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Copies d'élèves 2016/2017 - Commentaire 2nde 5

Soleils couchants

Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées ;
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !
Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.
Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.
Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde immense et radieux !

Victor Hugo, Les Feuilles d'Automne (1831).


Devoir de Flavie P :

         Le Romantisme est le mouvement artistique majoritaire de la première moitié du XIXème siècle. Il incite les poètes à exprimer leurs sentiments et évoquer le Moi lyrique. L’un des plus grands auteurs à avoir appartenu au Romantisme est Victor Hugo, qui, en 1831 a écrit le recueil poétiques Les feuilles d’Automne faisant preuve d’une grande maturité. Le poème « Soleils Couchants » écrit en alexandrins et formé de quatre quatrains en provient. L’œuvre étudiée évoque les thèmes très fréquents du Romantisme comme l’Homme et la Nature face à la fuite inexorable du temps.

 


         Tout d’abord, dans le poème de Victor Hugo, le thème majoritaire est l’écoulement du temps qui évoqué à travers le champ lexicale abondant du temps : « ce soir » (v.1), « Demain » (v.2), «  nuit » (v.2), « les jours » (v.4) et « temps » (v.4). On retrouve aussi le champ lexical du temps météorologique : « soleil » (v.1), « orage » (v.2), « vapeurs » (v.3), « aube » (v.3). De plus le poète est obsédé par le temps, on le voit avec l’anaphore du verbe conjugué au futur « passeront » (v.5) ainsi qu’avec les mots « tous » (v.5) et « en foule » (v.5) qui évoquent la multitude des jours comme un martèlement dans la tête de Victor Hugo. Cette obsession est amplifiée avec l’accumulation de l’adverbe « puis » (v.3 et 4) et de la conjonction de coordination « et » ( v. 2 et 3) ainsi que l’accumulation  mots évoquant les différents moments de la journée et de la météo qui en réalité désignent le temps qui passe : « ce soir » (v.1), « Demain » (v.2), « orage » (v.2), « aube » (v.3).
          Ensuite, tout au long du poème, les temps du passé : « s’est couché » (v.1), présent « je passe » (v.14) et du futur «  passeront » (v.5) montre bien l’écoulement du temps et peut évoquer une frise chronologique. Cette idée majoritaire du poème est également retrouvée avec le mot « pas » (v.4) et le verbe de mouvement «  s’enfuit » (v.4) personnifiant le temps qui marche et qui passe. De plus , l’allitération en [f] formée par « face » (v.6), « fleuves » (v.7) et « forets » (v.8), évoque le fluidité , l’eau du fleuve comme l’écoulement du temps. D’ailleurs, le champ lexical de l’eau composé de « mers » (v.6), « fleuves » (v.7), « eaux » (v.9) et « flots » (v.12) suggère le temps qui coule inexorablement comme l’eau qui nous file entre les doigts et qu’on ne peut arrêter. A la fin du poème, le rythme s’accélère visible par la diminution de la ponctuation comme si le temps s’écoulait contre la volonté du poète . Le contrôle du temps qui passe est donc impossible;

 


           Alors que le temps s’écoule de jour en jour, l’homme et la nature y sont confrontés. Tout d’abord la nature est personnifiée : « face » (v.9), « front » (v.9) et « rajeunissant » (v.11). Le champ lexical de la nature est donc omniprésent tout au long du poème : « nuées » (v.1), « monts » (v.6), « campagnes » (v.11) et « soleil » (v.1). Cependant, quelques vers,  après on comprend que la nature persiste face au temps qui passe : « toujours verts » (v.10) , « ridés  et non vieillis » (v.10) et renaît à chaque fois. La nature créer également une dimension une grandiose au poème puisqu’elle paraît majestueuse : « immense et radieux «  (v.16). De plus, le mot « fête » au vers 15, suggère que la nature est en fête et probablement au printemps. Le poème formé de quatre quatrains peut donc évoquer le cycle des quatre saisons et donc la régénération de la nature. La nature est donc un élément résistant face à la fuite du temps.
            Au contraire de la nature, l’Homme lui subit le temps qui passe. Cela est démontré avec « mais » au vers 13, qui de plus est mis en valeur car il est à l’attaque du vers et de la strophe. L’homme est donc opposé à la nature. Cette idée d’opposition est renforcée par l’antithèse « refroidi » et « joyeux » au vers 14. Bien que le poète soit sous le soleil joyeux, il ne se réchauffe pas ; cela oppose bien à la nature et l’homme. De plus le temps pèse à l’homme : « sous »(v.13) et « courbant plus bas ma tête » (v.13) et se fait sentir physiquement. Mais le poète évoque très vite la mort avec la litote « je m’ en irai » ( v.15), « je passe » (v.14) , « mort » (v.8), « refroidi » (v.14) qui évoque la froideur d’un cadavre , puis « rien » (v.16) comme le néant après la mort. Le poète évoque donc les conséquences du temps sur l’homme
            Mais bien que le temps pèse physiquement sur l’homme, il pèse aussi moralement pour le poète puisqu’on y retrouve le lyrisme. Tous d’abord, une ponctuation forte est présente : « ! » (v.4 et 16) ce qui donne de la puissance aux vers et au poème. Dans la dernière strophe, la première personne du singulier est utilisée : « moi » (v.13), « je » (v.14). Contrairement aux trois premières strophes où il y a la présence du pluriel : « ils » (v.5), « des » (v.6). Cela contraste donc entre les premières strophes et la dernière suggérant la solitude du poète. De plus, le poème  possède une grande valeur artistique notamment grâce à ses rimes riches, aux alexandrins et au titre du poème lui-même «  Soleils Couchants ». Tout cela évoque la noblesse et le grandiose : par conséquent le lyrisme. Enfin les rimes croisées évoquent un rythme binaire et donc la monotonie et la mélancolie du poète Le poète fait donc preuve de lyrisme de évoque ses sentiments. L’homme subit encore une fois le temps qui coule.

 


           Le poème « Soleils couchants » de Victor Hugo traite bien l’Homme et de de la Nature face à la fuite inexorable du temps. Ces thèmes sont très fréquents dans les œuvres romantiques telles que « Le Lac » d’Alphonse de Lamartine, très grand auteur romantique du XIXème siècle.

Flavie P., 2nde section internationale, juin 2017.

***

Devoir de Robin L. :

            A XIXème siècle, le Romantisme domine dans la poésie française. Face aux progrès de la Révolution industrielle et de la Restauration, les poètes préfèrent le lyrisme afin d'exprimer le « Moi ». C'est l'une des caractéristique de ce mouvement. Victor Hugo a une place importante dans ce mouvement, notamment dans les trois genres majeurs de la littérature française. En 1831, paraissent Les Feuilles d'automne, un recueil de poèmes où Victor Hugo fait preuve d'une grande maturité, alors qu'il n'a même pas trente ans. Le poème « Soleils couchants » est tiré de ce recueil et respecte les codes traditionnels de la poésie. « Soleils couchants » est écrit en alexandrins, sous la forme de quatre strophes, composées de quatre vers, donc des quatrains. Les rimes qui le constituent sont croisées. On retrouve dans le poème le thème principal du lyrisme. Le lecteur constate également que poète est obsédé par le temps qui passe et la nature qui s'oppose à l'homme.

 


             Victor Hugo respecte les codes du romantisme, comme Lamartine dans son poème « Le lac », mais dès les premiers vers, le lecteur comprend que l'auteur est obstiné par le temps qui passe. La diversité du champs lexical plonge le lecteur dans les pensées de Victor Hugo. Cette obsession s'observe grâce aux expressions temporelles : « soir »  dans le vers 1 : « Le soleil s'est couché ce soir … » ; « Demain » qui est placé au début du deuxième vers afin qu'il soit mieux remarqué « ...Demain viendra l'orage et le soir et la nuit ...», mais aussi « aube » : « Puis l'aube et ses clartés... » (v.3) ; « nuits », ; « jours » et « temps » (v.4). La fuite du temps est aussi exprimée dans l'anaphore « Tous ces jours passeront, ils passeront en foule » (v.5) qui montre une accélération du temps. On remarque également que le poète fait un parallélisme avec le temps météorologique :
« l' orage » (v.2), « Le soleil » (v.1) ou même « ses clartés » (v.3). Le terme « orage » représente peut être l'état d'esprit de l'auteur, énervé par le temps qui s'écoule trop vite. L’anaphore aux vers 3 et 4 qui débute par « puis » accentue cette fuite du temps que le poète ne peut arrêter, et accélère donc le mouvement. Dans la première strophe, deux allitérations sont présentes, une sur le premier vers en [S] « soleil », « s'est » ; « soir » ; qui symbolise le temps qui passe. La deuxième se trouvant au quatrième vers en [P] « puis » ; « puis » ; « pas » et alourdit le vers, et tente de ralentir le temps qui s'écoule. Enfin, le poète accentue la fuite du temps au vers 2 avec le déroulement d'une journée en utilisant les expressions « Demain » ; « Orage » ; « Soir » ; « Nuit »  et néglige donc le contenu d'une journée qui est symboliser par l'orage, et rappelle donc l'état d'esprit du poète. Toutes ces figures de style représentent la situation psychologique de Victor Hugo, ici, tourmenté et obstiné par la fuite inexorable du temps.
             Malheureusement, le temps s'écoule, et le poète tente de l'arrêter en vain. Cette action se retrouve à différents endroits du poème notamment sur sa forme. En effet, la ponctuation est très marquée tout au long du poème, en fin de vers mais au aussi à l'hémistiche, ce qui marque donc une césure. L'accentuation de la ponctuation rappelle la tentation du poète de ralentir le temps. Toutes cette ponctuation, ces pauses peuvent faire penser au mouvement artistique de l’impressionnisme qui se caractérise par des points des couleur. Le poème commence par une fin de journée «  Le soleil s'est couché », le poète a donc essayé de ralentir la fuite d'une journée mais en vain. Le poète essaie de ralentir la fuite du temps en appuyant sur l'importance de chaque jour dans une vie avec l'expression « chaque jour » vers 13. On remarque également à la fin du quatrième vers que le poète donne un ordre au temps « qui s'enfuit !». Avec ce point d'exclamation le poète espère par une phrase rhétorique, arrêter le temps qu'il le rapproche de jour en jour de la mort  qu'il explicite avec l'expression «  Je m'en vais bientôt », vers 15. Cette manifestation du poète vers le ciel, le temps, peut être considérée comme une correspondance verticale. Victor Hugo tente de ralentir le temps qui lui file entre les mains, car il regrette les années passées qui lui étaient joyeuses, d'où l'expression « Je m'en irai bientôt au milieu de la fête » vers 15. Aussi, le lecteur identifie par cette expression le registre élégiaque caractéristique du lyrisme. Le lecteur comprend par la lecture de ce poème, que l'écrivain est obstiné par la fuite du temps, qu'il ne peut arrêter, malgré ses efforts.


               Ce poème dénonce dans une majeure partie du poème, la fuite du temps inéluctable, mais aussi élégie. Or le poète se rend compte que la nature ne subit pas la fuite du temps de la même manière que l'homme. Au contraire, elle revit tous les ans, à la même période, le printemps. Ce rappel des saisons se retrouve également dans la forme du poème, quatre strophes, de quatre vers chacune. En cette disposition on retrouve la chronologie d'une année avec les quatre saisons. Cette interprétations sous la forme de quatre éléments rappelle également les quatre piliers de la Terre, l'eau par l'expression  «  Sur la face des mers […] Sur les fleuves d'argent » vers 6 et 7 ; le feu avec la représentation du Soleil « Le soleil joyeux » vers 14 ; l'air « vapeurs obstruées » vers 3 ; mais également l'élément de la Terre est évoqué dans les vers 6 et 7 «  Monts », « forêts ».
Dans la deuxième et troisième strophe, le champs lexical du temps a laissé la place à celui de la nature, par l’utilisation de diverses mots « monts » vers 6 ; « campagne » vers 11 ;  « bois » vers 10.
Dans la deuxième strophe, le lecteur constate une anaphore mais aussi un parallélisme du terme « sur » vers 6 et 7 qui a pour but d'alourdir le texte. Cette anaphores est d'autant plus remarquable car elle est située en début de vers, mais aussi à l'hémistiche. Une symétrie des termes « mers » et « monts » est également visible entre les vers 6 et 12 : « mers »-  « monts »-  « monts »- « mers » cette symétrie. Ce chiasme peut représenter une forme circulaire comme un la nature qui revit, ou le déroulement d'une année. De nombreuse personnifications font la liaison entre la nature et l'homme « sur la forêt où roule » vers 7. Dans ce poème, Victor Hugo montre la supériorité de la nature sur l'homme car on retrouve au sein du poème, un champs lexical plus riche que celui dédié à l'humain.
                    Cette supériorité se constate également par de nombreuses expressions montrant que la nature revit tous les ans au contraire de l'homme, qui lui, vieilli de jour en jour. Notamment grâce à l'oxymore, « le front des montagnes, ridés et non vieillis » vers 10, opposition de deux termes qui montre que la montagne est peut être ridée mais pas vieille. De plus les bois sont « toujours verts » vers 10, ils ne vieillissent donc pas. Le poète utilise également le terme « rajeunissant » vers 11, afin d'accentuer cette « jeunesse » de la nature par rapport a l'homme. L'homme en revanche vieilli « courbant plus bas ma tête » vers 12, et se rapproche de jour en jour de la mort « Je m'en irai bientôt » vers 15. Cette dernière expression est aussi un euphémisme, et atténue le fait que l'humain est mortel. Au dernier vers du poème, l’écrivain fait une métaphore entre la Terre «  le monde » , et le soleil « immense et radieux », et compare donc l'incomparable. Ces différentes expressions évoque la nature sous toutes ses formes.

 

                     Dans la plupart des poèmes romantiques, l’expression du « moi » se fait tout au long du poème, dans le poème « Soleils Couchants », il n’apparaît qu'a la fin, dans la dernière strophe « Mais moi », néanmoins la fuite du temps, l'élégie et la nature sont omniprésent dans le reste du poème. Victor Hugo essai d'arrêter le temps mais sait que c'est trop tard, et impossible. Le registre lyrique est également présent dans le poème « Le Lac » d'Alphonse de Lamartine, auteur appartenant lui aussi, au Romantisme.

Robin L., 2nde section internationale, juin 2017.

 

***


Devoir de Sarah V. :

             Le mouvement romantique, apparu au XIXème siècle, est caractérisé par l’expression du Moi et des sentiments, tout en privilégiant les thèmes de l’amour et de la nature. Victor Hugo, de son vivant (1802-1885) et même après sa mort, a toujours été reconnu en tant que l’un des plus grands auteurs français et chef de file du Romantisme. Certaines thématiques de ce mouvement sont notamment présentes dans ce poème. « Soleils Couchants », du recueil Les Feuilles d’automne datant de 1831, est présenté sous la forme de quatre quatrains, chaque vers étant un alexandrin. Le poète y exprime des thèmes essentiels tels que la fuite du temps, la nature et enfin le lyrisme.


        Tout d’abord, le temps est particulièrement présent dans ce poème, distingué par sa fuite et son avancée. Dès le titre et le premier vers avec « soleils couchants » et « le soleil s’est couché », le lecteur comprend que la nuit tombe lentement mais que le temps est déjà bien avancé. De plus, les mots appartenant au champ lexical du temps tels que « ce soir » (v.1), « demain » (v.2), « la nuit » (v.2), « l’aube » (v.3) ou « jours » (v.4) accentuent le fait que les jours passent sans fin. Au vers 5, « les jours » sont maintenant au pluriel, ils avancent de plus en plus, tandis qu’ils étaient au singulier dans les vers précédents. Par la suite, l’énumération des vers 6 et 7, précédée par une anaphore du mot « Sur », renforce également cet aspect de continuité et de rapidité constamment présent dans les quatre strophes du poème. Si le temps avance, il a également une influence sur l’espace, c'est-à-dire la nature, le paysage et l’environnement du poète. En effet, l’antithèse des vers 10 et 11 le confirme : « ridés et non vieillis » « toujours verts s’iront rajeunissant ». Par ailleurs, le poète exprime principalement au temps du futur afin de créer un effet de projection. Les jours passent et Victor Hugo ne s’en rend pas réellement compte, alors il utilise des verbes au futur comme « Demain viendra » (v.1), « passeront » (v.5), « s’iront rajeunissant » (v.11). De plus, il n’y a qu’un seul verbe au passé, étant dans le premier vers « le soleil s’est couché », comme pour accentuer le fait que tout cela s’est passé réellement vite, et que le poète ne s’en souvient presque plus, donc ne ressasse plus le passé.
          Ensuite, ce temps qui rappelle un effet de cycle et de continuum. En d’autres termes, dans la première strophe se trouvent les mots « soir », « demain », « nuit », « l’aube », « nuits ». Dans ce sens-là, on retrouve une impression d’un jour sans fin qui recommence à chaque fois. Le chiasme du vers 5 « tous ces jours passeront ; ils passeront en foule », renforcé par une césure à l’émistiche rappellent ce sentiment en produisant un effet d’écho. Il y a par la suite un grand nombre d’enjambements, notamment aux vers 6 et 7 « Sur la face […] / Sur les fleuves » qui font remémorer l’effet de boucle et continuité. Enfin, les strophes 1 et 4 se terminent par un point d’exclamation tandis que les strophes 2 et 3 par un point. De plus, cela rappelle les quatre saisons avec les quatre strophes, et donc le retour de celles-ci indéfiniment. Ces rappels accentuent un peu plus l’effet cyclique du poème et son approche avec le temps qui fait de même.

 

           Le temps qui s’enfuit est suivi par l’eau qui coule. En effet, la nature est à la fois imposante et représentative du printemps. Premièrement, le champ lexical de la nature verte fait penser au printemps : « forêts » (v.7), « montagnes » (v.9), « toujours verts » (v.10), « aux monts » (v.12). En outre, le soleil qui se couche puis qui se lève fait penser à la renaissance et le renouveau du printemps. De même, la nature en est influencée avec « les bois toujours verts s’en iront rajeunissant » (v.11). La ponctuation est aussi un procédé qui accentue le fait que le printemps et la nature renaissent après chaque virgule, chaque point ou chaque vers. Le printemps qui arrive fait bourgeonner les fleurs et réveille la saison des amours ; cela a donc une connotation de bonheur, avec les vers 14, 15 et 16 « joyeux », « fête », « immense et radieux ». Ce renouveau est caractéristique du temps qui avance implacablement tout en étant accompagné de la nature.
           Bien que la nature ne soit pas menaçante, elle reste imposante et omniprésente par rapport aux Hommes. Les conditions atmosphériques le prouvent avec « le soleil » puis « l’orage », ce sont des changements soudains du temps. La nature est capricieuse, ne fait ce qu’elle veut et est presque comparée à un dieu. Il y a également une relation entre l’eau et la montagne, telle une alliance. L’eau coule depuis la source dans les montagnes, jusqu’au fleuve puis se déverse dans la mer. Cela fait penser à un cycle, comme le temps qui fuit. Ensuite, les quatre éléments sont présents et témoignent de la puissance de la nature. L’eau est représentée par « mers » « fleuves », le feu par « soleil » « aube », la terre par « montagnes » « forêts » et enfin l’air avec « vapeurs » « nuées ». Sa place est également imposante dans la structure du poème ; trois strophes sont consacrées à la nature tandis qu’une seule est dédiée au poète et ses sentiments. L’homme est non seulement écrasé par le temps, mais également par la nature. De plus, la métaphore du vers 7 le confirme « fleuves d’argent » et produit un effet de richesse, d’importance et de beauté de l’eau. C’est le même effet produit pour la personnification des vers 11-12 « le fleuve des campagnes / Prendra […] donne ». Le fleuve a le pouvoir de donner et prendre tel un dieu. Encore une fois ici, la nature est alliée au temps qui fuit, et est représentée telle une puissance impitoyable.

 


             Le temps passe inexorablement et cela déprime Victor Hugo qui exprime dans ce poème ses sentiments et son lyrisme à travers la mélancolie et la mort. La première strophe est en rythme binaire, et cela rappelle un sentiment de mélancolie et de monotonie. Le poète, n’étant âgé que de vingt-neuf ans se sent déjà déprimé et éprouve des sentiments inadaptés ou peu communs pour son âge. De plus, la présence de la jeunesse et de la vieillesse accentue non seulement la fuite du temps, mais également la fin qui va arriver, qui est donc la mort. L’image du poète mélancolique est récurrente et s’associe avec le thème du lyrisme.
               En effet, l’auteur a une obsession de la mort et souffre d’une angoisse face au temps. Au vers 8, est prononcé le mot « mort » puis le mot « hymne ».  Ces deux termes ont une connotation mortifère et rappellent l’idée de la mort. Cependant, le poète précise que l’amour reste immortel en rajoutant par la suite « des morts que nous aimons ». En d’autres termes, même si « ils » sont morts aujourd’hui, ils restent aimés et ne sont pas oubliés. C’est une certain procédé qu’utilise le poète afin de se rassurer lui-même face à son inquiétude. Par ailleurs, le vers 2 « demain viendra l’orage » présente le faux espoir ; le début « demain » annonce un brin d’optimisme, tandis qu’il est précisé que l’orage arrivera quand même. Par la suite, Victor Hugo annonce implicitement que sa mort approche comme le montre le vers 15 « Je m’en irai bientôt », et qu’il s’en ira « au milieu de la fête ». Par conséquent, il est non seulement angoissé par l’idée que son heure viendra, mais également par le fait que ça pourrait lui arriver n’importe quand. Après tout, cela dépasse son cas personnel et peut effectivement atteindre la condition humaine en général. Le lecteur s’y sent alors concerné et ressent une forme de compassion pour le poète. Enfin, Victor Hugo aimerait ralentir le temps et donc par la même occasion reculer le jour de sa mort. Il exprime cela à l’aide de la ponctuation très présente dans le poème, avec notamment les points d’exclamation qui concluent le poème et extériorisent l’amertume et l’appréhension du poète.

 


         Victor Hugo présente dans ce poème la fuite inéluctable du temps parmi l’imposante position de la nature et le lyrisme. Tous finalement ramènent au sort tragique du poète exprimé de manière implicite dans le poème. « Soleils couchants » rappelle par ses plusieurs thématiques, dont surtout la vitesse du temps et la mélancolie lyrique, au poème « Le lac » écrit par Lamartine, également caractéristique du Romantisme.

 

Sarah V., 2nde section internationale, juin 2017.

 

***


Devoir de Salomé N. :

         Au XIXème siècle, la France est marquée entre autres par n changement d’idéologie car le Romantisme remplace Les Lumières jugées trop rationalistes. Désormais, les artistes expriment leurs ressentis notamment avec l’expression du Moi. Victor Hugo est l’un des chefs de file de ce mouvement et c’est muni d’une grande maturité qu’il écrivit en 1831 son recueil Les Feuilles d’automne d’où est extrait le texte à commenter. « Soleils couchants » est composé de quatre quatrains écrits en alexandrins. La nature et le lyrisme ainsi que la fuite du temps en sont les fils conducteurs auxquels nous nous intéresserons


       Tout d’abord, à travers tout le poème, la nature est omniprésente et sert de référence au poète. Cela ce montre premièrement avec le champ lexical de la nature : « mers (v.6), monts (v.6), fleuves (v.7), forets (v.8) ». Cette nature est inaccessible par le temps et est présente au moment où est écrit le poème mais également dans le futur. Les vers 9 et 10 le montrent avec l’utilisation du mot « toujours » qui est donc éternel et cela va même jusqu’au terme « rajeunissant » qui évoque clairement une analepse de la nature. De plus, l’eau qui habituellement est métaphorique du temps et même dans ce poème va, à certains moments se rebeller contre le temps. Au vers 12, le verbe « prendra » au futur et l’expression  « sans cesse » montrent bien qu’elle est aussi un éternel recommencement mais grâce aux montagnes car c’est la qu’elle va puiser le « flot » (v.12) dont elle a besoin. Cela se remarque aussi car le poème est composé de quatres quatrains donc on pourrait penser que cela évoque les quatres saisons de l’année, qui se répèteront toujours et le chiasme du vers 5 « Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule » montrent une fois de plus que le temps passe et pourrait faire penser à un cercle vicieux car celui-ci commence ou il finit et les jours sont un éternel recommencement qui, entrainant le temps avec lui, nous est nuisible.C’est également d’après le poète ce qui a fait la richesse du monde et le fait qu’il le rappelle encore au dernier vers « sans que rien manque au monde, immense et radieux » nous prouve une fois de plus que cette beauté naturelle est éternelle et témoin de toutes les époques depuis longtemps et jusqu'à la fin. La nature est donc bien présente tout au long du poème.
              Mais, le poète face à la nature éprouve un certain mal-être traduit ici par le lyrisme. Dès le premier vers, il nous le montre avec une personnification du soleil qui se couche puis au vers 3, « les vapeurs obstruées » pourraient être comparées à l’esprit du poète brouillé et sombre, manquant de joie de vivre. De plus, une certaine ponctuation est mise dans le poème pouvant laisser penser que le poète soupire et marque des pauses avec une forte utilisation des virgules comme au vers 2 : « Demain viendra l’orage, e le soir, et la nuit ; » mais également avec deux exclamations au vers 4 et 16 qui laissent penser que le poète est au plus bas et se lamente, presque comme si c’était des invocations à la nature qui elle, est éternelle et qu’il envie. Au vers 14, « je passe » nous montre que désormais, il s’abandonne, se laisse aller, et qu’il ne contrôle plus sa vie. Cela est amplifié par l’usage du verbe « refroidi » au vers 14 et qui forme une antithèse de connotation avec les termes « soleil » et « joyeux » qui évoquent de la joie et de la chaleur contre la froideur et la tristesse de « refroidi ». Pour finir, à l’avant dernier vers, les mots fatidiques « m’en irai » expliquent clairement que bientôt, il mourra et « au milieu de la fête » (vers 15) donc laissant toujours derrière lui une nature atemporelle, à laquelle, plus tôt, il se sera confié sur ses sentiments.

 

        Mais ces lamentations du poète face à une nature immobile sont évidemment dues à une fuite du temps inarrêtable. L’accumulation des verbes de mouvements « roule » (v.7), « s’enfuit » (v.4) ou encore « passe » (v.14) en sont une preuve incontestable. Le poète va même jusqu’à évoquer des verbes au futur tels que « viendra » (v.2), « s’iront » (v.11) et « passeront » (v.5). Tous ces verbes évoquent un mouvement du temps qui avance sans s’arrêter et qui continueront d’avancer dans le futur. De plus, au vers 2, l’accumulation des termes « orage », »soir » et « nuit » évoquent la fin d’une journée qui passe également. Au vers 3 et 4, l’anaphore « puis » évoque une continuité du temps qui passe en reprenant de plus belle, toujours sans s’arrêter. Pour finir, elle est renforcée par la personnification «  pas du temps qui fuit » au vers 4 qui ne laisse la plus aucun doute sur l’interprétation. Ici, la thématique de la fuite inexorable du temps est l’une des plus importantes de ce poème.
         Pour accentuer cette fuite du temps, l’eau est ici d’une grande aide et métaphorique du temps qui passe. Au vers 6 et 7, le parallélisme de construction, mis en avant par une césure à l’hémistiche à l’aide d’une virgule, compare l’eau qui passe à la nature des montagnes qui restent. Il est renforcé par l’anaphore « Sur » au début de ces deux mêmes vers qui insiste sur ce parallélisme. Il est de même répété aux vers 9 et 10 ou l’eau est mise en opposition au front des montagnes qui lui ne vieillit pas et aux bois qui restent verts. La fuite du temps est donc accentuée par l’eau, qui fait bien partie de la nature.

 

         Le lyrisme et la nature causés par une fuite inéluctable du temps sont donc ici exprimés. Le poète est bien lyrique et donc romantique mais ses sentiments sont sombres. Plus tard, vers la fin du XIXème siècle, Baudelaire donnera, avec son Spleen Baudelairien, caractérisé par une sensation de vertige créée par une image de valse, tout son sens au mal être existentiel déjà exprimé ici avec Victor Hugo et qu’il partagent tous deux.

 

Salomé N., 2nde section internationale, juin 2017.

 

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Devoir de Pierrick V. :

         Le dix-neuvième siècle symbolise pour beaucoup le début d’une grande réflexion sur une multitude de sujets par différents artistes qui à travers le Romantisme idéalisent le monde avec leur art. Victor Hugo est considéré comme l’un des plus grands romantiques français quia excellé dans les trois genres, à savoir le roman, le théâtre et la poésie. Le poème proposé, « Soleil couchants » émanant du recueil poétique, Les Feuilles d’Automne est constitué de quatre quatrains et d’alexandrins, a été écrit par Victor Hugo à l’âge de vingt neuf ans, démontrant une grande maturité pour son jeune âge. Il traite dans son poème de la flagrante opposition entre la brièveté de nos vies et de l’éternité de la nature.



          Tout d’abord, le poète crée à travers son œuvre un indéniable lien entre le temps qui passe et la mort. Il accomplit cela grâce à la métaphore qui unit le temps et l’eau, créant la sensation du temps qui coule indéfiniment comme le ferait le cours d’une rivière. Cette métaphore est formée par l’interjection entre le champ lexical de l’eau constitué de « les nuées » (v.1), « l’orage » (v.2), « des mers » (v.6) ou encore « des fleuves » (v.7) et celui lié au temps avec « la nuit » (v.2), « l’aube » (v.3), et « les jours » (v.4). Cette relation, principalement centré au début du poème, prouve la continuité du temps qui passe et qui nous coule entre les doigts. Ce fait est accentué au vers 4, avec la personnification du temps : « pas du temps qui s’enfuit » qui symbolise le temps qui nous laisse, et donc la fuite du temps.
          Effectivement, le temps avance, et avec lui le poète à l’impression de vieillir. L’éphémérité des hommes est présente dans ce poème à travers une série d’anaphores. La première est située aux vers 3 et 4, « Puis l’aube » et « Puis les nuits ». Elle est présente dans le poème pour symbolisé et accentué l’importance du temps qui passe. Et la deuxième au vers 14 et 15 avec « Je passe » et « Je m’en irai », représentant le vieillissement d’un être humain et sa mort prochaine avec « refroidi » (v.15). Cette anaphore relie les idées entres elles réaffirmant l’idée que la vie des hommes n’est pas éternelle, à cause du temps qui passe.
          De plus, Victor Hugo utilise cette métaphore liée au temps pour créer un sentiment de respect unifiant les vivants et les morts. Il accomplit cela au vers 8, « Comme un hymne confus des morts que nous aimons ». Ce vers signifie que même si nous devons tous mourir un jour, tant que nous ne le sommes pas, if fat continuer de chanter cette « hymne confus » ou dans d’autres mots, continuer de vivre nos vie le mieux possible pour honorer les morts qui eux n’ont pas le choix. Rappelant une fois de plus que la vie des hommes n’est que temporaire.



          Contrairement à la vie éphémère des hommes qui face au temps qui passe ne peuvent rien, la nature elle est une éternelle source de beauté. Effectivement, la nature ce renouvelle constamment et de ce fait, ne pâlit jamais. Cela peut être observé dans le poème à maintes reprises à travers différents cycles et répétitions. Tout d’abord, le cycle de l’eau avec « orage » (v.2), qui représente la pluie accompagné de « fleuve » (v.7) et de « mers » (v.6) symbolisant une répétition éternelle et l’afflux d’eau est source de vie. Ce cycle est suivi par celui de la journée avec « soir » et « la nuit » (v.2) « l’aube » (v.3) et finalement « jours » (v.4). Cela ajouté à la présence de quatre quatrains évoquant les quatre saisons, représente le mouvement inconditionnel de la terre autour du soleil, dans le sens que cette rotation sans fin symbolise la vie éternelle de la nature. Le dernier cycle présent dans ce poème est du à sa structure même. En effet, les rimes croisées évoquent l’alternance des jours et des nuits à travers la totalité du poème, une sensation qui est décuplé par la longueur constante des alexandrins, évoquant une fois de plus l’impérissable beauté de la nature.
          De plus, toujours centré sur une place éternelle de la nature dans le monde, les vers 6 et 7 évoquent une sensation d’immobilité. Cette sensation émane du vers précédent, avec la répétition de « passeront » qui accentue la durée du temps qui passe, encore et encore comme le ferait le vent sut les « mers » (v.6) et sur les « monts » (v.6) sans jamais faire de dégâts, réaffirmant une nouvelle fois que la nature est éternel. Comme le présente le vers 10, « Ridés et non vieillis » exposant une nature qui a traversé le temps sans jamais âgé, vu qu’elle a la capacité de rajeunir indéfiniment. En outre, une opposition est créée entre l’anaphore citée précédemment et la troisième qui est situé au vers 5 et 6, avec « Sur la face » et « Sur les fleuves ». La différence avec la précédente est que celle-ci accentue le voyage de la nature à travers le temps car elle aussi relié à la toute première anaphore située au vers 3 et 4. Décuplant le contraste entre la nature et la vie humaine.
          Cela dit, même si l’auteur lui-même ne se considère pas comme éternel, il a atteint le niveau de maturité nécessaire pour comprendre que même après sa mort son œuvre continuera à vivre. A vingt-neuf ans d’âge, il peut donc se dire que même s’il venait à mourir « rien ne manque[rait] au monde » (v.16) car d’une certaine façon, il vivrait à travers son œuvre. Cela est aussi vrai car même après sa mort, le monde continuerait à être « immense et radieux » (v.16). Une sensation accentuée par le point d’exclamation en fin de phrase. Par sa grande maturité, Victor Hugo sépare une fois encore la nature qui reste éternel et la vie humaine qui ne semble durait qu’un instant.


          Pour conclure, à travers son poème « Soleil Couchants », Victor Hugo démontre l’opposition entre éphémère vie des hommes qui en comparaison avec la nature éternelle ne dure qu’un instant. Introduisant une idée aussi vieille que les Romains, qui est le « Carpe Diem » ; ce qui signifie cueillir la fleur du jour. Ceci est un proverbe extrêmement vrai considérant la brièveté de nos vies.

Pierrick V, 2nde section internationale, juin 2017.
 


Date de création : 02/06/2017 @ 17:59
Dernière modification : 02/06/2017 @ 17:59
Catégorie : Copies d'élèves 2016/2017
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