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Copies d'élèves (2007/2008) - Parcours 1ère FLS

Parcours n°1 :  Mirella L. (Italie)

 

 

L’UTOPIE :

 

l’Eldorado dans Candide, de Voltaire ;

L’île des esclaves de Marivaux

 

 

 INTRODUCTION GENERALE :

 

 

Si nous devions définir l’utopie, que dirions-nous ? Tout d’abord, l’utopie (du grec : (o)u : non et topos : lieu, donc lieu de nulle part) est la représentation idéale sans imperfections où une communauté d’individus vivent heureux et en parfaite harmonie. Au niveau purement littéraire, l’utopie est un récit qui présente une société idéale, imaginaire, et qui cherche à porter et ouvrir une critique sur une société réelle. De plus, il est important de préciser et d’ajouter un petit brin de culture en disant que l’utopie est apparue pour la première fois du néologisme grec Utopia dans l’œuvre éponyme de Thomas Mores en 1516. Cet écrivain nous décrit une île merveilleuse qu'il nomme précisément Utopie ; un lieu fictif où s'épanouit une société idyllique qui ignore l'impôt, la misère, le vol. En décrivant l’île comme un modèle idéal, l’utopiste tente ainsi de surmonter les imperfections du monde réel. L’utopie est en effet la seule façon d’assumer l’absurdité de l’existence. Cependant, au fur et à mesure des années, la guerre, liée à la violence et à la brutalité des hommes, a causé de nombreux dégâts, et provoqué la peur et la terreur. Aujourd’hui, les hommes essaient parfois de canaliser cette violence dans livres et films grâce à l’utopie. Justement, à ce propos, intéressons nous à deux œuvres à proprement parler utopiques du XVIIIème siècle : L’île des esclaves de Marivaux, et le chapitre XVIII de l’Eldorado dans Candide de Voltaire.

 

 

 

ELDORADO, CANDIDE, de Voltaire (XVIIIème siècle)

 

Le XVIIIème siècle, le siècle des Lumières, englobe l’époque de Louis XV (roi de 1715 à 1774), juqu' aux années révolutionnaires. Ce siècle est marqué par l’affaiblissement de la monarchie et la montée de la bourgeoisie, la Révolution, et l’installation de la République. Ce siècle est l’âge d’or de l’Utopie, probablement parce que c’est le siècle où l’on recherche le bonheur et où l’on canalise les violences qui règnent à l’époque.

En littérature, les écrivains, pour la plupart des philosophes, développent l’esprit critique. Ils luttent pour la liberté, la tolérance, la justice et la raison et dénoncent l’esclavage (cf. L’esclavage des nègres de Montesquieu), le racisme, le fanatisme religieux (cf. lettre XIV des Lettres Persanes  : ces écrivains rêvent donc d’un monde idéal sans violences, sans guerres et sans imperfections. Parmi les plus grands auteurs de la littérature française, Voltaire, grand philosophe des Lumières, écrira en 1759 un conte philosophique : Candide. Au cœur de ce récit, Voltaire rêve d’un monde meilleur et nous transporte dans une utopie merveilleuse, extraordinaire au cœur d’un apologue… L’auteur propose une réflexion sérieuse sous une forme agréable. Il frappe l'imagination par le recours du mélange de l’exotisme et du merveilleux.

 

Tout d’abord, ce conte philosophique raconte l’histoire d’un jeune naïf, Candide, qui rêve d’un monde parfait. Il mène une existence heureuse et idéale en Vestphalie dans le plus beau des châteaux : celui du baron et de la baronne de Thunder-ten-Tronckh. Il tombe amoureux de Cunégonde, la fille du baron. Et un jour, le baron les découvrent tous les deux en train de s’embrasser (c’est l’élément perturbateur du récit). A partir de ce moment, tout bascule : Candide est chassé du château. Il se retrouve face à la réalité, dans « le vaste monde » ancré dans une violence et une brutalité inouïes, celles de la guerre, et de la "boucherie héroïque". Il entame des aventures calamiteuses pour tenter de retrouver sa bien-aimée Cunégonde. Il assiste à la mort de son rêve, celui d’un monde idéal et sans imperfections. Néanmoins, dès le chapitre XVII, Candide, accompagné de son valet Cacambo, se retrouve dans le pays où tout va bien, appelé l’Eldorado.

 

Tout d’abord, l’Eldorado c’est un mot espagnol signifiant « le doré » ; c’est une contrée mythique, un pays imaginaire, fabuleux, pleins d’or, située en Amérique du Sud et dont rêvaient les conquistadores espagnols du XVIème siècle. La visite de l’Eldorado introduit une pause dans le récit jusque là rapide et trépidant, et permet à Candide de goûter à nouveau à la vie d’un monde meilleur sur terre. Candide est surpris par cet endroit, défini comme un royaume idéal, un lieu sans failles, et un pays où tout va bien, à proprement dit utopique. A deux reprises, Candide nous fait part de son émerveillement lorsqu’il affirme : « ceci est bien différent de la Vestphalie et du château de monsieur le baron : si notre ami Pangloss avait vu l’Eldorado, il n’aurait plus dit que le château de Thunder-ten tronckh était ce qu’il y avait de mieux sur la terre ; il est certain qu’il faut voyager ». De plus, lorsque Candide se trouve dans le château de l’Eldorado, il exprime une fois de plus son étonnement à son ami Cacambo : « Il est vrai, mon ami, encore une fois, que le château où je suis né ne vaut pas le pays où nous sommes ». Donc, oui , on peut affirmer que Candide est émerveillé par la beauté spectaculaire de cet endroit. Ici, on a l’impression que le rêve de Candide grandit : en effet, il se trouve dans un monde de merveille et d’harmonie, plus précisément au cœur d’un lieu parfait, extraordinaire, jamais connu auparavant, où les sociétés, les hommes, vivent en harmonie, autrement dit, un pays où tout va bien.

De plus, c’est un pays où les gens font preuve d’une extrême gentillesse : il sont très accueillants. Voltaire insiste sur la politesse des habitants, et leur extrême honnêteté :

* au début du chapitre XVIII , nous avons : « le vieillard reçut les deux étrangers sur un sofa matelassé de plumes de colibri, et leur fit présenter des liqueurs dans des vases de diamants ».

* Puis, plus loin dans le chapitre, nous pouvons citer une autre phrase qui illustre bien cette bonté et cette générosité des gens : « le bon vieillard fit atteler un carrosse à six moutons, et donna douze de ses domestiques aux deux voyageurs pour les conduire à la cour. (On remarque l’adjectif épithète, le « bon » qui précède le nom commun «vieillard» et qui renforce cette notion de bonté).

* Ainsi, non seulement les habitants font preuve de gentillesse , mais le roi aussi se comporte avec une extrême politesse et ne se montre point supérieur au peuple:  « […]Sa Majesté, qui les reçut avec toute la grâce imaginable, et qui les pria poliment à souper ». Voltaire veut nous montrer que l’Eldorado est un pays rare, c’est une perle rare. Dans les sociétés du XVIIIème siècle, les philosophes luttent contre le pouvoir majestueux de la royauté et l’arrogance du roi face au peuple. Or ici, le roi se comporte avec une extrême délicatesse, sans se montrer  arrogant. On remarque la politesse du roi, et du palais royal à l’égard des deux pauvres voyageurs : « le roi embrassa tendrement les deux vagabonds » Ce savoir-vivre des gens, leur bonté, provoque notamment l’incrédulité de Candide mais aussi des lecteurs.

Enfin, en lisant tout le chapitre, nous avons pu constater que le pays de l’Eldorado est très riche et luxueux. En effet, Candide et son valet admirent la fabuleuse beauté de cette terre et contemplent l’élégance, la richesse du lieu, dans un climat de fraîcheur et de propreté. En décrivant l'aspect merveilleux de ce pays, l’auteur annonce bien sûr l'utopie. Nous pouvons citer à ce propos plusieurs passages descriptifs dans lesquels l’auteur nous décrit le luxe, la richesse de cet endroit, un monde de plaisir et de bonheur, autrement dit, l’auteur nous offre toutes les caractéristiques de l’utopie :

« le portail était de deux cent vingt pieds de haut, et de cent de large […] », « les édifices publics élevés, les marchés ornés de mille colonnes, les fontaines d’eau pure, les fontaine d’eau rose, celles de liqueurs de canne de sucre qui coulaient continuellement dans de grandes places pavées d’une espèce de pierreries qui répandaient une odeur semblable à celle du gérofle et de la cannelle ».

« [...] la porte n’était que d’argent, et les lambris des appartements n’étaient que d’or, mais travaillés avec tant de goût » ; « l’antichambre n’était que de rubis et d’émeraudes ».

Toutes les caractéristiques d’un univers utopique sont présents au cours de ce passage tels que le luxe, la richesse et donc la beauté et la merveille de ce pays.

 

Cependant, grâce à la stratégie argumentative et narrative et aux procédés stylistiques littéraires, Voltaire insiste sur la description d’un lieu trop parfait et trop spectaculaire. Par les biais de la narration et de l’utopie, Voltaire cache une dénonciation : en effet en présentant cet univers parfaitement harmonieux, tolérant, libre, dans lequel tout va bien, l’auteur critique de façon indirecte (afin d’éviter la censure) les imperfections, les injustices de la société française du XVIIIème. En outre, l’Eldorado ne peut pas exister : c’est un lieu émanant de l’utopie, autrement dit un lieu imaginaire et caricatural. Ce passage est alors aussi un moyen de faire rêver le lecteur et d’essayer de canaliser les violences , la tyrannie, dans la société française du XVIIIème.

 

En conclusion, jusqu’au chapitre XVI, Candide se retrouve dans le monde réel, violent et brutal. Voltaire dénonce ce vaste monde, imparfait, ancré dans la violence, la brutalité, l’impolitesse, la tyrannie, l’hypocrisie et la cruauté. Cependant, au chapitre XVII, Candide « atterrit » avec son valet Cacambo dans un monde paradisiaque, dans un pays merveilleux : celui de l’Eldorado. C’est un pays imaginaire, parfait, merveilleux, empli de richesses, où les gens sont honnêtes, accueillants, généreux, autrement dit un univers parfaitement idyllique et utopique ; un pays où tout va bien, un pays où les repas sont délicieux, les mœurs pacifiques, la population heureuse, la religion tolérante et le souverain humaniste.  Ainsi, Candide goûte à nouveau à la vie et se retrouve donc ancré au cœur de son rêve : celui d’un monde meilleur sur terre. Dans tout le chapitre, un lecteur éclairé a pu remarquer que l’auteur exagère dans la description en utilisant des hyperboles, des exagérations et qu'il force les traits de l’utopie. Voltaire veut faire rêver le lecteur. D’une part, l’auteur se moque de ce monde trop idéal et trop parfait mais imaginaire qui ne peut donc pas exister : il le caricature. Et d’autre part, cette caricature, cet univers merveilleux, harmonieux, et l’utopie, permettent à l’auteur de dénoncer la société de son temps.

Comme Thomas More, nous pouvons citer d’autres penseurs tels que Rabelais, Bacon, Campanella, Fénelon, qui rêvent d’un monde meilleur. Nous pouvons rapprocher le passage de l’Eldorado dans Candide de Voltaire avec la lettre XII des Lettres Persanes de Montesquieu car l’auteur dénonce aussi l’utopie d’un monde idéal qui n’existe pas, mais qui permet, en tout cas, d’assumer l’absurdité de l’existence.

Enfin , il est important de souligner et de conclure sur le fait que Candide a une dimension pré-révolutionnaire d’autant que l’œuvre a été écrite avant la Révolution. Nous pouvons donc rapprocher ce texte de L’esclavage des nègres de Montesquieu , du paysan parvenu ou encore de L’ île des esclaves, de Marivaux.

 

 

 

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Parcours n°1 (suite) : Serena B.(Italie)

 

 

 

L’ île des esclaves est une comédie en prose et qui se deroule dans un seul acte, écrit par Maurivaux et répresentée pour la première fois en 1725.

Cette pièce s’inscrit dans la perspective du XVIII°  siècle.

Le XVIIIe siècle est caracterisé par la présence d’importantes transformations philosophiques en Europe, qui allaient conduire à l'avènement de la démocratie, en Angleterre, aux États-Unis avec la Révolution, et en France avec la Révolution. Ce siècle fut appelé aussi Siècle des Lumières du fait de la présence du mouvement intellectuel, culturel, philosophique et scientifique qui a dominé le siècle et qui est connu sous l'appellation des Lumières. On parle aussi des Lumières pour désigner les penseurs, écrivains, et philosophes répresentants de ce mouvement de pensée. Les Lumières sont fondées sur l’idée que l’homme peut améliorer sa condition par le progrès et l’usage de la raison. française américaine

Un des plus grand représentant de la littérature française du XVIIIe siècle est Marivaux.

Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux naquit en 1688 à Paris, où il a veçu les dix premières années de sa vie. L’écrivain mourut à soixante-quinze ans, dans la même ville, Paris. Marivaux nous est presenté comme un moraliste, mais il fut célèbre à son époque aussi bien comme romancier et journaliste que comme auteur de théâtre. En effet, son oeuvre reflète une vaste culture littéraire.

L’importance que Marivaux attache à l’expérience et au sentiment fait de lui un précurseur des Lumières.

Il met en scène sa recherche de la vérité et de ses réalités psychologiques, qui le conduirent à l’usage d’une forme, d’un langage qui soient « vrais », qui correspondent à la réalité de l’expression.

Marivaux n’est pas seulment un auteur novateur et original en matière de style. Il a créé une forme d’analyse psychologique et morale.

Ces recherches continues aboutirent au choix définitif sur ce qu’il devrait écrire et sur l’écriture qui allait être la sienne : critique sociale et réalisme satirique, peinture de l’âme féminine et de l’amour, création de moyens d’expression plus personnels, mieux adaptés à sa liberté d’invention, enfin, création d’un théâtre poétique et psychologique.

L'une de ses oeuvres théâtrales les plus connues est L'île des esclaves.

On va voir ce qui se passe dans cette Ile des esclaves, comment Marivaux a voulu faire se dérouler cette histoire entre maîtres et valets.

Iphicrate et son valet Arlequin font naufrage. Ils débarquent dans une île fondée une centaine d'années auparavant par des esclaves révoltés. Dans cette île, les maîtres deviennent des valets et les valets des maîtres. Cette île est l'« île des esclaves ».

Ainsi, Iphicrate et son esclave Arlequin, Euphrosine et sa soubrette Cléanthis, échangent leur condition, leurs vêtements et aussi leurs noms.

Dès leur arrivée, chacun se voit contraint d'en observer la loi, dont Trivelin, ancien esclave et gouverneur de l'île, est le garant. Entre autres humiliations que les anciens maîtres ont à subir, ils doivent s'entendre dire leurs vérités par leurs serviteurs.

Vers la fin de la pièce, Arlequin pardonne finalement son maître et reprend son habit de valet ; Cléanthis imite son exemple. Pleins de gratitude et de remords, Iphicrate et Euphrosine les embrassent avec émotion. C'est cette réconciliation que souhaitait Trivelin, qui tire la morale de la comédie en disant aux serviteurs : « Nous aurions puni vos vengeances comme nous avons puni leurs duretés », et aux maîtres : « Vous avez été leurs maîtres, et vous avez mal agi ; ils sont devenus les vôtres et ils vous pardonnent ; faîtes vos réflexions là-dessus. La différence des conditions n'est qu'une épreuve que les dieux font sur nous »

 

Le titre de la pièce est évocateur : une île, un lieu clos, à l'écart de la société policée, où tout projet nouveau est possible, au moins par l'imagination.

En effet, l’ île des esclaves a été considerée une île utopique... mais pourquoi?

En prenant en considération la scène II où Trivelin, qui dirige l’ île, survient et désarme Iphicatre et le condamne à prendre le nom et la place de son esclave Arlequin, lequel à son tour devrait jouer le rôle de son maître, on voit que l’ île est bien utopique car elle impose l’échange entre maîtres et valets, ce qui est totalement impossible à Athènes.

L’ atmosphère est volontairement comique, car elle rapproche le lecteur ou le spectateur de l'univers de la fantaisie.

On peut rapprocher cette scène d’une autre pièce de Marivaux, La Colonie, qui ne concerne pas l’inversion des rapports entre maîtres et valets, mais ceux des hommes et femmes.

C’est  du fait cette inversion des rôles sociaux qu’on ne se réduit pas à considerer la pièce de Marivaux comme une simple utopie, mais on va la definir comme une utopie sociale, car elle permet de bouleverser les rapports sociaux en vigueur à cette époque.

En effet, on pourrait dire que ici nous avons deux utopies : l’ île et la façon d’imaginer Athènes.

Mais cette utopie ne va pas continuer tout au long de la pièce. Cette pièce est constituée de trois étapes : l’arrivée sur l’ île qui correspond à « l’entrée dans l’utopie », l’inversion des rôles, le retour aux anciens rôles des maîtres et des valets, qui correspond à « la sortie de l’utopie ». Donc, l’ île des esclaves est bien utopique car elle permet l’inversion des rôles entre maîtres et valets. Mais cette utopie imposée aux maîtres n’est pas complète, parce qu’ils peuvent en ressortir.

Donc l’ île et son utopie doivent être perçues comme des lieux de transition qui vont offrir une influence bénéfique à ces rapports.

Lors de leur retour à Athènes, les couples maîtres/valets vont sûrement sortir de cette utopie, de ce rêve (pour les valets), de ce cauchemar (pour les maîtres), de cette situation totalement irréaliste, impensable.

L’utopie, en effet, fait partie de la fiction, c’est irréalisable, et donc l’ île que Marivaux nous décrit, représente exactement l’idée que l’on se fait d’un monde utopique.

 

 

 

 

CONCLUSION GENERALE:

 

On a vu que l’utopie est une représentation d'une réalité idéale et sans défaut. Dans les écrits, on la retrouve sous la forme d’un régime politique idéal, d’une société parfaite, ou encore d’une communauté d'individus vivant heureux et en harmonie.

Devant la menace de la censure politique ou religieuse, les auteurs situent l'action dans un monde imaginaire, cela peut être une île inconnue, comme dans la pièce de Marivaux L'Île des esclaves, de 1725, ou des montagnes inaccessibles, comme dans le cas de Voltaire, comme nous montre le chapitre sur l’Eldorado dans Candide.

Le cadre initial de l'utopie est souvent au départ une insatisfaction. Cela explique probablement pourquoi elle se situe en général dans un lieu écarté du reste du monde, invisible, inconnu, inaccessible.

On voit alors que l'utopie peut servir à critiquer la société sur un plan moral, religieux, économique, social. En effet, tout au long des années, elle a changé de but.

Au XVIIIème siècle, les philosophes des Lumières, comme Marivaux et Voltaire, nous expliquent dans leurs oeuvres, qu'ils rêvent d'une société juste, fondée sur l’égalité, bien ordonnée, et en harmonie avec les gens et la nature.

Marivaux dans son texte dénonce la cruauté des maîtres envers leurs valets. L’écrivain montre bien qu'il existe des oppressions qui doivent être soignées, même si cela doit prendre du temps.

L'égalité ne s'acquiert pas si rapidement, surtout quand le peuple est peu instruit et contrôlé psychologiquement par les autorités ecclésiastiques et politiques.

Voltaire a également critiqué l’intolérance religieuse, la guerre, l’injustice dans ses contes philosophiques, comme Candide.

 

 

 

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Date de création : 21/03/2008 @ 09:32
Dernière modification : 07/01/2009 @ 12:21
Catégorie : Copies d'élèves (2007/2008)
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