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Copies d'élèves 2008/2009 - Dissertations 2nde 3

Devoir du 08 juin 2009

 

 

Vous trouverez ci-dessous quelques copies d'élèves de seconde 3 qui composaient en devoir surveillé leur première dissertation. Le devoir se situait au mois de juin de l'année scolaire, et ponctuait une séquence consacrée au genre théâtral (oeuvre intégrale : L'école des femmes, de Molière ; groupement de textes : Le héros et le pouvoir au théâtre, composé notamment d'un extrait d'Horace, de Corneille). De même, ce devoir concluait une séquence de méthodologie consacrée à l'argumentation, comprenant, entre autres, un cours portant sur l'élaboration d'une dissertation.

        Le devoir durait trois heures, puisqu'aucune question préalable ne précédait la dissertation elle-même.

 

Sujet :

Corpus :

Nicolas BOILEAU, Art poétique, III, v. 25 à 33, 1674.

[Boileau, poète du XVIIème siècle, définit ici les normes classiques de l'art du théâtre.]

 Le secret est d'abord de plaire et de toucher :
Inventez des ressorts qui puissent m'attacher.
Que dès les premiers vers l'action préparée
Sans peine du sujet aplanisse l'entrée1.
Je me ris d'un acteur qui, lent à s'exprimer,
De ce qu'il veut d'abord, ne sait pas m'informer.
Et qui, débrouillant mal une pénible intrigue,
D'un divertissement me fait une fatigue [...].
Le sujet n'est jamais assez tôt expliqué.
[...]


1. du sujet aplanisse l'entrée : aplanisse l'entrée du sujet, supprime les difficultés à l'entrée du sujet.

  

"Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli
Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli. "

Nicolas BOILEAU, Art poétique.

 

Sujet :

Dissertation.
Selon vous, le succès du texte de théâtre ou de la représentation théâtrale est-il dépendant du respect de règles telles que celles qu'énonce Boileau, et des règles classiques d'une manière générale ? Vous appuierez votre réponse sur les textes du corpus, sur des pièces que vous connaissez ou sur des représentations dont vous avez l'expérience.

Code des couleurs : ce guidage méthodologique ajouté aux copies elles-mêmes est destiné à faire de ces productions d'élèves un potentiel outil d'élaboration de futurs devoirs, ou encore de remédiation ou de correction.

 

Introduction :

1ère étape : phrase d'appel, amorce.

2ème étape : repérage de la problématique.

3ème étape : reformulation de cette problématique.

4ème étape : annonce du plan, c'est-à-dire des thèses.

 

Développement :

  • connecteur logique
  • formulation de thèse
  • formulation d'argument
  • rappel de la thèse en cours
  • transition

 

Conclusion :

 

1ère étape : rappel des thèses du devoir

2nde étape : ouverture

 

 

Dissertation d'Hicham D. :

 

 

         Depuis l’Antiquité, le théâtre a connu un franc succès qui a perduré à travers les différentes époques de l’Histoire. Selon Boileau, pour que ce succès ait lieu d’être, il faut ‘‘qu’en un lieu, qu’en un jour, un seul fait accompli tienne jusqu’à la fin du théâtre rempli’’. En d’autres termes, il décrète que le succès dépend du respect des règles classiques, à savoir la vraisemblance, la bienséance et les trois unités de temps : temps, lieu et action. Il sera prouvé, dans un premier temps, que ce succès dépend bien des règles, dans certains cas, mais que cela n’est pas valable partout et en toute circonstance.

 

 

 

            En premier lieu, il est possible d’affirmer que le succès d’une pièce dépend du respect des règles classiques. En effet, à l’époque où écrit Boileau (XVIIème siècle), le Classicisme est le mouvement dominant. Il est donc essentiel de respecter les règles de ce mouvement si l’on veut connaître le succès. Si celles-ci sont si importantes, c’est parce qu’elles proviennent de l’Antiquité. Or, le Classicisme cherche à imiter l’Antiquité. Quoi de mieux que de reproduire le style de cette époque quand on possède un tel but ? A juste titre, les plus grandes pièces de l’époque comme Horace de Corneille, Bérénice ou Phèdre de Racine prennent place dans un contexte antique, outre que les auteurs respectent les règles énoncées par Boileau telles que la présence ‘‘d’un lieu’’, ‘‘d’un seul fait’’ et ‘‘d’un jour’’. Ainsi, il est possible d’affirmer que le respect des règles du mouvement de l’époque est essentiel pour que la pièce trouve le succès.

            Outre cela, il est possible de noter que l’essor de la comédie n’a pu se soustraire au respect de ces règles. Jadis mises de côté à l’époque de l’Antiquité dans ce genre, leur intégration a propulsé la comédie de telle manière qu’elle a connu le succès chez les nobles, au XVIIème siècle. Molière, un des auteurs phares de l’époque responsable, a ainsi créé la ‘‘Grande Comédie’’, qui connut un grand succès, même avec la très haute noblesse comme Monsieur le frère du Roi. Pour ce faire, il a élaboré des pièces de cinq actes (Le Médecin malgré lui, l’Avare), composés d’alexandrins jusque-là utilisés seulement dans les tragédies, et a respecté les règles classiques. Par exemple, dans L’École des femmes, il fait une mise en abîme lorsqu’Agnès parle de sa rencontre avec Horace à Arnolphe afin de respecter la règle de l’unité de temps (une journée). C’est par ce respect de règles classiques que la comédie a connu le succès.

            De plus, le succès, au XVIIème siècle, est défini par une élite intellectuelle : les nobles. Les pièces classiques, en particulier les tragédies, mettent en scène des personnages proches du pouvoir, ce qui permet aux nobles de s’identifier à ceux-ci. Comme le dit Boileau : ‘‘le secret est d’abord de plaire et de toucher’’. En permettant au spectateur de s’identifier au personnage, l’auteur le touche bien plus qu’en mettant en scène un personnage sans réel élément familier à celui qui assiste à la pièce. Dans le Cid de Corneille, par exemple, les personnages sont nobles, ce qui permet à ceux-ci de s’y identifier. Dans Britannicus de Racine, ils sont très proches du pouvoir. Or, l’utilisation de tels personnages est propre à la tragédie classique, plus présente à l’époque du Classicisme que la comédie classique, et donc aux règles classiques, ce qui prouve là encore que le respect de celles-ci permettent d’atteindre le succès.

 

 

 

            Cependant, bien que de nombreuses pièces aient connu le succès grâce au respect de ces règles, un nombre tout aussi important l’a connu sans les avoir respectées, notamment avec le Drame Romantique au XIXème siècle ou le Théâtre de l’Absurde au XXème. Rhinocéros d’Eugène Ionesco, par exemple, met en scène des personnages à tête de rhinocéros, ce qui est contraire à la règle de vraisemblance (puisqu’on doit y croire). Un autre exemple : Hernani de Victor Hugo est très riche en rebondissements si bien qu’on a également du mal à y croire. Toutefois, le phénomène de Catharsis est toujours présent et purge le spectateur sans pour autant respecter à tout prix les règles classiques, qui, selon Boileau, sont nécessaires pour ‘‘tenir le théâtre rempli’’. Dans ces cas-ci, les règles classiques sont transgressées, et pourtant les pièces n’en sont pas dépourvues de succès.

            En outre, sans avoir à faire un aussi grand bond dans le temps, on peut remarquer que ces règles n’étaient pas forcément respectées à l’époque précédant de très peu celle de Boileau, notamment avec Shakespeare. Il s’agit certes d’une littérature étrangère, mais Boileau utilise le présent de vérité générale lorsqu’il annonce sa thèse : ‘‘Le secret est d’abord de plaire et de toucher’’. En utilisant cette valeur du présent, il décrète que cette phrase est valable partout, lui donnant un caractère universel. Cela vaudrait aussi pour Shakespeare, auteur anglais de la fin du XVIème siècle. Or, ce dernier a créé des pièces mondialement connues et reconnues, sans pour autant respecter ces règles. Macbeth en est le meilleur exemple : il y a présence de sang et de morts sur scène (contrairement à la règle de bienséance), ainsi que d’un monde surnaturel avec les trois sorcières (ce qui défie la règle de vraisemblance). S’ajoute à cela une longue durée dans la pièce, puisque le prince Malcolm s’enfuit dans un autre pays avant de revenir avec une puissante armée. Il lui faut donc au minimum un mois, si ce n’est plus, contrairement à la règle d’unité de temps (une journée maximum). Sans changer d’époque, il est clairement montré que les règles classiques peuvent se soustraire mais que cela ne change pas la présence d’un succès.

            Enfin, le respect des règles n’est pas une garantie de succès. Corneille, un des plus illustres auteurs ayant respecté ces règles, a connu beaucoup d’échecs. Le plus célèbre d’entre eux est Tite et Bérénice. Les trois unités y sont pourtant respectées, tout come la présence de cinq actes, d’alexandrins, d’une vraisemblance et d’une bienséance. L’intrigue est claire, tout correspond à ce que dit Boileau et pourtant le succès n’a pas été atteint. Cela prouve sans conteste que le respect des règles classiques n’a pas systématiquement d’influence sur le succès, contrairement à ce que dit Boileau.

 

 

 

            En conclusion, il est possible de dire que l’affirmation de Boileau est en grande partie vraie pour son époque, mais n’est pas systématique à travers les époques. Certaines règles classiques sont conservées au XVIIIème siècle, tandis que d’autres le seront au XIXème. L’apparition de nouveaux mouvements fait que les styles varient d’une époque à l’autre, notamment avec le Théâtre de l’Absurde qui ne va respecter aucune règle sans toutefois perdre en qualité.

 

 

 

Hicham D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2009.

 

 

 

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Dissertation de Julie A. :

 

 

 

 

           Les règles classiques du théâtre, élaborées au XXème siècle, furent le modèle et l a « marche à suivre » pour de nombreuses pièces et elles le sont quelques fois On p encore aujourd’hui.  On  peut donc se demander si le succès du texte de théâtre ou de la représentation théâtrale est dépendant du respect des règles telles que celles qu’énonce Boileau, et des règles classiques, d’une manière générale. Autrement dit : Le théâtre doit-il forcément respecter les règles classiques comme le dit Nicolas Boileau dans son Art poétique ? Dans un premier temps, il est possible de penser qu’il est préférable de respecter ces règles classiques comme l’affirment de nombreux auteurs du XVIIème tels que Nicolas Boileau ou Pierre Corneille, mais il n’est pas impossible non plus de penser que l’on peut ne pas respecter ces règles comme le montre l’évolution du théâtre jusqu’à nos jours.

 

 

         En premier lieu, il est préférable de penser que le théâtre doit respecter les règles classiques établies au XVIIème siècle. En effet, le respect de la règle des trois unités implique aussi une simplicité  dans le fond de la pièce en question et permet donc au spectateur ou au lecteur de tout de suite saisir et apprécier l’intrigue. Dans Antigone de Sophocle par exemple, l’intrigue est exposée dès la première scène, le lieu ne change pas (l’action se déroule dans une seule pièce du palais royal) et l’action ne dure qu’une journée. De même dans L’école des femmes de Molière où l’intrigue est exposée dès la première réplique, l’action se déroule dans un seul lieu (la maison d’Arnolphe) et en une journée. Tout cela montre bien que le théâtre doit respecter les règles strictes énoncées par Nicolas Boileau pour une meilleure compréhension et un plus grand succès de la pièce.

            En outre,  ce respect des règles classiques au théâtre permet ou au moins permettait au XVIIème siècle et au début du XVIIIème siècle une bonne considération du théâtre. C’est pour cela d’ailleurs que Molière créa la « Grande comédie » qui était une comédie qui respectait les règles classiques telles que la règle des trois unités, la règle de vraisemblance et la règle de bienséance. De plus, les pièces étaient écrites en cinq actes et en vers. On peut le voir par exemple avec L’avare, le Médecin malgré lui ou bien même le Malade Imaginaire. On peut donc en effet affirmer que le théâtre doit suivre les règles classiques pour avoir du succès.

 

 

 

         Cependant même s’il est vrai que l’on peut penser qu’il est préférable de respecter les règles énoncées par Boileau, et les règles classiques en général, on voit grâce à l’évolution du théâtre après 1945 que les pièces peuvent ne pas respecter ces règles strictes. En effet, le non respect de la règle de vraisemblance (il fallait que la pièce soit crédible aux yeux du spectateur ou du lecteur) et l’influence de la psychanalyse entrainèrent ainsi l’apparition de l’irrationnel dans les pièces de théâtre. Eugène Ionesco, par exemple, fut l’un des auteurs qui intégra le plus dans ses pièces l’irrationnel. On peut le voir par exemple avec Rhinocéros, où les personnages se transforment petit à petit en rhinocéros.  On peut donc dire qu’il est tout à fait possible de ne pas respecter les règles classiques et de connaître le succès.

         En outre, le non respect de la règle des trois unités favorise l’imagination du spectateur ou du lecteur qui doit alors s’adapter à l’intrigue. Par exemple, la Folle journée ou Le Mariage de Figaro de Beaumarchais ne respectent pas l’unité de temps, Rhinocéros ne respecte pas l’unité de lieu… Cela prouve don que le succès de la pièce ne dépend pas du respect des règles classiques.

         Enfin, le non respect de la règle de bienséance qui est notamment conséquence des horreurs de la guerre, permet beaucoup plus qu’une simple catharsis.  En effet, ce procédé permet non seulement d’inspirer de la pitié, de la peur au spectateur mais il l’oblige aussi à participer à la pièce. On le voit par exemple avec de nombreuses pièces d’Eugène Ionesco et plus généralement avec de nombreuses pièces du XXème siècle. On peut donc voir que le respect des règles classiques n’est pas nécessairement obligatoire pour le bon fonctionnement de la pièce.

 

 

         Le respect ou non des règles classiques est surtout la conséquence de l’évolution du genre théâtral et du siècle dans lequel on se trouve. En effet, au XVIIème siècle, siècle du classicisme, les auteurs devaient respecter des règles strictes car leurs personnages eux-mêmes, inspirés de l’Antiquité grecque ou romaine, devaient respecter des règles strictes. Cette influence du siècle dans lequel l’auteur se trouve et  la manière de penser caractéristique de cette époque est notable non seulement dans le théâtre mais aussi dans tous le genres littéraires.

 

 Julie A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2009.

 

 

 

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 Dissertation de Claire J. :

 

Le théâtre est un genre littéraire apparu au XVIIème siècle, dominé à cette époque par des auteurs tels Molière, Racine et Corneille. Le théâtre est depuis toujours soumis à de nombreuses règles, tant sur l’intrigue en elle-même, que sur la représentation théâtrale. Certaines personnes s’interrogent : « le succès du texte de théâtre ou de la représentation théâtrale est-il dépendant du respect des règles telles que celle qu’énonce Boileau, et des règles classiques[…] ? ». On peut en effet se demander si le respect des règles théâtrales classiques est la base du succès d’une pièce de théâtre. On étudiera dans un premier temps l’obligation du respect des règles classiques pour réussir une pièce de théâtre, et dans un second temps, sur le fait que le succès d’une représentation théâtrale et de son texte est indépendant des règles classiques.

 

 

 

           

 

 

            Dans un premier temps, on peut d’abord affirmer que la base du succès d’une pièce de théâtre est le respect des règles classiques. En effet, au XVIIème siècle, les seules pièces honorées de succès ont été les seules pièces respectant l’unité de lieu, d’action et de temps, ainsi que les règles de vraisemblance et de bienséance. Molière, en respectant ces règles, comme l’attestent L’Ecole des Femmes, Le Bourgeois Gentilhomme et L’Avare, est devenu un des auteurs phare du genre théâtral. Suivant le même modèle, mais quittant la comédie pour la tragédie, Racine et Corneille furent couronnés de succès, grâce à des chef-d’œuvres : Le Cid de Corneille et Bérénice de Racine. A l’inverse, Phèdre fut refusé plusieurs fois pour cause de non-respect des règles classiques traditionnelles. On peut donc confirmer que le succès d’une pièce de théâtre dépend du respect ou non-respect des règles classiques.

            De plus, le fait de savoir qu’un auteur qui ne respecte pas ces règles, signifie qu’il ne sera jamais défini comme un auteur de qualité, il sera perçu comme une personne incapable ou pas assez talentueuse pour respecter les règles traditionnelles liées au théâtre. Nicolas Boileau, dans Art Poétique, le confirme : « je me ris d’un acteur, qui lent à s’exprimer, de ce qu’il veut d’abord, ne sait pas m’informer, et qui, débrouillant mal une pénible intrigue, d’un divertissement me fait une fatigue […] ». Nicolas Boileau accable les dramaturges incapables de respecter les règles basiques du monde du théâtre, ce qui prouve encore une fois qu’une pièce de théâtre ne peut pas être réussie, si elle n’observe pas les règles du théâtre.

            En outre, on peut également ajouter que le non-respect de ces règles pourrait choquer le spectateur et le lecteur. En effet, lors d’une représentation théâtrale, le public n’apprécierait pas du tout la présence de sang sur scène. Suite aux réactions de bouche-à-oreille et au mépris du roi, l’auteur ne serait plus dans le domaine du crédible dans son métier, et serait même passible d’un emprisonnement, ce qui disqualifierait irréversiblement son œuvre théâtrale. Cet exemple atteste que la base du succès d’une pièce correspond au respect des règles classiques.

            Pour conclure cette partie, on peut affirmer que le fait que la conservation des ces règles permet un moule commun à tous les auteurs, ce qui évite par la suite des dérapages dans le scénario du texte, empêchant l’auteur de trop partir dans l’excès (et, par exemple, d’écrire une pièce de théâtre trop longue, qui ennuierait le public) ou de commencer un scénario trop compliqué (grâce à l’unité d’action). En effet, des pièce théâtrales telles Tartuffe de Molière, où Les Fourberies de Scapin de Molière également, sont compréhensibles et pas trop ennuyeuses aux yeux du public, grâce au respect des règles classiques. On peut donc finalement conclure, que le respect des règles théâtrales est sans aucun doute la base du succès d’une pièce théâtrale.

 

 

 

Par ailleurs, dans un second temps, on peu émettre de sérieuses réserves à propos du fait qu’une pièce de théâtre ne puisse être réussie sans le respect quasi-tyrannique des règles classiques. En effet, on peut également admettre que le succès d’une pièce de théâtre ne dépend pas du respect des règles classiques, comme l’atteste le fait que de nombreuses pièces de théâtre aient rencontré un succès renversant au XVIII, XIX et XXème siècle, sans qu’elles respectent les règles classiques. On peut prendre pour exemple L’île des Esclaves de Marivaux ainsi que Le Mariage de Figaro, de Beaumarchais, où l’unité de temps est malmenée. Au XIXème siècle, lors du mouvement littéraire de Romantisme, les règles classiques sont de moins en moins respectées, les auteurs prennent de plus en plus de liberté avec elles. Le paroxysme et l’apothéose de ce non-respect des règles a eu lieu au XXème siècle, où un théâtre de l’absurde, de l’angoisse et de la cruauté est créé. Rhinocéros, d’E. Ionesco, est une révolution (cette pièce de théâtre est composée seulement de trois actes, et des barrissements ont lieu sur scène. Samuel Beckett est également un grand auteur de ce mouvement littéraire. Nous sommes, grâce à tous ces exemples, dans l’obligation d’admettre que le succès d’une pièce de théâtre ne dépend pas du respect des règles classiques.

            En outre, le fait que certains auteurs ne respectent pas les règles classiques a permis le changement de mouvements littéraires au cours du temps avec le passage du Classicisme, où toutes les règles sont respectées, au Théâtre de l’Absurde, où celui qui les respecte est une exception. Cela a été bénéfique dans la mesure où ne pas respecter les règles classiques, a été la cause d’une diversité des pièces de théâtre et donc du passage d’un mouvement littéraire à un autre. De plus, si la totalité des dramaturges respectaient toutes les règles classiques, les pièces qui auraient du succès seraient toutes les même, ce qui engendrerait inévitablement des conflits entre les écrivains. Cela a déjà eu lieu au XVIIème siècle, une rivalité s’était installée entre Pierre Corneille et Jean Racine, notamment avec Bérénice, de Racine et Titus et Bérénice, de Corneille, car ils écrivaient les mêmes choses aux mêmes moments. Respecter ou ne pas respecter les règles classiques engendre donc une diversité littéraire, laissant la possibilité à d’autres styles littéraires d’avoir du succès. Cela signifie que ne pas respecter les règles du théâtre classiques n’est pas obligatoirement la cause d’une absence de succès mais, au contraire, peut engendrer la création d’un mouvement littéraire, qui connaîtra, à son tour, son heure de gloire.

            Enfin, le succès d’une pièce de théâtre ne dépend pas du respect des règles classiques, mais de la forme et du fond de la pièce. En effet, même si les règles sont respectées, si l’intrigue de la pièce ne convient pas et n’est pas intéressante, alors la pièce sera loin d’être un succès. C’est ce qui s’est passé pour Corneille dans les dix dernières années de sa vie : remplacé pendant son absence par Racine, ses pièces ne trouvaient plus de public, bien que les règles traditionnelles fussent présentes. Par exemple, Titus et Bérénice n’a aucun succès, bien que la pièce respecte les règles classiques. Par ailleurs, si la forme n’est pas bonne, le public potentiel préférera aller voir une représentation théâtrale qui les divertit par les costumes et les personnages à une pièce qui n’a aucun intérêt au sens visuel, même si elle respecte les règles classiques. On peut dons, sans hésiter, conclure que le succès d’une pièce de théâtre ne dépend pas du respect des règles classiques.

 

 

 

            Axé sur l’obligation ou la non-obligation de suivre les règles classiques pour qu’une pièce de théâtre et une représentation théâtrale soit couronnée de succès, ce texte a été l’objet d’hésitations. En effet, même si de nombreux argument ont parlé pour l’obligation des règles classiques en échange d’une pièce réussie, de nombreuses réserves subsistent encore…Des auteurs  mondialement connus, tels Samuel Beckett et E. Ionesco, ont eu d’énormes succès grâce à des pièces ne respectant pas les règles classiques, tandis que Molière, Racine et Corneille, tout en respectant ces même règles, ont été salués par le monde entier pour leur talent. Qu’en déduire ? La diversité littéraire est un trésor constitué, pour le théâtre, de pièces universellement reconnues pour leur intrigue et leur représentation théâtrale, et non grâce à un respect ou non-respect des règles classiques.

Claire J., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2009.

 

 

 

 

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Dissertation d'Aïda Z. :

 

                       Le théâtre est un art bien particulier, existant depuis l'Antiquité et particulièrement utilisé entre le XVIIeme et le XXeme siècle. Pour ce faire, certaines règles appelées « règles antiques » ont été mises en place pour donner naissance au Classicisme (XVIIeme siècle). Elles comprennent l'unité de temps (ll'action se déroule en vingt-quatre heures maximum), l'unité de lieu (un seul lieu d'action), l'unité d'action (une seule intrigue principale) , la règle de bienséance (pas de sang sur scène...) et enfin, la règle de vraisemblance. Boileau affirme dans l'Art poétique que ces normes sont indispensables au bon déroulement d'une pièce. En effet, le théâtre ne serait peu-être pas ce qu'il est sans l'existence de ces règles classiques. Il est vrai que certaines règles sont très importantes, voire indispensables, mais le théâtre étant un art, ces normes peuvent bloquer l'imagination de l'auteur.

 



             Tout d'abord, il est important de prendre en compte le fait que les règles classiques ont été créées pour que le représentation théâtrale devienne un moment de plaisir et de divertissement tout en faisant passer un message, dénoncer un fait au public. Si elles n'existaient pas, les auteurs feraient donc ce que bon leur semble et le théâtre n'aurait pas été ce qu'il fut. Chacun aurait ainsi fait à sa propre manière et cela aurait certainement occasionné une sorte de désordre dans l'art théâtral et les spectateurs n'auraient plus la volonté et le bonheur d'assister à une pièce de ce genre, comme l'affirme Nicolas Boileau dans l'Art poétique « qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli / Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli », afin de ne pas effrayer les spectateurs avec une scène sanglante où les acteurs seraient torturés...Même dans les tragédires, une effraction à la règle de bienséance serait très mal vue par les spectateurs qui ne voudraient assister à de telles scènes, même si l'action s'y prêtait. Ces règles sont donc utiles au maintient du nombre de spectateurs présentés dans la salle.

             De plus, l'unité de lieu est une des règles très utiles pour l'auteur et pour laisser les spectateurs comprendre le déroulement de l'action. En effet, si le lieu devait changer durant la pièce, les spectateurs seraient susceptibles de se perdre et ils ne comprendraient ainsi plus vraiment l'action principale. De même, pour l'auteur de la pièce, il serait difficile de trouver le décor adapté pour chaque changement. Dans Horace, de Corneille, si lors de la représentation il avait fallu changer de décor entre le passage de Rome aux scènes chez Horace, les spectateurs auraient été plus perdus qu'autre chose. Les règles classiques sont donc bel et bien utiles à la bonne compréhension de la pièce.


 

 

 

 

 


             Dans un second temps, même si les règles classiques sont importantes pour que les spectateurs ou lecteurs suivent paisiblement la pièce, ces normes « bloquent » en quelques sortes l'évolution du théâtre. Ainsi, l'auteur, censé être imaginatif et créateur de « ressort », ne peut pas ou, du moins, a du mal à laisser libre cours à sa créativité et ce qui, en lui, l'a fait devenir un auteur de pièces théâtrales tel qu'il est. C'est donc surtout la règle de vraisemblance qui créé cet effet « d'enfermement » de la libre imagination. En effet, créer de bonnes pièces originales, c'est choisir soi-même quand et comment la scène se déroulera et particulièrement, avec qui. C'est alors que la règle de vraisemblance intervient, car pour dénoncer à la population des faits réels, il faut savoir démontrer de façon frappante, afin de marquer les spectateurs et dans un environnement ainsi qu'un mode de vie différent, même irréel. Rhinocéros d'Eugène Ionesco prouve qu'il est possible de réaliser une pièce de théâtre sans les règles classiques. Cet auteur a fait preuve d'imagination en faisant transformer ses personnages en rhinocéros, tout en dépassant les « limites » du Classicisme, ce qui n'a absolument pas empêché la dénonciation d'un fait. Les spectateurs n'ont pas pour autant été perdus parmi ces personnages tout à fait absurdes. Donc les règles classiques ne sont pas indispensables et sont, au contraire, parfois, des sortes de « barrières » à la créativité.

 De même, à force d'utiliser ces règles classiques, les auteurs sont contraints à utiliser les mêmes histoires. C'est-à-dire qu'après avoir tenté de créer une multitude de pièces différentes, les auteurs peuvent avoir tendance à réécrire plus ou moins sur les mêmes thèmes et peuvent aboutir à la création de scènes identiques à certaines déjà représentées. Ce qui fut le cas avec l'Ecole des femmes de Molière et Britannicus de Racine, deux pièces classiques ayant donc respecté les normes du mouvement. Les deux actions sont très similaires lorsque (dans l'Ecole des femmes), Arnolphe aui aime Agnès, lui demande de dire à son bien-aimé qu'elle n'es pas amoureuse de lui. Pour s'assurer qu'elle lui obéira, il se cache afin d'assister à la scène. Nous retrouverons un passage identique dans la pièce de Racine énoncée ci-dessus, où Britannicus qui aime une jeune fille étant elle-même amoureuse d'un autre homme. Il lui demandera également d'avouer à cet homme qu'elle ne l'aime pas. Les spectateurs ou lecteurs ayant lu ou vu ces deux pièces assisteront ainsi deux fois à une scène qui, malgré le changement de personnages, reste identique. Les règles classiques sont donc grandement impliquées dans ce peu d'originalité.




                 Pour conclure, il est possible de dire que les règles classiques énoncées par Boileau sont, d'un côté, bénéfiques pour le déroulement de la pièce, ainsi que pour la bonne compréhension des spectateurs ou lecteurs. En revanche, elles limitent l'imagination des auteurs qui ne peuvent donc pas créer tout ce qu'ils voudraient. C'est ainsi qu'au XXeme siècle, le « Théâtre moderne » apparut, donnant place à la liberté du choix de lieu, de temps, d'action ainsi que toute autre règle du Classicisme. Beckett et Ionesco furent deux grands auteurs de ce mouvement.

 

Aïda Z., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2009.

 

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Dissertation de Pierre-Damien G. :

 

                    Depuis ses débuts en Grèce, dans l’Antiquité, le théâtre fut contraint à de nombreuses règles (dites classiques), et particulièrement au XVIIème siècle lors de la redécouverte de ces règles. Nicolas Boileau, grand poète de ce siècle et l’un des fondateurs des normes classiques lors du classicisme, nous partage une réflexion sur le succès qu’apportent la règle des trois unités. Les règles classiques, anciennes et contraignantes, sont elles synonymes de réussite pour un texte théâtrale ? Nombreuses sont les pièces ayant été un succès grâce à ces règles imposées, mais certaines représentations, plus récentes, remettent en cause ces exigences et sont aujourd’hui étudiées dans nos lycées.

 

 

                  Aujourd'hui, de nombreux auteurs cherchent à transgresser les lois classiques dans leurs représentations, afin de donner un côté innovant. Mais peut-on se permettre de remettre en cause des siècles de règles, symboles et piliers centrales de la réussite du théâtre ?

 

 

 

                Depuis l’antiquité, de grands auteurs théâtraux tels qu’Aristophane et Plaute instaurent des règles dans leurs représentations qui leurs semblent bonnes, et donc garantie le succès de la pièce. Le monde de la littérature reconnait aujourd’hui leurs œuvres comme des phares du genre théâtrale.  

                De plus, le manque de règles est un risque de perdre la structure d’une œuvre. Une représentation, afin de garder son intérêt auprès des spectateurs, ne doit pas être composée d’acteurs « long à s’exprimer », « brouillant mal une pénible intrigue » comme l’exprime Nicolas Boileau dans « Art poétique ». C’est dans un souci que chacun comprenne le sens de la pièce que furent créées les unités d’action, de temps, et de lieu.

              Enfin, le théâtre est un lieu d’échange et de rencontre dans la société. Les représentations ont donc le devoir d’être un exemple de bienséance et d’être un modèle pour la société. C’est pourquoi il ne peut être envisageable de représenter l’horreur d’une guerre ou le soulèvement de jeunes anarchistes, même pour les dénoncer.

 

 

             Cependant, après les guerres mondiales ayant dévastées l’Europe et le monde dans la première partie du XXIème siècle, les règles traditionnelles sont remises en cause. Les auteurs prennent effectivement un part de responsabilité dans ce massacre.

              Ainsi, certaines pièces qui semblent extravagantes sont écrites, tel que « Rhinocéros » d’E. Ionesco, où la règle de vraisemblance est totalement abandonnée. Peut-on imposer des règles si strictes afin de représenter un monde que peu comprennent ? Les règles d'unité de lieu et de temps risquent d'empêcher certains auteurs à s'exprimer entièrement, d'où le risque d'abandonner ce mode pour s'exprimer et transmettre des idées. Aujourd'hui, le cinéma qui ne respecte plus de règles, remplace peu à peu le théâtre . Ainsi, le théâtre ne doit-il pas assouplir ses règles?

 

            Le théâtre, avec la règle de bienséance, empêche toute référence à l'horreur et à la brutalité quotidiennes. Ainsi les représentations ne donnent pas une vision réelle de la difficulté du monde contemporain et de façon logique ne soulèvent pas l'intérêt de la société. Les représentations ont donc le devoir de se mettre à jour en montrant et dénonçant les difficultés du XXIème siècle.

 

 

 

 

 

           En conclusion, l'idée que se fait Boileau sur l'exigence des règles théâtrales est remise en cause. Certes, le respect générale de  ces éxigeances fut le ciment de merveilleuses représentations, mais ne doit-il pas être simplement un exemple pour les auteurs théâtraux du XXIème siècle?

Pierre-Damien G., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2009.

Date de création : 12/06/2009 @ 14:38
Dernière modification : 06/05/2012 @ 16:41
Catégorie : Copies d'élèves 2008/2009
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