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Copies d'élèves 2018/2019 - Commentaire 2ndes 4 et 5


Commentaire composé le 1er mars 2019.


Soleils couchants (in Les feuilles d’automne, 1831) de Victor HUGO.

Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées ;
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !

Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.

Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde, immense et radieux !

 


Devoir de Tom R. :

        Le XIXème siècle est un siècle d’expression poétique, marqué de la volonté de libération des sentiments autrefois confinés dans un classique codifié. Une révolution littéraire et bien historique avec en parallèle les « Trois Glorieuses ». Victor Hugo, est un des plus grands romantiques français, auteur de romans, de pièces de théâtre et de poésies dont il est le maître. Le romantisme s’esquisse de par les grandes thématiques de l’amour, de la nature, et des sentiments. « Soleils couchants », poème composé de quatre quatrains et d’ alexandrins, appartient au recueil Les Feuilles d’automne, recueil d’une très grande maturité, alors que l’auteur n’a que vingt-neuf ans. Ce poème de Victor Hugo explore les thèmes de la nature et de la vie et regrette les méfaits du temps, qui dérobe vitalité et jeunesse.


            Ce poème offre une vision très mature et romantique d’un monde idyllique, où vie et nature s’accordent dans un renouvellement perpétuel. La conception de la vie selon Victor Hugo, n’est qu’un cycle « sans cesse » (v.12) et sans fin. Ce caractère éphémère souligné par le poète de par la notion de vieillissement et son champ lexical : « ridés » (v.10) ; « vieillis » (v.10) ; « refroidi » (v.14). Cette vie qui semble s’estomper peu à peu pour le poète à mesure que « chaque jour » (v.13) passe. Selon le philosophe antique, Epicure, et sa célèbre formule d’Horace : Carpe Diem (cueille le jour), profiter de l’instant présent reste une solution face à cette vie si éphémère soulignée par l’adverbe « bientôt » (v.15). Ce que le poète démontre par le caractère joyeux du dernier quatrain, dans une ambiance « joy[euse] » (v.14) et de « fête » (v.15). La disparition du poète, quant à elle, semble insignifiante face à l’immensité et la grandeur du monde. Ce sentiment soutenu par les images hyperboliques d’un monde, « immense et radieux » (v.16), amplifié structurellement et stylistiquement tel que le vers est placé à la rime du dernier quatrain et souligné par la diérèse de « radieux ».  On retrouve par ailleurs la formule lyrique, avec l’expression du « moi » (v.13) et du « je » (v.15). Lyrisme qui va de pair avec la description grandiose du cadre naturel opposé au sort insignifiant et bien naturel de l’Homme.
              Cependant, bien qu’au fur et à mesure que le temps passe, les jours s’écourtent pour le poète, la nature, elle, semble inchangée. En effet, bien que le temps s’écoule et « s’enfuit » (v.4), la nature omniprésente comme l’attestent, « les monts » (v.6) ; « les fleuves » (v.7) et les « mers » (v.6), s’en va « rajeunissant[e] », et s’inscrit dans la continuité, un cycle inexorable. Jours et nuits se succèdent, l’un après l’autre, « la nuit ; puis l’aube » (v.2-3). Cette succession qui se traduit à la fois par des rimes croisées, tout au long du poème, ainsi que d’une alternance ininterrompue de rimes masculines et féminines. Mais également au travers de la personnification du cadre naturel, tel que « la face des eaux, et le front des montagnes, ridés et non vieillis » (v.9-10) définissent une nature controversée ou âge ne va pas de pair avec vieillisse. L’eau qui ondule et les strates des montagnes rocheuses peuvent en effet faire penser à des rides mais qui toutefois restent inébranlables et permanentes. Le caractère « non veilli[] » (v.10) de la  nature est de plus placé à la place stratégique de l’hémistiche, insistant donc sur la persistance de la nature. Cette persistance, qui se traduit aussi structurellement, de par la conservation tout au long du poème de quatrains et de vers nobles en alexandrins. De plus, la forme en quatre quatrains peut aussi se référer aux quatre saisons et au cycle incessant de celui-ci. La nature, le poète sont tous deux dépendants du renouvellement de la vie et des saisons.


         Nature et Homme, aux dépens du temps, tandis que la vie s’écoule et s’enfuit, les fleuves et les eaux eux aussi s’esbignent. En effet, l’écoulement de l’eau, son cycle, et sa pérennité sont métaphoriquement utilisés par Victor Hugo afin d’imiter la fuite du temps. L’élément liquide bien présent au travers du poème avec, « les nuées » (v.1) ; les « mers » (v.6) ; « les fleuves » (v.7) ; les « eaux » (v.9) et le « flot » (v.12). Au vers 13, le poète imite le cycle perpétuel de l’eau avec « le fleuve des campagnes prendra sans cesse aux monts le flot qu’il donne aux mers » (v.11-12). L’harmonie et l’écoulement cyclique de l’eau se retrouve aussi avec « les eaux […] s’iront rajeunissant[es], et la césure à l’hémistiche, traduction stylistique d’un équilibre harmonieux. Le caractère, « rajeunissant » (v.11) de l’eau, en opposition avec le vieillissement incessant, « chaque jour » (v.13) du poète. La présence de l’eau, de la liquidité, qui se retrouve par ailleurs au niveau des sonorités avec une allitération en [L], composée de, « l’orage, et le soir, et la nuit ; puis l’aube, et ses clartés » (v.2-3), traduisant et permettant une certaine fluidité de lecture, brève, tout comme la fuite du temps. Cette fuite inexorable est explicitement décrite par le poète, à la rime du dernier vers, du premier quatrain, avec sa personnification et les « pas du temps qui s’enfuit ! » (v.4). Le temps qui s’empresse et qui ne s’arrête pas est exprimé par le signe d’exclamation. Ses pas, symboliques du temps qui passe, tout comme les jours, « en foule » (v.5), amplifiés de par le chiasme au vers 5 et la répétition du verbe, « passeront », telle une certitude. Cette fuite provoque chez le poète et les « morts » (v.8), les trépassées, de la « confus[ion] » (v.8). L’eau métaphorique du temps qui passe est une constante dans la littérature, depuis l’Antiquité avec Héraclite, jusqu’au XXème siècle avec Apollinaire. Victor Hugo a lui aussi fait usage de cette métaphore pour symboliser la fuite inexorable du temps.
              De plus, Victor Hugo a ajouté une dimension mortifère à cette fuite du temps. Le poète, « courbant plus bas [l]a tête » « chaque jour » (v.13) passant. Ce qui semble le rapprocher peu à peu de la terre, de la mort. Au vers 14, l’antithèse, « refroidi sous ce soleil joyeux » (v.14), explicite encore plus ce contraste entre vie et mort, froideur et chaleur. Le champ lexical de la mort et de l’obscurité amplifiant aussi la dimension mortifère du poème, avec le rythme ternaire de « l’orage, et le soir et la nuit » (v.2), les « clartés obstruées » (v.3), ainsi que le chant « confus des morts ». Dans le dernier quatrain, le poète insiste sur la notion de disparition et le caractère éphémère de la vie, avec l’euphémisme, « je m’en irai bientôt » (v.15) placé à la césure à l’hémistiche. Ce qui se réfère en toute évidence à la mort, le poète n’a pas de control sur le temps, il en est victime. Le dernier vers du poème, rappelle à quel point l’Homme et son existence sont insignifiantes à tel point que « rien manque au monde ». Afin de lutter face à cette fuite inexorable du temps, qui dérobe vie et sentiments, l’Homme n’a que pour solution le Carpe Diem.


           En conclusion, Victor Hugo reprend les thématiques principales du Romantisme : le lyrisme, la nature, et la fuite du temps. On comprend de par ce poème, la frustration du poète, qui à l’âge de vingt-neuf ans, a vu sa jeunesse et son enfance s’écouler trop vite. Ce poème dénonce donc la fuite inexorable du temps, constante en littérature, et on retrouve une certaine intertextualité entre le poème de Victor Hugo et « Le Lac » de Lamartine, où le poète se retrouve victime du temps lui aussi.

Tom R., 2nde section internationale, avril 2019.

 

***


Devoir d’Elisabeth :


       Deux révolutions industrielles ont touché l’Europe durant le XVIII siècle ainsi, le Romantisme est apparu et est devenu un mouvement littéraire qui cherche à renouveler les formes de pensée et d'expression en rejetant les règles classiques et le rationalisme. Victor Hugo est un des plus grands romantiques français, il est reconnu pour son recueil poétique Les feuilles d’automnes qui est d’une très grande maturité. Soleils Couchants est un des poèmes qui vient de celui-ci. Il présente une méditation sur la condition humaine face à la nature d’où le thème principal de la fuite du temps, caractéristique du romantisme. Ce poème est tout d’abord axé sur deux temps contradictoires et au lyrisme malheureux, qui sera abordé en un second temps.


       Tout d’abord, les deux temps antinomiques se retrouvent tout au long de Soleils Couchants. En effet, la fuite du temps en relation avec le vieillissement du poète est projeté dans les strophes une, deux et quatre. Premièrement, “Le soleil s’est couché” (v.1) est à l’attaque du poème, par conséquent il possède une place très importante. Ce début de phrase prouve qu’encore une journée s’est terminée. De plus, Victor Hugo met en évidence la répétition des jours et la connaissance de leur déroulement à travers le vers 2 “Demain viendra l’orage, et le soir, et la nuit;”. Par ailleurs l’anaphore de “puis” (v.3 et 4) nous le montre à nouveau. Le temps est personnifié c’est-à-dire que des caractéristique humain lui sont attribuées : “pas du temps qui s’enfuit” (v.4) pour montrer qu’il est irrévocable. Ce bout de phrase est placé stratégiquement : le dernier hémistiche de la strophe. Deuxièmement, l’anaphore du verbe : “passeront” au vers 5 renforce la notion des jours qui disparaîtront. L’eau est métaphorique au temps qui passe. Effectivement, l’allitération des sons [s] (bruit de l’eau) et [l] (liquidité de l’eau) démontrent cela avec les mots : “ces”, “passeront”, “ils”, “foule” (v.5), “face”, “la”(v.6), “les”, “fleuves”, “roule” (v.7) et “sur” (v.6 et 7). La dernière strophe est la plus influente en rapport avec thème. Non seulement, Victor Hugo atteste qu’il vieillit mais aussi mourra un beau jour. Cela est prouvé grâce à : “sous chaque jour courbant plus bas ma tête” (v.13) et à l’euphémisme “Je m’en irai bientôt” (v.15) qui atténue la réalité : sa mort. Finalement la présence des verbes au passé composé (“s’est couché” (v.1)), au présent de l’indicatif (“passe” (v.14)), et au futur simple (“m’en irai” (v.15)) permet de créer une dialectique entre passé, présent et futur qui évoque la fuite inévitable du temps.
           En outre, on remarque qu’il y a une opposition entre la fuite du temps et l’immortalité de la nature. Même si le temps s’écoule pour les humains, la nature restera toujours identique. “Ridés et non vieillis” (v.10) qui se trouve à l’attaque du vers (place favorisée), est une antithèse et une personnification des montagnes destiné à avoir la nature au même niveau qu’un humain. Victor veut démontrer que les éléments naturels change mais ne vieillisse pas. De plus “les bois toujours verts” (v.10) renforcent cette idée. Les quatre quatrains peuvent définir le cycle des saisons. Enfin le dernier vers de la strophe trois montre le cycle de l’eau : l’eau des montagnes se rejoint au fleuve qui lui s’écoule dans la mer. Métaphoriquement, c’est une cercle temporel, c’est-à-dire qui ce répète sans cesse. Ainsi, la dimension mortifère du temps pour le poète est en contraste avec l’infinité de la nature.


         L’opposition des temps, autrement dit, la fuite du temps pour les humains et l’immortalité de la nature sont le sujet du lyrisme dans le poème. En effet la mélancolie augmente en parallèle avec le vieillissement. Dans le dernier vers de la strophe deux : “Comme un hymne confus des morts que nous aimons”, Victor Hugo est confronté avec la perte d’êtres chers, ainsi on comprend son deuil. De plus avec la conjonction de coordination “Mais” (v. 13) on peut penser que le poète est jaloux de la nature ou même qu’il se plaint. L’euphémisme “refroidi” (v. 14) démontre bien que le poète vieillit. Mais le dernier vers du poème montre que Victor Hugo aime le monde qu’il devra quitter un beau jour. Il le qualifie de “immense et radieux !”. Ce dernier mot a une place importante, en effet il se trouve à la fin du vers et du poème, de plus il contient une diérèse ce qui le met en avant. Le vieillissement des humains est un déclencheur de la mélancolie qu’il éprouve, or la nature, personnifié est décrite autrement.
         Pour finir, la nature est plus joyeuse en comparaison avec le poète. Les adjectifs qualificatifs “fleuves d’argents” (v. 7) , “toujours verts” (v. 10), “rajeunissant” (v. 11), “ce soleil joyeux” (v. 14) montrent qu’elle est rayonnante, encore jeune et pleine de vie. Ensuite il décrit le monde comme un endroit festif “au milieu de la fête”. Les rimes croisées sont féminins et masculins, toujours dans cet ordre, pourraient représenter l’opposition de la nature et de Victor Hugo. De plus la personnification des montagnes et des eaux : “face” (v. 9) ou “le front” (v.9) prouve que le poète prend les éléments naturels pour des humains. Il fait ceci pour mettre la nature au même niveau que lui pour le décrire plus facilement. Donc en effet, le lyrisme appartenant au vieillissement de poète est sujet de la nature dont il est jaloux.

 

         En conclusion, Victor Hugo reprend dans Soleils Couchants les idées du Romantisme : le lyrisme, la nature et la fuite du temps. En effet ces thèmes se retrouvent dans beaucoup d’autres poèmes romantiques comme Le Lac de Lamartine qui à travers la nature, plus précisément à travers l’eau, montre l’élégie et le lyrisme.

Elisabeth, 2nde section internationale, avril 2019.


***


Devoir d’Eglantine D. :

 

        Le XIXème siècle fut marqué par de nombreux changements politiques entre empires et républiques. C’est donc pendant ce siècle que le mouvement du Romantisme est apparu. S’opposant au Classicisme, qui inhibe les sentiments, le Romantisme se centre autour de l’expression du “Moi” et des sentiments intenses et intimes. Victor Hugo fut un des plus grands poètes romantiques français excellant aussi dans le théâtre et le roman. Dans son recueil Les feuilles d’automne, a seulement 29 ans, il écrit “Soleils couchants” qui aborde les thématiques classiques du Romantisme. Dans un premier temps nous allons voir la présence d’une nature imposante et dominante puis, dans un second temps, la fuite inexorable du temps.

 

            Tout d’abord, la nature est représentée dans ce poème comme imposante et supérieure. Le champ lexical de la nature est très présent avec les noms “soleil” (v.1), “nuées” (v.6), “monts” (v.6), “eaux” (v.9), “bois” (v.10), “campagnes”(v. 11). Nous pouvons aussi trouver un champ lexical plus intense avec les noms “orage” (v.2), “montagnes” (v.9), “fleuves” (v.7) qui représentent la puissance et la dureté présentes dans cette nature. Grâce à l’antithèse “refroidi” (v.14), qui se rapporte au poète, et “soleil joyeux” (v.14), l’un qui a une connotation négative et froide et l’autre plus positive et chaleureuse, nous remarquons la supériorité de la nature par rapport au personnage du texte. Cela peut aussi être évoqué par la ponctuation forte utilisée après les “adjectifs “immenses et radieux!” (v.16) qui complète le nom “monde” (v.16). La diérèse présente sur l'adjectif “radieux” renforce aussi cette sensation de divinité donné au paysage. Le poète utilise des mots décrivant la nature se trouvent aussi à des places privilégiés, “orage” (v.2), “mers” (v.6), “eaux” (v.9), qui se trouvent a l’hémistiche, et “monts” (v.6), “montagnes” (v.9), “nuées” (v.1), “verts” (v.10), “campagnes” (v.11), qui se trouvent à la rime. Ces mots renforcent le sentiment de supériorité et d’intensité de la nature. Cette dernière est aussi personnifiée au vers 10, à travers les montagnes “ridés et non vieillis”. Cette opposition donne une impression d’éternité aux montagnes et à la nature en général. Tout cela représente une nature supérieure et puissante qui domine tout ce qui l’entoure.
                De plus, la nature est décrite à travers une alliance entre l’eau et la montagne. L’anaphore de la conjonction de coordination “et” (v.2, 3, 10, 14, 16) peut faire penser à cette alliance. On trouve dans le texte une allitération en [f] qui représente l’écoulement de l’eau avec “face” (v.6), “fleuves” (v.7), “flot” (v.12), “enfuit” (v.4). Cette figure de style se trouve aussi dans la description de la forêt, ce qui associe les deux, avec “front” (v.9), “forêts”(v.7), “face” (v.6). L’allitération en [m], au contraire, elle, évoque la montagne avec “mers” (v.6), “monts” (v.6), “hymne” (v.8), “aimons” (v.8). Le poète créé un parallélisme entre le premier et second hémistiche des vers 6 et 7 qui parlent d’abord de l’eau puis de la verdure ce qui rapproche les deux idées. Le poème de Victor Hugo est constitué de rimes croisés, ce qui alimente donc le contraste entre eau et montagne. Cela ajoute donc à leur alliance. La place privilégiée à la rime de “campagnes” (v.11), et de “mers” (v.12) accentue davantage le fait que cette nature est divisée en deux mais reste liée. Cela rappelle cette liaison entre l’eau d’une part et la montagne de l’autre.

 

             La nature décrite avec la verdure et l’eau montre ce qui reste d’un côté et le temps qui s’enfuit d’un autre côté, ce qui accentue l’idée du temps qui passe. Le temps, dans ce texte, est représenté par l’eau qui coule, et la verdure et la montagne représente l’inverse, ce qui reste. Le “fleuve des campagnes” (v.11) est personnifié car il “prendra sans cesse” et “donne” (v.12). L’eau passe donc et coule sans s’arrêter ainsi que le temps qui passe de la même façon. Le bois est associé avec l’adverbe “toujours” (v.10) ce qui insinue qu’il reste, qu’il est éternel. Ces derniers sont aussi décrits comme “rajeunissant” (v.11). C’est une antithèse qui s’oppose à “ridés” (v.10) pour renforcer le fait que le naturel reste inchangé, la nature se régénère chaque année. Le temps n’a pas de prise sur la nature pérenne. L’eau est décrite avec les noms “fleuves” (v.7) et “mers” (v.12) qui représente l’eau agitée, qui coule, à l’inverse d’un lac par exemple. Ces noms indiquent donc la fluidité et l’écoulement comme le temps qui passe.
             Ensuite, la fuite du temps apparente dans le texte est inévitable. L’opposition entre le passé composé “s’est couché’ (v.1) et le futur simple “viendra” (v.2) insiste sur la fuite rapide du temps car l’on passe du passé au futur sans même évoquer le présent. Ce passage du temps est explicitée au vers 4, “pas du temps qui s’enfuit!”. Le poète personnifie le temps qui est de plus renforcé par la ponctuation forte. Une autre opposition est apparente aux vers 1 et 2 avec les indicateurs de temps “ce soir” (v.1) et “demain” (v.2) qui renforcent le passage des jours. L’utilisation des mots “sans cesse” évoque la pérennité du temps ainsi que le temps qui passe entre nos doigts, comme de l’eau, sans qu’on ne puisse l’arrêter. La fuite inexorable du temps peut aussi être représentée par des verbes de mouvements comme “passeront” (v.5), “prendra” (v.12), et “donne” (v.12). L’anaphore de “puis” aux vers 3 et 4 ajoute une insistance au propos. Le champ lexical de la journée “le soir” (v.2), “la nuit” (v.2), “l’aube” (v.3), “les nuits” (v.4), “les jours” (v.4), rappelle une journée qui passe et donc une fuite inévitable du temps.
             Enfin, la fuite du temps rend le poète impuissant. La conjonction de coordination “mais” (v.13) montre que le poète est inférieur. Cette infériorité se remarque aussi physiquement au vers 13, le poète “courbant plus bas [sa] tête”. L’antithèse de “refroidi” et “soleil joyeux” (v.14) insiste sur le fait que le poète est impuissant. Ce dernier explique qu’il mourra bientôt “sans que rien manque au monde” (v.16). Ceci étant le dernier vers, il montre donc la fin du poème ainsi que la fin de la vie du poète. Le contraste entre la nature pérenne et éternel, sur laquelle le temps n’a pas prise, et l’homme mortel rend le poète est impuissant. Il est inférieur et se sent inutile et invisible face au temps qui passe tout autour de lui, sans qu’il ne puisse rien faire pour l’en empêcher.

 

            Le poème de Victor Hugo, faisant parti du mouvement romantique, aborde bien ses thématiques principales comme la nature et la fuite du temps. Il évoque ainsi l’infériorité et éphémérité de l’Homme alors qu’il n’a que vingt-neuf ans. L’évocation de la fuite du temps et la nature se retrouve aussi chez d’autres auteurs romantiques comme Lamartine dans son poème “Le Lac”.

Eglantine D., 2nde section internationale, avril 2019.

 

***


Devoir de Nour T. : 

         Le XIXème siècle est caractérisé par divers événements historiques importants à commencer par la fin de l’Empire Napoléonien en 1815. Néanmoins, trois grandes tendances ont marqué ce siècle : l’industrialisation, la démocratisation et le nationalisme. Pour l’Europe, c’est le siècle des révolutions industrielles, qui vont bouleverser le paysage européen et apporter d’immenses richesses, mais aussi casser les anciennes structures sociales. Ce besoin de changement se retrouve également dans la littérature. En effet, au cours de ce siècle, s’est popularisé le mouvement littéraire et culturel du Romantisme. En France, l’un des précurseurs de ce mouvement est Victor Hugo. C’est un poète, un dramaturge, un prosateur, un romancier et un dessinateur romantique français ayant écrit de multiples œuvres romantiques incluant le recueil de poèmes Les feuilles d’automne puisant le lyrisme, l’expression du «Moi» et la description des sentiments. Le poème Soleils couchants, publié en 1831, traite d’ailleurs des sentiments du poète par rapport à la fuite du temps à travers l’utilisation du lyrisme et de la description de la nature.

 

          Tout d’abord, on remarque que l’auteur utilise le lyrisme projeté sur la nature pour s’exprimer. En effet, il y a bel et bien l’expression du «Moi» et l’utilisation de la première personne du singulier dans la quatrième strophe qui est la plus explicite concernant les sentiments, les ressentis et les pensées du poète, preuve de lyrisme. Aussi, dans les trois premières strophes du poème, Victor Hugo se contente d’annoncer ce qu’il ressent en décrivant la nature qui l’entoure alors que dans la dernière strophe, il se fonde moins sur la description de son environnement et utilise donc le mot «Moi» (vers 13) et s’exprime à la première personne du singulier tout en répétant le pronom personnel « Je » (vers 14 et 15) à l’attaque des deux vers, créant ainsi une anaphore. L’annonce des sentiments du poète à travers le monde qui l’entoure est donc bien mise en évidence.
        De plus, le champ lexical de la nature, reflet des sentiments du poète qui utilise ses éléments pour s’exprimer, est énoncé de manière claire : «Soleil» (v. 1), «nuées» (v. 1), «orage» (v. 2), «aube» (v. 3), «mers» (v. 6), «fleuves», «forêts» (v. 7), «eaux», «montagnes» (v. 9). On observe également des anaphores, notamment dans la deuxième strophe, aux vers 6 et 7. En effet, au vers 6, les deux hémistiches comportent les mots «sur la face» et au vers 7, les deux hémistiches contiennent le mot «sur» et il y a aussi une anaphore pour ces deux vers dans le but d’insister sur l’utilisation de termes environnementaux dans le poème. Victor Hugo ajoute à cela des personnifications pour les différents éléments de la nature. Par exemple, au vers 15, «soleil joyeux» est utilisé par l’auteur, il décrit aussi la face des eaux et le front des montagnes tel que «ridés et non vieillis» (v. 10), le monde «radieux» (v. 16) et «s’iront rajeunissant» (v. 11). Ces personnifications peuvent également être considérées comme des hyperboles. La description méliorative de la nature est donc réellement utilisée par le poète.
          En outre, on remarque que le poème contient des rimes croisées, c’est donc une sorte d’alternance entre les vers. Ce n’est pas la seule alternance car il y a également une alternance entre la clarté et l’obsurité, par exemple, au vers 1 «le soleil s’est couché ce soir dans les nuées» et le troisième vers «[...] et ses clartés de vapeurs obstruées». Le soleil, symbole de clarté et de lumière est opposé aux nuées représentant l’obscurité. La clarté est opposée aux vapeurs obstruées. Ce sont des preuves de l’utilisation de l’antithèse. Enfin, il me semble évident que ce poème contient des marques d’alternances afin de représenter le changement et la diversité de la nature et donc des sentiments.

 

         Il est clair que Victor Hugo utilise le champ lexical de la nature pour décrire la rapidité du temps qui passe. Effectivement, de nombreux passages montrent que l’auteur évoque la fuite du temps : «temps qui s’enfuit» (v. 4), «ces jours passeront ; ils passeront en foule» (v. 5) et il y a la répétition du terme «puis» dans le premier hémistiche du quatrième vers. Aussi, au dixième vers, Victor Hugo évoque la face des eaux et des montagnes tel que «ridés et non vieillis». On pourrait interpréter cela par le fait que ces deux éléments aient des «rides» dut au temps qui passe inlassablement mais qu’ils ne vieillissent pas vu que ce ne sont pas des éléments vivants. Il y a donc un contraste entre la nature pérenne et éternelle et l’Homme qui, lui, est mortel. Donc, le thème du temps qui passe est bel et bien exposé dans ce texte.
       De plus, on observe dans ce poème, l’utilisation majoritaire de deux temps distincts : le présent de l’indicatif et le futur de l’indicatif : «s’enfuit» (v. 4), «roule» (v. 7), «aimons» (v. 8), «donne» (v. 12), «passe» (v. 14) et «manque» (v. 16). Puis, «viendra» (v. 2), «passeront» (v. 5), «iront» (v. 11), «irai» (v. 15). C’est la preuve que le poète varie l’utilisation de ces deux temps pour montrer la rapidité du passage du temps. Néanmoins, on remarque tout de même un verbe au passé composé : «s’est couché» (v. 1). On pourrait aussi souligner l’utilisation des mots tel que «demain», «soir», «nuit», «jour» et «aube» qui font avancer le poème chronologiquement dans le temps. Ainsi, nous avons la preuve du passage du temps décrit par Victor Hugo avec une utilisation grammaticale variée et des termes décrivant certains passages de la journée.
Ensuite, la fuite du temps est décrite à travers le passage et le glissement de l’eau. On remarque ce phénomène notamment aux strophes 2 et 3. Par exemple, au vers 6 et 7 : «sur la face des mers» et «sur les fleuves d’argent» (d’ailleurs, le premier hémistiche du septième vers est une métaphore comparant la couleur de l’eau du fleuve à de l’argent). Dans la troisième strophe, il y a également les termes «eaux», «fleuve», «flot» et «mers». Aussi, le douzième vers est le plus explicite car Victor Hugo utilise le mot «flot» ce qui est donc de l’eau qui coule, métaphore du temps qui passe. Il est donc certain que l’auteur utilise l’écoulement de l’eau pour décrire le temps.
         Enfin, nous allons interpréter les sentiments du poète face au thème de la fuite du temps. Tout d’abord, les impressions du poète sont surtout décrits à la dernière strophe. Il affirme que même s’il vieillit : «Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête» (v. 13), il profitera tout de même du peu de temps qui lui reste à vivre : «Je m’en irai bientôt, au milieu de la fête» (v. 15). Ici, «fête» est considéré comme sa vie, ce vers est donc un euphémisme de la mort. On remarque que Victor Hugo est résigné et ne fait pas parti des auteurs qui se plaignent de la rapidité du temps qui passe. Dans ce poème, il y a donc deux topos littéraires le «Temps fugit» pour la fuite du temps et le «Carpe diem» («cueille le jour») exprimait par l’auteur à la dernière strophe exprimant son souhait de vouloir profiter de la vie et des bons moments sur Terre avant de partir. Donc, il est certain que le poète donne ses impressions sur le passage du temps en acceptant la mort. 

 

       Dans le poème Soleils couchants, on remarque que les principales thématiques du Romantisme sont reprises car Victor Hugo exprime ses impressions face à la fuite du temps en utilisant le lyrisme et en décrivant la nature. Ce mouvement littéraire et culturel européen peut aussi se retrouver chez de grands auteurs français tel que Alphonse de Lamartine, Jean-Jacques Rousseau, Alexandre Dumas, Chateaubriand, Alfred de Musset, Alfred de Vigny et Gérard de Nerval. L’une des œuvres caractéristique du Romantisme est «Les Misérables» de Victor Hugo.

Nour T., 2nde section internationale, avril 2019.

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Devoir de Mélanie C. : 

      Le XIXème est un siècle qui a connu de nombreux changements politiques comme le Ier Empire, la Révolution de 1848, ou le Second Empire. Sur le plan artistique, cette période fut marquée par la naissance du Romantisme dont l'un des plus grands auteurs est Victor Hugo. Cet auteur à la fois romancier, poète, homme politique a notamment écrit un poème Soleils couchants, tiré du recueil Les Feuilles d'Automne. Dans ce quatrain, l'auteur des Misérables évoque les deux thèmes fondamentaux du Romantisme : la fuite du temps ainsi que la nature. 


        Tout d'abord, Victor Hugo met en évidence la fuite du temps. Dans ce texte, nous pouvons trouver plusieurs preuves représentant le temps qui passe, de la vie à la mort. En premier lieu, nous avons différentes notions par rapport à la fuite du temps. Au vers un, « le soleil s'est couché » montre bien une fin de journée, le temps qui s'écoule. Ce poème, Soleils Couchants, fait partie du recueil poétique, Les Feuilles d'automne. Ici, « automne » fait référence à la fin d'une vie. Comme pour les saisons, le printemps et l'été sont passés, l'automne va arriver, suivi de l'hiver qui représente la mort du poète. L'automne montre bien sa vieillesse. C'est le cas également pour le vers cinq, huit ainsi que quatorze et quinze les mots « ces jours passent », « mort », « je passe, et, refroidi », « je m'en irai bientôt » qui constituent des grandes preuves de fin de vie. Au vers deux, « l'orage, et le soir, et la nuit » montre une chronologie d 'évènements, une représentation du temps qui se déroule. Cela est renforcée par l' anaphore  « et ».
          De plus, une allitération en [S]  est fortement présente afin de rappeler le temps qui s 'écoule, qui ne s'arrête pas tel un sablier ; les mots comme ces jours, passeront, sur la face, s'iront rajeunissant, sans cesse, sous, passe, obstruées, immense … Au vers dix, « Ridés et non vieillis » représente un oxymore. Le terme «  ridés » rappelle la vieillesse mais les mots « non vieillis » en opposition eux évoquent la jeunesse. Ici, « ridés et non vieillis » personnifient les montagnes. Nous pouvons ajouter que « face » et « front » sont en accord  avec ces adjectifs ; ils font référence au visage d'une vieille personne. Nous pouvons y voir une autre preuve dans ce poème, au vers treize, « chaque jour courbant plus bas ma tête », démontre que plus les jours défilent, plus une personne se tasse physiquement. « Je m'en irai » évoque bien le thème de la mort c'est-à-dire son départ, le temps qui passe, de la vie à la mort.


         Dans la première partie vue précédemment, Victor Hugo nous montre bien la fuite du temps mais à présent nous parlerons de la nature qui est également un thème majeur du Romantisme.Elle est omniprésente dans le champ lexical : « soleil,mers,monts » (v 6), »fleuves et forêts » (v 7), « eaux » et « montagnes » (v 9), « bois toujours verts » (v 10), « le fleuve des campagnes » (v 11), « monts », « mers »(v 12).De plus, la présence d'une allitération en [f] représente l 'eau des fleuves et des mers qui est fluide, sa fluidité ce qui nous montre donc la nature dans les mots suivants : s'enfuit, face,foule,forêts,front, fleuve, flot, refroidi, fête. De même, l'oxymore « refroidi sous ce soleil » évoque ce thème de la nature .Le soleil ne peut refroidir la nature, au contraire il la réchauffe. La nature a besoin du soleil et de ses rayons, de sa chaleur afin de pouvoir vivre.
          De plus, le poète parle d'une nature toujours présente, elle est donc immortelle ; c'est ce  que nous verrons à présent. Le terme « les bois toujours verts » montrent bien une nature qui ne vieillit pas, ce qui rappelle l 'oxymore « Ridés et non vieillis » du même vers. La couleur des bois et des forêts  restera toujours verte .Enfin, au dernier vers de ce poème, « sans que rien ne manque au monde, immense et radieux ! ».Ici, l'auteur montre bien que malgré la fin de sa vie, malgré sa mort, la vie continuera, le cycle de la Nature ne s arrêtera pas.  « Immense et radieuse » signifient que la nature est belle et que la jeunesse prend le dessus.Ce qui rappelle une Nature immortelle.


          En conclusion,Victor Hugo  démontre bien dans son écriture les deux grands thèmes du Romantisme dans le poème « Soleils couchants » qui sont la fuite du temps et la nature. Ces thèmes ont inspiré d'autres auteurs romantiques comme Lamartine, Chateaubriand et Alfred de Vigny.

 

Mélanie C., 2nde section internationale, avril 2019.

 

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Devoir d'Alexandra B. : 

          Le XIXème siècle est un siècle d’avancées sociales et économiques notamment avec  les deux révolutions industrielles. Le Romantisme apparait au cours du siècle. Il s’oppose au Classicisme, mouvement qui visait à respecter les règles et à ne pas montrer ses sentiments. Le Romantisme a bouleversé les mouvements précédents, puisqu’il met en avant l’expression du « moi » et des sentiments personnels. Victor Hugo, poète important de ce mouvement, devient, grâce à ses écrits, un écrivain reconnu. Dans son recueil Les feuilles d’automne, il met en avant ses sentiments personnels et ses émotions. Dans le poème étudié Soleils couchants, les axes principaux sont la nature, qui sera étudié en premier lieu, et la fuite du temps qui sera étudié dans un second temps.


          Tout d’abord, Victor Hugo utilise dans son poème la nature afin de nous décrire le passage du temps. Pour cela il utilisera les personnifications, comme on peut le voir au vers 1 « le soleil s’est couché ». Dans le premier quatrain, l’évolution du temps sur la nature est mise en valeur par l’antithèse présente entre les deux premiers alexandrins et les deux derniers de la strophe 1. En effet, aux vers 1 et 2, la nature est décrite avec une connotation triste et sombre : « le soleil s’est couché » (v.1) ; « soir » (v.1) ; « nuées » (v.1) ; « l’orage » (v.2) ; « le soir » (v.2) ; « la nuit » (v.2). On imagine une ambiance ténébreuse, notamment grâce aux mots « soir » et « nuit » qui ont presque la même signification et qui sont situés à un endroit privilégié : la rime. Aux vers 3 et 4, l’ambiance devient plus douce et tranquille avec le champ lexical du lever du jour : « l’aube » (v.3) ; « clartés » (v. 3) ; « vapeurs obstruées » (v.3) ; « jours » (v.4). Ce passage d’un climat sombre à un climat plus joyeux montre que la nature évolue au cours du temps. Une autre personnification qui montre le changement de la nature est celles des vers 9 et 10 : « la face des eaux, et le front des montagnes, ridés et non vieillis ». Cela montre effectivement que la nature devient de plus en plus ridée, cela se voit sur le changement quotidien du temps et du climat, mais elle ne vieillit jamais.
          En effet, bien que la nature change et évolue, elle reste accueillante car elle est immortelle. La strophe 3 résume bien cette idée. Les bois restent « toujours verts » et ils vont même rajeunir (v.11) : « s’iront rajeunissant » au cours des saisons. Le cercle infini des saisons fait renaitre la nature après le passage de chaque hiver. La structure du poème donne aussi cette impression d’immortalité et de puissance. Il est divisé en quatre parties égales, toutes composées de quatre quatrains : des alexandrins qui donnent une sensation de stabilité notamment avec la césure à l’hémistiche qui donne l’impression que la nature est impossible à détruire et très résistante au temps qui passe.


          Bien que la nature change au cours du temps sans pour autant mourir, les Hommes vont au contraire vieillir et mourir à cause du passage du temps, tout comme nous l’annonce le titre du recueil Les feuilles d’automne, qui montre qu’en automne les feuilles vieillissent et tombent tout comme nous. La comparaison avec l’hymne des morts au vers 8 nous rappelle l’ambiance mortifère du temps qui passe. Cette comparaison des jours qui passent et de l’hymne que chantent les personnes que nous aimons parties trop tôt, est accentuée avec l’utilisation des sens, ici c’est l’ouïe. Le lecteur va s’imaginer le chant décrit dans ce vers, ce qui va permettre au lecteur de vraiment ressentir ce que veut transmettre le poète. Le vers 13, résume également bien le côté mortifère de la fuite du temps : « sous chaque jour courbant plus bas ma tête ». Le poète parle à la première personne et montre qu’à cause du passage de chaque journée, il devient de plus en plus vieux et utilise cette métaphore pour l’expliquer. Il va également utiliser le mot « refroidi » au vers 14, qui fait penser au froid que dégage un corps mort. C’est une antithèse avec le mot « soleil » qui vient plus loin dans le vers et qui a une connotation totalement opposée, celle de la chaleur et du beau temps. Le temps qui passe va donc avoir une répercussion mortifère sur nous.
          Effectivement, cet effet mortifère est dû à la rapidité du temps qui passe. Victor Hugo nous fait ressentir cette accélération du temps à travers de plusieurs énumération comme celle du vers 9 et 10 « et la face des eaux, et le front les montagnes, ridés et non vieillis, et les bois toujours verts ». L’anaphore de la conjonction de coordination « et » donne une impression de rapidité. Une autre anaphore qui donne au lecteur cette impression est celle aux vers 3 et 4 : « Puis l’aube […] ; Puis les nuits, puis les jours ». La métaphore du vers 4 « pas du temps qui fuit » traduit l’impression de fuite du temps que veut transmettre Victor Hugo. Le vers 12 : « le fleuve des campagnes prendra sans cesse aux monts le flot qu’il donne aux mers » est une métaphore que fait l’auteur avec l’eau qui coule et la fuite du temps. En effet, le champ lexical de l’eau très présent dans ce vers : « fleuve » (v.9) ; « monts » (v.10) ; « flot » (v.10) ; « mers » (v.10), fait penser à l’eau qui descend du « mont » par le « fleuve » pour arriver à la « mer ». L’écoulement de l’eau et le fait qu’il est impossible de l’arrêter fait référence au temps qu’il est impossible de ralentir. Une autre marque du temps qui passe est l’utilisation des articles qui vont être de moins en moins précis. Le poème commence par « ce soir » en parlant du moment présent, avec l’utilisation du passé composé « s’est couché ». Il parle ensuite au futur « viendra », avec l’utilisation du complément circonstanciel de lieu « demain » et les articles « le », « la », « les », « l’ ». Cela montre que «  les nuits » et « les jours » sont indéfinis contrairement au début de la strophe où le soir était très bien défini, car il était situé dans le présent.  En plus du changement de la précision des articles, le poète change également de temps verbaux et utilise des rimes croisées qui font référence à l’alternance des jours et des nuits, pour montrer la rapidité du temps qui passe.
             Pour finir, le poète termine avec un dernier quatrain où il va évoquer la notion du « Carpe Diem », le fait de profiter du moment présent. Il va comparer la vie à une « fête » (v.15) et décrit son état lors de sa mort comme étant « radieux » et « immense » et le jour de son décès comme étant un jour ensoleillé « sous ce soleil joyeux » (v.14). L’utilisation du mot fête pour décrire la vie fait intervenir l’ouïe du lecteur qui s’imagine une musique de fête joyeuse. Cette note finale est plutôt positive car Victor Hugo nous pousse à profiter de la vie et de chaque moment avec un dernier quatrain ayant une connotation méliorative et joyeuse. Bien qu’il semble être positif, il y a tout de même une touche de tristesse en pensant à sa mort avec  le mot « bientôt » (v.15) qui montre qu’il pense que son décès ne va pas tarder bien qu’il n’a que vingt-neuf ans lorsqu’il écrit ce poème. Une autre sensation de tristesse est l’utilisation de l’allitération en [r] : «jour » (v.13) ; « courbant » (v.13) ; « refroidi » (v.14) ; « m’en irai » (v.15) ; « rien » (v.16) ; « radieux » (v.16), qui est un son dur et douloureux qui peut traduire son état à l’heure d’écrire ce poème. Victor Hugo annonce sa mort avec un euphémisme : « je m’en irai bientôt » (v. 15) mais nous présente tout de même une solution au temps qui passe : le Carpe Diem.

 

          En conclusion, nous pouvons dire que ce poème reprend les thématiques principales du Romantisme : la nature et la fuite du temps. Victor Hugo est en effet bouleversé par le temps qui lui  coule entre les mains sans pouvoir le ralentir. Ces thématiques sont également présentes dans le poème Le lac de Lamartine, où le poète exprime également son ressenti à ce sujet.
 

Alexandra B., 2nde section internationale, mai 2019.

 

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Devoir de Lilly Marie B. :

           Apparu au XIX siècle et en opposition au Classicisme, le Romantisme se développe et souhaite libérer l’homme de toutes contraintes. Il cherche donc à exprimer ses sentiments personnels, généralement projetés sur la nature. Un des plus grands auteurs de ce mouvement est Victor Hugo, qui a excellé dans les trois genres littéraires que sont le théâtre, le roman et la poésie. Il publie Les feuilles d’automne en 1831, et c’est de ce recueil qu’émane le poème Soleils couchants, composé de quatre quatrains et rédigé en alexandrins. On retrouve dans cet œuvre les principales caractéristiques du Romantisme que sont le lyrisme, la nature pérenne ainsi que la fuite inexorable du temps.
         

  En premier lieu, le poète projette des sentiments intimes et intenses sur un cadre naturel. En effet, la nature est réellement présente dans ce poème avec des mots tels que « monts » (v6), « forets » (v7), « campagnes » (v11), ou encore « montagnes » (v9). De plus, on remarque que de nombreux mots appartenant au champ lexical de la nature sont suivis d’adjectif connoté de façon méliorative : « soleil joyeux » (14), « fleuves d’argent » (v7). On observe une nature pérenne : « bois toujours vert » (v10) qui s’accentue encore plus avec « rajeunissant ». Les mots cités précédemment occupent la plupart du temps des places stratégiques qui sont l’attaque, l’hémistiche, ou la rime. Le substantif « monts » (v6) se trouve à la rime. On peut également remarquer une anaphore aux vers 6 et 7 : « Sur la face des mers », « Sur les fleuves d’argent », pour créer une insistance plus marquée sur l’importance de la nature dans le poème Soleils couchant de Victor Hugo.
           Contrairement à la nature pérenne et accueillante, le poète nous plonge dans un lyrisme ayant une dimension mortifère. Avec l’euphémisme de la mort : « je m’en irai bientôt », le poète nous parle d’un futur dans lequel il ne sera plus. On retrouve l’expression de sentiments intimes avec « je » (v14 et 15), « moi » (v13), « ma tête » (v13), qui exprime le « Moi » caractéristique du Romantisme. La traduction stylistique du Romantisme s’avère être l’expression de sentiments intenses, avec des signes de ponctuation forte comme les points d’exclamation aux vers 4 puis 16, occupant la place stratégique de la rime. Avec le début du vers 16 « Sans que rien ne manque au monde » et le mot « morts » au vers 8, Victor Hugo renforce la dimension mortifère tout en effectuant un parallèle entre ses sentiments et la nature.


            Dans un premier temps, le poète, en nous parlant de ses sentiments personnels projetés sur la nature pérenne, et en nous évoquant sa future mort, montre que le temps passe et fuit. On retrouve cette notion de temps qui passe avec l’eau métaphorique du temps qui passe. Le champ lexical de l’eau est donc évidemment très présent avec des noms communs tels que : « mers » (v6), « fleuves » (v7), « eaux » (v9), et « flot » (v12). Ces substantifs sont mis en évidence puisque le mot « mers » au vers 6 occupe la césure à l’hémistiche, et au vers 12 il occupe la rime qui est donc une place stratégique pour nous faire comprendre l’importance de l’eau dans ce poème. En plus du champ lexical de l’eau très représentés, on remarque de nombreuses allitérations en [l] tout au long du poème : « soleil », « l’orage », « clartés », « foule » et « fleuves » et on note également des allitérations en [s] avec  « soleils », « ce soir », « S’iront rajeunissant » et « sans cesse ». Ce sont des sonorités douces, mimétiques de l’eau qui coule et donc métaphoriquement du temps qui passe. En effet, le temps nous glisse entre les doigts comme l’eau qui coule sans jamais revenir à sa source.
           Dans un second temps, tout comme l’eau a son cycle, le temps a également le sien, on le constate grâce aux mots « demain » (v2), « nuit » (v2), « aube » (v3) appartenant au champ lexical du temps qui nous montre que les jours passent : « ces jours passeront » sans jamais se retourner mais en suivant continuellement le même schéma : matin, midi, et soir. Cette sensation de temps qui fuit est accentué par l’hyperbole et la personnification au vers 5 : « ils [les jours] passeront en foule ». Mais également avec la fin du vers 4 : « temps qui s’enfuit ! » où le poète lui-même nous dit clairement que le temps passe et fuit, tout cela accentué avec un point d’exclamation, et le fait que le mot « s’enfuit » soit placé à la rime, qui est une place stratégique. La sensation du temps fuyant est renforcée avec l’anaphore « Puis les nuits, puis les jours » qui nous évoque que le temps passe ans aucun retour en arrière possible. On remarque également des rimes croisées (ABAB) comme pour nous invoquer le cycle de l’eau ainsi que le cycle du temps qui passe.


            En conclusion, nous pouvons dire que le poète projette des sentiments intimes et intenses à la dimension mortifère sur un cadre naturel pérenne contrastant avec cette sensation, tout en évoquant la fuite inexorable du temps. Tout comme Lamartine, Victor Hugo fait ressortir les principales caractéristiques du Romantisme en évoquant, le lyrisme, la nature et la fuite du temps. Puisque ces thématiques sont communes au poème Soleil Couchant de Victor Hugo ainsi qu’au poème Le Lac de Lamartine, on pourrait parler d’intertextualité.

Lilly Marie B., 2nde section internationale, mai 2019.


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Devoir de Léa C. :

             Le XIXème  siècle est le siècle des révolutions industrielles, qui vont bouleverser le paysage européen et apporter d'immenses richesses, mais aussi casser les anciennes structures sociales.  En Europe, les savants, les artistes, les intellectuels, vont porter la recherche technologique, scientifique, artistique et des idées, à un niveau jamais atteint auparavant. Durant cette période va apparaître le mouvement romantique, c’est un mouvement littéraire et culturel européen qui a concerné tous les arts. Il s’oppose à la tradition classique et au rationalisme des Lumières, et vise à une libération de l’imagination et de la langue. Le romantisme privilégie notamment l’expression du moi et les thèmes de la nature et de l’amour. Victor Hugo est l’un des grands représentants de ce mouvement. C’est, un poète dramaturge, prosateur, romancier et dessinateur romantique. Il est considéré comme l'un des plus importants écrivains de langue française. Il a écrit notamment le recueil Les feuilles d’automne publié en 1831 d’où est tiré notre poème Soleils couchants. Ce poème exprime les sentiments du poète en utilisant la nature et la fuite du temps, deux des principaux thèmes du Romantisme.

 

           Tout d'abord nous pouvons remarquer que la nature est omniprésente dans ce poème, elle est à la fois éternelle mais elle représente aussi la fuite inexorable du temps. Premièrement elle est omniprésente grâce au champ lexical de la nature, par exemple, soleil (v.7), mers (v.6), monts (v.6), bois (v10), eaux (v.9), orage (v.2)... L'anaphore de « sur » aux 6 et 7, crée une répétition et met en évidence les éléments de la nature. Cela s'accentue grâce au vers 12 avec « sans cesse » qui montre que la nature sans cesse répète comme le cycle des saisons. D’ailleurs, le poème est composé de 4 quatrains qui représentent les 4 saisons de ce cycle. Certains mots du champ lexical sont accentués, par exemple au vers 14 le soleil est personnifié avec l'adjectif qualificatif « joyeux ». Tout cela met en évidence la pérennité de la nature présente dans ce poème.
          D'autre part, la nature représente la fuite du temps grâce aux différents temps verbaux qui sont employés. Dans la première strophe, le poète utilise le présent avec le verbe « s'enfuit » (vers 4) mais aussi du passé composé avec « s'est couché » (vers 1) et pour finir du futur « demain viendra » (vers 2). Plus le poème avance plus l'utilisation du futur est fréquent « passeront » (vers 5) par exemple, qui est d'ailleurs une anaphore ce qui le met en évidence mais aussi « s'iront rajeunissants »(vers 11). Cela prouve que le temps s'écoule. Les temps verbaux ne sont pas la seule preuve, l'anaphore de « puis » vers 3 et 4 donne du rythme au poème comme si le temps avançait. Il y a aussi un oxymore au vers 10 « ridés et non vieillis », ce qui prouve encore une fois que la nature représente à la fois la fuite du temps et la pérennité.

 

        Tandis que la nature représente à la fois la fuite inexorable du temps et la pérennité, le poète, lui, est confronté à la fuite inévitable du temps qui l’amènera la mort. Premièrement, nous pouvons voir que pour le poète le temps passe grâce à l'allitération en [s] formée par "Le soleil s'est couché ce soir", "ses clartés de vapeurs obstruées ", "s'enfuit". Cette figure de style peut être mimétique du temps qui passe, comme ce son qui nous fait penser à un glissement, le temps glisse et ne s'arrête jamais. De plus le champ lexical de la fuite du temps est très présent : « jour », « nuit », « temps », « s'enfuit » mais aussi les verbes « passeront » et « refroidi » montre bien que du temps s’est écoulé. De même, « passeront » est accentué par l'anaphore et tous deux sont placés à l'hémistiche qui est une place stratégique. Par ailleurs, le temps qui passe est dotant plus mis en évidence grâce aux rimes croisées qui représentent l’alternance du jour et de la nuit et donc du temps. L’auteur est donc bien inévitablement emporté par le temps.
        En conséquence, plus le temps passe et plus le poète va être proche de cette fin inévitable qu’est la mort. Avec les mots « refroidi », « courbant », « je m'en irai » qui est dotant plus accentué car c’est un l’euphémisme, il montre bien que le temps est mortifère pour lui. De plus « refroidi » est renforcé par l'oxymore qu'il forme avec « soleil », qui lui est chaud, mais aussi par sa place dans le vers qui est stratégique, l'hémistiche. Contrairement à la nature, l'auteur, lui, n'est pas éternel et ne résisteras pas à la fuite du temps et est malheureusement condamné à sa fin, la mort.

 

        En conclusion, dans ce poème Victor Hugo met en évidence deux des principales caractéristiques du Romantisme à savoir : la nature et la fuite du temps. A travers de ces thématiques l’auteur se livre sur ses sentiments les plus intimes ce qui est également un comportement caractéristique du mouvement romantique. Un grand nombre d’auteur romantique utilise également comme lui la fuite du temps et la nature dans leurs œuvres pour exprimer leurs sentiments comme par exemple Alphonse de Lamartine. Dans l’un de ses poèmes les plus connu, Le lac, Lamartine se livre à propos de sentiments très intimes, celui de la perte d’un être cher et donc du regret d’une époque perdue (l’élégie), qui se reflètent d’ailleurs sur la nature, le lac.


Léa C., 2nde section internationale, mai 2019.


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Devoir de Nejmedine M. :


        Le XIXème siècle est principalement marqué par le renouvellement permanent des régimes politiques, une alternance entre monarchie, empire et république. C’est à cette période qu’a lieu la Révolution Industrielle où de nombreuses machines ont étés mises au point afin d’améliorer la production et donc les rendements économiques. De nouveaux mouvement littéraires et artistiques apparaissent comme le Romantisme, mouvement auquel appartient Victor Hugo. Grand romantique français, il a excellé dans les trois genres, à savoir le roman, le théâtre et la poésie. Son succès est triomphant notamment grâce à son recueil Les feuilles d’automne dans lequel le poète fait preuve d’une grande maturité alors qu’il n’avait que vingt-neuf ans. Soleil couchant publié en 1831 présente un auteur soucieux qui voit la fin de sa vie approcher. A travers un cadre exclusivement naturel, Victor Hugo projette ses sentiments et son impuissance face au temps qui fuit à toute vitesse


          Tout d’abord Victor HUGO projette ses sentiments à travers la nature mais d’une manière assez particulière puisque le paysage fait penser à cette l’idée de mort. Nous pouvons observer le champ lexical de la mort avec une belle métaphore « le soleil s’est couché » (V1) placé à un endroit stratégique du vers, c’est-à-dire à l’attaque du vers faisant penser à la finitude, ou encore « soir » (V1) ; « orage » (V2) placés à la césure à l’hémistiche, sans oublier « nuées » (V1) « nuit » et l’adjectif « obstruées » (V3) à la rime formant une idée sombre semblable à la mort. Sa comparaison « comme un hymne confus de mort » (V8) renforce ce sentiment lié à la mort. La structure du poème, composé de quatre quatrains rappelle les quatre saisons et renforce cette projection de sentiments sur la nature.
           De plus, le poème crée une opposition entre le poète et le paysage naturel. En effet le paysage donne un aspect immortel avec « Ridés » dont sons sens est supprimé à cause de « non vieillis » (V10) ; mais aussi « les bois toujours verts » ; « rajeunissant » (V11) ou encore « sans cesse » qui montre ce cycle continuel de la nature alors que Victor HUGO, lui, sent la fin arriver.  Cette sensation de fin est mise en évidence avec « je m’en irai bientôt » (V15) « chaque jour, courbant plus bas ma tête » (V13) liés à sa vieillesse toujours opposé « au monde immense et radieux » avec la diérèse à « radieux ». Ces deux adjectifs qualifiants « le monde », lui dégage une certaine jeunesse que l’auteur envie tant. L’opposition de Victor et du paysage est fortement marqué par la conjonction de coordination « Mais » créant ainsi un contraste entre la nature immortelle et le poète simplement mortel. Ces sens prouvent tous les sentiments de Victor Hugo, projetés sur la nature


        Si le poète exprime cette idée de mort et de finitude c’est parce que le temps ne cesse de s’écouler de plus en plus vite. En effet, l’eau cité dans ce poème est métaphorique du temps qui passe « les fleuves … prendra sans cesse aux monts le flot qu’il donne aux mers ». L’allitération en [s], notamment aux vers 6,7,11 et 12 imite le glissement de l’eau, qui nous file entre les doigts et l’allitération en |l] surtout au vers 6 et 7, font penser à la liquidité de cette eau et cette aspect irréversible de l’eau (v12) comme le temps.
        De plus, on aperçoit la rapidité de ce temps qui s’enfuit avec l’anaphore de « Puis » qui donne cette impression que tout s’enchaîne et la répétition du « et » (V9et 10) qui donne cette même impression renforcée par le verbe « s’enfuit » à la rime (V4) et « passeront en foule » (V5). L’allitération en [f] reflète le vent métaphorique du temps, qui prend tous dans son passage (V6 et 7) et qui passe vite comme le temps
          Cependant on ne ressent aucune résistance du poète face au temps qui passe comme s’il acceptait sa destinée, la fin de sa vie avec l’antithèse « refroidi sous le soleil joyeux » (V14) et l’euphémisme « je m’en irai bientôt » (V15) comme s’il n’avait plus la force de se battre contre ce temps qui ne cesse de fuir.


      Le poème Soleil couchant projette bien les sentiments de l’auteur à travers une nature qui contrairement à Victor Hugo serait immortel. L’auteur ne peut rien faire face au temps qui coule et ne peut résister, il doit accepter sa destinée. La nature et la fuite du temps sont des thématiques très présentes dans le Romantisme. En effet le poème Le Lac de Lamartine est dominé par un lyrisme amoureux projeté également sur un univers naturel poétique  causé par le temps qui fuit.
                                                                                               
            
Nejmedine M.., 2nde section internationale, mai 2019.


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Devoir de Marie B. :


         Le XIXe siècle fut une période de grands changements en France, tant politiques que sociaux. En littérature, cela se traduisit par l’apparition du Romantisme, mouvement littéraire caractérisé par l’expression du Moi et du lyrisme dans un cadre naturel. Victor HUGO fut un personnage phare de ce mouvement, aussi bien en tant que romancier que poète et dramaturge. Le recueil Les fleurs d’automnes en est d’ailleurs un excellent exemple, tant HUGO brille de par sa grande technicité, mise en avant dans le poème étudié aujourd’hui, Soleils couchants. Il est composé de quatre quatrains aux rimes croisées. Dans l'oeuvre, le poète nous présente tout d’abord le temps en tant qu’obsession mortifère, puis comme une influence contraire de l’Homme et la Nature.


           En premier lieu, le poète apparaît obnubilé par la fuite du temps. Elle lui semble inévitable omniprésente, comme il le montre avec les multiples anaphores qui peuplent les deux premières strophes : la répétition de la conjonction “puis” (v. 3 et v.4) montre ainsi dès le début de l’œuvre l‘insistance, presque l’obsession du poète envers cet inflexible passage du temps. Il est impressionné par le temps qui défile, presque trop vite, et qu’il ne peut rattrapper. Dans la même optique, l’allitération en [l] dans les nombreux déterminants de la première strophe peut être mimétique d’une métaphore évoquant l’eau à la place du temps. L’analogie peut s’expliquer comme étant pour l’auteur une manière détournée de faire part de son obsession, car évoquer le passage des jours n’est pas assez. Il semble vouloir prouver que le temps a divers aspects afin d’être présent partout afin de hanter le poète. Le champ lexical du temps très présent dans la première strophe souligne aussi cet aspect, avec les mots “aube” (v.3), “nuits” (v.4) et “jours” qui passent comme un cycle ininterrompu. Cet effet est de plus accentué par la ponctuation, les virgules donnant un rythme syncopé, essoufflé au texte, mimétique de cette course du temps que le poète a peine à suivre. Par la suite, les anaphores de la préposition “sur” (v.6-7) et du nom “face” (v.6) reprennent le dessus, et soulignent que le passage du temps est partout inévitable, que ce soit “Sur la face des mers, sur la face des monts” (v.6) ou encore “sur les fleuves d’argent [et] les forêts” (v.7). Le champ lexical de la nature étant de plus utilisé pour visualiser presque comme une hypotypose ce monde entièrement touché par la fatale fuite du temps.
            De surcroît, le temps qui se déroule est aussi porteur de malheur. L’énumération “l’orage, et le soir, et la nuit” (v.2) porte par conséquent une connotation péjorative, puisque ce ne sont que l’obscurité et un désastre météorologique qu’apporte le futur. Le choix de l’adjectif “obstruées” (v.3) pour décrire les vapeurs des clartés de l’aube confirme cette hypothèse : le commencement d’un nouveau jour ne peut être synonyme de lumière, au contraire il la bloque, comme il obstrue la vie. De plus, la fuite du temps n’est pas seulement porteuse d’obscurité, mais de la mort elle-même : ainsi, lorsque les jours passent sur les forêts, le murmure de leur traversée est comparé à un “hymne confus des morts” (v.8). L’analogie est renforcée par l’allitération en [f] présente dans toute la strophe (“foule” (v.5), “face” (v.6), “fleuves” (v.7), “confus” (v.8)), semblant imiter le bruit feutré des pas de la mort. Elle peut d'ailleurs être raccrochée à la personnification du “temps qui s’enfuit” (v.4) donc de la mort qui approche et dont les pas sont les nuits et les jours. La métaphore filée est même encore une fois reprise avec les rimes croisées féminines puis masculines et vice versa, mimétiques de l’alternance entre le jour et la nuit. L’écoulement du temps apparaît donc inéluctable et funeste aux yeux du poète.

 

           Cette fuite du temps inévitable et néfaste influence l’Homme et la Nature, mais de manière diamétralement opposée. Tout d’abord, elle provoque chez l’homme un lyrisme malheureux. L’expression du Moi est donc bien présente, avec les pronoms “Moi” (v.13) et “je” (v.14-15), ces derniers placés à l’attaque du vers pour accentuer cette démonstration des sentiments personnels du poète. Dans l’imaginaire lyrique de HUGO, le temps est réellement mortifère, et il souffre de ses effets dévastateurs : il décrit ainsi “sous chaque jour courbant plus bas ma tête, / Je passe”. Un profond désespoir transparaît de ces mots, une douleur causée par le temps qui le prive peu à peu de sa vitalité. L’assonance en [u] dans les mots “sous”, “jour” et “courbant” (v.13) vient appuyer cette tristesse, qui revient obsessionnellement. En outre, même les choses heureuses ne suffisent plus au poète : l’antithèse “refroidi” et “soleil” (v.14) démontre que même la chaleur de la vie le laisse imperturbable. On assiste ici à un registre élégiaque, caractéristique du mouvement romantique, qui vient souligner le malheur du poète. Chez HUGO, toutefois, il est encore accentué : la mélancolie n’est pas assez hyperbolique pour le poète, c’est donc le désir de mort qui prend le dessus. Le poète affirme ainsi qu’il veut quitter la “fête” (v.15), métaphore de la vie, persuadé que de toute façon “rien ne manque[ra] au monde” (v.16). Ce lyrisme douloureux est donc la caractéristique de l’image de l’Homme dans le poème.
          D’un autre côté, la Nature est éternelle et cyclique : l’antithèse “ridés et non vieillis” (v.10) montre en premier ce vieillissement qui ne se termine jamais. La mort n’a donc pas de prise sur la Nature : les bois restent “toujours verts” (v.10) et semblent même défier le temps en “rajeunissant”. De plus, d’après le poète, c’est grâce à son aspect cyclique que la nature est pérenne. Il présente donc divers cycles au fil du poème : on trouve d’abord celui de l’eau, avec le fleuve qui apporte l’eau des “monts” (v.12) “aux mers” (v.12). Ensuite, le fait qu’il y est quatre strophes, toutes des quatrains, fait aussi penser au cycle des saisons, qui participe lui aussi au renouvellement de la nature pérenne.
           L’Homme et la Nature sont donc dépeints comme deux opposés. D’abord, de par leur nature, puisque l’Homme est mortel tandis que la Nature est immortelle ; mais aussi de par leur présence dans le texte lui-même. Ainsi, l’Homme n’apparaît que peu : il n’est jamais explicitement cité, et uniquement sous forme de personnage (qui s’exprime lyriquement dans la strophe quatre), ou en tant que “morts” (v.8), terme assez représentatif. Tandis que la Nature, elle, est omniprésente, que ce soit les “mers” (v.6-12), les “montagnes” (v.9) ou encore les “forêts” (v.7) placé aux places significatives que sont la césure à l’hémistiche ou la rime. Chaque univers de la nature est ainsi scandé dans tout le poème. Qui plus est, la séparation est aussi grammaticale, avec la conjonction d’opposition “mais” (v.13) qui vient s’interposer entre la Nature et l’Homme. Elle est pour finir idéologique, avec l’image de la Nature complètement à l’opposé des sentiments du personnage, et donc contraire à l’idée du paysage état d’âme caractéristique du Romantisme, mouvement de HUGO ; comme si la nature cherchait à défier le style même de l’homme qui la décrit. La Nature est donc sur tous les fronts l’opposé de l’Homme.

 

Pour conclure, Soleils couchants est une ode obsessionnel au temps nocif, mortel à l’Homme mais dont la Nature se joue allègrement. Aujourd’hui encore, le temps est une thématique majeure en littérature, comme avec les romans post-apocalyptiques, qui décrivent la société humaine du futur, après des catastrophes à l’échelle mondiale. Hélas, à notre époque et dans ces livres, l’on pourrait se demander si Victor HUGO parlerait toujours de Nature pérenne, alors que réchauffement climatique et activité humaine la détruisent peu à peu.

Marie B., 2nde section internationale, mai 2019.


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Devoir d’Anna P. :

        Victor Hugo fait partie du mouvement du Romantisme qui est apparu à la fin du XIIIème siècle en Allemagne et en Angleterre puis à travers toute l’Europe. C’est un mouvement qui s’opposait au Classicisme et privilégiait l’expression des sentiments. « Soleils couchants » est une des œuvres de Victor Hugo qui traite les thématiques récurrentes du Romantisme que sont la nature et la fuite du temps.

 

       Tout d'abord, Victor Hugo évoque dans son poème « Soleils couchants » l'inexorable fuite du temps que peuvent illustrer les mots et expressions suivants : « le soleil s'est couché ce soir dans les nuées », (v.1), ici le soleil qui se couche symbolise un autre jour qui commence. Ensuite, le champ lexical de la fuite du temps est omniprésent et marqué par les mots : « demain, le soir et la nuit, jour, temps, l'aube, passe ». Au vers 3 « Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées », l’antithèse entre « obstruées » et « clarté » fait penser à une alternance de pas et donc à la fuite du temps ainsi que les rimes croisées qui sont omniprésentes dans le poème. L'auteur utilise également dès le premier vers une allitération en [s], « le soleil s'est couché ce soir dans les nuées » qui laisse entendre le son du glissement de l'eau, évocateur du temps qui passe.
          De plus, le poète personnifie la fuite du temps au vers 5 « Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule », ce vers donne l'impression que le temps est un passant et qu'il traverse la foule sans que personne ne s'en rende compte. De même, le mot « roule » (v.7) peut représenter le temps qui fuit inexorablement. Le poète explicite nettement la fuite du temps au vers 4 "puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s’enfuit !". Ensuite, l'anaphore « puis » (v.3 et 4) illustre le temps qui coule car « puis » introduit ce qu'il va se passer par la suite.   En outre, dans ce poème la métaphore de l'eau est présente, elle symbolise le temps qui coule. Celle-ci est marquée par le champ lexical de l'eau : « mers » (v.6 et 12), « fleuves » (v.7 et 11) « eaux » (v.9), « flot » (v.12). De même, l'allitération en [f] peut faire penser aux frottements de l'eau sur les rochers et donc du temps qui fuit « ils passeront en foule sur la face des mers, sur la face des monts ».   
           Par ailleurs, la fuite du temps à un effet négatif sur l'Homme. Premièrement « courbant plus bas ma tête » au vers 13 évoque la vieillesse et le fait que le poète ne puisse pas lutter contre la fuite du temps. « Je passe, et, refroidi, Je m'en irai bientôt » représente la mort suite au temps qui passe.

 

        Néanmoins, si la fuite du temps a un impact sur l'Homme elle ne semble pas affecter la nature qui elle est pérenne. En effet il y a un renouvellement de la nature : « Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts /S'iront rajeunissant », la nature est touchée par le temps « ridée », mais l'adjectif « non vieillis » enlève le sens péjoratif. La nature ne subit pas l’influence négative du temps car elle reste immortelle, semblable à elle-même. De même au vers suivant « Le fleuve des campagnes/ Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers » donne l'impression d'un flot qui transmet de l'énergie et de la jeunesse aux mers vieillies. Dans le dernier quatrain au vers 14 le temps est agréable, le « soleil joyeux » dégage une atmosphère paisible et donc une nature rayonnante, jeune et vivante contrairement à l'humain mortel « Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête ». Il y a également un champ lexical de la permanence « toujours », « sans cesse » (v.12) et le présent d’habitude « roule » (v.7), « donne » (v.12).  « Mais moi » (v13) représente la lutte de l'Homme contre la nature qui elle est immortelle.
          De surcroît, la nature immuable est symbolisée par le soleil qui se couche chaque soir et se lève chaque matin, il renaît tandis que l'homme est destiné à mourir.  Enfin, la nature est en supériorité dans le poème « Soleils couchants », elle est présente dans chaque strophe contrairement à l'Homme qui n'apparaît seulement dans le dernier quatrain. On remarque aussi que les quatre éléments de la nature sont représentés : l'eau : « mers, fleuves, flots, etc, » la terre : « forêts, bois, compagnes », le feu : « soleil » et l'air : « vapeurs, nuées ».

 

          En conclusion, Victor Hugo reprend les thématiques caractéristiques du Romantisme à savoir la nature et la fuite du temps. Ces thèmes seront plus tard utilisés pour les mouvements du Symbolisme et du Surréalisme par de grands auteurs comme Charles Baudelaire ou Guillaume Apollinaire.

Anna P., 2nde section internationale, mai 2019.

 

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Devoir d’Annabel T. :

         Non seulement dans le domaine de la littérature, mais aussi dans celui de sculpture, de peinture, de musique, de danse et de politique, se crée à la fin du XVIII siècle un mouvement culturel, le Romantisme. Il permet aux poètes romantiques de libérer leurs pensées profondes, en condamnant les règles classiques. Auteur de poésie, théâtre et roman, Victor Hugo triomphe notamment avec son recueil poétique “Les Feuilles d’Automne”. Soleils Couchant, appartenant à ce recueil, est un poème composé de quatre quatrain en alexandrin. Le poète exprime premièrement une vision lyrique de la nature et dans un second lieux une méditation sur la fuite du temps.

 

          Dans un premier temps, Victor Hugo donne une vision lyrique de la nature. Elle se montre, en effet, présente à travers le champ lexical « nuées », « orage », « monts », « forêt », « campagne », « mer » et « fleuves ». Ces mots évoquent de nombreux lieux, ce qui diversifie les paysages et permet de définir un thème principal : la nature. On retrouve aussi la sémantique de la lumière et de la couleur. Elle est exprimée à travers « soleil », « clarté », « obscurité », « d’argent » et « vert ». Tel un hommage à la nature, elle contribue au lyrisme du poème avec « joyeux », « immense et radieux » au vers 17. À certains moments, la nature elle-même semble en cohésion avec les sentiments du poète, avec l’emploi de termes plus dépréciatifs qui sont à l’image de l’état de souffrance du poète. D’abord l’allitération en [M] de « milieu », « manquent », « monde » et « immense » accentue la mélancolie, avec également une personnification « le soleil s’est couché ce soir » qui compose aussi une allitération en [S]. L’image  d’un soleil qui disparaît et de la nuit qui s’annonce, traduit une atmosphère sombre, donc mélancolique. 
           Par ailleurs, nous remarquons que le poème est écrit à la première personne du singulier, « je ». Ici, il ne s’agit pas d’un « je » attribué à Victor Hugo, l’auteur, mais à l’humanité en général. Ce procédé littéraire permet de rendre les sentiments exprimés plus vivants et intense et pousse le lecteur à se mettre à la place de l’écrivain. Il s’approprie ainsi ses états d’âme, voire se substitue à lui. L’expression du moi de tout individu ayant des émotions est ainsi renforcée, car « je » peut-être un autre parfois. Toutefois, nous verrons que le dernier alexandrin met aussi en opposition le lyrisme mélancolique reflétant le spleen du poète au lyrisme appréciatif de la nature qui est mise à l’honneur dans ces vers. 

 

            Dans un second temps, le lyrisme sentimental, reflétant la douleur de l’homme associé au lyrisme de la beauté de la nature, ne serait pas exploitable sans la fuite du temps, évoquée tout au long du poème. En effet, la structure choisie a une influence sur le sens du poème. Le texte illustre la loi des quatre : il est composé de quatre quatrains d’alexandrins, parle de quatre lieux, des quatre moments d’une journée et des quatre saisons d’une année. La nature est omniprésente, puissante et supérieur : elle est présente sous quatre formes. L’air est illustré avec « vapeur » et « nuées », l’eau avec « mers », « fleuves » et  « flot », le feu avec  « soleil » et la Terre avec « forêts » et « campagnes ». Les rimes sont croisées (ABAB) et il y a une alternance de rimes féminines et masculines avec l’emploi de [E] muets. Cette technique permet ainsi de marquer la transition entre les jours et les nuits, ce qui donne un tempo, une rythmique au poème et donc au temps qui s’écoule. L’anaphore avec « puis » (v. 3 et 4) et « sur » (v. 6 et 7) permet de démontrer les différents endroits et moments d’une journée qui passe. La ponctuation forte, avec les points d'exclamation aux vers 4 et 17, accentue le mot « s’enfuit » qui rend compte de la fuite du temps, avec les jours, les nuits, et donc les saisons, les années qui passent. On relève également, une juxtaposition des temps employés dans le texte : le futur, le présent et le passé. Le passé est évoqué (employé = répétition) avec « s’est couché » (v. 1), le futur avec « demain viendra » (v. 2) et le présent avec « s’enfuit » (v. 4). Là encore, ce choix de l’auteur insiste et souligne lourdement la notion du temps qui défile. L’énumération est aussi importante avec « le soir, et la nuit » (v. 2). Encore une fois, le temps s’échappe et passe à chaque instant, il ne se fige pas.
           Le souvenir douloureux et humain est aussi une thématique essentielle, on regrette le passé d’autant plus que le présent file à toute allure et que le futur nous signale une fin. Ce sentiment est renforcé par le champ lexical de la disparition avec : « couché », « s’enfuit », « passeront », « roule » et « irai ». C’est la métaphore d’une unité temporelle qui ne s’arrête pas, qui coule comme un fleuve d’amont en aval, et cela malgré nous. L’anaphore de « passeront » (V.5) insiste sur le fait qu’une fois le moment passé, il est révolu et ne reviendra plus. Cette nostalgie oppressante est encore omniprésente quand l’auteur remarque « sans que rien manque au monde » (v.17). Son message exprime que l’humain est mortel, il n’est que de passage ; et même s’il laisse certaines traces après sa mort, même en son absence, la nature sera toujours pérenne, pleine de joie et de gaieté.  Le poème se termine par « radieux », adjectif positif, appréciatif d’une vie idéale, parfaite et infinie. L’homme est un mortel et finit par disparaître dans l’indifférence général, alors que la nature est un éternel recommencement, à chaque période, elle verdit, puis décline, puis reverdit avec ou sans l’homme peu importe ! La fuite du temps n’est pas néfaste pour la nature, alors qu’elle l’est pour l’homme ; ce qui explique et légitimise ces moments de communion puis d’opposition entre le lyrisme mélancolique et le lyrisme bucolique. L’homme s’efface car il passe et trépasse alors que la nature glorifiée s’éternise, s’efface pour mieux renaître. D’ailleurs le titre « Soleils couchants » est au pluriel : il y’a d’innombrables soleils couchants, mais il se relève chaque matin, par contre l’homme meurt une seule fois et ne se relève pas après sa mort.


         En conclusion, le poème « Soleils Couchants » de Victor Hugo, reprend bien les plus grandes thématique du Romantisme : la nature, le lyrisme et la fuite du temps. Ses thèmes sont aussi présent dans « Le Lac » de Lamartine mais sous une perspective plus intime avec l’emploi du “tu” et du “vous”. Il s’adresse directement à la nature et au temps qui passe.


Annabel T., 2nde section internationale, mai 2019.


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Devoir de YOLO100304 :

         Le Romantisme est un mouvement littéraire qui est apparu, en France, au XIXe siècle ; faisant prévaloir les sentiments à la raison, et s’opposant en tout point au Classicisme, auquel il succède. L’auteur utilise généralement pour thème l’expression du « Moi », la nature, la fuite du temps et le lyrisme. Victor Hugo est un poète, dramaturge et est considéré comme l’un des plus grands écrivains romantiques français : c’est à seulement vingt-neuf ans qu’il publie le recueil Les Feuilles d’automne (1831), duquel est tiré Soleils couchants. Ce poème composé de quatre quatrains rédigés en alexandrins, évoque tout d’abord la pérennité de la nature, puis la fuite du temps.

 

            Tout d’abord, l’auteur nous offre une vision radieuse de la nature s’opposant à l’obscurité mortifère comme le montre le vers 1 : « Le soleil s’est couché », les derniers rayons de soleil illuminent une dernière fois la forêt et les montagnes avant de disparaitre derrière celles-ci ; pour laisser place à l’obscurité : « orage » (v.2), « vapeurs obstruées » (v.3), « nuées » (v.1), « soir » (v.2), « nuit » (v.2). L’allitération en [s] au vers 1 « soleil », « s’ », « ce », « soir », peut faire penser au vent qui s’alliant à l’obscurité chasse le soleil et apporte les « nuées » (v.1). Mais cette obscurité sera à son tour chassée par la lumière, avec le lever du jour, qui s’apparente à la naissance de la vie, tandis que la nuit est elle synonyme de mort. Vient ensuite le chant lexical de la nature : « mers » (v.6), « monts » (v.6), « fleuves d’argent » (v.7), qui peut évoquer le reflet du soleil sur les « flots » (v.12) du « fleuve » (v.11). La « face des monts » et le « face des mers » illustre également la partie ensoleillée de la nature qui se battrait pour dominer l’autre, obscure. On note aussi l’antithèse du vers 3, où s’opposent « la clarté » et les « vapeurs obstruées », qui évoque le lien existant entre ces deux opposés, qui n’existent que par la présence de l’autre. Le soleil est « joyeux » (v.14), il irradie de ses rayons le monde entier, « monde, immense et radieux ». Le poète exprime ainsi l’éternel combat régnant entre le bien (lumière) et le mal (obscur), par l’intermédiaire de la nature.
            Par ailleurs l’image de la nature est également celle d’une nature pérenne, qui dure pour l’éternité : comme le montrent les trois premiers vers de la deuxième strophe, tandis que « tous ces jours passeront, ils passeront en foule », sur les différents éléments naturels : « mers », « monts », « fleuves », « forêts », cette même nature se montrera inchangée. Il faut également noter que ces éléments sont énumérés, par l’intermédiaire d’une énumération renforcée par l’anaphore de « sur ». Cette éternelle jeunesse, est d’autant plus marquée par la troisième strophe, où « la face des eaux, et le front des montagnes », sont « ridés » mais « non vieillis », bien que marquée la nature reste pérenne. « Les bois toujours verts » (v.10), contient une hyperbole créée par « toujours », qui accentue cette sensation d’invincibilité de la nature. Sans oublier, au vers 14, « S’iront rajeunissant » qui montre que la nature n’est pas seulement pérenne, mais rajeunit avec le temps, qu’elle a donc battu, puisqu’il ne pourra plus l’atteindre, et la détériorer, la vieillir. La nature bénéficie ici de l’éternité, elle n’est plus affectée par le temps qui coule.

 

             Si la nature est éternelle est radieuse, il n’en est pas de même pour le poète qui souffre de la fuite du temps ; lequel apparenté à la forme du texte, peut être interprété de la manière suivante : les alexandrins, vers nobles de douze syllabes, représenteraient les douze mois de l’année tandis que les quatre strophes seraient les différentes saisons. On note également que les rimes sont alternées ABAB, rimes féminines puis masculines ce qui correspondraient à l’alternance de la nuit (féminin) et du jour (masculin) : « Puis l’aube », « puis la nuit » et « puis les jours », cette anaphore énumérative indique cette fois-ci le rythme du temps qui passe : « pas du temps qui s’enfuit », sans jamais regarder en arrière, le temps, ici personnifié, ne reviendra jamais sur ces pas. Le champ lexical du temps est également présent : « soir » (v.1), « demain » (v.2), « nuit » (v.2), « aube » (v.3), « jours » (v.4), « temps (v.4), qui insiste sur l’importance de celui-ci dans le cœur du poète. Au vers 5 est présent un chiasme « Tous ces jours passeront, ils passeront en foule », de forme ABBA, les noms « jours » et « foule » jouant le rôle du A et la répétition de « passeront », le rôle de B ; cette structure symétrique est représentative du jour et de la nuit, opposés lais symétriques. Il est très important de préciser qu’ici aussi, l’eau est métaphorique du temps qui passe : la métaphore filée sur les vers 15 et 16en est le parfait exemple : « Le fleuve des campagnes / Prendra sans cesse aux monts le flot qu’il donne aux mers ». Ici, le fleuve est métaphorique du temps, il est éternel, il ne s’arrêtera jamais de prendre aux « monts », préservés, inaccessibles le « flot », ici le temps, qu’il donnera à la mort, paronomase des « mers ». L’eau et les fleuves sont donc métaphoriques du temps qui passe inlassablement, emportant le bonheur du poète.
             En revanche, le temps devient mortifère pour l’Homme, il donne l’impression de s’accélérer, par les différentes énumérations, par exemple au vers 2 : « l’orage et le soir et la nuit », ou encore aux vers 7 et 8 « sur les forêts où roule / comme un hymne confus des morts que nous aimons », le roulement est ici comparé à celui des tambours qui donnent toujours l’impression de s’accélérer, comme le temps qui passe et qui nous rattrape. Ce temps mortifère est annoncé par la froideur, « refroidi » (v.14), il fait baisser la tête au poète de par sa tristesse « sous chaque jour courbant plus bas ma tête », au caractère hyperbolique, insistant sur la tristesse. Au vers 15, « Je m’en irai bientôt au milieu de cette fête », le poète est mélancoliquement résigné à sa mort, malgré le bonheur qi règne autour de lui. Cependant, le temps s’écoule toujours à la même vitesse, comme le confèrent les césures à l’hémistiche qui rythment le temps et donc la mort quasi certaine du poète. La mélancolie est d’autant plus présente « sans que rien ne manque au monde » (v.16), le poète a l’impression de ne pas vraiment exister puisqu’il ne manquera pas au monde. De plus le poète exprime le contraste présent entre la nature et l’Homme : « Mais moi », tandis que la nature n’est pas affaiblit par le temps, l’Homme, lui, est victime du temps. Il faut également noter le lyrisme présent dans la dernière strophe comme le montre l’expression du moi : « moi » (v.14) et l’anaphore du « je » (v.14-15), qui accentue ces sentiments, le poète exprime sa souffrance face au temps qui passe et sa résignation face à la mort.


             En conclusion, dans le poème Soleils couchants, Victor Hugo exprime des caractéristiques typiques du Romantisme, telles que la fuite du temps qui passe inlassablement et l’invincibilité de la nature face à celui-ci. Ce fameux poète, âgé d’à peine vingt-neuf ans lorsqu’il écrit ses vers ne fût pas le seul à exprimer un tel lyrisme ; on peut citer par exemple Alphonse de Lamartine, avec Le Lac, mais encore Guillaume Apollinaire, avec Le pont Mirabeau et le recueil Alcools.

YOLO100304., 2nde section internationale, mai 2019.

 

 


Date de création : 10/04/2019 @ 18:27
Dernière modification : 05/05/2019 @ 17:14
Catégorie : Copies d'élèves 2018/2019
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