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Cours de français 2nde 1 - Cours du mercredi 25 mars 2020

Séquence n°5 

 

Œuvre intégrale n°3 : Phèdre (1687) de RACINE

 

Problématique : de quelle manière Phèdre incarne-t-elle le déchirement tragique ?

 

 

Explication de texte n° 1 : Acte I, scène 3, vers 269 à 301.

 

 

Phèdre

 

Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée

Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,

Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,

Athènes me montra mon superbe ennemi.

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;

Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;

Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;

Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.

Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,

D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.

Par des vœux assidus je crus les détourner :

Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;

De victimes moi-même à toute heure entourée,

Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.

D’un incurable amour remèdes impuissants !

En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :

Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,

J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,

Même au pied des autels que je faisais fumer.

J’offrais tout à ce dieu, que je n’osais nommer.

Je l’évitais partout. Ô comble de misère !

Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.

Contre moi-même enfin j’osai me révolter :

J’excitai mon courage à le persécuter.

Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,

J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;

Je pressai son exil, et mes cris éternels

L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.

Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,

Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;

Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,

De son fatal hymen je cultivais les fruits.

Vaines précautions ! Cruelle destinée !

 

Explication de texte n° 1 : Acte I, scène 3, vers 269 à 301.

 

Introduction :

·         Présentation rapide du XVIIème siècle et du Classicisme.

·         Présentation rapide de RACINE et de Phèdre.

·         Présentation de l’extrait : dans sa tragédie Phèdre, créée en 1677 et dont la 1ère représentation a lieu en 1687, Racine s'inspire des auteurs antiques Euripide et Sénèque pour montrer les ravages de la passion amoureuse. Phèdre, épouse de Thésée est tombée amoureuse de son beau-fils Hippolyte. Dans la scène 1 de l'acte III, Phèdre apparaît pour la 1ère fois. Elle est décrite comme malade et épuisée, elle se meurt. C'est sa passion incestueuse qui la ronge. Sa confidente, Œnone, inquiète, parvient à lui arracher les raisons de sa douleur. Phèdre se déclare dans cette tirade, et par là-même tisse le nœud de la tragédie.

·         Projet de lecture : nous montrerons comment, dans cette tirade qui est quasiment un monologue,  amour, souffrance et fatalité sont liés dans la tragédie.

 

Cliquez ici (notre texte correspond au passage situé entre 04 minutes 08 secondes et 07 minutes 31 secondes).

 

 

·         Vers 1 à 4 :

 

Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée

Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,

Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,

Athènes me montra mon superbe ennemi.

 

4 vers explicatifs dont nous avons besoin pour comprendre l'aveu. Phèdre a peine mariée tombe amoureuse d'un autre.

* Antithèse entre la situation de Phèdre (caractérisée par tous les termes liés au mariage (périphrase "lois de l'hymen" + « engagée » + « repos » / « bonheur » juxtaposés + « affermi ») et son tourment intérieur annoncé dès le 1er hémistiche "mon mal vient de plus loin"

* Les termes liés au mariage : v. 2 périphrase "lois de l'hymen"  + forme pronominale « je m’étais engagée » soulignent déjà l'interdit moral qui pèse sur elle et la gravité de sa faute

* Les locutions adverbiales "plus loin » / « à peine » = montrent la l'intensité et la soudaineté du coup de foudre qu'elle évoque

* L'objet amoureux est d'abord désigné par une périphrase évoquant la lutte, le conflit = "mon superbe ennemi" (superbe = orgueilleux, donc inatteignable)

 

 

·         Vers 5 à 8 :

 

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;

Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;

Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;

Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.

 

Dans ces 4 vers, Phèdre évoque la violence du coup de foudre et ses manifestations physiques. Il s’agit d’une passion qu'elle ne peut maîtriser physiquement.

* Le « trouble » amoureux se traduit par des troubles physiques :

 « Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue » (v. 5) = rythme ternaire 3/3/3 et l’assonance en [i] et répétition du pronom personnel « je » + antithèse « rougis »/ « pâlis » + importance du regard (« vis » / « vue ») = immédiateté de du coup de foudre = désordre amoureux né du premier regard.

* Confusion dans la contradiction qui apparaît d'un vers à l'autre : "je le vis "/ "mes yeux ne voyaient plus".

* Confusion dans la double négation du vers 275 : aveugle + aphasie (= incapacité de parler).

* Confusion enfin dans le symptôme physique "transir et brûler" = 2 termes antithétiques. Utilisation de la métaphore traditionnelle de l'amour comme un feu dévastateur.

 

 

·         Vers 9 et 10 :

 

Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,

D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.

 

* Allusion directe à la malédiction familiale "d'un sang" = métonymie pour dire d'une famille + allusion à la divinité + allusion à la souffrance à travers le terme "tourments"

* La métaphore "feux redoutables" montre que l'amour est une force destructrice

 

 

 

·         Vers 11 à 20 :

 

Par des vœux assidus je crus les détourner :

Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;

De victimes moi-même à toute heure entourée,

Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.

D’un incurable amour remèdes impuissants !

En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :

Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,

J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,

Même au pied des autels que je faisais fumer.

J’offrais tout à ce dieu, que je n’osais nommer.

 

Dans les vers 11 à 21, Phèdre raconte comment elle a essayé de lutter contre les tourments de cet amour coupable et comment elle a échoué. Ici s'exprime le "fatum" (fatalité) tragique : plus elle essaie de lutter ,plus elle s'enfonce dans sa passion.

* S'opposent alors 2 réseaux lexicaux : celui du culte rendu aux Dieux // celui de la passion qui l'emporte.

* Tous les efforts de Phèdre sont annulés par quelques expressions soutenues par des procédés stylistiques : - le modalisateur "je crus"  // - La tournure exclamative « D'un incurable amour remèdes impuissants ! » // L’expression "En vain" placé en début de vers.

* L'amour est évoqué comme une maladie :  "incurable amour" + métaphore filée de la maladie : "remèdes impuissants" ; il s’agit d’une maladie proche de la folie comme l'indique l'oxymore "raison égarée".

* Phèdre est coupable d'une faute particulièrement grave : le culte qu'elle voue à  Hippolyte l'emporte sur le culte des Dieux. "Adorais" vient remplacer "implorait" et "le nom de la déesse" est remplacé par le nom d' « Hippolyte ». La périphrase "ce dieu que je n'osais nommer" désigne Hippolyte. L'homme a remplacé la divinité pour Phèdre.

·         Parenthèse culturelle : Racine est janséniste = branche du catholicisme particulièrement austère qui refuse tout plaisir et toute passion, les voyant comme néfastes car elles nous détournent de Dieu. L'amour est un sentiment excessif qui détourne l'attention de l'homme de son Dieu pour se concentrer sur une créature qui ne le mérite pas.

 

 

SUITE et FIN de L’EXPLICATION de TEXTE : demain 

 


Date de création : 25/03/2020 @ 09:55
Dernière modification : 25/03/2020 @ 09:55
Catégorie : Cours de français 2nde 1
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