Texte à méditer :  

LE SITE DE LETTRES DU CIV

 

    c


A savoir...

Fermer EAF 2017

Fermer Ecrire pour la planète

Fermer FLE

Fermer FLS

Fermer Lectures conseillées

Fermer Les parcours d'oeuvres intégrales

Fermer Petite bibliothèque personnelle (hors grands classiques)

Fermer Remerciements

Fermer Ressources numériques

Productions d'élèves

Fermer Aventures fabuleuses de la Méditerranée

Fermer Chevaliers dans la bataille

Fermer Chevaliers et dragons

Fermer Contes de la rue Mistral

Fermer Contes à dormir debout

Fermer Copies d'élèves (2005/2006)

Fermer Copies d'élèves (2006/2007)

Fermer Copies d'élèves (2007/2008)

Fermer Copies d'élèves 2008/2009

Fermer Copies d'élèves 2009/2010

Fermer Copies d'élèves 2010/2011

Fermer Copies d'élèves 2011/2012

Fermer Copies d'élèves 2012/2013

Fermer Copies d'élèves 2013/2014

Fermer Copies d'élèves 2014/2015

Fermer Copies d'élèves 2015/2016

Fermer Copies d'élèves 2016/2017

Fermer Copies d'élèves 2017/2018

Fermer Histoires d'Ulysse

Fermer Incipit (classe de 3ème)

Fermer Préparation (2006/2007)

Fermer Préparations (2007/2008)

Fermer Préparations 2008/2009

Fermer Préparations 2009/2010.

Fermer Préparations 2010/2011

Fermer Préparations 2011/2012

Fermer Préparations 2012/2013

Webmaster - Infos
Recherche



Visites

   visiteurs

   visiteurs en ligne

Connexion

Se reconnecter
---

Votre nom (ou pseudo) :

Votre mot de passe :


 Nombre de membres 2 membres


Connectés :

( personne )

Webmaster - Infos
Retour

retour.gif

Préparations (2007/2008) - 2nde 2

Cette préparation portait sur un extrait du Lys dans la vallée, de Balzac. Elle intervenait dans le cadre d'un groupement de textes consacré à la rencontre amoureuse (objet d'étude consacré au genre narratif). Ce groupement comprenait par ailleurs un extrait de La princesse de Clèves, de Mme de Lafayette, de Manon Lescaut (Abbé Prévost) et d' Aurélien, d'Aragon. La question était la suivante : "Dans cet extait du Lys dans la vallée, relevez et analysez les points communs avec ce que nous avons vu dans la lecture analytique de l'extrait de La princesse de Clèves. Quels sont au contraire les éléments qui diffèrent?

 

 

 

 

Lafayette.jpg

 

 

 

Préparation de Camille P. : 

 

Dans cet extrait du Lys dans la vallée, écrit par Balzac au XIXème siècle, on retrouve des points communs avec l’extrait de La princesse de Clèves écrit par Mme de Lafayette au XVIIème siècle.

En effet, au cours des ces deux rencontres amoureuses, se produit un coup de foudre. On note son intensité dans les deux textes par la présence de tournures hyperboliques soulignant le sentiment d’admiration. Dans l’extrait de Mme de Lafayette, M. de Nemours est “ tellement surpris de sa beauté” (l 12), “ Il ne peut admirer que Mme de Clèves” (l 31), “ il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration (l ¾) et, quant à Mme de Clèves, elle est “touchée par la vue de ce prince “ (l 39). Leur rencontre “avait quelque chose de galant et d’extraordinaire.” (L 41/42). Dans celui de Balzac, Félix  de Vandenesse exprime des sentiments d’admiration incontrôlables et parfois exagérés : “ un parfum de femme qui brilla dans mon âme comme y brilla depuis la poésie orientale” ( l 14/15), “ plus ébloui” (l 16), “elle devint toute la fête” ( l 17), “ les sentiments qui sourdirent en mon Cœur” ( l 19), “ mes yeux furent tout à coup frappés” ( l 20),“ tout palpitant” ( l 30), “ frénésie” ( l 57), “Adorations infinies” ( l 68), “jouissances infinies” ( l 36), "perdre l’esprit” ( l 41).

On remarque également que les deux femmes qui sont l’objet du coup de foudre dans chacun des textes sont d’une grande beauté. Concernant Mme de Clèves, “ M. de Nemours fut tellement surpris de sa beauté” (l 12) et “ il ne put admirer que Mme de Clèves” (l 31) (bien qu’il danse avec la reine dauphine qui “était d'une parfaite beauté” (l 29)). Quant à Mme de Mortsauf, Félix de Vandenesse en fait une description plus qu’élogieuse : “ de pudiques épaules qui avaient une âme et dont la peau satinée éclatait à la lumière comme un tissue de soie” (l 25 a 27), “les globes azurés et d’une rondeur parfaite” (l 33/34), “ le brillant des cheveux lisses au-dessus d’un cou velouté comme celui d’une petite fille” (l 48). Mme de Mortsauf est décrite comme une beauté pure et chaste : “ gorge chastement couverte” (l. 31). Elle représente une figure maternelle et rassurante.

Enfin ces deux rencontres amoureuses  se déroulent dans des lieux de fête : la rencontre entre Mme de Clèves et M. de Nemours a lieu pendant un bal donné à la cour du roi Henri II et la rencontre entre Félix de Vandenesse et Mme de Mortsauf se produit lors d’une fête.

 

Néanmoins, on observe dans ces deux rencontres amoureuses des éléments qui s’opposent,  par exemple un coup de foudre non réciproque dans le cas de M. de Vandenesse et de Mme de Mortsauf. Cette rencontre a pour origine un quiproquo: Mme de Mortsauf prend M. de Vandenesse pour un enfant et se sent attendrie par cette vision : “ Trompée par ma chétive apparence, une femme me prit pour un enfant […] sur son nid” (l. 9 à 13), elle n’est donc pas attirée par lui. Seul M. de Vandenesse semble porter des marques d’admiration à son égard et, qui plus est, manque de bienséance en se comportant en mal élevé : "je me plongeai dans ce dos comme un enfant qui se jette dans le sein de sa mère, et je baisai toutes ces épaules en y roulant ma tête” (l. 42 à 45), il se comporte finalement comme un enfant. Ce manque de bienséance et de respect ne figure absolument pas dans l’extrait de Mme de Lafayette. La rencontre entre M. de Nemours et Mme de Clèves semble régie par des codes et une conduite à tenir, dictés par leur milieu social et peut être également liés aux usages de l’époque. On observe d’ailleurs que, mis à part le moment de la danse, il n’y a pas de réel contact entre les deux personnages. Ils communiquent indirectement par le biais de personnages qui leur servent de relais. Ils n’ont qu’un bref moment d’intimité et sont entourés et observés par la cour. Par opposition, M. de Vandenesse et Mme de Mortsauf semblent isolés et retirés de la fête, plongés dans un moment d’intimité, leur relation n’est donc pas médiatisée comme dans le cas de M. de Nemours et de Mme de Clèves.

On note également que la réaction des deux femmes sont différentes, voire opposées:

Mme de Clèves se sent embarrassée et intimidée tandis que Mme de Mortsauf ne l’est nullement, elle est attendrie et compréhensive, comme le montre l'expression “ pardon de la femme qui comprend une frénésie” (56/57) et joue en quelque sort un rôle maternel et rassurant : “ Un mouvement d’oiseau qui s’abat sur son nid” (l 12/13).

Le dernier élément qui différencie ces deux extraits est la description physique détaillée de Mme de Mortsauf par opposition à une description inexistante de Mme de Clèves dans l’extrait de Mme de Lafayette.

 

Finalement, ces deux extraits regroupent des éléments communs caractéristiques de la rencontre amoureuse comme le coup de foudre, les marques d’admiration, mais présentent également des éléments qui les différencient et les opposent parfois. Ces différences sont certainement liées à l’évolution de la rencontre amoureuse suivant les époques d’écriture, avec notamment une plus grande liberté dans le contact et l’intimité des personnages.

 

 

Camille P., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2007.

 

 

 

 

 

balzac.jpg

 

 

 

 

 


 

 


 

 

 

Autre préparation, portant sur la 4ème lecture analytique de ce groupement, l'incipit d'Aurélien, d'ARAGON : en quoi cette rencontre amoureuse diffère-t-elle de celles que nous avons étudiées jusqu'à présent?

 

 

Préparation de Clarisse L. :

 

Attention, la séparation du fond et de la forme peut a priori sembler maladroite dans cette préparation. Une mise au point interviendra en cours de méthodologie à ce sujet, en ce qui concerne la lecture analytique et le commentaire.

 

 

L'extrait Aurélien d'Aragon est différent des autres extraits étudiés jusqu'à présent. Tous ces textes évoquent une rencontre amoureuse, certes, mais elle diffère dans l'extrait d'Aragon par la forme et par le fond.

 

Fond: Contrairement aux autres textes, il ne s'agit pas d'un coup de foudre, loin de là. Aurélien n'aime à priori pas Bérénice et ne lui trouve pas de qualités : « franchement laide » (l.2), « elle lui déplut » (l.2). La jeune femme n'est pas à la hauteur d'Aurélien ni même de son prénom, elle devrait se conduire comme une princesse, ce qui n'est pas le cas: «  celle-ci portait un nom de princesse d'Orient sans avoir l'air [...] d'avoir du goût » (l.6; 7) Elle est presque décevante.

C'est une relation cependant très complexe. On sait, dès la première ligne du roman, que les deux individus vont se revoir par la suite : «  la première fois qu’Aurélien vit Bérénice » (l.1) Il y aura donc plusieurs fois, cela nous donne envie de continuer à lire le roman.

La jeune fille ne semble pas marquer Aurélien : «  Aurélien n’aurait pas su dire si elle était blonde ou brune » (l .12,13) Cependant, un vers de la pièce Bérénice de Racine l’obsède : « un vers qui l’avait hanté pendant la guerre ». Il semble avoir été touché par Bérénice, malgré lui, celle-ci l’obsède et lui fait perdre la mémoire « impossible de se souvenir » (l.40). Il y a une sorte de paradoxe, il trouve la jeune fille « franchement laide », elle ne le marque pas mais presque inconsciemment elle l’obsède.

Cette première rencontre n’a rien de magique, elle ne suit pas le mythe de l’âme soeur, ne fait pas rêver contrairement aux autres textes.

Finalement, nous pouvons conclure que c’est une relation qui diffère beaucoup des autres, elle est très complexe presque anodine mais paradoxale.

Forme : Tout d’abord, les adjectifs caractéristiques de Bérénice sont péjoratifs : « laide » (l.2) « petite, pâle » (l.16). Les autres relations amoureuses mettent en avant les qualités et surtout la beauté des jeunes femmes. Dans ce texte, Bérénice est tout sauf unique : «  une étoffe qu’il avait vue sur plusieurs femmes » (l.5 ; 6)

De plus, la durée de la rencontre est indéterminée, on ne sait pas combien de temps elle dure. Les descriptions sont nombreuses mais rien ne se passe : il n’y a pas de verbes d’actions, de paroles.

Il n’y a pas, non plus, d’hyperboles exagérant les sentiments du narrateur. Mais les anaphores sont nombreuses afin, d’accentuer l’idée donnée.

On retrouve toujours le même type de phrases avec des répétitions :

« Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe …. » (l.4 ; 5)

«  Ses cheveux étaient ternes […]. Les cheveux… »

« Un vers de Racine […], un vers » (l.20)

Le nom de la ville Césarée est répété a plusieurs reprises (l.27, 34,39), et cela accentue l’obsession du narrateur à propos du vers de Racine.

Le statut du narrateur est complexe. En effet tout le long du texte, celui-ci parle d’Aurélien à la troisième personne du singulier : « il » (l.2) « lui » (l.2),il connaît toutes ses pensées. Cependant à deux reprises, le narrateur revient au présent et utilise la première personne du singulier : «Je crois » (l.16), « je deviens gâteux » (l.40) On pourrait penser qu’il y a deux narrateurs ou bien un narrateur qui raconte les faits en faisant allusion au temps de l’écriture en revenant au présent. Cela provoque un doute chez le lecteur et donne une fois de plus l’envie de continuer à lire.

 

Finalement, nous pouvons dire que c’est un texte élaboré de manière à troubler son lecteur, les hyperboles ne sont pas nombreuses mais le narrateur accentue certaines idées par des anaphores. C’est donc ce qui diffère des autres rencontres amoureuses étudiées jusqu'à présent.

 

 

 

Clarisse L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2007.

 

 

 

 

 

 

Aragon.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Préparation de Caroline A. :

 

 

 

L’extrait d’Aurélien de Louis d’Aragon diffère des autres textes que nous avions étudiés car l’amour n’est pas soudain ou instinctif mais progressif ; dans cet extrait Aurélien n’a pas d’affection ou sentiment pour Bérénice mais dans l’incipit il est dit qu’il est amoureux d’elle. Dans La Princesse de Clèves, M. de Nemours et Mme de Clèves ont un sentiment de ‘déjà vu’ ; ils se reconnaissent sans se connaître, comme des âmes sœurs : « vous le connaissez sans l’avoir jamais vu. » (l. 25-26). Dans l’extrait de Manon Lescaut, le Chevalier Des Grieux tombe sous le charme de Manon de suite : c’est le coup de foudre :  « je me trouvai enflamme tout d’un coup jusqu’au transport. » (l. 8-9). Dans l’extrait de Balzac, Félix de Vandenesse est instinctivement attire par Madame de Mortsauf : « Aussitôt je sentis un parfum de femme qui brilla dans mon âme comme y brilla depuis la poésie orientale. » (l. 13 à 15)  En revanche, dans cet extrait d’Aurélien, le héros éponyme dit tout de suite que Bérénice lui avait déplu lors de leur première rencontre : « La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. » (l. 1 à 3).

 

 

 

 

Aragon.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aurélien



Dans cet extrait, qu’est-ce qui diffère des autres rencontres amoureuses étudiées jusqu’à présent ? Votre réponse devra être détaillée et concerner aussi bien la forme (le style) que le fond.



Cet extrait d’Aurélien, faisant partie du cycle Le Monde réel, parle de l’amour entre un jeune lieutenant rentré du front et Bérénice, provinciale en visite à Paris. Une passion va naître de cette rencontre. Il existe des différences entre la relation amoureuse entre Aurélien et Bérénice et celle des trois autres textes.


Sur la plan de la forme :

On constate qu’il n’y a pas de dialogue, le vocabulaire n’est pas très soutenu, les phrases sont courtes (lignes 5-6) : « Une étoffe qu’il aurait vue sur plusieurs femmes » ; (lignes 9-10) : « Ses cheveux étaient ternes ce jour-là, mal tenus. » ; (lignes 12-13) : « Il l’avait mal regardée » ; (lignes 15-16) : « C’était disproportionné »), au contraire des trois autres extraits déjà étudiés (lignes 4 à 9 de Manon Lescaut : « Elle me parut si charmante,que moi, qui n’avait jamais pensé à la différence des sexes, ni regarder une fille avec un peu d’attention, moi, dis-je, dont tout le monde admirait la sagesse et la retenue, je me trouvais enflammé tout d’un coup jusqu’au transport »).

Dans ce texte, il n’y a pas d’hyperboles, les expressions et les descriptions ne sont pas exagérées contrairement aux trois autres textes (lignes 31 de La Princesse de Clèves : « il ne put admirer que Mme de Clèves » ; lignes 40-41 de Manon Lescaut : « j’emploierais ma vie pour la délivrer de la tyrannie de ses parents » ; lignes 25-26 de Le lys dans la vallée : « de pudiques épaules qui avaient une âme »).


Sur le fond :

Dans le texte d’Aragon, il n’existe pas de coup de foudre, Aurélien trouvant Bérénice laide, insignifiante, sans attrait (lignes1-2 : « La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide »). Dans La Princesse de Clèves, au contraire, le duc de Nemours tombe tout de suite sous le charme de Mme de Clèves (lignes 1 à 4 : « M. de Nemours fut tellement surpris de sa beauté que, lorsqu’il fut proche d’elle, et qu’elle lui fit la révérence, il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration. »). On n’imaginerait jamais qu’Aurélien tombe amoureux de Bérénice par la suite.

On ne peut évoquer de relation directe dans l’extrait d' Aurélien de même qu’elle est présente dans le texte de l’Abbé Prévost et celui de Balzac (ligne 14 de Manon Lescaut : « Je lui demandai » ; lignes 46-47 de Le lys dans la vallée : « elle se retourna, me vit et me dit »)

Il y a en revanche une certaine trace de relation médiatisée et également de relation prédestinée entre Aurélien et Bérénice par le biais du vers de Racine qui hante Aurélien. Cela donne un point commun à cet extrait avec celui de La Princesse de Clèves pour la relation prédestinée (lignes 35-36 : « la fortune destinait M. de Nemours à être amoureux de Mme de Clèves ») et pour la relation médiatisée (lignes 8 à 11 : « Ils… » (le roi et les reines) « …les appelèrent sans leur donner le loisir de parler à personne et leur demandèrent s’ils n’avaient pas bien envie de savoir qui ils étaient »)

Le fameux vers de Racine mentionné dans l’extrait de Aurélien est le suivant : « Je demeurai longtemps errant dans Césarée ». Ce vers fait référence à la pièce de Racine, intitulée Bérénice. Or, dan le texte d’Aragon, Aurélien, même s’il trouve Bérénice laide, est troublée par cette rencontre. C’est là que le vers de Racine produit son effet. Avant même la rencontre avec Bérénice, ce vers l’obsédait déjà, notamment pendant la guerre, dans les tranchées. Le fait que ce souvenir soit revenu à sa mémoire par l'intermédiaire de la rencontre d’une personne, qu’il trouvait néanmoins quelconque, portant le nom de la pièce de Racine à laquelle appartenait ce vers ne représente pour lui plus qu’une simple coïncidence, une prédestination. Ils étaient sans doute faits pour se rencontrer. C’est pour la même raison qu’il y a une relation médiatisée entre les deux héros : ils sont « connectés »,  « liés » par le vers de Racine.

 

Simon O., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2007.


 

 

 

hugo 2.jpg

 

Nouvelle préparation. Dans le cadre de la séquence n°2, il fallait étudier la thématique du temps dans le texte ci-dessous :

 

 

2nde

Séquence n°2 : La poésie romantique.


Objets d'étude :


  • Un mouvement littéraire et culturel du XIXème siècle

  • Le travail de l'écriture


Perspective dominante : histoire littéraire et culturelle


Perspective complémentaire : genres et registres


Problématique : quels sont les différents modes d'expression du Moi dans la poésie romantique?



Groupement de textes n°2.




Texte n°2 : Soleils couchants, (Victor HUGO, Les Feuilles d'automne).




Le soleil s’est couché ce soir dans les nuées.

Demain viendra l’orage, et le soir, et la nuit ;

Puis l’aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;

Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s’enfuit !

 

 


 

Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule

Sur la face des mers, sur la face des monts,

Sur les fleuves d’argent, sur les forêts où roule

Comme un hymne confus des morts que nous aimons.

 

 


 

Et la face des eaux, et le front des montagnes,

Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts

S’iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes

Prendra sans cesse aux monts le flot qu’il donne aux vers.

 

 


 

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,

Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,

Je m’en irai bientôt, au milieu de la fête,

Sans que rien manque au monde, immense et radieux !

 

Préparation de Clarisse L. :

 


"Soleils couchants", est un poème de Victor Hugo appartenant au recueil Les feuilles d'automne. Il est composé de quatre strophes en alexandrins avec un ensemble de rimes croisées. Le temps est un élément essentiel du poème que Hugo met en avant. En effet, il appartient au registre lyrique qui mêle la nature, les sentiments personnels du poète et le temps.

Le coucher du soleil, annonce la nuit à venir, Victor Hugo regrette cette fin de journée et s'inquiète pour les jours suivants : « l’orage »(v.2). Il se couche en craignant le lendemain. La répétition de la conjonction de coordination « et »insiste sur l’effet de continuité et d’enchaînement interminable du temps : « et le soir,et la nuit »(v.2) « et ses clartés »(v.3). Le premier vers est au présent et décrit une inquiétude qui se poursuivra dans le futur avec mles verbes au futur simpe « viendra, passeront ». Le temps est qualifié de fuyant : « le temps qui s’enfuit » (v.4), comme s’il avait quelque chose à se reprocher.

La deuxième et troisième strophes sont très liées : elles évoquent toutes deux le thème de la nature. Il s'agit en effet d'une oeuvre romantique où la nature joue un rôle très important, comme nous l'avons déjà vus dans,"Le lac", de Lamartine. Le champ lexical de la nature est donc présent afin d'accentuer cette idée romantique ("mers", "monts", "fleuves", "forêts", "eaux", "montagne", "bois","campagnes").La nature semble imperturbable par rapport au temps qui passe et défile, contrairement au poète qui s'en inquiète grandement. On peut trouver une personnification de la nature : "montagne"[...]"ridés et non vieillis", "bois"[...]"s'iront rajeunissant". Victor Hugo considère peut-être deux sortes de personnes, celles qui restent passives par rapport au temps. Celui-ci ne les fait point vieillir, au contraire il les rajeunit (avec une personnification de la nature) et les autres qui appréhendent le futur et qui vieilliront puis mourront par peur "du temps qui s'enfuit!». Il y a une idée de répétitions, comme celui des saisons, déjà mise en avant dans la première strophe. Ce cycle est accentué par la ponctuation presque semblable dans les deux strophes, qui ralentit le rythme du poème. L’anaphore « sur la face […] sur la face » (v.6) et « sur les […] sur les » (v.7) met une fois de plus en relief  l’idée de continuité. On ne peut arrêter le temps, il continuera « sans cesse » (v.12)

La dernière strophe est de nouveau au présent. On trouve, au vers deux, un oxymore,"refroidi sous ce soleil". Le poète veut sans doute exprimer un sentiment d'impuissance face au temps et à la nature, le soleil permet de nous réchauffer, ici, cela le refroidi. Il confie ses inquiétudes sur son sort de mortel avec un euphémisme," je m'en irai", qui signifie "je mourrai". On peut remarquer, une hyperbole, "monde immense et radieux", permettant d'accentuer le fait d'impuissance de l'être humain, face à l'immensité du monde.

Nous pouvons donc conclure que le poète s’épanche sur ses sentiments d'inquiétude face aux temps qui passe. Pour ce faire, il compare deux sortes d'individus, qui réagissent différemment dans la vie. Les uns vieillissent par peur de perdre le temps et de le voir s'enfuir. Les autres de s'en préoccupent pas et "rajeunissent". Le cycle des saisons, les répétitions, et les hyperboles permettent de démontrer que le temps est puissant et personne ne peut l’arrêter.

 

Clarisse L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, décembre 2007.

 

 

 

hugo 2.jpg

 

 

Préparation de Simon O. :

 

 

Dans ce poème de Victor Hugo, la thématique du temps est omniprésente.

Dans la première strophe, le narrateur parle du temps en général. Il dit que le temps suit un cycle qui ne s’arrête jamais : « ce soir […] Demain viendra l’orage, et le soir, et la nuit ; Puis l’aube […] Puis les nuits, puis les jours ». Il montre également que le temps est éternel et ne peut être absent : vers 4 : « pas de temps qui s’enfuit !»

Dans le deuxième strophe, Victor Hugo décrit à nouveau le temps comme éternel et omniprésent : vers 5 : « Tous ces jour passent, ils passeront en foule » ; vers 6-7 : « Sur la face des mers, sur la face des monts, Sur les fleuves d’argent, sur les forêts ». Il y a également une première comparaison entre le temps qui passe continuellement et les mortels : vers 8 : « des morts ».

Dans la troisième strophe, on remarque que la nature est également « immortelle », et qu’elle suit tout comme le temps un cycle : vers 10 : « Ridés et non vieillis » ; vers 10-11 : « le fleuve des campagnes / Prendra sans cesse aux monts le flot qu’il donne aux mers ». Donc, le temps affecte la nature puisqu’il permet sa mort mais aussi sa « renaissance ».

Enfin, la dernière strophe nous fait découvrir un narrateur interne qui semble être à la fin de sa vie : vers 13 : « Mais moi » ; vers 15 : « Je m’en irai bientôt ». Cela montre que, à l’instar de la nature, le temps perturbe les hommes, mais qui eux sont en revanche mortels. On remarque par conséquent la faiblesse et l’impuissance des hommes face au temps. Cette strophe propose donc une opposition avec la troisième strophe entre la nature éternelle et les hommes mortels, phénomènes néanmoins tous deux provoqués par le temps.

 

Il y a de nombreuses figures de style dans ce poème.

Vers 3-4 : « Puis l’aube […] Puis les nuits, puis les jours » ; vers 6-7 : « Sur la face des mers, sur la face des monts, Sur les fleuves d’argent, sur les forêts » sont des anaphores. Elles permettent de poser l’attention du lecteur sur le fait que le temps suit un cycle et qu’il est omniprésent.

Une antithèse, quasiment un oxymore, est présente au vers 3 : « clartés de vapeur obstruées ». Cette antithèse permet la cœxistence d’éléments opposés (la clarté et le brouillard). Vers 10 : « Ridés et non vieillis » (évocation de l’immortalité de la nature) et vers 14 : « refroidi sous ce soleil joyeux » (comparaison entre la faiblesse des hommes et la puissance de la nature) sont deux autres antithèses.

Il y a des personnifications aux vers 6, 9, 10, 11 et 14 : « face des mers […] face des monts » ; « face des eaux […] front des montagnes » ; « Ridés et non vieillis » ; « rajeunissant » ; « soleil joyeux ». Elles permettent de donner à la nature des caractéristiques physiques humaines (« face », « front ») ou des sentiments humains (« soleil joyeux ») pour ainsi augmenter davantage la mise en valeur de la puissance de la nature.

Un euphémisme est présent au vers 15 : « Je m’en irai bientôt ». Cette figure de style est utilisée pour atténuer la mort proche du narrateur : il y a encore une preuve de la mortalité humaine.

Il y a de nombreuses métaphores tout au long du poème : vers 3 : « vapeurs obstruées », qui signifie le brouillard ; vers 4 : « pas de temps qui s’enfuit », qui démontre l’omniprésence du temps ; vers 7 : « fleuves d’argent », argent qui évoque ici l’eau ; vers 8 : « hymne confus » : c’est une référence au bruit que provoque le roulement des morts dans la forêt (« hymne » démontre aussi que ce « bruit » est répétitif et qu’il a une valeur morale, ici la mort) ; vers 13 : « sous chaque jour courbant plus bas ma tête » : sorte d’euphémisme, qui prouve et atténue les conséquences du temps qui passe sur l’homme : la « fatigue » puis la mort ; vers 15 : « fête », qui signifie tout simplement le monde, l’environnement.

 

 

 

Simon O., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, décembre 2007.

 

 

nerval.jpg

 

 

 

Préparation suivante :

 

 

2nde

Séquence n°2 : La poésie romantique.


Objets d'étude :


  • Un mouvement littéraire et culturel du XIXème siècle

  • Le travail de l'écriture


Perspective dominante : histoire littéraire et culturelle


Perspective complémentaire : genres et registres


Problématique : quels sont les différents modes d'expression du Moi dans la poésie romantique?



Groupement de textes n°2.


Texte n°3 : El Desdichado (in Les Chimères), de Gérard de Nerval.




El Desdichado


Je suis le ténébreux, - le veuf, - l'inconsolé,

Le prince d' Aquitaine à la tour abolie :

Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé

Porte le soleil noir de la Mélancolie.

 

 

Dans la nuit du tombeau, toi qui m'as consolé,

Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,

La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,

Et la treille où le pampre à la rose s'allie.

 

 

Suis-je Amour ou Phébus?... Lusignan ou Biron?

Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;

J'ai rêvé dans la grotte où nage la sirène...

 

 

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :

Modulant tour à tour sur la Lyre d'Orphée

Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.



1 : « le déshérité ». 2 : Nerval pensait descendre d'une ancienne famille du Périgord, apparentée aux Biron et à Lusignan (voir v.9). 3 : La femme aimée. 4 : Promontoire près de Naples. 5 : Branche de vigne grimpante.

6 : Autre nom d'Apollon. 7 : Grande famille du temps des croisades. 8 : Chefs catholiques pendant les guerres de religion. 9 : Fleuve des Enfers dans la mythologie grecque. 10 : Allusion à la fée Mélusine qui, selon la légende, avait épousé Lusignan.

 

 

Préparation d'Isabelle M. :


 

Préparation: El Desdichado

(Gérard Nerval, Les Chimères)

 

 

Comment le lyrisme s’exprime-t-il dans ce poème ?

 

Dans ce sonnet de NERVAL, nous remarquons plusieurs éléments qui nous aident à identifier El Desdichado comme un poème lyrique. D’abord, nous pouvons distinguer deux champs lexicaux qui s’opposent : celui de la lumière, et l’autre de l’obscurité.

Pour le premier champ lexical, nous avons « étoile », « constellé » (v.3), « soleil » (v.4), « pampre », « rose » (v.8), « Phébus » (v.9) et « rouge » (v.10). Phébus, était le deuxième nom d’Apollon, dieu du soleil selon la mythologie grecque. Opposés à cela, nous avons également « ténébreux » (v.1), « noir » (v.4), « nuit » (v.5) et « grotte » (v.11). Nous pouvons aussi repérer l' oxymore « soleil noir » (v.4). Il s’agit donc d’un texte fondé sur l’antithèse (l’opposition de la mélancolie du poète au présent et le bonheur du passé quand l’actrice Jenny Colon était encore vivante). A l’aide de ces deux champs lexicaux, nous pouvons sentir à la fois la force de son désespoir au moment de l’écriture mais aussi son amour du passé. Il y a donc deux temporalités qui se superposent dans ce poème : le passé, quand l’actrice était en vie (évoquant le bonheur) et le présent, après sa mort (évoquant le malheur à cause du manque, de l’absence). Cela fait partie d’une des nombreuses traductions stylistiques de ce sentiment amoureux.

Nous pouvons en retrouver d’autres, notamment le sentiment amoureux de NERVAL envers Jenny Colon qui est exprimé par des termes hyperboliques : « Ma seule étoile » (v.3) (par là, il veut dire la femme aimée), « La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé » (v.5). Il y a aussi de nombreuses évocations de Jenny Colon dans son poème et cela montre clairement la profondeur de son amour envers elle : « ma seule étoile » (v.3), « toi qui » (v.5), « rends-moi » (v.6), « la reine » (v.10), « la sirène » (v.11) et « la fée » (v.14).

Pour ajouter encore plus d’intensité au poème, il y a également le mode verbal de l’impératif « Rends-moi » (v.6) et nous pouvons repérer le thème de la fuite du temps car nous trouvons la présence de deux des trois temporalités dans le texte : le passé « m’a consolé » (v.5), « la fleur qui plaisait » (v.7) et le présent « je suis le ténébreux » (v.1), « mon front est rouge » (v.10).

Le but du registre lyrique est de faire comprendre aux lecteurs les sentiments personnels de l’auteur, or le poète possède une incapacité à accepter le temps qui s'écoule. Il y a une sorte de déchirure entre le passé heureux et le présent désespéré et il ne peut pas trouver un équilibre. Le poète ne se comprend pas et cela se voit grâce à l’enjambement du vers 3 au vers 4 :

 

« Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé

Porte le soleil noir de la Mélancolie. »

 

Et aussi grâce aux tirets : « Je suis le ténébreux, - le veuf, - l’inconsolé, » (v.1). Nous pouvons aussi remarquer que l’auteur possède une grande obsession de la mort et le monde réel se mélange avec ses souvenirs : « J’ai rêvé dans la grotte où nage la sirène … » (v.11). Les trois points de suspension marquent le prolongement de son rêve. NERVAL veut que son rêve continue. Nous retrouvons cette obsession au vers 10 : « Mon front est rouge encor du baiser de la reine », « encor » manque un « e » (qui est lié au nombre de syllabes dans les vers). Cela veut peut être nous montrer que son obsession durera pour toujours, puisque même le mot « encore » n’est pas terminé.

C’est grâce à cela que nous pouvons connaître les sentiments de l’auteur pendant sa quête d’identité (du vers 1 à 9) et de ses retrouvailles (du vers 10 à 14). Il passe donc du désespoir à l’espoir.

 

 

 

Isabelle M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2008.

 

 

 

 

 

 

nerval.jpg

 

 

 

 

 

Préparation de Thibault T.. :

 

 

 

 La poesie lyrique est souvent définie comme le genre littéraire qui permet l' expression personnelle du poète. Tout ce qui provoque dans l' âme une émotion si forte qu' on sent le besion de l' exprimer est source de lyrisme. Dans le registre lyrique, l' auteur parle en son nom propre et évoque ses émotions personnelles avec une prédominance du vocabulaire affectif. Le registre lyrique fait souvent référence à l' Antiquité, aux dieux grecs et aux personnages héroïques. Enfin, dans le registre lyrique, on retrouve toujours la recherche de la musicalité travers les vers. Le mot lyrique vient d' ailleurs du mot lyre, un instrument de musique utilisé dans l' Antiquité.

  Dans la poésie " El desdichado", on retrouve le registre lyrique à travers l' expression de la première personne. En effet, Gerard de Nerval parle de son propre désespoir, c' est son émotion personnelle qu' il exprime. On retrouve donc l' utilisation des pronoms personnels et adjectifs possessifs de première personne du singulier : "Je suis" (vers 1); " Ma seule étoile" ( vers 3); "Suis-je" (vers 9);" Mon front" ( vers 10); "J' ai rêvé" ( vers 11) et " J' ai " ( deux fois au vers 12). Dans le titre de la poésie, Gérard de Nerval exprime son émotion en s' identifiant à un déshérité. Cette identification à des personnages désespérés, abattus, tristes, est l' expression lyrique de la douleur du poète: " le ténébreux, le veuf, l' inconsolé"( vers 1), le prince d' aquitaine" ( vers 2). Gérard de Nerval utilise aussi la référence aux dieux grecs et aux héros, cela fait partie du registre lyrique pour traduire les sentiments intimes : " Phébus, Lusignan, Biron" ( vers 9); " la sirène"(vers 11), allusion au héros grecs de L' Iliade et l' Odyssée ; "L' Archéron" ( vers 12), fleuve des enfers grecs ;"Lyre d' orphée" ( vers 13)est une allusion à l' origine du lyrisme, aux chants désespérés.

 Le lyrisme s' exprime aussi dans cette poésie à travers la musicalité que le poète a beaucoup travaillée afin de traduire un rythme qui correspond aux émotions. C' est un sonnet aux rimes croisées, composé de deux quatrains ( rimes en "é" net en "i") et deux tercets ( rimes en "on" et en "é"). Les vers qui composent ce poème sont des alexandrins. Les sonorités alternent et le parallélisme de la construction crée un rythme lent, triste qui traduit le désespoir  du poète et sa nostalgie du passé. Gérard de Nerval construit une musicalité à l' aide de la ponctuation. L' utilisation des tirets, des points d' interrogation,   et de suspension crée des ruptures de rythme et renforce la musicalité du poème. Enfin, Gérard de Nerval donne aussi un rythme a son poème ( rythme ternaire et rythme binaires) grâce a l' énumération des noms ou des adjectifs : "Je suis le ténébreux - le veuf - l' inconsolé" ( vers 1; rythme ternaire) "Suis-je Amour ou Phébus?...Lusignan ou Biron" ( vers 9; rythme binaire). De plus, Gérard de Nerval insiste sur le fait que sa poésie ressemble à un chant poétique en faisant allusion à deux instruments de musique: " Mon luth constellé( vers 3), " La lyre d ' Orphée" ( vers 13).

 

 

 

Thibault T., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2008.

 

La forme de cet extrait est à part aussi car, comme il n’y a pas d’émotions fortes invoquées par l’amour ou l’attirance, il n’y a pas de figures de styles de caractère hyperbolique. Dans les autres extraits, l’auteur utilisait des hyperboles, des comparaisons ou des allégories afin de montrer l’intensité de la manifestation amoureuse. La Princesse de Clèves :  « il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration. » (l. 3-4). Le lys dans la vallée : « je me plongeai dans ce dos comme un enfant qui se jette dans le sein de sa mère. » (l. 42 à 44). Manon Lescaut :  « on ne ferait pas une divinité de l’Amour. » (l. 44). Ici, il n’y a pas de ‘haut degré’ :  «  Il n’aima pas comme elle était habillée. » (l. 3)
Une autre différence est celle du contenu des extraits. Les autres extraits se passent dans un lieux précis, il y a une situation qui tourne autour des deux personnages : bal, intrigue, problématique, obstacle dans leur amour, interaction… Dans cet extrait, nous sommes apparemment dans les ‘pensées’ du narrateur. Ce ne sont pas exactement les souvenirs mais plutôt des  impressions.Le narrateur semble divaguer avec ses pensées : il ne se concentre pas sur Bérénice elle-même mais plutôt aux idées qui semble s’attacher à son prénom :  « Brune alors, la Bérénice de la tragédie. » (l. 33-34).
 
 
Caroline A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2007.
nerval.jpg


 Préparation de Simon O. :

 

Les extraits de La Princesse de Clèves, avec M. de Nemours et Mme de Clèves, de Mme de Lafayette ( XVIIIème siècle) et Le Lys dans la vallée, avec Félix de Vandenesse et Mme de Mortsauf, de Honoré de Balzac ( XIXème) présentent des points communs.

Tout d'abord, les deux rencontres respectives des extraits cités ont lieu dans deux endroits différents : un bal à la cour du roi ( La Princesse de Clèves ) et dans une foule ( Le Lys dans la vallée). Ces deux endroits sont liés par un point commun, le manque d'intimité. En effet, ce sont des lieux qui comportent une quantité importante d'individus : les personnages principaux sont loin d'être seuls, « il s'éleva dans la salle un murmure de louanges » (l.5 La princesse de Clèves) «  une foule » (l,3 Le lys dans la vallée ).

On constate aussi que la rencontre est brève dans chacun des extraits : « ils les appellèrent ( l,9 La princesse de Clèves ), la danse est interrompue par l'appel des rois et des reines. Et on retrouve cette même brièveté pour qualifier la rencontre des personnages du Lys dans la vallée : en effet, Félix de Vandenesse ne voit Mme de mortauf que de courtes minutes.

De plus, on observe  diverses figures de style à tournures hyperboliques, pour parler de Mme de Clèves vue par M. de Nemours : ( « surpris de sa beauté » ( l.24) « admiration » placé en anaphore) et de Mme de Mortsauf selon Félix de Vandenesse, celles-ci allant même vers l'emphase : ( «  épaules qui avaient une âme et dont la peau satinée éclatait à la lumière comme un tissu de soie » (l.24) ).

Ces deux extrait montrent aussi des différences qui sont selon moi plus importatntes car plus nombreuses.

Premièrement, les ambiances des deux rencontres sont totalement opposées, malgré le lien du manque d'intimité, car M. de Nemours et Mme de Clèves qui ne se sont jamais vus auparavant dansent ensemble pendant un bal. L'ambiance est donc mystérieusement romantique, contrairement à la foule étouffante que décrit Félix de Vandenesse : ( « au moment où je souffrais du malaise causé par le piétinement auquel nous oblige une foule » ( l. 1 à 3 )) où celui-ci voit Mme de Mortsauf pour la première fois.

D'autre part, l'évidence de la réciprocité amoureuse entre nos deux héros de La princesse de Clèves n'est pas retrouvée dans le second extrait. En effet, Félix de Vandenesse se laisse aller sans être compris de sa bien-aimée, par désir et amour pour elle : (« je me plongeai dans ce dos comme un enfant qui se jette dans le sein de sa mère, et je baisai toutes ces épaules en y roulant ma tête. Cette femme poussa un cri perçant » ( l. 44 à 45 )).

Ensuite, en observant le type de texte dominant, on s'aperçoit de l'absence totale de portrait physique dans le premier extrait, alors que celui-ci y est dominant dans le second, avec la description de Mme de Mortsauf par Félix de Vandenesse : ( « de blanches épaules rebondies » (l. 21), « des épaules légèrement rosées » (l.22), « rondeur parfaite » ( l.33)).

Finalement, on remarque que le narrateur de La princesse de clève est omniscient : ( «  le roi et les reines se souvinrent » (l.8)), alors que Félix de Vandenesse et le narrateur du Lys dans la vallée.

 

Lisa R., 2nde section internationale, lycée international de Valobonne Sophia-Antipolis, octobre 2007.

 

 

 

balzac.jpg



 

Préparation de Caroline A. :

 

          On peut observer dans cet extrait de Le Lys dans la vallée plusieurs similitudes avec le texte de la lecture analytique n°1, c’est-à-dire La Princesse de Clèves de Mme De Lafayette. D’abord, le lieu : les deux rencontres ont lieu dans un milieu social qui incite au contact humain. Dans La Princesse de Clèves, il s’agit d’un bal ou les deux ‘âmes-sœurs’ dansent ensemble. Dans Le Lys dans la vallée, il s'agit d'une fête où le narrateur, Félix de Vandenesse, se fait piétiner et ‘aborde’ une femme. Un autre point commun est celui de l’éblouissement, de l’intensité des sentiments amoureux chez les personnages masculins. Dans La Princesse de Clèves, « M. de Nemours fut tellement surpris de sa beauté » (l.1), « il ne put s’empêcher de donner des marques de son admiration » (l.3-4) et « Cette princesse était d’une parfaite beauté […] ; mais, de tout le soir il ne put admirer que Mme de Clèves » (l.28 a 31). Dans Le lys dans la vallée : « Je regardai ma voisine, et fus plus ébloui par elle que je ne l’avais été par la fête ; elle devint toute ma fête. » (l.15 a 17). Félix et M. de Nemours sont tout les deux enchantés par une femme, cela est démontré par les hyperboles utilisées par les auteurs.

            Néanmoins, il y a aussi beaucoup d’éléments qui s’opposent dans ces deux extraits. Le style d’écriture est différent. Dans La Princesse de Clèves, Mme de Lafayette utilise un langage plus éloquent :  « il crut qu’elle avait été touchée de la vue de ce prince » (l.38-39), alors que, dans l’extrait de Balzac, le style est, à première vue, plus simple, le narrateur semble écrire ses sentiments et impressions sans réflexion et utilise des figures de style comme la comparaison : « d’un cou velouté comme celui d’une petite fille » (l.37-38). Le narrateur est aussi différent dans les deux extraits. Celui de Lafayette utilise la troisième personne et celui de Balzac  la première. Cela donne au lecteur des impressions différentes. Ces rencontres se passent aussi à des époques différentes , les personnages de Lafayette doivent respecter un certain code : ils ont plus de retenue, de contrôle, alors que les personnages (surtout Félix) de Balzac suivent plus leur instinct. Dans La Princesse de Clèves, M. de Nemours et Mme de Clèves ne s’adressent pas la parole et le fait qu’ils dansent ensemble sans se connaître est inhabituel et spectaculaire : « ils trouvèrent quelque chose de singulier de les voir danser ensemble sans se connaître. » (l.7-8). Au contraire, dans Le lys dans la vallée, Félix fait une approche physique (« je baisais toutes ces épaules en y roulant ma tête » (l.44-45)). La manifestation amoureuse est différente aussi : M. de Nemours et Mme. de Clèves avaient des sentiments réciproques mais la femme aimée de Félix ne retourne pas ses sentiments. On peut voir cela aux lignes 28 à 31 dans l’extrait de Mme de Lafayette puis aux lignes 45 («cette femme poussa un cri perçant »), 52 (« un regard anime d’une sainte colère ») et enfin 55 (« la pudeur offensée étincela sur son visage. »).

On peut aussi voir que, pour M. de Nemours, le sentiment amoureux était dans l’intensité de ses émotions. Dans l’extrait de Balzac, le narrateur accorde plus d’importance à l’aspect physique : « un parfum de femme » (l.14), « blanches épaules rebondies […] épaules légèrement rosées qui semblaient rougir comme si elles se trouvaient nues pour la première fois. » (l.21-25).

De plus, on voit très bien la différence entre les deux époques. Dans La Princesse de Clèves, on donne de l’importance aux noms (« je voudrais bien que Votre Majesté eut la bonté de lui apprendre mon nom » (l.16-17)) lorsque dans l’extrait de Balzac, Félix passe la plupart du temps a décrire la femme dont il se dit amoureux : c’est son parfum qui l’enflamme puis le reste de son corps : épaules, dos, cheveux.

Les deux hommes diffèrent donc dans la façon que l’amour s’exprime en eux. M. de Nemours et Félix s’opposent dans leur description physique aussi. Le narrateur dans leroman de Lafayette dit à la ligne 39 « de la vue de ce prince » ; M. de Nemours apparaît comme un homme charmant et attirant dans l’imagination du lecteur. En revanche, Balzac fait que son personnage se dénigre lui-même : « trompée par ma chétive apparence » (l.9-10). Il rend Félix inintéressant lorsque le personnage dit qu’il se fait bousculer et piétiner. Le lecteur a donc une opinion opposée envers les deux personnages.

Voici les différences et les similitudes entre ces deux extraits.

 

 

___________________________________________________________________________________________________________

 


 

 



Date de création : 04/10/2007 @ 10:51
Dernière modification : 30/09/2009 @ 10:05
Catégorie : Préparations (2007/2008)
Page lue 929 fois


Imprimer l'article Imprimer l'article


^ Haut ^