Texte à méditer :  

LE SITE DE LETTRES DU CIV

 

    c


A savoir...

Fermer EAF 2017

Fermer Ecrire pour la planète

Fermer FLE

Fermer FLS

Fermer Lectures conseillées

Fermer Les parcours d'oeuvres intégrales

Fermer Petite bibliothèque personnelle (hors grands classiques)

Fermer Remerciements

Fermer Ressources numériques

Productions d'élèves

Fermer Aventures fabuleuses de la Méditerranée

Fermer Chevaliers dans la bataille

Fermer Chevaliers et dragons

Fermer Contes de la rue Mistral

Fermer Contes à dormir debout

Fermer Copies d'élèves (2005/2006)

Fermer Copies d'élèves (2006/2007)

Fermer Copies d'élèves (2007/2008)

Fermer Copies d'élèves 2008/2009

Fermer Copies d'élèves 2009/2010

Fermer Copies d'élèves 2010/2011

Fermer Copies d'élèves 2011/2012

Fermer Copies d'élèves 2012/2013

Fermer Copies d'élèves 2013/2014

Fermer Copies d'élèves 2014/2015

Fermer Copies d'élèves 2015/2016

Fermer Copies d'élèves 2016/2017

Fermer Copies d'élèves 2017/2018

Fermer Histoires d'Ulysse

Fermer Incipit (classe de 3ème)

Fermer Préparation (2006/2007)

Fermer Préparations (2007/2008)

Fermer Préparations 2008/2009

Fermer Préparations 2009/2010.

Fermer Préparations 2010/2011

Fermer Préparations 2011/2012

Fermer Préparations 2012/2013

Webmaster - Infos
Recherche



Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

Connexion

Se reconnecter
---

Votre nom (ou pseudo) :

Votre mot de passe :


 Nombre de membres 2 membres


Connectés :

( personne )

Webmaster - Infos
Retour

retour.gif

Copies d'élèves 2017/2018 - Commentaire 2nde 2

 

2nde 2                                                                                                                                   Vendredi 16 mars 2018

 

DS : commentaire.

 

Vous ferez le commentaire du texte ci-dessous.

 

 

Alphonse de Lamartine (1790-1869), « Les Voiles », poème publié en 1873 dans Œuvre posthume.

 

                      LES VOILES

Quand j'étais jeune et fier et que j'ouvrais mes ailes,
Les ailes de mon âme à tous les vents des mers,
Les voiles emportaient ma pensée avec elles,
Et mes rêves flottaient sur tous les flots amers.

Je voyais dans ce vague où l'horizon se noie
Surgir tout verdoyants de pampre1et de jasmin
Des continents de vie et des îles de joie
Où la gloire et l'amour m'appelaient de la main.

J'enviais chaque nef2qui blanchissait l'écume,
Heureuse d'aspirer au rivage inconnu,
Et maintenant, assis au bord du cap qui fume,
J'ai traversé ces flots et j'en suis revenu.

Et j'aime encor ces mers autrefois tant aimées,
Non plus comme le champ de mes rêves chéris,
Mais comme un champ de mort où mes ailes semées
De moi-même partout me montrent les débris.

Cet écueil me brisa, ce bord surgit funeste,
Ma fortune3sombra dans ce calme trompeur ;
La foudre ici sur moi tomba de l'arc céleste
Et chacun de ces flots roule un peu de mon cœur.


                                                                     Ischia4, 1844, septembre.

1. Pampre : branche, rameau de vigne portant des feuilles et des grappes de raisin.
2. Nef (nom féminin) : navire.
3. Ma fortune : mon destin, mon sort, ma vie.
4. Ischia : île de la baie de Naples.

 

Devoir d’Ashley G. :

 

                Le Romantisme fut le mouvement littéraire dominant de la première moitié du XIXème siècle. En effet, cette période a connu de nombreuses révolutions, de changements sur le plan politique avec la Monarchie de Juillet, la Restauration, les deux empires, mais aussi sur le plan économique avec la Révolution Industrielle. Le Romantisme, dont les principales thématiques sont le lyrisme, l’amour et l’expression du « Moi » fut propagé par Alphonse de Lamartine grâce à son recueil Les Méditations Poétiques. Lamartine a rédigé d’autres poèmes, certes moins connus, comme « Les Voiles » (1844) issu des Œuvres Posthumes. Ce poème de cinq quatrains composés d’alexandrins compare la jeunesse du poète, autrefois heureuse et pleine de vitalité, à la dure réalité du présent, alors que le poète souffre de cette nostalgie. En effet, « Les Voiles » est axé sur le lyrisme illustré à travers la nature exotique ainsi que la fuite du temps.

 

                Tout d’abord, le lyrisme est omniprésent dans le poème. Les pronoms « J’ » (v.1), « je » (v.5), « mon » (v.2) et « ma » (v.18) indique clairement l’expression du « Moi » typique de Romantisme. Au début du poème, c’est-à-dire des vers un à dix, le poète, Lamartine, décrit les souvenirs de sa jeunesse grâce à un ton appréciatif. En effet, il est décrit comme étant « fier » (v.1), ayant de nombreux « rêves » (v.8), « la gloire et l’amour » (v.8) lui appelant de la main. On est donc présenté à un lyrisme heureux.
                Cependant, exactement au milieu du poème (au onzième vers), le poète revient à la dure réalité, fracturant le poème en deux de manière abrupte. Cela illustre à quel point il est difficile pour Lamartine de faire face à ce présent malheureux. On remarque que les seules césures dans « Les Voiles » se situent aussi dans cette seconde moitié. « Et maintenant, assis au bord du cap qui fume » (v.11) est le premier vers qui introduit ce présent douloureux. Cette première césure marque l’anéantissement de Lamartine face à la dure réalité qui contraste tellement avec son passé lumineux. Les noms comme « mort » (v.15), placés stratégiquement à la césure à l’hémistiche, ainsi que « débris » (v.16) et « funeste » (v.17) situés à la rime indiquent clairement la tristesse du poète. Au vers vingt, Lamartine explique que chaque flot participe à son souvenir « Et chacun de ces flots roule un peu de mon cœur ». Ici, le nom « chacun » semble accentuer cette sensation de souffrance auprès du poète puisque chaque flot lui fait regretter son passé heureux, exprimant une douleur lancinante et permanente. Nous pouvons aussi noter une allitération en [m] composé par les mots « âme » et « mers » (v.2), « comme », « mort », « mes » et « semées » au vers quinze, qui peut illustrer la plainte du poète face à sa douleur. Ainsi, le lyrisme douloureux remplace le lyrisme heureux à partir du onzième vers.
                Enfin, la nature est étroitement liée aux émotions de Lamartine. On en déduit qu’elle est un paysage état-d ’âme comme le suggèrent les champs lexicaux suivants. Dans la première moitié du poème, on repère « verdoyants », « pampre » et « jasmin » au vers six, signe de vitalité. De la même manière, « continents de vie et des îles de joies » (v.7) évoque aussi le bonheur. De plus, on parle d’une nature exotique puisque le poème a été rédigé à « Ischia ». L’exotisme, étant souvent connoté positivement, pourrait représenter le départ d’une nouvelle vie, le voyage et la vitalité ainsi que la jeunesse. En revanche, lorsque le poète devient mélancolique dans la seconde partie du poème, la nature est laissée en « fume » (v.11) et on parle de « foudre » (v.19) dont la connotation est négative. La nature suit donc l’évolution des sentiments de Lamartine.

 

                Si le poète est malheureux, c’est à cause du temps qui a passé, rendant la jeunesse qu’il décrit, un souvenir lointain. La fuite du temps est ainsi une thématique aussi importante que le lyrisme et la nature. La fuite du temps est premièrement repérable grâce au temps des verbes employés dans « Les Voiles ». Nous pouvons retrouver des verbes à l’imparfait avec « étais » (v.1), « emportaient » (v.3) et « enviais » (v.9), ainsi que du présent « j’aime » (v.13), « montrent » (v.16) et du passé simple « brisa » (v.17) et « sombra » (v.18). Les rimes croisées du poème gardent une structure constante en ne changeant pas d’ordre, restants fluides et donnant un aspect monotone au poème. Cela pourrait éventuellement être représentatif du temps qui passe à une même cadence sans s’arrêter.
                Cette fuite du temps est, de plus, accentuée stylistiquement. Les allitérations en [v] : « voiles » (v.3), « rêves » (v.4), « vie » (v.7), « revenu » (v.12), et en [f] : « fier » (v.1), « fume » (v.11), « foudre » (v.19), sont mimiques du temps qui s’écoule de la même manière que l’eau. L’eau et le temps sont en effet très souvent associé l’un à l’autre puisque le temps nous file entre les doigts comme de l’eau, et ne peut jamais retourner à sa source. Pour cette raison, le champ lexical de l’eau est aussi très présent avec « mers » (v.2), « flots » (v.4), « vague » (v.5) qui participent aussi à cette sensation du temps qui s’écoule. Pour finir, au vers dix-neuf, Lamartine explique que « La foudre ici sur moi [Lamartine] tomba de l’arc céleste ». La foudre étant métaphorique de l’impact puissant du temps sur nos vie, ce vers donne une impression que l’arc céleste qui peut aussi être associé à Dieu, destine ce sort non-pas seulement à Lamartine, mais à tout le monde. La fuite du temps est alors décrite comme inévitable et inexorable.

 

                Les Voiles regroupe les principales thématiques du Romantisme à savoir la nature, le lyrisme et la fuite du temps. En, effet, la fuite du temps est le motif du regret d’un passé lumineux, aussi appelé le registre élégiaque, qui est traduit à travers la nature environnante. Les œuvres de Lamartine ont inspiré de nombreux auteurs qui feront aussi partie du Romantisme dont notamment Victor Hugo. Cependant, le Romantisme sera aussi la base du fondement d’un nouveau mouvement littéraire qui apparaîtra plus tard dans l’histoire littéraire, le Symbolisme, qui partage des thématiques très similaires.

 

Ashley G., 2nde section internationale, avril 2018.

 

***

Devoir d’Antonin S. :

 

 

                Le XIXème siècle fut une période de grands changements politiques, économiques et historiques. De ces grands bouleversements naquirent de nouveau mouvements littéraires tels que le Romantisme, le Naturalisme, le Réalisme ou encore le Symbolisme. Alphonse de Lamartine est reconnu pour être un des chefs de file du mouvement romantique. C'est un auteur ayant beaucoup voyagé. L'œuvre ici étudié est tirée de l'ouvrage de ses poèmes retrouvés après sa mort en 1869 et publié sous le nom d'Œuvre posthume en 1873. Cette œuvre est un poème composé de cinq quatrains constitués eux-mêmes d'alexandrins en rimes croisées. Il s'intitule "Les Voiles" et il a été écrit en septembre 1844 à Ischia. Le poème est axé dans un premier temps sur le regret d'un passé radieux puis, dans un second temps, sur un présent douloureux du aux vestiges du passé.

 

            Tout d'abord, dès le premier vers, nous pouvons observer le regret du passé quand Lamartine "était jeune et fier" (v.1). L'auteur continue sur sa lancée quand il écrit "j'ouvrais […] les ailes de mon âme à tous les vents des mers" (v.1-2), métaphore qui symbolise son esprit aventureux révolu, désireux d'explorer le monde. Ce passé remplit de rêves d'exploration et d'exotisme, est intensifié par un champ lexical marin présent au vers 2, "vents des mers", au vers 3, "voiles", au vers 4 et 20, "flots" ou encore au vers 9, avec "nefs" et "écumes".
            De plus, il ne s'agit pas de n'importe quel passé puisqu'il est décrit comme radieux. En effet, il est décrit au vers 7 "des continents de vie et des îles de joie" et au vers 8 "Où la gloire et l'amour m'appelaient de la main" qui sont respectivement une personnification et une allégorie. Une assonance en [a], toujours au vers 8, vient intensifier cette vision miraculeuse de part sa sonorité douce ("la, "l'amour", "m'appelaient"). Pour couronner le tout, une synesthésie est présente dans la deuxième strophe. Tout les sens humains y sont mélangés comme l'ouïe, ("m'appelaient v.8), l'odorat ("jasmin" v.6), la vue ("tout verdoyants"), le goût ("pampre" v.6) ou encore le toucher ("main" v.8). Cela crée une vision paradisiaque, ce qui résulte en un souvenir du passé idéalisé.

 


          Le regret d'un passé illuminé peut souvent conduire à un présent douleureux, fade et hanté par une époque heureuse révolue comme c'est le dans ce poème. En autre, dès le début de la deuxième moitié du poème (vers 11 à 20) nous pouvons assister à un retour au présent en lisant les mots "Et maintenant" (v.11). L'auteur est "assis au bord du cap" (v.11) signe de banalité, observant le "cap qui fume" (v.11). Cela pourrait être interprété comme une métaphore symbolisant la fumée des bateaux à moteur et l'ancien vieux marin qui les regardent partir au loin avec ses souvenirs de sa jeunesse. Au vers 12, l'auteur raconte qu'il a "traversé ces flots" et qu'il en est "revenu". Cela souligne qu'il ne peut pas repartir, coincé à ne plus jamais repartir sur les flots ce qui est une vérité douloureuse à admettre pour lui.
            Dans un second temps, lors de la lecture de la sonde moitié du poème, il suffit de lire "ces mers autrefois tant aimées" (v.13) ici comparé à  "un champ de mort" (v.15) pour penser aux vestiges d'un champ de guerre après une bataille. Un autre mécanisme très intéressant sont les rimes de la quatrième strophe. On peut y lire que "autrefois tant aimées" (v.13) rimes avec "ailes semées" (v.15) symbolisant des souvenirs perdus et éparpillés. Toujours à la quatrième strophe, "rêves chéris"(v.14) rimes avec "débris" (v.16) symbolisant des rêves détruit dont il ne reste que des miettes. Au derniers vers du poème, Lamartine écrit "ces flots roule un peu de mon cœur" (v.20), évoquant que même s'il a eu un amour fort, qui est maintenant perdu, ses souvenirs resteront avec lui jusqu'à sa mort.

 

                À travers ce poème, Lamartine arrive parfaitement à exprimer sa nostalgie d'une époque heureuse révolue tout en racontant son mal de vivre due au présent fade et inintéressant, hanté par les vestiges d'un passé idéalisé. Le mouvement qui succèdera celui du Romantisme est le Réalisme qui se concentrera uniquement sur la partie plate et monotone de la vie avec de grands écrivains tels que Balzac ou Flaubert.

 

Antonin S., 2nde section internationale, avril 2018.

 

 

***

 

Devoir de Gaillot Mathieu :

 

 

         Le XIXème siècle fut marqué par de nombreux changements politiques, sociaux et culturels. Il verra naître entre autres le Romantisme, mouvement poétique dominant durant la première moitié du XIXème siècle. Il s’esquisse par la revendication de la singularité de chaque individu et une volonté accrue des poètes de faire partager leurs expériences personnelles. Alphonse de Lamartine, poète français est considéré comme chef de file de ce mouvement. Il est principalement connu pour son oeuvre Méditations poétiques mais aussi pour le poème « Les Voiles » qui est le texte à étudier. Ce poème est publié dans le recueil Oeuvre Posthume en 1873. « Les Voiles » est un poème composé de cinq quatrains, rédigés en alexandrins et en rimes croisées. Ce poème fait référence à la mélancolie liée au souvenir de Lamartine lorsqu’il repense à son voyage en bateau certainement pour les Indes. Il est axé sur le lyrisme et la nature liée à la fuite inexorable du temps.

 

         Tout d’abord, le poète nous fait part de ses sentiments tout en les reliant à la nature. « Les Voiles » est un poème très traditionnel par sa forme et par son contenu. Le titre est construit sur une synecdoque qui désigne les voiles du bateau avec lequel il va traverser la mer. Le poème s’ouvre sur le souvenir avec la phrase « Quand j’étais jeune et fier » qui nous fait penser au début d’une histoire chargée de mélancolie. La mélancolie de sa jeunesse où il a voyagé fait pleinement partie du registre lyrique. Lamartine exprime des sentiments intimes comme le prouve l’utilisation récurrente de la première personne du singulier : vers 1 : « Quand j’étais », vers 2 : « mon âme » ou vers 3 : « ma pensée ». Le poète exprime aussi des sentiments intenses comme le démontre le champ lexical de l’amour aux vers 13 : « j’aime » et « tant aimées », vers 14 « champ de mes rêves chéris ». Les césures à l’hémistiche et les alexandrins donnent aussi son registre lyrique au texte. Il y a aussi présence d’hyperboles comme « brisa » (vers 17) ou « sombra » (vers 18) et d’anaphores d’insistance comme aux vers 1 et 2 « ailes » et « ailes de mon âme ». Les termes importants sont placés à des endroits stratégiques du poème, ce qui permet une fois de plus d’insister sur certains mots. Par exemple, aux vers 13 et 14, les mots « aimées » et « chéris » sont placés à la rîme. L’alternance de rimes masculines et féminines, comme aux rimes de la strophe 1 : « ailes », « mers », « elles », « amers » renforce le lyrisme amoureux. L’antithèse « je » et « elles » (vers 3) Accentue l’impression d’échec. Le lyrisme est donc un thème omniprésent dans « Les Voiles ».
         De plus, la nature a une place capitale dans le poème car c’est à travers celle-ci que Lamartine exprime ses sentiments. La nature dans le poème est représentée par la mer donc nous retrouvons ce champ lexical. Les « vents de la mer », les « voiles » (vers 3), les « flots » (vers 4),… sont donc omniprésents dans le poème et constituent un thème essentiel. La mer est personnifiée et joue un rôle de témoin vis-à-vis de l’époque heureuse passée de l’auteur. Comme une femme, les mers sont « aimées » (vers 13) et les continents sont pleins de « vie » (vers 7) et les « iles de joie » (vers 7). Le paysage constitue un paysage état d’âme, c’est-à-dire qu’il reflète mes émotions du poète. « Mes rêves flottaient sur tous les flots amers », « les îles de joie » illustrent le tempérament du poète. Ces extraits illustrent parfaitement le goût de l’étranger qu’exprime le poète. L’exotisme est donc un des thèmes majeurs évoqués dans « Les Voiles ». Cependant, la joie des « îles de joie » est vite assombrie par une métaphore du désespoir au vers 5 : « l’horizon se noie ». Cette phrase placée à un endroit stratégique du poème, la rime illustre le sentiment d’échec lié à la terrible noyade. Le poète « enviait » (vers 9) donc chaque nef en quête du « rivage inconnu » (vers 10). La nature permet au poète d’exprimer ses sentiments et joue un rôle d’échappatoire.

 

           En outre, les sentiments du poète reflétés par la nature finiront par être emportés par la fuite inexorable et irréversible du temps. Le déroulement du poème nous fait effectivement penser à cette avancée du temps par son évolution. En effet, « Les Voiles » commence par « Quand j’étais jeune et fier » ce qui fait de prime abord penser à une époque heureuse. Nous apprenons que Lamartine nous raconte son histoire après cette époque car il utilise le passé « j’étais ». Vers la fin du poème, le ton change et devient beaucoup plus dépréciatif : « brisa » (vers 17), « funeste » (vers 17), « sombra » (vers 18) et « foudre » (vers 19). Ces mots font aussi partis du champ lexical de la mort. Les vagues déferlent vers un « rivage inconnu » (vers 10), tout comme le temps passé.
        De même, le champ lexical de l’eau « mers » (vers 2), « flots (vers 4), « écume » (vers 9) est mis en parallèle avec le champ lexical du temps « pensée » (vers 3), « autrefois » (vers 13) pour créer parfois un champ lexical métaphorique du temps qui passe : « l'horizon se noie » (vers 5),… Les allitérations en[l]à la strophe 1 : « ailes » (vers 1), « les » (vers 2), « voiles » (vers 3),… renforcent l’idée de liquidité et de fluidité de l’eau. De même, il existe toujours à la même strophe une allitération en [m]: « mes » (vers 1), « mon » (vers 2), « âme » (vers 2),… Ce son donne une impression de ressassement éternel du souvenir heureux. Les verbes de mouvement tels que « emportaient » (vers 3), « flottaient » (vers 4), « surgit » (vers 17),… donnent son glissement à l’eau et donne donc son glissement au temps. L’élément liquide est directement mis en relation par le poète à la fuite du temps.
         De plus, le poète exprime une volonté d'arrêter le temps. Le champ lexical de l’envie dans la strophe 3 aux vers 9 et 10 par exemple est présent (« j’enviais », « aspirer ») pour exprimer les aspirations du poète. Il apprécie cette quête des nefs vers un « rivage inconnu » et les envie. Lamartine est heureux dans le passé car il utilise les temps du passé : « j’étais jeune et fier » (vers 1), « mes rêves flottaient » (vers 4),… En revanche, le poète est malheureux dans le présent où il utilise le présent aux vers 14-15 : « un champ de mort où mes ailes semées de moi-même partout me montrent les débris ». Le souvenir des moments « aimé[.]s » (vers 13) et « chéris » (vers 14) est perpétuellement ressassé. Ce poème se rapproche donc de l’élégie qui est une sous-catégorie du registre lyrique. L’élégie est la mélancolie, la nostalgie par rapport à une époque heureuse mais passée, perdue. Il y a donc superposition de deux temporalités différentes. Le poète subit donc la fuite du temps et à travers le poème émet une sorte de supplique.
        Enfin, Épicure, philosophe de l’Antiquité nous propose une vision intéressante pour lutter contre la fuite du temps. Pour lutter contre la fuite du temps, il faut profiter de l’instant présent. Horace nous apporte la métaphore suivante : « Carpe Diem » (« Cueillir le jour »). Ronsard au XVIème siècle et les Romantiques au XIXème siècle ont recours de façon récurrente au « Carpe Diem » dans leurs œuvres. La solution d’Epicure parait donc une solution intéressante pour lutter contre la fuite du temps. Lamartine tente lui aussi de faire durer le souvenir car il « aime encor » (vers 13) les mers.

 

        

 

         En conclusion, le lyrisme et la nature et la fuite du temps sont des thèmes caractéristiques du poème « Les Voiles » et récurrents dans la poésie de Lamartine. Grâce à son style novateur, Lamartine fut un poète emblématique du Romantisme. Son œuvre sera admirée et inspirera de nombreux autres auteurs romantiques comme Victor Hugo, François-René de Chateaubriand ou Alfred de Vigny.

 

 

Gaillot Mathieu., 2nde section internationale, avril 2018.

***

Devoir de Louise F. : 

         Le XIXème siècle a vu de très nombreux changements, aussi bien sur le plan social que sur le plan politique et économique. En effet, marqué par différents régimes mais également par de grandes avancées, celui-ci a notamment été témoin du développement du Romantisme en France, un mouvement littéraire et artistique se caractérisant par la mise en avant de sentiments intenses et personnels (l’expression du moi). Alphonse de Lamartine, poète emblématique de ce mouvement et auteur célèbre des Méditations Poétiques publié en 1820, est l’auteur du poème « Les Voiles », à commenter aujourd’hui. Celui-ci, extrait d’Œuvre posthume (1873), est composé de cinq quatrains, est rédigé en alexandrins et suit un schéma de rimes croisées. Le lyrisme projeté sur la nature ainsi que la fuite inexorable du temps dont il découle sont les deux axes principaux de ce poème.

 

 

 

           En premier lieu, il est possible d’observer, à travers ce poème, une présence extrêmement récurrente de la première personne du singulier (« j’étais » (v.1), « mon » (v.2), « je » (v.5), « j’ai » (v.12), « moi-même » (v.16) et « me » (v.18)), marque claire de l’expression de sentiments personnels qui caractérise le lyrisme. De plus, le poète exprime, tout au long du poème, des émotions intenses explicitées par un champ lexical de la joie et du bonheur omniprésent (« aimées » (v.13), « rêves chéris »(v.14), « céleste » (v.20), « cœur » (v.21), « îles de joie » (v.7), « heureuse » (v.10) et « l’amour » (v.8), tous d’autant plus mis en valeur par leur place stratégique dans le vers (respectivement à la rime, à l’attaque et à la césure à l’hémistiche)). A ce champ lexical vient s’ajouter le mot « J’enviais », un sentiment intense doublement mis en valeur par sa place à l’attaque et la diérèse qui le marque et qui rappelle encore une fois le lyrisme qui définit ce poème. Finalement, les alexandrins utilisés par Lamartine sont tout à fait propices à l’expression des puissantes émotions qui caractérisent le lyrisme omniprésent dans ce texte.

          En second lieu, il va s’agir de démontrer la présence de la nature, autre thématique clé du Romantisme, dans ce poème. Tout d’abord, il est intéressant de noter que Lamartine en fait un véritable paysage état d’âme qui reflète tour à tour sa joie enfantine mais passée et sa mélancolie ainsi que sa tristesse présente. Ainsi, dans les trois premières strophes du poème, la nature est décrite comme verdoyante et resplendissante (« verdoyants de pampre et de jasmin » (v.6), « continents de vie » (v.7) et « blanchissait l’écume » (v.10)), deux caractéristiques qui s’allient parfaitement à l’état d’esprit enfantin et heureux du poète au commencement de sa vie. En revanche, la nature des deux dernières strophes semble déchaînée et funeste, comme le démontre par exemple la comparaison « Et j’aime encor ces mers autrefois tant aimées, […] Mais comme un champ de mort » aux vers 13, 14 et 15, qui rapproche la mer autrefois porteuse de tous les espoirs du poète à un champ de mort parsemé de débris. Cette impression de désespoir est renforcée par le champ lexical macabre (« champ de mort » (v.15), « débris » (v.16), « brisa » et « funeste » (v.18), « sombra » (v.19) et « foudre » (v.20)) qui caractérise la fin du poème. Enfin, Lamartine accentue d’autant plus la place accordée ici à la nature puisqu’il lui ajoute une dimension exotique et inconnue en insérant notamment plusieurs références au voyage et à la découverte de nouveaux horizons avec « l’horizon » (v.5), « continents de vie » (v.7) ou encore « rivage inconnu » (v.10), qui pourraient être des références à l’exotisme, une fascination des auteurs romantiques pour les pays ainsi que les peuples éloignés. Cette impression est renforcée par le fait que le poème lui-même, a été rédigé à Ischia, une île italienne située dans le golfe de Naples. Le poète fait donc bien usage de la nature pour expliciter ses sentiments à travers son poème, qu’ils soient heureux et enfantins ou nostalgiques et marqués par les malheurs de la vie, ce qui démontre clairement la place capitale qu’occupe la nature dans ce poème.

 

 

 

             Si Lamartine projette un lyrisme omniprésent sur une nature tour à tour resplendissante et déchaînée c’est parce que le temps lui a inexorablement échappé et qu’il regrette désormais la lointaine époque de sa jeunesse. En effet, entre le commencement de sa vie, clairement décrit par les trois premières strophes du poème, et sa fin, représentée par les deux dernières, le temps s’est écoulé. Ce phénomène est facilement reconnaissable tout au long du poème grâce à plusieurs procédés stylistiques et grammaticaux employés par le poète. Ainsi, le poème semble regorger de verbes de mouvements tels que « emportaient » (v.8), « flottaient » (v.12), « m’appelaient » (v.8), « j’ai traversé » (v.12), « sombra » (v.19) et « tomba » (v.20), ce qui semble accentuer la rapide et inexorable fuite du temps présente tout au long du poème. Celle-ci est également mise en valeur par l’alternance de plusieurs temporalités telles que le présent (« j’aime » (v.13) et « montrent » (v.16)), l’imparfait (« emportaient » (v.3) et « voyais » (v.5)) ou encore le passé simple (« brisa » (v.18) et « sombra » (v.19)), qui renforce d’autant plus l’impression que le temps a passé. Enfin, l’allitération en [s] qui semble être omniprésente dans ce poème (« pensée » (v.3), « sur » (v.4), « jasmin » (v.6), « assis » (v.11), « semées » (v.15), « funeste » (v.18) et « céleste » (v.20)) imite le glissement inéluctable du temps, démontrant encore une fois l’importance accordée par le poète à la fuite du temps dans « Les Voiles ».

                Finalement, il est possible d’identifier dans ce poème le registre élégiaque qui se caractérise notamment par le regret d’une époque heureuse mais perdue. En effet, il est tout d’abord repérable grâce à plusieurs oppositions temporelles telles que « Et maintenant » au vers 11 qui s’oppose à « Et […] autrefois » au vers 13 ou à «J’ai traversé […] et j’en suis revenu », toutes deux accentuées par la conjonction de coordination « et » et mettant clairement en valeur la séparation entre la jeunesse heureuse du poète et son présent nostalgique. De plus, il est clair, tout au long du poème, que Lamartine exprime le regret qu’il ressent vis à vis de sa jeunesse perdue, un sentiment explicité par ses rêves détruits (« Mais comme un champ de mort où mes ailes semées / De moi-même partout me montrent les débris » (v.15 et 16)) mais surtout par le dernier vers du poème « Et chacun de ces flots roule un peu de mon cœur ». Celui-ci pourrait traduire le fait que Lamartine se retrouve désormais en fin de vie et désespéré, avec seulement quelques joyeux souvenirs de jeunesse. Le registre élégiaque et la mélancolie qui le caractérise sont donc bien présents dans le poème « Les Voiles » d’Alphonse de Lamartine.

 

 

 

             Le poème « Les Voiles » d’Alphonse de Lamartine est un texte typiquement romantique dans lequel on retrouve deux aspects capitaux de ce mouvement littéraire : l’inexorable fuite du temps qui entraîne la projection du lyrisme sur une nature faisant office de paysage état d’âme. Ces deux thèmes seront également des caractéristiques essentielles du Symbolisme, un mouvement littéraire similaire au Romantisme qui se développera à la fin du XIXème siècle et se démarquera notamment par l’abstraction et la suggestion. Les poètes clés de ce mouvement tels que Verlaine, Rimbaud ou encore Baudelaire useront ainsi des thèmes caractéristiques du Romantisme en y ajoutant une dimension spirituelle qui enrichira encore la poésie française.

 

 

Louise F., 2nde section internationale, mai 2018.

***

Devoir de Cameron H. : 

            Le XIXème siècle fut une époque de grands changements politiques, économiques et historiques dû à la révolution industrielle . De nouveaux mouvements littéraires émergent tel que le naturalisme et le réalisme . Cependant, le mouvement dominant de la 1ère partie du XIXème est le romantisme, mouvement principale d’Alphonse de Lamartine se caractérisant par l’expression des sentiments intimes du poète, prenant désormais le dessus sur la raison, se manifestant par l’expression du moi. La poésie est le moyen pour Lamartine de pouvoir exprimer ses joies, ses peines, ses déceptions amoureuses, souvent relatés dans son œuvre principale, Méditations poétiques . Bien que ce recueil fut un de ses plus grands succès, Alphonse de Lamartine continua toute sa vie à écrire ne pouvant plus s’en passer, à tel point que certaines de ses œuvres fut découvertes et publiées après sa mort comme « les Voiles », poème publié en 1873 dans Œuvre posthume. Ce poème est composé de cinq quatrains écrits en alexandrins. Le poète exprime, à travers son œuvre, sa tristesse et sa nostalgie symbolisé par une nature morte dû à une époque heureuse mais passé.

 

 

                A travers ce poème, Lamartine exprime la tristesse qu’il ressentait à ce moment de sa vie par l’expression du moi. Cela est démontré par l’emploi de la 1ère personne du singulier  « je » répété à plusieurs reprises aux vers 1,5,9,12 et 13, tout comme il répète plusieurs fois des déterminants possessifs « mes » ; « mon » ; « ma » aux vers 2,3,14,15,18 et 20. On comprends donc une réelle nécessité du poète d’exprimer ce qu’il ressent. Pour ça , il utilise des mots à connotations sombre comme les mots « non » au vers 14 ; « mort » au vers 15 ; « débris » au vers 16 ou bien encore « funeste » ou « écueil » au vers 17. Tout ces mots démontre la peine du poète qui l’amène dans une dépression renforcée par les hyperboles « brisa » et « funeste » aux vers 17 et 19. Cela créé au lecteur une empathie envers le poète. De plus, lorsque les « ailes »(vers 1) du poète qui symbolise  la naiveté, la joie de vivre , esprit d’aventure sont dites « semées » au vers 15, on comprend que désormais Lamartine n’a plus cette joie de vivre. Maintenant la mélancolie domine cette bonne humeur qu’il pouvait autrefois ressentir.

            Ces sentiments sont symbolisés durant l’intégralité du poème par une nature triste et agressive. Il emploie des hyperboles tel que « champs de morts » au vers 13 ou bien « foudre » vers 19. La nature brisée et morte représente ici son état d’âme. De plus, on observe aussi au vers 19 que la « foudre » qui sur lui « tomba de l’arc céleste » crée une verticalité descendante qui lui permet de s’associer au ciel et donc au monde des morts et reflète sa mélancolie . On observe aussi une opposition entre le début du poème ou la nature est verdoyante, pleine de vie que Lamartine exprime avec les mots « verdoyant » ; « pampre » et « jasmin » au vers 6 et la fin ou la nature ne semble être plus que « foudre » ; « champ de mort » et « débris » aux vers 19 ;15 et 16. Il associe aussi le « cap » (vers 11)ou entre autre l’eau au feu ‘l’ennemi’ de l’eau et qui détruit et brûle au contraire de l’eau qui symbolise la vitalité car elle est essentielle à la vie ; le fait que ce « cap » fume décris son passé et ses moments heureux qui s’envole comme la fumée. Le poète est donc en pleine phase de dépression et de tristesse autour d’un paysage état d’âme .



 

 

          Cette tristesse du poète est dû à un passé heureux qui est à présent terminé. En effet on observe une forme de dualité durant tout le poème entre ce passé heureux et le présent désormais sombre et triste : Dans la première partie du poème , Lamartine décris une sa jeunesse sur les flots, une jeunesse et heureuse. Cette gaitée se ressent par l’emploi d’un vocabulaire a connotation positive tel que « jeune » et « fier » au vers 1, « joie » et « vie » au vers 7 ou bien « gloire » et « amour » au vers 8. Effectivement ? à cette époque de sa vie, Lamartine vivait sur l’eau et voyageait sans cesse à la recherche de  « continents de vie et des îles de joies » ( vers 7), et d’exotisme. Cela donnerait l’impression que c’est ce sentiment de voyager et de découvrir de nouveaux endroits qui lui manque et qui expliquerait ce regret du passé. Les adjectifs sont toujours employés à deux pour rappeler cette dualité .Tout ce vocabulaire donne un ton appréciatif au poème tout comme les assonances en [e] aux vers 1 et 4 : « j’étais jeune et fier » ou bien « mes rêves flottaient » qui donne aussi une douceur au poème. Le fait que son esprit s’envole avec les voiles démontre une certaine légèreté dans  l’esprit du jeune poète sentiments qui est retransmis lorsqu’il explique que ses « rêves flottaient ». Il se sent bien, confortable. Tout cela démontre l’ancienne joie de vivre du poète  et son bonheur étant jeune qui va donc influencer cet poème élégiaque qu’il écrira donc en 1844.

       A contrario de la première partie du poème, la seconde partie est pleine de négativité ce qui va créer un contraste entre le début et la fin un peu comme le début et la fin de sa vie.

         Une fois de plus l’idée de la dualité du poème est une fois encore observable avec la comparaison du passé au présent. Dès le premier vers, le poète exprime cette dualité avec sa structure en utilisant des rimes croisées et des césures à l’hémistiche qui scinde donc tout les  vers en 2. Tous sauf le onzième vers , le vers centré au milieu. La césure est à la quatrième syllabe ce qui crée une accélération dans le débit de la voix qui renvoit à l’idée du temps  passé trop vite. Le « et » au onzième vers permet de faire la comparaison entre la première moitié du poème qui  représente le passé heureux et la deuxième partie qui décris un présent douloureux.

 

 

 

                Alphonse de Lamartine parait donc être submergé par la tristesse et la nostalgie, toujours associé à la nature, qui le plonge dans une profonde dépression : il vécu une jeunesse tellement heureuse que le fait qu’elle soit désormais finit le peine. Ses sentiments semblent être seulement dévoilé dans ce poème et donc enterrera avec lui toute cette peine sans que personne n’en soit au courant. Cette œuvre sera cependant découverte et publié après sa mort. Il laisse donc une œuvre riche à l’humanité qui  sera donc traité en conséquence.

 

Cameron H., 2nde section internationale, mai 2018.


Date de création : 01/05/2018 @ 17:04
Dernière modification : 31/05/2018 @ 16:52
Catégorie : Copies d'élèves 2017/2018
Page lue 78 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article


^ Haut ^