu’une importance ne lui a jamais été “scellé”. De même, en utilisant un ton bien moins satirique, La Fontaine emploi le registre ironique pour ce moquer d’un certain “Garo”, représentant le taux de l'humanité. Garo se montre très arrogant, car il se parle à lui même, en disant “C’est dommage, Garo, que tu n’es point entré / Au conseil de celui qui prêche ton Curé.” Évidemment, le fabuliste n'adhère pas à cette idée, car vers la fin de la fable on retrouve un vers qui lit: “Dieu ne l’a pas voulu: sans doute il eut raison.” Alors qu’il ne s’agit pas de la critique virulente de Montaigne, La Fontaine suggère que le croyance de l’Homme qu’il est tout-puissant est mal placée. Rostand questionne également la puissance de l’Homme face à l’univers en expliquant qu’un jour, “il ne restera même pas de nous ce qu’il reste aujourd’hui de l’homme du Néanderthal.” Il écrit cela après avoir énuméré nos nombreuses réussites en tant qu’espèce, qui suggère que même avec toutes nos qualités, l’Homme ne sera jamais rien face à la puissance de l’univers.

           Après avoir exploré l’impuissance de l’Homme dans l’univers, nous constatons que les textes la comparent à la puissance de l’univers qui l’entoure. Dans les Essais, Montaigne utilise de nombreuses périphrases hyperboliques pour designer la majesté de l’univers: “voûte céleste” et “flambeaux roulant” ainsi que des adjectifs mélioratifs tel que “admirable”, “éternelle”, et “effrayant”. A coté, l’Homme se trouve “ridicule et chétive.” Rostand accentue l’impuissance de l’Homme en réduisant tout ce que nous avions conquis et qui nous semble grand en rien par rapport à l’univers qui nous entoure, par exemple la Terre qui est décrite comme “misérable grain de boue.” En revanche, La Fontaine décrit la puissance de l’“Univers” sous forme de “Dieu”. Alors qu’il ne démontre pas la puissance de Dieu en toute sa gloire, il se contente de tout simplement faire tomber un gland. Cela fait penser à la litote, car en disant aussi peu que “Un gland tombe,” la puissance de Dieu, et donc l’univers, est affirmée.

           Ainsi, ces trois textes traitent bien le sujet de l’Homme dans l’univers. Ils montrent tous l’impuissance de l’Homme et la puissance ultime de l’univers qui la contraste, même si les textes datent de différentes époques et emploient des différents procédés stylistiques.

 

II - Commentaire.


            Le XVIIème siècle fut le siècle du Classicisme, le mouvement littéraire défini par ces regles strictes tel que la règle des trois unités, de bienséance et vraisemblance au théâtre, établies en recherche de la perfection. Effectivement, les auteurs classiques cherchaient à exprimer la beauté de manière élégante, et croyaient en un héros qui se dévouait au pouvoir. La Fontaine, écrivain classique, rédigea Fables, un recueil constitué de douze livres, contenant uniquement des fables. “Le gland et la citrouille”, Livre IX fable quatre, raconte l’histoire d’un certain Garo qui pense savoir mieux que Dieu. Cette petite Fable illustre le défaut humain de se penser trop important. Alors que la présence de Dieu dans la morale implicite reste un thème sérieux, La Fontaine garde un regard amusé envers Garo au long de la fable.

 


           Dans un premier temps, nous verrons que la morale et Dieu sont imbriqués. En effet, Dieu est une figure retrouvée au long de la fable, et donc l’encadre. “Dieu” est bien le premier mot de la fable, et on retrouve souvent son champ lexical: “Univers” (v.2), “Auteur” (v.6), “Curé” (v.13), “Dieu” (v. 17, 31, 32). De plus, Dieu au début est décrit comme “fessant bien ce qu’il fait” (v.1), et à la fin, on trouve que “sans doute il eut raison”, (v.30). Ce n’est que entre les premiers et derniers vers qu’on retrouve un doute envers Dieu: “Dieu c’est mépris” (v.17). Ainsi on peut constater que Dieu encadre le texte, car il comment et fini respecté. En outre, Dieu est présent sous forme de la nature qu’il a crée. Effectivement, on retrouve “Citrouille” (v.3 et 7) et “Gland” (v. 15, 25, 29) écrits avec une capitale, comme le nom “Dieu”. Cela indique la présence de Dieu sous plusieurs formes et renforce son importance dans la fable.
            De plus, il est intéressant de comparer la présence de la morale implicite avec celle de Dieu. Le premier vers “Dieu fait bien ce qu’il fait. Sans chercher la preuve” sert sans doute comme introduction car elle annonce la fin, notamment le vers 30: “Dieu ne la pas voulu: sans doute il eut raison.” Ces deux vers ont beaucoup en commun: l’affirmation de la omnipotence de Dieu. Ce sont aussi tous deux en alexandrin, avec une césure a l'hémistiche. En effet, les vers alexandrins, vers nobles, confèrent d’avantage de supériorité à Dieu. Ce dernier vers renvoie au premier, et dans ce sens ils serrent de morale en concluant la futilité de la remise en cause de la raison de Dieu. Donc, de même que Dieu encadrait et se retrouvait au long du texte ce manifeste au mêmes endroits. On peut donc imaginer une liaison proche entre Dieu et la moralité implicite de la fable, et donc comprendre que la morale s’agit d’accepter Dieu.

 

 

           Dans un deuxième temps, alors que la morale de la fable traite d’un thème sérieux tel que Dieu, le fabuliste garde un certaine humour envers le personnage Garo. On reconnaît ceci grâce à l’ironie que La Fontaine emploie concernant les pensées du paysan. Garo se parle à la troisième personne, lui louant un air très arrogant et vaniteux en disant “C’est dommage, Garo, que tu n’est point entré / Au conseil de celui qui prêche ton Curé.” Évidemment, La Fontaine ne pense pas que Garo est digne d’un tel titre, ce qu’il indique avec les derniers deux vers: “En louant Dieu de toutes choses, Garo retourne à la maison.” Il utilise donc l’ironie pour ce moquer du “villageois” Garo.
            La Fontaine ridiculise Garo à plusieurs reprises, le montrant comme un enfant qui se prend trop au sérieux. Premièrement, l’auteur crée une antithèse entre “l’Univers” (v.2) et “Citroilles” (v.3). Cela provoque un sourire de la part du lecteur, car Garo place une telle improtance sur quelque chose d’aussi banal qu’une simple Citrouille. Cela rappelle le registre burlesque, car quelque chose d’aussi grand, merveilleux et puissant que l’univers, Dieu et des contemplations philosophiques sont comparés à un petit villageois qui semble aussi simple d’esprit qu’un enfant. En effet, Garo décide de faire une sieste comme un enfant: “Sous un chêne aussitôt il va prendre son somme.” Finalement, après son aventure, Garo abandonne tout et “retourne à la maison” comme un enfant qui ne veut plus jouer et rentre chez sa maman. Cette comparaison entre Garo et et un enfant rappelle la relation symbolique entre Dieu et l’Homme: celle du père et de ces enfants. Tout de même, d’une première lecture, le lecteur retrouve tout simplement le petit Garo qui semble se prendre trop au sérieux, provoquant un sourire.

 


           Cette fable traite donc le défaut humain de se croire trop important en face de Dieu, figure présente au long de la fable, comme la morale implicite. Mais ce défaut peut aussi être traduit à d’autres situations ou le pouvoir n’est pas forcement Dieu. Cette idéologie que le héro doit s’incliner devant le pouvoir est typique du classicisme et se retrouvera dans de nombreuses oeuvres au long du XVIIème siècle, par exemple Horace de Corneille. La tendance humaine de ne pas respecter le pouvoir est une problématique universelle et atemporelle, à qui nous pouvons encore nous référer aujourd’hui.

 

Anna B., Etats-Unis d'Amérique, février 2015.

 

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Devoir de Lydia B. : 

       Question de corpus.

          Le corpus proposé est composé de trois textes : extrait de livre II des Essais de MONTAIGNE (1595), auteur de l’époque de humanisme ; fable «Le Gland et la Citrouille» de livre IX des Fables de LA FONTAINE (1679), auteur classique ; extrait de Pensées d’un biologiste de J. ROSTAND (1954), savant humaniste. Il serait intéressant d’étudier quelle place ces textes accordent à l’homme dans l’univers.

 

           Dans tout les trois textes on voit que l’existence de l’homme n’a pas d’impacte sur l’univers. Par exemple, dans les Essais on voit le champ lexical de puissance de la nature («cours admirable de la voûte céleste», «lumière éternelle», «flambeaux roulant si fièrement», «mouvements effrayants de cette mer infinie») former une antithèse avec le champ lexical dépreciatif de l’homme («ridicule», «misérable», «chétive créature»). Dans «Le Gland et la Citrouille», on voit que même si Garo n’est pas content de quelques aspects de l’organisation de la nature il ne peut rien faire avec cela («c’est dommage, Garo, que tu n’es point entré au conseil de celui que prêche ton curé : tout en eût été mieux», «Dieu s’est mépris : plus je contemple […], plus il semble à Garo que l’on a fait un quiproquo»). Enfin, dans les Pensées d’un biologiste, on voit que les forces de la nature peuvent détruire toute la civilisation humaine d’un seul coup et «rien ne substitera», que la vie humaine «en ce minuscule coin de l’univers» est une aventure «falote», «absurde», «vaine» car elle est nécessairement promise à «l’échec final» dès le principe. Donc, on voit que l’homme est une partie négligeable de l’univers infini et il est impuissant devant sa force.

 

            Mais si l’homme est si misérable comment existe-t-il toujours? Dans les Essais et les Pensées d’un biologiste, on voit que «la grâce et la connaissance divine sont son honneur, sa force et le fondement de son être», que sa force est en collectivité de civilisation. Même si on connaît que la vie n’est pas éternelle, on peut contribuer au développement commun pour rendre la vie meilleure : «demain, il [l’homme] libérera l’énergie intra-atomique, il voyagera dans les espaces interplanétaires, il prolongera la durée de sa propre vie, il combattra la plupart des maux qui l’assaillent, et même ceux que créest ses propres passions, en installant un ordre meilleur dans ses collectivités».

 

              En ayant étudiés les trois textes du corpus, on peut dire que la place de l’homme dans l’univers infini est insignifiante, mais à léechelle de ce coin d’univers qu’occupe la civilisation humaine la place de l’homme est majeure.

 

 

 

Commentaire

             Le XVIIème siècle, époque du classicisme, se caractérise par l’existence des règles esthétiques et la production d’œuvres de goût inspirées des modèles de l’art antique. Les Fables de Jean de LA FONTAINE, auteur classique, étaient inspirés des fables d’Esope, auteur antique. Les fables de LA FONTAINE ne sont pas que l’art mais aussi une forme de dénoncer l’actualité politique ou sociale pendant l’existance de censure. Dans sa fable «Le Gland et la Citrouille», on essayera de trouver le rapport entre l’homme et l’univers et le rapport entre l’homme et le pouvoir absolu, qui apparait de façon métaphorique à partir du premier rapport.

 

 

         Dans cette fable on remarque le rapport entre l’homme et l’univers. Premièrement, on voit la volonté de l’homme de changer la nature, de l’aménager à son goût : «à quoi songeait l’Auteur de tout cela?», «tout en eût été mieux». La volonté d’amenager l’environnement est un trait typique de la nature humaine car l’homme se croît le maître dans l’univers, qui sait comment il faut faire.

         Mais, il apparaît que l’homme ne peut pas changer comme il veut : «c’est dommage, Garo, que tu n’es point entré au conseil de celui que prêche ton curé», «Dieu s’est mépris : plus je contemple ces fruits ainsi placés, plus il semble à Garo que l’on a fait un quiproquo». On voit l’impuissance de l’homme devant les ordres de la nature.

         Enfin, on voit l’homme essayer de s’accomoder, de ne pas remarquer les choses qui le dérangent, de les accepter : «s’il fût tomber de l’arbre une masse plus lourde, et que ce Gland eût été gourde? Dieu ne l’a pas voulu : sans doute il eut raison». L’homme accepte les lois de l’univers.

 

 

 

             La dimension politique dans cette fable apparaît de façon métaphorique à la base des relations entre l’homme et l’univers. On pourrait remarquer une parallèle entre l’univers, Dieu, et le pouvoir absolu, pouvoir divin, qui régnait à l’époque en France. Comme l’univers, le pouvoir absolu impose ses ordres au peuple. Le peuple, ici représenté par un villageois, Garo, n’est pas toujours d’accord avec les ordres qu’établit le pouvoir absolu. Donc, on remarque le rapport entre l’homme et le pouvoir absolu qui apparaît ici de façon métaphorique.
              Ce qui prouve encore la confrontation de l’homme et le pouvoir est le façon dont Garo décide que Dieu avait raison. «Un gland tombe : le nez du dormeur en pâtit», «oh, oh, dit-il, je saigne!», «s’il fût tomber de l’arbre une masse plus lourde, et que ce Gland eût été gourde?» - Garo décide que Dieu, ou le pouvoir divin, avait raison après avoir été blessé. Ce que les glands et les citrouilles poussent sur les arbres particulièrs ne prouve pas que le pouvoir divin avait raison, mais Garo se guide par la pensée qu’il pourrait avoir plus mal s’ils poussaient autrement, et Garo se retire à la maison «en louant Dieu de toute chose» et en ne voulant plus de se demander de la question dont il se demandait. Tout cela peut représenter la manière violente de la volonté de garder le pouvoir absolu, et qu’il est plus facile pour un homme de peuple de se mettre à distance de la vie politique que d’essayer de se demander des questions fondamentaux de l’organisation de la société humaine.

 

            On conclut que ce texte touche les rapports entre l’homme et l’univers et entre l’homme et le pouvoir. Toutes ces deux thèmes sont parallèles. On voit l’impuissance de l’homme devant les forces supérieures ou l’absence de volonté de se demander de questions fondamentaux de l’organisation de ces forces. On trouve les refléxions sur les mêmes thèmes même chez les auteurs d’autres mouvements littéraires : dans les Essais de MONTAIGNE, auteur humaniste, dans Candide de VOLTAIRE, auteur appartenant au mouvement des Lumières.

 

Lydia B., Biélorussie, février 2015.

 

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Date de création : 15/02/2015 @ 16:16
Dernière modification : 15/02/2015 @ 16:35
Catégorie : Copies d'élèves 2014/2015
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