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Copies d'élèves 2008/2009 - Ecritures d'invention 2nde 3

1er sujet d'écriture d'invention :

Les devoirs d'écriture d'invention proposés ci-dessous ont été rédigés en temps libre, pour le  06 novembre 2008, à l'issue de  séquence n°1 intitulée Le roman et son évolution du XVIIème au XXème siècle. Le principal objet d'étude qui sous-tendait cette séquence était bien sûr le genre narratif. Cette séquence se partageait entre l'étude de Pierre et Jean de Maupassant, en oeuvre intégrale, et celle d'un groupement de textes complémentaires consacrée à la rencontre amoureuse dans le genre narratif : ce groupement comprenait les lectures analytiques d'extraits de La Princesse de Clèves, de Mme de Lafayette, Manon Lescaut, de l'Abbé Prévost, Le lys dans la vallée, de Balzac, et l'incipit d'Aurélien, d'Aragon.

Parallèlement, en méthodologie, les élèves avaient étudié la typologie des textes et les focalisations.

La mise en ligne de ces quelques copies complète le compte-rendu du devoir, et peut servir de support à une éventuelle remédiation.

Le sujet était le suivant :

Après l'étude du GT1, vous rédigerez à votre tour une rencontre amoureuse régie par les consignes suivantes :

  • elle mêlera types narratif et descriptif (vous veillerez à utiliser les outils stylistiques propres à ces deux types de texte).
  • Votre production respectera les codes romanesques traditionnels (rôle du regard, emploi d'hyperboles, admiration etc.)
  • Vous expliciterez la focalisation que vous aurez choisie (focalisation zéro, focalisation interne, ou alternance des deux).
  • Toute référence culturelle pertinente est valorisée.


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Code des couleurs :

  • Hyperbole, admiration, sens visuel...
  • Type descriptif
  • Type narratif
  • Référence culturelle pertinente

Ce code des couleurs constitue un guidage méthodologique ajouté aux copies elles-mêmes, afin de faire de ces production d'élèves un potentiel outil d'élaboration de futurs devoirs, ou encore de remédiation ou de correction.


Devoir d'Hicham D. :

Ecriture d’invention (focalisation interne)

 

            En cette soirée du 26 août 1868, je terminai mes recherches sur les anciennes divinités grecques telles qu’Apollon ou Zeus. Je décidai de me désaltérer dans une auberge célèbre à Peyrebeille connue sous le nom d’ ‘‘Auberge Rouge’’. Je rêvais de connaître ce bâtiment célèbre pour les meurtres qui y avaient été commis par le passé, et je profitais de mon séjour en Ardèche pour mes études, afin de pouvoir l’observer.

            Je rangeai alors mes livres et sortis dans la ruelle qui semblait déserte. Il faisait encore jour et le soleil se couchait paisiblement. Tout semblait calme, il n’y avait pas âme qui vive, et toutes les maisons étaient fermées. Le ciel était pourtant dégagé, dépourvu de tout nuage, mais aucun oiseau ne le survolait.

            Tout à coup, j’entendis un bruit et sentis un doux parfum de jasmin dans l’air qui s’était embaumé de tendresse et de douceur. Je me retournai et vis une charmante jeune femme qui se rua sur moi. Jamais je n'avais vu pareille beauté de toute ma vie. Bien qu’ils semblassent désespérés et perdus, ses yeux reflétaient un éclat lumineux sublime et lui donnaient l’allure d’un ange. D’un bleu éclatant, ils magnifiaient l’azur d’une mer sur une île paradisiaque au beau milieu de l’océan.

            Sa chevelure renvoyait une lumière éblouissante, et j’avais envie de la qualifier de soleil soyeux et de la caresser entre mes mains. Sa peau douce réfléchissait la lumière telle la Toison d’Or, et le rouge de sa robe m’enflammait l’esprit.

            Lorsqu’elle ouvrit la bouche pour me demander le chemin vers Peyrebeille, mes oreilles se réjouirent d’un bonheur inégalé qui rapidement submergea tout mon corps car il s’agissait du chemin que je comptais prendre. Par la suite, je lui proposai de l’escorter jusqu’à cette destination, et elle accepta avec un ravissant sourire.

            Nous marchâmes devant le soleil qui se couchait, et nous eûmes le loisir et le plaisir de discuter de plusieurs sujets. Lorsque nous abordâmes la partie politique, j’appris avec étonnement qu’elle était la nièce de l’Empereur. Nous entamâmes alors un débat sur son gouvernement ainsi que les différentes autres politiques ou bien encore sur la situation de la France à cette époque.

            Je bus ses paroles et espérai que ce moment s’éterniserait, mais hélas nous arrivâmes à Peyrebeille, trop rapidement à mon goût. Dès l’entrée de la ville, elle dut m’abandonner. Avec ce même air charmant de tristesse, elle promit qu’elle correspondrait avec moi, et me quitta d’un pas grâcieux.

            Le soleil venait de se coucher, mon soleil venait de disparaître. Le cœur serré, je me sentis plus désemparé que Rodrigue lorsqu’il dut quitter Chimène, et je me dirigeai alors vers l’auberge en espérant oublier mon amertume…


 

Hicham D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.


 


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Devoir de Jan M. :


 

        Ecriture d’invention I

La rencontre amoureuse

(Focalisation interne)

 

 C’était le 9 juin 1722, j’avais été invité au bal organisé par l’Empereur Piotr Alekseïevitch Romanov 1 de Russie en l’honneur de son cinquantième anniversaire qui se déroulerait au palais.

 Les portes s’ouvrirent à dix-sept heures et trente minutes exactement, la ponctualité du Tsar était impressionnante, nous entrâmes donc dans le palais et nous fûmes guidés vers la grande salle en passant par le hall d’entrée et d’autres couloirs peu éclairés. Quand ils ouvrirent la porte de la salle où aurait lieu le bal, je fus aveuglé par toute cette lumière qui jaillissait.

 

 La salle était illuminée par des centaines, voire des milliers de cristaux qui reflétaient la lumière des petites bougies emprisonnées à l’intérieur, ainsi que par des miroirs placés le long des murs amplifiant les faisceaux lumineux. La cour du château de Versailles était à peine plus grande que cet espace et le plafond si haut et décoré, qu’en levant la tête, je pensais voir le ciel. Mon regard se posa sur les nombreuses fresques qui décoraient le reste des murs et qui séparaient les miroirs. Elles contenaient le moindre petit détail, sculpté avec le plus grand soin, des douze travaux d’Héraclès.

 Puis enfin, après que tout le monde fut rentré, le comte fit son entrée. Il était accompagné de la plus ravissante jeune femme qu’il me fut permis d’admirer, sa fille Anna Petrovna de Russie.

 

 La lumière reflétait le doux éclat blanc de sa peau, les traits de son visage, le bleu de ses yeux, sa chevelure d’un noir parfait, un corps digne d’une déesse. J’étais convaincu, et je le suis toujours, qu’Aphrodite n’aurait pas eu la pomme d’or face la vision de mon cœur. Même son regard embellissait le tout, il était si noble et si puissant qu’il se combinait à la tendresse de ses yeux pour donner un regard de pure beauté et d’un charme incomparable. Tout cela faillit me tuer car une telle beauté additionnée à mon statut de novice dans la matière rendait ce coup mortel, pouvant rendre fou quelques faibles d’esprit.

 

 

Mon cœur battait plus que jamais et tout cet amour qui naissait en moi semait confusion et désordre dans mon esprit. Je décidai donc avec le peu de bon sens qu’il me restait, de ne pas me précipiter comme un idiot pour ne pas risquer de perdre une bonne réputation ainsi quelle pourrait m’achever avec la blessure causée par cet amour et le simple fait de me rejeter. J’avais donc utilisé le temps du discours du Tsar pour reprendre mes esprits et rester calme le plus de temps possible.

 

Le bal commença enfin et l’Empereur ouvrit la danse avec la Tsarine, suivis de l’élue de mon cœur avec le Duc Charles Frédéric, de ses invités d’honneur puis de nous tous. Je dansais donc avec une femme plus que jolie et d’un tempérament si tendre selon mes amis que plus d’un homme la considèrerait comme une femme parfaite, mais l’image de ma bien-aimée restait par-dessus tout dans mon esprit, et rien ne détournerait mon attention d’elle.

 

S’il y eut un moment du bal qui m’intéressa le plus, ce fut bien celui-ci : après plusieurs heures passées à danser, le Tsar demanda que l’on change de partenaire et que l’on ne danse pas avec le cavalier ou la cavalière que l’on avait accompagnée au bal car le morceau qui allait être joué devait se danser dans ces conditions, conformément à une ancienne coutume.

 La pensée qui traversa mon esprit ne fut repensée une deuxième fois. Je m’avançai vers elle et je me présentai. Après lui avoir adressé quelques compliments, je l’invitai à danser et elle accepta. Le sourire avec lequel elle me répondit me fit perdre l’esprit et mon cœur s’enflamma de plus belle. Son charme était beaucoup plus important maintenant que je l’avais en face de moi et ses gestes étaient  parmi les plus majestueux que ceux que j’eus vu de toute la soirée. Nous dansions de plus belles et on nous observait, l’Empereur principalement. Il était fier de lui même, car il avait un sourire singulier, un sourire de triomphe car sa fête était une réussite.


Jan M., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.





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Devoir de Julie A.   (focalisation interne) :



Je m’assis confortablement juste au milieu de la salle. Elle était déjà presque comble.  Autour de moi, quelques couples bavardaient. Une odeur de pop corn flottait dans l’air. On entendait le bruit des sachets de friandises et des canettes de soda. Après quelques minutes, l’écran s’illumina et la salle tout entière fut plongée dans l’obscurité la plus totale. Tous les yeux se levèrent alors vers l’écran.

 

            Je dois dire que, dès les premiers instants, lorsqu’il apparut sur l’écran immense, je succombai.

 

Malgré sa jeunesse, il avait l’assurance des hommes d’âge mûr. Il était terriblement beau, élégant, plein de charme, son regard envoûtant et ses yeux bruns m’hypnotisaient. Il était grand, fort, il avait la carrure d’un dieu grec, à la frontière de la perfection. Il s’exprimait avec un léger accent londonien irrésistible, « so british », et une voix douce qui rassure.

 

            Le simple fait de le regarder me donnait des frissons, je ne pouvais le quitter des yeux. C’était comme si, attirée par une force mystérieuse, je ne pouvais plus me dégager.

 

            Il marchait rapidement dans les interminables rues désertes de Prague, empreintes encore de l’atmosphère des œuvres de Kafka et de la musique de Mozart. Il faisait nuit et un brouillard épais avait envahi la ville. La large rue était faiblement éclairée, à la lueur des réverbères. On pouvait entendre au loin le son des carillons de l’un des multiples clochers de la ville.

 

Soudain, on entendit un bruit de pas, il se retourna brusquement. Un bruit sourd retentit et une balle de plomb déchira sa poitrine. Le sang jaillit de sa blessure. Il tomba violemment contre les pavés humides. Son sang se répandait peu à peu. Il y eut un plan rapproché sur son visage et j’avais l’impression que nos regards se croisaient… Qu’il m’appelait à son secours, moi la spectatrice anonyme incapable de lui venir en aide. Il était devenu pâle, son regard se vitrait peu à peu, mais ses yeux restaient grands ouverts comme s’il voulait que je le regarde jusqu’à l’agonie. 

 

Je fus envahie par un sentiment de profonde détresse, j’étais au bord du désespoir. Je me levai d’un mouvement brusque et je poussai un hurlement de terreur.

 

Tous les yeux s’étaient tournés vers moi. Je courus vers l’écran, poussée par cette force mystérieuse qui m’avait pénétrée. Je m’arrêtais au milieu de ma course, réalisant soudain mon attitude insensée. Autour de moi, j’entendais les exclamations de désapprobation des autres spectateurs.


Je sortis de la salle en courant, horrifiée par mon attitude et encore toute tremblante de ce que je venais de vivre.

 

Tout en gravissant les marches qui me ramenaient à la réalité, je cherchais à comprendre cet élan désespéré que j’avais ressenti. Comment expliquer à qui que ce soit, même à sa meilleure amie, ce genre d’expérience ?

 

Je réalisai alors que cette scène que je venais de vivre reposait simplement sur des hallucinations. Mon imagination m’avait poussée à croire qu’il était possible de vivre un coup de foudre à travers un écran de cinéma.

 

Je crois qu’à ce moment précis j’aurais adoré me retrouver tel le personnage de Mia Farrrow dans La rose pourpre du Caire filmé par Woody Allen et que mon bel inconnu sorte de l’écran de cinéma, barrage à mes sentiments, pour m’emmener avec lui dans un monde idéal loin des regrets, des remords, des déceptions et des échecs du genre humain.

 

 


Julie A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.






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Devoir d'Antoine T. :



C’était un samedi.

Normalement, j’aurais dû aller promener mon chien au Jardin des Plantes, mais il pleuvait des cordes ce jour-là. Je décidai donc d’aller au muséum d’histoire naturelle. Je pris le métro à l’arrêt du quai de la gare et descendis un peu après à la gare d’Austerlitz.

 

Dix minutes plus tard, j’entrai dans la grande galerie après avoir payé une entrée étudiant à vingt euros. La nef était très imposante et les animaux naturalisés, nombreux, paraissaient extrêmement réels. La présence de balcons donnait beaucoup de volume à l’immense salle. Moi qui adorais les animaux, je tombais sous le charme de cette immense galerie dans laquelle des centaines de bêtes nous observaient comme si elles voulaient qu’on les nourrissent. Après m’être extasié devant tous ces animaux sans vie, je commençai la visite de l’arche de Noé.

 

Cependant, c’est à la fin de ma visite, deux heures plus tard, que cela devint vraiment intéressant. J’étais de retour dans la pièce principale quand je m’approchai d’un couple de mammouths. Hormis le fait qu’ils semblaient plus vrais que nature, à côté d’eux se trouvait la plus ravissante personne qu’il m’ait été permis de voir. Elle était brune, de taille moyenne, assez jeune et sa silhouette, très élancée. Ses yeux resplendissaient tels d’incomparables émeraudes et son visage fin était magnifique. En la regardant bien, je trouvais qu’elle ressemblait étrangement à la déesse Artémis en robe azurée en compagnie d’un couple de mammouths. Pour de nombreuses personnes  cette comparaison n’aurait pas de sens puisque Aphrodite est la déesse de la beauté mais d’après toutes les descriptions de déesses grecques faites par des poètes comme Homère, pour moi la plus belle reste la déesse chasseresse. J’arrivais difficilement à imaginer plus belle personne qu’elle.

 

Je l’observais depuis une demi-heure quand une voix annonça la fermeture du musée. Je maudissais celle-ci, voulant continuer à admirer ma déesse des heures durant. Pendant ces trente minutes, la jeune femme avait dessiné le couple d’animaux préhistoriques avec une précision qui était égale à la beauté de celle-ci. En m’approchant de la sortie, j’allai vers elle et la félicitai pour son dessin qui était à mes yeux un véritable chef d’œuvre. Elle me répondit par un merci ainsi qu’un magnifique sourire qui laissait découvrir une dentition éclatante, puis elle s’en alla, me laissant seul. A ce moment-là, j’avais bien peur de ne plus jamais la revoir, restant pour elle un parfait inconnu.

 

Par chance , la documentaliste qui avait dû me voir virer au rouge jugea bon de me préciser  que ma « bien aimée » était en fait une habituée du musée et qu’elle venait de temps en temps  ici-même afin de dessiner des animaux pour les peindre ensuite et les vendre après au marché.

 En apprenant cela, je sus que ce n’était certainement pas la dernière fois que je la voyais...

 

 

Antoine T., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.







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Devoir de Claire J. :



Focalisation interne

 

C’était un jour pluvieux de Septembre. Un Mardi. Mardi 28 Septembre 2001, précisément. Cette date est à jamais gravée dans ma mémoire. Cela s’est passé à Nice, un jour banal d’école. Il avait commencé à pleuvoir dans la nuit, mais depuis quelques heures, les éléments semblaient se déchaîner sur le petit abri bus sous lequel je m’étais réfugié. Un vrai temps de chien. Le déluge était tel que personne n’aurait été étonné, si l’arche de Noé avait débarqué à la place du bus. Il était à peine sept heures du matin et j’attendais, comme à mon habitude, mon car qui tardait. Saleté de bus. A ce moment précis de la journée, je détestais mes parents qui pensaient que « les transports en commun étaient la meilleure solution ». Pour eux, peut-être. Mais avaient-ils seulement pensé à moi, en prenant la décision de me laisser me débrouiller tout seul ? Soi-disant, pour mon autonomie ! Bref. Il faisait encore nuit et les voitures avaient allumé leurs feux qui m’aveuglaient et me faisaient grimacer. Peu à peu, ma mauvaise humeur s’accroissait, tandis que le froid devenait presque insupportable.

Soudain, à travers ces épais rideaux de pluie, je distinguai deux tâches lumineuses : un bus arrivait. Un collégien quelconque fit signe au chauffeur du car pour que celui-ci arrête son engin, ce qu’il fit. Sachant que ce n’était pas mon bus, je cherchai à apercevoir quelques personnes de ma connaissance dans celui-ci. Puis, soudain, mes yeux se posèrent sur Elle. Une explosion de lumière éclata dans ma tête et dans mon cœur. J’en restais abasourdi : cela ne m’était jamais arrivé. Cette jeune fille, qui avait déclenché en moi tant de jouissance, était assise sur un siège, seule, les yeux dans le vague. En quelques instants-je ne pourrais dire combien de temps s’était écoulé-elle devint ma raison de vivre. Elle accaparait toutes mes pensées et chaque fibre de mon être vibrait d’amour pour Elle.

Elle avait la grâce d’une princesse et, à chaque seconde qui passait, la grandeur de mon amour devenait plus intense encore.  Son visage d’une beauté presque irréelle était encadré de cheveux bruns qui mettaient en valeur ses magnifiques yeux d’un bleu turquoise dans lesquels j’aurais tant aimé me noyer. Ses lèvres étaient pleines et pulpeuses, et, dans mes rêves les plus fous, les miennes les rejoignaient dans une union parfaite qui me comblerait de joie pour l’éternité. Ses joues étaient légèrement rosées, à cause du froid, et un grain de beauté sous son œil droit soulignait la beauté de son visage. Elle portait une écharpe de couleur vive, ni trop épaisse ni trop fine, qui ne laissait rien dévoiler de son cou ou du galbe de sa gorge. Une veste reposait sur ses épaules, dignes et pudiques à la fois, que mes bras auraient voulu enlacer jusqu’à la fin des temps. Son teint hâlé, couleur de bronze, me donnait une folle envie de la caresser et de la recouvrir de baisers.

Mais ce qui fut pour moi l’apothéose de sa magnificence fut le sourire qu’elle m’adressa quand nos regards se croisèrent. Léonard de Vinci n’avait pas dû être plus ébloui par le sourire de Mona Lisa, que moi par le sien. Je n’eus pas la force de lever la main en retour, mais à mes yeux pétillants de larmes retenues, je crois qu’elle comprit que ce n’était pas par manque d’estime ou de politesse.

Quand le bus redémarra et s’éloigna de moi, emportant celle qui m’avait tant troublé, les célèbres vers de Paul Verlaine s’imposèrent à mon esprit : « il pleure dans mon cœur comme il pleut sur la ville ». Je la suivis du regard le plus longtemps possible, mais un virage la déroba à mes yeux. Tout mon corps et mon âme ne furent que souffrance et douleur, qui, me sembla-t-il, ne s’apaiseraient jamais. Et sans pudeur aucune, des gouttes d’eau salées roulèrent abondamment sur mes joues, sans un bruit, sans témoin de la scène, à part peut-être quelques voitures qui passaient à ce moment-là. Elle était l’amour de ma vie, je ne faisais que le découvrir, et elle avait emporté avec elle, comme preuve de mon amour éternel, une partie de mon cœur.

Quelques  minutes après, mon bus, que j’avais tant attendu, passa devant moi, sans que je fisse le moindre geste pour l’arrêter. Alors seulement, je remarquai qu’il avait arrêté de pleuvoir.



Claire J., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.






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Devoir de Charlotte F. :



Focalisation interne :

 

J' étais arrivé sur les lieux du jumping internationnal de Cannes situé à la pointe du Palm Beach face aux îles de Lerins d' oú l'on voyait les mouettes s'envoler au dessus de la prison du masque de fer. Le soleil se levait, la mer calme commençait à se réveiller sous le bruit des bateaux à moteur des pêcheurs les plus matinaux. Malgré mon émerveillement pour se paysage féérique, je devais retourner sur les lieux du jumping pour m'occuper de mon cheval et préparer la compétition ! Je me faufilai dans le camion de transport.
Il était là, mon fidèle destrier, et me regardait avec ses yeux doux, il était bai, élancé avec de longs membres puissant et une belle liste sur sa tête. Il s'appelait "Starlight". Je le pris par son licol avec une longe et l'emmenai dans le box qui lui était réservé.

Le temps qu' il s' habitue à son nouvel environnement, je me promenai sur le terrain du concours hippique, histoire de reconnaître les lieux. La belle carrière aux reflets dorés causés à la fois par le soleil et le sable, était entourée de nombreux petits chapitaux de toutes les couleurs en guise de restaurants où seul les plus privilégiés pouvaient  manger. Des gradins servaient aussi pour les autres amateurs d' équitation. Deux écrans géants étaient présents pour suivre de plus près les cavaliers. Il y avait foule, tous ces gens allaient et venaient, il entraient dans les stands, faisaient signer des autographes aux plus connus...
J'allai voir la carrière d'entraînement. Plusieurs chevaux tournaient dans cette carrière et sautaient déjà. Les entraîneurs accoudés à la barrière, criaient de leur vois puissantes des conseils à leur cavalier. Il régnait une atmosphère tendue. Je repartis car moi même je devais me détendre. De toute façon, il était temps de préparer "Starlight" et de me mêler aux autres cavaliers.
Je resserrai mes rênes, mis mon premier pied dans l' étrier. Je m' avisai alors que j'avais oublier ma cravache près du box de "Starlight". -A qui vais-je laisser mon cheval ? - me demandais-je . C'est alors que j'aperçus la plus ravissante persone que le ciel ait pu créer. J'avais le souffle coupé et mon coeur battait la chamade. J' étais subjugué... Sa tenue de cavaliere affinait encore sa silhouette. Ses cheveux blonds débordaient de sa bombe. J' étais ébloui. Elle avait un air serein, sa bouche enfantine me souriait délicieusement. Toutes mes pensées se focalisaient soudain sur elle. Elle devint toute ma raison d' être. Le hénnissement de mon cheval me reveilla : Je balbutiai :
- "Mademoiselle, voulez-vous tenir mon cheval, j'ai oublié ma cravache ".
Son sourire me ravit le coeur. Elle me tendit sa petite main gantée sans une parole. Je lui remis les rênes de mon cheval en tremblant et courus chercher cette fameuse cravache.

Durant ma course, je pensai à la façon de mieux faire sa connaissance, mais il m' était impossible de trouver une solution, j'étais trop envahi par son image.

De retour sur le terrain, elle était toujours là, je la vis qui regardait dans ma direction. Elle m'accueillit du plus ravissant son de vois que j' avais jamais entendu :

-"Alors, monsieur, vous l'avez trouvée, cette fameuse cravache ?".
Je rougis, un nuage d'amour m' inonda. Elle rougit à son tour. Je me décidais alors à l'inviter à dîner le soir-même pour la remercier. Elle accepta, sembla-t-il, avec bonheur.

C'est alors que la cloche retentit pour le départ du premier concurrent. J' étais le vingt-sixième et elle m'aprit qu'elle était le vingt-cinquième. Nous nous mîmes en selle après ce long moment d' intense émotion...

Mon cheval était en pleine forme, je reprenai de l'assurance. Trente minutes plus tard, la cloche avait sonné pour moi et je m' élançai sur le premier obstacle... Je me sentai comme dans un rêve. Starlight avalait les obstacle à une vitesse remarquable, il n' avait peur de rien. Malgré l' allure à laquelle on allait, je repensai quelques secondes à l' élue de mon coeur, elle avait d'ailleurs fait elle-même un très bon parcours. Je finis mon épreuve en quarante-deux secondes cinq. J' étais sur la troisième place, et j'y restais car personne ne fit mieux. Elle fut classée deuxième.

La soirée fut délicieuse, on mangeait tous les deux dans un restaurant sur le sable, face au feu d' artifice du 14 juillet, anniversaire de la prise de la Bastille. Les éclats des feux se reflétaient dans ses yeux, nous étions heureux.

Je ressentai tout le bonheur qu'un homme peut recevoir autant pour ma place du jumping que pour cette merveilleuse rencontre. Je réflechissais à nos projets futurs, peut-être se marier, avoir des enfants, voyager, participer aux jeux olympiques... Une nouvelle vie était devant nous.


 

Charlotte F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.






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Devoir de Pierre-Damien G. :




1793. La Vendée se soulève pour le retour au trône du roi Louis XVII.

Jean, jeune vendéen, marche aux cotés du général Charette vers Nantes.

 

        La lune était belle. Sa lueur porcelaine se reflétait en parcelles sur le fleuve agité.                     Au loin, cette même clarté laissait deviner les premières façades de l’ex-capitale des Ducs.          Je savais que de l’autre côté, sur la route de Vannes, se trouvait mon père auprès des généraux Cathelineau et d’Elbée, également en route pour Nantes. Ma petite taille ne me permettait pas de percevoir la dimension de notre armée, mais je distinguais dans les yeux de mes camarades avoisinants, une détermination qui les avaient conduits jusqu’ici, loin de leurs foyers.                                                                                                                                                                                                                     

L’enjeu de cette bataille était impressionnant. Allait-elle être décisive? Remettre en cause la proclamation de la république, prononcée quatre ans plus tôt? Si Nantes rendait les armes, c’est toute la Bretagne qui se soulèverait pour la cause de ces nobles paysans.                                                                     Tandis que les Bleus* ramassaient leurs armes à la vue des insurgés, une masse s’était assemblée sur le chemin de Charette. Ils étaient les paysans des alentours nantais.                      Un peuple à qui  tout avait été enlevé,  pillé. Seul subsistait leur foi ,demeurée intacte car inébranlable. Ce soulèvement royaliste était leur espérance, la révolte enfouie en eux.             

Cette confiance pesait sur les épaules de Jean. Sentant ses joues rougir, il inclina son visage et contempla son chapelet, suspendu à son cou. Comme en réponse à une prière, une main lui tendit un pain. Surpris, il chercha du regard d’où provenait cette attention, et découvrit un visage plein de tendresse mais aussi de compassion.                                                                          Jean ouvrit grand ses yeux et sentit d’abord sa tête tourner, comme si la terre se dérobait sous ses pieds. Les valves de son cœur s’ouvrirent en grand pour laisser passer l’afflux de sang qui abondait violemment dans ses veines. Ses tempes bourdonnaient. Le paysage autour de cette inconnue se mit à changer, vaporeux. Dans le ciel les nuages glissèrent, laissant filtrer le rond d’une lueur brillante.                                                                                                                              Une voix lointaine se fit entendre, réveillant l’esprit du jeune garçon. Et, soudain, les nuages recouvrirent à nouveau la lune.                                                                                                                       Jean remarqua qu’il ne s’était pas arrêté, et que la jeune imprévue était à présent loin derrière lui. Un petit pain chaud était serré sur son cœur.                                                                          Une fine pluie se mit à tomber, il s’arrêta, leva la tête et lui offrit son visage. Il ferma les yeux, et ses paupières furent envahies de milliers d’étoiles. En reprenant le cours de sa marche, ses épaules semblèrent étrangement libres.

 

*Bleus : surnom donné aux républicains par les Vendéen (dits les « Blancs »)

 

Pierre-Damien G., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

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Devoir de Maëlle Q. :

L’approche de Noël était perceptible dans la capitale de l’amour. Plus les minutes s’écoulaient, plus je percevais distinctement l’agitation que procurait cette fête à la fourmilière parisienne, dans laquelle je fus contraint de me fondre. Celle-ci s’aventurait d’un pas furtif et résolu dans les innombrables rues où s’engouffraient des bourrasques de vent frais. Heureusement, les piétons s’étaient soigneusement emmitouflés dans des écharpes effilées et enveloppés de manteaux amples prévus pour l’hiver. Cette foule, active et enthousiasmée par l’approche de ces festivités, grouillait sur les trottoirs étroits afin de se munir de dernières futilités ainsi que de cadeaux choisis à la volée, sans grand soin par manque de temps. Tous ces énergumènes ne rêvaient, ne pensaient, ne parlaient que de cela. Si bien que le réel esprit de Noël se dissipa prestement sur la Seine,  paisible et vêtue de sa plus belle robe de mousseline diaphane que produisait le reflet éclatant de la lune incandescente, haut perchée dans le ciel. Je me souvins alors avoir vu la veille sur le pont Alexandre III un sapin solitaire un peu malingre, qui serait bientôt affublé d’un déguisement grotesque et bigarré et qui l’empêcherait de voir le jour jusqu’à ce que chacune de ses épines tombe de lassitude.

             Cette effervescence contagieuse m’oppressait. Elle se faufilait sous toutes ses coutures dans les rues de la ville, allant du boulevard de la Madeleine jusqu’à Montmartre en passant par le quartier de Pigalle. Celle-ci s’alimentait de bruits ambiants tels que la congestion des automobiles et les notes de musique volatiles s’échappant de la gare Saint Lazare vers laquelle je me dirigeai, lourd et pensif, pour prendre le premier train à destination de Savigny-Sur-Orge. Je pressentais que le train serait  bondé de voyageurs partant rejoindre leur famille pour les célébrations de Noël. Cela ne fit qu’accroître mon affliction et ma solitude. Je m’avançai alors vers un banc vert criard qui avait déjà dû accueillir maintes âmes errantes au cours de son existence.

         Une vingtaine de mètres me séparait de lui lorsque tout se figea autour de moi. Les cris des enfants en bas âge tirant sur la jupe de leur mère se turent, le brouhaha assourdissant devint un lointain souvenir et les crissements des bagages à roulettes se dissipèrent avec les accords harmonieux d’un guitariste amateur aux mains érudites. J’étais le seul à pouvoir discerner cette accalmie car tous mes sens s’étaient mis au repos, excepté mon sens visuel qui se développa instinctivement afin que je puisse profiter pleinement de la vue exquise qui s’offrait à moi, celle d’une femme resplendissante. Cette dernière vint s’asseoir sur le banc vert qui parut instantanément plus noble. Sa simple présence ravivait et embellissait tout ce qui l’entourait, tout comme cette gare poussiéreuse et terne qui devint un endroit chaleureux. Cette demoiselle était d’une pure beauté, entraînant sur son passage une lumière vaporeuse qui la faisait rayonner.

          J’examinai tout d’abord son profil qui manifestait une élégance parfaite avec un nez aquilin et des joues veloutées délicatement rosées. Mon regard se déversa ensuite le long de ses longues et fines jambes ombrée de noire par ses collants opaques et sur ses minces chevilles disparaissant dans de petites bottines couleur caramel, assorties à son foulard noué autour de son cou si frêle et sensuel que j’aurais pu y déposer une infinité de baisers.

Mon champ visuel s’immobilisa sur elle. Autour de moi, tout devint banalité, comparée à cette charmante personne qui m’avait instantanément envoûté. Mes pas, légers et réguliers, me donnèrent l’impression de marcher sur des nuages de coton. Je me sentais flotter dans l’air que je humais à pleins poumons afin de reprendre mes esprits car je me voyais déjà gambader dans ses cheveux blonds comme les blés. Toute ma rancœur envers cette foule bruyante et le fardeau de ma solitude qui tenaillait mon cœur, disparurent en un instant. J’étais vraisemblablement troublé et subjugué au plus haut point par cette femme car je trébuchai sur le sac d’une vieille dame. J’essayais tant bien que mal de me ressaisir en essuyant les gouttes de sueur qui perlaient sur mon front. Puis je m’assis aux côtés de la belle. Mon cœur battait avec une telle vivacité qu’il faillit se déchirer d’amour.  Voyant le désarroi avec lequel je m’était assis, elle se tourna vers moi et demanda : « Vous allez bien, Monsieur ? ». Je fus tellement surpris par sa délicatesse et par la splendeur de son visage que je balbutiai quelques mots inaudibles : « Oui, oui. Tout va bien… merci ». En me donnant l’immense privilège de lui parler, elle avait eu l’extrême bonté de m’accorder l’espace d’un seconde son regard. Ses iris qui faisaient fusionner l’argenté, le bleu et le vert engendraient en elle le mystère, et en moi, le désir. Sa bouche en cœur était divinement sucrée par un rouge à lèvres chocolat. La mienne fut incapable d’émettre un quelconque son tant les mots s’entrechoquaient perpétuellement dans ma tête. Quand je me décidai enfin à lui parler, je la vis se lever vertueusement en direction du train fraîchement entré en gare. Son parfum se diffusait en vagues déferlantes, me transportant jusque dans le sud de la France, dans la ville de Grasse tandis que le rythme de ses pas guidait les battements de mon cœur, triste et délaissé. Sa merveilleuse silhouette longiligne se déhanchait avec grâce jusqu’aux portes du compartiment qui se refermèrent sans crier gare sur une femme extraordinaire.

 

 

 

Maëlle Q., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

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Devoir de Lucie D. :

« Zut ! »

Mon appareil photo venait de tomber dans la Seine. Les canards se ruèrent sur lui alors qu’il descendait, lentement, emporté par son poids au fond du fleuve. L’eau, si sale, ne pouvait nous laisser entrevoir les habitants qui s’y cachaient.

La cheminée cracha une fumée opaque sous le soleil couchant de ce bel après-midi, alors que sur le bateau-mouche, la foule formant une marée noire, s’agita sur le pont supérieur à la vue de la Cathédrale Notre-Dame de Paris.

Seule,  je restai en bas, accoudée à la rambarde, dépitée, observant le sillage du bateau. Tous mes souvenirs étaient à l’eau ! J’entendis alors des bruits de pas  venant de l’autre bord du navire. Quand mes yeux se posèrent sur le visage auquel ces pas appartenaient, je fus totalement éblouie par cet être si beau, si raffiné. Bel homme, pas de femme à l’horizon, pas de bague au doigt, c’était celui qu’il me fallait !

Des cheveux noirs aux tempes argentées encadraient des yeux d’un bleu si profond qu’on aurait pu plonger dedans sans hésiter. Avec un sourire éclatant, il me regarda, amusé. Une fossette creusée près de ses lèvres le rendait si séduisant. Je fus immédiatement sous le charme. Mes jambes se dérobèrent sous moi, et je dus m’accrocher vivement pour ne pas glisser au sol. Une véritable guimauve ! Mon cœur battait à tout rompre et je dus faire un effort surhumain pour garder un air que je voulus naturel. De lui, se dégageait une telle élégance, une force tranquille, de l’aisance, de l’assurance. Je voulus de toutes mes forces paraître à mon avantage, mais j’étais toute chose !

Gênée, je ne jetai que quelques petits regards par-dessus mon épaule.

La Cathédrale passée, nous nous dirigeâmes en direction de la Tour Eiffel. Les passagers redescendirent et je perdis de vue mon bel inconnu dans tout ce monde. Quelques instants plus tard, alors que nous nous apprêtions à passer sous le Pont Alexandre III, le plus majestueux de cette merveilleuse ville qu’est Paris, la voix d’une femme se fit entendre dans les haut-parleurs du navire.

« Mesdames et messieurs, nous passons à présent sous le Pont Alexandre III, d’une longueur de cent neuf mètres et d'une largeur de quarante mètres, entièrement métallique. Il est le seul de Paris à être construit d’une seule arche et donc sans pilier central. Vous pouvez ainsi observer les Nymphes portant les armes de Paris au centre du pont, et les statues équestres de bronze dorées sur les quatre colonnes ici présentes… »

Tout cela devint vite pénible. Je m’ennuyai. Triste de ne plus le voir, je me raccrochai au souvenir de cet instant magique : son sourire embellissait alors mes pensées.

Le soleil disparaissait peu à peu et le ciel eut des couleurs bleues et roses magnifiques. Les nuages semblaient être de la barbe-à-papa, cela me donna envie d’en croquer un bout.

Le bateau avançait à une allure constante et tranquille, nous allions arriver au but principal de cette visite, enfin voir le monument le plus visité au monde: la Tour Eiffel. On devinait déjà le sommet à travers le feuillage vert des arbres qui longent la Seine. Quand soudainement, quelqu’un m’adressa la parole avec un certain accent italien :

« Excusez-moi Mademoiselle, pouvez-vous me laisser une place à côté de vous ? »

Je me retournai et vis le bel homme au sourire ravageur. Sa voix si douce et si rassurante me fit de nouveau perdre la tête.

Moi, qui avais étudié la langue italienne au lycée, je ne me débrouillais plutôt bien. Mais là, je ne pus lui répondre. J’étais comme pétrifiée, j’en perdis mes mots.

 

Lucie D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

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Devoir de Luc H. :

Je frissonnai légèrement lorsque, entré à ma suite, une bourrasque de vent glacé me frappa. Je refermai en hâte la porte vitrée du hall de l’immeuble dans lequel j’étais rentré. Quelques flocons de neiges tourbillonnèrent  au mouvement de mon long manteau et vinrent s’évanouir sur le paillasson de l’entrée. N’aurai-je pas mieux été emmitouflé dans une couverture, sirotant une infusion et savourant le génie d’Hitchcock que nous proposait « Arte » ce soir ? La Mort au Trousse, course poursuite palpitante sacrifié pour être ici, dans ce Hall d’entrée aux allures d’Opéra, le mauvais goût chez les médecins, les psychanalystes plus particulièrement, est décidément de rigueur. Oui je consultais un « psy » : rupture difficile, problème de socialisation, sans doute un choc émotionnel dû au manque affectif vis-à-vis de mon grand frère dans mes jeunes années ou que sais-je encore. Quoiqu’il en soit, je me retrouvais dans l’entrée d’un immeuble du Quai Branly,  suffoquant sous la soudaine chaleur régnant à l’intérieur, je me dévêtis de mon manteau, de mes gants et me dirigeai vers l’ascenseur, heureux de quitter le blizzard qui faisait rage dehors  en ce mois de Novembre 1998. Je refermais le grillage de l’ascenseur et appuyais avec insistance sur le bouton du troisième étage, je souris au souvenir de mon patron me « conseillant », je me demande si c’est le mot approprié,  de  consulter  pour mes sautes d’humeurs avec mes collègues et moi, employé sérieux et docile, j’obéissais… 
                L’ascenseur se mit en mouvement, et je vis de l’autre côté de la grille les marches de l’escalier, que je n’avais pas pris, par pure paresse, hautes, toutes de marbres, du moins cela en avait l’aspect. Soudain, une silhouette passa devant moi, svelte. Cette apparition, pas plus qu’une ombre me stupéfia, je me tournais pour pouvoir me ravir le plus longtemps possible de ce corps gracieux, avant qu’il ne disparaisse… 
                J’écrasai la paume de ma main sur le bouton « Stop », l’ascenseur ne s’arrêta pas tout de suite et j’arrachai presque le grillage pour sortir lorsqu’il le fit. Je descendis les marches quatre à quatre. Au diable ce Freud raté, poussant à chaque séance l’introspection en mon crâne toujours plus loin. Et quelle finalité à tout cela? D’infimes problèmes tout justes utiles à justifier ses appointements, j’avais désormais une nouvelle thérapie, beaucoup plus exaltante et qui me plongeais dans un état de frénésie jusqu’alors inconnu. Je me trouvais à nouveau dans le Hall, affreusement décoré d’œuvres abstraites, reproductions échoués d’œuvres déjà sans attraits, de Picasso, dans ses premières toiles cubistes ou encore de Pollock, tâches de couleurs outrageusement appelé « Tableaux ». La porte battait encore, je jaillissai dehors, le froid me saisit instantanément mais mon cœur, lui, irradiait, véritable magma en fusion. En un bref moment, une rafale de vent souffla rageusement emportant son lot de flocons qui heurtèrent mon visage nu en d’infinis petits picotements froids, la femme aperçue dans l’ascenseur se retourna vers moi. Le temps s’arrêta, juste un instant, le temps pour moi de voir cette merveilleuse créature dans son ensemble. Mon regard embrassa  timidement  son corps, d’une taille plutôt petite, fine, tressaillant dans le froid car elle n’était couverte que d’une robe de soirée, belle, admirablement bien découpée semblant taillée pour elle, ne dénotant pas une richesse extravagante mais une beauté simple et ravageuse. Habituellement j’aurai souri, les femmes endurent des situations extrêmes sans sourciller si cela peut les présenter joliment aux yeux du monde, mais là… J’avais devant moi une succube, des hanches bien dessinées, une poitrine parfaite, des épaules délicates sur lesquelles retombaient, après la bourrasque, de longs cheveux d’ébène, soyeux, en accord admirable avec un visage encore plus doux. Ses traits recelaient quelque chose de … Sauvage, une beauté mystique. Ce portrait se finalisé par un petit nez mince, des pommettes hautes et  des sourcils fins qui surmontaient le véritable chef d’œuvre en cette femme: ses yeux. Etait-ce du bleu, du gris ou bien du vert ? Ces yeux en amandes étaient bordés de longs cils, son iris était le passage qui menait à son cœur et ma pensée aurait pu s’y perdre pour l’éternité. J’étais pétrifié. Elle était la Gorgone qui m’avait changé en pierre, j’étais Tantale, à qui le fruit convoité était essentiel mais inaccessible, ce fruit, ces lèvres, pulpeuses, tranchant par leur naturel rouge avec la candeur de sa peau. Sa chevelure animée par le vent rageur fouetta mon visage, apportant une fragrance unique, enchanteresse qui finit de combler mes sens. Puis ses lèvres énoncèrent quelque chose, que mon esprit, tiré de sa rêverie, mis un certain temps à assimiler :
« Mon visage est-il si hideux pour que vous me dévisagiez ainsi ? » Alors qu’elle avait parlé, un de ses sourcils c’était relevé, ainsi que les commissures de sa bouche, faisant apparaître d’adorables fossettes. La tentation d’agir en Satyre me vint à l’esprit, mais cette magnificence me sembla soudain éternelle et ne pourrait jamais être brisée. Je murmurai un « Point du tout » inaudible que déjà, elle s’en allait faisant tourbillonner les flocons dans son sillage, poussière d’étoile, queue de comète. Astre coruscant privant mon cœur de l’éphémère éclat qu’il avait amené. Mes maxillaires se contractèrent, mes poings s’abattirent sur le mur le plus proche à plusieurs reprises, les laissant sanglants, pourquoi étais-je couard à ce point ? Je tombe à genoux, une perle rouge tâche la neige, une bouche. Je lève les yeux, un avion passe illuminant la voute céleste de lumière verte, des yeux verts ! Oui, c’est çà ! De magnifiques yeux verts, qui s’évanouissent dans l’oubli…

 

Luc H., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

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Devoir d'Aurore B. :

 

 

 

C‘était une journée plutôt suave pour la saison. Les platanes portaient leur robe jaune orangée si douce à l’œil. Quelques feuilles déjà tapissaient les chemins entourant les quatre bassins du palais. La brise matinale me caressait le visage. J’adorais cet endroit et cela depuis la première fois où je vins y lire. Cette atmosphère me reposait. J’essayais d’y venir régulièrement mais cela m’était difficile depuis les émeutes de juillet, la Révolution, la prise de La Bastille et les nombreux pillages qui s’en suivirent. Mon père avait peur que le Petit Trianon soit, lui aussi, assailli et refusait donc parfois que j’y vienne.

Comme à mon habitude, je m’assis sur le banc le plus proche du bassin. Un homme se tenait à l’autre bout de la banquette. Il ne me semblait en aucun cas familier et ne releva même pas la tête lorsque je pris mes aises. De cette place, il m’était facile de contempler le belvédère, un petit bâtiment hexagonal surmonté d'une balustrade dont les sculptures représentaient les Quatre Saisons. Il avait été érigé en 1777 par Richard Mique à la demande de Marie-Antoinette. Tout au long d’une frise couraient des guirlandes de fleurs et de fruits peintes de couleurs.

Je sortis mon livre, l’ouvris là où j’avais pris la peine de disposer mon marque-page et je repris ma lecture là où elle s’était arrêtée. C’était un livre où Candide était le héros. A cette période, les idées révolutionnaires des Lumières m’intriguaient beaucoup et je prenais plaisir à en lire les ouvrages.

Le vent s’était alors levé, les feuilles tombantes dansaient somptueusement dans les airs. Mon marque-page s’envola soudainement et s’arrêta, à l’autre bout du banc, auprès de l’étrange inconnu. Il leva alors la tête, prit l’objet ayant détourné son attention et me le tendit. Je n’avais jamais vu une beauté semblable, si pure et à la fois si énigmatique. Je récupérai mon signet et touchai par inadvertance cet étranger devenu si cher à mon cœur. Ses mains étaient très soignées, sa peau délicate et douce. Il me sourit. Son regard si profond, si sincère, me désarmait déjà. Plus rien alors n’avait d’importance. Ses grands yeux verts m’absorbaient totalement. Je l’examinais aves minutie, oubliant jusqu’à ma main touchant la sienne. Son nez aquilin était d’une parfaite longueur. Ses joues, rosées par le froid, le rendaient séduisant. Je repris alors mes esprits. Me rendant compte du contact inopiné que j’avais avec lui, je décidai de recouvrer mon bien. Je commençai à balbutier, gênée par la situation. Il en rit, me dit qu’il n’en pensait que du bien et qu’il était surtout enchanté par cette rencontre. Nous parlâmes alors de tout et de rien. Il me conta l’un de ses voyages en Autriche. Nous en rîmes beaucoup. Je l’aimais plus encore. Je suis aujourd’hui persuadée que quiconque aurait assisté à cet échange aurait interprété à travers mes yeux la joie, le bonheur, l’amour qu’il m’inspirait.

Puis l’horloge du palais sonna midi. Je devais aller rejoindre ma mère et mes sœurs à l’entrée du jardin anglais. Je lui expliquai la situation. Il se leva, me baisa la main, me dit qu’il était heureux de cette matinée passée en ma compagnie, qu’il était impatient de me revoir à cet endroit même, bientôt. Je partis avec cette certitude, ne pensant qu’à ce merveilleux moment, ne pensant plus qu’à cet homme dont j’étais tombée follement amoureuse.

Depuis ce jour, je viens quotidiennement au palais. Je m’assois toujours au même endroit, je lis ce livre que je connais maintenant par cœur.

Aujourd’hui, il neige sur Paris. Nous sommes en janvier de l’année 1804. Et comme ces quinze dernières années, j’attends, j’espère…

Aurore B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

 

 

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Devoir d'Elliott B.

 

            Je transpirais abondamment en sortant du court de squash. Des perles de sueur et de larmes salées dégoulinaient de mon front, rencontraient comme seul obstacle mes sourcils, puis en faisaient le tour pour continuer leur descente le long de mes joues rouges. Mon t-shirt de sport me collait à la peau et mes jambes lourdes de fatigue me donnaient une démarche nonchalante. De plus, ma victoire injuste, volée par un arbitre  dont l’impartialité était loin d’être la qualité première, m’avait agaçé, énervé et surtout, déçu. Je trouvais injuste de se faire voler en demi-finale, alors qu’une place en finale et une qualification pour les championnats de France étaient en jeu.

 

            Muet en sortant du court, refusant de serrer la main à l’arbitre, des pensées noires traversant mon esprit, tout semblait s’effondrer autour de moi. Dans mon esprit tracassé, tout le monde semblait être contre moi, une vague de paranoïa m’envahit et je vis des gens rire de moi, se moquer de moi en me regardant d’un air satisfait. Mais ce qui m’insupportait le plus étaient certains regards de pitié et de compassion comme si j’étais un vulgaire enfant incapable de m’occuper de moi-même. Tout le monde… Tout le monde sauf cette jeune fille, en blanc, un verre d’eau à la main, assise sur le canapé en face de moi à l’autre bout de la salle. Elle aussi sortait d’un match. Je voyais ça à la fatigue bien marquée sur son visage, elle me semblait parfaite, comme sortie d’une publicité de télévision. Elle avait des cheveux longs, blonds, qu’elle portait détachés. Ses dents blanches et brillantes me souriaient et ses yeux… Ses yeux ! Sans m’en rendre compte, je fixai ses yeux bleus avec intensité. Ils m’envoûtaient, m’attiraient. Une déferlante d’émotion m’engloutit, mon corps regagna sa vigueur, et j’eus la vague impression que mes larmes séchèrent instantanément, remplacées par une bouffée de chaleur indescriptible et une nouvelle raison de vivre. Un sourire fendit mon visage de l’oreille droite à l’oreille gauche et je savais que je devais avoir l’air idiot, mais je ne voyais plus les gens autour de moi. Seulement elle, un ange descendu du ciel pour m’emporter au paradis.           

            Puis, soudainement, une nouvelle émotion emplit mon cœur, le courage, la force, je me sentais indomptable, tout-puissant. Mon courage me gonflait de l’intérieur, un peu plus chaque seconde. Je me sentais grand, fort et irréductible et je décidai de me lever. D’un pas ferme et assuré je marchai vers elle et malgré mon invincibilité, une certaine appréhension me gagna, la peur du rejet et de l’humiliation. Rien ne pouvait m’arrêter, tout allait bien se passer… J’espérais. Je poursuivis ma route, mes yeux rivés sur elle, elle tourna la tête, me vit, et sourit. J’étais sur un nuage, je flottais, j’étais heureux puis j’heurtai la table basse, hurlai et m’écroulai. Tout le monde s’agita autour de moi, sauf mon aimée qui ri et qui semblait s’éloigner au fur et à mesure que ma vue devenait floue. Je ne pouvais pas la laisser partir avec mes rêves d’amour et puis je devais me rattraper après m’être ouvertement et complètement humilié devant elle. Je me dégageai de la foule, et je la suivis en titubant un peu.

            « Excusez-moi ! Excusez-moi ! » Je ne sais pas si je parlais trop fort ou pas, mais peu m’importait, tout ce qui comptait c’était de pouvoir lui parler. « Excusez-moi ! ». Elle se retourna et mon cœur se mit à battre de plus en plus vite, j’eus le souffle coupé court et je sentis mon visage devenir rouge pivoine. « Oui ? » Sa voix était douce comme le velours et m’hypnotisait à en perdre les sens. J’avais complètement oublié ce que je voulais lui dire, des mots faillirent sortir de ma bouche au hasard. J’aurais pu lui réciter A une passante de Baudelaire, mais seules des phrases ridicules traversaient mon esprit. La seule chose qui me vint fut :

            « Je… Vous… Est-ce que vous avez l’heure, s’il vous plaît ? » Au moment même où cette phrase sortit de ma bouche, je fus couvert de honte. Mon visage devint encore plus rouge et je fermais les yeux pour ne pas voir sa réaction. Sa réponse me fit chanceler et je sentis le malaise approcher.

            « Il y a une horloge là. », dit-elle en pointant son doigt vers le mur. J’ouvris les yeux justes à temps pour la voir sortir du club, ses cheveux flottants de gauche à droite. Quand la porte claqua, mon visage s’empourpra de plus belle. Je me retournais et vis un rassemblement de joueurs me fixer. Je pris une bouffée d’air et le sourire aux lèvres je déclamai :

« Fugitive beauté

   Dont le regard m’a fait soudain renaître

   Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ? »

 

Focalisation Interne

 

 

Elliott B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

 

 

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Devoir de Léo S. :

 

 

Ah l’été! La saison des amours par excellence… Quel meilleur endroit qu’un camp au bord de la mer, sur les plages de port Camargue, pour une rencontre amoureuse? J’étais venu pour le soleil et les plages, néanmoins  je savais qu’il y aurait sans doute une fille prête a faire chavirer mon cœur le temps des vacances.
Dès que mon premier regard se posa sur elle, je savais que mon cœur ne se contenterait pas de l’apprécier, que mes yeux ne pourraient pas seulement la regarder et que mon nez serait incapable de uniquement la sentir ; mon coeur l’aimerait, mes yeux l’admireraient et mon nez humeraient ses odeurs divines. Elle était là, étendue sur le sable, ses cheveux « castaña » ondulaient naturellement. La chose la plus frappante chez elle était sa pureté, tel la déesse grecque de l’amour Aphrodite. Aucune sorte de maquillage ou quoi que ce soit  qui reflétait une fausse beauté, elle incarnait la beauté naturelle. Je n’arrivais pas à me persuader de m’aventurer à lui parler. J’admirais ce que je considérais comme un être parfait, LE chef d’œuvre de la nature.

Je la croisais tous les jours, soit sur la plage, le matin, lors des repas ou des temps libres. Je n’osais jamais l’aborder, un seul de ses regards me satisfaisait. J’étais convaincu qu’avant le fin du séjour j’allais pouvoir  passer au moins un moment avec elle.

Tout s’enchaîna le dernier soir, lors d’une soirée dansante. Elle m’accorda trois danses, dont celle qui clôturait la soirée. Cette dernière fut révélatrice, nous étions en parfaite osmose, comme si nous avions répété ces pas depuis notre naissance. La fin de la chanson arrivait trop vite, nos mains ne voulaient pas se lâcher. Nous nous regardions tandis que tout le monde quittait la salle. Je voilais l’embrasser et je savais qu’elle me rendrait l’amour que j’attendait en acceptant ce baiser. Mais je ne voulais pas trop souffrir. Nous étions comme deux gouttes d’eau dans un nuage, qui ne voulaient pas descendre sur terre et se séparer pour toujours. Nous restâmes toute la nuit à parler pour profiter de nos derniers moments ensemble.

« L’idée que je devrais, à un moment où a un autre, dans quelques minutes ou plusieurs heures, regarder autre chose, parler a quelqu’un d’autre, retourner à la vie normale, la vie d’avant elle, cette idée m’était insupportable. C’était un rêve dont on ne voulait pas se réveiller. » Cette phrase de Beigbeder exprimait à merveille  mon sentiment à son égard.

L’heure du départ arriva, je savais que nous nous reverrions un jour ou l’autre, même si ça devrait être au paradis : j’attendrai ; mon cœur ne l’oublierait jamais. Ce jour là, il plut, les gouttes se dispersaient sur la terre, mais tout le monde sait que celles-ci s’évaporent pour se retrouver à nouveau dans leur nuage.

Léo S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

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Devoir d'Aïda Z. :

 

(Focalisation interne)

Je sentis le train décélérer peu à peu ; le battement des rouages heurtant les rails ralentissait dans un bruit métallique. Sa course prit fin devant une foule de gens aux visages crispés de fatigue et de stress qui attendaient l'heure du départ avec impatience.

En s'ouvrant, les portes laissèrent entrer le vacarme que produisait ce va-et-vient incessant qui me donnait la migraine. Cela fourmillait de tous les côtés et je me sentais perdue au milieu de cette grande gare qui m'était totalement inconnue.

J'avançais alors timidement parmi ces corps qui me bousculaient sans même s'en rendre compte. La grande horloge centrale indiquait dix-sept heures trente-cinq, ce que confirma la voix uniforme d'un ton presque robotique : "Bienvenue en gare de Lyon, il est dix-sept heures et trente-cinq minutes".

Le train avait donc du retard. Je ne pu m'empêcher de manifester mon mécontentement par un soupir qui laissa s'échapper de ma bouche une épaisse buée blanche. Il faisait déjà nuit et l'obscurité de cet immense espace où se croisaient les voyageurs me fit frissonner, ou peut-être était-ce le froid auquel je n'étais pas habituée.

Ce long voyage m'avait beaucoup fatiguée et je me hâtais de retrouver mon amie chez laquelle je venais passer la semaine. Je la cherchais d'un regard désespéré sans la trouver. Alors je continuai à avancer en tirant derrière moi une valise qui traversait péniblement la cohue. Heurtée de part et d'autre, je senti monter en moi une angoisse que j'avais du mal à réfreiner. Si seulement je pouvais apercevoir le visage familier de mon amie ! A défaut de cette vision réconfortante, le kiosque à journaux, situé quelques mètres plus loin, m'apparut comme une alternative satisfaisante. Je m'y avançai alors et m'y adossai avec soulagement.

Alors que je relevais la tête après avoir attrapé mon téléphone du fond de mon sac, je le vis. Comme si Cupidon m'avait lancé l'une de ses flèches, tous mes problèmes disparurent et le bruit intense qui m'entourait me paraissait de plus en plus lointain. Mon regard ne pouvait se détacher de ce jeune homme, seul, devant moi. Et lui aussi semblait déboussolé au milieu de cette bousculade sans fin. Il était radieux dans ce pull turquoise qui mettait en valeur ses yeux d'un bleu azuré dans lesquels j'aurais voulu me plonger. Son regard enivrant se perdait dans un tourbillon de visages.

Une légère brise décoiffa ses cheveux aux reflets blonds et laissa envoler l'une des nombreuses feuilles qu'il serrait contre lui. Il était terriblement beau, je cru rêvé. Je me baissai alors fébrilement pour ramasser la feuille égarée qui était tombée à mes pieds. Tandis que je me relevais, je pu en observer le contenu: un croquis esquissé au fusain. Les traits étaient délicats et bruts à la fois. Sur le moment, il ne me semblait jamais avoir vu auparavant un dessin aussi magnifique. Le jeune homme s'avança vers moi à grands pas, évitant avec difficulté les mouvements brusques de la foule.

Je tendis alors ma main tremblante pour la lui rendre. Il me dévisageait de son regard qui me fit perdre l'esprit, bien qu'il m'ait déjà échappé. Il attrapa la feuille de l'autre bout et sur son visage parfaitement tracé, se dessina un sourire d'une splendeur éclatante et laissa apparaitre deux petites fossettes au coin de ses lèvres. Je senti en moi une bouffée de chaleur qui montait jusqu'à mes joues qui rougirent. Mon cœur s'emballait et battait de plus en plus vite. Et alors que je mourais d'envie de le serrer contre moi,  il me dit: " Merci !" d'une somptueuse voix. Ce mot résonnait en moi et atteignait mon cœur qui s'emportait. J'aurais voulu lui parler plus encore, mais alors qu'il s'apprêtait à s'en retourner, je sentis sur mon épaule quelqu'un qui tapotait avec son doigt. Je me retournai alors et devant moi, mon amie me souriait et me prenait dans ses bras. Je me laissai faire sans prononcer la moindre parole car j'étais encore sous le choc d'avoir rencontré si fortuitement le jeune homme aux côtés duquel j'aurais voulu passer ma vie toute entière.

Je me retournai alors une seconde fois pour voir mon bel inconnu à qui je n'avais malheureusement pas eu le temps de demander le prénom. Mais j'avais beau le chercher, je ne le voyais pas ; aucune tête aux cheveux décoiffés ne dépassait de cette vague de gens qui inondait la gare et dans laquelle je me noyais.

Aïda Z., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

 

 

 

 

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 Devoir de Luna S. :

            J’utilise la focalisation interne :

 

 

 

Les massacres de 1915 des Arméniens résidant en Turquie contribuèrent au  premier génocide du XXème siècle. Les familles arméniennes, dans la plupart des cas, disposaient de deux à trois  jours pour vendre leurs affaires au plus offrant et rejoindre les convois. Les hommes étaient exécutés à la sortie des villes et les femmes, enfants et invalides devaient traverser le désert sans ressources jusqu'à Alep où certains étaient tués par les soldats turcs. Zohrab, un jeune Arménien, fait partie d’un de ces convois.

 

 

 

J’avançai, épuisé, vers l’horizon azuré et constellé, cherchant dans l’étendue aride qui m’entourait une source ou quelque arbuste qui nous aiderait à survivre cette infâme promenade ; mais la seule chose que mes yeux fatigués découvrirent était les charognes et les dépouilles humaines pourrissant dans le sable. Cela faisait plusieurs jours que je marchais dans le désert, sans vivres ni eau, avec les survivants originaires de Gaziantep. Nous étions encerclés par les soldats turcs comme du bétail qu’on emmène à l’abattoir.

            Pendant que je songeais à cette pensée morbide, je sentis une figure qui s’était rapprochée de moi. En levant ma tête, j’eus le droit d’étudier le visage basané de la femme qui se promenait auprès de moi. Ses yeux scintillants et émeraudes étaient encadrés de cils longs et d’un couple de sourcils ébènes. Les flammes des torches ottomanes me donnèrent aussi l’opportunité de contempler son front lisse et duveteux ; ses lèvres charnues, maintenant desséchées mais qui attestaient de ses charmes antérieurs, et ses joues bombées qui conservaient ses traits enfantins. Le nez qui traversait son visage nymphaire comportait une petite bosse qui a mes yeux n’affadissait en aucun cas sa joliesse mais qui accentuait le fait qu’elle appartenait au noble rang des descendants d’Achkén. Sa silhouette amaigrie avait encore le pourvoir d’accentuer ses composantes efféminées et sa peau soyeuse concordait avec ses cheveux noirs et luisants que le vent puissant remuait autour de son minois ovale.

Après un instant d’admiration face à cette créature vénuste, mon attention s’orienta  vers ses bras où le corps inanimé d’un nourrisson reposait dans les haillons d’une couette, cela me donna un prétexte pour lui adresser la parole. J’appris qu’elle s’appelait Antaram, ce qui signifie l’immortelle, et que c’était sa sœur qui se trouvait dans ses bras, qui n’avait pas survécu au voyage, mais qu’elle n’avait pas eu le courage de la céder aux corbeaux.

Sa beauté et l’aumône qu’elle faisait à sa sœur révéla en moi le plus curieux des sentiments. Je la pris pour l’ange au visage étincelant qui me libèrerait de cet enfer terrestre. Je ne savais point si cette pensée provenait de l’épuisement et la faim qui faisaient partis de moi depuis longtemps et qui m’exposait au jeu malsain des hallucinations. Ou si mon imagination dévoilait un attachement plus profond envers cette inconnue car mon état physique dégradant, qui aboutirait dans peu de temps à mon repos eternel, me bousculait à réaliser les étapes émotionnelles d’une vie plus vite et intensément que les mortels dont les existences seront longues et calmes. Quoiqu’il en soit, la dilection que j’éprouvai pour cette femme prenait peu à peu l’emprise de mon corps et mon âme ce qui me fit promettre aux cieux de la protéger jusqu'à mon dernier souffle. Nous marchâmes, côte à côte, pendant un certain temps, je humai la fragrance qui se dégageait de sa peau délicate et l’observai jusqu'à ce que ses yeux clairvoyants effleurèrent mon visage et se détournèrent pour révéler sa nature pudique. Ce fut un des moments les plus agréables de ma courte vie. 

Puis soudain, nous entendîmes les coups de feu kurdes trancher l’air dans un bruit étourdissant. Nos gardes se hâtèrent pour abandonner notre convoi aux mains des assaillants. J’eus le temps de distinguer la tache de sang qui s’accroissait sur les guenilles d’Antaram avant de tomber à genoux sur le sable brûlant et réaliser que j’étais moi-même atteint. Je rampai jusqu'à elle et la pris dans mes bras.  Pendant que j’attendais le baiser de la mort ; le tourment engendré par ma blessure, que je ressentais jusqu'à mes entrailles, fut dominé par l’incertitude de son sort. Et je priai à Dieu de lui ouvrir les portes du jardin d’Eden et non celles de sa demeure pour que ce monde capitonné de vices et d’atrocités puisse goûter un instant à ce délice, empli de bonté et de douceur, pour que le recoin le plus ténébreux de cet univers soit éclairci et  illuminé comme je le fus.

 

 

 

Luna S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

 

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Devoir de Sharon B. :

 

 

 

 

Une rencontre imaginaire…

Satchel, qui venait tout juste d’être diplômé avocat, se meurtrit chez lui depuis quelques mois. En effet, il tente désespérément de se faire une place dans le monde impitoyable du travail.

        Agenouillé sur ma chaise, je décidais d’utiliser mon ultime chance : après avoir harcelé les journaux pour quelques annonces, mis des affiches aux quatre coins de la rue et appelé tous les cabinets d’avocats de la région,  j’essayais un moyen technologique très connu. Je parlai bien sûr d’Internet, de la recherche informatique. Cette idée m’ennuyait terriblement car je m’étais juré de ne jamais avoir à me réduire à un outil de recherche pour trouver du travail. Mais j’étais extenué : il fallait que je me lance, mais avant tout que je trouve. Etant donné mon peu de goût pour tout ce qui touche à la technologie, j’avais décidé d’acheter un ordinateur portable : il suffisait simplement d’appuyer sur le même bouton pour l’allumer et pour l’éteindre. Cet objet noir et rectangulaire se trouvait maintenant face à moi. Je l’ouvris et j’appuyai sur le bouton « ON ». Le tour était joué … mon ordinateur était en marche. Un bouton de forme circulaire de couleur verte – qui était certainement le plus gros et le plus voyant des centaines de touches qu’il devait y avoir sur ce clavier : du A au Z, en passant par les points d’exclamation et les points d’interrogation !

        Enfin arrivé à me connecter au serveur, je tapais « recherche emploi avocat » dans "Google". Une centaine de pages s’affichèrent. Je cliquais sur la première. Un forum. Je m’inscrivis. Immédiatement après m’être intégré au site, un membre vint m’aborder : « Audrey75 ». Au fur et à mesure que notre discussion avançais, je découvris qu’elle cherchait un assistant, et qu’elle habitait non-loin de chez moi. Malgré le temps pluvieux et venteux de cet après-midi de Décembre, nous nous donnâmes rendez-vous une heure plus tard devant le Palais de Justice. Tout excité à l’idée de trouver peut-être du travail, je sautai dans ma douche.

        Comme prévu, je fus ponctuel. Une question me traversa néanmoins l’esprit : comment allais-je la reconnaître ? Quel imbécile ! Je ne lui avais même pas demandé si elle était brune ou bien blonde, petite ou grande ; ou bien la façon dont elle serait habillée. A peine avais-je eu le temps de répondre à mes questions existentielles, que brusquement j’aperçus au loin une jeune fille arborant, au-dessus de sa tête, un parapluie noir. Ce qui me frappa avant tout, ce fut sa grâce… Elle portait une robe rouge vif qu’on pouvait remarquer à des kilomètres. Tout à coup, c’était comme s’il n’y avait qu’elle. Le nombre indéfini de personnes autour n’existait plus : elle envahissait la totalité de mes pensées. Le claquement de ses talons sur les dalles mouillées résonnait sans cesse dans ma tête. J’avais l’impression que le monde s’était arrêté quelques secondes pour me laisser l’opportunité de n’avoir d’yeux que pour elle. J’étais à la fois submergé d’émotions, mais aussi surpris de ma réaction quasi incontrôlée. J’aurai aimé que ce moment dure une éternité… des frétillements et des bouffées de chaleur envahirent mon corps. Mon cœur se mit à battre à la chamade. Des sueurs froides coulaient le long de ma colonne vertébrale et de mes tempes. Je vacillais et m’avançais vers elle en tentant de contrôler mes émotions. Subitement, l’espace d’un quart de seconde, je me renfermai, me demandant comment une femme pouvait avoir un tel impact sur moi… Cet instant ne dura point, car la voyant s’approcher, je distinguais les traits parfaits de son visage. Ses cheveux dans le vent, donnait l’impression qu’elle allait s’envoler, comme un cygne se déplaçant d’un bout à l’autre du lac. Son visage à la rondeur parfaite était si beau que lorsque je la voyais, c’était comme si je m’envolais très haut dans un monde empli de sentiments, où elle était l’étoile principale ; la plus élevée et la plus lointaine des cieux. Elle avait des yeux bleus maquillés à la perfection, plein de tendresse ; un sourire comme une caresse dont les lèvres rouges et pulpeuses assorties à sa robe me tourmentèrent. Quand elle était là, face à moi, c’était comme si une partie de mon âme se consumait. Nos regards se croisèrent… Elle savait que c’était moi, autant que je savais que c’était elle. Qui aurait pu résister à de si beaux yeux ? Sûrement pas moi… ma tête bouillonnait de mots doux à son égard. Elle était peut être seule ou peut-être pas… Mais dans mon cœur, elle n’en avait pas l’air, car depuis le peu de temps que je la connaissais, je l’aimais déjà comme un fou ! Je voulais indéfiniment pouvoir l’apprécier, l’admirer ; car en la voyant on ne pouvait que l’aimer ! Ses longues jambes fines, son corps parfaitement sculpté… Elle était plus belle qu’une sculpture de Vénus. Elle devint ma muse, mon inspiration… Elle était plus que magnifique, plus que splendide ; elle était TOUT. J’avais un désir intense de la caresser, de découvrir la moindre petite parcelle de son inégalable corps. J’avais l’étrange impression que tout s’ouvrait à moi, comme la mer s’était ouverte auparavant à Moïse. Sa beauté, son charme et sa grâce, m’emmèneraient à ma perte. Mes yeux se dirigeaient uniquement vers elle. Maintenant elle comptait plus que quicquonque. Elle s’approchait de moi, pour me donner une bise et…

        … mon réveil sonna. Très perturbé par ce rêve, j’étais aussi extrêmement déçu : je n’avais pas trouvé de travail et cette femme qui avait fait chavirer mon cœur n’existait finalement pas. Tout cela semblait si réel ! J’étais donc tombé amoureux d’une personne imaginaire ! Impossible. J’étais très troublé… Je ne marchais même plus droit. Je ne voulais pas croire que ce n’étais pas arrivé. C’st pourquoi je décidai de bousculer quelque peu les événements de la vie : immédiatement, je me connectai sur le serveur essayant tant bien que mal de retrouver celle qui, le temps d’une nuit, m’avait fait me sentir l’homme le plus heureux du monde.

Sharone B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

 

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Devoir de Marc R. :

 

 

 

En cette matinée de fin printemps de l’année 2008, je me trouvais sur un ferry qui faisait le trajet vers la Corse. A bord, il y avait peu de monde. Nous étions au printemps et les vacances n’avaient pas commencé. Je me trouvais sur un banc à l’extérieur à l’avant du bateau où j’admirais une mer qui était comme une encre vivante, accompagnée du vent qui chantait dans mes oreilles. On sentait aussi les embruns de la mer.

Mais tout à coup , au loin, j’aperçus une beauté aux yeux bleus avec des cheveux qui brillaient comme le soleil. Elle avait de même des lèvres comme des framboises qu’on aurait envie d’embrasser. C’était une femme mince avec des jambes infinies. Elles étaient d’une beauté phénoménale. En regardant cette silhouette, je me sentait ébloui. J’eus la sensation d’être brûlant et d’avoir eu le souffle coupé. Cette femme était si parfaite que je n’oserais jamais m’approcher d’elle, même si j’en mourais d’envie. Cette beauté portait sur ses hanches une ceinture multicolore avec des fils bleus, verts et rouges. Cette ornement me fis penser à la ceinture avec laquelle Antigone se pend, d’autant qu’elle me paraissait fragile, perdue dans son monde, mais pourtant en même temps je la sentais déterminée. Cette femme avait le visage légèrement penché vers un grand sac dans lequel elle cherchait quelque chose. Puis elle sortis avec délicatesse, une veste blanc-cassé qu’elle enfila sur ses épaules, pour se protéger de l’air marin.

Je la trouvais élégante, raffinée dans ce paysage marin, entourée de la mer et du ciel. Ce portrait me fit penser à la naissance de Vénus de Botticelli. En quelques secondes, je me sentis devenir fou d’amour, ce qui me fit perdre l’esprit. Puis lorsqu’elle eut mis sa veste, elle leva son visage et m’aperçut. Ses yeux étaient d’un bleu incroyable, presque turquoise et dans son regard on pouvait lire sa gentillesse et son intelligence.

A ce moment, mon cœur se mit à battre de plus en plus fort. Je lui fis un sourire d’amour. Elle me répondit en m’adressant ce sourire lumineux. C’était un moment de rêve. Elle me regardait d’un air sérieux mais doux. A ce moment là je sentis le bonheur envahir tout mon corps. Immédiatement je compris que ma vie allait totalement changer. Même si la femme de mes rêves ne le savait pas encore. Je m’approchai d’elle pour qu’elle puisse voir sur mon visage tous ce que j’avais dans mon cœur. A ce moment là nous nous regardâmes tous les deux très profondément pendant que le bateau filait vers le rivage, vers l’avenir.

 

Marc R., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

 

 

 

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Devoir de Gianni F. : 

 

 

François, jeune architecte français passionné par son métier, est invité à l’inauguration d’une villa prestigieuse appartenant à un riche marchand.

 

 

Après de nombreuses heures de voyage, j’arrivai enfin dans la ville la plus attractive du moment : Florence, la capitale de la Toscane. Je fus ébahis par la beauté de la ville et  par toutes ses magnifiques demeures entourées par de somptueux jardins dotés de superbes cyprès florentins, situées de part et d’autre du célèbre fleuve « Arno » traversant la cité florentine. C’était une ville vraiment vivante qui regorgeait de nombreuses richesses. Des centaines de personnes pullulaient dans les rues auxquelles on avait donné des noms de grands artistes italiens tel que « Via Michel Angelo »,  et à travers les différents marchés et commerces de la cité. Celle-ci me passionnait et je me hâtait de découvrir les différents chef-d’œuvres d’architecture tel que le mythique Palazzo Vecchio, le célèbre palais Médicis ou bien encore la fameuse cathédrale Santa Maria del Fiore accompagnée de son campanile de Giotto. Hélas, la clarté commençait à diminuer et j’assistais donc au coucher du soleil. Je ne m’étais point rendu compte de l’heure, il était déjà six heures et je devais encore me rendre à l’hôtel pour m’apprêter en vu de la soirée, puis ensuite rejoindre la somptueuse villa située de l’autre côté de la ville, tout cela, pour huit heures précise. Une fois habillé, j’embarquai à bord de l’un de ces curieux taxis florentins qui, après une bonne demi-heure, s’arrêta juste devant l’endroit demandé. Je fus agréablement étonné par la magnificence de l’édifice, une vraie merveille architecturale. J’entrai donc et je fus une nouvelle fois surpris par la beauté de l’intérieur. De nombreuses personnes étaient déjà présentes et avaient toutes à la main une coupe de ce délicieux vin blanc pétillant italien, typique du nord de l’Italie appelé « Prosesco ». Je rejoignais donc un groupe de personnes et je commençais à discuter avec eux, quand soudain, une très jolie jeune fille ayant l’air pressé renversa  malencontreusement sa coupe sur ma chemise blanche immaculée. Ses cheveux blonds platine semblables à la couleur du vin reflétaient les lumières de la pièce et m’éblouissaient par leur beauté. Son regard pétillant me faisait tourner la tête et je semblais me perdre dans la profondeur de ses yeux couleur cyan. Sa robe bleu nuit mettait en évidence sa poitrine recouverte par un léger foulard blanc transparent semblable aux nuages qui recouvraient le ciel en cette chaude soirée d’été. Elle me fit ensuite un petit sourire qui voulait dire beaucoup pour moi. Elle s’en alla ensuite d’un pas rapide et élégant laissant derrière elle un parfum délicat, très frais et légèrement citronné, tandis que sa fluette silhouette s’éloignait et je confondais la couleur de sa robe avec celle de la nuit jusqu’à ce qu’elle disparaisse.

 

 

Gianni F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

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Devoir de Côme F. :  

 

 

En cette fin de jour d’été, le soleil était encore haut sur l’horizon de la mer, rosissant les rochers qui surplombaient une petite anse de sable fin. Depuis l’Ouest, c’est-à-dire depuis la plage ou depuis la mer, on pouvait apercevoir, nichée au milieu des roches, une belle et  grande demeure qui resplendissait avec ses murs ocres ou chatoyaient des reflets d’eau d’une vaste piscine qui s’avançait à l’aplomb de la plage. Derrière les balustres qui encerclaient la propriété, on pouvait deviner les grandes terrasses qu’ombrageaient des pins maritimes, et des essences rares odorantes. Il se dégageait de l’ensemble une impression d’opulence et de noblesse qui déclenchait immanquablement, chez le promeneur qui aurait par mégarde égaré ses pas sur la plage privée ou cher le navigateur qui aurait fait une incursion dans la crique, un soupir d’envie et un rêve de vie idéale.

  Une légère brise de mer s’était levée, comme cela arrive souvent l’après-midi, en cette saison, et dans cette région où les montagnes semblent tomber à pic dans la mer. Une barque était amarrée et se balançait doucement sous l’action de vaguelettes qui se hérissaient de crêtes partant à reculons, comme si la mer allait se retirer, se fondre à l’horizon lointain avec le ciel mauve qui absorbait tout l’indigo liquide, d’une patience inlassable. Et pourtant, il y avait toujours autant d’eau, et si le regard s’attardait, l’ensemble de la scène apparaissait dans un mouvement stationnaire ressemblant à l’idée qu’on pourrait se faire de l’éternité. Cependant, le soleil poursuivait sa course qui semblait soudain s’accélérer.

  C’est alors qu’apparut la jeune fille. Elle marchait pieds nus sur la grève, tenant une paire de sandalettes dans sa main gauche, et un petit mouchoir de baptiste dans son autre main. Ses doigts étaient fin, tout comme l’étaient ses poignets et ses chevilles, dénotant une ascendance aristocratique. Cependant, elle était vêtue très simplement d’une robe de plage. Elle marchait gracieusement, d’une démarche légère et en même temps hésitante, comme si elle fût égarée. Ses cheveux tombaient en grandes boucles soyeuses sur ses épaules. Ils étaient noirs avec des reflets cuivrés de châtaignes mûres. Ses seins étaient hauts et fermes ; ses bras et ses jambes, découverts, révélaient une peau satinée, légèrement hâlée. Que dire de cette jeune fille si ce n’est qu’elle était l’incarnation du plus pur type de beauté grecque qu’on puisse imaginer ?

  Et pourtant un pli d’amertume retroussait sa lèvre, découvrant des dents d’une blancheur éblouissante et des larmes coulaient sur ses joues qu’elle essuyait dans un mouvement d’impatiente avec son mouchoir.

 Elle songeait : « Rien. Rien. Rien. Vanité des vanités tout est vanité. Personne à qui parler ; seule la mer est mon amie. La mer est un immense et magnifique poême. Les flots sans cesse agités me semblent doués d’une âme. Personne qui m’aime et me comprenne, comme le rêvait Verlaine. »

Et comme une vague venait de lécher son pied, elle reprenait, comme une litanie « seule la mer est mon amie ».

  Mais pourquoi l’air semble-t-il soudain vibrer ? Quel aimant attire mon regard, me fait lever la tête vers la belle demeure ? Ce soir, la terrasse n’est pas vide, ni abandonnée. Accoudée à la balustrade, un homme jeune, faisant irrésistiblement penser à Gatsby tout en étant pas Gatsby du tout, la regarde intensément, la regarde depuis qu’elle a surgi sur la plage et son regard l’aspire, l’air traversé par ce regard vibre. Elle le reconnait ; c’est lui qui hante ses rêves les plus doux ; c’est le manque de lui qui lui arrache des larmes. Elle a mal mais cela lui fait du bien. Elle ne sait plus ce qu’elle éprouve. Elle pense que Baudelaire, lui, comprend ce qu’elle ressent.

  Toutefois, ces pensées, qu’elles sortent de moi ou s’élancent des choses deviennent bientôt trop intenses. L’énergie de la volupté crée un malaise et une souffrance positive. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses.

  Il descend l’escalier de pierres qui conduit à la plage. Il la rejoint. Il la sert dans ses bras, très fort. Il croit qu’il tient un oiseau dans sa main. Il sent le cœur de l’oiseau qui s’affole. Ils se reconnaissent.

  Le soleil était sur le point de disparaître. Un dernier rayon vint mourir sur la plage. Ce rayon était vert.

 

Côme F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

 





Sujet d'écriture d'invention n°2



Devoir à rendre le 09 mars 2009


Séquence n°2 : La poésie romantique.


Objets d'étude :


  • Un mouvement littéraire et culturel du XIXème siècle

  • Le travail de l'écriture


Perspective dominante : histoire littéraire et culturelle

Perspective complémentaire : genres et registres


Problématique : quels sont les différents modes d'expression du Moi dans la poésie romantique?


Vers l’écriture d’invention (sujet de type III du bac)


Relisez attentivement Ondine, d’Aloysius Bertrand (GT2) (voir poème ci-dessous). Composez à votre tour un poème en prose, traitant de la thématique de votre choix (dans les limites des convenances scolaires, naturellement), et obéissant aux contraintes suivantes :


  1. Votre texte devra être de registre lyrique.

  2. Votre production sera composée, comme Ondine, de cinq strophes ou paragraphes, à peu près d’égale longueur, et terminé(e)s par une ponctuation forte.

  3. Le poème se décomposera en deux parties typographiquement distinctes, séparées par une étoile. (Les trois premières strophes et les deux dernières séparées d’une étoile.)

  4. Les trois premiers paragraphes seront rédigés entre guillemets, au discours direct : un personnage s’adresse à un autre, en le tutoyant.

  5. Les deux dernières strophes seront au discours indirect : ce n’est plus le même personnage qui parle, c’est le poète (vous, ou votre « narrateur-poète ») qui commente ce qui vient d’être dit, et qui parle du personnage à la troisième personne du singulier (comme dans Ondine).

  6. Vous utiliserez l’anaphore d’un verbe à l’impératif dans au moins deux paragraphes, comme dans le poème initial.

  7. Votre texte comportera deux allitérations et deux rythmes ternaires (au moins), à chaque fois signalés d’un signe + dans la marge. Ces deux sonorités devront pouvoir être interprétées dans la perspective du contenu de votre production.

  8. Toute référence culturelle pertinente est valorisée.



 

Ondine

... Je croyais entendre
Une vague harmonie enchanter mon sommeil,
Et près de moi s'épandre un murmure pareil
Aux chants entrecoupés d'une voix triste et tendre.

Ch. Brugnot. - Les deux Génies.

« Ecoute ! - Ecoute ! - C'est moi, c'est Ondine qui frôle de ces gouttes d'eau les losanges sonores de ta fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune; et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi.

» Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l'air.

» Ecoute ! - Ecoute ! - Mon père bat l'eau coassante d'une branche d'aulne verte, et mes sueurs caressent de leurs bras d'écume les fraîches îles d'herbes, de nénuphars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et barbu qui pêche à la ligne ! "

*

Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son anneau à mon doigt pour être l'époux d'une Ondine, et de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.

Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle, boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa un éclat de rire, et s'évanouit en giboulées qui ruisselèrent blanches le long de mes vitraux bleus.

Aloysius BERTRAND, Ondine (in Gaspard de la nuit).




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Devoir d'Hicham D. :

 

Ecriture d’invention

 

            - ‘‘Pars ! Pars ! Enfuis-toi de l’abîme, de l’abysse, des ombres éternelles ! La brume se lévera demain, les cerbères seront relâchés. Les portes du royaume d’Hadès se referment, ne les laisse pas t’emprisonner ! Presse le pas, hâte-toi, quitte cet endroit !

           

            - ‘‘Pars ! Pars ! Cherche refuge chez les tiens ! La chasse à l’homme commence, change de cap et évite la chaste Diana. Ton chemin est tracé, enchaîne les exploits. Fuis comme Ulysse avant que les flèches d’Ull ne te traquent !

 

            - ‘‘L’Achéron se réveille, les âmes du Purgatoire te désirent, le bras de Mars se fâche. La flamme qui alimente leur haine brûle, c’est ta trace qu’ils pistent ! La bataille nous sépare, leurs armées s’avancent. Cours et accélère sans t’arrêter !

 

 

*

 

Sa supplication quémandée, ses cris s’abbatirent aussitôt. Je m’interrogeai sur ce que je devais faire, sur ce qu’elle me commanda, sur cette quête où je risquais de la quitter à jamais.

 

            Il fallait que je le fasse pourtant. Fatalement, je devais m’enfuir. Sinon, la foudre de Thor finirait par me foudroyer. Filant comme le vent, je fis faux bond aux enfers, et, aidé de Zéphir, je filai vers un nouveau refuge.

 

Allitérations en [p] et [b] renforçant la volonté de la jeune fille à pousser le poète à partir.

 

Allitération en [] renforçant le déchirement provoqué par la séparation.

 

Assonance en [a] évoquant la souffrance.

 

Allitération en [k] renforçant le questionnement du poète, le fait qu’il soit perdu et qu’il ne sait que faire.

 

Allitérations en [v] et [f] mimant la fuite du poète.

 

Rythmes ternaires poussant le poète à partir

 

Rythme ternaire renforçant la souffrance

 

Rythme ternaire renforçant le questionnement

 

 

Hicham D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

 

 

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 Devoir d'Antoine T. :

 

« Epouse-moi! Epouse-moi! Toi qui as successivement réussi toutes les épreuves que je t’avais proposées grâce a l’aide des fourmis, des lions et des éperviers. Je t’ai accompagné à la cour du roi ton parrain sans savoir que c’était pour l’épouser, mais maintenant, sache que je ne veux pas de lui comme époux !

 

Je ne veux pas l’épouser car, contrairement à toi, il n ‘a pas fait ses preuves auprès du soleil et de moi-même ; il t’a envoyé me chercher alors qu’il aurait très bien pu venir. N’oublions pas qu’il n’a pas su te reconnaître, toi son filleul. De plus, il désire m’épouser bien qu’il soit déjà marié à une femme qui pourtant n’est pas morte !  

 

Epouse-moi! Epouse-moi! Toi qui as détrôné le diable qui désirait s’emparer du royaume du roi. Tu l’as vaincu malgré ses multiples ruses ayant pour but de t’éloigner de ton parrain. Il aurait d’ailleurs très bien pu te tuer, lui qui est cruel, fourbe et sans pitié. En t’envoyant voir le soleil, il crut pouvoir te tuer mais tu réussis à l’interroger sans pour autant mourir. »

*

Le vieillard m’avait prévenu : « Fais attention, ou elle te charmera!»Et voilà, elle m’avait charmé. Je l’aimais mais j’avais peur que mon cher parrain ne soit pas en accord avec notre mariage, néanmoins je décidai d’aller le lui demander. A peine avais-je posé ma question qu’il me répondit qu’il voulait organiser toute la cérémonie afin de se faire pardonner.

Une grande cérémonie fut organisée ; mon père et ses vingt-cinq autres enfants y avaient été conviés ainsi que le vieillard qui m’avait tant aidé au cours de cette aventure.  Le roi s’était occupé de tout dans les moindres détails et c’est ainsi que j’épousai la princesse de Tronkolaine qui fait rougir le Soleil tous les matins.  

 

Rythme ternaires: Dans la première strophe elle parle de différents animaux qui lui sont venus en aide car, dans le conte, Charles apporte de la nourriture aux rois de ces trois « peuples » et c’est ainsi qu’ils lui viennent en aide lors des épreuves de la princesse.

 

Allitérations :-en [m]:l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre ou le mariage.                                                                                      

                        -en [r]:la rage que la princesse ressent en apprenant que c’est pour être mariée au roi qu’elle a été emmenée à la cour.

 

 

 Antoine T., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009



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 Devoir de Karim C. :

 

 

-« Regarde ! – Regarde » - Vers les nuages ,

c’est moi , Aphrodite , qui depuis le ciel

sans cesse t’observe , chaque jour , chaque

nuit , et jamais tu ne m’aperçois dans

les rayons de soleil chauds de cet

après-midi d’été , et jamais tu ne réponds

à mon appel entêté !

 

« Car oui je t’appelle depuis mon Olympe

mystérieuse , donc peu d’humains connaissent

l’existence , qui se cache derrière les monts ,

les montagnes et le vent , le vent qui ne

cesse de souffler sur ma chevelure de

soie , abîmée par les bourrasques

intempestives que nous envoie la nature .

 

« Aide-moi ! Aide-moi ! – A m’échapper de cet

endroit , toi que j’ai toujours aimé , délivre

moi de ce sort , délivre moi de Zeus , des

Dieux , de l’Olympe où je ne peux plus vivre

Sereinement , je t’en prie ! Moi qui ai toujours

Veillé sur toi , moi qui veux vivre auprès de toi ,

moi qui t’aime plus que tout ! »

 

 

 

                                   ***

 

 

 

Ses larmes coulaient sur ses joues pâles

comme une goutte d’eau coulant le long

d’une fenêtre , tandis que moi je la

regardais pleurer , sentant mon cœur battre

tellement fort , que j’avais l’impression qu’il

voulait  rejoindre la déesse , qu’il voulait

rejoindre nos amours .

 

Je n’avais d’autre choix de lui répondre que

son sort ne pouvait pas être entre

mes mains , et que je ne pouvais rien

pour elle , malgré l’amour que je ressentais

pour elle ; et c’est dans un dernier

sanglot qu’une tempête évacua les

nuages , la déesse et les monts de

l’Olympe .

 

 

 Karim C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

 

 

 

 

 

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Devoir d'Elliott B. :

 

« Larmoie ! Larmoie ! – C’est Poséidon, dieu de la mer, qui vient à toi, Amphitrite, dans les profondeurs obscures de l’océan, la clarté des mers et la douceur des flots ; vois là les vagues se lever et l’eau tourbillonner, quand mon char et mon trident émergent des abîmes sous les cieux étoilés. Lors de mon arrivée, le ciel reflète ma douceur en tons rosées, saumons.

 

            « Ta voix fluide et claire m’enivre, même un dieu tel que Poséidon est sujet à ta chanson ; les dauphins tournoient autour de nous, puis de moi, seul car tu es partie, refusant mon amour et me rejetant comme une tempête rejette les marins ayant oublié leur dieu. Tu as arraché mon cœur comme la mer arrache un mari à sa femme, ne laissant derrière qu’une épave dévastée.                     

 

            « Larmoie ! Larmoie ! – Les hippocampes tirent mon chariot vide vers mon palais liquoreux, ma tristesse entraîne un torrent de larmes et mon trident fait gronder le ciel, trembler la terre et trémousser la mer ; les montagnes s’effaceront devant moi et ma rage torrentielle ne sera atténuer lorsque je t’aurai serrée dans mes bras aqueux. »

 

*

           

            La pitié qu’inspire un dieu à genoux devant la femme qu’il aime est formidable, moi Amphitrite, j’ai réussi à faire pleurer le terrible, l’orageux Poséidon par amour ; il viendra me chercher j’en suis certaine, sa fureur s’abattra sur moi, il a raison, comme tous les dieux, je finirais dans ses bras.

 

            J’ai fui la tempête déchaînée du dieu de la mer, et en me retournant j’ai aperçu les larmes diluviennes de Poséidon, j’ai entendu son cri de douleur tonitruant, j’ai senti les vagues s’écraser sur moi alors qu’il s’enfonçait dans le maelström qu’il avait créé.

 

 Elliott B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

 

 

 

 

 

 

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Devoir d'Arnaud C. :

 

                                                                        L’ANKOU

« Fuis ! Fuis ! Ou écoute-moi, voudrais-tu nier que rien, nul autre que moi ne subsiste en ce monde, sur ce sol, ici-bas; ne voudrais-tu pas savoir où sont les mornes et maussades plaines de l’autre monde, le glas de l’élévation a sonné or tu es là, éreinté, à l’ouvrage, outrepassant tes croyances, tes principes et tes préceptes.

« Ne me reconnais tu pas ? Le mont Olympe en rage te toise du regard et Zeus assis sur les sombres nuées ne peut garder ses foudres étincelantes, entends-tu tonner leur voix caverneuses, les éléments déchaînés, tempête, déluge et tremblement ?

« Fuis ! Fuis ! De toute façon tu ne m’échapperas pas, personne ne peut se dérober à ma vue, tout le monde redoute ma venue, jamais je n’ai su au juste qui j’étais ni même maintenant qui je suis; aucune émotion, sensation ne me transperce, je me dois seulement d’accomplir ma tâche. »

                                                                   *

Son misérable chapeau de paille sous ses bras dégarnis et décharnés, il me demanda de réparer sa faux ébréchée au tranchant  inversé, alors je lui menti; je me devais d’aller dormir avant que les cloches de l’élévation ne retentissent.

Il se riait de moi, alors que je commençai à réparer sa faux, il acheva son labeur, déclarant que ma femme devait aller quérir un prêtre pour mon âme et proférant qu’il était la mort, le faucheur des âmes, l’Ankou, un râle aigre sortit de ma gorge pour avoir transgressé les préceptes et un sifflement strident se fit entendre.

Allitération en [r] : râle de la mort

Allitération en [s] : sifflement de la faux et la voix stridente de l’Ankou lorsqu’il parle

Allitération en [m] : le moi de l’Ankou

 

 

 Arnaud C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

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Devoir de Claire J. :

« Reviens-moi »

 

« Reviens-moi ! Nous étions vivants, nous étions heureux…Comme deux adolescents qui s’aiment, comme deux amants qui ne se quittent plus. Tu étais la plus belle chose qui m’était arrivée, tout ce que j’espérais. Tels Juliette et Roméo, j’étais ton Tristan et tu étais mon Iseut. Tu étais mon rayon de soleil, la seconde moitié de mon âme. J’étais le feu et tu étais la Terre. J’étais l’obscurité et tu étais la lumière. Tu étais moi et j’étais toi. Rien ne pouvait nous séparer. Rien. Sauf la mort. Cette mort glaciale qui t’a arrachée à l’étreinte de mes bras !

« Reviens-moi mon amour, mon souffle, ma lumière ! Viens pacifier le champ de bataille qu’est devenue ma vie. Viens alléger ma souffrance…Ta place est auprès de moi. Comme avant. Comme toujours. Mais tu m’as laissé, quitté, abandonné, me laissant désemparé face à mon avenir, le cœur brisé. Le spectre sombre t’a éloigné de moi à jamais, sans aucun retour en arrière possible. Tu étais toute ma vie. Sans toi, je suis un oiseau sans ailes, une mère sans enfants, une fleur sans pétales. Reviens-moi…

« Reviens-moi! Je regarde autour de moi, sans espoir, ni dignité. J’aperçois des fleuves, mais ils sont secs. J’aperçois des fleurs, mais elles sont fanées. J’aperçois des forêts mais elles sont ravagées par le feu. Un feu n’ayant pour seules limites que les immenses falaises. Lorsque tu es partie, le soleil est mort, emportant avec toi la joie de vivre qui m’habitait. Je ne sais plus ce qu’être heureux signifie. Je ne connais plus le verbe « rire ». Un seul mot revient. Eternellement. « Dégoût ». Un réel dégoût de la vie, dont rien ne me détourne. Sauve-moi de ton ombre et de ton souvenir. Sauve-moi de toi. Reviens-moi… »

*

Julien…Je l’entends, je lui réponds, mais les échos de ma voix ne parviennent pas à franchir les frontières de l’au-delà, qui séparent nos deux cœurs errant. Hadès me garde prisonnière dans une geôle de larmes et de souffrance. Tout ici est noir, tout ici est morne. Le silence règne dans l’obscurité de mon cœur. Julien ne sait pas que je souffre autant que lui, que la mort n’est qu’une banalité par rapport au sentiment d’une séparation définitive entre nous ! Je voudrais pouvoir lui parler, pouvoir lui dire que je l’aime comme personne n’a jamais été aimé. Mon Julien…

Quand partirai-je d’ici ? Quand le reverrai-je ? Le déchirement de mon âme ne s’arrêtera-t-il donc jamais ? Je pense à lui sans cesse, il est l’objet de tous mes rêves et de tous mes désirs. Julien…Ô Colère ! Ô Tristesse! Ô infâme Mort ! Pourquoi m’a-t’elle donc choisie, la sinistre Faucheuse ? Qu’ai-je fait pour mériter cela ? De quel droit m’a-t-elle défaite du présent le plus précieux que la vie puisse offrir? Julien… Je revois ses yeux verts pailletés d’or, ses belles boucles brunes, sa bouche qui me sourit, ses bras qui m’enserrent et… je souhaite mourir une seconde fois !

 

 

Claire J., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

 

 

 

 

 

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Devoir de Pierre-Damien G. :


-         « Vois !  –comme chaque soir, c’est moi.

De même qu’hier, je viens, contemplant ta surface limpide et profonde ;

Et voici que tu t’agites,

faisant monter les flots et laisser apparaître l’écume qui gronde en moi !

 

«  Les parcelles qui te composent me renvoient les leurs imprégnées au fond de toi ;

clarté que tu partages avec le reste du monde en miroir de la vie.

 

« Vois ! En cette nuit sauvage où mon cœur bat au rythme des vagues,

J’èrre sur cet abîme de sagesse que par ta majesté je contemple ».

 

 

 

                                                                 ***

 

 

   Son cœur apaisé, il me pria de recevoir en mes bras

 un corps éreinté par la vie et de visiter avec lui

la demeure des âmes hérétiques.

 

      Et comme je lui répondais que sa vie ne m’appartenait pas,

seul et déjà sans vie, il franchit la limite de la vie,

              éclaboussant ma surface.

 

Pierre-Damien G., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

 

 

 

 

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Devoir de Jan M. :



« Regarde le ciel de plus près! Cet immense océan bleuté couvert de nues où mille gouttes tombent d’en haut lorsqu’elle s’en va. Puis mille rayons éclairent le monde lorsqu’elle sourit. C’est cette aurore qui te la montrera, elle. Aussi belle que gracieuse, aussi libre que l’air. C’est là-haut que tu l’apercevras, là-haut que tu la rejoindras. Toi qui restes en bas, dans cette eau de la vie, qui jamais ne s’arrêtera.

 

            « Regarde autour de toi et souvient toi que ce qui t’entoure ne remplacera jamais sa voix, son cœur et son âme! C’est depuis qu’elle a traversé l’Achéron que le ciel ne change plus, il garde à présent sa couleur grise et son aspect sombre et mélancolique. C’est depuis cet instant que pour toi, amour rime avec tristesse, nuit et désespoir. Comme elle, tu arriveras à un endroit où le fleuve te repoussera vers la rive et tu ne pourras continuer.

 

            « Regarde la nuit approcher! Peut-être la verras-tu dans tes rêves ? Peut-être reverras-tu les rayons du soleil ? Peut-être lui diras-tu que tu l’aimes ? Arrête de croire, il ne faut plus espérer ! Elle ne reviendra pas ! Ta douleur, ta mélancolie, ton amour pour elle n’y changera rien. Souffre autant que tu veux mais cela ne la fera pas revenir, même Orphée n’a pas su ramener Eurydice des enfers. La seule chose que tu puisses faire pour elle, c’est ne pas l’oublier et la rassurer en lui montrant que ton amour pour elle n’a pas détruit ta vie, car elle a tout son temps pour t’attendre, mais toi, ne gâche pas ta misérable et courte vie ! »

 

*

            Lorsque cette voix s’arrêta, je me mis à pleurer, je répondis en direction du ciel que je ne pouvais pas vivre sans elle, je souffrais trop pour pouvoir accepter qu’elle soit partie. Sa disparition ne pouvait être que temporaire, les cieux finiraient bien par s’éclaircir et son sourire, sa joie de vivre feraient briller le soleil.

 

            La voix ne répliqua pas, comme si elle était déçue, comme si jamais elle ne retrouverait la paix, le bonheur, car elle resterait dans l’angoisse et le désespoir pour toujours. Ma tristesse passée, mon cœur rétablit de la vérité, je me tournai vers le ciel et demandai si c’était elle. La voix, d’un ton triste comme jamais entendu, me murmura un oui.

 

-- : allitération en [l] et en [s]

 

-- : Rythmes ternaires

 

Pierre-Damien G., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

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Devoir d'Aïda Z. :

« Cours !- Cours ! Et ne t’arrête pas. Fuis le temps, le monde et la tristesse. Pars loin de moi et sans t’en retourner, je t’ai fait trop de mal, je ne mérite pas d’être à tes côtés. Je voudrais réparer ce mal que je t’ai causé, repartir dans le temps et voir les choses autrement. Mon amer regret me brûle la gorge. Je ne puis continuer ainsi et voir tant de larmes couler le long de ton visage.

 

« Tu ne mérites pas cette tristesse, toi, âme fragile que tu es. Et sache que désormais, je ne souhaite que ton bonheur. Petite, tu rêvais d’une histoire aussi passionnée que celle de Tristan et Yseult et d’un grand mariage mais je me sais incapable de t’offrir un tel bonheur, je t’ai fait trop de mal. Un mal qui ne se peut réparer. Aveuglé par mes pensées, je ne voyais plus rien autour, et surtout pas tes sentiments qui, pourtant étaient si forts.

 

« C’est pourquoi il est bon pour toi que tu t’en ailles, que tu t’évades et que tu chasses de ton esprit toutes ces mauvaises choses qui te font tant souffrir. Quelque part sur cette terre tu trouveras la joie. Un petit bout de paradis t’attend et te tendra les bras lorsque tu y arriveras. Tu découvriras toutes les belles choses dont tu as tant rêvé et goûteras à ce bonheur qui t’hypnotisait. Heureuse et en sécurité tu seras. Cours !- Cours ! Là-bas. »

 

*

 

Ces douces paroles résonnaient en moi tel un écho infatigable. Je ne pouvais que succomber plus encore à son charme enivrant qui m’emportait. Ainsi, je me perdais dans les rues sombres de mon esprit…de quel bonheur parlait-il ? L’unique bout de paradis que je pourrais qualifier de la sorte se trouve prés de lui, contre son cœur. Et je sentais plus que jamais que de toute ma vie, je ne pourrais aimer que lui…

 

Et je vis quelques larmes cristallines déborder de ses yeux. Que faire ? Que penser ? Mon bel Apollon, devant moi souffrait par ma faute. Je crus en mourir. Un sentiment d’impuissance s’emparait de moi, j’aurais tout sacrifié pour cesser ses pleurs. Il me regardait, démuni. Et d’un gracieux signe de la main, il me demandait de s’approcher de lui pour murmurer au creux de mon oreille que j’étais la reine de son cœur.

 

 

Aïda Z., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

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Devoir de Maëlle Q. :

 

                                                    Macbeth


                          « Tue-le! Tue-le! L’onde de tes pas réguliers et indécis m’accable de révolte, m’exaspère et me frustre jusqu’à ma rétine qui souhaiterait te voir plus entreprenant. Arrête de remuer sans cesse toutes tes pensées enchevêtrées dans le dédale complexe de l’homme! Ne trahis pas la parole que tu m’as si longtemps promise! Grand Macbeth, époux têtu! Tu ne seras homme que le jour où tes paroles meurtrières impliqueront des actions vaillantes, véridiques et braves. Le sang qui coule dans tes veines éveille en toi ce vice lancinant qui perdure jusqu’à la haine. Ton ambition insatiable profitera de ta sagesse vulnérable et alors enfin, tu accéderas au trône moiré trop longtemps convoité.

 

                           « Tue-le! Tue-le! Je souffre de voir le trouble se dessiner sur ton visage dans ton sommeil agité et tempétueux. Le pouvoir n’attend pas et c’est le désir qui te consumera. Ne laisse pas croître ce sentiment de culpabilité amorphe qui ronge par avance tes sens. Quelqu’un d’aguerri tel que toi, accoutumé à la guerre et combattant hors pair, peut bien tuer un être de plus. Tes paroles foisonnantes et imperceptibles s’affadissent dans ta bouche et je vois dépérir l’espoir infime que tu puisses un jour planter ton épée dans le cœur du roi. Laisse donc ce sang couler jusqu’à ce que la mer devienne incarnate. Tue-le pour moi et je t’aimerai d’un amour éternel et inaltérable!

 

                           « Mon amour est si immense qu’il rougeoie sur mes joues, brûle les pommettes de ma chair fiévreuse et incendie mon cœur vermeil. Je me meurs de te rendre plus fort afin de jouir d’un futur lumineux et moins morose que ce présent que nous arpentons avec inquiétude, sans goûter aux merveilles d’Ecosse. Moi seule connais tes envies, tes principes et tes faiblesses. Ma mémoire se remémore toutes ces fois où tes mots susurrés voltigeaient et tintaient à mon oreille, me jurant d’accomplir ta quête de pouvoir et de règne. Avançons ensemble main dans la main, nous tâcherons de rembrunir notre funeste crime. »

 

                                        ***

 

                            Sa supplique fut si poignante que j’entrepris fermement de mettre à exécution le plan douloureux que j'évoquais avec exaltation. Certes, il était question d’un meurtre, d’un meurtre de la plus haute importance, du meurtre du roi. Toutefois, je parvins à rengorger ma bonté et à avancer le long du lac en direction de sa chambre pour commettre l’irrémédiable. L’eau limpide me renvoya mon reflet, celui d’un autre.

 

                            Et comme je priais pour que ma femme soit fière de mon acte, tous mes démons trop soigneusement enfouis, surgirent de nouveau dans mon crâne las et dans mes pupilles dilatées. Mes hallucinations toujours plus virulentes emportèrent ma lucidité au loin et lépée dans la main, j’opérai ce que me dictait ma femme. Puis, un flot délicieux d’imagination m’enveloppa et j’écoutai les ovations tonitruantes et illusoires de ma victoire.


Maëlle Q., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

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 Devoir de Julie A. :


 

 

-« Je te comprends. Je me suis moi-même évadé, il y a peu, du monde réel pour vivre dans l’utopie, pour vivre ailleurs. Fuis ! – Fuis ! Ce monde n’est pas pour toi. Enivre-toi de l’odeur des algues, du clapotis des vagues, de l’atmosphère de la mer. Laisse le souffle du large caresser ton visage, laisse ton esprit divaguer pareil au bateau qui dérive selon l’humeur de la mer, indéfiniment.


« Fuis ! – Fuis l’agressivité du monde urbain, l’insoutenable pesanteur de la civilisation, l’austérité d’une société superficielle et artificielle pour te retrouver. Toi, seul et la nature. Voyage par le monde, dans une contrée lointaine et mystérieuse, dans une île au beau milieu du pacifique, un lieu paisible et inoffensif où la nature est reine et où tu n’es que son valet.


« Aventure-toi au sommet du Mont Everest, sur l’île de Rapa Nui, au fin fond de la forêt Amazonienne, de l’Alaska, de la Sibérie, sur un bateau au large des côtes africaines ou dans un des villages méconnus de Tanzanie. Trouve ton nouveau monde, ton pays imaginaire, ta galaxie encore inexplorée… Cherche ton idéal. »




Voilà ce que me dit un vieil homme que j’avais rencontré au détour d’un chemin il y a cinq ans de cela. Il était barbu, il portait un vieux chapeau de pêche, son visage était marqué par la rudesse de l’eau salée et l’on pouvait voir dans ses yeux ses rêves, ses espoirs comme ceux d’un enfant. Je lui trouvais une étrange ressemblance avec Socrate.


Depuis cette rencontre, je vogue en silence sur un bateau au gré des vagues. Parfois je m’assois à la proue du navire, j’écoute le doux murmure du vent du large mais ce que j’aime par dessus tout, c’est me perdre au milieu des mers, au milieu de l’océan. Je suis parti, j’ai tout quitté, ma famille, mes amis, mon travail, la ville… Il fallait que je comprenne : « D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ». Il fallait que je sache ce qu’était le monde. Ce que j’étais moi.


Notes :


L’île de Rapa Nui est le nom pascuan de l’île de Pâque.

« D’où venons nous ? Que sommes nous ? Où allons nous » est le titre d’un des tableaux les plus connus de Paul Gauguin qui s'installa à Tahiti où il espérait pouvoir fuir la civilisation occidentale et tout ce qui est artificiel et conventionnel. Il passa toute sa vie dans ces régions exotiques, d'abord à Tahiti puis dans les îles Marquises. Il y réalisa son œuvre majeure.

+ Allitérations en [f], [v] et [s] imitant les bruits du vent, de la nature.

+ Allitération en [m] représentant la mer, le monde ou le moi du poète.

+ Allitération en [l] évoquant la liquidité.

+ Rythmes ternaires.

Julien A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

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Devoir de Côme F. :


       «Viens! Viens! Viens, Côme, viens. Voici venu le temps du rêve, des songes et des divagations qui t'amènent aux confins éternels de l'univers, tout au fond de ta cervelle grinçante, tout au bout de nulle part. 

        «Quoi? Quel est ce désarroi? Quelle est cette débâcle qui charrie ta peine et emporte tout? Quelle illusion te fait voir le soleil noir et marcher à reculons sans plus croire que ce soir n'est qu'un soir qui passera comme tous les autres soirs et rester là a enrager sans espoir!

 


    «Reviens! Reviens! Reviens, Côme, reviens. Je suis ta jeunesse égarée, perdue à jamais, qui restera inconsolée si tu ne me prends pas par la main, si tu ne viens pas me chercher et si tu ne me sors pas du labyrinthe de la sombre haie d'ifs de tes pensées amères. Dis, quand tu reviendras, sera-t-il trop tard?"


                                                                   ***

 


 

  

 

         Ah, ah, ah! Elle est bien bonne, celle-là. "Viens, Côme." Elle est en section internationale, ce n'est pas possible. Et elle la ramène! Elle se croît où? Un labyrinthe et puis quoi encore?


      Ce que c'est que de voir Shining en étant trop jeune. Et inconsolée, ça se prend pour le prince d'Aquitaine peut-être? Et cette allitération en [v], on dirait du Baudelaire, pourquoi pas rajouter: "valse mélancolique et langoureux vertige". Bon j'exagère. C'est vrai que cette allitération crée un effet envoûtant. Et cette assonnance en "oir", quelle puissante évocation de désespoir!

 

 

 

Côme F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.



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Devoir de Marc R. :

 

 

 -« Viens ! Viens ! Je suis Sandra, je suis celle qui crépite dans ta cheminée et qui consume ton bois ; c’est moi qui crée le rouge, l’orange, le jaune ; je suis le chaud, je suis le froid, la braise et la cendre.


Chaque âme est mon bien dans l’immense nuit, chaque mort ami est à mes côtés, chaque coin de mon palais brûle dans les ténèbres, au fond de la terre, des volcans et de la lave.


Viens ! Viens ! Tous les morts t’attendent et mes amis enflamment l’univers de Satan ; l’herbe, les chrysanthèmes, brûlent. »

*

Sa prière finie, elle me proposa de visiter avec elle le monde des ténèbres pour y régner à ses côter.


Et comme je lui répondais que j’aimais un ange qui était bleu comme le ciel, pur comme le vent, comme un feu follet, elle s’enfuit farouche ; et les cendres s’éteignirent.



Strophe N°1

-Rythme ternaire

Strophe N°2

-Allitération en [m] : représente un murmure

-Rythme ternaire

Strophe N°3

-Allitération en [f] : qui représente le souffle du feu


Marc R., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

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Devoir de Marine B. :

 

 

« Souviens-toi, souviens-toi de tes erreurs passées, de tes souvenirs oubliés, de tes amours bientôt envolées. Le temps passe et trépasse le long du courant de la vie.

 

« Souviens-toi, souviens-toi de ces heures fugitives passées à mes côtés. Ah ! Le doux parfum de la rosée matinale, j’entends encore vagabonder la mer en vain sur ces étendues de sable fin, émerveillant ainsi ton regard illuminé par le soleil levant.

 

« Seras-tu là quand je viendrai à mon tour ? Seul toi pourra combler mon Paradis et le ravir. Le jour s’enfuit, et tu pars avec mon cœur meurtri, se noyant peu à peu dans ma tristesse et mes larmes incendières. Ô temps, suspends ton vol ! »

 

 
 ***
 

 

 


Ses souvenirs en vain rappelés à mon âme remplie de douleurs abstraites sont tels qu’ils condanèrent mon cœur à jamais. Ses paroles mélodieuses me desemparèrent, laissant derrière moi un passé fructueux. Il resta devant moi, sans bouger, me regardant comme pour la première fois.

 

Je savoure ces ultimes instants en présence de ce céleste Prince. J’essaie de résister, mais sentant mon âme s’élevée, je vis pour la toute dernière fois cette créature qui subjugua, enchanta, et ensorcela mon existence. A tout jamais, il sera mon Roméo et moi sa Juliette.

M’attend maintenant le grand sommeil  éternelCarpe diem.

 

 

 

      : Présence de rythmes ternaires et binaires

Allitération en [t] : Tendresse du poème, vie encore terrestre pour le poète

Allitération en [l] : Liquidité du poème

Allitération en [m] : Amour, mort qui approche

Allitération en [s] : Douceur du poème, souvenirs rappelés


 


 

Marine B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.







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Devoir d'Aurore B. :


-« Attends ! Attends ! Ces quelques instants fugitifs ne font qu’accélérer le triste cours de nos vies. Ton appareillage se veut proche et ces mornes rayons naissants se reflétant sur cette mer assassine semblent m’annoncer que cette heure tant redoutée se rapproche funestement. Les départs sont souvent difficiles, souvent douloureux, mais lorsque l’on aime, le moindre sourire, le moindre geste ou le moindre baiser ne peut que fortifier une histoire jusque là juvénile et frivole, la métamorphosant en un amour intense et infini.

 

 « Ecoute ton cœur ! Profite de tes dernières heures ! Mémorise chacun de ces visages ! Scrute ce Havre surexcité ! Respire encore un peu cette France souveraine, grande et fière, qui par milles périples ne sait que garder la tête haute. Les fragiles oiseaux quittent ainsi leur nid. Et toi, bien décidé à prendre ton envol, tu t’échappes et fuis vers un monde nouveau où les frontières ne sont qu’insignifiantes face à ces étendues infinies jaillissant de toute part.

 

 « Attends ! Attends ! Je suis donc ta Pénélope et toi mon Ulysse. La vie nous sépare ici. Une existence meilleure t’est promise et t’est due. Oh Amérique, je ne t’apprécie guère ! A présent, pars, et si tu te décide un jour à braver cet immense océan, sache que je t’attendrai et que je ne serai surprise de te voir arborant le plus beau des sourires qui scanderait ton perpétuel retour.

 

*

         Et sur ces paroles déconcertantes, elle me cria qu’elle m’aimait et que son amour pour moi ne s’amoindrirait jamais. Elle me sourit, serra ma main entre les siennes et laissa glisser sur ses joues satinées quelques-unes des ces larmes si cruelles à mon cœur. Le blizzard alors s’éveilla comme si ce chagrin en avait été l’origine.

 

         Nous regardâmes alors ce cargo démesuré fourmiller d’hommes et cracher déjà son épaisse fumée dissimulant ainsi une fraction du transatlantique. Le rythme des vagues redoubla ; le soleil se fondit sous d’épais nuages et moi qui redoutais les adieux plus que tout autre chose, je l’embrassai sans lui chuchoter le moindre mot et embarquai sur le navire déjà noir de monde.



Aurore B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.






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Devoir de Gianni F. :



-« Ne me quitte pas ! Ne me quitte pas ! – Je sais, c’est à cause de moi, mais peux-tu oublier, peux-tu me pardonner, peux-tu recommencer, et m’aimer à nouveau comme auparavant, comme si rien n’était jamais arrivé ?

 

« Chaque seconde sans toi est un moment perdu, chaque minute sans toi est un supplice en plus, et chaque instant sans toi n’est pas supportable pour moi, alors s’il te plaît, ne t’enfuit pas, ne pars pas, ne t’en vas pas mais reste là auprès de moi !

 

« Ne me quitte pas ! Ne me quitte pas ! –Il faut oublier le temps, le temps des malentendus et le temps perdu, nous ne pouvons pas nous quitter ainsi, juste pour cela, alors, écoute-moi, comprends-moi et pense à moi ! »

                                                   

*

 

Son discours terminé, il me supplia de rester à ses côtés et de patir avec lui pour bâtir, mais aussi construire, une nouvelle vie juste avec lui comme si tout le mal qu’il m’avait fait avait été subitement oublié.

 

Et comme je lui répondais qu’il m’était impossible de lui pardonner, furieux et anéanti, il disparut, sachant qu’il m’avait perdu à jamais tout comme Orphée avait perdu Eurydice dans le royaume d’Hadès, le royaume des enfers.


 


 

Gianni F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.





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Devoir de Lucie D. :


« Chante ! Chante ! Les spectateurs ne doivent pas t’intimider.

+       Ils t’encouragent, te réclament et scandent ton nom à tout va ; Cette marée noire de monde n’est là que pour toi. Les débuts sont difficiles, je sais, mais jette-toi à l’eau, mets-toi à nu.

      La fuite face à la foule en délire n’est plus possible, ne joue pas au fugitif.

+               Cet air effa, béat, affolé, ils ne veulent pas l’apercevoir sur ton visage. De l’assurance ! Entends-tu ces cris hystériques de          folie ?

         Chante ! Chante ! Les projecteurs derrière toi forment un halo de lumière fulgurant. Des flammes prêtes à jaillir. Des       cascades couleur rougeâtre au bord de la scène coulent déjà à flots. Rien n’est fiction. Des frissons courent sur ta peau. Un peu de courage, voilà la recette miracle. »

      ***

      Sa chanson à peine commencée,  le silence se fit dans la salle. Mes yeux remplis d’admiration ne fixèrent alors plus que lui et sa guitare. Au refrain, nous fûmes alors en fusion avec lui, nous ne faisions qu’un seul corps et nous chantâmes d’une seule voix. L’émotion était palpable.

      A chaque parole, c’était de plus en plus intense. A chaque son, la communion de tout un public avec son chanteur ; cela ressemblait étrangement  à Woodstock. Le temps sembla s’arrêter l’instant d’une chanson.  Quand le titre fut terminé, une vague d’applaudissements  déferla et l’engloutie. Transporté par l’amour que nous lui donnions, je le vis heureux.




Interprétations :

àAllitération en [f] : exprime les frissons, le souffle du chanteur.

àAllitération en [r] : exprime la peur, le trac du chanteur face au public.

àAllitération en [t] : exprime le tempo de la musique et les applaudissements.

àChamp lexical de la mer, expression du temps.

àRéférence culturelle : Woodstock.

Lucie D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

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Devoir de Marine B. :

« Souviens-toi, souviens-toi de tes erreurs passées, de tes souvenirs oubliés, de tes amours bientôt envolées. Le temps passe et trépasse le long du courant de la vie.

 

« Souviens-toi, souviens-toi de ces heures fugitives passées à mes côtés. Ah ! Le doux parfum de la rosée matinale, j’entends encore vagabonder la mer en vain sur ces étendues de sable fin, émerveillant ainsi ton regard illuminé par le soleil levant.

 

« Seras-tu là quand je viendrai à mon tour ? Seul toi pourra combler mon Paradis et le ravir. Le jour s’enfuit, et tu pars avec mon cœur meurtri, se noyant peu à peu dans ma tristesse et mes larmes incendières. Ô temps, suspends ton vol ! »

 

 

 

 


Ses souvenirs en vain rappelés à mon âme remplie de douleurs abstraites sont tels qu’ils condanèrent mon cœur à jamais. Ses paroles mélodieuses me desemparèrent, laissant derrière moi un passé fructueux. Il resta devant moi, sans bouger, me regardant comme pour la première fois.

 

Je savoure ces ultimes instants en présence de ce céleste Prince. J’essaie de résister, mais sentant mon âme s’élevée, je vis pour la toute dernière fois cette créature qui subjugua, enchanta, et ensorcela mon existence. A tout jamais, il sera mon Roméo et moi sa Juliette.

M’attend maintenant le grand sommeil  éternelCarpe diem.

 

 

 

      : Présence de rythmes ternaires et binaires

Allitération en [t] : Tendresse du poème, vie encore terrestre pour le poète

Allitération en [l] : Liquidité du poème

Allitération en [m] : Amour, mort qui approche

Allitération en [s] : Douceur du poème, souvenirs rappelés

 

Marine B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.


Date de création : 26/11/2008 @ 09:30
Dernière modification : 19/04/2009 @ 18:06
Catégorie : Copies d'élèves 2008/2009
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