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Cours de 1ère FLS - Cours du mercredi 25 mars 2020 (1ère partie)

1ère FLS

Séquence n°6

Objet d'étude : le théâtre du XVIIème au XXIème siècle

Parcours associé : passion et tragédie

SYNTHÈSE.

 

NB : Ne jamais oublier que le théâtre n’est pas seulement un texte littéraire. C’est aussi un spectacle, avec des éléments visuels, une diction particulière, une durée limitée.

 

Considérations d’histoire littéraire à propos du genre théâtral.

 

·         XVIIème siècle :

 

§  La TRAGÉDIE :

·         Personnages nobles (rois, princes, etc...), caractérisés par une certaine élévation morale.

·         Déchirement tragique : le héros est soumis à deux forces contraires et inconciliables : la passion amoureuse et l’obéissance à l’Etat, au devoir (cf Bérénice, de Racine).

·         La situation suscite chez le lecteur/spectateur un sentiment de terreur et de pitié (catharsis).

·         Conflit, crise : politique chez Corneille (intérêt d’Etat, cf Horace), passionnelle chez Racine (cf Britannicus)

·         Le pouvoir appartient à l’Etat et à ses représentants chez Corneille (cf Horace), au destin (fatum) et aux dieux chez Racine (cf Phèdre).

·         Dénouement fatal, présence de la mort.

·         Les tragédies comportent 5 actes et sont rédigées en vers.

 

§  La COMÉDIE :

-          Personnages : bourgeois ou gens du peuple (cf Molière).

-          Dénouement heureux.

-          But : ridiculiser les travers moraux ou psychologiques en faisant rire des comportements de personnages typiques. Le spectateur est diverti par tous les artifices possibles : comique gestuel (cf didascalies), verbal, quiproquos, apartés,...

-          L’intrigue : en rapport avec la vie quotidienne des personnages représentés. Pas question d’affaires d’Etat, comme dans les tragédies, mais le plus souvent de mariages, de retrouvailles (cf L’Ecole des Femmes), ou de réconciliations.

-          Les comédies comportent 5 actes et sont le plus souvent versifiées.

 

§  Le CLASSICISME : c’est le mouvement littéraire et culturel dominant de l’époque.

-          Il se caractérise par le respect, l’obéissance aux règles : le héros tragique respecte ses devoirs d’Etat, le plus souvent au détriment de sa passion.

-          De même, les auteurs tragiques se soumettent à des contraintes dramaturgiques très rigides : les règles classiques.

-          L’unité d’action (1 seule intrigue principale.)

-          L’unité de lieu.

-          L’unité de temps (l’action se déroule en 24 h max.).

-          La règle de bienséance : on ne doit pas voir le sang sur scène. Les personnages, même dans leur désespoir, ne se laissent jamais aller et se souviennent qu’ils sont princes : ils font preuve de retenue. Art de la litote (dire le moins en suggérant le plus).

-          La règle de vraisemblance : ce qui est représenté doit être crédible, le spectateur doit pouvoir y croire.

 

·         XVIIIème siècle : deux catégories coexistent : la comédie (cf L'île des esclaves, de Marivaux) et le drame bourgeois (cf La Mère coupable, de Beaumarchais), à tonalité plutôt sombre, sans toutefois être une tragédie. Les règles classiques existent toujours, mais les auteurs prennent beaucoup plus de liberté avec elles (cf Le Mariage de Figaro : l’unité de temps est malmenée (La folle journée), et le texte est écrit en prose (cf L'île des esclaves). Les dénonciations sociales et politiques sous-tendent souvent les comédies (pas le cas au XVIIème).

 

·         XIXème siècle : LE DRAME ROMANTIQUE.

Il s’impose lors de la « bataille d’Hernani » (1830, V. Hugo). Ses caractéristiques sont les suivantes :

-          Le mélange des genres. Comédie et tragédie étaient nettement séparées au XVIIème. A présent, comme chez Shakespeare (que l’on redécouvre avec enthousiasme), le sublime et le grotesque peuvent alterner dans une même pièce.

-          Le rejet des unités de temps et de lieu.

-          L’histoire et la couleur locale jouent un grand rôle.

-          L’action est complexe : intrigue serrée, péripéties émouvantes, dénouement frappant (surtout chez Hugo).

-          L’alexandrin, propice aux grandes envolées lyriques, est réhabilité chez Hugo (alors qu’il avait été banni du drame bourgeois ou de la comédie du XVIIIème siècle, cf Beaumarchais).

-          Le héros romantique est rebelle, une sorte de paria, en marge de la société (contrairement au héros tragique).

 

·         XXème siècle : LE THÉÂTRE APRÈS 1940 .

Création du théâtre de l’absurde, de l’angoisse, de la cruauté. (On l’appelle également théâtre moderne). Il est la conséquence de la 2nde guerre mondiale et de son cortège d’horreurs : perte de la « foi » en l’être humain, rejet des règles traditionnelles, en ce qui concerne les arts.

-          Spécialistes : Antonin Artaud, Eugène Ionesco, Samuel Beckett.

-          Forcer le spectateur à participer (vs simple catharsis).

-          Influence de la psychanalyse : représentations sur scène de l’irrationnel, des cauchemars, des fantasmes, des visions fantastiques (cf Rhinocéros, d’E. Ionesco).

-          Spectacle total : le théâtre ne s’adresse plus seulement à l’intelligence, il doit toucher tous les sens grâce aux techniques modernes concernant les décors, l’éclairage, la musique.

-          Mélange des genres poussé à son paroxysme : registre noble (tragique), farce grotesque, guignol, cirque, s’entremêlent.

-          Dérision et surprise du langage : jeux de mots, réflexions insolites, prolifération verbale, onomatopées (barrissements sur scène, dans Rhinocéros).

-          Abandon du vers et des 5 actes (seulement 3 dans Rhinocéros).

 

 

      Explication de texte n° 15 : extrait d’Hernani (acte I, scène 2, extrait), de Victor HUGO (1830).

 

  • Pour comprendre le texte, il faut connaître le contexte, celui de  Victor Hugo  et de la « bataille d’Hernani » = 1ère représentation d’Hernani, en 1830 : les spectateurs habitués à la tragédie classique (= XVIIème siècle, France) de Corneille ou Racine, huent devant cette pièce très moderne pour l’époque (c’est en effet le 1er drame romantique). Au contraire, les spectateurs les + jeunes sont favorables au Romantisme, et applaudissent. Hernani est un drame romantique en 5 actes et en alexandrins. L’action se situe en 1519 en Espagne (et non à l’époque de l’Antiquité romaine ou grecque). Hernani est le héros éponyme : c’est un proscrit (= quelqu’un qui était noble, mais dont toute la famille a été rejetée par la noblesse). Le roi Don Carlos, futur Charles Quint, gouverne l’Espagne. Hernani aime et est aimé de Dona Sol, mais le roi aime aussi cette jeune femme. Il veut donc la garder sous son contrôle en programmant un mariage entre Dona Sol et son oncle, qui est un allié du roi : Don Ruy Gomez de Silva. 1ère rivalité entre Hernani et le roi = rivalité amoureuse. 2nde rivalité = politique. Le père d’Hernani a été condamné à mort par le père du roi Don Carlos = haine entre les 2 familles, à cause de cela, car Hernani veut venger son père en tuant le roi Don Carlos.

Lexique :

  • Huer : crier « hou ! » pour montrer qu’on n’aime pas quelqu’un ou quelque chose.
  • Drame romantique : au XIXème siècle, il n’y a plus de tragédie ou de comédie, mais à la place, le drame romantique qui permet le mélange des genres (voir fiche synthèse sur le théâtre).
  • Héros éponyme : héros dont le nom sert de titre à l’œuvre.

 

Hernani.

Qui fait ce mariage ? On vous force, j'espère !
Dona Sol.
Le roi, dit-on, le veut.
Hernani.
Le roi ! Le roi ! Mon père
Est mort sur l'échafaud, condamné par le sien.
Or, quoiqu' on ait vieilli depuis ce fait ancien,
Pour l' ombre du feu roi, pour son fils, pour sa veuve,
Pour tous les siens, ma haine est encor toute neuve !
Lui, mort, ne compte plus. Et tout enfant, je fis
Le serment de venger mon père sur son fils.
Je te cherchais partout, Carlos, roi des Castilles !
Car la haine est vivace entre nos deux familles.
Les pères ont lutté sans pitié, sans remords,
Trente ans ! Or c'est en vain que les pères sont morts,
La haine vit. Pour eux la paix n'est point venue,
Car les fils sont debout, et le duel continue.
Ah ! C'est donc toi qui veux cet exécrable hymen !
Tant mieux. Je te cherchais, tu viens dans mon chemin !
Dona Sol.
Vous m'effrayez.
Hernani.
Chargé d'un mandat d'anathème,
Il faut que j' en arrive à m' effrayer moi-même !
Ecoutez. L'homme auquel, jeune, on vous destina,
Ruy De Silva, votre oncle, est duc de Pastrana,
Riche-homme d' Aragon, comte et grand de Castille.
A défaut de jeunesse, il peut, ô jeune fille,
Vous apporter tant d' or, de bijoux, de joyaux,
Que votre front reluise entre des fronts royaux ;
Et pour le rang, l' orgueil, la gloire et la richesse,
Mainte reine peut-être enviera sa duchesse !
Voilà donc ce qu'il est. Moi, je suis pauvre, et n'eus
Tout enfant, que les bois où je fuyais pieds nus.
Peut-être aurais-je aussi quelque blason illustre
Qu' une rouille de sang à cette heure délustre ;
Peut-être ai-je des droits, dans l' ombre ensevelis,
Qu' un drap d' échafaud noir cache encor sous ses plis,
Et qui, si mon attente un jour n' est pas trompée,
Pourront de ce fourreau sortir avec l' épée.
En attendant, je n'ai reçu du ciel jaloux
Que l'air, le jour et l'eau, la dot qu' il donne à tous.
Or du duc ou de moi souffrez qu'on vous délivre,
Il faut choisir des deux, l' épouser, ou me suivre.
Dona Sol.
Je vous suivrai.

 

Attention ! Le vers n°2 se décompose en deux hémistiches : le premier est prononcé par Dona Sol et le second par Hernani.

Le vers 17 se décompose en 4/8 (les 4 premières syllabes sont prononcées par Dona Sol, et les 8 dernières par Hernani.

 

Lexique :

  • Echafaud : lieu où l’on exécute les condamner à mort.
  • L’ombre : ici le souvenir de quelqu’un qui est mort.
  • Feu roi : ancien roi, qui est mort.
  • Veuve : femme dont le mari est mort.
  • Serment : promesse.
  • Carlos : désigne le roi Dom Carlos.
  • Castilles : région de l’Espagne.
  • Exécrable : détestable.
  • Hymen : mariage.
  • Anathème : lorsque l’on condamne ou dénonce quelqu’un qu’on n’aime pas.
  • Duc : titre de noblesse.
  • Pastrana : région d’Espagne.
  • Riche-Homme : titre de noblesse.
  • Aragon : région d’Espagne (à ne pas confondre avec le nom de l’auteur du poème C).
  • Comte : titre de noblesse.
  • Grand : titre de noblesse.
  • Reluise : brille.
  • Mainte : plusieurs, de nombreuses.
  • Duchesse : titre de noblesse.
  • Blason : titre de noblesse.
  • Illustre : célèbre, glorieux.
  • Rouille : couleur rouge qui couvre le métal qui a été mouillé, et qui ressemble à la couleur du sang.
  • Délustre : empêche de briller.
  • Ensevelis : recouverts, cachés, enterrés.
  • Plis : marques que l’on retrouve sur un textile après l’avoir plié.
  • Fourreau : petite poche en cuir dans laquelle on range une épée ou un sabre.
  • Dot : le don, ce qu’on donne.
  • Souffrez : (ici) acceptez.

 

 

 

 

 

 


Date de création : 25/03/2020 @ 13:31
Dernière modification : 25/03/2020 @ 13:31
Catégorie : Cours de 1ère FLS
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