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Copies d'élèves 2008/2009 - Commentaire 1ère FLS

Devoir de type bac n°1, le 12 novembre 2008


Il s'agissait du premier commentaire de l'année, dans des conditions d'examen facilitées par l'autorisation accordée aux élèves d'utiliser un   dictionnaire. Ce devoir faisait suite à la première séquence de l'année, un groupement de textes portant sur la critique philosophique au XVIIIème siècle, avec L'esclavage des nègres de Montesquieu (in  De l'esprit des lois), Le début du chapitre III de Candide, de Voltaire, l'incipit du Paysan parvenu, de Marivaux, et la lettre XXIV des Lettres persanes, de Montesquieu.

Le texte à commenter était le suivant, également tiré des Lettres persanes de Montesquieu :


LETTRE XXX

RICA A IBBEN

A Smyrne.


    Les habitants de Paris sont d'une curiosité qui va jusqu'à l'extravagance. Lorsque j'arrivai, je fus regardé comme si j'avais été envoyé du ciel: vieillards, hommes, femmes, enfants, tous voulaient me voir. Si je sortais, tout le monde se mettait aux fenêtres; si j'étais aux Tuileries, je voyais aussitôt un cercle se former autour de moi; les femmes mêmes faisaient un arc-en-ciel nuancé de mille couleurs, qui m'entourait. Si j'étais aux spectacles, je voyais aussitôt cent lorgnettes dressées contre ma figure: enfin jamais homme n'a tant été vu que moi. Je souriais quelquefois d'entendre des gens qui n'étaient presque jamais sortis de leur chambre, qui disaient entre eux: Il faut avouer qu'il a l'air bien persan. Chose admirable! Je trouvais de mes portraits partout; je me voyais multiplié dans toutes les boutiques, sur toutes les cheminées, tant on craignait de ne m'avoir pas assez vu.
    Tant d'honneurs ne laissent pas d'être à la charge: je ne me croyais pas un homme si curieux et si rare; et quoique j'aie très bonne opinion de moi, je ne me serais jamais imaginé que je dusse troubler le repos d'une grande ville où je n'étais point connu. Cela me fit résoudre à quitter l'habit persan, et à en endosser un à l'européenne, pour voir s'il resterait encore dans ma physionomie quelque chose d'admirable. Cet essai me fit connaître ce que je valais réellement. Libre de tous les ornements étrangers, je me vis apprécié au plus juste. J'eus sujet de me plaindre de mon tailleur, qui m'avait fait perdre en un instant l'attention et l'estime publique; car j'entrai tout à coup dans un néant affreux. Je demeurais quelquefois une heure dans une compagnie sans qu'on m'eût regardé, et qu'on m'eût mis en occasion d'ouvrir la bouche; mais, si quelqu'un par hasard apprenait à la compagnie que j'étais Persan, j'entendais aussitôt autour de moi un bourdonnement: Ah! ah! monsieur est Persan? C'est une chose bien extraordinaire! Comment peut-on être Persan?

    A Paris, le 6 de la lune de Chalval, 1712.



Code des couleurs :


Introduction :

  • 1ère étape : présentation de l'époque et du mouvement littéraire.
  • 2ème étape :  présentation de l'auteur et de l'oeuvre dont est tiré le texte à commenter.
  • 3ème étape : présentation de l'extrait.
  • 4ème étape : annonce des axes de lecture.

Corps du devoir :

  • Connecteurs logiques.
  • Amorce de l'axe de lecture n°1.
  • Transition.
  • Rappel de l'axe de lecture en fin de paragraphe.

Conclusion :

  • Rappel des axes de lecture développés dans le devoir.
  • Ouverture.


Devoir de Maria D. :



 

Selon Kant, “les Lumières, c’est la sortie de l’homme hors de l’état de tutelle dont il est lui-même responsable. L’état de tutelle, c’est l’incapacité à se servir de son propre entendement sans la conduite d’un autre”. Écrivain représentatif du XVIIIème siècle, Montesquieu, auteur de l’Esprit des Lois, grande oeuvre de sa vie, entreprend la lutte contre les préjugés- conséquence de l’état de tutelle- dans les Lettres Persanes. Dans cet extrait, Montesquieu utilise une des techniques principales de l’oeuvre : le regard étranger. Il atteint toutefois un niveau supérieur manifesté à travers un double regard naïf, qui aboutit à la critique sociale : l’importance excessive des apparences dans la société.

 

 

 

Tout d’abord, à l’adresse d’une société ethnocentriste, Montesquieu conçoit une approche différente et caractéristique des Lumières, se fondant sur l'utilisation d'un regard neuf, objectif, étranger et naïf, en profitant de l’intérêt renouvelé par les cultures exotiques, existant du fait des nouvelles découvertes. Il va prendre comme base un roman épistolaire, la correspondance entre deux Persans, Rica et Usbek.  Rica, avec la volonté d’apprendre, se rend à Paris. Les moeurs ici le laissent stupéfait : il raconte ses expériences à Usbek. Son étonnement est bien évoqué dans le texte dès la première ligne, “lorsqu’(il) arriv(e)” (l.1): “les habitants de Paris sont d’une curiosité qui va jusqu’à l’extravagance”, il voit des “chose(s) admirable(s)”  qui le font sourire (l.4) et qu' il “ne (se) serai(t) jamais imaginé” (l.11). Il se trouve, comme par magie, “partout”, “multiplié”. Cet étonnement, conséquence d'un regard naïf,  va alors, en premier lieu, amuser le lecteur.
                De plus, le regard étonné, qui cherche à susciter l’intérêt du lecteur et à une réflexion plus personnelle, est renforcé par le système de l’énonciation. Les premiers mots créent déjà une barrière entre le narrateur et “les habitants de Paris”. Dans les lignes suivantes cette contradiction se poursuit : le “je” de Rica s’oppose aux “vieillards, hommes, femmes, enfants” – chaque groupe social rendu important avec cette énumération graduelle- en définitive, “à tout le monde” (l.3),  aux “gens”, mot qui donne un sens indéfini mais universel. En outre, l’exotisme se manifeste clairement: “à Smyrne”, “le 6 de la lune de Chalval”. Certes, le décalage est présent entre les moeurs françaises et celui qui les observe à travers un regard extérieur : la diversion devient interrogation.           
               Néanmoins, malgré les contrastes, le regard naïf de Rica trouve son équivalence dans le peuple français. On croirait être spectateurs d’un jeu de “cache-cache”. Le dernier mot de l’énumération (l.2) ne laisse pas  la place aux doutes, c’est une attitude propre aux “enfants” à laquelle même les vieillards- qui sont supposés être plus sages-  accèdent. En effet, on trouve un champ lexical du spectacle. C’est un spectacle “nuancé de mille de couleurs”(l.4), avec des “ornements”(l.4). Rica a pour eux l’air  “curieux”, “rare”, il est “admirable” (l.14). “Un cercle se forme” (l.4) à cause de sa présence, il est observé soit directement, à travers des “fenêtres”, soit indirectement, dans le théâtre avec les lorgnettes, ses “portraits” (l.8) étaient partout. Cela aboutit au fait que “jamais homme n’a tant été vu que (lui)” (l.6). L’aspect comique du jeu est souligné par les parallélismes et anaphores de “si” aux lignes 3,4 et 5, à chaque action de Rica en correspond une autre.
Nous trouvons encore l’étonnement et le contraste, l’objectif d’un double regard naïf est renforcé.



 

 

Logiquement, le caractère neuf, drôle, du texte, ce “jeu” qu’on vient de constater, a pour but un sens bien plus profond : la critique. La portée critique est révélée d’avance avec les notes ironiques suivantes: “des gens qui n’étaient presque jamais sortis de leur chambres” (l.6), et la frappante fin du premier paragraphe: “tant on craignait de ne m’avoir pas assez vu”. L’aspect amusant de l'expression “ne laisse pas d’être à charge” (l.10), fait en sorte que la critique s’agrandit graduellement, en proportion directe avec l’ironie. Elle va nous montrer la réalité paradoxale, évoquée dans la phrase “quoique j’aie très bonne opinion de moi, je ne me serais jamais imaginé que je dusse troubler le repos d’une grande ville où je n’étais point connu” (l.11-12). On pourrait dire que des notes fausses apparaissent dans l’harmonie, et la dénonciation se fait jour.
              Par conséquent, Rica décide de jouer lui aussi. Il va se “résoudre à quitter l’habit persan” (l.12). Il se déguise, bien qu’il prévoie déjà le résultat.
Le réalisme prend en effet tout sa force : “(il entre) tout à coup dans un néant affreux”(l.16). L’adjectif “affreux” est une hyperbole, il ne fait que souligner le contraste de la situation actuelle avec l’antérieure : personne ne lui parle plus, personne n’en tient compte. Le paradoxe est fort. La perte de son habit lui a “fait perdre en un instant l’attention et l’estime publique” (l.16). L’expression du premier paragraphe  “il faut avouer qu’il a l’air bien persan”, ne prend toute son amplitude ironique que grâce au contraste que la révélation de sa nationalité provoque maintenant : la surprise est renforcée par les modalités exclamatives et interrogatives dans “ Ah!, ah! Monsieur est Persan? C’est une chose bien extraordinaire! Comment peut-on être Persan?”. Ainsi donc, les conventions sociales sont relativisées, sous l'effet de la dimension satirique du texte.
                  Finalement, nous comprenons la portée didactique du texte, l’importance des apparences dans la société parisienne. Rica voulait découvrir si le peuple était capable de reconnaître sa valeur réelle (“ce que je valais réellement” (l.14)), il voulait être “apprécié au plus juste” (l.15), les préjugés ont rendu ce désir impossible. Montesquieu utilise donc ce récit anecdotique pour analyser et critiquer les moeurs de l’ensemble de la société.

 

 

 

Cet extrait des Lettres Persanes révèle, en conclusion, un impressionnant degré de maniement de la langue et des techniques argumentatives. L’auteur plaît et amuse à travers le jeu initial et les ironies. Le regard naïf, étranger, de Rica,  débouche sur un double aspect, à la fois critique et didactique, qui, dans le premier axe,  se présènte avec le double étonnement. L’auteur vise à dénoncer, à faire réagir le lecteur et susciter la pensée, le “propre entendement” qui va le libérer des préjugés. La confiance accordée au lecteur sera récompensée : les Lettres Persanes ouvrirent à Montesquieu la porte des salons littéraires du XVIIIème siècle. Cette acceptation annonce un changement dans la société, qui essaie de sortir l’obscurantisme. C’est un indice des prochaines transformations révolutionnaires…

           

 

 Maria D. (Espagne), 1ère FLS, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.


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Bac blanc du 03 juin 2009.

Commentaire : extrait de Souvenir de la nuit du 4 (in Châtiments), de Victor Hugo.

Souvenir de la nuit du 4

L'enfant avait reçu deux balles dans la tête.
Le logis était propre, humble, paisible, honnête ;
On voyait un rameau bénit sur un portrait.
Une vieille grand-mère était là qui pleurait.
Nous le déshabillions en silence. Sa bouche,
Pâle, s'ouvrait ; la mort noyait son oeil farouche ;
Ses bras pendants semblaient demander des appuis.
Il avait dans sa poche une toupie en buis.
On pouvait mettre un doigt dans les trous de ses plaies.
Avez-vous vu saigner la mûre dans les haies ?
Son crâne était ouvert comme un bois qui se fend.
L'aïeule regarda déshabiller l'enfant,
Disant : - comme il est blanc ! approchez donc la lampe.
Dieu ! ses pauvres cheveux sont collés sur sa tempe ! -
Et quand ce fut fini, le prit sur ses genoux.
La nuit était lugubre ; on entendait des coups
De fusil dans la rue où l'on en tuait d'autres.
- Il faut ensevelir l'enfant, dirent les nôtres.
Et l'on prit un drap blanc dans l'armoire en noyer.
L'aïeule cependant l'approchait du foyer
Comme pour réchauffer ses membres déjà roides.
Hélas ! ce que la mort touche de ses mains froides
Ne se réchauffe plus aux foyers d'ici-bas !
Elle pencha la tête et lui tira ses bas,
Et dans ses vieilles mains prit les pieds du cadavre.
- Est-ce que ce n'est pas une chose qui navre !
Cria-t-elle ; monsieur, il n'avait pas huit ans !
Ses maîtres, il allait en classe, étaient contents.
Monsieur, quand il fallait que je fisse une lettre,
C'est lui qui l'écrivait. Est-ce qu'on va se mettre
A tuer les enfants maintenant ? Ah ! mon Dieu !
On est donc des brigands ! Je vous demande un peu,
Il jouait ce matin, là, devant la fenêtre !
Dire qu'ils m'ont tué ce pauvre petit être !
Il passait dans la rue, ils ont tiré dessus.
Monsieur, il était bon et doux comme un Jésus.
Moi je suis vieille, il est tout simple que je parte ;
Cela n'aurait rien fait à monsieur Bonaparte
De me tuer au lieu de tuer mon enfant ! -
Elle s'interrompit, les sanglots l'étouffant,
Puis elle dit, et tous pleuraient près de l'aïeule :
- Que vais-je devenir à présent toute seule ?
Expliquez-moi cela, vous autres, aujourd'hui.
Hélas ! je n'avais plus de sa mère que lui.
Pourquoi l'a-t-on tué ? Je veux qu'on me l'explique.
L'enfant n'a pas crié vive la République. -

Nous nous taisions, debout et graves, chapeau bas,
Tremblant devant ce deuil qu'on ne console pas.


 Commentaire d'Antonia M. :

                  Au XIX ème siècle il y a le Romantisme. Les grands auteurs, poètes comme Victor Hugo exprimaient leurs sentiments en utilisant le registre lyrique. Les Châtiments est un recueil de poèmes consacré à la dénonciation de Napoléon III car il a usurpé le pouvoir, il l’a pris sens le mériter. A travers le poésie, Victor Hugo exprime les sentiments d’une grand-mère qui a perdu son petit-fils. Nous allons donc étudier dans un premier temps les destinataires de la poésie ; et dans un second temps un cadre tragique et inconsolable voué à la disparition de l’enfant.

 

 

 

 

                 Tout d’abord, nous pouvons voir que cette grand-mère est à un point de désespoir total car elle a perdu son petit-fils. C’est ainsi qu’elle sent le besoin de s’adresser à quelqu’un. L’anaphore du mot « Monsieur » aux vers 27, 29,36 est un peu ambiguë pour le lecteur puisqu’on ne comprends pas s’il s’agit de Dieu ou bien de Napoléon III.C’est seulement au vers 38 que cela est explicité : «  monsieur Bonaparte ». Cela nous montre bien le dimension dénonciatrice de la poésie au vers 38 : « Cela n’aurait rien fait a monsieur Bonaparte ». Grâce a l’anaphore, à la façon  de répéter « Monsieur » nous pouvons penser que à peu à peu la dénonciation contre Napoléon va s’exprimer.

                 De même, nous pouvons penser que cette femme veut interpeller le lecteur. Cela nous est montré au vers 32 : « Je vous demande ». Cela nous est aussi montré au vers 43 : « Expliquez moi cela, vous autres aujourd’hui ». Cette femme désespère  pose beaucoup de questions, une autre au vers 45 : « Pourquoi l’a-t-on tué ? Je veux qu’on me l’explique ».La grand-mère du petit enfant grâce à ces interrogations veut comprendre la raison de tuer son enfant qui n’était pas coupable. A travers ses interrogations on peut penser qu’il va donc y avoir une certaine complicité entre le lecteur et elle-même car en cherchant l’avis du lecteur, le destinataire va donc comprendre les injustices que fait Napoléon III contre les autres, et de même, il va se mettre à la place de cette mère qui à perdu son petit-fils, il va comprendre ses sentiments.

 

 

 

 

 

                  Apres avoir étudié les destinataires  de la poésie, les questions que cette grand-mère se pose vont exprimer la souffrance, le deuil de la perte de son enfant. Cette femme, se rappelle des actions que son petit-fils faisait au vers 30 : « C’est lui qui l’écrivait » ou de même au vers 33 : « Il jouait ce matin, là, devant la fenêtre ! ». Nous trouvons aussi au vers 36 : «  il était bon et doux comme un Jésus ». Cela peut nous faire penser que grâce au souvenir, cette vieille femme veut chercher à garder, à retenir son enfant qui a disparu. De même, cela nous est montré avec les rimes plates qui nous rappellent « l’être », le fait d’être vivant, au vers 29,30 qui rime « lettre » et « mettre » et aux vers 33,34 « fenêtre ». Cela peut évoquer une paronomase, une figure de style où deux noms qui ne sont pas écrits de ma même façon, mais dont la prononciation ce ressemble. Nous pouvons donc dire que à travers cette figure stylistique, nous sentons la foi chez la grand-mère de garder son enfant avec elle.

                  De plus, cette vieille femme veut garder le souvenir mais nous ressentons chez elle une sorte d’impossibilité à se consoler au vers 48 : « devant ce deuil qu’on ne console pas » puisqu’elle est âgée, et qu’elle est consciente qu’elle l’a vraiment perdu. Elle sent aussi sa vieillesse au vers 37 : « Moi je suis vieille, il est tout semple que je parte ». Même si elle s’est posée beaucoup de questions aux quelles personne ne répond, elle ne peut pas s’expliquer la perte de sa fille et de son petit fils au vers 48 : « Je n’avais plus sa mère que lui ». Elle va donc se poser la question que toute mère ou grand-mère se posent : « Que vais-je devenir à présent toute seule ? ». Toute ces interrogations qu’elle se pose ne vont pas effacer la douleur qu’elle prouve et qui prouverait chaque mère à la perte de son propre fils.

 

 

 

 

 

 

 

                  Pour conclure, la mort parfois est quelque chose d’incomprensible surtout s’il s’agit des enfants, de son propre enfant. Nous pouvons penser qu’il y a une connection avec le théâtre, puisqu’on pourrait dire que cette femme fait un monologue. Grâce à ses interrogations, elle trouve une complicité avec le lecteur et dénonce ainsi les injustices de Napoléon III. Nous pouvons penser que cette poésie est atemporelle car les sensations qu’elle ressent pour la perte de son petit-fils nous touche aussi. Enfin, Victor Hugo l’un des grandes chef de la littérature française veut ici exprimer son émotion à travers cette femme qui crie, et qui est désespéré. Ses poésies sont plutôt explicites, dénonciatrices, à différence des autres auteurs comme Réné Char au Aragon qui utilisaient la poésie de façon hermétique, incomprensible pour le lecteur à la première lecture,parce que l’émotion est trop grande et le langage courant est disqualifié.

Antonia M. (Italie), 1ère FLS, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2009.

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 Autre sujet de commentaire : Les obsèques de la lionne, de La Fontaine.

 

 

La femme du Lion mourut :
Aussitôt chacun accourut
Pour s'acquitter envers le Prince
De certains compliments de consolation,
Qui sont surcroît d'affliction.
Il fit avertir sa Province
Que les obsèques se feraient
Un tel jour, en tel lieu ; ses Prévôts y seraient
Pour régler la cérémonie,
Et pour placer la compagnie.
Jugez si chacun s'y trouva.
Le Prince aux cris s'abandonna,
Et tout son antre en résonna.
Les Lions n'ont point d'autre temple.
On entendit à son exemple
Rugir en leurs patois Messieurs les Courtisans.
Je définis la cour un pays où les gens
Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,
Sont ce qu'il plaît au Prince, ou s'ils ne peuvent l'être,
Tâchent au moins de le parêtre,
Peuple caméléon, peuple singe du maître,
On dirait qu'un esprit anime mille corps ;
C'est bien là que les gens sont de simples ressorts.
Pour revenir à notre affaire
Le Cerf ne pleura point, comment eût-il pu faire ?
Cette mort le vengeait ; la Reine avait jadis
Etranglé sa femme et son fils.
Bref il ne pleura point. Un flatteur l'alla dire,
Et soutint qu'il l'avait vu rire.
La colère du Roi, comme dit Salomon,
Est terrible, et surtout celle du roi Lion :
Mais ce Cerf n'avait pas accoutumé de lire.
Le Monarque lui dit : Chétif hôte des bois
Tu ris, tu ne suis pas ces gémissantes voix.
Nous n'appliquerons point sur tes membres profanes
Nos sacrés ongles ; venez Loups,
Vengez la Reine, immolez tous
Ce traître à ses augustes mânes.
Le Cerf reprit alors : Sire, le temps de pleurs
Est passé ; la douleur est ici superflue.
Votre digne moitié couchée entre des fleurs,
Tout près d'ici m'est apparue ;
Et je l'ai d'abord reconnue.
Ami, m'a-t-elle dit, garde que ce convoi,
Quand je vais chez les Dieux, ne t'oblige à des larmes.
Aux Champs Elysiens j'ai goûté mille charmes,
Conversant avec ceux qui sont saints comme moi.
Laisse agir quelque temps le désespoir du Roi.
J'y prends plaisir. A peine on eut ouï la chose,
Qu'on se mit à crier : Miracle, apothéose !
Le Cerf eut un présent, bien loin d'être puni.
Amusez les Rois par des songes,
Flattez-les, payez-les d'agréables mensonges,
Quelque indignation dont leur coeur soit rempli,
Ils goberont l'appât, vous serez leur ami.
Commentaire de Tim E. :

Le XVIIème siècle est marqué par un mouvement majeur : le Classicisme. De nombreux auteurs ont marqué cette ère à travers les romans, pièces de théâtre mais aussi les fables. Jean de la Fontaine, né en 1621, poursuit des études d’avocats mais se tourne ensuite vers la rédaction de ses Fables, composées de deux recueil. Le premier (livre I à VI) a été dédicacé au Dauphin et donc s’oriente vers un public plus jeune. Le second recueil vise un public plus mature et cherche plus à critiquer qu’à corriger. « Les Obsèques de la Lionne » est dans le huitième livre, qui a un aspect plus dénonciateur des défauts humains. En effet, il est possible de discerner un regard dénonciateur de l’hypocrisie régnant à la cour du roi, mais aussi une critique directe du roi et de la justice qu’il fait régner.

 

 

 

Tout d’abord, la dimension hypocrite des animaux dans la fable fait référence aux aristocrates de la cour du roi Louis XIV. Afin d’éviter la censure, il utilise un bestiaire pour caractériser les personnalités stéréotypées de ses personnages. Par exemple, le roi est un lion, symbole du pouvoir et de la domination.  Le champ lexical de l’illusion permet d’identifier  le thème de l’hypocrisie chez les courtisans. Les mots « paraître » (v.21) ; « caméléon » (v.21) ; « flatteur » (v.28) et « traître » (v.38) illustrent ce thème.

Ensuite, les courtisans sont considérés comme des robots sans conscience avec l'image du vers 22 : « les gens sont de simples ressorts. » Leur médisance est renforcée par une comparaison : « On dirait qu’un esprit anime mille corps » (v.22). Ces deux figures de style montrent bien que les courtisans sont très superficiels et sont le « peuple singe du maître » (v.22).

En outre, des mensonges plus accablants démontrent que la cour est animée par des fourberies, marque d’une absence absolue de confiance. Le roi s’oblige à envoyer des Prévôts pour s'assurer que tout le monde soit à l’enterrement de la reine. Cela montre que le roi sait que les courtisans sont hypocrites mais cela lui est égal. De plus, le statut d’ "amis" est obtenu avec un peu de perspicacité et le contrôle du langage, comme le montre l'anaphore du mot « flatteur » au vers 28 et ensuite au vers 53, elle renvoie à cette hypocrisie qui  semble  plaire. On voit bien, à travers tous ces différents aspects, qu’une hypocrisie complète domine la cour du roi.

 

 

 

Cette hypocrisie se ressent à la valeur prestigieuse que détient le roi et sa Justice. Dans un premier temps, il est possible de se demander si la noblesse du roi est si véritable qu’elle le paraît. Un premier élément qui remet en cause la justice et le renversement de situation. Le cerf, qui est d’abord condamné par la cour à une exécution immédiate est en fin de compte « bien loin d’être puni » (v.51).  Grâce à un peu de perspicacité, et à un mensonge, il réussit à convaincre le roi, qui épargne sa vie. Ce renversement est aussi caractérisé par des césures à l’hémistiche comme « Le cerf repris alors : Sire, le temps de pleurs » (v.39), où il y a donc un changement total de situation. Mais il est aussi caractérisé dans la forme par la présence à deux reprises de rimes embrassées (v.35-38 et v.44-47). Le changement de situation est radical.

Par ailleurs, l’aspect évangélique et divin du roi est aussi remis en cause. Les actions du roi sont connotées péjorativement : « goberont l’appât ». La naïveté du roi est évidente . La Fontaine utilise également un bestiaire pour faire référence au roi de son époque, Louis XIV, et pour éviter la censure. Dans « Les Obsèques de la Lionne », la paronomase du « roi lion » revoie au nom du roi Louis et de sa critique de la cour du XVIIème siècle.

Finalement, l’utilisation de l’ironie accentue ce ton dénonciateur envers le roi. Par exemple, l’antithèse « agréables mensonges » dévalue la position prestigieuse du roi. Les mensonges sont immoraux, or le roi s’y fait et ils lui plaisent. Mais les actions commises par la monarchie montrent au lecteur la vraie identité des rois. La reine a « étranglé [l]a femme et [le] fils » (v.27) du cerf, ce qui est un acte d’infanticide, normalement méprisé  aux yeux de tous. « Les lions n’ont point d’autre temple » montre qu’il n’égale point les dieux qui eux ont des centaines de maison partout. Ce ton moqueur et indigné s’oppose au champ lexical du paradis et de la divinité qui qualifie la reine : « Champs Elysiens » (v.46) ; « saints » (v.46) ; « miracle » (v.50) et « Dieux » (v.45), dans le discours du cerf. Les rois sont donc gravement dénoncés ici, ainsi que leur justice exercée sans base réelle de preuves, qui dépend de leur avis personnel et subjectivf Elle n’est donc pas équitable.

 

 

 

         En conclusion, le fabuliste montre bien son désaccord à propos de la cour et des actions que poursuit le roi. Cette classe de nobles est fondée sur des relations hypocrites et superficielles. Cela rentre dans l’aspect dénonciateur des défauts humains. Malgré la critique, il est visible que La Fontaine ne remet pas entièrement en cause l’autorité du roi, mais souhaite simplement améliorer le statut qu’il tient. Ces idées annoncent celles du siècle suivant (le siècle des Lumières) ou ces accusations vont s’amplifier davantage à travers la philosophie, et où les auteur vont chercher à obtenir l’égalité et la justice pour tous.    

Tim E. (Etats-Unis d'Amérique), 1ère FLS 2008/2009, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis.

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Date de création : 03/12/2008 @ 12:06
Dernière modification : 16/06/2009 @ 17:05
Catégorie : Copies d'élèves 2008/2009
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