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Copies d'élèves (2007/2008) - Ecriture d'invention 2nde 2

1er sujet d'écriture d'invention :

Les devoirs d'écriture d'invention proposés ci-dessous ont été rédigés en temps libre, pour le  09 novembre 2007, à l'issue de  séquence n°1 intitulée Le roman et son évolution du XVIIème au XXème siècle. Le principal objet d'étude qui sous-tendait cette séquence était bien sûr le genre narratif. Cette séquence se partageait entre l'étude d'Une Vie de Maupassant, en oeuvre intégrale, et celle d'un groupement de textes complémentaires consacrée à la rencontre amoureuse dans le genre narratif : ce groupement comprenait les lectures analytiques d'extraits de La Princesse de Clèves, de Mme de Lafayette, Manon Lescaut, de l'Abbé Prévost, Le lys dans la vallée, de Balzac, et l'incipit d'Aurélien, d'Aragon.

Parallèlement, en méthodologie, les élèves avaient étudié la typologie des textes et les focalisations.

La mise en ligne de ces quelques copies complète le compte-rendu du devoir, et peut servir de support à une éventuelle remédiation.

Le sujet était le suivant :

Après l'étude du GT1, vous rédigerez à votre tour une rencontre amoureuse régie par les consignes suivantes :

  • elle mêlera types narratif et descriptif (vous veillerez à utiliser les outils stylistiques propres à ces deux types de texte).
  • Votre production respectera les codes romanesques traditionnels (rôle du regard, emploi d'hyperboles, admiration etc.)
  • Vous expliciterez la focalisation que vous aurez choisie (focalisation zéro, focalisation interne, ou alternance des deux).
  • Toute référence culturelle pertinente est valorisée.


Lafayette.jpg




Code des couleurs :

  • Hyperbole, admiration, sens visuel...
  • Type descriptif
  • Type narratif
  • Référence culturelle pertinente

Code des couleurs : ce guidage méthodologique ajouté aux copies elles-mêmes est destiné à faire de ces productions d'élèves un potentiel outil d'élaboration de futurs devoirs, ou encore de remédiation ou de correction.




Devoir de Matthew C. (15/20)  (focalisation interne) :


Marco, jeune provincial de vingt ans vient de finir ses études. Grand amateur d’art, il se rend à Venise pour voir une exposition artistique dans le somptueux Palais des Doges.


  En cette matinée de fin de printemps de l’année 1634, je marchais à pas pressés le long du Grand Canal en direction du Palais des Doges, lieu où l’exposition annuelle d’art se déroulait. Je sentais le vent frais sur mon visage. En partant de chez moi, j’avais oublié que se tenait le Carnaval de Venise ce jour-là. En tout cas, rien ne me laissait prévoir ce qui m’arriverait.

  Je voulais arriver rapidement au Palais pour être l’un des premiers amateurs à y rentrer et pour éviter la foule trop importante qui serait présente dans la ville aux environs de midi.

  Le soleil était présent malgré le vent ce jour-là et il se reflétait dans l’eau du canal. Plus tard, la ville serait recouverte de déguisements, de gondoles colorées et d’amour.

  Au détour d’une ruelle, le majestueux bâtiment de pierre et de verre se dressait devant moi et je pus observer une petite foule de visages découverts devant la porte d’entrée.

  L’intérieur était somptueux, le subtil mélange d’architecture et d’œuvres d’art rendait les lieux imaginaires, tirés directement des rêves les plus beaux.

  Quelque chose attira mon esprit. Ou plutôt quelqu’un . Je me déplaçai pour mieux la voir et là, debout dans un coin de la salle, la plus belle vision que j’eus de ma vie s’offrait à moi et elle me fit oublier tout ce qui m’entourait, aussi ravissant que cela pouvait être. Non, je ne parle pas des cinquante-deux mètres de long du Paradis des Tintoret, père et fils, mais d’une jeune femme aux cheveux blonds, le regard bleu perdu dans le néant artistique.

  Comme un aimant, je m’avançais vers elle et, sans protestations, elle se laissa baiser la main en esquissant un sourire gêné.

  Jamais de toute ma vie de modeste provincial, je n’aurais pu me permettre d’imaginer être à ce point comblé.

  Aussi improbable que cela puisse paraître, mon bonheur devant les œuvres de Véronèse et autres devint plus grand encore lorsque cette beauté féminine conquit mon cœur avec l’armée de Cupidon.

  Nous nous regardâmes longtemps sans parler car cela ne servait à rien. A quoi sert de parler lorsque le cœur crie ? Je demeurais là, à la contempler dans toute sa splendeur, et il me semblait que toute la lumière que produisaient les lustres s’était concentrée sur elle. Je savais que si je m’en allais sans information sur l’élue de mon coeur – vêtue d’une robe bleue ciel – je le regretterais plus tard et mon âme en souffrirait.

  Son nom était Mary Barnley, un joli nom, que j’avais déjà vu quelque part. Mary était la fille du Duc d’Oxford, selon ce que j’avais pu comprendre grâce à mon étude de la langue de Shakespeare. Heureusement, elle comprit que je n’étais complètement bilingue, et me dit dans un italien scolaire avec un accent anglais qui me fit craquer qu’elle éprouverait grand plaisir à marcher en ma compagnie.

  Lors de notre promenade, je remarquai, en voyant ses yeux couleur azur se poser sur chaque édifice, qu’elle était surtout venue en Vénétie pour l’architecture. Avec elle accrochée à mon bras, nous nous aventurâmes dans la horde masquée et elle me raconta la belle vie de château qui était la sienne.

  Avec Mary, le temps passa si vite qu’après une longue conversation, la lune remplaça rapidement le soleil fatigué de couleurs. Lorsque nous traversâmes une foule déguisée qui rentrait chez elle, brusquement, je ne sentis plus l’étreinte de sa main.

  Inquiet, je me hissai alors en haut d’un pont, juste à temps pour la voir monter dans une gondole et disparaître en même temps que mes rêves d’amour, dans le brouillard vénitien.





Matthew C. , 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2007.

 

 

 

 

 

 

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Devoir de Camille P. (18,5/20) :

 

Focalisation interne

 

Accoudé au balcon de la poupe, je m’amusais à deviner la vitesse à laquelle filait le navire. J’estimai celle-ci aux environs de vingt nœuds. Le sillage de mousse tracé par l’imposant bâtiment fendait une mer noire et profonde. Les vagues affamées dévoraient la coque dans un vacarme assourdissant. Puis elles s’évanouissaient, cédant leur place aux suivantes tandis que la coque demeurait condamnée à une lutte incessante. Rendus poisseux par les embruns, mes cheveux, d’ordinaire impeccablement coiffés, se collaient sur mon visage. Je les en écartai par un mouvement agacé et répétitif. Le Mauritania, un transatlantique de la prestigieuse compagnie Cunard, avait quitté le port de Liverpool vers cinq heures du matin pour trois semaines de voyage vers le Nouveau Monde. A présent, la cheminée crachait des fumées bleues et opaques qui semblaient jaillir des entrailles du bateau. Le pont était animé du va-et-vient incessant de l’équipage et près de moi, un marin mesurait la vitesse du vent à l’aide d’un anémomètre. Je tentais tant bien que mal de m’amariner mais j’étais ivre du bruit et de l’agitation autour de moi.

Soudain, le vent plaqua contre mon visage un carré blanc de coton brodé. Aveuglé, je fus d’abord courroucé mais je succombai aussitôt à un parfum exquis dont les notes délicatement fruitées relevées de musc et de santal comblèrent mes sens. Cette fragrance envahit tout mon être et enivra mon âme. Je fis glisser le mouchoir lentement sur ma joue et l’amenai près de mon cœur. Lorsqu’enfin je repris mes esprits, mon regard se posa sur celle à qui appartenait le carré de tissu m’ayant tant troublé. Je découvris la plus délicieuse des créatures qu’il m’avait été donné de rencontrer jusqu’alors. Mon cœur s’emballa et se mit à cogner dans ma poitrine avec autant de force que ces vagues qui martelaient le navire. Une déferlante d’amour inonda mon être. J’étais submergé par un désir fou de la caresser, de découvrir tout son corps, le moindre petit morceau de sa chair, de posséder son âme. Tout en moi n’était que fête, je devenais Salomon face à sa reine de Saba. De grands yeux gris couronnés de longs cils recourbés illuminaient son visage à l’ovale parfait. Sa bouche ingénue esquissait un timide sourire et deux adorables fossettes se dessinaient sur son visage angélique. Les alizés jouaient dans ses cheveux bruns irisés par la douce lumière matinale, libérant quelques boucles indociles de son chignon. Sous une pelisse d’hermine jetée sur sa robe indigo, je devinais le galbe délicat de sa gorge.

D’un pas gracieux, elle s’avança vers moi et comme un automate, je lui rendis son mouchoir. Elle m’adressa alors ce « Je vous remercie monsieur » que je perçus comme un message particulier. J’en fus tout retourné mais, insaisissable, elle s’éloignait déjà, emportant mon cœur à jamais. Je restai là, immobile, sans force après cette tempête de sentiments. Je me promettais alors de la retrouver car elle était ma fontaine de jouvence, mon souffle de vie.

 

 

 


Camille P., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2007.

 

 

 

 

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Devoir de Clarisse L. :

 

 

 

Pierre regardait autours de lui. De longs rideaux noirs ornaient les fenêtres, la pièce était d’une obscurité inquiétante. Il était allongé sur un vieux lit de bois. D’atroces douleurs le tenaillaient. Ses yeux vagabondaient d’un endroit à l’autre de la pièce quand son regard se posa sur le portrait d’une jeune femme.

Tout lui revint alors en tête, les images se bousculèrent et les souvenirs jaillirent.

C’était un des rares jours de beaux temps à Saint Petersbourg. Ce mois d’avril 1808 annonçait déjà les chaleurs de l’été à venir. Pierre Rode, jeune violoniste français avait été convoqué en Russie comme premier violon à la cours du TSAR Alexandre I.

Et ce soir-là se donnait un concert en l’honneur de la fille bien aimée du Tsar dont c’était l’anniversaire.

Pierre commençait à jouer lorsqu’il aperçut dans la foule des courtisans la plus extraordinaire jeune fille qu’il eue jamais vue. Elle était coiffée d’un chignon, ses cheveux d’un blond éclatant se mariaient parfaitement avec les dorures de sa robe. Un sourire radieux illuminait son visage que soulignait la fraîcheur de son teint. Ses grands yeux verts d’eau rendirent à Pierre son regard et lui, subjugué, sans imaginer qu’il s’agissait de la fille du Tsar,  jouait de plus en plus vite, de plus en plus fort, ses doigts dansaient sur le manche du violon signé Stradivarius. Un sentiment alors inconnu l’envahit, une vague de chaleur s’empara de lui et une passion folle et incontrôlable le conduisit dans un tourbillon d’émotion. Tout à sa contemplation, il lâcha son archet qui heurta le sol avec un bruit sourd.

Tous les invités étonnés se mirent à chuchoter tandis que la princesse comme foudroyée elle aussi ne cessait de soutenir son regard car elle seule comprenait les sentiments qui envahissaient le jeune homme, elle seule remarquait ses joues s’empourprer et son front perler.

Le chef d’orchestre inconscient de ce qui se passait entre les deux jeunes gens pria l’assistance de bien vouloir excuser le malheureux incidents, dû semblait-il à un malaise du violoniste qui quitta la salle emportant avec lui une image qui, il le savait bien, ne le quitterait plus.

 

 

Clarisse L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2007.

 

 

 

 

 

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Devoir de Morgane M. :

 

 

C’était un calme matin de printemps de l’an 1852. Les rues de Venise se réveillaient doucement lorsque le clocher de la place Saint-Marc sonna huit heures, tandis que le port restait silencieux et que les bateaux se reposaient. Une journée paisible s’annonçait : dimanche, jour du Seigneur.

Je rêvais profondément dans mon lit quand la femme de chambre vint m’extirper des bras de Morphée, rabattant les gros rideaux damassés faisant entrer la fraîcheur matinale et le soleil dans la pièce. Je me décidais enfin à sortir du litet j’entamais péniblement ma toilette en prenant soin, pour plaire à Mère, de me vêtir élégamment pour la messe. Nous nous y rendîmes, Mère et moi, d’un pas soutenu ; elle était soucieuse de ne pas rater le début de l’office. Pour ma part, j’étais plus attirée par les commerçants aux repos, aux portes des palazzi, les aubergistes accueillant les visiteurs, les enfants jouant à la marelle ; tous jacassaient gaiment, ce qui créait une ambiance animée, sur la ville. Tout autour de moi semblait donc gai et festif. A l’exception de moi et de ma vie monotone. J’avais l’impression que le monde entier était heureux ; le bon Dieu m’aurait-il encore oubliée ?

En sortant de l’église, je décidais de faire une petite promenade, laissantMère courir à ses salons guindés. Cet exercice me permettait ainsi de m’évader quelque temps dans mes pensées moroses de jeune femme. Je déambulais, seule, le long du petit canal de la Giudecca lorsqu' un enfant fit rouler sa balle devant moi et me fit trébucher. Je manquais tomber dans l’eau verdâtre lorsque, sorti de nulle part, un brave jeune homme me rattrapa par la taille. J’en étais encore toute étourdie quand je levai la tête. Se tenait alors devant moi un vrai Casanova, charmeur, souriant, vêtu de précieux habits. Je fus encore plus bouleversée en scrutant chacun des  moindres détails de son visage. Il était doté de forts traits masculins, une mâchoire carrée, des épaules robustes, cependant radoucis par ce splendide sourire ravageur. Sonteint clair faisait ressortir ses lèvres bien dessinées, et laissait deviner qu’il ne travaillait pas en extérieur, et certainement pas aux heures les plus chaudes. Son nez fin contrastait avec ses yeux d’un marron profond, ce qui rendait son regard sensuel, comparable à une caresse. Il portait ce jour-là un beau chapeau à plume lui donnant un air plus âgé, mais cela dénotait une pointe de fantaisie sur son apparence si parfaite. Il se présenta naturellement en gentilhomme expert en  matière de sauvetage de demoiselle en détresse. Soudainement prise dans mes vapeurs émotionnelles, je sentis mon âme se décrocher de mon corps pour rejoindre les nuages, comme une colombe qui s’envole vers la lumière. Il se rendit compte de mon état défaillant, et me proposa son bras.Après cet instant de faiblesse, il s’inquiéta de m’accompagner au palais.Il me fit assoir sur une gondole, et nous fîmes ce voyage bercés pas les chants des oiseaux de la Sérénissime. Alors que je reprenais mes esprits, nous commençâmes à causer et il me demanda toutes sortes de choses. Je lui répondais avec aisance, moi qui d’ordinaire suis d’une timidité excessive. Il me semblait tellement charmant que chaque son qui sortait de sa bouche me faisait tressaillir d’allégresse et j’espérais que ce moment ne se finirait jamais. Je me sentais alors perdue dans un sentiment nouveau et j’avais l’impression de voguer vers l’inconnu bien que je fusse dans ma ville natale. Etj’eus une étrange impression de déjà vu en regardant cet inconnu qui m’avait sauvé la vie. Voilà, enfin, je ressentais une sensation de bien-être, rassurante, comme si je savais que l’avenir me réservait de merveilleuses choses avec cet être et qu’il m’était soudainement très cher. Alors, dans ce moment de réflexion,je me voyais déjà entreprendre un long et heureux voyage plein d’embûches que certains appellent la vie …

 

 

Morgane M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2007.

 

 

 

 

 

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Devoir de Simon O. :

 

 

C’était en ce mardi 7 Mars 2006 que je partais manifester contre le CPE. Le CPE, qui voulait dire Contrat Première Embauche, avait été annoncé par Dominique de Villepin le 16 janvier 2006. Il pensait, grâce à ce nouveau contrat, pouvoir inciter à l'embauche des jeunes et limiter le chômage. Seulement, tout ne s’était pas passé comme il l’avait prévu. Son projet de loi, qui consistait à donner à un quelconque employeur le pouvoir de licencier son titulaire (âgé de moins de vingt-six ans) pendant la période probatoire de deux ans, avait été contesté auprès de nombreux lycéens, étudiants, syndicats et partis de gauche. Ce jour-là était prévu une grande concentration de manifestants dans toute la France. J’allais également y participer, car c’était mon devoir d’étudiant de soutenir mon avis et celui de mes camarades.

Les rues de Paris étaient bondées de partisans du mouvement anti-CPE. Je les rejoignis sans plus tarder. C’est là que je la vis.

Le coup de foudre se définit comme un amour subit et irrésistible, une explosion de sentiments soudains, un choc électrique et une attirance hors du commun créée entre deux personnes. C’est cet étrange et agréable phénomène qui se produisit lorsque je l’ai croisée. Ses yeux verts étaient si pénétrants qu’ils semblaient lire mes pensées. Ses cheveux bruns et parfaitement lisses s’envolaient dans le vent frais de la capitale. Ses lèvres rosées par le froid étaient pulpeuses. Ses mains tenant une banderole semblaient être d’une grande douceur. Sa démarche chaloupée dénotait une certaine nonchalance mais surtout un charme extraordinaire. Ses gestes et ses mouvements étaient animés d’une grande classe et d’une grâce peu commune. Sa silhouette était comparable à celle d’une déesse. Je ne pouvais m’empêcher de fixer mon regard de son physique façonné par les dieux en personne.

Une amie vint à ma rencontre :

« Salut Samuel. Tu as vu, cette manifestation a beaucoup de succès : il y a énormément de monde !

-Oui, j’ai remarqué.

-Et pourtant, tu n’as les yeux rivés que sur une seule personne…

-A quoi fais-tu allusion ?

-Ne sois pas bête, tu m’as très bien compris !

-Tu la connais ? » disais-je en bégayant.

-     Sylvia ? Bien sûr ! Tu ne la connais pas ?

-Non, c’est la première fois que je la vois. Et pourtant c’est étrange, c’est comme si je l’avais toujours connue.

-C’est étrange. C’est exactement ce qu’elle m’a dit lorsque je lui ai posé la question ! »

C’est là que je compris que cette rencontre n’était pas le fruit du hasard : c’était bien l’œuvre du destin. Durant la manifestation, notre esprit d’étudiant révolté se dissipa et laissa place à l’irrésistible envie de se parler. Le lieu dans lequel nous nous sommes rencontrés nous rapprochait davantage puisqu’il signifiait que nous étions animés par les mêmes intentions, les mêmes envies, les mêmes objectifs. Nous trouvions tous les deux que ce projet de loi, censé améliorer l’égalité des chances, idée convoitée par la jeunesse que nous représentions, ne nous convenait pas.

Il semble, et je le pense sans prétention, que mon attirance envers elle était réciproque.Personne ne reste indifférent à un tel regard. Cela ne doit certainement arriver qu’une seule fois dans la vie d’un homme. Timide de nature, je pris mon courage à deux mains et allai lui parler…

 

 

 

Simon O., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2007.

 

 

 

 

 

 

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Devoir de Camille C. :

 

 

 

Texte écrit d’après le voyage d’Eugène Delacroix (peintre romantique du XVIIIème ) au Maghreb qui lui fut une source d’inspiration pour l’un de ses célèbres tableau intitulé : Femmes d’Alger dans leur appartement.

 

 

Eugène Delacroix fit son premier pas sur les terres sèches du Maghreb. Le voyage vers l’Algérie s’était révélé long et pénible pour le peintre.

Après son arrivée, des amis lui avaient proposé de dîner chez eux.Eugène s’y rendit sans difficultés, l’appartementse trouvant à proximité duport.

En poussant la porte de l’habitation, je fus frappé par l’éclat scintillant de cette femme comme jamais je ne l’avais été auparavant, je sentis alors une boule se former dans mon estomac et de la sueur ruisseler de mes tempes tellement la brutalité de cette rencontre m’avait retourné.

Mon regard se posa sur ses yeux lumineux au vert étincelant semblable à celui d’une émeraude et je fus secoué de frissons aboutissant à des jouissances infinies. Quoique très troublé, je trouvai la force de sourire et attendais avec impatience sa réaction.

Kenza fut elle aussi bouleversée par cette rencontre, la magnificence de cet homme avait touché son âme et son cœur battait à tout rompre.

Ses yeux s’attardèrent sur les siens, noirs, contrastant avec son grain de peau clair. Il émanait de lui un charme puissant que seuls possèdent les artistes et son sourire lui paraissait être celui d’Apollon. Comme il s’approchait d’elle, elle l’accueillit et l’invita à s’installer dans le salon où l’attendaient les autres convives.

Durant tout le repas, bien que tous les invités eussent été agréable, la plus merveilleuse à mes yeux restait Kenza. J’avais immédiatement remarqué sa perfection physique mais la perfection de son esprit ne m’échappapoint, elle était la perfection incarnée. Je ne voyais qu ‘elle, son rire clairvoyant et sonore tel  celui d’un rossignol chantait sans cesse dans mon âme mon âme, ses mains gracieuses qui ondulaient comme les feuilles sous le vent, sa gorge accueillante comme celle de ma mère, tout cela me réchauffa le cœur. J’éprouvais enfin le sentiment humain le plus merveilleux, qui inspirait les plus grands artistes depuis la nuit des temps et me sentais si heureux que des larmes de joie embuèrent mes yeux.

Delacroix voulut alors peindre l’élue de son cœur, comme il était un artiste respecté dont nul ne reniait le talent, il lui fut permis de dessiner Kenza à condition qu’elle ne soit ni le seul modèle pour le tableau, ni dénudée.

L’idée de ce tableau me traversait l’esprit durant de longs mois, j’en ai même rêvé de nombreuses fois. Il se traçait dans mes pensées sans même que je puisse le reproduire. Finalement, je me mis à faire vivre mon obsession, sur une toile, cela fut long et difficile. A dire vrai, l’amour puissant qui étreignait mon cœur fut le sentiment le plus complexe que j’eus à peindre durant ma vie d’artiste. Cependant, le résultat ne fut pas décevant, il représentait Kenza à traversmes yeux d’homme amoureux avec une perfection qui ne m’était pas habituelle. Ne dit on pas que l’amour donne des ailes? Ce qui est certain, c’est qu’il me donna la force de le peindre.

 

 

 

Camille C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2007.

 

 

 

 

 

 

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2ème sujet d'écriture d'invention :


2nde 2

Devoir à rendre le mardi 05 février 2008


Séquence n°2 : La poésie romantique.


Objets d'étude :


  • Un mouvement littéraire et culturel du XIXème siècle

  • Le travail de l'écriture


Perspective dominante : histoire littéraire et culturelle

Perspective complémentaire : genres et registres


Problématique : quels sont les différents modes d'expression du Moi dans la poésie romantique?


Vers l’écriture d’invention (sujet de type III du bac)


Relisez attentivement Ondine, d’Aloysius Bertrand (GT2) (voir poème ci-dessous). Composez à votre tour un poème en prose, traitant de la thématique de votre choix (dans les limites des convenances scolaires, naturellement), et obéissant aux contraintes suivantes :


  1. Votre texte devra être de registre lyrique.

  2. Votre production sera composée, comme Ondine, de cinq strophes ou paragraphes, à peu près d’égale longueur, et terminé(e)s par une ponctuation forte.

  3. Le poème se décomposera en deux parties typographiquement distinctes, séparées par une étoile. (Les trois premières strophes et les deux dernières séparées d’une étoile.)

  4. Les trois premiers paragraphes seront rédigés entre guillemets, au discours direct : un personnage s’adresse à un autre, en le tutoyant.

  5. Les deux dernières strophes seront au discours indirect : ce n’est plus le même personnage qui parle, c’est le poète (vous, ou votre « narrateur-poète ») qui commente ce qui vient d’être dit, et qui parle du personnage à la troisième personne du singulier (comme dans Ondine).

  6. Vous utiliserez l’anaphore d’un verbe à l’impératif dans au moins deux paragraphes, comme dans le poème initial.

  7. Votre texte comportera deux allitérations et deux rythmes ternaires (au moins), à chaque fois signalés d’un signe + dans la marge. Ces deux sonorités devront pouvoir être interprétées dans la perspective du contenu de votre production.

  8. Toute référence culturelle pertinente est valorisée.



 

Ondine

... Je croyais entendre
Une vague harmonie enchanter mon sommeil,
Et près de moi s'épandre un murmure pareil
Aux chants entrecoupés d'une voix triste et tendre.

Ch. Brugnot. - Les deux Génies.

« Ecoute ! - Ecoute ! - C'est moi, c'est Ondine qui frôle de ces gouttes d'eau les losanges sonores de ta fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune; et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi.

» Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l'air.

» Ecoute ! - Ecoute ! - Mon père bat l'eau coassante d'une branche d'aulne verte, et mes sueurs caressent de leurs bras d'écume les fraîches îles d'herbes, de nénuphars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et barbu qui pêche à la ligne ! "

*

Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son anneau à mon doigt pour être l'époux d'une Ondine, et de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.

Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle, boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa un éclat de rire, et s'évanouit en giboulées qui ruisselèrent blanches le long de mes vitraux bleus.

Aloysius BERTRAND, Ondine (in Gaspard de la nuit).




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Devoir de Camila C. :

 

 

Code des couleurs :

 

                  ·Anaphore d'un verbe à l'impératif

·Rythme ternaire

                  ·Allitération en [s]

                  ·Allitération en [l]

                  ·Allitération en [r]

                  ·Référence culturelle

                 · Assonance en [é]

 

« Défile au loin si tel est ton vouloir, camoufle-toi dans un quelconque milieu comme une goutte d'eau qui se dissimule dans l'océan, éclipse-toi loin de ta lignée, de tes victoires et de tes dévoués !

 

Défile, mais sereinement ainsi qu'une brise céleste, comme Eole choisi les souffles qui lui sont propices, sois puissant mais en aucun cas excessif ; ne t'inspire pas de l'agressivité et de la fraîcheur du mistral.

Défile au-delà du soleil couchant, loge-toi sur une des Iles Enchantées mais je t'en supplie ; ne laisse aucune pensée te diriger vers le fleuve de Léthé ; tu peux te construire un autre avenir, mais ne bannis pas de tes souvenir, celle qui t'aimeras à l'infini ! »

 

*

 

Cette harpie si parfaite à mon regard n'était en réalité adroite que pour engendrer ma douleur. Pour satisfaire à ses caprices, j'ai dû tourner le dos à tout ce que je renfermais. Je suis à présent prédestiné à fuir, à abandonner mes camarades et à omettre mon futur rêvé !

 

Elle prétend que je désire l'oublier, cependant si cette idée me venait, l'entière absorption du fleuve des oublis n'aurait aucune conséquence sur l'effet qu'elle me fait. Malgré le tourment que j'endure, malgré les larmes que j'ai versées, je l'aimerai inlassablement, pour l'éternité !

 

 

 

 

L'allitération en [l] dans le 1er paragraphe évoque la goutte d'eau qui tombe dans l'océan.

L'allitération en [s] dans la 2eme strophe évoque la sérénité de la brise, du vent.

L'allitération en [r] dans la 4ème strophe évoque le râle et les souffrances qu'il a vécues et qu'il vit encore.

L'assonance en [é] dans le 5éme paragraphe évoque un cri aigu de souffrance.

 

 

Camila C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

 

 

 

 

 

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Devoir de Marie D. :

 

 

« -Entends, entends, toi mon ami, mon conseillé, mon réconfort, entends la douleur qui fait vibrer ma voix. Ma lumière, mon astre, le soleil de ma vie a sombré dans la nuit. Mon Angélique a rejoint Eurydice et, tel Orphée, je reste désarmé face à la Mort. Cruelle séductrice, elle a attiré ma bien-aimée en son sein, me privant d’elle à jamais.

 

« Angélique est partie, laissant dans mon cœur le parfum de son âme. Elle était ma mie, ma mélodie, ma vie. Ses yeux tendres, ses traits sublimes, sa voix charmante éveillaient en moi des délices infinies.

 

« Entends, entends la souffrance que je porte dans chaque parole. Les oiseaux de la forêt se sont tus ; le ciel nocturne referme sur moi ses bras de cendres et le vent rageur crie son nom dans les arbres déchaînés. Est-ce vraiment la triste destinée des amants ? Hier Tristan et Iseult puis Roméo et Juliette, aujourd’hui nous sommes séparés. Car la mort à l’amour arrache les amants.

 

*

 

Sa triste plainte délivrée, il me supplia de lui venir en aide afin de revoir celle pour laquelle son cœur battait, pour laquelle ses yeux pleuraient. Je voyais l’immense chagrin qui le dévorait et ne pouvais contenir ma peine.

 

Mais comme je lui répondais que sa supplication était insensée, impossible, inutile, il se laissa tomber à terre, prit son visage dans ses mains et éclata en sanglots sincères. Empli de tristesse, je lui susurrai quelques mots de consolation mais, insensible à ma profonde compassion, il releva son visage haineux, maudit Hadès et fondit en larmes.

 

 

 

 

 

 

Explication possible :

 

Allitération en [m] et [l] : ces allitérations douces et mélodieuses, toujours associées à Angélique, mettent en évidence la douceur et la beauté de la jeune femme.

Allitération en [r] : cette allitération illustre la rage du poète mais surtout sa souffrance et sa détresse.

Allitération en [s] : cette allitération mime le chuchotement de l’ami. Il exprime aussi sa compassion.

Rythmes ternaires et balancements binaires : ils renforcent le côté poétique et mélodieux du texte.

Paronomase : ces mots presque semblables s’emmêlent comme pour représenter l’union entre les deux amants.

La Personnification de la Mort (Allégorie) : le jeune homme la considère comme une séductrice qui l’a volontairement privé de sa bien-aimée.

 

 

 

Marie D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

 

 

 

 

 

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Devoir de Florence T. :

 

 

 

«  Dites au Roi, à terre est tombée la Cour historiée. Phoibos n’a plus de cabane, plus de laurier divinatoire, plus de source parlante, s’est éteinte même l’eau parleuse, et ses yeux amoureux ne verront plus la belle princesse assoupie. »

 

 

La clairière

 

«  - Depuis toujours et à jamais… Près de la grille, au gré du vent et des rencontres, sur ce banc qui somnole au soleil,pour ces étoiles qui, les nuits rouillées, descendent du ciel vers la terre assoupie. Pour la caverne qui abrite le sommeil d’Echo, dont la voix aérienne est abîmée et tremble de douleur tant je lui ai fait répéter ton doux nom de reine. Pour l’enfant roi qui promène sa génisse, nu par dessus les rochers rouges de Castalie, pour la beauté de la Pythie ingénue, ses rêves et ses soupirs, pour le souffle divin qu’inspiraient les dieux à son âme, et les fous qui la croyaient. Pour ces rires furtifs dans les parcs où le chuchotement des balançoires résonnait dans le vide,pour ta voix, tes mains et l’arc de ton dos qui frémissait à l’ombre de ces arbres aux feuilles roussies qui dominaient les monticules d’herbe rêche et de terre craquelée, sur lesquels nous avons dormi, sur lesquels nous nous sommes aimés. Regarde ! Regarde… Contemple les ruines de cette cathédrale de lumière, refuge de nos indécentes et indiscrètes scènes d’amour, que le temps a détruites, que le souffle de la Terre a balayées, car rien est éternel.

 

 

«  - Souviens-toi aussi, les jours de pluie, del’eau qui ruisselait sur l’aurore de ton visage,l’astre du jour qui faisait pleuvoir ses rayons,et le jour qui écrasait la nuit, l’amour qui tuait l’envie, le désir qui ravageait les corps. Mon amour, dis-moi ! Dis-moi ! Qui sont ces profanateurs qui osent déambuler sur nos sentiers, sur les rives de notre lac, et violer notre sanctuaire, enfermés dans leur bulle de vie, suffoquant, enrayant leur souffle, fiévreux, piétinant les fleurs sur lesquels tu t’étais assoupie ? Quels sont ces fous qui entravent notre monde, le monde que nous avions aimé, chéri, bâti, le monde, le nôtre, celui qu’aujourd’hui tu renies ? Ils griffent le silence de leurs cris et leurs rires. Depuis toujours… »

 

 

« - Tes cheveux sont mouillés et perlent sur la mousse. Dans cette nuit sans lune, les étoiles ont baigné ton visage d’un halo de lumière. Le murmure régulier de ton souffle trouble la quiétude de mon âme, j’ai oublié l’aurore et son visage illusoire. Ô mon amour, c’est la nuit, avec son cortège de peur, d’angoisse.C’est ici, dans cette forêt, ce refuge de bonheur, que j’ai cru, j’ai rêvé et ri. Ô douce princesse, le flot de mes pensées s’est tu pour un temps, l’air est doux, presque sucré. Ton visage est paisible, une virginale couleur effleure ta peau, des embruns de tristesse déchirent ton regard. Dis-moi malgré tout que rien n’a changé, dis-moi que tout est immuable, que tu m’aimeras, encore, à l’infini, pour toujours, à jamais… »


 

*

C’est le temps des souvenirs, tristes et amers avec leur terrible fatalité, le temps des sourires qui s’étiolent, les ombres d’un moment oublié, le voir renaître cent fois la bouche entr'ouverte riant de plaisir et d’amour. Il manque à mon âme comme le ciel manque à l’oiseau prisonnier de sa cage.

Ô vie, je pleure cette nuit, car c’est ici, en cette nature généreuse que nous avons connu la paix. Une larme roule sur mes joues venant se perdre dans mes cheveux, il y a encore son regard, ses paroles, ses battements de cils noirs crispant le morne silence. Une lourde bourrasque me pousse, séchant mes dernières larmes, la clairière hurle son ultime cri d’agonie. La lune argente les promontoires blancs et leur échine brune. La marée de mes pensées s ‘écoule à travers l’air, un soleil filtre délicieusement à travers les branchages , baignant l'endroit d'une lueur magique... Ô lui, mon amour, c’est ici qu’on s’est unis, c’est notre nature, notre endroit, le coffret de nos souvenirs distillés entre les lueurs qui s’éveillent dans l’air, balayées par l’haleine de cette pâle nuit d’été…

 

 

Une légère brume s'étire lentement, tel un voile diaphane embrassant le pied des arbres, comme ces baisers passionnés que ses lèvres arboraient sur ma peau, mais dorénavant les louves n’entonnent plus leurs hymnes élégiaques et le son argentin de sa voix, qui offrait jadis une subtile palette d’amour et de tendresse suivant les couleurs du temps, ne s’élève plus à mes côtés. La nuit est rose de tant aimer, sans lumière ni avenir. Il est la lumière qui manque à cette nuit ! Enfin je dépose mon cœur à l’orée de ce bois pour lui dire que je l’aime et que le manque de nos ébats fait mourir mon âme de douleur.

Et je revois en vain la clairière de nos amours, où l’on a dormi, où l’on s’est aimé, jurant de nous adorer jusqu’à l’éternité, et j’entends alors Jupiter qui de ses cieux se rit encore de nos parjures d’amoureux.

 

 

 

Référence culturelle.

 

Rythme ternaire.

 

 

Allitération en [f], qui renforce ce sifflement du souffle des étrangers qui viennent détruire la nature qui a abrité leur amour.

 

Allitération en [t] : le martèlement du phonème [t] traduit la destruction de ce lieu qui a abrité l'amour des deux jeunes gens.

 

Allitération en [l] qui cherche à traduire labruit de l'eau qui coule, qui ruisselle.

Anaphore d'un verbe à l'impératif.

 

 

 

 



 

 


   

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Devoir de Luc F. :

 

 

 

Pour mieux comprendre :

 

Lawrence d’Arabie (1888-1935) est un officier britannique qui mena la révolte des Arabes contre les Turcs durant la première guerre mondiale.

 

Il est considéré comme un personnage hors du commun car il est l’auteur d’un certain nombres de stratégies militaires décisives (notamment dans la prise de la ville d’Aqaba. Il avait alors traversé avec une armée le désert du Nefoud, ce qui paraissait invraisemblable).

 

Deux tribus arabes se sont alliées pour attaquer la ville d’Aqaba.

 

Gasim est un très jeune Arabe au service de Lawrence d’Arabie. Ce dernier l’avait sauvé du désert du Nefoud alors qu’il s’y était perdu.

 

A la veille de l’attaque de la ville d’Aqaba, lors d’un différent, Gasim se bat et tue un Arabe de l’autre tribu. Il doit alors mourir. L’attaque d’Aqaba est donc compromise car un ancien conflit est sur le point d’éclater entre les deux tribus arabes. Lawrence d’Arabie, qui ne fait partie d’aucune d’elles, se propose donc de faire justice et de garder la fragile paix qui existe entre les deux tribus. L’attaque d’Aqaba peut donc se faire.

 

Lawrence d’Arabie s’aperçoit alors qu’il doit tuer Gasim son ami.

 

Lawrence s’adresse à Gasim à ce moment précis.

 

 

 

_ « Regarde-moi ! Regarde-moi ! Je suis l’homme que tu n’oublieras pas, l’homme dont la folie est amour, l’homme qui par sa seule volonté a traverl’enclume ou frappe le soleil. Je suis Lawrence d’Arabie et je dois punir le sang par le sang.

 

« Regarde-moi ! Regarde-moi ! Sous le soleil brûlant du Nefoud, je laissais mes empreintes jusqu’à ton lit de mort ou je te vis, fier dans ta solitude et vivant. Ensemble nous vainquîmes le royaume de la mort !

 

« Et pourtant, aujourd’hui ton destin est de mourir… Non, ne te retourne pas, regarde-moi. N’aie pas honte, ne pleure pas, regarde la mort ! Mon chagrin est sans fin car c’est pour me battre que justice doit être faite. »

 

*

 

Ainsi, trahi par son ami Gasim, Lawrence devait appliquer la loi et aucun miracle n’était possible. Il avait sauvé une vie, il devait la reprendre. Tel était son destin et il le savait.

 

Leurs yeux se croisèrent et l’âme meurtrie et dépitée de Gasim s’évanouit alors pour un long voyage. Il sembla à Lawrence qu’une lugubre et sinistre mélodie s’élevait des dunes invisibles dans cette nuit glaciale.

 

 

 

Allitérations :

 

En [« r »] : • sonorité dure à supporter qui évoque la tâche inhumaine que Lawrence d’Arabies’est attribuée : tuer Gasim, le garçon qu’il avait sauvée du désert.

• Evoque aussi le climat du désert qui est dur à supporter : très chaud la journée,glacial la nuit.

• Sonorité évoquant le dernier râle avant la mort.

 

En [« l »] : • Sonorité qui rend hommage à Lawrence d’Arabie et aux Arabes qui ne prononcaient pas le « l » de son prénom. Ils disaient : « Awrence » !

 

En [« s »] : • Sonorité douce qui évoque le sifflement du vent du désert. Celui-ci correspond à la « mélodie de la mort » qu’entend Lawrence à la fin du poème.

 

 

 

Luc F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

 

 

 

 

 

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Devoir de Paul M. :

 

 

 

« Résiste ! – Résiste ! – C’est lui, le prince des ténèbres qui vient sonder ton âme, tes yeux ne sont pas faits pour le voir, l’adorer, le chérir, aie peur de ce bras qu’il te tend, surmonte cette sombre épreuve et rends-toi à la Délivrance !

 

« Chacun des sourires que tu me donnes, m’illumine, me rassure, mon rêve est que tu rejoignes le Paradis et que tu puisses vivre en harmonie avec les disparus,  les inconnus et les solitaires.

 

« Résiste ! – Résiste ! – Choisis entre l’Obscurité et la Lumière, mon cœur est déchiré comme celui d’Orphée pour Eurydice, quand mon tour arrivera je ne voudrai défier les profondeurs des Enfers pour notre Amour éternel ! »



*



Malgré sa douleur, elle le supplia, elle qui était son amante secrète, de lui donner la force de combattre le prince des ténèbres, nul ne put le vaincre durant toutes les époques : il est la Légende des siècles !

 

Et  gardant tous ses intimes secrets, elle s’en alla vers l’Au-delà, son âme montant, elle refusa ses péchés commis et ne put résister au désir, à la beauté, au charme des Enfers et le perdit à tout jamais !     

 

 rythmes ternaires.

 allitération en [r] : représente le râle de la Mort.

 allitération en [l] : représente l'écoulement de la vie.   

 

Paul M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

        

 

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      Devoir de Morgane M. :   

 

« Reviens ! Reviens Cupidon ! Ne nous laisse pas seuls dans ce monde insipide, égoïste et sans cœur. Je n’ai pas su prévenir ce qui arriva, cet abandon soudain de celui qui occupe une place si importante en moi, bien que je sente sa flamme s’éteindre peu à peu.

« Subitement, un sombre soir d’hiver, il est parti sans faire d’esclandre, et toi, Cupidon, tu t’es effacé, toi aussi tu m’as quittée. La vie sans lui est si monotone, terne et froide. J’en souffre ! Tes flèches auraient-elles disparu ? Ton arc serait-il cassé ? N’y a-t-il plus aucun espoir pour mon amour, au point que tu te dérobes ?

« Reviens ! Reviens ô Cupidon ! Donne-nous un second souffle pour qu’il brûle à nouveau d’amour pour moi. Puisque tu es partout victorieux, et que Mars lui-même se laisse désarmer par l’amour, tire donc cette flèche qui ranimera sûrement la flamme en lui. »

*

C’est ainsi que la jeune femme m’implora, esrant être entendue et voir son vœu si cher se réaliser. N’étant pas très loin, je m’arrêtai, ému. Peut-être bien que ma première flèche n’avait pas atteint le cœur, jadis ; alors je réfléchis, me décidai et partis à la recherche de ma cible.

L’amour triomphe toujours et n’a aucune règle. Quand j’aperçus enfin le joli garçon, je souris et pointai ma flèche sur celui qui comblerait le cœur de la tendre jeune fille. Puis, avec ma dexrité habituelle, je transperçai le cœur du jeune homme de ma plus belle flèche, distillant ainsi en lui le feu de la passion amoureuse.

 

Allitération en [s] : évoque latristesse de la jeune fille puis le sifflement de la flèche de Cupidon dans l’air, qui promet un futur plaisant.

Allitération en [r] : évoque l’espoir de la femme malgré la dureté de la vie, puis l’amour vainqueur.

Rythmes ternaires : les rythmes ternaires les plus évidents.

Référence culturelle 

 

Morgane M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

 

 

 

 

 

 

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Devoir de Lisa R. :

 

 

Une Vie


- « Sur ma première marche, j'amorce la vie, dans la douce mélodie de ton rire de nouveau-né. A chaque bougie soufflée, de mes mains démoniaques, je te pousse, mon enfant, sur la marche suivante.


« Cours ! - Cours ! De la dixième à la dix-huitième marche. Tu piétineras, sous mes yeux ricaneurs, les années de tes joies, les années de tes pleurs ! Quelques marches sautées, je te fais hésiter, regarder vers l'arrière, et puis poser les pieds sur la marche d'après.


« Avance ! - Avance ! Continue mon enfant ! Et c'est à reculons que toi, père, et grand-père, continueras ta route, sur mon cours régulier, A quelque occasion, tu manqueras la chute, puis te redresseras, sur tes jambes abîmées, me suppliant en vain de te faire remonter. »


                                                                    *


Je n'ai plus rien à perdre, et plus rien à donner. Mais restent dans ma tête, les images colorées de mes années passées. Ah, les fleurs, les sucres, les chansons, que je cueillais, mangeais, chantais.


Il me pousse lentement, pour que je savoure ma chute. De la dernière marche, qui précède le vide, sombre, immense et froid ; je résiste, je m'accroche, je bascule... Puis le vaste et profond silence de la mort !






_____Rythmes ternaires

_____Référence culturelle : dernière phrase du poème de victor Hugo in Pauca meae

_____Allitération en [m] : ambiance calme et maternelle.

_____Allitération en [p] : le doute ( possibilité, probabilité, peut-être ... )

_____Registre élégiaque

_____Champ lexical du lyrisme

_____Anaphore de verbes à l'impératif : sur le ton de l'ordre, montrant la domination du temps sur l'homme

_____Expressions montrant également la passivité de l'homme face à la puissance du temps


Explication proposée :


les trois premières strophes sont au discours : le temps s'adresse à l'homme,

Dans mon poème, le temps est assimilé par une métaphore filée, à un escalier dont chaque marche représente une année de la vie : on se trouve sur la première marche lorsqu'on naît, puis « à chaque bougie soufflée » , on descend une marche.

Strophe 1 : L'enfant naît, dans une atmosphère calme et maternelle, représentée stylistiquement par l'allitération en [m]. Il ne se doute pas encore qu'il est dominé par le temps.

Strophe 2 : de dix à dix-huit ans : l'adolescence. C'est dans cette période de la vie que les enfants ont tendance à vouloir grandir trop vite, sans prendre le temps de profiter de leur jeunesse.

C'est vers la vingtaine, quand l'enfance est finie, que l'homme se tourne vers son passé avec un regard mélancolique ( cf le registre élégiaque ). Cette hésitation est traduite stylistiquement par l'allitération en [p], évoquant la possibilité, la probabilité, le peut-être...

Strophe 3 : l'homme devenu vieux, «  père et grand-père », continue d'avancer vers la mort, il regrette son passé. L'allitération en [n] représente la mechanceté perverse, noire, avec laquelle le temps agit sur l'homme.

Les deux dernières strophes sont au discours indirect : l'homme (le narrateur-poète) s'adresse au lecteur en parlant du temps à la troisième personne du singulier.

L'homme parle de son passé, de sa jeunesse, sur un ton élégiaque, essayant désespérément d'échapper à la mort.


 

Lisa R., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

 

 

 

 

 

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Devoir de Camille P. :

 

 

 

« Où dois-je recourir, Ô ciel,

S’il faut toujours aimer, souffrir, mourir ? »

Pierre CORNEILLE




« Reviens !-Reviens!- Les étoiles, fines fleurs au firmament, te regardent t’éloigner avec indifférence. Hélas, je devine déjà le murmure de la lumière au loin qui marque ton départ et me renvoie à mes heures de douleur. Je me heurte, je peste contre ce vent de malheur. Mais déjà, il emporte mes infimes espérances, la fortune de mon cœur, les murs de notre forteresse.

« Seras- tu l’éternelle geôlière de mon âme blessée? Ce souffle de misère a balayé nos heures de passions enivrantes et je crains la venue de la nuit quand tu t’enfuis avec nos rêves. Suis-je condamné à vivre mille et une nuits sans Shéhérazade à mon chevet, à vivre tant d’automnes monotones, suis-je condamné à vivre infirme ?


« Reviens !- Reviens ! La mer s’est retirée, les fleuves sont asséchés, les nuits sont de glace et le soleil ne me réchauffera plus. Lorsque le vent me mord, point de caresse, de main qui m’apaise, d’étoffe qui me frôle. Le printemps reviendra-t-il ou sera-t-il l’apanage de tes futurs amants ? Je t’ai pourtant donné toute ma sève, toute mon essence, à toi, la fleur qui m’échappe ! »


                          *

Sa plainte lancinante cingla la nuit et il demanda en vain à la puissance divine le retour de sa dulcinée. Mais l’astre insensible n’entendit pas sa requête, l’enveloppant d’un silence cruel, linceul blanc et froid de ses derniers espoirs. Le malheureux resta donc là déchiré, délaissé, abandonné, contemplant les reflets opaques de l’aube blême.


Il s’en fut errant pour l’éternité dans les froides ténèbres de ce vide éternel, sans but et sans demeure. A la recherche de sa bien-aimée, il sombra dans le gouffre de la folie et lorsqu’on le voyait passer, il n’était plus qu’un spectre blanc au cœur béant…



Interprétation


Allitération en [r] : le râle de la souffrance

Allitération en [f ] : le souffle de misère

Rythmes ternaires

Anaphores

Référence culturelle

 

 

 

 

 

Camille P., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

 

 

 

 

 

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Devoir de Camille C. :

 

 

 

« A l’intérieur de la sphère d’or, enfouie sous l’eau glacée de l’océan Antarctique, réchauffe mon cœur jusqu’alors gelé, il en a terriblement, énormément et éperdument besoin. »

 

« Réchauffe, réchauffe-moi, aime-moi simplement, apprivoise-moi, consomme-moi jusqu’au dernier sentiment, jusqu’à mon frissonnant jour de moisson. »

 

«Réchauffe-moi encore, ne vois-tu pas que je suis froid ? Je t’offre mon âme pour qu’à l’instar du diable tu la tiédisses, la chauffes, l’enflammes et que tu frémisses, brûles et t’ébouillantes avec moi sur la plus chaude des étincelles qui crépite en nos corps. »

 

 

***

 

Il m’entraîne dans un tourbillon de délicieuses vapeurs, je me noie dans la chaleur de nos esprits mimétiques, dans ses murmures et dans l’incandescence de nos êtres enlacés.

 

Mon amour pour cet homme magnétique me consumera jusqu’à la nuit des temps. Il fleurit en moi comme un baiser magmatique, nourrissant d’une ardente passion l’incendie qui m’embrase.

 

 

 

Interprétation :

 

La sphère d’or et le froid dont parle le personnage (dans les trois premiers paragraphes) sont une référence à La nuit des tempsde René Barjavel, complété par la présence du titre dans le cinquième paragraphe. Le personnage qui parle au discours direct est Païkan, un des protagonistes de ce livre.

 

Le frissonnant jour de moisson (v.7) est une référence au poème La faucheuse de Victor Hugo.

 

La première allitération en [R] (premier paragraphe) représente le froid et le désespoir dont souffre Païkan. La seconde allitération en [m] reflète l’amour immense qu’éprouvent les deux personnages l’un pour l’autre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Devoir de Clarisse L. :

 

 

Anaphore d’un verbe à l’impératif

Rythme ternaire

Allitération en [t] rappelant les mitraillettes

Allitération en [s] évoquant la tristesse de Clyde

Référence culturelle

 

 

Bonnie and Clyde :

 

Bonnie et Clyde étaient deux malfaiteurs américains. Ils s’aiment éperdument et se donnaient le courage de poursuivre leur délit.

Dans ce poème en prose, Bonnie est allongée à même le sol, fusillée. Clyde à ses côtés clame son souvenir.

 

« Réponds! Réponds ! Ô Bonnie, le temps s’envole à tire d’aile et ton âme devient témoin du tableau qui se dessine sous mes yeux ; ô Bonnie ton corps s’est écroulé avec une grâce infinie et un silence inconnu s’est emparé de mon cœur nostalgique. »

 

« Ô Bonnie, la fleur impitoyable des mitraillettes résonne dans ma tête, ton visage angélique n’est plus que sang et tes lèvres entrouvertes se souviennent encore de mes baisers tant aimés. »

 

« Réponds! Réponds ! Ô Bonnie, le tourbillon fatal de la vie t’as emportée, ce cyclone ravageur a une fois de plus frappé, la tempête dans mon cœur s’est alors déchaînée. Les heures, les minutes, les secondes s’enfuient, traînant dans leur bagage des rires et des pleurs, des silences et des cris, des craintes et des espoirs. »

 

*

 

Il était assis à ses côtés, les mains croisées, les genoux serrés, il grelottait : la frayeur de la vie l’avait gagnée.

 

Le bruit et le silence s’accordaient sur une mélodie entraînante mais sous le soleil insolent, il restait immobile, attendantpatiemment qu’elle vienne le chercher pour s’en aller retrouver sa dulcinée.

 

 

Clarisse L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

 

 

 

 

 

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Devoir d'Isabelle M. :

 

 

 

« Reviens! Reviens à moi, Ulysse, à ta femme qui t’aime éperdument. Retrouve ton chemin vers nous, ta famille, et ton peuple qui te suivra jusqu’à la nuit des temps. Ce combat périlleux t’a arraché de mes bras. Je suis séparée de toi, mon mari, mon Cupidon, mon seul véritable amour. Ma tapisserie sera-t-elle un jour finalement achevée ?

 

« Oh ! Comme je songe à tous ces jours heureux, sereins et rayonnants du passé, quand tu étais parmi nous. Le temps, maître de ces griffes invincibles, s’est emparé de tous ces souvenirs. Mais moi, je me remémore ta présence, une existence si intense, une omniprésence incomparable, une lueur venant des cieux. Ecoute mon supplice, et rejoins moi !

 

« Reviens, reviens ! Ulysse, ces êtres ignobles et repoussants ne prendront jamais possession de mon âme, éternellement la tienne. Oh ! Pourquoi es-tu parti, Ulysse ? Je te demande de sentir ma douleur. Je suis maudite, condamnée à une vie de souffrance, ténébreuse et lugubre sans toi à mes côtés. Je t’en prie Ulysse, viens me sauver. »

 

*

 

J’ouvris les yeux, et contemplai d’un regard vide l’horizon de l’océan. Le souffle du vent, mon seul véritable compagnon jusqu’à présent, ressemblait atrocement à sa voix, si douce, si légère, à son chant de sirène. Me priant de retourner la rejoindre à Itaque,Pénélope ne savait pas à quel point cela me brisa le cœur de la quitter pour cette guerre, si violente, si inhumaine, si terrible.

 

Le souvenir d’une telle perte me fit mal au cœur, mais je savais qu’un jour, son fil, tout comme celui d’Ariane pour Thésée, me guiderait vers elle. Je regardai le ciel, teinté de rose, et promis non seulement à moi-même, mais à la reine de mon cœur, que je réussirai un jour à nous réunir de nouveau. 

 

 

Explications :

 

Allitération en [r] : sonorité dure représentant la rupture, la séparation.

Allitération en [s] (2ème strophe) : sonorité douce illustrant la tristesse, les souvenirs.

Allitération en [m] : sonorité assez longue pour décrire la mémoire, le rêve et le sentiment amoureux réciproque entre Ulysse et Pénélope.

 

 

 

 

Isabelle M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

 

 

 

 

 

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Devoir de Casssandra R. :

 

 

 

 

"Ecoute! Ecoute! C'est moi, c'est ton coeur griffé, écorché, meurtri par cette vérité de l'inconscience et les blessures qu'elle peut causer. Je suis accablé sous ce déluge de paroles qui me laisse dolent.

 
    En outre, cette naïveté dont j'ai fait preuve me désole mais la noirceur de son âme est l'incarnation du désanchantement. Ma joie était illusoire, ses mains frauduleuses et notre histoire factice.
 
    Ecoute! Ecoute! Ma détresse est immense, ma rancoeur se cultive, les souvenirs s'installent.Bientôt, le long de ces champs desespérement lumineux, de ces plages insolemment reposantes, de ce paysage tout
simplement insensible à mon malheur, je marcherai. Je marcherai et ma détresse se transformera en amertume et mon amertume en vengeance.
 

 
 
    Le temple de mes sentiments avait parlé, mon âme ne pouvait l'ignorer. Il me dit que je suis seule fautive d'avoir cru à ses mensonges mais Lui, ce Perdican,
m'avait laissée si pensive et m'entraînait dans un songe.
 
    Mon coeur me dit que toute mes larmes se transformeront en armes et que Lui, il faut qu'il paye, qu'Il paye la confiance que j'avais en lui, qu'il fasse les frais de la souffrance qu'il a causée en moi, car oui, Monsieur, On Ne Badine Pas Avec l 'Amour.

 

 

 

 

Cassandra R., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

 

 

 

 

 

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Devoir de Caroline A. :

 

 

Titus

 

Va! Va! Je ne t’aime plus. Comme Titus, tu ne vois que la gloire et oublie l’amour. Je crie, je pleure, je hais et pourtant tu t’obstines à m’ignorer. N’entends-tu pas mes implorations ? Ne vois-tu pas les larmes qui coulent sur mon visage ? Ne m’as-tu jamais aimée ?

« Les heures passent longuement, lentement, traînantes. Je suis seule dans mon palais de glace où le temps s’écoule, apathique. Quand tu n’es plus là, si loin avec celle qui te tient sous son emprise… Ta Rome, ta patrie, ton peuple, que tu choisis avant l’amour ; ton sens de l’honneur m’accable et je me lamente.

 

« Vois ! Vois ! Regarde et rougis d’humiliation. Ma fureur, ma haine. Contemple avec remords ces tribulations que tu m’as fait souffrir. Tu m’as rejetée, quittée, laissée pour morte. Tu pars sans regrets, sans excuses, et je ne peux plus le supporter. Si tu me quittes, délivre-moi de cette détresse, cette peine incessante ! »

 

*

 

Elle me regarde avec tant de colère, enragée et souffrante. Mon amour, mon étoile, mon amante me dit de partir et de la laisser mourante car elle ne voit pas la damnation que je m’inflige en l’abandonnant.

 

La voyant pousser des cris et hurler, je vois qu’elle ne saura jamais à quel point il m’a été difficile de choisir Rome, ma patrie à qui je dois une reconnaissance éternelle, avant elle.

 

 

 

Interprétations proposées :

 

 

Allitération en [l] : les larmes de la femme :

« pleure », « implore »,  « larmes », « coulent »…

Allitération en [r] : la rage de la femme :

« Regarde », « rougis », « fureur », « remords », « tribulations »,  « souffrir ».

Allitération en [m] : son doux qui reflète les sentiments de l’homme, comparable à Titus, pour la femme :

« mon amour », « mon amante » = l’amour

« mourante » = le regret, la tristesse

Rythmes Ternaires

Anaphore

 

Référence culturelle : Bérénice, la pièce de Racine, est l’histoire d’un empereur romain et de sa maîtresse qu’il dut renvoyer chez elle invitus invitam (malgré lui, malgré elle) car il ne peut pas mettre en danger sa mission à la tête de Rome. Titus sacrifie ce qu’il aime pour sa propre gloire.

 

 

 

Caroline A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

 

 

 

 

 

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Devoir de Mathieu S. :

 

 

 

 

Dans Salem le Soleil sortira de chez lui 

Abigail, jeune amante déchue, va soupirer, au milieu de la

nuit, sous la fenêtre de son amour. Qui lui, en homme marié,

ne veut plus en entendre parler.

 

 

 

« Viens! Viens! Ô toi, celui que j’aime, que j’avais, mais qui m’a échappé. Je te guette, là, sous ta fenêtre. Ecoute! C’est Abigail. Ecoute! C’est celle qui t’aime. Ecoute! C’est moi que tu fais souffrir. Ma Vengeance sera douce comme tes mains sur mon corps, magnifique comme tes yeux, mais surtout…terrible!

 

«  J’étais ta servante, ta consolante, ton amante. La femme m’a chassée, répudiée, expulsée! Tu sais… celle que tu as épousée… Celle-la, je la tuerai! L’art et la manière, mes sœurs et moi, telles des amazones, nous parlerons, nous chercherons, nous trouverons. Pour l’instant, oublie-la. Descends - Viens - Regarde! Dis-moi des choses douces et tu verras… Tu ne veux pas? Prends garde à toi!

 

« Viens! Viens! Lorsque le Soleil de Salem se réveillera, assommant de toutes ses forces, nos soupirs, mes chimères accuseront ta femme du crime que tu m’as fait. Tu m’as manipulée, envoûtée, ensorcelée! Un sifflement rasera le silence lorsqu’elle descendra chez Hadès. La foule, sans attendre, sautillant de joie, criera : Sorcières! Là, plus rien n’empêchera notre amour. Ni les hommes, ni les dieux, ni ta femme. Rien ne nous séparera. Maintenant – tais-toi! Tends ta main! Suis-moi! »

 

*

Je l’ai suppliée de ne pas causer cette folie, ce mal, ce désespoir. Par deux fois déjà je l’ai dit, et ce soir-là, pour la dernière fois, je l’ai crié. Oui! Abby! Je l’ai aimée, j’été fou d’elle! Non! Je ne la suivrais pas, ma place est là. Abby! Nous nous sommes aimés. Ce fut un vent vif et frais, un souffle sonore, qui nous fit vibrer. Nous nous sommes vus, plu, connus. Tout est fini maintenant. Sans cri, sans peine, sans haine. Après ce soupir… elle a sombré!

 

Dans Salem le Soleil sort déjà de chez lui, et je tremble de voir mon souffle sans celui de ma femme. Hélas! C’est elle que j’aime. Quand Apollon soulèvera le rideau de cette tragédie, quand les trois coups sonneront le dernier de ses souffles, quand l’horloge, pour elle ne tournera plus; j’irai comme Orphée, braver l’Achéron, là, je lui murmurai, que jamais, Ô immense jamais, sur sa tombe avec Abigail j’aurai dansé!

 

 

Allitérations :

En [s] : représente les soupirs que s’échangent Abigail et l’homme marié, représente aussi l’accusation de sorcellerie contre la femme de l’homme marié.

En [m] : représente le moi de l’homme marié et d’Abigail, représente aussi l’amour que ressent Abigail pour l’homme marié.

En [t] : représente la terreur qu’Abigail compte créer.

En [r] : représente les râles d’Abigail et la raison du poète.

 

 

 

 

Mathieu S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

 

 

 

 

 

 

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Devoir de Christophe W. :

 

 

 

 

« Tue ! Tue ! Personne ne te pardonnera, il ne t’abandonnera point à la tranquillité. Son esprit s’adonnera à te hanter jusqu’à la fin de tes jours. Tout tournera au noir, ton être s’en inondera, même ta vue, ton toucher, ton odorat. Même laïque tu n’y échapperas, ton être le sait et tu te maudiras.

 

Tue ! Tue ! Le père, le fils et le Saint-Esprit te haïront. Ils méditeront ta mort joyeusement et ton post-mortem sera empli de la de malfaisance de Némésis. Lucifer sera ton commensal. Le triple six sera gravé en toi.

 

Tue ! Tue ! Ton habitat sera rouge de furie, de mélancolie, et de regret. La sortie, tu ne la trouveras point, Ariane ne te prêtera pas son fil. En son sein, le Minotaure aura le visage de ta victime. Thésée ne viendra jamais à ton secours, sous aucun prétexte tu ne pourras égaler ses actes. »

 

*

 

Après avoir diffusé son message il disparut dans les clartés de vapeurs obstruées. Sa leçon était claire : il ne fallait point que je laisse la haine qui m’habitait m’emporter, lui laisser couvrir mes yeux de son voile rouge. En guise de bouclier, je devais me servir de mon amour et en guise de glaive, de la compréhension.

 

Mon âme était déchirée entre l’ange et le démon, qui se contredisaient. Je ne savais quoi faire, les propos de l’ange ne pouvaient être plus clairs mais les propos du démon avaient continué d’encourager ma haine. Mon adversaire avait cerné le déchirement qui me possédait et prit peur de ma haine. Je repris contrôle de moi-même et jetai ma colère au pieds de l’ange.

 

Code des couleurs et Interprétation :

 

___ Allitération en [r] : son fort et agressif qui prévient de la brutalité, l’agressivité de la mélancolie à venir si le meurtre est commis

___ Allitération en [t] : son claquant, bref, exprimant la rapidité de la miséricorde à venir si le meurtre est commis

___ Rythme ternaire

___ Référence culturelle

 

 

 

 

 

 

Christophe W., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

 

 

 

 

Camille C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

 

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Devoir de Simon O. :

 

 

« Aie pitié ! Aie pitié de moi ! Je vais mourir ! Mon heure va bientôt arriver, et la faux de Pluton emportera mon âme dans les ténèbres. Mon corps rejoindra la terre, les immortels puis les Enfers. Je m’évanouirai, noyé pour l’éternité par le Styx, gardé par Cerbère. Cette pensée m’est insupportable, et la vision de mon exécution me fait pâlir d’angoisse !

                           

Je pense encore au crime que j’ai commis. Je pense encore au jour du procès. L’annonce de ma sentence me fit plonger dans la souffrance, le désarroi et le désespoir infinis. Je pense encore aux jours passés en prison, similaire à la demeure du Diable sur Terre. Je pense encore au calvaire futur que me réservera mon éternité prochaine. Mais plus que tout, je pense encore à la tendresse que tu m’as apportée.

 

Aie pitié ! Aie pitié de moi ! Ma chère et douce mère qui m’a bercé dans ses bras de soie. Toi qui m’as instruit, enseigné la vie, élevé, je ne peux imaginer la peine que tu vas endurer. Je t’ai toujours regardée, admirée et aimée. La lumière de l’espoir doit toujours rester en toi, et tant qu’elle sera éveillée, tu continueras d’avancer dans ta vie ! Sache, ma mère, qu’écrire cette lettre qui t’est destinée me remplit d’émotions et de sentiments intenses et exaltés.  »

 

*

Je restai anéantie, m’affalai sur mon fauteuil, et inondai mon visage de larmes qui tombèrent comme s’écrase la pluie en Bretagne. Comment l’être que j’ai mis au monde avait-il pu en arriver là ? Etais-je fautive ? Etait-ce dû à mon incompétence ? Lui avais-je transmis de mauvais principes ? Méritais-je cette punition morale exprimée dans sa lettre ? Je l’ignorais…

 

Mais je ne devais pas me  morfondre dans mon chagrin ! Je ne devais pas être égoïste et penser au message que mon enfant m’avait laissé. Sa mort ne pourrait pas me détruire ! Ma « lumière de l’espoir » ne s’éteindrait pas ! Mon chemin se poursuivrait quoiqu’il arrive. Les regrets et les déceptions successifs ne feraient que me rendre plus forte ! J’avais l'espoir !

Simon O., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Devoir d'Anne-Lise C. :

 

 

 

 

"Fuis ! Fuis ! Pars ! Eloigne-toi de ce monde. Rien ne te retient dans cette partie de l'univers, où seuls souvenirs douloureux et rejets de l'espoir règnent depuis si longtemps que le dieux invoqué est Hades, celui de la mort.

 

 

 

Fuis ! Fuis! Oublie celle que tu désires encore, celle qui te rend si triste et que pourtant tu implores. Enfuis-toi car, ici, seul le noir triomphe. Et, même si le temps s'en va à grands pas, ne le rattrape pas, il te suffit de le suivre pour t'en aller avec lui.

 

 

 

Pars et ne te retourne pas ! Ne pense qu'à ton avenir et non à tes souvenirs. Ce soir, sous cette astre sombre mais qui repousse tout de même les ténèbres, il est temps que tu t'en ailles pour pouvoir enfin créer de nouveaux espoirs. Toi, d'habitude si solitaire, si méfiant, si prévoyant. Pourquoi cet écart de folie ? Je t'avais prévenu, mais tu ne m'as pas écoutée. Je t'en supplie, ouïs ces seules paroles qui pourront te sauver !"


 
 
 
                       *
 
 

Je me souviens encore de ces paroles que je trouvais si brusques et qui, à présent, m'apparaissent comme de l'or. Si pures et si sincères, elles m'ont séparé de la détresse.

 

 

 

Je la remercie encore de sa confiance, de son aide et de la façon dont elle a su gérer mon sort. Je la considère comme mon héroïne, mon coeur dont je ne peux me séparer et la preuve en est que je l'ai épousée.

 

 

 

 

Allitération en [R] : souffrance du personnage, douleur répétitive.

Allitération en [S] : la souffrance tend à s'adoucir, elle passe avec le temps.

 

 

Anne-Lise C.,  2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, février 2008.

 

 

 


 

 

 

 

3ème sujet d'écriture d'invention :

 

 

Le devoir ci-dessous était proposé à la classe, en temps libre, après l'étude de L'école des femmes de Molière, en oeuvre intégrale.

 

 

Sujet : Vous imaginerez la scène finale de L'école des femmes de Molière, en faisant en sorte que le dénouement soit celui d'une tragédie.

 

 

Devoir de Thibaut T. :

 

 

   Acte 4 ; scéne 5 :

            Personnages: Enrique, Oronte, Georgette, Horace, Arnolphe



                                                Enrique:

       Ah monsieur, je viens, à cette heure de révéler à Agnès les origines qui sont les siennes. Elle est ma fille cachée depuis tant d' années...
       Son bonheur de découvrir ce secret fut une réelle joie. Cependant, quand je lui annonçai que son mariage avec votre fils avait été conclu depuis l'âge de quatre ans, elle s'enfuit, criant sa douleur d'épouser un inconnu, alors que son coeur était promis à un autre.

                                               Oronte:

     Mon ami, n' ayez aucune crainte car je pense que son coeur bat justement pour mon fils Horace...
     Celui-ci me déclarait sa flamme pour Agnès à l'instant et cet hymen que nous avions décidé il y a quinze ans fera le bonheur de nos enfants!
      Allons! Horace , allons! Enrique, de ce pas , dire la bonne nouvelle à cette jeune beauté...

                                               Georgette: ( affolée, essouflée)

     Mes seigneurs !   un tragique événemment a eu lieu, je ne peux en dire plus tant l' accablement et l' effroi me gagnent!

                                               Horace:
     Que dis-tu Georgette?

                                               Enrique:

     Explique-toi!

                                               Oronte:

    Reprends ton calme et parle.

                                               Georgette:

    Mes seigneurs, j' allai dans la chambe d' Agnès lui porter ses vêtements de soirée. Je l'  ai trouvée étendue sur le sol, sans vie. Messieurs , Agnès s' est donnée la mort et cette lettre écrite de sa main explique ce geste de désespoir. Elle préfère rejoindre les cieux  plutôt que d' avoir à désobéir à son pére, nouvellement retrouvé, et de renoncer à ses amours pour l' unique élu de son coeur.

                                              Horace: ( tombant à terre)

      Quoi, quel sort m' accable, Agnès est morte! Il ne me reste qu'à mourir de désespoir.
      Mon corps trésaille, ma souffrance est immense.
      Ma vie n'a plus de sens...
      Que faire? je suis perdu.
      Aidez-moi , mon père, je souffre tant!

                                           Enrique:

       Que mon destin est tragique! je retrouve ma fille et celle - ci se donne la mort par ma faute.
       Que ne l' ai-je suivie pour lui donner le nom de son promis!
       Horace, je suis le responsable de tout ce malheur.
 
                                           Oronte:

       Mon fils, mon vieil ami, que vous dire pour soulager vos souffrances si grandes?

                                          Horace:

       Père, je n' ai plus qu' une issue. Ma seule raison de vivre vient de s' éteindre. Il ne me reste qu' à partir, au service de notre roi, vers des contrées lointaines, pour oublier mon destin.
     Je pars...

                                          Arnolphe:

      Agnès a prefèré la mort! Je me rends compte désormais de mes erreurs.
      Chrysalde avait raison, mes discours et mes idées sur l' amour et le mariage n' étaient que des raisons pour servir mes vanités.
      Il ne me reste que la honte.
      Je te suis, Horace, dans tes combats et pars, si tu acceptes, à tes côtés pour servir une noble cause.



                                          RIDEAU.    

 

 

 Thibaut T., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2008.

 



 

 

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Devoir de Simon O. :

SCENE IX

 

ARNOLPHE, AGNES, HORACE, CHRYSALDE, ORONTE, ENRIQUE.

 

 

ARNOLPHE

 

Allons, pressez-vous, nous avons tout de même le mariage de votre galant et le nôtre à préparer.

 

AGNES

 

Le seul homme avec qui je vais partager l’union sacrée sera l’homme que vous avez trompé, car c’est celui que j’ai toujours aimé.

 

ARNOLPHE

 

Malheureusement pour vous deux, cette union sera impossible puisqu’Horace est déjà destiné à la fille du seigneur Enrique.

 

HORACE, à Arnolphe, enragé.

 

Après avoir fait ce que vous vouliez de ma bien-aimée, après m’avoir trahi, abusé de ma naïveté et convaincu mon père de me lier à une personne autre que celle que j’aime, vous tentez maintenant de m’enlevez celle qui a ordonné à mon cœur de lui obéir ! Votre vie s’achèvera dans le regret de m’avoir poussé à mourir !

 

AGNES, affolée.

 

Horace !

 

HORACE, à Agnès.

 

Cela est sûrement égoïste de ma part. Mais je préfère brûler en Enfer plutôt que de regarder ce monstre jouir de mon désespoir. Tu es celle qui, pour notre amour si puissant, devait m’être destinée. Mais les serviteurs du Malin m’ont vaincu.

Sortant une dague et brandissant celle-ci.

Et la mort sera le seul refuge de paix que je pourrai trouver !

 

 

ORONTE

 

Arrête ! Tu n’as aucune raison de vivre malheureux !

 

AGNES

 

Horace, je te suivrai où que tu ailles, au prix de n’importe quel sacrifice !

 

 

 

 

 

 

SCENE X

 

ARNOLPHE, ORONTE, CHRYSALDE, ENRIQUE, ALAIN, GEORGETTE.

 

 

ORONTE, dépité.

 

Quel malheur de penser que la vie a quitté mon fils bien-aimé.

 

CHRYSALDE

 

Non seulement la vie l’a quitté, mais il est aussi parti sans connaître la vérité…

 

ARNOLPHE

 

Ah ! Ne vous inquiétez guère pour cela : il savait que je l’avais trahi !

 

ORONTE

 

Détrompez-vous, stupide monstre que vous êtes ! Ce qu’il ignorait était la vraie identité de feu Agnès. Elle aussi d’ailleurs…

 

ARNOLPHE

 

Je vous renvoie le compliment, mais qu’entendez-vous par sa vraie identité ?

 

CHRYSALDE

 

D’un hymen secret, ma sœur eut une fille, dont le père était Enrique.

 

ORONTE

 

Ce dernier, allant batailler en Amérique, dût confier sa fille à sa mère.

 

 

 

 

CHRYSALDE

 

Cette pauvre paysanne, lorsque son enfant eut quatre ans, fut contrainte de vous le remettre de peur qu’elle ne puisse pas l’élever comme il le fallait.

 

ORONTE

 

Son nom était Agnès.

 

ENRIQUE, sous le choc.

 

Ma fille… décédée ?!

 

ARNOLPHE, triomphant.

 

Ah ! J’ai compris ! Le destin avait voulu qu’Horace et Agnès soient unis par les liens du mariage, mais le destin avait aussi prévu que je ne puisse jamais être cocu ! Il semblerait qu’il ait choisi son camp et qu’il m’ait donné l’avantage !

 

ENRIQUE

 

Comment osez-vous parlez de ma fille ainsi ! Je vous rappelle qu’elle n’est plus de ce monde, et ce par votre faute !

 

ORONTE

 

Et vous êtes aussi responsable de la tristesse de mon fils, le menant au désespoir… et à sa perte.

 

ARNOLPHE, à Oronte.

 

Voyons, si l’on prend tout en compte, vous êtes également fautif en ayant éternisé le mystère de la véritable identité d’Agnès. Leur union n’a pu se réaliser car vous avez tardé à éclaircir ce secret.

 

ENRIQUE

 

Quel malheur, moi qui avais tant d’espoir de retrouver ma fille !

 

ORONTE

 

Plus rien ne sera jamais comme avant…

 

ARNOLPHE, à Chrysalde, dédaigneux.

 

Ah ! J’ai apparemment triomphé ! La fortune a décidé que le mariage entre les deux amants aurait fait de moi une personne cocue. Je me sens soulagé de savoir que le destin m’a évité le déshonneur d’être trompé !

A Alain et Georgette.

Venez mes laquais, rentrons.

 

 

 

Rideau.

 

 

 

Simon O., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2008.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Devoir de Clarisse L. :

 

 

Acte 5, scène IX

AGNÈS, ALAIN, GEORGETTE, ENRIQUE, ORONTE, CHRYSALDE, HORACE, ARNOLPHE.

Oronte et Enrique sont assis au premier plan, ce qui leur confère de l’importance. Agnès et Horace sont en retrait au fond de la salle, debout. Arnolphe est vêtu de manière très colorée, avec un costume rouge à col blanc et une cape bleue. Sa perruque glisse et nous pouvons voir un peu ses cheveux blancs.

ORONTE (Quittant sa veste, d'un air gêné) Mon ami Enrique, c'est en ce jour que je dois vous annoncer une triste et pénible nouvelle. Nous nous étions promis, en tant que fidèles et bons amis, que nos enfants se verraient mariés sitôt que l'âge leur en permettrait. Mais depuis peu, ma famille souffre de grosses dettes...

ARNOLPHE (en lui coupant la parole) Allons, allons ! Trêve de bavardages.

 

(Arnolphe est dans le noir, la lumière éclaire Oronte et Enrique)

 

ORONTE (en gesticulant pour cacher sa gêne) J’ai longtemps cherché une solution à mes ennuis, qui, vous vous en doutez bien, ne sont pas des moindres. J’ai contacté toutes mes connaissances pour avoir leur aide.

 

ENRIQUE : Voulez-vous que je vous prête la somme d’argent qui vous manque ?

 

ORONTE : Oh non ! Je n’oserais point et je n’aurais pas suffisamment de biens pour vous rembourser et je ne puis accepter une telle situation. Je disais donc, que j’ai pris contact avec certaines connaissances de longue date et il se trouve que le duc de Bretagne cherche un époux à sa fille

 

ENRIQUE : Ah ! Fort bien. Mais qu’est-ce que le duc de Bretagne vient faire dans notre histoire ?

 

ORONTE (rougissant de honte) Et bien, voyez vous, il a proposé un engagement entre mon fils et sa fille, celui-ci estime qu’Horace serait un mari idéal et un successeur à la hauteur. Le montant de la dot qu’il offre pour sa fille couvrirait entièrement nos dépenses.

 

ENRIQUE (vexé) Ma fille n’est sans doute pas à la hauteur de vos attentes, tant pis. (En désignant Arnolphe du doigt) Cet homme-là se fera une joie de prendre pour épouse ma belle Agnès, et il sera sûrement bien meilleur époux que votre fils Horace.

 

ARNOLPHE (à part, en se frottant les mains) Ah ! Voilà que la fortune joue en ma faveur, Horace ne viendra plus s’interposer entre nous à présent. (À Georgette et Alain) Allez donc me chercher mon costume de noces, dépêchons !

 

AGNES (à Horace) Oh ! Horace, faites quelque chose, dites quelque chose. Je vous en prie, je vous en supplie. (En pleurant) Je vous aime, et vous de même, vous ne pouvez céder à la raison.

 

HORACE (à Oronte) Père, vous ne pouvez agir de la sorte. J’aime Agnès, elle m’est destinée.

 

ORONTE (indigné)Voulez-vous mon fils que nous vivions dans la misère ? Voulez-vous voir les huissiers se saisir de tous nos biens ? Conduisez-vous en homme responsable et cessez vos bêtises.

 

HORACE : Mais père … 

(À Agnès après quelques minutes de silence) Ma belle, je ne peux abandonner ma famille, il est de mon devoir d’homme et de fils d’aider mes proches, je ne cesserai de vous aimer et de penser à vous. Vous êtes celle qui a ouvert mon cœur, et sans vous, je ne serais rien. Je dois accomplir ma destinée mais sachez que vous serez toujours là, avecmoi, dans mon esprit. Ce n’est pas un adieu mais un simple au-revoir ne l’oubliez jamais ma tendre, jamais.

 

Agnès sort de la pièce en courant, de grosses larmes coulent le long de ses joues. Georgette et Alain la suivent. Lumière tamisée.

 

 

 

Acte 5, scène X

 

ENRIQUE, ORONTE, CHRYSALDE, HORACE, ARNOLPHE.

 

ARNOLPHE : Enrique, je suis l’époux parfait pour votre fille et auprès de moi elle sera heureuse, (en souriant) et oubliera ce jeune imposteur qui l’a fait tant souffrir.

  

ORONTE (énervé) Un peu de tenue, très cher.

 

CHRYSALDE : Mes amis, calmez-vous, voyons !

 

ARNOLPHE : (en ouvrant grand les bras) Ah, voilà Georgette qui vient m’apporter mon costume, je vais être le plus élégant du comté. Mais où est donc Agnès ?

 

 

 

Acte 5, scène XI

 

ALAIN, GEORGETTE, ENRIQUE, ORONTE, CHRYSALDE, HORACE, ARNOLPHE.

 

GEORGETTE (en criant, secouant les bras, pleurant) C’est Agnès, M. de le Souche, Agnès, la fenêtre monsieur, la fenêtre, je l’ai vue, la fenêtre monsieur…

 

ARNOLPHE (agacé) Mais que se passe-t-il, Georgette ? Voyons, faites un effort, exprimez-vous clairement, personne n’arrive à vous comprendre.

GEORGETTE (en reprenant son souffle) C’est Agnès, Monsieur, elle a ouvert la fenêtre et a sauté Monsieur. J’ai vu son corps allongé sur le sol, elle est morte, Monsieur.

ENRIQUE (en hurlant) Bon Dieu ! Faites que tout cela soit un cauchemar. Ma fille, mon enfant, je ne la connaissais guère et elle me quitte déjà.

HORACE (en s’agenouillant, les mains sur le visage pour cacher ses pleurs, la voix tremblante) Agnès, ma belle, ma tendre, ma bien-aimée, pourquoi diantre êtes vous partie ? Je me souviens encore de la première fois que mes yeux se posèrent sur les vôtres, j’ai su que vous m’étiez destinée. La fortune était malheureusement contre nous mais je vous aime et vous aimerai toujours, maladroitement, certes, mais avec un cœur jeune et innocent, un cœur qui jamais ne pourra se remettre de la blessure que vous lui avez infligée. Un cœur pur, qui ne pourra plus aimer. Un cœur mort qui ne peut plus exister car «  il y a l’amour. Et puis il y a la vie, son ennemie »*.

* Jean Anouilh

Lumière tamisée, le rideau se baisse ...

 

 

 

 

 

 

 

Clarisse L., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2008.

 

 

 

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Devoir de Christophe W. :

 

Acte V, Scène 9

Agnès, Alain, Georgette, Oronte, Enrique, Arnolphe, Horace, Chrysalde

 

ARNOLPHE à Agnès

Ton bien-aimé a une autre destinée qui ne s'entremêle point avec ton destin.

Maintenant tu es toute à moi.

Ha !

 

AGNÈS

Mais mon envie n'y est point.

à Horace Je veux rester à tes côtés. Ne me laisse pas partir avec ce tyran.

 

HORACE

Je n’y puis rien.

 

ARNOLPHE

Le destin est le destin.

 

AGNES

Mais le destin peut se renverser, mon désir le plus fort est d’être avec Horace pour le restant de mes jours.

 

ARNOLPHE

Mais tu ne peux point le renverser!

La sottise te voile les yeux.

 

ENRIQUE à Arnolphe

J’ai promis ma fille à une autre âme généreuse et intelligente.

 

ARNOLPHE

Non !

 

AGNES désespérée

Non !

 

ENRIQUE

Si ! Et de plus le mariage se tiendra dans une semaine. Les détails doivent encore être perfectionnés.

 

ARNOLPHE se lamentant

Oh ! Que le destin peut être malveillant !

Pourquoi l’Dieu a-t-il un jour inventé le destin ?

Quel dieu aurait voulu me punir au point que je me lamente ainsi ?

Je n’ai voulu que du bien, mais rien de bon n’en résulte.

La sotte avait pourtant raison, le destin peut faire volte-face brutalement. Comment ai-je pu l’ignorer ?

Ma vie ne vaut plus rien. Je ne suis qu’un pauvre ignorant qui craint d’être cocu.

Brandissant un mouchoir blanc Je n’ai que ce mouchoir pour me consoler.

Sanglotant maintenantQue puis-je faire ? Je suis vieux et n’ai toujours point de femme pour s’occuper de ma demeure et me nourrir. Mes valets ne feront pas l’affaire, ouvrir une porte à leur maître prodigue maintes disputes alors seul Dieu sait ce qu’ils pourront nous produire si je leur demande de me donner de quoi manger. Ce sont des incapables, même une sotte sans éducation a plus de capacités qu’eux. Que faire ?

Il s’isole dans un coin avec le mouchoir toujours à la main.

 

Agnès tente de rejoindre Horace mais Enrique la retient avec l’aide de Chrysalde.

 

ENRIQUE

Ou prétends-tu aller comme ça ?

 

AGNES

Un instant d’hésitation

Voir l’âme qui m’est chère.

 

ENRIQUE

Celle là ne t’est plus chère. Je t’ai choisi un compagnon qui te rendra plus heureuse que tout autre.

 

AGNES à Horace en le suppliant

Ne me quitte pas. Viens à mes côtés.

 

Horace esquisse un mouvement vers elle mais il est retenu par la saisie d’Oronte de son bras.

 

CHRYSALDE

A part.

Tais-toi idiote, tu ne vois pas que tu aggraves les choses.

 

ORONTE à Horace

Toi non plus tu n’iras nulle part. Je t’ai promis en mariage à une charmante jeune demoiselle.

 

ARNOLPHE

soudain (toujours isolé dans un coin de la scène)

Pourquoi le destin sépare-t-il d’honnêtes gens ?

Brandissant et agitant le mouchoir blanc et regardant en l’air Je prie ta merci !

Il s’effondre, les larmes coulant à flot.

 

ENRIQUE

Nous devons vous quitter. Il nous faut nous préparer et j’ai promis de présenter ma fille à ce jeune homme cet après midi même.

 

ORONTE

Il serait bien temps que nous y allions également.

 

HORACE entre deux sanglots silencieux

Au revoir !

 

AGNES à Horace

Tu seras toujours dans mon cœur !

Adieu !

 

Rideau

 

Christophe W., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2008.

 

 

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Devoir de Marie D. :

 

 

Acte V Scène 9 :

Enrique, Oronte, Chrysalde, Horace, Arnolphe

La scène se déroule, comme la précédente, dans le salon d’Arnolphe. La pièce est petite et décorée à l’excès. Des draperies épaisses entourent les personnages tandis qu’un feu crépite faiblement dans la cheminée. Oronte et Arnolphe sont assis sur des fauteuils de velours alors que Chrysalde et Horace sont debout, prés d’un buffet rustique.

 

Oronte:

Dites moi donc… Monsieur de la Souche, quelle est cette Agnès dont vous causiez tantôt. Est-elle celle que vous prétendez prendre pour épouse ?

 

Arnolphe :

Il s’agit en effet d’une délicieuse enfant qui vit sous mon toit depuis son plus jeune âge. Nous serons mariés demain.

 

Oronte :

Vous m’en voyez ravi, mon ami.

 

Horace, tout bas

Le fieffé scélérat !

 

Arnolphe :

La pauvre sotte est bien chanceuse d’être tombée sur un honnête homme dans mon genre. Aucun jouvenceau ne voulait d’elle. Heureusement que j’en ai eu pitié et l’ai prise sous mon aile.

Il regarde Horace avec un sourire hypocrite puis se retourne vers Oronte avec un air apitoyé

La pauvre créature…

 

Horace, tous bas :

Traître !

Insolent !

Trompeur !

Lâche !

Coquin

Pendard !

Gueux !

Bélître !

Fripon !

Maraud !

 

Arnolphe :

La voilà justement qui arrive.

 

Acte V Scène 10 :

Agnès, Oronte, Chrysalde, Horace, Arnolphe

Agnès entre en scène en courant puis, voyant tous les invités autour d’elle, hésite à avancer. Elle porte une simple robe grise et ses cheveux sont en bataille.

 

Arnolphe :

Venez ma mignonne. N’ayez crainte.

 

Agnès regardant autour d’elle:

Que se passe-t-il ici ?

Se précipite vers Horace et lui prend les mains :

O, Horace, aidez moi je vous en prie. Votre ami s’est révélé être mon geôlier et il nous abreuvait de mensonges depuis le début !

 

Horace :

Ma douce Agnès je ne peux…

 

Oronte choqué et écœuré:

Qui est donc cette jeune femme? Maritorne, écartez-vous de mon fils !

Se tournant vers Horace avec colère :

Alors c’était dont cela ! Une femme ! C’est pour cela que vous étiez si réticent à l’idée de votre union avec la charmante fille du Seigneur Enrique. Vous vous étiez épris d’une autre femme.

 

Horace :

Oui mon père. Je ne peux plus dissimuler mes sentiments. J’aime cette jeune femme. D’une seule flèche, elle a touché mon âme. Son innocence, sa douceur ont fait naitre en moi des émotions nouvelles. D’un regard, elle m’a ensorcelé. Je ne peux épouser votre fille, Seigneur Enrique car mon cœur appartient à Agnès.

 

Oronte, rouge de colère, avance vers Horace comme pour le frapper. Chrysalde s’interpose entre les deux hommes.

 

Chrysalde :

Pourquoi tant de violence mon ami ? Si ces deux jeunes gens s’aiment, il faut les unir et non les séparer. L’amour doit triompher.

 

Arnolphe :

Ridicule, cher ami, c’est ridicule. Seigneur Oronte, n’écoutez pas cet homme qui s’amuse à philosopher. Il faut éduquer la jeunesse et non pas laisser votre fils se heurter à vos plans. Soyez plus rigide. Ce n’est pas à lui de décider. Vous êtes le père et votre volonté l’emporte sur la sienne.

 

Oronte :

Vous avez raison. Je ne vais pas me plier aux caprices de mon fils. Horace, tu épouseras Angélique. Que tu le veuilles ou non. Cette jeune fille de petite éducation ne te mérite pas.

 

Horace :

A quoi bon la vie sans ma bien-aimée ?

 

Horace sort de scène, défait. Il jette un tendre regard à Agnès avant de disparaitre en coulisse.

Les lumières s’éteignent

 

Acte V Scène 11 :

Agnès, Enrique, Georgette, Oronte, Chrysalde, Arnolphe

Les lumières se rallument sur la même pièce mais les personnages ont changé. Oronte, Arnolphe et Enrique sont de nouveau assis autour de la petite table. Chrysalde les a rejoints. Agnès est assise sagement derrière eux et caresse anxieusement un pan de sa robe.

 

Oronte à Enrique :

Ne vous inquiétez pas mon cher. Ce petit saut d’humeur ne durera pas. Il aura vite fait d’oublier le passé et je suis persuadé qu’il trouvera votre fille très à son goût.

 

Soudain, Georgette accoure sur scène, effondrée. Agnès se lève immédiatement et vient à ses cotés.

 

Agnès :

Georgette, Georgette, qu’as-tu donc?

 

Georgette, la voix secouée de sanglots:

Le pauvre garçon… si jeune.

 

Arnolphe :

Enfin, nigaude, qu’y a-t-il ?

 

Georgette, hésitante :

Je lavais le linge à la rivière, à quelques pas d’ici. J’allais justement rentrer quand je l’ai vu, Horace. Il était sur le pont et, en voyant son air funeste, j’ai tout de suite compris ce qu’il allait faire. J’ai voulu crier, le ramener à la raison mais il a fermé les yeux et il a sauté. Je n’ai rien pu faire. Il ne s’est même pas débattu… il ne savait pas nager.

 

Elle éclate en sanglot

 

Oronte :

Mon fils…

 

Oronte tombe au sol, une main sur son cœur. Chrysalde et Enrique se précipitent à ses cotés.

Agnès :

Quelle force malsaine s’abat sur moi ? Le ciel m’en veut il au point de me priver de mon seul amour, de ma raison de vivre. Pourquoi dois-je être si impuissante devant la mort ?

 

Agnès tente de s’enfuir à la suite de son amant mais est retenue par Arnolphe qui lui attrape le bras.

 

Arnolphe, à voix basse, durement :

Oh non, ma mignonne. Vous ne pensiez tout de même pas le rejoindre ? Je vous rappelle que nous avons un mariage à célébrer vous et moi…

 

Agnès, fortement et avec colère, les yeux larmoyants :

Monsieur, vous êtes abject ! Votre intérêt, seul, vous gouverne !

L’amour, Seigneur Arnolphe, ne se gagne ni par violence ni par force. L’amour s’obtient par bonté et clarté de cœur, vertus que vous ne possédez point. Mon amour demeurera éternellement en Horace. Vous ne méritez que mon plus profond dégoût et toute la haine que je peux vous porter

 

Arnolphe lâche le bras d’Agnès et elle tombe au sol en pleurant.

 

 

Acte V Scène 12 (facultative):

Agnès, Georgette, Enrique, Oronte, Chrysalde, Arnolphe, Le Chœur

Le cœur entre sur scène et se place à gauche. Ce sont un groupe de femme habillées tout en noir.

 

Chœur :

Ô Amour, ô amour, regarde tes méfaits,

Pour l’honneur de ton nom des couples sont brisés.

Pour goûter à la gloire que tu peux apporter,

Certains sont même prés à tout annihiler.

Horace, est allé jusqu'à donner de sa vie

Pour ne pas être séparé de celle qu’il chérit.

Ô Amour, toi qui guide les actions de chacun

Tu frappes ces enfants de ton aigre venin

La morale, mes amis de cette triste histoire :

Se méfier est parfois plus malin que de croire…

 

Les lumières s’éteignent.

 

 

 

Marie D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2008.

 

 

 

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Devoir de Caroline A. :

 

Acte V, Scène 9

 

ARNOLPHE, AGNES, ALAIN, GEORGETTE

 

Arnolphe

 

Arnolphe est habillé dans un vêtement de couleurs flamboyantes et tient son bâton a la main.

 

Sournois et arrogant, il tient Agnès par le bras.

 

Et bien ma belle, même contre ton gré,

Tout deux nous serons maries,

Ton amour, ce jeune vilain,

Vous serez séparés avant le matin.

Nous irons a son hymen,

Tout deux, main a main,

Et je me moquerai de vos doux baisers,

Car jamais je n'ai ressenti une telle haine.

 

Agnès

 

Vêtue d'une robe en couleur sombre, elle est pale et meurtrie.

 

Ecœurée, elle essaie de s'enfuir de l'emprise d'Arnolphe mais ne peut s'évader (il y a Georgette et Alain qui écoutent leur dispute avec fascination).

 

Vous m'écœurez!

A vous entendre parler je meurs,

Cet homme que j'aime en épouse une autre,

Et pour vous je ne suis qu'un pantin

Avec lequel vous jouez.

Laissez-moi partir!

Cessez de m'aimer!

Votre amour est blessant et cette douleur m'effraie.

 

Arnolphe

 

En colère et furieux.

 

Votre obstination n'est point convaincante,

Vous serez mienne et cela me contente,

Votre peau si douce, vos yeux si beaux...

 

Elle essaye de se libérer.

 

Vous me devez obéissance!

 

D'un air méprisant il continue.

 

Un jour vous oublierez ces mots.

 

Agnès

 

Frappant Arnolphe avec ses points fermes (aucun effet). Agnès est pâle.

 

Jamais! Mon amour pour Horace ne cessera.

Toute ma vie, je l'aimerai.

Toute sa vie, il m'aimer.

Et vous, avec votre arrogance éternelle, resterez seul.

 

Arnolphe

 

Mais avec vous l'hymen il n'aura point!

 

Il se tourne vers Georgette et Alain. Tapant le sol avec son bâton.

 

Georgette! Ramenez-la dans sa chambre,

Il faut qu'elle se calme, qu'elle se détende.

L'hymen est pour bientôt...

 

Georgette se précipite vers celle-ci et elles partent.

 

Acte V, Scène 10

 

 

Arnolphe les regarde partir puis se tourne a nouveaux vers Alain.

 

Arnolphe

 

Des nouvelles d'Oronte?

 

Alain

 

Enlevant son chapeau.

 

Non, monsieur.

 

Arnolphe

 

Peu importe. Oublions.

 

Acte V, Scène 11

 

ARNOLPHE, AGNES, HORACE, ORONTE, ENRIQUE, ALAIN, GEORGETTE, LA FILLE D'ENRIQUE

 

Arnolphe

 

Il entre avec Agnès, Alain et Georgette les suivent, les autres sont déjà la.(accent)

 

Venez, douce, venez.

La cérémonie débute et voyez votre prince adore,

Il n'a pas l'air si contrarie.

Souhaitez-lui adieu et assoyez-vous.

 

Agnès

 

Se tournant vers Horace alors qu'Arnolphe la dirige en la prenant par la main. Pale toujours et vêtue de noir.

 

Ne m'aimez vous pas?

 

Horace

 

Cela n'a rien avoir avec cela.

 

Il se retourne vers la fille d'Enrique.

Enrique, Chrysalde et Oronte s'avancent vers eux. Ils sont joyeux.

 

Enrique

 

S'adressant à sa fille.

 

Ma fille, je suis tellement heureux pour vous,

Votre beauté si fraîche et votre charmant époux,

Voyons, jeune homme, ne faites pas cette moue.

 

Chrysalde

 

Cette union est une belle affaire,

Nos familles réunies, plus rien ne nous diffère,

Vous survivrez à toutes les misères.

 

Oronte

 

S'adressant à son fils.

 

A cet hymen tu résistais,

Mais sa douce beauté t'a enchante,

Un jour, vous vous aimerez, et toutes ces hostilités...

 

Agnès

 

Elle l’interrompt en se levant de son siège.

 

Il ne peut l'aimer s'il en aime une autre!

Sa beauté n'est rien comparée à notre amour,

Et votre fils adore s'est promis a moi.

Des mots tendres, des lettres d'amours,

Des idées frivoles qui m'ont inspirées ce jour...

Je l'aime. Ne voyez-vous pas ce que vous faites?

Vous détruisez mon âme et me donnez à ce traître!

 

Elle point Arnolphe qui devient rouge de colère.

 

Arnolphe

 

Ignorez ces mots, ils sont bien trop confus.

Cette jeune demoiselle dans ses rêves s'est perdue.

Si elle ne se tait point je l'emmènerai ailleurs,

Je vous en prie, pressez-vous, il est l'heure.

 

Horace

 

S'écartant des autres, il s'approche d'Agnès.

 

Parfois il faut abandonner un amour,

Afin de suivre le bon parcours.

Je t'aime, tu le sais, il n'y a aucun doute,

Mais mon père veut cela et je ne puis le convaincre.

Si nous vivions dans un monde diffèrent,

Tu serais ma femme, tu porterais mes enfants,

Hélas, ce monde n'est pas le notre.

Si tu m'aimes tu comprendras mon regret.

 

Agnès

 

En pleurs.

 

Les hommes et leur volonté.

Ne voyez-vous pas quel prix les femmes paient?

J'ai suivi M. de la Souche,

J'ai suivi Horace,

Mais a la fin de ce jour je n'ai que c'est mots a la bouche.

Pour les hommes les sentiments passent,

Ils n’ont pas lieu de rester.

Pouvez-vous comprendre qu'une femme ne puisse y résister?

Ne comprenez-vous pas qu'une femme a des désirs, des rêves qui l'enchantent?

Et pourtant vous la traitez comme une ignorante.

Ce monde est dur, vos pensées nous hantent,

Il faut aimer pour en sortir vivante.

J'ai aime et je regrette, toujours a jamais,

Mon cœur, ce vilain traître, ne cessera point,

Cet hymen me désole et vole mon souffle,

Mais ces larmes ne cesseront de tracer leur chemin.

 

Rideau

 

 

Caroline A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2008.

 

 

 

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Devoir de Camille P. :

 

Acte V, Scène 9

Agnès, Alain, Georgette, Oronte, Enrique, Arnolphe, Horace, Chrysalde

 

 

 

Le jour pâlit et la place est faiblement éclairée. Oronte, Horace, Enrique, Chrysalde et Arnolphe sont en cercle et débattent d’un ton grave. Alain, accompagné de Georgette, surgit brusquement une lettre à la main. Agnès que personne n’a remarquée, dissimulée dans la pénombre, observe la scène depuis le balcon.

 

Georgette

Monsieur Horace,

C’est avec empressement que nous vous apportons cette lettre

Qu’Alain promptement est venu vous remettre

 

Alain tend à Horace une lettre portant le caché du sceau royal. Horace s’en empare et ouvre la lettre. S’ensuit une lecture silencieuse. Les personnages sont immobiles dans leurs costumes de velours.

 

Horace

On m’appelle à prendre les armes !

Hélas cette nouvelle m’alarme.

De l’Italie je dois défendre nos terres

En menant fièrement une guerre,

Mais déjà mon cœur est en proie aux larmes

Arnolphe

Fort bien, enfin on rappelle ce jeune effronté

A son devoir d’allégeance envers la royauté.

Et on l’écarte ainsi de la jeune pucelle

Qui du droit chemin détournait le fidel.

 

Oronte

Cette nouvelle doit-elle forcément donner lieu à une querelle ?

Peut-on reprocher au jeune homme d’être épris de la belle

Lorsque de ma parole j’approuvais l’hyménée !

Seigneur Arnolphe, en voilà une curieuse idée

Que de s’empresser de l’accabler.

C’est en effet une triste scène,

Car il l’aime d’un amour extrême.

 

Arnolphe

Peut-on s’enticher tout autant d’une jeune femme

Au point d’être presser de célébrer sa flamme

La guerre n’est pas éternelle

Et c’est à son retour qu’il retrouvera la pucelle.

(À part)

De la sorte je trouverai aisément le temps

De l’emmenais avec moi loin de ce jeune galant

Et de passer avec elle de doux moments !

 

Horace est silencieux et pensif. Son visage reflète tout la peine et l’accablement qu’il ressent.

Chrysalde

C’est en effet une bien triste affaire

Qui ne peut en aucune manière nous satisfaire.

Les amants en auront le cœur brisé.

Mais dans le cas contraire

L’honneur d’Horace en serait ébranlé.

 

Oronte s’adressant directement à Horace

Par ta fuite, Horace, nous serions déshérités

Et tu dois t’en remettre à la fatalité,

Je ne t’ai pas éduqué pour que tu nous mène à une telle destinée.

Crois-tu qu’une telle offense

Serait tenue au silence ?

Je te demande du haut de mon vieil âge

De prendre la décision qui serait celle du sage.

Le temps apaise tous les tourments

Et ton cœur oubliera vite cet amour ardent.

Mais il est une chose que jamais le temps n’effacera

C’est le déshonneur d’avoir fuit le combat

Et en désobéissant au Roi.

De t’être détourner ta voie

Horace

Il est vrai, père, qu’à votre sagesse je devrais m’en tenir,

Mais c’est une vérité qui hélas ne saurait me suffire.

Notre amour est une forteresse qu’on ne pourrait détruire

Et qui me procure toutes les raisons de fuir.

Jamais je ne me résoudrais à la faire souffrir

Elle est la seule pour qui je voudrais mourir.

Dois-je sacrifier mon bonheur à la raison ?

La raison ignore tout du tourment des cœurs !

A l’aube de ma vie, est-il déjà l’heure ?

Ai-je donc trop goûté aux plaisirs qui m’ont été donnés ?

Pardonnez-moi d’avoir fait des projets !

Je sais à présent qu’inévitablement nous devons nous plier

Sous le poids écrasant de la fatalité.

Sommes-nous maître de notre destin ici-bas ?

La vie est trop courte pour nous en voler les délices.

Ô puissance cruelle, je sombre dans un abysse

Au fond duquel votre main sans pitié m’a précipité.

Avons-nous donc une dette à payer avant même d’avoir joué ?

Puisque je ne suis maître ni de ma naissance ni de ma mort

Je m’en remets à vous, désolé d’avoir si peu vécu

Et j’accepte les malheurs que me réserve le sort.

Je perpétuerai l’honneur par la démonstration de toute ma vertu

Et je servirai mon roi jusqu’au trépas.

Peut-être vous montrerez-vous plus clément dans l’au-delà.

Cependant, de ce dilemme je ne ressortirai pas indemne

Car si par résolution j’ai choisi l’honneur

Celui-là même devient le geôlier de mon cœur.

 

Oronte

Je ne peux qu’admirer ta vaillance

Et j’approuve fièrement ton obéissance.

Fils ne te tourmente pas

Car Dieu que tu implores

Aura pitié d’un brave soldat

Te ramenant vers celle qui était ton or.

 

Horace

Je m’en vais sur le champ lui faire connaître ma décision

Priant pour qu’elle ne sombre dans la déraison.

Jamais elle ne comprendra ma soumission

Et défendra notre union avec passion,

Mais elle m’attendra, tant que nos cœurs battront à l’unisson.

 

Georgette

C’est que la malheureuse au balcon,

Entendit votre conversation

Hélas, Monsieur, elle n’eut pas le cœur à vous attendre

N’entendant point votre refus à cet amour si tendre.

Elle crut alors que vous l’abandonniez

Et c’est dans un geste désespéré,

Que par la fenêtre elle décida de se jeter.

Horace

Ah !

 

A ces mots, Horace, terrassé de douleur s’écroule sur le sol.

 

Enrique

Ô ciel, ai-je fais tout ce chemin jusqu’à ma fille

Pour qu’on me l’enlève dans un souffle de folie ?

On me punit de l’avoir abandonnée !

Sans doute ma présence l’aurait-elle consolée,

Mais cette pauvre enfant s’est sentie délaissée.

Obéissant aveuglément aux absurdes lois la guerre

Nous l’avons oubliée, et la bêtise des hommes nous l’a [dérobée.

Arnolphe s’en va courbant le dos ne sachant que dire ou que faire.

Les lumières s’éteignent progressivement.

 

 

 

Camille P., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2008.

 

 

 

 

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Devoir de Morgane M. :

 

Français : Écriture d’invention théâtrale :

 

Scène 9

Agnès, Arnolphe, Horace

Agnès est près d’Horace et pleure car elle se sent impuissante

 

Horace :

Comment est-il concevable que cet infâme individu triomphe ?

 

Arnolphe :

Venez, belle, venez, laissons votre Galant s’apprêter à son mariage auquel j’ai hâte d’assister !

 

Agnès :se détachant de Horace, tirée par la main par Arnolphe, sur un ton plaintif

Me laissez-vous, Horace, emmener de la sorte ?

 

Horace : à Arnolphe sur un ton agressif

Ma haine envers vous est si grande que je ne peux la contenir, et c’est dans un élan d’amour douloureux que je me vois contraint de mettre fin à ce supplice.

À Agnès

Sachez Agnès que l’amour que je vous porte est si intense que je ne peux supporter de vous voir dans les bras de cette créature perverse quitte à risquer vous perdre à jamais. Et pour vous libérer de son emprise, je me vois dans l’obligation de mettre fin à ces jours sans quoi il continuera à vous opprimer.

 

Arnolphe :

Qu’entends-je ?

 

Horace : à Agnès faisant abstraction des paroles d’Arnolphe

Ce bougre d’Arnolphe est bien le seul qui m’empêche de vous voir heureuse et seul sa mort pourra vous sauver.

 

Agnès : inquiète

Votre visage se transforme, je ne vous reconnais plus ! Horace m’entendez-vous ? Auriez-vous besoin de prendre l’air ?

 

Horace :

Sortons, Arnolphe, et qu’on en finisse.

 

Horace tire Arnolphe par col hors de la scène, Agnès reste seule.

 

 

Scène 10

Agnès, Enrique

 

Agnès :

Quel bon vent vous amène ?

 

Enrique :

Je voulais vous faire part d’une découverte, ma foi très réjouissante.

 

Agnès :

Une bonne nouvelle ?

 

Enrique :

Précisément, j’ai autrefois épousé une aimable Angélique et d’un hymen secret naquit une fille que je fus contraint de confier à une paysanne. Par la suite, les cieux m’accablèrent et je me trouvais dans l’obligation de quitter ma terre natale et par là même le seul souvenir qu’il me restait de cette union. A mon retour en France j’ai cherché celle à qui j’avais confié ma fille. C’est avec franchise que la paysanne m’indiqua qu’à quatre ans elle l’avait remise aux bons soins de M. de le Souche par un accablement d’extrême pauvreté.

 

Agnès : troublée

Mais alors je … ?

 

Enrique : lui prenant les mains

Je n’en ai point douté sitôt que je vous ai vue et mon âme depuis n’a cesser d’être émue. Ah ! Ma fille, je cède à des transports si doux

 

Agnès :

Père ! Oh ! Comme cette nouvelle me réjouit !

 

Enrique :

Je m’en doute et sachez que cette nouvelle est d’autant plus belle puisqu’elle signifie que en plus d’avoir retrouvé votre père, vous êtes promise à Horace depuis la naissance. Ainsi les amoureux seront satisfais.

 

Agnès :

Je ne peux attendre une seconde de plus, je dois informer Horace, mon bien-aimé !

 

 

Scène 11

Alain, Agnès, Chrysalde, Enrique, Georgette, Horace, Oronte

 

Agnès : courrant rejoindre Horace

Horace, je suis heureuse de vous annoncer que je suis votre promise !

 

Horace : agréablement surprit

Que dites-vous là ?

 

Agnès :

Je suis en vérité la fille de ce cher Enrique qui avait été contraint de me confier à une paysanne. La paysanne en question a affirmé que c’est dans les mains de M. de la Souche qu’elle m’a remise à quatre ans. Enrique, mon cher père, à promis il y a bien longtemps à un vieil ami qu’il donnerait la main de sa fille au fils d’Oronte. Vous avez ma main Horace ! N’est-ce pas merveilleux ?

 

Horace :

Ma joie est si grande que je ne sais comment l’exprimer !

 

Chrysalde :

Cette nouvelle nous ravit. Et l’homme qui vous a éduqué, bien que ces manières ne soient respectables, doit en être informé.

 

Enrique :

Allons payer à notre ami ces soins officieux et rendons grâce au ciel qui a tout fait pour le mieux.

 

Alain :

J’ai bien peur que ce ne soit pas possible.

 

Enrique :

Que savez-vous que nous ne savons pas ?

 

Alain :

En arrivant, j’ai croisé Horace qui tenait Arnolphe d’une main et un poignard de l’autre et d’un coup violent et sec, a terracé le vieil homme. Celui-ci c’est étendu au sol, tandis qu’Horace reprenait son souffle. Il a réduit en poussière le vieillard avec style, comme si ce n’était pas la première fois et son visage est resté froid, n’exprimant aucun dégoût, aucune hésitation. Puis il est allé se rincer les mains et est arrivé ici comme si de rien était.

 

Oronte :

Ce sont des sornettes ! Mon fils n’est pas un assassin ! Mais enfin Horace ne le laissez pas dire de sottises.

 

Horace :

Ce ne sont pas des sottises.

 

Oronte :

Quoi ?

 

Horace :

J’ai éliminé l’homme qui causait tant de soucis à celle que j’aime.

 

Enrique : à Horace

Vous êtes un meurtrier ! C’est une honte !

Aux autres

Il faut le dénoncer, cet homme a tué un individu ! Il doit être arrêté, cet homme est dangereux !

 

Ils l’encerclent et le saisissent.

 

Agnès : désespéré

Pourquoi le sort me déclare-t-il la guerre alors que tout aurait pu aller pour le mieux ? L’homme que j’aime est un criminel, un homme que je croyais juste et bon. Alors que le ciel se dégageait la foudre m’a frappé et je réalise que je ne peux épouser un tueur. Ma vie n’a plus de sens ! Sans mon bien-aimé je ne suis plus, si notre union est impossible, il n’y a plus qu’une issue. Adieu, je tombe car je n’ai plus la force de vivre.

 

Elle tombe au sol.

 

Fin

 


 

 

Morgane M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mai 2008.


Date de création : 25/11/2007 @ 12:57
Dernière modification : 21/02/2009 @ 12:58
Catégorie : Copies d'élèves (2007/2008)
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