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Copies d'élèves 2015/2016 - 2nde 5 : commentaire

2nde 5

Devoir surveillé (durée : 3 heures ; coefficient 4).

Vous ferez le commentaire du poème suivant.

Victor HUGO (1802 – 1885) est le chef de file du mouvement romantique en France. Il excella dans les trois genres littéraires : roman, théâtre et poésie. Il fut à la fois un auteur engagé, prêt à défendre les faibles et les opprimés, et un poète lyrique. C’est un des plus grands écrivains de la littérature française.

 

L’aube est moins claire.


L'aube est moins claire, l'air moins chaud, le ciel moins pur ;
Le soir brumeux ternit les astres de l'azur.
Les longs jours sont passés ; les mois charmants finissent.
Hélas ! voici déjà les arbres qui jaunissent !
Comme le temps s'en va d'un pas précipité !
Il semble que nos yeux, qu'éblouissait l'été,
Ont à peine eu le temps de voir les feuilles vertes.

Pour qui vit comme moi les fenêtres ouvertes,
L'automne est triste avec sa bise et son brouillard,
Et l'été qui s'enfuit est un ami qui part.
Adieu, dit cette voix qui dans notre âme pleure,
Adieu, ciel bleu ! beau ciel qu'un souffle tiède effleure !
Voluptés du grand air, bruit d'ailes dans les bois,
Promenades, ravins pleins de lointaines voix,
Fleurs, bonheur innocent des âmes apaisées,
Adieu, rayonnements ! aubes ! chansons ! rosées !

Puis tout bas on ajoute : ô jours bénis et doux !
Hélas ! vous reviendrez ! me retrouverez-vous ?

 

Victor HUGO, Toute la lyre (éditions posthumes, 1888 ; 1893).

 Code des couleurs :

-1ère étape de l'introduction : présentation de l'époque et du mouvement littéraire.

-2ème étape  de l'intro : présentation de l'auteur et de l'oeuvre dont émane le texte à commenter.

-3ème étape : présentation de l'extrait.

-4ème étape : annonce des axes de lecture.

-Connecteur logique.

-Amorce d'un axe de lecture.

-Rappel de l'axe de lecture en cours.

-Transition.

-1ère étape de la conclusion : rappel des axes de lecture du devoir.

-2nde étape de la conclusion : Ouverture.


 

Devoir d’Amaury R. :

 

           Le XIXème siècle est marqué par de nombreux troubles en France, ainsi que par l’apparition du mouvement Romantique dans sa première moitié. En opposition au Classicisme, le mouvement culturel et artistique cherche à exprimer ses sentiments, souvent projetés sur la nature. Son chef de file en France est Victor Hugo, tour à tour auteur engagé et poète lyrique.  La création avait une telle ampleur, qu’on découvrit à sa mort de nombreux textes non publiés, enfin mis à jour  dans le recueil Toute la lyre en 1888. Une des poésies le composant s’intitule L’aube est moins claire, écrite en alexandrins qui sont eux-mêmes regroupés en trois strophes : la première de sept vers, la deuxième de neuf vers et la dernière est un distique. Le poète a axé ce poème sur la Nature, et l’élégie ainsi que la fuite du temps.

 

             Tout d’abord, la nature occupe une place centrale. En effet, on retrouve en abondance le champ lexical de la nature : « le ciel » (v.1), « les jours » (v.3), « feuilles » (v.7), « brouillard » (v.9), « bois » (v.13) pour en citer quelques uns. De plus, aux vers 12 à 16, on remarque une accumulation d’éléments naturels, accentuant d’autant plus cette omniprésence : « Voluptés du grand air, bruits d’ailes dans les bois |Promenades, ravins ». Tout cela montre la part importante de la nature.
               De même, chez les romantiques, la nature miroite le lyrisme ou les émotions souvent intenses de l’auteur. La nature est donc utilisée par le poète pour projeter ses sentiments. La nature semble « triste » (v.9), tandis que le poète est lui aussi en proie au désarroi. Cela est très clair en observant la forme : les strophes ne comptent pas le même nombre de vers, signe de son trouble. Le vers 7 rime avec le vers 8 alors qu’ils ne font pas partie de la même strophe « vertes » (v.7) et « ouvertes » (v.8) et les  alexandrins sont nombreux à avoir une césure qui n’est pas à l’hémistiche : « Promenades, ravins pleins de lointaines voix » (v.14). Tout cela démontre une absence d’harmonie, visible aussi grâce à la nature.
              En outre, l’auteur attribue une place importante aux sens humains, unique interaction entre le poète et la nature. Dans la strophe 1, il y a le champ lexical de la vue, comportant « claire », « ternit », « jaunissent », « yeux », « éblouis », « vertes » et dans la strophe 2 le champ lexical de l’ouïe : « voix », « bruit », « chansons ». Cette profusion, symbole des échanges entre la nature et le receveur est une preuve du rôle visible de la nature.
Enfin la nature est personnifiée et même divinisée. Le poète s’adresse à la nature à la deuxième personne du pluriel « vous » (v.18), confiant à cette dernière une dimension humaine. On trouve également une dizaine de points d’exclamation dans le texte (v.4 ; 5 ; 12 ; 16 ; 17 et 18). Ces exclamations forment une requête à Mère Nature. Au vers 18, le poète dit «  vous reviendrez » en parlant de la nature et des jours «  bénis », mot faisant partie du vocabulaire religieux. Et surtout, au vers 17, le poète pousse l’invocation « ô », presque implorant cette figure supérieure. Tout cela montre la face éternelle de la nature.

 

             La nature occupe une place centrale dans le poème. C’est aussi le seul élément à ne pas avoir de caractère éphémère. L’élégie et la fuite du temps sont également deux thèmes importants du texte.Tout d’abord, l’élégie est le regret d’une époque passée et heureuse, dans un présent plus triste. On retrouve de prime abord un vocabulaire appréciatif :  « aube » (v.7), « pur » (v.7), « charmant »(v.3), « fleurs »(v.15), « bonheur »(v.15) doublé par la périphrase  « les astres de l’azur »(v.2), insistant sur leur beauté et accompagné par le chiasme grammatical et presque lexical : « ciel bleu !beau ciel » (v.12) qui lui aussi accentue sa beauté. Les mots « bonheur innocent » (v.15) « nos yeux » (v.6) et « notre âme » (v.11) font penser au champ lexical de la sensualité, connoté de manière extrêmement positive.
             
Malheureusement ce vocabulaire appréciatif est systématiquement disqualifié. L’anaphore de « Adieu » (v.11 ; v12 et 16) martèle la perte des éléments appréciatifs. Il ya aussi l’anaphore de « moins »(v.1) qui disqualifie tour à tour les adjectifs « claire », « chaud » et « pur ». Le rythme ternaire amplifie d’autant plus cette perte. Le verbe « ternit » (v.2) disqualifie de même la périphrase. Il y a aussi dans le poème la présence de verbes au présent « est » (v.1) et au passé « sont passés » (v.2), signe de l’élégie et de la fuite du temps.
Le texte contient de surcroît les signes du temps qui passe. On a tout d’abord une impression de mouvement créée par les expressions : « Les longs jours sont passés » (v.3), « les mois charmants finissent » (v.3), « Comme le temps s’en va d’un pas précipité » (v.5) et « s’enfuit » (v.10). Cela crée l’impression que tout avance et passe sans qu’on puisse empêcher quoi que ce soit. Le poète essaye néanmoins de s’y opposer comme le montre l’invocation « ô » (v.17), suppliant désespérément le temps. Mais il se résigne rapidement : l’anaphore de « Hélas ! » (v.4 ; 18) est là pour l’attester, ayant la forme d’un soupir. Le temps au contraire montre une forme d’empressement : « déjà » (v.4) ; « à peine eu le temps » (v.7) : symbole d’une accélération plutôt que d’un ralentissement. Cela amène à un caractère mortifère : « me retrouverez vous ? » (v.18) le poète sachant que lui n’est pas éternel. Comme ces mots sont les derniers du poème ils pourraient former les dernières paroles d’un défunt, ce qui prouve encore la présence de la fuite du temps.
                 De plus, les saisons sont les reflets du temps qui passe, comme la nature reflète les pensées de l’écrivain. L’été « éblouiss[ant] » a une connotation largement méliorative au travers du poème. La métaphore « l’été […] est un ami » (v.10) en est la preuve formelle, insistant sur le fait de ressentir du bien-être pendant cette saison avec l’utilisation de la métaphore. Or, là aussi, l’été devient l’automne : symbole de la déchéance « qui jaunissent » (v.4) et qui amène ses malheurs « L’automne est triste avec sa bise et son brouillard » (v.9). Le passé heureux qu’est l’été se transforme donc en présent « terne » (v.2), décrivant parfaitement l’élégie et la fuite du temps.


 

                 Le poème est donc axé sur la nature éternelle et la fuite du temps ou l’élégie. Victor Hugo reprend le thème universel du temps qui passe provenant de l’héritage antique et épicurien.  Horace introduisit le concept du « Carpe Diem » ou cueillir le jour présent, qui défile inlassablement. Cette idée atemporelle fut reprise par Ronsard au XVIème siècle puis par le mouvement Romantique. Néanmoins, Victor Hugo modernise le poème avec une structure atypique pour montrer son état mental. Les surréalistes s’en inspireront plus tard, notamment avec Apollinaire et « Le Pont Mirabeau ».


Amaury R., 2nde section internationale, mars 2016.

 

***

 

Devoir de Macarena R. : 

 

              Le XIXème siècle a été marqué par de nombreux changements politiques en France. En effet, Victor Hugo fut un auteur engagé, mais également, le chef de file du romantisme en France, ainsi qu’un poète lyrique. C’est un des plus grands écrivains de la littérature française. Son recueil de poème Toute la lyre a été paru après sa mort, en 1888, puis en 1893. Son principal poème se nomme « L’aube est moins claire ». Celui-ci ne comporte pas de réelle structure. Néanmoins, il est composé de trois strophes inégales et d’alexandrins. Il est axé sur le registre élégiaque et sur la nature métaphorique de la fuite du temps.*

 

              Tout d’abord, le registre élégiaque est très présent pendant le romantisme. Il consiste à regretter une époque heureuse mais passée qui, maintenant, est finie. Celle-ci est fréquente dans le poème, comme le montrent les « jours bénis et doux » (v. 17), les « mois charmants finissent » (v. 3), « le temps s’en va d’un pas précipité » (v. 5), les « longs jours sont passées » (v. 3), « Hélas » (v. 4), « Adieu » (v.11). Alors que le présent est plus « triste » (v. 9) et monotone : « brouillards » (v. 9), « arbres qui jaunissent » (v. 4), « l’aube est moins clair » (v. 1), « l’air moins chaud » (v. 1), « le ciel est moins pur » (v. 1), « brumeux » (v. 2), « ternit » (v. 2). On comprend alors que son passé joyeux se déroulait en plein été (« feuilles vertes » (v. 7), « l’été s’en fuit » (v. 10), « ciel bleu » (v.12), « rayonnements » (v. 16), « rosées » (v. 16)) notamment avec la personnification au vers 10 « un ami qui part » qui se réfère à la période estivale. En revanche son présent est malheureux, en « automne » (v. 9), il fait écho avec « les arbres qui jaunissent » (v.4). On observe également deux temporalités, le présent, conférer les verbes « est » (v. 1), « sont » (v. 3), « ternit » (v. 2), ceux-ci sont connoter de façon péjorative, tandis que le passé est considéré valorisant et mélioratif, grâce aux verbes « ont eu » (v. 7) et « éblouissait » (v. 6). De plus, la paronomase qui rapproche les adjectifs « bleu » (v.12) et « beau » (v. 12) permet de se souvenir de cette époque heureuse avec un paysage magnifique. En outre, celle-ci se déroule le « soir » (v. 2), comme le prouvent les « astres » (v.2) et également « l’air moins chaud » (v. 1), ceci connote la solitude du moment présent dans le registre élégiaque.
                Néanmoins, la ponctuation forte présente tous au long du texte, comme les points, les virgules, les points d’exclamations, les points-virgules, etc. Cela donne du rythme et une certaine rapidité au poème.
Le registre élégiaque comporte un aspect traditionnel, on le voit notamment grâce aux rimes plates. En effet, il pourrait avoir une deuxième personne comme le montre le vers 11 : « dit cette voix », ainsi qu’au vers 17 « on ajoute », le « on » se réfère à la deuxième personne du pluriel, c’est-à-dire que le poète n’était pas seul et maintenant peut désormais exprimer son élégie.
              Enfin, la métaphore « ravins pleins de lointaines voix » prouve le regret de l’auteur et la fin de la relation avec cette deuxième personne citée précédemment, celle qui a créé cette élégie traditionnelle.

 

 

            La rapidité et la force du registre élégiaque sont mis en valeur grâce à la nature métaphorique du temps qui passe. En effet, la nature est fortement présente comme le montre son champs lexical : « aube » (v. 1), « arbres » (v. 4), « feuilles vertes » (v. 7), « été » (v.  10), « ciel » (v. 1), « bois » (v. 13), « fleurs » (v. 15), « rosées » (v. 16), « ravin » (v. 14) et « rayonnement » (v. 16). Celle-ci est divisée en deux parties, l’une plus positive qui se réfère à l’été et l’autre comporte un aspect négatif de la nature qui est l’automne. La nature joue donc un rôle important dans ce poème.
             Puis, la fuite du temps est ici caractérisée par les « mois charmants finissent » (v. 3), « le temps s’en va d’un pas précipité » (v. 5), les « longs jours sont passées » (v. 3), « l’été qui s’enfuit » (v. 10), « voici déjà les arbres qui jaunissent » (v. 4) et « à peine eu le temps de voir les feuilles vertes » (v. 7). Dans les deux dernières citations se sont les adverbes « déjà » (v. 4) et « à peine » (v. 7) qui créent un aspect de fuite inexorable du temps. A cela s’ajoutent les allitérations en [s] présentes dans les mots suivants : « ciel » (v. 1, 12), « soir » (v. 2), « astres » (v. 2), « sont passées » (v. 3), « finissent » (v. 3), « hélas » (v. 4), « voici » (v.4), « jaunissent » (v.  4), « s’en » (v. 5), « précipité » (v. 5), « semble » (v. 6), « éblouissait » (v. 6), en [l] dans « l » (v. 1, 2, 6, 9, 10), « le » (v.1, 2, 5), « les » (v. 2, 3, 4, 13), « Hélas » (v. 4), « Il » (v. 6), « semble » (v. 6), « éblouissait » (v.  6), « bleu » (v. 12), « souffle » (v. 12), « effleure » (v .12), « ailes » (v. 13), « pleins » (v. 14), « lointaines » (v. 14), en [r] dans « claire » (v. 1), « l’air » (v. 1), « soir » (v. 2), « brumeux » (v.  2), « ternit » (v .2), « astres » (v. 2), « azur » (v. 2), « jours » (v. 3), « charmants » (v. 3), « arbres » (v. 4), « précipité » (v. 5), « voir » (v. 7), « vertes » (v. 7), « pour » (v. 8), « fenêtres » (v. 8), « triste » (v. 9), « part » (v. 10), « pleure » (v. 11), et [t] dans « ternit » (v. 2), « temps » (v. 5 et 7), « vertes » (v. 7), « fenêtres ouvertes » (v. 8), « automne est triste » (v. 9), « tiède » (v. 12), « lointaines » (v. 14) et enfin « tout » (v. 17). Tous cela crée de la rapidité et de la violence qui est accentué par le nom la « bise » (v. 9) qui signifie un vent puissant. La nature est donc métaphorique du temps.
             Enfin, tout en long du poème, on observe un registre lyrique car le poète exprime ses sentiments intimes et intenses (« Hélas » (v. 4), « comme moi les fenêtres ouvertes » (v. 8), « on ajoute (v. 17)). Ces citations nous montrent également l’expression du Moi. De plus, on constate, au vers 17, l’invocation « ô », celle- ci ajoute de la force aux sentiments de l’auteur. Elle crée à la fois, une dimension divine, qui est accentuée par l’adjectif « bénis » (v. 17). En outre, la césure à l’hémistiche (cf. « Comme le temps s’en va/ d’un pas précipité ! » (v.5), « Il semble que nos yeux, / qu’éblouissait l’été, » (v.6), « Ont à peine eut le temps/ de voir les feuilles vertes » (v.7)) donne un certain équilibre aux vers qui connote la tranquillité, le calme, la routine régnant dans la vie présente du poète, contrairement à la rapidité de la fuite inexorable du temps quand il était heureux avec cette deuxième personne. Tous au long du texte, la nature permet d’apercevoir le temps qui passe, notamment grâce au changement de saison.

 

 

 

             Pour conclure, la nature métaphorique de la fuite du temps entraîne le registre élégiaque, au détriment des joies et du bonheur passés. Ces thèmes principaux sont communs dans de nombreuses œuvres d’auteurs romantiques tels que le poème « Le lac » tiré du recueil de poèmes Méditations poétiques écrit par Alphonse de Lamartine.


Macarena R., 2nde section internationale, mars 2016.

 

***

 

Devoir d' Estelle W. : 

              Ere de multiples changements politiques et artistiques, le XIXème siècle permit aux auteurs et compositeurs de s’exprimer avec une liberté nouvelle. Le Romantisme, apparu en réaction au Classicisme réglementé et fermé, incarne cet état d’esprit novateur. Considéré comme le chef de file du mouvement ainsi qu’un véritable génie littéraire, Victor Hugo maîtrise avec brio la langue française et y apporte une fraîcheur jusque-là inconnue. Son poème L’aube est moins claire, composés en alexandrins, disposé en strophes de sept, neuf et deux vers, et publié à titre posthume, est caractéristique des valeurs du Romantisme. Le poète fait preuve d’un lyrisme désespéré et axé sur la nature avant de se lamenter sur la fuite inexorable du temps.

 


              Ce poème présente dans un premier temps une dimension lyrique associée à la nature. On remarque tout d’abord la présence de ponctuation forte tout au long du poème, détail caractéristique du lyrisme puisque les points d’exclamation et d’interrogation à la fin des vers 4, 5, 12, 16, 17 et 18, ainsi qu’à l’intérieur des vers 4, 12, 16 et 18 permettent de traduire l’intensité des sentiments du poète. Le mot « comme » (v.5) prend ici une valeur exclamative et montre le désespoir de l’auteur. De plus, l’interjection « Hélas ! », répétée à l’attaque du vers 4 et 18, est la manifestation de la violence de ses émotions. Une autre caractéristique du lyrisme est la présence du « Moi », ou la dimension personnelle du poème. En effet, on retrouve la première personne du singulier dans le pronom réfléchi « me » (v.18) et « moi » (v.8). Il souligne la subjectivité de ses émotions en ajoutant les expressions « pour qui » (v.8) et « Il semble que » (v.6). Cela nous rappelle le lyrisme, notion fondamentale pour les Romantiques.
              En outre, ce lyrisme s’accompagne d’une véritable ode à la nature. Se remarquent en premier les innombrables références à cette nature omniprésente, qui donne tout son sens au poème. Dès le premier vers, les noms « aube », « air » et « ciel » nous font comprendre la place indispensable de la nature. Partout, on la retrouve : « jours » (v.3), « arbres » (v.4), « été » (v.6), « feuilles » (v.7), « bois » (v.13), « ravins » (v.14), « fleurs » (v.15) et « aubes » (v.16) montrent qu’on ne peut pas y échapper, qu’elle domine l’être humain. Le poète y est aussi soumis car, bien qu’il emploie l’anaphore de « ciel » au vers 12 comme pour le retenir, il n’a aucune emprise sur elle. Elle est d’ailleurs déifiée au vers 17 par l’invocation «ô jours bénis » qui lui donne les pleins pouvoirs. Cette divinisation est renforcée par l’utilisation de l’alexandrin, le plus noble des vers. Hugo fait aussi appel aux différents sens de perception afin de rendre la nature omniprésente dans l’esprit du lecteur. On la visualise parfaitement grâce aux verbes « jaunissent » (v.4) et « éblouissait » (v.6), aux noms « fleurs » (v.15), « aubes » (v.16) et « rayonnements » (v.16), et enfin aux adjectifs « vertes » (v.7), « bleu » (v.12). On l’entend grâce au « bruit d’ailes » (v.13), aux « voix » (v.14) et aux « chansons » (v.16). Enfin, le toucher est sollicité à l’aide de « tiède » (v.12), « effleure » (v.12) et « voluptés » (v.13). On note que tous ces mots sont connotés de façon appréciative, ce qui valorise la nature une fois encore.

 


             Ce lyrisme désespéré associé à la nature n’est en réalité que la réaction du poète face à la fuite inexorable du temps. Premièrement, on sent l’omniprésence du registre élégiaque. L’été, si harmonieusement valorisé dans le poème, ne dure pas et laisse la place à un présent et un futur mornes et sans éclat. Cette élégie se retrouve de par la présence des deux temps : le passé, connoté positivement, et le présent, connoté négativement. Les verbes « vit » (v.8) et « éblouissait » (v.6) sont employés au passé simple et à l’imparfait, et sont tous les deux suivis d’une expression positive : « l’été » et « les fenêtres ouvertes ». Cependant, elles sont immédiatement disqualifiées par une expression négative : « l’automne est triste » (v.9) et « ont à peine eu le temps » (v.7). Les verbes au présent, quant à eux, sont toujours suivis d’une expression dévalorisante : « est moins claire » (v.1), « est » est suivi de la métaphore triste d’  « un ami qui part » (v.10). « Dit » est peu après accompagné du verbe « pleure » (v.11). Enfin, le verbe « ajoute » est suivi de la question pessimiste « me retrouverez-vous ? » (v.18). Les verbes « ternit » (v.2), « finissent » (v.3), « jaunissent » (v.4) et « s’en va » (v.5) sont déjà connotés de manière dépréciative. On note par ailleurs la rareté des verbes au passé comparés aux verbes au présent, symbole du temps qui déjà s’est écoulé. Il existe de plus un fort contraste entre les deux saisons. En effet, l’anaphore de l’adverbe « moins » au vers 1 désigne l’automne. Il est aussi « brumeux » (v.2), « triste » (v.9) et comporte la « bise et son brouillard » (v.9). L’antithèse au vers 2 est aussi à noter, opposant le « soir brumeux » aux « astres de l’azur », périphrase désignant les étoiles. La personnification au vers 10 de « l’été qui s’enfuit » et au vers 5 du temps qui « s’en va » comporte des verbes de mouvement. L’été est parti, et avec lui, le bonheur et l’amusement. Dans la première strophe, on constate une allitération en [s], comme le montrent les mots « ciel » (v.1), « soir », « astres » (v.2), « sont », « passés », « finissent » (v.3), « Hélas », «voici », « jaunissent » (v.4), « s’en », « précipité » (v.5), « semble » et « éblouissait » (v.6). Cette allitération mime le glissement, et par conséquence le mouvement. Le temps glisse petit à petit, amenant le présent douloureux. Dans la même strophe, on remarque une allitération en [r] avec les mots « claire », « air », « pur » (v.1), « soir », « brumeux », « ternit », « astres », « azur » (v.2), « jours », « charmants » (v.3), « arbres » et « vertes » (v.7). Ce phonème se situe à la frontière entre le son guttural et musical. De même, on se situe à la frontière entre l’été joyeux et l’automne malheureux, et l’on ne peut pas revenir en arrière. Cela est donc la preuve que l’élégie est bien présente dans le poème.
                  Par conséquent, le temps qui passe prend une dimension irréversible. L’anaphore de « Adieu » aux vers 11, 12 et 16 répète un mot que l’on ne dit uniquement lorsqu’on ne se reverra plus. L’auteur est donc assez pessimiste sur ce temps qui passe, car il suggère qu’il ne reverra jamais l’été. Cette préfiguration est soulignée par le questionnement final « me retrouverez-vous ? » (v.18). La suggestion de la mort apporte une finalité au temps. En outre, la présence récurrente des points-virgules obligent le lecteur à s’arrêter fréquemment, et donc renforcent cette impression de finalité. La structure des rimes est un indice de plus. En effet, les rimes sont suivies, c’est-à-dire qu’elles sont deux fois identiques puis changent. De par leur juxtaposition, on croit qu’elles vont durer, alors qu’en réalité elles disparaissent très rapidement. On remarque tout particulièrement au vers 3 la césure à l’hémistiche. Elle coupe non seulement le débit grâce au point-virgule, mais place aussi le participe « passés » au point fort du vers qu’est l’hémistiche. Au même vers, le verbe « finissent » est placé à la rime, le mettant aussi en valeur. L’auteur insiste sur le fait que ces moments de plaisir sont passés et ne reviendront plus jamais, puisque le temps a fui.
                  Toutefois, il nuance son point de vue en introduisant une lueur d’espoir, ou tout du moins de doute, quant à cette finalité. Grâce au retour des saisons, explicité par l’expression « vous reviendrez » (v.18), il instaure la notion de permanence de la nature. Cela prend un caractère rassurant puisque la nature, telle un cercle, revient, et ne sera jamais arrêtée. Le temps n’a donc aucun contrôle sur elle. Il faut cependant préciser que l’expression est vite disqualifiée par ce désespoir impliqué par la question rhétorique « me retrouverez-vous ? ». Bien que la nature demeure, le poète, lui, est mortel.

 


                Comme de nombreux textes romantiques, le poème L’aube est moins claire rassemble les thématiques du désespoir lyrique, de l’adoration de la nature et de l’impuissance face au temps qui passe. Ces thèmes ne sont pourtant pas strictement réservés au Romantisme. Le temps est en effet un concept remontant jusqu’à la philosophie du « Carpe Diem » proposée par Epicure dans l’Antiquité, puis réutilisé par la Pléiade avec Ronsard. Il sera ensuite repris par les Symbolistes et même les Surréalistes. Le temps qui passe prend donc, paradoxalement, une valeur intemporelle. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ce poème est si touchant : il nous concerne tous.
 

Estelle W., 2nde section internationale, mars 2016.

 

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Devoir de Giorgio M. : 

 

           Le Romantisme, mouvement littéraire né en France au début du XIXème siècle, veut s'opposer aux normes du mouvement précédent, donc aux normes classiques pour intensifier le “Moi” du poète et donner sa vision intime et personnelle de la vie. Les poètes romantiques parlent de leurs expériences de vie d'une façon libre et intense. Victor Hugo (1802-1885) est l'un des plus grands écrivains de la littérature française grâce à sa révolution de la poésie, du théâtre et du roman, il a aussi été tellement engagé politiquement qu'il a été exilé. Victor Hugo a écrit le recueil Toute la Lyre d'où le texte à commenter «l'aube est moins claire». Cette poésie de dix-huit vers écrite en alexandrins avec des rimes plates, parle de la jeunesse du poète qui s'enfuit comme l'été qui part pour laisser la place à l'automne. Le texte est axé sur la fuite inexorable du temps et le lyrisme associé à la nature.

 

            Dans un premier temps l'auteur parle de sa jeunesse passée qui s'enfuit, pour cela il va employer la métaphore «l'été qui s'enfuit est un ami qui part» (v.10) qui nous fait comprendre comme pour l'auteur la personnification de l’Été est une amie donc une personne à laquelle on tient, une personne qu'on aime mais qui doit partir. Dans ce vers on a aussi une rime entre le mot «enfuit» et «ami» (v.10) pour accentuer le fait que l'été est comme un ami que l'on ne peut plus revoir. L'été est une métaphore de la jeunesse. En effet le poète aime bien sa jeunesse et il la compare à l'été pendant laquelle il faisait des «promenades» (v.14) et il y avait des «fleurs» (v.15). Le poète emploie le chiasme du ciel «ciel bleu! beau ciel» (v.12) pour donner un effet miroir où le ciel répond à «l’âme» qui «pleure» (v.11) à travers un «souffle tiède» qui l' «effleure» (v.12). Il aime tellement les jours de sa jeunesse qu'il va les qualifier avec la métaphore religieuse «jours bénis» (v.17). Le poète regrette que l'été s’en fuit parce que en même temps c'est sa jeunesse qui s'en va.
            En effet, le poète aimerait que l'été, donc la jeunesse, soit éternelle, mais il sait bien qu'après   l'été il y a l'automne. Avec «l'automne est triste» (v.9) Victor Hugo utilise la personnification de l'automne pour exprimer la fin de sa vie. De plus, si l'assonance en [e]: «claire» (v.1), «fenêtres ouvertes» (v.8) nous évoque des images positives, au contraire l'allitération en [s] nous fait penser au glissement du temps qui s'enfuit comme dans le vers «jours sont passées» et «finissent» (v.3),     «s'enfuit» (v.10). En outre on est au «soir» (v.2) qui est la fin de la journée de la vie. Le poète sait qu'il est lui aussi au «soir» de sa vie donc il salue sa jeunesse avec l'anaphore du mot «Adieu» (v.11,12,16). L'automne lui semble triste parce que c'est à la fin de sa vie qu'il pense; le poète compare les saisons de la nature au temps de sa vie qui s'enfuit inexorablement.

 

            La fuite du temps dans la vie des hommes est inexorable. Victor Hugo va utiliser la nature comme miroir de son âme qui est devenue vieille.
            Dans un premier temps, le poète va utiliser le lyrisme pour intensifier le «moi» (v.8) du poète donc sa perception de la vie et de ses états d’âme. On voit très bien que le poète a peur du déclin de sa vie, par exemple on a une antithèse entre la nature, où après l'automne il y aura l'hiver puis le printemps, par contre le poète après l'hiver ne sait pas s'il va retrouver la nature: «Vous reviendrez!» (v.18) (nature), «me retrouverez-vous?» (poète). Cette question rhétorique pourrait avoir une réponse négative qui confirmerait l'angoisse du poète de ne plus être là l'été suivante. En effet on ne sait pas quand le poète a écrit cette poésie parce qu'elle a été publiée de façon posthume dans le recueil Toute la Lyre, mais on peut facilement déduire qu'il était en fin de vie; parce qu'il se souvient d'une époque heureuse, l'été, pour nous faire comprendre que maintenant il voudrait retourner à l'époque où il était jeune donc il utilise pendant toute la poésie le registre élégiaque. Par ailleurs, le poète pense que sa jeunesse a duré trop peu en disant: «on a à peine eu le temps de voir les feuilles vertes» (v.7). Le poète utilise donc l'élégie pour exprimer son époque heureuse passée.
            Dans un deuxième temps, l'auteur va employer le champ lexical de la nature pour faire des métonymies, des personnifications et des oxymores. Par exemple la personnification «les arbres qui jaunissent» (v.4) sert à nous faire comprendre la vie qui passe, la vie qui avance, l'homme qui devient vieux et qui se rappelle d'une époque heureuse passée. La nature est le miroir du poète parce qu'elle vieillit comme lui. Elle a passé toute la vie comme le poète, de la jeunesse avec le champ lexical de: «l'été» (v.6), «fleurs» (v.15)  jusqu'à quand  le poète est devenu vieux: «soir» (v.2), «l'aube est moins claire» (v.1).

 

            En conclusion, Victor Hugo est seul et triste. Sa fille Léopoldine qui est morte noyée lui a laissé un triste souvenir et l'autre fille Adèle a finit ses jours dans un hôpital psychiatrique. Maintenant Victor Hugo est seul et triste, en outre il est devenu vieux, il n'a rien pu faire devant la fuite du temps et maintenant il voit la nature comme miroir de son âme. Mais la nature demeure , au contraire V. Hugo s'en ira donc la seule façon de contraster la fuite inexorable du temps c'est de suivre la philosophie épicurienne et se dire «Carpe Diem», vivre la journée, vivre l'instant présent. La même philosophie de vie va être reprise par Apollinaire, au début du XX ème siècle dans le surréalisme mais avec un style différent, plus moderne, sans règles ni ponctuation.

 


Giorgio M., 2nde section internationale, mars 2016.

 

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Devoir de Lan-Bao P. : 

            Le Romantisme est un mouvement artistique qui débuta en Angleterre et en Allemagne et se propagea pendant la première moitié du XIXème siècle dans toute l’Europe. Ce mouvement s’oppose au Classicisme, et se veut plus libre que ce dernier pour pouvoir exprimer les sentiments de l’artiste, que ce soit en musique, en peinture ou en littérature. En outre, le chef de file du Romantisme en France est Victor Hugo, qui est également considéré comme l’un des plus grands écrivains de la littérature française. En effet, Victor Hugo est connu à la fois pour ses romans, comme par exemple Les Misérables, ses pièces de théâtre, comme Hernani, ou sa poésie d’où émane le recueil Toute la Lyre, publiée après sa disparition. « L’aube est moins claire » fait partie de ce recueil. Ce poème, divisé en trois strophes de longueurs différentes, est composé d’alexandrins. Tout d’abord, le texte poétique illustre le lyrisme du poète qui est aussi projeté sur la nature. Ensuite, il démontre la fuite inexorable du temps.

 

               Premièrement, le lyrisme que le poète exprime tout au long du texte reflète la nostalgie qu’il ressent envers à une époque heureuse mais passée. Cette élégie est mise en évidence dès le premier vers, avec la répétition de l’adverbe « moins », qui martèle l’aspect sombre et négatif que prodigue le présent au poète. Cela sous-entend donc un passé meilleur mais perdu. De plus, Victor Hugo utilise à maintes reprises le point d’exclamation, qui est une ponctuation forte, pour montrer au lecteur son désespoir. Par ailleurs, à la deuxième strophe, l’écrivain éveille les sens du lecteur pour raviver sa mémoire du passé. Il suscite la vue avec les adjectifs « bleu », « beau » (v.12), « grand » (v.13) ; l’ouïe avec les termes « voix » (v.14) et « bruit d’ailes » (v.13) ; ainsi que le toucher avec le verbe « effleure », l’adjectif « tiède » et le nom « souffle » (v.12). Cette sollicitation des trois sens rend le passé plus vivant et plus évocateur pour le lecteur ; cela accentue donc le regret de l’artiste d’avoir perdu ce passé idyllique. Au dernier vers de la deuxième strophe, Hugo évoque une dernière fois la vue, l’ouïe et le toucher avec respectivement les noms « rayonnement », « chansons » et « rosées ». Il sait que ce passé vivant va l’abandonner à jamais et montre sa nostalgie en s’adressant directement à chacun de ces termes avec un « Adieu ». De plus, son regret est accentué par les points d’exclamation à la fin de chaque nom. Ainsi, les manœuvres linguistiques illustrent l’élégie du poète, ce qui explique le ton lyrique du poème.          
                 En outre, la nature qui est le sujet principal du poème reflète la mélancolie d’Hugo. En effet, le champ lexical de la nature est omniprésent dans le texte avec les noms communs « aube », « feuilles », « astres », « arbres », « été » dans la première strophe ainsi que les termes « automne », « bise », « brouillard », « ciel », « ravins », « promenades » dans la deuxième strophe. Par ailleurs, le poème se déroule en automne, saison de la pluie et du dénuement des arbres, connotant une certaine tristesse. Le poète vient de perdre l’été, saison chaude et ensoleillée, ce qui illustre donc parfaitement son regret d’un temps passé heureux qu’il ne peut plus connaître. De plus, il est patent qu’afin d’exprimer la confusion de son désespoir, le poète projette ses sentiments sur la nature environnante à travers l’expression « soir brumeux » (v.2). Toutes ces figures de style permettent au lecteur d’identifier l’élégie dont l’écrivain fait incarner la nature.

 


               Secondement, l’élégie imprégnant la nature environnante est engendrée par la fuite du temps que le poète ne peut pas rattraper. De nombreuses figures de style peuvent mimer le temps qui passe dans le poème. En effet, les rimes suivies tout au long du texte poétique démontrent le temps qui s’écoule sans jamais se répéter. Par ailleurs, l’alexandrin, forme de vers la plus longue de la poésie française, reflète la lenteur du présent triste qu’endure Hugo. On remarque également une myriade d’allitérations en [s] (« ciel » (v.1), « soir » (v.2), « innocent » (v.15)), en [z] (« azur » (v.2), « bise » (v.9) et avec les liaisons avec comme dans « des âmes apaisées » (v.15)) et [ʒ] (« jours » (v.3), « déjà » et « jaunissent » au vers 4). Ce sont des sonorités longues qui durent quand on les prononce, exprimant ainsi la longueur du temps. Cela s’oppose aux sons courts et saccadés du « pas précipité » (v.5) et de l’« été », représentant le temps qui passe trop vite, soit la mélancolie du poète à l’égard de son passé. On note de plus un parallélisme du temps avec les saisons qui s’écoulent. En effet, le passé tout comme l’été sont des périodes joyeuses tandis que l’automne et le présent son presque mortifères. Toutes ses figures de style renvoient ainsi à la fuite inexorable du temps. 
             En outre, face à ce temps qui s’écoule, le poète ne sait que se résigner. Effectivement, il renforce sa soumission par le biais de l’anaphore du mot « Adieu » (v.11-12), démontrant que le poète ne veut pas se battre pour récupérer le temps perdu. Il met également en valeur l’interjection « Hélas !», qui est à l’attaque, pour exprimer son acceptation de la situation. D’autre part, il reconnaît que le passage du temps est au-dessus de son pouvoir en invoquant les « jours bénis et doux » avec l’adjuration « ô » (v.17), qui est d’habitude réservée aux divinités. Cela pourrait expliquer la cause de sa résignation. En outre, Hugo personnifie le temps en s’adressant directement aux jours passés avec le pronom personnel « vous » (v.18), le mettant au même rang que le poète. Ainsi, en leur posant la question rhétorique « me retrouverez-vous ?» (v.18), il leur implore de revenir le retrouver, même s’il sait que cela est impossible. En somme, la renonciation du passé heureux, que le poète a égaré, dénonce la fuite irrémédiable du temps.

 


            Pour conclure, le poème « L’Aube est moins claire » de Victor Hugo reflète l’élégie transposée sur la nature pour exprimer son regret du temps qui passe. Néanmoins, grâce à la mise en écrit de ce poème, le passé, contrairement à ce que dénonce le poète, peut être revécu par celui-ci et partagé à d’autres lecteurs.
 

Lan-Bao P., 2nde section internationale, mars 2016.

 

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Devoir de Mara C. : 

 

           Le romantisme est le mouvement poétique dominant durant la 1ere moitié du XIXème siècle. Ce mouvement vise à exprimer les sentiments personnels de l’auteur de manière forte. Victor Hugo fut le chef de file de ce mouvement en France et excella dans le roman, le théâtre et la poésie. Il fut un auteur engagé et a notamment écrit «L’aube est moins clair », poème composé de dix-huit alexandrins, issu du recueil Toute la lyre, ayant été publié à titre posthume. L’auteur met en avant dans ce texte l’écoulement du temps ainsi que la présence de la nature et un registre lyrique.

 


            Tout d’abord, le poème montre le temps qui passe, ce qui est notamment mis en avant avec le champ lexical du temps, dont les substantifs ‘’aube’’ (v. 1), ‘’soir’’ (v.2), ‘’automne’’ (v.9) ou encore ``été’’ (v.10). De même on retrouve les verbes sont passés’’ et finissent’’ (v.3), s’en va’’ et s’enfuit’’ (v.10), qui montrent l’écoulement du temps qui emporte avec lui ‘’l’été’’ (v.10), laissant place à l’automne ``triste’’ (v.9). L’allitération en [s], qui montre une sonorité douce et lisse et le vers 5 ‘’Comme le temps s’en va d’un pas précipité’’ mettent aussi en avance le glissement du temps.
              De même, il y a une grande différence mise en place par l’auteur entre l’été et l’automne. En effet, pendant que l’été est connoté positivement avec les termes ‘’longs jours’’ et mois charmant’’ (v.3) et est accompagné par des verbes a l’imparfait montrant que l’été durait longtemps, avec ‘’éblouissait l’été’’ (v.6) par exemple ; l’automne est mis en avant négativement avec ‘’triste et brouillard’’ (v.9), ‘’brumeux’’ et ‘’ternit’’ (v.2) et ‘’adieu rayonnements’’ (v.16). Le vers sept ; ‘’nos yeux […] ont à peine eu le temps de voir les feuilles vertes’’ montre que même si l’été durait et les jours était ‘’longs’’ (v.3) ; il semble que l’été, mis en avant comme un ami qui part’’ (v.10) ait duré moins longs et était trop court pour le poète. L’été positivement connoté, laisse place à un automne et présent ‘’terne’’ (v.2), montrant bien la fuite du temps, amenant à un changement.
               De plus, le rythme du poème montre le temps s’écoulant plus vite à la première strophe, composée de sept vers, qu’à la deuxième qui est composée de neuf vers et montre un ralentissement. Cela décrit que la vitesse du temps aux moments de bonheur et joyeux, donc l’été, passe plus vite qu’aux moments de tristesse et terne, ici l’automne.
               Par ailleurs, le poète est impuissant face au temps qui passe, comme le montre l’interjection ‘’hélas’’ aux vers 14 et 18 à l’attaque du vers ; ainsi que ‘’Adieu’’ répété aux vers 11, 12 et 16, qui montre que le poète ne peut rien contre l’écoulement du temps.

 


                Le temps qui s’écoule et qui passe emporte aussi avec lui le changement des saisons et a donc une influence sur la nature. En premier lieu, la nature occupe une place centrale. En effet, dans le poème est présent le champ lexical de la nature, avec notamment les substantifs ‘’été’’ (v.6), ‘’feuilles vertes’’ (v.7), ‘’ciel bleu’’ (v.12, ‘’souffle tiède’’ (v.12), ‘’bois’’ (13), ‘’ravins’’ (v.14), ‘’fleurs’’ (v.15) et ‘’rosées’’ (v.16) et l’adjectif ‘’brumeux’’ (v.2). La présence de ce grand champ lexical démontre l’omniprésence de la nature.
             De même, le changement de la nature est mis en avant dans le texte, par ‘’l’été qui s’enfuit’’ (v.10), laissant place à l’automne. En effet, l’automne laisse ‘’les arbres qui jaunissent’’ (v.4), de la ‘’bise’’ et du ‘’brouillard’’ et laisse partir les belles choses de l’été. Les vers 12 et 16 ; ‘’Adieu, ciel bleu qu’un souffle tiède effleure !’’, ‘’Adieu, rayonnements ! aubes ! chansons ! rosées!’’ ; remettent en avant le changement de saison et de la nature.
                De plus, il y a la présence de césures à l’hémistiche dans la première strophe, alors qu’il y en a moins dans la deuxième, où le narrateur dit ‘’Adieu’’ à la nature. Cela montre une irrégularité et une prise de conscience que l’été s’en va. Avec l’été part ainsi les césures à l’hémistiche et le rythme régulier du poème. Le changement de la nature se fait donc aussi voir à travers la structure du poème.

 


             L’écoulement du temps et l’omniprésence de la nature sont des thèmes importants dans le poème. Le registre lyrique est également mis en avant dans ce texte. L’expression du registre lyrique est mise en évidence à partir de l’expression du moi du poète, avec les termes ‘’moi’’ (v.8), ‘’notre’’ (v.11), ‘’nos’’ (v.6), ‘’on’’ (v.17) et ‘’me’’ (v.18). L’allitération en [m], surtout présente dans la première strophe, désigne aussi l’expression du moi.
              On retrouve de plus dans ce poème le regret d’un passé plus heureux, ici l’été, face à un présent sombre, l’automne ; comme le précise les vers 1, 11 et 16 et le terme ‘’Hélas’’ aux vers 4 et 18. Ce regret est de l’élégie, étant une sous-partie du lyrisme. La répétition de l’adverbe ‘’moins’’ trois fois dans le premier vers instaure déjà une sensation négative. Les termes ‘’finissent’’ (v.3), ‘’jaunissent’’ (v.4), ‘’brouillard’’ (v.9) et ‘’pleure’’ (v.11), situés à la fin des vers, peuvent laisser penser à un futur proche sombre. En effet, l’automne, puis l’hiver sont les saisons où les jours sont les plus courts, mêlant de plus le fait que les arbres perdent leurs feuilles et la nature ‘’disparaît’’ pour revenir en printemps.
              De plus, le titre du recueil ; ‘’Toute la lyre’’ montre le lyrisme, en effet le terme lyrisme provient du mot ‘’lyre’’. Ainsi avant de commencer à lire ce recueil, on peut déjà se placer dans le fait qu’il y aura du lyrisme.
En revanche, le dernier vers montre de l’espoir, avec notamment la question rhétorique ‘’me retrouverez-vous ?’’ (v.18) ; apaisant le regret du passé plus heureux et laissant une espérance pour le futur.

 


           Dans ‘’L’aube est moins claire’’, l’écoulement du temps, la nature et le lyrisme s’ont mis en évidence, étant de même les principaux sujets abordés par les romantismes. Les surréalismes utiliseront de même ces thèmes, mais travailleront plus avec une écriture automatique, s’éloignant ainsi des autres mouvements littéraires.


Mara C., 2nde section internationale, mars 2016.


Date de création : 12/03/2016 @ 15:37
Dernière modification : 17/04/2016 @ 17:41
Catégorie : Copies d'élèves 2015/2016
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