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Copies d'élèves 2018/2019 - Ecriture d'invention romanesque 2nde 9

2nde  9                                                    Pour lundi 05 novembre 2018

 

Vers l'écriture d'invention (sujet de type III du bac)

Coefficient 3

 

Sujet (à coller sur votre feuille double) : après l'étude du GT1 (Les débuts de romans), vous rédigerez à votre tour un incipit régi par les consignes suivantes :

 

·        votre production sera de registre réaliste.

·        Elle mêlera types narratif et descriptif (vous veillerez à utiliser les outils grammaticaux et stylistiques propres à ces deux types de texte).

·        Votre incipit respectera les codes romanesques traditionnels (fonctions informative et « apéritive »).

·        Vous expliciterez la focalisation que vous aurez choisie :

1.      focalisation zéro ;

2.      focalisation interne ;

3.      alternance des deux : dans ce cas, vous signalerez le(s) changement(s) de focalisation dans la marge, au niveau de ces modifications.

·         Toute référence culturelle pertinente est valorisée.

·         Le site de Lettres du CIV propose des copies d’élèves ayant eu à traiter le même sujet, au cours des années précédentes.

 

Devoir de Léa C. :

Focalisation interne         

                Nous étions au milieu du mois de septembre 2017, cela faisait maintenant six ans que je n'avais pas passé le pas de cette porte ni croisé le regard de celle que j'appelais "maman". Moi, Thomas Dubois, j'étais à l'époque un jeune homme réservé, sensible et indépendant.  Je ressemblais physiquement à ma mère : j'avais la même allure filiforme, un visage allongé avec des traits anguleux et un regard bleu gris fuyant.  Après l'obtention de mon baccalauréat je décidai de prendre un nouveau départ et je partis ainsi m'installer dans le sud du Canada pour poursuivre mes études. Ma mère, qui était désormais seule avec ma sœur cadette, avait réunit toutes ses économies pour le financement de mes études. Malgré les appels téléphoniques fréquents depuis ma chambre universitaire,  la distance nous éloigna peu à peu.

                 A l'été 2017, suite à l'obtention de mon diplôme, je pris la décision de retourner habiter à Paris, la ville de mon enfance, et là où demeurait toujours ma mère. Le temps de préparer l'ensemble de mes affaires, deux mois environ s'écoulèrent. Le moment tant attendu était enfin arrivé. Je venais d'atterrir le matin même à Paris, ici l'automne s'était déjà installé. Après plus de dix heures de vol, j'avais les traits tirés et le regard fatigué. Le costume gris, que j'avais acheté pour l'occasion, avait perdu de son allure et était maintenant froissé. En arrivant devant la maison de ma mère je remarquai que des feuilles recouvraient le paillasson qui était maintenant dans un état lamentable. Anxieux, je fis un pas de plus jusqu'à la porte de l'ancienne bâtisse.  Les feuilles d'automne craquaient sous mes pieds. A plusieurs reprises, je heurtai avec mon poing la porte en bois détériorée  de la demeure de ma tendre mère avec qui les liens s'étaient brisés.  Celle-ci n'était pas au courant de ma venue. Au bout de quelques minutes, je compris que personne n'était présent. Pendant quelques secondes je fus déçu. J'allai faire demi tour quand le souvenir de la clé que nous cachions autrefois sous une pierre plate revint à mon esprit. Je me précipitai et la retrouvai là où elle était cachée autrefois. J'ouvrai avec frénésie la lourde porte en bois et pénétrai dans la demeure. Je restai figé dans le hall en voyant que tout le mobilier avait disparu. Une odeur familière saisit mes narines et ramena à moi de vieux souvenirs. Je me dirigeai dans le salon et l'image du tableau Bleu de ciel de l'artiste contemporain Wassily Kandisky apparu soudainement dans ma tête. Cette oeuvre était à l'époque  fixée sur le mur au dessus du buffet, en face du canapé sur lequel ma soeur et ma mère avaient l'habitude de s'assoir. J'affectionnai particulièrement ce tableau dans lequel des formes étranges flottaient sur un ciel bleu. Enfant, j'imaginais des insectes et autres créatures mystérieuses dansant ensemble.  La diversité des couleurs créait une atmosphère de fête qui m'égayait. La pièce me sembla sombre et triste sans ce tableau et sans la douce lumière qui était diffusée à l'époque par le luminaire en cristal.

                Tout à coup, le bruit d'une personne frappant à la porte interrompit le fil de mes pensées...

 

Léa C., 2nde section internationale, décembre 2018.

 

***

Devoir de Tom R. :

Focalisation interne

               

Nous étions le 13 juillet de l’année 1789, par une pesante et flamboyante soirée d’été. Comme à son habitude, l’astre solaire se couchait derrière les tuiles rougeâtres des toits de Paris, laissant la ville dans une quiétude méritée. C’est à ce moment que je rejoignis ma femme dans notre étroite alcôve.

Cela faisait une dizaine d’année que nous vivions ensemble rue de Charonne. Paris était une ville sombre et désordonnée, marqué par le tumulte incessant des vagabonds et des chiens errants. Quel que soit l’endroit où l’on posait le regard, on discernait quelques malandrins hagards et désespérés. Les trottoirs où étaient jonchés ces malheureux étaient comparables à des dépotoirs. Alors qu’une odeur malsaine et répugnante se rependait le long des rues, d’énormes rats sales et impropres s’introduisaient dans les logis à la recherche de quelques pitances tout en répandant la maladie. Et sous la nuit tombante, ces façades, sales et misérables, avec de petits ajours à barreaux, se confondaient avec des prisons.

Roseline était une femme simple d’allure androgyne, il n’y avait pas d’amour entre nous mais les besoins nous avaient rapprochés, on vivait tous deux aux dépends de l’autre et c’est ainsi que le sort nous avait uni. Depuis un certain temps, on pouvait retrouver les indices d’une misère sur son visage morne. Sa physionomie si singulière faisait ressortir les rides profondes et blanches, les sinuosités froides sur son visage rongé par la faim. L’absence de tout mouvement dans son corps, de toute chaleur dans ses yeux ressemblait aux fantaisies que les peintres s’amusaient à dessiner. Chaque jour, elle s’occupait des ménages tandis que moi, Alphonse, je m’acquittais de ma fonction de chambellan dans une de ces odieuses familles d’aristocrates. Il me fallait m’y rendre tous les matins avant l’aurore, laissant mon piteux logis à mon grand regret. Je n’en pouvais plus de travailler pour ces ‘’aristos’’, alors que je peinais à me sustenter, ces nobliaux continuaient à s’asphyxier de parfums extravagants, de je ne sais où et d’essences empuanties particulièrement onéreuses. Je ne comprenais pas cette si grande disparité, je ne pouvais que citer notre bon Robespierre pour le justifier, « Tout aristocrate est corrompu, et tout homme corrompu est aristocrate. »

 

La routine s’installait tandis que les jours tendaient à se ressembler et que la famine grandissait. Les temps étaient rudes, et la crise financière rongeait le peu de nos économies. Ma rente suffisait à peine à conserver une situation proprement acceptable. Ah ! Il était bien gentil Lafayette, mais à vouloir aider ces ‘’Amerlocs’’ d’outre-mer, on nous condamnait à un état de délabrement si bien que le simple fait de manger à sa faim devenait un luxe. Le roi ne fut pas impunément pardonné, si bien que sa légitimité était questionnée.

Comme tous les soirs, en revenant de la besogne, je passai au zinc. J’appris alors qu’il y avait eu des conflits en Bretagne et en Flandres et que le roi fit actuellement dépêcher ses régiments près de Paris. Une certaine frénésie emplit rapidement le bar et je me dépêchai de retourner chez moi. Je courus par la rue de Lappe, certains passants eurent le regard avide en regardant par derrière vers la proche forteresse. Je n’eus pas le temps de me poser de questions que j’arrivai rue de Charonne. Je claquai vigoureusement la porte et m’enfermai empressement avec Roseline. Je sus tout de suite que la nuit serait agitée.

Les rayons de soleil commençaient à abreuver d’une douce chaleur la ville encore humide lorsque mon sommeil fut interrompu par des cris hystériques. Peu à peu dans le ciel, apparut une fumée dense et noirâtre suivit de l’odeur âcre de la poudre. Je me levai avec précipitation et m’avançai doucement vers la fenêtre. C’est à ce moment-là que m’apparut Paris dans une valse de feu sous la lumière rougeâtre de l’aurore.

 

Tom R., 2nde section internationale, décembre 2018.

***

Devoir de Nejmedine M. :

                                                  Jusqu’au dernier souffle…

Focalisation interne et zéro

   Au milieu des collines, se situe cette ville méprisée du nom de Vallauris. Encerclée par des villes touristiques telles que Cannes ou Antibes, Vallauris ne présente aucune saveur. Loin de la mer, sans paysage admirable ; elle est renfermée sur elle-même. Ses habitants lui ressemblent. C’est ce que se dit Julien. C’est là qu’il vit avec sa famille. Il ne cesse de s’en vouloir de vivre dans une ville aussi banale.                                                                         Petit médecin d’une petite ville, Julien est un homme sans importance. C’est une personne habituée aux résultats moyens. Il possède un petit cabinet très modeste sans décoration personnelle aussi petit qu’un débarras. Derrière son allure de personnalité importante, se cache un homme endetté à un point où il ne pouvait manger sa faim. On peut voir ses os qui transpercent sa peau. Même ses yeux d’un bleu à en couper le souffle, ne peuvent faire oublier ce corps flasque. Sa femme, Louise, à la beauté méditerranéenne, ne peut exposer ses beaux traits car n’ayant pas fait d’études, et pour éviter la faillite, elle passe ses journées à nettoyer de lugubres entreprises.                                                                                                                                                   

    Il l’a connu un beau matin d’hiver de manière très ordinaire. Un jour où il s’est arrêté au hasard dans une boulangerie du coin d’une rue, il fut frappé par son sourire et tout son corps se mit à trembler. Pour une fois, ce jour-là, il n’hésita pas à lui faire la cour. Il se sentit aimé et respecté. Et depuis ce jour, tous les deux ne se quittèrent plus.                                                                  

     Leur fille de deux ans, Anna, tient entièrement de son père, de part ses yeux mais aussi de tout le reste.                                                                                                                                                                                                 Julien s’ennuie, dans sa vie de tous les jours. Rien ne se passe. Tout est toujours si répétitif, si régulier. Mais ce quotidien, cette banalité sont bouleversés par une nouvelle terrifiante. Une épidémie mortelle envahie tout le pays. Selon les journaux en ce début de l’année 1946 une chose encore plus terrible que la seconde guerre mondiale est en train de se passer ; l’extermination de l’homme est annoncée. Une maladie se propage à une vitesse incroyable et a déjà atteint Vallauris. Elle menace également les pays voisins qui cherchent un moyen d’en échapper Des milliers de personnes contaminées sont décédés en une dizaine de jours. Des médecins sont déjà à la recherche d’un remède, une tâche qui s’avère très compliqué. Julien pensant à son serment d’Hippocrate, ne peut s’empêcher de se dire qu’il avait un rôle à jouer : « Et si je me mettais à la recherche d’un remède moi aussi ? Même un médecin comme moi ne peut rester sans rien faire ! » Son implication sera d’autant plus motivée car ce cataclysme va changer le cour du monde et même impliquer sa famille.                                                                                                                                        

 

 

Nejmedine M., 2nde section internationale, décembre 2018.

***

Devoir de Nour T. :

Focalisation zéro.

 

 

Le 25 novembre de l’année 1942, à Nice, le ciel était d’un gris inhabituel, les nuages cachant le soleil rendaient l’atmosphère terne et déprimante et une fine pluie tombait doucement sur la belle ville méditerranéenne.

 

Dans un sinistre appartement de la rue Barla, un vieil homme regardait par la fenêtre humide de sa chambre et écoutait le bruit des goutelettes s’abattant sur la vitre. Cet homme, assis dans un fauteuil abîmé, n’était, en réalité, pas si âgé mais son apparence était trompeuse. Il avait à peine quarante-et-un ans et des rides sillonnaient profondément son visage, le peu de cheveux qui lui restait était gris, sa peau était d’une grande pâleur comme s’il eût été malade et, enfin, il avait des cernes sous les yeux à longueur de journée sans doute à cause de ses nombreuses fatigues. Ce travailleur acharné en tenue crasseuse d’ouvrier tenait dans ses mains moites une enveloppe déjà ouverte sur laquelle était écrit son nom à l’encre noire, une enveloppe qu’il froissait dans ses paumes depuis déjà une heure entière. Cette lettre était maudite pour Pierre Lebrac car elle l’obligeait à participer au Service du Travail Obligatoire qui, depuis la loi française du 4 septembre 1942, contraignait les hommes de dix-huit à cinquante ans à travailler deux ans en Allemagne, malgré le fait qu’ils vivent en zone libre.

 

Soudain, il regarda derrière lui, d’un bout à l’autre de la pièce. Sa chambre était désordonnée, une multitude de vêtements traînée par terre et l’air poussiéreux était irrespirable. Sa femme, Abigaëlle, dormait paisiblement dans le lit conjugal. Depuis le diagnostic de son hypertrophie, elle ne pouvait plus travailler ni s’occuper de ses enfants. Avec le temps, la maladie la rendit laide, égoïste et dépressive. En voyant cela, Pierre crut devenir fou, après toutes ses années d’acharnement, d’efforts, de sacrifices et de travail en tant qu’ouvrier dans une usine qu’il détestait de toute son âme avec le seul but de réussir à nourrir sa famille et à élever ses enfants, il devait les abandonner afin de partir travailler pour l’ennemi. Il aurait tout fait pour sa femme, sa fille et son fils, cédant à chacun de leurs caprices. Il avait même quitté sa ville natale, Paris lorsque l’armistice fut signé le 22 juin 1940 et il s’installa en zone libre afin que ses enfants puissent grandir libres et sans aucune oppression.

 

 

De là où il était, il aperçut sa jeune fille marchant tranquillement, d’un pas nonchalant. Actuellement, Violette se permettait de faire l’école buissonnière, ce qui inquiétait fortement son père mais ce qu’il ne savait pas encore, c’est que sa chère petite fille fréquentait des personnes qui pouvaient lui apporter de nombreux problèmes. Effectivement, Pierre Lebrac aurait été à la limite de la crise cardiaque si seulement il avait su que deux heures auparavant, Violette conversait avec des jeunes gens de la Résistance niçoise. Non pas que les actes de ses jeunes lui auraient déplu mais il n’aurait pas voulu voir sa protégée mêlée à ces histoires dangereuses. La jeune fille de seize ans monta les escaliers du bâtiment, entra dans le petit appartement et embrassa son père sans même se soucier de ce qu’il tenait fermement dans ses mains tremblantes. Une trentaine de minute plus tard, M. Lebrac vit son fils, Antoine, courant à en perdre haleine. Ce cancre était, sans surprise, allé jouer au football avec ses camarades de classe après l’école et en avait oublié le temps qui passe. A la fin de sa course, essoufflé, il leva la tête, croisa le regard furieux de son géniteur, fit un petit sourire désolé et entra dans l’immeuble. La pensée de partir et de le revoir quand il aurait douze ans était insupportable pour Pierre. Alors qu’il était en profonde réflexion sur la manière d’annoncer son horrible nouvelle, sa femme se leva lentement et descendit au salon.

 

Il prit l’enveloppe, essuya la larme qui coulait sur sa joue et ce fut alors avec une grande tristesse qu’il descendit les escaliers étroits, la lettre à la main et l’air angoissé, désespéré et impuissant, afin de confesser ce qui l’avait hanté pendant des heures à sa famille qui, elle, était paisiblement installée au salon sans se soucier de ce qui l’attendait...

 

Nour T., 2nde section internationale, décembre 2018.

***

Devoir d’Alexandra B. :

En une matinée de juin 1892, le soleil brillait haut dans le ciel sur la ville de Caen. Jasmin, caché derrière une petite fenêtre enfouie sous la poussière, contemplait l’étrange monde qui l’entourait. Il était resté derrière cette vitre toute la matinée sans bouger, en subissant la chaleur des fines particules qui traversaient l’épaisseur du carreau et s’attardaient sur sa peau pâle et fragile.

Le jeune De La Torre était grand, assez mince et avait la peau aussi blanche que la neige. Il était en effet très pâle, l’effet de son teint avait été causé par le manque de soleil et d’air frais depuis le début de l’été. Jasmin avait très peu d’amis et préférait donc rester chez lui. Ses cheveux étaient d’un brun obscur et ses yeux d’un vert banal. Son large sourire, bien que très peu vu sur son fin visage, laissait entrevoir des dents jaunes et tordues. Sa famille n’étant pas très riche, il portait généralement le même pantalon gris tous les jours. Il n’était ni laid ni beau, c’était un garçon de nature timide et peu souriant.

La demeure de la famille De La Torre était une petite et vieille bâtisse façonnée entièrement de pierres et située à l’écart du village. Jasmin, ce matin-là, admira une fois de plus l’extérieur qui l’attirait tant. Le vaste ciel bleu couvrait, tel le toit d’une maison, la région normande. Les jours de grand soleil étaient rares dans le nord de la France. Les journées étaient plutôt grises, lorsque l’orage venait frapper la Normandie, ou bien rose, lorsque le soleil, après être resté éveillé toute une journée pour veiller sur ses habitants, partait se coucher.

 Il admira également la vaste forêt qui encerclait la maison. En hiver, elle était nue. Les arbres squelettiques sans leur manteau frissonnaient au contact de la neige. Au printemps, leurs ornements réapparaissaient et donnaient au paysage un renouveau spectaculaire. Lorsqu’arrivait l’été, les arbres étaient sous leurs plus beaux jours, leur feuillage était bien garni et d’un vert pétillant, laissant les autres saisons jalouses. Puis, à l’automne, le cycle des saisons reprenait à nouveau son rythme. Les feuilles recommençaient à tomber de leur branche après s’être métamorphosées et laissant ainsi, derrière elles, un magnifique contraste de couleurs chaleureuses, virant du jaune à l’orange, et du rouge au marron.

Et finalement, ses yeux se posèrent au loin, sur le miroir humide qui reflétait sur sa peau, l’humeur variante du ciel. C’était la mer, si désirée par Jasmin depuis le départ de son père, deux ans auparavant.  Ce dernier, matelot d’un petit bateau, les avait quittés, un soir d’automne 1890, pour un voyage en mer qui devait durer trois semaines. Or, malheureusement, le père De La Torre n’était pas revenu et tout laissait à croire que le bateau avait eut un accident.

Le lendemain, tôt dans la matinée, Jasmin trouva dans le grenier de vieux souvenirs de son père. De nombreuses maquettes de bateaux, carnets de voyages, boussoles et stylos étaient cachés dans des cartons noircis par le temps. Au fond d’un, il découvrit un cadre rempli de poussière et vieilli par le temps. Il souffla dessus, et y trouva une peinture qu’il avait déjà vu ailleurs. L’œuvre représentait la mer qui se déchainait sur des roches immobiles. Il se demanda où il l’avait vue. Puis, il s’en souvint : c’était une œuvre qu’ils avaient étudié en classe de première, l’année précédente. Elle s’appelait « Tempête, côtes de Belle-Île », et avait été peinte par Claude Monet. Jasmin se demanda donc pourquoi sa mère l’avait caché dans des cartons si cette peinture était l’œuvre d’un artiste très connu et qui valait sûrement beaucoup d’argent. Il continua à fouiller et découvrit une lettre, une lettre qu’il n’aurait pas dû lire mais qui allait changer sa vie.

 

Alexandra B., 2nde section internationale, décembre 2018.

***

Devoir d’Eglantine D. :

Narrateur omniscient/ focalisation zéro

 

 

                Le soleil se levait doucement et la luminosité remplissait le petit appartement de quelques mètres carrés seulement du 20ème arrondissement de Paris d’Elena Miller. Après plusieurs années de petits emplois dans les cafés des alentours, elle venait d’obtenir un poste d’institutrice dans un établissement près de chez elle. Elle pouvait si rendre à pied. Cette nouvelle lui était parvenue par écrit quelques semaines auparavant. Son départ d’Angleterre avait déçu sa famille mais elle avait besoin de changer d’air.

                Le matin du jour de la rentrée 2015, elle avait déjà pris du retard, ayant oublié son réveil. Elle se dépêcha de mettre sa paire de talons, les mêmes qu’elle mettait régulièrement depuis son arrivée en France. Elle lui portait soit-disant bonheur. La paire fatiguait jour après jour et les coutures commençaient à lâcher. Les chaussures était trop petites et ses orteils lui faisaient mal car elle avait grandi depuis leur achat. Elle descendit les marches de son immeuble deux par deux et sortit sur la rue bruyante pour commencer sa course vers l’école. Elle n’eut pas le temps de prendre son café habituel. Les vacances d’été lui permettaient de rester une demi-heure dans le café du coin pour déguster sa boisson préféré. Ce changement d’habitude la dérangeait. Les propriétaires du café, eux, étaient bien contents qu’elle ne revienne plus car elle était mal poli,  énervait souvent le serveur du jour et elle pensait toujours être la seule cliente.

                Ce jour-là, elle portait une robe d’été bleue qu’elle avait mis toute la saison mais le doux vent de septembre lui fit presque regretter son choix. Elle était tachée au niveau de la taille après qu’un bout de son repas lui tomba dessus quelques semaines auparavant. La tache n’étant jamais partie, elle avait donc ajoutée une ceinture à sa tenue pour continuer de la porter, bien qu’elle n’aimât pas l’admettre. Cette robe accentuait ses longues jambes qu’elle adorait tant. Pourtant, ses jambes étaient disproportionnées avec le reste de son corps. Son petit visage rond était centré par son nez imposant qui cachait ses lèvres fines.

Ses écouteurs étaient placés dans ses oreilles comme à chaque sortie dans la rue. Elle écoutait la « Sonate pour deux pianos, Köchel 448 » de Mozart qu’elle adorait écouter quand elle se sentait angoissée. Elle ne connaissait pas encore le malheur qui allait lui arrivé, que ce morceau ne pourrait pas soulager.

                Sur sa route, elle n’aimait pas le nombre de passants qui l’entouraient et n’aimait pas non plus la foule de Paris. La plupart des Parisiens pensait comme elle. Ils avaient seulement choisi cette capitale car elle contenait le plus d’offres d’emplois. Elena détestait même son vieil appartement qui faisait la taille de son ancienne chambre en Angleterre.

                Après avoir marché une quinzaine de minutes, elle arriva devant l’école. La façade était mal entretenue et ne lui donnait pas envie d’entrer. Le portail, lui, situé devant la cour de récréation avait créé des sillons sur le sol en graviers. Peu à peu, elle se rendit compte que l’école  était vide et elle se dit qu’elle avait dû arriver en avance malgré son retard initial. Elle attendit sur le bord pendant une durée interminable mais personne n’arriva.

               

 

Eglantine D., 2nde section internationale, décembre 2018.

***

Devoir de Mélanie C. :

En ce dimanche 21 août 1943, nous étions tous réunis dans la grande maison familiale au 13 via Trieste à Delianuova dans le sud de l'Italie pour fêter l'anniversaire de ma sœur aînée Maria. Le bâtiment était sur deux étages mais avec une multitude de petites pièces. La salle à manger était étroite, tout en longueur avec des meubles en bois foncés passés de génération en génération et qui rendaient la pièce plus sombre. De retour de la messe, à la fin du repas, mon père Nicolas Demarte, un homme de quarante-cinq ans, grand et imposant avec des petits yeux enfoncés, des sourcils épais, un gros nez, des cheveux déjà grisonnants pour son âge, vêtu de son habit du dimanche, s'est levé pour faire une annonce très importante à sa femme, son fils et ses cinq filles. Moi Louisa, la benjamine, âgée de douze ans dotée d'un fort caractère, avec des yeux très foncés et deux longues tresses, avec une robe trop grande empruntée à une de mes sœurs, l'écoutais attentivement et avec inquiétude. Mon père nous dit que toute la famille devait rassembler ses affaires et des vivres parce que dès l'aube nous devions nous réfugier dans l'Aspromonte, un massif montagneux de la Calabre. En effet, des divisons blindées allemandes se rapprochaient de notre village, situé sur une des routes principales de la région. Les Alliés étaient en Sicile et se préparaient à débarquer à Reggio afin de combattre les armées d'Hitler et de Mussolini sur le continent .

 

Dans la nuit et bien avant la rosée du matin, nous partîmes avec nos baluchons en direction des montagnes sur des chemins de pierre, bordés par des champs d'oliviers ; le paysage changeait de plus en plus, il y avait des chênes qui étaient remplacés par des sapins au fur et à mesure de notre avancée. En cet fin d'été, il faisait un peu froid sur ces hauteurs. Je n'aimais pas marcher, et j'avais de lourds souliers aux pieds ce qui rendait ce périple encore plus long et pénible. En fin de journée, avec ma famille, nous arrivâmes dans une bergerie. Cet abri de pierre était composé de trois petites pièces qui pouvaient nous accueillir de façon rustique. Dans chaque pièce, nous trouvâmes des objets que d'anciens bergers utilisaient durant le pâturage estival. Nous nous installâmes.

Le lendemain, un cousin nous apporta des nouvelles du village. Il nous annonça que les Allemands avaient commencé à détruire certains bâtiments dans Delianuova pratiquant ainsi une action de terre brulée pour empêcher les Alliés de progresser dans le sud de la péninsule italienne.

Cela me fit peur, je m’inquiétai pour mes amis, ceux qui n 'avaient voulu quitter le village. Et je me demandais combien de temps nous allions rester dans ces montagnes.

 

Mélanie C., 2nde section internationale, décembre 2018.

***

Devoir de Thibault M. :

Focalisations utilisées : focalisations interne et zéro

             Par une matinée de février 1943, le soleil se montra à nouveau depuis un certain temps dans le ciel de Villelongue-de-la-Salanque, où la pluie et la grêle n’avait cessé de choir des semaines durant. Albert Maillard s’asseyait comme tous les dimanches sur le vétuste fauteuil grisâtre que son père lui avait légué à sa mort, dix ans plus tôt. Il n’était pas confortable, lui faisait mal au dos, mais malheureusement, Albert n’avait pas les moyens de se procurer du mobilier neuf, en particulier en temps de guerre. Encore ces satanés Allemands. Il saisit du bout de ses gros doigts boursouflés le journal L’Humanité avec la date de ce jour-là inscrit au centre : Dimanche 07 Février 1943.

Il lui était parvenu par un petit enfant qui courrait les rues en distribuant toutes sortes de journaux illégaux afin de gagner une poignée de centimes de franc pour lui et sa pauvre famille résistante. Ce petit enfant n’avait pas le choix, il se disait que la vie était injuste et qu’il ne méritait pas cela. Albert n’arriva que très mal à déchiffrer les colonnes du journal. Le papier jaunâtre était de très mauvaise qualité, il était fin, froissable et éraflé en ses extrémités. La qualité d’impression était médiocre et très peu lisible, ce qui donnait au texte une apparence de surimprimé, comme si les caractères se chevauchait. Cela venait souvent du faible encrage des vieilles machines qui peinaient à sortir les quelques planches du quotidien. La qualité du journal avait diminué subitement après son interdiction le 25 août 1939. Le périodique étant illégal désormais et la production s’étant exilée dans plusieurs petits villages de la France Libre, la procuration de ces derniers était devenue quasiment impossible.

Albert avait réussi à éviter de partir au front grâce à un petit diplôme en mécanique aéronautique et automobile, obtenu lors de sa tendre jeunesse oubliée. Il n’était pas très fier d’avoir quelque peu déserté le front, sa famille n’était point orgueilleuse de lui non plus, cependant partir en guerre revenait au même que se donner la mort directement. Il faut dire que Maillard se plaisait plutôt dans sa situation actuelle. Bien que cette dernière fût banale et très modeste, il avait réussi à contourner l’Appel National, vivait paisiblement dans un petit village près de Perpignan et travaillait pour l’Entente ce qui, d’un point de vue moral, le soulageait en partit.

Lorsqu’il eut fini de lire le numéro de L’Humanité, il décida de partir réparer sa Citroën Traction qu’il s’était procurée il y avait de cela trois ans, lors de sa mise en circulation. Les plaquettes de freins étant assez usées, il saisit dans la boîte à outils, que sa famille possédait depuis des décennies, quelques outils indispensables et il s’attela à cette tâche. Il retira premièrement la pédale de freins et son levier afin d’avoir accès au système de freinage. Une fois cette action effectuée, il se mit sur les genoux afin de retirer les plaquettes de freins des deux roues avant. Quelle douleur ! Ses articulations lui faisaient atrocement mal depuis quelques années. Malgré cela, il continua et se faufila sous la voiture pour y effectuer une petite vérification. Albert se releva ensuite pour aller saisir les nouvelles plaquettes et revint auprès de son automobile pour les y placer. Une fois la réparation achevée, lorsqu’il se releva, Albert entendit le grondement sourd très représentatif des avions allemands. Les moteurs très reconnaissables des chasseurs de la Luftwaffe résonnèrent dans tous les murs de sa demeure. Il perçu le passage de l’avion allemand à travers l’imposte de la porte du garage. Premièrement apparurent les hélices qui découpaient le ciel sans pitié. Ensuite, Albert distingua les trains d’atterrissage, puis les ailes affilées laissant dans leur passage un sillon de fumée blanchâtre. Enfin, il vit la dérive et les stabilisateurs partir au loin à travers le village.

L’invasion Nazie allait bientôt avoir lieu, et personne n’y était préparé, y compris lui.

 

Thibault M., 2nde section internationale, décembre 2018.

***

Devoir d’Imène C. :

CARTOUSH

Focalisation interne:

Nous étions à l'église, le 10 Octobre 1810, il faisait frais à cette époque de l'année. Moi, Blanca, j'étais habillée d'une robe blanche terne qui  était en totale opposition à mes cheveux noirs comme l’ébène: J’avais décidé de me faire remarquer en choisissant en plus des chaussures rouges. J'étais avec ma mère, quand une jeune femme vint discuter avec elle. Je remarquai de suite cette silhouette  de danseuse  …Elle semblait  merveilleuse alliant la beauté et la grâce mais  de plus près, on remarquait de suite  des cicatrices au visage,  son nom énigmatique était  Cartoush. Elle avait les cheveux longs d'un blond scintillant, tout en ayant ses pointes abîmés. Cette dame était grande et semblait coquette car, elle était vêtue d'une tenue très élégante faîtes de coton et de soie cependant de couleur jaunâtre, ce qui nuisait à la première impression. Ses souliers verts, au bout carré ne se confondaient pas vraiment avec sa robe. Ma mère invita Cartoush  à notre table mal dressée. Elle nous conta son douloureux passé, cette pauvre dame avait eu un mari infidèle, qui ne prenait guère soin d'elle. Je pouvais lire sur son visage une grande peine et je devinai facilement l’origine de ses cicatrices. Peu à peu, nous la vîmes chaque jour et pour moi, Cartoush, fut comme une grande sœur que je n'ai pas eue. Certes, je n'ai pas eu de grande sœur, car celle-ci nous a quittés lors de la Révolution Française. Quelle fut  ma surprise quand trois semaines après, nous la revîmes, très joyeuse, resplendissante et totalement métamorphosée. Je me suis demandée ce qui s'était passé et Cartoush nous expliqua, qu'elle avait fait la rencontre d'un jeune infirmier dévoué à la nation, de bonne famille c’était invraisemblable! Cette rencontre inespérée pour elle, m'a paru étrange. J'étais loin de savoir que je connaissais cette personne.

 

Imène C., 2nde section internationale, décembre 2018.

 


Date de création : 06/12/2018 @ 16:54
Dernière modification : 06/12/2018 @ 16:54
Catégorie : Copies d'élèves 2018/2019
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