Texte à méditer :  

LE SITE DE LETTRES DU CIV

 

    c


A savoir...

Fermer EAF 2017

Fermer Ecrire pour la planète

Fermer FLE

Fermer FLS

Fermer Lectures conseillées

Fermer Les parcours d'oeuvres intégrales

Fermer Petite bibliothèque personnelle (hors grands classiques)

Fermer Remerciements

Fermer Ressources numériques

Productions d'élèves

Fermer Aventures fabuleuses de la Méditerranée

Fermer Chevaliers dans la bataille

Fermer Chevaliers et dragons

Fermer Contes de la rue Mistral

Fermer Contes à dormir debout

Fermer Copies d'élèves (2005/2006)

Fermer Copies d'élèves (2006/2007)

Fermer Copies d'élèves (2007/2008)

Fermer Copies d'élèves 2008/2009

Fermer Copies d'élèves 2009/2010

Fermer Copies d'élèves 2010/2011

Fermer Copies d'élèves 2011/2012

Fermer Copies d'élèves 2012/2013

Fermer Copies d'élèves 2013/2014

Fermer Copies d'élèves 2014/2015

Fermer Copies d'élèves 2015/2016

Fermer Copies d'élèves 2016/2017

Fermer Copies d'élèves 2017/2018

Fermer Histoires d'Ulysse

Fermer Incipit (classe de 3ème)

Fermer Préparation (2006/2007)

Fermer Préparations (2007/2008)

Fermer Préparations 2008/2009

Fermer Préparations 2009/2010.

Fermer Préparations 2010/2011

Fermer Préparations 2011/2012

Fermer Préparations 2012/2013

Webmaster - Infos
Recherche



Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

Connexion

Se reconnecter
---

Votre nom (ou pseudo) :

Votre mot de passe :


 Nombre de membres 2 membres


Connectés :

( personne )

Webmaster - Infos
Retour

retour.gif

Copies d'élèves 2015/2016 - Dissertation 2nde 5

Dissertation du 24 mai 2016


Sujet : de multiples œuvres artistiques rencontrent un vif succès alors qu’elles s’appliquent à explorer des histoires d’amour vouées à la souffrance ou à l’échec. Selon vous, comment peut s’expliquer ce goût des lecteurs et des spectateurs pour des fictions dont les héros, inlassablement, souffrent d’aimer ?


Devoir d’Estelle W. :

                Depuis la nuit des temps, l’Homme cherche à représenter, au moyen de personnages fictifs, le thème universel qu’est l’amour. Cependant, il a toujours éprouvé une certaine fascination dans l’amour tragique, ou voué à l’échec. C’est ce qui amène à la question : « comment peut s’expliquer ce goût pour des fictions dont les héros souffrent d’aimer ? » En d’autres termes, il est intéressant de chercher à exploiter ce qui, dans ces histoires, cause un succès universel et intemporel chez les lecteurs et spectateurs de tous âges et cultures. Il sera premièrement démontré que l’origine se trouve dans la création d’émotions intenses, puis que ces histoires d’amour perdu incitent à réfléchir sur la réalité.

 


               En premier lieu, il est possible d’affirmer que le succès des histoires d’amour sources de souffrance provient de la création de sentiments puissants. Cela est justifié notamment par le fait qu’elles peuvent parfois engendrer une forme d’admiration envers les personnages. En effet, il est souvent plus difficile d’aimer quelqu’un sans retour plutôt que de partager une relation saine et heureuse. Par exemple, dans Phèdre de Racine, le spectateur peut ressentir du respect pour l’héroïne éponyme. Phèdre a combattu sa passion de toutes ses forces, et l'a cachée durant un grand nombre d’années. De même, la princesse Eriphile dans Iphigénie est en proie à son amour pour Achille, mais est toutefois forcée à observer son héros déclarer sa flamme à Iphigénie. L’audience peut aussi être amenée à admirer la ferveur de Helena dans le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare. Bien que sa passion pour Demetrius ne soit pas réciproque, la jeune femme lui reste fidèle et ne renonce pas à le poursuivre. Le lecteur ou spectateur éprouve donc bien des émotions pour le héros, et en est donc attaché.
            De plus, l’émotion prédominante lorsque l’on fait face à une histoire d’amour malheureux et le plus souvent la tristesse, la compassion. Lorsqu’un amour finit par un échec ou même la mort, l’œuvre est généralement pourvue d’un désespoir intense qui n’est pas forcément atteint dans une comédie ou une fin heureuse. Un bon exemple est la tragédie de Shakespeare Roméo et Juliette. Cette pièce, reprise d’innombrables fois par les metteurs en scène au cours de l’Histoire, connaît encore à l’heure actuelle un succès sans égal. Cette renommée est surtout due à l’histoire tragique d’un amour interdit qui captive l’attention du public jusqu’au climax désespéré de la fin où les deux amoureux se tuent côte à côte. Ce désespoir se retrouve aussi dans le roman, comme l’histoire de Guenièvre et d’Arthur dans les Chevaliers de la Table Ronde. Confronté à la trahison de Lancelot et l’infidélité de Guenièvre, le lecteur ne peut qu’éprouver de la compassion, et donc de l’intérêt, pour le roi qui se retrouve seul. D’un point de vue poétique, la thématique du désespoir face à l’amour perdu est présente dans tous les mouvements, du Romantisme (avec « Le lac » de Lamartine, où le poète fait preuve de lyrisme malheureux généré par le deuil de l’être aimé) au Surréalisme, avec Apollinaire et « Le pont Mirabeau ». Tout cela engendre un sentiment de pitié, de compassion qui assure à l’œuvre un vif succès, de par une manipulation parfaite des émotions.

 


              En parallèle, le succès peut aussi provenir non pas de l’émotion, mais de la réflexion provoquée par ces histoires. Premièrement, il est parfois possible que le lecteur ou le spectateur s’identifie à un des personnages. En effet, le fait que le personnage souffre ou fasse des erreurs prouve qu’il est humain et peut le rapprocher du lectorat, ce qui pourrait lui donner une certaine attirance. Par exemple, on peut s’identifier à Bérénice dans la pièce de Racine lorsque Titus la quitte pour le pouvoir. Sa condition peut susciter un souvenir d’une séparation douloureuse et ainsi être associée avec la vie d’un spectateur, provoquant bien une réflexion sur la réalité et rendant au personnage un certain charme.
              En outre, la représentation d’histoires particulièrement tragiques provoque généralement une prise de conscience par rapport à la vie du lectorat. Au lieu de s’identifier au personnage, on peut au contraire trouver dans sa situation du courage face aux problèmes personnels. Par exemple, en regardant le malheur de Camille dans Horace, bien que la plupart des spectateurs ne puissent pas s’identifier au personnage, la pitié ressentie entraîne chez certains une forme de relativisation. Ils se rendent compte que rien ne peut être pire que la condition de Camille et reprennent courage. Dans un sens, on peut lire ses histoires afin de se sentir meilleur, et c’est pour cela qu’on s’y intéresse. Ceci complète la thèse : il y a bien réflexion personnelle de la part du lecteur ou du spectateur.
             Enfin, certaines amours infructueuses ne sont que le reflet de la société. Elles ne provoquent pas une réflexion personnelle, mais une méditation sur la vie en général. Cela est particulièrement valable pour le mouvement réaliste. Par exemple, dans Une vie de Maupassant, lorsque Julien trompe Jeanne, ce n’est pas simplement une identification personnelle qui peut s’effectuer, mais aussi un réel questionnement sur la représentation  de la société dans l’art. Il est très fréquent de trouver des époux infidèles dans la vie, alors que c’était un sujet presque tabou dans l’art jusqu’au XIXème siècle. Il en est de même pour Emma dans Madame Bovary de Flaubert. Le fait qu’elle trompe Charles a valu à l’auteur un procès pour le manque de morale dans son roman. Pourtant, les femmes infidèles ne sont pas rares dans la réalité. Dans ce cas-là, la représentation d’un amour se terminant par un échec ne peut être qu’un prétexte pour démontrer les défauts des hommes et de la société. De même, dans L’école des femmes de Molière, l’affection d’Agnès pour Horace est sévèrement réprimée par son père, monsieur de la Souche. Ici, son amour interdit est en réalité une critique de la condition des femmes dans la société du XVIIème. En montrant qu’on ne trouve pas forcément le bonheur dans l’amour, les auteurs font réfléchir sur les défauts de l’Homme et nous ouvrent les yeux sur le monde, provoquant ainsi l’intérêt.


           Pour conclure, l’origine du succès de la passion douloureuse u vouée à l’échec peut s’expliquer par le fait qu’elle suscite à la fois des émotions extrêmement puissantes et une méditation sur la Vie, qu’elle soit personnelle ou collective. L’amour est une émotion qui touche chaque être humain, quelque soit son âge, son sexe ou son origine. L’amour est le propre de l’Homme, et c’est pour cela que ce thème, qu’il soit heureux ou malheureux, résonnera certainement encore dans les siècles à venir.


Estelle W, mai 2016.

***


Devoir d’ Arthur D. :

                   Depuis la nuit des temps, les histoires d'amour, qu'elles aboutissent, ou qu'elles soient vouées à l'échec, ont toujours existé. Et ces histoires se sont souvent retrouvées en littérature, surtout sous forme d'histoires tragiques mettant en place un amour passionnel (du latin patior: la souffrance) vouées à l'échec, et dont le succès, et l'engouement des lecteurs et des spectateurs, a retentit à travers tous âges et époques. Mais comment peut-on expliquer ce goût des lecteurs et des spectateurs pour des fictions dont les héros, inlassablement, souffrent d'aimer ? Autrement dit, en quoi le fait qu'un roman, une poésie, ou une pièce de théâtre présentent un héros éprouvant une passion amoureuse provoque-t-il un engouement chez le lecteur et le spectateur, ainsi que, à plus grande échelle, son succès ? Pour répondre à cette question, nous scinderons la question en deux partie, selon les 3 différents genres: la poésie et le roman, car ce sont des oeuvres écrites, puis le monde du théâtre avec notamment le jeu de scène et la pièce jouée et non écrite. Nous attarderons donc premièrement sur l'engouement des lecteurs pour des romans et des poèmes contenant ces histoires d'amour-là, puis nous parlerons des spectateurs et de la mise en scène de pièces de théâtre qui présentaient ces histoires d'amour, et qui ont connu un franc succès auprès du public.

           
             Tout d'abord, intéressons-nous à ce pourquoi les lecteurs de romans et de poésies prennent goût à les lire. En premier lieu, cela peut être dû au fait que ces histoires d'amour sont communes à tous les êtres humains, car chacun d'entre nous a déjà pu expérimenter un échec en amour, et leur permet donc généralement de s'identifier aux personnages, et donc de vivre l'histoire d'amour à travers leurs yeux, rendant l'oeuvre plus palpitante. En effet, on retrouve ce thème dans le fameux poème “Le Lac” de Lamartine, qui conte une histoire d'amour entre le poète et Julie Charles, une femme précédemment rencontré sur les abords d'un lac, mais dont la santé s'est vite agravée, ce qui causa le fait qu'ils eurent à se séparer, et qu'ils ne puissent plus jamais ce revoir, après la mort malheureuse de celle-ci. Dans ce poème, donc, Lamartine pleure la mort de son amoureuse, exposant subséquemment une souffrance face à l'amour qu'il ressent. Le lecteur peut ainsi s'identifier plus facilement dans ce poème, ayant connu peut-être lui même un amour perdu, rendant alors l'oeuvre plus magnifique et plus apte à susciter l'engoument de son lectorat. Le lecteur prendra donc plus de goût à lire un roman ou un poème dans lequel il peut aisément s'identifier.
              Outre cela, dans les romans, les personnages peuvent aussi engendrer chez le lecteur de la compassion, tant ils souffrent pour leur amour. Le lecteur s'impliquera donc plus dans l'histoire, devenant plus attaché aux personnages, ce qui rendra l'oeuvre plus plaisante à lire. Pour illustrer cela, il y a par exemple Une Vie de Maupassant, qui expose toute la vie de Jeanne, plongée dans une vision d'un amour parfait, mais qui sera par la suite déçue par son mariage amoureux qui n'a pas fonctionné, et par une continuelle souffrance occasionnée par celui-ci jusqu'à la fin de sa vie. Le lecteur ne peut donc pas s'empêcher après cela, d'éprouver de la compassion envers l'héroïne à travers le livre. Ensuite, il y a aussi Madame Bovary de Flaubert, qui peut lui illustrer ce point. Sensiblement la même histoire, à quelques changements près que Une Vie, l'héroïne éponyme sera elle aussi déçue par ses relations amoureuses, et ce, jusqu'à la fin de sa vie. Malgré le fait que Emma Bovary soit certainement moins attrayante que Jeanne de part le fait qu'elle ait essayé de combler son vide amoureux en ayant des relations illicites; elle n'en reste pas moins attachante. Ces deux exemples permettent donc de conclure que la présence en roman d'échecs amoureux aboutit à de la compassion chez le lecteur qui va pouvoir dans la plupart des cas s'attacher aux différents personnages, et donc par la même occasion, d'y prendre goût.
              Finalement, on peut aussi remarquer que les histoires amoureuses vouées à un échec sont très bien ancrées dans l'histoire littéraire. Cette thématique récurrente à travers les âges dans les romans et la poésie prouve bien que si elle est là depuis si longtemps, c'est que les lecteurs l'apprécient, et qu'elles sont garantes de succès. Historiquement, on peut retrouver dans l'Antiquité comme histoires d'amour Les Métamorphoses d'Ovide, qui ne comportent pas toutes des passions amoureuses, mais dont certaines, avec Zeus notamment, se métamorphosant pour avoir des relations courtes, et donc vouées à l'échec, avec des mortelles, illustrent bien le point cité ci-dessus. Il y a aussi L'Odyssée d'Homère, dans lequel Pénélope, femme d'Ulysse, parti il y a de cela plus de dix ans faire la guerre de Troie, se fait courtiser par les habitants de son île, sauf qu'elle s'y désiste; donc encore là un exemple d'amour voué à l'échec. A cela s'ajoute que Pénélope souffre aussi de l'absence d'Ulysse tant son amour pour lui est grand. Ces deux exemples montrent que déjà, dans l'Antiquité, les histoires d'amour qui n'aboutissaient pas étaient déjà assez récurrentes. De nos jours, on retrouve Salambô de Flaubert, dans lequel l'héroïne éponyme est aimé par deux hommes éperduement, et dont les deux souffrent énormément jusqu'à s'affronter dans une guerre. Il y a aussi, encore plus récemment, “Le Pont Mirabeau” d'Apollinaire, qui raconte l'histoire d'un amour qu'à perdu Guillaume Apollinaire, et son amer regret. Tous ces exemples prouvent donc que la thématique de l'amour perdu et de la passion amoureuse est donc omniprésente dans l'histoire littéraire, et que donc les lecteurs doivent sûrement l'apprécier, et prendre goût à les lire.

 

 

                 Maintenant, intéressons-nous plus aux spectateurs et au monde du théâtre, et ce pourquoi, sur le même sujet, ils l'apprécient autant. Dans un premier temps, nous parlerons du déchirement tragique, c'est-à-dire le déchirement que subit un personnage soumis à des forces contraires: l'amour et le devoir. Ce thème se retrouve souvent dans la tragédie classique. Ce déchirement tragique à travers une pièce permet de montrer la souffrance que le personnage éprouve à aimer et le dilemne qui se présente à lui. C'est souvent un moment marquant d'une pièce de théâtre car il fait partie de l'intrigue comme dans Bérénice de Racine, où Titus, empereur romain, doit faire un choix; accéder au trône et renoncer à l'amour, ou vice-versa. Ce dilemne exprime la souffrance amoureuse du personnage qui doit faire un choix. Il peut aussi faire partie d'une petite histoire à part, comme dans Horace de Corneille, où la soeur du héros éponyme Camille, après qu'il a tué son amant, lance une imprécation sur Rome car elle subit une insoutenable passion amoureuse. Ces deux exemples démontrent que dans les deux cas, un déchirement tragique est à la fois étroitement lié à une passion amoureuse, et à l'intrigue. Il est donc important à l'histoire, et crée une scène émotive et mouvementé, qui peut plaire au lecteur.
                  De plus, au théâtre, il existe aussi le phénomène de catharsis, c'est-à-dire un phénomène à travers lequel les spectateurs peuvent se purger de leurs émotions. C'est aussi, comme le déchirement tragique, un thème récurent dans la tragédie, et qui, lui aussi, procure aux spectateurs une ou plusieurs émotions énormes, qui vont jusqu'à le purger. Il y a comme pièce qui peut illustrer cela Phèdre de Racine, dans lequel l'héroïne éponyme tombe si amoureuse de son beau-fils, qu'elle en devient quasiment folle, et va aller jusqu'à le tuer, et ensuite se suicider. Ces émotions extrêmement fortes et cette passion amoureuse omniprésente dans le livre déclenche ainsi le phénomène de catharsis qui purge le spectateur. Face à ces innombrables actions, et à ces émotions immenses, le spectateur ne peut que rester la plupart du temps ébahi, et donc prendre goût à regarder cette pièce.
                Finalement, les spectateurs ont aussi pris goût dans des comédies illustrants des amours vouées à l'échec. En effet, cette thématique d'amour voué à l'échec peut aussi être prise par le rire. On retrouve chez ceux qui ont manipulé ces relations amoureuses dans ce sens-ci Molière, avec par exemple L'Ecole Des Femmes. Dans celui-ci, Arnolphe un bourgeois, a éduqué une orpheline Agnès, pour l'épouser. Malheureusement, pour lui, Agnès s'est trouvé un autre homme qu'elle aime. Mais elle est prédestinée à un mariage forcé, et ne pourra donc pas l'épouser. Arnolphe, content qu'elle ne puisse pas le marier, apprend par la suite que c'était en fait lui son futur mari. Celui-ci, déçu et laissé bête, après un échec amoureux, provoque le rire chez les spectateurs,, qui devraient donc apprécier la pièce et y prendre goût.

 

 

                Pour conclure, les lecteurs et spectateurs prennent goût dans ces histoire amoureuses car ils peuvent s'y identifier, et car elles suscitent chez le lecteur un bon nombre d'émotions, plus ou moins intenses. Elles peuvent aussi être le thème majeur comme dans le poème “Le Lac” ou faire parti de l'intrigue et donc d'avoir une certaine importance au sein de l'histoire, ce qui la rend plus visible et plus appréciable pour le lecteur. Finalement, on retrouve aussi cette thématique dans d'autres domaine, tel que la peinture, le cinéma, et même la musique. C'est donc un très grand sujet de notre société qui remonte à l'Antiquité, et qui est commun à tous.

Arthur D., mai 2016.


***

Devoir d’Amaury R. :

                 L’amour est omniprésent dans notre société, que ce soir dans la vie de tous les jours ou dans le domaine artistique. Cela amène la question suivante : " Comment peut s’expliquer ce goût des lecteurs et des spectateurs pour des fictions dont les héros, inlassablement, souffrent d’aimer ?  " Autrement dit, pour quelles raisons le lecteur ou le spectateur éprouve de l’intérêt pour des œuvres inventées dans lesquelles des personnages souffrent par amour ? Il sera tout d’abord avancé que l’amour est éternel avant d’explorer le fait que ces œuvres permettent de relativiser sur sa condition et enfin qu’elles donnent de l’espoir.

 

              De prime abord, l’amour est un sentiment éternel. En effet, cet amour peut faire son apparition dans la littérature dès l’écriture des premiers livres. Par exemple, dans l’Iliade et l’Odyssée d' Homère, la guerre de Troie est déclenchée par l’enlèvement d’Hélène une femme magnifique et exceptionnelle. De même, dans l’Enéide, Didon se suicida suite au départ d’Enée de Carthage. Ceci révèle que l’amour a toujours existé et qu’il est par conséquent éternel ce qui attise l’intérêt de chacun.
           En outre généralement, l’amour rassemble et symbolise l’histoire littéraire grâce à l’héritage antique de la passion mis en avant par le classicisme où les émotions suscitées par les tragédies sont dites " nobles ". Corneille utilise cela dans Horace, en personnifiant le déchirement tragique à travers le personnage éponyme et Camille. Il est évident que cela contribue au caractère éternel de l’amour qui attire lecteurs ou spectateurs.
De plus, l’amour comporte des émotions fortes et intenses. Cela se manifeste avec l’explosion du " Moi " à travers le Romantisme et le besoin ressenti par les auteurs de s’exprimer. Par exemple Lamartine écrit " Le Lac " en hommage à Julie Charles, sa bien-aimée vouée à une mort très proche. Cela prouve que l’amour contraint inlassablement poètes et écrivains à écrire et cet important domaine pousse le lecteur ou le spectateur à s’y intéresser.

 


             Si l’amour est éternel, une importance partie est forcément malheureuse. Cette partie captive le lectorat car elle permet de relativiser sur sa condition. Premièrement, on ressent de l’attirance pour le bien-être ou le fait d’être " vidé " de ses sentiments noirs. Cela est le principe de catharsis qui est la purgation des sentiments et émotions exploités par la tragédie classique. Racine met en scène dans Phèdre un amour impossible et interdit. Le spectateur qui vie l’histoire au travers des personnages va calmer son fantasme impossible. Cela permet de relativiser sa condition et donc être rechercher par le lectorat.
           Parallèlement, certains auteurs vont rappeler au lecteur que l’œuvre est une fiction dans l’optique de créer le lien entre l’histoire et la vie personnelle du lecteur. En sachant que l’œuvre est inventée, on peut ainsi réfléchir librement aux similitudes et différences qu’elle présente avec notre vie. Le fait de continuellement rappeler cela est donc source d’analyse et de et de mise en abyme de la part du témoin de la pièce. Dans plusieurs pièces telles que Roméo et Juliette, Shakespeare va user du champ lexical théâtral comptant " pièce ", " acte ", " scène " ou " cène ". Ce rapprochement a pour répercussion de faire relativiser le public sur sa condition propre ce qui va irrémédiablement l’attirer.
           S’additionne à cela le fait que la comédie et la tragédie peuvent être similaires sur plusieurs points : les deux ont le but de faire ressentir des émotions. Il n’y a qu’un pas entre la comédie qui consiste souvent à rire de ses défauts et la tragédie qui a comme objectif de faire pleurer. Ce pas est franchi habilement par Molière dans Dom Juan. En effet, l’attitude du personnage éponyme peut s’avérer comique mais il est voué à une fin tragique. De même, Doctor Fautus de Marlowe comporte des passages comiques et une fin tragique. L’objectif ici n’est-il pas encore de rire de sa condition ?

 

 

           L‘amour éternellement malheureux relativise sur la condition de chacun mais cet intérêt s’explique par le fait l’humain s’accroche à l’espoir. Parfois, les écrivains alternent des scènes gaies aux scènes déprimantes. C’est le cas d’auteurs réalistes comme Maupassant avec Une Vie. Jeanne subit tout à tour des moments heureux et des évènements tristes dans sa quête naïve de l’amour idéalisé. Flaubert génère aussi cette alternance dans Madame Bovary avec les rencontres suivies de déceptions amoureuses. Le succès de ces œuvres prouve bien l’importance de donner de l’espoir au lecteur et parallèlement attiser son gout pour ce type d’œuvres.
De plus, en changeant de milieu artistique, la télévision s’est souvent approprié la demande d’espoir du public pour être visionnée. Par exemple, Game of Thrones qui est devenu la série la plus piratée de tous les temps repose sur des " Cliff-ending " à chaque fin d’épisode pour inciter le public à continuer de regarder, même en connaissant l’histoire. Cela explique l’attrait pour une tragédie amoureuse dont on connaît au préalable la fin : l’homme s’accroche au peu d’espoir. La nature Humaine est un état permanent qui ne laisse d’autre choix à chacun de s’intéresser à de tels travaux.
             Finalement, un lecteur a généralement besoin " d’exemples de vie " pour éventuellement ressentir de la compassion, se préparer à des événements similaires et ressortir avec plein d’espoir. Le recueil Alcools d’Apollinaire est en quelque sorte une autobiographie dans laquelle le lecteur est témoin, à travers les poèmes, des échecs amoureux de l’auteur avec successivement " Marie " et " Any ". De cette manière, le lecteur ressent de la compassion pour cet humain, il va donc être prêt à subir l’échec avec l’espoir que son expérience se passe mieux. Bill Gates, la première fortune mondiale, a déclaré lire des centaines de biographies étant jeune pour apprendre à réussir. Ainsi, des histoires, elles bien fictives, sont porteuses de messages d’espoir, malgré une fin tragique qui attise un intérêt profond du public et des lecteurs.

 

           En conclusion, le goût des lecteurs pour les fictions dont les héros souffrent d’aimer s’explique par l’omniprésence de l’amour, le fait qu’il permet de relativiser sur sa propre vie et que cela confère de l’espoir pour toujours avancer. Comme dit le proverbe : " Du mal ressort toujours du bien ". L’Homme cherche à se rassurer dans l’imparable progrès de la société. On peut donc être amené à penser : quelles sont les différents moyens utilisés dans l’unique fin de se rassurer ?

Amaury R., mai 2016.

***

Devoir de Lan-Bao P. :

 

 

            L’amour est un sentiment universel, néanmoins extrêmement difficile à définir par de simples mots. Paradoxalement, ce sentiment qui peut engendrer une souffrance spirituelle est souvent le sujet d’inspiration de plusieurs succès artistiques, notamment littéraires. Comment peut s’expliquer ce goût des lecteurs et des spectateurs pour des fictions dont les héros, inlassablement, souffrent d’aimer ? En d’autres termes, la question porte sur les diverses raisons du succès des œuvres d’art qui explorent la thématique de l’amour impossible et de l’amour douloureux. Il s’agira premièrement de s’intéresser aux raisons de ce succès en ce qui concerne les sentiments et les pensées que cette thématique peut évoquer au lecteur ou au spectateur. Puis, nous nous attacherons aux causes de cette réussite, grâce aux paramètres concernant la réalisation de l’œuvre.

 

 

            De prime abord, de nombreuses œuvres littéraires exploitant le thème de l’amour douloureux ont beaucoup plu aux lecteurs car il est possible que ces derniers puissent s’identifier aux héros. En effet, comme l’amour est un sujet universel, il est plausible que le lecteur ait vécu une situation semblable à celle des héros de l’œuvre. Cette identification du lecteur aux personnages est d’autant plus probante quand il s’agit d’amour douloureux ou impossible du fait que le lecteur n’est souvent pas en mesure de parler de sa situation personnelle. Par exemple, dans Le Cid de Pierre Corneille, le public regardant cette pièce, qui était majoritairement composé de nobles contemporains au dramaturge, peut s’identifier à Rodrigue, le héros de la pièce, lui-même un jeune noble aimant la fille de l’ennemi juré de sa famille, Chimène.                                                    

               De plus, même si le lecteur ne s’identifie pas aux personnages de l’œuvre, il est probable qu’il comprenne parfaitement la thématique profonde de celle-ci, comme l’amour est un sentiment universel, ce qui va le pousser la plupart du temps à aimer l’œuvre. Ainsi, dans le poème « Le Lac », extrait du recueil Méditations poétiques publié en 1847 par Lamartine, même si le lecteur n’a pas vécu la liaison que le poète avait avec Julie Charles, il est tout à fait en mesure de comprendre le désespoir que Lamartine ressent quand celui-ci apprend que son amante va bientôt mourir. Cette compassion est aussi due au fait que Lamartine est un poète romantique, et que son but est d’exprimer ses sentiments de la manière la plus explicite.                                             En outre, les œuvres littéraires inspirées d’histoires d’amour douloureuses sont fréquemment aimées par le lectorat car elles offrent de nouvelles perspectives sur une vie quotidienne souvent banale. Elles permettent le plus souvent de faire voyager le lecteur afin qu’ils s’imaginent à la place des héros qui se sacrifient au nom l’amour. Dans le roman Nos étoiles contraires de John Green sorti en 2012,  Hazel est une adolescente touchée par le cancer, qui tombe éperdument amoureuse d’Augustus, garçon dynamique qui profite de la vie même s’il sait qu’il va bientôt mourir. Ce dernier ira jusqu’à offrir un voyage à Amsterdam à sa petite amie avant sa mort. Cette action pourrait offrir un regard plus optimiste à certains lecteurs  pour trouver un amour aussi sincère et passionnel que celui de Hazel et Augustus malgré les inconvénients de leur vie.                                        Par ailleurs, durant l’époque classique, les œuvres abordant le thème de la passion amoureuse impossible faisaient plus facilement l’objet du succès grâce au phénomène de catharsis, qui permet de purger le spectateur de ses émotions pour pouvoir se contrôler si la situation dans l’œuvre se produisait dans la réalité. Cela est le cas dans la tragédie Phèdre de Racine, dans laquelle Phèdre ne peut exprimer son amour pour Hippolyte car cela serait vu comme inceste, étant donné qu’Hippolyte est le fils de l’époux de Phèdre, Thésée. Racine fait particulièrement attention à respecter les règes classiques, dans lesquelles se trouve le phénomène de catharsis. Ainsi, le public se trouve confronté à une situation extrême d’amour impossible, purgeant ainsi leurs émotions intimes.

 

 

                Outre le fait que l’opinion du lecteur joue un rôle important dans la réussite d’une œuvre, la source de son inspiration ou encore la façon dont l’auteur l’a exprimé sont également des éléments-clé pour un succès littéraire. L’une des raisons à la bonne réputation d’une œuvre se fondant sur une histoire d’amour douloureuse est que la personne l’ayant écrite a probablement vécu cette histoire. Par conséquent, il est plus facile de faire ressentir une émotion à quelqu’un quand on l’a déjà éprouvée soi-même. Par exemple, dans le poème « Le Pont Mirabeau » d’Apollinaire, extrait du recueil Alcools publié en 1913, le poète exprime sa douleur suite à sa rupture avec Marie Laurencin, et ce poème a eu assez de succès pour être étudié plus d’un siècle après son écriture.                                                                                  

          De plus, l’écrivain, le poète ou le dramaturge d’une œuvre littéraire célèbre sur l’amour douloureux utilise fréquemment un langage très expressif : le lyrisme et plus particulièrement l’élégie. Ce registre est généralement apprécié par les lecteurs car il est très riche, notamment en figures de style. En effet, dans le poème « Je vis, Je meurs » de Louise Labé, son amour douloureux est exprimé tout au long du poème par des antithèses, dès-même son titre.                          

                 En outre, les héros souffrant d’un amour impossible dans une œuvre font souvent des actions spectaculaires pour pouvoir surmonter les obstacles, ce qui suscite la curiosité des lecteurs et des spectateurs pour découvrir l’œuvre. Dans la tragédie Roméo et Juliette de William Shakespeare, Roméo grimpe jusqu’au balcon où se trouve Juliette pour lui confier son amour, dans l’acte II, scène 2 de la pièce. De même, dans le mythe de Pyrame et Thisbé, les deux amants doivent communiquer à travers les failles d’un mur, et se retrouver la nuit sous un mûrier en dehors de la ville. Ce mythe est devenu si connu que Shakespeare l’a mentionné dans sa comédie Songe d’une nuit d’été.                                                 

               Par ailleurs, le sentiment amoureux est aussi difficile à jouer au théâtre qu’à être exprimé par des mots. Les pièces de théâtre et les films s’inspirant d’histoires d’amour impossibles sont souvent très aimés par le public car le jeu d’acteur est très sophistiqué. Ainsi, un acteur ou un comédien arrivant à imiter ce sentiment, surtout de façon douloureuse devient très souvent célèbre. De ce fait, Leonardo DiCaprio, aujourd’hui l’un des acteurs les plus populaires du studio Hollywood, a été remarqué grâce à son interprétation très réussie de Roméo dans le film Roméo et Juliette inspirée de la pièce éponyme de Shakespeare, ce qui lui a permis de débuter sa carrière. Il achève ensuite la montée de sa carrière en jouant Jack, le rôle principal masculin dans Titanic, qui connaît un succès planétaire grâce à son incarnation de l’amour impossible avec Kate Winslet. Ce chef-d’œuvre du septième art fait désormais partie des trois films ayant fait le plus d’entrées dans l’histoire du cinéma. Cela démontre donc qu’une bonne interprétation d’un personnage d’une œuvre sur l’amour impossible est une raison majeure au succès de celui-ci.

 

 

            Pour conclure, plusieurs raisons peuvent expliquer le succès d’une œuvre artistique explorant l’histoire d’un amour voué à la souffrance et à l’échec. Ces réussites artistiques peuvent être expliquées par le génie des personnes ayant réalisé l’œuvre, ou encore de l’opinion positive qu’inspire la thématique de l’amour douloureux au lecteur ou spectateur. Cependant, cette thématique n’est pas la seule raison à un succès littéraire, mais d’autres thèmes comme la guerre ou la nature peuvent de même être sujet à la réussite.

                           

Lan-Bao P., mai 2016.
 


Date de création : 06/06/2016 @ 09:56
Dernière modification : 06/06/2016 @ 10:04
Catégorie : Copies d'élèves 2015/2016
Page lue 834 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article


^ Haut ^