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Copies d'élèves 2008/2009 - Ecritures d'invention 2nde 7

1er sujet d'écriture d'invention


 

Les devoirs proposés ci-dessous ont été rédigés en temps libre, à l'issue de la séquence n°1 consacrée au genre narratif, et intitulée Comment lire un incipit? Comment lire un début de roman? A l'étude de Pierre et Jean de Maupassant (oeuvre intégrale) s'ajoutait celle d'un groupement de textes, Les débuts de roman, composé des lectures analytiques des incipits suivants : La cousine Bette (Balzac), Madame Bovary (Flaubert), Germinal (Zola) et Aurélien (Aragon).

Les élèves avaient en outre étudié la typologie des textes et les focalisations, en méthodologie.

La mise en ligne de ces quelques copies complète le compte-rendu du devoir, et peut servir de support à une éventuelle remédiation.

Le sujet était le suivant :

Après l'étude du GT1 (Les débuts de roman), vous rédigerez à votre tour un incipit régi par les consignes suivantes :


  • votre production sera de registre réaliste.
  • Elle mêlera types narratif et descriptif (vous veillerez à utiliser les outils stylistiques propres à ces deux types de texte).
  • Votre incipit respectera les codes romanesques traditionnels (fonctions informative et "apéritive").
  • Toute référence culturelle pertinente est valorisée.
  • Vous expliciterez la focalisation que vous aurez choisie (focalisation zéro, focalisation interne, ou alternance des deux).

 

Code des couleurs :

  • type descriptif
  • type narratif
  • fonction informative
  • fonction apéritive
  • référence culturelle pertinente






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Devoir de Claire D. :



ECRITURE D’INVENTION

 

 

Une brise glaciale soufflait dans les entrailles de l’Ariane, rasant les murs délabrés des immeubles aux yeux mornes. La nuit morte envahissait chaque rue tandis qu’un brouillard épais étouffait les rares lumières de la ville.

À deux pas de la rue Eugène Coste se dressait une masse sombre que le temps achevait de tuer à grands coups de lames. Cette tour de neuf étages avait perdu toute sa splendeur ; ses murs jadis recouverts d’une jolie peinture écrue avaient viré au gris tandis que des rides profondes défiguraient son immense façade. Quant aux fenêtres closes, elles étaient rendues opaques par une épaisse couche de poussière.

Au dernier étage seule Elisa semblait échapper à la monotonie de la ville. Assise sur un fauteuil moelleux recouvert de chintz, elle faisait face à sa minuscule fenêtre. Son esprit foisonnait d’idées extravagantes et de rêves romanesques alors que, d’un léger mouvement de poignet, elle redonnait vie au monde. Son pinceau vagabondait sur la toile, mariant les couleurs chaudes avec une telle habileté qu’elle en devenait fascinante.

Un bâillement tirailla ses joues pommelées, lui indiquant qu’il était temps pour elle d’aller se coucher. D’un geste machinal, elle posa la toile sur le rebord carrelé de sa fenêtre puis abandonna son pinceau dans l’évier. Tandis qu’elle se levait, son regard s’attarda un instant sur un objet, dont l’éclat projetait des gerbes de lumière sur son visage ovale. Aveuglée, elle se retourna et fit face au miroir qui ornait un pan de sa chambre. Ses belles boucles brunes tombaient sur ses épaules dénudées et faisaient ressortir ses yeux de geai. Ses lèvres étaient délicieusement recouvertes d’un rouge à lèvres dont l’aspect luisant contrastait avec la pâleur angélique de son visage. Un battement de ses longs cils noirs la fit revenir à la réalité et elle s’empressa de revêtir sa nuisette dont la fine soie glissa sur sa peau.

Lorsqu’elle fut prête, elle s’enfonça dans son lit douillet et s’empressa d’éteindre sa lampe de chevet. Ses paupières se firent lourdes et le sommeil la gagna tandis qu’elle appréciait, telle une enfant, le sifflement dolent du vent.

Elisa était à peine endormie qu’une respiration vint se mêler aux plaintes de la brise : de l’autre côté de la porte, une silhouette filiforme se tenait voûtée, occupée à forcer le verrou. En cet instant, les rêves d’Elisa et les pensées de l’inquiétant visiteur étaient habitées par le même objet étrangement lumineux malgré la profonde obscurité de la pièce.    

 

 

Paragraphe 1 à 4 : focalisation zéro

Paragraphe 4 à 6 : focalisation interne

Paragraphe 6 : focalisation zéro

 

Claire D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.





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Devoir de Nancy A.  (focalisation interne) :



Cela faisait près d’une heure qu’elle se tenait sur l’estrade, immobile, désœuvrée, un peu lasse, fixant un vase en porcelaine de Chine délicatement peint à la main, près d’une vieille commode encore poussiéreuse malgré un nettoyage à la cire d’orange qui faisait briller son vieux bois.
Elle contemplait les employés retardataires s’empressant de terminer activement les derniers préparatifs pendant que les premiers acheteurs faisaient leur entrée.
Les mots « Vingt-et-unième vente aux enchères de meubles précieux de Fontaine-sur-Oise»  qu’indiquait la longue banderole à l’entrée du bâtiment avaient provoqué une fièvre euphorique dans l’esprit des habitants, amenant la petite bourgade à revivre en l’espace de quelques semaines.  C’était aujourd’hui qu’enfin tous ces efforts allaient porter leurs fruits.
Cette nouvelle vente aux enchères attendue depuis plusieurs mois annonçait un changement de vie pour ces meubles chargés d’Histoire.


Une odeur de parfum d’arômes synthétiques se mêlait à celle, humide et âcre, des salles anciennes en attente d’évènements importants. L’odeur se propageait, avait envahi le vestibule qui résonnait déjà de murmures, d’exclamations et de rires sonores, créant une atmosphère détendue et bon-enfant, celle des jours festifs, entourés au feutre rouge dans les calendriers domestiques.
Alors qu’elle observait cette foule agitée, ses yeux s’étaient perdus à force de suivre ces pas affairés, ces va-et-vient intéressés, ces mouvements faussement nonchalants. Peu à peu, elle laissait ses pensées vagabonder. Qui verrait-elle aujourd’hui ? Négocierait-elle une heureuse transaction ? Ferait-elle de nouvelles rencontres, de celles qu’on espère en ces jours peu ordinaires ?
Elle pensait à tous ceux qu’elle avait un jour croisés dans sa vie, parfois jamais revus, toutes ces personnes importantes dont elle avait eu l’honneur de recevoir les attentions parfois triviales parfois délicates, jamais anodines, avec une égale constance.
Parmi tous ces égards, si avenant ou non, c'était ceux de son propriétaire, un riche marquis qui possédait de nombreuses bâtisses dans toute la France, qu'elle appréciaient particulièrement. C'était lui qui l'avait commandé auprès d'un grand maître anglais du XVIIème, lui demandant d'utiliser les meilleurs matériaux existant, le meilleur bois et le meilleur tissus. Il réalisa ainsi l'une des plus belles chaises jamais créées.
C'était une grande chaise qui faisait penser à un trône royal. Les accotoirs ainsi que le dossier s'élevaient fièrement ve
rs le haut, solidement fixés à la base. Le dossier lui-même était habillé d'un fin tissu à fleurs rouge et blanc et des motifs compliqués de diverses formes ornaient les accotoirs.
Tout cela était majestueusement bien planté sur quatre long pieds délicatement sculptés.
Elle était d’une nature prévenante, résolument généreuse, et se donnait pour tâche d’accueillir et de recevoir ses hôtes avec une impeccable intégrité. Elle ne manquait jamais à ce devoir qu’elle s’était fixé depuis toujours, semblait-il. On abusait bien parfois de son tempérament dévoué, on s’appliquait même à l’alourdir du poids indécent de confessions désinvoltes, et cela sans même qu’elle s’en aperçût. Elle s’appliquait fidèlement à les recevoir avec probité. Telle était l’étendue de son cœur magnanime et foncièrement charitable.

En quatre siècles, elle avait gardé sa jeunesse, et elle demeurait là, fière, debout, solidement ancrée dans le sol. Ce sol poussiéreux où elle côtoyait la commode Louis XVI aux ornements raffinés et la finesse tranchante du vase Ming.
Le maître des ventes frappa de son marteau trois coups secs afin d'obtenir le silence. La magnifique chaise émergea de ses souvenirs et tout en contemplant les nombreux visages des personnes présentes, se demanda qui oserait la posséder encore, elle qui avait appartenu à tant de maîtres.
Le maître des ventes frappa encore, les enchères allaient commencer.



Nancy A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.




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Devoir de Charlotte O. :



Focalisation utilisé : interne

 

   Comme d’habitude, elle descendit de son taxi négligemment garé en double file avec l'élégance d’une first lady. Il devait être sept heures quarante-cinq selon les embouteillages. Elle possédait le même sac a main Zadig et Voltaire gris chiné qu’elle n’aurait posé pour rien au monde, c’était à croire qu’elle allait jusqu’à dormir avec. Souvent elle mettait à ses pieds élégants des talons Jimi Choo, ou pour les jours spéciaux des Manolo Blahnik d’une couleur strictement rouge pivoine. Je m’étais longuement renseigné. J’aurais pu reconnaître ses petites foulées tintant sur le macadam, résignés et sèches, parmis toutes les autres. Dévalent dans la rue, elle avait des allures de taureau espagnol s’apparentant a donner l’assaut contre son tyran, le torero.

   Hélas, jamais je ne me serais qualifié de torero, je ne suis pas de cette classe d’hommes fiers et pompeux, aux costumes extravagants dont l’odeur forte s’épanouissait lentement dans leurs sillages, vous laissant un souvenir indélébile. Non, je n’étais pas un torero sentant aussi fort que son adversaire. Je suis un homme simple, ennuyeux, dépourvu de sens de l’humour et de cheveux par la même occasion. Moi, Jean Persco, homme de taille moyenne, cette dernière ne m’ayant d’ailleurs jamais avantagé auprès de la gente féminine, étais victime d’une maladie terrible, incurable et très gênante, voire handicapante : la timidité. Je l’affronte tous les jours depuis maintenant trente-sept ans déjà. Socialement, je m’étais alors embourbé dans une routine aussi simple et ennuyeuse que moi. Je ne suis pas repoussant, je dois l’admettre, pourtant aucune femme ne m’a jamais abordé et rien qua l’idée d’approcher le sexe opposé, mes joues prennent feu et je bégaye déjà. Ce spectacle est pathétique.

   Mais un jour, il y a cela peut être huit mois environ, une créature belle et délicate du nom de Catherine, perturba mon rythme matinal quotidien. Quand je l’apercevais descendre de son taxi que j’avais préalablement guetté depuis mon appartement, mon cœur faisait un bond et, tout frétillant tel un ado prépubère lors de son premier rendez-vous, je tremblais et commençais à transpirer à grosses gouttes. Courant dans les escaliers, je me retrouvais alors au milieu de la rue au même moment ou elle sortait justement de son carrosse.

   Chaque jour était un évermeillement et jamais l’avenue de Bretteville n’aurait pu espérer être effleurée par cette déesse. Je le croisais tous les matins avant de traverser la rue pour prendre mon café a la petite buvette la plus chic de Neuilly-sur-Seine, située juste a coté du lac du Bois de Boulogne. Bruno, le gérant et la seule personne avec qui j’entretenais vraiment un contact humain, m’avait confié le prénom de la charmante demoiselle, et, entrer deux cafés, qu’elle avait pour habitude, chaque samedi matin, de venir prendre un cappuccino en compagnie de son golden retriever, après un long footing. Bruno ne lui avait parlé véritablement qu’une seule fois, lorsque par magie, elle n’avait pas eu ce jour-là son Ipod enfoncé dans ses oreilles de poupées en porcelaine, avec sûrement le dernier morceau Kids des MGMT à fond.

   Aujourd’hui, Catherine n’avait pas son Ipod, et elle n’était plus qu’à quelques mètres de moi. Sueurs froides, frissons, boule dans le ventre et respirations saccadée faisaient de moi un vrai minable sans assurance. Je l’épiais et la dévisageais comme un loup l’aurait fait avec une biche se désaltérant à la source. Je ralentis le pas, pour m’imprégner encore plus longtemps de son odeur, elle ne me regarde pas, comme d’habitude, passe a ma droite froidement. Mais soudain, je l’entends qui pivote dans mon dos, surpris, je fais de même, découvrant un grand sourire immaculé de blanc, puis Catherine me dit : « Bonjour Jean ! »


 


Charlotte O., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.




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Devoir de Lois V. :


 

L'été venait de finir et l'automne naissait. Le soleil rôdait derrière les nues et une angoisse imprécise pesait sur les sombres cabanes qui bordaient le canal de Jonage. Léonce sommeillait sur sa chaise, peu confortable, les yeux clos dépourvus de toutes pensées. Le vieil homme était maigre avec des rides profondes qui marquaient son visage pâle et sans expression. Son dos cambré était recouvert d'une mince couverture usée. Elle ne le protégeait pas de la brise glacée qui passait à travers les planches brisées de son habitation située en amont de l'usine hydro-électrique de Cusset, construite quelques années auparavant. Il allait avoir soixante ans la saison prochaine, mais il semblait bien plus âgé à cause de son manque d'hygiène.

 

Il observait désormais ses mains qu'il portait au-dessus du feu de sa cheminée, unique source de lumière et de chaleur de la pièce. Ses yeux fatigués contemplaient les nombreuses entailles et cicatrices gravées sur chacunes de ses paumes. Sa main droite saisit le cigare qui était sur sa commode. Il l'alluma sur des braises encore incandescentes et admira longuement la fumée qui s'échappait de la salle obscure par une fenêtre étroite. Puis, ses yeux marrons se fixèrent sur les murs humides qui suintaient de l'eau sale du canal. Le vieil homme, imprégné d'une douce mélancolie, comprenait désormais d'où provenait cette imposante odeur de moisissure.

 

Indisposé, il se leva brusquement et d'un pas peu assuré, se dirigea vers la fenêtre. Cet homme semblait heureux malgré sa pauvreté et l'état pittoresque de sa cabane. Pourtant, des larmes coulaient sur son visage. Son état de santé empirait de jour en jour, et il savait qu'il devrait de nouveau quitter tous ses biens d'ici peu. Léonce craignait l'idée de retourner en ville où il avait tant souffert. Depuis le décès tragique de sa tendre épouse, il n'avait jamais réemprunté le sentier de pierres menant à Cusset.

Alors qu'il continuait à observer l'interminable sentier, un bruit innatendu rompit le calme habituel de la pièce. Quelqu'un frappait et criait à la porte. La voix lui était familière.

 

 

Choix des différentes focalistaions :

 

J'ai choisi une alternance des deux focalisations. Dans le premier paragraphe ainsi que dans le troisième, j'ai utilisé une focalisation zéro, alors que dans le deuxième, il y a un focalisation interne.


 

Lois V., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.


 


 

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Devoir de Jean B. :


James Du Conté était un bel homme, il était très narcissique. Il faisait très attention à l’image qu’il faisait apparaître de lui-même , une image gâchée par un vilain défaut.
James habitait à Paris, à Boulogne Billancourt dans une villa élégante, très grande, construite avec de belles pierres, un jardin magnifiquement taillé par son jardinier, une piscine d’une grandeur inimaginable et une porte d’entrée en bois de chêne somptueuse.
Mr Du Conté vivait seul, sa maison était tellement grande qu’il en occupait même pas un quart, seule sa chambre, sa salle de bain et sa cuisine étaient utilisées. James passait la plupart de son temps dans sa salle de bain et plus particulièrement devant son miroir. L’état de sa chambre était épouvantable des bouteilles de Dom Perignon et des Nuits Saint Georges traînaient par-ci par-là, des mégots de cigare Cohiba surplombaient son parquet.
Nous étions le 21 juin 1982, James avait lu dans le journal le matin même, qu’il allait avoir lieu la première édition de la fête de la musique. James, tout excité à cette idée, décida d’y assister et il comptait bien se faire remarquer. James était le genre d’homme que les filles dévoraient du regard mais une fois qu’il essayait de faire connaissance avec l’une d’elles, elle s’échappait à grandes enjambées car il était prétentieux et vantard.
Il était six heures et demie, James prit sa douche et y resta un peu plus d’une demie heure, il voulait être parfait. Il se vêtit d’un pantalon en peau de crocodile, d’une chemise Cardin et d’un gilet en soie tout en laissant apparaître la marque de la chemise. Il saisit le peigne et se coiffa « à la James Bond ». Il contemplait les traits fins de son visage, trouva qu’il avait le plus beau nez sur terre. Il était maintenant sept heures et demie, le soleil devenait de plus en plus rouge-orange ,les rues étaient agitées, remplies par la foule, les gens se bousculaient pour se frayer un chemin jusqu’aux restaurants, jusqu’à la scène où les chanteurs se tenaient , jusqu’à leurs voitures. Les chanteurs se mettaient en place quand soudain une voiture conduite par homme surgit de nulle part et se fit remarquer par la foule entière, la voiture s’arrêta devant la scène, James sortit de sa décapotable en inspirant un grand coup pour donner à ses épaules un aspect carré. Il alla s’installer sur la terrasse d’un restaurant qui donnait sur la scène, il sirota une grenadine et pouvait observer qu’il se faisait lui-même observer par des demoiselles. James ne tarda pas et à peine sa grenadine terminée, il se leva pour séduire la gente féminine. Les unes après les autres s’en débarrassaient après avoir échangé quelques misérables paroles jusqu’à ce qu’une femme sortit d’une rue sombre lui répondit:
- « Vous êtes charmant »
James n’en revint pas et s’interrogea même sur l’identité de cette femme. Mais qui était-elle?


Jean B.,
2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.





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Devoir de Louise F. (focalisation 0 puis interne) :


Par une soirée automnale, dans une forêt d'Auvergne située entre Pleaux et Longairoux, un vieux fermier marchait seul, dans la lumière du crépuscule. Des favoris grisonnants encadraient son visage rougi par le froid. Ses sourcils froncés témoignaient  d’une profonde réflexion. Ses yeux étaient marqués par la fatigue dont souffrent ces pauvres âmes qui travaillent toute la journée, depuis l'aube jusqu'à plusieurs heures après le coucher du soleil. Malgré certains stéréotypes sur les paysans, une chemise à carreaux fraîchement lavée et un jean neuf témoignaient de la réussite de cet agriculteur.

           

            L'homme avançait parmi des arbres flexueux et hirsutes dans une allée naturelle qui s’enfonçait vers le cœur de la forêt communale de Mezanacère, comme celle du tableau « Avenue of Chestnut Trees » de Alfred Sisley. Un feuillage composite masquait le ciel : les feuilles dentelées et légèrement gauffrées des charmes se fondaient dans la mer rutilante que formaient les feuilles de chêne. De rares mélèzes majestueux brandissaient leurs branches parées d'épines inhospitalières, des hêtres aux longues branches effilées s'élevaient haut au-dessus des jeunes arbres, des châtaigniers aux ramées écarlates exposaient leurs fruits mûrs. Les fûts blancs des boulots étaient autant de lueurs parmi les troncs noirs des pins. Au sol, des fougères cuivrées et du houx envahissaient le terrain. L'odeur des sapins embaumait l’air humide du soir. Quelques geais chantaient mais leurs voix affaiblies ne faisaient que dévoiler le silence pesant qui régnait. La lumière grenat du soleil couchant illuminait la forêt de mille feux à travers les trouées laissées béantes après la  formidable tempête de l’hiver de 1999.

           

            Le promeneur solitaire était égaré dans ses pensées : la crise de la vache folle qui frappait la France allait-elle influencer le cours du lait ? Sa génisse de Salers qui semblait  souffrir ce matin allait-elle vêler cette nuit ? Il approchait de la lisière du bois et du monument en granit noir dédié aux anciens résistants du maquis lorsqu’il aperçut un homme en costume sombre et cravate, au regard perdu et à l'air hagard, accroupi au bord du sentier. En voyant l’éleveur, l’inconnu se releva précipitamment et enfouit dans sa poche un objet qu’il tenait dans sa main droite et qu’il observait quelques instants auparavant. Après l’avoir dévisagé, le fermier incrédule reconnut en cet étranger un de ces « doryphores » qui revenait au pays à chaque Toussaint. Mais que faisait-il là, au milieu de nulle part, alors que les ténèbres étaient sur le point d’engloutir le paysage ?


 


Louise F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.






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Devoir de Paul A. :



Focalisation choisie : focalisation zéro.

 

Montée à la capitale

 

            Les feuilles de chêne recouvraient le sol, on n’apercevait presque plus le chemin de terre dans le jardin des Tuileries. L’automne commençait à s’effacer pour laisser place à l’hiver. Bien entendu, Thomas préférait la douceur de sa ville natale, Montpellier. Ce jeune étudiant, timide, pas particulièrement brillant, son baccalauréat en poche, avait décidé de mettre ses études en suspens, il voulait tenter sa chance dans la capitale pour commencer sa vie de guitariste. Il aimait flâner le long de la Seine, il ne voyait pas le temps passer, ses parents le prenaient pour un bon à rien mais lui, il se considérait plutôt comme un artiste. 

            Thomas était assis à la terrasse du Café Laurent, plus connu dix ans plus tôt sous le nom de Café Tabou, de grands poètes et jazzmen jouaient ici comme Jacques Prévert ou encore Boris Vian. A ce jour, les vedettes de ce café se révélaient plutôt être Martine Carol ou Brigitte Bardot.

Le jeune guitariste accompagné de sa stratocaster, s’émerveillait devant les nombreux tableaux, il crut d’ailleurs reconnaître un De Staël. Thomas aimait la peinture, presque autant que la musique, seulement il ne se relevait pas aussi doué. La vue de ces rideaux en satin rouge, de ces confortables fauteuils en cuir bordeaux, de ces tapisseries devant très certainement provenir d’un grand musée, ravissait l’œil critique de ce jeune artiste. La musique d’ambiance d’un célèbre jazzman s’accordait très bien avec ce décor digne du château de Versailles. Cependant, Thomas ne se sentait pas vraiment à l’aise, tout ce luxe ne lui était pas coutumier.

Lorsque le serveur, revêtu d’une chemise blanche amidonnée, d’un gilet et d’un nœud papillon noir en soie de Chine, apporta la carte des consommations. Thomas se rendit compte de sa naïveté. Es ce qu’un jour il appartiendrait à cette classe sociale ? Actuellement, il réussissait à vivre à Paris seulement grâce à la générosité d’amis qui lui prêtaient une chambre de bonne au sixième étage d’un immeuble du XVIème, le temps de trouver un travail convenable pouvant subvenir à ses dépenses.

Il se leva en direction de la sortie et se regarda une dernière fois dans la glace. Sa veste marron en laine, son pantalon désormais gris, ses chaussures empruntées à son père déjà usées à l’extrémité de celles-ci, rien ne collait avec le standing attendu pour quelqu’un de ce milieu. Il n’avait même pas la prétention de pouvoir endosser la profession de serveur dans un de ces cafés si réputés.

Il enfila son pardessus râpé et lorsqu’il passa le pas de la porte, quelqu’un s’écria : « Monsieur Dupuis, Monsieur Dupuis!».


 

Paul A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

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Devoir de Daniel O. :


 

La Bentley se déplaça dans les rues de Yokahoma suivie de deux voitures noires aux vitres opaques. Les trois voitures s’arrêtèrent au cœur du quartier Mirai 21, devant un des plus grands gratte-ciels du Japon. Un jeune homme sortit de la Bentley en allumant un énorme cigare et marcha vers le gratte-ciel.

 « M. Harold est de retour ! », annonça le secrétaire personnel de cet homme. Une foule d’ouvriers au rez-de-chaussée le saluèrent lorsqu’il se dirigea vers l’ascenseur. Personne m’avait aperçut M. Harold depuis une semaine, à part  deux entrepreneurs russes, mais ce qui n’était pas clair était pourquoi cette visite a eu lieu.

            Arrive au soixante-dixième étage, M. Harold  entra dans son bureau de travail, suivi de son secrétaire portant un café bouillant. Il baissa les yeux et observa Yokahoma au couche du soleil, à travers une grande vitre épaisse. Brièvement, il vit son reflet : c’était celui d’un jeune homme aux yeux châtains brillants, même dans le peu de lumière qu’il restait. Son visage constamment sérieux allait bien avec sa posture et projetait son pouvoir sur toute personne. Mais, dans la société dans laquelle il vivait, il existerait toujours une personne plus puissante que lui.

            Son bureau comportait seulement un ordinateur et en face, un fauteuil en cuir. Il n’avait besoin de rien d’autre pour travailler. M. Harold aperçut le café noir sur la table qu’il prit et commença à le boire. D’un geste brusque, il recracha le café en réalisant qu’il était déjà froid. Le jeune homme était fatigué et s’assit dans son fauteuil en soufflant bruyamment. Cet environnement de travail commençait à l’épuiser.

            L’entrepreneur alluma son ordinateur. Plus de trois cents e-mails attendaient d’être lus. Depuis le début de sa carrière, personne n’était venu lui parler directement du travail. Il ne recevait que des e-mails, l’isolant de sa propre entreprise. Cet exclusion n’avait aucune importance pour lui, car l’argent gagne en dirigeant cet entreprise était suffisant.

Il ouvrit une page d’internet et visita le site « The Times Online » (un journal électronique) pour apprendre les nouvelles de la semaine : « Barack Obama, President des États-Unis », rien de surprenant…

            M. Harold adorait l’argent, car c’était le moyen le plus facile pour en récolter encore plus. Donc, il restait très sérieux dans son travail, ce qui expliquait son succès a vingt-quatre ans.

            Le jeune homme se déplaça lentement vers son balcon pour prendre l’air frais quelques secondes. Il pensa aux Russes et que leur rencontre jouerait un rôle très important pour son avenir professionnel, désormais. En étirant ses bras, il reprit sa place auprès de son bureau.

            Une lettre était apparue sur la table. C’était la première lettre en papier qu’il avait reçue dans un endroit pareil. Curieux, il ouvrit immédiatement, en  dépliant le papier jaunâtre délicatement. Ce qu’il vit lui semblait impossible mais le fit trembler.


 

Daniel O., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

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Devoir de Nathan S. :

 

Je n'avais jamais pensé que ce serait possible, pourtant, un jour, j'ai finalement pris le bateau et, au bout de deux semaines de traversée, je débarquai à la Nouvelle Orléans.

Je n'avais jamais rencontré mes cousins américains et je me demandais comment nous allions nous reconnaître, je n'allais pas arriver bêtement avec mon nom sur  une pancarte.

 

Les passagers débarquaient dans un brouhaha joyeux, il y avait des familles entières qui immigraient pour quitter la vieille Europe, son chômage et la misère de ce début de XIXème siècle.

Moi, je fuyais surtout ma famille, et des études de médecine contraignantes. J'avais une grande soif d'aventure et de nouveauté et ne voulais pas reprendre le cabinet de mon père en Alsace.

 

Après les formalités de douanes qui me parurent interminables, je quittai enfin le quai et arrivai sur l'aire d'accueil. Je fus alors saisi par une chaleur moite et humide, déjà si lourde pour un mois d'avril. Je cherchais des yeux à reconnaître ma famille, mais il y avait un foule intense composée d'hommes blancs richement vêtus, et d'une multitude de pauvres noirs en guenilles, qui s'agitaient dans tous les sens, cherchant à porter bagages et colis pour grappiller quelques sous.

 

J'aperçus soudain un homme qui ressemblait tellement à mon père qu'aucune hésitation ne fût possible, c'était bien un membre de ma famille. Il était accompagné d'un jeune homme grand et fort et d'un petit garçon noir aux yeux malicieux. Je m'approchais du groupe, anxieux de ce premier contact.

"Je suis Nathan", dis-je simplement. On me serra dans les bras, et on m'embrassa avec des yeux pleins de larmes, mon oncle était visiblement heureux et ému. Mon cousin Jonathan  parlait mal le français mais je voyais qu'il était également heureux. Le petit Sam empoigna ma mallette et la chargea sur la calèche.

 

Très vite, nous fûmes installés et, quand  John lança les chevaux, je compris enfin que j'avais complètement changé de vie.

Nous traversâmes les champs de coton le long du Mississippi, et pour la première fois, je découvris cette  population noire au travail, courbée sous des charges pesantes ; leur travail me semblait bien rude.

 

Je savais que ma famille américaine avait fait fortune grâce au commerce du textile, mais je n'avais jamais pensé qu'eux aussi avaient bâti leur richesse sur le travail des noirs. L'esclavage avait été aboli depuis plus de quarante ans aussi, j’étais surpris de retrouver tous ces malheureux au travail. J'avais bien sûr lu toute la littérature anti-esclavagiste et j'étais un grand admirateur de Diderot.  Mais comme j'étais encore naïf !

 

A mon arrivée, je fus aidé à descendre par un solide gaillard noir au regard intelligent et fier. J'ai su tout de suite que nous allions devenir amis, j'ai su tout de suite que nos destins allaient se côtoyaient.

J'ai su aussi tout de suite que plus jamais je ne rentrerai en France. Je prenais un nouveau départ...


 

Nathan S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.


 


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Devoir de Dylan A. :

 

-         « Passe-moi la clé de quatre ! »

Elvis était allongé sous une moto Honda obsolète qui nécessitait les soins du mécanicien. Il tendit une main forte et sale, aux mille plis et replis creusés par le métal gras qu’il côtoyait tous les jours et du froid de l’hiver passé. Ses gros doigts à moitié recroquevillés par les muscles habitués à fermer et serrer cette main lourde s’emparèrent de l’outil et replongèrent dans le moteur de la bête dont l’huile avait coulé sur le visage, semblable à l’aspect des mains, de ce petit homme au visage rond atteint de calvitie aiguë. Ses parents, qu’il enterrait il y a seulement trois semaines, l’avaient appelé du même prénom que ce célèbre musicien des années cinquante et soixante. Leur plus grande fierté était aussi  la naissance de leur petit Elvis, le 1er février 1968, date de naissance de la fille du même chanteur.

      - «  La sept !

-         Tiens, patron. »

Jawad, dans son bleu de travail, était un jeune apprenti au garage. Il était arrivé ici deux semaines auparavant, et apprenait vite le dur métier. Souvent planté tel un pion en quelque endroit du grand garage, attendant que l’on lui demande une clé ou un tournevis, le jeune homme arborait encore ce sourire niais simulant une certaine joie à se recouvrir de cambouis pour tenter d’attirer un peu l’affection du quadragénaire garagiste.

-         « Je t’ai dit la clé de sept, pas de huit ! »

La clé de sept millimètres partie à toute vitesse pour aller poinçonner le tibia droit de l’apprenti, qui poussa un petit cri. Il essuya de sa manche tachée de graisse la petite coulure de sang qui suintait de la plaie.

-         « Pardon, monsieur. »

Elvis attrapa brusquement la bonne clé. Il n’aimait pas les Arabes. Il n’aimait pas non plus les Chinois, ni tout ceux qui ne supportaient pas l’Olympique de Marseille.

Il sortit de sous la moto et s’essuya les mains d’un vieux chiffon tout en contemplant la jambe nue de Jawad d’un œil satisfait, appréciant ce sentiment de domination.

Il faisait déjà nuit et la lune était presque pleine par ce mois de mai sur la rue de la Loge, près du port de Marseille.

Les deux hommes étaient debout face à face, l’un regardait le sol tandis que l’autre continuait de se frotter les mains tout en grimaçant un sourire sous ce regard perdu dans le petit ruissellement du sang.

Elvis marcha lentement jusqu’à son comptoir de travail et s’empara de la grande scie circulaire dont la lame commençait déjà à tourner…



Dylan A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.


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Devoir de Lauriane S. :

 

Dans ce texte, j’ai choisi d’employer une focalisation zéro.

 

 

 

Any peinait à avancer sous la neige qui tombait drue. Les derniers évènements se répétaient sans cesse devant ses yeux, à la manière d’un film oppressant dont elle saisissait tous les moindres détails. Il y avait son père, qui toute la nuit l’avait fui du regard afin qu’elle ne voie pas ses larmes ; mais aussi Julien, son petit frère qui comptait plus que tout pour elle, à qui on avait dit qu’à cinq ans, il était assez grand pour un jeu d’aventure qui lui demanderait de la force car il devrait courir, et du courage car il ne verrait pas ses parents pendant longtemps. C’était ce petit frère qu’Any tenait maintenant par la main, l’exhortant à courir toujours plus vite le long de la rue Tivoli en se cachant dans les recoins sombres et lugubres de temps à autre pour vérifier qu’ils n’étaient pas suivis : elle lui expliquait qu’ils devaient chercher des indices pour localiser une base secrète. Cependant, depuis qu’ils avaient dépassé le Louvre, c’étaient les pensées de sa mère qui assaillaient Any. Sa mère, et surtout son regard où se mêlaient terreur, amour, espoir et appréhension. Le dernier regard qu’elle avait posé sur sa fille avant de refermer la porte du local en plein air dans la petite cour de l’immeuble, local que les Allemands en uniforme et arborant une croix gammée sur l’épaule, une lueur démente animant leur être et brillant dans leurs yeux, n’avaient pas encore envahi. Any comptait cacher Julien dans un endroit sûr et trouver comment entrer dans la Résistance le plus vite possible. Mais d’abord, se répétait-elle, d’abord, trouver un refuge pour Julien. Une soudaine lumière secoua ses pensées : elle et son frère arrivaient au bout de la rue Tivoli, et le soleil rasant de Février les mettait à découvert, proies apeurées à la vue de tous. C’était un matin enneigé de Février 1944. Any et Julien couraient à perdre haleine dans la direction d’un colossal défilé de la « Panzer Division » accompagnée d’une horde d’Allemands nazis qui avaient envahi Paris. La jeune fille ignorait qu’elle se ruait, avec l’être pour qui elle aurait tout sacrifié, tout droit dans la gueule d’un loup assoiffé de sang.

 

            Juste avant de débouler sur les Champs-Elysées, Any eut un éclair de lucidité et retint Julien : elle avait aperçu des Allemands postés non loin de l’endroit où elle se trouvait. Elle décida de cacher son petit frère dans un renfoncement de la rue, lui donnant quelques directives :

« - Reste ici et surtout ne fais aucun bruit ! Je vais chercher des indices car je ne me souviens plus exactement par où il faut passer pour rejoindre la base...

- Tu reviens vite, hein ? lui avait demandé son frère, levant vers elle des yeux effrayés

- Ne t’en fais pas, je suis de retour bientôt.

- Et les Boschs ? »

Any hésita. Que devait-elle répondre maintenant ? Elle n’avait pas prévu cela. Elle vit l’angoisse de Julien dans ses beaux yeux, d’un marron pourtant banal. Mais en vérité, c’était elle-même qui était reflétée dans l’iris brun. Ses cheveux châtains, aux reflets dorés et éclatant de vigueur autrefois étaient à présent ternis et collés par la neige qui ne cessait de tomber, comme si le temps-même s’appliquait à aggraver le dégoût qu’elle éprouvait envers la terre qu’elle foulait de ses jambes courtes mais fines, envers l’air que son nez discret respirait. En somme, c’était sa peur-même qu’elle voyait-là, qui lui crispait les traits, qui l’empêchait de dormir et creusaient des cernes sous ses yeux semblables en tout point, et c’était bien là la seule caractéristique qu’ils avaient en commun, à ceux de son frère. Elle ne voulait qu’aucun tort ne soit causé à julien, et se voulut rassurante :

« - Ils te laisseront tranquille, reste juste bien caché. »

Un sourire, une bise déposée sur sa joue rosie par le froid, et elle était partie à grandes enjambées vers la Seine. Une question l’oppressait, ne la quittait plus : pourquoi les « Boschs » étaient-ils venus chez elle ? Peut-être avaient-ils découvert... Non, elle l’avait trop bien caché. Mais alors, pourquoi ? Ses parents attendaient et s’étaient préparés à la venue des uniformes, ce qu’ils s’étaient bien gardés de dire à Any. Ce qu’elle ignorait, de surcroît, c’était que son secret n’était pas aussi bien dissimulé que ce qu’elle pensait. En arrivant  sur la rive du fleuve, elle dut se rendre à l’évidence : la neige ici qui tombait depuis plusieurs jours déjà avait rendu l’eau boueuse et extrêmement froide. De plus, le courant ainsi accru empêchait toute tentative de traverser à la nage. Elle décida d’écourter sa cavale et de se rendre sans plus tarder cher Louis, dont elle savait qu’il avait des contacts dans le maquis... Elle en était là de ses réflexions lorsqu’un cri de terreur lui glaça les sangs. Julien. Tout s’arrêta. Seule Any courait vers le lieu où ses jambes la portaient, d’où elle entendit des rires. Puis soudain un lourd silence tomba sur l’atmosphère telle une chape de plomb.

 

            Lorsqu’Any déboucha sur la rue où elle avait laissé Julien, le coup de feu résonnait encore à ses oreilles. Elle discerna la dernière botte noire des soldats qui disparaissait au coin de la rue et, se jetant à terre, prit dans ses bras son frère, dont les yeux reflétaient une surprise et incompréhension incommensurables. Any ignorait qu’elle serrait contre son cœur le cadavre de Julien. Examinant plus attentivement son visage, elle comprit : les yeux de son frère étaient vides. Une balle s’était logée dans sa cage thoracique, non loin de son cœur, entrant par son dos et lui avait ôté le souffle. Sa vue brouilla, il lui semblait que ses yeux se recouvraient d’un voile rouge. Le dioxygène n’alimentait plus son organisme correctement et elle entendait battre le sang à ses tympans. Any n’avait pas envie de pleurer, elle n’avait d’ailleurs plus envie de rien, et sûrement pas d’entendre cette voix qui l’appelait à plusieurs reprises déjà :

« Any ! »

Son cerveau décoda enfin les ondes que ses oreilles enregistraient. Il décoda notamment un fort accent allemand, ce qui eut l’effet d’un électrochoc. Tous les muscles d’Any se bandèrent, et elle se retourna d’un mouvement, avec la souplesse et la férocité d’un félin en chasse.

L’Allemand qui l’a appelée se trouve à quelques mètres à peine.

Mais cet Allemand-là ne porte pas d’uniforme.

Une décharge électrique secoue le corps tendu d’Any.

            Ce visage lui était familier.

[...]



Lauriane S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.


 

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Devoir de Colas D. :

Les rues de Paris étaient vides. Cette capitale se faisait appeler "ville lumiere" grâce à sa tour flamboyante et tous ces restaurants et cafés animés. Or,à ce moment précis, la rue Jacob, située á quelques pas de la cathédrale Saint Germain, était vide. Les affiches de propagandes décoraient les tristes vitrines des magasins. Un chat, seul, errait dans une impasse perpendiculaire á cette rue. Il miaulait au rares passants, qui marchaient hâtivement, pour recevoir quelques restes, juste de quoi remplir son estomac creux. Ses cotes ressortaient des deux côtés de son ventre nu où de rares poils résistaient encore. Une entaille profonde saignait sur sa patte avant droite. Son aspect repoussant effrayait les gens. Un homme traversait la rue pas très loin de ce chat. Pris de pitié, il s'arrêta,le regarda fixement mais détourna vivement sa tête. Les temps étaient durs et chaque morceau de nourriture était rationné. Cet homme se nommait Jacques. Il portait une moustche mal taillée. Son menton allongé,son grand frond et sa chevelure rousse lui donnait l'allure d'un Anglais. On distinguait clairement son pull taché et son pantalon à carreaux troués. Ses vieilles bottes semblaient lui faire mal aux pieds, tant il claudiquait.
==> Ce n'etait pas sa première guerre. Il avait survécu aux terribles tranchées durant Verdun. Les Allemands, il les haïssait profondément, avec leurs airs de maître du monde. Ils se croyaient supérieurs à quiconque,de plus leurs uniformes verdâtres et leurs casques cabossés les rendaient encore plus ridicules. Jacques avait la cinquantaine et possédait encore toute sa tête. Les gens dans la rue le considéraient come un vieillard, "un poilu", qu'ils disaient. Il n'avait pas peur d'afficher son opinion gaulliste. Ce vieil homme avait gagné la Grande Guerre sous les ordres de Pétain, mais depuis qu'on lui avait accordé les pleins pouvoirs, Jacques ne comprenait pas très bien ses choix politiques. Ce dernier possédait fièrement une médaille gagnée aux combats mais depuis la percée des lignes de la Wehrmacht en Russie, les Allemands se montraient de plus en plus durs envers les Francais, donc il ne portait plus son insigne de la légion d'Honneur.
==> Cet homme travaillait clandestinement pour un journal résistant dont il était le fondateur. Il s'arrêta pendant une minute,regarda a droite puis à gauche, sortit sa montre. Elle annoncait vingt-et -une heures trente. Il prit sa clef, l'enfonca dans la grande porte en bois massif et entra, alla directement se poser à côté du poste de radio pour écouter la BBC. Il avait entendu parler d'un débarquement imminent dans le nord. Soudain, de violents coups résonnaient à la porte, et une grosse voix allemande se fit entendre:"Gestapo, Lassen sie sofort eintreten!".

==> : changement de narrateur


 

Colas D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.







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Devoir de Berthold A. :




 Dès cinq heures, il fit noir dans la ville, Andrei Ivanovitch attendait depuis longtemps ce jour de congé. Il se promena dans les vieilles rues désertes de Moscou, il adorait l’hiver moscovite. La neige qui tombait comme en ouragan lui donnait une illusion de brouillard dans les rues. Il aimait aussi quand la neige recouvrait sa tête chauve parsemée de quelques derniers cheveux gris.

 Depuis la crise économique ingérable de l’été 2011, il régnait  dans la ville une atmosphère pesante et désordonnée.

Pour essayer d’oublier la froidure du vent et la cruauté de la vie, Andrei but cul sec trois gorgés de vodka, achète dans un kiosque non loin de la fabrique de conserves où il travaillait. Il passa devant un petit restaurant au bout de la rue Arbatskaya qui était tenu par son vieil ami Taras Boulgakov auquel il était lié d’amitié depuis la guerre d’Afghanistan. Puis il jeta un coup d’œil à l’intérieur, tout était reste propre et assez lumineux, mais Taras n’était pas la.

 Andrei trouva cela bizarre, mais il ne s’en soucia pas trop longtemps car il avait de la route à faire pour revenir dans son foyer.

 Depuis que sa femme était morte il y a avait déjà un an et quatre mois, emportée par la Grande épidémie, tout avait mal tourné dans sa pauvre vie, il avait perdu son travail pendant la crise, sa santé, sa femme et plusieurs amis, sa liberté…

 Il ressentait une grande impuissance du fait de faire grandir Olga, sa fille âgée de quatorze ans dans un monde aussi horrible et depuis longtemps inchangeable et sans espoir.

 Il se rappela qu’il fallait qu’il achète le livre de Lewis Carol « Alice au pays des merveilles » pour sa fille, il fouilla avec nervosité ses poches vides pour essayer de trouver les quelques roubles qu’il avait reçus en vendant les derniers bijoux en or de sa femme décédée…

 Après avoir acheté le livre, il entra dans le métro, la ligne Kolsevaya était très peu illuminée et toutes les stations de style soviétique servaient de bunker en cas de nouvelle attaque bactériologique.

 Andrei n’accorda pas trop d’attention au monde fou qui se bousculait et hurlait pour pouvoir s’infiltrer dans n’importe quel wagon car pour lui, tout ce cauchemar était déjà devenu naturel. Il ne fit pas non plus attention aux clochards et autres vagabonds qui se trouvaient allongés sur le sol entre les banquettes, pendant tout le voyage son esprit s’envola pour un moment et il s’assoupit, Andrei était si fatigué de la vie…

 Il se réveilla soudain en sursaut sur la vieille banquette en cuir rongé par l’usure et sur laquelle il s’était assoupi. Il voulu sortir au plus vite du wagon, il était réjoui à l’idée qu’il pourrait rentrer si tôt chez lui pour voir Olga et se mettre quelque chose de chaud dans le ventre.

 Quand il sortit de la station de métro, il acheta un maigre morceau de pain noir, déjà devenu dur et un peu déformé par la température glaciale, puis aussi deux cents grammes de lard fumé vendu sous le manteau. Il prit comme d’habitude un petit raccourci obscur et étroit pour arriver le plus vite possible à la maison. Il arriva enfin devant un énorme bloc de style soviétique, c’était son foyer, il prit l’ascenseur, appuya sur un bouton complètement arraché qui indiquait auparavant le numéro treize. L’ascenseur ne fonctionnait pas. Il dut monter alors les nombreux étages à pied, arriva essoufflé, et fit quelque pas sur son pallier, mais brusquement il laissa tomber son pain et son précieux morceau de lard.

 Devant lui,la porte était fracassée, l’appartement saccagé, et sa fille avait disparu…

 




 

Berthold A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.




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Devoir de Kimberley W. :



Au Nord de la France,dans un village de la Normandie habitait Marc, un jeune garçon de douze ans.
Ses petites tâches de rousseur faisaient ressortir ses beaux cheveux roux qui cachaient de petits yeux bleus . Ils révélaient chez lui un caractére espiègle mais toutefois sérieux et audacieux.
Il portait une chemise écossaise à petits carreaux rouges et blancs. Sa petite taille laissait apparaître un certain air de malice et de mystère.
Ses silences accentuaient sa timidité et sa crainte de s'ouvrir aux gens, cependant l'enfant dégageait de la sagesse.

La maison du garçon éloignée du village, se situait au milieu de la fôret. La maison en bois présentait une forme rectangulaire, les murs construits de briques courtes et instables donnaient l'impression qu'elles pouvaient tomber, ce qui n'était pas très rassurant.
L'emplacement et la construction de sa maison faisait penser à "La petite maison dans la prairie".
 
Vivant loin du village, il s'y rendait presque tout les jours, particulièrement à la place du village où les journées diffusaient une ambiance calme et campagnarde .
L'odeur délicieuse de fruits et légumes des primeurs lui donnait l'envie de croquer une des pommes rouges situées sur le grand présentoire. Juste à coté se trouvait la boucherie. On y sentait le délicieux poulet préparé et assaisonné pendant la matinée qui cuisait devant les yeux des passants.
Il distinguait les cigarettes qui fumaient toute la journée dans les mains rigides et abîmées des habitués, paresseux, qui avaient l'habitude de rester immobiles dans les bistrots. Marc connaisait bien son village mais il ressentait tous les jours le plaisir de le découvrir encore et encore.
Cependant, il ne suportait pas l'agitation forte qui se présentait quelques fois autour de lui et qui parfois l'oppraisait.
Un jour que Marc se promenait dans le village, il remarqua des affiches collées sur un grand mur. Elles annonçaient la grande fête de la musique du 21 juin. De plus, son chanteur préféré promettait d'y donner un concert inoubliable. Cette fête était attendue par les villageois fatigués de la monotonie des mois précédents celle-ci les excitaient à l'idée d'y participer. Content de sa découverte,le jeune garçon attendait avec impatience ce grand jour...

Enfin le grand soir arriva,la nuit tombait sur le village et déclenchait l'excitation des gens qui se réunissaient sur la grande place. Ils buvaient, dansaient, chantaient...
Cette atmosphére si calme, si apaisante que Marc aimait tant retrouver les bons matins, s'était transformée en agitation. L'énorme masse noire que formaient les villageois en se réunissant, s'accroissait et perturbait le garçon.
Tout à coup, on annonça la venue du chanteur. Le jeune garçon pris alors son courage à deux mains, et grâce à son mètre quarante, se fraya un chemin parmi cette armée de personnes que rassemblait la fête . Pour Marc,la foule paraisait tel un monstre inquiétant pourvu de tentacules...
Soudain, il entendit quelqu'un crier fort son prénom . Il se retourna.




 

Kimberley W., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.







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Devoir de Julie T. :



                Par cette froide soirée d'hiver, alors que l'année 1897 était déjà enterrée depuis presque deux semaines, Marcel rentra de l'usine vers dix heures, apparemment comme d'habitude.

      Il s'arrêta un moment sur le pas de sa porte, considérant d'un air morne cette sinistre construction dont les fondations ne reposaient que sur un amas de gravas, blanchis sous une couche de chaux bien trop mince pour supporter aisément le toit de tôle ondulée.

        L'ouvrier plissa les yeux dans l'obscurité avec le vague espoir de discerner quelque nouveauté parmi le modeste mobilier. Comme il pouvait s'y attendre, aucun changement ne s'était opéré pendant ses quatorze heures de labeur. Sur le sol de terre battue, il n'  y avait toujours qu'une table de bois patiné, deux chaises hors d'âge qui auraient nécessitées un passage chez le rempailleur et un vieux lit de fer, à moitié rongé par l'humidité. Sur ce lit, une unique couverture était déposée, à même la paillasse. Délavé et rapiécé, cet antique bout de tissu avait autrefois dû être marron, ou peut être gris, Marcel ne savait plus exactement.

       Il s'arracha enfin à la contemplation de ce triste spectacle, franchit le seuil de son humble demeure et se traîna péniblement jusqu'à la chaise qui lui paraissait en meilleur état. Quelques bouts de chandelle n'ayant pas été entièrement consumés étaient éparpillés sur la table. Marcel en prit un et tenta de l'allumer avec ses doigts endoloris par de longues heures de travail à la chaîne. Après deux tentatives infructueuses qui lui firent gâcher deux allumettes, il parvint à son but. L'ouvrier sortit alors de sous sa chemise le journal de la veille, trouvé le matin même dans les poubelles de la fabrique.

      Il approcha la lueur tremblotante du papier et lentement, entrepris de déchiffrer ce qui était écrit.

      En haut, ce devait être le titre du journal; les lettres "A" et "U" formaient le son "O", donc il fallait lire "L' AU-RO-RE". "L'Aurore", oui ça semblait juste, Marcel connaissait ce nom. Ensuite, plus bas, on aurait dit une date : « 13 Janvier 1898 ». Jusque là, il n’avait pas l’impression d’avoir fait de faute : c’était bien la bonne année et le bon mois. Il respira profondément puis se lança dans la lecture du titre qui s’étalait en gros caractères sur la manchette. Ici on aurait dit un « J », après Marcel savait que c’était un « A », puis  deux « C ». Au prix d’un énorme effort, il comprit « J’ACCUSSE »… non, on disait « J’ACCUSE », puisqu’avec un seul « S » entre deux voyelles on obtenait le son [z]. Après cet exploit, l’ouvrier tenta vainement de saisir le sens de ne serait-ce que quelques mots clés parmi la multitude de caractères qui s’étalaient sur la page mais ce fut peine perdue. De toute façon, qui pourrait s’intéresser à l’opinion d’un pauvre illettré ?

        Abattu, Marcel pris appui sur la table et se leva avec difficulté, sentant ses genoux déjà touchés par l’arthrite manifester leur mécontentement par force craquements.  C’est alors qu’une image terrifiante s’imposa à ses yeux : Il dévisagea ces traits fantomatiques, cette figure bouffie, marbrée par la petite vérole  et sillonnée de rides profondes. Le pauvre homme regarda ensuite cette chevelure, naturellement poivre et sel, mais actuellement jaunie par la crasse et clairsemée par le chagrin et les soucis ; puis il examina ces petits yeux porcins, cernés de longs cercles violets tirant sur le noir.  Enfin, pour compléter ce portrait caricatural, Marcel remarqua les longs membres décharnés implantés dans ce corps, en apparence plutôt petit et frêle, faisant ressembler cette apparition à un pantin monstrueux.

         Le reflet renvoyé par le dernier carreau  n’ayant pas encore été cassé de l’unique fenêtre du logis ne concordait pas avec la réalité : on voyait un vieillard agonisant et pourtant, Marcel n’avait que trente-deux ans…                                                                                          

      Au-delà de la lucarne, on distinguait la Propriété « De Montel »  qui dominait tout Roubaix, bien en vue, à l’angle de la Grande Rue et du Boulevard de Strasbourg.  La maison du « patron » comme on l’appelait dans le milieu ouvrier, était une grande bâtisse de brique, confortablement installée dans un grand parc où hêtres, chênes et frênes semblaient monter la garde. Cette vision fut de trop pour Marcel qui, ployant sous le poids d’une immense amertume se mit à sangloter bruyamment, tout en dépliant un papier roulé en boule au fond de sa poche.



Julie T., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.







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Devoir de Lucas A. :


Focalisation ø
Narrateur omniscient
 
 

Camille avait reçu une lettre, lui indiquant qu’elle avait été retenue pour jouer un rôle dans la pièce illustrant une œuvre de Maupassant. Depuis quinze heures trente, elle vivait sur un nuage. Elle demeurait tout excitée à l’idée de retrouver cette ambiance qui lui avait chauffé le cœur, comme le disait Brassens, lors de sa première expérience théâtrale.
On était à Valbonne, le 10 janvier de l’année 1888 à vingt heures. Camille sortait de son bain, discrètement parfumée. Ses cheveux qu’elle avait frisés et longs demeuraient raides et humides. Son corps élancé et fluide se dessinait délicatement dans la vapeur d’eau ambiante. Ce bain l’avait si bien réchauffé qu’ elle en était sortit le visage rosé, lui qui était habituellement pâle. Elle était élégante et avait généralement beaucoup de succès auprès des hommes. C’était son anniversaire, elle avait vingt-six ans et c’était aussi le jour où elle touchait du doigt son rêve d’actrice. Malheureusement, personne n’était présent pour lui souhaiter cet anniversaire, ni pour la féliciter pour son nouvel emploi. Déçue de voir cet immense appartement vide, Camille allait calmement s’asseoir à table. Elle semblait chagrinée par cette soirée qui commençait tristement, par cette pièce qui accueillait souvent des invités mais qui, cette nuit-là, demeurait déserte. Ses yeux d’un bleu froid, erraient nonchalamment dans toutes les directions pour finalement toujours se poser sur ce cadre discret qui trônait sur le buffet. C’était une photo. Adrien, un jeune homme musclé vêtu d’un uniforme avec un air quelque peu rêveur, et elle, une grande femme coiffée d’un petit chapeau tenant à la main un mouchoir blanc brodé, s’embrassaient.
Après ces instants pénibles, où elle ne trouvait rien de mieux à faire que d’attendre, elle se leva pour prendre son livre de chevet. Elle saisit « Pierre et Jean » de Maupassant qu’elle avait acheté la veille à sa date de parution. Elle appréciait Maupassant pour sa maîtrise stylistique et pour la force de son réalisme. Déjà, après quelques pages, elle avait adopté l’histoire. Maintenant, elle était entrée dans le roman, elle commençait à ressentir une jalousie, semblable à celle de Pierre, contre toute les formes de bonheur.
Alors qu’elle se servait un petit verre d’absinthe, on frappait. 
Après quelques hésitations, la curiosité prit le dessus, elle ouvrit la porte.



Lucas A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.





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Devoir de Mélanie D. :



«J’en ai assez de cette vie, du lycée, de cette appartement glauque et de vos reproches », s’exclama Violette d’une voix agacée en contemplant sa soupe.

C’était la quatrième fois de la semaine que sa mère lui faisait pour le dîner, une soupe de poireau à couleur verdâtre qui faisait soulever le cœur, bien trop fragile de Violette. 

A quinze ans, violette n’était pas une fille comme toutes les autres de son âge. Ses jolies cheveux noir, très abîmés par le froide dégringolaient le long de ses joues creuses et de son visage trop pâle et fatigué pour enfin recouvrir ses épaules tremblantes et glacées à cause de l’arrivée de l’hiver.

C’était l’hiver de l’année 1998 ; le froid était saisissant, n’épargnant aucun foyer sur la ville d’Argenteuil ; une neige venue tout droit du ciel habillée peu à peu tous les toits de la ville.

Cela faisait maintenant deux ans que ses parents, ainsi que ses deux plus jeunes frères vivaient dans ce deux-pièces. Le papier-peint à grosses fleurs, des années soixante-dix, était assez décollé pour laisser apparaître la moisissure des murs. Le linge séchait sur plusieurs fils, traversant toute la pièce, qui leur servait à la fois de cuisine, de salle à manger et de chambre.

Seule un téléviseur reposait sur l’un des meubles délabré et peu stable de cette pièce.

« Tu ne fais jamais ce que l’on te demande ! Et tu trouves toujours a redire ! », lui répondit son père d’une voix ferme en interrompant son travail. Son père, lui, travaillait dans une industrie chimique, contrairement à sa mère, qui elle, cherchait encore désespérément un travail.« De toute manière, quoi que je fasse, vous n’êtes jamais content », s’écria Violette en dirigeant son regard vers la fenêtre comme pour y apercevoir quelque chose.

« Tu ne nous causes que de problèmes, Violette ! D’ailleurs, pourquoi es-tu rentrés si tard hier soir ? », Répondit sa mère d’un ton inquiet.

Violette se leva de table, regarda ses deux plus jeunes frères, puis baissa ses yeux, comme pour leur dire adieu. Elle prit la porte.


 


 

Mélanie D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.


 


 

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Devoir de Philippe S. :

Cela faisait maintenant quatre jours qu'Alphonse Eisenheim vivait dans ce studio. Son ami, M.Dupard, en était le propriétaire et le lui avait prêté en toute discrétion pour le loger mais surtout pour le cacher des Allemands.

M.Eisenheim était un homme de cinquante-quatre ans, ayant une taille supérieure à la moyenne, de un mètre quatre-vingt quatorze, et pesant soixante-douze kilogrammes. Il avait des cheveux gris et une peau très pâle d'Européen du nord. Sa popularité auprès de son entourage était surtout due à une gentillesse naturelle. De plus, intelligent et beau, Alphonse avait toutes les qualités d'un vrai gentleman français. Né de parents juifs, il vivait maintenant dans l'ombre de sa religion et habitait pour cela en cachette.

Le logis de M.Eisenheim dominait la Rue de Rivoli, en plein Paris, capitale de la France, alors occupée par les Allemands. Cette rue, nommée ainsi en hommage à l'une des victoires de Napoléon Bonaparte pendant la campagne d'Italie, avait perdu beaucoup de son élégance et de sa noblesse, depuis l'occupation nazie. La ville de l'amour et de la passion s'était transformée en une cité de tristesse et de famine.

L'appartement était très petit. Sa pièce unique comportait cependant tout le nécessaire à la survie d'un homme. L'une des fenêtres donnait sur cette Rue de Rivoli et permettait ainsi à Alphonse de suivre le quotidien de la ville, étant donné qu'il ne pouvait pas sortir. Personne n'était au courant de sa présence dans l'appartement hormis M.Dupard et il devait donc faire le moins de bruit possible pour ne pas se faire repérer. M.Dupard venait un soir sur deux lui apporter de la nourriture.

L'hiver de l'année 1943 fut particulièrement rude. Le froid envahissait l'appartement petit à petit et la nourriture devint très dure à trouver. Tout cela laissait Alphonse dans une situation très délicate.

Il vivait la peur au ventre et était tiré tous les matins de son sommeil par des coups de feu. Il appelait cela son réveil matinal. Il allait alors coller son front contre la vitre et voyait les corps des civils, étalés sur le sol, comme s'ils faisaient partie du décor à présent. Les gens marchaient à coté de ses corps sans âmes, sans les regarder, sans même les voir, comme si cela était devenu une routine. La pire chose qu'il voyait lors de son guettage sur la rue, était lorsque son regard tombait sur ces vautours de SS, installés au café Angelina, riant, avec leurs croissants dans une main et leur café dans l'autre, alors que dehors, les pauvres s'allongeaient tour à tour sur le sol, ou pour manger la neige, ou tout simplement par épuisement.

M.Eisenheim lui aussi, s'affaiblissait de jour en jour par manque de nourriture. Il lui arrivait en outre de tomber malade. Il devint tellement faible, qu'un jour, par maladresse, il cassa une assiette, sortie du placard pour manger les quelques pommes de terres recues par M.Dupard. Il sut immédiatement qu'il avait alerté les voisins, et qu'ils allaient sûrement appeler les troupes allemandes pour qu'ils viennent vérifier ce qu'il y avait dans l'appartement, les dénonciations étant fréquentes. Mais il était trop faible pour partir.

L'heure d'après, il entendit des bruits de bottes dans le couloir. Son coeur battait: étais-ce la fin ? Puis on sonna à la porte !


 

Philippe S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.

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Devoir de Gabriel V. :

Le Contre-Jour
 
(Focalisation zéro) Le vernissage venait juste de commencer. La grande porte de la salle d'exposition, 23 avenue "Gabriel" , Paris XVIème, s'ouvrait pour laisser passer une jeune femme. Les accords doux de "Manière de Commencement" d'Erik Satie
résonnèrent dans l’entrée. Sur les murs de cet espace éclairé étaient disposés diverses photographies en noir et blanc.
La silhouette gracieuse d'Isis se distinguait facilement parmi les nombreux invités. De nature svelte avec une allure élégante, la jeune femme  portait des chaussures à talons. Sa robe courte, de couleur rouge, mettait en valeur ses jambes fines et
parfaitement proportionnées à son corps. Ses lèvres étaient pulpeuses et son rouge à lèvres de la même couleur que sa robe. Son léger mascara noir soulignait le regard persan de ses yeux verts en forme d'amande. Ses belles mains passaient dans ses
longs cheveux noirs qui tombaient comme de la soie sur ses épaules attrayantes. Isis portait un sac à main noir où l'on pouvait voir ressortir un disque de "Kora Jazz Trio” .
La spectatrice américaine s'approcha des photos pour les regarder.

(Focalisation interne)Les images suivirent  sous son regard observateur. Elle restait quelques instants devant chaque panneau et prenait plaisir à découvrir l'univers de l'artiste. Le portrait d'un vieil homme attira son attention.   Cette photographie en noir et blanc se trouvait sur la colonne centrale et montrait un pêcheur âgé avec une longue barbe grise, un nez aquilin, un bâchi de marin et une pipe dans la bouche. Il y avait près de lui, du côté droit, un grand requin blanc, une vraie loque de cicatrices causées par d'innombrables pêcheurs voulant le capturer et le tuer. Sa nageoire était fendue en deux,
ses branchies saccagées par les harpons et sa grande bouche ouverte qui laissaient voir ses dents aiguisées et dangereuses. Elle frissonna et sentit l'agonie de l'espèce mêlée avec la joie du trophée et le pouvoir que le vieux "loup des mers" ressentait en
ayant capturé sa proie. Un contraste bouleversant.
        Dans le reflet du dioptre de verre disposé pour protéger l'oeuvre, Isis vit une ombre. Elle ressentit la présence silencieuse et le regard d'un homme qui la fixait.

        (focalisation zéro) Intriguée par le regard de cet homme, elle se retourna. Durantquelques instants, ils s’étaient dévorés du regard. Isis fut parcourue par ce regard innocent, un regard plaisant qui ne pouvait pas être détourné, un regard naturel,
d'amoureux.
Soudain, le téléphone mobile d'Isis sonna. Elle sut que c'était son mari...

Gabriel V., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, novembre 2008.





Sujet d'écriture d'invention n°2



Devoir à rendre le 09 mars 2009


Séquence n°2 : La poésie romantique.


Objets d'étude :


  • Un mouvement littéraire et culturel du XIXème siècle

  • Le travail de l'écriture


Perspective dominante : histoire littéraire et culturelle

Perspective complémentaire : genres et registres


Problématique : quels sont les différents modes d'expression du Moi dans la poésie romantique?


Vers l’écriture d’invention (sujet de type III du bac)


Relisez attentivement Ondine, d’Aloysius Bertrand (GT2) (voir poème ci-dessous). Composez à votre tour un poème en prose, traitant de la thématique de votre choix (dans les limites des convenances scolaires, naturellement), et obéissant aux contraintes suivantes :


  1. Votre texte devra être de registre lyrique.

  2. Votre production sera composée, comme Ondine, de cinq strophes ou paragraphes, à peu près d’égale longueur, et terminé(e)s par une ponctuation forte.

  3. Le poème se décomposera en deux parties typographiquement distinctes, séparées par une étoile. (Les trois premières strophes et les deux dernières séparées d’une étoile.)

  4. Les trois premiers paragraphes seront rédigés entre guillemets, au discours direct : un personnage s’adresse à un autre, en le tutoyant.

  5. Les deux dernières strophes seront au discours indirect : ce n’est plus le même personnage qui parle, c’est le poète (vous, ou votre « narrateur-poète ») qui commente ce qui vient d’être dit, et qui parle du personnage à la troisième personne du singulier (comme dans Ondine).

  6. Vous utiliserez l’anaphore d’un verbe à l’impératif dans au moins deux paragraphes, comme dans le poème initial.

  7. Votre texte comportera deux allitérations et deux rythmes ternaires (au moins), à chaque fois signalés d’un signe + dans la marge. Ces deux sonorités devront pouvoir être interprétées dans la perspective du contenu de votre production.

  8. Toute référence culturelle pertinente est valorisée.



 

Ondine

... Je croyais entendre
Une vague harmonie enchanter mon sommeil,
Et près de moi s'épandre un murmure pareil
Aux chants entrecoupés d'une voix triste et tendre.

Ch. Brugnot. - Les deux Génies.

« Ecoute ! - Ecoute ! - C'est moi, c'est Ondine qui frôle de ces gouttes d'eau les losanges sonores de ta fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune; et voici, en robe de moire, la dame châtelaine qui contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi.

» Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l'air.

» Ecoute ! - Ecoute ! - Mon père bat l'eau coassante d'une branche d'aulne verte, et mes sueurs caressent de leurs bras d'écume les fraîches îles d'herbes, de nénuphars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et barbu qui pêche à la ligne ! "

*

Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son anneau à mon doigt pour être l'époux d'une Ondine, et de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.

Et comme je lui répondais que j'aimais une mortelle, boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa un éclat de rire, et s'évanouit en giboulées qui ruisselèrent blanches le long de mes vitraux bleus.

Aloysius BERTRAND, Ondine (in Gaspard de la nuit).




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Devoir de Claire D. :


 


 

 

Ecriture d’invention

 

« FASCINATION »

 

 

            « Regarde ! Regarde ! À la vieille femme que je suis, saurais-tu refuser de goûter à mon fruit ? Je l’ai moi-même cueilli sous le soleil ardent alors que le vent s’engouffrait tel un serpent, dans les hautes herbes de la plaine mordorée. Se pourrait-il que ses formes généreuses, sa peau rougeoyante et sa chair surette te laissent de marbre ?

 

            « Observe la danse éphémère de l’astre céleste, vois comme la nuit est proche ! Il disparaît au loin sous l’écume du ciel et clos dans sa robe de feu, la symphonie de ce jour. Prolonge cet instant, capture ce flot de couleurs que t’offre la vie. Une seule bouchée de cette pomme suffira à t’emporter aux delà des frontières du réel…

 

            « Approche ! Approche ! Pourquoi t’entêtes-tu à refuser mon fruit, imite Adam et Eve sans crainte du châtiment divin ! La vie est brève, l’instant d’un soupir et il est déjà trop tard. La mort t’enlace et annonce la fin de ton histoire. Ne la laisse pas t’attraper, résiste, accroche-toi au fil de la vie, telle Thésée au fil d’Ariane, et savoure chaque instant qui passe ! »

 

 
  

 

 ***

 


            Sa douce mélodie se mêlait aux plaintes de la brise et portait avec elle les effluves enivrantes du fruit défendu. Immobile et sereine, elle semblait guetter le moindre de mes gestes. Puis soudain, prise au piège par ces folles lianes odorantes qui m’enlaçaient, ma main plongea lentement dans son panier d’osier…

 

            Un sourire amusé se dessina sur son visage, terre aride dans laquelle de profonds sillons se creusaient peu à peu et comme je succombais à la tentation, le temps s’arrêta soudainement. Le vent glacial, la lumière aveuglante, la saveur envoûtante cessèrent d’être, tout comme les battements de mon cœur devenaient inaudibles…

 

 

 

 

 

______  rythme ternaire

______  allitération en [s] témoigne du sifflement des paroles de la femme (elle peut-être comparée au serpent qui essaye de persuader Eve de goûter au fruit défendu lorsqu’elle est au jardin d’Eden).

______ allitération en [t] rappel de la réalité, sonorité dure qui renvoie à la fuite du temps

______ allitération en [l] impression de liquidité, odeurs qui telles de volutes se répandent dans l’air et enlacent Blanche-Neige.

______  allitération en [p] brusque retour à la réalité avec cette sonorité dure, emprisonnement soudain du personnage.

______  référence culturelle

 

 Claire D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.


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Devoir de Julie T. :

 

Le Destin d’Antigone

 

« Laisse-moi ! Laisse-moi gémir, pleurer, crier ma douleur. Je ne peux plus la contenir, elle déborde, et les larmes brûlantes ruissellent le long de mes joues, dégoulinent  et viennent se mêler aux eaux troubles et glauques du Styx.

 

« Ta tombe n’est certes pas creusée, ton corps n’est certes pas enterré avec moi sur cette rive, mais ton âme se trouve déjà de l’autre côté, derrière les portes les mieux gardées du monde d’où, mis à part Orphée, nul n’est jamais revenu.

 

« Laisse-moi ! Laisse-moi encore une chance ! Une chance à ne pas laisser passer, une ultime occasion d’éprouver le sentiment du devoir accompli. Un chant désespéré que nous nous remémorerions en souvenir du passé ; mais inutile de lutter contre l’étreinte de la destinée ! »    

*

Résignée, elle s’avance et considère l’abîme noir, béant, profond. Elle n’a rien à regretter : tout était déjà écrit au préalable, sa route était déjà toute tracée. Alors elle prend son élan et plonge dans le précipice pour rejoindre Polynice, l’objet de son sacrifice.

 

Aussitôt je surgis de la foule et me jette sans hésiter en quête de ma bien-aimée. Trop tard pour reculer, une immense lassitude me submerge, le grand saut est effectué, je vais la retrouver… Ainsi s’achève l’histoire d’Antigone et d’Hémon, deux amants que le destin a toujours séparé mais qui dans la mort ont triomphé.

 

                                              

 

  • Allitérations et interprétations :

-Allitération en [l] : évoque la liquidité des larmes et du fleuve

-Allitération en [t] : sonorité dure évoquant la dure réalité de la mort des personnages (Polynice dans la 2ème strophe, Antigone dans la 4ème et Hémon dans la dernière)

-Rythmes ternaires

-Anaphore du verbe à l’impératif


 

Julie T., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

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Devoir de Lauriane S. :


 

 

A toi qui crois que la beauté n'est qu'un atout

 

 

- « Loreleï, est-ce toi que j’aperçois, mélancolique telle une sirène sur ton haut rocher ? Laisse-moi, laisse-moi t’admirer une fois encore belle Loreleï. Mon cœur ne soupire plus qu’après ta chevelure d’or, tes yeux d’aigue marine, tes lèvres de rubis.

 

 

« Loreleï, splendide et soupirante, suis-moi, suis-moi sur le Rhin silencieux qui coule sous tes pieds délicats ; nous vivrons heureux et paisibles. Accepte ces présents destinés à la plus somptueuse des femmes, laisse-moi te parer de soie, de satin, de superbes bijoux et te voir scintiller parmi les astres !

 

 

« Loreleï ! Sont-ce tes yeux qui jettent ces flammes brûlantes et maudites ? Que m’arrive-t-il, que fais-tu Loreleï ? Serais-tu non plus une tendre femme soupirante, mais l’âme trompeuse d’une sorcière ? Arrête, arrête, ô Loreleï ! Ta beauté n’est plus que terrifiante !

 

 

*

 

 

Ah ! Ce chevalier n’est donc pas plus preux qu’aucun des mes autres prétendants. Un de plus qui prend peur et s’enfuit. Tous s’enchevêtrent dans l’horrible piège de ma beauté, de ce masque trompeur et terrifiant. Il court, le beau chevalier, et se délie des filets qui me retiennent prisonnière contre mon gré.

 

 

Ah ! N’y a-t-il aucune justice en ce bas monde ? Les Hommes, les Animaux, les Océans seront-ils condamnés à me fuir éternellement ? Suis-je donc forcée à l’exil ? Rhin, ô beau Rhin, je suis lasse de ce rocher sur lequel je me lamente, vois-tu ; ouvre-moi tes bras bienveillants. Pareille à la Loreley d’Apollinaire, je choisis d’embrasser le bleu de tes eaux, afin qu’aucun homme ne se noie jamais plus dans celui de mes yeux !

 

 

Interprétation des allitérations :

Deuxième strophe : Allitération en [s], évocation du chevalier de leur vie future telle un murmure agréable

Troisième strophe : Allitération en [t], évocation de la peur soudaine du chevalier qui s’exprime agressivement

Quatrième strophe : Allitération en [r], évocation de la colère de la Loreleï, en proie au désespoir

 

 

 


Lauriane S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

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Devoir de Gabriel V. :


 

 

                                  ÉCRITURE D'INVENTION

 

       -“Réponds! Réponds! Je réside dans la forêt mystérieuse pour te trouver,                  

   dans les plus vastes courants, où dansent tes soeurs les nymphes, où je

  chante pour toi, je joue pour toi, je me fatigue pour toi.

         

      Cette sylve sauvage qui habite mon corps, envahit mon esprit, caresse mon chemin, murmure des secrets, chante un hymne harmonieux vibrant entre les lianes, dans l'écorce, et réveille la Nuit de son sommeil profond.

 

       Réponds! Réponds! Ne t'enfuis pas, ne détourne pas ton regard, qu'importe ta forme, tu seras mienne cependant, mon amour dépasse l' l'éternité, et tu chanteras éternellement!"

        

                                                          *

 

Son cri déchiré, il m'implore de rester avec lui et de l'aimer , mais sa laideur me fait fuir.

 

Je me transforme pour échapper à ses griffes passionnées, il souffre éternellement et joue de mes roseaux pour attendrir sa tristesse profonde.

 

 

allitération en [r]

interprétation: des râlements de souffrance qu'éprouve Pan.

 

allitération en [t]

interprétation: rythme saccadé, manque de souffle, comme une légère asphyxie lorsqu'on pleure.

 

allitération en [m]

interprétation: le son de la brise que l'on peut entendre dans la forêt la nuit, le bruit léger des animaux durant la nuit, et le son de la flûte de Pan.

 

Référence culturelle: La légende d'un demi-dieux venant de la mythologie grecque, Pan, qui aimait une nymphe, Syrinx

"tu seras mienne cependant" est la preuve que Pan parle car il dit ces mêmes mots en s'adressant aux roseaux comme Syrinx s'est transformée en roseaux dans la légende écrite.

 

Gabriel V., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

 

 

 

 

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Devoir de Louise F. :

 

 

Amazighs*

 

 

« Vole ! Vole ! Laisse-toi emporter par le vent, soulève de ton souffle le sable stérile du désert asséché, fends les flots de cette mer argentée !

 

La lune, de sa clarté obscure, t’indique le chemin de la liberté. Une ombre rampe derrière chaque dune, l’ombre abrite un assassin, l’assassin cache la dague qui apporte la mort.

 

Fuis ! Fuis ! Imite l’aigle, l’ange, l’air ; soit le papillon et le faucon. Viens à moi, délivre-toi ! Lève les voiles, voyage, vogue vers la lisière du monde. Oublie les hommes et leurs querelles ! Choisis-moi ! »

 


***



La vie m’appelait de son cri silencieux, m’invitait à l’espoir, à la sérénité, à la paix. De Paris à Elhri**, le monde vibrait de ce chant inaudible. Et tous, Touaregs,  Zayanes*** et Français, répondaient de leur âme à la séduisante mélopée.

 

Mais moi, de ma prison de chair, je ne touchais que les chaînes de la terre, je ne voyais que les vagues de Berbères, je ne sentais que le sang de la guerre, je n’entendais au loin que les plaintes de mes frères.

 

 

 

 

 

 

 

*  « Homme libre » en tamazight, langue des Berbères

** Village du Maroc, dans lequel les  Zayanes combattirent les troupes françaises du Maréchal Lyautey en 1914.

*** Tribus berbères

 


Louise F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

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Devoir de Mélanie D. :

  Regarde, regarde-toi…  

 

 

 

« Regarde, regarde-toi ! Qu’est tu devenu ? Où est passé l’homme

Que j’ai connu il y a tant d’années ? L’homme robuste et enthousiaste,

Cet homme persévérant et aux qualités redoutables. Oh ! Si seulement

Cet homme pouvait refaire partie de ma vie.

 

Regarde, regarde autour de toi ! Tu sais bien que l’amour - injuste champ

De bataille - s’en va et revient telles les vagues, qui tour à tour s’écrasent

Sur le sable puis inlassablement s’enfuient encore et encore. Souviens-toi,

Après chaque crépuscule il y a toujours un nouveau soleil pour te réchauffer.

 

Oh ! Je vois bien cette douleur qui te hante et qui rend progressivement

Ton corps faible et maladif ; écoute, écoute moi, réveille cette lueur en toi,                        *

Qui te donnait le courage de continuer et la force d’oublier ».

 

                                                      *

 

Ces paroles n’étaient que d’innombrables mots anodins dans un monde

De souffrance perpétuelle qui le tourmentait ; il lui arrivait parfois

De se demander s’il aurait pu la sauver, cette femme, sa raison de vivre.

 

La nostalgie et la solitude l’avaient anéanti, l’homme, cet ami, cet intime avec                     * 

lequel il avait pris l’habitude de parler. Il savait au fond de lui que cet homme dont il voyait

Le reflet dans l’eau, finirait bien par retrouver l’espoir et l’envie de vivre.

 

 

Mélanie D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

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Devoir de Kimberley W. :


Pensées d'ailleurs
 
     -"V
iens!-Viens!-C'est là que je t'emmènerai,sur les
chemins tortueux, les océans infinis,les mers radieuses,
les chants ondulants,sur les ruisseaux chantants sous
l'immensité des cieux.C'est moi,c'est moi Solune qui
serai la luciole dans les ombres obscures du jour et
l'ébénéen hibou qui te guidera dans les clartés de la nuit.

 
        "Mais qui es-tu ?Suis-je dans un rêve absolu, ne pouvant même te dévisager ! Il semble que ton visage se fonde dans l'obscurité qui nous baigne.Laissez-moi donc rêvasser d'ailleurs !
-"Solune t'invite à noyer tes douteuses pensées dans le flot glacial de l'air nordiste, qui fusionne avec le mince souffle du sable bruni d'Egypte,t'entraînant au coeur des eaux limpides,enivré par ses fonds marins glacés.
        
"Viens!-Viens!-Ce soir le croissant de lune n'attend que la lueur de notre gourmandise avant que nos sensibles oreilles ouïssent la clarine du crépuscule.Mêlons-nous à la cadence harmonieuse et à l'ambiance éphémère et parfumé de la nuit,avant quel'astre du jour n'éblouïsse nos yeux délicats.Evadons-nous dans le profond calice parfumé des fleurs fraîches.Frôlons du bout de nos ailes la fragilité des arbrisseaux.Suivons
lapluie,le soir et la nuit.Glissons-nous dans cette fantasmagorique présence qui nous enveloppe.Rêvons!"
 
 
                                                                *
 
 
Les leitmotives fredonnés, cette fée me prit par la main pour m'entraîner dans cette secrète aventure,où j'écoutai l'hymne des pingoins comme le chant des oiseaux africains.Je caressai le douxpelage de l'ours pôlaire et la robe nuancée du zèbre sauvage.Je ressentis le picotemment du froid polairesur mes joues rosées,et ailleurs,l'air brûlant dans mesnarines dilatées.Je pensais,voyageais, m'envolais vers les cieux,parmi les rêves qui tourmentaient ma conscience.
 
   Ce long voyage de mes sens s'estompa peu à peu au son de la clarine de l'aube.Il s'amplifiait avec insistance dans mes oreilles fragiles à cette musique stridente
du réveil matin,me tirant des bras de Morphée.

 

 

 

Kimberley W., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

          

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Devoir de Colas D. :

 

 

 

 

Damona

 

 

« Parle!_ Parle! Ta voix douce et mélodieuse apaise le maillet infernal du jugement de Sucellos*. Souffle fragile, insuffle une force inimaginable aux armées fabuleuse du vieillard de Mag Tuireadh*. Parole fortuite qui redonne vie aux condamnés de Némain*. Des que ton chant me parvient aux oreilles fines, mon cœur virevolte au dessus des cieux !

 

« Regarde !_Regarde ! Tes yeux si bleus, si claires, si limpides comme le ruisseau s’écoulant le long des berges glacées du Rein* à la colline merveilleuse du Lorelei*. Regard tantôt dur, tantôt calme si complexe mais si simple. Pourquoi m’as-tu regardée ce jour-la ? Ton visage est désormais enraciné dans mes feuillages.

 

« Pars !_ Pars ! Ta beauté m’envoute et me tourmente. Taranis* sur ses chevaux de fer n’est plus qu’un humble enfant contemplant ta magnificente perfection. De ce pas, je t’impose de partir pour ne plus revenir. Disparais de mon esprit et sous soleil, évapores-toi ! »

 

*

 

Elle utilisa ses armes enchanteresses pour se servir de son doux charme qui ensorcela mon esprit. Cette déesse me demanda pourquoi partir si loin alors que son bonheur est si proche. D’un souffle chaud, elle me murmura son amour si intense. Et moi, je rétorquais sèchement en lui disant qu’une union entre deux mondes est inconcevable.

 

Elle me supplia, m’implora, me conjura de rester avec l’homme que je suis, Et moi je m’obstinais a me rabaisser face a cette déesse voluptueuse et merveilleuse. Fatalement, elle partit. Dans son sillage je vis la nature trépasser. Les arbres fleuris et plantes fantastiques d’autrefois de desséchèrent. A loin, ce fleuve, qui fut jadis prospère et abondant, s’évapora, laissant place à un désert de terre sèche et morte. Damona* était parti à jamais.

 

* référence à la mythologie celte.

Allitération en [f] : Rappelle le souffle de la déesse

Allitération en [l] : Rappelle la liquidité des yeux

Allitération en [p] : Rappelle le pas de la déesse

1er rythme ternaire

2eme rythme ternaire


 

Colas D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

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Devoir de Daniel O. :

 

« Prends, prends de moi tout ce que tu veux, mais tu le regretteras un jour. Le Dieu Apollon brillera toujours sur toi, ton âme, ta beauté et éclairera notre destin.


Prends, prends mon cœur, je t’en supplie, il est inutile sans toi ! Mais donne-moi le tien en échange. Tu ne pourras jamais le briser, mon cœur, car tu l’as dissout au moment où je t’ai rencontré.


Alors reste avec moi, ne t’échappe pas ! Blesse-moi si tu le souhaites, je t’aimerai toujours. Nos destins sont liés, tu m’aimeras un jour !  »

                                                                                                 *


A chaque fois qu’elle essaya de me prendre pour elle, je passais entre ses doigts, elle voulait me saisir et me garder éternellement. Mais ses mots étaient exprimés cette fois avec une telle passion, particulièrement hypnotisants, comme le chant d’une sirène au milieu de l’océan.


Je ne savais pas pourquoi je résistais tant, toute ma vie j’étais tout seul, enfin quelqu'un qui m’aime ! Cela me donna espoir, si cette femme si jeune, belle, gracieuse pouvait m’aimer tant, alors pourquoi ne pas l’aimer à mon tour !



L’allitération [r] représente une sonorité forte par rapport à l’amour que ressent la femme pour l’homme.

L’allitération en [l] représente la liquidité de cet amour existant pour la femme, et la liquidité de son cœur.

Apollon est le Dieu du soleil, de la lumière, de la beauté, de la musique, de la divination.

Daniel O., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.


 


 


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Devoir de Justin C. :

 

                                              « Ses Yeux »

 

« Regarde ! Regarde ! Sens-tu comme le bleu s’empare de Ton âme pour la plonger dans les abysses de sa conscience, De son esprit, de ses paroles si innocentes et de sa beauté Si profonde qu’elle fait vibrer le vide dont elle est emplie ?

 

« Peux-tu ressentir l’essor de l’amour qui t’envahit           Peu à peu et qui s’éprend du cyan de ses si beaux yeux      Lorsqu’ils daignent ne serait-ce que feindre t’apercevoir, Toi, ton ombre ou même ta silhouette ?

 

« Regarde ! Regarde ! Et toi aussi tu verras, tout comme Moi, que le marine que tu observes n’a pas même d’égal Auprès des flots de Neptune et que sa beauté véritable     Ne peut être trouvée que dans le cœur de son bien-aimé. »

*

À travers la cantine des yeux de sa belle, il me décrivit Toute la dévotion, l’amour et la passion qu’il portait,      Jour après jour, à la lueur de son regard, les courbes de son Corps si parfait et la pureté de son être.

Toute son existence, il erra seul, ne vivant que                 Pour cet amour qu’il ne voulait pas s’avouer disparu     Dans les souffrances du temps et de la fatalité ; il survit Ainsi, grâce au souvenir de cette sensation certes ancienne, Mais éternelle.

 

Justin C., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

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Devoir de Denis B. :

  La Saga des Nibelungen

Denis B., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

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Devoir de Loïs V. :

"Pleure ! Pleure donc ! Je pressens le chagrin qui s'emparera de ton coeur humble et généreux. Hélas je ne pourrai te consoler, car ce soir, lorsque le brouillard du néant se sera emparé des dernières lueurs, je m'en irai. Puisse les cieux me guider, à travers forêts, contrées et champs abandonnés afin de trouver un havre de paix. Je ne puis rester tout ce temps à tes côtés !

 
"Pleure ! Pleure donc ! Ô toi que j'eusse aimé auparavant, Ô moi qui ne puisse rester maintenant . J'ai de longues heures songé à nos jours heureux; me remémorant chacun des rares instants joyeux. Il me semble que le temps est assassin et que l'amour aveugle n' est qu'éphèmère. Que sont devenues ces lèvres ardentes qui désormais n'offrent plus rien ?


"Essuie tes larmes en vain ! Il est grand temps de reconnaître que notre joie était illusoire et notre hisoire factice. J'ai longtemps feint d'éprouver un amour si tendre afin de rompre cette monotonie quotidienne. Puis, méditant longuement, mon esprit confus par le doute et la crainte de perdre à jamais un être aimé, j'ai su prendre l'initiative de te quitter. Souffrir, larmoyer, désespérer, c'est cela que j'ai vécu en ces années noires !
"
                                                                                   
                                                                                *
Lorsque ce qui lui tenait tant à coeur lui fut dévoilé, elle l'observa partir, la vue troublée par de chaudes larmes, sous un soleil attristé qui illuminait le lac somnolent. Son coeur, délaissé et meurtri, s'assombrissait en contemplant son bien-aimé qui s'en allait au loin, sans le moindre ressentiment.

 
La jeune veuve enlaidie par son amour enseveli, emprise d'un désespoir infini, l'implora de revenir, lui vociférant son chagrin et sa haine. Mais, il était déja trop tard, le soleil avait emporté avec lui les dernières lueurs d'espoir.

Loïs V., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009.

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Devoir de Philippe S. :

Tanaïs et Aphrodite.

« Faisons, faisons la guerre, c'est ma seule raison d'être. Le sang de mes ennemis coulant sur mon épée est ma victoire, ma joie, mon honneur. Nulle femme ne m'importe, je n'ai d'amour que pour la guerre qui est ma seule compagne.


« Donnons, donnons l'amour, plus beau sentiment qui soit. La guerre n'est que violence, mort et désolation, l'amour faste, beauté et volupté. Violence et beauté ne peuvent coexister. Ton mépris pour l'amour m'est insupportable et je ferai en sorte que tu tombes follement amoureux de Lysippé.


« Jamais je ne porterai atteinte à Lysippé, mère, guerrière et Amazone. Savoir son fils amoureux d'elle la détruirait. L'honneur et le respect que j´ai pour elle sont trop importants, pour que je puisse permettre une telle ignominie, et je préfèrerais mille fois mourir en adorant la guerre, que de tuer ma mère par mon amour pour elle. »


*

C'est ainsi qu´Aphrodite, déesse de la beauté, condamna Tanaïs pour son amour de la guerre et son mépris de l'amour sentimental. Le châtiment qu´elle choisit fut terrible : Tanaïs, guerrier fougueux, insatiable et invétéré, qui s´était distingué dans diverses batailles pour son peuple, était désormais voué à porter un amour passionnel à sa propre mère.


Tanaïs, fidèle à sa passion guerrière, et refusant un amour incestueux avec Lysippé, sa mère, préféra l´honneur dans la mort, et choisit de se jeter dans le fleuve de son peuple Amazone et de mourir avec dignité.


Interprétation des allitérations (proposée par l'élève lui-mème) :


  • Allitération en [m] à la première strophe : tonalité exprimant la douceur et l'amour que Tanaïs porte au sujet de la guerre.

  • Allitération en [r] à la troisième strophe : tonalité exprimant la haine et la colère de Tanaïs a la connaissance du châtiment qui lui revient.

 

 

Philippe S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009. 

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Devoir de Lucas A. :

« Viens! - Viens! - M’as tu dit - Demeure dans ma maison,

Emmurés sous terre nous règnerons sur les enfers.

Toi, Hadès, dans une de tes errances tes yeux se sont posés sur moi, Perséphone

Toi, à qui il incombe de régner sans

peur et sans clémence sur le royaume des Morts, as vu ton cœur ravi par

la fille de la nature qui faisait sa moisson.

 

« Peine! Peine! ressenti infini qui s’accorde

Aux cris de Déméter, ma mère, qui sans relâche m’a suivi

Constatant l’œuvre accomplie de mon oncle l’impie

Qui me garde seule pour lui.

Sa fille tu lui as pris. Sa volonté est en

Sursis et puis qu’il en est ainsi, que nul grain ne

Puisse les hommes nourrir. Déméter ne donne plus à la terre.

 

« Confesse! - Confesse! - Oncle, Frère et ennemi,

Toi qui me fais goûter ce fruit

qui a jamais m’enferme à tes côtés,

Cette douce grenade qui m’entraine pour l’éternité sous terre.

Zeus te convainc pourtant de laisser ta reine des morts redevenir Coré

Le temps d’une saison ».

 

*

**

 

Perséphone l’envoutante, Déméter la pugnace, Zeus le convaincant

Ont eu raison de ma détermination

La plus belle des reines de l’enfer longera avec mélancolie les rives du Styx

Et illuminera les moissons avec grâce et délicatesse 

 

Elle rythmera le temps qui s’écoule de son empreinte

De couleurs, de saveurs, de chaleur

Et de gris, de froid, de noir.

Les hommes l’adoreront le long des saisons.

 

Lucas A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009. 

 

 

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*

Devoir de Charlotte O. :  

 

Hommage à Henry et Marie Clews

 

 

 

Once Upon A Time

 

« Cent ans déjà ont passé depuis notre dernière fusion ! A nouveau je sens ton âme remonter vers cette tour, cette chambre sens issue, inviolable, immortelle. A nouveau nos deux âmes s’entremêleront en vain pour retrouver cette chaleur, essence de notre union ! Et comme le lierre qui étouffe la pierre, nos deux êtres, suffocant, haletant, étourdissants, s’entrelacerons dans l’éternité. Et jamais plus le tourbillon de notre vie mortelle ne viendra interrompre le flot d’amour singulier qui nous unit, cent ans enfin !

 

« Cesse, cesse, jamais notre royaume ne finira sa course ! Et tel Atlas qui jusqu’au bout supporta la Terre, nous nous somme entrechoqués, choqués et repoussés, en vain je t’ai soutenue, et jamais nous ne briserons notre parole, Marie. Prenez garde violeurs, car mes monstres chinois, aztèques et africains vous dépècerons, fermant votre bouche et vos yeux à jamais ! Si par mégarde l’un de vous, malheureux, venais à briser cette union furtive délicate et éphémère.

 

 « Cesse, cesse, à l’époque déjà nous vivions dans un conte. Chaque jour mon tombeau entrebâillé tremble, il tremble d’impatience et de frénésie, serait-ce le reflet d’un miroir ou la réalité ? Ton tombeau lui aussi se languit-il de nous voir à nouveau réunis ? Et tel Don Quichotte, en vainqueur je m’avançais vers toi, Marie, pure, blanche, essence même de lumière et d’espoir. Etouffante, haletante, m’étourdissant ! Dans tes bras, mon étoile, à jamais je veux me noyer ! Et je demande encore : « Marie, est-tu là ? »

 

 

 

 

***

 

 

 


 

« Je suis là Henry, tout près de toi » Et elle ira le rejoindre encore une fois, une nouvelle fois ils attendront côte à côte, unis à jamais dans la tour de La Mancha, puis le silence les enveloppera à nouveau pour cent ans encore, ne laissant que le bruit des vagues de la Méditerranée et le frottement des cyprès eux aussi côte à côte.

 

Once Upon A Time ne sera plus qu’un infime fragment de leur amour, que l’écume de ce jour déjà le fait disparaître, et le rejoignant ils regarderont ensemble encore une fois, la Mer, le Soleil et La Mancha, royaume féérique, magique et inoubliable où leurs deux êtres à jamais s’uniront.

 

Charlotte O., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, mars 2009. 

 


Date de création : 04/12/2008 @ 10:13
Dernière modification : 16/06/2009 @ 15:18
Catégorie : Copies d'élèves 2008/2009
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