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Copies d'élèves 2017/2018 - Ecriture d'invention romanesque 2ndes 2 et 3

Devoir à rendre à la rentrée de novembre 2017

 

Vers l'écriture d'invention (sujet de type III du bac).

 

Coefficient 3

 

Sujet (à coller sur votre feuille double) : après l'étude du GT1 (Les débuts de romans), vous rédigerez à votre tour un incipit régi par les consignes suivantes :

 

·        votre production sera de registre réaliste.

·        Elle mêlera types narratif et descriptif (vous veillerez à utiliser les outils grammaticaux et stylistiques propres à ces deux types de texte).

·        Votre incipit respectera les codes romanesques traditionnels (fonctions informative et « apéritive »).

·        Vous expliciterez la focalisation que vous aurez choisie :

1.      focalisation zéro ;

2.      focalisation interne ;

3.      alternance des deux : dans ce cas, vous signalerez le(s) changement(s) de focalisation .

·         Toute référence culturelle pertinente est valorisée.

·         Le site de Lettres du CIV propose des copies d’élèves ayant eu à traiter le même sujet, au

cours des années précédentes.

 

Devoir de Mathieu Gaillot : 

UN CAFÉ SOUS L’OCCUPATION

 

Chapitre 1 (focalisation interne)

 

Dans sa longue rêverie, le sommeil la fuyant, Constance revoyait les scènes marquantes de sa vie à Paris avec Marius, son mari : comme chaque année, au début de l’hiver, afin de préparer les fêtes de Noël, la foule se pressait au marché couvert de la Rue des Vignoles. Plaisanteries et rires fusaient joyeusement entre clients et vendeurs. Une bonne humeur générale régnait, les flaneurs et les couples d’amoureux se faufilaient dans la foule dense, les jeunes et vieux endimanchés se pressaient autour des stands. Les étals dégageaient des odeurs de friture et des fumées âcres s’échappaient des saucisses grillées. Les gens déambulaient dans la joie, oubliaient leurs soucis. La fête patronale de la Sainte-Geneviève battait son plein au son des flonflons de l’harmonie municipale.

Constance finit enfin par s’endormir avec le souvenir de ces moments heureux où son mari était encore présent.

 

La cloche sonnait six heures dans un vacarme glaçant qui la ramenait à la dure réalité d’un Noël sans amour, sans fête, sans présence et sans joie. Ce 21 décembre 1942, cela faisait maintenant un an qu’elle n’avait plus de nouvelles de son mari.

Elle se réveilla difficilement, les yeux bouffis et s’étira brièvement avant d’enfiler ses chaussons usés. En ouvrant son placard délabré, son regard se figea sur les vêtements sans âme de son mari dont elle ignorait s’il était encore vivant depuis sa dernière lettre. Elle descendit à pas lourds le vieil escalier en bois qui grinçait sous ses pieds et se rendit à la cuisine où l’attendait Cacao, son pauvre chien au pelage ébouriffé qui était allongé près du poêle. À sa vue, l’animal remua la queue et se dressa sur ses longues pattes. Constance le caressa en promenant ses doigts sur son pelage rugueux puis la chienne se recoucha de tout son long.

La jeune femme mit sa cafetière sur le feu et se dirigea vers la fenêtre. Balayant d’un coup de main les carreaux embués, elle se désolait de voir sa Rue des Vignoles, anciennement si joyeuse et le Jardin Casque d’Or abandonné au loin. Dehors, la rue avait subi le déluge durant la nuit. Le peu de voitures qui passait à toute vitesse, éclaboussait les trottoirs. Une douzaine de soldats hitlériens traversaient la Rue et le bruit de leurs bottes venait troubler sa quiétude. D’un côté de la rue, un chat errant essayait désespérément de trouver quelque nourriture dans les poubelles renversées.

Le bruit strident de la cafetière annonçait que sa boisson était prête. Elle prit place autour de la table en serrant le café chaud entre ses doigts. Tout en le dégustant, elle se mit comme à l’accoutumée, à relire les lettres que son mari lui avait écrites l’année précédente. Ce dernier lui disait qu’il allait revenir bientôt la retrouver, que la guerre franco-allemande finirait prochainement ou encore qu’il rêvait de fonder une famille. Chaque mot faisait saigner son coeur et son espoir se mêlait désormais à son désespoir. De nombreuses questions la tourmentaient : était-il toujours vivant ? Était-il blessé ? Souffrait-il ? Toutes ces interrogations sans réponses ne faisaient qu’augmenter sa douleur. Elle avait beau essayer de trouver des raisons de garder espoir, elle n'y arrivait pas. Tout lui semblait insurmontable, et surtout le chagrin. Son coeur se serrait et ses larmes roulaient à la lecture des lettres. Dans la maison, chaque objet lui rappelait son absence.

Soudain, le heurtoir de la porte retentit vivement et la fit sursauter.

 
Mathieu Gaillot, 2nde section internationale, novembre 2017.
 
***

Devoir d'Antonin S. : 

Le témoin.

 

La rame du métro entra comme d'habitude dans la station "Porte de la Villette". Les quelques usagers ne se doutaient pas que les vibrations produites par leur rame allaient réveiller Tom qui habitait  quelques mètres plus haut.

Les vibrations du plancher tirèrent le jeune homme de son profond sommeil. À chaque seconde, un étau lui serrait la tête. Sa langue râpeuse collait à son palais  trop sec. Sa gorge desséchée lui faisait mal et lui rappelait amèrement la soirée trop arrosée de la veille.

Il gisait au milieu de son appartement, la tête sur un carton de pizza. L'odeur de fromage refroidi lui remémora la "quatre saisons" partagée avec son colocataire. Ce dernier donnait encore des signes de vie de par ses ronflements lourds et un filet de bave qui coulait entre ses lèvres grasses et sa barbe de trois jours.

Tom ouvrit péniblement les yeux, les paupières encore lourdes, suite à un grand manque de sommeil. La télévision, toujours allumée, diffusait le journal de treize heures. Le grand gaillard vivait avec son colocataire dans un petit deux pièces dans le dix-neuvième arrondissement de Paris, entre l'Avenue Corentin Cariou et le Boulevard Macdonald. Leurs salaires plus que modestes, ne leur permettaient de s'offrir qu'un logement mal situé et mal meublé.

Sur l'unique table de leur logis, au milieu de la pagaille qui la couvrait, le dernier morceau de pizza focalisa l'attention de Tom. Le triangle de pâte avait été posé négligemment tout au bord de la table. Une moitié, déformée par la pesanteur, pendait mollement vers le sol. Deux lamelles de poivrons rouges semblaient y marquer l'heure. Cette vision gastronomique rappela à Tom l'exposition "Salvador Dalí" qu'il avait vue la semaine précédente et plus précisément le tableau "Les Montres Molles".

Soudain, la notion du temps le rattrapa et le souvenir flou d'un évènement important lui revint des tréfonds de sa mémoire. Tom se releva d'un coup, chose qu'il regretta aussitôt. Les lignes du sol, des murs et du plafond se mélangèrent lui soustrayant toutes ses capacités à se repérer dans l'espace.

Il tituba jusqu'à tomber dans une corbeille qui débordait de linge sale. C'est là qu'il entendit son téléphone vibrer. Il s'extirpa tant bien que mal de sa panière et se mit à déplacer fébrilement tous les objets de la pièce. 

Après un temps de recherche qui lui sembla infini, Tom trouva enfin son Nokia 3310. Avec stupeur il découvrit ses vingt quatre  appels manqués et un sms disant "Où es-tu ?? Tout le monde t'attend !!".

Focalisation zéro

 

Focalisation interne 

 

Antonin S., 2nde section internationale, novembre 2017.

 

Devoir de Nina G. : 

Alternance des deux focalisations

Focalisation zéro (texte non souligné)

Focalisation interne :       (texte souligné)

 

La pièce de théâtre

 

Il faisait doux pour un soir d’automne et les châtaigniers perdaient peu à peu leur feuillage multicolore. Dans un parc public à Paris, un jeune homme, les cheveux bruns, ébouriffés et n’ayant pas eu le temps de se coiffer, se précipitait en direction de la gare de Montparnasse. Il avait le teint mat, les yeux bleus et l’allure élancée dans son costume gris clair en flanelle. Une fois sa destination atteinte, il pouvait observer plusieurs voyageurs qui se dirigeaient vers leurs quais respectifs pendant que d’autres flânaient dans les kiosques ou prenaient une collation dans un café.

 

Pierre était terriblement en retard. Ce dernier courait, suait, était essoufflé. Il était déjà dix-sept heures et le train ne l’attendrait pas.

La chance de sa vie s’était présentée et il se devait de la saisir.

Ce jeune homme de vingt-cinq ans était né près de Paris. Jusqu’à dix-huit ans il vivait avec ses parents dans une maisonnette qui tombait en ruine. Nous pouvions y trouver des citronniers, des oliviers et des figuiers. Il avait un jeune frère qui se nommait Hugo et qui décéda à l’âge de quatorze ans. Pierre se remémorait les bons moments passés au coin du feu à faire des jeux de société en famille.

Son père était un avocat en droit des affaires et sa mère au foyer. Pierre avait fait des études de droit sans succès malgré le fait que son père soit avocat et avait souhaité que son fils reprenne son cabinet. Mais Pierre en avait décidé autrement et au contraire s’était voué à sa passion : le théâtre, et ce au grand désespoir de ses parents. Depuis tout jeune, il allait voir des pièces avec ses parents et avait une admiration pour Michel Galabru.

 

Avec un grand soupir de soulagement il entra enfin dans le bon train et fit route pour le théâtre. Il regardait le paysage défiler depuis sa fenêtre. Tout lui semblait beau, même la succession d’immeubles noircis par la pollution. Ses grands yeux brillaient d’excitation. Il avait tellement attendu cette soirée, son rêve allait enfin se réaliser.

 

 Pierre se laissait bercer par le train et petit à petit ses yeux ridés devenaient lourds. Au fond du wagon, un petit homme bourru, le visage concentré, les sourcils froncés, jouait un air de musique de violon qu’il connaissait bien : le printemps de Vivaldi. Les doigts de ce dernier s’agitaient avec une remarquable dextérité. La musique transportait Pierre dans un état de détente totale. Il frotta ses yeux fatigués afin de ne pas s’assoupir. Il devait impérativement se concentrer le soir même pour jouer dans la pièce qui était représentée au plus grand théâtre de Paris : le théâtre impérial du Chatelet. Pierre était très fier d’avoir décroché le rôle principal dans la pièce de William Shakespeare : Mac Beth. Il avait convié pour la première fois ses parents et souhaitait leur faire partager son succès. Dès lors, fierté, trac et excitation envahissaient tout son être. Mais plus rien ne pouvait arrêter cette représentation. Les invitations étaient envoyées et toutes les places étaient vendues : autant dire que la salle serait comble. 

 

Une fois le train arrivé à destination, le jeune homme se précipita dans les rues parisiennes pour rejoindre le théâtre. Arrivé à bon port, il entra dans sa modeste loge et commença à se préparer pour la représentation. Pendant qu’il regardait les taches de moisissures verdâtres qui couvraient les murs, ses yeux se posaient sur une copie d’un tableau célèbre de Renoir, les jeunes filles au piano, qui était accroché à son mur attirait son attention. Quand soudain, trois coups secs retentirent à la porte de sa loge.

 

« -Qui est-ce ? » demanda-t-il ?

« -C’est Irma. Vos parents viennent d’avoir un terrible accident de voiture ! »

 

 

Nina G., 2nde section internationale, novembre 2017.

***

Devoir d'Enzo R. : 

Focalisation choisie  : zéro + […] signifiant la présence de foc. interne.

 

         Novembre était arrivé, le froid glacial et la pluie martelant le sol Parisien avec lui. Il était actuellement sept heures trente-cinq du matin et le thermostat affichait quatre degrés ; Alys se dirigeait vers la faculté pour son cours de droit pénal. Ce qu'elle détestait par dessus le droit pénal, c'était traverser la Rue de Longchamp, toujours bondée à cette heure-ci. D'habitude, elle était une adepte du RER qui la déposait à moins d'une minute, à la gare de l'Avenue Foch mais malheureusement, ce dernier était en grève et ce depuis déjà plusieurs jours. Elle longea donc le long trottoir, fin comme un cheveu, mais empli comme le Champ de Mars un quatorze juillet. C'était un troupeau, un rassemblement sans réelle forme, des gens essayant de se rendre à leur travail, ou comme dans le cas d'Alys à l'école. [Même s'elle ne l'avouait pas, elle n'aimait pas son école, le droit n'est pas sa filière préférée mais elle continuait dans le but de combler le vide laisser dans la vie de ses parents depuis la tragique disparition de son frère, brillant étudiant en droit. Elle se disait que c'est sa dernière année et que le supplice allait s'achever.]

 

         Ce matin pluvieux de fin d’année, comme depuis l'arrivée du froid dans la capitale francilienne, elle se parait de ses pulls les plus chauds, mais ce jour-ci, ayant oublié son réveil, elle s’était habillée vite et en avait oublié même de boire son café, qu’elle ne finissait jamais, elle était plutôt thé. Ses cheveux étaient en bataille, son teint terne et ses joues rougies par le froid. Elle marchait, dans cette rue sans fin, longue, étroite et qui regorge tout types de personnages. Elle rencontrait son ancien petit-ami qui l’avait quitté quelque jours auparavant et déjà aux bras d’une nouvelle fille. Devant l’amphithéâtre, elle retrouvait son groupe dont les membres semblaient eux aussi tous fatigués à en juger par les teints ternes et pâles qu'ils affichent. Certains, dans le cas d'Alys regrettaient la faculté de droit d'autres étaient contents, ainsi va la vie.

 

         [Elle détestait pratiquement tout aujourd'hui  : son allure insipide, ses études, le temps, Paris, le vie. Elle pensait à cette rencontre, celle qui changerait son destin, ce moment où elle trouverait la pièce manquante à son bonheur. Elle se rappela que le lendemain, ce serait son anniversaire, ses vingt-quatre ans, et elle se demanda pourquoi elle n'était pas heureuse, du moins, pas comme elle l'imaginait.] Elle entrait par la grande entrée de Dauphine, majestueuse et belle à la fois. Elle arpenta les couloirs à la recherche de son amphithéâtre, se perdit et se trompa de bâtiment, elle se demanda si elle trouverait un jour sa salle quand on lui fit signe de loin, et se dirigea vers le cours de M. Bolze.

 

 

         Elle s’assit, sortit son ordinateur qui, n'avait plus de batterie, et écouta le cours lorsque quelqu'un prit la place à côté d'elle et lui parla.

Enzo R., 2nde section internationale, novembre 2017.

***

Devoir d'Ashley G. : foclaisation interne ; focalisation zéro.

                A travers les verres épais de ses lunettes, Takashi regarda autour de lui. Son studio, à présent vide, n’avait jamais semblé aussi petit. Plus rien ne restait à faire excepté donner quelques coups de balais. Cet homme d’une cinquantaine d’années s’assit péniblement contre les murs décapés. Frêle et malingre, il se croyait en surpoids alors qu’il ne dépassait pas un mètre soixante et trente-cinq kilos. De ses yeux ternis par l’âge, il remarqua que le sol, qui était une fois d’un brun sombre et profond, avait perdu tout son éclat. Toutefois, il restait encore la marque de l’emplacement de sa bibliothèque et de son bureau, où se trouvait son Macintosh tant chéri. Son regard se tourna vers la marque laissée sur le parquet par une de ses cigarettes, un des nombreux soirs où il travaillait tard la nuit. Après toutes ces années, fumer était devenu une habitude qu’il ne pouvait plus quitter, même après l’apparition de sa toux suspecte. Pour se distraire de cela, sa consommation de bière et de café ne faisait qu’augmenter, lui créant un ulcère. Mais la toux ne partirait pas. De même pour ses paquets de cigarettes, qu’il gardait toujours dans une pile de dix, orientés dans la même direction. Takashi avait pris grand soin de ranger ses modèles réduits d’avion qui décoraient les étagères massives, lui rappelant toutes ces nuits solitaires de Noël qu’il passait à les confectionner un par un avec la plus grande précision. Maintenant, ils étaient empilés dans le carton contenant tous ses gadgets Hi-Techs, en direction d’Hiroshima.

                Dehors, on pouvait voir Boston, cette si belle ville qu’il allait pourtant quitter quelques heures plus tard. Là-bas il avait passé plus de la moitié de sa vie, et pouvait trouver tous ses amis. Il y avait déménagé en 1981, après avoir refusé de reprendre l’entreprise familiale. Il se souvenait encore de lui, jeune, répétant avec arrogance qu’il entrerait dans une des plus grandes sociétés d’informatique des Etats-Unis. Il n’avait jamais pu exaucer son rêve, et s’était retrouvé dans une petite entreprise start-up qui ne comptait pas plus d’une dizaine de personnes. Alors que Takashi commençait à apprécier la société et que son parcours prenait un cours positif, la crise économique des années quatre-vingt au Japon avait détruit tout ce qu’il aimait, ainsi que l’entreprise de ses parents. Sa vie était un échec. Takashi avait brisé le cœur de ses parents, et son quotidien était rempli de dettes, de cigarettes et de café. Ses longues heures au bureau l’avaient achevé, creusant dans son visage, une fois jeune et confiant, des cernes opaques et des rides profondes. Il était au chômage, fatigué et seul. Il ne voulait pas quitter Boston, mais il n’avait pas le choix. La seule chose qu’il pouvait faire était de rentrer chez lui, au Japon auprès de son père devenu veuf, qui était la source de ses ennuis.

Takashi remonta sa manche et consulta sa montre. Les déménageurs avaient été rapides. Quarante ans de souvenirs, rangés dans quelques boîtes et transporté en seulement quarante-cinq minutes. Pendant les cinquante années passées de sa vie, il n’avait jamais trouvé de femme digne du mariage. Aucune d’entre elles ne respectaient les critères exigeants qu’il imposait. Cette femme jeune, belle, timide et attentionnée devait être une bonne cuisinière et préparer les plats de la façon régionale. Il optait pour une personne qui ressemblait à la célèbre chanteuse Akina Nakamori, mais l’ère de Madonna avait cédé face à celle du Rap, et la femme parfaite devenait rapidement un rêve longtemps perdu.

Plus que neuf heures… L’avion l’emmènerait définitivement dans sa ville natale. Debout près de la fenêtre encerclée de peinture blanche écaillée, Takashi posa pour la dernière fois son regard sur la vue familière et prit une longue bouffée de cigarette. Soudain, l’interphone sonna. Il enfila son manteau noir délavé et s’approcha de la porte d’un pas lourd.

Ashley G., 2nde section internationale, décembre 2017.

***

Devoir de Louise F. : 

              Jean était assis sur la terrasse du Cessonnais et laissait errer son regard sur la place de l'église, quasiment déserte en cette fin d'après-midi. Affalé sur un banc, un homme rondelet vêtu d'un survêtement trop petit pour lui soufflait bruyamment, tentant de reprendre son souffle après une  course le long de la rivière. Sur les marches de l'église, deux vieilles femmes discutaient avec animation. Les façades délavées et craquelées des immeubles donnaient un aspect lugubre à la placette. Le temps était morose, l'air était lourd et le ciel gris chargé de nuages annonçait des averses, si fréquentes en cette saison. Des feuilles aux teintes orangées parsemaient la place dans toute sa longueur.

                Avachi sur sa chaise, un verre de cidre à la main, il se trouvait pathétique. A trente-cinq ans à peine, son visage creusé par les cernes, sa barbe naissante et ses cheveux graisseux lui donnaient vingt ans de plus. Chômeur depuis deux jours et  veuf depuis plus de cinq ans, il se sentait lentement dépérir. Frissonnant dans l'air frais de ce mois d'octobre, il resserra son vieux manteau rapiécé dont le bleu Klein avait été terni par les années et se leva. Lentement, il déposa quelques pièces sur la table et se dirigea vers le vieux Pont. Il s'accouda à la rambarde métallique de celui-ci et se figea. Abattu et délaissé, Jean sentait qu'il ne pouvait plus continuer à vivre de cette manière. Depuis les morts consécutives de son père et de sa femme, il s'était immergé dans le travail, tentant désespérément de noyer son chagrin dans des milliers de dossiers, s'isolant du monde et de ses amis. Et voilà qu'il venait de perdre sa seule source de distraction. Licencié car l'entreprise pour laquelle il travaillait avait fait faillite... Depuis quelques années, sa vie semblait n'être qu'un long enchaînement de malheurs. La Vilaine, qu'il surplombait d'un ou deux mètres à peine, poursuivait son cours, lente et imperturbable, totalement indifférente aux problèmes de l'homme qui la contemplait.

                Il se demandait ce qu'il faisait encore ici. Maintenant qu'il se retrouvait au chômage, cette petite ville aux alentours de Rennes n'avait vraiment plus rien à lui offrir. Cesson-Sévigné avait un jour été un lieu magique, un lieu qui, alors qu'il sortait tout juste de son école d'ingénieurs, lui était apparu comme l'endroit parfait pour fonder une famille au côté de sa petite amie. Mais la ville bretonne avait perdu tout attrait depuis que l'être le plus cher à ses yeux l'avait quittée déjà cinq ans auparavant.

                La cloche sonnant cinq heures le tira de sa rêverie. Revenu à la réalité, il se redressa, quitta le pont et entreprit de traverser la place désormais déserte. Au bout de celle-ci, il s'engouffra dans la rue du calvaire dans laquelle il finit par s'arrêter sur le pas de la porte du bâtiment "2D". Il traversa le hall au pas de course, sans jeter ne serait-ce qu'un regard à sa boîte aux lettres qui arborait toujours l'inscription 'M. et Mme. Darut' ou à l'énorme miroir devant lequel elle aimait tant faire des grimaces. Trop impatient pour attendre le vieil ascenseur, il gravit les escaliers d'un pas lourd et s'arrêta au troisième étage. Arrivé devant sa porte, il introduisit sa clé dans la serrure et la tourna, ouvrant la porte dans un grincement qui résonna étrangement dans le couloir désert.

                Le petit trois pièces qu'il louait était lui aussi empli de souvenirs. Ses livres étaient partout, empilés dans le salon, dans la cuisine, dans leur chambre. Tous les livres qu'elle avait chéris, de Germinal à Orgueils et Préjugés, en passant par Frankenstein et Candide, avaient été conservés avec le plus grand soin. Son platine vinyle trônait, tout comme de son vivant, sur la table basse du salon. Il se rappelait qu'elle avait pour habitude, après une journée particulièrement épuisante, d'écouter  les albums de Sting ou de Simon & Garfunkel en boucle. Les murs étaient chargés de vieilles photographies prises durant une vie qui lui semblait désormais lointaine. Même l'énorme sofa qui occupait toute la largeur de la pièce et qu'elle avait choisi avec grand soin lui rappelait perpétuellement tout ce qu'il avait perdu.

                Cela faisait bien trop longtemps que Jean ne vivait plus dans le présent. Il avait essayé à plusieurs reprises de quitter ce petit appartement mais les souvenirs qu'il avait accumulé en ce lieu l'en avait empêché. Mais aujourd'hui il ne pouvait plus se permettre de se contenter de cette vie. Après cinq ans passés à se morfondre, il était grand temps qu'il se reprenne en main...

 

Louise F., 2nde section internationale, décembre 2017.

***

Devoir de Narjès O. : 

 

Focalisation interne et zéro

 

(Focalisation zéro)

C'était à Paris, par un matin froid du début de novembre de l'année 2015 que Kevin Dupont sortit  assez tôt  de chez-lui.

 Il faisait extrêmement froid et le vent était tempétueux. Kevin Dupont portait des souliers délabrés et un vieux manteau jaunâtre trop court pour ses longs bras. Ses yeux entourés de cernes étaient noirs, d'une profondeur intense et sa chevelure brune mal tenue cachait un front fortement ridé. Il marchait rapidement et avec maladresse puis s'arrêta par une intense fatigue devant un grand jardin nommé Le jardin des Tuileries et s'assit sur un banc.

 

En cette saison, le jardin entier était orange et les arbres dévêtus de leurs feuillages. Ces feuilles mortes voltigeaient dans tous les sens et certaines tombaient dans l'immense fontaine située au milieu de ce grand jardin. De là où il se trouvait, Kevin pouvait apercevoir le sommet de la Tour Eiffel qui était encore éclairé.

 

(Focalisation interne)

Lorsqu'il se mit à regarder le jardin, il vit une dame, plutôt enveloppée, passer. Kevin la trouva extrêmement  laide mais en même temps intéressante car elle lui évoquait quelque chose.

 

(Focalisation zéro)

Elle avait les cheveux assez blonds et courts. Ses joues tellement grosses cachaient des petits yeux marron qu'on apercevait à peine. Cette dame portait un long manteau verdâtre de fausse fourrure grise qui lui cachait les jambes. Elle tenait de sa main droite un sac à main repoussant de laideur. Il la fixa alors : elle semblait en retard. En effet, elle était toute transpirante, son maquillage qui coulait laissait apercevoir des rides profondes.

 

Après qu'elle eut disparu derrière les arbres, Kevin se leva et reprit son chemin vers son travail.

(Focalisation interne)

Il avança tête baissée dans la froideur  de la matinée en réfléchissant à cette dame : "qui pouvait-elle bien être? ". Ses yeux errant sur le trottoir de la rue de Rivoli, il essayait de se remémorer son visage qui lui paraissait familier. Soudain, il se rappela qu'il devait aller travailler. (Focalisation zéro)Il tourna alors violemment la tête et continua sa route comme si de rien n'était. Aussitôt arrivé devant son bureau, il se mit à travailler sans aucune volonté.  Plus tard, dans l'après-midi, une dame apparut devant son bureau. C'était elle, la même dame qu'il avait vue dans le jardin des Tuileries le matin même et qui semblait surgir de son passé.

 

Narjès O., 2nde section internationale, janvier 2018.

***

Devoir d' I. T. : 

Un Espoir d’Artiste
 

(Focalisation Zéro).

 

   Embrassée par le zéphyr, d’où émanait  une douce odeur vanillée, une jeune femme se tenait gauchement sur son siège en bois détérioré par l’écoulement du temps, dans le Café Guerbois par un banal après-midi d’ automne.                                                                                             

La demoiselle, prénommée Marine, se délectait d’une galette qui, sortie depuis peu du four, était refroidie.

Marine venait déjeuner au Café chaque jeudi, après avoir achevé son cours de ballet, espérant apercevoir peintres et auteurs renommés; elle aspirait  à être peinte par Degas.

Un avenir prometteur dans le domaine de la  danse était loin d'être garanti pour Marine; il se trouve qu’elle était l’opposé d’une ballerine gracieuse. Danseuse modeste, elle ne parvenait pas à transmettre d’émotions aux spectateurs- une catharsis impossible.

N’ayant jamais été svelte, elle avait aussi pris un certain poids au cours des derniers mois, conséquence de sa tendance dépressive. La demoiselle était devenue la plus pataude de sa classe.

Sa silhouette légèrement grasse, ses cheveux ternes frisés et sa figure potelée aux joues rougeaudes n’étaient pas  des emblèmes de la beauté féminine que la Princesse Eugénie de Montijo représentait pendant cette seconde moitié du XIXème siècle.

Éloignée de la réalité, Marine projetait  d’être danseuse à l’Opéra de Paris, tout comme Marie Taglioni, véritable source d’inspiration pour elle. Hélas, la fortune ne lui sourit pas bien qu’elle posséda en elle une ardeur véhémente  pour le ballet.

 

  Cependant, Marine avait une oreille musicale.

Dès son plus jeune âge, son père, musicien amateur, lui avait appris la musique et à jouer au piano en espérant qu’elle puisse un jour en faire son métier, tout comme lui l’avait tenté, mais en vain.

Les parents aisés de Marine, les Rochefort, ne s’étaient  pas abstenus de faire donner des leçons de piano privées à leur fille, qui leur avaient coûté une fortune.

   Outre ces cours, Marine avait désiré faire du ballet, un art respectable. Les Rochefort avaient toujours négligé cet apprentissage vu la somme qu’ils dépensaient dorénavant pour la musique et à cause du père exalté voulant que sa fille le suive dans ses pas et réussisse là où il avait échoué. La préférence de Marine pour le ballet avait toujours était une source de désespoir dans la famille; si elle choisissait la danse, elle gagnerait son pain péniblement.

 

Aujourd’hui son monde était bouleversé. Ses parents  la pressaient de se marier, elle qui avait à peine 20 ans et se trouvait trop jeune et frêle pour se vouer à un homme, mais aussi  d’abandonner son passe-temps enfantin et futile et se consacrer entièrement au piano-il était temps qu’elle se trouve une profession.

Son espoir se réduisait de jour en jour comme une peau de chagrin sous l’effet des menaces de ses tuteurs...

 

 

Le temps fuit.

 

(Focalisation interne).

Cela fait bien longtemps que Marine a fini son repas.

 Campé derrière son comptoir, le garçon la dévisage. Homme bossu, au nez proéminent tâtant furtivement ses francs germinal de ses doigts étiques; il n’inspire en Marine guère que du dégoût. À travers son regard il la hâte de s’en aller.                                                         

Subitement passe un vendeur de journaux frôlant Marine.

Cette dernière le retient et lui verse les quinze centimes pour le Gaulois qu’elle feuillette tout de suite-après tout, “le temps de lire, dilate le temps de vivre”. Elle tombe sur une annonce de la maison d’Opéra: “Nous recherchons une pianiste remplaçante pour les cours de ballet à l’opéra Garnier”. Envahie d’émotions douces, elle a le coeur allégé. En cet instant, le temps s'arrête net. Apaisée, comme si un fardeau qu’elle traînait lui fut ôté, elle se met a pleurer.

 

I.T.,  2nde section internationale, janvier 2018.

***

Devoir d'Alexandre B. : 

 

Focalisation O. 

Focalisation interne.

     Les pays d’Europe se battaient encore obstinément, faisant chaque jour de nouvelles atrocités pires que les précédentes… Et pourtant, Jean, lui, était paisiblement installé dans la campagne de Suède. Il avait échappé aux horreurs de la guerre de 1914 de peu en venant s’installer dans cette cage de glace sur la rue de Sockenvägen dans le comté de Skåne trois ans auparavant ; il y serait introuvable par les autorités françaises de la conscription.

   Dans cette nuit de Noël de 1917, la solitude l’emplit d’un fort sentiment de désespoir et de tristesse : il se rendit maintenant compte qu’il avait abandonné absolument tout ce qu’il avait de plus cher pour sauver sa propre misérable vie. Le ciel azur et l’horizon étaient découverts et sombres, ornés de milliers de petites lumières au loin qui éclairaient le monde de leur céleste et faible lueur, surplombant le petit village maritime d’Abbekås, fait de briques intensément rouges, et son clocher pointu dressé élégamment parmi les arbres morts. La beauté et l’extraordinarité de cette vision étaient telles que Jean se pensait dans « La Nuit Étoilée » de Vincent Van Gogh en 1889. Le chemin de boue sur lequel errait Jean était bossu, irrégulier, et même violemment fracassé par endroits, une contrainte importante pour Jean qui ressentait sa douleur dorsale revenir peu à peu, de plus en plus. Cette voie était aussi parsemée de graviers affûtés qui craquelaient sous chaque pas du vieil homme affaibli. La neige la plus blanche et pure qui n’ait jamais existé, douce à l’odeur et au toucher comme le coton d’Afrique, virevoltait dans le ciel jusqu’à atteindre le sol visqueux et souillé des champs de blé et de colza moissonnés.

    Il était vêtu d’un chapeau melon gris et d’une grosse cape noire ; son corps enveloppé par une épaisse écharpe trouée. Des rides profondes, ainsi que de longs poils grisés par l’âge et rugueux au toucher, recouvraient l’intégralité de son gras, austère et grincheux visage. Ses joues enrobées rougissaient au contact du vent glacé d’hiver et son nez déformé par les nombreux incidents de sa carrière de mineur, maintenant embaumé de l’odeur forte du foin et des restes de moissons, gelait petit à petit. Il avait les épaules larges et un dos courbé par les innombrables labeurs tout au long de sa vie pénible d’une quarantaine d’années. Son gros ventre gonflé lui donnait l’apparence d’une sorte de boule de graisse, quelque peu désagréable et laide à la vue, se traînant péniblement.

 

     Il marchait lentement vers sa maison située quelques mètres plus loin seulement, ses genoux se dépliant et se repliant avec peine à chaque pas qu’il faisait dans ce froid mortel. Jean la vit enfin à travers le fin brouillard, dissimulée entre quelques arbres sans vie et sans couleur. Elle était disproportionnée, avec un toit hors de forme qui s’écroulait et s’écrasait sous le poids de la neige sans merci au fil du temps. Cet amas chaotique de planches de bois de cèdre abîmées, une bougie scintillant de l’intérieur à travers la minuscule fenêtre, était donc l’habitation qui était propre à Jean. Malgré le rude hiver, il ressentit une sensation de chaleur envahir son corps tout entier à cette vue si charmante pour lui. Il ressentit de la joie de nouveau. Alors, il commença à sautiller et à frémir gaiement sur le sentier comme un enfant et marcha plus vite encore. Dans le silence muet de la nuit obscure, Jean arrivait donc toujours à se concentrer sur de bons souvenirs, faisant abstraction des calamités qui avaient encore lieu en France a ses chers camarades… Là-bas, dans son habitation frêle ensevelie sous le long manteau blanc de décembre, il pouvait peut-être encore espérer reconstruire un bon avenir, c’était son endroit chéri qui lui donnait tant d’espoir pour un jour, peut-être, revoir sa femme et reprendre une vie comme autrefois… Et c’est alors qu’en arrivant, il aperçut une lettre mystérieuse cachetée d’un sceau rouge sang et posée délicatement sur la devanture de sa maison : elle était signée Marie Delacroix.

Alexandre B.,  2nde section internationale, janvier 2018.

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Devoir de Tony P. : 

Focalisation zéro.

Une légère brise fraîche caressa sa nuque lorsqu’il sortit de son appartement du seizième arrondissement dans la cour intérieure de son immeuble. Pierre s’échappait enfin de ce vieux bâtiment au style rococo qui empestait d’une odeur de bois moisi. Il se dirigea donc vers la rue Benjamin Franklin sur sa droite afin d’accéder aux jardins du Trocadéro qui le conduira à son lieu de travail. Il marchait donc d’un pas assuré, bousculant hommes et femmes qui étaient sur son chemin. C’était un jour de novembre 1951 où les passants étaient emmitouflés dans de multiples couches de manteaux et pulls afin de résister au froid glacial de cette période de l’année. On faisait attention à ne pas glisser sur le verglas discret mais sournois qui couvrait les trottoirs sales de Paris. Les klaxons incessants des voitures exaspéraient les piétons et une odeur nauséabonde et fétide émanait des bouches d’égout environnantes. Une foule dense sortait d’un cinéma dont la façade affichait en grandes lettres le nom du dernier film à l’affiche : Le Poison, de Sacha Guitry.

Après avoir évité une Coccinelle qui faillit le percuter, Pierre entra dans les jardins privés de leur couleur verte d’été. Ces jardins, il les connaissait bien, sa nourrice le promenait dans ce lieu public depuis sa tendre enfance. Issu d’une famille de la haute bourgeoisie parisienne très aisée, Pierre fut toujours choyé, gâté, trop gâté, à défaut de recevoir une éducation propre au milieu auquel il appartenait. Plus que médiocre à l’école, sa famille avait toujours réussi à trouver un moyen pour le faire passer de classe en classe et après des études supérieures catastrophiques, ses parents lui trouvèrent un poste de conseiller dans une des plus célèbres banques de France. Son manque de savoir-faire et sa sottise lui avait forgé une réputation désastreuse dans tout le milieu bourgeois parisien.

Pierre marchait alors dans les jardins lorsqu’il croisa une vieille dame courbée par le poids des multiples sacs qu’elle portait. Elle avançait lentement et avec difficulté à travers le parc en haletant fortement. En passant à coté de Pierre, elle s’arrêta, essoufflée, et lui lança un pauvre regard désespéré comme un appel à l’aide afin qu’il la soulage en transportant ses paquets. Pierre la remarqua à peine et insensible, la dévisagea avec dédain et supériorité puis continua à marcher droit, laissant la vieille dame choquée par tant d’impolitesse et de mépris. Il continua son chemin vers l’autre extrémité du parc de sa démarche nonchalante.

Vêtu d’un costume noir austère, d’une cravate mal nouée et tenant un journal coincé sous son bras, il portait une grosse mallette en cuir. Ses yeux noisette inexpressifs et son nez crochu faisaient ressortir le teint rougeaud de son visage bouffi. Son ventre imposant donnait à sa large silhouette une allure affaissée. Malgré son physique désavantageux, aucune ride n‘apparaissait sur son visage laid ce qui trahissait son âge d’une trentaine d’années. Sur son costume trop petit pour lui, un badge indiquait son nom : « Pierre Guimbaut ». Il était fier de son rang et le montrait d’ailleurs en dénigrant toute autre personne d’une classe sociale plus basse que la sienne. Pierre, imbu de lui-même et fier de sa fortune héritée de ses parents, toisait les passants d’un regard hautain.

 

L’homme sortit enfin des jardins et prit la rue Fresnel pour accéder à la banque où il travaillait. Parvenu devant le bâtiment, il poussa la porte mais elle ne s’ouvrit pas. Etonné, il réessaya plusieurs fois avant d’abandonner et recula devant la façade de l’immeuble. Pierre remarqua alors une affiche collée sur celle-ci. Il resta bouche-bée et relut plusieurs fois les cinq mots qui résonnaient dans sa tête : « FERME POUR CAUSE DE FAILLITE ».

Tony P.,  2nde section internationale, janvier 2018.

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Devoir de Marin B. : 

  La voiture était  emprisonnée dans son habituel course vers Sophia-Antipolis, elle  était coincée dans le creux de la route des Macarons. L'immense chenille métallique ne cessait jamais de s’allonger, de faire briller son corps au reflet du soleil. L’un de ces segments de la chenille était  un vieille voiture cabossée, elle était censée être noire, mais la boue marron, voire rougeâtre prenait le dessus. Dedans se trouvait Alain, les cheveux en bataille, les yeux à moitié ouvert; il écoutait la radio avec son père.Nicolas Demorand venais juste d’annoncer qu’il était sept heure cinquante quand le quinquagénaire s'arrêta pour déposer son fils au carrefour de la Farigoule.

  Après quelques secondes il se réveilla, il vit le reflet de son visage sur le miroir du cache soleil, qui ne tenait miraculeusement. Il ne se trouvait pas franchement beau, ces cheveux était une vrai catastrophe, c’est comme si un séquoia lui avait poussé sur la tête et qu'on y ai mis feu. Son visage était terriblement pâle comme celui de Mina Harker après la visite du sanguinaire Conte Dracula. Après s’être étudié dans le petit miroir plein de traces de doigts, il ouvrit la porte et fit une sorte de grimace pour dire, “à plus tard,” et son père l’imita. Ce n’était pas un sourire, même si cela y ressemblait fortement.  Les deux ne voulaient pas dire la même chose, leur grimace voulait dire “bonne chance.”

 Car derrière sa barbe de deux jours et sa calvitie naissante, se cache un homme qui souffre de la crise de la cinquantaine, qui passe la plupart de son temps dans les bouchons et qui essaye de trouver une solution pour payer ses impôts.

  Il claqua la porte, et se mit à descendre sur la place, tout en inclinant sa tête vers le bas pour cacher sa partie inférieure de son visage du froid matinale. Ses chaussures couinaient  sur les bouts de bétons craquelé par les racines des pains. C’était le chemin au lycée, celui qu’il prenait tous les matins et qu’il allait prendre encore trois ans. Il arriva à la place, et se donna le temps de prendre un café pour débuter la journée. La place était plutôt simple, il y avait un arbre incrusté dans un cylindre qui faisait office de banc, à son pied reposait les feuilles jaunes de l’automne et les déchets du déjeuner des lycéens. Un escalier muni de dalles orangeâtres menait à des bureaux où les travailleurs se plaignaient de l’odeur de cannabis des jeunes qui se retrouvaient dans ces escaliers pour pratiquer leur passe temps illicite. Mais les employées n’osaient pas dire que des souvenirs de jeunesse revenaient  à chaque fois qu’ils inhumaient cette odeur. Mais les étudiants s’en contrefichent et envahissent la place de mégots, tout en se disant que c’est la vie. Le Tabac du coin, lui, était devenu une mine d’or, préfèrent vendre leur poisson aux mineurs en se remplissant les poches que de respecter la loi, compréhensible peut être, sachant qu’une cigarette coûte plus qu’un litre de lait.

  Il termina  son café et marcha vers le lycée, dans la descente se trouvait une soixantaine de lycéens tous avec une cigarette à la main, au-dessus de leurs têtes s'élevait un nuage, c’était le gaz issu de l'incinération de leurs poumons; ils étaient des allumettes sur pieds, tous se croyaient plus populaire et attractif avec un bout de feuille au bout de leurs lèvres. Alain détestait cette odeur, il n'en voyait pas l'utilité, il compara sa à se cisailler les veines une par une avant une mort lente et âpre. Devant lui se trouvait une jeune fille qui marchait devant lui. Il regarda ses  cheveux blonds se balancer de gauche à droite, elle portait un pull bleu qui lui était trop grand. Son jean lui au contraire été très moulant et mettait en valeur son bas du dos. Il décida de passer boire une gorgée d'eau pour laver le goût du café présent dans sa bouche. Pour cela il fallait aller aux toilettes, et subir cette odeur digne du gaz à moutarde, il pourrait y avoir des fontaines à eau à l'extérieur, mais comment, quand la seul motivation de devenir délégué est de pouvoir l'écrire dans son dossier.

  Alain arriva à sa salle de classe, la porte était déjà fermée, il frappa et ouvrit la porte. Derrière se trouva une classe d'une trentaine d élève. La salle été dans un état macabre, elle été en pleine décomposition. Les murs qui avaient été blancs cinquante ans auparavant étaient crasseux et même trouées par compas et ciseaux, tout comme les chaises et bureaux tatouées par de jeunes graffeurs. On pouvait lire sur un bureau la date de quand à été fait le dessin, “ 11/03/84.” Le tableau été recouvert de traces de feutres mal effacés, on pouvait lire, “11 octobre 2017,” écrite d'une main tremblante. Devant se trouvait la professeure, Mme M'ajouter et la fille du chemin. La professeure était vieille et laide, ses rides lui fit panser aux jardins sec japonais fraîchement ratissé. Ses yeux été renfermés, sous le poids de ses paupières tombantes, elle s'adressa à lui avec sa voix aiguë et nasillarde.

  -Toi non plus t'es pas passé prendre ton mot de retard ?

Il n'avait pas très bien écouté, il été entrain de regarder la fille mais elle été toujours de dos. Il hocha la tête sans trop savoir ce que cela allait avoir comme conséquence. Elle lui répondit alors avec une voix qui lui fit froid dans le dos.

  -Eh bas bravo, bon moi je ne veux pas de vous. Vous êtes viré !

Il trouva cela disproportionné pour cinq minutes de retard, la jeune fille se retourna et ouvrit la porte et s'en alla, Alain lui emboîta le pas sans savoir que faire. Mais la jeune fille se retourna et demanda.

  -Alors, tu veux faire quoi ?

Tony P.,  2nde section internationale, janvier 2018.

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Devoir de Marin B. : 

  La voiture était  emprisonnée dans son habituel course vers Sophia-Antipolis, elle  était coincée dans le creux de la route des Macarons. L'immense chenille métallique ne cessait jamais de s’allonger, de faire briller son corps au reflet du soleil. L’un de ces segments de la chenille était  un vieille voiture cabossée, elle était censée être noire, mais la boue marron, voire rougeâtre prenait le dessus. Dedans se trouvait Alain, les cheveux en bataille, les yeux à moitié ouvert; il écoutait la radio avec son père.Nicolas Demorand venais juste d’annoncer qu’il était sept heure cinquante quand le quinquagénaire s'arrêta pour déposer son fils au carrefour de la Farigoule.

  Après quelques secondes il se réveilla, il vit le reflet de son visage sur le miroir du cache soleil, qui ne tenait miraculeusement. Il ne se trouvait pas franchement beau, ces cheveux était une vrai catastrophe, c’est comme si un séquoia lui avait poussé sur la tête et qu'on y ai mis feu. Son visage était terriblement pâle comme celui de Mina Harker après la visite du sanguinaire Conte Dracula. Après s’être étudié dans le petit miroir plein de traces de doigts, il ouvrit la porte et fit une sorte de grimace pour dire, “à plus tard,” et son père l’imita. Ce n’était pas un sourire, même si cela y ressemblait fortement.  Les deux ne voulaient pas dire la même chose, leur grimace voulait dire “bonne chance.”

 Car derrière sa barbe de deux jours et sa calvitie naissante, se cache un homme qui souffre de la crise de la cinquantaine, qui passe la plupart de son temps dans les bouchons et qui essaye de trouver une solution pour payer ses impôts.

  Il claqua la porte, et se mit à descendre sur la place, tout en inclinant sa tête vers le bas pour cacher sa partie inférieure de son visage du froid matinale. Ses chaussures couinaient  sur les bouts de bétons craquelé par les racines des pains. C’était le chemin au lycée, celui qu’il prenait tous les matins et qu’il allait prendre encore trois ans. Il arriva à la place, et se donna le temps de prendre un café pour débuter la journée. La place était plutôt simple, il y avait un arbre incrusté dans un cylindre qui faisait office de banc, à son pied reposait les feuilles jaunes de l’automne et les déchets du déjeuner des lycéens. Un escalier muni de dalles orangeâtres menait à des bureaux où les travailleurs se plaignaient de l’odeur de cannabis des jeunes qui se retrouvaient dans ces escaliers pour pratiquer leur passe temps illicite. Mais les employées n’osaient pas dire que des souvenirs de jeunesse revenaient  à chaque fois qu’ils inhumaient cette odeur. Mais les étudiants s’en contrefichent et envahissent la place de mégots, tout en se disant que c’est la vie. Le Tabac du coin, lui, était devenu une mine d’or, préfèrent vendre leur poisson aux mineurs en se remplissant les poches que de respecter la loi, compréhensible peut être, sachant qu’une cigarette coûte plus qu’un litre de lait.

  Il termina  son café et marcha vers le lycée, dans la descente se trouvait une soixantaine de lycéens tous avec une cigarette à la main, au-dessus de leurs têtes s'élevait un nuage, c’était le gaz issu de l'incinération de leurs poumons; ils étaient des allumettes sur pieds, tous se croyaient plus populaire et attractif avec un bout de feuille au bout de leurs lèvres. Alain détestait cette odeur, il n'en voyait pas l'utilité, il compara sa à se cisailler les veines une par une avant une mort lente et âpre. Devant lui se trouvait une jeune fille qui marchait devant lui. Il regarda ses  cheveux blonds se balancer de gauche à droite, elle portait un pull bleu qui lui était trop grand. Son jean lui au contraire été très moulant et mettait en valeur son bas du dos. Il décida de passer boire une gorgée d'eau pour laver le goût du café présent dans sa bouche. Pour cela il fallait aller aux toilettes, et subir cette odeur digne du gaz à moutarde, il pourrait y avoir des fontaines à eau à l'extérieur, mais comment, quand la seul motivation de devenir délégué est de pouvoir l'écrire dans son dossier.

  Alain arriva à sa salle de classe, la porte était déjà fermée, il frappa et ouvrit la porte. Derrière se trouva une classe d'une trentaine d élève. La salle été dans un état macabre, elle été en pleine décomposition. Les murs qui avaient été blancs cinquante ans auparavant étaient crasseux et même trouées par compas et ciseaux, tout comme les chaises et bureaux tatouées par de jeunes graffeurs. On pouvait lire sur un bureau la date de quand à été fait le dessin, “ 11/03/84.” Le tableau été recouvert de traces de feutres mal effacés, on pouvait lire, “11 octobre 2017,” écrite d'une main tremblante. Devant se trouvait la professeure, Mme M'ajouter et la fille du chemin. La professeure était vieille et laide, ses rides lui fit panser aux jardins sec japonais fraîchement ratissé. Ses yeux été renfermés, sous le poids de ses paupières tombantes, elle s'adressa à lui avec sa voix aiguë et nasillarde.

  -Toi non plus t'es pas passé prendre ton mot de retard ?

Il n'avait pas très bien écouté, il été entrain de regarder la fille mais elle été toujours de dos. Il hocha la tête sans trop savoir ce que cela allait avoir comme conséquence. Elle lui répondit alors avec une voix qui lui fit froid dans le dos.

  -Eh bas bravo, bon moi je ne veux pas de vous. Vous êtes viré !

Il trouva cela disproportionné pour cinq minutes de retard, la jeune fille se retourna et ouvrit la porte et s'en alla, Alain lui emboîta le pas sans savoir que faire. Mais la jeune fille se retourna et demanda.

  -Alors, tu veux faire quoi ?

Marin B.,  2nde section internationale, janvier 2018.

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Devoir d' Hannah P. : focalisation interne.

Elle marchait le regard perdu, essayant de s’habituer à ce nouveau paysage. Elle ne regardait pas vraiment où elle allait et se perdit dans les rues de cette ville, dans laquelle elle avait emménagé avec son mari, choisi par ses parents et plus âgé qu’elle d’une trentaine d’années. Il était issu d’une famille ouvrière de Meaux, il n’était pas particulièrement beau et n’essayait même pas de lui plaire. Tandis qu’elle pensait à ses vingt ans et sa vie déjà triste, elle lut les panneaux devant lesquels elle passait, essayant de se repérer ; « rue du Dr Plicot », « rue du maréchal Joffre » et elle continua ainsi perdue dans Fère-Champenoise.

Errant ainsi, Elise pensait à sa vie, son métier, ses rêves et désespérait petit à petit. Le samedi, à la différence des autres jours de la semaine, elle ne travaillait que le matin de six heures à treize heures, chez sa maîtresse Madame De Lacour. Ce jour-là elle faisait uniquement la cuisine pour Madame et sa famille, ce qui lui permettait de faire le ménage et préparer ses repas chez elle pour la semaine à venir. Ce qu’elle avait décidé de ne pas faire ce samedi-là, parce que Jacques était à la maison, et elle ne voulait pas le voir. Elle ressentait une peur inexpliquée face à son mari, et évitait le plus souvent possible de se trouver seule avec lui. Ils n’arrivaient pas à communiquer, le mutisme de Jaques l’effrayait.

Elle s’assit sur un banc près de la Vaure et attendit que les secondes s’écoulent. Elle observait les allers et venues des gens dans cette ville nouvelle pour elle, vers les théâtres, les prestigieux restaurants qu’elle ne pourrait jamais s’offrir. Elle voyait de loin l’affiche du théâtre montrant La dame aux camélias jouée par Sarah Bernhardt, l’actrice quelle chérissait par-dessus toutes et vit les acteurs qui fumaient derrière le théâtre avant la représentation. Elle aurait tellement aimé être comme cette actrice, Sarah Bernhardt, rien qu’une soirée, pour pouvoir monter sur scène. Elle en rêvait depuis son plus jeune âge. Dès qu’elle le pouvait, elle s’imaginait en représentation, être le personnage principal admiré, envié et désiré par des metteurs en scène du monde entier. La nuit tombait, le froid et l’humidité se faisaient ressentir. Elle vit de belles dames raffinées au bras de jeunes hommes bien habillés et fiers de leur compagnie. Les visages rayonnants de joie étaient enviés par Élise qui, ne voyant plus le temps passer, observait, passionnée et envieuse les vies de ces gens qui sortaient le soir. La brise glaciale se retrouvait piégé entre sa fine peau pâle et sa veste d’automne qui ne convenait pas à cette température hivernale. Sa bouche qui était naturellement rosée devenait bleutée à chaque minute passée dans le froid. Son chapeau ne cachait ni ses jolis cheveux blonds délicatement bouclés, ni ses grands yeux verts en forme d’amande ourlés de longs cils noirs. Ses joues qui d’habitude étaient légèrement roses rougissaient avec le froid.

 

Elise ne pouvait détacher son regard du théâtre ni des beaux acteurs autour. Elle se sentait dévisagée depuis un certain moment déjà, quand elle entendit des pas s’approcher d’elle, et se retourna. Un homme dans sa trentaine habillé avec une toilette sobre et raffinée et sentant une eau de Cologne coûteuse l’aborda. Il se présenta en tant que metteur en scène de La dame aux camélias. Il l’avait trouvée ravissante et voulait l’emmener avec lui à Paris pour la prochaine représentation. 

Hannah P.,  2nde section internationale, février 2018.


Date de création : 26/11/2017 @ 17:09
Dernière modification : 11/02/2018 @ 10:57
Catégorie : Copies d'élèves 2017/2018
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