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Préparations (2007/2008) - 1ère FLS

 

1ère FLE/FLS

Séquence n°1 : La Philosophie des Lumières.


Objets d’étude :

Etude d’un mouvement littéraire et culturel du XVIIIème siècle ;

Argumenter, convaincre, persuader, délibérer.


Problématique : Comment définir l'esprit des Lumières?


Groupement de textes n°1 : La critique philosophique au XVIIIème siècle.



Texte n°4 : Les lettres persanes, de MONTESQUIEU. ( Extrait de la lettre XXIV, 1721).




Ne crois pas que je puisse, quant à présent, te parler à fond des mœurs et des coutumes européennes : je n’en ai moi-même qu’une légère idée, et je n’ai eu à peine que le temps de m’étonner.

Le roi de France est le plus puissant prince de l’Europe. Il n’a point de mines d’or comme le roi d’Espagne, son voisin ; mais il a plus de richesses que lui, parce qu’il les tire de la vanité de ses sujets, plus inépuisables que les mines. On lui a vu entreprendre ou soutenir de grandes guerres, n’ayant d’autres fonds que les titres d’honneur à vendre, et, par un prodige de l’orgueil humain, ses troupes se trouvaient payées, ses places munies, et ses flottes équipées.

D’ailleurs ce roi est un grand magicien : il exerce son empire sur l’esprit même de ses sujets ; il les fait penser comme il veut. S’il n’a qu’un million d’écus dans son trésor, et qu’il en ait besoin de deux, il n’a qu’à leur persuader qu’un écu en vaut deux, et ils le croient. S’il a une guerre difficile à soutenir, et qu’il n’ait point d’argent, il n’a qu’à leur mettre dans la tête qu’un morceau de papier est de l’argent, et ils en sont aussitôt convaincus. Il va même jusqu’à leur faire croire qu’il les guérit de toutes sortes de maux en les touchant ; tant est grande la puissance qu’il a sur les esprits.

Ce que je dis de ce prince ne doit pas t’étonner : il y a un autre magicien, plus fort que lui, qui n’est pas moins maître de son esprit qu’il ne l’est lui-même de celui des autres. Ce magicien s’appelle « le Pape ». Tantôt il lui fait croire que trois ne font qu’un, que le pain qu’on mange n’est pas du pain, ou que le vin qu’on boit n’est pas du vin, et mille autres choses de cette espèce.




 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Préparation de Mirella L. : 






Les lettres persanes , MONTESQUIEU 

(Extrait de la lettre XXIV, 1721)



Question : En quoi peut-on parler dans cet extrait de dénonciation religieuse ? 


Les lettres persanes de Montesquieu sont un roman épistolaire du XVIIIème siècle, un siècle caractérisé par l’âge d’or des philosophes des Lumières qui luttent pour la liberté, la tolérance, qui combattent la superstition et la tyrannie, et qui remettent en question la monarchie absolue et les dogmes de la religion. Dans ce texte, extrait de la lettre XXIV, Montesquieu imagine deux persans qui viennent à Paris et qui écrivent à leurs amis restés en Perse. Ces deux Persans présentent la société apparente de la France, une occasion pour l’auteur de confronter deux modes de pensées, deux mondes opposés à travers le regard étranger. Naïfs et étonnés, ces deux voyageurs découvrent les mœurs, les coutumes européennes et une religion différente de la leur. Tout d’abord, Montesquieu, caché derrière le masque de ces deux Persans, dénonce la religion, les rites du Christianisme en critiquant le Pape et son pouvoir sur le roi. Selon l’auteur, le Pape est un magicien plus fort que le roi. Nous pouvons citer les lignes 17 et 19 : « il y a un autre magicien plus fort que lui » (que le roi) […] Ce magicien s’appelle  « le Pape ». Nous remarquons ici une hiérarchie dans la manipulation (le Pape manipule le roi qui manipule le peuple). En outre, Montesquieu illustre la magie de la papauté de la ligne 19 à 21 :  « Tantôt il lui fait croire que trois ne font qu’un, que le pain qu’on mange n’est pas du pain ou que le vin qu’on boit n’est pas du vin, et milles autres choses de cette espèce ». Dans cette phrase, Montesquieu fait référence à deux rites dans la religion du Christianisme. Le premier rite est celui de la Sainte-Trinité dans laquelle le Père, le Fils et le Saint-Esprit ( « que trois ») ne font qu’un : Dieu. Le deuxième rite est l’Eucharistie : le pain qu’on mange, c’est le corps du Christ et le vin qu’on boit, c’est le sang du Christ. D’une façon générale, Montesquieu fait une présentation moqueuse des dogmes de l’Eglise. Il parvient ensuite à donner une fausse image du Pape en faisant croire au peuple (utilisation du verbe « croire » à la ligne 19) que c’est un manipulateur, un magicien alors qu’il est censé représenter Dieu. En définitive, nous pouvons donc parler de ce texte de dénonciation religieuse de la part de Montesquieu. Ainsi, nous pouvons rapprocher cet extrait de deux textes : l’Ingénu de Voltaire et Autorité politique de l’Encyclopédie (Diderot) car il est egalement question  de critiquer le cérémonial religieux, le pouvoir et la monarchie absolue des droits divins par le biais des méthodes de crédulité.  


Mirella L. (Italie), 1ère FLS, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2007.





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Préparation de Lina Y. (question identique) :



       Le XVIIIème siècle est marqué par le grand mouvement littéraire de la Philosophie des Lumières. Dans son roman épistolaire Les lettres persanes, Montesquieu a imaginé  deux Perses qui séjournent à  Paris. L’extrait de la lettre XXIV nous montre le monde à travers les yeux de l’un des Perses : c’est le regard naïf d’un étranger mais qui critique en même temps la société française de l’époque. De cette façon, Montesquieu dénonce nettement l’Eglise et les puissants.




    En parlant du pouvoir et de la religion chrétienne, le Perse fait une comparaison : il appelle le roi et le pape des « magicien[s] » (l.10, 17). Il remarque que le roi fait croire à son peuple « qu’un écu en vaut deux » (l.12), tandis que le Pape persuade tout le monde « que trois ne font qu’un » (l.19). Il s’agit dans le dernier cas de la Sainte Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui forment  un tout unique : Dieu. Pourtant ce n’est pas le seul fait d’absurdité religieuse, il y en a encore beaucoup : le Pape dit « que le pain qu’on mange n’est pas du pain » (l.19 ,20) et « le vin qu’on boit n’est pas du vin » (l.20). Cela peut être expliqué par le dogme chrétien selon lequel le pain de la messe est le corps du Christ et le vin, c’est son sang.  Il existe aussi l’élément de la manipulation psychologique : le Pape « n’est pas moins maître de son esprit qu’il ne l’est lui-même de celui des autres » (l.18), il « fait croire » (l.19) des choses ineptes. Après avoir lu l’extrait, on voit clairement l’ordre hiérarchique. Le roi qui a le droit divin dirige ses sujets mais « il y a un autre magicien plus fort que lui » (l.17) et qui occupe la position la plus élevée de cet ordre hiérarchique : le Pape. Donc, on peut dire en conclusion que c’étaient l’Eglise et le Pape qui avaient le pouvoir et toute la puissance.




   Comme tous les écrivains des Lumière, Montesquieu a réussi à soumettre l’autorité religieuse et le despotisme du pouvoir à la critique sévère grâce au registre ironique. D’autres auteurs des Lumières comme Voltaire et Marivaux ont proclamé de la même façon une dénonciation précise des défauts de la société française, et surtout de ses dirigeants.



Lina Y. (Ukraine), 1ère FLS, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2007.



 


 

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Préparation de Michaela C. :

 

 

Question: En quoi peut on parler dans ce texte de dénonciation religieuse?

 

Les lettres persanes, écrites par Montesquieu s'inscrit parmi les oeuvres majeures des Philosophes des Lumières.Au XVIIIème siècle, la philosophie des Lumières se définissait par une critique à visée réformatrice ou même révolutionnaire de la société et des puissances importantes.

 

Dans cet extrait des Lettres persanes, Montesquieu dénonce l'Eglise catholique en la présentant comme étant le pire des pouvoirs déreglés agissant en France. Dans le texte, on observe une gradation, une sorte de crescendo d'effets qui sert à montrer la hiérarchie des pouvoirs. Montesquieu commence dans le premier paragraphe à parler de la corruption de la société même. Le roi de France arrive à s'emparer des richesses du pays "parce qu'il les tire de la vanité des sujets, plus inépuissables que les mines" (l. 4-5).Ensuite, Montesquieu traite de la dissolution de la monarchie absolue.Le roi est "un grand magicien" (l. 10), capable de déformer les "esprits même de ses sujets". Pourtant ce roi-magicien n'est finalement pas le plus puissant :"il y a un autre magicien" (l. 17), et ce serait "le Pape" (l. 19). Montesquieu place cet homme, symbole de l'Eglise, à la tête des pouvoir corrompus. C'est le plus fort dans la hiérarchie que décrit Montesquieu, celle qui place le peuple en bas, le roi au milieu, et l'Eglise au sommet.

Montesquieu analyse le fait qu'il n'y a point d'harmonie ni de règles divines qui guident les actions du Pape. Dans ce texte, Montesquieu rappelle le chiffre trois plusieurs fois. En ce qui concerne la forme du texte, Montesquieu fait son dénonciation en trois paragraphes chacun avec une critique bien spécifique. On trouve ensuite trois pouvoirs importants: le Pape, le roi, et le peuple. Enfin, il parle du Pape qui "fait croire que trois ne font qu'un" (l. 19). Cette remarque est une référence directe à la trinité divine qui unit Dieu, le Fils, et le Saint-Esprit. Pourtant, par analogie, on pense au Pape, au roi, et au peuple. En revanche, il n'existe point d'unité divine ou autre rassemblant ces trois entités en une. L'unité est un mythe. Il n'y a que des liens créés par la ruse et le domptage des esprits qui les lient.

Montesquieu continue pour montrer ainsi l'aspect absurde et hypocrite de l'Eglise. Le Pape n'est qu'un "magicien" (l. 17). Selon les discours de l'Eglise à l'époque, la magie est le signe du diable, elle est donc condamnable. Mais le Pape, chef de l'Eglise, est lui même magicien en train de nous ensorceler :"Tantôt il fait croire [au peuple] que [...] le pain qu'on mange n'est pas du pain, ou que le vin qu'on boit n'est pas du vin" (l. 19-20). Ce sont les artifices qu'emploie l'Eglise pour dompter le peuple, pour le faire croire en des choses qui n'ont pas de sens réel.

 

Cette critique de l'Eglise ainsi que d'autres écrits des philosophes tels que Voltaire et Diderot contribuent à un mouvement vers une société ou l'Eglise n'a plus de pouvoirs politique. La laïcité même de notre société aujourd'hui tient ses origines des idées exprimées dans les écrits des philosophes des Lumières.

 

 

 

Michaela C. (Etats-Unis d'Amérique), 1ère FLS, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, octobre 2007.

 

 

 

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Date de création : 13/10/2007 @ 13:07
Dernière modification : 07/01/2009 @ 12:17
Catégorie : Préparations (2007/2008)
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