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Copies d'élèves 2015/2016 - 1ère FLS : commentaire

   

Commentaire d'un extrait du chapitre VII d' Une vie de Maupassant (1883).

 

 Le contact glacé de la neige où ses jambes nues entraient parfois jusqu'aux genoux lui donna soudain une énergie désespérée. Elle n'avait pas froid, bien que toute découverte ; elle ne sentait plus rien tant la convulsion de son âme avait engourdi son corps, et elle courait, blanche comme la terre.

Elle suivit la grande allée, traversa le bosquet, franchit le fossé et partit à travers la lande.

Pas de lune ; les étoiles luisaient comme une semaille de feu dans le noir du ciel ; mais la plaine était claire cependant, d'une blancheur terne, d'une immobilité figée, d'un silence infini.

Jeanne allait vite, sans souffler, sans savoir, sans réfléchir à rien. Et soudain elle se trouva au bord de la falaise. Elle s'arrêta net, par instinct, et s'accroupit, vidée de toute pensée et de toute volonté.

Dans le trou sombre devant elle la mer invisible et muette exhalait l'odeur salée de ses varechs à marée basse.

Elle demeura là longtemps, inerte d'esprit comme de corps ; puis, tout à coup, elle se mit à trembler, mais à trembler follement comme une voile qu'agite le vent. Ses bras, ses mains, ses pieds secoués par une force invincible palpitaient, vibraient de sursauts précipités ; et la connaissance lui revint brusquement, claire et poignante.

Puis des visions anciennes passèrent devant ses yeux ; cette promenade avec lui dans le bateau du père Lastique, leur causerie, son amour naissant, le baptême de la barque ; puis elle remonta plus loin jusqu'à cette nuit bercée de rêves à son arrivée aux Peuples. Et maintenant! maintenant! Oh! sa vie était cassée, toute joie finie, toute attente impossible ; et l'épouvantable avenir plein de tortures, de trahisons et de désespoirs lui apparut. Autant mourir, ce serait fini tout de suite.

 

 

Devoir de Tatiana D. : 

             Le XIXᵉᵐᵉ siècle est marqué par des bouleversements politiques et sociaux très importants. C’est lié surtout aux conséquences de la Révolution Française de 1789 et au début de la révolution industrielle qui va plus tard inverser la hiérarchie sociale. Dans la deuxième moitié du XIX siècle apparaît le Réalisme qui s’oppose au Romantisme et proclame la présentation juste de la vie, sans l’embellir. Le Naturalisme, qui est très proche du Réalisme, rajoute une dimension scientifique dans le genre romanesque qui s’impose ainsi et se fonde sur des situations banales et des personnages médiocres. Maupassant, représentant du Naturalisme, est un écrivain français très célèbre grâce à ses œuvres Boule de Suif, Bel-Ami et Une Vie. Ecrite en 1883, Une Vie relate la vie de Jeanne, une femme noble, de dix-huit ans jusqu’à sa vieillesse. L’extrait à commenter se situe au chapitre VII. Jeanne s’habitue à sa vie morne et monotone, et puis elle retrouve sa domestique Rosalie dans le lit de son mari Julien. Bouleversée par cette découverte, elle s’enfuit de la maison des Peuples dans la plaine normande. Dans un premier temps, nous allons parler de l’état psychologique de Jeanne et ensuite nous allons aborder le rôle de la nature dans cet extrait.

 

              Tout d’abord, nous allons parler du comportement de Jeanne après cette découverte douloureuse. Elle s’enfuit de la maison des Peuples, et on peut remarquer cela grâce aux verbes de mouvement : «courait» (l.3), «suivit» (l.5), «traversa» (l.5), «franchit» (l.5), «partit» (l.5), «allait vite» (l.5). Malgré la seule tenue de nuit, Jeanne «n’avait pas froid» (l.2) et «ne sentait plus rien» (l.3) : cela nous indique à quel point elle est choquée par l’infidélité de Julien. La métaphore «la convulsion de son âme avait engourdi son corps» à la ligne 3 et la comparaison «blanche comme terre» à la ligne 4 renforcent ce sentiment du choc vécu par Jeanne. De même, les adverbes «soudain» (l.2,8), «brusquement» (l.16), «net» (l.9) et «tout à coup» (l.13) montrent la rapidité, la spontanéité de l’héroïne et sa perte de repère. Ainsi on peut remarquer que Jeanne veut s’enfermer («s’accroupit» à la ligne 9), ses émotions sont trop fortes comme les montrent l’adjectif «désespérée» à la ligne 2 et le champ lexical du choc : «vidée de toute pensée et de toute volonté» (l.9,10), «inerte d’esprit comme de corps» (l.13), «secoués par une force invincible», «palpitaient», «vibraient de sursauts précipités» à la ligne 15. Enfin, les rythmes binaire («vidée de toute pensée et de toute volonté» à la ligne 9) et ternaire («allait vite sans souffler, sans savoir, sans réfléchir à rien» à la ligne 8 et «ses bras, ses mains, ses pieds secoués par une force invincible» aux lignes 14,15) intensifient le sentiment vécu par Jeanne et rendent ce passage plus émouvant. Tout cela nous prouve que Jeanne n’attendait pas cette double trahison de Julien et Rosalie, et Maupassant décrit sa crise de façon rigoureuse et presque médicale.
              Par ailleurs, on remarque le registre élégiaque présent dans le dernier paragraphe. On voit la nostalgie évoquée en Jeanne grâce à la phrase «des visions anciennes passèrent devant ses yeux» à la ligne 16. Si le passé est connoté positivement (plusieurs métaphores appréciatives : «amour naissant» à la ligne 17, «nuit bercée de rêves» à la ligne 19), l’avenir, selon Jeanne, sera absolument pire. Cela nous montre un champ lexical dépréciatif et hyperbolique : «cassée» (l.20), «finie» (l.20), «impossible» (l.20),«épouvantable» (l.20), «tortures» (l.21), «trahisons» (l.21) et «désespoirs» (l.21). Ainsi ce champ lexical est renforcé par le rythme ternaire «avenir plein de tortures, de trahisons et de désespoirs» à la ligne 21. Cette nostalgie accroît la douleur de Jeanne et souligne son état psychologique instable en ce moment.

 

                Maupassant décrit les sentiments de Jeanne et surtout son crise de façon précise et touchante. Néanmoins, il dépeint encore un paysage normand qui joue un rôle important et nous fournit encore des informations implicites par rapport à Jeanne. Tout d’abord, on repère le champ lexical de la nature («neige» (l.1), «lune» (l.6), «étoiles» (l.6), «falaise» (l.9) et cetera) et ses caractéristiques («blancheur terne» (l.7), «immobilité figée» (l.7), «silence infini» (l.7). La métaphore «étoiles luisaient comme une semaille de feu» à la ligne 6 souligne la beauté de la plaine normande, alors que les plusieurs signes de ponctuation («Pas de lune ; les étoiles luisaient comme une semaille de feu dans le noir du ciel ; mais la plaine était claire cependant, d’une blancheur terne, d’une immobilité figée, d’un silence infini» aux lignes 6,7) évoquent ainsi la dimension impressionniste de l’extrait en comparant ce paysage au tableau. Cette description précise joue le rôle esthétique et rend le passage beau.
              Par ailleurs, en comparaison avec le comportement actif et chaotique de Jeanne, cette image nocturne et hivernale de la plaine normande semble extraordinairement calme et étrange, et l’hyperbole «silence infini» à la ligne 7 avec un pléonasme «immobilité figée» à ligne 7 renforcent cette sensation. De même, on remarque que la mer est «invisible et muette» (l.11) : cela nous fait penser à l’accalmie avant l’orage, la suite du roman. Par effet de contraste la situation tragique de Jeanne et ses actions tumultueuses dominent dans cet extrait et attirent l’attention du lecteur.
              En outre, on remarque quelques aspects qui rapprochent Jeanne au paysage. On remarque cela grâce aux certains expressions («elle s’arrêta net, par instinct» (l.9), «inerte d’esprit comme de corps» (l.13)) qui révèlent la passivité de l’héroïne lorsque toutes ses actions sont faites inconsciemment, de façon machinale. La même chose on peut remarquer aux lignes 14-15 : «elle se mit à trembler, mais à trembler follement comme une voile qu’agite le vent» et «ses bras, ses mains, ses pieds secoués par une force invincible palpitaient». Jeanne est comparée à la voile agitée par le vent. En fait, comme la voile ne peut pas agir contre le vent et les autres conditions météorologiques, Jeanne non plus ne peut rien faire avec cette «force invincible» ni avec cette situation : elle est incapable de changer quoi qu’il en soit dans sa vie et demeure alors passive et dépendante des autres. Au final, on peut dire que le paysage dans cet extrait joue un rôle caractéristique et représente Jeanne.

 

            En conclusion, nous pouvons dire que la crise de Jeanne est décrite de façon touchante et avec une démarche plutôt scientifique, et la nature complète parfaitement cet extrait lorsqu’elle se met au service de l’effet de contraste et joue un rôle esthétique et caractéristique. Maupassant montre à merveille son génie littéraire en décrivant toute la désespérance de Jeanne et de la condition féminine au XIXᵉᵐᵉ siècle. Malgré le fait que le Réalisme tente à décrire une époque précise, cet extrait révèle le thème atemporel de l’infidélité au sein d’une famille.

 

Tatiana D. (Russie), février 2016.

 

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Devoir d' Alexander P. : 

 

                  À partir de la deuxième moitié du XIXème siècle le Réalisme devient un mouvement dominant parmi les écrivains de l'époque. Il s'oppose au Romantisme et essaye de montrer des situations plus banales et moins idéalisées. À la fin du XIXème siècle le nouveau mouvement qui s'appelle le Naturalisme apparaît dans la littérature. Il est proche du Réalisme et montre des aspects quasi-scientifiques. L'écrivain naturaliste, Guy de Maupassant, publie en 1883 le roman Une vie où il décrit l'héroïne principale romantique qui est mise dans les situations réalistes. L'extrait proposé se situe au chapitre VII de ce roman et décrit Jeanne, l'héroïne principale qui quitte sa maison dans la lande froide à cause de l'infidélité de son mari. On parlera, d'abord, des sentiments et actions dus à la déception chez Jeanne. Ensuite, on va étudier la nature et son influence sur l'héroïne, et, puis, on s'intéressera de bons souvenirs qui font encore plus de mal et de dépit à Jeanne.

 

                        Tout d'abord, on étudie des sentiments tristes de l'héroïne principale et des actions qu'elle fait à cause de sa déception. Premièrement, le lecteur peut remarquer que Jeanne résiste au mal physique car elle a une grande douleur psychologique. Cet aspect est montré par les phrases comme "elle n'avait pas le froid, bien que toute découverte" (l. 2). C'est à dire qu'elle ne sent pas du douleur physique, et,  puis, même l'auteur explique toute cette résistance par le fait d'une déception profonde de Jeanne: "elle ne sentait plus rien tant la convulsion de son âme engourdi son corps" (l. 2, 3). Donc, ces citations montrent bien les sentiments et des actions à cause du malaise psychologique chez l'héroïne.
                         Deuxièmement, Guy de Maupassant dans son extrait montre le désir de Jeanne de sortir, de quitter et d'éviter touts les problèmes qu'elle a ce moment-là. C'est pour cette raison que l'héroïne quitte la maison. L'auteur fait des énumérations de verbes de mouvement: "elle suivit", "traversa", "partit" (l. 5); ils montrent bien que Jeanne essaye de quitter et sortir de sa situation inacceptable. De plus, cela donne l'impression qu'elle fuit de plus en plus loin de ces problèmes. La phrase "elle courait" (l. 3) montre aussi que l'héroïne veut éviter sa situation. Alors, toutes les citations dites évoquent les sentiments et actions de déception chez Jeanne.

 


                           Par ailleurs, même que Jeanne fait ces actions à cause de ce qu'elle ressent, il existe l'influence de la nature sur l'héroïne. D'abord, on observe que la nature est triste juste comme Jeanne et ne provoque aucun sentiment positif chez elle, paf exemple, il n'y a "pas de lune" (l. 6), donc il n'y a plus de lumière, toute est noire et vide comme on aperçoit, puis, chez l'héroïne : elle est "violée de toute pensée et de toute volonté" (l. 9, 10). On remarque aussi un rythme ternaire avec une hyperbole "silence infini" : d'une blancheur terne, d'une immobilité figée, d'un silence infini" (l. 7). Ils montrent que Jeanne est immobile aussi et elle ne peut rien faire avec ces problèmes. Touts ces aspects montrent que la nature est une catalyseur des émotions négatives chez Jeanne et, donc, qu'elle a son influence sur elle.
                       De plus, la nature montre un aspect réaliste dans cet extrait. Par exemple, Jeanne qui était en train de courir devait s'arrêter à cause de "bord de falaise" (l. 9) qu'elle a trouvé. Cela montre que la nature a son influence réaliste sur Jeanne. Et puis, à cause de cet aspect réaliste, l'héroïne commence à avoir des ressentis physiques. On observe une comparaison : "trembler follement  comme une viole qu'agite le vent" (l. 14). Cette comparaison montre l'influence sur les sentiments de Jeanne.


                      
                       En outre, bien qu'il y a l'influence sur l'héroïne du côté de la nature, on aperçoit aussi les souvenirs qui font son influence et son douleur pour l'héroïne. En premier bien, Jeanne commence à avoir "des visions anciennes" (l. 17), c'est-à-dire des mémoires, qui sont bonnes du début : "cette promenade avec lui dans le bateau du père Lastique", etc (l. 17, 18). On observe la discours indirect libre : "Et maintenant!", "Oh!" (l. 19,  20). Il montre l'analyse négative fait par Jeanne de ses souvenirs et, donc, on constate que ces souvenirs ont son influence et douleur pour héroïne.
                          Finalement, on observe que l'auteur donne certaine conclusion pour Jeanne en utilisant sa mémoire: "sa vie était cassée, toute joie finie, toute attente impossible" (l. 20). Cela montre que les expériences de la vie de Jeanne donnent un grand influence négative sur elle.

 


                        On peut conclure que l'héroïne d'Une vie craint et fait des actions de déception et de tristesse provoquées par les expériences négatives de sa vie et par l'influence de la nature. C'est possible de retrouver les mêmes aspects chez les autres auteurs du Naturalisme ou Réalisme comme dans l'œuvre de Mikhaïl Lermontov : "Le héros de nos jours". 

 

Alexander P. (Russie), février 2016.

 

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Date de création : 27/02/2016 @ 18:10
Dernière modification : 06/03/2016 @ 17:19
Catégorie : Copies d'élèves 2015/2016
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