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Copies d'élèves 2008/2009 - Dissertations 2nde 7

Dissertation du 08 juin 2009.

Vous trouverez ci-dessous quelques copies d'élèves de seconde qui composaient en devoir surveillé leur première dissertation. Le devoir se situait au mois de mai de l'année scolaire, et ponctuait une séquence consacrée au genre théâtral (oeuvre intégrale : Tartuffe, de Molière ; groupement de textes : Le héros et le pouvoir au théâtre, composé notamment d'un extrait d'Horace, de Corneille).

        De même, ce devoir concluait une séquence de méthodologie consacrée à l'argumentation, comprenant, entre autres, un cours portant sur l'élaboration d'une dissertation.

        Le devoir durait trois heures, puisqu'aucune question préalable ne précédait la dissertation elle-même.

Corpus :


Texte A - Alfred JARRY, Ubu Roi, acte Ill, scènes 3 et 4, 1888

Texte B -
Jean-Paul SARTRE, Les Mouches, Acte II, scènes 3 et 4, 1943
Texte C -
Albert CAMUS, Caligula, acte II, scène 5, 1944
Texte D - Eugène IONESCO, Le Roi se meurt, 1962.

 

Texte A : Alfred JARRY, Ubu Roi, acte Ill, scènes 3 et 4, 1888.

[La scène se passe dans une Pologne imaginaire. Poussé par l'ambition de sa femme, le Père Ubu fomente une conspiration contre le roi Venceslas. Parvenu à ses fins, et une fois couronné, Ubu fait régner la terreur.]

ACTE III, SCÈNE III

Une maison de paysans dans les environs de Varsovie.
Plusieurs paysans sont assemblés.

UN PAYSAN, entrant :
Apprenez la grande nouvelle. Le roi est mort, les ducs aussi et le jeune Bougrelas s'est sauvé avec sa mère dans les montagnes. De plus, le Père Ubu s'est emparé du trône.
UN AUTRE :
J'en sais bien d'autres. Je viens de Cracovie1, où j'ai vu emporter les corps de plus de trois cents nobles et de cinq cents magistrats qu'on a tués, et il parait qu'on va doubler les impôts et que le Père Ubu viendra les ramasser lui-même.
TOUS :
Grand Dieu ! qu'allons-nous devenir ? le Père Ubu est un affreux sagouin et sa famille est, dit-on, abominable.
UN PAYSAN :
Mais, écoutez : ne dirait-on pas qu'on frappe à la porte ?
UNE VOIX, au-dehors :
Comegidouille2 ! Ouvrez, de par ma merdre, par saint Jean, saint Pierre et saint Nicolas ! ouvrez, sabre à finances, corne finances, je viens chercher les impôts !
La porte est défoncée, Ubu pénètre suivi d'une légion de Grippe-Sous.

SCÈNE IV

PERE UBU : Qui de vous est le plus vieux ? (Un paysan s'avance.) Comment te nommes-tu ?
LE PAYSAN :
Stanislas Leczinski.3
PERE UBU :
Eh bien, comegidouille, écoute-moi bien, sinon ces messieurs te couperont les oneilles4. Mais, vas-tu m'écouter enfin ?
STANISLAS :
Mais Votre Excellence n'a encore rien dit.
PERE UBU :
Comment, je parle depuis une heure. Crois-tu que je vienne ici pour prêcher dans le désert ?
STANISLAS :
Loin de moi cette pensée.
PERE UBU :
Je viens donc de te dire, t'ordonner et te signifier que tu aies à produire et exhiber promptement ta finance, sinon tu seras massacré. Allons, messeigneurs les salopins de finance, voiturez ici le voiturin à phynances5. (On apporte le voiturin.)
STANISLAS :
Sire, nous ne sommes inscrits sur le registre que pour cent cinquante-deux rixdales que nous avons déjà payées, il y aura tantôt six semaines à la Saint-Mathieu.
PERE UBU :
C'est fort possible, mais j'ai changé le gouvernement et j'ai fait mettre dans le journal qu'on paierait deux fois tous les impôts et trois fois ceux qui pourront être désignés ultérieurement. Avec ce système, j'aurai vite fait fortune, alors je tuerai tout le monde et je m'en irai.
PAYSANS :
Monsieur Ubu, de grâce, ayez pitié de nous. Nous sommes de pauvres citoyens.
PERE UBU :
Je m'en fiche. Payez.
PAYSANS :
Nous ne pouvons, nous avons payé.
PERE UBU :
Payez ! ou ji6 vous mets dans ma poche avec supplice et décollation du cou et de la tête ! Cornegidouille, je suis le roi peut-être !
TOUS :
Ah, c'est ainsi ! Aux armes ! Vive Bougrelas, par la grâce de Dieu, roi de Pologne et de Lithuanie !
PERE UBU :
En avant, messieurs des Finances, faites votre devoir.
(Une lutte s'engage, la maison est détruite et le vieux Stanislas s'enfuit seul à travers la plaine. Ubu reste à ramasser la finance.)

1. Ancienne capitale de Pologne.
2. Un des jurons ubuesques les plus violents. On peut y voir une composante sexuelle (dans le préfixe corne) et une composante digestive (gidouille) qui symbolisent les « appétits inférieurs » du personnage.
3. Nom authentique d'un roi de Pologne dont la fille (Marie) épousa Louis XV.
4. Déformation d'oreilles. Le mot appartient au vocabulaire ubuesque comme merdre.
5. Phynance est une invention orthographique que Jarry justifie en rapprochant le mot de physique.
6. Ji : je.

 

Texte B  : Jean-Paul SARTRE, Les Mouches, acte II, scènes 3 et 4, 1943.

 

 [L'histoire se passe dans la ville d'Argos. Egisthe, après avoir assassiné Agamemnon, et épousé Clytemnestre sa femme, a instauré un régime de terreur. Oreste, fils de la reine, revient quinze ans plus tard, suivi par Jupiter. Electre, sa sœur, traitée en esclave, incite le peuple à la révolte. Egisthe la chasse. Elle se cache avec Oreste dans le palais.]

 

SCÈNE III
EGISTHE, CLYTEMNESTRE, ORESTE et ELECTRE (cachés)

EGISTHE. [... ] Je regrette d'avoir dû punir Électre.
CLYTEMNESTRE.
Est-ce parce qu'elle est née de moi ? II vous a plu de le faire, et je trouve bon tout ce que vous faites.
EGISTHE.
Femme, ce n'est pas pour toi que je le regrette.
CLYTEMNESTRE.
Alors pourquoi ? Vous n'aimiez pas Électre.
EGISTHE.
Je suis las. Voici quinze ans que je tiens en l'air, à bout de bras, le remords de tout un peuple. Voici quinze ans que je m'habille comme un épouvantail : tous ces vêtements noirs ont fini par déteindre sur mon âme.
CLYTEMNESTRE.
Mais, Seigneur, moi-même...
EGISTHE.
Je sais, femme, je sais : tu vas me parler de tes remords. Eh bien, je te les envie, ils te meublent la vie. Moi, je n'en n'ai pas, mais personne d'Argos n'est aussi triste que moi.
CLYTEMNESTRE.
Mon cher seigneur...
Elle s'approche de lui.
EGISTHE.
Laisse-moi, catin ! n'as-tu pas honte, sous ses yeux ?
CLYTEMNESTRE.
Sous ses yeux ? Qui donc nous voit ?
EGISTHE.
Eh bien, le roi
. On a lâché les morts, ce matin.
CLYTEMNESTRE.
Seigneur, je vous en supplie... Les morts sont sous terre et ne nous gêneront pas de sitôt. Est-ce que vous avez oublié que vous-même inventâtes ces fables pour le peuple ?
EGISTHE.
Tu as raison, femme. Eh bien, tu vois comme je suis las ? Laisse-moi, je veux me recueillir.
Clytemnestre sort.

SCÈNE IV
EGISTHE, ORESTE et ELECTRE (cachés)

EGISTHE. Est-ce là, Jupiter, le roi dont tu avais besoin pour Argos ? Je vais, je viens, je sais crier d'une voix forte, je promène partout ma grande apparence terrible, et ceux qui m'aperçoivent se sentent coupables jusqu'aux moelles. Mais je suis une coque vide : une bête m'a mangé le dedans sans que je m'en aperçoive. A présent je regarde en moi-même, et je vois que je suis plus mort qu'Agamemnon. Ai-je dit que j'étais triste ? J'ai menti. Il n'est ni triste ni gai, le désert, l'innombrable néant des sables sous le néant lucide du ciel : il est sinistre. Ah ! je donnerais mon royaume pour verser une larme !
Entre Jupiter.
 

Texte C  :  Albert CAMUS, Caligula, acte II, scène 5, 1944.

 

 [Depuis la mort de sa sœur Drusilla, Caligula, jeune empereur romain, prend conscience de l'absurdité du monde. II décide d'exercer un pouvoir absolu, tyrannique et cruel sur son royaume.]

 

ACTE II SCÈNE 5

Il mange, les autres aussi. Il devient évident que Caligula se tient mal à table. Rien ne le force à jeter ses noyaux d'olives dans l'assiette de ses voisins immédiats, à cracher ses déchets de viande sur le plat, comme à se curer les dents avec les ongles et à se gratter la tête frénétiquement. C'est pourtant autant d'exploits que, pendant le repas, il exécutera avec simplicité. Mais il s'arrête brusquement de manger et fixe avec insistance Lepidus l'un des convives.
Brutalement.

CALIGULA.
Tu as l'air de mauvaise humeur. Serait-ce parce que j'ai fait mourir ton fils ?
LEPIDUS, la gorge serrée.
Mais non, Caïus, au contraire.
CALIGULA, épanoui.
Au contraire ! Ah ! que j'aime que le visage démente les soucis du cœur. Ton visage est triste. Mais ton cœur
? Au contraire n'est-ce pas, Lepidus ?
LEPIDUS, résolument. Au
contraire, César.
CALIGULA, de plus en plus heureux.
Ah ! Lepidus, personne ne m'est plus cher que toi. Rions ensemble, veux-tu ? Et dis-moi quelque bonne histoire.
LEPIDUS, qui a présumé de ses forces.
Caïus !
CALIGULA.
Bon, bon. Je raconterai, alors. Mais tu riras, n'est-ce pas, Lepidus ? (L'œil mauvais.) Ne serait-ce que pour ton second fils. (De nouveau rieur.) D'ailleurs tu n'es pas de mauvaise humeur. (II boit, puis dictant.) Au..., au... Allons, Lepidus.
LEPIDUS, avec lassitude.
Au contraire, Caïus.
CALIGULA.
A la bonne heure! (Il boit.) Écoute, maintenant. (Rêveur.) Il était une fois un pauvre empereur que personne n'aimait. Lui, qui aimait Lepidus, fit tuer son plus jeune fils pour s'enlever cet amour du cœur. (Changeant de ton.) Naturellement, ce n'est pas vrai. Drôle, n'est-ce pas ? Tu ne ris pas. Personne ne rit ? Ecoutez alors. (Avec une violente colère.) Je veux que tout le monde rie. Toi, Lepidus, et tous les autres. Levez-vous, riez. (Il frappe sur la table.) Je veux, vous entendez, je veux vous voir rire.
Tout le monde se lève. Pendant toute cette scène, les acteurs, sauf Caligula et Caesonia, pourront jouer comme des marionnettes.
Se renversant sur son lit, épanoui, pris d'un rire irrésistible.
Non, mais regarde-les, Caesonia. Rien ne va plus. Honnêteté, respectabilité, qu'en dira-t-on, sagesse des nations, rien ne veut plus rien dire. Tout disparaît devant la peur. La peur, hein, Caesonia, ce beau sentiment, sans alliage, pur et désintéressé, un des rares qui tire sa noblesse du ventre. (Il passe la main sur son front et boit. Sur un ton amical.) Parlons d'autre chose, maintenant. Voyons. Cherea, tu es bien silencieux.
CHEREA.
Je suis prêt à parler, Caïus. Dès que tu le permettras.
CALIGULA.
Parfait. Alors tais-toi. J'aimerais bien entendre notre ami Mucius.
MUCIUS, à contrecœur.
A tes ordres, Caïus.

 

Texte D : Eugène IONESCO, Le Roi se meurt, 1962.

 Bérenger 1er ne veut pas comprendre le destin inexorable que son médecin et sa première femme lui ont annoncé : il va mourir. La seconde épouse du Roi, Marie, est présente.]

LE ROI
. Viens vers moi,
MARIE.
Je voudrais bien. Je vais le faire. Je vais le faire. Mes bras retombent.
LE ROI.
Alors, danse. (Marie ne bouge pas.) Danse. Alors, au moins, tourne-toi, va vers la fenêtre, ouvre-la et referme
MARIE.
Je ne peux pas.
LE ROI. Tu as sans doute un torticolis, tu as certainement un torticolis. Avance vers moi.
MARIE.
Oui, Sire.
LE ROI.
Avance vers moi en souriant.
MARIE.
Oui, Sire.

LE ROI. Fais-le donc !
MARIE.
Je ne sais plus comment faire pour marcher. J'ai oublié subitement.
MARGUERITE, à Marie.
Fais quelques pas vers lui.
Marie avance un peu en direction du Roi.
LE ROI.
Vous voyez, elle avance.
MARGUERITE.
C'est moi qu'elle a écoutée. (A Marie.) Arrête. Arrête-toi.
MARIE.
Pardonne-moi, Majesté, ce n'est pas ma faute.
MARGUERITE, au Roi.
Te faut-il d'autres preuves ?
LE ROI. J'ordonne que les arbres poussent du plancher. (Pause.) J'ordonne que le toit disparaisse. (Pause.) Quoi ? Rien ? J'ordonne qu'il y ait la pluie. (Pause, toujours rien ne se passe.) J'ordonne qu'il y ait la foudre et que je la tienne dans ma main. (Pause.) J'ordonne que les feuilles repoussent (ll va à la fenêtre.) Quoi ! Rien ! J'ordonne que Juliette entre par la grande porte. (Juliette entre par la petite porte au fond à droite.) Pas par celle-là, par celle-ci. Sors par cette porte. (Il montre la grande porte. Elle sort par la petite porte, à droite, en face. A Juliette.) J'ordonne que tu restes. (Juliette sort.) J'ordonne qu'on entende les clairons. J'ordonne que les cloches sonnent. J'ordonne que cent vingt et uns coups de canon se fassent entendre en mon honneur. (Il prête l'oreille.) Rien ! ... Ah si ! J'entends quelque chose.
LE MÉDECIN.
Ce n'est que le bourdonnement de vos oreilles, Majesté.

 

 

  • Dissertation :
    Comment le théâtre permet-il une représentation du pouvoir, et dans quel but ? Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur Tartuffe, de Molière et Horace, de Corneille, étudiés en classe, sur les textes du corpus et sur toute autre théâtrale que vous connaissez.

 

Code des couleurs :


- 1ère étape de l'introduction : amorce, phrase d'appel.

- 2ème étape de l'introduction : repérage de la problématique.

- 3ème étape de l'introduction : reformulation de la problématique.

- 4étape de l'introduction : annonce des thèses.

- Connecteurs logiques.

- Amorce de la thèse.

- Argument.

- Rappel de la thèse en cours.

- Transition.

- 1ère étape de la conclusion : rappel des thèses du devoir.

- 2ème étape de la conclusion : ouverture.


Code des couleurs : ce guidage méthodologique ajouté aux copies elles-mêmes est destiné à faire de ces productions d'élèves un potentiel outil d'élaboration de futurs devoirs, ou encore de remédiation ou de correction.

 

 Dissertation de Louise F. :

 

Depuis l’Antiquité, le théâtre est un divertissement utilisé à des fins culturelles. Celui-ci, à travers différents moyens, permet une représentation du pouvoir dans les sociétés. Les procédés utilisés pour montrer ces diverses emprises servent ainsi à de nombreux buts. Ainsi, la mise en scène d’une pièce d’une part et les registres tragique et comique d’autre part dépeignent les lois qui régissent le monde.

 

 

            Tout d’abord, le dramaturge utilise la mise en scène pour montrer au spectateur les différentes puissances en jeu. Les personnages sont souvent des archétypes, représentants différentes autorités. Dans Tartuffe de Molière, Orgon, un père de famille a les pleins pouvoirs sur la vie de sa fille Marianne (il décide à qui accorder sa main) et de son fils Damis (il peut le déshériter). Tartuffe lui-même représente l’emprise de la religion à cette époque. L’exempt du roi est lui un envoyé du règne monarchique. Face à cette distribution, les spectateurs découvrent la répartition des pouvoirs parmi les personnages.

              De plus, le choix du lieu est indispensable au contexte d’une pièce. La demeure familiale d’Orgon implique la présence d’une loi patriarcale. Au contraire, le palais de Caligula mène indéniablement à la politique et donc au pouvoir. La tombe de Polynice dans Antigone annonce la venue de la Toute-puissante Mort. L’emplacement spatial de l’action informe le spectateur du contexte de la pièce et ainsi permet eu public de visualiser la principale autorité.

            Enfin, la temporalité de la pièce peut définir la portée des différents pouvoirs. Les Mouches de Jean-Paul Sartre se déroulent dans la Grèce Antique, où la religion réagit les actions de tous les jours et où le destin dirige les citoyens d’Argos. Mais certaines pièces sont atemporelles : L’île aux esclaves n’apporte aucun renseignements temporels, rendant ainsi à la domination de la bourgeoisie un semblant d’éternité. Le spectateur mesure ainsi la puissance des différentes emprises.

 

 

            Toutefois, la mise en scène est avant tout un outil qui permet au dramaturge de développer différents registres et présenter ainsi les pouvoirs à des échelles distinguées. Pour commencer, le registre comique mène les chefs à la dérision et dévoile les vrais gouverneurs de la société. Dans Tartuffe, de même que dans Les Précieuses Ridicules, les maîtres tournent au ridicule face à leur propres domestiques (Dorine perce le jeu de Tartuffe et non Orgon, de plus, les deux jeunes filles à marier se font berner par des valais). La comédie permet ainsi d’échelonner réellement les différents acteurs de la société.

            En revanche, le registre tragique dénonce le perpétuel affrontement entre la force cu devoir et le pouvoir des sentiments. Dans Horace de Corneille, Camille dédie sa vie à son amour alors qu’Horace suit le chemin tracé pour les combattants de Rome. Roméo et Juliette fuient les lois familiales afin de rester ensemble. Dans Antigone, le roi est partagé entre son devoir de gouverneur et son envie de ne pas tuer sa nièce. Dans Le Roi se meurt, de même que dans toutes les tragédies, le combat entre le devoir et les sentiments est toujours surpassé par le pouvoir de la mort et du destin.

 

 

            Pour conclure, il est possible de dire que le théâtre dépeint, dans le fond comme dans la forme, les différents pouvoirs qui régissent la société. Le spectateur se rend ainsi compte de sa place dans celle-ci et réfléchit aux emprises exercées sur lui. Le théâtre ajoute un aspect philosophique au divertissement.

 

Louise F., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2009.

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Dissertation de Loïs V. :

Depuis l’Antiquité, le théâtre permet aux civilisations de se divertir. Bien qu’il y ait une dimension divertissante, le théâtre met en place des acteurs, chacun incarnant parfois différentes caractéristiques humaines et cela permet une représentations réaliste du fonctionnement de la société selon l’époque. En d’autres termes, le théâtre permet une représentation réaliste des différentes formes de pouvoir. Par conséquent, cette dissertation étudiera comment le théâtre permet la représentation du pouvoir tout d’abord dans la tragédie puis dans la comédie sans omettre l’optique, le but de cette représentation.

 

 

 

 

La tragédie permet, depuis l’Antiquité, de dénoncer les différentes natures de pouvoir. Les héros tragiques sont en constant affrontement entre deux forces distinctement opposées, d’une part, ils penchent vers le devoir, le pouvoir qui leur a été légué menant au bien-être de leur patrie ou de leur cité, tandis que de l’autre, leurs sentiments sont mis à l’épreuve, la passion demeure omniprésente. De nombreux auteurs classiques tels que Racine traitent du pouvoir comme une force absolue primant sur les sentiments. Par exemple, dans Horace de Corneille, Horace, soldat de Rome, se verra contraint de tuer sa propre sœur afin de mettre un terme à l’imprécation lancée par cette dernière à l’encontre de sa patrie. De même, Antigone dépeint le pouvoir comme étant plus important que les sentiments. L’oncle de la jeune Antigone se voit contraint de la condamner à mort suite à sa désobéissance qui remet en cause son autorité royale.
           Dès lors que le pouvoir prime sur les sentiments, les détenteurs du pouvoir engendrent un dénouement tragique. La tragédie permet alors de dénoncer la tyrannie, l’absolutisme ainsi que tout autre contexte politique et social représentés sous forme théâtrale. La pièce d’Alfred Jarry, Ubu Roi, représente le Père Ubu comme un tyran cruel comme l’attestent les substantifs « affreux sagouin » et « abominable ». La tragédie permet une dénonciation des abus de pouvoirs et de la cruauté de nombreux de ses représentants. Par exemple, dans Macbeth de Shakespeare, Macbeth après avoir usurpé le trône, devient un tyran abominable et sanguinaire qui tombe au fur et à mesure dans la paranoïa et la folie.

 

 

           

 

          A l’instar de la tragédie, la comédie permet aussi une dénonciation du pouvoir. Bien qu’elle ait pour rôle premier de divertir en faisant rire, son rôle second est aussi de dénoncer les mœurs, les défauts humains et par conséquent de remettre en cause, de dénoncer certains aspects et contextes politiques et hiérarchiques. Dans Tartuffe de Molière, Orgon, père de famille haut placé hiérarchiquement est incompétent quant à son rôle de protecteur de famille du fait de sa naïveté. Il n’en reste pas moins détenteur du pouvoir qui mène sa famille à sa perte. Molière dénonce ici l’incompétence et l’inégalité abjecte et injustifiée de la répartition du pouvoir de sa propre société.

          D’autre part, le pouvoir peut aussi être exercé entre de bonnes mains. Il peut dès lors avoir un aspect bénéfique, salvateur au dénouement de la pièce théâtrale. Par exemple, dans Tartuffe, l’Exempt représentant du prince et plus amplement du Roi permet de mettre Tartuffe, le faux dévot, l’imposteur hors d’état de nuire. Une fois encore, le théâtre, le registre comique permet la représentation de cette nature salvatrice de pouvoir.

 

 

 

  

                      Le genre théâtral permet aux auteurs contemporains d’illustrer et de dépeindre le pouvoir exercé à leur époque. La tragédie remet en cause les principes, les fondements d’un pouvoir absolu et cruel. Les héros tragiques, sont confrontés à un affrontement entre le devoir et la passion. Les auteurs tragiques de l’Antiquité dépeignent le pouvoir comme une force primant sur les sentiments. Les comédies quant à elles représentent aussi le pouvoir, mais sous deux aspects. D’une part, elle dénonce un pouvoir mal réparti et certaines inégalités hiérarchiques tandis que d’autre part, au contraire, elle se focalise sur un pouvoir bénéfique et salvateur.

Loïs V., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2009.

                                                                                                           ionesco.jpg

       

Dissertation de Charlotte O. :

               Depuis le début du théâtre dans l’Antiquité, celui-ci représentait déjà le pouvoir sous toutes ses formes, même les plus abusives. La question « comment le théâtre permet-il une représentation du pouvoir, et dans quel but ? » est posée, nous pourrions ainsi dire, grâce à quels procédés le théâtre représente si bien le pouvoir et quelles sont les motivations des dramaturges à écrire sur ce dernier ? Cette réponse nécessitera deux phases ; dans la premières, comment le théâtre réussit-il à marier tous les genres théâtraux avec le pouvoir, sous toutes ses formes, et deuxièmement, pourquoi le pouvoir est-il représenté de manière récurrente au théâtre ?

 

 

 

         Avant tout jugement, il est impératif de déterminer le vrai détenteur du pouvoir, car souvent le peuple se trompe sur l’identité du tyran, qui ne joue que le rôle d’une marionnette, animée par les mains d’un autre personnage moins présent dans la pièce. La noblesse elle, se rend d’avantage compte de la vraie identité du chef. C’est ainsi qu’Horace, celui qui tua le Curiace dont sa sœur était amoureuse, ne se voit qu’un instant blâmé par Camille, qui elle-même comprend qu’il n’est qu’un pion dans la suprématie de Rome, dictatrice unique des actions d’Horace, qui obéit alors uniquement à son sens patriotique et moral, avant son intérêt particulier. Il est donc victime de la puissance de Rome. Aussi, lors de la guerre de Troie, Hector, lorsqu’il lance son armée de nuit contre les Grecs apparait comme leader et unique responsable, alors que c’est son père qui, ultérieurement, lui avait ordonné d’agir ainsi. En outre, le père Ubu malmène les habitants de son pays fraichement acquis grâce au complot contre le Roi Venceslas. Complot qui fut en fait organisé par sa femme dotée d’une grande ambition et avide de pouvoir. Le même exemple s’appliquant à Macbeth, poussé alors au meurtre du roi par sa femme, Lady Macbeth. Cette distribution des rôles permet donc de représenté le pouvoir au théâtre.

        Ensuite, le théâtre permet aussi une représentation du pouvoir grâce à l’audace des dramaturges, notamment avec des représentations caricaturales, extrêmes, plaisant au peuple se voyant ainsi venger des impôts entre autres. On remarque notamment la tyrannie du père Ubu, psychopathe assoiffé de pouvoir, ou Egisthe, qui tua pour accéder à ce même pouvoir et aussi Caligula, qui menace ses invités avec sa puissance. Bien qu’un portrait très négatif soit dressé, les détenteurs du pouvoir restent humains : des traits de caractères tel le remord apparaissent souvent, montrant ainsi la justesse de l’être jugé, et les actes passés sont donc atténués par le pardon et la pitié. Par exemple, même si Egisthe tua, il exprime de nombreux remords dans son monologue. De même, Caligula joue le tyran, l’arrogant et l’irrespectueux, car il se rend compte de l’absurdité du monde qui l’entoure, et cherche à provoquer dans le bon sens. Enfin, Orgon, même si un portrait moins tyrannisé est fait de lui, il fait aveuglement confiance à Tartuffe et met en péril sa famille, mais lorsqu’il s’aperçoit de la supercherie, il réagit immédiatement et de se de se faire pardonner. Tous ces éléments nous indiquent à présent comment le théâtre permet une représentation du pouvoir, mais il se pose maintenant une autre question, pourquoi le théâtre représente-il si souvent le pouvoir sur scène ?

 

 

 

 

         Le pouvoir est à ce point représenté sur scène au théâtre à cause de la dénonciation des actes de noblesse, ou d’un abus de pouvoir quelconque. En effet, le peuple a si souvent souffert de l’injustice supérieure, et le théâtre s’avérant un bon moyen de dénonciation passive, fut très vite approuvé par les spectateurs. Pour les nobles, la citation « castigat ridendo mores » (elle, la comédie, corrige les mœurs par le rire) s’applique tout particulièrement, car les nobles, même au rang royal, dotés d’humour, apprécient l’ironie et les subtilités des dramaturges (Molière ou Lafontaine par exemple), même si certains débordements dénonciateurs ont été sujets de discordes. Le comique gestuel, dans l’acte II, scène 5 de Caligula, où Caligula se nourrit sans aucune manière, provoque, choque et domine ses invités en les forçant à rire, ce qui contraste avec la dénonciation pure de Caligula, voulant montrer l’absurdité du monde et d’ouvrir les yeux de ses convives, soumis et obéissants, ne se souciant même plus de leur amour-propre et oubliant les vrais valeurs. Caligula les mène jusqu’à  la partie la plus profonde e leur soumission, pour enfin qu’ils se rendent compte qu’un seul homme ne peut ainsi en tyranniser des milliers. Caligula essaie, en vain, de trouver les limites de ses convives, glacés par la peur, dépourvus de courage. Cette différente dénonciation montre ainsi pourquoi les dramaturges représentent le pouvoir au théâtre.

         De plus, le pouvoir est ainsi représenté dans un but d’évolution des mœurs, car à l’époque, les coups de bâton, les maris trompés et les valets plus audacieux et brillants que leurs maîtres faisaient rire, alors qu’ils ne reflétaient que la réalité si dure à accepter. Cette dénonciation à permit d’ouvrir les portes du progrès et de l’évolution à l’égalité des hommes, ce qui a permit une ouverture du regard du simple paysan, jusqu’au roi. Quelques exemples nous permettent de vérifier cela, par exemple, Dorine, la servante dans Tartuffe de Molière, s’aperçoit plus vite de la supercherie de Tartuffe qu’Orgon, son supérieur hiérarchique. De même, dans Le Roi meurt, le Roi tente en vain de continuer à faire régner sa suprématie, mais il n’y parvient tant il est mourant. Il se rend finalement compte de sa maladie reniée à la fin de sa tirade, grâce à son épouse qui lui expose les faits. Les dramaturges sont alors des dénonciateurs d’actes malhonnêtes, aussi bien dans la noblesse que dans le peuple, ce qui montre ainsi leur détachement de la société et leur capacité à analyser les sujets comme le pouvoir.

 

 

 

         Le théâtre à depuis toujours permis une représentation du pouvoir car un sentiment de dénonciation du à l’injustice c’est toujours fait ressentir. Ainsi, ce sujet traversé les âges et les coutumes, passant des coups de bâton à la supériorité des femmes. Et même si certains sujets ne sont plus d’actualité tel l’esclavagisme, on retrouve encore cette interprétation du pouvoir de nos jours, et on la retrouvera surement longtemps.

 

 

 

 

Charlotte O., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2009.

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Dissertation de Claire D. :

 

 

           Au cours des siècles précédents, le théâtre représentait un moyen de divertissement sans égal, permettant ainsi de laisser passer un message bien précis aux différentes classes sociales quelles qu’elles soient. Aussi, la question « comment le théâtre permet-il une représentation du pouvoir, et dans quel but ? » permet de s’interroger sur les différentes raisons qui ont poussé et poussent encore de nos jours de nombreux dramaturges à s’intéresser au thème du pouvoir, ainsi que sur les moyens mis en place pour traiter ce sujet. Nous verrons donc qu’il est possible d’aborder le thème du pouvoir par le biais de la tragédie, genre théâtral permettant une meilleure dénonciation et ce au sein d’un pays ou d’une cité, ainsi que par le biais de la comédie, qui corrige les mœurs par le rire (« castigat ridendo mores ») et le théâtre de l’absurde.

 

 

 

La tragédie offre une dénonciation du pouvoir d’autant plus intense que sa fin est dramatique et touche ainsi le lecteur et le public de manière souvent inévitable. En outre, l’utilisation du registre tragique permet l’expression de sentiments très forts qui, comme dans la tragédie « Horace » de Corneille, font ressortir la haine éprouvée par Camille envers son frère et Rome. Cette détestation n’est autre que la désapprobation du pouvoir romain, ce qui contribue à une dévalorisation très vive de celui-ci. Sa douleur éprouvée provoque quant à elle la catharsis, c'est-à-dire le sentiment de pitié chez le spectateur et le lecteur, qui ne peuvent s’empêcher de désapprouver le comportement d’Horace et la dure loi de Rome. Ainsi, la représentation du pouvoir trouve toute sa place au sein de la tragédie.

Par ailleurs, la tragédie permet une meilleure dénonciation de l’abus de pouvoir. La gravité des faits et des paroles de protagonistes peut en effet choquer, pour accuser d’autant plus. En témoigne l’extrait  de l’acte II, scène 5, de « Caligula » d’Albert Camus, qui sans être une tragédie au sens propre du terme (cette pièce fait en effet partie du théâtre contemporain) conduit à un dénouement tragique. Dans cet extrait, l’empereur use et abuse de toute sa méchanceté mêlée à son pouvoir pour blesser un de ses amis supposés, dont il a tué le fils. L’absence de remords et le rire que cet évènement provoque en lui insiste bel et bien sur une dénonciation de la tyrannie qu’il impose. De même, le fait que Lepidus n’ose répondre à ses attaques montre bien que le pouvoir possédé par Caligula est un obstacle à a liberté du peuple. Le pouvoir est donc représenté dans la tragédie, et le plus souvent, de façon oppressante.

De plus, c’est en reprenant des faits réels au théâtre que la dénonciation frappe d’autant plus. En effet, la dictature a bel et bien existé et existe encore aujourd’hui dans certains pays. Dans « Les Mouches » (là encore considéré d’avantage comme du théâtre contemporain qu’une réelle tragédie) de Jean-Paul Sartre, une des protagonistes incite le peuple à la révolte. Au delà d’une simple dénonciation, il y a donc un appel lancé aux différents peuples et visant à leur faire se rendre compte qu’ils sont peut-être manipulés par un pouvoir et devraient, si c’est le cas, se révolter contre leur oppresseur.

 

 

 

          La tragédie, à elle-même, ne suffit pas à dénoncer les abus de pouvoir. C’est pourquoi par l’intermédiaire du rire, la comédie et parfois même le théâtre de l’absurde, s’amusent à dénoncer de manière moins dramatique les vices du pouvoir, et ce avec une efficacité similaire à la tragédie. En effet, dans la pièce « Rhinocéros » d’Eugène Ionesco, les personnages sont confrontés à une montée en puissance des rhinocéros, métaphore de la prise du pouvoir par le régime nazi, ou tout autre régime totalitaire. Alors que le sujet abordé est grave, la pièce le présente selon une perspective différente et lui donne même un aspect loufoque. Cependant, le parallélisme est très réussi et frappe l’esprit du lecteur ou du spectateur, sans pour autant atténuer la dénonciation d’un pouvoir dévorateur.

De même, Molière est un adepte de la dénonciation à travers le rire et n’hésite pas à pousser les défauts des personnages à leur paroxysme afin de rendre l’accusation encore plus importante. En effet, Tartuffe profite du pouvoir qu’il a sur Orgon pour tenter de lui soutirer ses biens, ainsi que sa femme. Par ailleurs, Orgon, chef de famille, refuse de voir la vérité et s’entête à adorer le  faux devôt malgré les avertissements de son entourage. Son importance au sein de la famille lui donne le droit d’imposer ses opinions personnelles, et il menace même son propre fils de le déshériter s’il continue à dire du mal de Tartuffe, tant son aveuglement est excessif. Ces personnages caricaturaux donnent donc une dimension comique à l’œuvre et contribuent à une dénonciation moins dramatique d’un pouvoir abusif.

Cependant, on observera aussi que dans certains cas, le pouvoir  envient à corriger le pouvoir. C’est le cas dans le « Tartuffe » où le roi met fin au manège du faux devot. C’est donc une fin toute à l’honneur de la monarchie que Molière choisit, en opposition avec l’arrestation de Tartuffe. Quoi qu’il en soit, c’est bien la vérité qui triomphe, dénonçant une fois de plus par le rire, l’abus de pouvoir de certaines personnes.

 

 

 

En conclusion, que la dénonciation se fasse dans une tragédie, une comédie, où au théâtre de l’absurde, le thème du pouvoir est très souvent abordé dans un but dévalorisant. Mais avec le développement de la télévision et du cinéma, le théâtre est de moins en moins prisé et perd de son importance au sein de la société.


Claire D., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2009.


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Dissertation d'Hasan S. :


Au XVIIème  siècle, le théâtre a souvent été utilisé pour représenter et valoriser le pouvoir, sous la pression de la monarchie, alors que dès le XVIIIème siècle ce pouvoir est dénoncé, toujours à travers le théâtre. Mais « comment le théâtre permet-il une représentation du pouvoir et dans quel but » ? Autrement dit, à travers quels moyens, le pouvoir est-il représenté, et à quelles fins ? Pour répondre à cette thématique, l’étude portera sur le cas, où le pouvoir est accepté et même adouci et le cas, où celui-ci est réfuté et dénoncé.

 

 

 

      Tout d’abord, au XVIIème siècle, le pouvoir monarchique avec Louis XIVème est accepté, et dans sa représentation, il est rendu plus doux, et le Roi est érotisé. Pour cela, les dramaturges utilisaient l’euphémisme, c’est-à-dire qu’ils valorisaient le pouvoir, en représentant un peuple souvent heureux et insoucieux. Le représentant du pouvoir est alors majoritairement sympathique et bienveillant, qui fait tout pour que son peuple soit heureux, comme c’est le cas dans « Les Convalescences du Roi » de Jean Racine, qui lui permettra par ailleurs de bénéficier d’une bourse du Roi. Dans cette pièce, le Roi est érotisé et la vie semble simple et heureuse.

      Pour érotiser le pouvoir, il suffit de donner un rôle héroïque ou salvateur à un représentant du pouvoir, qui malgré la menace du danger arrive à retourner la situation à son avantage et celui de son peuple. C’est le cas de « Tartuffe » de Molière, où, à la fin, l’histoire prend une mauvaise tournure, mais la famille d’Orgon est sauvée, car un exempt du prince reconnaît en Tartuffe un malfaiteur, et l’arrête pour rendre les biens à la famille. Le Roi, représentent du pouvoir a finalement eu le dernier mot pour sauver la situation et devenir l’héros de l’histoire.

      Dans d’autres cas, le représentant du pouvoir est aussi un savant, qui est si sage, qu’il arrive à résoudre tous les problèmes de la société, comme le Sultan dans « Nathan le Sage », qui arrive à résoudre le conflit entre Musulmans, Chrétiens et Juifs. Sous la monarchie, le pouvoir est représenté de façon plus douce et améliorée, pour mettre toutes les chances de son côté afin d’obtenir une bourse et d’être reconnu par le Roi, comme l’ont fait Molière, Corneille et Racine.

 

 

 

      Alors qu’au XVIIème siècle règne la monarchie, à partir du  XVIIIème siècle ce n’est plus le cas, ce qui laisse aux dramaturges la liberté de s’exprimer. C’est ce que la plupart ont fait.

      À partir du XVIIIème siècle, le théâtre a été utilisé pour dénoncer le pouvoir monarchique, en le ridiculisant et en se moquant de lui. Pour cela l’ironie, un procédé stylistique, consistant à dire quelque chose en voulant signifier le contraire. Ce procédé, très fin, est utilisé dans « Caligula » d’Albert Camus, où le Roi Caligula impose à ses amis de se réjouir et que ceux-ci le font à contrecœur. L’ironie fait réfléchir le spectateur, et met donc en cause le pouvoir.

      Pour faire rire le spectateur, on utilise l’absurdité, qui montre au spectateur l’incohérence des propos. C’est exactement le cas d’  « Ubu Roi » d’Alfred Jarry, où le déroulement de l’histoire, et le personnage du père Ubu sont tellement absurdes, qu’ils se retournent contre lui-même et le détruisent.

      Pour désarmer le pouvoir lui faire perdre toute crédibilité, les dramaturges, et particulièrement Molière, utilisent des personnages ridicules qui sont au pouvoir, comme le père de famille (synonyme de pouvoir) avare, stupide, ou toujours malade (hypochondriaque), ainsi que le père naïf et aveuglé qu’est Orgon dans « Tartuffe ».

      Enfin, pour sensibiliser le spectateur, on peut aussi utiliser l’horreur, la brutalité, pour dénoncer le pouvoir tyrannique. Alfred Jarry fait cela dans « Ubu Roi », où les paysans sont massacrés pour ne pas avoir payé les impôts supplémentaires. Tous ces moyens sont utilisés par les dramaturges, spécialement au XXème siècle, pour dénoncer, réfuter et même attaquer le pouvoir.

 

 

      Après l’acceptation du pouvoir en le valorisant (XVIIème siècle), et la dénonciation par sensibilisation et en ridiculisant le pouvoir par tous les moyens, quel sera le nouveau « thème » des dramaturges du troisième millénaire ?

Hasan S., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2009.


                                                                                                      

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Dissertation de Lucas A. :


Depuis l’Antiquité avec le théâtre des masques, la tragédie et la comédie existent pour émouvoir le public dans le cas d’une tragédie et pour le faire rire dans le cas d’une comédie. Néanmoins, sous ces deux différentes formes le pouvoir y est bien représenté à un moment ou un autre mais comment et dans quel but? Nous pouvons donc dans une première thèse étudier une représentation valorisante du pouvoir, son but  et dans une seconde thèse étudier une représentation péjorative du pouvoir et encore une fois son but.

 

 

Tout d’abord, le théâtre qu’il soit sous la forme d’une comédie ou d’une tragédie, peut avoir une représentation valorisante du pouvoir pour le roi, chef de famille ou prince. Le théâtre peut viser à flatter tout spectateur détenant du pouvoir comme Molière qui dans Tartuffe donne le rôle le plus important à un représentant du roi qui à la fin de la pièce envoie Tartuffe en prison pour qu’il ne puisse nuir à personne d’autre. De ce fait Orgon, qui fut la cible stupide et naïve de Tartuffe, retrouve la confiance et le pouvoir qui lui étaient dus en tant que chef de famille ainsi que des biens dont il avait fait don à Tartuffe.

De plus, le théâtre peut représenter le pouvoir en tant que juste comme dans l’œuvre de Shakespeare The merchant of Venice au moment où le roi se voit obligé de donner lieu à un accord entre un usurier et un boucher. L’usurier juif insulté et humillié tous les jours par un richissime marchant accorda un prèt à celui-ci. Le marchant avait perdu tous ses navires et donc était devenu trop pauvre pour continuer ses affaires. L’usurier accorda le prêt sans aucun intérêt mais si le marchant n’avait pas remboursé l’argent prété dans les délais il devra donner un poids précis de sa chair à l’usurier. Le roi, au lieu d’annuler l’accord entre les deux hommes, donne lieu à cette atroce sentence à contre cœur. Dans ce cas là, la représentation du pouvoir vise à flatter et apporter une valeur méliorative aux pouvoirs et aux choix du roi.

 

 

En second lieu, si le théâtre permet une représentation valorisante du pourvoir il peut d’un autre coté permettre une représentation péjorative du pouvoir. Horace disait en parlant de la comédie « castigat ridendo mores » (elle (la comédie) corrige les mœurs par le rire). Par cette maxime la comédie peut viser à des erreurs de choix due au pouvoir comme quand Horace tue le bien-aimé de Camille, sa sœur, pour Rome.

Enfin, le théâtre permet une représentation abusive et sans pitié du pouvoir illustré dans l’œuvre Ubu Roi d’Alfred JARRY quand le père Ubu tente de soumettre les paysans les plus faibles et les plus démunis à payer trois fois les impôts comme le démontre cette citation « mais j’ai changé le gouvernement et j’ai fait mettre dans le journal qu’on payerait deux fois tous les impôts et trois fois ceux qui pourront «être désignés ultérieurement », tout cela dans le seul et unique but de s’enrichir. Dans ce cas-là, la représentation du pouvoir vise à dénoncer les injustices due au pouvoir et l’abus de celui-ci, dans la but d’en améliorer l’utilisation.

 Pour conclure, le théâtre permet la représentation du pouvoir sous toutes ses facettes et dans le but d’en améliorer l’utilisation. De nombreux écrivains crééent des pièces dans le but de flatter le roi tels Racine avec Alexandre le Grand et d’autres dans le but de dénoncer des injustices comme Molière dans son œuvre Tartuffe où a l’aide de Tartuffe dénnonce l’hypocrisie et l’impiété de celui*-ci. Nous pouvons aussi remarquer que ces deux types de pouvoirs persistent encore aujourd’hui !.

 

Lucas A., 2nde section internationale, lycée international de Valbonne Sophia-Antipolis, juin 2009. 

           

 

 

 

Date de création : 15/06/2009 @ 12:17
Dernière modification : 22/06/2009 @ 15:00
Catégorie : Copies d'élèves 2008/2009
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