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Cours de français 2nde 1 - Cours du jeudi 26 mars 2020 (Phèdre)

 

 

 

Séquence n°5 

 

Œuvre intégrale n°3 : Phèdre (1687) de RACINE

 

Problématique : de quelle manière Phèdre incarne-t-elle le déchirement tragique ?

 

 

Explication de texte n° 1 : Acte I, scène 3, vers 269 à 301.

 

 

Phèdre

 

Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée

Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,

Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,

Athènes me montra mon superbe ennemi.

Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;

Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;

Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;

Je sentis tout mon corps, et transir et brûler.

Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,

D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables.

Par des vœux assidus je crus les détourner :

Je lui bâtis un temple, et pris soin de l’orner ;

De victimes moi-même à toute heure entourée,

Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.

D’un incurable amour remèdes impuissants !

En vain sur les autels ma main brûlait l’encens :

Quand ma bouche implorait le nom de la déesse,

J’adorais Hippolyte, et le voyant sans cesse,

Même au pied des autels que je faisais fumer.

J’offrais tout à ce dieu, que je n’osais nommer.

Je l’évitais partout. Ô comble de misère !

Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.

Contre moi-même enfin j’osai me révolter :

J’excitai mon courage à le persécuter.

Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,

J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;

Je pressai son exil, et mes cris éternels

L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.

Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,

Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;

Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,

De son fatal hymen je cultivais les fruits.

Vaines précautions ! Cruelle destinée !

 

 

Explication de texte n° 1 : Acte I, scène 3, vers 269 à 301 ; seconde partie, suite et fin du cours entamé hier jeudi 25 mars.

 

 

Cliquez ici (notre texte correspond au passage situé entre 04 minutes 08 secondes et 07 minutes 31 secondes).

 

 

 

·         Vers 21 et 22 :

 

Je l’évitais partout. Ô comble de misère !

Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père.

 

Ces 2 vers rappellent une transgression supplémentaire : l'inceste.

* Antithèse « évitais » // « retrouvaient » = montre qu'elle ne parvient pas à échapper à sa passion.

* Hyperbole + Ô lyrique + point d’exclamation : paroxysme de souffrance et de désespoir

* Allusion au tabou suprême : amour incestueux.

 

 

·         Vers 23 à 32 :

 

Contre moi-même enfin j’osai me révolter :

J’excitai mon courage à le persécuter.

Pour bannir l’ennemi dont j’étais idolâtre,

J’affectai les chagrins d’une injuste marâtre ;

Je pressai son exil, et mes cris éternels

L’arrachèrent du sein, et des bras paternels.

Je respirais, Œnone. Et depuis son absence,

Mes jours moins agités coulaient dans l’innocence ;

Soumise à mon époux, et cachant mes ennuis,

De son fatal hymen je cultivais les fruits.

 

Dernière étape  pour lutter contre "l'ennemi", contre son amour coupable. Phèdre feint la haine. Elle raconte comment elle s'est montrée violente envers Hippolyte.

* Abondance de verbes d'action marquant la violence.

* Efforts marqués par la juxtaposition de plusieurs propositions + enjambement "mes cris éternels //l'arrachèrent du sein, et des bras ..." = courage et acharnement de Phèdre pour lutter.

* Mais « idolâtre » (terme religieux) et « marâtre » sont mis à la rime donc double incompatible = mensonge. « Idolâtre » est un terme religieux.

* Les efforts semblent apporter une sorte d'apaisement / : "je respirais, Œnone" = un hémistiche + termes mélioratifs : « moins agités » // « innocence » // « soumise à mon époux » = retour à une normalité.

 

·         Vers 33 :

 

Vaines précautions ! Cruelle destinée !

 

Le dernier vers annule cet apaisement = la passion et les tourments triomphent.

* Vers construit en 2 hémistiches symétriques (adj + nom, prallélisme) et en 2 phrases nominales exclamatives = tournure hyperbolique.

* Les termes marquent l'inutilité de tous les efforts et la souffrance à laquelle Phèdre ne peut échapper.

 

 

Conclusion :

 

·         Tirade d'aveu = la violence de la passion présentée comme une maladie, une folie et une fatalité contre laquelle tous les efforts humains sont impuissants. Cette confession est une sorte de libération pour Phèdre mais elle constitue le nœud même de la tragédie, puisque que l'aveu à Œnone sera suivi par l'aveu à Hip lui-même.

·         Ouverture (culture générale) : la pièce de Racine est une tragédie qui s’efforce en effet de susciter la pitié, pour les tourments de Phèdre qui lutte contre un destin qu’elle sait inévitable, d’émouvoir le spectateur également, par les tourments de l’héroïne, sa douleur, avec, peut-être, une identification au sentiment amoureux. Mais la fonction de catharsis, la « purgation » des passions, demeure première : grâce à elle, l’âme du spectateur est purifiée de ses passions excessives. Rappelons que pour Aristote, la tragédie a une vocation didactique, qu’elle vise à enseigner une vérité morale ou métaphysique au public.

 

 

 

 


Date de création : 26/03/2020 @ 09:54
Dernière modification : 26/03/2020 @ 09:54
Catégorie : Cours de français 2nde 1
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