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Préparations 2008/2009 - 2nde 7

Dans le cadre de l'objet d'étude consacré au genre narratif, un groupement de textes portant sur les débuts de roman était proposé à la classe. Il comprenait les incipits de La cousine Bette (Balzac), de Madame Bovary (Flaubert), et de Germinal (Zola).



Préparation de Claire D. :


Séquence n°1, groupement de textes n°1 :

Les débuts de roman

 

Préparation écrite n°1 sur l’incipit de Madame Bovary, de Flaubert.

 

  • Que remarquent les adolescents quand ils aperçoivent le nouveau ?
  • Que peut-on supposer dès son arrivée du caractère de Charles Bovary ?

 

 

Dans l’incipit de Madame Bovary, Flaubert choisit de décrire avec une grande précision Charles Bovary selon le point de vue de ses camarades de classe. Ce personnage est introduit dès la deuxième ligne, il est alors au centre de l’attention du lecteur et se voit conférer un rôle important.

 

 

 

Sa tenue vestimentaire est directement remarquée par les adolescents, comme en témoigne l’expression « habillé en bourgeois » (l.2). Cette vue d’ensemble est par la suite très détaillée avec une description plus approfondie à partir du quatrième paragraphe, et qui se fait de haut en bas, prouvant alors que c’est bien un élève qui décrit la scène comme il la voit : viennent d’abord ses « cheveux coupés droit sur le front » (l.14), puis ses « épaules » (l.15), « son habit-veste de drap vert à boutons noirs » (l.16), ses « poignets rouges » (l.18,19), « ses jambes en bas bleus » (l.19), son « pantalon jaunâtre » (l.20) et enfin ses « souliers forts, mal cirés, garnis de clous » (l.21). Cette description ordonnée ne donne aucune indication quant au visage du personnage mais permet au lecteur de se représenter de manière précise sa tenue vestimentaire.

 

 

 

D’un autre côté, Flaubert choisit de ne révéler le caractère de Charles Bovary qu’au travers de son attitude et de laisser au lecteur le soin de dresser un portrait psychologique du personnage. Les premiers indices données par l’auteur sont que le nouveau soit « resté dans l’angle, derrière la porte, si bien qu’on l’apercevait à peine » (l.11-12) ainsi qu’il n’ait pas osé se soumettre à la manœuvre consistant à « lancer les casquettes sous le banc [… ] en faisant beaucoup de poussière » (l.29-31) : on peut donc en déduire que le personnage est timide et assez peu sûr de lui-même. De plus, il semble maladroit, comme en témoigne le fait qu’il fasse tomber sa casquette. On peut aussi supposer que c’est un personnage bien élevé et respectueux d’après l’extrait suivant : « On commença le récitation des leçons. Il les écouta, de toutes ses oreilles, attentif comme au sermon, n’osant même pas croiser les cuisses, ni s’appuyer sur le coude. » (l.22-24)

 

 

 

Grâce aux indication données par Flaubert dans l’incipit, le lecteur peut donc dresser un portrait tantôt physique, tantôt psychologique, du personnage. Il est alors prêt à pénétrer dans le roman avec un minimum d’informations.

 

Claire D., 2nde section internationale,  lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2008.


flaubert.jpg




Préparation de Julie T. :



         Dans cet extrait de Madame Bovary, le narrateur insiste sur le fait que les adolescents se focalisent d’abord sur l’aspect extérieur du « nouveau ». On remarque également que par le biais de la description, l’auteur veut nous transmettre tous les petits détails que les collégiens observent chez le jeune Charles Bovary. On assiste ainsi à un contraste mettant en évidence de jeunes garçons « issus de la bonne société » ; qui ont du « genre » (l.31) (ou néanmoins pensent avoir du genre) et,  en parallèle, un « gars de la campagne » (l.12), lequel malgré une tenue de bourgeois ne leur ressemble pas.

 

          Ainsi, grâce aux  multiples indices de couleur : « drap vert » (l.17),  « boutons noirs » (l.17), « bande rouge » (l.41) ; de taille : « plus haut de taille qu’aucun de nous tous » (l.41) et d’adjectifs relatifs à la gêne : «fort embarrassé » (l.16), « gêner » (l.17), « n’osant pas»(l.23) ; nous permettent de voir comment les élèves s’appliquent à découvrir le maximum de différences entre eux et ce « nouveau » auquel ils ne s’identifient pas.

 

      La construction du portrait, elle, nous donne d’abord un aperçu de la haute taille de Charles Bovary, qualité physique à laquelle s’oppose l’embarras de ce dernier (en effet, par association d’idées, une personne grande est souvent considérée comme un « brute »).

     Après avoir mentionné ces derniers points, nous avons une ébauche du portrait physique : « les cheveux coupés droit sur son front comme un chantre de village » (l.15), axé notamment sur la tenue vestimentaire du nouveau venu (« son habit de drap vert […] très tiré par les bretelles) (l.16-20) On notera que la description des souliers qui sont « forts, mal cirés, garnis de clous », participe a donner au personnage un aspect dépareillé où la médiocrité ressort nettement.

  

     Entre les lignes 22 et 26 nous voyons le jeune Bovary en classe et nous pouvons facilement en déduire qu’il est quelqu’un de raisonnable et attentif, contrairement à ses camarades qui ne suivent pas le cours (« ceux qui dormaient se réveillèrent », l.3).

 

    Enfin, pour clore cet incipit, le lecteur peut lire une description minutieuse de la casquette du nouveau, laquelle description vient confirmer qu’il est bien un garçon de la campagne passant tout à coup à un statut différent de celui qui a toujours été le sien.

 

Question : Que peut-on supposer dès son arrivée du caractère de Charles Bovary

 

   Dès son arrivée, Charles Bovary apparaît aussitôt comme un garçon « différent des autres ». Calme, timide et réservé, il ne cherche pas à se distinguer dans la classe, ni à se conduire comme un mouton de Panurge (par exemple, il ne lance pas sa casquette sous le banc sous prétexte que tout le monde le fait).

   D’après son portrait, on peut supposer qu’il n’est pas habitué à être vêtu de cette manière « son habit de drap vert » […]devait le gêner aux entournures » (l.16-18) ; « des poignets rouges habitués à être nus » (l.18-19). Cela peut nous laisser aller à penser que, même après un changement de statut, le jeune Bovary reste le même et semble mal à l’aise dans un environnement qu’il ne connaît pas.

 

En conclusion, l’incipit permet au lecteur d’avoir le minimum d’informations nécessaires pour dresser un portrait physique et psychologique de Charles Bovary et lui donner envie de poursuivre sa lecture.

 

Julie T., 2nde section internationale,  lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2008.


 



 
Préparation écrite n°2 sur l'incipit de Germinal de ZOLA.




Séquence n°1, Groupement de textes n°1 : Les débuts de roman

 

Préparation écrite sur l’incipit de Germinal, d’Emile Zola

 

  • En quoi peut-on dire qu’il y a un écho entre la situation du personnage et le paysage ?

 

Dans la deuxième moitié du XIXème siècle, le naturalisme s’emploie à décrire la misère humaine. On trouve alors beaucoup d’ouvrages sur les ouvriers, comme c’est le cas de Germinal d’Emile Zola.

 

Dans cet incipit, le champ lexical du froid est clairement mis en valeur avec des expressions telles que « rafales glacées » (l.89), « grelottant » (l.15), « mains gourdes » (l.21), « le froid vif » (l.24). On peut donc supposer que la scène se déroule en automne ou en hiver, saison durant laquelle les arbres ont perdu leur manteau de feuilles : parallèlement, l’ouvrier a perdu son travail.

 

L’espoir est souvent représenté et associé à la lumière. Or le champ lexical de l’obscurité est très développé : « nuit sans étoile » (l.1) (donc nuit sans espoir), « épaisseur d’encre » (l.2), « obscurité » (l.2), « sol noir » (l.6), « ombre » (l.10), « ténèbres » (l.13), « ciel mort » (l.39). L’ouvrier est donc envahi par le désespoir, comme l’obscurité qui semble avoir pris possession de tout ce qui l’entoure.

 

Cependant, l’apparition des « feux rouges » (l.27) redonne une lueur d’espoir à l’homme. S’ensuit alors une série de faux espoirs que le narrateur traduit par l’alternance de sentiments opposés. Tout d’abord, les « feux rouges » (l.27) donnent une impression d’espoir, de joie et de chaleur. Mais l’expression « les feux […] brillaient si haut dans le ciel mort pareil à des lunes fumeuses » (l.37-40) détruit la sensation d’espoir avec une comparaison, « les feux pareils à des lunes fumeuses », qui diminue la puissance de la lumière pour laisser place à des « rares lueurs » (l.44) et à « six lanternes tristes » (l.46). Les adjectifs qualificatifs « rares » et « tristes » on un effet radical sur la luminosité : ils l’amoindrissent et la rendent moins attrayante, voire lugubre. L’intensité lumineuse joue donc un rôle primordial et traduit très bien le changement d’esprit de l’ouvrier.

 

Puis le narrateur passe de l’infiniment faible (« rares lueurs », « lanternes tristes ») à l’infiniment grand, comme en témoignent les « tréteaux gigantesques » (l.47) et l'« apparition fantastique » (l.48). Tout semblerait alors idyllique pour l’ouvrier et le lecteur si cette « apparition fantastique » n’était pas « noyée de nuit et de fumée » (l.48-49). Là encore, c’est une désillusion : la nuit et les ténèbres s’emploient à détruire le peu d’espoir qu’il reste au personnage.

 

De plus, l’emploi des termes « masse lourde » (l.42), « tas écrasés » (l.42) et « épaisseur d’encre » (l.2) dégagent une atmosphère qui se veut pesante, comme pour illustrer la vie et la malchance qui pèsent sur l’ouvrier.

 

Le narrateur fait donc alterner l’espoir et le désespoir et s’emploie à créer une impression de démesure lorsqu’il s’agit de décrire les émotions du personnage. Il traduit donc la situation de ce dernier par le biais de champs lexicaux mais aussi d’images telles que la lumière associée à l’espoir et inversement avec l’obscurité et le désespoir. Il crée donc une ambiance très sobre dès le début du roman, imaginant alors un écho entre la situation du personnage et le paysage.


 

Claire D., 2nde section internationale,  lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2008.








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Préparation de Louise F. :



Dans l’incipit de Germinal, le personnage central est décrit comme étant dans une situation extrêmement inconfortable. En effet, l’homme marchait depuis des heures, « il ne voyait même pas le sol noir » (l.6), « il n’avait la sensation de l’immense horizon » (l.7), il ne possédait pas de vêtements assez chauds pour le protéger de la fraîcheur de la nuit, « un petit paquet […] le gênait beaucoup » (l.17) et le terrible vent d’est faisait saigner ses « mains gourdes » (l.21). De plus, le narrateur nous apprend que c’est un « ouvrier sans travail et sans gîte » (l.25).

 

 

 

            Le paysage est un écho avec la situation du personnage car il est décrit comme extrêmement peu accueillant. Le narrateur utilise le champ lexical de la noirceur : « la nuit sans étoiles » (l.1), « obscurité » (l.2) « encre » (l.2), « le sol noir » (l.6), « ombre »(l.10), « l’embrun aveuglant des ténèbres »(l.12), « le ciel mort » (l.39) et dépeint ainsi un paysage funeste, triste et mort. La seconde couleur citée dans cet incipit est le rouge, la couleur des « brasier » (l.27) comme une réponse au sang sur les mains de l’ouvrier.

 

             

 

            Une description très minutieuse du paysage, du personnage et des éléments de l’espace et du temps met ces quatre éléments en relation. Les dimensions extrêmes du paysage sont représentées dans l’horizontalité « l’immense horizon » (l.7), dans la profondeur « dix kilomètres de pavé » (l.4) et dans la verticalité « si haut dans le ciel mort » (l.39). Ces images rappellent les proportions déjà abordées dans la description du personnage (« un pas allongé » (l.15), « coton aminci » (l.16), « un petit paquet » (l.17)). Les références au temps sont aussi très présentes : « vers deux heures » (l.14), « depuis une heure » (l.25). Cette abondance de détails dévoile le naturalisme d’Emile Zola.

 

 

 

            Les personnifications telles que « une seule voix montait, la respiration grosse et longue » (l.49) pour l’échappement de vapeur et « la silhouette » (l.43) pour la cheminée, sont utilisées par le narrateur afin de donner l’illusion de présences humaines comme un rappel du seul personnage réellement présent.

 

 

 

            Les descriptions détaillés du paysage et de l’ouvrier ainsi que l’impression d’irréel créée par le jeu de couleurs et de figures de style s’accordent pour donner à l’incipit de Germinal une atmosphère étrange, effrayante et peu accueillante.




Louise F., 2nde section internationale,  lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2008.






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Préparation de Lauriane S. :



Dans le premier paragraphe de Germinal, on apprend du personnage principal que c’est un homme qui marche seul en pleine nuit « sur la plaine rase, sous la nuit sans étoile » (l. 1). Si l’on met en rapport le personnage et  le paysage, il apparaît que cet homme évolue dans un décor, dans une vie monotone et dépourvue d’événements spéciaux, d’espoir, représentés par l’absence de la lueur des étoiles, l’homme est plongé dans l’obscurité. « L’immense horizon plat » et « les terres nues » (l 7 et 10) montrent l’étendue désertique de son avenir, pareil à un roman dépourvu de rebondissements, de péripéties. A la fin du paragraphe, la métaphore filée « le pavé se déroulait avec la rectitude d’une jetée, au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres » (l 11 à 12) rapproche le quotidien de cet humain au flux et au reflux de la mer, imperturbable cycle éternel.

 

Au cours du deuxième paragraphe, on apprend que ce personnage est « un ouvrier sans travail et sans gîte » (l 23). Il porte « un petit paquet » qui « le gênait beaucoup » (l. 17 et 18). Ce petit paquet, ce sont toutes ces possessions, toute sa personne ; son être le gêne, l’empêche d’avancer et le restreint : il marche en pleine nuit, il a froid et avance avec l’espoir « que le froid serait moins vif après le lever du jour » (l. 24). Il est clair que l’ouvrier espère, avec le jour nouveau, trouver une meilleure vie, que la précarité de sa situation se fera moins ressentir, qu’elle sera moins pénible à traîner derrière lui comme un fardeau pesant. Soudain, cet homme aperçoit «  trois brasiers brûlant au plein air » (l. 27), seul lueur dans les ténèbres, signe vif et clair de l’espoir. L’homme ne peut « résister au besoin douloureux » (l. 29), il doit se chauffer les mains, c’est-à-dire apaiser ses souffrances, espérer une vie meilleure.

 

A partir du troisième et dernier paragraphe de cet incipit, l’homme s’écarte de cette route tracée et monotone, pour s’enfoncer dans des lieux qu’il ne connaît pas, où les lueurs et la chaleur des brasiers l’attirent inexorablement. « Tout disparut »  (l.31) : l’ouvrier laisse son ancienne vie de misère derrière lui pour découvrir un nouvel environnement. Il voit s’élever au milieu d’un village « la silhouette d’une cheminée d’usine » (l. 43), une opportunité pour le personnage de recommencer à travailler. Cette construction est qualifiée d’ « apparition fantastique » ; elle symbolise la renaissance d’un fol espoir de sortir enfin cet homme de sa vie de galère.

 

Tout au long du texte, le paysage se fait l’écho de la situation du personnage et accompagne ses actions et les changements de sa vie.

 


Lauriane S., 2nde section internationale,  lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2008.







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Préparation de Julie T. :



Question : En quoi peut-on parler ici d’écho entre la situation du personnage et le paysage ?

 

               Dans l’incipit de Germinal, Zola a mis en parallèle divers éléments concernant à la fois le personnage et le paysage qui l’entoure.

 

     Tout d’abord, on notera que c’est principalement avec la cheminée d’usine (détail du paysage auquel l’auteur aura usé du procédé de personnification (ligne 49, le narrateur parle en effet de « voix » et de « respiration ») que le personnage sera la plupart du temps comparé. Ainsi, l’homme avance dans la plus grande solitude : « un homme suivait seul la grande route » (l.3), traversant la campagne endormie à trois heures du matin. Le seul signe d’activité semble lui aussi sortir « de nulle part ». On le voit grâce  à la présence de connecteurs logiques introduisant la rupture : « lorsque »(l.25) ; « brusquement »(l.37). De plus, « l’apparition » de l’usine se fait « à un coude du chemin »(l.37), ce qui renforce encore cette idée de découverte inattendue.

 

 

 

      Une autre correspondance à signaler serait peut-être l’obsession du héros : « une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour »(l.22-23), lequel ne pense à rien, si ce n’est au froid ; face à la réalité : il ne voit rien, puisqu’il n’y a rien à voir dans la nuit noir et glaciale.  Les champs lexicaux du vide, du noir et du froid sont d’ailleurs répétés tout au long de l’incipit : « plaine rase » (l.1) ; « nuit sans étoiles » (l.1) ; « immense horizon plat » (l.7) ; « grelottant » (l.15) ; « froid » (l.24)…

 

      On remarquera néanmoins qu’à ce froid ambiant s’oppose de la chaleur et de la lumière qui, quoique faibles, restent présentes : « il aperçut des feux rouges […] et comme suspendus » (l.26-28) ; « cinq ou six lanternes tristes » (l.45). Ces allusions à la lumière sont habilement disséminées dans la seconde partie du texte, telles des lueurs d’espoir pour le personnage.

 

 

 

     Pour accentuer encore cet effet d’écho, Zola  a exploité la définition même du réalisme et du naturalisme (courants littéraires où il est classé comme le maître incontesté). Nous avons donc droit à une description très précise de l’espace, à grand renfort d’adjectifs se référant aux sens : « il aperçut »  (l.26) ; « la sensation » (l.7) ; « une seule voix montait, la respiration grosse et longue » (l.49-50). Afin de graver ces détails dans la conscience du lecteur, l’auteur a recours à la transposition. Par ce terme, on désigne le fait que ce que ressent le personnage, le paysage aussi en est « victime ».

 

     Par exemple, le héros avance sans répit « depuis une heure » (l.25), pendant ce temps, l’usine elle aussi fonctionne, de jour comme de nuit. On peut également citer la campagne « balayée »par le vent (« l’immense horizon plat […]terres nues » (l.7-10) et « des mains gourdes », celles du personnage, « que le vent d’Est faisait saigner » (l.21)

 

 

 

         En conclusion, Zola  a bel et bien utilisé de multiples procédés pour effectuer une sorte de parallélisme entre l’espace (le lieu) et son personnage.  

 

Julie T.,  2nde section internationale,  lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2008.







E. Zola.jpg

 


 


 Préparation de Daniel O. :

 

L’extrait de Germinal écrit par Emile Zola nous parle d’un homme qui semble avoir juste perdu son métier (« sans travail et sans gîte » (l.23)), qui marche au long de la route pour atteindre Marchiennes. Le paysage autour de lui représente en quelque sorte sa situation grâce a l’imagination et la créativité d’Emile Zola.

 

 

 

            « La nuit sans étoiles » (l. 1) nous fait penser qu’un élément manque au personnage, dans se cas, la perte de son métier. Le personnage ne pense à rien sauf à une chose. Ce que nous voyons et ce que voit le personnage de l’histoire est l’obscurité totale, c’est-à-dire rien (« obscurité » l 2, « il ne voyait même pas le sol noir » l 6). Mais à un moment dans le passage, le personnage espère qu’il aura moins froid dans la journée : « Une seul idée occupait sa tête [...] l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour » (l. 22-24). C’est à ce moment même qu’il remarque « des feux rouges » (l. 27) devant lui, un source de chaleur dans ce climat si froid. Ces feux représentent donc l’espoir du personnage car ces feux sont les seules choses visibles dans l’obscurité et, la seule chose que le personnage espère avoir est un peu de chaleur.

 

           

 

            Cet extrait nous montre alors que le style d’écriture d’Emile Zola , que tous les élément de ses histoires jouent un rôle important : si c’est le personnage principal, des objets quelconque ou le paysage lui-même, rien n’est oublié.


 

Daniel O.,  2nde section internationale,  lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, septembre 2008.



 


 



Groupement de textes n°2 : La poésie romantique.

Problématique : quels sont les différents modes d'expression du Moi dans la poésie romantique?

Préparation sur Soleils couchants (in Les feuilles d'automne), de Victor Hugo.


Vous comparerez les conséquences du passage du temps sur l'homme et sur la nature, dans le poème.






 
Soleils couchants

 

Le soleil s'est couché ce soir dans les nuées;
Demain viendra l'orage, et le soir, et la nuit ;
Puis l'aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s'enfuit !

Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule
Sur la face des mers, sur la face des monts,
Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule
Comme un hymne confus des morts que nous aimons.

Et la face des eaux, et le front des montagnes,
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts
S'iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes
Prendra sans cesse aux monts le flot qu'il donne aux mers.

Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête,
Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux,
Je m'en irai bientôt, au milieu de la fête,
Sans que rien manque au monde immense et radieux !

(Les Feuilles d'Automne)

 

Victor HUGO.




hugo 2.jpg








Préparation de Nancy A. :




          Dans le court poème, « Soleils couchants », de Victor Hugo, la thématique du temps est omniprésente. Hugo montre ici la fuite du temps et sa conséquence sur l’Homme et la nature. Pour cela, il utilise tout d’abord le titre « soleils couchants » qui, tout en dénotant  le mouvement descendant du soleil qui se couche, mime aussi métaphoriquement le déclin de l’Homme qui tend vers sa fin. Dans le premier quatrain, les termes « soir » (v1), « demain » (v2), « nuit » (v2), « aube » (v3), « jours » (v4) indiquent une succession chronologique, effet accentué par la juxtaposition (nombreuses virgules) syntaxique présente tout au long tu poème, qui accélère le rythme. Il utilise également un style lié, usant de la parataxe comme en atteste notamment la répétition des conjonctions « et » : « et le soir » (v2), « et la nuit» (v 2), « et ses clartés » (v3), « et la face » (v9), « et le front » (v9), « et non » (v10), « et les bois » (v10) qui accentuent l’impression du temps qui passe, en allongeant la construction syntaxique de la phrase. Tout cela concourt à une impression de durée, qui se double d’une accélération rythmique ; le quatrain mime la fuite du temps. De même, l’anaphore de l’adverbe chronologique « puis » (v3, 4), tout comme la préposition « sur » (v6, 7) étayent ces propositions.
La nature est ici personnifiée à plusieurs reprises, aux vers 6 et 9 « la face des mers », « la face des monts », « la face des eaux », « le front des montagnes », qui sont au vers 10 « ridés et non vieillis » et vers 11 «les bois toujours verts / s’iront rajeunissant ».  Le temps est également objet de personnification, il « court » littéralement comme le montre le vers 4 : « pas du temps qui s’enfuit ! ».

Hugo multiplie les pluriels « mers », « monts », « fleuves », « forêts », ce qui crée un effet de masse, réuni notamment dans le terme « foule » (v5) . Ces effets d’amplification sont proches du style épique, il contribue à représenter la nature comme un ensemble agi par des forces puissantes. L’Homme est ici face à un phénomène contre lequel il ne peut rien, tant les forces de la nature sont implacables.
La nature est décrite à l’aide de verbes d’action tels « viendra » (v2), « passeront » (v5), « iront » (v11), « prendra » (12), « donne » (12), « passe » (14), « irai » (15). Le mouvement du temps est allié à celui de la nature, les deux sont articulés ensemble, comme le montre la juxtaposition entre les vers 5 et 6 « Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule / sur la face des mers, sur la face des monts ».
Au vers 8, les « morts » évoquent le temps passé et on peut voir dans l’ « hymne » de ces « morts » une référence au poème lui-même, à l’activité du poète qui écrit ; et de même que les écrits du poètes demeurent, l’hymne demeure lui aussi.
La nature est en perpétuel mouvement, il y a là une idée de permanence bien rendue par les termes et locutions « toujours verts » v10, « sans cesse », sans fin. La nature apparaît comme un éternel recommencement, elle est cyclique » – l’auteur emploie à cet égard le verbe roule » (v7).  L’homme, quant à lui, est marqué par un mouvement linéaire : il a un début et une fin.

L’emploi du connecteur logique « Mais » au vers 13 crée une rupture qui annonce l’Homme, à travers la voix du poète : « moi ». L’individu est confronté aux forces de la nature, l’émergence d’une subjectivité est rapportée à la nature. La condition de l’homme est mortelle, imparfaite, périssable face à la nature. Le v13 autorise l’expression d’une servitude, d’une soumission : l’homme est l’esclave de la nature : le participe passé « refroidi » employé pour qualifier ce « je » passif, diminué,  s’oppose au participe présent « rajeunissant, en référence à la nature et à son action sans cesse renouvelée. V 14, antithèse des mots « refroidi » et « joyeux », renforce davantage l’opposition entre l’homme et la nature.

Le ton de ce poème est résolument mélancolique, compte tenu de la condition mortelle de l’existence humaine. L’expression du sujet lyrique reste encore élégiaque, ce qui est caractéristique du Recueil poétique de Victor Hugo Les Feuilles d’automne dont ce poème est extrait, ainsi que de la sensibilité à l’œuvre dans la poésie romantique.



 Nancy A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2009.


 


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Préparation de Claire D. :

 

 

Préparation écrite portant sur « Soleils couchants » de Victor Hugo


  • Vous comparerez les conséquences de la fuite du temps sur l’homme d’une part et sur la nature d’autre part.


Le poème « Soleils couchants » de Victor Hugo est tiré du recueil « Les feuilles d’automne » qui fait partie des œuvres du mouvement romantique. Le registre lyrique est donc omniprésent dans ce poème car l’expression des sentiments forts tels que la mélancolie et la joie sont ici présents. Trois thèmes y sont développés : la fuite du temps, ses conséquences sur la nature et ses conséquences sur l’homme.


L’enchaînement saccadé de références temporelles telles que « demain », « et », « puis » ainsi que l’anaphore de « et » (v.2,3,9,10) et de « puis » (v.3,4) créent une rythmique qui dénote la fuite du temps, rythmique à laquelle vient se rajouter celle des « hymnes » (v.8). De plus, l’alternance des « jours » (v.4,5) et des « nuits » (v.2,4) ainsi que du « soir » (v.2) et de « l’aube » (v.3) renforce cette impression que les jours s’enchaînent à grande vitesse. Le rythme ternaire « l’orage, et le soir, et la nuit » contribue aussi à donner une dynamique au poème, qui caractérise la fuite du temps. Celle-ci est aussi accentuée par l’utilisation de l’anaphore « passeront » (v.5) qui crée une insistance sur la succession des jours, ainsi que par la personnification des jours qui « passeront en foule ». L’hyperbole « en foule » ne fait qu’accentuer la fuite du temps. De même, plusieurs allitérations amplifient ce thème. En témoignent les allitérations en [f] et en [l] qui peuvent s’expliquer par l’association de ces sonorités au bruit de l’eau qui coule comme le temps qui passe. En effet, le champ lexical de l’eau est présent dans les strophes deux et trois avec des termes tels que « mers » (v.6), « fleuves » (v.7,11), « eaux » (v.9), « flots » (v.12). Ces allitérations en [f] et en [l] donnent ainsi l’impression que les vers coulent et s’échappent. L’allitération en [s] est elle aussi représentative de la fuite du temps car elle traduit le souffle du vent dans les feuillages des arbres, par exemple, ce qui donne une fois de plus la sensation que le temps s’échappe.


Dans ce poème, la fuite du temps a deux conséquences totalement opposées : l’une sur la nature et l’autre sur l’homme.


Victor Hugo utilise un champ lexical de la nature très vaste : « soleils » (v.1, 14), « mers », « monts » (v.6), « fleuves », « forêts » (v.7), « eaux », « montagnes » (v.9), « bois » (v.10), « campagnes » (v.11). Cette nature est décrite sous son plus beau jour comme en témoignent les expressions « fleuves d’argent » (v.7), « s’iront rajeunissant » (v.11), « soleil joyeux » (v.14), « immense et radieux » (v.16). Un ton appréciatif est donc utilisé pour décrire la nature qui semble en « fête » (v.15). Par ailleurs, le temps ne semble pas l’affecter : il n’a aucun impacte sur celle-ci, ce qui se traduit par les termes « ridés et non vieillis » (v.10), « bois toujours verts » (v.10), « sans cesse » (v.12) (« toujours » et « sans cesse » étant des hyperboles qui accentuent l’idée de vie éternelle pour la nature ainsi que sa résistance au temps qui passe) et « s’iront rajeunissant » (v.11). Ce dernier terme montre même que c’est l’effet inverse qui semble se produire pour la nature : le temps ne la fait pas vieillir mais plutôt rajeunir. Le champ lexical de la lumière quant à lui, traduit par les termes « clartés » (v.3), « fleuves d’argent », « soleil » (v.14), « radieux » (v.16), accentue encore plus l’éclat de la nature et achève de lui donner son caractère éternel.


Cependant l’opposition entre la nature et l’homme est clairement exposée au début de la strophe quatre, avec l’utilisation de «mais ». L’homme laisse paraître une impression de mélancolie qui se reflète dans les termes utilisés : « refroidi » (v.14), « passe » (v.14), « m’en irai bientôt » (v.15), « sans que rien manque au monde » (v.16). De même, les antithèses formées par les vers « je passe et refroidi sous ce soleil joyeux » (v.14) et « je m’en irai bientôt, au milieu de la fête » (v.15) accentuent encore le contraste entre la nature et l’homme. Pour ce dernier, sa morosité est traduite par le fait que lorsqu’il mourra, le monde continuera à vivre comme si de rien n’était. Le temps a donc un impact sur l’homme car à mesure qu’il passe, il perd des être chers, ce qui est traduit dans le poème avec le vers «comme un hymne confus des morts que nous aimons » (v.8). Il voit donc sa fin approcher à mesure que le temps passe, chaque jour est plus dur que le précédent : « chaque jour courbant plus bas ma tête » (v.13). La fuite du temps accentue donc la morosité de l’homme dans ce monde joyeux.


En conclusion, les conséquences de la fuite du temps sur l’homme sont plus importantes que sur la nature qui n’en pâtit pas. L’homme est donc entraîné vers une mort prochaine par le temps alors que parallèlement, la nature n’est pas affectée par celui-ci : elle reste immuable.


Claire D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2009.



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Préparation de Lauriane S. :

 

Lors de la première lecture du poème, c’est tout d’abord le pluriel du titre qui attire l’attention. Victor Hugo montre dès le premier abord l’immensité du monde.

            Le poème est construit de quatre quatrains composés d’alexandrins. Plusieurs alexandrins utilisés sont ici décomposés de quatre fois trois syllabes, ou quatre triolets, rythme caractéristique du ternaire en musique, temps de valse, ce qui donne, d’une part, un rythme musical au poème et d’autre part une pulsation répétitive, symbole du temps qui passe, inexorablement et toujours inchangé. Les preuves stylistiques se retrouvent notamment dans la première strophe avec le vers 2 : « l’orage, et le soir, et la nuit ». L’anaphore ‘, et le’ ou ‘, et la’ et ‘nom’ donne une idée de répétition infinie du temps. La même structure se retrouve au vers 4, avec en plus l’allitération en [p] : « puis » et « pas ». Paradoxalement, la personnification du temps : « pas du temps qui s’enfuit » ramène le temps à une échelle humaine. Hugo compare, tout au long du poème, le temps, la Nature, et l’Homme : il est une unité dans un tout, essentiel mais pourtant éphémère. Les Hommes, les jours sont emportés par le temps sur lequel ils n’ont aucune emprise et cette éternelle marche constitue la Nature qui elle n’est pas affectée par le temps, et donc éternelle. Dans le texte, l’analogie entre les Hommes et les jours est montrée aux vers 5 : « Tous ces jours passeront » et 14 : « je passe ». Au vers 14, l’opposition « refroidi sous ce soleil joyeux » montre d’une part Victor Hugo, vieilli et affecté par le temps à la fin de son existence et d’autre part le soleil, astre éternel qui a réchauffé, réchauffe et réchauffera toujours les humains et la Nature. Enfin, du point de vue de la structure uniquement, la Nature est évoquée dans les trois premières strophes et l’Homme n’apparaît que dans la dernière, où il est décrit dans la Nature. Cela montre : d’une part, que l’Homme n’occupe qu’une petite part dans le cycle du temps alors que la Nature est toujours présente, et d’autre part, que l’Homme n’est rien sans la Nature, alors que l’Homme peut s’en aller : « sans que rien manque au monde, immense et radieux ! ».

Lauriane S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2009.


 


 

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Préparation de Julie T. :


 

 

        Le poème "Soleils Couchants" de Victor Hugo est tiré du recueil Les Feuilles d'automne paru en 1831. Il est composé de quatre quatrains rédigés en alexandrins et les rimes sont croisées. Tout au long de ce poème, Hugo a inséré de nombreuses références à la fuite du temps et il a comparé ses effets d'une part sur l'Homme, et, d'autre part sur la nature.

        Dès la première strophe, on voit les jours défiler grâce au champ lexical du temps :"Demain" (v.2); "aube" (v.3); "jour"; et "temps qui s'enfuit" (v.4). Ce temps qui passe à grande vitesse est d'autant plus accentué par l'anaphore des mots "soir"(v.1 et 2) et "nuit" (v.2 et 4).

      On remarque que le premier verbe est au passé composé "s'est couché" et que le deuxième est au futur: "Viendra". Le troisième verbe de la strophe est quant à lui au présent:"s'enfuit". On a donc une continuité perpétuelle du temps qui passe, dans le passée, le présent ou le futur.

      On voit également que la course du soleil dans le ciel s'applique à la fois sur l'Homme (au moyen de la personnification "s'est couché" (v.1) et sur la nature avec "les nuées" (v.1) dans lesquelles le soleil disparaît ou encore "l'orage" (v.2) qui tout comme le temps, arrive, a lieu puis passe. Autrement dit, les évènemnts climatiques s'enchaînent et de même, les jours se suivent les uns après les autres, inlassablement.

   

     Dans la deuxième et troisième strophe, c'est cette fois le champ lexical de la nature qui domine. On remarquera d'ailleurs que l'allitération en [s]entre les vers 1 et 5 "le soleil s'est couché ce soir" (v.1); "Tous ces jours passeront", représentant le souffle de la vie donc du temps qui passe jour après jour, est remplacé par une allitération en [f] entre les vers 6 et 9.Cette fois, on peut associer cette sonorité au flux incessant des cours d'eau qui se renouvellent incessament: "Sur la face des mers, sur la face des monts" (v.6); "Sur les fleuves d'argent, sur les forêts où roule"(v.7); "Et la face des eaux, et le front des montagnes"(v.9). On notera également que dans les vers ci-dessus le poète effectué un parallelisme:"Sur la...;Sur la", afin de relier poétiquement la thématique du temps et de la nature.

    Toujours dans les mêmes strophes, on distingue diverses allusions aux effets du temps sur l'homme. Tout d'abord au vers 8 avec la comparaison des merveilles de la nature avec "un hymne confus des morts que nous aimons". Hugo a sans doute voulu rappeler que l'Homme est mortel mais qu'il restera toujours une trace, un souvenir, quoique confus et embrouillé d'un être cher disparu. On a ensuite l'antithèse "ridés et non vieillis" au vers 10 qui montre que la nature ewst bien plus âgée que nous mais qu'au fil des siècles, elle reste la même, tandis que nous, nous vieillissons. Cet effet est encore plus accentué avec la personnification "rajeunissant"(v.11), encore une fois appliquée à la nature.. Par ce mot, le poète a peut-être voulu évoquer la nature qui se renouvelle chaque année, au fur et à mesure des saisons, tandis que le temps, lui poursuit son cours, comme le fleuve décrit aux vers 7 et 11. On a donc une mise en parallèle du cycle de l'eau: le fleuve qui descend des "monts" (v.6) et des "montagnes" (v.9) pour se jeter dans la "mer"(v.6); du cycle de la nature: le renouveau des saisons: "les bois toujours verts" (v.10); et du cycle de la vie (qui est inversé):"morts" (v.8); "ridés et non vieillis" (v.10); "rajeunissant" (v.11).

       En inversant ainsi le cycle de la vie, Hugo a certainement voulu montrer que nous sommes destinés à mourir avant même d’avoir vécu. Cette réalité est encore plus accentué par la nature qui, par contraste, reste imperturbable face au temps qui passe.

 

       Dans la quatrième et dernière strophe, on observe une nouvelle antithèse : « refroidi sous ce soleil » (v.14) et, puisque c’est le poète qui prend la parole : « moi » (v.13) ; « je » (v.14 et 15) (typique du lyrisme), on peut estimer que sur un homme comme lui, comme nous, le temps passe beaucoup plus vite sur nous que sur la nature. Le soleil est encore présent (reprise de la thématique de la première strophe) mais on le sent déjà éloigné, distant : « refroidi » (v.14). Ce froid fait également penser à la mort qui rôde et qui est introduite par l’euphémisme : « Je m’en irai bientôt » (v.15). Enfin, on remarquera que le thème des jours qui s’égrènent est repris au vers 13, où Hugo décrit comment « chaque jour »il courbe « plus bas (sa) tête ». On peut donc dire qu’il a pris conscience de sa vieillesse (ou du moins de son vieillissement, étant donné qu’il a rédigé ce poème relativement jeune), qu’il sait qu’il va mourir. De plus, son impuissance sur la fuite du temps est une nouvelle fois accentuée par la fuite du temps sur la nature, décrite grâce à la tournure hyperbolique comme « immense et radieux » (v.16).

    En conclusion, dans ce  poème, Victor Hugo a fait part de ses sentiments et de sa réflexion sur la Vie humaine. Il a comparé les effets du temps lors de notre passage sur Terre et les mêmes effets sur la nature. Il en résulte une prise conscience de la part du lecteur, lequel réalise que le temps passe vite, très vite. Nous devons donc profiter de la vie, tant que nous évoluons dans un cadre aussi immortel que la nature.

 

 Julie T., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2009.


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Préparation de Louise F. :

 

« Soleils couchants » est un poème composé de quatre quatrains écrits en alexandrins et en rimes croisées. Les trois premières strophes mêlent le temps et la nature dans un cycle infini ; le poème se termine par une strophe relatant la soumission de l’homme face au temps qui passe.

           

Victor Hugo décrit le temps comme une ronde éternelle à travers la répétition des mots « soir » (V1, 2) et « nuit » (V2, 4) et à travers l’anaphore du mot « puis » (V2, 4) qui est encore un indice temporel. Mais avec le chiasme « tous ces jours passeront ; ils passeront en foule » (V5), Hugo accélère le mouvement : il regroupe toutes les journées en un seule et même entité. Ce personnage qu’est le temps rencontrera la personnification de la nature que l’on retrouvera tout du long du poème : « la face des mers » (V6), « le front des montagnes » (V9). Ainsi, Hugo met la nature et l’homme au même niveau, afin de pouvoir comparer les effets du temps sur chacun d’entre eux. On remarquera ainsi que le temps n’a aucun effet néfaste sur la nature comme nous le démontre les oxymores « ridés et vieillis » (V10) et « s’iront rajeunissant » (V11) : la nature face au temps peut accomplir des exploits impossible à l’homme.

Afin de rendre le thème de la nature encore plus présent, Victor Hugo utilise plusieurs figures de styles. L’allitération en [f] (foule, face, fleuve, forêts, confus, front, flot)  et celle en [s] (ces, passeront, sur, face, s’iront rajeunissant, sans cesse) de la deuxième strophe rappelle le souffle du vent dans les arbres. L’anaphore du mot « sur » (V6, 7) caractérise l’influence du temps sur la nature. La comparaison « comme un hymne confus des morts que nous aimons » (V8) rappelle que la mort des hommes n’est qu’un maillon d’une chaîne qui nous dépasse.

 

La dernière strophe du poème marque un contraste entre l’influence du temps sur la nature et son influence sur l’homme. L’être humain est dominé par le temps. Il s’incline face au poids des années, il s’incline face à l’allégorie du temps « sous chaque jour courbant plus bas ma tête » (V13). Victor Hugo décrit l’homme comme un être incapable de percevoir les merveilles qui l’entourent : il utilise pour cela l’antithèse « refroidi sous ce soleil joyeux » (V14) et il développe aussi deux lexiques opposés pour distinguer d’une part l’être humain (« courbant », « refroidi », « rien ») et d’autre part la nature (« joyeux », « la fête », « immense et radieux »). L’allitération en [m] (mais moi, ma, m’en, manque, monde, immense) rappelle la mélancolie de l’homme dont la vie passe sans joie. L’homme est en rupture avec le reste de la nature et cette faille est marquée par la conjonction de coordination « mais » (V13).

 

            Victor Hugo croit en l’éternité de la nature : le temps qui passe n’est qu’un élément qui lui coule dessus sans jamais la mouiller. Seul l’homme ressent les effets du temps. Peut-être est-ce dû au fait qu’il est le seul à en tenir compte ? Toutefois, les thèmes développés dans ce poème nous confirment que nous sommes au cœur du romantisme.   

 Louise F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, janvier 2009.


Groupement de textes n°3 : le héros et le pouvoir au théâtre.



Lecture analytique n°1 : extrait d' Horace, de CORNEILLE.


Camille
Donne-moi donc, barbare, un cœur comme le tien ;
Et si tu veux enfin que je t’ouvre mon âme,
Rends-moi mon Curiace, ou laisse agir ma flamme :
Ma joie et mes douleurs dépendaient de son sort ;
Je l’adorais vivant, et je le pleure mort.
Ne cherche plus ta sœur où tu l’avais laissée ;
Tu ne revois en moi qu’une amante offensée,
Qui comme une furie attachée à tes pas,
Te veut incessamment reprocher son trépas.
Tigre altéré de sang, qui me défends les larmes,
Qui veux que dans sa mort je trouve encor des charmes,
Et que jusques au ciel élevant tes exploits,
Moi-même je le tue une seconde fois !
Puissent tant de malheurs accompagner ta vie,
Que tu tombes au point de me porter envie ;
Et toi, bientôt souiller par quelque lâcheté
Cette gloire si chère à ta brutalité !

Horace
Ô ciel ! Qui vit jamais une pareille rage !
Crois-tu donc que je sois insensible à l’outrage,
Que je souffre en mon sang ce mortel déshonneur ?
Aime, aime cette mort qui fait notre bonheur,
Et préfère du moins au souvenir d’un homme
Ce que doit ta naissance aux intérêts de Rome.

Camille
Rome, l’unique objet de mon ressentiment !
Rome, à qui vient ton bras d’immoler mon amant !
Rome qui t’a vu naître, et que ton cœur adore !
Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore !
Puissent tous ses voisins ensemble conjurés
Saper ses fondements encor mal assurés !
Et si ce n’est assez de toute l’Italie,
Que l’orient contre elle à l’occident s’allie ;
Que cent peuples unis des bouts de l’univers
Passent pour la détruire et les monts et les mers !
Qu’elle-même sur soi renverse ses murailles,
Et de ses propres mains déchire ses entrailles !
Que le courroux du ciel allumé par mes vœux
Fasse pleuvoir sur elle un déluge de feux !
Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre,
Voir ses maisons en cendre, et tes lauriers en poudre,
Voir le dernier Romain à son dernier soupir,
Moi seule en être cause, et mourir de plaisir !

 

 

 

Préparation de Claire D. :

 

Dans cet extrait tiré de la pièce Horace de Corneille, les deux tirades de Camille révèlent une haine profonde à l’égard de son frère et de Rome. Cependant, malgré des similitudes qui font des ses paroles de lourdes accusations, on peut néanmoins déceler des procédés distincts qui permettent l’expression d’une haine d’intensité variée.

 

            Le mépris de Camille à l’égard de son frère Horace n’est autre que le fruit de son désespoir et de la douleur causée par la perte de son amant. En effet, au travers de sonorités dures telles que des allitérations en [r] et en [t], avec les mots « barbares » (v.1), « tien » (v.1), « cherche » (v.6), « attachée » (v.8), « reprocher » (v.8), « tigre » et « altéré » (v.10), Camille traduit un mal profond qui la ronge. De même, les assonances en [a] et [wa] qui se retrouvent dans les mots « moi » (v.1), « joie » (v.4), « attachée » (v.8), « charmes » (v.11), et « exploits » (v.12) évoquent ainsi sa douleur lancinante et le son d’une plainte qui ne fait que renforcer la sensation de souffrance. D’autre part, l’utilisation du registre tragique fait de Camille une victime que les actes d’Horace dépassent sans qu’elle puisse rien y faire. Elle est donc condamnée à pleurer la mort de son amant, qui est clairement traduit au travers d’expressions telles que « le pleure mort » (v.5), « amante offensée » (v.7), « larmes » (v.10). De même que les antithèses « ma joie et mes douleurs » (v.4) et « je l’adorais vivant, et je le pleure mort » (v. 5) mettent en parallèle un passé heureux auprès de son amant et un présent tragique, les césures à l’hémistiche telles que « Rends-moi mon Curiace, ou laisse agir ma flamme » (v.3) et « Tigre altéré de sang, qui me défends les larmes » (v.10) connotent elles aussi une opposition entre  la vie et la mort. La douleur éprouvée par Camille est donc irrévocable.

            Une telle souffrance ne peut être contenue et c’est donc dans sa première tirade que Camille laisse éclater sa colère. Tout d’abord, le champ lexical de la violence et du désespoir donnent de l’ampleur à ses paroles ainsi qu’un caractère agressif comme l’attestent les mots « barbare » (v.1), « offensée » (v.7), « furie » (v.8), « reprocher » (v.9), « sang » (v.10), « mort » (v.11), « tue » (v.13), «  malheurs » (v.14) et « brutalité » (v.17). De plus, la ponctuation forte, comme le montrent les points d’exclamation dans les expressions « une seconde fois ! » (v.13) et « chère à ta brutalité ! » (v.17) ainsi que les allitérations en [r]et en [t] relevées précédemment soulignent l’implication directe de Camille et accentuent sa haine envers Horace. Par ailleurs, on peut déceler une part de rancune dans ses paroles, comme l’indiquent les expressions « offensée » (v.7), « incessamment reprocher » (v.9), attachée à tes pas » (v.8) ce qui témoigne d’une vive colère. De plus, l’antithèse « je l’adorais vivant, et je le pleure mort » (v.5) rend l’accusation encore plus violente de par l’évocation de cet amour qui fut jusqu’alors parfait. Enfin, la réplique d’Horace suite à ce flot de haine qu’elle éprouve pour lui permet aussi de juger de l’intensité de sa tirade. En effet, le champ lexical de la mort est très présent avec des mots tels que « souffre », « sang », « mortel » (v.20) et « mort » (v.21), ce qui témoigne d’une souffrance désormais présente en lui, comme le résultat de cette violente accusation. Par ailleurs, l’expression « une pareille rage » (v.1) et l’interjection « Ô ciel » (v.1) achèvent d’expliciter la profonde dénonciation de Camille face à l’acte de son frère qu’elle juge impardonnable.

 

 

            Malgré une forme de violence, qui, par certains aspects, ressemble à celle de sa première tirade, Camille semble éprouver une haine différente à l’égard de Rome. En effet, elle maudit directement la ville, ou plutôt ses habitants et on retrouve dans sa seconde tirade un champ lexical de la destruction et de la mort d’autant plus important, comme l’attestent les expressions « saper » (v.29), « contre elle » (v.31), « détruire » (v.33), « renverse » (v.34), « déchire » (v.35), « déluge de feux » (v.37), « voir tomber » (v.38), « maisons en cendre » et « lauriers en poudre » (v.39). De même, l’anaphore de « dernier » (v.40) et la personnification de la ville montrée avec les termes « sur soi renverse ses murailles » (v.34) et « de ses propres mains déchire ses entrailles » (v.35) ont pour but de rendre Rome plus vulnérable afin que sa destruction soit plus aisée : Camille souhaite ainsi que ses erreurs et ses décisions lui soient fatales. Par ailleurs, la protagoniste est davantage impliquée dans cette tirade et souhaite du plus profond d’elle-même que Rome paye pour la mort de son amant, ce qui est renforcé par l’utilisation de phrases débutant par la conjonction de subordination « Que » suivie de verbes au subjonctif (v.31, 32, 34 et 36) et de « Puissé-je » (v.38) qui traduit un réel désir de destruction de sa part. Enfin, le terme « ressentiment » qui définit une haine durable montre bien que Rome est l’objet d’une malédiction.

            Afin de faire ressortir au mieux sa haine à l’égard de Rome, Camille emploie divers procédés stylistiques, là encore, parfois similaires à ceux de sa première triade. Tout d’abord, on observe l’anaphore de « Rome » (v. 24, 25, 26 et 27) qui permet à son accusation de redoubler en puissance. Par ailleurs, l’utilisation d’une ponctuation forte par le biais de points d’exclamation est ici très importante, comme l’attestent les hyperboles « ressentiment ! » (v.24), « mon amant ! » (v.25), « ton cœur adore ! » (v.26), « parce qu’elle t’honore ! » (v.27), « encor mal assurés ! » (v.29), « déchire ses entrailles ! » (v.35), et « mourir de plaisir ! » (v.41) qui traduisent une réelle implication de la part de Camille. Des allitérations en [r] et en [t] sont aussi présentes, avec des mots tels que « naître » (v.26), « Rome » (v.24, 25, 26 et 27), « t’honore » (v.27), « détruire » (v.33), « entrailles » (v.35) et « lauriers » (v.39). De plus, elle fait de Rome « l’unique objet de [son] ressentiment » (v.24) et traduit une fois encore sa haine ainsi que son désir de vengeance au travers de l’oxymore « mourir de plaisir » (v.41). De ce fait, elle accentue l’idée d’une destruction violente pour Rome qui la comblerait de joie.

            Tandis que la haine qu’elle éprouve à l’égard de son frère Horace semble moins violente, celle éprouvée pour Rome est nettement plus vive et fait plutôt référence à une imprécation, soit une haine durable. Cependant, Camille en veut bel et bien aux deux, comme montré grâce aux nombreuses figures stylistiques qui traduisent sa colère.

 

 

 

Claire D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, avril 2009.

 

 

 

 

 

 

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Préparation de Loïs V. :



  Camille exprime sa haine et ses sentiments les plus douloureux à l'égard de son frère Horace qui a ôté la vie de son amant. La mort du Curiace affecte profondément Camille, ce qui donne par conséquent un aspect tragique aux deux tirades emplies de nombreuses ponctuations forte; notamment d' exclamations comme le montrent le vers 17 : "Cette gloire si chère à ta brutalité !" . L'emploi récurrent de l'impératif donne un rythme rapide et affecte la sensibilité du lecteur à cause de l'agressivité et de la violence que laissent émaner les vers. Un champ lexical du combat et de la violence est présent tout au long de chacune des tirades comme l'atteste les substantifs suivants : "mort" (v11), "brutalité" (v17) , "trépas" (v9), "sang" (v20) et "souiller" (v16). Camille se veut folle "comme une furie" et ne cesse de harceler "incessamment" son frère qu'elle considère comme un être sans coeur comme le montre les termes : "barbare" (v1), "tigre altéré de sang" (v10).

   

De plus, de nombreuses antithèses sont présentes et créent un contraste entre la vie et la mort comme l'illustre le vers 5 : "Je l'adorais vivant, et je le pleure mort". Cette antithèse est d'autant plus renforcée par la présence de la césure à l'hémistiche. L'ironie dans le vers 12: "jusques au ciel élevant tes exploits moi -même je le tue une seconde fois" démontre la haine qu'elle porte envers l'acte de Horace.


 Enfin, Camille laisse exprimer sa haine qu'elle ressent pour sa cité à travers une imprécation violente à l'encontre de Rome en faisant appel à une punition divine comme le démontre: "ciel allumé" (v37), "déluge de feux" (v37), "foudre" (v39). Elle invoque et implore la destruction de Rome afin de venger son amant défunt et apaiser sa haine. Cette imprécation est amplifiée par l'anaphore du nom propre "Rome" du vers 24 au vers 27. De plus, l'antithèse "Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore !" qui clôt cette anaphore marque sa rage envers son frère et sa patrie. Par conséquent, la haine de Camille s'exprime par une forte volonté de détruire comme l'illustre les termes: "détruire" (v33), "renverse" (v34), "cendre" et "poudre" (v38). L'oxymore final "mourir de plaisir" (v41) démontre clairement la haine ancrée à jamais dans le coeur de Camille.



Loïs V., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, avril 2009.









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Préparation d' Hasan S. :



La haine de Camille ressentie à l’égard de Camille s’exprime clairement. Elle le lui dit avec la phrase : « Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore » (v.27).

          Pendant la première tirade, Camille s’adresse directement à son frère, en le traitant de « barbare » (v.1) et de « tigre altéré de sang » (v.10). On remarque l’allitération en [t] du vers 6 au vers 17, avec « ta » au vers 6, « tigre altéré » au vers 10 ainsi que « brutalité » au vers 17, qui renforce le sentiment de répulsion et de haine ressenti à l’égard du meurtrier de son amant. Sa haine et sa rage l’amènent même à maudire son frère (v.14).

          À la deuxième tirade, elle s’adresse toujours à son frère, mais indirectement, puisqu’elle le fait par le biais de Rome, qu’elle maudit et hait. D’ailleurs, on peut noter la personnification de Rome avec « Rome qui t’a vu naître » au vers 26. Cette Rome, elle la déteste pour avoir « [immolé] [son] amant » (v.25) et honoré son frère. Pour cela elle utilise l’anaphore de « Rome » dans les quatre premiers vers de la tirade (v.24-27). Cette anaphore insiste sur la haine, et le rejet éprouvé, mais crée aussi un rythme binaire accentué par les alexandrins et les césures à l’hémistiche des vers 1, 5, 8, 10 et 41. Ce rythme binaire est l’expression de l’opposition entre la vie et la mort, l’amant de Camille et Horace, l’amour et la haine. On peut même penser à une accusation, où elle récite tous les pêchés commis.

 Puis elle fait l’énumération de tous les malheurs qu’elle souhaite à Rome (v.28-41), avec « Qu’elle […] renverse ses murailles » (v.34) et « déchire ses entrailles » (v.35). Cela atteste de l’immense haine que Camille ressent et qu’elle exprime clairement dans les quatre derniers vers, où elle souhaite la destruction de Rome.

Cette haine cache aussi un très grand amour pour son amant, qui dépasse l’amour fraternel.



Hasan S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, avril 2009.









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Préparation de Daniel O. :


Tout d’abord, Camille, une jeune femme que était fiancée a un des Curiace tue par son frère, exprime au long de l’extrait un sentiment très puissant : la haine. Cette haine s’exprime contre son frère Horace et Rome. Nous pouvons observer un champ lexical de la mort au vers 5 : « mort », vers 9 « trépas » au vers 10 « sang », vers 20 « mortel » , vers 11 « mourir ». Ce champ lexical nous rappelle et rappelle a Camille la mort du Curiace, tue par Horace. Ce champ lexical est présent dans tout l’extrait, donc Camille est constamment honte par sa mort, elle hait donc de plus en plus son frère.

            En effet un anaphore est aussi présente du vers 24 au vers 27, celle du mot « Rome ». Il y a donc une insistance dans la réplique de Camille sur ce mot voulant dire que la haine qu’elle ressent envers Rome est très forte, comme si elle ne pouvait pas s’en empêcher d’en parler car ce mot semble l’affecter tellement.

            De plus, on voit une allitération en [r] comme l’attestent les mots : « barbare » (v1), « cherche » (v6), « mort » (v11), « bras » (v25), « Orient » (v 31), « dernier » (v40). Cette sonorité évoque un roulement des émotions de Camille qui semblent être troublée q causes de la peine qu’elle ressent pour sa perte mais aussi la colère contre Horace et Rome. Ces sentiments, troubles montrent bien que Camille ne pense qu’a son frère, a Rome et a son fiance décède. Cela nous indique qu’en ne pensant qu’a ces trois choses, elle va exprimer sa haine encore une fois tares fortement.

            Enfin, l’allitération en [s] présente dans l’extrait comme nous l’indiquent les mots : « laisse » (v3),  « sœur » (v6),  «souiller »  (v16),  « ressentiment » (v24), « assures » (v29), « fasse »(v37) évoque la souffrance, la douleur du personnage. Cela peut être mis en parallèle avec la haine extrême envers quelqu’un ou quelque chose. En perdant le Curiace dont Camille était fortement amoureuse a cause de son frère Horace (donc lui faisant ressentir la peine, la souffrance), Camille exprime donc sa haine contre son frère et contre Rome (la cite pour qui Horace honore cette victoire) de façon extrême, malgré la douleur qu’elle ressent. La haine est donc bien présente dans cet extrait en plusieurs formes de procédés stylistique.

 

 

 


Daniel O., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, avril 2009.

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Préparation de Lucas A. :

De cet extrait d’« Horace » de Corneille se dégage une tonalité tragique
et épique. En premier lieu, on note le champ lexical de la guerre comme
l’attestent les mots suivants « barbare » (ligne 1), «douleurs » (ligne
4), « mort » (ligne 5), « furie » (ligne 8), « trépas » (ligne 9), «
Tigre altéré de sang » (ligne 10 ), « exploits » (ligne 12), « lâcheté »
(ligne 16), « gloire » (ligne 17), « brutalité » (ligne 17). Cela
traduit le sentiment de Camille qui voit en son frère Horace un guerrier
sans pitié et sans état d’âme. Elle ne le reconnaît plus. Cette barbarie
ainsi que la rage de Camille sont amplifiées par une allitération en [R]
constituée des mots « barbare » (ligne 1), « cœur »(ligne 1), « ouvre
»(ligne 2), « rends, Curiace, agir »(ligne 3), «douleurs, sort » (ligne
4), « adorais, pleure, mort » (ligne 5). Le parallélisme entre la mort
et la vie est repéré dans la phrase suivante « Je l’adorais vivant, et
je le pleure mort » (ligne 5). Il est amplifié par une césure à
l’hémistiche séparant l’alexandrin en deux partie de six syllabes
chacune. Cela engendre un rythme binaire que l’on retrouve tout au long
de la première tirade illustrant le paradoxe de Camille face a l’amour
qu’elle porte à Curiace, son amant, et son appartenance royale qui la
lie à Horace, son frère. Elle pleure son amant et hait son frère. Après
qu’Horace ait demandé à sa sœur de mettre l’intérêt de la patrie
au-dessus de ses sentiments individuels. Camille devant tant de froideur
va souhaiter la déchéance de son frère et de Rome. A présent, le poème
ne contient que des alexandrins longs et amples reflétant le but clair
et précis de Camille, la chute de Rome. L’anaphore de « Rome » (ligne 24
à 27) insiste sur la haine que porte Camille à Rome et à son frère,
Horace. De plus, Rome est personnifiée et devient une femme puissante
qu’Horace idolâtre et à qui il sacrifie tout, comme l’atteste la phrase
suivante « Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore! » (ligne 27)
qui amplifie cette haine. Le champ lexical géographique qui utilise «
Italie » (ligne 30), « Orient » (ligne), « Occident » (ligne), « univers
» (ligne), indique que Camille aimerait que le monde entier se rallie à
sa cause passionnée pour anéantir Rome et tout ce qu’elle représente.
Enfin, l’oxymore « mourir de plaisir » (ligne 41) rapproche la mort et
le plaisir, deux termes antagonistes. Camille ne trouvera le plaisir
qu’à la chute de Rome et qu’avec la mort des Romains y compris de ses
proches tel Horace. Dans cette provocation elle consent aussi à mourir
pour son idéal. La suite de l’histoire verra d’ailleurs Horace tuer sa
sœur. Ce texte illustre l’affrontement de la passion amoureuse
représentée par Camille face à l’honneur, valeur très chère à Corneille,
que défend Horace.

Lucas A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, avril 2009.


Date de création : 23/09/2008 @ 12:09
Dernière modification : 25/09/2009 @ 23:23
Catégorie : Préparations 2008/2009
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