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Copies d'élèves 2015/2016 - 2nde 8 : commentaire

2nde 8

DS (durée : 3 heures ; coefficient 4).

Vous ferez le commentaire du poème suivant.


Chant d'automne
 

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
J'entends déjà tomber avec des chocs funèbres*
Le bois retentissant sur le pavé des cours*.

Tout l'hiver va rentrer dans mon être : colère,
Haine, frissons, horreur, labeur* dur et forcé,
Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
Mon coeur ne sera plus qu'un bloc rouge et glacé.

J'écoute en frémissant chaque bûche qui tombe
L'échafaud* qu'on bâtit n'a pas d'écho plus sourd.
Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
Sous les coups du bélier* infatigable et lourd.

II me semble, bercé par ce choc monotone,
Qu'on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
Pour qui? - C'était hier l'été ; voici l'automne !
Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.

Les Fleurs du mal - Spleen et Idéal – (1857) Charles Baudelaire.


Lexique :

1. « funèbres » : en rapport avec la mort ;
2. « cours » : avenue, boulevard ;
3. « labeur » : travail ;
4. « échafaud » : estrade (construction en bois, surélevée) sur laquelle éraient exécutés les condamnés à mort.
5. « bélier » : autrefois, lance en bois, très épaisse, destinée à enfoncer les portes ou les murs.

  Code des couleurs :

-1ère étape de l'introduction : présentation de l'époque et du mouvement littéraire.

-2ème étape  de l'intro : présentation de l'auteur et de l'oeuvre dont émane le texte à commenter.

-3ème étape : présentation de l'extrait.

-4ème étape : annonce des axes de lecture.

-Connecteur logique.

-Amorce d'un axe de lecture.

-Rappel de l'axe de lecture en cours.

-Transition.

-1ère étape de la conclusion : rappel des axes de lecture du devoir.

-2nde étape de la conclusion : Ouverture.


 

Devoir de Salomé G. :

             Le Symbolisme est le mouvement littéraire caractéristique de la poésie de la deuxième moitié du XIXème siècle. Il consiste en l’utilisation de symboles pour évoquer des idées et suggérer des états-d’âme, sans les expliciter. Charles Baudelaire, poète maudit reconnu bien après sa mort pour son talent et sa lucidité, en est un fervent représentant. Son recueil le plus connu, Les Fleurs du Mal, publié en 1857, est composé de différentes parties. La plus renommée est Spleen et Idéal, d’où est tiré “Chant d’automne”, formé de quatre quatrains constitués d’alexandrins. Ce poème regroupe des aspects propres à Baudelaire par le fameux spleen qui le caractérise, ainsi que des aspects traditionnels liés à un registre littéraire plus universel et projeté dans le texte sur la nature environnante : le lyrisme.



                  Tout d’abord, ce poème est révélateur du spleen qui distingue Baudelaire de ses contemporains. En effet, l’omniprésence de la mort crée une atmosphère sinistre. Celle-ci est retrouvée en premier lieu dans un abondant champ lexical de la mort, avec les expressions “ténèbres” (v. 1), “funèbres” (v. 3) “échafaud” (v. 10), en rapport avec l’exécution des condamnés à mort, ainsi que “cercueil” (v. 14). De plus, Baudelaire s’engage à faire mourir tous les éléments qui représentent la vie. L’antithèse au vers 7 qui rassemble le “soleil” chaud et ”[l’]enfer polaire” montre que c’est le froid et la mort qui l’emportent contre cet astre, source de vie. De même, la joie de l’été est remplacée par le “labeur dur et forcé” (v. 6), et le coeur qui symbolise l’amour “ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé” (v. 8). Le poète partage le spleen dont il est victime avec le lecteur en faisant constamment référence à la mort.
                    De surcroît, Baudelaire n’exprime dans son poème aucune motivation à se révolter ou à changer d’état d’esprit. On comprend qu’il abandonne toute recherche de bonheur, et qu’il est résolu à attendre, sans chercher d’échappatoire, l’arrivée imminente de l’hiver, voire de la mort. Le poème est une succession de déclarations certaines, comme si le fait que “l’hiver [rentre] dans son être” (v. 5) était inexorable. Il demande dans le vide “pour qui” ce cercueil est destiné, sans attendre de réponse, comme s’il la connaissait déjà. Ce sentiment d’abandon est l’une des particularités du spleen baudelairien.
Enfin, Baudelaire attache une importance particulière aux correspondances horizontales. Il attribue à l’hiver des valeurs morales comme la “colère” (v. 5) et ”[l’]horreur” (v. 6), et s’attend lui-même à incarner cette saison froide et sinistre. Il insiste aussi sur les sensations humaines, et en particulier l’ouïe, avec le champ lexical du bruit (“entends” au vers 3, “retentissant” au vers 4, “écoute” au vers 9, “écho” et “sourd” au vers 10, “bruit” au vers 16). Baudelaire est obsédé par un bruit répétitif qui le rend fou, comme par une idée qui tourne en boucle dans ses pensées. Son obsession et l’importance qu’il attache à l’attribution de valeurs morales à un élément non-humain caractérisent le spleen baudelairien.

 


                     Si le spleen est ce qui fait l’individualité de l’oeuvre de Baudelaire, il est toutefois inspiré par un registre plus courant, présent dans le poème et projeté sur la nature : le lyrisme. Celui-ci est tout d’abord retrouvé dans le texte de par l’emploi des pronoms personnels “j[e]” et “nous” (vers 1 et 3), ou encore du déterminant “mon” ( vers 5, 8 et 11). Cet emploi facilite l’expression de sentiments intenses et personnels, comme la “haine” (v. 5) et la “colère” (v.6) qu’il sent arriver en lui. Ceux-ci sont renforcés par l’allitération en [r], fréquente dans le poème (“froides”, “enfer”, “polaire”, “frissons”, “retentissant”) et faisant allusion à ces sentiments nerveux. En plus de cela, le Moi du poète est lui-même mis en évidence grâce à l’expression de ses perceptions, comme dans le vers 13 : “il me semble”. Ces aspects personnels du poème le lient au lyrisme qui se reflète sur la nature environnante.
                      En effet, Baudelaire se sert du passage des saisons, phénomène naturel irrémédiable, pour faire un parallèle avec sa propre vie. On peut supposer que Baudelaire vit une période difficile qui pourrait s’agir d’une rupture amoureuse. Dorénavant, pour lui, son coeur ne sera plus qu’un « bloc rouge  et glacé », car il a arrêté d’aimer. Il s’agirait donc d’un chagrin d’amour. C’est pour cela que, dans le poème, Baudelaire s’imagine devenir un être froid, comme l’hiver. Cette appréhension de perdre toute chaleur est renforcée par le champ lexical du froid (“froides”, “frissons”, “polaire”, “glacé”) mais aussi par une allitération fréquente en [f] et en [s], avec par exemple “funèbres”, “frissons”, “frémissant”, “enfer”, “sonne”, ou “sourd” qui rappellent les frissons et le froid. Baudelaire exprime ses sentiments en s’identifiant à un phénomène naturel.
                       Enfin, il est intéressant de noter que Baudelaire utilise ce lien entre la nature et ses sentiments pour se rapprocher d’un autre registre : l’élégie. Là où il se différencie de l’utilisation classique de ce registre, c’est qu’il s’agit d’une élégie inversée : au lieu de regretter une époque perdue avec une alternance entre le passé et le présent, il appréhende déjà une époque future et sans amour, comme on peut le constater avec les verbes au futur : “plongerons” (v. 1), “va rentrer”(v. 5), ou “ne sera” (v. 8). Comme l’humain est impuissant face au cycle des saisons, Baudelaire l’est aussi contre le temps qui lui file entre les doigts, comme le montrent les expressions “bientôt” (v. 1), “adieu” (v. 2), “déjà” (v. 3), ou “trop courts” (v. 2). À sa façon, le poète reprend des éléments traditionnels pour les détourner et se les approprier, et se sert pour cela d’une représentation naturelle des sentiments et du temps qui passe au fil des saisons.


 


                  En conclusion, “Chant d’automne” raconte un phénomène météorologique significatif pour Baudelaire. Le passage de l’été à l’automne, puis à l’hiver, représente pour lui le passage d’un être heureux à un être triste et froid, suite à une rupture amoureuse. On retrouve dans ce poème les caractéristiques du lyrisme ainsi que du fameux spleen baudelairien. Son style novateur fera de Baudelaire un auteur précurseur du symbolisme des années 1870. Son oeuvre sera admirée et inspirera de nombreux poètes symbolistes, notamment Rimbaud, Verlaine et Mallarmé.

 

Salomé G., 2nde section internationale, mars 2016.

 

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Devoir de Joanne W. :


              Le XIXème siècle fut une période de grands changements politiques, la France traversa de multiples phases comme le Consulat de l’Empire, le retour de la Monarchie ou bien la Seconde République et bien d’autres. Les écrivains et poètes français donneront naissance en 1850 au Symbolisme, un mouvement littéraire et culturel qui se penchera également sur la peinture, la sculpture, la musique ainsi que la politique. Il est caractérisé par la représentation d’une idée abstraite par une image concrète. Un des écrivains français qui y adhéra fut Charles Baudelaire. Il est l’un des plus grands poètes et écrivains français de cette époque, il publia en 1857 son fameux recueil Les Fleurs du Mal, il s’agit d’un recueil qui tisse des liens entre le mal et la beauté, entre le fugitif et l’idéal inaccessible. Le poème « Le Chant d’Automne » à analyser émane d’ailleurs de ce recueil. Il est composé de quatre quatrains et d’alexandrins et porte sur deux sujets fondamentaux : la nature mourante du à l’arrivée de l’hiver et la fuite inévitable du temps qui conduira au fameux Spleen Baudelairien.

 

                Tout d’abord, Baudelaire est un écrivain inspiré du Romantisme, on retrouvera donc une nature omniprésente dans le poème. On remarque en premier lieu que cette dernière se retrouve dans le titre du poème « Chant d’automne » ce qui nous fait penser à la saison de l’automne. On retrouve également une référence à la nature avec le titre donné au recueil Les Fleurs du Mal. Le champ lexical de la nature est également très présent dans le texte avec « les bois » (v. 4), « bûche » (v.9), « hiver » (v.5), « automne » (v.15) et « été(s) » (v.2 et 15). La structure du poème fait également penser a la nature car il est composé de quatre quatrains qui rappellent donc les quatre saisons d’une année, or dans le poème on retrouve toutes les saisons hormis le printemps ce qui nous montre que la nature est mourante, qu’il n’y a pas de renouveau possible.
                Ce poème amène pas à pas à cette nouvelle facette de la nature. On peut la définir avec un champ lexical de la mort formé par « ténèbres » (v.1), « Adieu » (v. 2), « funèbres » (v.3), « enfer » (v.7), « sourd » (v.10), « succombe » (v.11) et « cercueil » (v.14). Ce sentiment de mort est rappelé par l’oxymore « rouge et glacé » au vers 8 qui montre que le cœur du poète est sur le point de mourir ainsi que celui au vers 7 « enfer polaire », l’enfer étant représenter comme un lieu chaud, volcanique, il se contraste avec l’adjectif polaire qui donne une notion plus froide aux enfers. On retrouve cette notion de mort intérieure du poète avec le champ lexical de la violence composé de « retentissant » (v.4), « labeur dur et forcé » (v.6), « tombe » (v.9), « bâtit » (v.10) et « coups » (v.12). Ou bien lorsque le poète dit « Mon esprit […] qui succombe » (v. 11), la mentalité du poète est anéanti, il se compare donc à une tour qui s’effondre suite aux coups d’un bélier. Les coups du bélier peuvent représenter des chocs moraux ou financiers du poète. Le champ lexical de l’hiver est aussi assimilé à la mort car c’est en cette période que la nature meurt, il est formé par « froides » (v.1), « hiver » (v.5), « frissons » (v.6), « polaire » (v.7) et « glacé » (v.8). L’assonance en [ã] formée par « dans »,  « j’entends », « retentissant », « rentrer », « frémissant », « enfer », « semble » et « grande » apporte un rythme lent au poème comme lorsqu’un cœur est en fin de vie. L’allitération en [t] formé par « Bientôt », « ténèbres », « clarté », « étés », « trop », « j’entends », « tomber », « retentissant », « tout », « rentrer », « être », « j’écoute », « bâtit », « tour », « infatigable », « hâte », « c’était », « l’automne » et « mystérieux » peut représenter l’appel de la mort, comme si elle toquer à la porte du poète. Cette idée de froideur est perçut par un jeu d’obscurité et de clarté dans le poème avec « ténèbres » (v.1) opposé à « clarté » (v.2) et « funèbres » (v. 3) opposé à « soleil » (v. 7). On retrouve aussi des images de mort en référence avec le bois désigné par la métaphore « l’échafaud […] plus sourd » (v. 10) puis par « chaque bûche qui tombe » (v.9), « bélier » (v. 12) et « cercueil » (v. 14), elles signifient que la nature meurt à cause du froid hivernal.

 

                Dans cette poésie de Baudelaire, on connote une nature omniprésente mais mourante du à l’arrivée de l’hiver ainsi qu’une tristesse en raison de la fuite du temps. Tout d’abord, on constate un champ lexical du temps et de la durée composé de « Bientôt » (v.1), « trop courts » (v. 2), « déjà » (v. 3), « en grande hâte » (v. 14) et « hier » (v. 15). Le passage du temps est renforcé par la conjugaison. En effet on passe du futur au présent ou du présent au passé : « plongerons » (v.1), « j’entends » (v.3) « va rentrer » (v. 5) « sera » (v. 8), « j’écoute » (v.9), « on bâtit » (v.10), « est » (v.11), « il me semble » (v. 13), « on cloue » (v.14), « c’était » (v. 15) et « sonne » (v.16). Le passage du temps est pour le poète vecteur d’angoisse.
               On observe ensuite une circularité dans le poème qui rappelle une nature saisonnière avec « soleil » (v.7), « bûche » (v. 9), « tour » (v. 11), « bélier » (v. 12), et « bercé » (v. 13). Tous ces mots donne une sensation de vertige, de circularité accentuée par les rimes croisés et alternés entre féminines et masculines à chaque fin de vers. La circularité est aussi présente dans le titre du poème avec « chant », car par définition un chant est composé de plusieurs refrains, donc de plusieurs airs qui reviennent; mais également avec la structure du poème, les quatre quatrains désignent les quatre saisons qui se répète chaque année. L’assonance en (on) nous donne une sensation de vertige du au fait que l’on peut étendre cette syllabe et ainsi alourdir le vers, elle est composée de « plongerons », « tomber », « frissons », « son », « mon », « qu’on », et « succombe ». On retrouve aussi la circularité avec l’allitération en [l] formé par « plongerons », « les », « clarté », « le », « colère », « labeur », « soleil », « plus », « bloc », « glacé », « la », « bélier », « il », « semble », « cloue » et « quelque » ainsi qu’avec l’assonance en (ou) construite par « courts »,  « cours », « tout », « rouge », « j’écoute », « tour », « lourd », « coups », « cloue » et « pour ». Tous ces détails montre que la fuite inexorable du temps peut introduire une sensation de vertige.
              D’ailleurs cette fuite du temps conduit également à un registre élégiaque que l’on retrouve grâce à « Adieu » (v. 2), « Bientôt » (v. 1), « j’entends » (v. 3), « frémissant » (v. 9), « c’était » (v. 15) et « départ » (v. 16). Ce registre élégiaque montre que le poète regrette la saison passé : l’été. Il souhaiterait pouvoir revenir à cette époque-là or la fuite du temps est inévitable, intemporelle et universelle, elle concerne tous le monde à toute les époques. Autre preuve que le temps suit son cours est l’enjambement au vers 5 pour aller au vers 6, il nous montre que peut importe les actions, le temps avance. L’affirmation au vers 15 « C’était hier l’été ; voici l’automne ! » nous prouve bien que le temps suit son cours en dévastant tout sur son passage.
Cette fuite du temps amène finalement au fameux Spleen Baudelairien. Le Spleen Baudelairien est le terme employé par Baudelaire pour désigner une élégie profonde. On le retrouve notamment dans « Spleen et Idéal » ainsi que dans les correspondances et synesthésies Baudelairienne. Finalement le poète espère encore pouvoir se libérer du temps qui l’emprisonne avec l’interrogation « Pour qui ?» (v. 15), il tente de lutter mais en vain, le destin lui file entre les doigts tout comme le temps qui nous échappe.

 

                    Pour conclure, ce poème est très riche. Il comprend de nombreux sentiments comme l’élégie, la mort ou bien l’incapacité face au temps qui prend dans ce poème une valeur mortifère. Ces thèmes dérivent de l’héritage littéraire des Romantiques que les Symbolistes enrichiront afin de pouvoir vagabonder entre l’irréel et le réel. Baudelaire instaura les synesthésies et correspondances Baudelairiennes qui seront source d’inspiration pour beaucoup d’auteurs par la suite.


Joanne W., 2nde section internationale, mars 2016.


***


Devoir de Chloé C. :

             Le Symbolisme est un mouvement littéraire qui débute durant la deuxième moitie du XIXème siècle en France, plus particulièrement a partir de 1850. Il se caractérise par sa suite logique au Romantisme. Les symbolistes utilisent beaucoup l'expression du « Moi », et croient aux sentiments contre la raison, une mentalité tirée du Romantisme. Les symbolistes cherchent par des symboles, la représentation d'une unité supérieure, d'un monde immatériel de l'Idéal, que seuls les poètes sont capables d'atteindre. Charles Baudelaire, grand poète symboliste, est l'un des précurseurs de ce mouvement, car il est le créateur des fameuses synesthésies et correspondances, particularité qu'on trouve souvent dans son œuvre la plus connue, le recueil Les Fleurs du Mal, publié en 1857. Le texte proposé, le poème « Chant d'automne », émane d'une sous-section des Fleurs du Mal, appelée « Spleen et Idéal ». Il est composé de quatre quatrains, tous écrits en alexandrins. Ce texte est axé sur une fuite du temps mortelle et inévitable, qui laisse imaginer le Spleen Baudelairien par la suite.

 

          Tout d'abord, la fuite inexorable du temps est omniprésente dans le poème. On voit cela en premier lieu de par la rapidité de cet écoulement. Les synesthésies, les différentes perceptions sont très présentes, notamment dans le sens auditif, avec des mots tels que « J’entends » (v.3), « chocs » (v.3), « retentissant » (v.4), « j’écoute » (v.9), « écho plus sourd » (v.10), et « bruit » et « sonne » (v.16).  Le sens de la vue est aussi utilisé dans le terme « vive clarté » (v.2), ainsi que le sens du toucher avec « frissons » (v.6). Cet abus de perceptions plutôt désagréables et majoritairement auditives peut nous faire croire que toutes ces perceptions sont dues à la fuite brutale du temps. Ce-dernier semble tout écraser sur son chemin, et laisse à ses victimes le son créé par l’écho de ses pas. De plus, on voit qu’il y a une dialectique entre passe, présent, et futur, avec des verbes au passe comme « c’était » (v.15), des verbes au présent comme « j’entends » (v.3), et « j’écoute » (v.9), et même les verbes « plongerons » (v.1), « sera » (v.8), et « va rentrer » (v.5). La présence de ces trois temps verbaux montre que le poète regrette le passe, une époque plus heureuse, et appréhende le futur proche, qui s’annonce de manière dépréciative.
           En outre, on trouve une alternance constante entre rimes féminines et masculines, avec les rimes féminines toujours a la fin des vers 1 et 3 d’une strophe. Ce changement qui ne cesse jamais montre a quel point le rythme du poème est rapide et confus, et donc la vitesse du temps qui passe. Tous ces aspects représentent la fuite inévitable du temps. En outre, cette rapidité du temps et donc de la vie amènent a la mort, très présente dans ce poème. On a d’abord le champ lexical de la violence et de la mort, reflété dans les mots « ténèbres » (v.1), « funèbres » (v.3), « colère » (v.5), « horreur » (v.6), « enfer » (v.7), « glace » (v.8), « succombe » (v.11), et « cercueil » (v.14). Deuxièmement, les trois premiers mots du texte « bientôt nous plongerons » sont connotes péjorativement, avec l’idée que des le début,  le lecteur plonge dans quelque chose de profond et dangereux, qui peut amener la mort. Au vers 7, le poète compare son cœur « glace » et « triste », au soleil qui ne chauffera plus a l’approche de hiver, avec le mot « comme ». Un cœur glacé ne fonctionne plus, et très souvent est mort, sans vie. Une personnification de l’hiver apparaît au vers 5, avec la phrase « va rentrer », comme si l’hiver va rentrer dans la poète, prendre possession de son corps, comme le ferait un démon, et enfin le tuer a cause de sa froideur. En plus ce cela, les hyperboles « adieu » (v.2), et « bloc rouge et glacé » (v.8) en parlant du cœur de Baudelaire illustrent la vision mortifère de Baudelaire face au temps qu’on ne peut arrêter.
         Pour finir, les saisons sont fréquemment représentées, et peuvent être considérées comme un symbole pour la fuite du temps, car le poète fait énormément allusion a la rapidité avec laquelle passent les saisons, et cela peut être en parallèle avec la fuite du temps. Par exemple, Baudelaire dit « nos étés trop courts » (v.2), « l’hiver va rentrer » (v.5), « le soleil dans son enfer polaire » (v.7), « c’était hier l’été » (v.15), et « voici l’automne » (v. 15). Le poète compare les saisons qui passent au temps qui passe, a une vitesse inimaginable.

 


          Cette fuite du temps indéniable et mortifère est due a un sentiment de mal-être au sens philosophique, de mélancolie : le Spleen Baudelairien. Ce spleen, ce malaise, est présent tout au long du poème, d’abord avec la souffrance personnelle de Baudelaire. Au vers 6, on a une accumulation de termes péjoratifs et hyperboliques, comme « haine, frisson, horreur, labeur » qui montre que le poète souffre et n’a que des pensées tristes. Il y a aussi beaucoup de termes dévalorisants comme « froides » (v.1), « funèbres » (v.3 ), « dur » et « force » (v.6), « polaire (v.7), qui développent l’ennui de Baudelaire. Au vers 2 et 15, on trouve une ponctuation forte : point d’interrogation « ? » et point d’exclamation « ! », qui prouve a quel point le poète est désespéré, au bord du gouffre. De plus au vers 11, avec le terme « pareil a », Baudelaire compare son esprit à une « tour qui succombe », nous laissant comprendre qu’il est très malheureux. Enfin, avec l’utilisation de « j » (v.3), « nos » (v.2), « mon » (v.8) et « me » (v.13), on remarque l’expression du « moi » très utilises par les symbolistes, pour montrer que le poète décrit bien sa souffrance personnelle. Il exprime ses sentiments, sentiments de spleen et d’ennui.
         En second lieu, on ressent un mal-être et une dureté générale causée par ce spleen. D’abord on a le champ lexical de la construction, notamment en bois, avec les mots « bois », « pavé » (v.4), « labeur » (v.6), « bûche » (v.9), « bâtit » (v.10) et « cloue » (v.14). On voit un contraste entre la construction, qui a une connotation urbaine, et le bois, qui est un matériau naturel, ainsi que le fait que le malaise est bien là, car Baudelaire semble décrire un monde bruyant et désagréable, qui évoque bien le spleen. En outre, on trouve plusieurs allitérations en « E » dans la strophe 1, avec « ténèbres », « clarté », « été », « trop », « tomber » et « retentissant ». Dans la strophe 2, il y a une allitération en « r » avec « rentrer », « colère », « horreur », « cœur », « labeur ». Dans la strophe 4, il se trouve une allitération en « k » avec « choc», « cercueil», « quelque» et « qui ». Ces trois allitérations contiennent des sons durs et brutaux, ainsi que désagréables a l’oreille. On a aussi des césures à l’hémistiche dans la strophe 1, provoquant un rythme brutal et causant un mal-être, a l’origine de la mélancolie. Tous les éléments cites précédemment provoquent un malaise chez Baudelaire, ainsi que chez le lecteur, un sentiment du spleen Baudelairien.

 

            Pour conclure, dans le poème « Chants d’Automne », Baudelaire fait émaner deux thèmes principaux, la fuite inexorable du temps, ainsi que le Spleen Baudelairien. La fuite du temps en particulier est un motif inspiré du mouvement Romantique, alors que le spleen est plutôt une thématique qui apparaît grâce à Baudelaire. Ce-dernier utilisera de nombreuses fois ce thème dans ses autres œuvres des Fleurs du Mal, notamment dans le poème « Harmonie du Soir ».


Chloé C., 2nde section internationale, avril 2016.


***

Devoir de Charlotte R. :

          Le XIXème siècle est composé de deux grands mouvements dans la poésie : le Romantisme et le Symbolisme. Le Symbolisme est un mouvement littéraire et artistique de la fin du XIXème siècle. Les auteurs symbolistes s'inspirent de l'imagination, des rêves et de la spiritualité. Charles Baudelaire a été le chef de file de ce mouvement en utilisant des procédés nouveaux comme les correspondances, aussi appelées les synesthésies. Le poème « Chant d'automne » qui fait partie du recueil Les Fleurs de Mal (publié en 1857) est composé de quatre quatrains eux-mêmes composés d'alexandrins. Les deux axes majeurs de ce poème sont le spleen baudelairien et la sensation de vertige.


            Tout d'abord, le spleen baudelairien se caractérise par la sensation de malaise que l'on peut très bien ressentir grâce au ton plutôt sombre qui accompagne le lecteur tout au long du texte. On remarque que les mots connotés de façon dépréciative sont placés aux endroits forts d'un vers comme « Bientôt...ténèbres » (v.1) et « Adieu...étés trop courts » (v.2). Les mots sont placés à l'attaque et aux rimes. Il y a aussi un champ lexical dévalorisant avec les noms communs (qui sont aussi des hyperboles) « lourd » (v.12), « colère » (v.5), « Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé » (v.6), le dernier exemple peut paraître comme une avalanche de points négatifs de l'hiver sur le lecteur. On note également des verbes connotés de façon péjorative : « en frémissant » (v.9), « tomber » (v.3), « cloue » (v.14) et des adjectifs comme « froides » (v.1) et « chocs » (v.3). Tout ce vocabulaire péjoratif illustre bien le spleen de l'auteur.
             De plus, on peut retrouver dans ce poème un champ lexical de la mort très présent ce qui convient au spleen baudelairien. De nombreux termes font penser à la mort comme « ténèbres » (v.1) et « enfer polaire » (v.7) qui renvoient à l' enfer dans la religion chrétienne. On remarque également les termes « funèbres » (v.2), « succombe » (v.11), « échafaud » (v.10) et « cercueil » (v.14). En outre, le mot « glacé » (v.8), qui fait penser à la mort car tout ce qui est mort est froid. Le terme « départ » peut faire penser au départ d'une personne décédée. C'est le dernier mot de la poésie, ce qui le met en avant. On note également la présence d'allitérations comme celle en [t] avec les mots « Bientôt » (v.1), « ténèbres » (v.1), « clarté » (v.2), « étés trop » (v.2), « J'entends» (v.3), « tomber » (v.3), « retentissant » (v.4), tous situés dans la première strophe. Dans la deuxième strophe, il y a une allitération en [r] : « colère » (v.5), « l'hiver » (v.5), « rentrer » (v.5), « être » (v.5), « frissons », « horreur », « labeur » et « dur et forcé » au vers six, « enfer polaire » (v.7), « cœur » (v.8), « sera » (v.8) et « rouge » (v.8). Dans la dernière strophe on remarque l' allitération en [k] avec « chocs » (v.13), « Qu'on cloue » (v.14), « cercueil » (v.14), « quelque » (v.14), « qui » (v.15) et « comme » (v.16). Ces trois sons sont courts, sec et dur ce qui renforce l'idée de finitude. La mort est symbolisée dans ce texte par l'hiver, car il est la source du malaise de l'auteur. De plus, l'hiver est une saison froide et durant laquelle la nature est morte, ce qui fait donc référence à la valeur mortifère du texte qui est l' une des composantes du spleen baudelairien.
          Enfin, on remarque le registre élégiaque dans ce poème qui peut aussi être une source du malaise pour le lecteur car celui-ci va regretter le passé heureux. En effet, cela est illustré dès les deux premiers vers avec le placement des mots importants à l' attaque et à la rime : « Bientôt...ténèbres » (v.1) et « Adieu...étés trop courts » (v.2). Baudelaire montre donc dès le début un aspect important qui est à l' origine de son mal-être. Il y a également d' autres termes qui font partie de l' élégie comme « déjà » (v.3), « ne sera plus » (v.8) et « C' était hier l' été ; voici l' automne » (v.15). L' auteur regrette donc l' été ce qui est un exemple pour le spleen baudelairien dans ce texte.


Le spleen baudelairien n' est pas le seul sujet récurrent du Symbolisme, on peut aussi citer la sensation de vertige. Ces deux aspects peuvent être une source de malaise chez le lecteur ainsi que chez l' auteur. On peut en premier lieu citer le vocabulaire qui fait penser au vertige qui est présent dans tout le poème comme les verbes « plongerons » (v.1) et « tomber » (v.2) qui sont la source d' une sensation de vertige car ils sont résultés par le fait que l' on est déstabilisé. On remarque aussi les noms communs « soleil » (v.7), « écho » (v.10) et « tour » (v.11). Le soleil et la tour on la forme d' un cercle (la tour vue d' en haut), ce qui peut donner la sensation de vertige car le cercle est une figure géométrique où l' on revient au point de départ. L' écho imite aussi ce mouvement. Ces termes évoquent donc bien la sensation de vertige.
       On remarque dans un second temps la présence de sens (surtout celui de l' ouïe et du toucher), ce qui peut également être la source de vertige s'il y a un excès de sens. On retrouve la présence de l' ouïe avec les termes « J'entends » (v.3), « retentissant » (v.4), « J'écoute » (v.9), « écho » (v.10), « bruit » (v.16), « sonne » (v.16), et de la vue avec « vive clarté » (v.2) et « soleil » (v.7). On note aussi la présence du toucher avec les mots « froides » (v.1), « chocs » (v.3), « polaire » (v.7), « glacé » (v.8), « en frémissant » (v.9), « coups » (v.12) et « bercé » (v.13). Les sens sont donc sollicités dans ce texte, ce qui peut provoquer un excès et donc le vertige.
         De plus, il y a la présence d' une ponctuation forte très présente ce qui peut entraîner une sensation de déstabilisation. On remarque la présence de points d' interrogations et d' exclamations dans les vers deux et trois des strophes un et quatre. À la fin de chaque vers il y a un point et beaucoup de virgules ce qui peut être déstabilisant car les points cassent le rythmes du poème de façon soudaine. On note également que les rimes sont croisées ce qui peut un rythme saccadé ce qui accentue la sensation de vertige.
       Enfin, on remarque dans la dernière strophe une sensation de flou ce qui peut souligner le vertige, avec « Il me semble » (v.13) et « quelque part » (v.14) qui montrent la sensation d' incertain de la part de l' auteur. On peut également citer la question « Pour qui ? » (v.15). L' auteur se demande pour qui est construit le cercueil ce qui accentue cette sensation. Il y a aussi l' adjectif « mystérieux » (v.16). Cette sensation de flou est mise en évidence car elle présente à la fin du poème et cela souligne la sensation de vertige.

           Ce poème dont les sujets majeurs sont le spleen baudelairien et la sensation de vertige est purement symboliste car l' auteur utilise des thèmes récurrents à cette époque. Plus tard, le Surréalisme permettra aux auteurs d' exprimer encore plus leurs sensations e transgressant toutes règles et contraintes.


Charlotte R.., 2nde section internationale, avril 2016.


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Devoir de Nicolaï P. :

            Le symbolisme est un mouvement littéraire apparu dans la seconde moitié du XIXème siècle en France, en réaction au Réalisme et au Naturalisme. Il est en faveur de l’imagination, la spiritualité, les rêves, la nature et renoue avec certains aspects du Romantisme. Charles Baudelaire est considéré comme le chef de file de ce mouvement avec son célèbre recueil Les Fleurs du Mal, d’où émane le poème « Chant d’automne » composé de quatre quatrains écrits en alexandrins. Il est axé sur le lyrisme malheureux causé par la fuite du temps et le Spleen baudelairien.

 


          Tout d’abord, le poème évoque le lyrisme malheureux du poète causé par la fuite du temps. En effet, on remarque d’emblée l’utilisation répétitive de la première personne : « nous » (v.1), « J’ » (v. 3, 9), « Mon » (v. 5, 8), « me » (v. 13). Cela illustre l’expression du Moi du poète. Ensuite, la métaphore « Mon cœur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé » évoque les sentiments profonds du poète qui compare son cœur à un « bloc rouge et glacé » qui est un oxymore. En effet, l’auteur est partagé entre l’été heureux désigné par l’adjectif « rouge » et l’hiver désigné par le participe passé « glacé ». De plus, le poète fait référence à la spiritualité : « Mon esprit est pareil à la tour qui succombe / Sous les coups du bélier infatigable et lourd » (v. 13-14). Le vers 13 évoque une comparaison entre l’esprit du poète et une tour qui s’écroule sous les coups d’un bélier, cela illustre le désespoir qu’éprouve le poète, ce désespoir est accentué par l’adjectif épithète « infatigable et lourd ». Enfin, le poète compare le soleil avec son cœur : « Et, comme le soleil dans son enfer polaire, mon cœur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé » (v. 7-8). Cela montre encore une fois la bipolarité du poète avec l’antithèse de « soleil » et « polaire » qui évoquent eux aussi l’été et l’hiver qui s’opposent dans le cœur du poète. Toutes ces figures de style illustrent le lyrisme malheureux dont le poète est atteint.
              En outre, on remarque une allitération en [r] : « froides », « ténèbres », « hiver », « dur », « haine », « Horreur » qui évoque la dureté de  l’hiver qui s’approche. En effet, le champ lexical de l’hiver est très présent : « froides », « hiver », « polaire », « glacé », « bûche ». Le poète appréhende ce passage à l’hiver causé par la fuite du temps : « Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres » (v. 1). En effet, le temps est ici associé à un plongeon vers l’avant avec la métaphore « froides ténèbres » qui compare l’hiver à des ténèbres. Ensuite, le poète semble résigné par cette fuite du temps : « Bientôt » (v. 1), « Adieu » (v. 2). L’été a une connotation positive : « vive clarté de nos étés trop courts ! ». La ponctuation forte accentue l’élégie. L’oxymore « choc monotone » (v. 13) illustre l’état d’esprit du poète causé par la fuite du temps tout en restant passif.

 


           Ce lyrisme malheureux et la fuite inexorable du temps sont à l’origine du Spleen baudelairien. Tout d’abord, les correspondances baudelairiennes évoquent le Spleen baudelairien. En effet, le poète associe l’hiver à des sentiments : « Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère, Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé ». Ici, c’est une énumération d’hyperboles très dépréciative. Ensuite, le poète associe les sons. En effet, il compare le son des bûches à l’écho d’un échafaud : « J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe / L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd » (v. 9-10). Ce son est lui-même associé à des frémissements avec le participe présent « frémissant ». De plus, l’auteur personnifie le bélier en l’associant à un boxeur : « coups », « infatigable », « lourd » (v. 12), qui « tape » sans arrêt sur l’esprit de l’auteur qui « succombe » finalement. C’est caractéristique du Spleen baudelairien.
           Enfin, l’évocation de la mort est très présente. En effet, le champ lexical de la mort figure dans le texte : « ténèbres », « funèbres », « échafaud », « cloue », « cercueil ». Le poète sent que la mort approche en même temps que l’hiver : « J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres / Le bois retentissant sur le pavé des cours », l’hiver prend une dimension mortifère car le bois sur le pavé connote l’hiver. La strophe 4 évoque elle aussi la mort. En effet, l’été meurt : « Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part. », l’été est enterré pour laisser place à l’automne : « Pour qui ? –C’était hier l’été, voici l’automne ! » (v. 15). Cette évocation de la mort est une caractéristique du Spleen baudelairien.

 

 

          Pour conclure, ce poème reprend des thèmes classiques du Romantisme comme le lyrisme et la fuite du temps, tout en modernisant l’écriture avec le Spleen baudelairien qui rend ce poème plus hermétique mais plus riche. Le Surréalisme est le mouvement qui succède au Symbolisme en modernisant la poésie avec notamment la transition du cadre naturel au cadre urbain.


Nicolaï P., 2nde section internationale, avril 2016.


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Devoir de Rebeca R. :


      Le symbolisme est un mouvement apparu au XIXème siècle. Les Symbolistes ont une conception spirituelle du monde, ils essaient de trouver d'autres moyens d'expression, pour dépasser la simple représentation réaliste; Charles Baudelaire un très grand auteur de ce mouvement né en 1820 et qui publie le recueil Les Fleurs du Mal en 1857 d’où provient le poème à commenter. « Le Chant d'automne » est un poème tiré de la section Spleen et Idéal; il est constitué de quatre quatrains composé d'alexandrins. Il narre un regret de changer de saisons et de quitter un été court. Ce poème est donc axé sur un lyrisme douloureux, une nature autour qui en souffre aussi et la fuite du temps dont l'auteur est victime.

 

 

        Tout d'abord, on remarque une présence d'un lyrisme malheureux, l'auteur emploie au vers 1 un pronom de la première personne du pluriel « nous », mais aussi des pronoms personnels de la première personne du singulier avec « J'entends », « J’écoute » et « Il me semble » au vers 3,9 et 13 ; ce qui est naturellement caractéristique du lyrisme. Ce dernier est aussi synonyme de sentiments profonds comme le montre le texte aux vers 1-2 , 7 et 13 avec « ténèbres[...] clarté », «solaire[...] polaire » et « choc monotone » ; ces antithèses surprennent le lecteur d'une facon forte et intense. Même l'auteur est surpris car il se questionne au vers 15 avec « Pour qui ? » comme si lui aussi était victime d'une incompréhension persiste et montre bien qu'il y a un lyrisme malheureux.
          De plus, la nature est perdue car elle aussi est choquée comme l'illustre « choc funèbres »  au vers 3. Les rimes croisées du poème montre aussi l'alternance des saisons et le changement rapide de celles-ci. L'auteur fait donc appel a notre ouïe qui est propre a la vie et donc a la nature vivante  avec « entendre », « sourd », « bruit » au vers 3,10 et 16. Et enfin, le titre du poème y participe, avec « Chant d'automne ». Ce qui nous montre bien qu'il y a bien une nature qui souffre de ce changement malgré le coté positif car cela reste un chant mais elle voudrait tout de même retourner en été.

 

 

             Dans le poème était présent un lyrisme douloureux qui se retranscrivait sur une nature environnante qui souffre elle aussi ; ce lyrisme est dû,naturellement, à la fuite du temps, donc, au changement brutal de saison. Dans un premier temps, il y avait une saison heureuse, une saison dans laquelle l'auteur voudrait retourner, il s'agit bien sûr de l’été. Mais malheureusement, il doit dire au revoir a cette saison comme le montre « Adieu » au vers 2, il est conscient que l’été s'en va.
             La ponctuation forte utilisée au vers 22 et 15 avec « ! », nous prouve qu'il a cependant un regret car il dit que l’été était trop « court » (v.2). Par ailleurs, il emploie la passé pour faire référence à la saison antérieure ; «  C’était hier l’été » ( v.15) mais il essaie de tourner la page puisqu'il garde espoir de retrouver un jour l’été «  comme un départ », un départ vers un nouveau cycle de saison. Même s'il regrette de quitter l’été, il reste optimiste car il sait qu'il reviendra un jour. Il regrette une époque passée, celle ci est parti a cause du temps qui passe.
              Néanmoins, la nouvelle saison qui s'approche avec « Bientôt » au vers 1, ne semble pas plaire a l'auteur. Il donne une dimension mortifère a l'automne en utilisant un champ lexical de la mort : « plongerons dans les froides ténèbres », « funèbres », « horreur », « enfer » ou encore « cercueil » aux vers 1,3,6,7 et 14. On a l'impression aussi qu'il s'agit d'un automne ou un hiver envahissant, comme on peut le remarquer avec « Tout l'hiver va rentrer dans mon être » (v.5), il dit aussi que son c?ur se glacera comme l'illustre « qu'un bloc rouge et glacé » (v.8). On remarque un rythme au vers 6 avec la succession de virgules qui symbolise le temps qui passe petit a petit mais en même temps très vite dans l’espace d'un laps de temps limité. On repère aussi une assonance en [ou] a la troisième strophe, qui symbolise le temps qui passe : « J’écoute », « sourd », « tour », « sous », « coups » et « lourd », le son [ou] étant un son qui dure. Et enfin l'utilisation d'un vers noble, l'alexandrin ce qui fait durer encore plus les vers et montre clairement une fuite du temps vers une saison mortifère et longue.

 

            Pour conclure, on a remarqué une présence d'un lyrisme malheureux et une nature qui souffrait de celui-ci, comme du changement brutal de saison et tout cela est lié au temps qui passe et à l'entrée dans une nouvelle saison qui, d'après l'auteur a plutôt une connotation péjorative. D'autres auteurs comme Rimbaud ou Verlaine vont utiliser la nature, pour apaiser leur tristesse par exemple et employer les thèmes récurrents du XIXème qui sont Le Lyrisme et la Nature.

Rebeca R., 2nde section internationale, avril 2016.

 

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Devoir de Téo C. :

         Le XIXème siècle est un siècle de changements en France, notamment avec le bouleversement  politique qui marque la fin de la monarchie à la tête du pays. La société française change, tout comme la littérature. Cela se ressent d’abord avec le romantisme puis au milieu du siècle avec le symbolisme, mouvement transitoire reprenant les idées de son prédécesseur : la nature, l’exotisme, le « Moi », tout en l’enrichissant avec des figures de styles qui permettent au poète de suggérer plutôt que de décrire directement. Les synesthésies de Baudelaire représentent de ce point de vue un bon exemple. Charles Baudelaire est un poète que beaucoup considèrent comme le précurseur du mouvement avec son œuvre novatrice « Les Fleurs du Mal » qui paraît en 1857. C’est de ce recueil qu’est extrait « Chant d’Automne », poème composé de quatre quatrains dont chaque vers est un alexandrin. Ce poème évoque dans un premier temps le passage difficile des saisons menant à l’hiver source d’angoisse pour le poète. Dans un deuxième temps, nous verrons comment cette peur le plonge dans un état de spleen cher à Baudelaire.

 

 

            Tout d’abord, le poème évoque la répétition constante des saisons. Baudelaire décrit la transition de l’été symbole de joie, avec l’expression « vive clarté » (v.2), à l’hiver symbole d’un enfer glacial : « froides ténèbres » (v.1), « enfer polaire » (v.7). Or le poète fait ressentir au lecteur que cette transition des saisons se répétant chaque année est un phénomène qui lui est désagréable. Cela se traduit par l’emploi des rimes croisées, synonymes de cycle et du fait que le poète ne cesse de penser au passage de l’été à l’automne qui annonce le pire, l’hiver. Cela l’obsède jusqu’à la folie, idée renforcée par l’emploi du principe de personnification de l’hiver : « l’hiver va rentrer dans mon être » (v.6). De plus, les alexandrins, longs vers, font comprendre au lecteur que non seulement le poète ne fait que penser au passage des saisons mais aussi qu’il y pense longtemps, toujours. De plus, la structure renforce l’idée de répétition. En effet, il est composé de quatre quatrains, faisant allusion aux saisons, tous formés d’alexandrins. Cette obsession du poète pour ce passage de saison annuel retranscrit le sentiment d’angoisse qu’il ressent à l’égard de cet événement.
           Deuxièmement, le poète retranscrit son sentiment de peur à l’égard de l’hiver. Ceci est visible de part l’énumération de mots formant le champ lexical de  l’effroi, formé des termes « ténèbres » (v.1) « frissons » (v.6), « horreur » (v.7) et « frémissant » (v. 9) se rattachant souvent à des hyperboles dont « froides ténèbres » au vers 1. Or, les mots se rattachant à l’été sont connotés de façon positive, évoquant le sentiment de joie : « vive » (v.1) et « clarté » (v.2). Ce choc entre l’idéal et l’horreur est traduit par l’oxymore « mon cœur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé » (v.8). L’allitération en [R] est présente à travers le deuxième vers avec les termes « hiver » (v.5) « rentrer » (v.5) ainsi que « être » (v. 5). Cette allitération en [R] rappelle une sonorité brève et agressive. Elle rappelle le « labeur » (v.6) connoté des adjectifs « dur » et « forcé » (v.6) qui doit être fourni au cours de l’ultime saison de l’année. La présence tout au long du vers de cette allitération fait de nouveau référence au phénomène de répétition si nuisible au poète. Cette peur obsessionnelle que ressent le poète se répète chaque année avec le passage inévitable des saisons.

 

 

               Cette peur constante d’un événement cyclique inévitable plonge le poète dans une solitude tourmentée : le spleen, état d’abattement et de profond désespoir emprisonnant l’âme du poète. En effet, le poète se retrouve seul face à sa phobie, idée traduite par l’omniprésence du pronom « je » à travers du poème et l’absence d’autres pronoms personnels pouvant évoquer les proches du poète. Cela reprend le principe de l’expression du « Moi », symbole du romantisme. De surcroît, seules les pensées du poète sont évoquées, notamment avec « mon esprit » au vers 11. Or, cette solitude domine le poète qui « succombe » (v.11). Cela explique donc la présence du champ lexical de la mort formé des termes « funèbres » (v.3), « ne sera plus » (v.6) et « cercueil » (v.14). Puisque le poète est seul face à sa peur et ses tourments, il tombe dans un spleen face auquel il semble succomber, incapable de se défendre.
            De plus, le spleen peut évoquer la mélancolie. C’est le cas dans « Chant d’Automne » où cette mélancolie est traduite par le registre élégiaque, caractérisé par les expressions « adieu vive clarté » (v.2), « nos étés trop courts » (v.2) et «c‘était hier l’été » (v.15). Vient s’ajouter au registre élégiaque une ponctuation marquée qui se démarque stylistiquement du reste du texte. Cela renforce l’idée que l’été était une meilleure période. Le présent pour le poète ne paraît être que torture et monotonie comme le montre l’expression « ce choc monotone » (v.13). Le « choc » fait ici référence au travail qu’il faudra fournir durant l’hiver, idée renforcée par l’allitération en [K] formée des mots « chaque » (v.9), « écho » (v.10), « succombe » (v.11) et « coups » (v.12). Cette sonorité fait référence au bélier mentionné au vers 12. Cette élégie ne fait donc qu’amplifier le sentiment de spleen chez le poète, et le plonge davantage dans sa solitude.
            Enfin, cet ensemble d’éléments caractérisant le spleen a un effet sensoriel sur le poète. Il s’agit ici d’un exemple de synesthésies ; en effet le spleen est au départ abstrait mais devient caractérisé comme étant tactile comme le montre l’expression « rentrer dans mon être » (v.5), « mon cœur ne sera plus qu’un bloc rouge » (v.6). Ce dernier est également un exemple évoquant que le spleen devient visible avec la couleur « rouge ». Le spleen devient également audible, comme le démontre les expressions « écho plus sourd » (v.10) et « ce bruit mystérieux » (v.16). Enfin, la personnification de l’hiver qui « va rentrer » (v.5) rend au spleen un aspect humain. Cela montre donc l’impact sensoriel du spleen sur le poète.

 

          « Chant d’Automne » évoque la peur du passage des saisons qui à la manière d’un cycle amène des phases négatives, notamment la fin de l’été joyeux et le début des saisons difficiles que sont l’automne et l’hiver, synonymes d’angoisse pour le poète. Par la suite, le poème évoque la solitude et la tristesse que peuvent provoquer cette peur. Ce principe se nomme le spleen, caractéristique littéraire propre à Charles Baudelaire. Les futurs mouvements littéraires reprendront ces idées comme le surréalisme. Cette idée de spleen sera réutilisée également par Maupassant, notamment dans « Le Horla » ou la solitude et l’angoisse mènent à l’irréel et à la folie.

 

Téo C., 2nde section internationale, avril 2016.

 

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Devoir de Thomas T. :


            Le symbolise marque la seconde moitié du XIXe siècle. Cela désigne l’analogie que cette poésie souhaite établir entre l’idée abstraite et l’image chargée de l’exprimé.  Baudelaire est né en 1826 est il meurt en 1887, il fut critique d’art littéraire et de peinture. Mais trop endetté parti pour la Belgique, où il rencontre Hugo. Cette poésie émane des Fleurs du mal, écrit en 1857. Ce qui nous amène donc au premier axe de lecture, c’est-à-dire la fuite du temps, et en deuxième lyrisme et nature.

 

 

             Premièrement, Baudelaire regrette les jours heureux de l’été et qui vont bientôt se terminé. Une allitération en [t], tel que « bientôt » (v.1), « clartés », « étés », « trop » (v.2) ; mais aussi « retentissant » (v.4), que l’on peut interpréter comme un son dur qui nous montre son mécontentement. Une antithèse au vers 7 : « le soleil dans son enfer polaire », nous montre que même le soleil, ne se montrera plus pendant la période de l’hiver, comme une hibernation. L’automne n’est pas encore arrivé mais Baudelaire ressent une certaine élégie, pour tous les instants de bonheur qu’il a pu vivre pendant l’été qu’il vient de vivre. C’est ainsi que viendra l’hiver, avec son froid habituel, ses pluies glaciales, ses épidémies et ses morts, qui vont ternir, a commencé bien sur par l’automne, les six prochains mois. C’est ce qu’on appelle la fuite du temps.
              Après l’été, comme le veut la nature, vient l’automne et ensuite l’hiver. L’hiver, dans ce poème est décrit avec des noms péjoratifs comme « horreur » (v.6), mais donne naissance à des sentiments que Baudelaire n’avait surement pas en été, comme la « haine » (v.6). Il emploie le champ lexical de la mort avec « funèbre » (v. 3), « enfer » (v.7), « succombe » (v.11), ou encore au vers 14 « cercueil ». Avec des allitérations en [t], [k], [d],[p], qui font des sons et des arrêts brusques , ce qui rend l’image de l’hiver encore plus désagréable et violente. Son cœur deviendra « un bloc rouge et glacé », qui fait bien sur référence au froid qui va bientôt s’installer, mais aussi à la « colère » (v.6) et à la « haine » (v.5), qui s’installeront dans son cœur pour l’hiver. La construction de l’échafaud au vers 10, condamne l’été a une mort certaine à cause, qui finira par la fabrication et la fermeture du cercueil quand l’été sera mort. L’écho sourd de la construction de l’échafaud de l’été correspond au vent d’automne qui va arriver et qui fera tomber son esprit dans la colère et la haine. Cette fuite du temps est suivie par un lyrisme de mort et de tristesse accompagné de la nature.

 


           Cependant dans ce poème le lyrisme relève un champ lexical de la mort et de tristesse. Dans cette poésie le champ lexical de la mort est mis en valeurs avec des mots que l’on utiliserai pour la mort de quelqu’un, par exemple au vers 3 « funèbre » et « tombe », l’ « échafaud » au vers 10, ou encore « cercueil » au vers 14. Tout ces mots font partie d’un lyrisme de mort et aussi d’un lyrisme triste puisque la mort et le plus souvent triste car on perd quelqu’un. Donc l’été est parti et l’hiver va arriver donc une période de froid et d’humeur maussade va arriver sur Baudelaire, et après le lyrisme de la mort et de la tristesse, passons donc à a nature en rappelant bien sur que la nature est mal vu par Baudelaire.
            La nature est présente dans ce texte avec les 3 saisons évoquées (été, automne et hiver). Cette poésie est constituée de 4 quatrains qui symbolisent les 4 saisons de l’année. Tout commence, dans ce texte, la clarté de l’été, puis petit a petit, les « bûche qui tombent » (v.10), où l’échafaud, qui est un instrument de mis a mort, et dans ce contexte il est pour l’été. Le « cercueil » (v.14) que l’on ferme pour annoncer la fin de l’été. Pour finir au vers 15 « hier l’été ; voici l’automne » correspond à la naissance de la nouvelle saison. Le soleil lui-même plongera dans une hibernation « enfer polaire » (v.7), donc la nature ne pourra pas renaître sans le soleil. La nature se prépare pour l’hiver.

 



             Nous avons tout d’abord réfléchi à ce que pensait l’auteur et comment interpréter sa réflexion sur l’arrivée de l’hiver, puis nous avons décrypté les différents registres, comme le registre élégiaque, ou le champ lexical de la mort. La nature est omniprésente puisque le thème principal est l’automne donc la nature se meurt pour faire place au froid de l’hiver. HUGO a écrrit des poèmes avec comme thèmes principal, les saisons, comme l’Aube moins claire ou encore Voici que la saison décline font appel au champ lexical des saisons.

Thomas T., 2nde section internationale, avril 2016.

 

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Devoir d' Eva G. : 

           Le symbolisme est un mouvement littéraire apparu dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Ce mouvement est caractérisé par l’évocation de symboles afin d’évoquer des idées et suggérer des états d’âmes. Charles Baudelaire est un grand poète et représentant du symbolisme. Poète maudit, il est aujourd’hui reconnu pour ses talentueuses oeuvres littéraires. Les Fleurs du mal  est un de ses plus grands recueils poétiques. Les poèmes y sont regroupés sous différentes catégories comme “Spleen et Idéal” d’où est tiré le poème Chant d’automne, un poème composé de quatre quatrains formés d’alexandrins alternant des rimes masculines et féminines. Le poème Chant d’automne est un exemple du spleen qui est caractérisé par Baudelaire, mais aussi d’un lyrisme intense projeté sur la nature.

 

            Premièrement, ce poème est annonciateur du spleen baudelairien. La mort est en effet un sujet omniprésent dans le poème Chant d’automne, ce qui crée une atmosphère lourde et sinistre. Le chant lexical de la mort le prouve avec, “cercueil” (v.14); “ténèbres” (v.1); “Adieu” (v.2); “funèbres” (v.3); “enfer” (v.7); “échafaud” (v.10); “succombe” (v.11). De même, tout es éléments qui caractérisent la vie et la joie meurent, comme le prouve l’oxymore du vers 7 “enfer polaire” montrant la mort du soleil, ou encore la mort du coeur au vers 8 “bloc rouge et glacé”, et de l’été par “Adieu, vive clarté de nos étés” (v.2), ainsi que du bois avec “chocs funèbres” (v.3). Cela montre que la mort et le froid l’emporteront toujours sur la vie. L’été est remplacé par l’hiver au vers 1: “plongerons dans les froides ténèbres”. Baudelaire partage avec le lecteur le spleen dont il est la victime en faisant référence à la mort de toutes les choses vivantes et belles.
            Baudelaire partage son spleen avec le lecteur en utilisant les correspondances baudelairiennes, il attribue des valeurs morales à des choses abstraites, comme l’hiver et le froid qui vont devenir sources de haine: “froides ténèbres” (v.1) etc.. Beaudelaire développe une obsession pour le bruit en insistant sur ses sensations: “J’entends” (v.3); “retentissant” (v.4); “écho” (v.10); “choc” (v.13). Le bruit ira même jusqu'à le rendre fou: “J’écoute en frémissant”. On peut donc voir que Beaudelaire utilise le spleen baudelairien dans son poème Chant d’automne.
            En effet, le spleen que nous transmet le poète, fait preuve de son sentiment d’abandon face à cet atmosphère sinistre. Le poète subi l’hiver, mais ne cherche cependant pas à se révolter contre celui ci, on peut le voir au vers 11: “Mon esprit est pareil à la tour qui succombe”, cela prouve alors la dépression de Baudelaire face à l’hiver et la mort. De même, il se pose des questions vraisemblablement sans réponses attendues: “ Pour qui ?” (v.15). Baudelaire semble mal et déprimé, cela se fait ressentir dans son poème, il nous communique sa détresse, son spleen.

 

            L’oeuvre de Baudelaire est aussi bien caractérisé par son spleen que par la projection d’un lyrisme sur la nature environnante. Celui-ci est montré dans le poème par l’emploi des pronoms “mon” (v.5-8-11); “nous” (v.1); “J’” (v.3); “me” au vers 13. Le fait que le poète utilise ces pronoms montre sa volonté à nous montrer ce qu’il ressent. On peut d’ailleurs remarquer que le poète ressent des émotions très fortes ainsi que violentes et intenses comme le montre les vers 5 et 6 où une succession de sentiments est présente: “colère,// Haine, frissons, horreur”, qu’il sent arriver en lui. Cela est renforcé par une allitération en [r] qui à une sonorité plutôt sinistre, qui est fréquent et répandu dans le poème, on peut le voir au mots “ténèbres” (v.1); “courts” (v.2); “funèbres”(v.3); “hiver” (v.5); “colère” (v.5); “horreur, labeur,dur” (v.6). C’est le “Moi” du poète qui met en valeur le plus ses perceptions comme avec “Il me semble” (v.13). Une autre preuve du lyrisme présent dans le poème est l'alternance des temps du présent heureux et du futur sinistre: “nous plongerons” (v.1); “J’entends” (v.3); “va rentrer” (v.5) etc. Le poète projette ses sentiments dans le poème en utilisant ses propres perceptions.
            En effet, le lyrisme du poète est omniprésent dans le poète sur la nature. Il s’agit donc d’une nature sinistre et froide tout comme l’état d’esprit du poète: “froides ténèbres” (v.1); “soleil”; “enfer polaire” (v.7). On peut également penser que cette nature est montrée de telle sorte pour faire référence à la vie amoureusement difficile de Beaudelaire à ce moment-là, par exemple avec la métaphore de son coeur mort: “Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.”, pour exprimer le fait qu’il ne pourra plus jamais aimer une autre femme et qu’il ne vit plus vraiment sans celle-ci. Baudelaire devient aussi froid que l’hiver: “frissons”; “glacé”. Tout cela est renforcé par les allitérations en [s] et [f] qui insiste sur la sensation de froid, comme dans les mots “frissons”; “forcé”; “enfer”; “glacé” (v.6/7/8); “frémissant” (v.9). Baudelaire regrette une époque perdue en faisant référence à l’été: “C’était hier l’été; voici l’automne” (v.15), le poète appréhende le futur: “Tout l’hiver va rentrer dans mon être” (v.5). Baudelaire regrette une époque perdue et le fait ressentir à travers un lyrisme projeté sur la nature.


            Pour conclure, le poème “Chant d’automne” de Charles Baudelaire raconte une période sinistre mais importante pour lui. Il passe de l’été à l’automne tout comme d’une personne heureuse et vivante à une personne triste et morte de l'intérieur. Il nous transmet un lyrisme certain projeté sur la nature ainsi que du spleen qui le caractérise: le spleen Baudelairien. Baudelaire utilise un registre élégiaque dans son poème. Le poète fait référence à une époque, pourtant futur mais qui le rend malheureux et froid. Il crée alors une “élégie inversée”.

 

Eva G., 2nde section internationale, avril 2016.

 

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Devoir de Marie F. : 

 

             Vers le milieu du XIXème siècle, le symbolisme, mouvement d'origine française, ouvre une nouvelle fenêtre littéraire -et artistique- vers la pensée et l'univers des écrivains, exprimant l'abstrait par des images concrètes; parmi les symbolistes de l'époque, Baudelaire, artiste bohème et créateur des correspondances (ou synesthésies, figures de styles caractéristiques du mouvement). Avec son poème, Chant d'automne, composé de quatre quatrains et issu de son œuvre principal les fleurs du mal -Spleen et idéal- (1857), Charles Baudelaire expose ses sentiments en utilisant le cadre de la nature ou  plus précisément celui des saisons, et exprime par son style un profond mal être, on parle ici du très caractéristique Spleen Baudelairien.

 

 

            Tout d'abord le poète fait preuve de lyrisme en exprimant un profond regret des jours passés en se projetant sur les cycles naturels que sont les saisons, le registre élégiaque est donc omniprésent dans ce texte. L'auteur renonce à un passé heureux comme le montre les expressions « Adieu » ou encore « été trop court» vers deux, d'ailleurs accentué par la présence de ponctuation forte, (l'été étant synonyme de jours heureux en opposition à l'automne qui au contraire évoque la grisaille et la tristesse.), enfin  le terme « départ » dernier mot du seizième vers pose définitivement la fin de l'été regretté, aspect renforcé par l'évocation d'un « cercueil » vers quatorze qui « enterre » la belle saison. L'expression « C'était hier l'été; voici l'automne. » vers 15, en rapprochant les deux termes de connotation opposées dans le même vers , laisse penser à un passage brutal de l'état de félicité dans lequel se trouvait l'auteur à celui de mal-être qu'il appréhende tant : l'emploi des futurs « va 'rentrer' » (v. 5) « nous plongerons » (v. 1) etc.. ainsi que des termes « bientôt » (v. 1), ou bien « déjà » (v.3) indiquent que Baudelaire anticipe, et assiste impuissant à la fuite du temps, thème récurant du registre lyrique  auquel appartient le texte.
              De plus, les correspondances, caractéristiques du symbolisme dont est emprunt le texte ne font qu'accentuer l'effet d'appréhension et de malaise dont l'auteur est en proie : on relève ainsi « froides ténèbres » (v. 3) ou encore « choc funèbre » répété au treizième vers, avec « choc monotone » termes constituant d'ailleurs un semblant d'oxymore, un choc étant par définition brutal et bref tandis que « monotone » éternise cette situation de mal-être ressentie par l'auteur et le berce (« bercer » au même vers ). Ces associations d'idée, sans lien apparent, donnent une profondeur et amplifie les sentiments que nous communique Baudelaire par cette œuvre.
              Enfin, la mauvaise saison  semble s'immiscer en lui, comme le montre la personnification de l'hiver, au vers cinq, qui « va rentrer en moi » suivie, à cheval sur les vers cinq et six  par l’accumulation '' colère, haine, frissons, horreur, labeur, dur et forcé» ( « horreur, labeur, dur et forcé » étant exagérés et donc hyperboliques) de sentiments dépréciatifs s'emparant de l'auteur, comme l'automne envahi l'espace et le poème. Dans les vers suivant, l'hiver ne cesse de s'installer en lui :« Mon cœur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé» (v.8) ; glacé,aussi bien au sens propre du terme, par le froid de la période hivernale mais également pas le vide qui se crée en lui et la tristesse qui l'enveloppe. Il existe ainsi un parallélisme entre le véritable effet des saisons sur notre organisme « frissons » (v.5) « frémissant » (v.9) et les sentiments de l'auteur qui se retranscrivent au travers de celles-ci.

 


              Pourtant, au delà du simple regret, et de cette impuissance face au défilement du temps qu’exprime Baudelaire en projetant ses sentiments sur la nature, le passage de l'été à l'automne, des jours heureux à ceux plus sombres, provoque chez lui un profond mal-être, que le spleen Baudelairien  traduit à merveille. Ainsi le poète retranscrit tout d'abord, au travers de ses vers, une noirceur qui semble le ronger, notamment avec  l'évocation du champs lexical de la mort très présent dans le texte avec les termes « funèbres »(v. 3) « enfer » (v.7) « échafaud » (v.10) ou encore « cercueil » qui comme évoqué précédemment semble sonner le glas de cet été en fin de vie s'il n'est pas déjà mort, succombant à l'automne qui s'installe dans son cœur. La succession des termes « colère, haine, frissons, horreur, labeur, dur et forcé » mise en valeur par un contre-rejet qui brise la monotonie du poème montre le semblant de descente en enfer que subit l'auteur, un « enfer polaire » oxymore opposant la froideur de l'hiver à la chaleur des enfers qui paradoxalement ne peuvent être associées. Cette omniprésence sinistre de la mort fait partie des caractéristiques du Spleen Baudelairien.
             De surcroît, L'auteur, afin d'exprimer son désarroi, fait appel à des sonorités dures, tels qu'une allitération en [ k ] essentiellement présente dans le second quatrain avec « écho » « qu' »  vers dix, « succombe »  au vers quinze, « coup » qui pourrait évoquer une volonté de résister, de figer, arrêter le temps et cet automne qui arrive à grand pas mais son mental est pareil à « la tour qui succombe » vers 16, la bataille et vaine et l'auteur résigné, ne tente -concrètement- rien pour remédier à cet état de mal-être. D'autre allitération sont également présentes, notamment celle en [ r ] composé de « colère » (v.5) « horreur », « labeur » au vers six, ou encore « polaire » (v.7) pouvant faire allusion au râle des jours heureux qui se meurent, toujours dans une idée de finalité mortuaire. En effet cet idée récurrente qu'est la mort rejoint et appuie cette abandon de l'auteur qui laisse -et se laisse- mourir tout espoir, renonce à lutter, état d'esprit encore une fois caractéristique du Spleen.
            Pour finir, les correspondances, évoquées précédemment dans le but de mettre en valeur la douleur ressentie par  l'auteur, ont une portée morale qui associe des valeurs humaines tel que la « colère », ou bien la « haine », (v .6) à l'hiver.  Au delà d'une simple aspect symboliste les correspondances particulièrement affectionnée par l'auteur font ainsi partie intégrante du Spleen Baudelairien.

 


       Pour conclure, chant d'automne est une œuvre lyrique, emprunte d'un élégie inversée, qui retranscrit les regrets que peut ressentir l'auteur vis à vis des jours écoulés ainsi que le mal-être qui le hante et le submerge. Ce Spleen Baudelairien présent dans nombre de ses œuvres serait-il une des conséquences des nombreuses déceptions amoureuses que connut l'auteur ou bien des dettes sous lesquelles il croula un temps ?

 

Marie F., 2nde section internationale, mai 2016.


Date de création : 12/03/2016 @ 15:32
Dernière modification : 09/05/2016 @ 09:39
Catégorie : Copies d'élèves 2015/2016
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