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Copies d'élèves 2017/2018 - Question de corpus 2nde 2.

2nde                                                  Séquence n°4 : Le héros et le genre théâtral

Objet d'étude : La tragédie et la comédie au XVIIème siècle : le Classicisme

Problématique : Le héros face au déchirement tragique

Corpus :       

·         extrait d’Horace (acte IV, scène 5, vers 1278 à 1318), de CORNEILLE (1640).

·         Britannicus (1669), de Racine (extrait) : acte II, scène 6, vers 707 à 742.

·         Phèdre (II ; 5, vers 671 à 711) de RACINE (1677).

 

 

1.       Extrait d’Horace (acte IV, scène 5, vers 1278 à 1318), de CORNEILLE (1640).

 


Camille.
Donne-moi donc, barbare, un coeur comme le tien ;
Et si tu veux enfin que je t'ouvre mon âme,
Rends-moi mon Curiace, ou laisse agir ma flamme :
Ma joie et mes douleurs dépendaient de son sort ;
Je l'adorais vivant, et je le pleure mort.
Ne cherche plus ta soeur où tu l'avais laissée ;
Tu ne revois en moi qu'une amante offensée,
Qui comme une furie attachée à tes pas,
Te veut incessamment reprocher son trépas.
Tigre altéré de sang, qui me défends les larmes,
Qui veux que dans sa mort je trouve encor des charmes,
Et que jusques au ciel élevant tes exploits,
Moi-même je le tue une seconde fois !
Puissent tant de malheurs accompagner ta vie,
Que tu tombes au point de me porter envie ;
Et toi, bientôt souiller par quelque lâcheté
Cette gloire si chère à ta brutalité !

Horace.
Ô ciel ! Qui vit jamais une pareille rage !
Crois-tu donc que je sois insensible à l'outrage,
Que je souffre en mon sang ce mortel déshonneur ?
Aime, aime cette mort qui fait notre bonheur,
Et préfère du moins au souvenir d'un homme
Ce que doit ta naissance aux intérêts de Rome.

Camille.
Rome, l'unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d'immoler mon amant !
Rome qui t'a vu naître, et que ton coeur adore !
Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore !
Puissent tous ses voisins ensemble conjurés
Saper ses fondements encor mal assurés !
Et si ce n'est assez de toute l'Italie,
Que l'orient contre elle à l'occident s'allie ;
Que cent peuples unis des bouts de l'univers
Passent pour la détruire et les monts et les mers !
Qu'elle-même sur soi renverse ses murailles,
Et de ses propres mains déchire ses entrailles !
Que le courroux du ciel allumé par mes voeux
Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux !
Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre,
Voir ses maisons en cendre, et tes lauriers en poudre,  
Voir le dernier Romain à son dernier soupir,
Moi seule en être cause, et mourir de plaisir !

 

 

2.       Britannicus (1669), de Racine (extrait) : acte II, scène 6, vers 707 à 742.

 

 

Britannicus

Vous ne me dites rien ? Quel accueil ! Quelle glace !

Est-ce ainsi que vos yeux consolent ma disgrâce ?

Parlez : nous sommes seuls. Notre ennemi trompé

Tandis que je vous parle est ailleurs occupé.

Ménageons les moments de cette heureuse absence.

 

Junie

Vous êtes en des lieux tout pleins de sa puissance.

Ces murs mêmes, Seigneur, peuvent avoir des yeux,

Et jamais l'empereur n'est absent de ces lieux.

 

Britannicus

Et depuis quand, Madame, êtes-vous si craintive ?

Quoi ? déjà votre amour souffre qu'on le captive ?

Qu'est devenu ce coeur qui me jurait toujours

De faire à Néron même envier nos amours ?

Mais bannissez, Madame, une inutile crainte.

La foi dans tous les coeurs n'est pas encore éteinte ;

Chacun semble des yeux approuver mon courroux,

La mère de Néron se déclare pour nous,

Rome, de sa conduite elle−même offensée...

 

Junie

 

Ah ! Seigneur, vous parlez contre votre pensée.

Vous−même, vous m'avez avoué mille fois

Que Rome le louait d'une commune voix ;

Toujours à sa vertu vous rendiez quelque hommage.

Sans doute la douleur vous dicte ce langage.

 

Britannicus

Ce discours me surprend, il le faut avouer.

Je ne vous cherchais pas pour l'entendre louer.

Quoi ? pour vous confier la douleur qui m'accable,

A peine je dérobe un moment favorable,

Et ce moment si cher, Madame, est consumé

A louer l'ennemi dont je suis opprimé ?

Qui vous rend à vous−même, en un jour, si contraire ?

Quoi ! même vos regards ont appris à se taire ?

Que vois-je ? Vous craignez de rencontrer mes yeux ?

Néron vous plairait-il ? Vous serais-je odieux ?

Ah ! si je le croyais... Au nom des dieux, Madame,

Eclaircissez le trouble où vous jetez mon âme.

Parlez. Ne suis-je plus dans votre souvenir ?

 

Junie

Retirez-vous, Seigneur ; l'empereur va venir.

 

 

 

3.  Phèdre (II ; 5, vers 671 à 711) de RACINE (XVIIème siècle).

 

 

On a annoncé la mort de Thésée, roi d’Athènes et époux de Phèdre. Celle-ci a demandé un entretien à son beau-fils Hippolyte, au cours duquel elle veut lui recommander son jeune fils, qui peut devenir le nouveau souverain. Mais Phèdre, aveuglée par sa passion, va oublier sa démarche et avouer son amour à Hippolyte.

 

PHEDRE

Ah ! cruel, tu m'as trop entendue.

Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.

Hé bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur.

J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,

Innocente à mes yeux je m'approuve moi-même,

Ni que du fol amour qui trouble ma raison

Ma lâche complaisance ait nourri le poison.

Objet infortuné des vengeances célestes,

Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes.

Les Dieux m'en sont témoins, ces Dieux qui dans mon flanc

Ont allumé le feu fatal à tout mon sang,

Ces Dieux qui se sont fait une gloire cruelle

De séduire le coeur d'une faible mortelle.

Toi-même en ton esprit rappelle le passé.

C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé.

J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine.

Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.

De quoi m'ont profité mes inutiles soins ?

Tu me haïssais plus, je ne t'aimais pas moins.

Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
J'ai langui, j'ai séché, dans les feux, dans les larmes.
Il suffit de tes yeux pour t'en persuader,
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder.
Que dis-je ? Cet aveu que je te viens de faire,
Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?
Tremblante pour un fils que je n'osais trahir,
Je te venais prier de ne le point haïr.
Faibles projets d'un coeur trop plein de ce qu'il aime !
Hélas ! je ne t'ai pu parler que de toi-même.
Venge-toi, punis-moi d'un odieux amour.
Digne fils du héros qui t'a donné le jour,
Délivre l'univers d'un monstre qui t'irrite.
La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper.
Voilà mon coeur. C'est là que ta main doit frapper.
Impatient déjà d'expier son offense,
Au-devant de ton bras je le sens qui s'avance.
Frappe. Ou si tu le crois indigne de tes coups,
Si ta haine m'envie un supplice si doux,
Ou si d'un sang trop vil ta main serait trempée,
Au défaut de ton bras prête-moi ton épée.
Donne.

 

 

QUESTION : vous étudierez le registre tragique dans le corpus proposé.

 

Devoir d’Ashley G. :

Le corpus proposé est composé de trois extraits de tragédies classiques dont Horace (acte IV, scène 5, v.1278 à 1318) de Corneille en 1640, Phèdre (acte II, scène 5, v.671 à 711) et Britannicus (acte II, scène 6, v.707 à 742) toutes les deux rédigées par Racine. Appartenant au mouvement littéraire du Classicisme, ces textes ont pour cadre l’Antiquité : Phèdre en Grèce, puis Britannicus et Horace à Rome. On remarque très rapidement que ces trois textes ont un point en commun, un registre tragique exprimé à travers plusieurs figures de style, qui résulte d’un déchirement entre devoir et passion et de la fatalité.

L’expression du registre tragique résulte d’un conflit entre le devoir et la passion, provoquant un déchirement. Dans Horace, Camille, incarnant la passion, et Horace, représentant le devoir, sont en conflit. Phèdre, subit un déchirement interne puisque son devoir de belle mère et de reine l’empêche d’aimer son beau-fils Hippolyte. Enfin, dans Britannicus, on empêche Junie d’exprimer sa passion pour Britannicus pour qu’il ne soit pas exécuté, en lui disant qu’elle ne l’aime plus. Le contexte de ces trois extraits est donc une première représentation plus directe de ce déchirement. Cependant celui-ci est aussi représenté stylistiquement dans les passages proposés. En effet, les nombreuses antithèses comme « dans sa mort je trouve encor des charmes » (v.21, Horace), « Aime, aime cette mort qui fait notre bonheur » (v.21, Horace), tout comme les mouvements contraires entre la culpabilité et l’aveu dans Phèdre, « Ne pense pas qu’au moment que je t’aime, / Innocente à mes yeux je m’approuve moi-même » (v.4), « ose aimer » (v.33), « odieux amour » (v.30) illustrent clairement cette idée de déchirement dans ces trois textes.

                En plus de ce déchirement, la fatalité renforce aussi le registre tragique. De ce fait, on observe une allitération en [f] qui met en évidence cette fatalité dans Horace et Phèdre : « flamme » (v.3, Horace), « feux » (v.37, Horace), « fureur » (v.3, Phèdre), « faible » (v.13, Phèdre). On retrouve aussi de nombreuses allusions aux Dieux, qui sont souvent associés à la fatalité : « courroux du ciel » (v.36, Horace), « vengeances célestes » (v.8, Phèdre), « Dieux » (v.10 et 12, Phèdre). Le thème de la fatalité dans Horace et Phèdre est donc très présent. En revanche, on remarque que les Dieux ne sont jamais mentionnés dans l’extrait de Britannicus, passage qui pourtant décrit un lieu de pouvoir absolu en utilisant des mots rimant avec Dieu comme « yeux » (v.7) et « lieux » (v.6 et 8). Connaissant le contexte de l’histoire dans lequel s’inscrit notre extrait, on pourrait en déduire que Junie essaye d’éviter un destin tragique, c’est-à-dire la mort de son amant. Cependant, Britannicus n’échappera pas à son destin et enclenche un processus fatal et inévitable en attaquant l’empereur Néron sur le plan sentimental et politique : « De faire à Néron même envier nos amours » (v.12), « Notre ennemi trompé » (v.3). On remarque que Phèdre fait aussi de même en avouant son amour pour Hippolyte et Camille en lançant une imprécation « Moi seule en être la cause, et mourir de plaisir ! » (v.41). Cette prise de risque de la part des personnages provoque ainsi un destin tragique pour eux, qui comme le déchirement, résulte en l’expression du registre tragique.

                Ainsi, le déchirement entre la passion et le devoir tout comme la fatalité ont une influence conséquente sur le registre tragique traduit stylistiquement dans le corpus proposé. On peut premièrement remarquer que les trois textes sont en présence abondante de ponctuation, notamment de points d’exclamations et d’interrogations : « Quoi ? » (v.10, Britannicus), « Que vois-je ? » (v.31, Britannicus) « assurés ! » (v.29, Horace), « Hippolyte ! » (v.33, Phèdre) Cela qui peuvent illustrer le désarroi des personnages face à la fatalité et au déchirement entre passion et devoir et ainsi créer un registre tragique. En fait, celui-ci est tellement puissant qu’il va même engendrer un nouveau registre, le registre pathétique, grâce à l’usage de plusieurs interjections « Ah ! » (v.33, Britannicus), « Hélas ! » (v.29, Phèdre), « Ô » (v.18, Horace).  On observe aussi que le rythme est saccadé par la ponctuation, « J’ai langui, j’ai séché, dans les feux, dans les larmes. » (v.21, Phèdre), : « Vous ne me dites rien ? Quel accueil ! Quelle glace ! » (v.1, Britannicus). Cependant, ce rythme est, dans Britannicus, aussi brisé par une allitération en [q] à cause des nombreux pronoms relatifs « Quoi » (v.25), « Qu’est » (v.11) et d’autres noms comme « quand » (v.9), « cœur » (v.11), « crainte » (v.13) et « courroux » (v. 15).

                En conclusion, le déchirement entre devoir et passion tout comme la fatalité, exprimés de manière stylistique et par le contexte de l’histoire, sont l’origine du registre tragique présent dans les extraits du corpus. En effet, même si les trois textes illustrent différents aspects de ce déchirement, on remarque qu’ils présentent tous un registre tragique et que Camille, Phèdre et Britannicus partagent une fatalité commune, celle de la mort.

 

Ashley G., 2nde section internationale, mai 2018.

***

Devoir de Sophia A. :

Les trois extrais du corpus proposé sont des ouvres théâtrales du mouvement classique. Grâce à Horace (acte IV scène 5) de Pierre Corneille écrit en 1640, Phèdre (acte II vers 671 à 711) écrit au XVIIème siècle par Jean Racine et Britannicus (acte II scène 6) aussi écrit par Racine en 1669, nous allons étudier le registre tragique à travers deux axes : la répression de sentiments amoureux face au devoir, et l’expression de sentiments passionnés qui enclenche le processus fatal.

 

Caractéristique des tragédies antiques et classiques, les personnages doivent choisir le devoir au lieu de leur sentiments. Dans le corpus proposé, la répression de sentiments face au devoir est abordée de trois manières différentes. Dans Phèdre, le personnage éponyme est “tremblante” (v.26) pour son beau fils. Étant sa belle-mère, le devoir (ce qu’elle doit à son mari Thésée) lui interdit de ressentir ce “fol amour”(v.6) pour Hippolyte: elle est donc obligée de contenir sa passion, mais elle n’y parvient pas. Dans Britannicus, Junie est complètement empêchée par l’empereur Néron d’exprimer son amour pour Britannicus, sinon il le fera exécuter. Tout ce que veut Junie est de dire à son amant qu’elle l’aime toujours, mais le devoir l’oblige à faire le contraire. Junie dit même à Britannicus, “Retirez-vous”(v.36). Dans Horace, le devoir est représenté par Horace et la passion par Camille. Camille ressent une haine brulante envers son frère qui a tué Curiace, son amant. Elle lui dit des expressions injurieuses comme “barbare”(v.1) et “Tigre altéré de sang”(v.10) car elle “pleure” (v.5) la mort de Curiace. Cependant, Horace voit sa mort comme une victoire, il dit “aime cette mort qui fait notre bonheur”(v.21). Camille est obligée de réprimer sa passion puisque selon le devoir, ce qui fait son malheur, fait l’honneur de Rome.

 

Par ailleurs, il est observable que les trois ouvres du corpus sont des tragédies, et donc que le destin des personnages ne leur appartient pas. Cela veut donc dire que les personnages passionnés devront éventuellement mourir à cause du processus fatal. Dans Britannicus, Britannicus est confus car Junie ne lui montre aucune réciprocité de sentiments, et devient jaloux de Néron. Il fait référence à Néron en disant que c’est un “ennemi trompé” (v.3), et dit à Junie qu’il veut “faire à Néron envier [leurs] amours” (v.12). Cette attaque politique, mais surtout sentimentale, signe l’arrêt de mort du héros éponyme qui ne se savait pas observé par l’ennemi en question qui le fera exécuter. Dans Horace, la fureur de Camille la poussera à lancer une imprécation contre Rome. Le destin de Camille devient hors de son contrôle quand elle dit qu’elle mourra de plaisir en voyant “le dernier Romain à son dernier soupir”(v.40). La violence de son imprécation obligera Horace à tuer sa soeur. Dans Phèdre, l’héroÏne exprime son envie de mort lorsqu’elle dit à Hippolyte “prête moi ton épée. Donne” (v.41). Cette envie de mort face à sa passion est ce qui enclenchera le processus fatal pour Phèdre. Dans les trois extraits, les personnages expriment soit leur haine pour Camille et Britannicus, soit leur amour pour Phèdre. L’expression de leur sentiments passionnés est ce qui causera la mort des trois personnages.

 

Pour conclure, nous pouvons dire que le registre tragique dans le corpus proposé est exploré à travers la répression de sentiments amoureux face au devoir, et l’expression de sentiments passionnés qui enclenche le processus fatal. Ces deux thèmes caractéristiques de la tragédie classique permettront au phénomène de la catharsis de se manifester chez le public à la fin des trois pièces. D’autant plus, ces thèmes permettront plus tard aux auteurs romantiques d’écrire des oeuvres dans lesquelles les personnages pourront choisir l’amour au lieu du devoir, dans lesquelles ils pourront exprimer le “moi” sans signer leur arrêt de mort.

 

Sophia A., 2nde section internationale, mai 2018.

***

Devoir de Victoire B. :

Le corpus dont il s’agit d’étudier se compose de trois extraits d’œuvres de théâtre tragiques du XVIIème siècle, appartenant au même mouvement, celui du Classicisme. Le premier texte provient d’Horace (acte IV, scène 5, vers 1278 à 1318) de Pierre Corneille écrit en 1640. Le second de Phèdre (acte II, scène 5, vers 671 à 711) écrit par Jean Racine, et le dernier, du même auteur, émane de Britannicus (acte II, scène 6, vers 707 à 742) qu’il écrit en 1669. A l’aide de ces trois extraits, nous étudierons le registre tragique à travers les deux axes suivants : le déchirement entre passion et devoir, accompagné par l’expression inévitable de ses sentiments, qui enclenchent un processus fatal.

 

               

 

                Tout d’abord, nous pouvons voir qu’il existe dans les trois textes une opposition concernant les sentiments humains face au devoir, représentée explicitement par les personnages. En effet, dans Horace, Camille incarne la passion. Elle exprime ses sentiments amoureux hyperboliques envers Curiace : « laisse agir ma flamme » (v.3), qui suite à la mort de celui-ci, causée par son frère, Horace, se qualifie elle-même de « furie » (v.8). Cela montre effectivement que Camille, ivre de rage et de colère, est victime d’une passion qui la brûle. Cependant, sa façon de penser s’oppose à celle d’Horace, qui lui-même représente le devoir. Contrairement à Camille, il ne comprend pas comment on peut privilégier les sentiments aux intérêts de son pays, ici, plus précisément, « aux intérêts de Rome » (v.23). De plus, on observe également dans Phèdre une antithèse, représentée cette fois-ci par un seul et même personnage, le personnage éponyme. Elle symbolise la passion, à travers son « fol amour » (v.6) impossible envers Hippolyte, son beau-fils, mais à la fois le devoir. Elle doit défendre les intérêts de son fils pour la succession du trône, due au fait que l’on croit à la mort de Thésée, roi d’Athènes, en s'unissant à Hippolyte. Elle le « venait prier de ne le point haïr » (v.27). De même, on remarque ce contraste dans le dernier texte, Britannicus. Ici, Junie, éperdument amoureuse du personnage éponyme, est empêchée par l’empereur, qui les observe, d’exprimer ces sentiments envers celui-ci. En effet, Néron lui accorde de le voir une dernière fois à la condition qu'elle feigne l'indifférence. Si elle refuse, Britannicus sera excuté. Junie va donc devoir obéir aux ordres, ce qui va provoquer l’incompréhension chez celui qu’elle aime, comme on peut le voir dans le vers 1 prononcé par Britannicus : « Vous ne me dites rien ? Quel accueil ! Quelle glace ! ». Effectivement, dans les trois textes, passion et devoir sont incompatibles, et ces sentiments, une fois exprimés, déclenchent un inévitable processus fatal.

 

               

 

                En outre, cette passion qui brûle un des personnages dans chacune de ses œuvres, ne peut qu’engendrer un destin fatal pour celui-ci. Dans Horace, Camille, submergée de colère, signe son arrêt de mort en attaquant Horace, son propre frère, et donc Rome, à travers une imprécation. Elle dit elle-même qu’elle souhaite « Que le courroux du ciel allumé par mes vœux » (v.36) « Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux !» (v.37). Ici, Camille exprime son souhait de vengeance, ce qui lui coûtera la vie. De plus, dans Phèdre, le personnage éponyme souhaite sa propre mort suite à ce « feu fatal » (v.11) dont elle est victime, et qui lui est involontaire : « le crois-tu volontaire ? » (v.25). On peut voir que cette fatalité est également due aux « Dieux » (v.10, v.12), car cette passion qui la brûle vient de là. Elle demande donc à Hippolyte de la tuer lorsqu’elle dit : « Voilà mon cœur. C’est là que ta main doit frapper. » (v.35). De surcroît, cette fatalité se retrouve dans le dernier texte proposé. Ici, Britannicus provoque et attaque Néron sur le front sentimental, mais également politique. Profondément amoureux de Junie, il cherche à mépriser l’empereur afin de le dévaloriser en le traitant d’« ennemi » (v.3), en se réjouissant de son « heureuse absence » (v.5), et en voulant « faire à Néron envier nos amours » (v.12). Ces paroles vont le conduire inéluctablement à une fin fatale. Ce sentant brutalement offensé, l’empereur condamne Britannicus à mort. Nous pouvons donc voir que ces trois extraits nous montrent effectivement que l’expression de sentiments s’associe obligatoirement à la fatalité.

 

 

                On peut donc en conclure que ce corpus proposé nous permet d’étudier le registre tragique à travers le déchirement entre passion et devoir, subordonné par l’expression inévitable de ses sentiments, enclenchant un processus fatal. Cette négligence des sentiments sera par la suite modifiée par les Romantiques au XIXème siècle, qui eux laisseront la possibilité aux personnages de choisir entre amour et devoir, sans pour autant engendrer un processus qui leur sera par la suite fatal.

 

               

Victoire B. :  2nde section internationale, mai 2018.

***

Devoir d’ Antonin S. :

Les trois textes du corpus proposé proviennent du même siècle, le XVIIème, et du même mouvement littéraire, le Classicisme. Le premier texte est un extrait d'Horace écrit par Corneille en 1640.  Le deuxième texte est un extrait de Phèdre écrit en 1667 par Racine et le troisième texte est un extrait de Britannicus écrit par le même auteur deux ans plus tard, en 1669. Nous étudierons dans ces extraits le registre tragique. Dans un premier temps, nous verrons la fatalité présent dans ces extraits, puis, dans un second temps, nous explorerons l'intense déchirement tragique qui gouverne les personnages.

 

                Tout d'abord, la fatalité est exprimée dans Horace quand Camille signe son arrêt de mort avec l'imprécation "le courroux du ciel allumé par mes vœux" (1.36) et "mourir de plaisir" (1.41). Elle a perdu ce qu'il y a de plus cher à ses yeux, son amant. La vie ne vaut donc plus la peine d'être vécue. Dans le deuxième extrait, le destin fatal est mis en évidence avec l'allitération en [f] du "feu fatal" (2.11). Phèdre n'est plus décisionnaire de son destin, réduite à l'état d'"objet (2.8). Elle accompagne même sa mort dont elle ne peut plus échapper avec "venge-toi" (2.30), "Voilà mon cœur" (2.35) ou encore "frappe" (2.38). Pour finir, dans le texte trois, Britannicus attaque l'empereur sur deux fronts, politique et sentimental en disant "De faire à Néron même envier nos amours ?" (3.12) et "Rome, de sa conduite elle-même offensée...". Ainsi, en ignorant que Néron entend tout, il signe son arrêt de mort et enclenche un processus fatal. Cependant, la différence avec les deux textes précédents est que le protagoniste ne sait pas qu'il signe son arrêt de mort. Cela résulte en un public encore plus déchiré et vidé de ses propres tensions à la vue de celles qui sont représentées sur scène, phénomène appelé catharsis.

 

                La fatalité présent dans les textes tragiques va, dans la plupart des cas, de pair avec le déchirement tragique. Dans le texte 1, nous pouvons observer ce déchirement entre la passion, incarnée par Camille, et le devoir, incarné par Horace. Quand Camille parle d'elle-même, il y a immédiatement écho avec son défunt amour Curiace lorsqu'elle dit "Je l'adorais vivant, et je le pleure mort." Le devoir finis par primer sur la passion car juste après l'extrait Camille est assassinée par Horace. Ce même déchirement est présent dans le deuxième texte avec Phèdre qui est tiraillée entre son devoir de reine et son amour interdit pour Hippolyte car son amour est à chaque fois suivis de culpabilité avec "Cet aveu si honteux" (2.25) et "J'aime. Ne pense pas qu' […] je m'approuve moi-même" (2.4-5). Une anaphore de "aime" (2.4) et sa position stratégique à l'attaque et à la rime résulte en une reine encerclée et dominée par la passion, qui prime une seconde fois sur le devoir. Cette passion à double tranchant est encore plus douloureuse pour Junie. Son dilemme est ici un combat entre la passion, qu'elle ne peut exprimer sans condamner Britannicus, et la raison, qu'elle choisit et donc décide de rester en froid avec son amant, ce dernier étant perdu par cet accueil glacial. Le langage, qui d'ordinaire rassemble les deux amoureux, les sépare. Les nombreux points d'interrogation dans les répliques de Britannicus est une traduction stylistique de cette incompréhension. Quoi qu'elle fasse, elle ne peut que perdre son amour. 

 

                Ces trois textes font partis du registre tragique et leur écriture est composée d'une irrémédiable fatalité et d'un dilemme tragique. Racine et Corneille font partie, avec Molière et Jean de La Fontaine, des plus grands auteurs du XVIIème siècle.

 

 

Antonin S., 2nde section internationale, mai 2018.

***

Devoir de Gaillot Mathieu :

Les trois textes proposés à notre étude sont des extraits de pièces de théâtre tragiques du XVIIème siècle. Elles appartiennent à un seul et même mouvement : le Classicisme. Horace (acte IV, scène 5) est écrit par Pierre Corneille, père du théâtre classique français. Le deuxième texte, émane de l’acte II, scène 5 de Phèdre, oeuvre emblématique de Jean Racine. Enfin, le dernier texte du corpus, du même auteur, provient de l’acte II, scène 6 de Britannicus. Ces trois extraits nous permettront d’étudier le registre tragique à travers les axes suivants : passion et devoir et l’expression inévitable de ses sentiments enclenchant un destin fatal.

 

 

 

Tout d’abord, il existe une opposition claire entre passion et devoir dans les trois textes du corpus proposé. Dans Horace, Camille est tiraillée entre l’amour (qu’elle symbolise) et le devoir incarné par Horace. Le fait qu’elle « adorait vivant » (vers 5) le jeune Curiace et que « sa joie et ses douleurs dépendaient de son sort » (vers 4) prouve son obsession pour son défunt amant et l’amour passionnel dont elle est victime. Dans Phèdre, le personnage éponyme ressent envers Hippolyte un « fol amour » (vers 6). De surcroît, le vers 4 (« J’aime. Ne crois pas qu’au moment que je t’aime. ») nous montre que celle-ci aime Hippolyte de façon inconditionnelle. Hippolyte se sent coupable de cet amour passionnel impossible comme le prouvent les vers 4-5 : « Ne pense pas que (…) je m’approuve moi-même ». Sa passion obsédante l’aveugle et lui fait oublier son devoir de recommander son jeune fils en tant que nouveau souverain. De vives tensions sont mises sur scène entrainant un effet de catharsis sur le spectateur, le public se purge de ses propres tensions à la vue de celles représentées sur scène.

 

Par ailleurs, dans chacune des trois pièces, tout comme dans toutes les tragédies classiques, l’expression des sentiments amoureux enclenche un processus conduisant au moins un personnage à la mort. Dans Horace, l’amour passionnel de Camille la transforme en « furie » (vers 8) l’obligeant à lancer une imprécation contre Rome. Elle souhaite que « le courroux du ciel (…) fasse pleuvoir sur [Rome]un déluge de feux ! » (vers 36-37) et « Voir le dernier Romain à son dernier soupir » (vers 40). En attaquant Horace et Rome, Camille exprime son souhait de vengeance suite à la mort de son amant mais signe son arrêt de mort. De plus, dans le deuxième texte, l’amour impossible de Phèdre pour Hippolyte la conduit à souhaiter sa propre mort comme le prouve le vers 35 « Voilà mon coeur. C’est là que ta main doit frapper. ». La lutte vaine contre l’amour qu’elle n’a pas choisi doublé par l’aveu qu’elle vient de faire déclenche « le feu fatal à tout [son] sang » (vers 11). Dans notre texte, Britannicus attaque Néron sur le front politique, le qualifie d’« ennemi » (vers 3) et l’attaque surtout sur le plan sentimental en cherchant à lui faire « envier [leurs]amours » (vers 12). Néron, aussi amoureux de Junie, se sent offensé et condamne Britannicus à mort. Donc, le fait d'avoir dévalorisé l'empereur en le provoquant le conduira à un destin fatal. Le registre tragique présente des personnages qui se caractérisent par leur grandeur et leur incapacité à lutter face à l'étendue du malheur les frappe. Les héros sont donc voués à un destin fatal dû à l'expression inéluctable de leurs sentiments.

 

 

 

En conclusion, on peut dire que les trois textes représentent très bien le registre tragique. Ce registre s’exprime à travers le tiraillement entre devoir et passion et l’expression inévitable de ses sentiments enclenchant un destin fatal. Cet étouffement des sentiments provoquera la réaction des Romantiques au XIXème siècle qui exprimeront beaucoup plus aisément leurs sentiments sans pour autant engendrer un destin fatal.

 

Gaillot Mathieu, 2nde section internationale, mai 2018.

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Devoir de Nina G. :

Le corpus proposé est composé de trois textes théâtraux qui appartiennent au mouvement du Classicisme. Le premier texte est un extrait d’Horace, pièce tragique écrite par Corneille en 1640. Le second est un passage de la tragédie théâtrale Phèdre écrite par Racine en 1677. Enfin, le troisième texte est un extrait de Britannicus écrit par Corneille en 1670 et connu pour ses tensions et tiraillements du héros. Il serait pertinent d’étudier le registre tragique dans ces trois extraits. Nous analyserons dans un premier lieu le tiraillement entre le devoir et les sentiments des héros et dans un second temps la fatalité qui mène le héros à la mort. 

 

                Tout d’abord, la propriété du tragique est le tiraillement du héros entre le devoir et les sentiments. Nous retrouvons cela premièrement dans l’extrait de Phèdre. La rumeur que le roi vient de mourir se répand, le pouvoir étant important, Phèdre doit avoir une conversation avec Hippolyte. Or ses sentiments amoureux envers ce dernier sont plus forts que tout et elle ne peut s’empêcher de le lui avouer. Le pouvoir de Phèdre est soumis à celui de la passion. Par conséquent, nous notifions le champ lexical hyperbolique en lien avec la passion : « fol amour », « amour », « aimer ». Or Phèdre veut se punir pour les sentiments immoraux qu’elle ressent. En effet elle dit « Voilà mon cœur. C’est là que ta main doit frapper. » (v35). De plus, Horace est une exception dans les tragédies cornéliennes car deux personnages différents portent le déchirement tragique entre devoir et passion. Horace représente le devoir et Camille la passion. Dans cet extrait, Camille est passionnée et détruite par la mort de ses frères et de son Curiace. En effet, elle utilise une gradation des sentiments passionnels en utilisant les mots « sœur » (v6), « amante »(v7), et « furie »(v8). Pour elle, l’amour et les sentiments sont bien plus importants que de servir Rome, chose que son frère ne peut accepter. En opposition avec elle, nous avons Horace, représentant du devoir car il a tué ses amis pour Rome, et n’a aucun remords. En effet, il dit à Camille « Aime, aime cette mort qui fait notre bonheur » (v21). Cette réplique montre l’incompréhension du déchirement de Camille mais également la fierté de cet acte car il l’a fait pour le bien de l’Etat. 

Enfin, dans l’extrait de Britannicus, Junie subit le déchirement entre passion et devoir. En effet, cette dernière doit renoncer à ses sentiments pour Britannicus afin d’obéir à son empereur et de protéger son bien aimé. Dans ses répliques, cette dernière fait des éloges à Néron : « Que Rome le louait d’une commune voix »(v19). Or, sa passion est si forte qu’elle tente de faire comprendre la situation dans laquelle elle se trouve à Britannicus. « Ces murs mêmes, Seigneur, peuvent avoir des yeux. » (v7)

 

Dans chacun des trois extraits, la fatalité mène à la mort des personnages principaux. Premièrement dans Britannicus, lors d’un dialogue avec Junie, le héros éponyme inconscient de la présence de l’empereur Néron, signe son arrêt de mort en l‘attaquant sur les fronts politiques et sentimentaux. En effet, il dit « de faire à Néron même envier nos amours ? » et « la mère de Néron se déclare pour nous ». Dans ces deux répliques, Britannicus affirme qu’il domine Néron dans tous les domaines, même l’amour. En effet Britannicus et Junie partagent un amour très fort et sincère, chose que Néron cherche à acquérir mais n’aura jamais. De plus, Britannicus affirme que la mère de Néron soutient le rival de son fils politiquement et non les idées de son fils. Par son ignorance et ses révélations, Britannicus donne les raisons à Néron de le tuer et enclenche le processus de fatalité. Secondement, dans l’extrait de Phèdre, la fatalité va également mener à sa mort. Cette dernière n’est plus décisionnaire de son destin ; elle n’est plus sujet de sa vie mais réduite à l’état « d’objet ». En effet elle dit, « Les Dieux m’en sont témoins, ces Dieux qui dans mon flanc ont allumé le feu fatal à tout mon sang ». Nous pouvons relever une anaphore en [f] qui met en évidence la fatalité de cette passion. Phèdre affirme qu’en raison de ses actes commis, elle souhaite qu’Hyppolyte la punisse et la fatalité va s’abattre sur elle. Enfin, dans l’extrait d’Horace, Camille est tellement déchirée par la mort de son Curiace qu’elle fait une imprécation contre Rome, ce qui va la condamner à mort, tuée par son propre frère, Horace déterminé à protéger Rome. « Voir ses maisons en cendre, et tes lauriers en poudre, Voir le dernier Romain à son dernier soupir Moi seule en être cause et mourir de plaisir. » 

 

                Nous pouvons en conclure que ces trois textes proposés dans ce corpus portent la même thématique et les caractéristiques du registre tragique comme la majorité des pièces de théâtre classiques du XVIIème siècle, notamment le tiraillement du héros entre devoir et passion ainsi que la fatalité qui mène à la mort. Nous retrouvons ces mêmes thématiques dans de nombreuses œuvres tragiques du classicisme tel que Suréna de Corneille ou bien Mithridate de Racine.

 

 

Nina G., 2nde section internationale, mai 2018.

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Devoir de Louise F. :

Le corpus présenté est constitué de trois textes de tragédies classiques. Le premier est un extrait d’Horace (1640), une pièce de Corneille, un grand dramaturge classique. Les deux textes suivants, des extraits de Phèdre (1677) et de Britannicus (1669), ont été rédigés par Racine, un autre auteur clé du Classicisme. Puisque les différents extraits appartiennent tous au mouvement classique, il serait intéressant d’étudier le registre tragique dans ce corpus. C’est pourquoi nous allons nous intéresser au déchirement tragique qui est la cause de la souffrance des différents personnages de ces extraits avant d’enchaîner sur la fatalité, caractéristique clé du registre tragique, à laquelle ils semblent tous, d’une manière ou d’une autre, soumis.

 

Pour commencer, même si la cause du déchirement n’est pas toujours la même ou qu’il n’est pas toujours représenté par un même personnage, il est clair que celui-ci est toujours au cœur des textes de ce corpus. Ainsi, dans Horace, Corneille l’explicite bien à travers les personnages de Camille et d’Horace, qui s’opposent puisque, tandis qu’elle, totalement gouvernée par ses émotions, maudit Rome qui a causé la mort de son amant, il reste fidèle à l’État malgré avoir été forcé de se battre contre ses amis. Les citations « Et préfère du moins au souvenir d’un homme / Ce que doit ta naissance aux intérêts de Rome. » (v.22,23) et « Rome, l’unique objet de mon ressentiment ! / Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant ! » (v.24,25) illustrent donc parfaitement ce déchirement entre la passion et le devoir qui caractérise tout texte classique. L’extrait de Phèdre de Racine, quand à lui, rassemble ce déchirement dans un même personnage puisque Phèdre est elle même déchirée entre son amour pour Hippolyte et son devoir en tant que reine et femme de Thésée, quelque chose qui est clairement démontré lorsqu’elle dit «  La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte ! » (v.33),ce qui traduit l’ampleur de son déchirement. Enfin, dans Britannicus, même si le déchirement dont souffre Junie est légèrement différent puisque celle-ci doit choisir entre révéler à son amant qu’elle l’aime toujours (ce qui le mettrait en danger) et le laisser dans l’ignorance alors qu’il injurie ouvertement Néron (ce qui pourrait également résulter en la mort de Britannicus), elle se trouve bien face à un dilemme qui renvoie au déchirement tragique si caractéristique des tragédies classiques.

 

La fatalité et l’enchaînement inéluctable menant à la mort du personnage sont également des caractéristiques clés de ce corpus. Cela est visible dans l’extrait d’Horace, dans lequel, après avoir lancé une imprécation contre Rome avec les mots « Que le courroux du ciel allumé par mes vœux / Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux ! » (v.36,37), Camille déclenche elle-même le mécanisme qui va inévitablement mener à sa mort puisque, à la suite de sa malédiction, son frère toujours loyal à Rome, n’a d’autre choix que de la tuer afin de sauver sa ville. Cela montre bien que, malgré le fait qu’elle semble consciemment provoquer sa mort, Camille n’est plus décisionnaire de son sort et qu’elle est donc bien soumise à la fatalité du destin. De la même manière, Phèdre est totalement soumise à sa passion ainsi qu’aux Dieux, ce que Racine explicite à travers l’incapacité de celle-ci de cacher son amour à Hippolyte mais aussi avec la citation «Objet infortuné des vengeances célestes » (v.8), qui indique qu’elle ne peux décider de son sort et que les Dieux et la fatalité seuls contrôlent son destin et vont donc finir par l’entraîner à la mort. Pour finir, on retrouve cette même fatalité dans l’extrait de Britannicus puisque, lorsque celui-ci, croyant être seul, insulte Néron et signe donc son propre arrêt de mort sans que Junie, pourtant censée être de son côté, ne puisse agir pour sauver son amant, cette impuissance totale des personnages face au destin caractéristique du registre tragique ainsi que de ce corpus se manifeste clairement.

 

Pour conclure, il est clair que les trois de textes de ce corpus présentent chacun à leur manière un registre tragique omniprésent qui s’explicite à travers la présence récurrente de déchirements tragiques ainsi que de la fatalité à laquelle sont soumis les personnages. Celui-ci va progressivement laisser place au registre lyrique qui va caractériser le Romantisme, un mouvement qui s’opposera à la rigidité ainsi qu’aux nombreuses règles du Classicisme.

 

Louise F., 2nde section internationale, mai 2018.

 

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Devoir de Denise :

                 Le corpus proposé est constitué de trois textes théâtraux, le premier est un extrait d’Horace (acte IV, scène 5, vers 1278 à 1318), une tragédie de corneille écrite en 1640, le deuxième est un extrait de   Phèdre (acte II, scène 5, vers 671 à 711) est une tragédie de racine écrite au XVIIème siècle et le troisième est un extrait de Britannicus (acte II, scène 6, vers 707 à 742) de racine écrit en 1669 . Les trois textes appartiennent au classicisme est un mouvement du XVIIème siècle. On va étudier le registre tragique dans ces trois extraits. Dans un premier temps, il est possible de voir la présence des héros qui sont plutôt du côté du devoir et de l’honneur envers leur Etat. Dans un second temps, on verra la présence des héros qui sont plutôt du côté de la passion et des sentiments.

 

 

 

 

                 Tout d’abord, les héros sont au service du devoir et de l’honneur présent  dans l’ensemble des extraits. En effet Horace sert la cause de l’Etat, les Horaces et les Curiace se sont battus pour leur Etat, Albe (Curiace) et Rome (Horace), donc tout les Curiace et deux  Horaces sont tués, Rome va donc dominer Albe, et Horace revient triomphalement du combat malgré la souffrance de Camille qui aime l’un des Curiace. Horace fait passer les intérêts de Rome, «  devoir », face au sentiment de Camille comme l’illustre le vers 21 : « aime, aime cette mort qui fait notre bonheur ». En outre contrairement à Horace  dans Phèdre le devoir se fait autrement, Phèdre ne peut pas aimer Hippolyte le fils de Thésée, elle doit rester fidèle à Thésée roi d’Athènes bien qu’elle le croit mort est surtout pas aimer le fils de Thésée en plus à cette époque cela est complètement « interdit » donc Phèdre va essayer de respecter son devoir , en cachant ses sentiments en vers Hippolyte comme le montre le vers 5 : « innocente à mes yeux je m’approuve moi-même » encore une fois le devoir passe avant le sentiment. En tout cas, c’est ce que tente de faire Phèdre, même si elle échoue. Dans Britannicus, le service au devoir se fait différemment que dans Phèdre et Horace, l’empereur dans Britannicus est Néron. Britannicus va s’opposer à cet empereur, est va donc ainsi servir Rome et délivre Junie a été capturé par Néron alors que celle-ci aime Britannicus d’un amour réciproque. Britannicus se met au service du devoir en s’opposant à Néron ainsi servir Rome : « Rome de sa conduite, elle-même offensée », (v17). Dans Horace, Phèdre, Britannicus on voit que les héros qui sont au service du devoir, dans ces troits extraits chacun illustrer différemment.

 

 

 

                Par ailleurs, il est possible devoir la présence des héros soumis à la passion. Dans Horace, Camille incarne la passion et les sentiments après la mort de son amant Curiace que sont frère à tué comme l’illustre le vers 3 : « je l’adorais vivant et je le pleure mort » et indiquant à traves cette antithèse la pérennité de sa passion. En outre, Camille évoque le registre tragique en signant sa mort : « moi seule en être cause, et mourir de plaisir » (v42) à cause de l’imprécation qu’elle a fait contre Rome parce que Camille hait Rome. De même, Phèdre évoque la passion et les sentiments pour son amour « interdit » pour Hippolyte : « ni que du fol amour qui trouble ma raison »(v6) et cette passion est elle-même subordonné à la fatalité et aux dieux : « les dieux m’ent sont témoins, les dieux qui dans mon flanc, ont allumé le feu fatal à tout mon sang, les dieux qui se sont fait une gloire cruelle , De séduire le cœur d’une faible mortelle » (v10 à 14) et ainsi dans Horace , Camille évoque le registre tragique de même tragique que Phèdre évoque aussi le registre tragique, Phèdre n’est plus décisionnaire de son destin, elle n’est plus sujet de sa vie, mais réduite à l’Etat « d’objet » : « objet infortuné des vengeances célestes »(v8).

Dans Britannicus, c’est Junie qui incarne la passion et les sentiments pour Britannicus pour la sauver, elle doit faire semblant qu’elle ne l’aime plus parce que Néron a dit à junie, si elle s’acquitte mal de sa tâche, Britannicus mourra, donc pour sauver son amant, Junie doit obéir.  De même que dans Horace, Phèdre, Britannicus utilise le registre tragique, Britannicus attaque l’empereur sur deux fronts politique (« la mère de Néron se déclare pour nous »(v16)) et sentimental : « de faire à Néron même envier nous amours »(v12). Dans ces trois textes les héros qui incarnent la passion sont Phèdre, Camille, Junie.

 

 

 

               On a étudié le registre tragique dans ces trois extraits. On a la présence des héros principalement caractéristiques de la tragédie classique et du côté du devoir. De l’autre côté, il possible de voir la présence du côté de la passion et des sentiments. Le registre tragique va donc disparaître pour laisse place au Romantisme avec le registre lyrique.   

 

 

  

Louise F.., 2nde , mai 2018.

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Devoir d’Enzo R. :

 

                Le registre tragique apparaît durant l’Antiquité en Grèce à l’occasion des Grandes Dionysies, fêtes célébrant le dieu Dionysos. Au XVIIème siècle, les dramaturges redécouvrent ce genre en reprenant ses règles, faisant renaître la tragédie. Des auteurs classiques tels que Corneille ou encore Racine se sont appropriés la registre tragique au travers du déchirement que subissent leurs personnages principaux. A partir du corpus proposé, composé d’extraits d’Horace de Corneille (1640), de la tragédie classique Phèdre de Racine du XVIIe siècle et de Britannicus de Racine (1669), nous étudierons premièrement le conflit entre la passion et le devoir puis le rôle du pouvoir dans la tragédie du XVIIe siècle et enfin comment ces conflits et rôles sont-ils tous influencés par les Dieux et se retrouvent dans le registre tragique qui mène le héros à la fatalité.

 

               

                Tout d’abord, nous pouvons constater que la passion rentre en conflit avec le devoir : tout d’abord dans Horace où Camille s’oppose à son frère Horace. Camille représente la femme passionnée et offensée avec la gradation “soeur”, “amante” et “furie” (v6 à v.8) dans laquelle les trois états sentimentaux de Camille sont exprimés. L’offense et la rage de Camille sont amplifiées avec l’allitération en [r] dans les vers 9 à 11 : “reprocher son trépas”, “Tigre altéré de sang”, “mort […] charmes” où le son [r] décuple la rage et la colère dans les propos de Camille. Elle énonce clairement les raisons de cette passion qui se traduit en haine avec l’anaphore “Rome” du vers 25 au vers 27. En opposition à Camille représentant la passion tragique se trouve son frère Horace, loyal envers Rome, représentant le devoir. Premièrement, Horace représente la tragédie et son registre du fait qu’il soit un héros dit “Cornélien” mais qui ne se déchire pas entre la passion et la raison; de plus, Horace se pose une question réthorique : “insensible à l’outrage […] mortel déshonneur ?” (v.19/20). Le choix d’Horace, celui du devoir apparaît dans le propos de Camille avec l’antithèse “mort […] charmes” (v.11) et “mort […] bonheur” (v.21). Quant à la tragédie de Racine Phèdre, la belle-mère d’Hippolyte confesse son amour interdit envers son beau-fils, essaye de lutter envers ses sentiments mais renonce : “j’aime” possède une place stratégique au vers 4 en se situant à la rime et à l’attaque, amplifiant son effet sur le lecteur. De plus que ses sentiments lui paraissent tels un “feu fatal” (v.11) et que la haine d’Hippolyte ne l’empêchait de “[l’] aimait pas moins” (v.19). L’autre tragédie écrite par Racine proposée dans ce corpus, Britannicus raconte l’histoire du déchirement de deux amants à travers l’utilisation du registre tragique. Junie et Britannicus représentent chacun le devoir et la passion. Le héros éponyme incarnant la passion ne comprend pas les propos de Junie comme nous pouvons le voir avec les multiples marques de ponctuation interrogatives “craintive ?” (v.9), “nos amours ?” (v.12), “opprimé ?” (v.28). Junie ou la représentation du devoir dans le registre tragique, défends l’empereur Néron dans le but de sauver Britannicus.

 

                Deuxièmement, le registre tragique s’accompagne d’une importance significative du pouvoir dans le théâtre classique. Dans Horace, Rome est la raison du conflit entre Horace et sa soeur avec l’anaphore “Rome” (v.25 à V.27) et la personnification “Qu’elle-même sur soi renverse ses murailles, Et de ses propres mains déchire ses entrailles” (v.34 à v.35). De plus, Rome est le centre du pouvoir et par conséquent du conflit entre le héros éponyme et sa soeur avec sa position : à la rime au vers 23 et à l’attaque au vers 24 : Rome est omniprésente. Dans Phèdre, l’héroïne tragique détient le pouvoir et se trouve dans une passation du pouvoir à Hippolyte. Cette passation crée des tensions du fait que Phèdre ait “[je t’ai] chassé” (v.14) son beau fils pour lui “paraitre odieuse, inhumaine” (v.15). Le registre tragique est apparent dans le sens où les termes dont Phèdre se décrit d’une manière dépréciative, tout en étant tourmentée par ses sentiments contradictoires. Vers la fin de l’extrait, on remarque une transition, involontaire du pouvoir de Phèdre à Hippolyte : “Délivre l’univers”  (v.32). Dans ce passage, Phèdre avoue a voix haute ses sentiments avec “la veuve de Thésée ose aimer Hippolyte” (v.28), la délivrant de sa culpabilité et implore son beau fils de mettre un terme à ses supplices comme nous pouvons le voir au vers 35 “Voilà mon coeur. C’est la que ta main doit frapper”. Dans Britannicus, Junie et le héros éponyme sont présumés seul à l’intérieur du lieu de la puissance : “Vous êtes en des lieux tous pleins de sa puissance” (v.6). De plus, le lieu métonymique du pouvoir oblige Junie à se contredire même dans les propos de Britannicus comme nous pouvons le voir au vers 12 “De faire à Néron même envier nos amours ?”.

 

                Enfin, le héros et le registre tragique sont soumis à la fatalité.  Dans Horace, Camille lance une imprécation en faisant appel aux divinités, elle exprime son souhait vengeur : qu’on lui rende son Curiace. Cette imprécation (v.34 à v.41) est composée d’un hypotypose soit d’une description très spectaculaire laissant une impression de visualisation picturale au lecteur. Cette description crée un double mouvement entre la gradation des ennemis de Rome “ses voisins ensemble conjurés” (v.28), le rêve de destruction de la cité “la détruire et les monts et les mers” (v.27) et Camille, seule “mourant de plaisir” (v.41). Cela invoque chez le spectateur la Catharsis : moment où la pression et le suspens est tel que le spectateur se vide de toutes émotions, ressentiments. Dans Phèdre, l’héroïne éponyme se sent brulée par un “feu fatal” (v.11) et se qualifie d’”objet infortuné” des vengeance des dieux. Son comportement jugé néfaste par “les Dieux” (v.10) mènera à sa mort . Dans Britannicus, les propos du héros éponyme mèneront à sa perte : en effet, il est observé par Néron et ne le sait pas. Ses propos sont rudes, et péjoratifs, ce qui ne plaît pas à l’Empereur, qui décidera mettre un terme à la vie de Britannicus : c’est le principe de la fatalité du fait que dans l’Antiquité, l’Empereur était considéré comme une divinité.

 

                En conclusion, la tragédie classique du XVIIème siècle et le registre tragique représentent un héros déchiré entre la passion et le devoir soumis au pouvoir et à l’influence des dieux ce qui entraînent la mort du héros. Ces caractéristiques propres au théâtre classique, qui s’inspire des légendes mythologiques grecques se retrouvent dans d’autres oeuvres du même siècle telles que Iphigénie de Racine (1674) ou encore en littérature anglaise avec Hamlet de Shakespeare (1609).

 

Enzo R., 2nde section internationale, mai 2018.

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Devoir de Chiara C. : 


Le corpus proposé est constitué de trois textes théâtraux le premier est un extrait d’Horace ( acte IV, scène 5, vers 1278 à 1318), tragédie de Corneille écrite en 1640 et apparentant au Classicisme; le deuxième est un extrait de Phèdre (acte II, scène 5, vers 671 à 711), tragédie de Racine écrite en 1677 appartenant lui aussi au mouvement du Classicisme; et le troisième est un extrait de Britannicus (acte II, scène 6, vers 707 à 742), autre tragédie de Racine écrite en 1669. Nous étudierons le registre tragique présent dans ces trois texte en traitant premièrement le combat opposant le devoir et la passion, et deuxièmement la fatalité.

 


Tout d’abord, on remarque dans les trois textes un thème principal qui n’est autre qu’un combat entre le devoir et la passion. Dans Horace ce combat nous est présenté a travers le caractère des personnages, Camille représente la passion (« qui comme une furie attachée à tes pas ») et Horace représente le devoir (« Et préfère du moins au souvenir d’un homme/ Ce que doit ta naissance aux intérêts de Rome. »). Dans ce texte, Camille pense que l’amour et le bonheur sont plus importants que servir son pays tandis que Horace, lui, pense le contraire. En effet, pour lui seule la protection de l’Etat compte et il n’hésite pas à rendre sa soeur malheureuse ou même à la tuer. On remarque aussi ce combat dans la tragédie de Racine, Phèdre, à travers le personnage éponyme. Phèdre- elle même caractérise ce combat par le déchirement des sentiments qu’elle éprouve envers Hippolyte, fils de son mari qui la déteste au plus haut point («Tu me haïssais plus, je ne t’aimais pas moins »). Amoureuse de son beau-fils, Phèdre souffre de cet amour interdit qui n’est pas réciproque et qui de plus cause son sentiment de culpabilité (« La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte ! »). De même que dans les deux autres textes, ce combat entre passion est devoir est tout aussi présent dans la tragédie de Racine Britannicus. Cette fois ce combat n’est pas représenté a travers le personnage principal mais c’est Junie, amante de Britannicus, qui le représente. Junie est aussi aimé de Néron, qui n’est autre que l’empereur malheureusement cet amour n’est pas réciproque. Britannicus et Néron sont ennemis, Néron jaloux de Britannicus enlève Junie et la force à rompre avec son amant sous peine de le perdre à jamais (« Qui vous rend à vous-même, en un jour, si contraire? »). Dans cette scène Junie est déchirée entre son devoir envers l’empereur a fin de sauver Britannicus qui est source de sa passion (« Et ce moment si cher, Madame, est consumé/ A louer l’ennemi dont je suis opprimé? »).
De plus, on remarque grâce aux textes du corpus, un lien entre tragédie et fatalité. Dans Horace, Camille enragée invoque les dieux a fin de répandre sa colère sur tout Rome et ainsi la détruire. Cette invocation la conduira par la suite à sa perte puisque son propre frère préfère faire passer le devoir avant toute passion et décide de sauver Rome en tuant son unique soeur («Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre,/ (...)/ Moi seule en être cause, et mourir de plaisir »). Dans Phèdre, le pouvoir de la passion est lui même sous le contrôle du destin et des dieux (« Ces Dieux qui se sont fait une gloire cruelle/ De séduire le coeur d’une faible mortelle »). En effet Phèdre n’est plus décisionnaire de son destin
(« Les Dieux m’en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc / Ont allumé le feu fatal a tout mon sang »). Dans le texte Britannicus, on parle ici aussi de fatalité puisque Junie à essayé de protéger son amant mais celui-ci avait dit déjà bien assez de mal sur Néron qui par conséquent n’hésitera pas à le tuer (« Notre ennemis trompé ») il s’agit donc d’une fin fatale.

 Enfin, on peut affirmer que le registre tragique est très répandu dans le monde du théâtre et qu’il est forcément accompagné d’un déchirement entre deux pôles opposés. On remarquera que le héros est principalement caractéristique de la tragédie classique et à tendances à se positionner du côté du devoir. En revanche, il est aussi possible de retrouver au théâtre des oeuvres où le héros décide de suivre la passion et dans ce cas on se trouve dans un registre plus romantique. De nos jours, on peut retrouver les deux genres théâtraux tandis qu’auparavant on restait sur des oeuvres classiques. Ce changement est dû à l’évolution, au fur et à mesure des siècles, du genre théâtral.

Chiara C., 2nde section internationale, mai 2018.

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Devoir de Paloma A. : 

Le corpus proposé est composé de trois extraits théâtraux de tragédie classique: Horace écrit en 1640 (acte IV, scène 5, vers 1278 à 1318) de Corneille, ainsi que Phèdre écrit au XVIIème siècle (acte II, scène 5, vers 671 à 711) et Britannicus écrit en 1669 (acte II, scène 6, vers 707 à 742) de Racine. Ces trois extraits s’insèrent dans le mouvement littéraire du Classicisme et sont révélateurs des enjeux de toute tragédie classique. Ici, il serait intéressant d’étudier le registre tragique à travers la confrontation du héros entre la passion et le devoir ainsi que la souffrance de ce dernier, qui n’est plus décisionnaire de son destin à cause de la fatalité.

 

Tout d’abord, on retrouve dans ces trois extraits des personnages qui sont confrontés à des obstacles venus, les uns de l’extérieur, les autres d’eux-mêmes, dus au combat entre le devoir et la passion. Dans notre premier texte, Horace, nous découvrons une Camille passionnée, contrairement à son frère Horace qui incarne le devoir. Ce dernier privilégie la mort de son ennemi, même si cela provoque une grande tristesse chez sa sœur, pour servir et satisfaire Rome. De plus, il essaye de convaincre Camille de l’importance de servir l’État face aux sentiments comme le démontre le vers 21 « aime, aime cette mort qui fait notre bonheur ». Par ailleurs, l'obstacle à l’amour de Phèdre est le fait que son amant est le fils de son mari. Partagée entre passion et culpabilité, elle essaye de lutter contre cet amour, mais n’y parvient pas comme le montre précisément l'anaphore de l’adjectif « faible » à son propos) et décide de tout avouer à Hippolyte, notamment avec l’anaphore du verbe « aime », ainsi qu’un champ lexical hyperbolique de la passion tel que « fol amour » « amour » « aimer »). Le pouvoir de Phèdre est finalement soumis à celui de la passion. Dans Britannicus, Junie, elle, tente de cacher son amour à Britannicus, car le devoir lui demande ainsi. Ce dernier ne comprenant pas pourquoi elle ne l’aime plus, est dépité ; « qu’est devenu ce coeur qui me jurait toujours/De faire à Néron envier nos amours ? ». Néron, empereur fou, incarne le pouvoir et le devoir et Britannicus la passion. Junie est piégée par le devoir car si celle-ci n’acquitte pas sa tâche, Néron fera exécuter son amant. Ici encore, nous retrouvons le choix du devoir face à la passion. Ce qui rend chaque situation tragique, c’est que le héros se sent emprisonné dans un problème insoluble, qui ne peut le mener qu’à sa perte. Dans ces trois extraits, on constate que le déchirement tragique est représenté de la même manière et avec la même conclusion, le choix du devoir.

 

En outre, nous retrouvons dans ces trois extraits la fatalité, typiquement connue pour le registre tragique ; cela voudrait donc dire que la passion ne suffira pas et que certains personnages n'auront d'autres issues que de mourir. Dans Horace, la colère de Camille envers son frère la mènera à lancer une imprécation contre Rome avec les vers 34 et 35 « Qu’elle même sur soi renverse ses murailles/Et de ses propres mains déchire ses entrailles ». De plus, Camille signe son arrêt de mort tel que le prouve « mourir de plaisir » ; par la suite, son frère la tuera. Dans Phèdre, cette dernière demande directement à son beau-fils de la tuer ou bien de le faire elle-même tel que le montre les vers 41 et 42 « prête moi ton épée. Donne ». Face aux dieux, Phèdre se dit qu’une simple « mortelle » ; elle n’est plus décisionnaire de son destin mais réduite en objet. La passion ne sera pas suffisante pour la maintenir en vie, ce désir de mort entraînera le processus fatal. Dans Britannicus, malgré les efforts de Junie essayant de convaincre son amant de ne pas parler en mal de l’empereur , il y contribue en le traitant d’ « ennemi trompé »et en évoquant une «  heureuse absence ». Par ailleurs, Britannicus dépité par un amour non partagé, annonce à Junie qu’il veut « faire à Néron envier nos amours ». Ignorant la présence de Néron qui entend tout, Britannicus signe son arrêt de mort. La fatalité est désormais enclenchée, Britannicus mourra par la suite. Dans les trois extraits proposés, nous retrouvons la mort des trois personnages qui est causée par leurs sentiments passionnés.

 

 

Pour conclure, ces extraits sont tous les trois révélateurs des enjeux de toute tragédie classique, qui confronte le devoir à la passion. Un héros tragique est donc mis face à des situations complexes qui lui sont imposées par une autorité supérieure. Face à des choix inconciliables, le héros s’efforce de trouver une issue mais la fin est souvent fatale. Plus tard au XIXème siècle, le romantisme fit son apparition et permettra aux auteurs confrontés entre le devoir et la passion, de mettre en avant leurs sentiments passionnés sans pour autant signer leur arrêt de mort.

Paloma A., 2nde section internationale, mai 2018.

 

 


Date de création : 26/05/2018 @ 17:33
Dernière modification : 31/05/2018 @ 17:02
Catégorie : Copies d'élèves 2017/2018
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